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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier A
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  • Journaux
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quotidien
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Références

Le devoir, 2008-07-16, Collections de BAnQ.

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DÉPENSES ÉLECTORALES Seuls les conservateurs ont usé du «in and out», dit le DGE Page A 3 ÉCONOMIE > Le président de la Réserve fédérale américaine ne rassure personne > Page B 1 w w w .1 e d e v o i r.c o ni DEVOIR V O L .X C 1 X N ” 1 5 8 ?L E M E R C R E D I 16 .) U I L L E T 2 0 0 8 8 9c + T ax e s - 1 $ Khadr en 2003: un jeune désespéré Les vidéos d’interrogatoires menés par le SCRS à Guantanamo font le tour du monde fil r CLAUDE LÉVESQUE Des sites Internet et des médias du monde entier ont montré hier des images d’Omar Khadr prises lors d’interrogatoires menés en février 2003 par des agents du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) à la prison de Guantànamo: on y voit un adolescent de seize ans qui semble d’abord soulagé de rencontrer enfin des fonctionnaires de son pays mais qui finit par éclater en sanglots quand il se rend compte que ceux-ci sont venus pour l’interroger et non pour l’aider d;ms ses démêlés avec ses geôliers.laissé pendmit quelque temps seul par les agents qui refusent de croire qu’il a été maltraité, il murmure à de nombreuses reprises: «Aidez-moi, aidez-moi.» (Parfois, il semble plutôt dire: «Tuez-moi») Khadr est accusé,par la justice militaire des Etats-Unis d’avoir lancé une grenade, tuant un soldat américain, en Afghanistan en juillet 2002.Son procès doit normalement commencer le 8 octobre devant une commission militaire à Guantànamo.Des extraits d’enregistrements totalisant environ dix minutes ont été rendus publics tôt hier malin par les deux avocats canadiens du jeune prisonnier natif de Toronto.Lors d'une conférence de presse tenue en après-midi à Edmonton, Nathan Winding et Dennis Edney ont ensuite remis aux médias des DVD contenant sept heures et demie d’enregistrements, obtenus du gouvernement canadien la semaine dernière en vertu d'un jugement rendu par la Cour suprême en mai.Les avocats canadiens et américains de M.Khadr réclament depuis plusieurs années le rapatriement du jeune ressortissant canadien dans son pays, ce que les gouvernements successifs à Ottawa n’ont jamais voulu exiger de Washington.Nathan Winding a expliqué hier que les enregistrements ont été réalisés sur une période de quatre jours.IjCS premières images montrent un jeune homme heureux le premier jour, puis totalement dévasté VOIR PAGE A 8: KHADR « Le public canadien a été trompé par le gouvernement Harper», dit l’un des avocats d’Omar Khadr Le prisonnier Omar Khadr en février 2003, citoyen canadien alors âgé de 16 ans, sanglotant et montrant ses blessures, au cours d'un interrogatoire mené à Guantànamo par des agents du Service canadien du renseignement de sécurité.¦ Lire aussi la chronique de Manon Cornellier, page A 3 Un pas vers des médicaments abordables pour le Tiers-Monde Une nouvelle agence incitera les détenteurs de brevets à collaborer LISA MARIE GERVAIS Afin d’améliorer l’accès des pays en voie de développement aux médicaments à moindres coûts, UNITAID, une organisation internationale sous l’égide de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a confirmé au début de juillet la création d’une agence de licences qui fera le pont entre les détenteurs de brevets et les fabricants de médicaments génériques.L’organisme chargé de centraliser les achats de traitements médicamenteux afin d’obtenir les meilleurs prix possibles, notamment pour les pays en voie de développement, passe ainsi de la parole aux actes: un comité sera formé à la mi-août pour poser les jalons de l’agence, qui verra le jour en février prochain, «Avant, UNITAID s’était seulement montrée intéressée à créer une agence, mais maintenant, on nous annonce que ça va se faire», s’est réjoui Richard Gold, professeur à la faculté de droit de l’université McGill et directeur du Centre pour la politique en propriété intellectuelle.«C'est la première fois qu’une importante organisation internationale décide de mettre en application ce principe de communauté de brevets», a-t-il ajouté.M.Gold est également membre du groupe d’experts dUNlTAID qui a approuvé la faisabilité d'un tel projet à l’été 2007.VOIR PAGE A 8: MÉDICAMENTS Un drôle de pont entre deux solitudes FABIEN DEGLISE Depuis quelques semaines, l’événement est passé totalement inaperçu sur le radar de l’humour.sauf bien sûr du côté anglophone de la planète rire.Et pour cause.Avec un titre pour le moins provocant, French Comedy Bastards (traduction plus que libre: «les chiens sales francophones de l’humour»), trois humoristes du Québec ont décidé cette année, dans le cadre de Just for Laughs, le pendant du festival Juste pour rire présenté dans la langue de Don Cherry, de traverser la barrière des genres.Comment?En montant sur scène pour décrisper les zygomatiques du public anglophone dans sa propre langue, et ce, pour le plaisir de la chose, pour lutter contre les préjugés mais également pour construire un pont entre deux solitudes.Par le rire.C’est donc l’histoire de la grenouille qui voulait faire rire des têtes carrées, une histoire racontée à une autre époque par Michel Courtemanche — par le mime —, mais aussi par André-Philippe Gagnon — par l’imitation —, et qui désormais s’ouvre sur un nouveau chapitre.