Le devoir, 29 août 2008, Cahier B
LE DEVOIR.LE VENDREDI 20 AOÛT 2 0 0 8 OC ÏNMiINNMM — %‘M astgf PHOTOS JACQUKS (iRIÎNIRK I P IH.VOIK On ne va pas au Soy pour son décor simple, coquet, minimaliste, modeste.On y va avant tout pour la nourriture, chose normale qui devrait concerner tous les restaurants.Les grandes Milos esttaturlo Les plâts que vous aimez.STAtllAM "% TW MÊËê X, en menu dégustation S75.00 Fine cuisine quètiécoise P.stiatorio Milos 5357 avenue du Pare T.51 4.272.3522 Vieux-IVIoiitrcal 405 Ronsecours 514 282-1725 www.pierreducalvet.ca Athènes New lork Petite Italie VERS E S léXsfiM BM _ PNmàii.MÊê-m Service volet VALET PARKINt CUISINE CONTEMPORAINE FRANÇAISE 100 ST PAUL OUEST VIEUX-MONTREAL 514788 4000 TERRASSE SUR LETOiT VERSESRESTAURANT.COM B 8 LE DEVOIR, LE VENDREDI 29 A O I' T 2 0 0 8 Des photos de la madame pour Playboy remontent à quelques années.Qu’une p’tite Québécoise se fasse croquer le minois par le célèbre magazine avait bien fait jaser à l’époque.ean-Yves Girard Bianca arrive toujours précédée d’un titre qui en jette: «la reine du latex».Cette couronne lui vaut une notoriété cyberplanétaire.Elle s’appelle Bianca.Un prénom prédestiné: bécot en entrée de jeu, puis coup de cravache.Dans son univers parallèle où les fantasmes prennent chair et où elle déambule généralement sur des talons de huit pouces, Bianca arrive toujours précédée d’un titre qui en jette, «la reine du latex».Cette couronne qu’elle n’aime pas porter (par humilité) lui vaut une notoriété cyberplanétaire.Dans les grandes noubas fétichistes de Londres, Berlin, Miami ou New York qu’elle pimente de sa présence, Bianca est reconnue, célébrée, vénérée: il n’est pas rare qu’on lui baise les bottillons.Littéralement Sous les accoutrements révélateurs de cette créature aux courbes improbables, qu’on dirait échappée d’un dessin animé (certains lui trouvent un je-ne-saisquoi de Jessica Rabbit femme fatale vavavoum d’un film de Disney qui mariait animation et prise de vue réelles) ou d’un jeu vidéo pour ados suintant le sébum (Lara Croft), se cache une fille comme vous et moi.Baptisée en l’honneur de Bianca Jagger — ex-femme de Mick et égérie du Studio 54 —, Bianca Beauchamp a poussé son premier cri à la fin des années 70 dans Hochelpga-Maisonneuve.Quartier difficile, famille nucléaire.Etudes au privé.Elle souhaitait devenir professeure de français au secondaire, rêvant peut-être de mater toute une classe de turbulents (et de mettre au programme Justine ou les malheurs de.la vertu?).Alors qu'elle complétait sa deuxième année universitaire, son superviseur découvrit «par hasard» un site web dans lequel la jolie brunette aux très bonnes notes dévoilait un côté d’elle qu’il ne lui connaissait pas.«C'était des photos de moi en latex.Et contrairement à aujourd’hui, il n'y avait pas de nudité.» N’empêche.Résultats: une faculté en émoi et un ultimatum pour la coquine.Qui a choisi son camp.Et qui, dix ans plus tard, vit de sa passion en tandem avec son copain photographe, prend la pose avec un véritable talent de mannequin-caméléon, court le monde, tient solidement les rênes de sa carrière et jure n’avoir jamais regretté sa décision.Je suis arrivé à notre tête-à-tête — chez elle, à Rosemont — looké pour l’occasion: jean noir, bottes de cuir et bien sûr, mon t-shirt fétiche.Javais fait mes classes, surfant sur le site officiel de l’ex-maîtresse d’école en herbe.Une décennie phis tard, son superviseur en avalerait ses stylos par le bout pointu.Soit, je n’ai pas pu tout voir car il faut payer.Mais dans ce que j’ai entraperçu, il nV a pas de quoi fouetter un chat on voit pis à Musique Plus, dans ces vidéodips où des filles-accessoires en microkini se tortillent comme du bacon au niveau des godasses de rappeurs bling-büng blasés.Je suis également arrivé «par hasard» sur des photos de la madame pour Playboy qui remontent à quelques années.Qu’une p'tite Québécoise se fasse croquer le minois par le célèbre magazine aux excellents articles avait bien fait jaser à l’époque.La veille, j’avais visionné son docu-réalité tourné l’an dernier, pendant le troisième Week-end fétiche de Montréal, qui sera présenté en première ce soir avec tout le tralala qu’on imagine (ou qu’on ne peut même pas imaginer).Les aficionados apprécieront Ils revivront l’anticipation, les préparatifs, les contorsions cir-cassiennes pour se couler dans un kit ultramoulant les sourires de Bianca, la plastique de Bianca, l’entourage de Bianca, les faut-pas des autres (comme dans: faut pas porter ça avec ça), la foule bigarrée accourue en