Le devoir, 9 août 2008, Cahier E
CINÉMA American Teem ou l'adolescence insignifiante de l’Amérique Page E 8 ESSAIS Timothy Lean’ et l’aventure psychédélique Page E 4 CULTURE UT UÏR.ES AGENCE FRANCE PRESSE Alexandre Soljénitsyne à son arrivée à l’aéroport de Francfort, en 1974, peu après son expulsion d’Union soviétique.i/i m €¦ Une pensée dirigée contre la tentation totalitaire Soljénitsyne, philosophe malgré lui Les colères de l’écrivain contre la « tribu instruite », c’est-à-dire l’intelligentsia soviétique, rappellent celles de Platon contre les sophistes ANTOINE ROBITAILLE Québec — Que va-t-il rester de Sol-jenitsyne, mort il y a moins d'une semaine à Moscou?Ce contre quoi il s'est tant battu, l’URSS, s’est effondré tel un géant au pied d’argile U y a 17 ans.Que peut-il bien demeurer de l’œuvre d’un tel «dissident» — mot qu’on avait presque oublié — lorsque l’objet même de sa dissidence s'est évanoui?«Indépendamment du rôle qu’il a joué dam la dissolution de l’Union soviétique, il reste plusieurs choses», affirme Richard Bodéüs.professeur de philosophie à l’Université de Montreal.M.Bodéüs, par ailleurs spécialiste de la philosophie antique, a consacré un brillant essai au grand Alexandre il y a.17 ans: Soljénitsyne, de la philosophie éprouvée à l'art de la compré-hemion (Beffroi, 1991).D’abord, l'évidence, pour toute personne qui a «la moindre connaissance de la littérature russe», explique M.Bodéüs: Soljénitsyne est un «monument à l'égal des plus grands, du point de vue littéraire».Intimement liée à la politique, son œuvre ne se limite donc pas à un «combat historique contre l'Union soviétique, contre une forme de régime historiquement daté».La pensée de Soljénitsyne est entièrement dirigée contre la tentation totalitaire et «il en a démontré, avec une énergie probablement inégalée, les mécanismes».Inégalée?Pas tout à fait, évidemment II y a Hannah Arendt, bien sûr, qui.elle, prit pour cible le régime nazi, un objet qui se compare à celui de Soljénitsyne.Les deux extrêmes i lu XX siècle, à gauche et à droite, «se rejoignent», note- le philosophe.Il y a cependant une difference de taille entre ces deux auteur:,: Soljénitsyne fait des romans, comme Une journée divan Denissovitch.En sous-titre de son magistral Archipel du Goulag, on trouve cette inscription peu commune v< rint qualifier l'œuvre: «Une investigation littéraire Autrement dit, c'est avec des ressources artistiques < t non seulement rationnelles que Soljénitsyne agit \rendt est philosophe avant d’être écrivain alors que Soljénitsyne est écrivain avant d’être philosophe», note Bodéüs.Philosophe malgré lui Philosophe?Ce n'est pas ainsi qu’on décrit habituellement l’auteur.Soljénitsyne n'a-t-il pas eu, justement, l’ambition de critiquer la vanité de la philosophie?Il y a chez lui une allergie aux systèmes rationnels échafaudés par la raison, le marxisme en étant à ses yeux le plus terrible exemple.Mais si on ne veut pas philosopher, il faut l’expliquer.philosophiquement, rappelle Richard Bodéüs, «on n’en sort pas, Aristote l’avait bien dit».C'est ici qu’on touche à ce qu’il y a de peu commun, voire d'irremplaçable peut-être, chez l’écrivain Soljénitsyne: «Il apportait les ressources de la littérature et en particulier de la langue russe à l'appui de sa démonstration.» Dans son discours de réception du Nobel, qu’il n’a pu prononcer à Stockholm — en raison des menaces de son pays — mais écrit et publié plus tard, il se veut très clair: «Grâce à l’art, il nous arrive d’avoir des révélations, même vagues et brèves, qu’aucun raisonnement, si serré soit-il, ne pourrait faire naitre.» L’idée se trouvait entre autres chez le philosophe Hans-Georg Gadamer, pour qui il y a une vérité, une justesse dans l'art, lequel nous ouvre un monde et nous fait découvrir des choses que nous ignorerions sans lui: «C’est King Ijear qui nous apprend ce qu ’est l'ingratitude et Kafka ce qu’est le labyrinthe moderne, etc.», illustra un jour, en entrevue au Devoir, le philosophe Jean Grondin, aussi de l'UdeM.