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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2008-08-09, Collections de BAnQ.

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LE D E V 0 1 R .LES SAMEDI 9 ET D I M A N (' H K | o o ÿ 2 0 0 8 résence italienne ÛC o ARTS ET CULTURE ' “ CLASSIQUE Knowlton, le Glyndebourne du Nouveau Monde?f; Page 4 mi T-: V' N i Giacomo Puccini sera à l’honneur durant la Semaine italienne de Montréal, qui se tient jusqu’au 17 août.Tutti fmtti De Montréal au Saguenay en passant par Knowlton, un bouquet d’événements culturels sous le signe de l’Italie FKSTIVAI.PUCCINI Un nouveau festival international de bel canto, une exposition sur Puccini, un hommage à Luciano Pavarotti, une prestation folklorique toscane, un spectacle de marionnettes: voilà quelques-unes des manifestations culturelles italiennes qui auront lieu prochainement à Montréal et ailleurs au Québec.Tour d’horizon.BRIGITTE SAINT-PIERRE Plusieurs quartiers montréalais auront des airs d’Italie jusqu’au 17 août.La 15' édition de la Semaine italienne de Montréal, organisée par le Congrès national des Italo-Canadiens, commence aujourd’hui, sur le thème de la Toscane.L’art la mode, la gastronomie et les us et coutumes seront à l’honneur.Des événements se tiendront dans la Petite Italie et à Saint-Léonard, mais aussi au centre-ville, à Notre-Dame-de-Grâce, à Rivière-des-Prai-ries et à LaSalle.•Cette année, c’est le ISO1 anniversaire de naissance du compositeur d'opéra Giacomo V S Puccini.On a contacté le directeur général du Festival Puccini de Torre del Logo, en Toscane.Grâce à la collaboration des responsables de ce Angelo festival, une exposition Mazzone sur Puccini sera présen- tée dans le cadre de la Semaine italienne de Montréal.Trois chanteurs viendront aussi à Montréal pour une représentation de La Bohème», indique le directeur de l’Institut culturel italien de Montréal, Angelo Mazzone.L’exposition itinérante sur Puccini, My Music, My Life, My Festival, comprend des lettres, des manuscrits, des costumes, des esquisses et des photos des scénographies.L’exposition traite de l’œuvre et de la vie du compositeur, ainsi que du festival qui lui est consacré à Torre del Lago, où il a composé les opéras Manon Lescaut, La Bohème et Tosco.Visiteurs et résidants de Montréal pourront aussi assister à des prestations du grou- M§| y m pe folklorique Sbandieratori dei Borghi e Sestieri Fiorentini.Costumés, des lanceurs de drapeaux et des musiciens de la compagnie donneront des représentations évoquant certains aspects de la vie militaire du Moyen Age et de la Renaissance.Un concert en hommage à Luciano Pavarotti, présenté par l’Orchestre de chambre de Montréal, se tiendra par ailleurs ce soir à 19 heures au parc Georges-Saint-Pierre à Notre-Dame-de-Grâce.La soprano Makiko Awazu, le ténor FESTIVAL Les Genesis italiens débarquent à Montréal Page 6 CLASSIQUE La Bohème en plein air: un] àPtcdni Page 3 ART DE LA MARIONNETTE L’Italie et le Québec, main dans la main Paged LITTÉRATURE L’invincible chevalier des assoiffées PageS SOCIÉTÉ Leçons de féminisme à ntalienne Page 5 PROSPERO CRAVEDI Au Festival international des arts de la marionnette, ManiganSes, à Saguenay, le Teatro Gioco Vita, leader mondial du théâtre d’ombre, offrira une représentation de Pépé e Stella, plongeant les jeunes spectateurs dans l’univers du cirque.Francesco Verrecchia et le ténor Manrico Tedeschi y prendront part.Ce dernier racontera des anecdotes sur le célèbre ténor de Modène, décédé l’an dernier.VOIR PAGE F 2: BOUQUET 3^26 K I 1, K I) K V 0 I H , LES SAMEDI 9 ET DI M A X CHE 1 0 A 0 Ù T 2 0 0 8 JEBEC-ITALIE La quinzième Semaine italienne La communauté italienne, plus intégrée que jamais CLAUDE LAFLEUR Du 9 au 17 août, la communauté italienne de Montréal sera non seulement en fête mais, surtout, elle nous fera la fête! * Pour une quinzième année, elle présente la Semaine italienne, une vaste gamme d’activités culturelles réparties sur l’île de Montréal, principalement dans la Petite Italie.«La Semaine italienne ne s'adresse pas juste à notre communauté, mais cherche surtout à faire connaître notre culture», s'empresse de préciser Antonio Sciascia, président de la section Québec du Congrès national italo-canadien, qui organise ces festivités.«Ce qui nous importe le plus, poursuit-il, c’est de faire connaître nos talents — les jeunes talents d’ici —, notre culture, nos coutumes et notre vision en parlant de mode, de design, de musique, d'art, etc.Et le tout se passe en français!» Les organisateurs insistent d’ailleurs sur le fait que la Semaine italienne s’adresse à tous, puisque la plupart des participants sont des Italiens d’ici, alors que la grande majorité de ceux et celles qui y assistent sont des Québécois de souche.«Notre but, c’est de tisser des liens avec les autres», insiste M.Sciascia.Le curieux «divorce» italo-québécois In Semaine italienne a été instituée il y a quinze ans afin de montrer la vitalité et la fierté de la communauté italo-québécoise.«Je pense que ma communauté est la mieux intégrée au Québec», indique M.Sciascia.Cela vient peut-être de ce qu’il s’agit de l’une des premières communautés à s’être établies au Québec — depuis plus d’un siècle.«On a donc eu assez de temps pour s’intégrer, dit-il, et ça continue, puisqu'on voit de plus en plus d’Italo-Québécois marier des Québécoises!» Pourtant, les liens entre les francophones et les Italiens n’ont pas toujours été aussi étroits.On pourrait même parler d’un certain «divorce» entre les deux communautés en pensant à l’époque, pas si lointaine, où les Italiens s'intégraient plutôt à la communauté anglophone.«C’est un mythe!, de rectifier immédiatement M.Sciascia.C’est un mythe que de penser qu’on a été davantage du côté des anglophones.Pensez simplement au fait que la communauté italienne s’est naturellement établie dans l’est de Montréal, et non pas dans le West Island.De plus, notre communauté a toujours entretenu des liens d'affaires et culturels avec la communauté québécoise.» Si on a l’impression que les Italiens se sont davantage intégrés à la communauté anglophone, c’est essentiellement à cause de la fréquentation des écoles.«Mais il faut alors en tenir responsable la société d’accueil, qui n’avait pas de politique d’intégration des immigrants», souligne doucement le président québécois du Congrès national italo-canadien.«Je puis vous en parler, car c’est mon cas.», lance-t-il avec une pointe d’humour.En effet, Antonio Sciascia est arrivé ici en 1958, à l’âge de 11 ans.«En Italie, j’avais complété PEDRO RUIZ LE DEVOIR **¦ -M .LA «.Un seveur du Café Italia, boulevard Saint-Laurent, à Montréal.La Semaine italienne a été instituée il y a quinze ans afin de montrer la vitalité et la fierté de la communauté italo-québécoise.ma 5' année scolaire, mais ici on m’a automatiquement envoyé à l’école anglaise et on m’a classé en 3 année.Dès le départ, j’ai perdu deux années!» Comme il le relate, les Italiens de l’époque n’avaient pas le choix entre fréquenter l’école française ou anglaise.