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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier A
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  • Journaux
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quotidien
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Références

Le devoir, 2008-09-04, Collections de BAnQ.

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Clinique privée de 100 millions en face du CHUM Garou transformera le Medley en complexe de santé avec services de proximité et condotel KATHLEEN LÉVESQUE La construction du futur CHUM suscite beaucoup d’impatience mais également un certain engouement chez des investisseurs privés.Le chanteur populaire Garou projette de développer, juste en face de l’actuel hôpital Saint-Luc, un complexe de santé privée avec cliniques, services de proximité et peut-être condotel, a appris Le Devoir.Le projet, qui pourrait représenter des investissements allant jusqu’à 100 millions de dollars, prendrait place à l’angle des rues Saint-Denis et René-Lévesque.Ommeuble abrite actuellement le Medley, une salle de spectacles et d’événements dont Garou est l’un des propriétaires.Joint hier après-midi, l’homme d’affaires s’est montré enthousiaste.«Là où je me suis impliqué, c’est sur l’idée d'offrir un complexe vivant.Souvent, ce qui se passe dans un hôpital et autour, c'est triste.Aim moi je veux un côté entertaining là-dedans, avec un restaurant, par exemple.Je veux que ce soit le building de l’espoir», a-t-il affirmé.Pour l’instant.Garou est entouré d’une petite équi- pe pour faire avancer le projet, composée notamment de ceux avec qui il brasse déjà des affaires au Medley ou dans ses restaurants.Des partenaires financiers se joiqdront éventuellement au groupe.A cette étape-ci, on s’attelle surtout à la définition VOIR PAGE A 8: GAROU www.ledevoir.co m DE VOIR Vol.X C I X N » 2 O 0 ?LE JEUDI 4 SEPTEMBRE 2 0 O 8 Palin tente de dissiper les doutes Une majorité d’Américaines demeurent favorables à Obama et à son colistier CLAUDE LEVESQUE Au moins deux sondages sont venus confirmer hier les doutes sur la qualité du ticket républicain, hésitations que Sarah Palin devait essayer de dissiper en soirée au Minnesota, en convainquant les délégués de son parti et ultimement la nation américaine qu’elle a les compétences nécessaires pour devenir viceprésidente.Si le choix de la gouverneure de l’Alaska comme colistière de John McCain a été fait dans le but d’attirer vers le Grand Old Party (GOP) les partisanes de la démocrate Hillary Clinton, l’enquête du groupe féministe Emily’s List donne à penser que c’est raté.Selon ce sondage réalisé dimanche et lundi auprès de 800éledrices, une majorité d’Améri-caines (52 %) demeurent favorables au candidat démocrate Barack Oba- ____ ma et à son colistier, Joseph Bidea tandis que le ticket républicain a la _ faveur de 41 % d’entre elles.I Plus précisément à peine plus de 9 % des femmes qui avaient qppuyé l’ex-première dame des Etats-Unis pendant la campagne à l’investiture démocrate se disent aujourd’hui prêtes à voter pour le candidat républicain en novembre, selon le sondage.Une majorité des sondées affirment même que la nomination de Sarah Palin les rend encore moins enclines à le faire.Il faut dire que, pour bien des Américains, Sarah Palin, qui a été mairesse d’une petite ville de banlieue en Alaska avant de devenir gouverneure de cet Etat septentrional, demeure une inconnue.En 2004, la candidat démocrate John Kerry avait bénéficié de la majorité des votes féminins, mais son avance avait été moindre que celle indiquée par Ten-quète d’Emily’s list Par ailleurs, le dernier sondage GaUup, portant sur un échantillon d’hommes et de femmes et aussi publié hier, donne Barack Obama en tête avec 50 % des intentions de vote, contre 42 % pour son adversaire républicain.Le seuil des 50 % est évidemment très symbolique, mais le candidat démocrate devançait son adversaire républicain par une marge plus importante à son retour d’Allemagne, où il avait prononcé en juillet un discours remarqué.Cette fin de semaine, certains sondages ont donné l’avantage au tandem McCain-Palin.Mais depuis lundi, la presse, alimentée en bonne partie par Internet, a La personnalité des candidats jouera plus que les enjeux, dit le responsable de la campagne républicaine VOIR PAGE A 8: PALIN CINÉMA Odile Tremblay au Festival de Toronto À lire en page B 8 INDEX Annonces.A4 Idées.A 7 Avis publics.B 4 Météo.B 4 Bourse.B 2 Monde.B 5 Culture.B 8 Mots croisés.B 6 Décès.A4 Sports.B 6 Économie.B f Sudoku.A 4 Éditorial .A 6 Télévision.B 7 Sur le chemin Découverte d’un deuxième roman en français de Jack Kerouac • : -, fl Ü ^ ; : 'md JEROME YULSMAN GLOBE PHOTOS Jack Kerouac et sa compagne, Joyce Johnson, à Greewich Village, en 1957.« Montréal est mon paradis », écrivait le pape des Beats en 1952, alors qu’il songeait à s’établir au Québec GABRIEL ANCTIL Sur le chemin, sous-titré On the Road, est le titre d’un roman de Jack Kerouac rédigé en français en 1952, qui vient d’être découvert à New York.Inédit et insoupçonné, le manuscrit dormait depuis plus d’un demi-siècle dans la noirceur des archives.Ce livre jette une lumière tout à fait nouvelle sur l’œuvre de ce fils de Canadiens français, considéré comme l’un des écrivains les plus importants du XX1 siècle.Il y a tout juste un an, Le Devoir avait révélé en primeur la découverte d’un premier roman et de plusieurs écrits français du célèbre écrivain.La nouvelle avait alors fait le tour du monde.On savait Jack Kerouac fier de ses origines canadiennes françaises, mais on ignorait, jusqu’à tout récemment, que le célèbre écrivain américain avait créé une œuvre littéraire dans sa langue maternelle.Sur le chemin, son deuxième roman, a été écrit en jouai en décembre 1952, à Mexico.Il prouve désormais, hors de tout doute, la capacité de «J’irai vivre au Canada français éventuellement avec Mémère, et le ferai pour les tempêtes et la santé que j’y trouverai» Kerouac de manier la langue québécoise, la langue de ses ancêtres.Sur le chemin est un court roman d’une cinquantaine de pages.Il a été rédigé à la main dans un cahier de notes bon marché.D raconte l’histoire fantastique d’un groupe d’hommes qui se donnent rendez-vous dans le Chinatown, à New York.Kerouac avait déjà évoqué l’existence de ce roman dans une lettre qu’il avait écrite le 10 janvier 1953 à Neal Cassady, celui-là même qui lui a inspiré le fougueux personnage de Dean Mo-riarty dans Je célèbre roman On the Road: «A Mexico, peu de temps après ton départ, j’ai écrit en cinq jours, en français, un roman sur toi et moi aim que nous étions enfants en 1935, où nous rencontrons Uncle Bill Ballon, ton père, mon père et quelques blondes sexy dans une