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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2008-08-01, Collections de BAnQ.

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Amendes de 1,15 milliard pour deux cigarettiers Contrebande : Rothmans-Benson and Hedges et Imperial Tobacco plaident coupables FRANÇOIS DESJARDINS En 1993, le patron dlmperial Tobaœo Canada a affirmé à la radio de CBC que le fabricant de cigarettes ne connaissait pas lldentité des contrebandiers de tabac le long dç la frontière canadienne.L'entreprise exportait vers les Etats-Unis pour satisfaire une demande là-bas.mais si les cigarettes revenaient clandestinement en sol canadien, exemptes de taxes, elle en ignorait les responsables.«Nous h'avons rien fait de mal», a-t-il dit Quinze ans plus tard, Imperial Tobacco Canada et un de ses concurrents, Rothmans-Benson and Hedges (RBH), ont reconnu hier qu’ils ont aidé des personnes à écouler des cigarettes canadiennes qui n'étaient pas em- paquetées et estampillées correctement Chacune des deux compagnies a plaide coupable à un chef d'accusation en vertu de l’article 204 de fa Loi sur l'accise.Le total des sommes qu'elles ont accepté de verser pourrait atteindre 1,15 milliard, soit des amendes de 300 millions et des indemnités civiles de 850 millions.La part du Québec, au total, s’élève- ra à 210,5 millions, soit 19 % du total.L’Ontario arrive au deuxième rang avec 14 %, ou 157 millions.Le plaidoyer de culpabilité, un coup dur pour une industrie qui a longtemps maintenu son innocence, est survenu après une enquête de la Gendarmerie VOIR PAGE A 10: TABAC ?w w w .I e d e v o i r.c o m ?LE DEVOIR V (il .X C 1 X N ' 1 7 2 ?__________________________________________L E V K N I) R E D 1 1 f'1 A O Ù T 2 0 0 8 8 9 e + r a x E s = 1 $ i ' ‘j •«K* s& \ m mmmmam h.mmmtæ REUTERS Radovan Karadzic a comparu hier pour la première fois devant le Tribunal pénal international pour Tex-Yougoslavie (TPIY), en banlieue de La Haye.Karadzic parle d’une entente secrète avec les Américains Se défendant seul, l’ex-leader serbe obtient un délai de 30 jours pour décider s’il plaidera coupable ou non Radovan Karadzic, qui comparaissait hier pour la première fois devant le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), au lendemain de son transfert aux Pays-Bas, a affirmé qu’il se défendrait seul des accusations de crimes contre l’humanité, de crimes de guerre et de génocide qui pèsent contre lui.Le procès, qui pourrait durer plus d’un an, vise le plus haut responsable politique de l’ex-Yougoslavie depuis celui qui avait été intenté contre Slobodan Mi- losevic en février 2002 et qui avait pris fin avec le décès de ce dernier quatre ans plus tard, avant qu’un verdict n’ait pu être prononcé.Radovan Karadzic a obtenu hier un délai de 30 jours pour décider s’il plaidera coupable ou non coupable, parce que l’acte d’accusation, qui date de 1995, est en cours d’actualisation.Il a dénoncé les circonstances de son arrestation ’ récente en Serbie, affirmant qu’il a été «kidnappé».Il a également dit avoir conclu en 1995 avec le négociateur américain Richard Holbrooke un accord prévoyant qu’il se retirerait de la vie politique en échange de l’abandon des poursuites intentées contre lui.Portant un complet bleu sombre, fa barbe rasée et les cheveux coupés, Radovan Karadzic a abandonné son déguisement de gourou du nouvel âge et retrouvé son apparence d’antan, sauf pour les traits vieillis par le passage de 13 années depuis son entrée dans fa clandestinité.En début d’audience, le juge néerlandais Alphons Orie a résumé les 11 chefs d’accusation retenus contre l’ancien chef politique des Serbes de Bosnie, considéré comme l’instigateur du «nettoyage ethnique» entrepris contre les Bosniaques musubnans et les Croates durant le conflit qui a fait, de 1992 à 1995, plus de 100 (XK) morts et 2,2 millions de déplacés.VOIR PAGE A 10: KARADZIC ÉTUDE DE SANTÉ CANADA ; i.