Le devoir, 6 septembre 2008, Cahier E
LE I) E V 0 ] K .LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 S E P T E M B K E 2 0 0 S THÉÂTRE Éloize et Danielle Finzi Pasca inaugurent la saison du TNM Page E 4 DE VISU Une expo sur Fart et la guerre, à Concordia Page E 7 THÉÂTRE Beau temps pour mourir ! Samuel Beckett, André Brassard et Andrée Lachapelle sur la même affiche à l’Espace Go: oh! la belle soirée qui s’annonce.MICHEL B É LAI R La chose semble tellement évidente, que l’on n’ose presque pas en parler: il y a là plus qù’une coïncidence.Surtout quand on connaît le bonhomme.Qu’André Brassard revienne à Beckett presque 20 ans après le triomphe de son Godot au TNM, c’est en soi une bénédiction, d’autant qu’il s’est entouré d’André Lachapelle que l’on se meurt depuis des lunes de voir en Winnie.Mais ce retour se M avec Oh les beaux jours.Comme si Brassard — .sans doute le plus audacieux, le plus iconoclaste et le plus classique des metteurs en scène que nous ayons jamais eu ici — acceptait de creuser une autre façon de regarder celui qu’il est devenu en mettant en scène un personnage immobilisé sous les décombres du monde.Bien sûr, c’est Ginette Noiseux à Go qui a pensé à lui: et doublement bravo, il a accepté.Même si.Un oiseau Même si.tout en fait.Même si sa vie n’est plus la même et qu’il se sent «rouillé» parce qu’il ne travaille pas assez.sans même parler du reste.Même si cela l’épuise, brusquement, tout d’un coup, m’ont dit des gens proches de lui.En sachant qu’il en avait besoin et que le travail allait le nourrir considérablement, peu importe les pro-jecteurs que l’on allait braquer sur lui, per-sonnage presque tout autant immobilisé que Winnie sous les décombres.Brassard a toujours été comme ça, surprenant un peu baveux.Mais cette pièce?Cette déchirante métaphore de la survie à tout prix?Il faut être fait fort pour oser s’en approcher dans le but de se saisir soi-même un peu plus.Beckett, Brassard et Andrée Lachapelle donc.qui m’accueille dans le hall du théâtre, rayonnante, un peu nerveuse aussi.Isa grande Andrée Lachapelle qui nous ramasse si souvent à la petite cuillère tellement elle peut être convaincante, qui a tout joué, sauf Beckett «C’est vrai: c’est mon tout premier Beckett.Peut-être parce qu'il méfait un peu peur En lisant sur lui, j’ai appris comment il dirigeait ses comédiens; sa froideur volontariste méfait VOIR PAGE E 3: BECKETT Beckett ne voulait pas que l’on approfondisse les personnages pour ne jouer que ce qu’il voulait 1 MH TREMBLAY LE DEVOIR Pedal steel et bavette marinée En studio avec Catherine Durand Lancé mardi, Cœurs migratoires, le splendide quatrième album de Catherine Durand, a été enregistré au mythique studio Victor à la fin du printemps, cinq intenses semaines durant.Le Devoir y était, témoin privilégié d’une expérience extraordinairement agréable de création et de vie, où bonnes chansons, bonnes gens et bonne bouffe ont composé pour la tête, le cœur et le corps un véritable menu santé.Petit journal commenté.SYLVAIN CORMIER Penchée?Non.Lovée?Non plus.Couchée plutôt Pour ainsi dire couchée sur le piano, Catherine Major joue moins sa partition qu’elle ne musarde autour, ne cessant d’inventer des variantes.Jocelyn Tellier — surnommé le Doctor, habituel guitariste de Dumas, réalisateur à ses heures — l’accompagne sans l’accompagner vraiment explorant lui aussi quelques idées sur le pedal steel.Catherine Durand chantonne son refrain.La mélodie est belle et triste, le sentiment douloureux: «Je suis perdue / On m’a lâché la main / Je suis perdue / Sous mes pieds, je ne sens rien / Mon amour n’est plus le tien.» Elle est visiblement fébrile, heureuse et nerveuse à la fois, mais se contient.Michael Néron, le preneur de son, calme et rassurant comme le sont les bons preneurs de son, en est aux ajustements de détail, lui qui a déjà tout mis en place pour cette session pas comme , les autres.Catherine Durand donne le signal de départ, sans forcer «Ça vous tenterait de l’essayer quelques fois avant le souper?» On est le 14 mai dans le grand studio Victor de Saint-Henri (au-dessus du musée Berliner, lieu historique s’il en est), un gros mois après le début des sessions d’enregistrement de Cœurs migratoires, le quatrième album de Catherine Durand, réalisé par Jocelyn Tellier, et il ne reste que cette chanson-là à mettre en boîte, peut-être la plus belle de l’album, certainement la plus intime: Perdue (on m’a lâché la main).Catherine l’a gardée exprès pour la fin: c’est son cadeau, la seule séance «live» du disque, voix-piano-/>eda/ steel et rien d’autre.Autant dire la nudité.