«Ce n’est pas un choix que mes parents ont fait», insiste-t-il.Par contre, curieusement, son cousin, immigré au Québec quatre années plus tôt, a pu faire ses études à l’école française.De toute évidence, au milieu des années 1950, il y a eu un changement dans les politiques d’accueil des immigrants.Le secteur francophone ne sachant trop que faire du flot d’immigrants italiens, le gouvernement a contraint ces derniers de s'intégrer au secteur anglophone.Malgré tout, M.Sciascia n'est pas amer, il comprend même la situation d’alors.«Bien sûr, les nouveaux immigrants causent des problèmes en classe, puisqu'ils ne comprennent pas le français, dit-il.C'est sans doute pourquoi, à partir de 1957-1958, on nous a dirigés vers le secteur anglophone.Je ne dirais cependant pas qu ’on a été rejeté par la société francophone, mais disons que ç’a été plu- tôt une sorte d’omission; on ne comprenait pas, à l’époque, ce qu’était l’immigration et on avait peut-être un peu peur de l’inconnu.» Le temps de retisser les liens perdus Pour cette raison, la Semaine italienne ne s’adresse pas qu’à la communauté italienne, mais elle vise surtout à nous la faire connaître.«Comme vous le savez sans doute, notre communauté recèle beaucoup de talent et c’est ce talent que nous voulons faire connaître à tous, de poursuivre avec enthousiasme M.Sciascia.Notre but est aussi de tisser des relations avec les autres.Et nous voulons en plus faire connaître notre culture, et c’est pourquoi nous invitons tout le monde à venir voir, par exemple, comment se font le vin et les pâtes à la manière artisanale.» En particulier, la 15' Semaine italienne souligne le 150" anniversaire de naissance de Giacomo Puccini, grand compositeur de musique classique qui est surtout connu pour ses opéras La Bohème, Tosco et Madame Butterfly.«Etpuisqu'il est originaire de Toscane, nous avons choisi de vous présenter cette magnifique région d’Ita- lie», de préciser l’organisateur.Entre autres, trois chanteurs d’opéra, qui viennent de la Toscane, interpréteront La Bohème le 17 août, lors de la soirée de clôture de la Semaine italienne.Ce sera quelque chose de remarquable, nous promet Antonio Sciascia.On y présente même un spectacle d’humour sur le thème des accommodements raisonnables: Reasonable aCOMICdation, interprété par des participants québécois italiens et anglophones — ce sera une soirée d'humour compréhensible pour tous.Il y a aussi le défilé de mode qui a lieu le samedi soir, ainsi que quantité d’autres spectacles.«Il y aura toutes sortes d'exposants, de poursuivre M.Sciascia.On montrera beaucoup du savoir-faire italien, notamment en automobile — de la petite 500 à la Ferrari.On a aussi des jeux pour enfants, un tournoi de soccer et toutes sortes d’activités» (voir la programmation à uiww.italian-week.ca/events.php).«J’invite donc les gens à venir nous voir.Nous sommes fiers de faire connaître notre communauté aux autres, surtout aux Québécois et aux autres communautés qui vivent au Québec.Le but de la Semaine italienne est justement de nous faire connaître pour mieux nous intégrer!» Collaborateur du Devoir «Notre communauté a toujours entretenu des liens d’affaires et culturels avec la communauté québécoise.» CONGRES NATIONAL ITALO-CANADIEN Antonio Sciascia, président de la section Québec du Congrès national italo-canadien.KESTIVAI l’UCCINI .2008 sera marqué par le 150' anniversaire de naissance du compositeur d’opéra Giacomo Puccini.BOUQUET «Notre rôle consiste à intéresser le public, les opérateurs culturels [.] à la culture italienne, non pas dans un esprit d’hégémonie, mais dans un esprit d’intégration culturelle, de partage de la culture » SUITE DE LA PAGE F 1 Des circuits historiques dans la Petite Italie, une représentation de La Divine Comédie, de Dante, une exposition de peintures d’artistes itakvcanadiens, des activités littéraires et un défilé de mode font aussi partie des événements prévus au programme de la Semaine italienne de Montréal.Bel canto, rock, littérature et marionnettes fUne activité qui mérite particulièrement d’être signalée est le Festival bel canto», dit par ailleurs M.Mazzone.L’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) et l’Accademia Na-zionale di Santa Cecilia de Rome sont à l’origine de cette manifestation, qui se tiendra du 15 au 24 août à Knowlton, en Estrie.Le président de l’Accademia, Bruno Cagli, sera présent au festival.Le chef de l’OSM, Kent Nagano, dirigera notamment deux représentations en version concert de l'opéra Norma, de Bellini, avec la soprano italienne Micaela Carosi dans le rôle-titre.Accompagnés par l'OSM, la soprano June Andersen et quatre jeunes chanteurs de l’Accademia Nazionale di Santa Cecilia interpréteront, un autre soir, des airs de Rossini et Donizetti.Outre les concerts présentés sous un chapiteau, ce festival international consacré au bel canto («beau chant») propose aussi des événements gratuits, dont un concert de jeunes chanteurs de l’Atelier lyrique de l’Opéra de Montréal.Des classes de maîtres sont aussi au programme, notamment avec le chef de chant de l'Accademia, Massimiliano Murraü.Les amateurs de musique progressive pour- ront, pour leur part assister en septembre à un concert du groupe rock syntphonique italien II Banco del Mutuo Soccorso, qui se produira dans le cadre du Festival des musiques progressives de Montréal.Il s’agira du premier spectacle au Canada de cette formation musicale, fondée en 1969.Le Festival international de la littérature (FIL) accueillera, quant à lui, l’écrivain Erri De Lnca, le chanteur Gianmaria Testa et le clarinettiste Gabriele Mirabassi, qui présenteront Quichotte et les invincibles les 18, 19 et 20 septembre.Leur prestation consistera en une suite de textes, poèmes et chansons évoquant l'esprit du personnage de Cervantès.Pour Erri De Luca, «les invincibles sont ceux qui ne se laissent jamais abattre, décourager ni repousser par aucune défaite et qui, après un échec, sont prêts à se redresser et à se battre à nouveau».En septembre toujours, des compagnies italiennes prendront part à la lO édition du Festival international des arts de la marionnette.ManiganSes, à Saguenay.La Casa di Pulcinella présentera le spectacle d’ouverture: un hommage aux 500 ans d'histoire du personnage de la conunedia dell’arte Polichinelle.Le Teatro Gioco Vita offrira pour sa part une représentation de Pépé e Stella, plongeant les jeunes spectateurs dans l’univers du cirque.Il effectuera également une tournée au Québec.Les fruits d'une collaboration italo-québécoise seront par ailleurs présentés au public lors du festival ManiganSes.La compagnie italienne Porte Girevoli et la compagnie québécoise La Chassepinte ont ainsi participé au projet Transity.Deux spectacles en résultent: Kiwi, de Daniel Danis, et I Testi-moni, de Diego Fabbri.Le projet a notam- ment bénéficié du soutien de l'Institut culturel italien de Montréal, un organisme officiel de l’État italien.Favoriser les relations culturelles «L’Institut fait la promotion de la culture italienne au Québec et dans les Maritimes», explique M.Mazzone.