«Ce n ’est pas la première fois que des humoristes francophones essayent de faire rire en anglais, lance l’humoriste Maxime Martin, bien connu des fidèles des théâtres de la rue Saint-Denis à Montréal, mais dans le cadre d’un spectacle structuré qui rassemble trois artistes et qui marie sketchs et stand-up, c'est une première, c’est vrai.Finalement, on est en train défaire vivre le rêve de Pierre Elliott Trudeau [chantre du bilinguisme canadien].» Près de 600 spectateurs en ont eu la preuve, en trois soirs la fin de semaine dernière à Montréal.Sur la scène du Cabaret Juste pour rire, en compagnie de Mike Ward, un autre comique habitué du festival montréalais de l’humour depuis quelques années, mais aussi de Derek Séguin, une drôle de bibitte qui VOIR PAGE A 8: SOLITUDES INDEX Actualités.A 2 Éditorial .A 6 Annonces.B 6 Idées.A 7 Avis publics.B 5 Météo.B 4 Bourse .B 2 Monde.A 5 Culture.B 8 Mots croisés.B 6 Décès .B 6 Sudoku.B 4 Économie .B 1 Télévision.B 7 SOPHIE IVAYRON/FEST1VAI.JUSTE POUR RIRE Mike Ward et Maxime Martin se sont donné pour mission de faire rire le public anglophone.JUDGMENT TO LEAD ********** KARKN BLEIRR AGENCE FRANCE-PRESSE Le candidat démocrate à la présidence des États-Unis, Barack Obama, lors d’un discours sur la sécurité nationale prononcé hier au Centre international du commerce à Washington.Sortir de l’Irak, se concentrer sur l’Afghanistan Barack Obama trace les grandes lignes de sa politique étrangère STEVEN R.HURST Washington — Le candidat démocrate à la Maison-Blanche, Barack Obama, a tracé hier à Washington les grandes lignes de sa politique étrangère: s’il est élu, ses priorités seront de mettre fin à la guerre en Irak et d’envoyer davantage de soldats en Afghanistan pour lutter contre al-Qaïda et les talibans.L’Afghanistan «est une guerre que nous devons gagner», a affirmé le sénateur de lHlinois dans un important discours sur la sécurité nationale prononcé au Centre international du commerce à Washington.M.Obama a jugé «inacceptable, que, presque sept ans après que près de 3000 Américains eurent été tués sur notre sol, les terroristes qui nous ont attaqués le 11-Septembre soient encore en liberté».«Oussama ben Laden et Ayman al-Zawahari [le numéro 2 d'aLQaida) enregistrent des messages pour leurs partisans et complotent de nouveaux attentats», a-t-il poursuivi.«Les talibans contrôlent une partie de l'Afoha-nistan» et «al-Oaida a une base croissante au Pakistan».Et pourtant aujourd'hui, a-t-il déclaré, «nous avons cinq fois plus de soldats en Irak qu 'en Afghanistan».M.Obama a présenté une stratégie en cinq points pour la politique étrangère américaine.Outre les dossiers VOIR PAGE A 8: OBAMA LE DEVOIR.LE MERCREDI 16 JUILLET 2008 LES ACTUALITES La dernière maraîchère de Montréal Alison Hackney exploite la seule entreprise d’agriculture biologique de l’île, au milieu de la sérénissime Senneville «paHm Que devient la ville l’été, que peut-on y vivre, y voir, y remarquer, y sentir, au-delà de toutes les activités officielles qui se multiplient sous le soleil?Nos journalistes vous font part des découvertes, des coups de cœur ou des sourires en coin que Montréal, Québec ou Ottawa, sous le ciel estival, leur ont inspirés.STÉPHANE BAILLARGEON Cet été, dans sa ferme de 111e de Montréal, Alison Hackney a planté des carottes, des choux et des choux-fleurs, de la laitue, des concombres, du brocoli, et puis des filets de plastique pour empêcher les chevreuils de brouter sa belle récolte et ses petits profits.On répète: à l’extrémité ouest de file, dans le joli et bucolique village de Senneville, une sympathique fermière fait pousser des légumes au milieu de cervidés chapardeurs! Les régions limitrophes de la métropole présentent la plus forte concentration agricole du Québec, n y avait encore 165 fennes (surtout horticoles, en fait) à Laval et plus de 13(X) dans les Laurentides, en 2006.Par contre, les seules et rares zones vertes de 111e de Montréal se concentrent toutes dans une minuscule marche occidentale.La Ferme du Fort Senneville demeure une des trois ou quatre dernières entreprises agricoles de la région urbaine et la seule certifiée biologique.«Je n’aime même pas dire que je suis la dernière fermière de l’île», corrige Mme Hackney, rencontrée en fin de journée, après les travaux aux champs.«J’ai commencé cette aventure pour protéger une terre verte avec un projet tout simple d’agriculture urbaine locale.» Le bucolique village de Senneville jouxte Sainte-Anne-de-Belle-vue, le coDège MacDonald de l’université McGill, l'arboretum Mor-gan et le golf municipal.Le pont de ITleaux-Tourtes de l’autoroute 40 coupe les quelque dizaines d’hectares de l’entreprise agricole en deux parties, la maison de ferme étant maintenant isolée des zones ensemencées.La fermière se rend au boulot en vélo.Cette extrémité méconnue et excentrée de 111e — on est à 50 km très exactement de la Place des Arts — nommée en l’honneur de Jacques Le Ber de Saint-Paul de Senneville, marchand de la Nouvelle-France, compte maintenant moins de mille habitants.Les plus choyés occupent des résidences castellisées, conçues par des architectes réputés (Percy Erskine Nobbs, les frères Maxwell.).On se ferait joueur de hockey ou patron d’usine uniquement pour la vue sur le lac des Deux-Montagnes, le parc d’Oka et la baie de Vaudreuil.La ferme possède sa propre curiosité architecturale: une grange en forme de dôme géodésique.Elle évoque d’autant plus facilement l'ancien pavillon des Etats-Unis d’Expo 67, conçu par le génial Buckmins- «J’ai commencé cette aventure pour protéger une terre verte avec un projet tout simple d’agriculture urbaine locale» mmm • ‘.JL.'ï/æ ci i * ?, Ai JACQUES GRENIER LE DEVOIR «Tous me répètent constamment qu’ils n’ont jamais mangé d’aussi bons légumes et qu’ils en mangent plus, dit fièrement la fermière Alison Hackney.ter Fuller, qu’un de ses anciens assistants a signé cette version de bois recouverte de métal galvanisé.La grange-coupole des années 1950 abrite maintenant les armoires réfrigérées de la ferme.