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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2004-06-19, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 19 ET' DIMANCHE 20 JUIN 2 0 0 1 MUSIQUE Retour aux sources autochtones Page E 3 CINÉMA Michael Moore frappe à tout vent Page E 8 USÉE I)KS BKAUX ARTS DU SOURCE M JEAN-CLAUDE ROCHEFORT Re^brant Bi Le Une ménaÿrie bien matée UArche de Noé: une expo qui en met plein la vue pour épater la galerie La qualité des œuvres est heureusement au rendez- La beauté du site aidant, on résiste difficilement à la tentation de se faire une idée au préalable de la manière dont un thème sera mis en exposition, à plus forte raison quand ledit thème appartient à l’imaginaire collectif et que le musée qui souhaite l’explorer dispose de moyens importants: de l’argent, une collection d’œuvres pas si mal, des appuis politiques locaux et nationaux, des contacts privilégiés avec des artistes réputés et de futurs prêteurs, sans oublier un bâtiment industriel absolument splendide et qui ne demande pas mieux que de revoir l’affluence de visiteurs de l’an dernier.Le récit biblique de Noé, seul juste sauvé du Déluge qui emporta dans son vaisseau des couples de spécimens des grandes races VOUS animales, sert ici de prétexte pour réfléchir sur la relation que l’on entretient aujourd’hui avec le monde animal, à travers un corpus d’œuvres modernes et contemporaines.C’est un thème plein de bon sens dans le contexte actuel.Les menaces de toutes sortes qui pèsent sur les écosystèmes de la planète font que nous partageons avec les animaux et le monde vivant en général un sort commun: nous sommes tous en quelque sorte des naufragés en sursis.Un parcours hiératique Toutefois, il semble bien que, pour l’équipe derrière cette exposition, il n’y a qu’une seule chose qui compte: en mettre plein la vue pour épater la galerie.Quand d’un seul coup d’œil on aperçoit l’armada de sculptures animalières convergeant à l’unisson vers une minuscule barque dans laquelle fait semblant de ramer un chétif homme nu, on se dit qu’on aurait voulu faire une caricature de mise en scène muséale hypertrophiée qu’on ne s’y serait pas mieux pris.Pierre Théberge, le maître d’œuvre de l’opération, écrit ^ DU CANADA en guise de présentation dans le catalogue: «-L'Arche de Noé examine de quel œil — affectueux, impartial, formel, humoristique, solennel ou sinistre — des artistes contemporains et modernes ont scruté les animaux et leur esprit.C’est un voyage initiatique qui débute par la poignante figure de Homme dans un bateau de Ron Mueck et prend fin avec le regard fixe, direct et sage de l’éléphant dans Faire le mort En temps réel, par Douglas Gordon.» En fait, malgré ces louables intentions, et nonobstant le caractère anthropomorphique du commentaire qui sert ici à dépeindre un cas particulier du monde animal, ce n’est pas vraiment à un voyage initiatique que le directeur de musée nous convie.On a plutôt l’impression d’être entraîné à notre insu dans un parcours hiératique, au sens empesé et figé du terme.Car ce type de présentation — essentiellement unidirectionnelle et statique —, en plus de contraindre le spectateur à toujours privilégier un point de vue frontal, ce qui est proprement antisculptural, constitue un contresens en regard du thème choisi.En effet, par quels obscurs détours de l’imagination ou par quelle logique tordue peut-on proposer aux spectateurs de découvrir les œuvres qui forment la ménagerie de l’Arche de Noé selon un ordre chronologique aussi ennuyeux et une distribution dans l’espace aussi Spartiate?L’allusion aux musées d’histoire naturelle d’un autre siècle — ce que vient appuyer les monumentaux squelettes de baleine de Brian Jurgen suspendus au fond de la salle —, ne fonctionne tout simplement pas.C’est le chaos, où à tout le moins un souverain désordre, qui règne toujours en situation de cataclysme.Par conséquent, pour articuler des objets d’art autour d’un thème pareil, c’est un vif climat d’anarchie qu’il convenait de suggérer et il fallait s’abstenir de mettre en scène un Noé dictatorial et prompt à mater sa ménagerie, peu importent les circonstances.VOIR PAGE E 2 : MÉNAGERIE wwwiansedanse.net 1 avant le 30 juin «wesag 2004.2005 A LE DEVOIR.LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 JUIN 2004 E 2 ?Culture * MÉNAGERIE SUITE DE LA PAGE E 1 D faut toutefois reconnaître que dans l’ensemble, et cela en dépit du fait que les rapprochements avec le thème sont souvent d’une facilité déconcertante, la qualité des œuvres est heureusement au rendezvous.Mais il y a quelques exceptions.Comme le Grand cerf (1929) stylisé de François Pompon, que l’on verrait mieux sur le parterre d’un siège corporatif de la rue Sherbrooke qu’à côté des petits chefs-d’œuvre d’art moderne de Brancusi, et le projet d'Ydessa Hen-deles, Compagnons (projet oursons en peluche, 2002), projet qui trouverait une place