«Nous soutenons et favorisons les relations entre les structures culturelles québécoises ou locales et les structures culturelles italiennes.Nous offrons un appui logistique ou financier à l’organisation d’événements culturels italiens ou avec une participation italienne», indique-t-il.L'Institut diffuse également de l'information sur ces événements.fi propose par ailleurs des cours d'italien et met une bibliothèque et une vidéothèque à la disposition du public.11 collabore aussi avec des universités montréalaises qui souhaitent inviter des Italiens issus de différentes sphères d’activité.«On ne veut pas parachuter la culture italienne.Notre rôle consiste à intéresser le public, les opérateurs culturels, les enseignants, les universitaires et les chercheurs à la culture italienne, non pas dans un esprit d’hégémonie, mais dans un esprit d’intégration culturelle, de partage de la culture», explique le directeur de l'Institut culturel italien de Montréal.Le but est de créer un échange culturel.«Cela favorise la compréhension, la connaissance de l’autre et facilite le dialogue des uns avec les autres», estime-t-il.Collaboratrice du Devoir ¦ Pour de plus amples renseignements sur les événements: www iicmontreal.esteri.it.r i LE DEVOIR.1 ^ s s ^ Nl L I* 1 !> E I' I) I M A N C II E I O A O V T 2 O O S ouébW-italie Musique classique La Bohème en plein air : un grand hommage à Puccini Evénement lyrique, dimanche 17 août, sur la scène Loto-Québec, au cœur de la Semaine italienne de Montréal, avec, en hommage appuyé au 150' anniversaire de l’un des plus célèbres compositeurs italiens, Giacomo Puccini, la représentation gratuite, en plein air à compter de 21 heures, de son opéra phare, La Bohème.m ¦s* tWl.'tiï' lî\ c®*" je îîent Je.festival Puccini de Torre del I ago comprend le lac de Massaciuccoli et les Alpes apuai L endroit, qui a 1 époque de Puccini comptait douze maisons et cent habitants, avait tant inspiré le compositeur qu’il le décri comme «une joie supreme, un paradis, un Eden»! I KSl'IVAI PUCCINI uanes.rivait CHRISTOPHE HUSS Cette Bohème ne sera pas le seul événement Puccini de la Semaine italienne, puisque toute la fin de semaine, dès le vendredi 15 août, à l'angle des rues Saint-Laurent et Dante, vous pourrez admirer une exposition Puccini, avec des photos et des costumes de scène en provenance de Torre del Lago.; 1 C’est avec le Festival Puccini de Torre del Lago, une institution depuis 1930 en Italie, que cet hommage a été conçu.La direction artistique du réputé Festival italien est également responsable du choix des chanteurs.La soprano Alice Quinta-valla, qui chantera Mimi, le ténor Andrea Cesare Coronella (Rodolfo) et le baryton Alessandro Luongo (Marcello) sont des «trouvailles» de Franco Moretti, le directeur artistique du Festi-; yal Puccini.Le rôle de Musetta 1 jera, lui, interprété par Gloria 1 î’olcari, soprano de II Canto, et ; le spectacle sera dirigé par Ra-faelle Ponti, un chef d’orchestre en provenance de New York.Grandes voix En entrevue donnée au Devoir, Franco Moretti ne cache pas que ces manifestations italiennes outre-Allantique sont une excellente occasion pour les jeunes chanteurs formés et sélectionnés en Italie: «Ce sont des jeunes de grande qualité, qui ont suivi des stages avec Mirella Freni et d’autres grands chanteurs, qui ont chanté lors de notre propre festival.Alice Quinta-valla, par exemple, a participé à notre tournée au Mexique, où nous avons présenté La Bohème, et y a été une interprète fantastique de Mimi.À l’âge de 23 ans, Alice est l'une des meilleures élèves de notre académie.^ Nous la suivons depuis trois ans.À Torre del Lago, celle année, nous lui avons donné le rôle de Kate Pinkerton dans Madame Butterfly.Mais, avant de la faire débuter chez nous dans un rôle comme Mimi, on veut lui faire acquérir de l’expérience.» Pour son directeur artistique, le Festival Puccini de Torre del Lago, fréquenté par un public international, a deux vocations: «Présenter des grandes vedettes de l’opéra et révéler au public des jeunes que nous formons.U s’agit de chanteurs, mais aussi de chefs d'orchestre, d’ailleurs.On fait donc se succéder des vedettes et des jeunes, et c’est une formule qui plaît beaucoup.» Le havre de paix de Puccini Ce n’est pas un hasard si le Festival Puccini a lieu à Torre del Lago.Comme le dit la publicité, «le Festival Puccini de Torre del Lago offre aux spectateurs la possi- bilité d’être au contact avec les atmosphères qui ont inspiré le maestro».Conune pour de nombreux festivals en Europe, les représentations ont lieu dans un grand théâtre en plein air.Le décor de l’endroit comprend le lac de Massaciuccoli et les Alpes apuanes.L’endroit, qui à l’époque de Puccini comptait douze maisons et cent habitants, avait tant inspiré le compositeur qu’il le décrivait comme «une joie suprême, un paradis, un Eden»l Aujourd’hui, la nature de Torre del Lago est préservée au sein d’un parc naturel (le Parc naturel de Migliarino San Rosso-re-Massaciuccoli) qui s’étend de Pise à Viareggio et du lac à la mer Tyrrhénienne.Le bonheur au bord du lac, Puccini ne le doit pas à La Bohème (1896), mais à l’opéra qui précède: Manon Lescaut.C’est grâce au succès de Manon Lescaut, au Theatro Reggio de Turin en 1893, que Puccini put rembourser toutes ses dettes, racheter la maison de ses parents à Lucques (Lucca) et s’installer à Torre del Lago, où il est demeuré jusqu’à sa mort La Bohème Manon Isscaut ne fut pas que le point de départ de la fortune de Puccini.Ce fut aussi l’œuvre qui mit le pied à Tétrier pour un duo de librettistes formé de Giuseppe Gia-cosa et de Luigi Illica.Giacosa et Illica créèrent ensuite une trilogie merveilleuse, qui assura la gloire mondiale de Puccini: La Bohème, Tosco et Madame Butterfly, et ce, même si Madame Butterfly fut d'abord un «four», lors de sa première représentation, en 1904, à la Scala de Milan.On rapproche parfois cette trilogie La Bohème, Tosco et Madame Butterfly de la fameuse «trilogie verdienne», composée de Rigolet-to, Le Trouvère et La Traviata, créés successivement de 1851 à 1853.On remarquera en passant que, si Verdi prit un an pour composer chaque opéra, Puccini en utilisa quatre, puisque La Bohème date de 1896, Tosco, de 1900 et que Butterfly fut créé en 1904.La Bohème est évidemment le plus typique, le plus connu et le plus représenté des opéras de Puccini.Une mansarde, le Paris des petites gens — Mimi, qui confectionne des fleurs en papier, et Rodolfo, un poète qui attend le succès — un amour fou, la maladie, le désœuvrement et, au bout, la mort.Puccini à son plus pathétique et plus lacrymal, à son plus efficace aussi.Puccini lui-même a avoué avoir pleuré en composant la mort de Mimi! La première de La Bohème eut lieu à Turin, sous la direction du jeune Arturo Toscanini, chef prometteur.La critique prédit à l’ou- vrage une brève carrière.On sait ce qu’il en est advenu.Puccini aujourd’hui Comme