chambre avec un Canadien français débauché ainsi qu’un vieux Model T Ford.Tu le liras imprimé un jour et tu riras.Il représente la solution pour les intrigues de On the Road, toutes les intrigues et je vais le soumettre dès que j'aurai VOIR PAGE A 8: KEROUAC 8 9 C + T A X K S = 1 $ Pluie de milliards électoraux Les ministres conservateurs font une douzaine d’annonces à travers le pays ALEC CASTONGUAY ANTOINE ROBITAILLE Les élections approches et les annonces préélectorales se multiplient Dans la journée d’hier seulement, les ministres du gouvernement Harper se sont promenés d’un océan à l’autre pour faire une douzaine d’annonces qui totalisent près de 4,3 milliards de dollars.Les partis d’opposition s’insurgent contre ce qu’ils qualifient «d’opportunisme» de la part du gouvernement conservateur.Le gros morceau des annonces d’hier est la conclusion d’une entente administrative avec Québec sur les infrastructures.La valeur est de 4 milliards de dollars jusqu’en 2014.Une entente de principe avait été conclue en mai dentier, mais les conservateurs souhaitaient attendre l’approche d’un déclenchement électoral, ce qui a retardé la signature officielle, selon des sources à Québec.Tous les prétextes semblaient bons hier aux yeux du gouvernement Harper pour faire une annonce quelque part au pays.Ainsi, Le gros la fête des Violons d'automne, à Saint-Jean-Fort-Joli, a reçu 3000 $, alors que le festival d’automne Orgue et couleurs, à Montréal, a quant à hp touché 30 000 $.En Nouvelle-Ecosse, le ministre Peter Mackay a annoncé que la revue trimestrielle Antigmiiii Review, de l’université St.Francis Xavier, recevra 12 000 $ du fédéral.L’nstitut Dominion, qui travaille avec les anciens combattants, recevra 450 000 $.L'organisme Ars Longa, de Charlottetown, touchera 5000 $.Deux annonces dans l'industrie aérospatiale (à Montréal et Toronto) totalisent 31,6 millions de dollars.Le Conseil canadien pour les ressources humaines en agriculture a eu droit à 1,3 million.lœs jeunes de Vancouver sans emploi auront un projet pour les aider dont la facture s’élève à 2,9 millions, alors que Winnipeg verra son théâtre Molière être rénové avec de l’argent fédéral qui totalisera 3,5 millions.morceau des annonces est la conclusion d’une entente administrative avec Québec sur les infrastructures VOIR PAGE A 8: HARPER ¦a f REUTERS Dion ajoute 500 millions pour vendre son « tournant vert » ¦ À lire en page A 3 ’WM m , m jp " w #ÏÏUSIQVJE 1007 A V 77831302225436 LE DEVOIR.LE JEUDI 4 SEPTEMBRE 2008 A 2 LES ACTUALITÉS Dopage à TEPO Le Dr Duquette risque huit mois de radiation Le syndic et les défendeurs ont revu à la hausse leur proposition commune de sanction GUILLAUME B O U R G A U LT-C ô T É uatre mois de radiation n’étaient pas assez, huit kJ semblent mieux; le comité de discipline du Collège des médecins s’est retiré en délibéré hier pour évaluer une nouvelle proposition de sanction contre le D' Maurice Duquette, prescripteur d’EPO à plusieurs athlètes.I-e «Doc EPO», qui prenait soin notamment de la cycliste Geneviève Jeanson, pourrait donc devoir, si le comité entérine la proposition faite hier par le syndic et les défendeurs, interrompre son travail d’orthopédiste pour une période de huit mois.M.Duquette devra aussi éviter de traiter tout athlète amateur ou professionnel.En mai dernier, le président du comité de discipline avait renvoyé le syndic et le clan Duquette à leurs devoirs.Leur proposition commune d'une radiation de quatre mois avait été jugée 4rop peu sévère» pour refléter l’ampleur des manquements de Maurice Duquette, coupable de 14 chefs d’accusation.Ceux-ci concernent essentiellemept des prescriptions abusives et l’administration d’EPO (plus précisément de l’Eprex, une érythropoïétine de synthèse) entre 1999 et 2001.En proposant huit mois de radiation et une limitation de pratique, le syndic estime que ses objectifs sont atteints.«C'est suffisant», a indiqué l’avocat du syndic, Jacques Prévost.D’une part, le Dr Duquette ne pourrait plus sévir auprès d’athlètes, dit-il.De l’autre, le comité enverrait un message clair au reste de la profession: les liaisons dangereuses entre médecine et athlètes sont à proscrire, et les prochains à s’y frotter risqueront plus gros.«Nous aurions pu demander plus», a toutefois reconnu M' Prévost à la sortie d’une audience qui n’a pas duré une heure et n’a pas permis d’en apprendre beaucoup plus sur ce dossier.«Mais huit mois, ce n'est pas rien.Il y a un empêchement de gagner sa vie, ainsi qu'un effet [sur la pratique future] en milieu de travail.» Soulignant que le cas Duquette est un précédent, M' Prévost a fait part au comité de discipline de l’importance que la sanction qui sera imposée comporte un volet dissuasif bien senti.Il y a un «caractère pédagogique» dans toute décision du comité, a-t-il dit, et il faut cette fois indiquer que «ce genre de gestes est à prohiber et est inacceptable».Long parcours L’affaire Duquette — qui est à la source de la saga Jeanson — date de 2001.Alerté par la Fédération québécoise des sports cyclistes que Maurice Duquette employait des méthodes douteuses pour soigner des athlètes, le syndic du Collège des médecins avait alors ouvert une enquête qui s’est rapi- dement révélée explosive.Après examen des faits, 14 chefs d’accusation sont déposés contre le Dr Duquette en 2003.Celui-ci s’entend toutefois avec le syndic pour plaider coupable, en échange de quoi les deux parties proposaient au comité de discipline une radiation de quatre mois.Ces aveux permettaient d’éviter d’avoir à faire témoigner des témoins et d’avoir à déposer une preuve devant le comité.Mais le Dr Duquette a rapidement fait volte-face • et désavoué ses propres aveux, sur pression du clan Jeanson.Le Comité de discipline avait d'abord accepté ce revirement de situation, mais le Tribunal des professions, la Cour supérieure et la Cour d’appel ont tous invalidé la rétraction et forcé le Dr Duquette à maintenir sa culpabilité.C’est ce qui explique le long délai entre le dépôt des chefs d’accusation et leurs audiences.Durant ces quelques cinq années, le dossier Duquette s’est aussi passablement épaissi — notamment à cause des aveux de Geneviève Jeanson sur les ondes de Radio-Canada —, ce qui rendait insuffisante la première sanction recommandée.Le comité de discipline devrait livrer sa décision d’ici un an au maximum.Le Devoir JACQUES NADEAU LE DEVOIR La cycliste Geneviève Jeanson, l’une des patientes du Dr Maurice Duquette.Ralentir le rythme cardiaque pour éviter la crise AMÉLIE DAOUST-BOISVERT Lorsqu’on a connu les affres d’une maladie cardiaque, ralentir le rythme des battements de son cœur réduit le risque de subir un nouvel accident cardiovasculaire.Alors que les médecins se sont surtout