Le devoir, 14 août 2008, Cahier A
L’air tue les Canadiens à petit feu L’Association médicale canadienne prévoit 21 000 décès en 2008, 700 000 d’ici 2031 ALEXANDRE SHIELDS L> air que les Canadiens respirent les tue à petit i feu.Uniquement cette année, 21 000 d’entre eux vont succomber à diverses maladies directement liées aux effets de la pollution atmosphérique, pré- rient un nouveau rapport de l’Association médicale canadienne.Le phénomène, qui frappe de plein fouet le Québec, ira d’ailleurs en s'aggravant au cours des prochaines aînées, faisant exploser les coûts économiques associés à la pollution.«L'image qu'on se fait du Canada est souvent celle d'un pays de grands espaces et de nature.Mais notre etude démontre que l'air respire au Canada tue des milliers d'entre nous chaque année, a laisse tomber d’en-tree de jeu le président désigné de l’Association médicale canadienne (AMC), le D' Robert OueHet Personne n ’est immunisé et aucune communauté n est à l’abri des crirts de la pollution atmosphérique au Canada.» Le document en question, intitulé «I.'air'qu'tm respire: coût national dts maladies attribuables à la pollution atmosphérique», démontre en effet sais équivoque VOIR PAGE A S: POLLUTION LE DEVOIR V ot.X C 1 X N ” 1 8 3 ?LE JEUDI 1 4 A OÛ T 2 O O 8 8 !) O + T A X E S = I $ HORS-JEUX Un vrai flou Jean Dion Faut-il rappeler le slogan des Jeux de la XXK' olympiade d'été de l'ère moderne de Pékin en Chine 2008?«Un monde, un rêve.» C’est déjà fait 11 y a un monde fou à Pékin, et le rêve est devenu réalité par les bons soins de ma carte Visa, à moins que ce ne soit la Royal Bank of Canada ou McDonald’s, je ne sais plus trop.Penchons-nous donc plutôt sur les trois concepts majeurs que recèle le slogan: «JO verts, JO si ientifiquesJO à caractère humain.» Pour ce qui est du vert pas de doute possible: le village olympique rient de recevoir une médaille d’or de «Leadership en énergie et en design environnemental» du U.S.Green Building Council, et on n’a vu aucun athlète concourir avec son masque antipollution.Et le scientifique est désormais pleinement des nôtres.Car oui, messieurs dames, il relève bel et bien de la science de truquer une cérémonie d’ouverture.Faire apparaître une fausse chanteuse parce que la vraie chanteuse n’a pas la dentition assez mondialement télégénique, ce n’est pas donne au premier venu qui ne bénéficie pas d’un solide bagage technologique, ni des appareils idoines, ni de l’autorisation du Bureau permanent du Comité central du Bureau politique du Parti communiste.Idem pour les fausses empreintes de pieds dans le ciel, le faux flou censé émaner du brouillard, les faux mouvements d’hélicoptère.Au lieu .de se plaindre de supercherie, on devrait admirer la finesse du procédé.Et puis, n’essayez pas de me faire accroire que vous n’avez jamais photoshoppé un portrait de vous en position carpée pour avoir plus de chances de pogner dans l'album de l’agence de rencontres.(Soit dit en passant, il s’agissait de la deuxième cérémo-^ nie d’ouverture consécutive à D JZ 1/ I f\ I mettre en scène du lip synch, r E_ IX I IN ATurin, en 2006, Luciano Pa- varotti, endolori par un cancer et gêné par le froid, n’avait pu chanter en direct Ne comptez cependant pas sur notre Canada pour poursuivre la séquence en 2010: tout ce que notre Canada fait est rigoureusement authentique, y compris sa récolte de médailles.À ce sujet il paraît qu’il y a beaucoup de Canadiens Canadiennes ulcérés de voir que leur Canada a toujours le podiumètre à zéro, et le patron du Comité olympique canadien, Chris Rudge.a dit sur les ondes de CBC que ceux-ci devraient se calmer.Le meilleur est à venir, ne lançons pas l'éponge de suite, et de toute manière il y a aura après les Jeux une reunion de suivi des orientations pour faire la lumière sur tout ça.) Tenez, puisqu’il est question de dentition, un furieux débat fait rage aux Etats-Unis.Objet l’âge des gymnastes chinoises, qui ont remporté l’or du concours par équipes mardi soir, en réalité mercredi matin (voir plus bas).Rien qu’à voir, on voit bien que ce n’est pas très vieux, ces petites choses, et la suspicion règne (pour une galerie photo, VOIR PAGE A 8: JEUX ¦ Informations et résultats, à lire en pages B 4 et B 5 DES ADIEUX DOULOUREUX Culture *» r W -À JEAN-FRANÇOIS NADEAU LE DEVOIR De la colère et de l’incompréhension.Voilà ce que suscite encore la mort de Fredy Villanueva, abattu, samedi soir, par un policier du SPVM à Montréal-Nord.Les proches du jeune homme originaire du Honduras s’apprêtent aujourd’hui à lui rendre un dernier hommage.Hier, tandis que plusieurs réclamaient toujours une enquête publique, des centaines d’amis, de membres de la famille, de dignitaires et de passants s’étaient recueillis près de sa dépouille.«Va rien à expliquer, c’est de la rage maintenant C’est tout», a lancé, hier après-midi, les bras chargés de fleurs, «Street Boy» (notre photo), qui se décrivait comme le confident et l’ami de Fredy Villanueva.Nos informations en page A 3.Un festival de la coupe à Ottawa Au moins six programmes ont été supprimés en une semaine.D’autres suivront.GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ \ Adéfaut de médailles à Pékin, le gouvernement fédéral se fait le champion de la coupe en culture à Ottawa.La liste des programmes supprimés s’est ainsi encore allongée hier.Et les réactions ont afflué, concert unanime de protestations restées sans réponse.Selon un décompte fait par Patrimoine canadien en fin de journée, au moins six programmes de soutien aux artistes et aux compagnies culturelles ont été abolis depuis la semaine dernière.Une situation qui fait dire au directeur général du Ihéâtre Les Deux Mondes, Pierre MacDuff, que les conservateurs «ont le sens du festival».Avec PromArt (4,7 millions) et Routes commerciales (neuf millions) disparaissent donc le Programme national de formation dans le secteur du film et de la vidéo, le Fonds canadien du film et de la vidéo indépendants (1,5 million), le Trust pour la préservation de l’audiovisuel (300 000 $) et celui pour la préservation de la musique.À ces annulations confirmées, il faudra vraisemblablement ajouter le Fonds des réseaux de recherche sur les nouveaux médias, le Programme national des écoles de formation (2,5 millions) et l’Ob- Le cabinet seryatoire culturel canadien., .À Ottawa, c’est le silence corn- “ min>stre plet: exception faite de PromArt, Josée Verner aboli parce que certains de ses , , , , bénéficiaires n’étaient pas jugés s ^ rausé a tout aptes à représenter le Canada à commentaire l’étranger, aucune explication n’a été donnée pour justifier la fin hier des autres programmes.Le cabinet de la ministre Josée Verner s’est refusé à tout commentaire hier, et directive a été donnée au service des communications du ministère de ne pas répondre aux questions des médias.Il est toutefois «probable» qu’un porte-parole soit désigné aujourd'hui.Il1 mutisme observé par Mme Verrier depuis le début de la série d’annonces (qui n’ont en réalité fait l’objet d’aucune communication) a fait bondir le porte-parole libéral en matière de patrimoine, Denis Coderre.«Elle mérite l’Oscar de la figurante de l'année, catégorie “Je sers à rien”, dit-il On dirait qu’elle et legimvemement cherchent à réinventer la définition du mot pathétique.» VOIR PAGE A 8: COUPES AGENCE FRANCE-PRESSE LE MONDE « Mission humanitaire » américaine en Géorgie ¦ À lire en page B 6 I N D K X Annonces.A4 Avis publics.B 3 Bourse.B 2 Culture .B 8 Décès .A4 Économie.B 1 Éditorial .A6 Idées.A 7 Météo.B 6 Monde.B 6 Mots croisés.A 4 Sports.B 4 Sudoku.B 6 Télévision.B 7 Totalement, fièrement et délicieusement Newfie L’autre fête nationale En visite à Terre-Neuve depuis hier, Stephen Harper rencontrera des électeurs mais pas son homologue provincial, l'également conservateur Danny Williams.Depuis un an, ce dernier invite la population à voter pour n’importe qui sauf pour un tory fédéral afin d’infléchir les règles de partage des revenus du pétrole décidées par Ottawa.Ses concitoyens rigolent du mot d’ordre mais le prennent au sérieux, comme beaucoup d’autres enjeux totalement, fièrement et délicieusement newfies.JACINTHE TREMBLAY Il y a une semaine, jour pour jour, les Terre-Neu-riens ne s’inquiétaient pas des guerres entre Saint John’s et Ottawa, pas plus que de la capacité des Chinois à arrêter la pluie pour l’ouverture des Jeux.Leur préoccupation était tout autre.«Faut-il maintenir la tenue de la Royal St.John’s Regatta, et le congé ferlé qui l’accompagne le premier mercredi d’août ou, en cas de mauvaise météo extrême, le prochain four de beau temps?», débattaient-ils en grand nombre sur le site Internet du quotidien The Telegram.«U faut cesser la stupide et archaïque tradition qui prévoit l’arrêt de toute activité économique en plein milieu de la semaine», pouvait-on y lire.«Il faut la préserver parce VOIR PAGE A 8: FÊTE '¦«.'*> JimM P ’*¦ ' «u-.¦ JACINTHE TREMBLAY LE DEVOIR Pour les enfants, les noms de Terre-Neuve et de Labrador évoquent, bien avant une province, de magnifiques races de chiens.La Ville de Saint John’s a confié la garde de son port à deux de leurs représentants sculptés dans le bronze — ici, le labrador.r i NOUVEAU FORMAT 23 cm x 30 cm LE NOUVEAU DES MAGAZINES llISIfl» Tout connaître .La Semaine EAU GEANT Sylvie-Catherine Yanick Bouchard premier cMEirta wwJÆ Douce echarpe JOURNALISTES > Chantal Renaud > Sophie Stanke > Jean Beaunoyer > Marie Plourde : > Suzanne Gautfiie» k k 3 nouveau cahier -fL.t 1 * LE DEVOIR.LE JEUDI 1 t AOUT 2 0 0 8 A A ACTUALITES Mort de Fredy Villanueva Des adieux douloureux sur fond d’appels au calme «Va rien à expliquer, c’est de la rage maintenant.C’est tout» MARCO B É LAI R- CI RI N O JEANNE CORRIVEAU La dépouille du jeune Fredy Villanueva, abattu par un policier samedi soir, a été exposée, hier, dans un complexe funéraire située au cœur de Montréal-Nord.lœs proches de la victime sont venus nombreux dire adieu au jeune homme.Dans le sillon des commerces de détail du boulevard Pie-K, on pouvait facilement repérer le complexe funéraire Magnus Poirier, hier, grâce aux antennes satellite télescopiques des véhicules des réseaux de nouvelles continues qui s’élançaient dans un ciel incertain.La famille Villanueva ne s’est pas adressée, hier, à la presse.«C’est un moment très difficile pour les membres de la famille.Ils aimeraient beaucoup le vivre dans la plus grande intimité possible», a indiqué Victor Henriquez, membre de l’organisme communautaire Les Fourchettes de l’espoir, qui agit comme porte-parole de la famille.Deux salles pouvant contenir jusqu’à 400 personnes et un salon privé de l’imposant complexe funéraire ont été réservés par la famille pour accueillir les proches et les passants venus témoigner leur soutien.Seul persona non grata: le reporter.L’incompréhension «Ta rien à expliquer, c’est de la rage maintenant.C’est tout», a lancé «Street boy», qui se décrit comme le confident et l’ami de Fredy Villanueva.«fai encore le ‘‘shake" dans les mains.Je ne le crois pas.Ce n'est pas la personne qui méritait ça».L’homme d’une vingtaine d’années, qui a préféré taire son nom, a demandé aux policiers «de se tenir les fesses serrées».Atterré, le Repenti-gnois ne saisit toujours pas les circonstances dans lesquelles le frère de son ami a perdu la vie.«Nous sommes très affectés.Ce n’est pas facile d’accepter la perte d’un jeune homme, et spécialement de Fredy, qui était un garçon tranquille», a pour sa part souligné un proche de la famille, Eduardo Guitierrez, qui filmait le va-et-vient des automobiles qui défilaient devant le complexe funéraire.Une passante qui a appris la mort de Fredy Villanueva à la télévision a tenu à exprimer à la presse le chagrin qui l’habite: «Les deux garçons sont morts Celui qui est resté est mort psychobgiquement.» Jocelyne appelle les services de police à bonifier l’entraînement de leurs agents.Le cousin de Jeffrey Sagor Metelus, blessé par balles samedi soir par un policier, a accusé la police de profilage racial.«Si le moindrement tu es basané, tu es dans une gang de rue à Montréal-Nord pour la police», a mentionné Dave Beauséjour.La députée de Crémazie et porte-parole du Parti québécois en matière de lutte à la pauvreté, Lisette Lapointe, s’est rendue à Montréal-Nord pour offrir ses condoléances à la mère et à la famille de la victime.Elle a uni sa voix à celle des nombreuses personnes qui réclament une enquête publique.«H y a une enquête sur le décès du jeune homme, mais il faut qu’il y ait une enquête approfondie sur tout», dit-elle.L’enquête qu’elle demande prendrait la forme d’une commission chapeautée par des représentants de la communauté et des élus.«C’est grave, ce qui s’est passé», a conclu Lisette Lapointe.