beaucoup d’observateurs, Franco Moretti, le directeur artistique du Festival Puccini, pense que le plus grand phénomène actuel autour de Puccini est la revalorisation des ouvrages jadis délaissés, La Rondine, Le Triptyque et La Fan-ciulla del West, «dont on perçoit, aujourd’hui mieux qu’avant, toute la modernité».La Fanciulla del West sera d’ailleurs l’opéra choisi par l’Opéra de Montréal pour la seconde partie de son hommage à Puccini, lors de sa saison 2(X)8 Académie Sainte-Cécile de r Rome (Accademia Santa Cecilia) est une institution séculaire, puisqu’elle a été fondée en 1585.C’était alors l’ère des grands poly-phonistes, tels que Palestrina et Vittoria, mais aussi Gesualdo, ce compositeur génial mais personnage troublant, mort, dit-on, au cours d'une séance de flagellation.Plus de quatre siècles plus tard, la directrice actuelle du studio d’opéra de l’Académie n’est autre que la grande soprano Renata Scotto.Elle est par là même la patronne de ce Festival bel canto, qui aura sa contrepartie à Rome du 12 au 29 septembre.Madame Scotto ne sera pas au Québec, Car le mois d’août est dédié à sa famille.Une institution ancestrale Par contre, nous attendons la visite du professeur Bruno Cagli.Le directeur de l’Accade-mia Nazionale di Santa Cecilia est un vrai personnage.Musicologue, longtemps directeur artistique de la Fondation Rossini de Pesaro (à partir de 1971), il a été le maître d'œuvre de la renaissance rossinienne, phénomène marquant de la scène lyrique de l’après-guerre.Il est «président-superintendant» de l’Académie depuis 2003, après avoir occupé ce poste de 1990 à 1999.Comme l’Académie organise également plus de deux cents concerts par an, cela fait des années que Bruno Cagli connaît Kent Nagano, avec lequel il estime travailler «en synergie» et apprécie d’échanger des vues convergentes sur le bel canto («beau chant») français et italien.C’est ensemble qu’ils ont eu l’idée de ce partenariaL «L’OSM a voulu bonifier sa programmation estivale — qui existe depuis de nombreuses années — en repositionnant, entre autres, la période, le lieu de diffusion et le répertoire de son festival d’été, et ainsi accroître le développement de son auditoire», stipule le communiqué de notre orchestre, qui semble se détacher d’un amphithéâtre de verdure pouvant accueillir 5000 mélomanes pour se tourner vers un «chapiteau pouvant accueillir 600 spectateurs», le chapiteau Tibbits Hill de Knowlton.Le professeur Bruno Cagli a, lui, trouvé une perspective plus parlante: il se demande si Knowlton ne pourrait pas devenir «le Glynde-boume du Nouveau Monde», en référence au fameux festival anglais créé en 1934 dans une (grande) ferme du Sussex, la ferme d’origine (trois cents sièges) y a cédé la place en 1992 à une vraie salle pouvant accueillir 1200 spectateurs.Bel canto Le franc-parler de Bruno Cagli, dans un français chantant et posé, fait tout son charme.«Avec Kent Nagano, nous avons beaucoup parlé du répertoire de bel canto français et italien.Il est en décadence, parce qu'il n’y a plus de chanteurs qui l’interprètent bien», dit-il en entrevue au Devoir.Bruno Cagli est un spécialiste mondial reconnu du répertoire de Bellini, Donizetti et Ros- Le bel canto sini-11 ,a.supervisé l’édi- tion critique des operas français de Rossini.Trente opé- ras déjà ont été revu » et et italien littéralement restaur s à leur vérité prem re.Pour restaurer la même manière ! i-tion du beau cha i qui cite Joan Su’ Marilyn Horne well Blake co trois figures du renouvear a créé avei K-Scotto, à Parin' -i Rome, une école, !’( )|h -ra Studio.«Nous avons à présent trente ou quarante chanteurs en carrière qui parcourent le monde.La méthode est Juste, mais le danger face à de mauvais choix de répertoire par les agents d'artistes demeure.Nous avons donc l’intention que la formation soit encore plus solide, se déroule sur trois ans et permette aux jeunes chanteurs de bénéficier d’un suivi de carrière avec des conseils.Et, pour les faire chanter, rien ne vaut un festival!» Pour Bruno Cagli, la tendance interprétative «musicologiquement informée» de ce répertoire devrait nous amener logiquement vers un allégement de l’accompagnement orchestral: «Nous avons l'habitude d'entendre des opéras de Bellini, Donizetti et du jeune Verdi avec des orchestres à la sonorité post-wagné-rienne.Mais j’ai écouté Tancredi et La Cenerentola avec des instruments de l'époque de Rossini et le rapport entre la voix et l'orchestre change du tout au tout.Les chanteurs ne sont pas obligés de pousser la voix.» Très récemment, Bruno Cagli a eu des contacts privilégiés avec certaines figures de proue du mouvement baroque, tel René Jacobs.Les années prochaines nous en apporteront peut-être les fruits.« est en décadence parce qu’il n’y a plus de chanteurs qui l’interprètent bien» SOURCE ACCADEMIA NAZIONALE SANTA CECILIA DE ROME Le directeur de l’Accademia Nazionale di Santa Cecilia, Bruno Cagli.À ses yeux, il est important de cultiver le bel canto, ne serait-ce que pour contrebalancer certains excès.«Il y a une tendance en musicologie à considérer que l’évolution musicale vient de l’Allemagne ou à travers les deux écoles de Vienne.Je crois qu’il y a eu des évolutions majeures du style musical en France et en Italie.» Le programme Le Festival Bel Canto à Knowlton se tiendra principalement pen- dant deux fins de semaine.Le 15 août c’est Jennifer Larmore, grande chanteuse rossinienne, qui ouvrira le festival avec les compositeurs majeurs du cœur de ce répertoire: Rossini, Bellini et Donizetti.Le lendemain, June Anderson sera accompagnée par de jeunes chanteurs dans Rossini et Donizetti.Enfin, le dimanche 17 août sera donnée la première de deux représentations de Norma, de Bellini, avec, dans le rôle-titre, la prise de rôle de Micaela Carosi.Kate Aldrich chantera Adalgisa, Francisco Casanova sera Pollione et John Re-lyea tiendra le rôle d’Oroveso.L’opéra de Bellini sera repris le dimanche suivant, fin de semaine lors de laquelle on pourra également entendre Sumi Jo, le vendredi, et Gino Vanelli, le samedi.A cela s’ajoutent plusieurs événements gratuits, dont des projections d’opéra animées par Michel Veilleux et des concerts de Marianne Fiset, Kimy McLaren, Pascale Beaudin et Lesley Ann Bradley.Aux yeux de Bruno Cagli, il est important de cultiver ce répertoire, ne serait-ce que pour contrebalancer certains excès: «R y a une tendance en musicologie à considérer que l'évolution musicale vient de l'Allemagne ou à travers les deux écoles de Vienne.Je crois qu’il y a eu des évolutions majeures du style musical en France et en Italie.» Dans ses propos, le directeur de l’Académie n’oublie jamais le répertoire français, celui de Bizet, Gounod, Adam, Auber ou Halévy.