«Im vérité artistique a d’ailleurs souvent la vie plus longue que la vérité scientifique, notait-il.Il suffit de consulter un manuel de physique ou de médecine du XIX siècle pour constater que tout cela a passablement vieilli.Ce n 'est pas le cas des vérités artistiques.Les pièces de Shakespeare n’ont pas pris une ride, pas plus que les dialogues de Platon, comme les grandes sculptures de l'Antiquité.Tout cela nous parle encore et nous dit ce qui est.» Platon et Soljénitsyne Platon, justement Dans son ouvrage, Richard Bodéüs dresse un riche parallèle entre le philosophe ancien et l’écrivain du XX' siècle.«Platon, comme, un peu Soljénitsyne mais d’une autre manière, ne s’est pas borné à enseigner la philosophie, ou ce que Ton tenait pour telle à l’époque, il a aussi pris la plume pour écrire des dialogues, c’est-à-dire une œuvre littéraire.» Bien sûr, on peut toujours lire Platon en ignorant de son œuvre tous les artifices littéraires, concède Richard Bodéüs.Mais en se concentrant ainsi sur la logique, on «perd une partie du message platonicien qui passe à travers les personnages mis en scène parle philosophe».Parmi ces derniers, il y a indéniablement «son» Socrate, «un personnage en partie historique, en partie fidif».Avec son œuvre littéraire sur l’époque communiste, Soljénitsyne fait de même: il nous «fait vivre de l’intérieur une pemée qu ’il développe».Autre trait de correspondance entre Platon et Soljénitsyne: les sophistes furent à celui-là «ce que la pemée prétendument scientifique du matérialisme scientifique» fut à celui-ci.Ix-s deux rejetèrent la «force illusoire» d’une pensée qui «jette de la poudre aux yeux, plutôt quelle ne correspond à la réalité».Les colères de Soljénitsyne contre la «tribu instruite», c’est-à-dire l’intelligentsia soviétique, rappellent celles de Platon contre les sophistes.Les deux rhétoriques dégénèrent en «simple technique de persuasion» et débouchent sur une «indifférence au vrai et au bien».Bien sûr, nuance Richard Bodéüs, les ravages de la sophistique n’ont pas été à la mesure de ceux de la dialectique marxiste.On le perçoit dans l’imprécation de Soljénitsyne contre «l’idéologie» qui avait mené au Goulag: c’est elle qui a valu au XX siècle, écrit-il, «d’expérimenter la scélératesse à l’échelle des millions».Soljénitsyne rappeüe aussi Platon dans une opposition qui lui est chère, celle entre le corps et l’esprit.Il y a chez le grand Alexandre l’idée que la «vie véritable exige une désincarnation».Pille lui permit de passer à travers l’expérience terrible du Goulag: «Le corps est à l’étroit, mais quel espace pour lame et pour l'esprit!», clama Soljénitsyne.Il écrit aussi que «les défaites sont nécessaires aux peuples comme les souffrances et les malheurs à l’individu: ils vous obligent à approfondir votre vie intérieure, à vous élever spirituellement».L’idée, à l’ère de l’empire de la pédagogie du ludique, semblera scandaleuse.On la ramène peut-être par la porte de derrière avec un mot à la mode un peu agaçant «résilience».Dieu sait que Soljénitsyne en a eu, de la «résilience».I,a guerre, son incarcération, son cancer.De son propre avis, sans ces épreuves, il n’aurait été rien: «Éliminez l’expérience qu’a faite Soljénitsyne de l’intérieur du Goulag et vous abolissez les sources mêmes auxquelles il a puisé pour atteindre à la hauteur d’une littérature», soutient Richard Bodéüs.Soljénitsyne l’a formulé de manière encore plus troublante: «Il est terrible d’imaginer l’écrivain que je serais devenu [.] si je n’avais pas été arrêté.