Le devoir, 6 septembre 2008, Cahier C
LE DEVOIR, LES SAMEDI « ET DIMANCHE 7 SEPTEMBRE 2008 ÛC .yj ^V.',ç.'Tf«t ;.;vi j-iv IKIllil! «»WP«S9S MM «n iai ^ Ay^ .s > ' 'ÿi '' '' V ‘.Vf Pi *.4‘, », *v ________________.; WWW BARACKOBAM A COM CHANGE Barack Obama ALLEN FREDRICKSON REUTERS LARRY DOWNING REUTERS Joe Biden Le dernier droit Les conventions terminées, place à la campagne électorale MARIE-CHRISTINE BONZOM Washington — Comme celui du Parti démocrate la semaine dernière, le congrès d’investiture du Parti républicain qui s’est achevé jeudi soir aura eu, à ia fois, des aspects conventionnels et des aspects anticonventionneîs.Mais aucun de ces deux congrès n’aura permis de départager John McCain et Barack Obama, qui s’engagent désormais dans la dernière ligne droite de la course à la Maison-Blanche.Les congrès ont suivi les conventions, en particulier, avec leur ambiance de kermesse télévisée, leur débauche d’argent, leurs hommages aux grandes figures des partis (l ed Kennedy et Bill Clinton chez les démocrates, Ronald Reagan chez les républicains), leur myriade de réceptions où responsables politiques et économiques poursuivent la connivence qu’ils ont déjà tissée à Washington, et avec le ralliement des anciens rivaux des candidats officiels des partis à la présidence.Les principaux politiciens qui avaient disputé à John McCain linvestiture du Parti républicain en janvier et février ont en effet apporté un soutien sans équivoque à leur ancien adversaire.Ce fut le cas, notamment, de Mike Huckabee, pasteur baptiste, et de Rudolph Giuliani, l’ancien maire de New York du temps des attentats du 11 septembre 2001.La semaine dernière, Hillary Clinton a mis de côté son immense déception et ses futures ambitions.«Barack Obama est mon candidat et il faut qu’il soit élu», a déclaré celle qui avait obligé Barack Obama à faire campagne dans les primaires démocrates jusqu’en juin.Joseph Biden, lui aussi candidat malheureux à l’investiture démocrate, a, quant à lui, lié son avenir politique à celui du jeune sénateur de l’Illinois en devenant son colistier, celui qyi, si Barack Obama était élu, serait vice-président des Etats-Unis.Rupture Mais les congrès ont rompu avec les conventions par d’autres aspects.An lieu de prononcer son discours d’investiture devant les 4400 délégués dans l’enceinte du site du congrès de son parti à Denver, Barack Obama, qui se veut le candidat du changement, a ainsi préféré le ¦ À lire autre texte en page B 2 stade voisin, où il s’exprima devant environ 84 000 personnes.La vie politique américaine n’avait pas vu ce genre de rassemblement depuis celui de John Kennedy qui, en 1960, avait réuni une foule comparable dans un stade à Los Angeles.Pour sa part, John McCain avait décidé de retarder le congrès républicain d’une journée, par respect pour les populations menacées par l’ouragan Gustav.L’une des conséquences de ce retard fut que George Bush, qui devait prononcer un discours en personne lundi, n’est finalement pas venu au congrès et ne s’est exprimé que par liaison satellite.Il est très rare qu’un président en exercice ne participe pas en personne au congrès de son propre parti.Or l’absence de George Bush a joué en faveur de John McCain, que Barack Obama associe constamment au locataire actuel de la Maison-Blanche.John McCain a revendiqué «le changement» jeudi soir, sans mentionner George Bush ni son bilan plus d’une fois, mais en se présentant comme un réformateur qui transcende les partis.Les deux congrès ont aussi rompu avec une autre convention, en consacrant l’émergence de femmes au plus haut niveay de la vie politique américaine.Une première pour les Etats-Unis, un pays où les femmes ont obtenu le droit de vote dès 1920 mais qui, aujourd’hui, se classe seulement 69 sur 187 pays, après l’Irak et l'Afghanistan, en matière de présence féminine au parlement Hillary brille Au congrès démocrate, Hillary Clinton, qui a failli devenir la première femme à obtenir l’investiture d’un parti en vue d’une élection présidentielle aux Etats-Unis, a prononcé le meilleur discours de sa carrière, et l’adoration de ses admirateurs a presque éclipsé Barack Obama.Au congrès républicain, Sarah Palin, la jeune gou-vemeure de l’Alaska, est devenue, 24 ans après la démocrate Geraldine Ferraro, la deuxième femme à être colistière d’un candidat à la Maison-Blanche, à la portée non seulement de la vice-présidence des Etats-Unis en cas de victoire de John McCain, mais aussi de la présidence en cas d’incapacité de celui-ci pendant un éventuel mandat Mercredi soir, Sarah Palin a fait une entrée fracassante sur la scène politique nationale.Elle a mis en délire la foule des militants républicains et a réuni une VOIR PAGE B 3: DERNIER DROIT LE DEVOIR John McCain ROBERT GALBRAITH REUTERS Sarah Palin Une carrière en traduction vous intéresse?Un certificat ou un diplôme en traduction peut vous donner accès à une profession langagière en pleine expansion.Une soirée d'information au cours de laquelle on présentera les exigences et le contenu des programmes se tiendra le 10 septembre au 688, rue Sherbrooke Ouest, salle 1041, à 18 h.¦ www.mcgill.ca/conted-translation | (514) 398-1484 Gestion de projets Inscrivez-vous à notre populaire programme en gestion de projets! 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Sa plate-forme électorale sur les changements climatiques est d’ailleurs si claire qu’elle constitue une menace majeure pour les conservateurs de Stephen Harper, qui, par comparaison, viennent de perdre l’excuse de devoir aligner le Canada par nécessité sur la politique énergétique et écologique du géant économique installé à notre porte.Le programme de McCain propose en effet, en matière de changements climatiques, une politique «basée sur la science et sur des objectÿs et des échéanciers obligatoires de réduction» des GES, sur la mise en place d’un plafond national d’émissions et d’un marché d'échanges de crédits, sur une politique climatique qui permet de minimiser les coûts de la transition par des liens orgariiques avec les autres marchés d’éjnissions et sur un choix de moyens qui permettra aux Etats-Unis «de Jaciliter l'effort international destiné à régler le problème».On ne peqt pas plus clairement dire qu’on veut réintroduire les Etats-Unis dans la phase 2 du protocole de Kyoto sans en prononcer le nom.Le plan McCain est d’ailleurs si clair que le candidat républicain à la Maison-Blanphe propose, d’ici 2012, de ramener les émissions des Etats-Unis à leur niveau de 2005 et, did 2020, à 15 % sous le niveau de 1990 (niveau de référence de Kyoto).En comparaison, la stratégie du gouvernement Harper pourrait ramener d’ici 2020 les émissions canadiennes autour du niveau de 1990 ou un peu plus bas.Aucune certitude n’est cependant possible car, le plan Harper-Baird étant basé sur une réduction en intensité de nos émissions de GES plutôt que sur des objectifs en chiffres absolus, le véritable niveau de nos émissions sera déterminé par les volumes de production des grandes entreprises, ce que personne ne peut prédire avec certitude.Le planJVlcCain se différende aussi du plan canadien parce qu’il prévoit un objectif intérimaire de réduction des émissions pour 2030, qui les ramènerait à 22 % sous le niveau de 1990.C’est l’équivalent de ce que l’Europe vise pour 2020, soit dix ans plus tôt, mais, à l’orée des négociations sur la phase 2 de Kyoto, c’est une ouverture diplomatique et politique majeure.Quant au Canada, qui n’a strictement aucun objectif de induction obligatoire ni pour 2020, ni pour 2030, il a l’air plutôt pingre avec un objectif strictement politique de 50 % de réduction en 2050 par rapport au niveau de 2006, ce qui effacerait une augmentation de 30 % de ses émissions, alors que McCain propose pour 2050 une réduction pour son pays de 60 % sous la barre de 1990.Les bonbons Le candidat républicain s’oppose aussi assez clairement aux lobbies du pétrole qui dominent son parti depuis 10 ans, non seulement par sa plate-forme électorale mais aussi par le choix de Sarah Palin, qui s’est attaquée en Alaska aux caciques républicains liés aux sociétés pétrolières au point de les faire accuser de conflit d’intérêt Quand McCain parle de grand ménage, il cible aussi ce segment de son parti, ce qui amène présentement le lobby pétrolier à investir du côté.démocrate.McCain a cependant laissé les observateurs perplexes en choisissant une gouvemeure qui défend d’ar-rache-pied les forages dans la Réserve faunique nationale de l’Alaska, un projet auquel McCain s’oppose ouvertement et sur lequel il a été silencieux dans son discours d’investiture, même si Sarah Palin y avait explicitement fait référence dans son discours prononcé la veille.Par contre, McCain a jeté du lest en laissant entendre qu’il était prêt à lever le moratoire historique que les Etats-Unis ont imposé depuis plus de 25 ans sur les forages côtiers — de l’Atlantique, du Pacifique et du golfe du Mexique — pour ne pas compromettre la remontée d’une industrie des pêcheries en déclin.Mais le fait d’autoriser des forages côtiers et de favoriser la construction d’un oléoduc provenant de l’Alaska, comme celui du champ gazier de North Slope, donnerait du lest à l’économie de sa colistière, tout en préservant encore la Réserve nationale.Si McCain devait céder sur ce point, ce serait certainement un signe que le lobby