«Il y a un répertoire charmant dans les deux langues.Je n’aime d’ailleurs pas quand on chante Guillaume Tell ou Le Comte Ory, de Rossini, en italien.Cela a été écrit pour la langue française.Idem pour La Favorite, de Donizetti: si vous regardez l’édition critique publiée il y a trois ans, vous pourrez lire une lettre de Donizetti que j’ai retrouvée et où le compositeur s’insurge contre la traduction italienne en la traitant de trahison.Si la traduction de La Fille du régiment a été approuvée par Donizetti, il n’en reste pas moins que l’utilisation du français est préférable.Et pour Verdi, avec Les Vêpres siciliennes, c’est pareil.» On ne s’étonnera pas que l’édition 2009 soit déjà en ligne de mire, avec un programme autour.du bel canto français! Le Devoir FESTIVAL BEL CANTO Avec l’OSM et Kent Nagano.Artistes invités: Jennifer Larmore, June Anderson, Sumi Jo, etc.A Knowlton, du 15 au 24 août Renseignements: tr 514 842-9951 .-S* W / J WiÈmm: - CREDIT OSM Le Festival Bel Canto à Knowlton s’ouvrira le 15 août avec Jennifer Larmore, grande chanteuse rossinienne.Elle interprétera des compositeurs majeurs du cœur de ce répertoire: Rossini, Bellini et Donizetti.Festival international des arts de la marionnette L’Italie et le Québec, main dans la main Jumelage nouveau genre L’Italie est un pays incontournable dans la grande tradition de la marionnette.C’est donc un honneur pour ManiganSes, le Festival international des arts de la marionnette qui se déroulera au Saguenay, du 16 au 21 septembre, de recevoir autant d’artistes italiens pour célébrer ses 20 ans d’existence.MARTINE LETARTE L> Italie, c’est le berceau d'une i grande tradition! Que ce soit avec les pupi, ces célèbres marionnettes de bois siciliennes, ou avec la guaratelle, la marionnette traditionnelle napolitaine.l'Italie a laissé sa marque dans le domaine de l’art de la marionnette», affirme Denise Lavoie, directrice générale de ManiganSes, qui.cette année, met l’accent sur l’Italie et ses voisins du bassin méditerranéen.D’ailleurs, il est à noter que le grand maître de la guaratelle, Salvatore Gato, se rendra au Saguenay pour cette édition du F estival international des arts de la marionnette.«Il présentera son spectacle, Pulcinella: 500 anni portati bene, en italien, à la manière d'il y a 500 ans», indique Mme Lavoie.Projet Québec-Italie Les Québécois sont souvent bien fiers de leurs racines latines et, sur un plan concret, il semble que celle sci facilitent le travail de collaboration avec les Italiens.BORAN RICHARD Dans le cadre du projet de jumelage Transity, Québécois et Italiens ont travaille sur la pièce Kiwi, de l’auteur saguenéen Daniel Danis.C’est du moins ce qu’a remarqué Denise Lavoie, qui travaille avec des artistes italiens depuis 2002 dans le cadre du projet de jumelage Transity.«Nous travaillons vraiment très bien ensemble.Même si nous n avons pas le même rapport au temps, au travail et à l'espace, nous nous rejoignons beaucoup dans mitre sens de la fête, de l’humain et de la famille.Comme eux, nous sommes très expressifs, nous parlons fort, particulièrement nous, au Saguenay • Heureusement puisque Transity se voulait un projet à long terme.Et ce n’est pas une traditionnelle coproduction, mais un véritable jumelage nouveau genre.«Nous voulions innover et garder l'aspect culturel très fort dans l’écriture et la mise en scène, qui a souvent tendance à s’atténuer dans des coproductions classiques, puisque chacun met de l’eau dans son vin», remarque la directrice générale du festival.Ainsi, sur le thème du lyrisme, l’auteur saguenéen Daniel Danis a écrit Kiwi, alors que H (alien Diego Fabbri a écrit I Testimoni.Pour monter les deux spectacles en version québécoise et italienne, le festival a fait appel au collectif La Chassepinte, avec pour metteure en scène Guylaine Rivard, et du côté italien, à la Compagnia Porte Girevoli sous la direction de Claudio Cineüi.«C’était fascinant de comparer comment notre équipe travaillait par rapport à la troupe québécoise.croit M.Cinelli, rejoint en Italie.C’était intéressant de voir que les Québécois ont beaucoup de plaisir en travaillant sur un texte et qu 'ils n 'ont pas peur de prendre des libertés, d’interpréter le texte à leur façon, alors qu’en Italie on est peut-être un peu plus coincé dans ce domaine-là.» D'ailleurs, les Italiens ne font pas eu facile avec Kiwi, remarque Denise Lavoie.En effet le texte parle beaucoup des jeunes de la rue.de la souffrance vécue par plusieurs adolescents, de l’itinérance et de la consommation de drogues, des réalités bien connues des Québécois.«Or, en Italie, c'est different.Le phé- nomène des jeunes de la rue n 'existe pas.Lorsque des jeunes tombent dans la criminalité, il arrive souvent qu’ils soient pris en charge par la mafia.Tout ce qu’ils font est beaucoup plus caché qu’ici Ils ne se retrouvent pas à la rue.Leur version de Kiwi est donc moins axée sur l’itinérance que celle des Québécois», indique-t-elle.Les festivaliers pourront donc, dans une même journée, assister aux deux versions d’un même texte.Après chaque représentation, le , public aura la chance de discuter avec les artistes de différents aspects de leur travail.Teatro Gioco Vita L’équipe de ManiganSes est également très fière de recevoir Teatro Gioco Vita, une référence dans l’art de la marionnette.La compagnie est en fait une fine ambassadrice de ce qu’est devenu le théâtre d’ombres italien, sans toutefois en oublier les origines.«Teatro Gioco Vita est ni plus ni moins un leader mondial du théâtre d'ombres.Il nous aurait été impossible de faire un spécial Italie sans qu il soit présent», affirme la directrice générale de ManiganSes.La compagnie, qui a plus de 35 ans, présentera son spectacle Pépé e Stella, qui incorpore la musique et le jeu au traditionnel théâtre d’ombres.Par la suite, la création de Teatro Gioco Vita prendra la route du Québec pour une tour-néç de 53 représentations.À l'occasion du festival ManiganSes, des professionnels de la marionnette québécois auront aussi la chance de suivre une formation de 60 heures donnée par Fa-brizio Montecchi, le metteur en scène de Teatro Gioco Vita, et Ni-coletta Garioni, conceptrice de silhouettes et de costumes.Les participants travailleront les relations complexes entre les corps, les silhouettes et l’ombre, de façon à diversifier leurs compétences et leurs habiletés.Exposition de théâtres de papier Si Claudio Cinelli vient au Québec pour nous présenter le résultat de son travail sur les textes Kiwi et I Testimoni, il en profitera également pour montrer qu’il a plusieurs cordes à son arc.Le designer et architecte de formation a réalisé, au cours de sa carrière, différentes expositions et, cette fois, il traversera l’Atlantique avec une partie du travail qu’il a réalisé pour l’Istituto per i Béni Marionettistici e il Teatro Popolare de Turin.«Au total, il y aura une trentaine de théâtres de papier exposés provenant de différents pays d'Europe, comme l’Italie, l’Allemagne, l’Espagne et la France.Les pièces datent des années 1840 à 1950 environ», indique M.Cinelli.Et, attention, le metteur en scène.marionnettiste, designer et architecte nous promet une exposition qui sort des sentiers battus.