«L’architecte était un ami de mon père qui trippait sur cette structure», explique Mme Hackney.Son paternel était médecin et sa mère, une «amoureuse de la nature».Elle-même détient une maîtrise en écologie animale de l’UQAM.Elle a commencé la production maraîchère il y a une douzaine d’années.La Ferme du Fort Senneville fait partie du Réseau de l’agriculture soutenue par la communauté, une chaîne d’alimentation coordonnée par Equiterre.La mécanique écoloéconomique mise au point en 1995 compte maintenant 140 entreprises agricoles participantes.Elle permet aux producteurs biologiques de vendre à l’avance les fruits de leur récolte à des citoyens «souteneurs».Les «partenaires» de Mme Hackney lui fournissent 465 § par année en partage de risque.En échange, elle fournit des légumes à 180 familles voisines.«Tous me répètent constamment qu’ils n’ont jamais mangé d’aussi bons légumes et qu’ils en mangent plus, dit-elle fièrement.Manger des pois frais, quelques heures après leur récolte, c’est une expérience de table inoubliable.» Les petites carottes croquées dans le champ étaient franchement délicieuses.Il n’y a pas de melon d’eau, par contre, ni de mais, parce que les ra- tons laveurs sont aussi des ratons voleurs.Les «partenaires» mettent la main à la pelle surtout au moment des récoltes.Bientôt, ce sera le temps de l’ail, qui pousse par centaines de plants.La multitalen-tueuse Mme Hackney va montrer aux Sennevillais à tresser les gousses.Pour le reste du boulot, pour désherber comme pour labourer, la maraîchère urbaine utilise deux chevaux canadiens, de grandes juments dociles, efficaces, garanties petrol-free.«Les chevaux sont intelligents et ils apprennent vite; le tracteur est toujours bête», dit la philosophe des plates-bandes.La fermière de Montréal avoue ne pas vivre des revenus de sa petite entreprise, mais elle espère y arriver en convainquant les membres de sa famille de lui vendre leur part de la zone verte.Cette année, elle a donc réduit la production au champ pour se consacrer au projet de rachat puis de constitution d’une entreprise agricole viable, associant un organisme à but non lucratif et d’autres mécaniques coopératives.«L’étalement urbain est une catastrophe, conclut Ali-son Hackney, première et dernière fermière de Montréal.Faire voyager les denrées alimentaires coûte de plus en plus cher.C’est donc important de protéger les terres agricoles près des centres urbains.» Le Devoir Les incivilités inquiètent davantage dans les villes denses BRIAN MYLES Les citoyens des villes à haute densité de population, telles que Montréal, Toronto et Vancouver, sont ceux que le vandalisme, les graffitis, la vente de drogue et autres «incivilités» inquiètent le plus, révèle une étude de Statistique Canada.La perception des incivilités physiques et sociales est intimement liée à la densité des villes, selon cette étude.Dans les grandes régions métropolitaines de recensement (RMR), un résidant sur six considère les incivilités physiques comme un problème, et un sur cinq en pense autant des incivilités sociales.Dans le langage des criminologues, les incivilités désignent des «signes de criminalité» dans les quartiers qui incitent la population à s’interroger sur sa propre sécurité.Les chercheurs estiment qu’il y a des incivilités physiques lorsque les citoyens voient comme un problème, dans leur secteur, les phénomènes des ordures qui traînent, du vandalisme, des graffitis, des bâtiments abandonnés et des lots vacants.D y a des incivilités sociales lorsque les mêmes citoyens perçoivent comme un problème le voisinage bruyant lltinérance, la vente et la consommation de drogue, la prostitution, le tapage nocturne et l’ébriété sur la voie publique.Au sujet des incivilités physiques, 16 % des çitoyens des RMR estiment qu’il s’agit d’un problème.A Montréal, la moyenne est de 17 %, comparativement à 8 % pour Québec, 12 % pour Ottawa-Gatineau, 14 % pour Toronto et 19 % pour Vancouver.Dans les 12 RMR à l’étude, un répondant sur dix (11 %) décrit le vandalisme et les graffitis comme étant la principale source de tracas dans son quartier.Toujours dans les RMR, un résidant sur cinq (21 %) affirme que les incivilités sociales constituent un problème.Un Montréalais sur quatre (24 %) est de cet avis, comparativement à 16 % des Québécois, 20 % des Torontois, 26 % des Vancouvérois et 21 % des citoyens d’Ottawa-Gatineau.À ce chapitre, la vente et la consommation de drogue constituent la principale préoccupation de tous les Canadiens.Les perceptions des problèmes d’incivilités physiques et sociales sont plus élevées dans les quartiers centraux, où la densité est plug forte, tandis qu’elles diminuent dans les banlieues.À titre d’exemple, 43 % des Montréalais vivant dans des quartiers à forte densité ont fait part de leur préoccupation au sujet des incivilités, comparativement à 13 % des banlieusards.A travers le pays, les citoyens des quartiers centraux sont de deux à quatre fois plus susceptibles de percevoir des problèmes d’incivilité que dans les banlieues.Les chiffres sont toutefois à nuancer, car les Canadiens estiment vivre, en grande majorité, dans un environnement exempt d’incivilités.Dans l’ensemble, les trois quarts des Canadiens vivant dans les 12 principales RMR pensent que les incivilités ne posent pas de problème dans leur milieu.Le Devoir LUKE MACGREGOR REUTERS Les perceptions des problèmes d’incivilités physiques et sociales sont plus élevées dans les quartiers centraux, où la densité est plus forte.