pétrolier reprend du terrain par son entourage et par le financement d’autres candidats républicains.Mais ce serait aussi un camouflet infligé à une clientèle stratégique boudée par les grands médias urbains.En effet, la politique de McCain en matière d’environnement repose sur une vision prioritairement axée sur la préservation des espèces vivantes et de leurs milieux de vie, une vision de conservationniste de terrain.D entend ipobiliser les 45 millions de chasseurs et pêcheurs des États-Unis pour en faire les principaux inspecteurs et défenseurs des «habitats» de fa faune et de ses principaux bastions, les parcs et réserves.Pour McCain, lit-on dans son site Internet, ces 45 millions de praticiens de la nature «sont sans doute les meilleurs défenseurs des programmes qui encouragent la protection des habitats et la conservation de la Jaune sauvage».Avec eux, promet-il, il deviendra possible de «renverser l'accès en déclin à des ressources fauniques vitales pour la tradition de chasse et pêche» et de «préserver la signification culturelle et la beauté naturelle de nos sites les plus sauvages et de valeur patrimoniale», comme les réserves et les parcs précisément.Le Devoir ARGENTINE Le grand défi de Cristina Kirchner Il y a moins d’une décennie, l’Argentine étouffait, minée par les problèmes économiques, les élites politiques écarquillaient les yeux en découvrant les ravages causés par des années d’insouciance.L’économie allait à vau-l’eau, les tensions sociales étaient vives, l’inquiétude avait gagné tout le pays.Et les péronistes sont revenus au pouvoir, rompant avec les politiques néolibérales des années précédentes.Le pays a depuis connu un redressement spectaculaire, mais le grand rêve se poursuivra-t-il?JEAN-PIERRE LEGAULT Grâce à l’héritage politique de son époux Nestor, Cristina Kirchner, présidente de l’Argentine, a eu les moyens cette semaine d’annoncer un règlement prochain de fa dette du pays envers le Club de Paris, 6,7 milliards qui seront puisés à même les réserves monétaires engrangées depuis quelques années.Elle tente de jouer sur deux tableaux: rassurer les mar- .chés financiers qui s’inquiètent et reprendre l’initiati-ve politique sur le plan intérieur après un début de ’ •“ mandat cahoteux.Pourtant, 1a situation était catastrophique en 2001, lorsque le pays a fait faux bond à ses créanciers en ne respectant pas les échéances du remboursement dû sur sa dette de 80 milliards $US.Buenos Aires est alors devenu un paria aux yeux de la haute finance internationale.L’Argentine a dû faire montre de beaucoup d’humilité et prendre les moyens nécessaires pour retrouver à fa fois une santé financière et le calme sur le front social.Le défi était difficile à relever, mais il l’a été.Le pays connaît depuis 2002 une performance économique inégalée en Amérique du Sud, affichant un taux de croissance moyen de 8,3 % (en 2002, l’économie avait chuté de 10,9 %).Les mesures adoptées par les péronistes à leur arrivée au pouvoir se sont avérées efficaces.Arrimé au dollar américain depuis des lustres, le peso est devenu flottant; Buenos Aires a tenu tête au Fonds monétaire international, a pris le contrôle total de certaines des sociétés d’Etat et a imposé un contrôle des prix, sans parler des contrantes imposées aux services bancaires, entre autres, qui ont contribué au traitement de choc dont avaient besoin les secteurs économique et financier argentins.Outre une croissance digne de celle affichée par la Chine, les exportations ont plus que doublé grâce à la dépréciation du peso, passant de 25,7 milliards $US en 2002 à 55,7 milliards $US en 2007.Les importations sont pour leur part passées de 8,99 à 44,7 milliards $US.Le pourcentage de la dette publique, de 89,4 % du PIB qu’il était en 2002, a été ramené à 27,1 % l’an dernier (au Canada, il était de 27,6 % en 2006).Et les réserves monétaires ont pour leur part gonflé de 10,48 milliards $US à 46,17 milliards SUS en cinq ans! .{ ' i : La présidente Cristina Kirchner lors de l’annonce de Paris.AGENCE FRANCE-PRESSE cette semaine du paiement de la dette au Club L’inflation Là où le, bât-blesse, c’est sur l’augmentation du coût de 1a vie.A peu près personne n’estime crédibles les données officielles du gouvernement argentin qui font état d’une inflation se situant autour de 9 %.Tous les analystes indépendants situent l’augmentation du coût de la vie entre 20 et 25 %.L’an dernier, des employés de l’Institut de 1a statistique ont débrayé pour protester contre 1a façon de calculer le coût de 1a vie! Sur le plan économique, la présidente Cristina Kirchner devra faire montre de prudence et assurer un atterrissage en douceur de l’économie.Déjà, des signes d’essoufflement apparaissent.Outre le taux d’inflation (le taux réel), les analystes font remarquer que les ventes au détail ont fléchi de 10 à 15 % le mois dernier, comparativement à l’an dernier.Si on ajoute à cela 1a forte chute des prix des denrées sur les marchés internationaux, un secteur important pour l’Argentine, on comprend alors que les ingrédients pour un fort ralentissement de 1a croissance sont sur 1a table.D’autant que, encore aujourd’hui, une importante partie de fa population doit travailler au noir.Le pire risque, soulignait récemment 1a revue The Economist, est que le gouvernement continue à se Comment assurer un atterrissage en douceur de l’économie ?fermer les yeux sur le véritable taux d’inflation et que, lorsqu’il devra agir, il sera trop tard.Notons au passage que la Banque centrale a dû, depuis quelques mois, utiliser une partie de ses réserves de devises pour empêcher que le peso ne s’apprécie trop.Avec un minimum de prudence, Buenos Aires parviendra à stabiliser sa croissance autour d’un taux modéré de 4 à 5 % l’an prochain, selon 1a plupart des analystes.Mais il faudra résoudre le problème de l’énergie.Pratiquement autosuffisante quant au pétrole, l’Argentine, avec sa forte croissance, fait face à une importante augmentation de la demande en électricité.C’est dans ce contexte que Cristina Kirchner doit diriger le pays.Et, trois mois après son intronisation comme présidente, elle a dû affronter la grogne des secteurs agricoles qui s’opposaient à l’augmentation de la taxe sur les exportations de denrées brutes.Certes, ce secteur, qui représente presque 10 % du PIB, a toujours composé avec une telle taxe, mais le projet gouvernemental la faisait passer de 27 % à 40 %.Invivable, disaient les agriculteurs.Kirchner, qui espérait gouverner en maintenant le ronron tranquille des dernières années, ne prévoyait pas un tel tollé.«Ce fut une réaction sociétale très considérable», fait observer Victor Armony, un sociologue.«Les agriculteurs ont adopté la stratégie des “piqueteros” [les démunis] il y a quelques années.La protestation a affaibli politiquement la présidente.» C’est donc avant tout pour reprendre l’initiative politique qu’elle a annoncé le paiement de la dette au Club de Paris cette semaine, une question très sensible en Argentine depuis des lustres.Mais les marchés ne se sont pas laissé convaincre.Les milieux d’affaires argentins se sont réjouis du geste, qui leur permettra probablement de retrouver un accès aux capitaux étrangers, mais mardi, après l’annonce de la présidente, l’indice Merval de la bourse de Buenos Aires a terminé en baisse de 1,7 %, puis, jeudi, de 3,3 % en milieu de journée.Aldo Abram, économiste au sein du cabinet de consultants Exante, a rappelé que le fait de puiser dans les réserves du pays fragilisait «la capacité de la banque centrale à défendre le peso».Manuel Solanet, un économiste, estime pour sa part que cela «n’améliore en rien la perception des marchés étrangers».La présidente, «ex-première dame du président au-jourdhui devenue chef du parti», devra aussi se préoccuper d’une autre réalité nouvelle dans le pays: le pourcentage de gens vivant sous le seuil de fa pauvreté se maintient maintenant autour de 25 %, mais l’écart entre les riches et les démunis ne cesse d’augmenter.Une situation qui contrevient aux principes mêmes du péronisme.Le Devoir La France veut des «élèves bilingues» Une erreur, selon le linguiste Claude Hagège, qui défend le multilinguisme, en France comme au Québec Paris — On aurait cru entendre Pauline Marois.En cette .semaine de rentrée scolaire, le ministre français de l’Éducation, Xavier Darcos, avait choisi de stigmatiser 1a faible connaissance de l’anglais des étudiants français.Sans aller jusqu’à proposer d’enseigner l’histoire en anglais, comme l’avait fait le chef du Parti Québécois, le ministre y est allé de quelques mesures destinées à réconcilier les Français avec la langue de Shakespeare.Aux classes d’immersion très répandues au Québec, le ministre préfère les stages intensifs d’Anglais pendant les vacances.Il souhaite aussi que les enseignants du secondaire qui aident les élèves en difficulté après les heures de classe fassent de l’anglais.Enfin, il projette, dès la rentrée 2008, fa création de 1000 sites de visioconférence pour l'enseignement précoce des langues vivantes.Une nouvelle technique nommée «edeaming», a dit le ministre, soucieux de démontrer ses propres talents en anglais.