*-¦ * * GES: la santé des Canadiens est menacée ¦ À lire en page A 3 COUPE ROGERS CASI^ MONTRÉA Dubois s’incline devant la joueuse de l’heure ¦ À lire en page B 5 INDEX Annonces.B 6 Avis publics .A4 Cinéma.B 3 Décès.B 6 Éditorial.A 8 Idées .A 9 Météo.A 6 Monde.A 6 Mots croisés.B 5 Musique.B 4 Resto.B 7 Sudoku.B 5 Télévision.B 3 Week-end.B 1 JACQUES NADEAU I.E DEVOIR Richard et Marie-Claire Séguin participeront demain à Photnmage rendu à Félix Leclerc.-N H Hommage des FrancoFolies a un homme de paroles Félix, dans leurs mots « Un coup de crayon assez fort pour traverser les époques » Le monde de l’illustration lève son chapeau à Vittorio FABIEN D EG LISE Tristesse et chapeau bas dans le monde de l’illustration qui, à l’unisson, a rendu hommage hier au célèbre affichiste montréalais Vittorio Fiorucci.Après un demi-siècle d’une carrière dédiée aux arts graphiques, l’artiste au trait typé, réputé pour son humour grinçant et son penchant pour la fête, a succombé dans la nuit de mercredi à jeudi à un accident cardiovasculaire dans son appartement du Vieux-Montréal.D avait 75 ans.«Le Québec perd un numument, a lancé Ijouis-Riüippe St-Uiurent, président de l’Association des illustrateurs et illustratrices du Québec (AI1Q).Vittorio était une figure marquante, qui a su imposer un style unique très efficace, très coloré et très graphique, dtmt la force est incontestable.» Né en 1932 à Zara, dans fa région de fa Dalmatie en Croatie, Vittorio Fiorucd a débarqué à Montréal en 1951, attiré par les Indiens et fa police montée des bandes dessinées qui avaient diverti sa jeunesse à Venise, en Italie, VOIR PAGE A 10: VITTORIO Le parti pris du metteur en scène Dominic Champagne est clair pour le spectacle de demain soir à Maisonneuve: du Félix, rien que du Félix.Les mots de ses chansons, de ses poèmes, de ses pièces de théâtre.Ses mots écrits.À Champagne et aux dix-huit participants à l’hommage, gens de chanson, de poésie, de théâtre, Le Devoir a envoyé un petit questionnaire facultatif, histoire de recueillir leurs mots, sous la même forme: écrite.Quelques réponses.SYLVAIN CORMIER En début de semaine, Andrée Gen-dron, des FrancoFolies de Montréal, a transmis un «petit questionnaire facultatif» de la part du Devoir aux artistes et au metteur en scène du spectacle Félix - L'homme de paroles.Une demi-douzaine de questions, presque toutes en rapport avec la pertinence de Félix en 2008, à quelques jours des 20 ans de sa disparition, le 8 du huitième mois 1988.L'idée était d’établir une sorte de portrait de Félix au présent, à travers ceux qui le portent encore et toujours.Questions simples.\ja principale motivation de votre participation à ce spec- «On vase remettre à écouter Félix Leclerc le jour où on va arrêter de renier ce qu’on a déjà été» tacle?Connait-on l’œuvre de Félix dans votre entourage?Y a-t-il du Félix dans votre iPod?Pouviez-vous nommer dix titres de Félix avant de préparer ce spectacle?Le spectacle a-t-il changé votre perception de Félix?Qu’a apporté Félix à la société québécoise?Ça ne peut pas être un hasard: le premier courriel reçu a été celui de Jean Lapointe.Remarquez, tout le monde ne vérifie pas les arrivages toutes les demi-heures, et le «petit questionnaire facultatif» a parfois emprunté des voies de contournement — agents, relationnistes de presse et autres intermédiaires — avant d’atteindre VOIR PAGE A 10: FÉLIX JACQUES (.RENIER I.E DEVOIR Vittorio Fiorucci t STAR ALLIANCE Qu’est-ce qui fait de nous la compagnie aérienne nationale du Canada ?Vous.Gagnez l'une des 500 paires de billets.Nommez-nous simplement votre destination voyage préférée au Canada.¦ tîm?