¦jélH Passeport Passport Canada Canada Évitez l’attente.Faites votre demande de passeport dès maintenant.Dès le 1er juin 2009, une loi américaine exigera que les Canadiens présentent un passeport valide pour entrer aux États-Unis par voie maritime ou terrestre.Si vous ne possédez pas de passeport, n’attendez pas à la dernière minute.Faites votre demande de passeport dès aujourd’hui afin de l’avoir en main quand vous en aurez besoin.N’oubliez pas que le passeport est le document de voyage et d’identité recommandé pour tous les voyageurs canadiens.La loi américaine exige déjà que les Canadiens présentent un passeport valide pour entrer aux États-Unis par voie aérienne.La carte NEXUS est également un document de voyage accepté aux États-Unis.Les Canadiens âgés de 15 ans et moins pourront présenter leur acte de naissance ou une preuve de citoyenneté au lieu d’un passeport lorsqu’ils voyageront aux États-Unis par voie maritime ou terrestre.Pour faire une demande de passeport ou pour trouver un point de service près de chez vous, consultez ou téléphonez : passeportcanada.gc.ca 1 800 O-Canada (1-800-622-6232) ( i LE DEVOIR.LE MERCREDI 1 ti .1 l 1 L L E T 2 0 0 8 A A S’entêter jusqu’à la honte Manon CORNELLIER Le chef conservateur Stephen Harper doit avoir hâte que cette semaine finisse.Après un printemps difficile, son parti et son gouvernement voient, la même semaine, leur été troublé par deux dossiers embarrassants.1 L’objection du gouvernement fédéral au rapatriement d’Omar Khadr au Canada et le refus des conservateurs de reconnaître que leurs dépenses électorales de la dernière campagne posent problème ont quelque chose en commun, aussi étrange que cela puisse paraître.Ces deux positions intransigeantes exposent, chacune à leur manière, un des pires travers de l’équipe Harper son entêtement idéologique.La diffusion hier des vidéos tournées lors des interrogatoires d’Omar Khadr par des agents du renseignement canadien en visite à la prison américaine de Guantanamo en 2003 et en 2004 offrait une porte de sortie idéale à ce gouvernement L’adolescent de 16 ans, d’abord confiant quand il voit arriver des émissaires canadiens, s’effondre quand il se rend compte qu’il ne peut attendre aucune aide de leur part.Dès leur diffusion hier matin, ces images ont provoqué une nouvelle vague d’appels en faveur du rapatriement de Khadr au Canada afin qu’il y soit jugé.Mais, comme d’habitude, le gouvernement conservateur est resté sur ses positions.Les accusations sont sérieuses.Un processus judiciaire est en place pour en juger et il faut qu'il suive son cours, a radoté hier à la CBC Kory Teneycke, le nouveau directeur des communications de Stephen Harper.Il a ajouté que la position conservatrice était cohérente avec celle du gouvernement libéral précédent Ce qu’il n’a pas compris, c’est que les erreurs des uns ne justifient pas que les autres les perpétuent La cascade de nouveaux faits révélés dans l’affaire Khadr depuis l’hiver dernier, la décision défavorable de la Cour suprême à l’endroit du gouvernement canadien ce printemps, le contenu des documents et des vidéos remis depuis aux avocats du jeune Torontois offrent plus d’arguments qu’il n’en faut au gouvernement pour changer d’idée sans perdre la face.Dans un rapport sur ces interrogatoires rendu public récemment le fonctionnaire des Affaires étrangères présente «Omar comme un jeune très perturbé.Toutes les personnes en position d'autorité dans sa vie ont abusé de sa confiance pour servir leurs propres fins.Dans ce groupe, on peut inclure ses parents, ses grands-parents, ses acolytes en Afghanistan, ses codétenus au camp Delta et les militaires américains».On pourrait ajouter le gouvernement oahadien si celui-ci ne se ravise pas rapidement Ce que Harper n’a pas compris, c’est que les erreurs des uns j ° ne justifient pas que les autres les perpétuent ?'La controverse au sujet des dépenses électorales des Conservateurs lors de La campagne de 2006 n'arrangp pais limage du Parti conservateur (PC) non plus.A lïpoque, le parti a transféré 1,4 million de dollars à (f4 candidats pour récupérer aussitôt les sommes afin dp payer des publicités électorales régionales.Les candidats semblaient choisis en fonction de leur capacité de dépenser dans les limites de la loi.Es ont d’ailleurs dé-chiré cette dépense comme une des, leurs et exigé le remboursement approprié auprès d’Elections Canada Lé PC, de son côté, a pu faire ces publicités sans affecter sa propre limite de dépenses électorales.Le directeur général des élections du Canada (DGE), Marc Mayrand, a bien expliqué hier, devant un comité parlementaire, comment il en était venu à refuser le remboursement demandé par les candidats, une décision que certains agents officiels contestent devant la Çour fédérale, fl a aussi transféré le dossier au commissaire aux élections chargé d’enquêter sur de possibles contraventions à la loi, d’où la perquisition embarrassan-t&d’avril dernier au quartier général du PC.LLes conservateurs soutiennent que les autres partis fbnt la même chose.M.Mayrand a répondu hier qu'il arôait fait examiner les rapports de dépenses des autres principaux partis pour les deux dernières élections et qu'il n’avait rien trouvé de similaire à ce qui s’est produit au PC.Peu importe, les conservateurs mettent en doute bion impartialité.Es en veulent pour preuve la présence de caméras aux bureaux du parti au moment de la perquisition, faisant fi du délai de deux heures entre le début de l’opération et l’arrivée des projecteurs.?Mais audelà de l’embarras immédiat causé par ces audiences estivales et la diffusion des vidéos sur Khadr, les deux événements mettent en relief une certaine conception de la justice, de la sécurité et de la démocratie.Le cas Khadr révèle une approche en matière de droits de la personne et de respect de nos obligations internationales qui cède volontiers le pas à une logique sécuritaire, à une aide à géométrie variable pour les Canadiens aux prises avec la justice à l’étranger et, surtout à l’expression d’une communauté de pensée avec le gouvernement de George W.Bush.Aucun fait, même les pires, ne semble capable d’ébranler cet édifice philosophique.On observe la même obstination dans le dossier des dépensas électorales.Les conservateurs s’en prennent à Elections Canada depuis leur arrivée au pouvoir et Stephen Harper, depuis plus longtemps encore.Avant de prendre la direction de l’Alliance canadienne, il avait lui-même contesté, sans succès, les limites de dépenses électorales imposées à des tiers.E n’a jamais remis en question ceDes imposées aux partis, mais le stratagème du PC nous y mène en douce.Si un parti est suffisamment riche pour transférer fends et dépenses à ses candidats et ainsi contourner lé$ limites prévues par la loi à l’échelle nationale, la recherche d’équité dans notre système démocratique perd tout son sens.Et c’est sans parler de l’impact sur linage d’intégrité d'un parti qui s’est fait élire en pro-nfettant de laver plus blanc que blanc.