• Lors de la rentrée 2007, Xavier Darcos avait déclaré vouloir «faire de la France une nation bilingue».Cette année, il souhaite qu’à 1a fin de leur scolarité obligatoire, les Érançais soient tous «bilingues».Les stages linguistiques, déjà largement pratiqués, ainsi que le rattrapage après l’école, demeureront cependant volontaires, pour les professeurs comme pour les élèves.Accueillie dans une indifférence apparente, l’intervention du ministre ne fait pourtant pas l’unanimité.Les syndicats d’enseignants ont déploré que son constat ne soit fondé sur aucune évaluation du niveau réej des élèves.Étrangement, 1a réplique 1a plus cinglante est venue de là où l’on ne l’attendait pas.Selon le célèbre linguiste Claude Hagège, lui-même polyglotte, 1a croyance selon laquelle l’enseignement de l’anglais en France laisse à désirer tient essentiellement du «préjugé» et d’un «absurde complexe».Elle vient notamment du «Si on ne propose aux enfants qu’une seule langue seconde, l’anglais prendra toute la place » fait que la France se compare aux petits pays du nord de l’Europe, comme la Suède et les Pays-Bas, dont les réalités linguistique et historique sont très différentes.«La première raison pour laquelle les enfants de ces pays apprennent mieux l’anglais, c’est parce que le vocabulaire et la structure linguistique de leur langue est proche de l’anglais.» Le linguiste en veut pour preuve que ces «difficultés» en anglais ne sont pas propres aux francophones.Elles sont partagées par tous les autres peuples de langue romane, comme les Italiens et les Espagnols.D existe aussi une cause historique à cette différence, dit le linguiste de renommée mondiale.Contrairement au français, les langues des petits pays du nord de l’Europe n’ont pas un rayonnement international.«Si l’anglais est aussi présent dans leur scolarité, c’est parce que leur langue maternelle n’est connue nulle part ailleurs.» La télévision néerlandaise et suédoise affiche régulièrement une programmation en anglais sans doublage.Sans parler de 1a radio, qui est le plus souvent monopolisée par la chanson en anglais.«Le français est, moins que l'anglais mais tout comme l’anglais, une langue à diffusion mondiale, dit Hagège.Il est donc inutile et contre-indiqué pour la France, comme pour le Québec, d’enseigner l’anglais de façon aussi intensive que le font les pays Scandinaves ou les Pays-Bas, dont la langue n’est connue qu’à l’intérieur de leurs frontières nationales.» L’auteur de Combat pour le français, au nom de la diversité des langues et des cultures (Éditions Odile Jacob) invite les francophones à jeter un œil au-delà du monde anglo-saxon.«Les pays éloignés de la zone d’influence anglaise, comme la Russie, le Japon, la Chine éprouvent bien plus de difficulté que nous à apprendre l'anglais.C'est ce que démontrent tous les tests internationaux.» Il y a plusieurs années, Claude Hagège s’était opposé, dans les pages du Devoir, à l’enseignement de l’an- glais en première année au Québec.Un «désastre», avait-il dit alors.Huit ans plus tard, il n’a pas changé d’avis.«J’y suis d’autant plus opposé que le Québec, îlot de 6 millions de francophones immergé dans un océan de près de 300 millions d’anglophones, est particulièrement menacé par le flot de l'anglophonie.festime que la présence de l’anglais est suffisamment forte au Québec, bien plus forte qu’en France, pour qu’il n’y ait pas lieu de lui donner le monopole des langues secondes à l’école.» Le linguiste estime que l’enseignement précoce de l’anglais aux immigrants peut notamment créer chez eux une «double incompétence linguistique».‘ Plutôt que le bilinguisme, qui met l’anglais sur un piédestal, le linguiste défend l'importance d’enseigner deux langues secondes.Une pratique depuis longtemps obligatoire dans l’enseignement secondaire français.«Au Québec, il n’y a pas de raison pour qu’on ne fasse pas ce que je préconise en Europe.L’enseignement des langues secondes ne devrait jamais concerner une seule langue.Si on ne propose aux enfants qu’une seule langue seconde, l’anglais prendra toute la place.Mais si on en propose deux, ils choisiront aussi l’espagnol, l’allemand ou l’italien.Dans le cas du Québec, pays d’immigration, on pourrait aussi penser à l’arabe ou au chinois.» Claude Hagège n’est pas le seul à s’inquiéter des effets d’un bilinguisme qui consacrerait le monopole international de l’anglais.L’Observatoire européen du plurilinguisme, qui regroupe de nombreuses associations européennes, a estimé que les déclarations de Xavier Darcos allaient à l’encontre de la position officiellement défendue par Nicolas Sarkozy en faveur du plurilinguisme.En mars 2007, à Caen, le président avait déclaré vouloir se battre «pour que soit généralisé partout en Europe l’enseignement de deux langues étrangères, parce que c’est la seule façon efficace pour que l’hégémonie de l’anglais soit battue en brèche».L’observatoire appelle donc le président à «recadrer» fa politique de son ministre de l’Éducation.Correspondant du Devoir à Paris « LE DEVOIR, LES S A M E I) I G ET DIMANCHE 7 SEPTEMBRE 2 O O K C 3 PERSPECTIVES 1 V f s» »#.>*:.*' t *4.J # "f" ft r# Tf ^ I J___ Le complexe du champ pétrolifère de Shaybah, en Arabie Saoudite.Le mystère de la bulle La spéculation est-elle la cause de la forte hausse du prix du pétrole ?ALI JAREKJI REUTERS Après avoir touché 147 $US le baril en juillet, la bulle pétrolière s’est dégonflée, du moins en partie, pour revenir sous les 107 $US.La flambée du prix est-elle davantage liée à une demande réelle ou aux spéculateurs?FRANÇOIS DESJARDINS Pendant des mois, une mauvaise donnée macroéco nomique, des prévisiops pessimistes ou une légère baisse des réserves aux Etats-Unis ont suffi à donner des ailes au prix du baril de pétrole.Maintenant que la poussière est retombée — du moins en partie —, la question demeure la même: comment Tor noir a-t-il pu grimper de 40 SUS pour redescendre aussi vite?Entre le rôle des spéculateurs et ceux de la perception des marchés et de la demande réelle, le mystère demeure.«Il est très difficile de répondre avec précision, de dire que c’est 50 % spéculation et 50% demande, ou même 90-10», dit Joseph Doucet, professeur de politique énergétique à TUniversité de TAIberta.«Ce qu’on a vu dans les derniers mois reflëe deux choses.D’abord, m certain degré d’incertitude au sujet de l'approvisionnement en pétrole sur le plan mondial, mais aussi l’impact de la flambée des prix sur les fadeurs fondamentaux de l’économie, comme la croissance et la demande pour les produits en question.» D’avril à juillet le prix du baril du light sweet crude, sur le NYMEX à New Yorit, est passé de 100 $ à 147 $.Lun-pression générale, dit M.Doucet, était celle d’une demande qui demeurait vigoureuse malgré tout, combinée à une incertitude au sujet de la production mondiale.D’autant plus que la période des ouragans dans le golfe du Mexique n’était pas encore à nos portes.Dans le mois et demi qui a suivi, il est redescendu à 107 $.Pour une foule de raisons, dit M.Doucet Entre autres, le marché a compris que la demande s’était subitement amoindrie, et les installations pétrolières du golfe pendant la période des ouragans — principalement lors du passage de Gustav — ont subi très peu de dommages.La spéculation dans la mire Le principal suspect dans cette explosion des prix demeure d’abord et avant tout un joueur à la fois bien connu et inconnu: les fonds d’investissement des spéculateurs, qui cherchent du rendement en tentant de deviner la direction du marché.D est convenu que sur le NYMEX, environ 70 % de l’activité de négociation est attribuable aux acteurs financiers.Le déroulement normal des activités, lié aux producteurs et aux vrais acheteurs, dit-on, représente le reste.A Washington comme à Ottawa, les politiciens se penchent sur le rôle de ces investisseurs et se demandent s’il ne faudrait pas les encadrer davantage pour limiter les dégâts.Ils ne cessent de mentionner, par exemple, le nom de Michael Masters, qui dirige Masters Capital Management, selon lequel une réglementation plus sévère du marché pétrolier ramènerait le prix du brut autour de 65 ou de 70 $US.Il y a une semaine et demie, un comité parlementaire à Ottawa a abordé la question du prix de l’essence et la façon dont il peut varier de manière aussi folle, non seulement d’une région à l’autre mais d’une semaine à l’autre.Cela n’a rien à voir avec l’industrie ou les détaillants, ont dit les dirigeants du secteur qui ont été convoqués.Et le phénomène n’est pas unique au Canada, ont-ils ajouté en suggérant de regarder du côté des spéculateurs.Au bout du fil, Joseph Doucet grimace un peu.«Il faut bien définir ce qu'on entend par “spéculation”.Une bonne partie de la population, lorsqu’elle entend ce mot.voit quelque chose de croche ou quelqu’un qui essaie de “duper le public”», dit-il.M.Doucet rappelle que la négociation des instruments financiers liés au pétrole se fait selon le principe d’une livraison future.En mai, par exemple, on achète à prix fixe du pétrole qui normalement sera livré en juin, en octobre, en décembre, etc.Ou, si vous préférez, on achète le droit de prendre livraison d’une cargaison de pétrole plus tard, mais à un prix déterminé dès maintenant.La grande majorité des investisseurs ne prendraient jamais livraison d’un baril, mais se servent du contrat dans le cadre d’une stratégie d’investissement ou de protec- c tion.