- ! Depuis les cinq dernières années, nous avons changé la façpn dont les compagnies aériennes font des affaires.Nous avons développé une structure tarifaire pour notre clientèle, avec des options qui vous laissent le choix de payer pour ce dont vous avez besoin et d'économiser sur le reste.Nous vous avons écoutés et nous avons appris que la valeur réelle ne se mesure pas seulement au prix des billets.Mais un coup d'œil à nos tarifs démontre que nous avons aussi tenu compte de cet aspect.Ensemble, regardons maintenant vers l'avenir.Nommez-nous simplement votre destination voyage favorite au pays.Cinq cents personnes de partout au Canada seront sélectionnées et gagneront deux billets pour une destination nord-américaine de leur choix desservie par Air Canada.Pour en savoir plus et pour participer, rendez-vous sur aircanada500.com AIR CANADA aoio vancouver aoio -V tSCSSPSÜ?sumxmunomoti La liberté de voyager à votre façon AIR CANADA ® ‘’'Air Canada jazz ast une marque de commerce d'Air Canada.% 4 4 w L’objet du désir Christian Rioux Lorsque j’ai poussé la porte du dépanneur du coin pour la première fois, j’ai tout de suite senti quelque chose d’anormal.Etait-ce le décor, l’éclairage, l’ambiance?Il m’a fallu y retourner à deux ou trois reprises pour comprendre d’où venait ce sentiment d’étrangeté.J’étais sur le point de poser naiVement la question lorsque j’ai soudain compris à quoi servaient ces affreux panneaux gris derrière le comptoir.On aurait dit de gros classeurs destinés à recevoir des dossiers médicaux.Excusez mon ignorance.D y avait six mois que je n’avais pas mis les pieds à Montréal Jai tout compris quand le jeune homme a soulevé un premier panneau, un second, puis un troisième pour enfin mettre la main sur un.Players light! J écris le nom avec le sentiment bizarre d’enfreindre une loi et de courir le risque de me faire accuser des crimes les plus abjects.D’ailleurs, un panneau près du comptoir demandait aux clients de ne pas «encourager le crime» en revendant des cigarettes aux mineurs.Oui, le crime! Quand le vendeur a soulevé le dernier panneau, je n’ai pas pu m’empêcher de me pencher pour jeter un coup d’œil en criant comme un enfant qui vient de surprendre l’objet de son désir «Je les vois! Je les vois!» Les clients qui attendaient en ligne ont éclaté d’un rire libérateur en comprenant le ridicule de la situation.Cette étrange comédie était celle de citoyens ayant depuis longtemps passé l’âge de raison et parfaitement au courant de ce que cachaient ces panneaux, mais qui acceptaient néanmoins ce cérémonial ridicule destiné à satisfaire Dieu sait qui.Peut-être se rendaient-ils compte pour la première fois que ces cigarettes dissimulées derrière un affreux métal gris se voyaient réserver le même traitement qu’à une autre époque les œuvres du marquis de Sade.Oserais-je une comparaison?Cela m’a fait penser à L’Origine du monde, la célèbre toile de Courbet représentant un sexe de femme, qui a longtemps appartenu au psychanalyste Jacques Lacan.Esprit raffiné, Lacan avait dissimulé la toile derrière un paysage en trompe-l’œil de Masson qui] écartait avec délectation devant ses hôtes privilégiés, comme Picasso, Leiris ou Duras.Nous étions tous dans le salon de Lacan, à la différence près que l’ironie subtile de ce dernier et le sacré de l’interdit qui entourait le chef-d’œuvre s’étaient évaporés.Nous étions là comme des imbéciles à communier à une prohibition ridicule qui ne recelait pas le moindre mystère ni la moindre révélation.Seulement la bêtise humaine la plus plate.Le jour où j’ai découvert la toile de Courbet, je suis sorti du musée avec le sentiment d’avoir éprouvé une expérience profonde.Je me disais que c'était justement parce que l’émotion était intense que l’objet avait été si soigneusement dissimulé.Cette dissimulation ajoutait à l’émotion.J’ai au contraire refermé la porte du dépanneur avec le sentiment d'avoir été humilié, parce que considéré comme un être incapable de se maîtriser et qui se serait jeté sans retenue sur le premier mégot venu s’il en avait seulement entrevu l’ombre.Bref, d’avoir été pris pour le contraire de ce qu’avait fait de moi