-Dans un dossier comme dans l’autre, la conséquence, délibérée ou non, des gestes commis est une éro-sipn discrète de certains principes démocratiques et de droit trop aisément tenus pour acquis par la plupart des Canadiens.mcornellierCa ledevoir.com POLITIQUE Commission parlementaire de l’éthique Seuls les conservateurs ont usé du stratagème du «in and out», dit le D6E CHRIS WATTIE REUTERS Devant le comité parlementaire de l’éthique, le directeur général des élections, Marc Mayrand, s’est montré prudent afin, a-t-il expliqué, de ne pas porter préjudice â la poursuite civile en Cour fédérale et à l’enquête que mène le commissaire aux élections, William Corbett.ISABELLE RODRIGUE Ottawa — Les conservateurs ont beau continuer de soutenir le contraire, le directeur général des élections (DGE), Marc Mayrand, maintient qu'ils sont les seuls à avoir usé d'un stratagème électoral contournant les règles en place et qui a mené le commissaire aux élections à procéder à une perquisition au quartier général du parti.Commentant publiquement pour la première fois ce dossier, hier, devant une commission parlementaire, M.Mayrand a expliqué qu'Élections Canada a conclu que quelque chose n’était pas très clair dans le cas de 67 candidats conservateurs qui ont procédé à des transferts de dépenses avec leur maison mère, des transferts totalisant environ 1,3 million.L’aigent a servi à défrayer les coûts de publicités nationales des conservateurs lors de la dernière campagne électorale.Le stratagème, qui avait été révélé par Le Devoir, aurait pu permettre au Parti conservateur de dépasser le plafond des dépenses électorales permises de plus d’un million de dollars.Devant le comité parlementaire de l’éthique réuni spécialement pour étudier la question, M.Mayrand s’est montré prudent afin, a-t-il expliqué, de ne pas porter préjudice à la poursuite civile en Cour fédérale et à l’enquête que mène le commissaire aux élections, WEliam Corbett.Le DGE a rappelé la séquence des événements qui ont mis la puce à l'oreille de son bureau et a dressé une liste des cinq facteurs qui l’ont poussé à refuser de rembourser les dépenses électorales de ces candidats conservateurs et à référer le dossier au commissaire Corbett.Selon M.Mayrand, c’est la déclaration d’un agent officiel qui disait n'avoir aucune infonjiation sur l’achat des publicités qui a d’abord alerté Elections Canada.L’organisme n’a pu que constater, entre autres, que la documentation soumise était insuffisante; que le Parti conservateur avait mené les arrangements au nom des candidats et que les factures avaient été envoyées au parti; et que les transferts monétaires étaient continuellement sous le contrôle du parti.Devant la situation, le DGE a demandé à son personnel de réviser les dossiers de tous les candidats, de tous les partis, pour l’élection de janvier 2006 ainsi que ceDe de juin 2004.«Elections Canada n’a pas trouvé d’autres transactions ou groupe de transactions où ces [cinq] facteurs étaient présents», a déclaré M.Mayrand, qui place par conséquent le blâme uniquement sur les conservateurs.Piqués au vif Plutôt que de faire taire les conservateurs, cette déclaration les a piqués au vif.«Il a tort», a résumé le député conservateur Pierre Poilievre, à l’issue de la rencontre, reprenant l’argument de son parti qui accuse Elections Canada de partialité à son égard, dans toute cette affaire.Pendant les cinq heures qu’a duré cette séance du comité, les députés conservateurs ont continué de chercher des faiblesses dans le dossier du DGE et de faire apparaître des failles dans son argumentaire.En plus de dénoncer ce qu’ils considèrent comme un acharnement envers un seul parti politique, les conservateurs ont fait valoir que les cinq facteurs à la base de la décision de M.Mayrand ne s’appuyaient sur rien.«Nous avons eu un nouvel argument juridique de la part d’Élections Canada qui semble changer régulièrement sa position.Essayer de résumer la position légale d’Elections Canada, e’est comme essayer de faire tenir du Jello sur un mur», a illustré M.Poilievre.L’opposition a réduit en miettes cette interprétation.Selon le néodémocrate Thomas Mulcair, les explications offertes par le DGE déboutent un à un les arguments des conser vateurs.