[.] Bénie sois-tu, prison!» C’est la terrible réalité dans plusieurs domaines, ajoute Richard Bodéüs.«Qu’aurait été Charles de Gaulle sam les expériences terribles de la débâcle et de l'exil à Londres?» lo liste est longue: Churchill sans la Seconde Guerre mondiale.Élie Wiesel et le ghetto de Varsovie.«Le cas de Platon n’est évidemment pas du tout comparable, mais il reste qu'il a eu lui aussi une expérience douloureuse à laquelle il a su puiser: l'exécution de Socrate.» C’est même, selon Bodéüs, le point de départ de sa philosophie.«Avant cela il écrivait des essais de tragédie.Même si c’était un pemeur exceptionnel.Sam les circonstances douloureuses, sam un mal qu’il réussit à tourner en bien, lliomme n’est rien.» VOIR PAGE E 2: SOLJENITSYNE « Les défaites sont nécessaires aux peuples comme les souffrances et les malheurs à l’individu : ils vous obligent à approfondir votre vie intérieure, à vous élever spirituellement » I t L E I) E V 0 I K .L E S S A M EDI 9 ET I) I M A S CHE 10 A O P T 2 0 0 8 K 2 Tango pour Odile Tremblay Buenos Aires, c’est l’Europe en Amérique du Sud.Le cliché dit vrai, aussi bien l’adopter.Si follement familière, son architecture.Voyons! Voyons! J’ai déjà vu ça quelque part, sous des enrobages et des méridiens différents, l iens! Des allures de Rome.Plus loin, des monuments à la parisienne.Ailleurs, on dirait Berlin, Madrid.L’Europe unie s’est exportée là-bas.11 y eut bel et bien dérive des continents.J’ai craqué pour le raffinement l’élégance des Por-tenos, la culture si vivante dans les vieux cafés, les musées, les théâtres métamorphosés en librairies.C’est qu’ils sentaient les vieux pays à plein nez.Avec quelque chose de plus, bien entendu: une âme argentine indéfinissable et courtoise.Ses racines autochtones en trame de la chic courtepointe.Cette ville-là, j’y camperais bien, moi, toute l’année.En revenir, c’est la regretter déjà.Je m’y sentais telle ment chez moi.Du nord au sud des Amériques, sommes-nous si différents après tout?Des liens vite tissés viennent prouver le contraire.Et puis, les voyages servent à forcer les portes qu'on n’entrouvre guère chez soi.Un soir, sous l’influence de la pleine lune (quoi d’autre?), on s’immisce dans une réunion de comédiens argentins d’un âge vénérable.— Retrouvez-nous demain soir au Chat noir, nous avaient lancé au vénérable Café Tortoni quelques têtes blanches aux traits burinés.Tope là! Sauf qu’au Chat noir, l’électricité manquait Qu’importe?Adelantel Un tripot miteux fera l’affaire.Chaque mercredi, de vieux compagnons de la balle s’attablent dans un café ou l’autre de Buenos Aires pour déclamer des vers en espagnol, en italien ou en français.Ça boit, ça rit, ça joue de la guitare en chantant des pas de tango s esquissent Puis süencio\ Un homme se lève, récite, et les convives des tables voisines arrêtent de sourire en douce pour tendre soudain l'oreille.Place à Borges, à Garda Lorca, à Dante, à Hugo! Leurs vers sont livrés d’une voix forte ou tremblante.On trinque à la France éternelle, à cause des flonflons du 14 juillet dont les échos résonnent encore.Bien des Argentins se considèrent comme des LIVRES une fleur de lys MONIQUE FORTIER Adriana Ramponi devant la frégate dans le port de Buenos Aires jEI-Œ Européens en exil, et la culture, la-bas si vitale, a de ces relents de nostalgie.Une ambiance de café parisien de la Belle Époque.Ijt vin aidant, fallait bien payer son petit écot à la déclamation générale.Et pourquoi laisser le Québec hors du coup?Haut les cœurs! J’ai fini par rédter du Nelligan, du Vigneault, d’autres poetes de chez nous.En cette soirée folle, le Québec et l’Argentine se sont inventé des frontières communes.Le rio de la Plata et le Saint-Laurent burent ensemble la tasse.La ville nous adoptait Que réver de mieux?Des liens entre nos deux mondes, j’en ai d’ailleurs trouvé partout.Suffit de se laisser envoûter par Buenos Aires pour tomber sur une dame argentine folle amoureuse du Québec.C’est bien pour dire.Faudrait échanger nos clés d’appartement.Le contact venait d’une amie comédienne.