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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier G
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2004-06-12, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 JUIN 2 0 0 1 LE DEVOIR ères Nations MANIKASHUNA La grande fête autochtone est de retour place Émilie-Gamelin, et ce jusqu’au 21 juin prochain Page3 ¦J BAIE JAMES Les Cris sont des partenaires à part entière dans l’aménagement hydroélectrique de la Eastmain Page 6 Il y en a un à Montréal, sur la rue Sherbrooke, adjacent au Musée McCord.Un autre se retrouve sur le site de l’ambassade du Canada à Washington.Et ces «chasseurs en pierre» ne sont pas les seuls à avoir quitté les territoires du Grand Nord pour devenir autant de statues-signaux au pays de l’homme blanc.Les Inukshuk, pour reprendre le mot que l’Inuit utilise pour nommer ces constructions qu’il érige comme autant de repères sur son territoire, ont ainsi depuis 15 ans représenté sur les places publiques la sculpture issue d’un mode de vie autochtone.Ces sculptures contrastaient déjà avec la perception traditionnelle d’une statuaire qui confondait l’art inuit avec des petites pièces où l’ours, le chasseur, la mère et l'enfant étaient les thèmes majoritairement retenus.Tous ces objets façonnés dans la saponite constituaient le corpus de ce qui fat longtemps désigné comme de l’art «esquimau».En guise de pendant à ces formes, et partageant le même imaginaire, témoin d’une mythologie commune, une œuvre graphique abondante a démontré la vitalité d’un art où l’espace et la forme s’assemblent dans des compositions uniques.Au Sud, les créations artistiques des Premières Nations étaient classées dans une autre catégorie: ce que les kiosques divers proposent encore est désigné comme étant de l’artisanat et, souvent, le mérite de ces productions n’a pas encore été reconnu.Temps nouveaux Une nouvelle réalité toutefois s’impose.Qui voit aujourd’hui les sculptures d’un Mattuisi lyai-tuk, qui fréquente les tableaux, gravures et assemblages des Virginia Pésémapeo Bordeleau, Christine Sioui Wawanoloath ou d’un Jacques Néwashish constate que les pratiques contemporaines ont transformé les images traditionnelles.En fait un art naît dont l’origine des créateurs, plus que la nature de la production, indique qu’il s’agit d’un travail autochtone.Ainsi, les films d’un Chris Eyre, cinéaste d’origine cheyen-ne-arapaho mais de formation américaine, traitent de problèmes locaux, mais avec une volonté de démontrer l’existence d’un cinéma amérindien qui soit comparable à toutes les autres cinématographies.Aussi, la soprano Minda Forcier et la violoncelliste Tara-Louise Montour se joindront à l’Orchestre métropolitain du Grand Montréal pour clore le 21 juin la Journée nationale des autochtones dans un concert, Destins croisés, où Dvorak sera à l’honneur! Neuve réalité Un autre art émerge donc.Cela se produit au moment où le monde autochtone se transforme.Il y a plus de deux ans, la «Paix des braves» fut un moment fort dans l’histoire québécoise contemporaine.Elle survenait après l’émergence du Nunavut, nouveau territoire autochtone dont la superficie dépasse celle du Québec et qu’un Paul Okalik administre en tant que premier ministre depuis plus de quatre ans.Autre signe des temps, et réalisation remarquée, les Cris sont des partenaires à part entière dans les projets que mène la Société de développement de la Baie James, notamment pour la construction des barrages sur la rivière Eastmain.Quant au Nu-navik, la portion inuite du Grand Nord québécois, son développement est assuré depuis 1997 par la Société Makivik.On ne parle donc plus de «réserves» mais de communautés, avec leurs problèmes propres et, comme on le constate à Kahnese-take, avec des solutions