«La série d’arguments proposée par les conservateurs pour justifier ce qu'ils ont fait est en train de tomber.C’est un écran de fumée», a soutenu M.Mulcair, au tenne de la rencontre du coinité.Perquisition Les députés conservateurs ont aussi longuement interrogé M.Mayrand sur la perquisition menée en avril dernier, reprenant l’allégation selon laquelle il y aurait eu une faite pour alerter les médias de la présence des policiers de la Gendannerie royale du Canada au quartier général des conservateurs.Devant ces allégation^ lancées dès avril dernier, M.Mayrand a expliqué qu’Elections Canada a mené une vérification interne qui a Lût la démonstration qu'aucune fuite ne s’était produite au sein de l’organisme.Malgré tout, les conservateurs entendent faire adopter une motion, aujourd’hui, pour que le DGE mène une enquête indépendante sur cette prétendue fiiite.Ire comité devra aussi se pencher sur trois motions des conservateurs qui veulent faire témoigner un ancien candidat bloquiste à l'élection de 2(MX) afin de faire la démonstration que tous les p;u tis agissent de la même façon lorsqu’ils transfèrent des fonds aux candidats.La Presse canadienne CONSEIL DE LA FÉDÉRATION Les provinces resteront divisées sur le dossier climatique, croit Jean Charest ROBERT DUTRISAC Québec — Jean Charest ne se fait pas d'illusions: le Conseil de la fédération restera divisé sur la question des changements climatiques.Mais le premier ministre québécois, tout comme son homologue du Manitoba, Gary Doer, croient que le changement de garde à Washington — les deux candidats à la présidence, John McCain et Barack Obama, sont en faveur d’un système d’échange des émissions de gaz à effet de serre — va changer la donne, même au Canada.«Le prochain président américain, peu importe que ce soit M.McCain ou M.Obama, vont [selon] toute probabilité mettre en place un système de permis échangeable, de plafonnement.Il serait sage de notre part de nous préparer à ces changements-là», a fait valoir, hier, Jean Charest lors d’une conférence de presse qu’il a tenue avec le premier ministre manitobain, Gary Doer, pour annoncer la signature d'une entente de partenariat entre le Centre de la francophonie des Amériques et l’Agence nationale et internationale du Manitoba.La réunion annueüe du Conseil de la fédération débute aujourd’hui par une journée d’activités touristiques, 400r anniversaire de la fondation de Québec oblige, pour les premiers ministres des provinces et des territoires.Le vrai boulot commence demain pour eux alors que l’état de l’économie et l’Accord de commerce intérieur (ACI) feront l’objet des discussions, tandis que la séance de travail de vendredi, qui clôt l’événement, sera consacrée principalement aux changements climatiques.La Colombie-Britannique, le Manitoba, l’Ontario et le Québec forment une alliance en faveur du respect du protocole de Kyoto et de la création d’un système d'échange et de plafonnement des gaz à effet de serre (GES), ce qui se traduit par la création d’une Bourse du carbone.En revanche, des provinces comme l’Alberta, la Saskatchewan et le Nouveau-Brunswick s’opposent fermement au protocole de Kyoto.Gary Doer a souligné que ces quatre provinces favorables à Kyoto représentent tout près de 80 % de la population du Canada.«Il y a cinq ans, il n’y avait pas plus de deux provinces qui s’entendaient pour dire que les changements climatiques représentent un défi et que nous devrions avoir une stratégie pour réduire les GES au Canada», a-t-il dit Mais pour l’heure, les provinces se limiteront à discuter de mesures auxqueUes aucune d’entre elles ne s’oppose, comme les mesures d’efficacité énergétique et les technologies vertes, a signalé M.Charest Nation et Constitution Même s’il prône l’abolition du Conseil de la fédération, le chef de l’Action démocratique du Québec, Mario Dumont, estime que l’organisme est le «forum idéal» pour permettre au premier ministre Jean Charest de «préparer le terrain» en vue d’enchâsser dans la Constitution canadienne la reconnaissance de la nation québécoise.Mario Dumont a exigé que Jean Charest fasse de cette reconnaissance constitutionnelle une demande formeUe du Québec, «/re Conseil de la fédération peut être un forum idéal pour l’exprimer devant les autres ministres du Canada», a-t-il dit lors d’une conférence de presse en matinée hier.Ire 3 juillet dernier, lors de la célébration du 400' anniversaire de la fondation de Québec, «les discours étaient très beaux», surtout celui de Stephen Harper qui a répété «qu’il considère le Québec comme une nation», a relevé M.Dumont.«Dans mon esprit, ça crée un appétit encore plus grand.» C’est devenu une habitude; Jean Charest a rejeté du revers de la main l’appel lancé par le chef adéquiste.«Est1 i ^ î ' WêêM&è mtàÆL.ARCHIVES LE DEVOIR Les manifestants anti-guerre présents lors des célébrations du 400' anniversaire de Québec étaient surveillés de près par les corps policiers de la ville.FRANCIS DUPU1S-DÉR1 Professeur de science politique à l'UQAM et auteur de L’Ethique du vampire: de ia guerre en Afghanistan et quelques horreurs du temps présent (Lux, 2007).a ville de Québec s’identifie fortement à la chose militaire, par son architecture et son urbanisme, ainsi que par ses activités «culturelles».Depuis le printemps, il y a eu un Rendez-vous naval dont les navires de guerre ont été présentés comme des «merveilles flottantes».Puis un Festival aérien dont les avions de guerre ont bruyamment survolé la ville.Quand des activistes se présentent à ces événements, armés d’une simple bannière pour dénoncer la guerre, les autorités leur demandent soqvent de «circuler» et de «quitter les lieux».A la mi-juin, la mairie de Québec a organisé une cérémonie en l’honneur des soldats québécois morts en Afghanistan.Alors en vacances dans le Vieux-Québec, je me suis mêlé aux curieux sur le trottoir, intrigué par la haie d’honneur de soldats devant l’hôtel de ville.J’ai crié quelques slogans contre la guerre, alors que le maire de Québec Régis Labeaume recevait des officiers supérieurs de l’armée à leur descente de limousines.Des militaires sont venus me dire de «circuler» et le maire lui-même s’est approché de moi pour me demander de quitter les lieux.Le lendemain, le maire me traitait de «minable» dans les journaux, ironisant sur le fait que je n’irai jamais à la guerre (et lui?).Il précisait toutefois qu’il n’était pas «pour la guerre», ce qu’il a répété le 1" juillet, à bord du navire de guerre Ville de Québec, sur lequel il voguait de La Malbaie à Québec.Célébrer l’armée ou la guerre ?Depuis des années, politiciens fédéraux, provinciaux et — maintenant — municipaux répètent qu’on peut appuyer «pos» troupes sans être pour la guerre.Est-ce si vrai?A l’occasion du 400 anniversaire de la ville de Québec, le chat est sorti du sac.Devant des représentants du Royal 22'' Régiment, le maire Labeaume a déclaré (hué par des protestataires): «En Afghanistan, ils ont décidé de fermer les écoles, de museler les femmes, de détruire le patrimoine.