Courbet un imbécile.L’exemple nous aide à imaginer ce qu’ont pu ressentir nos parents sous la prohibition, alors que les lubies anglo-protestantes avaient submergé l’Amérique.Vers 1919, le Québec avait été la seule région de l’Amérique du Nord à ne pas se laisser entraîner complètement dans le délire prohibitionniste.L'obsession des preachers nous avait quand même obligés à créer la Régie des alcools et à transformer ses magasins en confessionnaux avec des comptoirs grillagés.Les bouteilles étaient hors de la vue des clients, exactement comme les cigarettes d’aujourd’hui.Peut-être vivons-nous une époque semblable, les nouveaux curés ayant simplement jeté leur dévolu sur un nouvel ennemi.Au lieu des gnllages du confessionnal, nous mettons des burqas aux cigarettes.J’ai ressenti le même malaise à l’épicerie en lisant, imprimé en gros caractères, que la vente des billets de loterie était interdite aux mineurs.Moi qui croyais que la loterie ne pouvait intéresser que les enfants.11 était même précisé que les clients paraissant avoir moins de 25 ans devaient montrer leur carte.Existe-t-il une définition légale d’une telle chose qu’«t Programme fédéral d’infrastructures Le signe d’un déséquilibre fiscal JEAN-PIERRE AUBRY Président du Comité des politiques publiques, Association des économistes québécois (ASDEQ) 1 est difficile d'avoir une mesure précise et consensuelle qui nous indique s’il y a ou non un déséquilibre fiscal entre deux ordres de gouvernement et quelle est sa taille.Cependant, certaines actions gouvernementales peuvent nous dire clairement s’il y a un déséquilibre fiscal.D en est ainsi lorsqu'un ordre de gouvernement utilise ses revenus budgétaires pour effectuer des dépenses importantes, armée après année, dans les domaines de compétence d’un autre ordre de gouvernement C’est essentiellement ce que fait le gouvernement fédéral par l’entremise du plan Chantiers Canada, qui prévoit des investissements de 33 milliards de dollars dans les infrastructures publiques du Canada did 2014 et dont une grande partie de ces fonds sera investie dans des projets qui sont sous la responsabilité des provinces et des municipalités.Nous sommes tous d’accord sur l’importance dinves-tir dans nos infrastructures publiques, qui ont souffert pendant des années d’un sous-financement chronique.La question est de savoir comment répartir cet effort entre les diverses administrations publiques.Un des prindpes de bonne gouvernance à suivre est que les administrations prennent entièrement en charge les diverses infrastructures dont elles sont responsables (financement, exécution et entretien).Or il est clair que, dans le plan Chantiers Canada, le gouvernement fédéral utilise ses revenus non seulement pour renouveler les infrastructures dont il a la responsabilité mais aussi pour financer et influencer la sélection de projets qui sont dans les domaines de compétence provinciale (et souvent sous la responsabilité directe des municipalités).Ainsi, plus de la moitié des investisse^ ments faits aux termes de ce plan sera versé comme financement de base à des munidpalités.La très grande majorité des fonds alloués par le gouvernement fédéral dans le cadre de ce plan ne sont pas des transferts inconditionnels versés directement aux gouvernements provinciaux (et indirectement à leurs municipalités).Le gouvernement central privilégiera les projets cohérents avec ses propres objectifs: amélioration de la prestation des services publics (enseignement et services de santé), de la qualité de vie, de la gestion des eaux usées, du traitement et de la distribution de l’eau potable, des transports en commun.Par la mise en place du plan Chantiers Canada, le gouvernement fédéral se sert de ses revenus pour obtenir une visibilité politique et influencer fortement l’évolution à long terme des infrastructures publiques de l’ensemble du secteur public canadien et, tout