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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier E
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2008-08-30, Collections de BAnQ.

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CINÉMA Regarder autrement le conflit Israël-Palestine Page E 7 DE VISU Le Mouvement Art Public envahit les abribus Page E 5 .vuVVA ,V.ÿTfWjJ ¦ I ^ÎSim m • “'Ht» ou dire 1’ PEDRO RUIZ LE DEVOIR Dms Seuls, l’homme de théâtre se fait polyphonique en jouant et en mettant en scène son propre texte.entre autres MICHEL B É LAI R Il y a la vie et il y a la mort tout près, toujours.Il y a ces abîmes de silence aussi qui nous éloignent les uns des autres et qui mènent souvent sur le chemin des désespoirs, à la violence et à l'illusion de la cause à défendre, quelle qu’elle soit, et qui ne parvient au fond, qu'à nous éloigner de nous-mêmes.Rien de moins.Voilà le genre d’unhærs dans lequel on est plongé 30 secondes à peine après avoir amorcé la conversation avec Wajdi Mouawad.Il est quelque part en France entre Toulouse et une salle de spectacles: depuis sa création à l’Espace Malraux à Chambéry, en mars, il a déjà joué Seuls une quarantaine de fois à travers la France, jusqu’en Suisse et en Belgique.S’il faut en croire les collègues français du Monde, de Libé et de RFI, Seuls fut la révélation du dernier Festival d'Avignon.où notre dramaturge sera «artiste associé» l’été prochain, on vous l'a dit déjà.La production s'amène au Théâtre dAujourdbui avant d’aller passer un peu de temps au Théâtre français du CNA que dirige, bien sûr, le sieur Mouawad, un homme intense aux talents diversifiés, on le sait déjà, aussi.L'entrevue s'est déroulée au téléphone, en début de semaine.Tout s'est dit autour d’une question multiple faisant suite aux civilités d’usage et salutations diverses échangées sur le mode moyen-oriental.Pourquoi y a-t-il un «s» à Seuls?Comment est arrivé soudai- nement cet objet que personne n’attendait?Et surtout, c’est quoi cette idée d’écrire, de jouer et de mettre soi-mème en scène ce que certains ont décrit comme «un sob multimédia»?Hum?Envies communes On l’entend réfléchir à l'autre bout du fil: Mouawad parle beaucoup, c’est vrai, mais il réfléchit encore plus.In plupart du temps en différente.» parlant, d’ailleurs.11 dira d’abord qu’il pensait à un solo depuis l’an 2000 et que, en même temps, il n’arrivait pas à «n\ême penser écrire un Jttowo/ogKe».A l'époque, il mit fin à ses angoisses littéraires en choisissant plutôt de coécrire Ce n’est pas de la manière qu’on se l'imagine que Claude et Jacqueline se sont rencontrés avec la chorégraphe Estelle Clareton.Ce n’est en fait qu’après la création de Forêts, à Chambéry, que le directeur de la Scène nationale, Jean-Paul Angot — littéralement soufflé par la pièce —, lui fait une proposition qu’il ne peut pas refuser.«Jean-Paul venait d’assister à la première, puis à la deuxième, à la troisième et à la quatrième de Forêts et, lors d'un repas, il m'a dit qu’il voulait absolument que Je continue à travailler dans son théâtre et, du même coup, il m’a proposé le statut d’“artiste associé” à la Scène nationale.J’avais jusqu’à 2010 pour monter un nouveau spectacle.Comme c’est une véritable association et que la colbboration de l’équipe de Chambéry a été extraordinaire lors de b création de Forêts, j’avais le goût de travailler avec ces gens.J'ai but de suite pensé à mon projet de spectacle sob, et fai senti qu’il Mbit le Jam tout de suite, indépendamment de tout, même de Ciels [le quatrième élément de son Quatuor après Littoral, Incendies et Forêts] sinon ça ne se ferait pas.Jean-Paul est au cœur de l’aventure, il a été le déclencheur.C’était il y a deux ans et demi déjà.Seuls, c’est donc aussi une hisbire d’amitié et d’envies communes: j’ai voulu en profiter pour explorer des parties de moi que je ne connaissais pas.» Autre court silence, le temps de respirer par le nez, puis Mouawad reprend le fil et poursuit de sa voix tout aussi éteinte que brûlante d'intensité.«Tout de suite, je me suis mis à travailler avec une série d'images et surtout avec la volonté profonde de dire autrement ce que j’avais à dire.Certaines de ces images cobraient déjà mon premier projet de solo, sortes d’ancres dans ma vie: l’importance de l’art, du théâtre, de Robert Lepage; ma fascination pour les armes blanches, les couteaux et les cordes; pour la parole aussi et la langue maternelle per- due depuis longtemps.C’est tout cela que je voulais amener avec moi en salle de répétition, tout ce matériau brut à creuser.» Une autre dynamique Une trame s’est imposée, peu à peu; il nous en donnera tout à l’heure les grandes lignes.Et lorsque Mouawad a commencé à travailler avec les concepteurs du spectacle — Emijianuel Clolus à la scénographie, Eric Champoux aux éclairages, Dominique Daviet aux vidéos et Michel Maurer à la musique —, une dynamique complètement différente s’est installée puisqu’il n’y a pas d’autres intervenants que Mouawad dans le spectacle.«Ils se sont mis à parler, reprend le metteur en scène, ce qu’ils ne font pas habituellement.C’est Emmanuel [le scénographe), par exemple, qui m’a fait réfléchir sur mes rapports mégalo-maniaques à la performance à travers cette manie de but faire: le texte, les vidéos et même la musique! C’est à partir de ces commentaires qu’est venu aussi le fameux “s” de Seuls, qui fut un autre déclencheur majeur dans la construction du spectacle.Cette seule lettre élargit et multiplie considérablement la portée de but le projet! Farce que, oui, je suis seul et tous nous sommes seuls.Qu’à l'intérieur de nous, aussi, on est seuls de façon multiple et que b voix de chacun de ces êtres seuls est différente.» Mais il y a aussi que Mouawad tenait mordicus à ce que le spectacle ne soit pas «un texte mis en scène».Il soutient même qu’on ne peut pas lire seulement le texte de Seuls, que ce serait comme amputer Incendies de la moitié de sa distribution.Le livre que publie Leméac/Actes Sud dans quelques jours est d'ailleurs construit en deux temps reflétant bien cette préoccupation.Ix: dramaturge explique que, dans la première partie, il raconte le lien entre l’auteur et la forme — texte, images, réflexions — que prend peu à peu le spectacle alors que l'autre proposera le texte de Seuls avec des images tirées de la tournée européenne de la production.Au téléphone, le comédien-metteur en scène-dramaturge-directeur de théâtre parle d’une écriture multiple aussi.Polyphonique.Qui dépasse le rapport de l’acteur au texte et qui fait que tout est écriture: «Tout.Le son, b vidéo, le texte, la musique, la lumière.M bon extrait vidéo, le bon son au bon moment, c’est exactement b même chose qu 'une bonne réplique».Et tout ça pour raconter quoi?L'histoire d'un type vaguement libanais ayant longtemps vécu au Québec et qui fait sa thèse de doctorat sur Robert Ix'page.Harwan rejoindra Lepage à Saint-Pétersbourg et, au musée de l'Ermitage, où il verra Le Retour du fils prodigue, de Rembrandt, il connaîtra une «violente» remise en question.Autour de quoi tourne cette «violente» remise en question?On entend Wajdi Mouawad sourire au bout du fil, comme si tout revenait toujours à la même situation de base et que l’on parlait toujours du jeu et du vrai aussi qui se cache, qui se montre plutôt sous les artifices du théâtre.