«En fait, ce n 'est pas une exposition que je vous propose, car je déteste les musées, affirme-t-il.C’est plutôt un voyage à travers l'Europe que je vous offre, dans la fantaisie, à travers la tradition des théâtres de papier.» Collaboratrice du Devoir ¦ Pour plus d’information: www.maniganses.com.t VT-rrrr c L K DEVOIR, L K S SAMEDI il ET DI M \ \ (' || | (| \ y j ¦> {) „ g I J i I f* ! N m i \ * » i l * K :> QUEBEC-ITALIE Festival international de littérature L’invincible chevalier des assoiffées Don Quichotte, en paroles et musique Quichotte et les invincibles est une suite de textes, de poèmes et de chansons.L’écrivain Erri De Luca a conçu cette prestation, en collaboration avec le chanteur Gianmaria Testa et le clarinettiste Gabriele Mirabassi.Ils la présenteront au public montréalais les 18, 19 et 20 septembre, à l’occasion du Festival international de la littérature (FIL), à la Cinquième Salle de la Place des Arts.BRIGITTE SAINT-PIERRE Pour l’écrivain italien Erri De Luca, Don Quichotte est la plus belle figure de la littérature.«C’est le plus parfait héros.Il a le courage de se battre pour de nobles raisons, tout seul contre des ennemis toujours plus nombreux, et de s'exposer au ridicule, tout en le sachant.» L’auteur du livre Montedidio, lauréat du prix Femina étranger 2002, explique pourquoi il appelle le personnage de Cervantès Quichotte, plutôt que Don Quichotte.«C’est plutôt une moquerie de l’appeler “Don”.Le titre “Don” ne lui a épargné aucune insulte, défaite ou humiliation.» L’écrivain Erri De Luca, le chanteur et guitariste Gianmaria Testa et le clarinettiste Gabriele Mirabassi, amis dans la vie, se retrouvent sur scène autour d’une table et d'une bouteille de vin rouge.Une quatrième chaise est posée autour de la table pour Quichotte, «parce que nous croyons qu’il y a toujours un Quichotte dans une salle, dans un théâtre», dit l’écrivain.Quichotte et les invincibles n’est pas vraiment un spectacle, précise-t-il, mais une conversation, un récit musical.«H faut dire qu’on n'est pas comédiens, ni Erri De Luca, ni Gabriele Mirabassi, ni moi, donc on est tout simplement nous-mêmes sur scène», mentionne Gianmaria Testa.Invincibles Le point de départ du récit un poème du Turc Nazim Hikmet, qui qualifiait Quichotte A'«invincible chevalier des assoiffés».«“Invincible” est un adjectif improbable pour Quichotte, lui qui a toujours été vaincu.Mais un invincible, pour ’Hikmet et pour nous, ce n’est pas celui qui gagne toujours, c’est celui qui ne se laisse jamais abattre, décourager, mettre en déroute, c’est celui qui subit toutes les défaites possibles, mais qui est toujours prêt à se relever et à se battre à nouveau», explique Erri De Luca.«Une telle personne est littéralement invincible, parce qu’elle ne peut pas être vaincue une fois pour toutes.» De Luca a écrit des textes autour de cette notion d’invincibilité et a choisi d’intégrer au récit des poèmes ou des textes de Hikmet, de Cervantès, du poète bosniaque Izet Sarajlic, de Giuseppe Ungaretti, de Bertolt Brecht du poète espagnol Rafael Alberti, de Boris Vian et de la poétesse russe Anna Akhmatova.Certains ont été mis en musique.Il ne s’agit toutefois pas d’un concert, précise Gianmaria Testa.«C’est vraiment trois copains qui se retrouvent autour d’une table; chacun à sa manière raconte l’invincibilité des hommes», dit-il.Erri De Luca considère les exilés comme des invincibles.«Les “migrateurs”, ces hommes et ces femmes qui se déplacent à pied de par le monde pour nous rejoindre, ne se laissent décourager par aucune expulsion ni par aucun naufrage.Ils sont invincibles, parce qu’ils ne peuvent pas être rejetés ou vaincus une fois pour toutes.» Le récit musical traite successivement de l’amour, de la guerre et de la captivité.Pour Erri de Luca, les hommes et les femmes dont le couple dure toute la vie sont des invincibles, de même que le poète bosniaque Izet Sarajlic, qui est resté à Sarajevo lors du siège de la ville, au moment de la guerre en ex-Yougoslavie.Pour lui, les prisonniers qui savent conserver leur force même dans les pires conditions de détention sont aussi des invincibles.Erri De Luca, Gianmaria Testa et Gabriele Mirabassi ne se considèrent pas eux-mêmes comme des invincibles.Plutôt qu’à Quichotte, c’est à son cheval, Rossinante, qu’ils s’identifient, dit De Luca.«Nous sommes des gens qui ont plutôt été chevauchés par des Quichotte de bonnes causes qui nous ont monté sur le dos et qui nous ont emmenés vers quelque destination», explique l’écrivain.«Nous ne nous considérons pas comme des gens engagés, mais plutôt comme des personnes qui, au moment nécessaire, ont pris des engagements», ajoute De Luca, qui a par exemple été conducteur de camions pour une organisation humanitaire durant la guerre en ex-Yougoslavie.Il a alors fait la connaissance du poète Izet Sarajlic, avec qui il s’est lié d’amitié.Humour et amitié Le récit Quichotte et les invincibles n'est pas que sérieux, précisent Testa et De Luca.Certains « C’est vraiment trois copains qui se retrouvent autour d’une table; chacun à sa manière raconte l’invincibilité des hommes » MARCO CASEI.LI NIRMAI.Pour Erri de Luca, les hommes et les femmes dont le couple dure toute la vie sont des invincibles.CE CAHIER SPÉCIAL EST P T B L I E PAR LE DEVOIR Responsable BERNARD DESCOTEAUX ÜIISO.rue île BIrnrv.fl' él*sr.Monlréâl (Québec) HAA AMD.Tel.: (.il 4) flA.i AAAA redictlonaledfvolr.rom passages sont aussi empreints d’humour.«Erri est de Naples; les Napolitains, heureusement, sont capables de rire et de faire rire, malgré tous les problèmes qu'ils ont», dit Testa.Les histoires de Quichotte sont aussi comiques par moments, grâce à son compagnon d'aventures, Sancho Pan-za, souligne pour sa part De Luca.«Dans notre cas, Sancho, c’est le côté napolitain.» La représentation sera en français et des textes ou passages en italien, en espagnol ou en hébreu seront traduits à mesure.Si les livres d’Erri De Luca ont traversé l’Atlantique, il s’agira pour lui d'une première présence au Québec.Gianmaria Testa et Gabriele Mirabassi ont pour leur part déjà donné des concerts ici.Testa a notamment pris part au Festival international de jazz de Montréal en juin dernier.Le chanteur et le clarinettiste se connaissent et collaborent depuis bon nombre d’années.Leur rencontre avec Erri De Luca est plus récente.Ils l'ont d’abord connu à travers ses livres, qu'ils apprécient beaucoup.Ils ont communiqué avec lui et une amitié a germé.Gianmaria Testa dit que De Luca et lui sont désormais comme des «frères».L’écrivain explique pour sa part que l’amitié entre Gianmaria Testa, Gabriele Mirabassi et lui est à l’origine de Quichotte et les invincibles.Les représentations, d’abord en Italie, puis en France, devaient avoir pour résultat de renforcer leur amitié.«On s’était dit que, si notre amitié commençait à décroître, on arrêterait.Jusqu’à maintenant, elle a grandi.C’est quelque chose qui transparaît et que les personnes qui viennent nous écouter peuvent ressentir», dit Erri De Luca.