de choix dans la catégorie des ratés spectaculaires de l’art contemporain de notre époque.Car il ne suffit pas d’emprunter impunément à des pensées esthétiques fortes (une pincée de Christian Boltanski, un soupçon d’Anne Darboven, un grain d’Annette Messager), de s’approprier des images et des objets déjà entourés d’un halo affectif et de les rassembler dans un lieu commun avec goût et en disposant d’importants moyens de production pour que l’opération se transforme automatiquement en œuvre d’art On se prend à espérer que, même si l’échelle de l’installation et le nombre d’artefacts collectionnés cherchent à en imposer, personne ne sera dupe devant une telle enflure artistique.Bon nombre des artistes contemporains qui font partie de l’exposition sont archiconnus.Pierre Thé-berge a lui-même largement contribué dans le passé à nous les faire connaître et le travail de ses quelques favoris (Kiki Smith, Stefan Balkenhol, Joe Fafard, Barry Flanagan) est donc fort bien représenté.En contrepartie, si l’on excepte l’excellent artiste populaire Edmond Chatigny, décédé en 1992, les Québécois sont pratiquement absents de la sélection.Bien que l’on prenne dans l’ensemble un plaisir certain à redécouvrir les œuvres de ces noms prévisibles compte tenu du thème exploré, il y a quelques participations inattendues et qui valent la peine d’être soulignées.Le jeune Américain Torn Friedman, qui n’a sans doute pas choisi d’être juxtaposé à la colossale araignée de Louise Bourgeois, tire bien son épingle du jeu.Ses frêles reconstitutions d’insectes fabriquées à partir de ses propres cheveux et de leurres de pêche parviennent à susciter de légers sursauts d’inquiétude.Avec Faire le mort.En temps réel, 2(XX1, pièce qui clôt de belle fy-çon le parcours de l’exposition, l’Ecossais Douglas Gordon nous invite à prendre une pause méditative sur la vie des éléphants en captivité.Kitty Scott, la conservatrice du musée, écrit au sujet de cette pièce: «En combinant dans une seule oeuvre trois représentations de Minnie (c’est le nom de la jeune élé-phante], Gordon parvient à transposer visuellement le vécu des éléphants de cirque ou de zoo dans l’espace restreint d'une des plus importantes galeries marchandes d’art contemporain à New York.Cependant, Faire le mort n’est pas dénué de morale, il nous fait passer par toute la gamme des sentiments, de l’affection et de l’admiration pour les animaux de spectacle à la culpabilité et au dégoût devant leur captivité et leur exploitation.» L’ARCHE DE NOÉ/ NOAH’S ARK Une exposition organisée par le Musée des beaux-arts du Canada et présentée par la Cité de l’énergie à l’ancienne aluminerie de Shawinigan 1882, rue Cascade, Shawinigan Se poursuit jusqu’au 3 octobre SOURCE MUSÉE DES BEAUX-ARTS DU CANADA Silvers (1999), de Joe Fafard.Æ\ * PUIS GRANDS MUSICIENS DU MONDE & MONIRÉAL PANSU JOURS! en préouverture DE MONTREAL KJ UillMJUIlilUJ rr I* MVTH10UC chawtiur rr GUITARIST* î «e» 26 JUIN a 20 h au Spectrum |M : «CU»W> 81» IR 'R* ’ !5 ANHIVm/UH! ÎO IUIH HI U ruiim 2004 18 h Les Grands Concerts 01 Canada Trust TKÉÂtflE MAKOMW - WA ITS.n» Swilt-Ertwisi OwS Billets : (514)642-2112 • www.pda 4 E 6 LE DEVOIR.LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 JUIN 2004 |)e Visu «¦“'üï mm^m llfall OTMipriJ Wb: « L11 * fcfr *" ills HR! ”pTiitig—m ippi li* r 'i'x SU MARIE-CLAUDE VALLERAND Genèse relativité (1973), d'Yvette Bisson.Six éléments.Bois laminé, tiges d’acier recouvertes de tubulaires d’aluminium.Sculptures et identité L’exposition de la galerie Circa, qui réunit seize artistes, apparaît comme un survol de différentes formes de sculpture LA SCULPTURE ET LE VENT Femmes sculpteurs au Québec Jusqu’au 31 juillet Centre d’exposition Circa 372, rue Sainte^Catherine Ouest Espace 444 MICHEL HELLMAN Traditionnellement considérée comme une forme d’art «virile», la sculpture est longtemps restée un domaine réservé aux hommes.Il était particulièrement difficile pour une femme de percer dans ce milieu et, malgré quelques cas isolés — on pense bien sûr à Camille Claudel —, il a fallu attendre les années 70 pour voir apparaître un véritable mouvement d’artistes Iptrices.l la galerie Circa, l’exposition La Sculpture et le Vent — ce titre est inspiré par la phrase de Jean Giono citée en épigraphe du catalogue: «Je suis seulement l'ouvreur de fenêtres, le vent entrera après tout seul» —, présente les œuvres de plusieurs sculptrices du Québec des années 70 à nos jours et montre l’importance et la richesse de la contribution des femmes à l’histoire de la sculpture contemporaine.Pour les commissaires, Serge Fisette et Rose-Marie Arbour, ces artistes ont «contribué à faire éclater certaines frontières étanches de naguère et favorisé l'apparition de pratiques et enjeux nouveaux».D’une certaine manière, c’est un complément à l’exposition L’Ecole des femmes, présen- tée l’hiver dernier au Musée de Joliette et qui rassemblait des artistes canadiennes.Une identité propre L’exposition de la galerie Circa réunit seize artistes.Certaines sont connues, comme Jocelyne Alloucherie, Barbara Steinman ou Françoise SulUvan, d’autres moins.Les œuvres ne présentent pas de similarités formelles et ne suivent pas un arrangement thématique.L’exposition apparaît plutôt comme un survol de différentes formes de sculptures.