«C’est un choc qui lui permet de sortir de son rapport "scolaire” à b vie, celui qui fait que Ton se définit d’abord par son titre, par son emploi du temps: je suis metteur en scène, journaliste au Devoir, comédien, machiniste.Il s'agit de s’extraire d’un monde, d’un moule de pensée, d'une façon de faire et de se brancher sur l’essentiel.sur ce qui nous fait rêver et atteindre l'intensité et l’authenticité.» Ce ne sont peut-être pas vraiment les mots qu'il a employés, mais c’est très certainement ce qu’ils voulaient dire.Là-dessus, le directeur artistique du Ihéâtre français du CNA enfonce le clou en me confiant qu’il voit Seuls comme une sorte de dernier virage avant la ligne droite, au bout de laquelle il aura terminé son exploration du médium théâtre.Il semble de plus en plus fennement décidé à passer à autre chose.«Après Ciels, après Avignon, après mon mandat au Théâtre français et b mise en scène des pièces de Sophocle: l'échéance est quelque part, je le vois clairement, dans trois ou quatre ans.» Il faudra peut-être se faire à l’idée.Le Devoir SEULS Spectacle écrit, joué et mis en scène par Wajdi Mouawad.Au Théâtre d Aujourd’hui jusqu’au 4 octobre et au CNA dès le 14 octobre.À l’intérieur de nous, aussi, on est seuls de façon multiple et la voix de chacun de ces êtres seuls est E > L E DEVOIR, EE S SAMEDI 30 ET DI M A X ( H E 3 I AOUT 2 0 0 8 CULTURE DANSE Déferlante toute féminine Sylvain Émard clôt sa trilogie La Climatologie des corps avec Wave, un quintette de jeunes danseuses LILI MARIN Pour la première fois de sa carrière, l’auteur de Pluie et de Temps de chien signe une chorégraphie avec une distribution exclusivement féminine.Résultat?«On a réussi à trouver une grande force, particulière à un groupe de femmes.Ça se déploie de façon différente.C’est comme une puissance sourde, latente, mais toujours présente», affirme le chorégraphe montréalais, joint par téléphone aux Pays-Bas, à quelques heures de la première mondiale de son nouveau spectacle.Après sept représentations en huit jours, dont une en Allemagne, il reviendra à Montréal pour le présenter, avant d’entreprendre une tournée qui le mènera au Royaume-Uni, en France, ainsi qu’un peu partout au Québec et au Canada.«C’est la première fois qu'on a autant de choses sur la table avant que le spectacle MICHAEL SI.OBODIAN Sylvain Émard sorte», se réjouit Sylvain Émard, qui — est-ce une coïncidence?— prenait la relève de Robert Lepage à la mise en scène de l’opéra 1984, d’après le roman de George Orwell, à la prestigieuse Scala de Milan ce printemps.Autre première ,sur la feuille de route de Sylvain Emard: un titre en anglais.Bien que Wave soit une coproduction internationale, il ne s’agit pas d’un choix visant à faciliter l’exportation.Il a plutôt à voir avec la double signification du mot dans la langue de Shakespeare, qui se réfère autant à la vague, au mouvement infini, qu’aux ondes.Parce que si Wave apparaît comme une déferlante de mouvement, qui se passe d’une danseuse à l’autre, c’est aussi une métaphore des change ments environnementaux qui ont lieu à la grandeur de la planète.Pour exprimer ce qui nous traverse et nous.transforme à notre insu, Sylvain Émard fait appel à la vidéo, qui vient jouer un rôle particulier, grâce à un support de projection tout en transparence.«La lumière de la vidéo m’intéresse parce qu'elle est en mouvement.» Le chorégraphe a eu le loisir d’expérimenter des effets visuels, grâce à des périodes de résidences à l’Usine C, à Montréal, à Station Zuid, aux Pays-Bas et au Grand Théâtre de Lorient, en France.«]e ne me lancerais pas dans une aventure avec la vidéo si ESPACE 60 2008/2009 L'ART DE LA DIFFERENCE ïsflff''' 'liB JOfRf DU 9 SEPTEMBRE AU 11 OCTOBRE 2008 ET ROGER LA RUE ASSARO assisi ano A (A MISE en SCI NI GENEVltVl LAGACt otaw ft Acrasomt* GtNEVltVE UZOTTE cosml UNE PRODUCTION ESPACE GO je n’avais pas accès à au moins deux périodes de résidence, parce que c’est énormément de travail et, si tu veux faire quelque chose d’original, qui va dans le sens de la pièce que tu es en train de créer, ça prend du temps.Toute chose technique prend du temps.C’est comme le cinéma, c’est long à s’installer, c’est long à modifier.» Sylvain Emard accorde cette fois-ci une plus grande place aux images, pas nécessairement figuratives, qu’a concoctées le vidéas-te Francis Leclerc (pas celui A’Un été sans point ni coup sûr, mais celui qui a travaillé à Champ libre et agi comme directeur technique pour La La La Hupian Steps).Avec la lumière d’Étienne Boucher sur les projections, ces images deviennent parfois presque «subliminales».Tout cela se superpose à un mouvement plus libre, sorti de son carcan, mais pas moins chorégraphié.«Ça respire un peu plus», pense l’auteur du très formel Mensonges variations.Et ce n’est pas étranger aux interprètes, «aguerries, malgré leur jeune âge».«Ce que j’admire beaucoup chez les femmes, c’est leur résilience.J’observe ça davantage ANGELO BARSETTI Catherine Viau et Megan Walbaum dans une scène de Wave Odile Tremblay La chronique d’Odile Tremblay sera de retour dans trois semaines.* Le courant passe entre Aymar et h comédien.La sate eat tout de suite conquise par le duo et par le voyage qui s'amorce.» Josée BHodeau, SRC *[.] la comédien Frédéric Blanchette [.J nous offre un pur moment de gréca.Véritable tour deforce [.J Certes un fort moment de la rentrée.» Jade Bétubé, La Presse ANTÔ ulement I S Texte MANSEL ROBINSON Traduction JEAN MARC DALPÉ Mise en scène ANDRÉ PERRIER Avec Frédéric Blanchette et Aymar Une production du Théâtre Triangle Vital En codiffusion avec La Manufacture________________________________________________ Musqué onginnkj Stewart MacDougalf > Si c >.> a|hc Julie Deslauriers /Costumes VÎvianne L «combe ÊcLeragos ut nss«tance Julie-Anne Parenteau Comfort Project*ms Vincent Germain Théâtre la Licorne / 514.523.2246 / 4559.Phixnonu.Montreal OC • www ibu.'iio.i-occ'mc com ali 2 au 6 septembre 2008 / mardi ot mercredi 19h / du jeudi au samedi 20h / Triangle Vital «wo^rii'.UT.irnvyjlnvtal com ezm £ RÉSEAU ADMISSION 614,790 1245 Ou 1 800.301 4596 que chez les hommes», dit Sylvain Émard, qui a monté, juste avant, aux Pays-Bas, une chorégraphie pour une distribution exclusivement masculine, 7X2.Les deux premiers volets de La Climatologie des corps , Pluie (2004) et Temps de chien (2005), comptaient un nombre égal d’hommes et de femmes.Les spectateurs de Glasgow auront la chance de voir la trilogie au complet cet hiver.«C’est rare que ça arrive», note Sylvain Émard, qui trouve trop triste que de très bonnes pièces de répertoire ne soient pas revues plus souvent, comme celles de Jean-Pierre Perreault, pour qui il a dansé avant de passer à la chorégraphie.Collaboratrice du Devoir WAVE Chorégraphie de Sylvain Emard, avec Karissa Barry, Sarah Murphy, Erika Leigh-Stirton, Catherine Viau et Megan Walbaum, à l'Usine C du 9 au 20 septembre.L’AGENDA ' ' L’HORAIRE TÉLÉ, LE GUIDE DEVOS SOIRÉES Gratuit dans Le Devoir du samedi LE DEVOIR L’ABONNEMENT LE PLUS FLEXIBLE EN VILLE! CHOIX DE 9 SPECTACLES PRÉSENTE PRÉSENTE PRÉSENTE OH LES BEAUX JOURS CEUX QUE L’ON PORTE LE BRUIT ET LA FUREUR DE SAMUEL BECKETT MISE EN SCÈNE D’ANDRÉ BRASSARD D’ANDREW DAINOFF MISE EN SCÈNE DE VINCENT-GUILLAUME OTIS DE WILLIAM FAULKNER MISE EN SCÈNE DE LUCE PELLETIER PRESENTE CET ENFANT CIE LOUIS BROUILLARD (FRANCE) PRÉSENTE LA COMPLAINTE DE DULCINÉE PRÉSENTE LE COMPLEXE DETHENARDIER TEXTE ET MISE EN SCÈNE DE JOEL POMMERAT DE DULCINEE LANGFELDER MISE EN SCÈNE D’ALICE RONFARD DE JOSE PlIVA MISE EN SCÈNE DE DENIS MARLEAU PRÉSENTE PRÉSENTE LA GRANDE MACHINERIE LES PIEDS DES ANGES DU MONDE PRÉSENTE MYCOLOGIE TEXTE ET MISE EN SCÈNE DE PATRICE DUBOIS D’EVELYNE DE LA CHENELIÈRE MISE EN SCÈNE D’ALICE RONFARD TEXTE ET MISE EN SCÈNE DE STEPHANE CRÊTE WWW.ESPACEGO.COM 4890, BOULEVARD SAINT-LAURE NT, MONTRÉAL (QUÉBEC) H2T 1RS espace go 514 845-4890 admission 514 790-1245 Québec ïï” 'né Q/ Hydro Québec PAKUNAIRt DI SAISON transat Vous ne les connaissez pas?Pourquoi?Ils sont célèbres dans le monde pour leur virtuosité ! 