«Moi, j'attends que justice soit faite», a lancé Roberto Carius, ami d’enfance de Fredy Villanueva.Il craint que la Sûreté du Québec étouffe les véritables conclusions de son enquête.La famille Villanueva a appelé une nouvelle fois, hier, la population de Montréal-Nord au calme.«Ils demandent aux jeunes et aux moins jeunes dTtonorer la mémoire de Fredy en priant et en respectant leur quartier et tous les citoyens qui partagent la même peine «Il y a une enquête sur le décès du jeune homme, mais il faut qu’il y ait une enquête approfondie sur tout» J KAN-FRANÇOIS NADI Al) I.E DEVOIR Des proches de Fredy Villanueva, qui a perdu la vie samedi soir, sont venus dire adieu au jeune homme.qu’eux», a indiqué par voie de communiqué l’organisme communautaire Les Fourchettes de l’espoir.Arrestations Malgré les appels au calme réitérés au cours des derniers jours tant par la famille Villanueva que par les autorités, l’atmosphère demeure fort tendue à Montréal-Nord et à Rivière-des-Prairies.Des escarmouches survenues mardi soir dans Rivièredes-Prai-ries, à l’angle de la IS1, avenue et du boulevard Maurice-Duplessis, dans l’arrondissement de Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles, ont conduit à l’arrestation de douze individus, dont huit d'âge mineur.Les policiers, nombreux à patrouiller le secteur, sont intervenus lorsque, vers 21h mardi, des jeunes ont commencé à lancer des projectiles en direction de voitures de police.Une auto-patrouille a été endommagée, de même que des voitures appartenant à des particuliers.Trois des individus appréhendés seront accusés de possession d’armes à feu.Les autres feront face à des accusations de méfaits, d’avoir troublé la paix et de voies de fait sur des policiers.On n’a toutefois déploré aucun blessé.«Ce sont des jeunes qui se sont regroupés et qui ont décidé de faire de la casse», a résumé hier Yannick Ouimet, relationniste au Service de police de la ViHe de Montréal (SPVM).Ils ne seraient pas membres de gangs de rue, a-t-il précisé, et on ignore s’ils habitaient le quartier.«Ils ont profité des événements de la fin de semaine pour justifier les actes d’hier [mardi] soir, mais ça n’a pas rapport avec ces événements», a ajouté M.Ouimet Après les arrestations, à proximité du lieu où les jeunes ont été appréhendés, les policiers ont toutefois découvert des récipients et des bouteilles de boisson gazeuse contenant vraisemblablement de l’essence.Le SPVM présume donc qu'un mauvais coup se tramait Décidément ces quartiers sont encore en ébullition et ils continueront d’être sous haute surveillance polirière.Le Devoir HHHHI JEAN-FRANÇOIS NADEAU LE DEVOIR La députée de Crémazie et porte-parole du Parti québécois en matière de lutte à la pauvreté, Lisette Lapointe, s’est rendue à Montréal-Nord pour offrir ses condoléances à la mère et à la famille de la victime.Montréalais d’origine marocaine tué par un policier en 2005 Le comité de déontologie réexaminera le dossier de Mohamed Anas Bennis JEANNE CORRIVEAU Alors que la mort du jeune Fredy Villanueva fait les manchettes, la famille de Mohamed Anas Bennis, tué lui aussi par un policier du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) en 2005, vient d'apprendre que le comité de déontologie policière a accepté de réexaminer le comportement de l’agent Jonathan Roy lors de l'altercation fatale.Le 1" décembre 2005, M.Bennis venait de quitter la mosquée Côtedes-Neiges lorsqu’il s’est retrouvé mêlé à une altercation avec deux policiers.Selon le rapport d’autopsie, le jeune homme d’origine marocaine s'en serait pris, sans raison apparente, à l’un des policiers, le menaçant de son couteau et le blessant au cou et à la jambe.M.Bennis est mort après avoir été atteint par deux coups de feu tirés par l’agent Yannick Bernier.Au terme de l'enquête policière menée par le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ), aucune accusation criminelle n’ayait été portée contre les policiers.A la suite d'une plainte du père de la victime, le comité de déontologie policière avait conclu que les deux agents avaient agi correctement Vendredi dernier, le comité a cependant accepté, en partie, la demande de révision déposée par le père de Mohamed Anas Bennis, qui reprochait aux policiers d’avoir omis d’utiliser un autre moyen que l’arme à feu pour maitriser son fils.Bien que le comité ne remette pas en question le comportement de l’agent Bernier, il s’interroge sur celui de son collègue.Si l’agent Roy, qui se trouvait à côté du présumé agresseur, avait utilisé «un moyen coercitif intermédiaire», cela aurait peut-être empêché son col- lègue de tirer les deux coups de feu, signale-t-on dans une décision rendue publique la semaine dernière.Une enquête plus approfondie est donc ordonnée par le comité, qui souhaite que l’opinion d’un expert en techniques d’utilisation de la force soit sollicitée.La famille de la victime a toujours contesté la version des événements relatée par les policiers, réclamant en vain le rapport d’enquête du SPVQ.Au mois de juin dernier, deux ans et demi après la tragédie, le Bureau du coroner a ordonné la tenue d’une enquête qui débutera à la fin du mois de septembre.Najlaa Bennis, la sœur de la victime, doute que la décision rendue la semaine dernière par le comité de déontologie policière donne de réels résultats.Selon elle, cette décision a au moins le mérite de lui confirmer que sa famille avait rai- son de se poser des questions.«Mais la grande faille du comité de déontologie, c’est que les policiers ont le droit de refuser d’être interrogés daqs le cadre de ces enquête», dit-efle.A ses yeux, les similitudes sont évidentes entre ce qu’elle a vécu à la suite du décès de son frère et les événements entourant la mort tragique du jeune Vdlenueva samedi.Elle émet de sérieux doutes au sujet de la promesse du ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, de rendre public le rapport d'enquête de la Sûreté du Québec.Comme bien d’autres, elle croit qu'une enquête élargie qui inclurait des enquêteurs civils, comme cela se fait en Ontario notamment quand un décès survient lors d’une intervention policière, assurerait une plus grande impartialité de tout le processus.Le Devoir POUR GARDER VOTRE ROLEX EN PARFAIT ÉTAT DE FONCTIONNEMENT, NOUS VOUS CONSEILLONS D’EFFECTUER UNE EN BREF RÉVISION COMPLÈTE TOUS LES CINQ ANS.Revers de Québec contre ses policiers Québec — La Ville de Québec a subi un autre revers devant le tribunal dans le conflit avec ses policiers municipaux, atom que la Cour supérieure a de nouveau refusé d'émettre une ordonnance provisoire pour forcer les potiders à remettre davantage de contraventions.La Vülc affirmait que la cadence des poBders avait ralenti depuis que les négociations sont en cours avec la Fraternité des po-fiders.La Cour estime que la ville n’a pu démon- trer que les constats émis étaient en baisse.Québec estimait que cela constituait une menace à la sécurité du public-La Presse canadienne Élections serrées à prévoir pour Harper Ottawa—Un nouveau sondage indique que les conservateurs de Stephen Harper pourraient avoir du mal à remporter une éventuelle élection cet automne.Les libéraux ont gagné du terrain en Ontario et au Québec, des régions critiques qui auront un rôle déterminant sur les résultats d'un scrutin national, selon le sondage I.a Presse cana-dienne-Harris-Dedma.À l'échelle nationale, les conservateurs demeurent ex-æquo avec les libéraux Le niveau de soutien au Parti Hbéralalégère-ment augmenté, à 33 %, mais reste à presque égalité avec les conservateurs, qui comptent 52 % des intentions de vote.Le Nouveau Parti démocratique (NPD) suit avec 15 %, suivi du Parti vert qui récolte 13 %.Le sondage téléphonique a été mené auprès de 1000 Canadiens, du 7 au 10 août La marge d'erreur est de plus ou moins 3,1 points de pourcentage, 19 fois sur 20.- La Presse canadienne Gambard Vente et service technique 630-A RUE CATHCART MONTRÉAL, CENTRE VILLE (514) 866-3876 A 1 LES ACTUALITES AFGHANISTAN Trois travailleuses humanitaires tuées par des insurgés talibans Deux des victimes sont Canadiennes, dont une Montréalaise Kaboul — Les insurgés talibans en Afghanistan ont ouvert le feu sur deux véhicules transportant des travaiDeurs humanitaires, tuant trois femmes, une Montréalaise avec la double nationalité britannique, une autre Canadienne et une Américano-Trinidadienne, ainsi que leur chauffeur afghan.la victime montréalaise est Jacqueline Kirk, âgée de 40 ans, de l’arrondissement d’Outremont, qui était depuis 2004 conseillère au programme d’éducation de l’organisme Internationa] Rescue Committee.la seconde victime canadienne est Shirley Case, âgée de 30 ans, de Williams Lake, en Colombie-Britannique.Elle gérait en Afghanistan des programmes d’éducation pour enfants handicapés.L’embuscade est survenue dans la province de Logar, au sud de Kaboul, en Afghanistan.Les trois femmes œuvraient pour l’organisation américaine International Rescue Committee.L’attaque a délibérément visé les deux véhicules pourtant clairement identifiés comme étant rattachés à l’organisation humanitaire.Ce genre d’attaque s’est multiplié cette année et certains travailleurs humanitaires en sont rendus à se demander s’il est encore sécuritaire d’œuvrer dans les régions éloignées où leur aide est la plus cruciale.Un porte-parole de l’International Rescue Committee, Michael Kocher, a qualifié l’attaque de meurtre injustifié de travailleurs humanitaires engagés à aider le peuple afghan».Shirley Case se trouvait en Afghanistan depuis moins d’un an, alors que l'Américano-Trinidadien-ne avait 32 ans et n’était au pays que depuis quelques mois.Les trois femmes étaient en Afghanistan pour travailler à des programmes d’éducation et d’aide aux enfants; elles avaient déjà beaucoup d’expérience acquise dans d’autres pays.Le chauffeur tué était un Afghan de 25 ans qui travaillait pour l’IRC depuis cinq ans, alors que le chauffeur de l’autre véhicule, un Afghan de 30 ans, a été blessé et hospitalisé.L’IRC a suspendu pour une durée indéfinie ses programmes d’aide en Afghanistan.Les talibans ont revendiqué l’attaque, soutenant avoir ciblé deux véhicules des «forces d’invasion étrangères».Un porte-parole a qualifié les trois femmes d’espionnes.En visite à Terre-Neuve-et-Labrador hier, le premier ministre Stephen Harper a indiqué que cette attaque démontre toute la brutalité dont peuvent faire preuve les talibans.A Ottawa, le ministère des Affaires étrangères a dit être en communication avec l’ambassade canadienne à Kaboul afin de confirmer que deux travailleuses humanitaires canadiennes ; O ‘ i SHAH MARA AGENCE FRANCE-PRESSE Des travailleurs hospitaliers afghans transportent le cercueil d’une des travailleuses humanitaires tuées hier.Un porte-parole de l’International Rescue Committee, l’organisation pour laquelle elles travaillaient, a qualifié l’attaque de «meurtre injustifié de travailleurs humanitaires engagés à aider le peuple afghan».avaient été tuées; aucun autre commentaire n’a été fait.L’attaque d’hier porte à 23 le nombre de travailleurs humanitaires tués en Afghanistan depuis le début de 2008, comparativement à 15 pour toute l’année 2007.La montée de la violence n’épargne par les militaires canadiens; alors que les dépouilles de deux sol- dats canadiens étaient rapatriées hier, cinq militaires étaient légèrement blessés dans l’explosion d'un engin explosif en bordure de route dans le secteur de Zhari.Aucun d’entre eux n’a dû être hospitalisé.La Presse canadienne Le général à la retraite Rick Hillier reçoit le prix Vimy Ottawa — L’Institut de la Conférence des associations de la défense décernera cette année son prix Vimy à l’ancien chef d’état-major des Forces canadiennes.L’institut a indiqué hier que le général à la retraite Rick Hillier avait apporté une immense contribution à la défense et à la sécurité du pays.L’organisme a précisé que le général avait fait l’unanimité au sein des membres du jury, qui rassemble entre autres la juge en chef de la Cour suprême du Canada, Beverley McLa-chlin, et le sénateur conservateur Hugh Segal.Les jurés ont souligné que le général Hillier avait été un chef exceptionnel, qui rappelait sans cesse à la population l’importance des Forces canadiennes, de ses membres et de leurs familles.Rick Hillier a démissionné de son poste de chef d’état-major au mois de juillet dernier.Rick Hillier Le prix Vimy, qui récompense chaque année une personne qui a apporté une contribution exceptionnelle à la défense et à la sécurité du pays, sera remis lors d’un gala au Musée canadien de la guerre, au mois de novembre.Le prix a déjà été remis, dans le passé, aux généraux à la retraite Lewis MacKenzie et Roméo Dallaire, ainsi qu’à l’historien et auteur David Bercuson.La Conférence des associations de la défense représente 50 associations des quatre coins du pays.L’organisme exprime ses idées en vue d’influer sur la sécurité gouvernementale et les politiques de défense.La Presse canadienne EN BREF Trenton, Ont — Les dépouilles de deux militaires canadiens tués en Afghanistan ont été rapatriées hier après-midi au pays.L'avion militaire transportant les corps de Joshua Brian Roberts et d’Erin Doyle est arrivé en début d’après-midi à la base de Trenton, en Ontario.Le caporal-chef Roberts a été tué le 9 août et le caporal-chef Doyle, le 11 août Ils menaient tous deux des opérations en Afghanistan.Les deux soldats étaient membres du Princess Patricia’s Canadian Light Infantry.Quatre-vingt-dix soldats canadiens ont trouvé la mort depuis le début de la mission en Afghanistan, en 2002.