¦ -V • • • ROBBIN DEYO Jusqu’au 3 juillet Lartiste remercie le Banff Centre et le Conseil des arts du Canada.t utlcHC \\ De la sculpture sur métal (le Sans titre de 1967 de Françoise Sullivan) à la sculpture sur verre (Lieudit de Lisette Lemieux), ou au travail holographique de Marie Christine Mathieu (une installation interactive sur ordinateur), les différentes pièces témoignent des nombreuses formes que peut recouvrir le mot «sculpture».Dans une salle consacrée aux projets «d'intégration à l'architecture» sont exposées des maquettes, comme celle de Marie-France Brière, qui sera réalisée en 2005 pour le nouveau pavillon de musique de McGill, ou celle de Rose-Marie Goulet pour le collège Dawson.Une vidéo, dans laquelle les différentes artistes discutent de la dimension féminine de leur travail sculptural, rend l’exposition particulièrement intéressante.On voit ainsi des «pion- nières», comme Yvette Bisson et Sylvia Daoust, évoquer leurs difficultés pour s’intégrer dans les cours de sculpture et s’imposer dans l’environnement exclusivement masculin des années 50.Si toutes les artistes insistent sur l’importance de leur identité féminine dans leur travail, la plupart se défendent pourtant de voir leur œuvre uniquement interprétée dans le contexte féministe.L’exposition ne cherche d’ailleurs pas à faire une comparaison entre la sculpture des femmes et celle des hommes.On veut surtout, par un rassemblement intelligent, faire apparaître la richesse et la diversité des œuvres présentées.Une manière de montrer peut-être que, malgré leur retard, les sculptrices ont réussi à percer véritablement en développant une identité propre.\- \ «V i y mê MARIE-CLAUDE VALLERAND Sans titre (1967), de Françoise Sullivan.Maison A Iphcmse-Desjardins % aLuez cette chaleureuse maison sous raconter i hit to ire captivante de Dorimène et d Alphonse Desjardins.Desjardins Société historique Alphonse-De» jardins ENTRÉE GRATUITE • 6, rue du Mont-IS (418) 835-2090 • 1 866 835- MARIE-CLAUDE VALLERAND When 1 Say I Love You I Am Looking At My Reflection In Your Ijyes (1994), de Liliana Berezowsky.WËÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊ MHMMfifli LE DEVOIR.LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 JUIN 2 0 01 OUTREMONT 1248.me Bernard Ouest (514) 495-9944 www.theatreoutreiiiont.ca S"ïV r_____ I LA JBJNE FU£ A U PBt£ * N>« Grande-BretagnaLuMnitJoufg.2003.99 nwi.(S) LümM 21 jutll 19 h 30 i * I Tl OTXI Ci \J 111 \J 11JL u; CINÉMA Carie, rinsoumis Trois ans après Gauvreau ou l’obligation de la liberté, Charles Binamé (Un homme et son péché, Eldorado) renouera avec le documentaire à la faveur de Gilles Carie, aujourd’hui, un film-hommage qu’il réalisera cet été sur son ami atteint de la maladie de Parkinson — par ailleurs mentor de toute une génération de cinéastes québécois.D’une durée de 50 minutes, ce film, dont la diffusion télévisuelle est prévue pour l’automne 2005 (Télé-Québec, Radio-Canada et Àrtv sont impliquées), posera un regard lucide et poétique sur l’auteur de La Vraie Nature de Bernadette et des Mâles, essentiellement à la lumière de sa condition actuelle.Nourri par les témoignages de Chloé Sainte-Marie et de proches, entre Montréal et lie Verte, le film aura pour leitmotiv des extraits de Mono McGill et son vieux père malade, scénario prophétique que Carie a écrit pendant les premiers stades de sa maladie et pour la réalisation duquel Binamé avait été approché.«Un des attraits du film, c’est l’utilisation sur la bande-son des extraits de Mona McGill, qui va nous permettre d’entrer dans la pensée de Gilles Carie», explique la productrice, Jeannine Gagné, d’Amazone Films.Celle-ci estime que l'amitié et la confiance qui unissent Carie et Binamé seront les principaux vecteurs de ce film de création sur l’espoir au présent lequel, précise-t-elle, ne ressemble- Martin Bilodeau ra en rien à un épisode de Biographie, pas plus qu’il n’est rattaché à l’exposition Gilles Carie, un cinéaste de premier plan, présentée au Musée de la civilisation du Québec jusqu’au 12 septembre.Réalisatrice de L’Insoumise, un joli film sur l’univers de Marie-Claire Blais, et productrice de l’excellent Roger Toupin, épicier variétés, de Benoît Pilon, Gagné a fait sa spécialité des projets atypiques, où prévalent la quête de sens et le rapport au temps.