originales à trouver.Les autochtones se prennent en charge.Les priorités sont établies eu égard à une situation particulière où, pour des populations fort jeunes, le chômage sévit, l’alcoolisme est un problème, le système d’éducation est à consolider et certaines infrastructures manquent Devant ce défi, un Paul Okalik demeure confiant et fait appel à tous les gens du «Nord» pour inventer ces pays autochtones: «On bâtit à partir de nos domaines d’expertise respectas afin de nous entraider.A long terme, ça peut servir à régler nos problèmes.» Pour mieux comprendre ce qui se passe ailleurs, jusqu'au 21 juin, à Montréal, ceux du «Sud» pourront sur place se mettre en contact direct avec les réalisations artistiques des citoyens des Premières Nations.Car, à partir d’aujourd’hui, le festival Présence autochtone les attend à la place Emilie-Gamelin.Normand Thériault «On bâtit à partir de nos domaines d’expertise respectifs afin de nous entraider» jm 'JFM Sculpture de Mattuisi lyaituk ; PRESENCE AUTOCHTONE SPECTACLES ART CINÉMA DÉVELOPPEMENT Destins croisés Niwaskw et mythologies Images amérindiennes Nunavut Blues, Blanc, Rouge ANIMATION Wapikoni mobile Nunavik Page 3 Kahnesatake Page 5 Page 7 Page 4 Tout l’été, le Jardin des Premières-Nations' vous propose une foule d’activités.Bienvenue dans ce jardin unique! JARDIN BOTANIQUE DE MONTRÉAL Consultez notre programmation sur le site Internet www.ville.montreal.qc.ca/jardin 4101, rue Sherbrooke Est 5i4«872*i400 Direcltondes __ 'frctittrttofH scient ifiqués t MM Montréal! p Qu’est-ce le projet de développement de la communauté crie de la baie James?• C’est un projet favorisant la stabilité de l’économie régionale pour que la nation crie et les résidents de la baie James puissent échafauder des projets d'avenir ensemble.• C’est un projet de collaboration des cultures crie et québécoise en faveur des chances d’avenir de leurs collectivités et de leurs familles.• C’est un projet émancipateur visant à donner des occasions d’emploi égales à tous les résidents du territoire.• C’est un projet qui cherche à protéger le patrimoine naturel pour les générations actuelles et futures.• Par-dessus tout, c’est un projet à long terme pour tous les résidents de la région qui contribue aussi à l’économie du Québec et du Canada.il» -mmm F P:' ' ïiiiiH' MISTIS5'"' ¦ 00m uc* Le grand chef Ted Moses a dit : « L’entente de la Paix des braves a mis nos relations avec le Québec sur la bonne voie.En 1975, les partenaires de cette initiative étaient le Canada, le Québec et les Cris.La question est aujourd’hui la suivante : Quand le Canada tiendra-t-il sa promesse envers les Cris et, par le fait même, envers le Québec, de régler le sort du Québec de la baie James?L’économiste québécois Pierre Fortin a estimé que le gouvernement fédéral tire 800 millions de dollars par année du développement de la baie James, et ce chiffre augmente continuellement.Quand le Canada respectera-t-il son engagement de soutenir pleinement le projet de développement cris de la baie James, comme il l’a promis en 1975?» Gra(Eeyo"Si«cKce)Cris i LE DEVOIR.LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 JUIN 2 0 0 4 PRESENCE AUTOCHTONE G 3 Destins croisés Appel à la fusion Un parcours en musique entre les cultures occidentale et amérindienne Cette année, dans le cadre du festival Présence autochtone, la musique classique sera à l’honneur.En effet, c’est avec la participation de l’Orchestre métropolitain du Grand Montréal, sous la direction de Yannick Nézet-Seguin, que sera présenté en clôture du festival le concert Destins croisés au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts le 21 juin à 20h, marquant du même coup le Jour national des peuples autochtones.PIERRE VALLÉE .