-La Presse canadienne Téléphone : Télécopieur : 514 985-3322 514 985-3340 LES PETITES ANNONCES Courriel : petitesannonces@ledevoir.com AVIS DE DECES MOTS CROISÉS 1 23456789 10 11 12 0815 * zm ^ zm HORIZONTALEMENT 1.Conformité au droit -Traditions.2.Instrument à tuyaux -Surmonte.3.Trou du nez - Pourvoir.4.Farces.5.Aptitude à faire quelque chose - Exprime -Poème lyrique.6.Sous le train - Qui relève de l'idée.7.Mouvement du corps -Raconte n'importe quoi.8.Obsédée - Route qui descend.9.Nommé à une fonction - Défraîchie - Sous un navire.10.On y cuit de la viande - Implacable - Patron.11.Très fort - Précipitation.12.Désavantagé -Séduire.VERTICALEMENT 1.Pas cher - Métal blanc.2.Force paramilitaire irlandaise - Dieu du pays du Nil - Coralline.3.Ecorchures superficielles.4.Le moment de rêver -Se dit au ping-pong -Petit mot latin.5.Espace - Sans compagnie.6.Ils vivent seuls -Équerre.7.Notre-Dame - C'était un poète - Célèbre verger.8.Maté - Faiblement.9.Ébranlée - Principe moteur - Dix-septième lettre.10.Impoli - Prénom d'un bandit.11.Sans aspérités - Il fait des plombages.12.Compact - Essayer.1 2 3 4 567 8 9 1011 12 OlElNlT UlOlE U I R n|aIiIs S I Al N IC 0814 SOLUTION DU DERNIER NUMÉRO LES PEÏI1ES ANNONCES DU LUNDI AU VENDREDI DE 8H30 À 17H00 Pour placer, moditier ou annuler votre annonce, téléphonez avant 14 h 30 pour l'édition du lendemain.Téléphone: 514-985-3322 Télécopieur: 514-985-3340 petttosan nonces e ledevolr.com Conditions de paiement : caries de crédit m 737 I »N » D »E »X RtOROÜPEHENIÎ DE RUBRIQUES 100*199 IMMOBILIER 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5*5*U49 Télécopieur : (514) $25*7999 www.lememortel.com LS.Tous les (ours de to h 30 A 18 Njn Laniel, Marcel A.1931-2008 À Montréal, le 11 août 2008, est décédé Marcel A.Laniel, époux d’Andrée Baillargeon.Outre son épouse, il laisse dans ie deuil sa fille Véronique (Sylvain), son fils Martin (Angela), ses petits-enfants Maxime, Christophe, Alexandre, Eric-Antoine, sa sœur Madeleine, ses beaux-frères et belles-sœurs Nicole, Roland.Louise, Paul, Pauline, Pierre.Micheline et Joan, ainsi que plusieurs parents et amis.La famille recevra les condoléances le vendredi 15 août de 18 à 21 heures et le samedi 16 août dès 9 heures, au complexe funéraire Alfred Dwllairr MEM0RIA 1111, ave Laurier 0- Outremont www.memoria.ca 514 277.7778 Service de voiturier disponible Les funérailles auront lieu en l'église St-Viateur d Outremont (Laurier coin Bloomfieldl le samedi 16 août à 11 heures.Au lieu de fleurs, des dons à la Société canadienne de la Sclérose en plaques seraient appréciés.Gauthier, Paulette 1917-2008 A Montréal est décédée le 12 août 2008 à I âge de 91 ans Mme Paulette Gauthier, infirmière retraitée de la Ville de Montréal Elle laisse dans le deuil ses sœurs Carmen et Thérèse (Maurice) et ses frères Jacques c.s.v.et André (Jacqueline) ainsi que de nombreux neveux, nièces et amies Les funérailles auront lieu le vendredi 15 août, à 13 heures en l’église Notre-Dame-des-Ne>ges.5366 Chemin de la Côte-des-Neiges.Au lieu de fleurs, un don â « Développement et Paix » (514-257-8711 ) serait apprécié Direction Centre funéraire Côte-des-Neiges Reseau Dignité 4525 chemin de la Côte-des-Neiges Montréal Tél : (514) 342-8000 Téléc : (514) 342-4247 LE DEVOIR.E .1 E r D I 11 A O É T 2 O O 8 A 5 LES ACTUALITES Une «marée rouge» toxique frappe le Saint-Laurent Des algues auraient causé la mort de centaines d’oiseaux ALEXANDRE SHIELDS Les pluies abondantes qui tombent cet été sur le Québec ont eu des conséquences graves pour certains secteurs du fleuve Saint-Laurent.Le majestueux cours d’eau est en effet aux prises avec une infestation particuliérement importante d'algues très toxiques qui posent un risque pour la santé humaine, en plus d’avoir probablement provoqué la mort de plusieurs animaux.«Cette “marée rouge" est provoquée par une algue microscopique qui est de couleur rosée, explique le chercheur à l’Institut national d’écotoxicologie du Saint-Laurent, Pierre Béland.Alors, quand il y en a beaucoup dans l’eau, on peut voir que l’eau est rouge.Le problème, c’est qu’elle est très toxique.Ça n’en prend pas beaucoup pour tuer une personne.» Pêches et Océans Canada a d’ailleurs émis un avis d’interdiction de cueillette des mollusques dans la plupart des secteurs du Bas-Saint-Laurent et de la Côte-Nord.C’est que les puissantes toxines peuvent s’accumu- « Ça n’en prend pas beaucoup 1er dans les palourdes, les huîtres et d’autres organismes filtreurs qui se nourrissent de plancton en filtrant de grands volumes d'eau qu’ils pompent à travers leurs feuillets branchiaux.Elles peuvent parfois nuire à des mollusques délicats, mais d’autres sont résistants aux toxines et peuvent rapidement les accumuler dans leurs tissus.«Lorsque les êtres humains mangent des mollusques empoisonnés, ils peuvent éprouver des symptômes allant des maux d’estomac à la paralysie», indique le Conseil national de recherches Canada Déjà, précise M.Béland, ces algues seraient responsables de la mort de centaines d’oiseaux, dont des cormorans, des goélands et des fous de Bassan.Elles pourraient aussi être à l’origine du décès de quatre bélugas, mais aussi d’éperlans arc-en-ciel.Il s’agit toutefois d'un bilan provisoire et des recherches plus poussées sont en cours afin de déterminer l’étendue des impacts négatifs de cette invasion toxique.Fait à noter, le phénomène se produit chaque an-e dans le Saint-Laurent.L'année 2008 a toutefois ete nee marquee par des périodes de pointe particulièrement intenses à la tin du mois de juin et depuis le début du mois d’août.Les scientifiques ont constaté la présence de 50 000 algues par litre d’eau, alors que la dose toxique avoisine les 2000 par litre.Le secteur de Rimouski est actuellement particulièrement touché.pour tuer une personne » ¦ - - - -• < ¦____________________________________________________ DONALD WEBER AGENCE FRANCE-PRESSE Jeremy Hinzman est arrivé au Canada avec sa famille en janvier 2004, peu après avoir appris que son unité serait déployée en Irak.GUERRE EN IRAK Un déserteur américain réfugié au Canada devra quitter le pays JESSICA MCD1ARMID Mississauga, Ont.— Un des premiers déserteurs de l’armée américaine à solliciter le statut de réfugié au Canada pour éviter de combattre en Irak a appris hier qu’il devra quitter le p>ays, une décision dénoncée par ses partisans, selon lesquels le Canada trahit ainsi sa tradition d’ouverture envers les réfugiés.L’Agence des services frontaliers du Canada a ordonné à Jeremy Hinzman, sa femme, son fils de six ans et sa petite fille, un bébé, de partir d’ici le 23 septembre.«Je suis très déçu, a commenté M.Hinzman.Nous sommes ici depuis presque cinq ans, nous avons beaucoup d’amis et de proches.» Selon Lee Zaslofsky, arrivé au Canada il y a 38 ans px>ur ne pms aller combattre au Vietnam, c’est le gouvernement et non le peuple canadien qui ferme ses portes aux opposants à la guerre comme M.Hinzman.Le coordonnateur de la campagne d’appui aux résistants à la guerre a appelé le gouvernement canadien à appliquer une motion adoptée par le Parlement en juin, et qui prône l’arrêt des déportations de résistants à la guerre.«C’est le vœu du Parlement, et nous savons que c’est la volonté des Canadiens en général», a-t-il dit Danielle Norris, porte-parole de Citoyenneté et Immigration Canada, a dit ne pas pouvoir commenter un cas précis, mais a indiqué que les objecteurs américains à la guerre ne répondent pas aux critères pour être considérés comme firme être toujours convaincu d’avoir agi comme il le fallait en fuyant au Canada plutôt que d’aller combattre pour «une guerre injuste» en Irak, même s’il risque la cour martiale et une peine de prison aux Etats-Unis.M.Hinzman est arrivé au Canada avec sa famille La Commission de l’immigration et du statut de réfugié a rejeté les deux ultimes tentatives de Jeremy Hinzman pour rester au pays des réfugiés, selon elle.Cette catégorie s’adresse aux personnes ayant des craintes fondées de persécution et qui, si elles sont expulsées, courent un réel danger de torture et de mort, a-t-elle ajouté.La Commission de l’immigration et du statut de réfugié a rejeté les deux ultimes tentatives de M.Hinzman pour rester au pays, l’une en vertu du programme d’examen des risques avant renvoi, l’autre pour motifs humanitaires.Un homme qui conseille M.Hinzman sur les questions juridiques a dit que ces décisions pouvaient faire l’objet d’un appel.M.Hinzman, âgé de 29 ans, af- en janvier 2004, peu après avoir appris que son unité serait déployée en Irak.La Commission de l’immigration et du statut de réfugié a rejeté sa requête en 2005, et la Cour d’appel fédérale a statué qu’il ne serait pas menacé d’une peine grave s’il retournait aux Etats-Unis.Le militaire a alors soumis sa cause à la Cour suprême du Canada, qui a refusé de l’entendre.On estime à 200 le nombre de résistants américains à la guerre au Canada.Selon le directeur d’un établissement pacifiste américain qui a aidé M.Hinzman pendant des années, la tradition canadienne d’ouverture aux réfugiés remonte à la révolution et à la guerre civile américaines.La Presse canadienne Un deuxieme Montréalais pourrait être décapité en Syrie MURRAY BREWSTER Ottawa — Les deux jeunes frères montréalais accusés en Arabie Saoudite pour leur implication dans une bagarre dans une cour d’école qui s’est soldée par la mort d’un jeune Syrien pourraient maintenant tous deux faire face à une sentence de décapitation.Sultan Kohail.âgé de 18 ans, fait maintenant face à fa même condamnation que son frère, liée à la mort d’un jeune Syrien de 19 ans, à Djed-dah, Tan dernier.Sultan Kohail a été informé hier qu’il sera jugé a >mme un adulte.S’il est reconnu coupable, il pourrait être condamne à être exécuté.Sa cause était jusqu’ici entendue devant un tribunal pour fa jeunesse.Sultan et son frère aîné, Mohamed Kohail, ont été accusés à la suite d’une bagarre dans une cour d’école en janvier 2007.La victime avait succombé à des blessures internes.Les deux jeunes hommes clament leur innocence depuis leur arrestation.Us prétendent également que le système judiciaire saoudien ne leur a pas accordé des audiences justes — une opinion que semble partager le gouvernement canadien.Mohamed Kohail, âgé de 23 ans, a été reconnu coupable par un tribunal pour adultes au printemps dernier et il a été condamné à mort par décapitation.Sa cause a toutefois été portée en appel.Son frère cadet a également été reconnu coupable, par un tribunal de la jeunesse, et condamné à 200 coups de fouet.La décision a été annulée en appel, mais un nouveau procès est désormais prévu devant un tribunal pour adultes.Le gouvernement canadien a réclamé la clémence de l’Arabie Saoudite.Les gestes posés par le gouvernement canadien pour convaincre les Saoudiens d’épargner les vies des frères Kohail demeurent toutefois inconnus.Le député libéral Dan Mc-Teague, qui a suivi le procès des deux frères, exhorte le gouvernement fédéral à s’assurer que les deux jeunes hommes aient droit à une procédure équitable.«À est extrêmement urgent que le gouvernement canadien intervienne auprès des représentants du gouvernement saoudien de plus haut niveau pour s’assurer que tous les élé- ments de preuve soient entendus», a indiqué le député McTeague, porte-parole du Parti libéral en matière de services consulaires.