concentrés à contrôler la pression artérielle et le cholestérol, une étude internationale publiée dans The Lancet pourrait changer la gestion médicale d'une des premières causes de mortalité au monde.Près de 11 000 patients dans 33 pays ont été suivis dans le cadre de l’étude BEAUTIFUL La moitié d’entre eux ont reçu, en plus du traitement habituel pour les maladies cardiovasculaires, un médicament réduisant la fréquence cardiaque, l’ivabradine.Grâce à ce traitement, les patients plus fragiles que les autres, dont le cœur battait plus de 70 fois par minute, ont vu leur rythme cardiaque diminuer de cinq battements par minute en moyenne.Leur risque d’hospitalisation a chuté de 36 %.Pour le D' Jean-Claude Tardif, chercheur canadien principal de l’étude, ce que les résultats ont montré de plus intéressant, «c’est qu’en abaissant suffisamment la fréquence cardiaque chez ces patients qui reçoivent déjà les meilleurs traitements disponibles, nous avons le réel potentiel de réduire encore plus l’incidence d’évé- nements cardiovasculaires.» Le directeur du Centre de recherche de l’Institut de cardiologie de Montréal estime que diminuer la fréquence cardiaque autrement que par la pharmacothérapie pourrait avoir des effets bénéfiques similaires.«Faire de l’exercice, perdre du poids, boire moins de café et d’alcool, ça aide, mais ne nous leurrons pas, nous n’avons pas toujours un franc succès de ce côté avec les patients», explique-t-il depuis Bruxelles, après être passé par Munich pour le Congrès 2008 de la Société européenne de cardiologie.Pour lui, la présente étude est la première pierre pour montrer que le rythme cardiaque doit être contrôlé.«C’est facile à mesurer, et pourtant, les médecins ont négligé ce facteur, qui est tombé dans l’oubli, alors que le réflexe de contrôler la pression artérielle est automatique.» Il croit qu’avec une dose d’ivabradine personnalisée selon les besoins de chaque patient, on pourrait obtenir des résultats encore plus spectaculaires, soit une baisse du rythme cardiaque de neuf ou dix battements par minute pour atteindre une cible protectrice autour de 55 à 60 battements par minute.Le Canada n’a pas encore approuvé l’utilisation de cette molécule, mais plusieurs pays l’autorisent.Le Devoir POUR GARDER VOTRE ROLEX EN SERVICE Quand le cerveau bouillonne, l’estomac gargouille Le travail intellectuel serait mauvais pour le tour de taille, selon une étude Écrire le rapport tant attendu par le patron risque de vous faire engraisser davantage que de vous asseoir à ce même bureau et de regarder les pigeons voler par la fenêtre.«Travailler, c’est pire que de ne rien faire», résume la nouvelle étude d’Angelo Tremblay sur les facteurs qui prédisposent à l’obésité.AMÉLIE DAOUST-BOISVERT Après deux heures à dicter des demandes de subventions à sa secrétaire, la rumeur raconte que le chercheur à l’Université Laval Angelo Tremblay se sentait submergé par une envie irrépressible.de biscuits au chocolat Ce grand intello-sportif, dont les réunions scientifiques avec les étudiants et collaborateurs se font en joggant, l’avoue; «On peut dire que mon expérience personnelle a inspiré mes recherches!» Il confie la mission de comprendre ces fringales intellectuelles à son étudiant au doctorat Jean-Philippe Chaput, qui publie les conclusions de son étude dans le journal Psychosomatic Medicine de septembre.«Moi même, pendant mon baccalauréat, je me rendais compte que pendant mes blitz d’examens, Je bougeais moins, je mangeais plus et plus gras et sucré, je donnais moins.» Quatorze étudiantes de 20 à 30 ans de l’Université Laval se sont soumises au programme de recherche.À leur arrivée au laboratoire, à 8h le matin, on leur servait à toutes le même déjeuner.A 10h30, elles passaient 45 minutes soit assises passivement, soit à lire un reportage du magazine L’actualité et le résumer en 350 mots, soit à répondre à des questionnaires sur l’ordinateur.On mettait ensuite les jeunes femmes en présence d’un buffet à volonté.En pesant la nourriture avant et après, les chercheurs savaient au gramme près ce que les étudiantes avaient consommé.Chacune se présentait trois fois pendant deux mois pour exécuter chacune des activités.Pour préserver l’objectivité de l’étude, elles ignoraient que l’on pesait leur nourriture.Elles pensaient participer à une recherche sur la perception des aliments, et des questionnaires à remplir brouillaient les pistes.Après avoir écrit le résumé ou répondu aux questionnaires sur l’ordinateur, les jeunes femmes n’étaient pas plus affamées, mais ont quand même profité davantage du buffet.En moyenne, elles consommaient entre 200 et 250 calories de plus, l’équivalent de deux verres de boisson gazeuse, de quatre pommes ou d’un bagel presque entier.Au souper, elles mangeaient autant qu’à leur habitude, ce qui signifie que ces 200 calories représentaient un réel surplus dans leur journée.«C’est un facteur aussi puissant que les autres que nous avons étudiés», explique Angelo Tremblay.Un point de vue que son étudiant partage: «L’augmentation de l’obésité dans notre société est allée de pair avec le virage plus intellectuel du travail.» Cette étude laisse donc en- tendre que les activités intellectuelles favorisent une surconsommation d’aliments, ce qui, à long terme, pourrait paraître sur le tour de taille.«J’ai vu beaucoup d'étudiants de maîtrise et de doctorat sortir avec un diplôme, mais aussi avec quelques livres en plus.», raconte le professeur Angelo Tremblay.«C’est psychobiologique, explique Jean-Philippe Chaput Le stress [de la performance intellectuelle] fait augmenter la fréquence cardiaque et les niveaux de cortisol dans le.sang, ce qui augmente la prise alimentaire.Aussi, manger est une ré-, compense que l’on s’accorde pour le stress subi.» Les chercheurs poursuivent en ce moment une autre phase de ce' projet en appliquant le même protocole à 100 jeunes hommes et femmes.Les résultats préliminaires, confie Jean-Philippe Chaput, dessinent une tendance similaire pour les deux sexes.Il explore aussi une nouvelle combinaison, soit bouge - étudie - mange.