20 ans 10.09.08 Le Nouvel Ensemble Moderne présente son concert d’ouverture le 10 septembre prochain à 20 heures, salle Claude-Champagne, U de M H Gnu! rney[nv lenem.ca e.I 4 1.K I) K V 0 I H .LES S A M EDI 3 0 ET DI M A X < HE 31 A 0 T T 2 0 « S CULTURE K H MUSIQUE CLASSIQUE CIRQUE Cinq compositeurs à découvrir CHRISTOPHE HUSS Le disque compact donne d’innombrables occasions d’écouter des musiques qu’on n’entend jamais au concert.Voici cinq découvertes ou redécouvertes à partager entre amis mélomanes.ALYABIEV Ouvertures, Symphonie n° 3, Variations sur un thème ukrainien, La Tempête.Musica Viva, Alexander Rudin.Fuga libera FUG 539 (SRI).Lors du bilan de la présente décennie, la musique d’Alexander Alyabiev (1787-1851) sera peut-être l’équivalent de ce que représenta Joseph Martin Kraus dans les années 1990: la plus importante redécouverte d'un compositeur oublié.On rappelle que Kraus est un exact contemporain de Mozart qui vécut en Suède.Le Russe Alexander Alyabiev est lui, le décalque musical le plus étonnant de Rossini (Yuli Tu-rovsky avait enregistré un trio de ce compositeur avec le Trio Borodine chezChandos).Les Ecrits sur la musique (1827-1846) de Joseph (J’Ortigue, compilés par Sylvia L’Ecuyer et édités en 2003 par la Société française de musicologie, nous montrent à quel point dans les années 1820 à 1840, s’était créée une opposition entre partisans de Rossini et partisans de Beethoven, opposition dont nous n’avons plus conscience aujourd’hui.Il fallait bien qu’un jour réapparaisse un vrai disciple de Rossini.Voici donc Alyabiev, dont je vous laisse découvrir, grâce à la notice du disque, la vie digne d’un roman: même orchestration, même verve, même élan, même humour.Phis intéressant encore, Alyabiev ouvre également la voie à Glinka, le fa-ipeux «père de la musique russe».Ecrit autour de 1827, le court tableau symphonique La Tempête en est un bon exemple.Voici assurément l’un des dix CD de l’année.FREITAS BRANCO Symphonie n° 1 (1924), Scherzo fantastique (1907), Suite Alentejana n° 1 (1917).Orchestre symphonique national de la Radio irlandaise (RTE), Alvaro Cassuto.Naxos 8.570765 Si vous nous êtes fidèles, le nom de Luis de Freitas Branco (1890-1955) vous dira forcément quelque chose.Au même titre que Glinka est le «père de la musique russe», Luis de Freitas Branco est le «père de la musique portugaise» — l’autre grand compositeur portugais est Joly Braga Santos, son élève.Et si vous pensez qu’un compositeur jugé mineur ne peut pas écrire de grandes choses, écoutez l'andante de la Symphonie «° I sur ce disque! Si le nom de Freitas Branco vous est peutètre connu, c’est parce que Vlctantirr »bie> le violoniste montréalais Alexandre da Costa a enregistré son Concerto pour violon (disques XXI) et que la Z Symphonie de Freitas Branco se trouve sur un disque Atma.La 2 Symphonie du compositeur portugais attestait d’une similitude avec la Symphonie en ré de César Franck.C’est aussi le cas de cette irrésistiblement belle J" Symphonie, qui date de 1924 et paie surtout son tribut à Franck dans le finale.Cette grande redécouverte est couplée à im scherzo inédit et à une suite reposant sur un folklorisme charmeur, à la Canteloube ou à la Chq-brier, mais «made in Portugal».A prix Naxos, ce CD est une aubaine.WÔLFL Symphonies en sol mineur op.40, dédiée à Luigi Cherubini.Symphonie en ut majeur op.41, dédiée à Johann Peter Salomon.(+ Grand Duo pour violoncelle et piano).Pra-tum Integrum Orchestra.Caro ML tis SACD CM 0022005 (SRI) Joseph Wôffl (1773-1812) est surtout connu comme un pianistecom-positeur, rival, en son temps, à Vienne, du grand ludwig van Beethoven.Voici ses deux opus symphoniques.La période dans laquelle Wôlfl a vécu laisse augurer une influence haydnienne, mozartienne, ou, au mieux, une fascination envers les premières révolutions bee-thovéniennes.En fait c’est surtout Haydn qui offre le meilleur point de repère.La dédicace à Cherubini de la Symphonie en sol mineur {opus 40 et même tonalité que la 40 Symphonie de Mozart) s’explique par la longue présence de Woelfl à Paris au tournant du X3X* siècle.Tous les conservateurs de l’époque ont dû adorer ce travail d’une maîtrise remarquable.VOpus 41 est plus dramatique et aventureux.Si vous vous intéressez au répertoire symphonique du tournant du XIX' siècle, Wôlfl est aussi intéressant qulgnaz Beck, Friedrich Witt ou Samuel Wesley.Excellente interprétation russe sur une nouveDe étiquette de disque dont le nom étrange évoque davantage une infection fongique que la musique classique.HAUSEGGER Natursymphonie, pour grand orchestre avec chœur final.Chœur et orchestre symphonique du WDR de Cologne.Ari Rasilainen.CPO SACD 777 237-2 (Naxos) Contrairement à Alyabiev ou Freitas Branco, le disque de la Symphonie de la nature de Hauseg-ger n’est pas «la révélation de l’année».Mais il s’agit d’un très original CD pour tout mélomane amateur de symphonisme post-romantique grandiose.Le nom du chef d’orchestre et compositeur Sieg-mund von Hausegger (1872-1948) est attaché à celui de Bruckner.C’est Hausegger qui le premier enregistra la 9 Symphonie de Bruckner et promut les éditions critiques des partitions de ses symphonies.On trouve ici l’héritage de Bruckner et Mahler (c/ la marche funèbre du mouvement lent), dans une musique qui ressemble surtout à du Richard Strauss dopé! Cette symphonie délirante, écrite en 1911, l’année de la mort de Mahler, déborde de bons sentiments, d’élan, de son.Le final choral semble attester que Hausegger partage les aspirations panthéistes de Mahler.Cette symphonie énorme et exaltée est rendue encore plus spectaculaire par un son SACD multicanal voluptueux.WEINBERG Fantaisie pour violoncelle et orchestre op.52.Concerto pour clarinette et cordes op.RM.Les deux Concertos pour flûte, op.75 et op.148.AndersJonltâll (flûte), Urban Claesson (clarinette), Claes Gun-narsson (violoncelle), Orchestre symphonique de xGoteborg, Thord Sveldlund.Chandos SACD CHSA5064 (SRI).On rencontre de plus en plus fré-quemment le nom de Mieczyslaw Weinberg (jadis aussi appelé Moisei Vainberg), compositeur polonais (1919-1996) qui avait trouvé œ fuge en URSS.Il fut l’émule le plus doué de Chostakovitch et sa musique ressemble beaucoup à celle de son illustre confrère.Mais, loin de fades copies, les œuvres de Weinberg sont parfois aussi intéressantes que celles de Chostakovitch.Oserais-je aller jusqu’à dire «plus intéressantes» dans le cas de la Fantaisie pour violoncelle et orchestre qui ouvre le disque de concertos publié par Chandos?Peut-être.D est en tout cas difficile d’imaginer comment cette fantaisie d’une vingtaine de minutes ne s’est pas imposée au répertoire.Je suis moins séduit par le 2 Concerto pour flûte, mais conquis par le 1" Concerto pour flûte et, surtout, l’étrange Concerto pour clarinette de 1970, enregistré ici pour la première fois.Tension, douleur et incertitude peuplent l’univers de Weinberg, mais aussi une certaine tendresse, si bien incarnée par la clarinette dans un disque plus qu’admirable.Le Devoir Surveillez la rentrée à la Cinquième Salle Sp 1 I TVI _ _ J___A __1____________- I I Ct.f, 21 4CrPc CARNETS DE VOYAGES de la Place des Arts : place à la création COMPAGNIE DE THEATRE ^ LES DEUX MONDES (NOUVELLE CRÉATION) CARNETS DE VOYAGES 4, 5, 11, 12 et 13 SEPTEMBRE 2008, à20h Deux comédiens partent en tournée, une tournée imaginaire, la tournée des tournées relatée à travers les carnets de voyages accumulés au long des années.Entre la Chine, l'Afrique, l'Europe et Montréal, les comédiens parlent de la vie et de la mort, du théâtre, des hauts et des Iras de leurs amours respectives.L'aîné, Jean-François, a 35 ans de métier dans le corps et le cœur ; Véronique, de plusieurs années sa cadette, en est quant à elle à sa première tournée et les événements qu’elle vit remettent en question sa conception du monde.Carnets de voyages retrace les étapes du passage menant de la conscience de soi à la conscience des autres, souligne la nécessité de l’imaginaire pour changer le réel.Il y a une vie après ta vie.La vie des autres ! DF.MICHEL ROBIDOUX, YVES DURÉ, NORMAND CANAC-MARQUIS ET DANIEL MEILLEUR 25$ (adultes) 15$ (30 ans et moins) Taxes incluses COMPAGNIE CATERINA SAGNA (FRANCE) BASSO OSTINATO fll 1ER au 4 OCTOBRE 2008, à 20h Après une visite remarquée en 2006 avec la pièce Relation publique, la chorégraphe Caterina Sagna est de retour à Montréal avec une œuvre audacieuse qui mêle la danse et le théâtre Dans Basso Ostinato, un trio masculin se défait lentement sous nos yeux.