«Si cela est fait, il n’y a aucun doute qu'ils seront tous deux innocentés», a ajouté le député.Le ministère des Affaires étrangères n’a pas retourné les appels de La Presse canadienne, hier.Dan McTeague a indiqué que les récits de l’incident étaient contradictoires.Depuis qu’il a été condamné, au mois de mars dernier, Mohamed Kohail a porté sa cause en appel deux fois, sans succès.M.McTeague a indiqué que Kohail avait entrepris un troisième recours en appel.La Cour d’appel a à maintes reprises demandé à un tribunal inférieur d’étudier de nouveaux éléments de preuve, qui innocenteraient Kohail selon sa famille, mais le tribunal a toujours refusé.La famille Kohail a immigré au Canada il y a huit ans, au Québec.Elle est retournée à Djed-dah en 2006, pour ouvrir un commerce de mobilier.La Presse canadienne Une ampleur inquiétante les pluies très abondantes de cet été, qui drainent des nutritifs, des phosphates et des nitrates, sont directement liées au phénomène, precise M.Béland.Ces algues de-vraient éventuellement mourir et couler au fond du fleuve, selon lui.Selon Greenpeace, le problème est toutefois des plus préoccupants.Il existe des centaines de cas de marées rouges et de zones mortes dans le monde, rappelle l’organisme, mais généralement dans les eaux plus chaudes.«Im nouveauté et l’ampleur du phénomène dans l’estuaire du Saint-Laurent devraient nous alerter sur l'urgence d’agir.Si le phosphate provenant principalement des ruissellements du lister du bétail nourrit les algues bleues ou vertes dans les lacs et les rivières, c'est le ruissellement des engrais azotés qui nourrissent les algues muges ilans les océans», fait valoir le groupe écologiste.Les grandes quantités de précipitations de cet été ont probablement été la cause du ruissellement des engrais azotés utilises en agriculture dims tout le bassin versant du fleuve Saint-Laurent et qui se sont retrouvés dims l’estuaire, souligne aussi Greenpeace.L’organisme précise que les quantités d'engrais azotes utilisés par l'agriculture au Canada ont été multipliées par 75 depuis les années 1950.Or, «au Canada, l'utilisation des engrais azotés en agriculture est directement responsable de 49 % des pollutions causées par la présence d’azote dans l’environnement».Le Devoir Dépenses électorales Le Bloc veut forcer les témoins récalcitrants à se présenter HÉLÈNE BUZZETTI Ottawa — Le Bloc québécois exigera ce matin que fa Chambre des communes fasse appel aux forces de Tordre pour traîner devant le Comité de l'éthique les to moins conservateurs qui l’ont boudé jusqu’à présent.Pour une seconde journée consécutive hier, les militants et organisateurs du Parti conservateur ne se sont pas présentés devant le comité de la Chambre des communes pour expliquer leur rôle dans le stratagème de dépenses électorales appelé «in and out».«On va prendre les mesures nécessaires pour faire comprendre que le Parti conservateur n’est pas au-dessus des lois comme il le pense», a expliqué la députée bloquiste Carole Lavallée.Mme Invallée et son collègue demanderont ce matin que des mandats soient délivrés — ce qui peut impliquer le recours aux policiers — pour faire venir les récalcitrants.Au nombre de ceux qui ne se sont pas présentés malgré de multiples contacts et une assignation à comparaître livrée en main propre, on trouve André Laurin, l’agent officiel de fa ministre du Patrimoine Josée Ver-ner.Dans sa conversation avec un greffier du comité, M.Laurin a indiqué qu’après consultation, il ne viendrait pas témoigner et «personne d'autre ne comparaîtrait».Marc Duval, Tagent officiel du député Luc Harvey, est présenté par le comité comme un des témoins n’ayant pas honoré son assignation à comparaître.Joint par Le Devoir hier soir, M.Duval jure qu’il n’en est rien.«J’attends de recevoir mon “subpœna".Je n’en ai Pas encore reçu.Je suis avocat, si j'en recevais un, c’est sûr que je viendrais.» Les conservateurs persistent à dire qull n’y a eu aucun mot d’ordre et qu'ils n’accordent pas leur confiance aveugle au compte rendu de conversations fourni par les greffiers.Par ailleurs, les publicitaires ayant acheté les publicités conservatrices contestées ont témoigné en matinée hier.Le vice-président de la finne Retail Media, Andrew Kumpf, a confirmé que c’est au cours d’une conversation téléphonique entre sa firme, les stratèges électoraux du parti (dont Doug Finley, Mike Donisson et Patrick Muttart) ainsi que l’avocat du parti (Paul Lepsoe) que la décision de dépenser près de 1,4 million de dollars de plus en publicité a été prise lors de la dernière campagne électorale.M.Kumpf dit avoir à cette occasion demandé si l’achat était légal et en avoir reçu l’assurance.Il a toutefois refusé d’en dire davantage sous prétexte que la présence de l’avocat des conservateurs conférait à cette conversation la protection du secret professionnel.Patrick Muttart travaille maintenant au bureau de Stephen Harper.Mike Donisson, au bureau du ministre de fa Réforme démocratique Peter Van fioan.Paul Lepsoe défend le Ifarti conservateur contre Elections Canada Les trois hommes ont refusé de témoigner.Le Devoir LE DEVOIR .com RÉDUIRE LA FENÊTRE ?rwrrw la session Bonjour! * Version PDF du journal (3 7 Mo) Avez-vous profité de vos 25 articles gratuits ce mois-ci ?Cliquez ici pour y accéder .PKOFT; .CHANGEZ D'IDENTITÉ V :"j:L 'Si ¦ ¦ ¦ ¦ Accédez à votre profil en tout temps Faites vous-même vos transactions en ligne.Abonnements, renouvellements, changements d’adresse, arrêts temporaires, etc.Rapide, simple et efficace ! LE DEVOIR.LE JEUDI 14 AOUT 2 0 0 8 EDITORIAL Un Russe déchaîné L’offensive militaire menée par la Russie dans le nord de la Géorgie est d’ores et déjà qualifiée de plus importante opération guerrière de ce pays depuis l’implosion de l’Union soviétique.Certains considèrent même ce conflit comme le premier d’une nouvelle guerre froide entre l’Est et l’Ouest.Et ce, parce que l’engagement pris par le président Bill Clinton à l’égard de Moscou n’a pas été observé par son successeur.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directrice de l’information JOSÉE BOILEAU Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires MANON BELAND U VffcTA&i-Ê PbuR AvoiR UNC FAntf£ CflA/siT^UfE Dorsque Clinton logeait à la Maison-Blanche et Boris Eltsine au Kremlin, le premier avait assuré le second que l’expansion de l'OTAN serait limitée aux anciens satellites européens de l’Union soviétique.Une fois Bush aux manettes, cette promesse devait voler en éclats sous l’impulsion notable de Condoleezza Rice, alors patronne du Conseil national de sécurité.Cette ex-universitaire spécialiste du royaume des tsars avait composé un texte dans lequel elle affirmait que l’ennemi stratégique numéro un à court comme à long terme n’était pas la Chine mais bel et la bien la Russie.En 2004, sept pays devenaient membres de l’OTAN.Entre la Russie et certains d’entre eux, il n’y avait plus d’Etats tampons.Bref, la Russie était à portée de fusils et non plus de missiles.Dans la foulée de cet élargissement, trois autres nations empruntaient officiellement la voie de l’adhésion en se greffant au Plan d’action militaire, passage obligé à l’intégration pleine et entière.D n’en fallait évidemment pas plus pour réveiller le nationalisme russe, réputé aussi chatouilleux que facile à affûter.Simultanément à cette «colonisation» des voisins russes par l’Alliance atlantique, des révolutions «colorées», orange pour l’Ukraine et rose pour la Géorgie, ont permis à des politiciens pro-occidentaux de prendre les rênes du pouvoir.Quoi d’autre?L’armée américaine louait des bases militaires en Asie centrale Serge construites autrefois par l’armée soviétique.Truffaut Quoi d’autre encore?Le président Bush signait avec ses homologues tchèque et polonais un protocole prévoyant l'établissement d’un bouclier antimissile.La goutte qui a fait déborder le vase, ou plus exactement le prétexte qui a convaincu Poutine d’employer la manière forte, s’appelle le Kosovo.En reconnaissant illico l’indépendance du Kosovo, en février dernier, tant les Etats-Unis que l’Union européenne ont franchi un pas que Moscou les avait priés de ne pas faire.Lors de la première rencontre, organisée après l’épisode kosovar, de ministres des Affaires étrangères de l’UE et de la Russie, Poutine avait indiqué que toutes les régions tentées par la sécession et le rapprochement avec Moscou seraient reconnues, aidées, armées.Aussitôt dit, aussitôt fait, le Kremlin commandait une augmentation des aides apportées à l’Abkahzie et à l’Ossétie du Sud.En avril dernier, lors du sommet de l’OTAN, Bush, Sarkozy et leurs confrères décidaient de remettre aux calendes grecques l’arrimage de la Géorgie et de l’Ukraine.Mais voilà, à la requête de la chancelière allemande Angela Merkel, l’OTAN convenait de réétudier les dossiers de ces deux nations en décembre prochain.Depuis lors, Poutine ainsi que son successeur, Dmitri Medvedev, ne décolèrent pas.Observant à la lettre le principe napoléonien qui dicte que tout pays est condamné à faire la politique de sa géographie, ils ont injecté une bonne dose d’agressivité aux gestes politiques qu’ils avaient testé à l’endroit de l’Ukraine.En clair, ils ont eu recours à l’arme énergétique, à l’embargo sur les exportations agricoles de la Géorgie, etc.Ils sont allés jusqu’à emprunter à Hitler.Ce dernier avait accordé des passeports aux descendants d’Allemands vivant dans les Sudètes?Moscou a «russifié» les Abkhazes et les Ossètes.Ils sont tous citoyens de la Fédération Russie.Après quoi, il n'y avait plus qu’à agacer, à provoquer le nain géorgien.Est arrivé ce qui est arrivé.Chose étrange, voire paradoxale, Washington a poussé à la roue alors quelle ne peut se passer de la Russie sur le sujet que Bush et ses proches considèrent comme le plus critique, le plus délicat de l’heure, soit le nucléaire iranien.Sans la complicité de Moscou, jamais Washington ne parviendra à étouffer l’ambition de Téhéran.Il va sans dire que si Bush avait été moins pétri d’idéologisme, s'il avait collé aux enseignements de la realpolitik plutôt que d'adopter les stigmates de la posture, le monde ne serait pas face à un éniè-me conflit.Fait à noter, le Russe a déployé son offensive en étant bien conscient que l’Américain étant à quelques mois de son départ, il est un canard boiteux.Bref, Moscou a même capté l’agenda politique de Washington.La tentation de chanter en anglais! Depuis quelques années, des auteurs-compositeurs francophones du Québec se lancent dans l’aventure de la chanson en nous sortant un premier album en anglais.Je pense ici, entre autres, à Pascale Picard, une jeune artiste de talent qui a décidé de faire carrière en anglais.Son groupe s’appelle le Pascale Picard Band.Yes madame! Que dire de Simple Plan, des «ti-boys» francophones du Québec qui ont beaucoup de succès partout dans le monde en ne chantant qu’en anglais.Tant mieux pour eux.Au moins, de son côté, Céline Dion fait des efforts pour chanter en français même lor-qu’elle se produit en Australie.De plus, elle nous sort un album franco à l’occasion.Son spectacle du 22 août à Québec, dans le cadre du 400 sera exclusivement en français.Après tout, notre soirée en anglais, on l’a eue le 20 juillet, avec Sir Paul, et c'était magistral.Je suis persuadé que Céline nous offrira une soirée mémorable, même sans ses grands tubes anglophones.Donc, nous avons vu aussi dernièrement nos Garou, Gregory Charles et Nicolas Cicco-ne nous proposer leurs albums anglophones.Alors, il semble bien que la tentation de chanter et d’écrire en anglais devienne de plus en plus une obsession pour certains de nos artistes de la chanson.Tentation de faire carrière sur la scène internationale en chantant en anglais et, ce faisant, de rejoindre un plus grand public?Imaginons Léonard Cohen à ses débuts nous sortir un album en français en espérant conquérir le Québec, la France ou toute la francophonie.Léonard Cohen est né à Montréal et chante dans sa langue maternelle avec élégance et génie.Elle est sans doute là, la différence.Et Cohen est célébré aussi bien à Londres qu’à Paris.En fait, a beau chanter qui veut dans la langue qui lui plaît.D’accord! Pourvu que ce LETTRES soit fait avec talent et pertinence, et non pas pour tenter de se faire voir à tout prix par le plus grand nombre.La chanson est un art qui mérite le respect Yvan Giguère Fondateur de la Journée de l’Hymne au printemps et du Concours national de paroliers de langue française, le 12 août 2008 Honte au gouvernement Je viens d’apprendre que le gouvernement canadien s’est abstenu de rendre hommage à Louise Arbour pour son travail courageux et remarquable au poste de Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, qu’elle vient de quitter, alors que la plupart des gouvernements, même ceqx très critiques envçrs elle, comme ceux des Etats-Unis ou de l’Egypte, l’ont fait.J’en suis consterné.C’est honteux et petit Cela manifeste une fois de plus que, derrière un discours pompeux, fait de généralités, ce gouvernement refuse de se voir associé à ce qui peut se faire de concret en faveur des droits de la personne.André Stainier Québec, le 12 août 2008 Rétrograder Fondée en janvier 1973, la compagnie de théâtre Les Deux Mondes a commencé à présenter ses spectacles outre-frontières vers la fin des années 70, sous le nom du Théâtre de la Marmaille.