«Le sport pourrait compenser l’effet négatif du travail intellectuel», croit Angelo Tremblay.Le Devoir Recours collectif en psychiatrie L’Agence de la santé défend la clarté de son protocole LIA LÉVESQUE Le protocole de l’Agence de la santé de Montréal était clair il interdisait à un hôpital de refuser un patient en psychiatrie pour de seuls motifs géographiques.Si l’hôpital Jean-Talon a refusé une patiente qui y sollicitait un suivi en psychiatrie, il l’a fait en contravention du protocole.C’est la thèse qu’a défendue hier M‘ Suzanne Courchesne, l’avocate qui représente l’Agence de la santé et des services sociaux de Montréal dans la requête en vue de faire autoriser un recours collectif contre la «sectorisation» des soins psychiatriques.Cette politique de «sectorisation» avait été adoptée à l’origine pour favoriser l’accès à des soins à tout patient, au moins dans l’hôpital du secteur où il réside.Mais, en pratique, il semble que des établissements de santé aient interprété ce protocole de sectorisation de façon à restreindre cet accès aux soins aux seuls résidants de leur secteur.Une requête pour autorisation d’intenter un recours collectif a donc été déposée au nom d’un groupe de personnes qui ont tenté d’obtenir des soins psychiatriques non urgents, dans une clinique externe d’un hôpital de Montréal, et qui se sont vu refuser ces soins pour des motifs géographiques.La requête en autorisation d’intenter un recours collectif déposée par l’avocat Jean-Pierre Ménard est estimée à plusieurs millions de dollars, soit 5000 $ par personne s’étant vu refuser l’accès à ces soins pour des motifs géographiques, entre 2000 et 2005, sans compter les autres dommages exemplaires, selon le cas.Mardi, M'1 Ménard avait plaidé le fait que cette pratique était discriminatoire à l’endroit des personnes ayant des problèmes de santé mentale.Si une personne avait eu un problème de santé physique, avait-il plaidé, elle aurait bénéficié du libre choix de son établissement de santé.Or, la requérante du recours col- lectif, Mme Lyne Labelle, insatisfaite des services du psychiatre qui l’avait traitée à l’hôpital Notre-Dame, avait demandé à être suivie en clinique externe de psychiatrie à l’hôpital Jean-Talon, ce qui lui avait été refusé pour des motifs géographiques.Hier, Mf Courchesne, au nom de l’agence de la santé, a fait valoir que si l’hôpital a bel et bien refusé de traiter la patiente pour des motifs géographiques, il a contrevenu au protocole de l’agence.Car ce protocole est clair: «le refus d’accès à des soins pour des motifs géographiques est explicitement interdit», a affirmé l’avocate.Mr Courchesne a même précisé que comme la requérante, Mme Labelle, n’était plus suivie activement à l’hôpital Notre-Dame depuis plus de six mois, elle aurait simplement dû être informée, en vertu du protocole, des avantages d’être traitée dans un établissement de son secteur et des inconvénients de ne pas être traitée par un hôpital de son secteur.Et si la requérante maintenait malgré tout sa demande, l’hôpital Jean-Talon aurait dû accepter de la soigner.L’accès aux soins est cependant limité par d’autres critères que le lieu de résidence, comme les ressources humaines et financières de l’établissement de santé, a rappelé M' Courchesne, citant la Loi sur la santé et les services sociaux.1 M1 Courchesne a ainsi mention-' né qu’à l’époque où la requête de Mme Labelle a été refusée par l’hôpital Jean-Talon, le délai d’attente pour ces services était de 210 jours, soit environ neuf mois.L’avocate de l’agence de santé a finalement relevé des statistiques démontrant un taux élevé de fréquentation des hôpitaux par les citoyens du secteur qu’ils desservent Selon elle, cela prouve que la politique de sectorisation fonctionne et que s’il y a eu des cas de refus de soins pour motif géographique, «ce n’est certainement pas de façon systémique».La Presse canadienne Listériose Charest en appelle au sens des responsabilités des commerçants PARFAIT ÉTAT DE FONCTIONNEMENT, NOUS VOUS CONSEILLONS D’EFFECTUER UNE RÉVISION COMPLÈTE TOUS LES CINQ ANS.Gàmbard Vente et service technique 630-A RUE CATHCART MONTRÉAL, CENTRE VILLE (514) 866-3876 RÉMI NADEAU Québec — Jean Charest en appelle à la responsabilité des détaillants pour éviter que des produits Maple Leaf possiblement contaminés à la listéria se retrouvent encore sur leurs tablettes.Le premier ministre a plaidé mercredi pour l’application rigoureuse du rappel de ces produits, après que TVA a révélé que certains dépanneurs de Montréal vendaient toujours des bâtonnets de salami fabriqués à l'usine ontarienne d’où pro-viept l’éclosion de listériose.A son entrée à la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres, M.Charest n’a pas écarté la possi- bilité de revoir la législation, alors qu’il était questionné sur l’éventualité d’imposer des amendes aux détaillants pris en défaut «Il jaut que chacun dans la chaîne assume ses responsabilités, que ce soit le fabricant, le détaillant.[.] Ils engagent leur propre responsabilité, les conséquences pourraient être graves», a-t-il commenté.Le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, Laurent Lessard, n’a pas caché sa colère après avoir pris connaissance des failles du rappel.«Avec la publicité que nous avons faite, la publication d'avis„la médiatisation nécessaire de cet événement, je ne comprends pas que quelqu’un qui a la charge de nourrir du monde de façon saine ait encore ces emballages-là.C’est inacceptable», a-t-il déploré.Au ministère, le porte-parole Guy Auclair a précisé qu’une enquête était en cours afin de déterminer pour quelles raisons les trois commerçants en question ignoraient l’existence de ce rappel.«Etaient-ils absents lorsque le distributeur a procédé à la vérification du rappel?En tout cas, on enquête pour éviter que ça se reproduise», a dit le porte-parole.M.Auclair a rappelé que 264 inspecteurs du MAPAQ arpentent le Québec pour s’assurer de l’efficacité du rappel des produits à risque, tout en reconnaissant qu’ils ne peuvent rencontrer personnellement les 35 000 détaillants sur le territoire.Après avoir contacté en priorité les établissements de santé et les' centres qui accueillent des personnes âgées, plus susceptibles de souffrir de la listériose, le MAPAQ portera maintenant une attention particulière aux petits commerces indépendants.Tant le Parti québécois que l’Action démocratique du Québec se sont montrés inquiets et ont fait des reproches au gouvernement Charest La Presse canadienne * » r 4 Le rasoir d’Occam Michel David IPJ* ntia non sunt multiplicande praeter ne-^ \ cessitatem.» (Les entités ne devraient pas être multipliées sans nécessité.) C’est en ces termes que le franciscain anglais Guillaume d’Occam avait énoncé, au début du XIV' siècle, le principe dit du «rasoir d’Occam», qui a été repris sous diverses formes par des penseurs et des scientifiques aussi éminents que Leibniz, Newton et Einstein.Le «rasoir d’Occam» a changé de nom en entrant dans le langage courant Le principe de KISS (JKeep it simple, stupid) est devenu une règle universelle en matière de communication, tout particulièrement de communication politique.Tout le fla-fla qui risque d’obscurcir le message doit impérativement être rasé.Le maître à penser de Stephen Harper, Tom Flanagan, a très bien expliqué la chose dans son livre intitulé Harper's Team, qui raconte les dessous