« Basso Ostinato est une farce cruelle dans laquelle les interf>rètes portent le deuil d'eux-mémes.Entre théâtre et danse, fourbie par un texte d'une absurdité convaincante, cette’ pièce se permet tout sans tomber dans la gratuité.» - Le Monde Dt CATERINA SAGNA AVEC ALESSANDRO BERNARDESCHI, ANTONIO MONTAN1LE ET MAURO PACCAGNELLA 20$ (adultes) 15$ (30 ans et moins) Taxes incluses Directeur de In programmation de la Série Cinquième Salle : Michel Gagnon 3e LA SERIE CINQUIÈME SALLE laplacedesarts.com 514 8 4 2 2112 / 1 866 842 2112 François Girard, entre cirque et cinéma Portrait d’un créateur de K h Zed i l DARK) IUGNATIîU.I REUTERS Après le cinéma et l’opéra, François Girard explore maintenant l’univers du cirque avec Zed.Homme-orchestre, créateur à géométrie variable, le cinéaste et metteur en scène François Girard présentera à Tokyo dans quelques semaines son dernier-né, Zed, la toute nouvelle création du Cirque du Soleil et la première à établir demeure en sol nippon.Du cinéma au cirque, en passant par l’opéra et le théâtre, portrait d’un être passionné de A à Zed.ISABELLE PARÉ Tokyo — Si certains ont du mal à suivre son parcours de comète, il ne faut pas s’en étonner.Comme ces grands astres panachés attirés par le soleil, il revient rarement au bercail briller de tous ses feux, avant de poursuivre dans l’ombre son orbite elliptique ailleurs sur la planète, loin des regards d’ici.Depuis trois ans, François Girard s’est presque entièrement consacré à pénétrer l’univers du cirque, un univers de performance physique en apparence à mille lieues de la bulle cinéma ou de la nourriture intellectuelle qui sont le propre des grands classiques du théâtre et de l’opéra qu’il affectionne.Au pays de Zed, on est loin de Kafka ou de Wagner.Pourtant, le metteur en scène, qui se mouille au monde du cirque pour la première fois, s’y sent en terrain connu.«fiai été excité dès le départ de faire Zed, car le Cirque du Soleil, c’est une machine extraordinaire à faire du théâtre.Je m’étonne d’y être aussi confortable.Mais ça se comprend puisque c’est ce qui ressemble le plus à l’opéra, que je connais bien, avec des grands tableaux.Mon travail de réalisateur m'a déjà préparé à cela.Zed, c’est en fait une somme de tout ce que fai fait avant», assure-t-il, interrogé par Le Devoir, entre deux répétitions à Tokyo.On pourrait d’ailleurs s’étirer longtemps sur tout cet «avant».Girard, qui a connu la notoriété internationale comme cinéaste à 32 ans avec Trente-deux films brefs sur Glenn Gould (1993) et Le Violon rouge (1998), s’est ensuite attaqué à la mise en scène de quatre opéras {Oedipus Rex et Siegfried pour la Canadian Opera Company (1998 et 2002), Le Vol de Undbergh - Ij>s Sept Péchés capitata, pour l’Opéra de Lyon (2006) et Edinburgh et Lost Object, pour la Brooklyn Academy ,of Music, à New York en 2004.A cela se sont ajoutées deux mises en scène pour le théâtre.Le Procès, présenté au TNM (2004) et Novecento, adapté du roman d’Alessandro Baricco, (Théâtre de Quat’Sous, 2001), le tout entrecoupé de plusieurs tournages de publicités à gros budgets, gérés depuis Hollywood.Selon Girard, la création d’un spectacle de cirque ne diffère pas tellement de ses expériences passées.A la seule différence que cette fois, le cinéaste a dû créer un univers dénué de tout texte narratif.Une acrobatie pour cet intellectuel perfectionniste qui lit, sonde et effectue mille recherches avant de pondre des scénarios de filip touffus ou des mises en scène finement ciselées.«On a essayé d'inventer un monde et de créer une petite mythologie.Pour moi, le cirque, c'est le dialogue avec le public qui se continue.Au final, que ce soit un film, un opéra ou VOIR PAGE E 4: ZED « Entre tête, corps et cœur.[.] Son sens aigu de la construction chorégraphique épate Le Devoir, Montréal, 2004 « Sylvain Émard : l'un des rares chorégraphes dont le travail vous touche en plein cœur.Cet artiste parle avec ses tripes et pour cette raison est aimé autant du public que de la critique The Ottawa Citizen, 2002 « [Le travail de Sylvain Emard est) Éminemment inventif captivant et formidablement divertissant.The Herald, Glasgow, 2002 chorégraphie de Sylvain Émard Une présentation de > Sylvain Émard Danse En coproduction avec > Station Zuid (Pays-Bas) Grand Théâtre de Lorient (France) Usine C (Canada) Interprètes > Karissa Barry Sarah Murphy Erika-Leigh Stirton Catherine Viau Megan Walbaum Collaborateurs > Michel F.Côté Ginelle Chagnon Effe Richard Lacroix Etienne Boucher François Saint-Aubin Angelo Barsetti Catherine Desjardins-Jolin Simon Cloutier 9>11>12>13>17>18>19 + 20 septembre 2008, 20h USINE 0 BILLETTERIE 514 521-4493 1345, avenue Lalonde (entre de la Visitation et Panet, EU Beaudry) usine-c.com MTtitMttm Catherine Viau Megan Walbaum eMoro Angelo Barsetti c * > Québec îîîî ; LE DEVOIR, LES SAMEDI 30 ET DI M A \ f H E 31 A OUT 2 0 0 8 E 4 ULTURE ZED Le spectacle a coûté la rondelette somme de 40 millions et réunit sur scène quelque 70 artistes Kr KATSUYOSHI TANAKA Peuplée de personnages inspirés du tarot, la création Zed, taillée sur mesure pour le public nippon, se veut une allégorie de l’ouverture à l’autre, symbolisée par la rencontre de deux peuples opposés.SUITE DE LA PAGE E 3 un spectacle de cirque, mon travail consiste à proposer un voyage, image Girard.Mais j’ai fait un gros effort pour ne pas entrer dans le narratif.D’habitude, avec François Séguin [scénographe] et Renée April [créatrice dç costumes], [ses principaux collaborateurs 1 notre travail part toujours du texte.Là, on a essayé de construire un voyage qui ait un sens», croit François Girard.Dans la même veine Ce faiseur d’images a donc dû laisser tomber ses crayons et se laisser porter par une muse fertile en symboles.Peuplée de personnages inspirés du tarot, la création Zed, taillée sur mesure pour le public nippon, se veut une allégorie de l’ouverture à l’autre, symbolisée par la rencontre de deux peuples opposés, l’un peuplé de personnages aériens venus du ciel, et l’autre, de créatures terriennes, tout droit sorties des entrailles de la terre.Une allégorie qui semble avoir séduit les Tokyoites, si l’on se fie à l’ovation accordée à Zed lors d’une avant-première présentée au flambant neuf Tokyo Disney Theater, le 10 août dernier.«J’ai essayé de ne pas raconter d’histoire et de faire simplement un poème.Mais c'est un poème sur lequel on décline tout de même depuis trois ans\» insiste-t-il.Un poème qui a coûté la rondelette somme de 40 millions, et qui réunit sur scène quelque 70 artistes de tous les continents dont des jongleurs russes, une équipe d’acrobates spécialistes de la ban-quine russe, un chaman africain et une troupe de trapézistes mexicains complètement kamikazes.Depuis trois ans, ce créateur à têtes multiples a dû naviguer entre cirque, opéra et cinéma puisque la création de Zed s’est faite pendant que le réalisateur mettait la dernière main à son plus récent film, Soie, sorti en Amérique à l’automne 2007 et tourné en partie dans les montagnes du Japon.