particulièrement des grandes municipalités canadiennes, qui sont considérées comme un des moteurs importants de la croissance économique du Canada Le gouvernement fédéral ne veut pas rester sur la touche dans ce secteur et veut même assurer son leadership.Pour leur part, les gouvernements provinciaux qui ne sont pas prêts à dire non à cet influx de capitaux et à taxer encore plus leurs contribuables, acceptent une perte d’autonomie dans leups domaines de compétence.A long terme, il faut donc s’attendre à ce que les gouvernements provinciaux et les municipalités comptent de phis en plus sur le financement du fédéral pour le renouvellement de leurs infrastructures.Pourquoi n’en profiteraient-üs pas pour se lancer dans des projets encore plus ambitieux?Que ferions-nous si un oncle ou une tante payait de 50 % à 66 % de nos projets de rénovation?Et à un jour la performance économique du Canada est moins forte et que le gouvernement fédéral réduit unilatéralement ces transferts conditionnels, ils crieront au scandale.D semble que les gouvernements provinciaux aient peu appris de ce qui s’est passé dans les années 90.Ce n’est pas un hasard si l’infrastructure des municipalités est en si mauvais état C’est le palier d’administration publique qui est financièrement le moins autonome.Ce n'est pas en rendant les municipalités et les provinces encore plus dépendantes du gouvernement fédéral que la gestion des infrastructures provinciales et municipales sera mieux faite à long terme.JACQUES NADEAU LE DEVOIR 3'H •smt s •> Prix de l’essence L’intérêt du consommateur: payer moins cher RICHARD MERLINI Député de Chambly et porte-parole de l’ADQ en matière d’énergie l- e 28 juillet dernier, un professeur de L sciences politiques du collège Montmorency se demandait comment l’ADQ défend l’intérêt des consommateurs en dénonçant la récente décision de la Régie de .l’énergie d’imposer une hausse de 3 C le litre d’essence à Saint-Jérôme.D’abord, il importe de souligner qui! n’y a pas que l’ADQ qui s’est portée à la défense des consommateurs dans ce dossier.Option consommateurs et le CAA-Québec sont également intervenus pour dénoncer cette décision mal avisée de la Régie.Qu’un détaillant accepte de vendre son essence avec un profit minime de 1,6 C le litre constitue une très bonne nouvelle pour les consommateurs.Pas juste une bonne nouvelle pour les clients de Costco, mais pour tous les autres puisque cela déclenche indéniablement une guerre des prix dont les consommateurs sont ultimement les grands gagnants.L’argument voulant que des prix trop bas nuisent aux indépendants est discutable.Comme le souligne la Régie elle-même dans sa décision, les stations d’essence de Saint-Jérôme ont un taux de fermeture relativement normal et la part de marché des indépendants demeure importante.Tout cela s’ajoute au fait qu’on vend plus d’essence par habitant dans la région de Saint-Jérôme qu’ailleurs au Québec.Prétendre que Costco peut combler ses pertes de profits sur l’essence par la vente de ses produits en ma- gasin alors que les petits détaillants d’essence ne peuvent pas le faire en vendant «quelques sacs de chips et quelques cafés» est complètement loufoque.Comment pensez-vous que Couche-Tard et Tim Hortons font des profits?Et que dire des détaillants qui offrent des services à valeur ajoutée tels la mécanique ou le lave-auto?Le rôle de la Régie de l’énergie est de s'assurer que les consommateurs paient un prix raisonnable, pas de s'ingérer dans la gestion quotidienne et les stratégies de vente des détaillants.Récemment quand il y a eu des accusations de collusion contre 11 détafflants de quatre régions du Québec, nous avons été très surpris que ce soit le Bureau fédéral de la concurrence qui ait monté seul toute la preuve et que jamais la Régie n’a sonné l’alarme.Le rôle de la Régie est de défendre les consommateurs lorsqu’il y a collusion, pas d’imposer un