\.\Je veux dire à tous les Québécois et les Québécoises, à tous nos concitoyens, soyez fiers de vos troupes.» Le maire Labeaume n’est donc pas contre la guerre.Il se comporte plutôt comme un petit garçon, fétichiste de la chose militaire et qui court visiter les bateaux de guerre et serrer les mains de soldats.En se mettant en spectacle ainsi avec l’armée, le politicien se fait du cape tal politique, mais il fait aussi la promotion de la guerre, il la rend sympathique, attirante.A l’occasion, il avoue même explicitement être pour une guerre, celle que «nos» soldats mènent en Afghanistan.[.] Manifestation antimilitariste En plus des soldats rassemblés devant l’hôtel de ville, tôt le matin, des milliers de soldats ont défilé en fin de matinée dans les rues de Québec, certains fusil à l’épaule.Ils étaient précédés de figurants déguisés en soldats d’époque, de la Nouvelle-France à la guerre de Corée.Ce 40(> anniversaire offrait donc une nouvelle occasion pour des activités militaires, où les morts ne sont jamais représentés.Pas de figurants pour représenter les Amérindiens tués par les fusiliers du roi de France, ni les Canadiens tués par les soldats britanniques lors de la Conquête, ni les Patriotes républicains du Haut et du Bas-Canada massacrés par l’armée anglaise dans leur rébellion, ni bien sûr les Afghanes et les Afghans tués par les soldats canadiens.Nous avons été environ 500 personnes à manifester pour dénoncer cette parade militaire, en réponse à l’appel de la coalition Guerre à la guerre Lettre de France Merci, Québec JACQUES BERTIN Poète, chanteur et journaliste français |j^=^=j 1 n’est pas souvent donné d’écrire un ar- Iticle pour remercier des amis proches.Je le fais aujourd’hui — avec quel plaisir! — pour saluer Québec.Québec, la ville, qui fête son quatrième centenaire.Québec le ic.¦ pays, qui en même temps fête sa survie de toujours.Merci Québec.Merci d’exister.Merci de nous donner des leçons d’âme.Ici, en France, cet anniversaire fait peu de bruit — mais le Québec n’a jamais intéressé nos élites, culturelles ou politiques.Du 400' anniversaire, on parle à peu près comme d’un «événement culturel», une espèce de festival parmi d’autres, sur la liste.Or il ne s’agit pas de ça du tout Pas du tout Il s’agit d’une des aventures les plus extraordinaires de l’histoire.Le 3 juillet 1608, Champlain, avec 28 hommes, fonde Québec, un poste pour rencontrer les Indiens et commercer les fourrures.Dix-sept fondateurs mourront le premier hiver.L’endroit est désert: les Iroquoïens qui avaient accueilli Cartier en 1534 ont énigme encore aujourd'hui sans solution, totalement disparu du Saint-Laurent Ne parlons pas du bulldozer de la colonisation: 50 ans après, il n’y aura que 747 habitants à Québec.Mais vous pouvez parler, oui, de la colonisation: le courage, la solitude, la misère.Récit d’une aventure Puis, en 1642, voici la suite, aussi rocambolesque: une aventure mystique, MontréaL fondée par une cinquantaine de candidats à la sainteté et au martyre.Pas des commerçants, non! Ni des militaires! Des excités de l'âme! Cernés quotidiennement par les Iroquois qui montent de 500 km au sud pour les étriper.Après ça, les coureurs de bois et les curés fous découvrent le continent La Nouvelle-Orléans, Detroit Saint-Louis, Sault-Sainte-Marie, Baton Rouge, la toponymie de l'Amérique du Nord compte des milliers de noms fiançais.Sous le nom de Louisiane, un immen- {http://www.guerrealaguerre.resist.ca).Des sympathisants de l’armée criaient «Vive l’armée!» et «Allez les boys!».Avec les policiers, ils nous ont traité de «pouilleux», nous ont dit «trouve-toi une job!», nous ont bousculés, cognés dans le dos, griffés au visage.Pour notre part nous avons lancé des slogans rappelant que la guerre assassine, qu’elle terrorise, qu’il faut qu’elle cesse.Des milliers de tracts ont été distribués, expliquant brièvement notre analyse critique de la guerre.Bref nous avons essayé de sensibiliser la population à cet enjeu qui ha rien d’un jeu d'enfant On nous a répondu que les soldats ne font que leur devoir, oubliant que les soldats sont aujourd’hui volontaires.On nous a dit que c’est grâce aux soldats si nous avons le droit de manifester, oubliant les dizaines d’occasions où la troupe a été appelée pour mater des manifestations au Canada, des grèves au XDC siècle au soulèvement autochtone de la crise d’Oka, en passant par la Crise d’octobre de 1970.Et c’est à Québec même, il y a 90 ans, que l’armée mitraillait une manifestation contre la conscription, tuant quatre personnes et en blessant des dizaines d’autres.De Québec à Kandahar Il n’y a pas de solution miracle aux problèmes d’un pays comme l’Afghanistan, en guerre civile depuis 30 ans.Les Soviétiques, invités en 1979 par le gouvernement de Kaboul, prétendaient construire des écoles, creuser des puits, émanciper les femmes.Ils ont piteusement retiré leur 120 000 soldats en 1989, vaincus par les rebelles qu’on appelait alors les «combattants de la liberté».! se territoire, qui va des Grands Lacs au golfe du Mexique et des Appalaches aux Rocheuses, est français.En 1762, Louis XV le donne aux Espagnols.Ceux-ci l’offrent à Napoléon en 1800, en échange de la Toscane.Ne sachant qu’en faire, çe con décide simplement de le vendre (1803) aux Etats-Unis.Un chef d’Etat raisonnable ne lutte pas contre les moustiques.Lesquels ne