— Appelle Adriana Ramponi.Elle connaît tout sur Buenos Aires.et sur nous.Fidèle au rendez-vous, la voici, rue Florida, vive, brillante, un français parfait désormais une amie.Le Québec, découvert lors d'un séjour d’études, revu par la suite avec ivresse, fut l’objet d’un coup de cœur.Pourquoi nous?Pourquoi si loin?on lui demande, intriguée.Adriana fredonne une chanson de Félix, évoque des moments précieux à File d’Orléans, la neige, des amis extraordinaires qui l’accueillent dans nos ferres.Mais l’amour se passe de motifs raisonnables.A ses yeux, l’Argentine et le Québec, perchés sur leurs pôles respectifs, possèdent des connivences historiques: le rapport à la religion, à l’immigration, le travail de la terre, les familles nombreuses.Un esprit commun.Ou un fantasme d’esprit commun.Allez savoir.L’amour, quoi! Elle rêve d’immigrer chez nous et on le lui souhaite de tout cœur.Mais qui, en son absence, nous recevrait avec tant de chaleur à Buenos Aires?Adriana Ramponi est une sorte de déléguée culturelle québécoise, saris la nationalité, le titre ou le salaire accolés à sa fonction.Par pure passion, traductrice et enseignante, elle accueille et pilote dans sa ville des artistes, des professeurs, des journalistes québécois, orchestre avec eux une foule d’événements.A la Foire du livre de Buenos Aires, chaque année depuis 1987, elle livre un exposé sur un auteur québécois: Jacques Godbout, Michel Tremblay, Anne Hébert, Marie-Claire Blais, bien d’autres.Après y avoir invité Gilles Pellerin, à la tête de l’ouvrage Des écrivains dans la ville — collectif de textes sur notre capitale —, elle a trouvé un éditeur argentin intéressé à le traduire, se propose de demander un appui de la S0-DEC pour cette version en espagnol.Quand Julie Vincent désire monter une pièce à Buenos Aires, elle passe par Adriana, qui fait jouer ses contacts, cherche des locaux, se démène, jure que bientôt.Lorsque je brûle d’interviewer la veuve du grand écrivain Jorge Luis Borges, elle arrange la rencontre d’un coup de baguette magique.Autant le reconnaître: Adriana déplace les montagnes quand le Québec est en cause.C’est elle qui dé-gota en 2006 le bâtiment historique le plus ancien de Buenos Aires (La Manzana de las luces) pour y exposer les photos de François-Régis Fournier sur les églises jésuites du Québec et de l’Argentine.Elle encore qui présenta un diaporama sur l’eau avec des photos de Fournier au Centre culturel Saint-Martin.En avril dernier, en l’honneur du 400r de Québec, Adriana dirigeait un second diaporama sur des photos de Fournier et des documents d’archives, en pleine frégate Présidente Sar-miento, amarrée au port de Buenos Aires.Ladite frégate fit escale à Québec en 1903 (en témoigne un cliché jauni du navire à flanc de cap en bas de la citadelle).L’événement remontait avec poésie le voyage du grand voilier, de là-bas à ici.Nommée coordonnatrice des activités du 400e en Argentine, abeille bénévole, oui, elle mépte cent fais qu’on lui lève notre tuque à pompom A Buenos Aires, j’ai trouvé un ville admirable mais aussi un Québec embelli par la flamme d’une Argentine qui l’adorait, et dont les efforts devraient être mieux soutenus par nos institutions, rétribués à tout le moins.Question de décence.Atterrissant à Montréal, je gardais en tête des fragments de poésie sautant la clôture des langues dans un café hors du temps.Par-dessus tout, le visage rieur d’une femme qui rapprochait les continents, juste par sa ferveur.otretn blayfàledevoir.com SOLJENITSYNE De qui s’agit-il ?Cet été, Le Devoir vous propose chaque samedi une énigme qui mettra à