«Dans ce marché-là, je serais tenté de *C dire que tout geste est de nature spéculative», dit M.Doucet JNYMEX, Cette nature spéculative du marché pé- pnvirnn 7fl °/ trolier fait qu’il se laisse facilement influen- “nviron /0 cer par toute tension géopolitique qui sau- l’arfjvitp pudre l’actualité du jour des propos antiisraéliens en Iran, des violences au Nigé- (jg négociation ria, un discours pugnace du président vé- 6 nézuélien, etc.est attribuable «Parfois, aux journalistes qui m’appellent, je dis qu’ils seraient mieux desservis par un aux acteurs politologue que par un économiste, dit M.„ Doucet Je peux vous parler d’offre et de de- Iinanciers mande, mais les tensions que nous voyons sur le marché sont beaucoup plus le résultat de fadeurs politiques qui, à leur tour, entraînent des prévisions dans le monde économique et le milieu des affaires.» Question de feeling Et ces prévisions sont plus une perception qu’autre chose.L’économie est loin d’être une science exacte, et quiconque prétend détenir une boule de cristal fait de l'interprétation.«Ce qu’on disait en juin, c’est que 30$ en 30 jours, ça ne s’explique pas seulement par des facteursfondamentaux.Entre mai d juin, la demande n’a pas changé tant que ça», dit Mary Novak, analyste du secteur énergétique chez Global Insight à Boston.Selon l’Agence internationale de l’énergie, un organisme fondé pendant la crise de 1973, qui conseille 27 pays membres, la demande mondiale de pétrole en 2008 va augmenter de 0,9 %.En 2009, elle va augmenter de 1,1 %, croit-elle.«Pendant l’explosion du prix du baril, à la fin du printemps, il y avait beaucoup de pessimisme concernant l’approvisionnement.Et à peu près au même moment, le marché a commencé à montrer un certain optimisme par rapport à l’économie dans son ensemble.On se disait que l’économie progressait, que l’approvisionnement en pétrole serait restreint d que les pays produdeurs n’auraient pas l’intention d’augmenter leur production.Voilà trois facteurs qui favorisaient une hausse des prix.» Parallèlement à cela, le dollar américain s’est effondré, une autre variable qui a directement affecté le prix du baril.«De là à savoir dans quelle mesure ces fadeurs ont contribué à attirer des spéculateurs, il y a matière à discussion, dit Mme Novak.Certains disent que c’est uniquement le dollar, mais c’est faux Le feeling des fadeurs fondamentaux, c’est que l’économie allait reprendre d que l’approvisionnement n ’allaitpas pouvoir suivre.» Quoi qu’il en soit le contexte a changé remarquablement vite, mentionne Mme Novak Lorsque l’essence a franchi 4 $ le gallon aux États-Unis, le consommateur a paniqué.Les ventes de grosses cylindrées, comme les camions et les véhicules utilitaires sport, ont diminué, et pour la première fois depuis phis de 15 ans, le Ford F150 ne trônait plus au sommet «La demande a fléchi d les gens ont vraiment réagi.» La Chine ?Les analystes ont versé beaucoup d’encre pour dire qu’une bonne partie de la flambée du prix du pétrole des dernières années s’explique par la consommation croissante dans les pays émergents, comme la Chine et l’Inde.Certains croient même qu’une partie de la bulle des derniers mois a elle aussi été causée par l’économie chinoise.Les données du gouvernement chinois montrent que le pays — un importateur net depuis quelques aimées — a acheté des quantités de pétrole beaucoup plus importantes durant la première moitié de Tannée, d’abord pour ses opérations de sauvetage dans la foulée d’un tremblement de terre qui a fait 70 000 morts dans la province de Sichuan, mais aussi en prévision des Jeux olympiques.Alors que les yeux seraient rivés sur Pékin pendant deux semaines, avec tout ce que cela pouvait comporter d’activité, de tourisme et de fermeture temporaire de raffineries, le gouvernement voulait à tout prix éviter une rupture de stocks.Pendant les cinq premiers mois de Tannée, les importations chinoises de pétrole brut ont augmenté de 13 % par rapport à 2007.Or, pour le mois de mai seulement, la hausse a été de 25 %.En août les importations ont subitement baissé de 7 %, entre autres parce qu’un prix du baril à plus de 140 $ décourageait les raffineurs chinois d’acheter du pétrole parce que les maiges de profit étaient trop faibles.Les achats de diesel ont aussi explosé, de sorte que les réserves des deux principales compagnies pétrolières, en juillet ont doublé par rapport à 2007.De plus, elles ont augmenté de 25 % durant le mois de juillet 2008 par rapport au mois précédent Les stocks d’essence, pour leur part, ont bondi de 40 % en un an.L’Agence internationale de l’énergie croit que la demande chinoise est susceptible de grimper de 5,7 % en 2009.«Les récentes tendances de consommation chinoises de pétrole suggèrent la possibilité d’une demande plus forte que prévu et d’achats préolympiques supérieurs aux attentes, ou les deux», a-t-elle écrit à la mi-août dans son rapport mensuel.Mais le problème avec la Chine, dit M.Doucet est l’opacité des données.«Lorsqu’ily a une augmentation des importations, on a de la difficulté à le vérifier d à déterminer s’il s’agit d’une tendance qui va se maintenir ou si c’est ponctud.Peut-être que les marchés n’arrivaient pas à le savoir d qu’ils se disaient que ça allait continuer, mais lorsqu’ils ont vu que les importations s’étaient calmées, les choses sont revenues à la normale.Ce serait un raisonnement cohérent.» Mme Novak croit que la Chine, même si elle est le deuxième consommateur mondial de pétrole, n’a pu à elle seule faire grimper le prix du baril Malgré toutes les tendances à court terme, il reste que le prix du baril de pétrole se trouve bien au-delà de ce qu’il était en 2007.«Pour cette période, je pense que cela s’explique surtout par des facteurs fondamentaux», dit Mme Novak.Elle est d’avis que le prix du baril va demeurer autour de 110 $ «pour encore un bon moment».Le Devoir DERNIER DROIT SUITE DE LA PAGE B I audience télévisée presque comparable au record établi la semaine précédente par Barack Obama, avec plus de 37 millions de téléspectateurs.Quant à Barack Obama, il a ouvert un nouveau chapitre de l’histoire des États-Unis, puisqu’il est devenu la semaine dernière le premier Noir à devenir le candidat officiel d’un grand parti à la Maison-Blanche.Mais, pour originaux qu’elles aient été, les deux congrès n’ont pas permis de départager McCain et Obama.Les prétendants à la présidence franchissent en effet l’étape cruciale des congrès—celle qui vise à consolider leur base et à les présenter à la majorité des Américains qui ne prêtaient pas attention à la campagne électorale jusqu’à présent — au même point ou presque, où ils en étaient avant leur tenue.Avant les congrès, les deux candidat^ étaient coude à coude dans les sondages d’opinion.Ala fin des congrès, ils le sont encore.Généralement les congrès donnent aux candidats un sursaut dans les sondages, l’avantage allant à celui qui tient son congrès le premier.Or, si le congrès du Parti démocrate a bien permis à Barack Obama d’obtenir un sursaut dans les enquêtes d’opinion, il fut léger, de Tordre de trois à cinq points seulement Surtout, le sursaut semble être de courte durée.En effet un sondage effectué par la chaîne de télévision CBS et publié jeudi, avant le discours de John McCain, place le candidat républicain et son rival démocrate exactement à égalité, avec 42 % des intentions de vote pour chacun.Malgré une conjoncture qui devrait offrir la Maison- Blanche aux démocrates sur un plateau d’argent en raison de la crise économique, de Timpopularité de George Bush et de la guerre en Irak Barack Obama peine donc à convaincre Télectorat américain et John McCain en profite pour tenter sa chance Juste avant les congrès, la proportion des électeurs indécis s’élevait encore à 30 %, un chiffre bien plus élevé que celui observé en 2004 avant le congrès démocrate pour l’investiture du candidat malheureux John Kerry et un chiffre anormal dans une année électorale qui fournit un terrain si propice à Tun des prétendants à la présidence.Dans le sondage CBS, les indécis ne sont plus que 12 %, un chiffre encore relativement élevé pour la période suivant les congrès, mais dont la baisse ne parait pas avoir bénéficié à Barack Obama.Outre le facteur — largement non dit dans les sondages — de la couleur de la peau de Barack Obama et des origines africaines et musulmanes de son père, une bonne partie de Télectorat paraît achopper sur la minceur du curriculum vifae du jeune sénateur.Interrogé par Le Devoir, Gene Boscacd, recruteur de cadres pour des compagnies d’assurance à San Francisco, se déclare ainsi «indécis».Il est pourtant inscrit sur les listes électorales en tant que démocrate et a voté Clinton à l’élection primaire de la Californie.«Je vote habituellement démocrate, mais pour la première fois je ne voterai pas nécessairement pour ce parti», indique-t-il.«Les débats télévisé entre Obama d McCain joueront un ride, dans ma décision», souligne-t-il, avant d’ajouter que «le problème dObama est l’expérience».De son côté, Daniel Mercandon, qui est en Afghanis- tan où il travaille pour une compagnie de sécurité, indique qu’il se définit comme «un démocrate, au départ».Mais, entre Obama et McCain, il penche pour le candidat républicain.