«C’est en somme une affaire d’amitié au nom de Quichotte.» Pour Gianmaria Testa, il s’agit aussi au fond d’une rencontre et d’une conversation avec le public.Collaboratrice du Devoir MARCO CASKUJ NIRMAL Le chanteur ci guitariste Gianmaria Testa sera de Quichotte et les invincibles, tout comme l’écrivain Erri De Luca et le clarinettiste Gabriele Mirabassi.L’événement n’est pas vraiment un spectacle, mais une conversation, un récit musical, qui traite successivement de l’amour, de la guerre et de la captivité.•mSÊmi [| Caisse populaire Canadienne Italienne Engagée dans notre milieu M.Mariano A.De Carolis, directeur général de la Caisse populaire Canadienne Italienne est heureux d'apporter son soutien à l'Institut de culture italienne de Montréal dont le rôle est de diffuser la culture italienne à un large public.Depuis 1975, la Caisse populaire Canadienne Italienne s'implique dans le développement social et culturel de la communauté afin de contribuer à son épanouissement.La communauté italienne de Montréal est fière de ses origines qu'elle partage avec la communauté locale et La Caisse populaire Canadienne Italienne est heureuse de s'associer à la Settimana Italiana di Montreal.M.Manano De Carolis, directeur général et son équipe de gestionnaires M / En plus d'une gamme complète de produits et services Desjardins, la Caisse populaire Canadienne Italienne dispose dans ses 8 centres de services, de la devise Euro, sur place en tout temps.Notre personnel trilingue se fera un plaisir de vous servir.Avanti.insieme ! 6999, boul.Saint-Laurent, Montréal — 514-270-4124 www.desjardins.com/caissecanadienneitalienne LE DEVOIR.LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 AOUT 2 0 0 8 F 6 UEBEC-ITALIE CLAUDIO PETRUCCI Rodolfo Maltese, du groupe rock progressif italien Banco Del Mutuo Soccorso.Im formation sera au Centre Pierre-Péladeau le 13 septembre.Banco Del Mutuo Soccorso Les Genesis italiens débarquent à Montréal CLAUDE LAFLE UK Connaissez-vous le groupe* Banco Del Mutuo Soccorso?Probablement pas.Pourtant, il s'agit de l’un des grands groupes rock des années 1970, au même titre que Genesis, Yes et Gentle Giant Si Banco est peu connu ici, c’est qu'il est rarement venu en Amérique et jamais au Canada.Le samedi 13 septembre sera l’occasion de le découvrir sur la scène du Centre Pierre-Péladeau.«Banco fait partie des premiers groupes de rock progressif et il a produit certains des albums les plus importants du genre», précise Scan McFee, spécialiste et passionné de rock progressif.«C’est l’un des groupes les plus célèbres d’Italie», .confirme Stephen Takacsy, président de Musique Progrès Son, qui présente Banco dans le cadre de son Festival des musiques progressives de Montréal.«Leur musique est très axée sur les claviers, poursuit-il.Il y a beaucoup d'influence classique, alors que le chanteur a une voix plutôt opéra-tique.» La musique de Banco peut faire penser à du Beau Dommage (sans le côté folk du groupe) ou à Supertramp, le groupe britannique tant aimé des Québécois.«C’est l’un des groupes qui ont produit la meilleure musique du genre», résume Sean McFee, qui agit à titre de conseiller stratégique pour le Festival des musiques progressives de Montréal.«C’est la première fois, et probablement la dernière', que Banco viendra ici, souligne M.Takacsy.C’est donc une occasion très spéciale pour nous que de les accueillir au festival.grâce, notamment, à la participation de l'Institut culturel italien.» Retour aux valeurs des années 1970 En français, Banco Del Mutuo Soccorso se traduirait par «caisse d’entraide mutuelle»! Questionné sur le pourquoi d’une telle appellation, le chanteur du groupe, Francesco di Giacomo, ne semble plus trop s'en souvenir.«Au point de départ, au tournant du XX' siècle, dit-il, une banco del mutuo soccorso était le moyen pour les paysans italiens de s'entraider les uns les autres.Nous, nous avons repris ce nom parce que., vous savez., lorsque nous avons formé Banco, c'était une époque d'entraide.et que, tout compte fait, un groupe de musique, c’est un groupe d'entraide, un banco del mutuo soccorso/» L’un des albums phares du groupe est le deuxième, produit en 1972 et intitulé Darwin.Il s’agit d’un album concept où les pièces traitent de la vision scientifique de l'évolution de l’homme.Selon M.McFee, c’est la façon que Banco a trouvée pour contester les dogmes imposés par l’Eglise à la société.«En Italie comme au Québec d’alors, l'Église occupait beaucoup de place, explique-t-il.On peut donc imaginer que Banco a trouvé une façon originale de contester.comme cela se faisait beaucoup au Québec.» La musique des années 1970.et 2000 «C’est la troisième édition du Festival de musique progressive de Montréal», rapporte fièrement Stephen Takacsy, et la maison de disque Musique Progrès Son se spécialise dans la réédition de ce CLAUDIO PETRUCCI Le chanteur du groupe Banco, Francesco Di Giacomo rim* genre de musique produite par les artistes québécois des années 1970.«Nous voulons montrer que cette musique est encore très jouée.» Le festival aura lieu au Centre Pierre-Péladeau la fin de semaine du 12 au 14 septembre.Le vendredi soir, la formation québécoise Premier Ciel présentera l’œuvre d'Harmonium.«Premier Ciel, c’est le groupe hommage à la célèbre formation québécoise, précise M.Takacsy.C’est le seul groupe qui a le droit de jouer la musique d’Harmo-nium sur scène.» Il précise au passage que la musique de Banco ressemble à celle de l’album L'Heptade, d'Harmonium.Samedi, trois formations se succéderont sur la scène: le groupe québécois Spaced Out, «un trio de jazz fusion, mais hard jazz», résume l’organisateur du festival, mené par Antoine Fa-fard, un bassiste reconnu internationalement.Il sera suivi du groupe néerlandais Knight Area.«Ce groupe fait partie de la nouvelle vague du rock progressif, poursuit-il, en jouant un rock plutôt symphonique [claviers et guitare].» La soirée se clôturera par la prestation de Banco, «le grand groupe classique des années 1970».Trois autres spectacles auront lieu le dimanche soir.En premier, une formation de la ville de Québec, Interference Sardines, qui joue «de la musique plus actuelle.de la musique pas mal "flyée’’», poursuit M.Takacsy.Suivra Charles Kaczynski, «un violoniste et multi-instrumentaliste extraordinaire » qui interprétera les pièces de son album Lumière de la nuit.In soirée se conclura avec le groupe belge Univers Zéro.Selon Stephen Takacsy, le rock progressif est en train de renaître, après avoir été éclipsé par les vagues disco, new wave et rap des années 1980L9O.«C’est encore un phénomène underground, fait-il remarquer, mais il y a néanmoins quantité d’amateurs d’un peu partout à travers le monde.» 11 y a même des endroits où le rock progressif prend beaucoup de place, rapporte-t-il, notamment en Scandinavie, en Europe de l’Est et en Amérique latine.