l’épreuve vos connaissances de la vie de quelques grands auteurs disparus.D s'agira de deviner l’identité de chacun à partir d’indices laissés par Éric Dupont.Découvrez la réponse dans le cahier Livres de la semaine prochaine.Va, cherche et trouve ¦ », J I .L SOURCE ARCHIVES NATIONALES DU CANADA Réponse à l’énigme du 2 août: Gabrielle Roy (1909-1983), auteure de Bonheur d'occasion.Le billet de vingt dollars porte une de ses citations.SUITE DE LA PAGE E 1 L’âme russe Et le nationalisme de Soljénitsyne, qui a souvent fait scandale, surtout à l’Est?Ne peut-on lui retourner sa propre critique sur la «force illusoire* de ces pensées qui «Jettent de la poudre aux yeux»?Non, croit Richard Bodéüs, parce que ce qui rapproche Soljénitsyne du nationalisme russe, du «panslavisme» ou de la «slavophilie» (mais lui-même a rejeté ces courants et ces tenues), «ce qui le classe, apparemment, dans une forme de nationalisme un peu pervers, ce n'est qu’une apparence», plaide Richard Bodéüs.Car en réalité, «ce à quoi tient Soljénitsyne, î •• v,Y dans la tradition de son propre pays, c’est ce qu 'il appelle T âme russe”».Or cela, explique l’universitaire, «ce n’est pas un peuple, ce n’est pas une nation, ce n 'est pas un intérêt de cet ordre-là, c'est véritablement une âme.Et celle-ci n 'est pas du tout synonyme chez lui de privilège de la nation russe».Chose certaine, il y a, dans cet œuvre, matière à débat.«Ils se trompent, et ils se tromperont toujours ceux qui prophétisent que l’art va se désintégrer.C’est nous qui mourrons, l'art est éternel», comme l’a déclaré si justement le grand Alexandre.Le Devoir % L’ÉCHANGI 707 fl 713 AONÏ-ROm ESI QMONÏ-ROyAl, 514-523-6389 Une grande sœur, amie des lettres, la met au défi d’écrire son premier roman.Elles grandissent dans ces maisons bourgeoises où vit une abondante domesticité et où chacun se mêle de ses affaires tout en surveillant de près celles des autres.Les étés de l’enfance coulent devant des mers déchaînées, la solitude des landes et des brumes anglaises.Outre cette sœur aînée, elle a aussi un frère, qui est pour sa famille une source infinie de préoccupations.Il incarnera le côté insouciant de la famille.L'homme entreprend tout et ne réussit rien.Il meurt d’une hémorragie cérébrale à Marseille.Pendant la guerre, elle obtient un diplôme de préparatrice en pharmacie.Elle est engagée au laboratoire d'un hôpital où la charge de travail est imprévisible et il lui arrive de rester de longues heures à ne rien faire d’autre que rédiger son premier roman.Plus tard, son éditeur lui fera signer un contrat qui l’engagera à signer un roman par année.Son premier mariage avec un militaire dura quatorze ans.Quand elle apprend qu'il la trompe, elle réagit en mettant en scène son propre enlèvement.Elle disparait un soir de son domicile.La police retrouve sa voiture abandonnée le long d’une route pendant qu’elle se terre sous un faux nom dans un hôtel thermal où le personnel aura vite fait de la reconnaître, car elle jouit déjà d’une certaine notoriété.Les journaux s’emparent de l’affaire.Bientôt, tout le pays est en émoi.Le personnel de l'hôtel finit par la trahir et le public découvre la triste affaire.On lui en voudra d’avoir coûté cher aux services de police et d’avoir alerté pour rien l’opinion publique.Peu importe, cet épisode l’aura fait connaître auprès de ceux qui ne la connaissaient pas encore.Elle refusera obstinément de préciser les motifs de cette disparition.Vers la fin de sa vie, en dictant son autobiographie, le passage consacré à ces événements sera enregistré d’une voix indistincte.Peut-être a-t-elle voulu entretenir le mystère?A Bagdad, elle fait la connaissance d'un archéologue engagé dans les fouilles de la cité sumérienne d’Ur.Cet homme rencontré en Mésopotamie deviendra son deuxième mari.Elle