À l’époque, la perception qu’on avait du pays, à l’étranger, se confinait à de vastes étendues de forêts sauvages et hivernales où vivaient très peu de gens.Les mots «Canada» et «Québec» n’évoquaient qu’un folklore figé dans le temps, dans lequel même les citoyens d’ici ne se reconnaissaient pas.Nature oui, culture non.Au cours des trente dernières années, plusieurs générations d’artistes ont réussi à conquérir une place enviable sur les plus grandes scènes du monde, dans toutes les dis- ciplines, et à installer de façon durable leurs œuvres dans l’imaginaire d’hommes, de femmes et d’enfants de tous les coins de la planète.Par leur talent, leur personnalité, la singularité de leurs démarches et leur esprit d’initiative, les artistes et créateurs ont grandement contribué à changer l’image de notre pays.Finie la Cabane au Canada et autres Joie de vivre, ce sont les créations des artistes et leur persévérance qui ont fait accéder le pays à la modernité sur le plan international.L’originalité et la force de leur art continue d’étonner et de faire envie.Les Deux Mondes ont, à leur mesure, contribué à ce mouvement en allant à la rencontre du public de quelque 200 villes de 32 pays.C’est donc avec stupeur que nous avons appris, le 9 août dernier, la décision du Gouvernement conservateur de Stephen Harper de couper le programme de Promotion des arts du ministère des Affaires extérieures.Doté d’une enveloppe de 4,7 millions, qui plaçait le Canada loin derrière plusieurs de ses partenaires du G8 pour sa contribution per capita au soutien de la diffusion des arts à l’étranger, ce programme touchait toutes les disciplines artistiques de toutes les provinces.Cette contribution financière indispensable à la réalisation de projets à l’étranger permettait par ailleurs aux compagnies d’aller chercher plus que son équivadent en devises étrangères.Même en termes strictement économiques, cette décision est indéfendable.Alors qu’un nombre grandissant de pays ont compris l’importance d’être présents par les arts dans ce village global qu’est devenu le monde du XXIe siècle, le Canada pose le choix affligeant de ne plus offrir aux artistes et aux créateurs les moyens faméliques qui leur étaient dévolus pour tourner à l’étranger, pour consentir, en contrepartie, des sommes faramineuses en vue d’accroître sa présence militaire sur la planète.Nous dénonçons avec la dernière énergie cette position belliqueuse, obscurantiste et rétrograde.Daniel Meilleur Le 12 août 2008 LIBRE OPINION Faudrait-il un ministre responsable de la condition homosexuelle ?RÉAL MÉNARD Député fédéral d’Hochelaga Connue le veut la tradition, les Célébrations de la fierté prendront place dans les rpes de Montréal du 14 au 17 août prochain.A cette occasion, les différentes minorités sexuelles sont invitées à afficher leurs différences, voire à leur donner un caractère ostensible, à la faveur d'un défilé où participent des porte-parole de groupes communautaires, des commerçants, des élus et bien sûr la population.La Fête de la fierté se veut un moment privilégie de réflexion à propos de la condition homosexuelle dans notre société.Quel chemin a été parcouru?Quels défis se présentent à nous?Quels sont les facteurs qui donnent de la cohésion à nos communautés?A contrario, il faut se demander quels sont les points de tension qui nous menacent et nous divisent, étant donné que les communautés IXîBT (gais, lesbiennes, bisexuels et transgenres) ne sont pas davantage monolithiques et homogènes que ne le sont les autres communautés.Les communautés LG BT ont connu des avancées juridiques et sociales au cours de la dernière décennie, cela est incontestable: la reconnaissance des conjoints de fait de même sexe, l’accès au mariage civil, le dispositif antidiscrimination au motif de l'orientation sexuelle inscrite dans les Chartes, tant québécoise que canadienne, pour ne citer que quelques exemples.Au chapitre des passifs, il y a l'échec financier des 1er Outgames mondiaux de Montréal, à l'été 2006, qui apparaît comme un véritable stigmate.le réseau de la santé et des services sociaux peine à offrir des services adaptés aux IjGBT.les idéations suicidaires et le taux de suicide chez les jeunes des minorités sexuelles sont jusqu'à 16 fois plus élevés que chez les jeunes hétérosexuels, le secteur de l'éducation dans ses composantes primaire et secondaire se caractérise par une homophobie crasse et récurrente en raison de plusieurs facteurs, dont les plus significatifs sont le malaise de certains élèves et professeurs, les préjugés, l'ignorance et le déficit en materiel pédagogique adapté.11 faut aussi mentionner que la réalité des familles homoparentales, bien que consacrée par le législateur, est presque complètement occultée de certains lieux publics, tels les centres de la petite enfance, les cours prénataux, les cliniques de pédiatrie et.à l'évidence, les écoles.Et comment ne pas souligner que le financement public des organismes qui desservent les communautés LGBT s'élevait à 5,8 millions de dollars pour l'année financière 2003-2004, ce qui est, et c’est peu dire, insuffisant.Le plus inquiétant est sans doute l'absence de suivi de la part du ministre de la Justice du Québec, Jacques Dupuis, aux recommandations du Groupe de travail mixte contre l'homophobie, lequel rapport lui a été remis en mars 2007.Face à cette situation contrastée, où cohabitent des succès mémorables et des échecs qui ne le sont pas moins, l'idée de revendiquer la désignation d'un ministre responsable de la condition homosexuelle et des autres diversités sexuelles s'est fait jour.Les promoteurs de cette idée aiment à rappeler que tous les groupes de la société québécoise qui font l'ots jet de discrimination, soit en raison de leur position de groupes minoritaires ou des dysfonctions du système, ont un ministre désigné.L'on pense ici aux femmes, aux autochtones, aux aînés et aux communautés culturelles.A cet égard, les communautés LGBT seraient la dernière catégorie sociale discriminée à échapper à pareil traitement.Cette situation étant, la création d'un ministre responsable de la condition ho- mosexuelle et des autres diversités sexuelles présenterait deux avantages: ¦ Elle favoriserait une meilleure sensibilisation de la population québécoise aux réalités particulières de ce groupe de citoyens.¦ Elle mettrait en exergue un centre de responsabilité politique qui est clairement identifié et par conséquent imputable, ce qui favoriserait la mobilisation des ressources gouvernementales vers la réalisation d'objectifs précis.Les désavantages d'un ministre de la condition homosexuelle et des autres diversités sexuelles seraient aussi bien réels, et les opposants se demandent ¦ S'il n'y aurait pas un risque de donner à chaque groupe minoritaire une voix au Conseil des ministres, en ce que l'action gouvernementale pourrait s'éclater en autant de groupes d'intérêts représentés, nous éloignant ainsi du bien commun et de l'intérêt général.¦ S'il n'y a pas d'autres groupes dans la société québécoise qui sont à risque de vivre une discrimination patente sans être systémique, tels les personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale, les exdé-tenus ou les pères en difficulté, qiû pourraient tout aussi légitimement revendiquer un ministre responsable.Pour justifier la désignation d'un ministre responsable de la condition homosexuelle, certains ont comparé la discrimination dont les homosexuels et les femmes sont l'objet.À notre avis, au moins trois nuances doivent être apportées à cette comparaison: 1) L’accès à des postes électifs pour les femmes est encore une barrière systémique à analyser à l'aune de la division sociale du travail.Depuis 2000, le nombre des sièges détenus par des femmes s'est stabilisé à 20 % au Canada.En revanche, nous n'avons aucune indication nous permettant d'affirmer que l’accès à des postes électifs pose problème pour les groupes des minorités sexuelles.Si obstacle il y a, cela est davanta- ge assimilable à la crainte du jugement de l'électorat Encore qu'aucun politicien ayant divulgué son orientation sexuelle n'ait subi la défaite aux urnes: que l'on pense à Raymond Blain et à Alex Munter au municipal, à Claude Charron, à André Boulerice et à Agnès Maltais à l'Assemblée nationale, à Svend Robinson, à Scott Brison, à Libby Davies et bien sûr, au signataire de cette lettre à la Chambre des communes.2) En 2003, au Canada, le revenu annuel moyen des femmes de 16 ans et plus était de 24 400 $, comprenant les revenus d'emploi, les revenus de placements et les autres revenus monétaires.Cela équivaut à seulement 62 % du revenu des hommes qui gagnaient en moyenne 39 300 $ cette même année.Statistique Canada révèle que pour 2004, les revenus des ménages gais ou lesbiens déclarés et ceux des ménages hétérosexuels sont très semblables.S'il y a clairement discrimination à l'égard des femmes en ce qui a trait à leur revenu annuel moyen par rapport à celui des hommes, cette discrimination ne semble pas exister entre les personnes hétérosexuelles et les personnes homosexuelles.3) En 2004,67 % des femmes actives sur le marché du travail occupaient des emplois dits à prédominance féminine, tels l'enseignement, les soins infirmiers, le travail de bureau, la vente et les services.D est incontestable que la distribution du profil professionnel des hommes en général et des minorités sexueDes en particulier est plus diversifiée.J'espère que ces éléments d'analyse seront utiles et apporteront quelques éclairages à un débat qui est loin d'être clos.Une chose est certaine, la discrimination à l'égard des minorités sexuelles est toujours présente.Faut-il questionner l'organisation des gouvernements pour la combattre phis efficacement Tel est le débat En attendant bonne Fierté à tous mes concitoyennes et concitoyens ! » LE DEVOIR.LE J E 1' D I 11 AOÛT 2 0 0 8 •r r 30Ç?« v\* .v / Les immigrants trouvent ça dur au Québec, et ce, quelles que soient leurs origines.A ¦ ^ UPItE Quelle place à rimmigration au Québec ?KARIM BADDOU* Montréal e viens de lire avec intérêt l’éditorial de Jean-Robert Sansfaçon intitulé «Quelle immigration pour le Québec?» {LeDevoir, 12 août).La question qui doit être posée est plutôt la suivante: quelle place à l’immigration au Québec?Les Québécois sont-ils vraiment intéressés à recevoir des gens venus d’ailleurs, quels qu’ils soient?J’en doute.On pourrait dire que la seule immigration qui marche — plus ou moins — est la française.En apparence.Je suis Montréalais depuis quelques années.Avec mon caractère branché et ma personnalité, j’ai eu beaucoup d’amis français.Ds trouvent ça dur.Ce que je peux dire, c’est que les gens qui ont des ambitions ont beaucoup de problèmes.A part si vous êtes quelqu’un d’exceptionnel.Ne parlons pas de ceux qui sont marginalisés à l’origine, comme ceux qui habitent à Montréal-Nord.Les immigrants trouvent ça dur ,au Québec, et ce, quelles que soient leurs origines.A preuve: je viens du Maroc, mais cela fait sept ans que je suis dans les parages.Je reçois l’aide sociale depuis sept mois.J’ai gagné 70 000 $ nets et j’ai 40 000 $ de dettes.en sept ans.Les emplois que j’ai eus, ce fut par hasard.Puis on te jette dès qu’on n’a plus besoin de toi.Pas moyen d’avoir un emploi où on peut apprendre et bâtir une bonne expérience et., une vie.Mon frère qui a eu un diplôme bien moins prestigieux que moi est rentré au Maroc après des études en génie en Russie.Aujourd’hui, il a 10 000 $ en épargne dans un compte bancaire au Maroc.Ma sœur a émigré aux Pays-Bas et elle vient de se marier à un Néerlandais.Sains connaître la langue et en balbutiant un anglais moyen, elle a décroché un poste de professionnel en marketing.Elle vient juste de m’envoyer de l’argent pour que je survive.Ma petite sœur qui m’aide.le comble! Mes études?J’ai une maîtrise, reçue au Québec.Des études adaptées au marché du travail?J’ai un bac technique.La langue?J’ai eu A dans un cours de journalisme à l’Université de Montréal.Le bilinguisme?J’ai vécu deux ans à Calgary, étudié à Calgary, eu une copine anglophone à Calgary.Je suis parfaitement bilingue donc, selon les examens fédéraux (CCC).De l’expérience?Jetez un œil à mon CV.Pas de sérieux dans ma recherche d’emploi?J’ai utilisé toutes les ressources disponibles.Toutes les agences d’emploi ont mon CV.Je ne fais que ça depuis que je suis arrivé au Québec.Trop «picky»?J’applique pour tout.Même pour être commis.Les techniques, le soutien administratif, les communications.tout, tout, tout L’apparence?Je suis plus que présentable.Accommodement raisonnable?Je bois de l'alcool et je mange du porc.Ma mère qui est au Maroc ne porte pas le voile et je me fous de la religion.Intégration sociale?J'ai plus d’amis québécois de souche que mon coloc québécois de souche lui-même peut en avoir.Ma dernière ex est une Québécoise pure laine.Trois ans de vie commune.Elle m'a quitté à cause de ma situation précaire.Qu’est-ce que je fais?Je rentre au Maroc?Trop tard! Mes amis et collègues d’université là-bas sont devenus directeurs, professionnels reconnus.Que vais-je leur dire?Que je recevais du «BS»?De toute façon, je ne peux rentrer sur un échec.Je ne cherche pas XAmerican Dream, rassurçz-vous.Parce que, oui, j’ai des amis marocains aux Etats-Unis qui gagnent dans les 300 000 $.Non, je veux juste une vie décente et respectable.Dites-le à vos confrères et à votre peuple.Pour qu'ils ne soient pas surpris de voir de telles émeutes.Donnez aux gens du travail, point à la ligne! * NDLR: Exceptionnellement, pour ne pas nuire aux efforts de l’auteur, son identité réelle a été tenue secrète.La paix par le droit entre le Cameroun et le Nigeria jfjÊM * m ï • PIUS UTOMI EKPEI AGENCE FRANCE-PRESSE Deux habitants de l’île de Bakassi.Aujourd’hui, la rétrocession totale de la presqu’île de Bakassi au Cameroun par le Nigeria constitue une phase décisive pour le maintien de la paix entre ces deux pays.JEAN-LOUIS ROY Chercheur invité, Centre de recherche en droit public de la faculté de droit de l'Université de Montréal r.rrêtée le 10 octobre 2002, Aune décision de la Cour internationale de justice a défini les conditions de règlement du différend frontalier .