«La réalité est qu’il faut à la Maison-Blanche quelqu’un qui ait de l’expérience.Or, si je ne suis pas un grand admirateur des républicains, je trouve que McCain a un programme et un bagage solides, tandis qu'Obama se contredit, ria pas d’expérience d ria rien de concrd à proposer», explique-t-il.La Maison-Blanche se jouera donc sur les électeurs indécis et les États de la fédération qui le sont traditionnellement, notamment la Pennsylvanie, TOhio et le Michigan.Les candidats le savent bien, qui courtisent désormais essentiellement les indépendants, ceux qui ne se reconnaissent dans aucun des deux grands partis monopolisant les rênes du pouvoir à Washington et qui représentent la partiç de Télectorat enregistrant la plus forte croissance aux États-Unis.«Je tendrai la main à tous ceux qui voudront m'aider à foire redémarrer ce pays», promet John McCain, avant de s’engager à inclure des démocrates et des indépendants dans son gouvernement en cas de victoire.«Aux démocrates, aux indépendants d même aux républicains, je dis: ça suffit, huit années de la politique de George Bush, ça suf fit!», lance pour sa part Barack Obama.Les deux hommes vont répéter ces appels ad nauseam d’ici le scrutin du 4 novembre, à commencer par le premier débat télévisé dans lequel ils s’affronteront, le 26 septembre.Collaboration spéciale La trompette des conservateurs Michel David La ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, a cru bon de mettre en perspective la nouvelle entente sur les infrastructures de 4 milliards qui liera Québec et Ottawa jusqu’en 2014.«La moitié de cette somme commence [à être disponible! en 2010 [.] et il y a une partie qui est déjà en route.Donc, on va calmer nos ardeurs, parce que tout le monde va penser qu’il y a 4 milliards disponibles demain, d ce n’est pas ça», a-t-elle expliqué.Du coup, le lieutenant de Stephen Harper au Québec, Lawrence Cannon, qui s’apprêtait à entonner un hymne à la gloire du «fédéralisme d'ouverture», responsable de cette entente «historique», a du mettre une sourdine à sa trompette.Mme Jérôme-Forget aurait pu ajouter que le gouvernement fédéral et les provinces signent des ententes quinquennales sur le financement des infrastructures depuis des décennies.Même au plus fort de la guerre froide entre le PQ et les gouvernements de Pierre Elliott Trudeau ou de Jean Chrétien, on finissait toujours par s’entendre.C’est presque aussi automatique que le versement des pensions de vieillesse.À la veille d’une campagne électorale, on peut comprendre le gouvernement Harper de chercher à transformer les vessies en lanternes, mais le Québec a simplement reçu la part qui lui revenait ni plus, ni moins.Le fédéralisme est ainsi fait qu’une partie de nos impôts prend chaque année le chemin d’Ottawa pour permettre au fédéral de nous retourner l’argent en s’arrogeant un droit de regard sur son utilisation.Mme Jérôme-Forget aurait sans doute vu les choses d’un œil différent si c’était le premier ministre Charest qui s’apprêtait à déclencher des élections.Elle se serait alors félicitée d’avoir réussi à arracher ces milliards à la force des poignets.Pour le moment, elle doit plutôt commencer à penser à son prochain budget, et il serait fâcheux que tout un chacun s’imagine qu’elle a remporté le gros lot ?L’agacement de la minisfre des Finances devant les fanfaronnades de M.Cannon peut s’expliquer autrement Même si le premier ministre Charest s’est bien défendu de vouloir s’immiscer dans la campagne fédérale, il s’est toujours assuré qu’on comprenne que la présence d’un gouvernement conservateur à Ottawa ne lui déplaît pas.De son côté, après un court mais agaçant flirt avec Mario Dumont, Stephen Harper a réalisé qu’il misait sur le mauvais cheval.Il faudrait toutefois que le premier ministre canadien démontre ses bonnes intentions autrement qu’à coup de trompette.A voir le message publicitaire dans lequel les ininistres conservateurs du Québec se vantent de leurs réalisations, M.Charest doit avoir la désagréable impression de se faire rouler.Malgré le supposé règlement du déséquilibre fiscal, le Québec fait toujours face à une impasse budgétaire que le ralentissement de l'économie risque de rendre encore plus problématique.Quant au «siège» à TUFfESCO, dont se gargarise Jean-Pierre Blackburn, il se limite à la présence d’un fonctionnaire québécois au sein de la délégation canadienne.11 est vrai que la motion de la Chambre des communes reconnaissant l’existence d’une nation québécoise «au sein du Canada» a constitué une heureuse surprise, même si elle n’a qu’une valeur symbolique.L’engagement le plus significatif que M.Harper avait pris dans son fameux discours de Québec, le 19 décembre 2005, était de limiter le pouvoir de dépenser du gouvernement fédéral.Cette limitation est également au cœur de la politique constitutionnelle du , PLQ, telle que définie par le rapport Pelletier.La proposition transmise par Ottawa Tan dernier constituait une véritable gifle pour le gouvernement Charest En limitant le pouvoir de dépenser aux seuls programmes à frais partagés, qui sont tombés en désuétude depuis des années, elle ne visait qu’à consacrer la situation actuelle.?Réussir à faire enchâsser dans la Constitution canadienne une véritable limitation du pouvoir de dépenser, que le Québec réclame depuis plus d’un demi-siècle, serait un remarquable accomplissement pour M.Charest et assurerait l’adhésion du Québec à la fédération pour un bon moment Au début du mois d’août, il a laissé entendre que les hésitations de M.Harper pourraient s’expliquer par le statut minoritaire de son gouvernement Avant de lui accorder la majorité qu’il recherche, il vaudrait peut-être mieux s’assurer qu'il livrera la marchandise.Dans son livre Harper’s Team.Behind the Scenes in the Conservative Rise to Power, publié Tan dernier, le mentor du prentier ministre canadien, Tom Flanagan, explique qu’il est très conscient de ce qui a causé la perte de Brian Mulroney.Certes, le PC avait balayé le Québec en 1984 et en 1988, mais M.Mulroney avait programmé sa propre chute en faisant naître des attentes auxquelles il était incapable de répondre.M.Charest peut témoigner que cette chute a été brutale.Bien entendu, M.Harper souhaite remporter plus de sièges au Québec qu'en 2006, mais il ne veut pas d’une victoire à la Pyrrhus.Il n’entend pas seulement demeurer premier ministre, mais aussi jeter des bases permanentes, qui permettront au PC de remplacer le PLC comme parti naturel de gouvernement.D’ailleurs, à en croire le dernier sondage Léger Marketing-Le Devoir-The Globe and Mail, M.Harper n’a peut-être pas besoin de prendre des engagements trop contraignants.A peine 5 % des électeurs disent voir dans la défense des intérêts du Québec un enjeu important dans la campagne qui s'amorce.C’est là tout le drame du Bloc québécois, qui est considéré — de loin — comme le plus apte à s’acquitter d’une tâche qu'à peine un électeur sur vingt juge prioritaire.Ces temps-ci, il vaut mieux jouer de la trompette, quitte à échapper quelques fausses notes.mda vkKaledevoir.com ARCHIVES LE DEVOIR Jean Charest à la dernière rencontre des premiers ministres. LE DEVOIR.LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 SEPTEMBRE 2008 C 4 EDITORIAL Des signes précurseurs négatifs À la veille du déclenchement des élections fédérales, les soubresauts qui secouent les marchés boursiers laissent présager une période de passage à vide comme nous n’en avons pas connu depuis longtemps.On comprend que le gouvernement minoritaire conservateur veuille précipiter les choses, lui dont la philosophie prescrit d’en faire le moins possible en de telles circonstances.D epuis le sommet du début de l’été, l’indice des valeurs inscrites à la Bourse de Toronto a chuté de plus 15 %, dont 7 % au cours de la seule semaine qui s’achève.Prétendre qu’une telle chute est surprenante serait mentir.Si le TSX a atteint un sommet de 15 000 au printemps, c’était à cause de la flambée des prix du pétrole et des matières premières.Or c’était écrit dans le ciel que le ralentissement économique en cours en Amérique du Nord et ailleurs dans le monde forcerait les spéculateurs à jouer le prix du pétrole à la baisse à plus ou moins long terme.La seule surprise vient donc du fait que la dégringolade des titres de ressources naturelles, le pétrole surtout, qui composent près de la moitié du TSX a été aussi rapide.Tôt ou tard, cela se manifestera à la pompe, puisque les pétrolières, qui rechignent toujours à baisser leurs prix, se tirent dans le pied en accentuant le ralentissement économique et le mouvement à la baisse dans la demande pour leurs propres produits.Hier, Statistique Canada nous a appris que l’emploi n’avait pas encore subi les contrecoups négatifs du ralentissement en cours.Tant mieux, mais soyons réalistes: si l’économie ne repart pas rapidement et solidement, l’emploi piquera forcément du nez, et avec lui la santé financière des ménages, qui n’est déjà pas reluisante à cause du niveau d’endettement record.Dans le même ordre d’idées, on aurait tort de s’imaginer que les Canadiens, qui ont bien profité de la forte croissance du secteur immobilier depuis le début de la décennie, ne seront jamais contaminés par la crise qui a durement touché les États-Unis.Si d’aventure le prix des maisons venait à chuter dans la foulée d’une hausse du nombre des sans-emploi, c’est tout le secteur financier canadien, jusqu'ici épargné, qui en subirait le choc.Scénario pessimiste, certes, mais quand même possible.Rappelons-nous que, il y a quelques mois à peine, la plupart des économistes soutenaient que