* est une première pour nous, '' V-/ explique André Dudemai-ne, organisateur de l’événement Nous avons déjà eu des prestations individuelles de musique classique, mais jamais tout un concert.» Empruntant à la fois au répertoire classique européen, au répertoire canar dien plus contemporain et même au répertoire autochtone.Destins croisés, comme son nom l’indique, cherche à illustrer le parcours croisé des cultures blanches et amérindiennes.•C’est un concert où l'on met de l’avant l’hybridité et qui se veut un appel à la fusion.» Parmi les œuvres au programme, il y a la Symphonie du Nouveau Monde d’Anton Dvorak, dont on pourra entendre les 2e et 3e mouvements.Anton Dvorâk, reconnu pour son intérêt pour les musiques slaves de sa Tchécoslovaquie natale, a composé cette œuvre en 1893 alors qu’ü dirigeait le Conservatoire de musique de New York.•On sait que Dvorâk s’intéressait aux musiques américaines Des élèves noirs lui auraient fait connaître la musique noire américaine.» On pense aussi qu’il aurait pu s’initier aux chants autochtones en assistant aux représentations du cirque de Wild Bill Hickok D aurait aussi été gram dement impressionné par le poème Song of Hiawatha de Longfellow.•Mais le lien musical demeure très lointain.Chez Dvorâk, c’est la recherche de dialogue qui compte.» Montour et Forcier La présence autochtone au concert est assurée d’abord par des chants traditionnels qu’interpréteront Bob Bourdon et Kontirennota-tie, un chœur de femmes de la maison longue, mais aussi par les musiciens classiques d’origine autochtone que sont Tara-Louise Montour et Minda Forcier.Minda Forcier, jeune soprano ati-kamekw, interprétera une pièce spécialement commandée au compositeur Yves Lapierre et s’inspirant du poème Je suis née de la poétesse innue Rita Mestokosho.Quant à la violoniste mohawk Tara-Louise Montour, elle interprétera Farewell to the Warriors de Régent Levasseur, une pièce qu’elle a commandée il y a cinq ans et qu’elle a eu l’occasion de jouer en récital sur plusieurs scènes canadiennes et américaines.La pièce, construite à la manière d’un concerto, est une suite de variations sur un chant ojibway que chantaient les femmes lors du départ des hommes pour la guerre.•On ne peut pas trouver plus authentique puisqu'on s’est appuyé sur un enregistrement sur cylindre de cire de ce chant.» Née à Kahnawake mais adoptée tout petit bébé et élevée à Montréal, Tara-Louise Montour doit son amour de la musique à sa mère adoptive, qui fut longtemps danseuse de ballet classique.«Ma mère me faisait écouter de la musique en m’indiquant le nom des différents instruments.Ça c'est le piano, ça c'est la flûte.Et toute petite, quand j’entendais le violon, je disais: maman, écoute, c’est moi, c'est moi.'» EDe prend ses premiers coure de violon à deux ans et demi, enfile le Conservatoire de musique puis obtient un baccalauréat et une maîtrise en musique respectivement à l’univereité McGill et à l’université de Chicago.Elle a suivi de nombreuses classes de maître et poursuit présentement une carrière de ! soliste invitée.•J’aime beaucoup le \ répertoire classique, avoue-t-elle, mais je cherche à me bâtir un répertoire personnel et spécialisé qui reflète ma culture amérindienne avec des pièces musicales qui font le lien entre les arts classiques et mes racines mohawk.f attends cet été une nouvelle pièce que f ai commandée au compositeur Malcolm Farsight.» Sa culture amérindienne, Tara-Louise Montour la porte en elle depuis toujours puisque sa mère n’a jamais cherché à la déraciner de sa culture d’origine.Fière de sa culture amérindienne, élevée à Montréal, amoureuse de la musique classique, Tara-Louise Montour en connaît un rayon sur la mixité culturelle.