«Ce qui fait la beauté de ces films, c’est le fait que le sujet n’était pas évident au départ», confie celle qui fut approchée par Binamé (et non l’inverse) à la lumière de son parcours.Du reste, il peut sembler difficile, en pensant à la démarche qui sous-tend le projet de Gilles Carie, aujourd’hui, de ne pas songer à Wim Wenders et à son Nick's Movie, sur les dernières heures du grand cinéaste Nicholas Ray, rongé par le cancer.Plus près de nous, dans le temps comme dans l’espace, on pense aussi au plus récent long métrage de Jean-Pierre Le- febvre, Mon ami Michel, consacré au documentariste Michel Moreau, atteint de la maladie d'Alzheimer.Enfin, le projet Gilles Carie, aujourd’hui a le vent dans les voiles et verra le jour, nous dit Jeannine Gagné, peu importe que la SODEC participe ou non à son financement.La réponse de l’organisme provincial est attendue pour la fin du mois.«Mais nous sommes confiants qu ’avec l’implication de trois télévisions, ça devrait marcher.» ?Il y a quelque chose, chez Catherine Deneuve, qui m’énerve.Dans sa façon, essentiellement, de cultiver son mystère, d’offrir au goutte à goutte les larmes de son intimité.Le secret Deneuve m’a toujours semblé fabriqué, enveloppé dans du Yves Saint-Laurent et parfumé au Chanel numéro 5.Si bien que je n’ai jamais été convaincu que, derrière l’image de la beauté chic, la femme était digne de ce mystère.D’où mon étonnement de la voir faire çüe-même tomber le masque dans À l’ombre de moi-même, un ouvrage qui vient de paraître chez Stock et qui regroupe six carnets de tournages que la belle Peau d'âne a écrits dans ses instants de solitude.En fait, mon étonnement vient de ce que Deneuve, dans sa propre intimité et sous sa propre plume, apparaît plutôt superficielle et ennuyante, comme je me l’imagi- nais.«Je suis trop méfiante, pas assez réfléchie et mentalement paresseuse», lâche-t-elle à la page 159 entre deux montées de lait au sujet du soudain désistement de sa coiffeuse personnelle pendant le tournage entre NY et LA de Folies d'avril.On la croit, et la preuve est là.De fait, le recueil, d’intérêt inégal, nous fait remonter le temps, depuis 1999 (Dancer in the Dark, avec regard éclairant sur les rapports de Bjork et Von Trier), jusqu’à 1968 (Folies d'avril, états d’âme d'une Européenne en Amérique).Les autres carnets et les autres exils, puisque le déracinement était le principal détonateur de ces journaux intimes, ont pour sujet les tournages d'£sNOues/ en Bulgarie et d’Indochine au Vietnam (avec babil ennuyant sur les décors et les costumes), puis, vingt ans plus tôt, celui de Tristana à Tolède, en Espagne, auprès d’un Luis Bunuel pour lequel Deneuve éprouvait des sentiments partagés depuis le tournage, quatre ans plus tôt, de Belle de jour.«B y a eu des moments [sur le tournage de BDJ\ où j'avais l’impression d'être simplement utilisée», confie-t-elle à Pascal Bonitzer, dont l’entretien — qu’on sent improvisé sans toutefois qu’il possède le channe de la spontanéité— clôt l’ouvrage.Là-dessus, je vous quitte pour de longues vacances de six semaines.Au plaisir de vous retrouver en août.Bon été.Un Spielberg entre deux chaises SOURCE DREAMWORKS PICTURES Débarqué à l’aéroport JFK de New York avec un passeport invalide, Narvoski se voit contraint par le directeur de la sécurité de l’aéroport à errer dans la zone internationale en attendant que sa situation se régularise.THE TERMINAL De Steven Spielberg.Avec Tom Hanks, Catherine Zeta-Jones, Stanley Tucci, Chi McBride, Diego Lima, Barry Shabaka-Henley.Scénario: Andrew Niccol, Sacha Gervasi, Jeff Nathanson.Image: Janusz Kaminski.Montage: Michael Kahn.Musique: John Williams.États-Unis, 2004,129 minutes.MARTIN BILODEAU Ci est fou à quel point les qualités de Steven Spielberg peuvent parfois se transformer en défauts.Une nouvelle preuve en est faite avec The Terminal, son 21'' long métrage (ou son 22'', selon qu’on compte le téléfilm Duel).Un opuscule, en fait dans lequel le réalisateur de Jaws et de Minority Report aborde, avec les outils qu’on lui connaît (humour de fabuliste, regard d’humaniste, etc.) les thèmes et les conditions narratives qui lui conviennent le moins: la reconnaissance interculturelle, le poids de l'exil, le huis clos.Son héros, Victor Narvoski, réunit pour sa part toutes les qualités de Forest Gump: candeur innée, bonne humeur infléchissable, courage et persévérance, face à lui-même ou à l’adversité.D est, contrairement à Gump, doté de facultés intellectuelles qui se situent dans la moyenne, mais avec un Tom Hanks contraint de forcer le trait et d’user d’un vocabulaire réduit, la chose passe quasiment inaperçue.Débarqué à l’aéroport JFK de New York avec un, passeport invalidé par un coup d’État qui s’est produit dans son pays d’Europe de l’Est pendant qu’il survolait l’Atlantique, Narvoski se voit contraint par Frank Dixon (Stanley Tucd), le directeur de la sécurité de l’aéroport, à errer, comme un chien sans médaille, dans la zone internationale en attendant que sa situation se ré gularise.Or les quelques jours d’attente prévus se muent en semaines, puis en mois.Narvoski devient en ces lieux une sorte de mascotte, ainsi