-J opposant le Nigeria et le Cameroun depuis 1960.La mise en œuvre de ces conditions s’est effectuée par étapes, difficilement mais réellement Aujourd'hui, 14 août 2008, la rétrocession totale de la presqu’île de Bakassi au Cameroun par le Nigeria constitue une phase décisive pour le maintien de la paix entre ces deux pays et daps la grande région du golfe de Guinée.A compter de ce jour, la presqu'île, territoire national nigérian depuis les indépendances (1960), devient partie intégrante du territoire national camerounais.L’événement est suffisamment important et rare sur le continent africain pour mériter notre attention.Entre la reprise éventuelle de la guerre qui a sévi si durement en 1981 et le recours au droit international, le Cameroun a emprunté la seconde voie et porté sa cause devant le système judiciaire international.Autrement, ce conflit aurait vraisemblablement trouvé son aboutissement dans la destruction, la violence et l’affrontement à nouveau entre Abuja et Yaoundé.Autrement, ce conflit aurait ajouté à la dévastation déjà considérable qui affecte l'Afrique centrale et l’Afrique de l'Ouest L'initiative a été prise par le président camerounais, Paul Biya, en 1994.La Cour internationale de justice a rendu sa décision huit années plus tard en donnant raison, pour l’essentiel, aux arguments du Cameroun.Elle a reconnu sa souveraineté sur le territoire de 700 kilomètres carrés formant la péninsule de Bakassi et sur ses vastes richesses pétrolières, gazières et halieutiques.En 2006, le président nigérian, Olusegun Obasanjo, annonçait le ralliement de son pays à la décision du tribunal international.En conséquence, la même année, il signait avec son homologue camerounais le texte des accords de Green Tree consacrant la rétrocession au Cameroun du territoire jusque-là contesté.Rédigé par une équipe des Nations unies animée par l’actuel secrétaire général, Ban Ki-moon, et s’inspirant de la décision de la cour, le contenu de cet accord est intéressant à deux titres: ¦ ses références aux ententes entre les puissances européennes, France, Alle- magne et Grande-Bretagne, dans la première moitié du siècle dernier montrent le peu d’importance accordée par les colonisateurs aux réalités et populations locales et les effets de cette indifférence jusqu’à aujourd’hui: ¦ ses exigences aussi concernant le transfert du territoire en litige: retrait des troupes nigérianes dans les 60 jours suivant la signature de l’accord, encadrement minutieux de l'exercice des droits des citoyens nigérians ayant choisi de continuer à vivre dans la zone et délimitation des marges de manœuvre de l’ancien et du nouveau pouvoir dans cette période de transition qui arrivera à son terme en 2013.Enfin, il définit les étapes conduisant aux événements de ce jour.Signé dans la banliçue de New York par les deux chefs d'Etat, en présence de Kofi Annan, alors secrétaire général des Nations unies, l’accord de Green Tree porte aussi les signatures, comme témoins, des gouvernements américain, français, allemand et britannique.Illustration de la nouvelle situation géopolitique sur le continent africain, l’ambassadeur de Chine au Cameroun a fait récemment connaître l’appui de Pékin au processus en cours.Restait une grande inconnue.Quelle serait la position du nouveau président nigérian, Umaru Musa Yar’ Adua, compte tenu de la contestation de l’accord de Green Tree dans son pays par de nombreux chefs traditionnels, une coalition de 50 partis politiques d’opposition, un fort groupe de sénateurs, des médias puissants?Cette inconnue a été dissipée d’un coup en juillet dernier.«Mon gouvernernent, affirme alors le nouveau chef d'État, va transférer le territoire de la péninsule de Bakassi au Cameroun, le 14 août prochain, comme le stipule l'accord de Green Tree qui porte les signatures de nos deux pays.» Sans ambiguïté, cette affirmation a été confirmée encore récemment Certes, l’installation des nouvelles autorités, la durée plutôt longue de la transition et la contestation violente de groupes refusant la nouvelle situation ne sont pas sans risque.Pour l’instant cependant le droit a sauvé la pane, les Nations unies l’ont nourrie et protégée, le système international a produit de vrais résultats et les chefs dEtat en cause ont agi avec sagesse et un sens élevé des responsabilités.On souhaite que la fête soit belle aujourd’hui dans la localité de Jahane, dans la province du Sud-Ouest camerounais, où les drapeaux les juridictions et les territoires entre le Nigeria et le Cameroun seront pacifiquement échangés.Réviser les politiques d’intégration M Y RI AM H U Z EL Etudiante en journalisme a mort d’un jeune de dix-huit ans lors d’une intervention policière, des automobiles en flamme, des vitrines saccagées, toutes ces images ont fait resurgir les violences des banlieues parisiennes trois ans plus tôt.Mais peut-on véritablement tracer un parallèle entre ces événements et l’émeute de Montréal-Nord?11 est encore trop tôt pour si1 prononcer mais, si tel est le cas, nous faisons face à un réel problème d’exclusion sociale et nous devons absolument revoir nos politiques d’intégration.La situation chaotique qui a sévi dans la région de Clichy-sous-Bois, en France, il y a quelques années, a provoqué auprès de la communauté mondiale une remise en question des politiques d'intégration actuelles à l'égard des populations immigrantes.De cette polémique surgit le besoin de redéfinir et de repositionner les principes fondateurs des démocraties libérales, soit l’égalité, la justice et la liberté, face au contexte des sociétés modernes du début du XXI' siècle.En effet, les politiques libérales visent fa création d’une cohésion nationale, mais de cette poursuite d’harmonie résulte davantage une campagne homogénéisante des diversités qui composent une société.Mais ce désir d'harmonie au prix de l’effacement des différences n’est-il pas au cœur même du problème français?Le système républicain en France clame aux immigrants «vous êtes tous égaux, vous êtes tous français», et ainsi adopte une attitude assimilatrice au lieu d’opter pour une politique d’intégration des différences.L’assimilation forcée d’un groupe culturel au sein d’une société comme 1a France, qui possède une culture bien définie et enracinée, ne peut que déboucher sur des conséquences désastreuses, comme des recrudescences d’actes violents ou 1a formation de groupes extrémistes.La flambée de violences qui se répand en France n'est qu’un cri d'alarme à l’égard de toutes les sociétés urbaines aux prises avec des problèmes d’exclusion et d’intégration des communautés culturelles, religieuses et civiques.Face à ces situations de crise, faut-il renforcer ou revoir les dogmes du multiculturalisme, est-il possible de pallier les fractures sociales par une approche communautaire?Mais à l’origine du problème d’exclusion sociale, ne faudrait-il pas revoir les assises mêmes du modèle libéral démocratique, ou plutôt son application et son évolution au sein de nos sociétés capitalistes?En ce qui concerne l’émeute de cette semaine à Montréal-Nord, il faudrait chercher à savoir si cette manifestation de violence aurait eu lieu tôt ou tard dans cette partie de la métropole ou si c’est un événement isolé, le décès de Fredy Villanueva, qui a provoqué à lui seul le soulèvement des résidants.Car en observant fa tendance mondiale des flux d’immigration, on peut prédire une augmentation de 1a population immigrante au Québec.Il est donc impératif de se pencher sérieusement sur cette situation et d’en tirer des leçons pour l’avenir.Maintenant que l’abcès est crevé, il est temps que les intervenants communautaires et le corps policier entament un dialogue de fond avec 1a communauté de Montréal-Nord.Au cours des derniers jours, on a pu observer diverses réactions de 1a classe politique, dont celle d’éviter de parler d’exclusion sociale comme une des causes à 1a base de l’émeute.Cette altitude fermée face aux conflits et aux rapports antagonistes qui constituent le paysage central d’une société démocratique n’est pas favorable au respect du pluralisme.Il est pourtant nécessaire pour 1a survie des institutions démocratiques et pour une réelle liberté et égalité, de faire place au politique qui génère les conflits et les rapports antagonistes d’une société.Le dialogue sur les discriminations et sur la diversité d’interprétations est un signe de respect des différences et permet ainsi d’accéder à l’intégration de tous, dans le sens où des solutions véritables sont exposées et procurent à l’individu fa possibilité de former son identité parmi un éventail d’options.Ui liberté et l’égalité de chaque individu sont alors acquises, non pas uniquement devant 1a loi mais également par fa possibilité de contester et d’exprimer ses différences dans un espace politique commun.TÏMÊtt Il est temps que les intervenants communautaires et le corps policier entament un dialogue de fond avec la communauté de Montréal-Nord PEDRO RUIZ LE DEVOIR En ce qui concerne l’émeute de cette semaine à Montréal-Nord, il faudrait chercher à savoir si cette manifestation de violence aurait eu lieu tôt ou tard dans cette partie de la métropole ou si c’est un événement isolé.L’ÉQUIPE DU DEVOIR IA RÉDACTION journaliste»; A l'information générale et métropolitaine : Gérald Dallaire {adjoint an dirtetenr de l'information).Jeanne Corriveau iaffairrs municipales).Fabien Degliae; Marie Andrée Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idées), Brian Myles {justice et faits de société}, Clairandrée Cauchy (Général) Jean Dion.Louis-Gilles Francoeur (environnement), Benoit Mungcr (responsable du site Internet).Emilie Folie-Boivin.Vincent Cauchy (commis internet) Laurence Clivel(^M^i7re), Philippe Papineau (pupitre), Liuise-Maude Rhrix Snucy (Santé): Pauline Gravel {sciences) ; Michel Garneau {caricaturiste) .Diane Précourt (responsable des pages thématiques) : Martin Duclos, Michèle Malenfant et Christine iHimazrt (nmveteurs): Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) : h l’information culturelle Michel Bélair (théâtre et cahier Culture), Julie Carjientier (pupitre).Paul Bennett /pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Stéphane Baillargeon (reporter).Paul Cauchon (médias), Caroline Montpetil (livres), Odile Tremblay l'ctaéma J Isabelle Paré {culture) À l'information économique Gérard Bérube (adjoint au directeur de l'information), Dominique Reny (pupitre).