s’intéressera vite à l’archéologie et accompagnera presque toujours son époux pendant les fpuilles, en Iran, en Syrie et en Égypte.Plus qu’une fidèle accompagnatrice, elle sera aussi d’une aide précieuse aux équipes de recherche.L’archéologie sera, après l’écriture, une deuxième passion.D’ailleurs, l’archéologie, discipline de la reconstitution tardive des faits, n'est pas tout à fait étrangère à l’écrivaine qui vit déjà de sa plume.11 n’est sans doute pas trop hardi d'avancer que les archéologues, à l’instar de ses héros, se sont approprié la devise de la mangouste: «Va, cherche et trouve.» Elle possédera des chiens toute sa vie.Dans le jardin de la maison où elle vécut avec son deuxième époux disparaissent sous les branchages et les lierres les pierres tombales des deux derniers chiens dont elle fut propriétaire.Son amour pour la gent canine la mènera à dédier un de ses romans à son dernier compagnon, un terrier très caractériel qui s’attaquait à tous ceux qui s’approchaient de sa maîtresse.Le livre sera dédié à Peter sans que le lecteur se doute qu’il s’agit d’un animal: «A mon cher Peter, le plus fidèle des amis et le plus merveilleux des compagnons, un dieu comme on n'en fait pas.» Elle consacrera passion et fougue à un dandy belge, qu’elle ne pouvait chasser de ses pensées.Ce dernier meurt le 6 août 1975.On sait tout comme à l’époque qu’elle fut responsable de cette mort.De qui s'agit-il?PEDRO RUIZ LE DEVOIR Richard Bodéüs, professeur de philosophie à l’Université de Montréal G/>a/a-chian Spring de Copland et les Chairman Dances de John Adams.Le concert du samedi 16 sera consacré à un programme espagnol, avec, hors des clichés folklori-sants, trois premières canadiennes ou mondiales.Le Devoir FESTIVAL ORFORD L’Orchestre mondial des Jeunesses musicales en trois concerts.Samedi 9 août Franz-Paul Decker dirige Elgar et Brahms.Vendredi 15 août Josep Vicent dirige Prokofiev, Ravel, Copland et Adams.Samedi 16 août Josep Vicent dirige Turina, Vicent Evangelista, Valero, Falla.Renseignements et réservations: 1800 567-6155 (poste 232).MUSIQUE CLASSIQUE Les premiers opéras en Blu-ray CHRISTOPHE HUSS Six mois après la fin de la guerre des formats de vidéo domestique de haute définition, qui a vu la victoire du Blu-ray de Sony sur le HD DVD de Toshiba, l’offre culturelle sur support Blu-ray reste embryonnaire, mais intéressante.Les éditeurs de vidéos musicales classiques ne se ruent pas trop sur le Blu-ray, ce disque qui permet de regarder des spectacles en haute définition sur les téléviseurs à plasma ou à cristaux liquides prévus à cet effet.Il en va de même pour la clientèle.«On surveille ça, mais il semble que ça ne btnige pas trop», me confiait récemment une responsable d’une major du disque.HD DVD ou Blu-ray, il Mail que le marché décide d’un vainqueur.Le verdict est tombé le 18 février dernier, lorsque Toshiba a jeté l’éponge.Mais le triomphe du Blu-ray est encore trop récent et, surtout, il s’est dessiné par l’entremise d’un univers on ne peut plus aux antipodes de l'opéra: celui de la PlayS talion 3 et des jeux vidéo.Il était évident que le public, qui a été largement échaudé par les guerres de format, notamment dans le domaine de Ja vidéo, allait se montrer attentisîe.A cela s’ajoute le fait que la vieille garde des consommateurs friands de technologie, plutôt fortunée et cultivée, a connu depuis vingt ans bien des coûteuses «révolutions technologiques» sans lendemain: DCC, DAT, SACD, DVD-Audio.Hydro K Québec Le Festival Internationa], du DU 21 JUIN AU 31 AOÛT 2008 (Tous les concerts sont présentés à 20 h 30 à moins d’avis contraire) AL INTERNATIONAL VENDREDI, 15 AOÛT La Musique contemporaine LOUISE BESSETTE, piano Hommage à Olivier Messiaen Soir** ConautM pénénil
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