notre pays serait épargné par la récession autant que par la crise immobilière.Or, équilibre ou pas, les cycles propres à ces secteurs sont récurrents et mondiaux.Avec une hausse prévisible du chômage au cours des prochains mois et le taux d’endettement élevé des ménages, seuls les optimistes obsessifs peuvent encore s’imaginer que l’économie canadienne sera épargnée d’un glissement en phase baissière d’un cycle dans lequel nous sommes déjà engagés de toute façon, comme les données récentes sur le PIB en font foi.Lorsque les Bourses trébuchent avec autant de force, c’est que les acteurs financiers appréhendent une aggravation de la situation dans le monde de l’économie réelle.Dans de telles circonstances, il serait normal que les partis politiques qui entrent en campagne électorale placent l’économie au centre de leurs préoccupations et de leurs programmes.Attendons de voir ce qu’ils auront à proposer pour éviter que le pays ne sombre dans une longue léthargie, comme ce fut le cas lors de la dernière récession, au début de la décennie quatre-vingt-dix.j- rsansfacon@ledevoir.com Retour sur un drame Jean-Robert Sansfaçon u lendemain de la tragédie du Collège Dawson, qui coûta la vie à la jeune Anastasia De Sousa et à l’auteur du drame, Kimveer Gill, les mêmes questions torturaient les consciences: pourquoi?comment* Avec son rapport déposé cette semaine, le coroner Jacques Ramsay calme en partie ce tourment.Car ces gestes fous conserveront toujours leur part d’incompréhensible, ce qui en fait des calamités imprévisibles.Troublante, la lecture du déroulement des faits livre toutefois quelques enseignements desquels il faut s’inspirer.On le présumait, mais le rapport l’établit clairement Kimveer Gill était un être troublé, ayant vécu des épisodes dépressifs.Un être reclus, hargneux, peu bavard en public et même en famille, M.GUI se livrait toutefois par l’entremise d’Internet un médium qui lui tenait lieu de réseau social.Croire à une cybersurveillance policière à toute épreuve pour repérer des GUI en puissance relèverait d’une pure naïveté, note le D1 Ramsay.C’est donc sur la société civUe tout entière qu’il faut reporter le rôle de vigie.U appartient aux parents, aux voisins, aux amis et aux internautes la responsabüité de ne rien traiter à la légère, ni la moindre menace de suicide, ni aucune aUusion à un projet de vengeance, si imprécis soit-U.Sans tous ces hasards qui ont ponctué les premières minutes du passage de Gill au collège, Marie-Andrée combien d’autres cadavres aurait-il laissé derriè-Chouinard re iui?En réalité, cette tuerie aurait pu être beaucoup plus sanglante qu’elle ne le fat L’arrivée fortuite d’une patrouille à Dawson — appelée pour une affaire de stupéfiants! —, de même que l’entrée en scène non prévue d’un agent venu là de son propre chef, ont certainement sauvé des vies.C’est sans compter les endroits stratégiques — le métro, la rue Sherbrooke — qui sont restés à découvert pendant des minutes cruciales où M.Gill aurait pu poursuivre ailleurs son œuvre meurtrière, ce qu’il ne fit pas.Car Kimveer Gill avait de bien cruelles intentions.le jour du drame, il traîne un lourd attirail avec lui: un pistolet de calibre .45, une carabine Beretta sanglée à l’épaule, près de 300 cartouches, plusieurs couteaux.Dans les mois précédant la tuerie, il effectue des achats répétés chez le détaillant d’armes à feu.Le Législateur avait prévu une limitation pour des armes paramilitaires teles la Beretta maniée par Gill.Toutefois, certains modèles — comme celui-là — n’existaient pas au moment de la rédaction du règlement, que des fabricants d’armes ont allègrement contourné.Un resserrement s’impose.Le coroner Ramsay pose aussi une série de questions quant aux signaux d’alarme qui devraient inquiéter le Contrôleur d’armes à feu: des achats compulsifs en un court laps de temps; ou encore la possibilité pour le demandeur d’un pennis de possession et d’acquisition d’armes à feu de carrément mentir sur ses antécédents de troubles mentaux, comme le fit Kimveer GUI.Il y a là d’importantes questions à creuser.Mais on aura beau se préparer du mieux qu’on le peut au pire, lorsque l'indicible survient et emporte avec lui d’innocentes vies, la stupeur l’emporte sur le calcul.C’est pourquoi rester attentif aux signaux de détresse expédiés [)ar ces désespérés demeure notre atout le plus solide.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directrice de l’information JOSÉE BOILEAU Directeurs adjointe de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires MANON BÉLAND fAtCrtAEUi ! U VcnSibi 1ST 20c6.a9.06 P—ç - ’ W» a**.Réussir sa sortie Mon père, un très vieil homme, finira sa vie comme la plupart de ses contemporains, dans l’idée de sa déchéance, avec la conception de sa vie comme un long decrescendo triste depuis la force de l’âge.L’entrée dans la vie s’effectuerait donc avec tambour et trompettes, pour glisser inexorablement vers un après plus qu’incertain?Ce schéma simpliste nous accompagne furtivement depuis trop longtemps déjà.On pourrait aussi bien imaginer d’autres formes de trajectoire qui se termineraient en déchéance du corps, sans doute, mais, par exemple, dans une apothéose de l’humour et de la sérénité.Et les funérailles pourraient ressembler à ce que Jacques Brel souhaitait pour les siennes: j’veux qu’on rit, j’veux qu’on danse, j’veux qu’on s’amuse comme des fous.France Marcotte Montréal, 4 septembre 2008 Raymond Gravel et son engagement.Oui, l’abbé Raymond Gravel a fait un choix, peut-être difficile, mais éclairé et important poqr son engagement comme prêtre.Le regard de l’Évangile et des besoins humains du monde d’au-jourdhui, le regard des personnes dont le visage est brisé dans leur humanité, regard qui est cer- LETTRES tainement le sien, a sûrement été premier! Personnellement, je suis, malgré tout, plutôt content! L’engagement avec un parti politique peut avoir sa place, mais il y a toujours ce que j’appelle les limites de la couleur d’un parti, même si c’est celui de son choix politique.M.Raymond Gravel m’apparaît être un homme d’une «liberté de parole» évangélique, à la suite de Jésus le Galiléen.Il est encore, et ce n’est certainement pas toujours facile, et c’est dérangeant, l’homme qui vise une «liberté d'être» au nom même de sa foi et de son engagement ecclésial.Pour moi comme pour d’autres, avant de croire à une hiérarchie ecclésiale, cet homme croit au projet évangélique dans la société actuelle, et il peut «nommer» un «Dieu d'amour et de vie» proche de toute personne, quelle que soit la situation difficile qui est la sienne.Je vous souhaite le meilleur, monsieur Gravel, dans la continuation de votre engagement comme prêtre en Eglise! D importe de questionner et de déranger, au nom même de lÉvangüe de Jésus.Clermont Rainville, prêtre Chicoutimi, 4 septembre 2008 Du travail pour les scripteurs de la CCN Habitant Gatineau depuis maintenant près de 10 ans, je décidai, dimanche soir dernier, d’aller assister au spectacle Sons et lumières projeté sur la façade du Parlement canadien.Conçu par la Commission de la capitale nationale (CCN), ce spectacle d’une demi-heure se veut un panorama des lieux et des gens qui façonnent ou qui ont façonné le Canada.Malheureusement, les scripteurs de la CCN devront bientôt retourner à leur table de travail pour apporter certaines modifications à leur texte, qui devra s’adapter aux dernières politiques du gouvernement Harper, locataire de ce même édifice où le spectacle est projeté.En effet, comment ne pas sursauter en entendant une phrase telle «Nos artistes se font raconteurs, pour parler de nous au reste du monde», au moment même où le gouvernement abolit le programme permettant à nos artistes d’aller parler de nous à l’étranger.Il est vrai que les exemples visuels suivant cette affirmation donnent une image un peu conservatrice de ce que nous sommes:’ Pélagie-la-charrette, Menaud, maître-draveur; Maria Chapdelaine, Anne aux pignons verts et Le Matou (cités de mémoire).L’épreuve du temps permet d’atténuer toute controverse et de filtrer toute subversion.Après les' dernières nouvelles concernant la culture qui ont émané d’Ottawa, nous ne pouvons qu’espérer que ce gouvernement, quant à lui, ne résistera pas à l’épreuve du temps.Sylvain Le may Professeur, École multidisciplinaire de l’image, Université du Québec en Outaouais Gatineau, 4 septembre 2008 REVUE DE PRESSE Combat des chefs Manon Cornellier Bien qu’à peu près tout le monde dénonce la décision du premier ministre de faire fi de sa propre loi sur les élections à date fixe, certains journaux pensent qu’une campagne électorale automnale aura du bon.Le National Post, entre autres, s’est fait à l’idée.Il note qu’il ne manque pas d’enjeux à débattre et que ce serait l’occasion pour les conservateurs de préciser à nouveau leurs politiques.Ils pourraient par exemple expliquer le but de la mission afghane, qui dure depuis sept ans.Ils pourraient dire s’ils ont un plan pour faire face aux impacts écologiques des sables bitumineux, pour améliorer la compétitivité de l’économie canadienne, pour s’attaquer aux problèmes des autochtones.UEdmonton Journal trouve que le Parlement a jusqu’à présent bien travaillé, mais il convient que les partis sont maintenant paralysés, «en mode attente, alors que des dossiers pressants s’empilent à la porte».Par conséquent, dit