font pas peur aux colons, qui avancent toujours, sur les bords du Saint-Laurent Mais la France est vaincue par les Anglais en 1759.Et Québec est en ruines.Conflits et défaites Est-ce la fin de l’extraordinaire aventure?Pas du tout; elle commence.L’Eglise catholique va faire respecter le nouveau pouvoir tandis que lui va autoriser la langue et la religion des Canadiens.Ce marché, hautement politique, fonctionnera jusqu’au milieu du XX' siècle.Et particulièrement en 1775, quand les insurgents américains révoltés contre l’Angleterre envahissent la province en s’imaginant être reçus en libérateurs.Les habitants ne bougent pas, mais Québec est détruite une fois encore.Puis au XIX' siècle, la province est enfouie sous les anglophones.D’abord, les loyalistes refusant la nou-veüe république américaine, qui montent du sud.Les immigrants irlandais, ensuite, par centaines de mil-fiers.Québec et Montréal sont alors deux villes anglophones.Le peuple canadien français est maintenant un peuple exploité, dans les chantiers navals de Québec, les camps de bûcherons, les usines de Montréal.La misère pousse les Canadiens français aux Etats-Unis — près d’un million! Mais sur les bords du Saint-Laurent, la langue, l’identité résistent On croit encore que l’extraordinaire aventure va s’arrêter là?Non.Elle commence à nouveau en 1960.En dix ans, ce canton retardé devient l’une des nations les plus avancées du monde.Cette Révolution tranquille devrait nous faire baver, nous Français! Car tandis que notre Mai 68 n’est qu’une révolution imaginaire, médiatique, bavasseuse et prétentieuse, celle-ci est réelle! Bah, que les Québécois veuillent se libérer Aujourd’hui, «nos» soldats y cassent du «taliban».Est-ce plus glorieux?L’Organisation des Nations unies (ONU) a rendu public, la veille même des fêtes du 400, un rapport indiquant que la situation humanitaire ne cesse de se dégrader.les six premiers mois de 2008 ont été les plus meurtriers depuis 2061: plus de 700 victimes civiles, principalement d;ms le sud du pays ou se battent «nos» soldats.Construire des écoles?Libérer les femmes?De qui se moque-t-on?On croit les antimilitaristes iuùTs parce qu’ils n’ont pas de solution, sinon de retirer l’année.Or les militaristes sont les vrais naïfs, qui croient qu’une guerre civile longue de 30 ans peut se régler en lançant sur le champ de bataille de nouveaux soldats venus d’Occi-dent.Les militaristes se surprennent ensuite que «nos» soldats soient attaqués et qu’il y ait plus de 30 00Q victimes afghanes de la guerre depuis 2001.A écouter les militaristes, il ne faut surtout pas retirer «nos» troupes, sinon la situation va s’aggraver.Avec un tel argument, les Soviétiques seraient encore en Afghanistan, les Etats-Unis au Viêtnam, les Français en Algérie.En Afghanistan, l’armée canadienne fait partie du problème, pas de la solution.L’année canadienne n’est pas l’Armée du salut; c’est une machine à tuer.C’est son mandat, c’est pour cela qu’elle est formée, financée, équipée et déployée en Afghanistan.C’est ce qu’elle y fait II n’y a pas de quoi être fier ni de quoi célébrer.Il n’y a pas non plus de quoi l’inviter à nos fêtes populaires pour qu’elle y parade et s’y donne en spectacle, afin de s’attirer notre sympathie et notre admiration.du colonialisme anglais indiffère les gauchos français.Va comprendre.Saluer une nation Reste la souveraineté, toujours à faire.Ah! Ils en ont vécu des baisecouillons! L’Acte constitutionnel de 1791 (division du Canada en deux, pour permettre aux loyalistes ultraminoritaires d’avoir leur province à eux).L’Acte d’union de 1840 (qui réunifie le Canada afin de rendre les francophones minoritaires à l’Assemblée législative —- interdiction du français dans l’administration, tout de même!).Puis encore l’Acte de l’Amérique du Nord britannique (1867), ou comment le Québec est le ciment du nouveau Canada indépendant Et enfin, la Constitution imposée par Trudeau, en 1981.Toujours pas ratifiée par le Québec.Aujourd’hui, le problème de la souveraineté est entier, qui sépare les fédéralistes et les «séparatistes».Ce n’est pas à nous, pas à moi, d’en décider.Mais comme dç ce côtéci de Teau je n’entends parler que de mort de l’Etat et de fin des nations, de cynisme, de l’économie comme idéal indépassable, eh bien, j’ai un grand plaisir à saluer ceux qui nous ont écrit, depuis 400 ans, sans jamais lâcher, une si extraordinaire histoire.Un exemple Un peuple qui se pense comme un peuple.Un peuple qui a vaincu toutes les si fameuses inéluctables logiques historiques.Un peuple de colonisés (blancs, oui, mais colonisés) qui s’opposent depuis deux siècles victorieusement à l’obligation de parler anglais, ce que nous sommes bien incapables de faire, nous, Français, qui ne sommes attaqués que depuis deux décennies; des pauvres qui ont servi de piétaille au pognon anglo-américain: des colonisés qui se fibèrent sans violence.[.) Oui, il est agréable de rendre hommage à cette ville et à ce peuple.À ce pays qui en est un à force de ne l’être pas.Il est aujourd'hui plus vivant que jamais.Quelle histoire! Quel exemple! Oui, merci Québec! Ce texte est publié dans le numéro de juillet du mensuel parisien Policultures.du scorbut Tranches de vie des Québécois sous l’Ancien Régime, histoires cocasses ou troublantes, mémoires retrouvées d’une communauté agrippée à son Cap Diamant entre dangers, plaisirs quotidiens et cohabitation avec des .Amérindiens envahis.En l’honneur dti 400' anniversaire de la capitale, Le Devoir publie cet été une série de chroniques compilées par l’archiviste historien Pierre-Georges Roy.Elles sont tirées de deux imposants volumes intitulés La Ville de Québec sous le régime français (1930, Publications du gouvernement du Québec).Un charivari à Québec en 1683 „—.e frauds
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