Éric Desrosiers.Claude Turcotte, François Desjardins; à l'information internationale ; Jean-Pierre Legault (pupitre international et page éditoriale), Claude Lévesque, Guy Taillefer (adjoint au directeur de l'information), Serge Truffant (éditorialiste), A l'information politique Hélene Buzzetti et Alec Castonguay (correspondants parlementaires à Ottawa), Antoine Robi taille et Robert Du tri sac (correspondants parlementaires à Québec), Kathleen lévesque ; Amélie Gaudreau (secrétaire à la rédaction): Emilie Parent Bouchard, Étienne Plamondon-Émond (commis a la rédaction/ la documentation Gilles Paré (directeur), Manon Derome.Olivier Spéctel (Québec).Monique Bherer (Ottawa).LA PUBLICITÉ Amélie Bessette.Jean de Billy.Jean-François Bossé’, Julie Chrétien (directrice adjointe), Marlène Côté, Amélie Maltais.Claire Paquet.Geneviève Pierrat.Chantal Rainville, Martine Riopelle, Isabelle Sanchez, Nadia Sebaï.Melisande Simard (publicitaires), Sylvie Laporte.Martine Berubé (secrétaire) LA PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Michel Bernatchez.Johanne Brunet.Danielle Can tara, Richard Des Cormiers.Donald Fillon, Yannick Morin.Nathalie Zemaitis, Olivier Zuida.INFORMATIQUE Yanick Martel (responsable) PROMOTION, DISTRIBITION ET TIRAGE Caroline Simard (responsable service à la clientèle), Nancy Beaulieu.Manon Blanchette.Nathalie Filion.Rachelle Leclerc, Jean-Robert Divers (responsable promotion) L’ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur).Nicole Carmel (responsable des services comptaMes).Céline Fyroy, Ghislaine Ufleur, Claudette Béliveau (adjointe administrative).Claudine Chevrier.Monique Proteau.Danielle Ross. I, E DEVOIR.LE JEUDI It AOUT t 0 0 8 ACTUALITES JEUX POLLUTION SUITE DE LA PAGE 1 ( http://tinyurl.com/6ltk3n).Il y a quelques jours, le New York Times avait déterré et croisé des documents montrant que certaines d’entre elles n’avaient pas 16 ans, l’âge minimal imposé par le règlement olympique.Ce à quoi les autorités chinoises ont répliqué en produisant un passeport et en disant: regardez, elle a 16 ans, c’est marqué dessus.Preuve irréfutable s’il en est, si vous voulez l’avis d'un seul homme pourtant sceptique de nature.Même si on fabrique du faux flou censé émaner du brouillard, cela ne signifie pas qu’on fabrique de faux papiers.L’entraîneure de l’équipe américaine, Martha Karo-lyi — qui forme avec son époux, Bêla, l’un des couples les plus charmants de l’histoire du sport et de l’histoire tout court —, a déclaré: «je n'ai aucune idée si elles ont 16 ans.Je ne peux pas me prononcer.C’est Peut-être vrai [que certaines n’ont pas l’âge requis].J’en ai vu une à qui il manquait une dent.» «Regardez dans leurs bouches, a ajouté Bêla.Elles ont de toutes petites dents.» Selon lui, l’âge serait un facteur de tricherie plus grave que le dopage.A moins que.À moins que le règlement ait été mal rédigé et que dans le concours'par équipes, il suffise que l’âge total des concurrentes soit de 16 ans?Ça expliquerait bien des choses, même si je ne sais pas quoi au juste.De toute manière, si vous êtes en mesure de prouver quoi que ce soit auprès de la bureaucratie chinoise, vous me ferez signe.Le plus marrant demeurant que, selon le site officiel des Jeux, l’une des gymnastes chinoises, Yang Yilin, serait née le 26 août 1992, ce qui lui donne, au terme d’un calcul complexe, 15 ans.Ça doit être une affaire de calendrier lunaire ou quelque chose dans le genre.Où l’on constate que du brouillard peut aussi émaner un vrai flou.?Depuis qu’il était si jeune qu’il lui manquait encore des dents, l’humain a entretenu une obsession: soustraire du matériel à la gravitation universelle.Cela a successivement donné Icare, la catapulte, le monte-charge à vapeur, l’aviation civile internationale et l’haltérophilie olympique.Et franchement, le tout est du plus haut spectaculaire.L'haltérophilie, je veux dire, quoique le montechar-ge ne manque pas non plus d’un certain potentiel de séduction.Le téléspectateur, je le soupçonne, force d’ailleurs plus que l’haltérophile au moment de la levée.En tout cas, hier ou avant-hier, Liu Chunhong avait l’air tout à fait fraîche lorsque, elle qui pèse 68,87 kg, eDe a expédié au plafond 158 kg.Juste comme ça.Elle fait 286 kg au total, 31 de plus que la médaillée d’aigent Mais si l’haltérophilie est affaire de force, un gros musclé n’y excellerait pas nécessairement.Il faut aussi de la vitesse, de la flexibilité, de l’agilité, de la coordination.Casey Burgener, un Américain de la catégorie des 105 kg et plus, expliquait récemment à ESPN que dans les années 1960, des tests avaient été menés tentant de mesurer l’«explosivité» des haltérophiles, et il avait été démontré que ceux-ci décollaient de blocs de dép;irt plus rapidement que les sprinters fils se faisaient rejoindre un peu plus loin, mais bon).De même, l’an dernier, le Comité olympique américain a tenu à titre expérimental un concours de sauts verticaux sans élan, et les haltérophiles féminines ont montré une plus grande impulsion que les joueuses de volleyball.«Des scientifiques sportifs nous disent aussi que nous sommes presque aussi flexibles que les gymnastes, a ajouté Burgener.Je travaille beaucoup là-dessus.Mais je ne suis pas encore capable de faire le grand écart.» ?Bon, on dit comme ça zéro médaille pour notre Canada, mais ce faisant, on court un grand risque.Il n’est en effet pas du tout impossible qu’entre le moment où ce Pulitzer est rédigé et celui où il sera publié, notre Canada fasse 63 podiums et qu’on ait l’air parfaitement idiot Ce sont les aléas du décalage horaire.Prenez par exemple une compétition qui a lieu le jeudi matin à Pékin.Elle est diffusée chez nous le mercredi soir.Mais le mercredi soir est passé l’heure de tombée du texte écrit mercredi pour le journal de jeudi.Il faut donc attendre au jeudi, où l’on écrit pour vendredi, alors qu’à Pékin il est peut-être déjà samedi si l’article est lu vendredi soir.Si donc il est écrit «hier», méfiez-vous.Ça pourrait être avant-hier, aujourd’hui, trois jours plus tard ou peut-être même la semaine prochaine.Là-dessus, à demain, même si ça ne veut pas dire grand-chose au point où on est rendu.Un calendrier ne reste après tout qu’un grand carré aux dates.Recours collectif à Toronto Toronto — Trois poursuites en recours collectif ont été intentées à Toronto, hier, à l’intention des résidants et propriétaires de commerces qui ont été contraints de quitter leur quartier à la suite de la gigantesque explosion de gaz propane survenue le weekend dernier, fa's requérants réclament des indemnités pour dommage matériel, salaires perdus et la souffrance provoquée par l’incident, qualifié de «traumatisant».Alors que des résidants faisaient part de leurs préoccupations au sujet de l’exposition du secteur à l’amiante, entre autres questions, lors d’une conférence de presse tenue dans le quartier par des responsables publics, John Santoro et sa mère lançaient une poursuite afin de réclamer 3(X) millions pour négligence, nuisance, atteinte immobilière et responsabilité.La firme Sunrise lYoprax' Energy Group et la ViDe de Toronto sont présentées comme défenderesses.In province de l’Ontario et la Technical Standards & Safety Authority (ISSA) ont été prévenues quelles seraient ajoutées à la Este.L’explosion et les incendies subséquents, au petit matin, dimanche, ont forcé l’évacuation de milliers de résidants du quartier situé dans le secteur du nord-ouest de Toronto.Un pompier a perdu la vie.Un corps a également été retrouvé sans vie sur les lieux.La Presse canadienne SUITE DE LA PAGE 1 les effets dévastateurs de la piètre qualité de l’air sur la santé des Canadiens.Selon les chiffres contenus dans le rapport, did 2031, pas moins de 700 000 personnes seront décédées des effets à long terme de la pollution atmosphérique, c’est-ariire des suites d’une «exposition chronique» s’échelonnant sur des années.Pour le Québec seulement ce nombre avoisine les 20 000.Les victimes succomberont surtout à des maladies cardiovasculaires et respiratoires.En fait de tous ces décès prématurés «graves» attribuables à la pollution atmosphérique, 42 % sont reliés à une maladie cardiovasculaire et 11 % à une maladie respiratoire.Les personnes âgées de 65 ans et plus sont les premières à en être affectées.Cette année, par exemple, elles compteront pour plus de 80 % des décès prématurés.Les auteurs préviennent en outre que «le vieillissement de la population au Canada signifie que les dommages sur la santé causés par la pollutùm atmosphérique augmenteront de façon importante dans l’avenir».«Le risque de l'exposition à la pollution atmosphérique pour les enfants et les nourrissons à la santé fragile est également accru», ajoutent-ils.Le centre du Canada devrait compter la plus grande proportion de décès prématurés «graves» causés par la pollution atmosphérique, puisque cette région comprend les deux provinces les plus grandes, l’Ontario et le Québec, qui forment 62 % de la population canadienne.«Cependant, environ 70 % des décès prématurés “graves” se produiront dans ces deux provinces, ce qui est possiblement représentatif d’une moins bonne qualité de l’air en comparaison avec les autres régions du Canada», précise le rapport.Le D’Ouellet a d’ailleurs expliqué hier que ces régions recevaient beaucoup de polluants en provenance du Midwest américain, où on retrouve beaucoup d’industries lourdes.L’Ouest canadien, qui forme approximativement 30 % de la population canadienne, compte pour sa part environ un quart des décès prématurés (graves».En plus de l’accroissement du nombre de décès, SUITE DE LA PAGE 1 qu’elle est typiquement terre-neuvienne», répliquait-on avec force.Pour un grand nombre de Terre-Neu-viens, ces régates sont un indice, parmi d’autres, de la présence d’une autre société distincte au Canada Le jeudi 7 août, le comité organisateur de la plus ancienne compétition sportive en Amérique du Nord annonçait, peu après 6h du matin, que l’événement était reporté jusqu’à nouvel ordre en raison des forts risques de brouillard, de pluie et de vents violents.Du même coup, le plus gros party de l’année sur File, sa gigantesque collecte de fonds de charité et l’arrêt quasi total des activités économiques et commerciales de la capitale venaient, pour une deuxième journée d’affilée, d’être compromis par les humeurs du ciel.L’événement a finalement eu lieu le 8 du 8 de 2008, sous un soleil presque radieux.Et la controverse s’est arrêtée.Plusieurs dizaines de coéquipiers amateurs et professionnels ont ramé sur les eaux du lac Quidi Vidi entre 9h et 19h30, encouragés par une minorité de mordus d’aviron mais peinant dans l’indifférence totale de la majorité des 50 000 personnes déambulant sur ses rives.C’est qu’il y avait plus important et plus amusant à faire.Comme gagner un toutou dans l’un des dizaines de stands tenus par des organismes communautaires.Ou manger un biscuit et boire un café dans l’abri de repos érigé par le syndicat provincial des infinnières à l’intention des aînés.Ou hésiter pour le lunch entre les croquettes de morue, les hot dogs et les currys également générateurs de revenus pour les associations de bénévoles de Saint John’s et des villages côtiers.Ou écouter de la musique traditionnelle, du rock ou du country.Et, à la condition de s’éloigner d’au moins un kilomètre de l’entrée des célébrations, siroter une bière à l’unique stand prévu à cet effet La tradition veut aussi que l’alcool coule à,flots sur la ville seulement après la fin des courses.À flots, en abondance et jusqu’aux petites heures et plus encore.Quelques changements En 1996, j’ai vécu mon prentier party post-régates, invitée par des gens qui connaissaient des gens qui connaissaient des gens, qui tenaient une soirée porte ouverte.Le bar?Un canot rempli à ras bord de bouteilles de bière couchées dans la glace et alimenté sans interruption de nouvelles bouteilles jusqu’au lever du soleil.Et, sans interruption également, de la musique récente entrecoupée d’airs traditionnels ter-re-neuviens entonnés à l’unisson par les fêtards accompagnés de musiciens amateurs.What a party! J’ignore si le canot de ces hôtes généreux était encore rempli d’akool fa semaine dernière.Je sais par contre que la programmation sportive, culturelle, ludique et philanthropique de la Royal Regatta est demeurée essentiellement fa même après toutes ces années en dépit des réels changements du paysage terre-neuvien qui.par ailleurs, sont perceptibles aux abords du lac.Sur ses pentes escarpées qui prolongent Signal Hill, des condos de luxe et un sentier aménagé ont remplacé celui, tracé par les marcheurs, qui reliait, à mon prentier séjour en 1975, le coeur de la capital?et le minuscule village de pêcheurs de Quidi Vidi.