«/ai réussi à combiner cirque, cinéma et opéra.Ce fut très demandant, car le cirque c’est, comme le cinéma, un processus long et lent», admet le metteur en scène de Zed, qui est allé peaufiner l'hiver dernier la mise en scène de l’opéra Ij>s Sept Péchés capitaux de Brecht et Weill, repris à .Wellington en Nouvelle-Zélande.Ce perfectionniste, qui passe en général six mois à îextérieur du pays, ne craint pas de s'éparpiller.Cinéma, théâtre, opéra, à ses yeux toutes ces expériences convergent vers une seule et mèftie passion.«Je n’ai pas l’impression d’être éparpillé, mais de continuer dans la même veine.Je suis d’abord un entremetteur qui travaille avec des gens.Et malgré l'apparence des disparités, il y ale même engagement dans tous mes projets», réfute-t-il, quand on lui demande d’expliquer le silence de neuf ans entre Soie et Le Violon rouge, récompensé aux Oscar (musique) et couronné de plus d’une vingtaine de prix internationaux, dont neuf Jutra et huit Génies.Même si les propositions ont afflué après Le Violon rouge, trois projets de film ont avorté depuis 1998.L’un, qui devait être tourné au Maroc, est tombé à l’eau à la suite d’attentats terroristes, et l’autre, prévu en Chine, a été annulé quand le SRAS a frappé l’Asie.Un troisième projet de film, basé sur un scénario du réalisateur du Patient anglais.Anthony Minghella, décédé le printemps dernier, a quant a lui été annulé quand le Royaume-t !ni a décidé de sabrer dans ses crédits d’impôts accordés aux productions cinématographiques.«En fait, la majeure partie de mon temps depuis Le Violon rouge a été consacré au cinéma, mais ça n’a pas abouti.Mais je suis très patient.Je suis un marathonien plus qu’un coureur de 100 mètres !» dit-il Formé dans les années 80, Girard s’est dès le début abreuvé à toutes les disciplines.Diplômé en communications, il s’est frotté à la fiction cinématographique, mais aussi à la vidéo d’art, aux vi-déoclips et aux arts visuels.«J’ai grandi avec la multidisciplinarité des années 80, où tous les artistes se mêlaient dans un melting pot.En fait, mon travail était encore plus éparpillé à l’époque qu'au-jourd’hui!» dit-il.Difficile en effet de faire plus éclectique puisqu’en plus d’avoir adapté au cinéma Le Dortoir de Carbone 14 (1991), suivi Peter Gabriel dans les coulisses pour le spectacle Peter Gabriel’s Secret World (1994), Girard a aussi réalisé un vidéoclip pour Céline Dion (Fais ce que tu voudras) et a tourné des pubs pour Molson Ex, La Croix-Rouge et Volkswagen.Malgré tout la marque du Violon rouge a laissé une trace indélébile sur son parcours, lui ouvrant toutes grandes les portes de Hollywood à l’âge de 32 ans.En lien avec des agences hollywoodiennes, il continue à tourner plusieurs fois par année des pubs aux côtés de grands noms du cinéma américain.«Ça me permet de rester en lien avec des champions du cinéma, des directeurs photo de premier plan qui ont travaillé avec Spielberg.Je choisis mes projets et quand ça a l’air drôle, j’embarque» , souligne Girard, qui a tour- né l’an dernier une pub de Martini avec Georges Clooney.Malgré les propositions, Girard est considéré être très sélectif On le catalogue souvent, à son corps défendant, comme un cinéaste de grosses coproductions à caractère musical.«C’est un réflexe pour les gens, parce j’ai beaucoup touché à la musique dans mes films.Mais j’ai l’intention d’échapper à ce labelling.Je n’ai pas envie de me répéter.La dernière chose que je veux faire, c'est de refaire une autre biographie de musicien», insiste-t-il.Quand le succès vient très jeune, les attentes sont parfois difficiles à surpasser.Mais Girard semble être plutôt bien armé côté résistance au stress, la pression glissant sur lui comme sur les plumes d’un palmipède.«Ici, je fais un show qui coûte une fortune, mais je reste détaché face à cela.Pour moi, un petit one man show est aussi important qu 'un grand opéra.Je me sens la mêrrle responsabilité face au spectateur.Ça a été la même chose pour Soie», assuret-il.Sa plus grande frustration reste de voir tout son travail de mise en scène inconnu du public québécois.Même s’il a travaillé d’arrachepied avec Bernard Labadie pour présenter Oedipus Rex à Montréal, ce projet n’a jamais abouti.«Ce n’est pas faute d’avoir essayé.B y avait beaucoup d’ambitions artistiques à la compagnie d'Opéra de Toronto, mais aus- si de grands moyens financiers que l’Opéra de Montréal n’a pas.» Après Zed, qui sera présenté en grande première médiatique à Tokyo le 1" octobre, Girard rêve de s’enraciner un peu et de faire une pause dans son parcours effréné de globe-trotter.D veut être plus présent au Québec et plonger dans sa bulle pour se consacrer à l’écriture de nouveaux scénarios de films.«Après le cirque, j’ai un trou de 14 mois et je plancherai sur deux projets de films.Je suis intéressé à faire de plus petits projets.Je ne peux pas en dire plus, mais j’ai envie de tourner chez moi, dans mon époque, un scénario original.» SEULS RI DU 9 SEPTEMBRE AU 4 OCTOBRE 2008 El AU THÉÂTRE D’AUJOURD’HUI 3900, RUE SAINT-DENIS, MONTRÉAL H2W 2M2 Le Devoir KATSUYOSHI TANAKA «J’ai essayé de ne pas raconter d’histoire et de faire simplement un poème», explique François Girard en parlant de Zed.RESERVEZ RAPIDEMENT : let Production) ‘ ‘ prétentent en codiffution avec Etpace libre - EN LIGNE : WWW.THEATREDAUJ0UR0HUI.QC.CA GUICHET: 514 282 3900 « DEUCIEUX PAR )A rAnTAlilE ET IA FORCE DU JEUX.¦> Harit lalibtrtê, Voir Québec COMPLET LES 9-10-17-18-19-23-25 SEPTEMBRE ET LES 1ER ET 2 OCTOBRE * A VOIR ABSOLUMENT !* Patcal Event, Radio-Canada MISE EN SCÈNE Une mité en scène de Jacquet laroche DE L'HYPOTÉNUSE, COMPAGNIE DE CRÉATION UÉE : ESPACE MALRAUX SCÈNE NATIONALE LA SAVOIE.EN COPRODUCTION AVEC HUI * LE GRAND T, SCÈNE CONVENTIONNÉ LOIRE-ATLANTIQUE, * LE THÉÂTRE 71.SCÈNE NATIONALE DE MALAK0FF.+ LA COMÉDIE DE CLERMONT-FERRAND.SCÈNE NATIONALE ET LE THÉÂTRE NATIONAL DE TOULOUSE MIDI-PYRÉNÉES CRÉATION AU tetpp com Un délire théâtral shakespearien DU U AOÛT AU 13 SEPTEMBRE 'a 20 “ St [B let lamedit 6 et U teptembre a 16 h et ; Jeudi l£V[ loi le 4 teptembre a You (HP Kmg Lear contre att; PMTÜMRCS DE SAtSON 9SD3iC© 1945.rue Fullum.Montréal | espacelibre qc ca LiBRE billetterie : SI4.S21.4I9I GCUm* LE IIEMMR \ 97154 LE DEVOIR.ILS SAMEDI 30 ET DI M A X C H K 3 1 A 0 f T 2 0 0 S DE MT % s ;:N -?;v *¦ ijr L \ ' TMR v ^Ik -fc[ f- **••, * 5Ç: 1 ^k?Æ% DumpinFog de Misty Keasler SOUHCI- MAI» Caméléons urbains MOUVEMENTS MECANIQUES/ TRY HARDER Mouvement Art Public Métro Square-Victoria, abribus ' et autobus de Montréal Jusqu’au 31 décembre MARIE-ÈVE CHARRON a ville est déjà saturée de signes visuels en tous genres?Qu’à cela j ne tienne, l’art doit ap-paraître dans le contexte urbain.C’est du moins l’avis du Mouvement Art Public (MAP), organisme dont la mission consiste principalement à faire descendre l’art contemporain dans la rue pour rejoindre des publics autrement réfractaires aux visites dans les espaces à vocation artistique, galeries et musées confondus.Certes, l’idée d’insérer des œuvres dans le quotidien des usagers de la ville n’est pas nouvelle, ni celle d’occuper les espaces prévus pour l’affichage publicitaire.C’est là la stratégie adoptée par le MAP grâce à une entente avec CBS Affichage, entreprise exploitant de nombreuses surfaces publicitaires, dont les abribus de Montréal.Amorcée depuis quelques mois avec un premier volet dans un des corridors du métro Square-Victoria, l’exposition Mouvements mécaniques intensifie sa présence depuis quelques jours avec de nouvelles œuvres disséminées dans la ville.Au total, 47 photographies couleurs de 14 artistes du Québec, du