de la prise du pouvoir par les conservateurs: «Les politiques doivent être formulées de manière à pouvoir être communiquées au grand public et à recevoir l’appui d’électeurs qui consacrent peu de temps à les étudier.» Durant la campagne de 2005-06, M.Harper a appliqué cette recommandation à la lettre.N’importe qui pouvait comprendre la promesse d’abaisser la TPS ou de verser une allocation annuelle de 1200 $ pour chaque enfant âgé de six ans ou moins, sans exception.Tout porte à croire qu’il pratiquera la même simplicité au cours de la prochaine campagne.Le professeur Stéphane Dion connaissait certainement l’œuvre de Guillaume d’Occam.Le problème est que le chef libéral semble en avoir oublié les préceptes depuis.Après deux mois de longues explications, son «tournant vert» semble demeurer une énigme pour le commun des mortels.Et plus ils en entendent parler, moins les électeurs y sont favorables.Le projet est maintenant devenu évolutif, ce qui risque de miner sa crédibilité encore un peu plus.Hier, M.Dion a annoncé de nouveaux crédits de réduction d’émission de GES totalisant 400 millions de dollars au profit des agriculteurs et de l’industrie forestière, de même que des fonds spéciaux destinés aux camionneurs et aux pêcheurs.Qui seront les prochains gagnants de la prochaine loterie verte du PLC?Les conservateurs se sont fait un devoir d’éclairer la population sur les intentions libérales.Qu’elles soient vraies ou fausses, leurs explications ont le grand mérite d’être faciles à comprendre.D’autant plus qu’elles s’appuient sur la méfiance instinctive des électeurs: M.Dion a beau assurer que les profits de la nouvelle taxe sur le carbone seraient retournés aux contribuables, quand a-ton déjà vu un gouvernement redonner d’une main ce qu’il avait pris de l’autre?C’est plutôt l’inverse qui est la règle.L’instauration de la TPS par le gouvernement Mul-roney, en 1991, était sans aucun doute un geste courageux, qui s’est révélé bénéfique pour le Canada, mais elle a aussi constitué un facteur important de la plus sévère défaite subie par un des grands partis nationaux depuis la naissance de la fédération.En ces matières, le cynisme a toujours été plus profitable.Alors qu’il était chef de l’opposition, Jean Chrétien avait promis d’abolir la TPS, tout comme il avait promis de déchirer l’accord de libre-échange.Bien entendu, il n’en a rien fait, ce qui ne l’a pas empêché d’être réélu facilement à deux reprises.Durant la campagne électorale de 1974, Pierre Elliott Trudeau avait ridiculisé le chef conservateur Robert Stanfield, qui proposait de geler les prix et les salaires pour juguler l’inflation.Dès qu’il s’était retrouvé à la tête d’un gouvernement majoritaire, M.Trudeau s’était empressé de reprendre la mesure à son compte.Au moment où les consommateurs sont encore sous le choc de la hausse des prix pétroliers, on se demande s’il faut admirer l’audace du chef libéral ou se désoler de sa naïveté.L’expérience passée démontre que le souci de la protection de l’environnement diminue considérablement quand l’économie donne des signes de ralentissement Plus encore qu’une réforme fiscale audacieuse, c’est un véritable changement des mentalités que cherche à provoquer M.Dion.Plus encore qu’une réforme fiscale audacieuse, c’est un véritable changement des mentalités que cherche à provoquer M.Dion Un leader plus charismatique y parviendrait peut-être.Il y a une douzaine d’années, Lucien Bouchard était sans doute le seul qui pouvait embrigader le Québec tout entier dans la quête du déficit zéro, et cela ne s’est pas fait sans peine.M.Dion semble malheureusement le moins apte à convaincre qui que ce soit Les sondages sont accablants pour le chef libéral.Selon le dernier Ipsos Reid, seulement 20 % des Canadiens voient en lui le meilleur candidat au poste de premier ministre, très loin derrière Stephen Harper (50 %) et Jack Layton (31 %).Pour mener la lutte contre les changements climatiques, la population fait moins confiance au chef libéral (30 %) qu’à M.Layton (38 %) et à peine plus qu’au premier ministre (27 %), qui porte pourtant le bonnet d’âne depuis longtemps.Même si les électeurs tiennent généralement pour acquis que les promesses des politiciens sont faites pour être brisées, M.Dion constituerait peut-être l’exception à la règle.Au bout du compte, il se pourrait très bien que son projet se révèle avantageux à la fois pour les contribuables, pour l’économie et pour l’environnement On peut reprocher plusieurs choses au père de la Loi sur la clarté, mais pas l’accuser d’avoir agi avec cynisme ou hypocrisie dans le passé.Dès son entrée en politique, il avait clairement indiqué son intention d’imposer de nouvelles règles du jeu en prévision d’un troisième référendum sur la souveraineté.Il a fait exactement ce qu’il avait dit II est vrai que les Canadiens n’avaient pas eu besoin d’un dessin pour comprendre ce dont il s’agissait POLITIQUE 91 #3 frrf FRED GREENSLADE REUTERS Le député libéral Michael Ignatieff et son chef, Stéphane Dion.Mil Dion ajoute 500 millions pour vendre son « tournant vert » Le chef libéral recrute une vedette du milieu agricole pour l’aider à convaincre les agriculteurs du bien-fondé de sa politique Pour mieux faire passer son plan vert auprès des travailleurs qui seront les plus affectés par sa taxe sur le carbone, le chef libéral Stéphane Dion a annoncé hier des compensations de 900 millions de dollars.Surtout, il s’adjoint une vedette du milieu agricole qui l’aidera à vendre son «tournant vert» dans le reste du pays.HÉLÈNE BUZZETTI Winnipeg — Il n’y aura finalement pas que des crédits d’impôts pour compenser les 15,3 milliards de dollars que Stéphane Dion compte engranger avec sa taxe sur le carbone.Le chef libéral a annoncé hier trois mesures pour aider les agriculteurs, pêcheurs, camionneurs et travailleurs en foresterie à prendre avec lui le virage vert Dans un discours-fleuve énergique de 35 minutes livré devant ses troupes réunies en caucus préélectoral, Stéphane Dion a promis qu’il mettrait à la disposition des travailleurs pas moins d’un demi-milliard de dollars pour acquérir de nouveaux équipements moins polluants.Ainsi, un futur gouvernement libéral s’engage à créer un fonds doté de 250 millions de dollars pour les fermes écologiques.Cette somme financera de la recherche pour développer de nouvelles technologies agricoles, mais aidera aussi les agriculteurs à se procurer ces nouvelles technologies plus vertes et à s’acheter des équipements moins énergivores.Un deuxième fonds, doté de la même somme et ayant les mêmes objectifs, s’adressera aux pêcheurs et camionneurs.Cette somme d’un demi-milliard de dollars sur quatre ans n’avait pas été prévue initialement dans le plan vert de Stéphane Dion dévoilé en juin.En conférence de presse, M.Dion s’est défendu d’avoir ajouté cette somme à la dernière minute, pour amadouer les mécontents.Selon lui, les agriculteurs, camionneurs et les autres n’ont rien contre le fait d’être «imputables», mais ils veulent faire partie de la solution.