À l’entrée du lac où s’élève un énorme supermarché propriété de Loblaws mais qui porte le nom de Dominion — comme ceux qui nous faisaient bien manger avec Juliette Huot —, on vend des artichauts, de la citronnelle et des aubergines.Il n’y a pas si longtemps encore, il fallait aller chez les granos de Duckworth Street pour trouver autre chose que des patates, des carottes et des navets.Les vieilles maisons de bois multicolores du cœur de Saint John’s arborent de la peinture fraîche et les planchers de plusieurs d’entre elles ont été redressés.Il y a encore des bateaux dans le port en eaux intérieures de Saint John’s, mais peu servent à la pêche.Ils transportent plutôt des denrées, des matériaux et d’autres conséquences déplorables sont à prévoir.On estime qu’en 2031, près de 18 000 personnes seront admises à l’hôpital en raison de fa pollution atmosphérique, soit une augmentation de 62 % en 20 ans.Le nombre prévu d’admissions chez les personnes de 65 ans et plus devrait notamment augmenter de 102 % au cours de cette période.Autre preuve de l’aggravation de 1a situation, phis de 620 000 visites chez le médecin seront associées à l’exposition à la pollution atmosphérique en 2008.Ce nombre devrait passer à 940 000 en 2031 «si la qualité de l’air reste la même pendant cette période».Cela s’ajoute à un nombre accru de visites aux urgences.Tout cela a bien sûr un lourd coût économique, que M.Ouellet et les autres chercheurs de l’AMC ont chiffré à 10 milliards pour 2008.Ce montant grimpera inexorablement, pour atteindre 300 milliards en 2031.Pour obtenir ce chiffre, l’AMC a utilisé le modèle ICAP (Illness Costs of Air Pollution), qui prend en compte les meilleures connaissances et données sur la qudité de l’air, la santé humaine et l’économie afin de produire des prévisions d’effets sur la santé et de coûts en rai> port avec les changements dans la qualité de l’air.Les auteurs de l’étude, qui disent vouloir sensibiliser la population, lancent aussi un appel à l’action politique pour s’attaquer à cet épineux problème: «[.] les gouvernements doivent jouer un rôle fondamental dans la prévention et le contrôle du smog et de la mauvaise qualité de l’air par l’entremise de politiques de promotion de l’hygiène publique et de réglementations.C’est pourquoi la présente étude a été commandée: afin de prendre des décisions éclairées en se basant sur les effets sur la santé et les coûts sur le plan économique causés par la pollution atmosphérique au Canada.» Plan conservateur Réagissant aux conclusions du rapport, le ministre fédéral de la Santé, Tony Clement, s’est voulu rassurant «Nous agissons.Notre objectif est de diminuer de moitié les émissions polluantes des grands émetteurs d’ici 2015, a-t-il rappelé au cours d’un entretien avec du pétrole.Au centre-ville, les conducteurs s’arrêtent encore pour céder le passage aux marcheurs, avec ou sans bandes piétonnières, mais les autos récentes ont pris le pas sur les ntinounes.De nouveaux restaurants branchés ont ouvert leurs portes et certaines tables proposent une «nouvelle cuisine terre-neuvienne», apprêtant autrement le caribou, la morue et les baies sauvages.On peut aussi manger thaïlandais, africain, indien, français et autres cuisines exotiques à Saint John’s.Il y a 30 ans, les fish and chips dontinaient le menu de la plupart des restaurants.Xavier Georges, un ex-Montréalais aujourd’hui coordonnateur du Réseau culturel francophone de Ter-re-Neuve-et-Labrador, créé il y a un an, a vu ces indices de l’essor certain de l’économie s’accélérer dans la capitale depuis son arrivée sur l’île, il y a sût ans.«L’évolution est très rapide et les gens s’efforcent de l’intégrer.Une nouvelle génération de jeunes scolarisés pousse et, contrairement à la précédente, elle n’est pas traumatisée par les impacts terribles du moratoire sur la pêche», constate-t-il en précisant que les changements sont beaucoup plus lents, sinon inexistants, dans plusieurs petits villages côtiers.«Même à Saint John’s, où le déploiement des réseaux de télécommunications sans fil avance énormément, la haute vitesse n 'est pas encore tout q fait dans les mœurs chez bien des adultes», ajoutât-il.À la blague, certains d’entre eux disent qu’internet contrairement au micro-ondes, ne les aide pas à faire cuire leur souper.Au dire de Marie-Louise Comtois, une autre membre du Réseau culturel, les plus intéressantes retombées de l’essor économique récent de la province sont les réfections des écoles qui tombaient littéralement en ruine, la réparation des routes ainsi que l’introduction ou l'amélioration des programmes sociaux à la faveur des redevances versées au gouvernement provincial par les pétrolières.«Pour la première fois l'an dernier, les livres scolaires ont été fournis gratuitement aux enfants.À mon arrivée, j’ai appris avec stupéfaction que les familles les plus pauvres du Canada devaient payer pour les acheter», illustre cette Québécoise d’origine qui vit à Saint John’s depuis 11 ans.Pour l’instant, les ressources naturelles, bien qu’ayant dopé le PIB de 76 % entre 2002 et 2003, n’ont pas généré des emplois en qualité et en nombre suffisants pour enrayer l’exode massif des Terre-Neuviens vers les autres provinces, l'Alberta au premier chef.Le taux de chômage atteignait 13,3 % en juillet, en hausse de 0,2 % sur celui de juin Selon Statistique Canada, quelque 3500 insulaires partent chaque année et si la tendance se maintient ses démographes prévoient que la province aura moins de citoyens en 2031 qu’aujourdliui.«Les Terre-Neuviens n’aspirent pas à devenir riches.Ils espèrent surtout que les progrès économiques parviendront à créer de bons emplois pour qu eux et leurs enfants puissent continuer à demeurer ici», observe Xavier Georges.Pour l’instant ces vents de modernité et d’une certaine prospérité n’ont pas fait taire les airs d’accordéon, les chants de marin et la popularité des artistes locaux auprès des Townies, ainsi que sont désignés les habitants de Saint John’s, et les Baymen.c’est-à-dire tous les autres.«Encore aujourd'hui, dans tous les partys de Tile, même ceux des jeunes, il y a toujours quelqu’un qui sort une guitare, un violon ou un accordéon et qui entonne des airs traditionnels ou des chansons originales terre-neuviennes.Ils n’écoutent évidemment pas que ça, mais ils y reviennent toujours», note M.Georges.Comme plusieurs des insulaires temporairement basés en Alberta ou en Ontario reviennent à Saint John’s en août pour les régates et comme bon nombre d’entre eux rêvent de revenir pour de bon, comme les saumons remontant leur rivière natale pour y frayer avant de finir leurs jours.Le Devoir Demain : Musique et humour au secours de la pauvreté Le Devoir.Cela aura un impact positif sur la santé des citoyens.» De plus, a tenu à préciser le porte-parole conservateur, «le scénario évoqué dans le rapport se produira si rien n’est fait.Mais nous agissons déjà, parce que nous avons à cœur la santé des Canadiens».D a en outre assuré qu'Ottawa discuterait avec le nouvel occupant de la Maison-Blanche qui sera élu le 4 novembre pour mener des actions communes de lutte contre la pollution atmosphérique Les libéraux fédéraux ont quant à eux profité de l’occasion pour dénoncer la formation de Stephen Harper, tout comme le chef néo-démocrate, Jack Layton.«Les chiffres exposés dans ce rapport sont stupéfiants en ce qui concerne les vies humaines, a souligné ce dernier.Tragiquement, plus de 20 OOO Canadiens risquent la mort prématurée à cause de la pollution atmosphérique, ce qui en dit long sur l’inaction des conservateurs et du gouvernement précédent.Mais en choisissant un plan qui donne du fil à retordre aux grands pollueurs, nous pouvons aider à la fois notre économie et notre santé.» Pour le leader parlementaire du Bloc québécois, Pierre Paquette, «le rapport démontre clairement l’importance, tant au plan de l’économie qu’au plan de la santé, d’avoir un plan pour réduire notre dépendance au pétrole, les émissions de gaz à effet de serre et les autres polluants atmosphériques.Très clairement, les conservateurs ne vont pas dans ce sens-là.Leur plan ne propose pas de réduction absolue des émissions, mais seulement une diminution de l’intensité».La publication de ce rapport on ne peut plus éloquent survient quelques jours à peine après celle d’un autre document, celui-là de Santé Canada, qui mettait en garde contre une montée en flèche des problèmes de santé au pays au far et à mesure que les effets des changements climatiques se feront sentir.Le volumineux rapport publié très discrètement notait aussi «d’importantes lacunes dans la capacité actuelle à composer avec les risques que posent les changements climatiques pour la santé».COUPES SUITE DE LA PAGE 1 M.Coderre trouve «révoltante» l’attitude d’Ottawa dans ce dossier.«On nous dit que la culture est une dépense inacceptable.Cest abject.» Le député estime plutôt que chaque dollar versé à ce secteur «est un investissement».«Mais là, on vient de laisser tomber des dizaines d’années d’investissements qui avaient un impact réel et démontraient la profondeur et la diversité de notre culture.» Sa collègue au Bloc québécois, Claude DeBellefeuille, se disait aussi «choquée» hier, tant par l'attitude de la ministre Vemer que par les décisions d’Ottawa.«Cest bien la manière conservatrice, dit-elle, de procéder ainsi en catimini, en plein été, durant les Jeux olympiques.Ça dénote beaucoup de mépris du gouvernement envers les artistes.» Concernant la suppression du programme Pro-mArt pour des raisons essentiellement idéologiques, Mme DeBellefeuille indique «qu’il ne faut rien comprendre à la culture pour penser pouvoir juger ainsi ce qui est bon ou mauvais».Milieu en colère La consternation est aussi grande dans les milieux culturels québécois et canadien.«Nous sommes de plus en plus perplexes devant ce qui se passe indique Alain Pineau, président de fa Conférence canadienne des arts.Il y a une inquiétude croissante dans le milieu.On regarde les panneaux tomber étonné comprend pas ce qui se passe.» Le Mouvement pour les arts et les lettres (MAL) — qui représente environ 14 000 artistes — s’est dit «littéralement catastrophé» par les nouvelles.Dans un communiqué, le porte-parole Stanley Péan indique que ces décisions «appliqueront un terrible coup de frein à un secteur ayant considérablement contribué au rayonnement du Canada à l’étranger.On comprend mal que le gouvernement canadien veuille se priver d’un formidable outil de relations publiques qui Ta pourtant si bien servi depuis des décennies».L’Association canadienne de production de films et de télévision (ACPET) et l’Association des producteurs de films et de télévision du Québec (ÂPFTQ) ont aussi réagi hier, se disant «très préoccupées» par des «réductions qui risquent de ternir la réputation du Canada à l’étranger», selon Sandra Cunningham, présidente du conseil de l’ACPFT.«Faire valoir la culture canadienne sur la scène internationale ne profite pas uniquement aux artistes, cela contribue aussi à stimuler le tourisme, l'immigration, te affaires et l’investissement au Canada», dit-elle.À l’ACPET, on craint un «effritement» de l’industrie si Ottawa ne revient pas sur sa décision et si le financement n’est pas renouvelé au Fonds canadien de télévision et au Fonds des nouveaux médias du Canada.À la tête d’un théâtre qui a joué dans 32 pays et quelque 200 villes depuis 30 ans, Pierre MacDuff estime «difficile d’analyser rationnellement des décisions qui semblent tout à fait irrationnelles».«Pour nous, chaque dollar [de subvention] nous permet d’aller chercher 5,72 $ ailleurs.Ce sont des devises qu ’on dépense en partie en tournée, mais aussi beaucoup chez nous, dans notre économie.En bout de piste, ce sont des programmes qui ne coûtaient rien [aux contribuables].» M.MacDuff trouve d'autant plus étonnante l’attitude d’Ottawa que fa «culture sert souvent de lien diplomatique à l'étranger.Nous avons été la première troupe occidentale à jouer à Hanoï, au Vietnam, après la guerre, dit-il en parlant d’une tournée réalisée en 1994.Ce genre d’événement permet de consolider les liens entre les pays, d’ouvrir le chemin à de nouvelles relations commerciales».L’ensemble des intervenants politiques et culturels à qui Le Devoir a parlé depuis mardi ont indiqué être en période de réflexion et de concertation pour déterminer quelle réplique donner à la situation.La ministre québécoise de la Culture, Christine St-Pierre, a demandé mardi des explications à Mme Verner.Les conséquences des coupes dans les programmes touchent l’ensemble du secteur culturel québécois (Robert Lepage, les Grands Ballets canadiens, l’Institut national de l'image et du son, la Société des arts technologiques, les compagnies de théâtre, de danse.), première victime de ce ras-de-marée de compressions.Le Devoir Le De voir FÊTE «Les Terre-Neuviens n’aspirent pas à devenir riches.Ils espèrent surtout que les progrès économiques parviendront à créer de bons emplois.» LE DEVOIR www.Iedevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9" étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 Giü Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 514-985-3333 Comment nous joindre ?La rédaction Au téléphone 514-985-3333 Par télécopieur 514-985-3360 Par courrier redaction@letlevoir.com La publicité Au téléphone 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