qu’un problème récurrent pour le directeur, un être arriviste et cynique, qui le guide vers des issues possibles mais illégales que l’homme honnête (forcément) refuse d’emprunter D’autant que son amitié amoureuse avec une hôtesse de l’air frivole (Catherine Zeta-Jones) l’enracine encore plus profondément dans le sol bétonné de ce microcosme de l’Amérique mouvante et marchande, qui grouille d’immigrants qu’on ne voit pas.De cette idée de monde invisible, qui recoupe celle exploitée par Stephen Frears dans Dirty Pretty Things, Steven Spielberg ne tire pas grand matière à réflexion.Au mieux, sa fable comique, bon enfant et inoffensive, plusieurs crans en dessous de Catch Me if You Can, mais dans la continuité du décor de celui-ci, oppose l'Amérique froide et apafiiique à ceux qui en ont rêvé, ou qui en rêvent encore.Le premier quart d’heure est plombé de maladresses.Le scénario d’Andrew Niccol (Truman Show et Gattaca, quand même!) enchaîne les péripéties ordinaires du bon gars égaré dans le «twilight zone» douanier, où tous ses interlo- cuteurs font semblant qu'il comprend la langue.Cette langue, Narvoski l’apprendra en négociant sa survie dans le labyrinthe aéroportuaire; tel un Petit Poucet, il attend la livraison des bottes de sept lieues susceptibles de le sortir de là.L’ennui, avec ce film, c’est que sa proposition tient à peu de choses: une convention irréaliste, un rapport d’identification forcé au héros.Or, plutôt que de les ménager, Spielberg compile les scènes sentimentales, reléguant au second plan les questions importantes.Notam- ment la raison du séjour de Narvoski aux États-Unis, énoncée mollement, et peu convaincante au demeurant, alors qu’elle aurait dû donner sa charpente au film et sa force au personnage.Plus dérangeant encore est cette façon qu’a Spielberg d'idéaliser les employés de l’aéroport, immigrants ou Afro-Américains, le cœur sur la main et prêts au sacrifice pour permette au héros d’accomplir son projet.Hélas, dans le regard embué du réalisateur (de Schindler’s List, pourtant), cette idéalisation bédéesque frise la condescendance.D’où les sentiments mitigés qu’inspire ce Terminal qui idéalise l’Ailleurs tout en présentant les États-Unis comme le seul remède d’un monde malade.On en sort avec l'impression d’avoir été assis entre deux chaises.D’aéroport, d’où l’inconfort On notera enfin que la version française de The Terminal n’étant pas prête, le studio Dreamworks a choisi de reporter la sortie du film, dans les deux langues officielles, au 25 juin.L ARCHE DE N0E 12 JUIN - 03 0STQBRE 2004 CITÉ DE L'ÉNERGIE 1882, rue Cascade, Shawtnigan 819,531,5300 »» musee.beaux-arts,ca Suivez-moi à Shawinigan Découvrez les œuvres de grands artistes comme Picasso, Degas et Fafard inspirées du monde animal.Une exposition du Musée des beaux-arts du Canada présentée par la Cité de l’énergie.Ça vaut le détour! Stephan Balkenhol, Rhinocéros, 2000 (détail) Collection privée.Duesseldorf Photo : Matthias M.Schütz U CITE DE L’ENERGIE SHIWtNISM Canada Mutée des beaux-arts du Canada National Gallery of Canada ta e4#iC e n t r i s horaires 514 847 2206 www.ex-cintris.com Abus de pouvoir JAMES’ JOURNEY TO JERUSALEM Réalisation: Ra’anan Alexandrowicz.Scénario: Ra’anan Alexandrowicz et Sami Duenias.Avec Siyabonga Melongisi Shibe, Arie Elias, Salim Daw.Image: Shark De-Mayo.Musique: Ehud Banay, Gil Smetana et Noam Halevi.En hébreu, en anglais et en zoulou, avec sous-titres anglais.Cinéma du Parc.ODILE TREMBLAY Ra’anan Alexandrowicz est un cinéaste israélien allergique à tout sectarisme et fort critique à l’égard de sa société.Ce qui doit d’ailleurs lui causer quelques ennuis.Il nous avait déjà donné le troublant et émouvant The Inner Tour.Ce documentaire, suivant en 2000 un groupe de Palestiniens en visite guidée, montrait un État d’Israël uniquement centré sur l’histoire du peuple juif et faisant bien peu de cas des délogés.Voici qu’il se jette pour la première fois dans la fiction avec un sujet pas facile et un ton de comédie pour en témoigner.Projet assez casse-gueule, pas tout à fait réussi mais fort honorable, qui parvient tout de même à marcher sur une peau de banane sans se casser le cou: montrer Israël comme une terre d’intolérance et d’exploitation du plus faible.On entre dans mie fable moderne.James (Siyabonga Melongisi Shibe), un jeune Africain destiné à devenir pasteur, quitte son petit village pour faire un pèlerinage à Jérusalem.Mais verra-t-il un jour la ville sainte?Attrapé à Tel-Aviv par l’immigration, il tombe entre les mains d’un homme (Arie Elias) qui exploite une main-d’œuvre migrante à bon marché.Le jeune homme connaîtra auprès de son patron et de son père une vie presque d’es- clave, tout en gardant sa foi.Jusqu'au jour où James apprendra à son tour l’art d’exploiter ses compagnons d’infortune pour son propre compte.Morale de l'histoire: aucune.L’idée du film est venue au réalisateur d’un Nigérien