«En plus, rajoute-t-elle, ma mère est italienne!» Deux autres œuvres figurent au programme de la soirée.On pourra entendre Micmac Lullaby du compositeur canadien Scott McMillan, qui s’inspire d’une berceuse micmac recueillie sur le terrain.On pourra aussi entendre Algonquin Symphony du compositeur canadien Murray Adaskin.Selon André Dudemaine, le concert Destins croisés proposera aux spectateurs un parcoure musical original allant de la musique classique européenne aux chants traditionnels amérindiens en passant par des œuvres contemporaines s’inspirant plus étroitement de la culture autochtone.Blues, Blanc, Rouge Desjardins le Blues, Blanc, Rouge.Le titre du spectacle dit tout.Des musiciens et musiciennes, d’origines blanche et autochtone, réunis sur une même scène avec un projet commun: faire de la bonne musique.De la bonne musique, il y en aura le 19 juin au Lion d’or où se produiront en soirée l’ensemble Forestare, le duo Taima, Brian André et Gilles Sioui ainsi que Richard Desjardins et les musiciens de l’album Kanasuta.La présence de Desjardins dans un spectacle où l’on célèbre la culture autochtone va de soi.•Le spectacle est en quelque sorte centré autour de Richard puisque c’est lui qui assume le rôle de rassem-bleur», explique Normand Guilbault, contrebassiste et membre du groupe formé pour les besoins du disque et de la tournée Kanasuta et, comme il le dit lui-même, «/e chef d’orchestre de la soirée».Le spectacle débutera par la prestation de Richard Desjardins et ses musiciens.Outre Normand Guilbault à la contrebasse, le groupe comprend Marie-SoleU Bélanger au violon, Claude Fradette aux guitares et Didier Dumoutier à l’accordéon.Ds interpréteront la pièce éponyme Kanasuta ainsi que Le Saumon et La Maison est ouverte.Ensuite, chaque artiste invité aura l’occasion d’interpréter trois ou quatre pièces de son répertoire, et üs auront tous l’occasion de se joindre à Richard Desjardins le temps d’une chanson.La soirée se clôturera lorsqu’ils interpréteront tous ensemble Lucky Lucky de Desjardins.L’ensemble Forestare est composé de 12 guitaristes.Üs interpréteront, entre autres, une version plutôt spectaculaire de la chanson Yankee de Richard Desjardins.•Il faut entendre ça, c’est vraiment Jull” guitare.» Brian André est un jeune chanteur innu qui sera accompagné par son guitariste Gilles Sioui.«Ils font un genre de countryfolk rock.» Sans doute un des moments les plus attendus de la soirée sera l’interprétation que fera Richard Desjardins, en duo avec Elisapie Isaac de Taima, de cette grande chanson qu’est Nataq.•Ça risque d’être très beau.Elisapie a une merveilleuse voix.Et puis la chanson tourne autour d’une femme qui parie à son homme.» La femme de Salluit Et qu’en pense la principale intéressée?«Ça me fait peur, avoue d’emblée Elisapie Isaac.C’est une très rassembleur grande chanson.C’est tout un honneur de la chanter et, en plus, avec Richard Desjardins.Ça me fait peur, mais en même temps, j’ai vraiment hâte.» Elle est pourtant familière avec l’univers de Desjardins puisque son complice dans Taima, Alain Auger, est natif de Rouyn-Noranda.«Alain est très fier de ses origines, tout comme l’est Richard Desjardins, et c’est quelque chose qu’ils ont en commun.Il nous arrive souvent de faire en spectacle Lucky Lucky.Alain et moi partageons la même fierté de nos cultures respectives.» Née à Salluit au Nunavik, dans un village inuit qui donne sur le détroit d’Hudson, Elisapie Isaac a, dès l’adolescence, la piqûre des communications.Tour à tour animatrice et réalisatrice à la radio comme à la télévision, elle contribue activement pendant plusieurs années à l’épanouissement de sa communauté.A 22 ans, poussée par le goût d’apprendre, ce qu’elle qualifie de «curiosité de petite fille artiste», elle s’installe à Montréal dans le but de poursuivre ses études en communication au collège John Abbott.Au bout d’un an, c’est la déception.