Canada et de l’étranger ont déjà pris, et prendront progressivement place, au cours des semaines à venir.Progressivement, puisque l’entente avec CBS contient une part aléatoire.L’entreprise ne consent à prêter ses espaces que selon leur disponibilité, logique commerciale oblige.MAP occupe donc des surfaces qui, en géné- ral, sont laissées vacantes, faute d’annonceurs.Le souhait des cofondateurs de MAP, Manuel Bu-jold et Claude Marrié, d’accroître la visibilité de l’art passe donc par l’insertion des œuvres dans ces VOIR PAGE E 6: VISIBILITÉ AU CŒUR DE LA CRÉATION! théâtre danse musique événement internationaux ABONNEZ-VOUS! Carte PLUS-ln et Forfait-In disponibles! Faites vite! Les quantités sont limitées.www.usine-c.com BILLETTERIE 514 521-4493 1345 avenue LALONDE | Montréal i hil sas café de l'Usine Table d'hôte tous les soirs de représentation.10% de réduction pour les abonnés PLUS-IN SAISON 0 14* saison ¦¦H » L’Usine C remercie ses partenaires ainsi adMPndation impoli al Tobacco et Gaz Métro pour teur 4on C I M A N ( Il E 3 I A O V T 2 O O 8 e x Ce n t r i s EX-CENTRIS.COM/ 514 847.2206 LES CITRONNIERS (etz limon) / ERAN RIKLIS IBhOO IShIO 17h20 19hB0 21h3S Les fruits mûrs et acides de la discorde Entretien avec le réalisateur israélien Eran Riklis pour son film Les Citronniers Ali Suliman et Hiam Abbass dans Les Citronniers, d’Eran Riklis Regarder autrement SOllRl L HI MS SI Vil 1 K ANDRÉ LAVOIE Ce n’est pas la première fois qu’un invité déclare forfait au FFM, souvent pour des raisons fumeuses camouflant un manque d'intérêt Les motifs de l’absence du cinéaste israélien Eran Riklis sont par contre bien réels — son épouse s’était bêtement cassé une jambe juste avant le départ — et ses regrets de ne pouvoir venir à Montréal, bien sincères.fl faut comprendre sa déception: le FFM lui a porté chance.En effet c’est ici, en 2004, que La Fiancée syrienne a récolté de multiples prix (Grand Prix des Amériques, Prix de la critique internationale.Prix œcuménique et Prix du public), un couronnement qui allait donner au film une importante visibilité internationale.Le cinéaste n’avait pas connu pareil triomphe à l’extérieur d'Israël depuis Cup Final, en 1991.C’est donc par téléphone, à Tel-Aviv, qu’Eran Riklis cause avec enthousiasme et fierté de Lemon Tree des Citronniers), illustration du combat de Salma (Hiam Abbass), une veuve palestinienne, pour préserver sa plantation de citronniers au moment où un ministre israélien s’installe à deux pas de chez elle.Les services de sécurité y voient un éventuel repaire de terroristes; elle ne souhaite que continuer à entretenir un héritage légué par son père et qui constitue son principal moyen de subsistance.Et c’est jusqu’en Cour suprême qu’elle devra se battre pour tenter de renverser une décision dont l’absurdité n’échappe à personne, et surtout pas à Mira (Rona Iipaz-Mi-chael), la femme du ministre.La perte et la solitude Après s’être intéressé aux enjeux politiques et sociaux qui perturbent la vie d’une famille druze établie sur le plateau du Golan dans La Fiancée syrienne, Eran Riklis a senti le besoin de tourner son regard vers sa propre cour, toujours guidé par un esprit humaniste.Dans Les Citronniers, il explore cette cohabitation difficile — certains disent: impossible — entre les Palestiniens des territoires occupés et les Israéliens établis dans les nouvelles colonies.Ne cherchez surtout pas les bons et les méchants dans ce film aux allures de fable pacifiste.«Nous imaginons trop souvent le monde divisé en noir et blanc, se désole Eran Riklis.Puisque nous sommes bombardés de catastrophes du matin au soir, dans les journaux et aux bulletins télévisés, nous n’arrivons plus à le penser autrement.Mon ambition de cinéaste est de transformer ce noir et blanc en une grande palette de couleurs; j’aime m’attarder aux détails, autant sur le plan social que sur le plan politique, f évite aussi les simplifications à outrance car, dans la situation que je décris, tout le monde souffre, peu importe sa nationalité.» Même si le cinéaste ne flirte pas avec la tragédie, un des personnages résume à la fois l’issue du procès et la finale du film: «Seuls les films américains finissent bien.» Une boutade qui ne reflète pas nécessairement la position cinématographique d’Eran Riklis.«Comme tout le monde, j’ai grandi avec les films américains, dit celui qui a étudié le cinéma à Tel-Aviv et à la National Film School and Television en Grande-Bretagne.Et si beaucoup de gens aiment leurs films, c’est parce qu’ils savent raconter des histoires, tout simplement.Mais j’aime aussi beaucoup la complexité du cinéma européen et asiatique: les choses ne sont pas aussi claires qu’on les montre.Dans Les Citronniers, j'ai voulu combiner ces deux approches.» Cette subtilité se décline de plusieurs manières dans ce film touchant alors que bien des secrets le demeurent après la fin du film et alors que certains silences valent les discours les plus éloquents.C’est ainsi qu’un lien intense et invisible soude Salma à Mira, séparées par des barbelés mais unies par le caractère absurde de la situation: elles n’échangeront pourtant aucune parole.Ce choix, étonnant et courageux, Eran Riklis y tenait «Ce fut un intense et récurrent sujet de discussion avec mon coscénariste Sulm Ar-raf.Même certains investisseurs potentiels ont fait des pressions pour qu’elles se parlent! fai dû batailler ferme pour les convaincre.J’ai même écrit une scène, plus ou moins réaliste, où elles se pariaient: elle était très belle mais je l’ai enlevée! Pour moi, ç’aurait été trop artificiel.» Cette complicité au-delà des nationalités et des religions s’est aussi reflétée sur le plateau de tournage, résolument international, des Citronniers, une méthode déjà éprouvée par Eran Riklis pour La Fiancée syrienne.C’est d’ailleurs là qu’il fit la connaissance de Hiam Abbass, une grande actrice palestinienne établie à Paris, tournant dans plusieurs langues et aux quatre coins de la planète (aussi bien dans Munich de Steven Spielberg que dans L’Ange de goudron de Denis Chouinard).Les Citronniers, c’est aussi un hommage à son immense talent et à sa beauté indéniable.«À l’époque, j’ai tout de suite su que je ferais un autre film avec elle.et f espère qu’elle sera là pour le prochain.» Malgré l’interruption temporaire de sa tournée internationale des festivals, Eran Riklis sait déjà qu’il a touché bien des cœurs et bien des cordes sensibles, peu importe l’origine des spectateurs.«Il y a deux mois, à Taïwan, alors que je me demandais si les gens de là-bas comprendraient le combat de cette femme, plusieurs spectateurs ont dressé des parallèles avec les 40 années d'occupation du pays par le Japon et les relations tendues avec la Chine.Au fond, c’est vrai que je traite du conflit israélo-palestinien, mais le véritable sujet du film, c’est la perte et la solitude.Beaucoup de gens peuvent comprendre ça.» Collaborateur du Devoir Le film prend l’affiche à Montréal ce week-end en version originale avec sous-titres français au Complexe Ex-Centris et avec sous-titres anglais au AMC Forum.SOURCE MONGREL MEDIAS Eran Riklis ¦ LES CITRONNIERS D’Eran Riklis.Avec Hiam Abbass, Ali Suliman, Rona Lipaz-Michael, Doron Tavory, Tarik Copty, Amos Lavie.Scénario: Suha Arraf, Eran Riklis.Image: Rainer Klausmann.Montage: Tova Ascher.Musique: Habib Shehadeh Hanna.Etats-Uni^Israël-France- Allemagne, 2008,106 min.V.o.avec s.-Lf.à Ex-Centris; V.o.avec s.-t.a.