«V& nous ont dit: “Aidez-vous à réduire notre pollution!”», a-t-il dit Or, ajoute-t-il, son «tournant vert» ne concerne que les baisses d’impôts, alors que les programmes d’aide seront annoncés à part.Le premier ministre Stephen Harper, lui, n’en croit rien.Il estime que lorsque son rival «apporte encore des changements sur un coin de table à la fin d’une rencontre, cela devrait envoyer un signal d’alarme aux Canadiens» en période économique incertaine.D’ailleurs, le Parti conservateur a rapidement fait circuler un communiqué de presse provenant de l’Alliance canadienne du camionnage, dans lequel l’industrie estime que les bonbons promis ne seront pas suffisants pour compenser l’impact de la taxe sur le carbone.Le parti offrait même des entrevues avec un député pour relayer le message.Au demi-milliard promis par Stéphane Dion s’ajoute un fonds de 400 millions de dollars pour des crédits de réduction des émissions nocives, celui-là pris à même le «tournant vert» pour payer les agriculteurs qui auront déjà abaissé de manière vérifiable leurs émissions de gaz à effet de serre.Stéphane Dion la présente comme une mesure transitoire en attendant la mise sur pied d’un vrai marché du carbone, avec des plafonds et des crédits échangeables à la bourse.«Les Canadiens verront plus que jamais que nous avons le meilleur plan pour l’environnement, pour l’économie du XX1‘ siècle, pour la planète et leur portefeuille», a lancé M.Dion.Un porteur de ballon Malgré la grogne appréhendée, Stéphane Dion ne sera pas seul pour vendre son plan vert aux agriculteurs.Le chef libéral a profité de son allocution livrée hier à Winnipeg pour présenter un candidat-vedette, dont l’identité aura pu être préservée jusqu’à la fin.Bob Friesen, jusqu’à mardi le président de la Fédération canadienne de l’agriculture, fera la lutte au conservateur Steven Fletcher en banlieue de Winnipeg.M.Friesen a aidé le chef libéral à élaborer des mesures compensatoires dévoilée hier.Quoique inconnu au Québec, M.Friesen est très respecté dans le monde rural et agricole du reste du Canada.Ses neuf années à la tête de la FCA lui ont permis de se faire connaître et d’exercer ses talents d’orateur.Après sa courte allocution devant les députés et les sénateurs à Winnipeg, certains n’hésitaient pas à voir en lui le prochain chef du Parti libéral du Canada Steven Fletcher, un quadraplégique secrétaire parlementaire à la Santé, avait gagné l’élection en 2006 avec 46 % des voix, contre 36 % pour son adversaire libéral.M.Dion s’est d’ailleurs valu de nombreuses ovations senties de ses troupes pendant son discours, une allocution enlevée et électorale à souhait Mettant de côté sa propension à réagir aux gestes du premier ministre, le chef libéral est passé à l’offensive, s’en prenant à Stephen Harper qu’il a plus d’une fois comparé à l’impopulaire président américain.Dans un vibrant plaidoyer, il a lancé que les libéraux avaient «besoin» de gagner la prochaine élection parce que le Canada se retrouve avec le «premier ministre le plus à droite de l’histoire.Stephen Harper veut donner à George W.Bush un troisième mandat au Canada!» Surtout le chef libéral a décidé de ne pas laisser tout le terrain économique à Stephen Harper, qui depuis des semaines vante son austérité comme le meilleur remède à la récession qu’il brandit «Il y a une tendance, croit au contraire Stéphane Dion.Chaque fois que le Canada est dirigé par un gouvernement conservateur, l’économie stagne, des emplois se perdent et les déficits se pointent à l’horizon.Les temps bleus sont des temps durs.Cela a toujours été le cas.» Le Devoir André Bachand revient chez les conservateurs Deux ministres ne seraient pas de la prochaine campagne ALEC CASTONGUAY Ottawa—A quelques jours du déclenchement des élections fédérales, ça bouge au Parti conserva-teur.Alors que les importants ministres David Emerson et Loyola Heam décident de quitter le navire, les troupes de Stephen Harper pourront compter sur un nouveau nom connu au Québec: André Bachand.Le 15 février dernier, Le Devoir révélait que l’ancien député progressiste-conservateur souhaitait faire un retour en politique sous la bannière conservatrice dans la circonscription de Sherbrooke.Hier, André Bachand a confirmé ses intentions lors d’un entretien téléphonique.«Je viens de démissionner, je suis en train de vider mon bureau, a-t-il dit au Devoir.Je quitte pour Sherbrooke en fin de semaine et je vais faire l’annonce officielle mardi ou mercredi prochain.» Grand ami de Jean Charest, il était le représentant du gouvernement du Québec à Ottawa depuis quatre ans.Lors de son départ de la politique en 2004, André Bachand avait soutenu que Stephen Harper «a autant de charisme qu’une table à pique-nique».Hier, il a refusé de revenir sur le sujet «On demeure propriétaire de nos paroles.Je veux seulement dire que Harper a la crédibilité d’un premier ministre», a-t-il soutenu.Le Parti conservateur aimerait faire des gains dans trois circonscriptions des Cantons-de-TEst Sherbrooke, Brome-Missisquoi et Richmond-Arthabaska.Sherbrooke, avec sa population étudiante, ne sera pas une prise facile.«Ce n’est pas le premier comté qui va tomber», avoue une source conservatrice.Sherbrooke est représentée depuis 2000 par le député blo-quiste Serge Cardin, qui jouit d'une majorité confortable et d’une bonne machine politique.Sur le terrain, les libéraux de Jean Charest donneront un coup de main à André Bachand, qui a préféré la circonscription de son ami à son ancien fief de Richmond-Arthabaska, qu’il a représenté jusqu’en 2004.Pas de war room à Montréal Le Parti conservateur a choisi de concentrer ses activités à Ottawa durant la campagne électorale.Lawrence Cannon, Dimitri Soudas et Michel Lalonde seront les dirigeants de fa campagne au Québec et ils agiront essentiellement à partir de 1a capitale fédérale.M.Soudas sera toutefois souvent sur l’avion avec le premier ministre.Montréal et Québec auront droit à des bureaux avec des employés, mais 1a stratégie sera planifiée à Ottawa.Pendant un certain temps, plusieurs militants ont pensé qu’il y aurait un bunker électoral complet dans 1a métropole, mais ce ne sera pas le cas.Une électorale question d’efficacité, dit-on, d’autant plus que l’organisateur en chef du Parti conservateur, Doug Finley, est en poste à Ottawa.Emerson et Hearn plient bagage Selon le réseau CTV, le Parti conservateur perd deux poids lourds à quelques jours des élections.Le