transplanté à Tel-Aviv qui lui avait raconté les rêves qu'il entretenait jadis sur Israël.Une terre promise où coulait le lait et le miel, sous les sourires du Peuple élu, etc.In réalité était bien entendu tout autre.11 l'apprit à la dure.Sur cette trame, Ra’anan Alexandrowicz a créé des personnages aux traits assez caricaturaux.Ix1 bon gars africain candide et berné, le crapuleux Israélite chasseur de têtes.En fait, c’est toute la société israélienne qui en prend ici pour son rhume.Aucun personnage faisant preuve de vraie compassion dans ses rangs, mais des profiteurs et des cyniques à des degrés divers.James’ Journey lo Jerusalem n’est pas la comédie pour rire aux éclats, on l’aura compris.Plutôt une série de situations d’abus de pouvoir avec une ou plusieurs victimes au bout, ce qui ne suscite guère l’hilarité.Pas question ici non plus de prouesses d’acteurs.Le film se révèle d’une facture assez naïve et traduit le manque d’expérience du cinéaste dans le domaine de la fiction.Mais Ra’anan Alexandrowicz parvient tout de même à dénoncer les basses quêtes du profit en Israël, en louvoyant à travers ce thème miné grâce au véhicule de la comédie.C’est surtout à son courage qu'on a envie de lever notre chapeau, car il affronte des tabous nationaux avec son esprit critique.Licence artistique: il pourra du moins toujours prétendre que sa fable a une perspective internationaliste et aurait pu se situer n'importe où.Le Devoir CHRISTAL FILMS présbnte *¦*'> FESTIVAL DE CANNES ?«Superbe portrait d’une femme forte» - Maxime Demers, Le Journal de Montréal «.Emmanuelle Béart offre ici l’une des prestations les plus vibrantes de sa carrière.» - Marc-André Lussier, La Presse «.une distribution idéale.» - Jean Philippe Angers, Métro fj» {R BMMBBART G A^PARu UlLIEL LÉ S EGARES UN FILM DE ANDRÉ TÉCH1NÉ WWW MARSOlSTSiauTION COM CHKfclAL PRESENTEMENT A L’AFFICHE! i FAMOUS PLAYERS —1 f— CINÉPLEX O DÉON 1 «/ gnu [ PARISIEN ?11BOUCHEBVILLE ?I womu.?CINEMA ?SEMAINE DU 19 AU 2S JUIN 2004 Les NOUVEAUTÉS et le CINÉMA en nésumé, pages ?4 6 la liste complète des FILMS, des SALLES et des HORAIRES, pages ?714 dans LAGENDA culturel S LE DEVOIR.LES SA.MED 19 ET DIMANCHE 20 J LT I X 2 0 0 4 E 8 Tl nm d Chant de résistance THE AGRONOMIST (L’Agronome) Réalisation: Jonathan Demme.Image: Jonathan Demme, Peter Saraf, Be vin Mcnamara.Musique: Wyclef Jean, Jerry «Wonda» Duplessis.A Ex-Centris.ODILE TREMBLAY Cy est tout à l'honneur de Jonathan Demme, réalisateur américain de grosses pointures comme Vie Silence of the Lambs et Philadelphia, de verser parfois dans le documentaire.Et dans le documentaire engagé, par surcroît The Agronomist, qui trace un portrait du grand journaliste de combat haïtien Jean Dominique, assassiné en 2000, est aussi un retour sur l’histoire récente d’un pays malheureux grugé par la corruption et la misère.Ce merveilleux fdm est un hommage à l’engagement et au courage politique qui insuffle le désir de résister à toutes les injustices.Le cinéaste et son modèle étaient amis, et le film, qui comporte plusieurs entrevues réalisées au milieu des années 90, fut terminé après la mort de Jean Dominique, en ajoutant les témoignages de ses proches, avant tout celui de son épouse, collaboratrice et grand amour, Michèle Montas.' Avec une formation d’agronome, Jean Dominique, à partir de 1968, sous Duvalier père, puis fils, a dirigé et créolisé la station Radio Haiti Inter, en démocratisant l’information au peuple des campagnes, souvent illettré, que la radio éclairait.Dénonçant la corruption, prenant les gouvernants à partie pour leurs errements, il a connu la torture, l’exil, les menaces, avant d’y laisser sa peau.Et le procès des coupables de ce meurtre demeure bloqué par les instances politiques.En remontant le temps à travers des entrevues anciennes, The Agronomist nous permet de remonter le parcours du journaliste militant, de découvrir un Jean Dominique plus jeune, ardent, brûlant Sa personnalité charismatique éclaire tout le film, ainsi que l’amour qui le lie à Michèle Montas.C’est en couple qu’ils ont longtemps lutté pour la démocratie.Les interviews complémentaires (une vingtaine de personnes témoignent) paraissent superfétatoires et n’ajouteront rien de plus aux mots et aux actes de ces combattants.Il faut les voir au micro de Radio Haiti Inter appeler à la résistance au pire de la répression pour comprendre quelle énergie et quel espoir ils ont pu insuffler à leur peuple malheureux.Des extraits dé documentaires, des images d’archives, entre autres sur la dictature des Duvalier, complètent le film pour bien situer Haiti dans sa trajectoire politique.Des points d’ombre demeurent pourtant.Notamment sur les rapports qu’a entretenus Jean Dominique avec le président Jean-Bertrand Aristide, longtemps liés, puis brouillés, sans qu’on comprenne très bien les circonstances entourant les revirements de leurs liens.Mais tel quel, The Agronomist