grande partie des États-Unis et de l’Europe, les spectacles hauts en couleurs (et en douleurs).Les non-initiés — si, d’aventure, ils tombent dessus — regarderont le tout comme s’ils visionnaient un reportage de National Geographic sur une peuplade aux mœurs insolites déterrée dans une jungle lointaine, voire martienne.En sç disant: ben voyons donc, kessé-sa.c’est pas possible! A la différence que cette curieuse tribu ne vit pas cachée à Boméo-les-Bains: demain soir, elle exhibera son faste et sa folie rue Saint-Denis, autour du Medley, prenant le frais foufounes au vent ou grillant une dope à travers un masque à gaz.JYG: A une semaine du Week-end fétiche, en tant que porte-parole, figure de proue et tète d'affiche, j'imagine que tu ne sais plus à quel saint te vouer.HB: Oui, et je donne des entrevues tous les jours: Voir, Ici, Mim>r, CKOI, Benoit Dutrizac.il y aura aussi des télés.J’ai déjà passé à Deux filles le matin.L’intérêt des médias augmente chaque année.Les tabous semblent tomber.JYG: Depuis que tu fréquentes ce milieu, tu as remarqué un changement?BB: Oui.Tout à fait.Avant, le fétichisme était très asso-dé avec le sadomasochisme, ce qui n’est pas nécessairement la même chose.Et les endroits ici où on pore vait s'habiller en latex ou en cuir — ce qui est plus le fétichisme d’un objet ou d’un vêtement —, c’était des clubs où il y avait des maîtres et leurs esclaves, du ligotage, tout ça, ce qui fait que les gens avaient beaucoup de préjugés.Aujourd’hui, je dirais que la portion sado-maso est plus minoritaire comparée à la portion glam, mode, avec l’influence des stars américaines qui portent souvent du latex dans les vidéos, et les films aussi, qui en montrent de plus en phis.Et c’est tant mieux.JYG: Ce milieu reste un mystère quand même.En plus, ce matériau n’est pas pour tout le monde.C’est comme une deuxième peau.H ne pardonne pas les poignées d’amour et les reliquats de poulines western.BB: Oui, le cuir se porte plus aisément Pour une fiDe.à la limite, tu mets un corset Un peu de gras, c'est pas grave pour une femme dans ce milieu-là.JYG: Qu’est-ce que les journalistes te posent comme question niaiseuse?BB: Ds ne savent pas comment fa formuler, ils ne veulent pas t'offusquer «Oui mais qu'est-ce qui se passe dans ces soirées?Oui mais vous vous habillée comme ça?» Ds s'attendent à ce que tu répondes: moi, je fouette plein de monde, je les attache et ça va jusqu’au sang.JYG: Justement tout à l'heure, je cherchais dans ton appart les objets, fouets, harnais, pinces à mamelons.Vous les cachez bien.Bianca Beauchamp prend la pose avec un véritable talent de mannequin-caméléon, et court le monde.MARTIN PERREAULT Le fétichisme pour les nuis Ce week-end, Montréal devient la capitale du fétichisme.Ça va faire mal?BB: (Elle rit).Des jeux en privé, ok, mais ma photographie, c'est du fétichisme, du soft erotica.C’est vrai que j’incorpore parfois un peu de bondage.(Le bondage est une pratique érotique qui consiste à immobiliser, à l'aide d’entraves, le corps de son/sa partenaire, dans sa totalité ou en partie.Pour le psychanalyste Otto Rank, le sujet cherche à retrouver au travers son immobilisation la situation voluptueuse de l’immobilité intra-utérine dans le ventre de sa mère (Wikipedia).JYG: On dirait que le fétjchisme vestimentaire, c’est plus une affaire de femmes.A preuve, sur l’affiche de l’événement placardé dans tout le centre-ville, il y a toi et deux autres demoiselles lovées dans vos atours astiqués, et puis il y a un gars tout seul, pauvre ti-pit écrasé dans le coin.Même ton documentaire est très axé femme.BB: Nous sommes les icônes du fétichisme en ce moment; moi pour la photographie: Jean Bardot (une Américaine de Minnesota fan de Barbarella), qui a fait plus de 25 films; et Rubber DoD (une Floridienne et ancienne secrétaire) qui est connue mondialement pour ses performances sur scène.Nous regrouper les trois ensemble avait un sens.JYG: Mais j'imagine que les femmes aiment voir des gars en latex?BB: Je dirais que plusieurs femmes aiment voir d’autres femmes en latex.JYG: Ah oui, j’oubliais, tu es.BB: Bisexuelle affichée.Même les femmes qui ne sont pas bi me trouvent assez accessible pour être en confiance, elles sentent que je ne suis pas une menace pour elles ou leur couple.Pour en revenir à mon film, je le vends sur mon site web, et les hommes sur mon site veulent voir des femmes.C'est l’offre et fa demande.Par contre, dans fa scène fetiche, dans les clubs, on voit beaucoup d'hommes en cuir, latex, pvc, gothique, médiéval, manga japonais, peu importe le