cartel qui fait en sorte que, dans une région donnée, les détaillants ne peuvent plus se concurrencer sur les prix Le Québec est le seul endroit au Canada où il est illégal de vendre son essence en deçà d’un certain prix fixé hebdomadairement par la Régie.C’est probablement aussi la seule industrie qui est obligée de faire des profits en vertu d’une loi.Mais le pire, dans le cas du prix de l’essence à Saint-Jérôme, c’est que Costco vendait son essence plus cher que le prix plancher imposé par la Régie.En obligeant les détaillants de la région de Saint-Jérôme à augmenter le prix de l’essence de 3 C le litre, la Régie se retrouve, ni plus ni moins, à fixer un prix de vente.C’est exactement ce qu’on reproche aujourd’hui à ceux qui sont accusés de collusion! Les consommateurs n'ont pas besoin de la Régie de l’énergie pour les protéger contre les rabais, les spé- ciaux et les aubaines.Si tel était le cas, il faudrait que la Régie intervienne pour «protéger» ceux qui veulent s’acheter une voiture neuve et qui se voient offrir un rabais de 40 C le litre pour les 2500 premiers litres consommés.Ou encore, qu’elle empêche Ultramar de vendre son essence «super» 3 C de moins le jeudi.L’autre élément inquiétant de la décision de la Régie est qu’elle oblige les détaillants à augmenter le prix du litre d’essence de 3 C pour une période de 30 longs mois, soit jusqu’au 24 janvier 2011.C’est beaucoup trop long et cela risque simplement de faire en sorte que les automobilistes des Laurentides iront ailleurs qu’à Saint-Jérôme pour faire le plein.En comparaison, dans une décision similaire de la Régie dans la région de Québec, le 27 juin 2001, la période d’augmentation du prix du litre n’était que pour une période de trois mois.En conclusion, en plus d’intervenir dans un domaine où elle ne le devrait pas, la Régie a démontré sa méconnaissance des principes élémentaires d'une économie de marché.Qu’un détaillant choisisse d'augmenter ses volumes de vente et de réduire ses marges de profit ne constitue pas une évidence qu’il veuille faire de la concurrence déloyale ou une «pratique abusive».lundi matin de cette semaine, CAA-Québec a estimé que les marges bénéficiaires étaient anormalement élevées au Québec.Les automobilistes de Trois-Rivieres, de Québec, de Saguenay et de Sherbrooke doivent faire face à des marges au détail démesurées de respectivement 11,9 C, 9,9 C, 9,4 C et 9,6 C.Les récentes baisses du prix du pétrole ne se reflètent toujours pas à la pompe dans ces régions.Ces automobilistes auraient besoin d’une guerre de prix bien davantage que de la décision d’une Régie qui augmente artificiellement le prix de 3 C le fifre.Le défi chinois Lise Payette Nous y sommes enfin.Depuis des aimées que le monde entier attend ce rendez-vous avec l'un des pays les plus complexes de la planète.Des années que ce peuple immense fonce au pas de course pour rattraper le reste du monde développé.Dans les jours qui viennent, il va enfin prendre sa place dans le grand concert des nations.C’est son rêve.Il a tout misé sur ces quelques jours du mois d’août 2(X18.Je ne connais pas la Chine d'aujourd’hui.Je ne suis pas une spécialiste, mais j’ai une histoire d'amour avec la Chine.J’y suis allée en 1981 et en 1983.La Chine que j'ai connue à ce moment-là n’existe plus.Elle a disparu aussi vite que la nouvelle Chine est née sous les bulldozers et les énormes machines qui ont construit les nouvelles cités, broyant, en même temps, non seulement des siècles d’histoire, mais des habitudes de vie et des repères qui n'existent plus.Ce désir de tout recommencer était très présent d;ms les années 80, après la révolution culturelle.11 fallait détruire pour effacer tout ce qui pouvait rappeler les horreurs qui avaient été vécues à l’époque.J’ai surtout connu des Chinois.Certains qui n’étaient que des porte-parole des autorités chinoises et qui à toutes les questions ne livraient