est un vrai chant de résistance et un appel pour la communauté internationale à soutenir vraiment un pays qui n’en finit plus de tomber de Charybde en Scylla entre les mains de ses dirigeants successifs et qui brûle de vivre.Le Devoir SOURCE EX-CENTRIS The Agronomist trace un portrait du grand journaliste de combat haïtien Jean Dominique, assassiné en 2000, Hommage à Arthur Lamothe à Présence autochtone 2004 ODILE TREMBLAY Dimanche, à 15h, au Cinéma de l’ONF, lors de la cérémonie de remise de prix du festival Présence autochtone, un pionnier du cinéma ethnographique en pays innu recevra un hommage mérité.Nul mieux qu’Arthur Lamothe, Gascon émigré sur nos terres en 1953, a su au fil des ans fixer sur la pellicule les coutumes et les transformations du peuple monta-gnais.Avec l'appui de l’anthropologue Rémi Savard, mais aussi de Thérèse Rock, de la réserve de Betsiamites, il a accumulé sur trente ans une documentation filmique devenue sans prix, mais en grande partie inédite.La réalité montagnaise, Arthur Lamothe l’a abordée pour la première fois en 1967 dans un court métrage, Le Train du Ixibrador.De 1973 à 1983, avec la collaboration de Savard, il a réalisé une série de treize films, La Chronique des Indiens du nord-est du Québec, sur la culture, la spiritualité, la dépossession, les problèmes de criminalité et l’avenir du peuple innu.Son apport cinématographique est d’autant plus important qu’à cette période correspondent des mutations profondes de plusieurs communautés montagnaises, qui sont passées d’une culture en grande partie nomade à la sédentarisation.Un inventaire de ce matériel et un plan de production de 80 vidéocassettes en langue innue et de 80 autres en langue française ont permis d’élaborer une banque d’archives filmiques unique en son genre, bientôt complétée.Présence autochtone présentait d’ailleurs cette semaine en primeur plusieurs de ces documents.* r Bouclant la boucle, le dernier film d’Arthur Lamothe, une fiction, Le Silence des fusils en 1996, se déroulait également en territoire innu, dans la région de Sept-Iles.Le Devoir Michael Moore frappe à bord ODILE TREMBLAY \ A chacun son style.Alors que la mise en marché de bien des films américains se fait à coups de panneaux-annonces, de produits dérivés, de temps d’antenne à la télé, etc., c’est avec le bois de la controverse que Michael Moore chauffe sa promo à blanc.Mais le résultat est le même.Fahrenheit 9/11 n’a pas attendu sa diffusion sur les écrans pour constituer un film-événement Car enfin! Il faudrait vivre sur une autre planète pour ignorer l’existence de ce documentaire qui tourne George W.Bush en bourrique, dénonce la guerre en Irak avec une véhémence sans bémols.Tellement que Disney avait interdit à sa filiale Miramax de le distribuer aux Etats-Unis.D’où le long suspense.Sortira?Sortira pas?Mais oui, il sortira.Champion de la gauche, Michael Moore?Certaines mauvaises langues prétendent dans son pays que son ego a enflé avec le succès, que son statut de star lui fait délaisser la fréquentation des sans-grades, que la protestation est devenue pour lui un fond de commerce.Du moins, il gueule, là où tant d’autres se taisent.Remarquez: la Palme d’or que le documentaire a récoltée en mai au Festival de Cannes n’avait guère ébranlé la nation américaine.La nouvelle de ce laurier est passée là-bas presque inaperçue, reléguée aux pages intérieures des journaux nationaux.La France, pour bien des citoyens des Etats-Unis, c’est loin, et politiquement suspect en plus, alors.Quand même.Il aura fallu du temps, des pressions, une Palme d’or, des coups de gueule, des allers-retours et des pépins divers avant que ça se rabiboche.Lions Gate a accepté de diffuser le documentaire brûlot qui gagnera mille écrans américains le 25 juin avec un nouveau montage depuis la version cannoise.Certaines scènes se sont rajoutées, pour mieux coller à l’actualité.Mais, à moins que ses distributeurs ne fassent casser le verdict de la Motion Picture Association of America (MPAA), qui juge le film violent et dérangeant le voilà marqué au signe de l’infamie: à lui, la fâcheuse cote R, empêchant les jeunes de moins de 17 ans qui ne sont pas accompagnés par un adulte d’y assister.Or les adolescents sont les plus grands consommateurs de cinéma, en plus de constituer le premier public visé par Moore.Et repan! dans les gencives du trublion! «Beaucoup d’adolescents de 15 et 16 ans peuvent être recrutés pour servir en Irak dans les deux prochaines années, proteste-t-il.Et ils ne seraient pas assez vieux pour découvrir à travers mon film ce qui se passe là-bas.» Feuilleton à suivre, donc, que cette diffusion américaine d'un film, qui du propre aveu de son auteur espère faire perdre ses élections à Bush en révélant des accointances peu casher entre la famille du président et celle des Ben Laden, en mettant en lumière ses ridicules, en offrant des images de victimes du conflit Ira- Michael Moore ne prétend pas avoir toutes les réponses à ses questions: «Qu’est-ce qu’un gars intelligent comme Tony Blair fait avec Bush?» La Palme d’or à Cannes pour Fahrenheit 9/11 a irrité plusieurs journalistes.Les documentaires de Moore sont partiaux dans leur propos et assez brouillons dans leür forme.De plus, Fahrenheit 9/11 est composé à 70 % d’images télé.