«Je voulais fuir ailleurs, j’ai pensé à aller en Europe.» Alors se produit l’imprévisible: sa rencontre avec Alain Auger.Tout à coup, partir n’est plus une option.•La rencontre avec Alain a tout changé.Il m’a ouvert au monde, il m’a présenté ses amis, il m’a fait connaître le Plateau.» Dès le départ germe en eux le désir de faire de la musique ensemble et ils forment le duo Taima.Mais Elisapie Isaac est une jeune femme qui a plus d’une flèche dans son carquois.Une idée de film lui trotte en tête.Bon joueur, Alain Auger cède.«Alain m’a dit: “Ok,fais ton film et ensuite, on se remettra à la musique."» Sage décision puisque ce court-métrage documentaire intitulé Si le temps le permet a gagné, entre autres, le prix Claude-Jutra du meilleur espoir au dernier Rendez-vous du cinéma québécois.Mais pour l’instant, Elisapie Isaac a choisi de mettre en veilleuse sa carrière cinématographique au profit du duo Taima.«Je ne veux pas faire deux choses à la fois.Là, je veux prendre soin de la musique, y rester et continuer le trip avec Alain.» Ceux qui ne trouveront pas place au Lion d’or pour ce spectacle pourront toujours se consoler.Le spectacle sera enregistré et ultérieurement diffusé sur les ondes de TéléQuébec.P.V.Le Manikashuna envahit la rue Sainte-Catherine Encore plus d'activités sur la place Emilie-Gamelin Cette année, le site extérieur du festival Présence autochtone s’ouvre encore plus sur la rue Sainte-Catherine pour attirer un plus grand nombre de visiteurs et fait une grande place aux musées amérindiens.«L’ensemble du site devient un lieu de transmission, un parcours de découvertes et une grande scène où se tisse, au hasard des rencontres et au gré des esprits, la trame d’un rêve de paix et d’amitié.» JESSICA NADEAU Avec ses trois zones consacrées aux cultures matérielles et spirituelles des Plaines, des Iro-quoiens et des Algonquins, ses contes et légendes à la brimante, ses artisans qui pratiquent les arts et métiers de la tradition, la dégustation de la ban-nique et la danse d’apparat, l’activité extérieure du festival Présence autochtone, Manikashuna, attire chaque année un grand nombre de curieux.Pour sa 14' édition, les organisateurs ont décidé non pas d’agrandir le site, mais d’ouvrir complètement la zone sur la rue Sainte-Catherine pour aller chercher une autre clientèle, «notre mandat étant d’animer la rue Sainte-Catherine en créant une zone plus contemporaine, tout en restant cohérents avec l’esprit du site», explique Sylvain Rivard, ethnologue et responsable du site extérieur pour Présence autochtone.Pour ce faire, il a misé sur les organismes ethnoculturels en mettant l’accent sur les musées amérindiens.«Beaucoup de musées parlent de l'art des Amérindiens, mais ils sont peu nombreux à être gérés par eux», souligne Sylvain Rivard.Le Musée des Abénakis d’Odanak, le Centre culturel abéna-kis de Swanton au Vermont et le Musée amérindien de Mashteuiatsh seront sur place et proposeront des activités telles que de la taille de la pierre ou de petits jeux amérindiens devant leurs kiosques respectifs.De plus, un artiste pluridisciplinaire du nom de Jacques Newashish animera le coin Sainte-Catherine et Saint-Hubert avec de la musique.Créer des liens entre les nations et leurs cultures En raison du grand succès qu’a connu la peinture des chevaux l’an dernier, Sylvain Rivard a décidé d’étirer cette activité sur quatre jours plutôt que deux.Des artistes-peintres amérindiens, Patricia Eshkibok et Ben Giboe, tresseront et décoreront des chevaux tout en expliquant la symbolique des signes qui couvriront presque entièrement le corps des bêtes de race indienne.