que des réponses approuvées en haut lieu.D’autres qui, dès qu’ils pouvaient vous tirer à l’écart, vous racontaient ce qu'ils appelaient la «vérité vraie» de ce qui se passait en Chine.Il était dif ficile de se faire une idée de la réalité à p;irtir de tout ce qui ixnivait être raconté.Il y avait, heureusement, ce qu'on pouvait voir de nos propres yeux.Ce peuple de plus d’un milliard de personnes, qui sortait à peine de l’oppression du plus grand tyran de l’histoire du XX' siècle, avec des citoyens-robots réapprenant tout doucement à penser par eux-mêmes — ce qui leur avait été interdit sous Mao Tsé-toung — et qui ne savaient que marcher au pas car toute initiative personnelle avait été réprimée pendant si longtemps qu'ils avaient fini par vivre de slogans imposés par leurs supérieurs à tous les échelons.Mao voulait faire de la Chine une superpuissance militaire qui lui permettrait de dominer le monde.Pendant ses 27 ans au pouvoir, on lui attribue la mort de 70 millions de personnes.1ü terreur avait suffi à réduire le peuple chinois à l’obéissance.Quand la Chine s’éveillera Depuis la mort de Mao, la Chine a changé.Elle est très certainement devenue une puissance économique avec laquelle il faut compter.Son éveil n’a pu se faire, cependant, comme toujours, que sur le dos des Chinois eux-mêmes.Ce sont les Chinois et les Chinoises qui ont envahi les usines, acceptant de travailler pour une poignée de yuans la plupart du temps, quand ce n’était pas pour un seul bol de riz par jour, afin de remettre en marche une économie qui était incapable de se comparer à ce qui se faisait ailleurs dans le monde.Ils n'ont pas rechigné.Plusieurs des grandes entreprises étrangères qui se sont installées en Chine, comme dans d’autres pays pauvres du monde, l’ont fait au détriment souvent des plus élémentaires règles de respect des travailleurs.Qu’importe, disaient les Chinois.Nous sommes en marche.In vie de nos enfants sera meilleure que la nôtre.Ils ont fabriqué des biens de consommation à des prix qui ont souvent déstabilisé le marché ailleurs dans le monde mais, ce faisant, ils ont aussi découvert le monde de la consommation lui-même, et eux, qui avaient été privés de tout, ont voulu posséder.Un verbe qu’ils n’avaient pas utilisé depuis longtemps.La fierté chinoise Les Jeux olympiques ont peut-être été un cadeau empoisonné pour la Chine.Les étrangers ont pensé qu’avec les Jeux, la Chine n'aurait pas le choix et qu’elle devrait céder quant à sa position rigide sur les droits de l’homme.Ça ne semble pas aussi vrai qu’on l'a cru.Les prochains jours nous diront si le monde, qui a mis sa confiance dans l’empire du Milieu, a eu tort ou raison.Durant les jours qui vont venir, il serait utile de faire une distinction entre le gouvernement chinois et le peuple chinois.Les deux ont finalement peu de choses en commun.Je me range du côté du peuple chinois parce que j’ai souvenir de son sens de l’humour, de sa générosité et de sa fierté, qu’on confond souvent avec de l’arrogance.Je sais aussi que les Chinois se priveront de manger pour que vous ne manquiez de rien.Qu’ils feront un grand détour pour vous conduire là où vous voulez aller et que, s’il n’y a pas beaucoup d’air pur à respirer à Pékin, ils accepteront de renoncer à leurs voitures, à leur travail, à leur désir de participer aux Jeux dans l’espoir que leur sacrifice fera la différence.Et s’il ne reste qu’une bouffée d’air, ils cesseront de respirer pour vous la laisser.Qu’est-ce qu’on peut leur demander de plus?En feriez-vous autant?r archives aee W' A 10 LE DEVOIR, LE VENDREDI A OUI 2 0 0 8 CTUALITES FÉLIX SUITE DE LA PAGE 1 les destinataires.Et chacun pèse ses mots avec un temps variable à l’infini: écrire des réponses à un questionnaire portant sur Félix Leclerc n’est pas répondre en entrevue à des questions sur le même Félix.N’empêche que Jeafi lapointe, comme il l’écrit dans la petite note qui précède le questionnaire rempli, a répondu «avec empressement».Impossible de ne pas y lire à quel point Félix Leclerc a compté et compte encore pour le chanteur, l’imitateur, l’auteur-compositeur, l’ancien Jérolas et le sénateur.