«Mes films ne sont pas des œuvres d’art et d’essai, précise-t-il.Ils sont destinés aux salles commerciales où je touche un large public.Soixante-dix pour cent des Américains qui sont allés voir mon Bowling for Columbine n’avaient jamais vu de documentaires au grand écran.C’est pour eux que je fais des films.» Le Devoir un film de Jonathan Demme • f "Un film magnifique - Michaël Melinard, l'Humanité "Instructif et poignant# - Thierry Chèze, Studio Magazine "Brillantissime* U 4-» «Olivier de Bruyn, Première * ^ *** "Passionnant" - Brigitte Baudin, Figaroacope On tuer avec ne la une peut vérité SOURCR ALLIANCE ATLANTIS VIVAFILM Fahrenheit 9/11, le documentaire de Michael Moore, palmé d’or à Cannes, sortira en Amérique du Nord le 25 juin.Et sa diffusion aux Etats-Unis tient du feuilleton.kiens et Américains, dans un désert où la guerre s’enlise.A Cannes, Michael Moore ne se déplaçait qu’entouré de deux gardes du corps bien baraqués, comme un chef d’Etat en visite officielle.Du côté de son film, à ceux qui s’étonnaient là-bas de moins voir sa binette à l’écran que dans ses précédents documentaires (Roger and Me, Bowling for Columbine, etc.), il expliquait vouloir s'effacer davantage devant son message.Et puis plusieurs images de Fahrenheit 9/11 sont le fait de collaborateurs.«Des gens qui ont pu se rendre en Irak me livraient les images devant lesquelles reculaient les chaînes de télévision, ex-plique-t-il.L’humiliation de prisonniers irakiens, par exemple, les cris des mères dont les fils sont assassinés, les complaintes des soldats américains qui dénoncent cette guerre absurde n'ont jamais été montrés à la télé.» Le titre Fahrenheit 9/11 est un hommage au film de François Truffaut,‘Fa/wK/jch 451 (adapté d’un roman de Ray Bradbury), qurabor-dait dans un monde du fùtur la censure et l’autodafé des livres.«J’ai voulu aborder l’époque postattentats, montré ce qui nous est arrivé, à nous, en tant que peuple.Et il s’avère que je me suis amusé à le faire.» Aux yeux de Michael Moore, le rire est salvateur, surtout au cours des périodes noires.Alors il s’est donné comme personnage central (et bouffon) George W.Bush, ici servi par un montage qui accentue ses ridicules.«H y aura beaucoup d’éléments neufs», promet Moore à ceux qui iront voir son film.Cela dit, ceux qui ont lu son dernier livre, Tous aux abris!, y retrouveront bien des thèses défendues: celle d’une collusion entre les familles Bush et Ben Laden pour des intérêts pétroliers, par exemple.«Quand les Américains détiennent une information, ils savent comment se comporter.Or ils détestent qu’on leur mente, comme Bush et son gouvernement n’ont cessé de le faire.Le rôle de ce film est d’ouvrir le rideau pour montrer ce qui se passe derrière les coulisses.Bush n’aurait jamais pu lancer sa guerre en Irak sans convaincre la population que Saddam Hussein avait des liens avec le 11 septembre.Je veux montrer aux gens à quel point ils ont été manipulés Dans les prisons irakiennes, il est normal d’avoir récolté ce que Ton a semé.L’ensemble était immoral.Tout le reste a suivi.» le Journaliste l’optimiste l’activiste l’humaniste agronome l THINKFHm HBQraNlMAX fSt 1 I» " AFFICHE ! version originale anglaise avec sous-titres français EX-CENTRIS parallIlae J5I«, ftoul SaKrt-Uurtnt MIL Mllettarte (pai *47 iioi 1:10-5:10-7:05 Iti FORUM22~71 12:20 - 2:35 - 4:50 - 7:10 - 9:25 ?SON DOTAL \ I Y D M A ï l A M A ntl I I B l T SELECTIONNE DANS LE CADRE DE LA 43" ÉDITION DE U SEMAINE INTERNATIONALE DE LA CRITIQUE CANNES 2004 L ARCHE DE N0E 12 mu - 03 octobre 2004 CITÉ DE L'ÉNERGIE 1882, rue Cascade.Shawinigan 819.537 5300 « musee.beaux-arts.ca Suivez-moi à Shawinigan Découvrez les œuvres de grands artistes comme Picasso, Degas et Fafard inspirées du monde animal.Une exposition du Musée des beaux-arts du Canada présentée par la Cité de l'énergie.Ça vaut le détour! Joe Fafard, Silvers, 1999 (détail), O Joe Fafard U CITÉ DE L'ÉNERGIE SHAWINIGAN CanadS SELECTIONNE A HOT DOCS 2004 FESTIVAL INTERNATIONAL DU DOCUMENTAIRE CANADIEN DE TORONTO i'jf à» •« Ce qu’il reste de nous irradie d'un amour Infini pour ce peuple qui suffoque en silence.» - Le Monde « Incroyable témoignage venant de gens soumis à un génocide depuis plus de cinq décennies.» -Voir Muté# d#t buaux-arti du Canada National Gadary of Canada Ce ch NOl IS *71 111 EN SUPPLÉMENTAIRE JUSQU’AU 24 JUIN ! 35)6, bout.Saint-Laurent Mtl Billetterie (5H) 847*2206 e n t r i s UhMat 19M0 Pour phis do détails, visitez le wwwumf.ca/coquihostedonous
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