kink.JYG: Tu as déjà dis que, dans ces soirées, les gens sont plus respectueux que dans un bar normal, même si tu es à moitié nue., BB: Je trouve que les hommes qui vont dans ces par-tys ont vraiment une admiration pour fa femme.Donc, quand ils en approchent une.ils ont tendance à fa res- pecter et si la femme dit non, ils n'insisteront pas.Alors que dans les bars «normaux», c’est une autre énergie que j’ai de la difficulté à décrire.Avant d’aller dans une soirée fétiche, les gens y ont pensé longtemps à l’avance, ils ont pensé à leurs vêtements, à qui ils veulent rencontrer.C’est plus réfléchi et moins émotif que dans les bars.Faudrait que tu viennes pour pouvoir juger.Alors que Martin, son copain, pianotait sur son clavier d’ordi dans un angle du vaste loft, Bianca et moi avons ensuite discouru sur un sujet pointu qui est arrivé comme ça, boum, sur le tapis: sa poitrine, qui tient un rôle important dans son film, dans sa vie de tous les jours aussi.Sur le web et en personne, Bianca ne fait pas un mystère de fa fausseté de ses nénés, raconte leur pedigree, assumant fa tête haute sa volupté chèrement acquise.JYG: fle feu aux joues).Je m’excuse d’être aussi direct, mais est-ce du même calibre que Pamela Anderson?BB: C’est plus petit Beaucoup plus petit JYG: Paraît qu’elle s’en est fait enlever.BB: Oui, et elle s’en est fait rajouter.JYG: Ça fait beaucoup de chirurgie.BB: Photoshop est le meilleur ami de Pamela Les chirurgies laissent des cicatrices.Les gens me demandent tout le temps si je les ai fait refaire pour ma carrière et je réponds non.Parce que j’aimais pas mes seins, ils étaient moches.Par contre, est-ce que ç’a aidé ma carrière?C’est évident.Je n’aurais pas fait 1a couverture de Playboy avec la forme naturelle de seins que j’avais avant JYG: Qu'est-ce que tu réponds aux femmes qui dénoncent fa dictature des gros rotoplots, l’usage effréné de chirurgie esthétique?BB: Oui, oui, les féministes.L’an dernier, fa boutique SexCité a fait une campagne de pubbdté dans le métro, avec moi sur la photo.Quand je prenais le métro, je voyais des collants sur les affiches qui disaient «Non à la bimbo», «Non à la femme-objet».Ça m’a toujours fait rire parce qu'un vrai gros sein naturel, on va jamais en parler sauf pour dire que celle qui l'a est chanceuse, mais une femme qui a de petits seins et qui se fait poser des prothèses, c’est inacceptable.Pourtant on se fait po- ser des broches pour redresser ses dents, on colore ses cheveux.D y a des femmes qui aiment avoir des gros seins.Ce n’est pas se considérer comme un objet c’est d’avoir le désir d’être satisfaite physiquement A ceux qui disent qu’il faut apprendre à s’aimer comme on est je réponds: apprenez à vous aimer avec votre couleur d’yeux et de cheveux avant de venir me critiquer, moi ou n’importe qui d’autre qui se fait refaire le nez.JYG: Mais les roberts, c’est pas comme les paupières ou le triple menton.BB: Oui, je sais, c’est relié au sexe, mais c’est aussi une partie du corps.Si une femme le fait pour elle, où est le problème?C’est quand même moi qui les porte, et qui vis avec le regard des autres, et qui le vois bien que certaines femmes chuchotent entre elles quand je passe dans fa rue, qu’elles rient et me pointent du doigt Je m'excuse, mais le Québec est un peu arriéré.Je vais à New York, San Francisco, Los Angeles, et personne ne me pointe du doigt C’est sûr que ça me dérange, ça me blesse un peu quand ça arrive, mais c’est ma décision.Tétais pas obligée de les prendre aussi gros.Taime penser que je suis une femme intègre.Ça fait 14 ans que je suis avec mon conjoint ü m’a connu avec mes vrais, il m’a aimée comme ça, l’amour n'a pas augmenté en même temps qu’eux.Puis la diablesse au visage d’ange a sorti l'artillerie lourde: «Tas des beaux bras, tu sais, tu devrais mettre un top sans manches.Avec tes yeux bleus, un chandail en latex transparent, ce serait écceurant.» Je vous le demande: comment résister?Trois jours plus tard, je butinais chez Priape, dans le Village, au sous-sol.J’en suis ressorti avec un top sans manches made in Québec par Polymorphe (140 $) qui me va comme un gant (de vaisselle) et le lubrifiant approprié pour que je reluise comme une luciole demain soir.Aie! ¦ Vendredi: AU Acess 2: Rubberized, le film.Tapis rouge.19h, projection, 21h.Théâtre Olympia, 1004.rue Sainte-Catherine Est Montréal.¦ Samedi: Latextacy, Ultra-Glam Fantasy Fashion Ball.Dimanche: Fashionasia - La nuit des masques, Le Medley, 1170, rue Saint-Denis.jyg90[à hotmail, corn
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