«Pour moi, c’est le roi.point.Il a apporté l’espoir, l’amour de notre langue et tracé les sentiers dans lesquels ont suivi les Vigneault, Ferland, Rivard, Uveillée, Fiché, Gauthier, Letourneau et j'en passe.» Monique Miville-Deschênes n’a pas tardé non plus.Question de proximité, comprend-on.Elle est de la génération héroïque des chansonniers, a côtoyé Félix, assuré ses premières parties.Elle déclare participer au spectacle «par devoir de reconnaissance», déplore que les jeunes ne connaissent que peu ou «rien du tout» de l’œuvre, mais note avec acuité qu’«î7 en était de même quand [elle avait] 16 ans»: «Tandis que j’écoutais Félix, mes copines écoutaient Elvis.» Et elle n’a que faire d’un iPod pour écouter du Félix: «Il y a du Félix dans mes oreilles depuis que j'entends.» Fascinant, le rapport au iPod: JF Moran n’en a pas, Mireille Deyglun non plus (elle écoute les disques), mais Jean Lapointe a farci le sien de chansons de Fœ lix, et Dominic Champagne y a fourgué l’intégrale et plus (un spectacle enregistré par un amateur à Nico-let).Richard Séguin y dénombre pas loin de 300 titres, du Félix par Félix, du Félix par Hugues Aufray (un grand double album méconnu), ainsi que du Félix chanté par les Catherine Durand, Catherine Major et autres Jorane sur la compilation Chapeau! Félix (le très beau livre-disque Im Montagne secrète).Daniel Boucher ne dit pas s'il y a du Félix dans son iPod, mais il assure qu’«»7 y en a» dans sa maison.«J'ai souvent endormi mon fils sur du Félix.» Pareillement, Yann Perreau nonune les recueils de Félix dans sa bibliothèque, les albums dans sa discothèque (notamment «une compilation de grands succès que l’on m’a remise lorsque j’ai reçu le prix Félix-Leclerc en 2003»).«IPod?», se questionne Fred PeUerin, interloqué pour rire.«Aucune idée de quoi il s'agit.» Sans se consulter, elle de Verdun et lui de Saint-Venant-de-Paquette ont répondu en même temps.Gémellité oblige.Pour Marie-Claire Séguin, aimer Félix est indissociable d’un travail de transmission.A ses élèves de l’École nationale de la chanson, elle fait d’abord découvrir les chansons de Félix, «le premier après Im Bolduc à ouvrir le chemin», et de là les « Vigneault, Brel, Ferré, Pauline et Clémence».Pour Richard Séguin, c’est à l’enfance que tout se décide, que Félix s’impose presque.mystérieusement.«Ça part de loin, dans le salon de notre maison de carton à Pointe-aux-Trembles, il y avait là un cahier de partitions, le seul en chansons populaires, tous les autres, des pièces classiques pour piano ou encore des chants pour chorales, mais là, mystère.pourquoi ces partitions de chansons dans la maison?On y voyait un homme accoté sur une clôture de perche, face au vent, un homme libre, des mots, de la poésie, des airs simples qui donnent à rêver.Mes parents s’étaient reconnus dans ces chansons.Dans une maison, un espace vital pour rêver.J’avais une guitare, ma première, j’avais 14 ans, on pouvait lire les accords facilement, alors ma sœur et moi on a appris quelques-unes de ces chansons du cahier magnifique.» Écho de Marie-Claire: «Le livre des chansons de Félix se trouvait sur le piano chez moi quand j’étais petite.Il était là, au milieu d’autres Partitions, surtout de chansons françaises.C’était le début des mots et des musiques d’ici, de notre terre; Félix faisait partie de notre vie.» Ce qu’il reste de Félix Et Félix aujourd’hui?On ne le connaît «pas assez, malheureusement», déplore Boucher.Qui a une explication: «On va se remettre à écouter Félix Leclerc le jour où on va arrêter de renier ce qu’on a déjà été [.]» Yann Perreau constate: dans son entourage, peu de Félix.
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