ministre des Affaires étrangères, David Emerson, et le ministre des Pêches, Loyola Hearn, annonceront sous peu qu’ils ne se représentent pas.David Emerson a remporté les élections en 2006 dans 1a circonscription de Vancouver-Kingsway sous la bannière libérale, avant de passer chez les conser-vateurs quelques jours plus tard.Il avait toutefois peu de chance de se faire réélire dans ce comté sous 1a bannière conservatrice.Le PC lui aurait offert un autre endroit plus facile, mais il aurait refusé.Dans le cas de Loyola Heam, il avait peu de chance d’être réélu.Le popidaire premier ministre de Terre-Neuve, Danny Williams, est en guerre ouverte contre Stephen Harper et demande à ses concitoyens de voter contre les conservateurs fédéraux.Les trois sièges du PC dans cette province sont donc en danger, y compris celui du ministre Hearn.Le Devoir J’essaie de vous éviter un procès François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Vieux Montreal 514.845.5545 Jacinthe SAWT-0NGE ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE collection partenaires du bonheur Daniel BOUBEON Directeur ne ta contemn Cahier (240 p.) -16,95 $ PARTONS A L’AUENTURE i™ année du w cycle du secondaire ccctf nmtuf PtyiM' T E M B K E 2 0 0 8 A 7 IDEES Vieillissement de la population Des décisions s’imposent JACQUES LÉGARÉ Professeur émérite de démographie à l’Université de Montréal et cochercheur au SEDAP (Social and Economie Dimensions of an Aging Population Research Program) A l’occasion de la neuvième Conférence mondiale de la Fédération internationale du vieillissement, qui se tient à Montréal à compter d’aujourd’hui, nous publions, sur deux jours, une analyse du démographe Jacques Légaré.n chroniqueur français commençait ainsi un récent article, intitulé «Le destin s’écrit dans la démographie»: «C’est le sujet dont on ne parle pas.Il rôde pourtant derrière chacun des dossiers traités par les Européens.Le fantôme qui rôde, c’est la démographie.» Et il ajoute: «Les politiques n’ont pas vu venir le papy-boom.» Or, ce n’est pas le cas au Québec: tout le monde en parle! Cependant, être sensibilisé au problème n'est qu’une première étape; il faut que des politiques soient bien mises en place pour faire face à la situation qui est plus préoccupante au Québec qu’ailleurs parce que tant le baby-boom que le baby-bust qui l’a suivi y ont eu une plus grande amplitude.Individus et populations H y a lieu d’abord de bien distinguer le vieillissement des individus du vieillissement des populations.Le premier est d’abord et avant tout biologique et mène vers la mort malgré tous les progrès faits pour augmenter l’espérance de vie, laquelle ne se dirige pas encore vers l’immortalité.Le second, lui, est strictement structurel, c’est-à-dire que la structure par âge de la population vieillit, mais elle pourrait tout autant rajeunir, ce qui n’est pas possible sur le plan des individus.Bref, le discours sur le vieillissement de la population ne doit pas utiliser le même langage que celui sur le vieillissement individuel, et en particulier laisser présager un certain fatalisme.Pour comprendre le futur vieillissement de la population québécoise, qui ne concerne pas que les aînés, les démographes observent un certain nombre de faits et établissent des projections réalistes, en ce qui concerne en particulier les futurs travailleurs ainsi que les futurs aînés et leurs besoins.ARCHIVES AEP ''f Certaines certitudes Le vieillissement des populations est inéluctable; toutes les sociétés doivent vivre avec cette réalité et réagir afin de gérer la situation.Mais là où se distingue le Québec, c’est par l’arrivée massive des baby-boomers dans les dernières phases du cycle de vie, qui va demander une gérance et une souplesse particulières.En effet, si la plupart des pays occidentaux ont vécu un baby-boom après la Deuxième Guerre mondiale, c’est en Amérique du Nord beaucoup plus qu’en Eprope, et surtout au Québec, beaucoup plus qu’aux Etats-Unis ou dans le ROC (Rest of Canada), que le déséquilibre avec les générations encadrantes a été le plus marqué.Et ce déséquilibre demande que l’on agisse vite si on veut éviter dans le futur des conflits intergénérationnels.Le boa qui avale le cochonnet En effet, alors que les effectifs des naissances au Québec étaient autour de 80 000 naissances par année dans la première moitié du XX' siècle, un sommet de 145 000 naissances a été enregistré en 1959.Très rapidement, les naissances annuelles ont été en chute libre pour revenir au niveau de 80 000 au cours des 20 dernières années.Bien plus, ce nombre pourrait dans le futur tomber à 60 000 si le niveau de fécondité des couples québécois stagnait autour de 1,5 enfant par couple, comme l’annoncent certaines prévisions qui sont loin d’être irréalistes.Ce phénomène bien connu en statistiques a un nom: «Pig in a python» ou, en traduction littérale, l’effet du boa qui avale un cochonnet [.] Rigidités du système Tout au long de leur cycle de vie, les baby-boomers, vu leurs effectifs, ont perturbé la gestion de la société québécoise, que ce soit au début dans les écoles, à tous les cycles, puis par leur arrivée massive sur le marché du travail.Des circonstances relativement favorables ont permis à la société québécoise de s’adapter.Néanmoms, on n’a pas observé de réduction significative des dépenses publiques d’éducation au primaire et au secondaire, une fois que les baby-boomers se sont tous retrouvés sur le marché du travail.Les baby-busters — les générations X et X — ont certes bénéficié des rigidités du système de l’Etat providence, eux qui étaient au moins 30 % moins nombreux que les baby-boomers nés entre 1946 et 1966.D’ici peu, les baby-boomers rejoindront les rangs des retraités et, un peu plus tard, ils deviendront vieux.Le sujet a même fait l’objet d’un livre il y dix ans, en 1998: The Pig and the Python: How to Prosper from the Aging Baby Boom, de David Cork et Susan Lightstone.Approche des piliers La société québécoise devra s’assurer de mettre en place, en toute équité, des programmes de sécurité sociale tant dans le domaine de la santé que pour la sécurité du revenu.Si les baby-boomers, qui ont eu peu d’enfants, veulent maintenir un même niveau de vie durant leur troisième et quatrième âge, ils devront rester plus longtemps en emploi et faire plus d’économies pour défrayer les coûts engendrés par leur arrivée en fin de parcours.L’approche utilisée pour maintenir un niveau de revenu décent durant la retraite est basée sur diverses sources de financement — l’approche des piliers; elle devra aussi être utilisée pour le financement des services de santé.Si on bénéficie bien des caisses retraite dans lesquelles les retraités de demain versent aujourd’hui un certain