{Lemon Trees) auAMC-Forum.MARTIN BILODEAU rA uatre ans après La Fiancée vy syrienne, une histoire d’amour et de frontière, l’Israélien Eran Riklis conjugue avec un bonheur supérieur les mêmes thèmes dans Les Citronniers, qui était projeté au FFM la semaine dernière.A la différence qu’ici, l’histoire d’amour n’est pas entre un homme et une femme, mais entre une veuve, premier pilier du récit, et sa plantation de citronniers, legs DISASTER MOVIE (V.F.: FILM CATASTROPHE) Ecrit et réalisé par Jason Fried-berg et Aaron Seltzer.Avec Matt Lanter, Vanessa Minnillo, G.Thang, Nicole Parker.Image: Shawn Maurer.Montage: Peck Prior.Musique: Christopher Len-nertz.États-Unis, 2008,87 min.ANDRÉ LAVOIE Mis à part les critiques de cinéma consciencieux et quelques cinéphiles zélés au point d’y laisser leur équilibre mental, peu de gens voient autant de mauvais films que les réalisateurs et scénaristes Jason Friedberg et Aaron Seltzer.Ils sont d’ailleurs très bien payés pour le faire, d’autant plus que ce gavage finit toujours par nous éclabousser en pleine figure au moins une fois par année.de son défunt père.Une plantation que le gouvernement israélien menace de raser parce qu’elle ouvre une brèche dans la sécurité du ministre de la Défense, qui vient de s’installer juste en face de chez elle avec son épouse, deuxième pilier du récit.Nous sommes pile sur la frontière séparant la Cisjordanie des territoires occupés, où cette histoire d’arbres à sauver (avec les symboles de fertilité et de pérennité que cela suppose) se mue peu à peu en une histoire de femmes, de mères, qui des deux côtés de la clôture s’émancipent, se révèlent à elles-mêmes et dont le scénario subtil s’attarde à révéler les correspondances par un formidable jeu de miroirs.Salma (Hiam Abbass), veuve palestinienne sans argent ni éducation, vit seule avec ses arbres, ses enfants étant partis au loin.Mona (Rona Lipaz-Michael), l’élégante épouse du ministre, est au moins aussi seule.Si bien que le combat Dès le tout premier Scary Movie, qu’ils ont écrit à quatre mains avant de passer plus tard à la réalisation (Date Movie, Epic Movie, Meet the Spartans), leur mission était claire, nette, précise et un brin aliénante: piger sans discernement et sans vergogne dans le cinéma hollywoodien récent, ou encore parmi les artefacts de la culture populaire, et concocter des films carburant aux références que l’adolescent boutonneux comprendra sans efforts ni compétences transversales.Oubliez donc Godard et Kierkegaard.La recette, dont les ficelles ressemblent à des poulies, se décline toujours de la même façon: plagiez quelques productions à succès, ou la bande-annonce, et greffez à cela des allusions plus ou moins subtiles sur des scandales entourant des chanteurs populaires — à quand la fin des de sa voisme, qui avec l’aide d’un avocat charitable et secrètement épris de sa cliente (Ali Suliman) ira jusqu’en Cour suprême pour défendre son lopin de terre jugé négligeable, prend chez elle une dimension inattendue.En effet, l’ordre d’arracher les citronniers s’apparente dans son esprit à la négation de sa propre existence, vidée de sa substance par une enfant restée en ville, par un mari absent qui la traite en potiche, par des politiques colonialistes qu’elle incarne et dont elle doute du bien-fondé.Le film, je vous rassure, ne verse ni dans le symbolisme ni dans le pamphlet politique, mais l’un et l'autre brillent sous la surface.Du reste, abstraction faite de quelques caricatures et glissades poétiques, le traitement privilégié est impressionniste et sobre, ancré dans un réalisme organisé par la fiction, conduit par un scénario précis, qui longe tous les axes du diagramme, de sorte blagues sur Michael Jackson qui ne font plus rire personne?— et vous avez une excellente idée du niveau d’ambition de Jason Friedberg et Aaron Seltzer.Dans Disaster Movie, dont le titre pourrait se traduire en français par «film catastrophique», on calque sans aucun mal la superficialité des personnages de Clover-field, cette version vidéo amateur de Godzilla alors qu’une bande de jeunes branchés voyaient leur party gâché pour cause de fin du monde.L’univers est à nouveau au bord du gouffre dans Disaster Movie, mais entre deux météorites pleuvent aussi les clins d’œil à des chanteuses que nous aurons tous oubliées d’ici six mois (Jessica Simpson, Hilary Duff) et à des films que nous avions déjà effacés de notre mémoire (Night at the Museum, 10,000 B.C., Speed Racer, etc.).qu’on n’est jamais surpris par le chemin qu’il prend, jamais complètement certains non plus du virage qui s’en vient.Riklis, qui a en main tous les atouts d’un suspense judiciaire, n’en abuse pas et laisse passer la vie, la vraie, dans ses images et son montage.Ici, le film semble piétiner, là il avance à grandes enjambées, mais tout ça ne se fait jamais au sacrifice du récit ou de la crédibilité des personnages, bien campés par d’excellents interprètes.La star palestinienne Hiam Abbas est certes émouvante en veuve déterminée, mais le scénario se montre plus généreux envers Rona lipaz-Michael, dont le personnage comporte plus de nuances et de faces cachées.Derrière les grandes fenêtres de sa maison qui donnent sur un pays qui n’est pas le sien, Mona apprend à regarder autrement.Et nous avec elle.Collaborateur du Devoir Dans la série Scary Movie, la délicieuse Anna Faris a souvent rendu ce plaisir coupable un peu moins indigeste.On a pratiquement envie de la réclamer à grands cris devant ce cortège d’acteurs (?) insipides qui, pour la grande majorité, font trois petits tours et puis s’en vont — Dieu merci! les rares à survivre jusqu’à la fin ne comptent pas parmi les plus talentueux, certains visiblement recrutés au rayon des bo-bettes de Calvin Klein.Quand Jason Friedberg et Aaron Seltzer s’arrêteront-ils?Aussi longtemps que la fonnule se révélera payante, ils continueront à jouer pleinement leur rôle de broyeurs à déchets culturels.Raison de plus pour plaider en faveur du développement durable et d’un rapide virage vert.Collaborateur du Devoir Broyeurs à déchets septembre septembre septembre La iiMisinnr comme jamais vous ne I cntcmlre/.ailleurs.banque «Sgr EES-.*», « Québec leSoleil “uébecES Uésn vaiions: 418 641.6040 PALAIS M( )NTCALM.ca , I g J, e V () I R , L E S S A M E l> ! 3 0 ET I) ! M A \ C H E 3 I A 0 1 T 0 u 8 INEMA Salut aux amoureux SOI RC K AI.I.IANC I Don Cheadle et Jeff Daniels Jeux de dupes TRAITOR Scénario et réalisation: Jeffrey Nachmanoff.Avec Don Cheadle, Guy Pearce, Neal McDonough, Said Taghmaoui, Jeff Daniels, Mozhan Marno.Photographie: J.Michael Muro.Montage: Billy Fox.Musique: Mark Kilian.Etats-Unis, 2008,110 min.FRANÇOIS LÉVESQUE Traitor est le premier long métrage d’envergure de Jeffrey Nachmanoff, dont la carte de visite est la coécriture de The Day After Tomorrow, de Roland Emmerich.Nachmanoff a également à son crédit une nébuleuse collaboration au scénario de Prince of Persia, d’après le jeu vidéo du même nom, que devrait bientôt éjecter de son usine Jerry Bruckeimer.Avec pareilles fréquentations, on s’étonne un peu de ce que Traitor s’avère, somme toute, intéressant.Samir Horn s’apprête à conclure une vente.La marchandise?Des explosifs.Le client?Une organisation terroriste produisant des m;ir-tyrs à la chaîne.Sauf que le FBI décide de s’en mêler et que la transaction se transfonne en fusillade.Et voilà Samir emprisonné au Yémen en compagnie d’Omar, im haut placé du réseau.Musulman pieux, le premier se laisse convaincre p;ir le second de le rejoindre dans }e dji-had qp'il mène contre les Etats-Unis.A moins que.Ouais, difticile de croire à Don Cheadle (Hotel Rwanda) en terroriste dilettante, aussâ tourmenté soit-il.Le film a pour lui un scénario (d'après une idée originale de Steve Martin, coproducteur) dont l'angle inhabituel, initialement, intrigue.De fait, Nachmanoff fait de louables efforts pour nuancer la notion de fanatisme qui, c'est la thèse du film, a cours des deux cq-tés de la guerre au terrorisme.A cet égard, la mentalité du personnage de Carter, un homme mystérieux à la solde de la CIA, parait tout aussi répréhensible que celle de ses ennemis.