le Journal, vaut mieux avoir des élections et permettre aux électeurs d’en débattre.Le quotidien déplore «le manque frustrant de clarté qui entoure la direction que veut prendre le gouvernement Harper».Il espère que les élections lèveront ce voile tout en permettant de mieux comprendre ce que les autres formations ont à offrir.Le Toronto Star est un de ceux qui se demandent à quoi ressemble ce programme que le premier ministre prétend ne pas pouvoir mettre en œuvre à cause de la méchante opposition.Le Star s’inquiète d’ailleurs de ce qui s’annonce comme une campagne conservatrice centrée sur la question du leadership.Il craint que cela ne permette aux conservateurs de taire leurs véritables intentions, une fois majoritaires.Chroniqueur au Star, James Travers déplore quant à lui que ces élections aient lieu avant qu’on n’ait pu faire la lumière sur certaines controverses, en particulier celle entourant les dépenses du Parti conservateur durant la campagne de 2005-06.Selon lui, «les Canadiens ne devraient pas aller aux urnes en octobre sans savoir si les élections qui ont porté Stephen Harper au pouvoir ont été libres et Justes».Il trouve la question d’autant plus importante que l’éthique était l’enjeu central de ces élections.Alias Clark Selon Lawrence Martin, du Globe and Mail, la bataille risque de ressembler à un match «Mr.Mean vs Mr.Bean» — M.Mesquin contre M.Bean, l’impénitent gaffeur britannique.Martin s’attend à un Stephen Harper froid, calculateur, sûr de lui, efficace, qui sourit et trébuche peu.Jack Layton et Gilles Duceppe seront fidèles à eux-mêmes.Mais Dion?S’il dépasse les attentes, il peut gagner.Sinon, ce sera une répétition de la chute de John Turner, prédit Martin.Il note toutefois que Dion a surpris par le passé et que Harper, malgré une opposition «inepte», n’a pas réussi à vraiment faire augmenter ses appuis.Il se demande d’ailleurs si certains traits de caractère de Stephen Harper ne pourraient pas finir par lui nuire.Il cite son penchant pour la confrontation et sa manie du contrôle et du secret.Le fait qu’il renie sa propre loi et marche sur ses principes soulève des doutes sur ses qualités de leader honnête et franc, deux qualités que personne ne remet en question chez Dion.«Ayant entaché lui-même sa réputation, M.Harper doit maintenant être conscient que le vent peut tourner.» Roy Macgregor, du Globe and Mail, compare Dion à Joe Clark.Comme lui, Dion a réussi à intégrer un cabinet où on ne voulait pas de lui.H a été louangé pour son travail de ministre responsable de l’unité nationale, a des femmes ayant une carrière indépendante, a gagné la course à la direction de son parti après quatre tours de scrutin.Les deux hommes ont fait leurs premières armes dans un parlement minoritaire et ont été confrontés au même enjeu: l’énergie.Les médias, le public et une partie de leurs troupes les ont perçus comme des hommes indécis et faibles.Èt, face à eux, ils ont trouvé «des hommes froids, durs et même cruels, mais qui étaient en même temps perçus comme des premiers ministres».Dion peut quand même trouver un réconfort dans cette comparaison, dit le chroniqueur.Comme lui, Clark fut sous-estimé par ceux qui le rejetaient Qui est Harper ?Thomas Walkom, du Toronto Star, pense que Harper est à la fois le principal problème des conservateurs et leur atout le plus visible.Le seul, en fait étant donné sa propension à occuper toute la scène.«Par contre, il est un leader que le pays trouve difficile à aimer», sa détermination ayant son revers, c’est-à-dire son penchant pour l’intimidation.«Les conservateurs vont tenter de faire de Dion l’enjeu en soutenant qu’il est faible et terne, alors que le pays a besoin d’un leadership fort.Mais, s’ils ne font pas attention, avertit Walkom, la campagne peut finir par porter sur Stephen Harper, et si cela survient, les paris sont ouverts.» Le Globe and Mail trouve d’ailleurs étrange cette série de publicités qui présente Harper comme un gars de banlieue qui mène ses enfants à leurs pratiques de hockey, contrairement à Dion, cet universitaire déconnecté.Harper est un économiste.Il a enseigné à l’université et il court un risque en ridiculisant M.Dion «pour des lettres de créance universitaires plus impressionnantes que les siennes», dit le Globe.M.Harper a passé l’essentiel de sa vie adulte dans les coulisses politiques et a œuvré pour atteindre le poste qu’il occupe aujourd’hui avec résidence de fonction, limousine et domestiques.Il n’a rien du populiste et a consacré beaucoup de temps à réfléchir aux politiques publiques, mais cela n’est pas un défaut.«En fait, la même chose peut être dite de M.Dion.Par conséquent, quelle leçon tirer de la pratique de la “Tim Hortonphilie” de M.Harper?Que même les férus de politiques publiques mangent des Timbits, rien de plus.» Èn passant, Elizabeth May, leader du Parti vert, fait l’unanimité en sa faveur.Tous les journaux qui se sont prononcés ont conclu qu’ellç devait participer aux débats des chefs.À suivre.nicornellieréwledevoir.com Lawrence Martin, du Globe and Mail, s’attend à un Stephen Harper froid, calculateur, sûr de lui, efficace, qui sourit et trébuche peu E DEVOIR, LES SAMEDI Ü ET DIMANCHE 7 SEPTEMBRE 2 0 0 8 C 5 DEES a àxiPxl .•'v{' S mm JM:.Wm WB m Selon certains commentateurs, Sarah Palin n’aurait été choisie que pour ses qualités féminines et non pour son expérience en politique.Sarah Palm: la femme alibi?REUTERS YOLANDE COHEN Professeure et spécialiste d’histoire des femmes à l’UQAM ertains esprits chagrins (Nathalie Collard dans un éditorial de La Presse et Janet Bagnal dans un texte d’opinion publié dans The Gazette) ont qualifié de sexiste le choix de Sarah Palin, une femme et une inconnue, comme candidate à la vice-présidente, par John McCain, le candidat républicain à la présidence des États-Unis! Les républicains auraient ainsi fait preuve de viles considérations électorales, cherchant à courtiser le vote des femmes; Sarah Palin serait donc une femme alibi parce qu’elle n’aurait été choisie que pour ses qualités féminines et non pour son expérience en politique (ce qui est d’ailleurs inexact puisqu’elle est gouvemeure de l’Alaska).Pourtant, la même question se posait pour Barack Obama, mais on ne l’a pas considéré comme le Noir de service, bien au contraire! Si l’on peut regretter que les questions identitaires, comme la race ou le sexe, envahissent le champ de la politique américaine à l'occasion des élections présidentielles, il faut se demander pourquoi l’identité de l’un (l’origine racialisée) pose moins de problèmes à nombre de bien-pensants progressistes que le fait d’être une femme pour briguer les plus hautes fonctions politiques.Au-delà du sexisme ordinaire, qui conduit certains à se demander qui gardera les enfants quand une femme se présente en politique, il y a dans cet épisode plusieurs questions qui méritent d’être clarifiées.Évolution des mentalités Cette personnalisation de la politique américaine en particulier (qui n’est pas nouvelle et est aussi présente ailleurs), permet de mesurer l’évolution des mentalités au regard de deux questions qui ont été à l’avant-scène de la vie politique durant ces 4) dernières années dans tous les grands pays occidentaux.Propulsées par les mouvements féministes et antiségrégationnistes en particulier, les mesures d’action positive en faveur des Noirs et des femmes ont certainement permis l’avènement de candidatures d’une femme et d’un homme d’origine africaine-américaine à la vice-présidence et à la présidence des États-Unis.Ces deux candidatures incarnent ainsi une volonté affirmée par les deux grands partis de réduire le «gender gap» entre les hommes et les femmes, en donnant une voix proéminente à une femme du côté des Républicains, et de dépasser le race divide pour ce qui concerne Obama du côté des démocrates.A ce titre, cette présidentielle s’annonce déjà comme un moment historique, en rupture nette avec le «old boys politics»] Ralliement des femmes Mais pourquoi les analystes considèrent-ils la nomination d’Obama comme un changement salutaire, et celle de Palin comme rétrograde?En dehors des considérations partisanes, qui ont leur importance, bien sûr, il faut bien voir qu’il y a aussi dans cette appréciation des considérations identitaires, qui ne disent pas leur nom, une sourde opposition aux femmes en politique, un sexisme pas si ordinaire que ça Qualifiée d’historique à juste titre, la nomination de Barack Obama comme candidat du parti démocrate à la présidentielle a été préférée par les délégués à celle, non moins historique, de Hillary Clinton.Cette investiture n’aurait pu avoir lieu sans le ralliement des femmes, et des groupes féministes (comme Emily’s list un organisme spécifiquement axé sur le financement et l’appui de candidatures féminines) qui ont préféré Obama à HiDa-ry, pour toutes sortes de raisons.J’ai eu à ce sujet nombre de discussions avec mes collègues féministes américaines, qui m’expliquaient combien la candidate HiDary leur était antipathique: trop avide de pouvoir, pas assez à gauche, pas assez à droite, etc., et incarnant la politique politicienne des Clinton, dont elles ne semblaient phis vouloir.La fin du «gender gap»?On pourrait penser que nombre d’entre elles ont ainsi voulu marquer leur volonté de dépasser la politique identitaire, qui voudrait que des femmes votent