pourcentage de leurs revenus, il devrait en être de même pour les caisses santé ou vieillesse dans le domaine de la santé et des services sociaux.Le système de la répartition, pour défrayer les frais de santé et de services sociaux, système dans lequel les dépenses d’une année sont payées par les revenus de la même année (Pay-as-yougo), n’a plus de sens devant de tels déséquilibres des effectifs des générations en présence.Récemment, la ministre française Roselyne Bachelot, sans doute une baby-boomer, déclarait «Quelle génération serions-nous si nous faisons payer nos soins par nos enfants et nos petits-enfants?» Cela s’applique d’autant plus au Québec que ces derniers sont nettement moins nombreux.lin gâchis Pour faire face à la demande future, en particulier dans le domaine de la santé, des programmes devront rapidement être établis.par les baby-boomers eux-mêmes.On devra cependant s’assurer, une fois le dernier baby-boomer disparu, que les offres de services, tant médicaux que sociaux, ne seront pas en surnombre pour les générations montantes, nettement moins nombreuses.A la fin du siècle dernier, devant le phénomène du «pig in the python» dans le domaine de l’éducation au primaire et au secondaire, on s’en est tiré avec une pirouette administrative et «pédagogique», en réduisant le nombre d’élèves par professeur, par personnel de soutien et par administrateur.Quel gâchis! On aurait pu avoir en place, dès le début du XXL siècle, un système universel et gratuit de garderie.Il eut suffi de transférer les budgets en trop prévus pour l’éducation primaire et secondaire à un système de garderie.Certes, il aurait fallu pour cela amputer le ministère de l’Education de sommes très importantes pour les transférer au ministère de la Famille.ou de, transférer le système de garderie au ministère de l’Education.Quel manque de souplesse.et de courage! Et pourtant les familles québécoises — et la démographie québécoise — ne s’en porteraient que mieux.Et les politiques familiales pourraient s’orienter vers d’autres directions.Caisse santé Qu’à cela ne tienne, on ne peut réparer cette erreur du passé même si les auteurs courent — en ont-ils encore la force?— toujours dans nos rues.Faisons en sorte, cependant, de ne pas la répéter en demandant aux jeunes générations de défrayer les coûts de santé de leurs parents vieillissants.C’est aux boomers eux-mêmes de planifier le fonctionnement du système de santé dont ils auront besoin en établissant une caisse santé ou vieillesse, comme on l’a fait pour leurs retraites, le tout devant être établi dans un contexte d’imagination et de souplesse.De plus, au milieu du XXI' siècle, au moment où s’éteindra le dernier boomer, il ne faudrait pas s’être placé dans une situation où l'on mettrait à la disposition d’une seule personne âgée non autonome deux lits de CHSLD, un pour les jours pairs, l’autre pour les jours impairs.Mais il y a de l’espoir.Récemment à l'occasion de discussions sur la rétrocession en fin de contrat des futurs CHSLD construits en partenariat public-privé (PPP), une porte-parole du ministère de la Santé et des Services sociaux déclarait que «la location a, été retenue parce qu’il est impossible de prévoir si l'État aura encore besoin de ces établissements dans 25 ans».Voilà un pas dans la bonne direction.Pourquoi peut-on parler de certitudes?C’est que les Québécois dont on a parlé jusqu’à maintenant sont déjà nés et vivent sur le territoire.Pour diverses raisons, leurs effectifs pourraient très légèrement varier dans le futur, mais les tendances lourdes sont inéluctables.H Demain: Modifier les façons de faire Répliques à Jean-Robert Sansfaçon Quelques mises au point sur le prix de l’essence SONIA MARCOTTE Économiste et présidente-directrice générale de l’Association québécoise des indépendants du pétrole ai été étonnée de lire l’éditorial de M.Jean-Robert Sansfaçon du 30 août dernier, inti-' tulé «On se fait avoir!».Le Devoir a l’habitude d’offrir un contenu documenté où la rigueur prime sur les envolées impression-11=11 nistes.J’ose croire que cet éditorial est l’exception à la règle.D’abord les faits: le mercredi 27 août, le prix d’acquisition du détaillant, c’est-à-dire le prix du litre d’essence vendu à la raffinerie et livré aux détaillants de Montréal était de 1,292 $ par litre.Le prix à la pompe était de 1)184 $ par litre.Les détaillants vendaient donc à perte, sans pouvoir même couvrir leurs coûts d’exploitation (taxes municipales, installations pétrolières et immeubles, salaires nécessaires à l’opération du site, etc.).Dans pareille situation, il est prévisible qu’une augmentation vienne faire cesser les ventes à perte.C’est ce qui s’est produit jeudi alors que l’augmentation a fait passer la marge du détaillant de -0,7 C par litre à 6,3 C.Au moment où l’éditorial était publié, les prix avaient déjà diminué de 3 C, ce que M.Sansfaçon ne mentionne pas.La chute s’est poursuivie, de sorte que, au terme de la fin de semaine de la Fête du travail, les prix se situaient à 1,334 $ par litre, alors que le coût d’acquisition du détaillant se situait à 1,301 $ par litre.L’éditorialiste affirme qu’il y a absence de concurrence.Alors, comment explique-t-il que le prix de l’essence ait baissé de 6 C au cours de cette fin de semaine?En fait, l’éditorial néglige de s’intéresser aux secteurs du marché du pétrole brut et du raffinage, qui sont pourtant les deux secteurs à l’origine des augmentations des prix de l’essence qui accablent les consommateurs.M.Sansfaçon se lance ensuite dans une série d’affirmations où la confusion prend le pas sur la rigueur.Le fait qu’Esso confie de plus en plus la distribution et la vente au détail de ses carburants aux indépendants ne fait pas en sorte qu’ils travaillent «la main dans la main», comme il l’écrit Esso choisit plutôt de se retirer des opérations de vente au détail pour les confier à plusieurs indépendants; il ne s’agit pas de collusion, il s’agit d’un simple retrait II est grave que l’éditorialiste du Devoir donne à penser qu’il pourrait y avoir là quelque malversation.J’estime que ce procédé, axé sur des insinuations malveillantes, n’est pas acceptable.Enfin, toujours avec la même absence de rigueur, M.Sansfaçon qualifie la loi sur la Régie de l’énergie de mauvaise loi.(.] Au Canada, c’est au Québec que l’on trouve les prix de l’essence hors taxes les plus bas.Cela n’est pas étranger au fait que la loi québécoise soutienne les consommateurs en maintenant assez de concurrents pour les protéger adéquatement [.] On peut aisément démontrer que les importateurs indépendants font annuellement économiser 361 millions de dollars aux consommateurs du Québec.Rien de tout cela n’est
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