«Cette pratique est apparue dans la culture des Plaines depuis l'introduction du cheval, il y a très longtemps, et on a développé autour de l’animal une culture matérielle en le décorant pour témoigner de son histoire», explique l’ethnologue.Selon lui, il existe de nombreux liens entre les nations, leurs objets et les techniques.Pour en témoigner, il s’est assuré de faire lui-mêipe des ponts entre les diverses zones de la place Emilie-Gamelin.«Par exemple, on passe de la zone des Plaines, où les chevaux sont à l’honneur, à la zone des Iroquoiens, où des artisans fabriquent des masques de maïs dont les cheveux sont en crin de cheval.» Puisque la plupart des nations au Québec sont algonquines, une large place leur est réservée sur le site de Manikashuna.Une quinzaine d’artisans y confectionneront de la vannerie en écorce de boulot, des mocassins ainsi que des sculptures sur os.Dans la section nord du parc, du côté de la rue Maisonneuve, Sylvain Rivard a aménagé une zone Amérique latine.«Contrairement à ce que croient plusieurs personnes, les Amérindiens ne s’arrêtent pas en Amérique du Nord.Ils sont présents de la SOURCE PRÉSENCE AUTOCHTONE Une quinzaine d’artisansconfectionneront de la vannerie en écorce de boulot, des mocassins ainsi que des sculptures sur os.Terre de Feu aux régions subarctiques.» Les visiteurs pourront y découvrir la culture des Que-chuas du Pérou, des Aynaras de Bolivie, des Qunas du Panama, des Mayas du Guatemala et des Metizzos du Mexique.Danses d’apparat et Contes sous la tente Le samedi 19 juin, une marche des danseurs part de la rue Saint-Denis pour se rendre sur la scène centrale de la place Emilie-Gamelin, où se tiennent les Boréades de la danse.Sept troupes de danseurs en provenance du Québec, des Etats-Unis et d’Amérique latine défileront dans les rues, habillés en costumes traditionnels et portant des oriflammes et des drapeaux.«C’est très coloré, très visuel et ça bouge beaucoup.Ça fait appel à beaucoup de sens et c’est très enlevant, ce qui explique que plusieurs passants se joignent à la marche pour ensuite assister au spectacle des Boréades.» À la brunante, le site devient une vaste scène peuplée d’êtres surnaturels avec les Contes sous la tente.Sylvie-Anne Sioui-Trudel est celle qui ouvre la voie aux autres conteurs et anime le site pendant les Contes sous la tente à titre d’esprit de la soirée: «Du faite d'une vaste maison, Aata regarde le monde advenir.Au son de la flûte, elle descend du toit du monde, tirant derrière elle une traîne de feu.Ainsi apparaît-elle, maîtresse du grand jeu des mythes et des légendes.» Avec pour thème central les animaux, trois conteurs divertiront les visiteurs avec leurs récits en ombres chinoises au rythme des chants et des tambours.Nicole Obomsawin convoque les animaux, leur donne leur nom, définit leur forme et assigne à chacun son rôle auprès des humains.Ses récits transportent lé public dans la forêt des origines, où les animaux étaient beaucoup plus gros et ont pris leur forme actuelle pour éviter de malmener la Terre et de nuire aux Attenakis.Dominic Rankin s’intéresse aux animaux qui ont apporté le savoir des plantes et de la médecine aux hommes pour les guérir, alors que Siméon Cha-chai dévoile aux oreilles attentives le secret des choses et des esprits qui métamorphosent les outils, ustensiles et autres objets de la culturelle matérielle des Atikamekw.Enfin, dans la tente à discussion, communément appelé le wikiup, l’auteur Michel Noël offrira ses conseils pour la mise en livre d’un conte en se basant sur sa propre expérience.MYTHOLOGIES fondalriœs gravures et sculptures inuit EXPOSITION 10 juin au 14 août 2004 Bibliothèque nationale du Québec, 1700, rue Saint-Denis a Montréal.Entrée gratuite r.TERRES EN VUES ( C ••• I )f LAND InSIGHTS Ac_éS Bibliothèque nationale Québec a a £ir bt>
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