«Et même au Québec, où il y a énormément de talents artistiques, c’est assez hallucinant, tout ce qui s’y passe», conclut-il avec ravissement Collaborateur du Devoir « C’est la première fois, et probablement la dernière, que Banco viendra ici» Leçons du féminisme à l’italienne «Le mouvement féministe a eu plus d’impacts politiques en Italie qu’ailleurs» CLAUDE LAFLEUR Comme on l’imagine aisément il y a plusieurs laçons de mener le combat pour les droits et l’égalité des femmes.S le Québec sert souvent de modèle — tellement les luttes qu’ont menées les Québécoises ont de quoi inspirer — on peut aussi apprendre de ce que font les femmes dans d’autres sodétés.C’est pourquoi le Centre de recherche et d’enseignement sur les femmes de l’université McGill, en association avec l'Institut culturel italien, organise, les 22 et 23 septembre, un «Dialogue entre féministes italiennes et canadiennes».«Nous sommes intéressées à comparer le féminisme italien et canadien pour deux raisons, indique Marguerite Deslauriers, directrice du centre.D’abord, parce que nous croyons qu'il importe de regarder le féminisme qui se pratique par-delà les frontières du Québec, du Canada et de l'Amérique du Nord.De plus, il nous semble que le féminisme italien a de plus en plus d’impact sur le féminisme d'ailleurs.» En effet, d’après ce qu’elle observe, l’Italie pourrait bien représenter un intéressant paradoxe, puisqu'il s'agit à la fois d’une société encore «machiste» mais où les féministes ont pourtant acquis beaucoup de pouvoir sur la scène politique.«Je crois que les Italiennes vont nous dire que leur féminisme a, de façon générale, plus d’impact sur la politique que dans bien d’autres pays, relate-t-elle.Cela pourrait s’expliquer par la multitude de crises politiques qui secouent l’Italie depuis des décennies.» Ces crises représenteraient une occasion, pour les féministes, d’in-tçrvenir sur la scène politique afin non seulement de changer les poli-tiques concernant les femmes mais aussi, plus globalement, de modifier les structures mêmes de la politique, propose la directrice du Centre de recherche et d’enseignement sur les femmes.Cependant, il y a souvent un écart entre les principes politiques et la pratique quotidienne.comme peuvent en témoigner bien des femmes d’ici et d’ailleurs.«Je dirais donc que le mouvement politique féministe a eu plus d’impact sur la politique en Italie qu'ailleurs», résume Mme Deslauriers.C’est ainsi que, à l’occasion du «Dialogue entre féministes italiennes et canadiennes», une professeu-re de philosophie politique à l’Université de Rome, Ida Dominijanni, exposera comment le féminisme italien a su naviguer à travers les crises politiques italiennes.De même, sa collègue Aurore Caredda présentera «Le mouvement féministe italien et ses courants de pensée, des années 1970 à aujourd’hui».«Je trouve intéressant que, parmi les Italiennes que nous invitons, il y a Driana Cavarero, une universitaire, mais aussi Ida Dominijanni, une journaliste, et Manue-la Praire, une psychanalyste, de souligner l’organisatrice.Il y a donc, comme au Québec, des intellectuelles qui ne sont pas nécessairement des universitaires.ce qu’on retrouve assez peu au Canada.» Le colloque de deux jours, qui se déroulera aussi bien en français qu’en anglais, rassemblera des chercheures féministes de l’Italie, du Québec et du Canada afin que soient présentées et discutées en table ronde les plus récentes recherches.Il traitera de trois grands thèmes: politique et histoire, vulnérabilité et connaissance, et la maternité dans l’imaginaire et dans la pratique.C’est ainsi que Yolande Cohen, chercheure de l’Université du Québec à Montréal, parlera de «Genre et religion au Québec: enquête historique et théorie féministe», alors que sa consœur de l’université York, Lorraine Code, traitera de «Vulnérabilité, incrédulité, ignorance et confiance».Apprentissages Le Centre de recherche et d'enseignement sur les femmes a été créé il y a vingt ans afin d’étudier la situation des femmes et de contribuer à l’enseignement dans divers programmes de l’université McGill, notamment en philosophie et en sciences sociales.«Toutefois, indique la nouvelle directrice, nous voudrions nous pencher davantage sur les différences qui existent entre le féminisme québécois et celui du Canada anglais.» Comme elle le constate aisément, l’évolution du mouvement féministe canadien diffère énormément de l’évolution de celui du Québec.«Je crois donc que nous devrions étudier cette différence pour observer les points communs ainsi que pourquoi et comment les deux mouvements ont évolué chacun de son côté», dit-elle.Le Centre poursuit ses travaux selon des axes de recherche qui viennent en appui aux forces de l’université McGill, notamment en santé, en perspectives historiques et en équité et justice.«Nous sommes aussi très intéressées à étudier ce que font les femmes à travers le monde, notamment en Afrique et dans les pays en développement, poursuit-la directrice, puisque nous croyons que nous apprendrons beau- coup en regardant ce qui se passe ailleurs.» Mme Deslauriers espère que son Centre étudiera de plus en plus les points d’accord, mais aussi de désaccord, entre les mouvements féministes de divers pays.«Ce que nous voulons faire, c’est explorer de façon positive les désaccords entre les féministes, et pas seulement établir une idéologie féministe.» Dans cet esprit, le Centre organise en octobre un colloque sur les réponses féministes à la commission Bouchard-Taylor.«On ne discutera pas tant des conclusions de la commission, indique l’organisatrice, mais plutôt des réponses féministes à cette commission.» Elle rappelle en effet qu’il y a eu une foule de débats, au sein du mouvement féministe, concernant maints aspects de la commission Bouchard-Taylor.«Nous croyons donc qu’il vaut la peine de continuer d’explorer ces enjeux», dit-elle.Marguerite Deslauriers désire aussi profiter du fait que son Centre devrait être transformé, d’ici un an, en un institut de recherche féministe.Ce nouvel institut, espère-t-elle, devrait être un terreau encore plus fertile pour tout ce qui concerne la recherche et l’enseignement sur les questions féministes.Sa mission sera de promouvoir la recherche sur les rapports hommes-femmes, la diversité sexuelle ainsi que la recherche féministe en général, indique-t-on.«Je crois que, d’une façon générale, pour nous, l'important c’est de créer toutes sortes de liens, indique Mme Deslauriers.Ainsi, par exemple, nous sommes ravies d'avoir créé des liens avec l’Institut culturel italien, et on espère en former une multitude d’autres.» Collaborateur du Devoir « Il importe de regarder le féminisme qui se pratique par-delà les frontières de l’Amérique du Nord» h y LOTO QUflBTC K ifæf» .Du 9 au 17 août 2008 SlTfS l’m St IVm- (NDG) FVw?Juin' Pm Wiltau 6,Mie® ’.''t teunaid) Gu OeK'inw !Si leoi'.ud! Centte tewMido da Vinci Pj4 Oiii'ili’t lUyfle' fqln* Ngtie-Qame de-la-Meihe iPiiite lulw1) fgta® v.h Au'iiuitike ; W1 ùiif Doiclwsli'i ACTIVITÉS Opeta -1 a botismo » É’ Putttm Spectacle:» Defile de mode Amour en Aitiutes cgmiwrc «'utwn^iiwetiis de dupeaux provenant de la Tosûin?'• '- rr es Itaio Canadiens (region Q montreal.com • ww infoST4.279.6357 alianweek.ca Qua** a:: 11®^
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