«N’oublie pas que c'est nous, les gentils'-, répondra-t-il avec une déconcertante conviction après un passage éprouvant.l.e manichéisme de la remarque n'est que trop crédible, le sont moins certains développements, dont l’acceptation de Samir au sein de l’organisation, qui repose sur une grossière invraisemblance.La complicité qui s’établit entre Omar et lui est beaucoup trop rapide et implique une naïveté hautement improbable de la part d’un stratège de la trempe du premier.Visuellement, Traitor séduit.quoique le mérite soit relatif.La direction photo de J.Michael Muro (Crash, Rush Hour 3) s’inspire manifestement de celle, caractéristique, de Rodrigo Prieto (Amores Perros, 21 Grams, Babel, 25th Hour), où une abondance de tonalités rives sur fonds neutres sont perçues à travers un filtre couleur soufre pour une impression de chaleur, de poussière, de saleté es-tliétisée.Les bureaux du FBI et la plupart des extérieurs états-uniens sont, pour leur part, présentés dans la gamme usuelle des gris-bleus impersonnels.Tout cela est aussi compétent que générique.Bien des films nous viennent à l’esprit durant la projection: The Kingdom, Rendition et Redacted, pour ne nommer que les plus récents.Dans les moments plus enlevés, on s’attendrait presque à voir surgir Jason Bourne.C’est que, même s’il souhaite ouvertement faire réfléchir, Traitor est tout à fait conscient qu’il ne peut y parvenir sans appâter son public avec la promesse d’un peu d’action.C’est de bonne guerre et les-dites scènes sont adéquatement filmées et montées.Et au final, c’est sans doute le terme qui définit le mieux le film: adéquat.Collaborateur du Devoir CHRIS & DON: A LOVE STORY Réalisation et montage: Tina Mascara et Guido Santi.Narration: Michael York.Photographie: Ralph Q.Smith.Etats-Unis, 2007,90 min.FRANÇOIS LÉVESQUE Il y a Chris, Christopher Isher-wood, grand dramaturge anglais.Ces récits ouvertement autobiographiques, tel Christopher and His Kind, firent de lui un des principaux porte-parole du mouvement gai au cours de la tumultueuse décennie 1970.Il y a Don, Don Charmody, portraitiste reconnu dont les œuvres figurent parmi les collections permanentes de nombreux musées.Entre les deux, une longue histoire d'amour qui aura eu raison des préjugés, des écueils du temps, et même de la mort Nul besoin d’être un romantique fini pour apprécier Chris & Don: A Love Story, le très beau documentaire de Tina Mascara et Guido Santi.L’homosexualité n’est pas davantage un prérequis.Christopher Isherwood est l’auteur de Berlin Stories et de Goodbye Berlin, les recueils de nouvelles à la base de la pièce et du film l Am a Camera et, plus tard, du succès de Broadway Cabaret, qui devint le film que l’on sait.Isherwood a eu, très tôt, le courage de ses convictions.Maman voulait en faire un professeur?Il s’assura d’être expulsé de Cambridge.Les homosexuels étaient des criminels et des parias en Angleterre?Le jeune rebelle répliqua par un exil berlinois où naquirent ses premières amours et les œuvres susmentionnées.C’est le spectre de la Seconde Guerre rpondiale qui l’entraîna vers les Etats-Unis où, sur une plage de San Francisco.Don Charmody rêvait de devenir une star.Sa liaison avec Isherwood choqua tout le monde.Nous sommes en 1952.Don a dix-huit ans et Chris, quarante-huit.On imagine les motivations réelles de chacun: malgré un talent affirmé pour le dessin, Don n’entendait que le chant des sirènes d’Hollywood (Ah! Montgo- Une scène du film Chris Don: A Love Story mery Clift!) et Chris, familier de cette faune pour y avoir travaillé comme «script doctor», pouvait aider son très jeune amant; sugar daddy et éphèbe y trouvaient leur compte.Or voilà, leur histoire aura duré trente-quatre ans, soit jusqu’à la mort d’Isherwood.Charmody lui-même relate candidement leur rencontre, leur quotidien, leur union fusionnelle non dépourvue de passages à ride, la maladie du conjoint: la vie de n’importe quel couple de longue date.On pense parfois à Chloé et Gilles, ici, maintenant Chris & Don: A Love Story brosse le portrait touchant de deux artistes accomplis qui ont trouvé, auprès de l’autre, un épanouissement durable qu’on leur envie un peu.Chris écrivait qu’il était lui-même une caméra («I am a camera»); Don constate qu’il personnifie son sujet en le peignant, qu’il est ainsi acteur.La caméra a trouvé son objet C’est cet équilibre rare que relate le documentaire à travers la lecture des journaux intimes d’Isherwood, de nombreux films personnels révélateurs et une quantité impressionnante (mais non surabondan- te) de documents d’archives.Les cinéphiles éprouveront un malin plaisir à identifier les célébrités peuplant ce memorabilia glamour (l’anecdote sur Anna Magnani vaut le détour!).Le montage est intelligent, précis; le parcours, chronologique.Quelques passages animés font sourire et, à la fin, émeuvent.Car si l’issue est SOURCE CINEMA DU PARC connue d’avance, un partage aussi généreux ne peut que créer une complicité qui, elle, est certaine d’engendrer la douleur au moment de la perte.Ainsi, la manière dont Don a choisi de vivre les derniers mois de Chris constitue l’ultime geste d’empathie.Collaborateur du Devoir www.cinemaduparc.com / 48$ POUR 10 FILMS! ?A Nf PAS MANQUER CETTE SEMAINE: CHRIS & DON A LOVE STORY • LIU DIT ÇA • SUR LE YANCTZI E.T.• ROCCO & HIS BROTHERS (version intégrale) CRAZY SEXY CANCER • THE WILD BUNCH • MONGOL Ü?! Métro Place des arts - Autobus 80/129 jCINÉMA DU PARC- 3 heures de STATIONNEMENT GRATUIT 3575 Du Parc 514-281-1900 | GAGNANT CESAR AA E I L MEILLEUR RÉALISATHUR LEUR FI LM ¦ MEILLEUR SCÉNARIO ¦ MEILLEUR ESPOIR FÉMININ A À A À if «EXTRAORDINAIRE! Marc-André Lussier, La Presse ARCHAMBAULT3I Une otnycv^nlc iV Quebec « Media «raine et le mulet ^ un hum dï ABDELLATIF KCCHICHI métroQqle A L’AFFICHE! CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS L’AGENDA L’HORAIRE TÉLÉ.LE GUIDE DEVOS SOIRÉES Gratuit dans La Devoir du samedi LE DEVOIR KRISTI ni SCOTT THOMAS ILYA LONGTEMPS QUE JF 12 SEPTEMBRE PALMARÈS DVD Résultats des ventes: du 19 au 25 ao&t 2008 I PRISON BREAK Season 3 ITERMUUTOR: THE SARAH CORHOR CHRMHCUES I SCORPION (ONG 2 : RISE OF A WARRIOR LA RIVIÈRE AUK CASTORS I Best of Both Worlds Concert TOUPIE ET BINOU La dernière banane CtUREMON A New Day : Live à Vegas 1 STREET KMSS STARGATE : CONTHRIUM I LES MYSTÉRIEUSES CITÉS D’OR [3 TOC TOC TOC •J Volume 1 J TOUT EST PARFAIT ] PASSE-PARTOUT J Coffret 4 [, I MAMWERnÉ VOLAHT j Série complète •.I ASTÉROt ET ORÉUX : NBSKM UJ ciéopAtre COMPETITION OFFICIELLE I FESTIVAL DES FILMS DU MONDE «il •„ «IM Htll a 11 Ml ",11 î Hlil K OS iili! ¦,,,iaiir'7,ïilB:lii: SI À L'AFFICHE DES LE VENDREDI 5 SEPTEMBRE! r-CINEPLEX CHVEHnSSEMENT-v rCINEPLEX DIVERTISSEMENTn i-MAISON DU CINEMA-11~CINEPLEX DIVERTISSEMENT' [QUARTIER LATIN llSTARCITi MONTRÉAL! I SHERBROOKE 11PLACE CHAREST NATO HNfîAlAÂÜ PAlMNDHt BRASSEUR EVEl INE CEI IN AS « UNE MISE EN PLACE POIGNANTE ET UNE CONTINUITÉ REMARQUABLE DANS L'ŒUVRE DE BENOÎT PILON.ON VISE ICI À L'ESSENTIEL : UNE VRAIE PROFONDEUR AFFICHÉE PAR L'ACTEUR INUIT AU CHARISME FOU.» Marc-André Lussier, LA PRESSÉ « À MI-PARCOURS.LE FILM DE BENOÎT PILON EST, DE LOIN.LE MEILLEUR DE LA COMPÉTITION ET SON ACTEUR INUIT S'Y RÉVÈLE REMARQUABLE.CETTE BELLE ET FLUIDE RÉALISATION PARVIENT DANS L'ÉMOTION jJiili j hsmLij, ü ÜiVüiü CE QU’IL FAUT POUR VIVRE « BU W’iWH I '1 , .milllll PAYIIIIl 111 NI Clll NI! Il ¦* • b f WWW.CKOUILr AUTPOUflVIV«IE‘i.EFIi.M.COM @ PRÉSENTEMENT À LAFFICHE! '-ratsir.ii^u.TAcïiiir«H«nèRi^rr^^ i t
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