en faveur de femmes.Mais auraient-elles troqué une identité de genre pour l’identité de race?Obama incarnerait alors pour — >' i REUTERS La nomination de Barack Obama comme candidat a été préférée à celle, non moins historique, de Hillary Clinton.ces féministes désenchantées un changement de paradigme assez radical; à moins que le sexisme soit plus difficile à combattre que le racisme aux États-Unis, comme le suggérait la féministe Gloria Steinem en commentant les difficultés auxquelles Hillary a fait face durant sa campagne.Le choix des délégués démocrates a dans tous les cas conduit à ce changement historique, où Obama a été investi et préféré à une femme dont l’engagement féministe n’était plus à démontrer.Cet épisode confirme-t-il une tendance lourde, déjà entrevue en France à l’occasion de la candidature de Sé-golène Royal à la présidence de la République, en 2007?Les groupes féministes n’appuient plus nécessairement une femme, même féministe.Sans compter que les caciques du parti so- Cette cialiste, comme certains groupes du parti démocrate, y étaient férocement hostiles, par an- présidentielle tiféminisme aussi.On se souvient de la ques- , tion lancée par Laurent Fabius à l’annonce de S annonce la candidature de Ségolène: «Mais qui va garder les enfants?» Ces hommes et ces femmes, démocrates et socialistes, ont fait le pari que la probabilité d’un vote des femmes en faveur d’une femme n’était phis d’actualité et que les femmes voteraient pour un programme qui leur garantirait l’égalité.Est-ce si vrai que ça?En at-on vraiment fini avec le > **i«l * .A A W" Pi & H • ¦c emps 1: La vie dans l’eau.Localisée aux abords du fleuve Saint-Laurent, entre la côte dp Sillery (anciennement côte de l’Église) et le quai des Cageux (anciennement quai Irving, situé au bas de la côte Ross), en direction du pont de Québec, la promenade occupe une bande de terrain longue de 2,5 kilomètres.Or c’est ce secteur du fleuve qui a vu naître l’âge d’or économique de Québec au XIX' siècle.Le bois, récolté notamment dans TOutaouais, était acheminé par flottage en immenses «trains» sur les rivières, puis sur le fleuve jusqu’aux anses de Sillery.C’est ici que, pendant près d’un siècle, des milliers d’ouvriers ont œuvré comme cageux, manœuvres, équar-risseurs, scieurs de long, calfats ou poseurs de bordé.Au fil des ans, le transport fluvial a fait place au transport ferroviaire puis au transport routier, et les berges du fleuve ont été remblayées et dénaturées par les voies du chemin de fer.L’arrivée des installations pétrolières et de l’autoroute de Champlain ont finalement sonné le glas à toute forme de vie dans ce secteur, devenu un véritable no man’s land avant l’arrivée du projet Temps 2: l’esprit aventurier.Si la ville de Québec a vu le jour, c’est grâce au fleuve et aux esprits aventuriers qui sont venus par la voie de l’eau fonder une ville avec de nouvelles idées.Les concepteurs du projet ont voulu rendre hommage à ces esprits curieux et courageux qui ont façonné la belle cité.«L’aventure a été de réussir à convaincre les décideurs qu’un projet contemporain de cette envergue avait sa place ici.Or la réalité nous donne raison: depuis l’inauguration, en juin dernier, la promenade ne désemplit pas, le public s’est approprié l’ensemble des aménagements et des œuvres d’art de façon naturelle.Cluique banc, bloc de granit ou table en bois a un air familier et, pour une fbis, contemporain ne rime pas avec froid ou avec vide», dit en souriant Réal Lestage, designer urbain et urbaniste chargé du projet «Sa» promenade, il l’a imaginée depuis l’an 2000.lœs grands thèmes ont été définis de 2000 à 2002, puis de 2002 à 2005 le projet s’est arrêté.En 2005, une conjoncture économique et politique favorable relance la machine et permet à la promenade de voir enfin le jour.Ce qui fait la beauté du projet, c’est l’harmonie qui règne entre les espaces ouverts, l’architecture et le mobilier d’ensemble.Tout a été travaillé dans un même esprit, insufflé d’une même énergie et exécuté avec la minutie d’un horloger.Les concepteurs du projet se sont vu confier l’ensemble du mandat ce qui explique en partie un tel résultat L’autre partie tient au professionnalisme, au talent et à l’immense travail qui se cache derrière cette .*> i La traversée du Quai-des-Brumes, le long du sentier piétonnier en béton blanc.I NA n: .;nt A' «N Il y a une richesse d’ambiances et d’émotions qui se dégage de ce projet.La Station des Cageux, avec sa tour d’observation, son pavillon d’interprétation et de restauration, ressemble à une œuvre d’art contemporain en bois brut.réalisation made in Québec.Temps 3: des racines et des hommes.«Ma première préoccupation a été d’inhiber le système autoroutier qui traversait le terrain sur sa longueur; ma deuxième a été d’essayer de rendre confortable cet immense espace en soignant les notions d’échelle et d’équilibre, mais aussi en aortant une attention particulière aux matériaux employés et à la végétation sur le site», souligne Réal Lestage.La promenade Samuel-de-Champlain propose différents espaces qui se succèdent le long d’une immense piste cyclable et d'un sentier piétonnier que le revêtement en béton blanc rend festif et très lumineux.A une extrémité de la promenade, il y a la Station des Quais, véritable pôle culturel qui re-.groupe quatre jardins thématiques inspirés des humeurs du fleuve — le Quai-des-Brumes, le Quai-des-Flots, le Quai-des-Hommes et le Quai-des-Vents —, de même que plusieurs œuvres d’art contemporain.Au centre du projet, on retrouve la Station des Sports, qui se compose de deux terrains de soccer, de grands espaces et d’une piste multifonctionnelle.Enfin, à l’autre extrémité, vers le pont de Québec, on trouve la Station des Cageux, autour d’un quai industriel réhabilité regroupant des services d’interprétation et de restauration.Un marais contrôlé met à l’honneur la flore indigène littorale alors qu’une tour d’observation et une descente à l’eau pennettent d'ad- mirer le fleuve sous tous ses angles.Derrière le secteur des cageux, il y a le Boisé de Tequenonday, un site naturel unique renfermant des vestiges archéologiques amérindiens et des arbres centenaires,dont des pins de près de 30 mètres de haut Temps 4: l’architecture, l’aménagement et l’art contemporain.Tous les secteurs du projet ont en commun une volonté de montrer un esprit contemporain qui s’inscrit dans le plus grand respect de l’histoire et de la nature du site.Ces rives du Saint-Laurent ont un caractère farouche mais les concepteurs sont allés travailler avec ces éléments et non contre eux, en employant notamment des espèces végétales et des matériaux locaux «Les jardins thématiques suivent l’empreinte des quais du XIX' siècle qui servaient au commerce du bois, ils traversent le boulevard de Champlain et lient ensemble les deux parties du parc linéaire.Par exemple, pour le jardin des flots, on retrouve le thème de la glace, représenté par la fracture au sol, mais aussi le thème de l’eau, qui sort de son lit avec cinq murs d’eau et des jets placés de façon linéaire», explique Réal Lestage.Il y a aussi la métaphore des quais anciens sur lesquels s’accumulait du bois, représenté id par des alignements de murets de granit de hauteurs variables, ou encore l’image des mâts des voiliers évoquée par les structures de inctql couronnées de bras qui virevoltent au gré des vents.À l’autre bout du parc, la Station des cageux avec sa salle d’accueil et sa tour d’observation, occupe l’emplacement d’un quai réel.L’ensemble des installations, dans un style contemporain et épuré, est rassurant et parfaitement intégré au site grâce à ses matériaux en bois brut et métal qui renvoient à un vocabulaire maritime et fluvial.La tour et son bâtiment adjacent attirent le regard par leur simplicité.Il y a quelque chose de ludique, de rassurant dans cette architecture élégante et chaleureuse.La promenade Samuel-de-Champlain, de la tour aux abris, des bancs aux blocs de granit des jardins aux œuvres d’art contemporain, est originale, subtile, impeccablement réalisée.Il y a une richesse d’ambiances et d’émotions qui se dégage de ce projet qu’il serait vraiment dommage de voir altéré.Or, Transport Québec semble revenir sur certains points du projet qui ne «respecteraient pas tout à fait les règlements autoroutiers».Il faut savoir peser le pour et le contre, dans toute décision, et outrepasser certains règlements.Mais surtout il faudrait apprendre, dans ce pays, à respecter le travail des concepteurs qui ont mis temps et cœur pour offrir le meilleur à leurs concitoyens! Collaboratrice du Devoir La promenade en chiffres Superficie: 200 000 mètres carrés longeant le fleuve sur 2,5 kilomètres Végétation: 1500 arbres et 100 000 végétaux Activités: marche, vélo, kayak, soccer Début du chantier juin 2006 Date d'inauguration: 24 juin 2008 Les concepteurs du projet Maître d’œuvre: la Commission de la capitale nationale du Québec Réalisation: le consortium formé des firmes Daoust Lestage inc./ Williams Asselin Ackaoui - Option aménagement coordonné par le designer urbain et urbaniste Réal Lestage, auquel s’est greffé le consortium Genivar/SNC Lavalin pour l’ingénierie, ainsi que de nombreux autres partenaires professionnels.À consulter wwtv.promenade2008.qc.ca www.daoustlestage.com
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