«Je me dévoile plus que d’habitude là-dedans», avoue-t-elle deux mois et demi plus tard, alors que l’on reparle du disque à l’occasion de sa sortie imminente, ce mardi.«Je n’étais pas sûre de vouloir que ça sorte.Honnêtement, les tripes sur la table, à ce point-là, c’est pas mon genre.Habituellement, j’écris un peu plus flou, j'essaie d’éviter l’anecdotique.Mais bon, j’ai demandé son avis à Catherine Major et, pour elle, c’était le cœur du disque, la chanson essentielle.J’ai dit OK, mais à c’est la vraie affaire.condition qu'elle vienne jouer le piano.Jocelyn, lui, a dit oui à condition que tout le monde soit dans la pièce en même temps, live on the spot» On enregistre peu ainsi depuis que les Beatles ont démontré à la planète rock les bienfaits des bandes multipistes.Tout est patchwork, puzzle, montage, à plus forte raison en cette ère numérique où le logiciel Pro-Tools pennet toutes les magies, retouches et corrections à l’infini.«C’est bien aussi, à la pièce, commente Catherine Durand.On bâtit la chanson comme une maison, mais jouer et chanter tous ensemble, c’est la vraie affaire.Un jour, je ferai un album complètement comme ça, tous en cercle comme dans l’émission Studio TV5 qu’animait Michel Rivard.» La méthode brique par brique La méthode brique par brique a ses avantages: notamment, on peut s’adapter aux agendas chargés des musiciens invités.Ils sont nombreux sur Cœurs migratoires, et chaque contribution s’entend magnifi-quement, chacun ayant eu toute latitude pour exceller: le do-bro et la mandoline de Joe Grass dans Peine perdue, le fabuleux pedal steel de Jean-Guy Grenier et le fiddle de Marie-Annick lapine dans Le temps presse, la guitare d'Olivier langevin dans Bien faire les choses, les cordes de Josianne Laberge et de Mélanie Audair dans Im Musique de ton absence, tout est signé.«Legros du travail, explique Cathe- rine Durand, c’était de choisir la bonne personne pour la bonne track.Après ça, c’est des grandes personnes, ils savent qui ils sont et ce qu’ils font le mieux.La beauté de l’aventure, c’est que chacun m’a surprise.Quand Louis-Jean [Cormier, de Karkwa] est arrivé pour faire sa voix dans Le bonheur est parfois maladroit, on n’avait pas répété la pièce ensemble, je lui avais envoyé mon démo sans aucune directive au niveau de lliarmonie vocale.Je voulais le laisser aller, c’est un grand harmoniste.Je n’aurais jamais pensé à ce qu’il a trouvé.» leur duo est l’une des plus flagrantes réussites de cet album en tous points réussi: l’émotion y est fragile et puissante à la fois, la montée vers le refrain submergente.On dirait du Karkwa, et ça demeure du Catherine Durand.C’est la grande force de l’albiun: la personnalité musicale de l’artiste désonnais bien établie, toptes les audaces sont permises.A partir de ce qu’elle appelle son «folk ambiant», on obtient des claviers quasi pinkfloydiens id, des cordes et bois d'allégeance classique ailleurs, ou encore une déferlante de baqjo et de mandoline.Sans jamais perdre le compas de vue.«Avec Diaporama,/ai trouvé ma niche, mon VOIR PAGE E 2: DURAND On bâtit la chanson comme une maison, mais jouer et chanter tous ensemble, Dimanche, 10 h Prélude à la tournée au Nunavik Alain Lefèvre reçoit Kent Nagano et des musiciens de l’OSM, qui Interpréteront en studio certaines œuvres au programme.R6a!lsatl6n : Daniel Vachon 1007 Rurtio-GcintKlu,eu/radio LE DEVOIR, LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 SEPTEMBRE 2 0 0 8 CULTURE DURAND SUITE DE LA PAGE E 1 son.Ma zone de confort.Ça m'a donné la permission d’assumer encore plus complètement mes deux tendances naturelles: le côté folk jusqu’au bluegrass, et le côté atmosphérique jusqu d oser des arrangements vraiment planants.» L'audace, pour Catherine Durand, aura été jusqu’à écrire à l’oreiîle des partitions pour cor français, cor anglais et hautbois, «faifoit ça chez moi, avec mon petit ordi, mon petit logiciel.Je me trouvais des sons que j’aimais, et j’imaginais des lignes mélodiques.» Il fallait voir Jocelyn Veilleux et Josée Marchand, musiciens classiques, lors de leur séance complémentaire, une semaine avant la session «live», en admiration devant leurs partitions entrelacées.Belles et longues, longues notes.A la limite du faisable.«Ça prend du souffle», ont souligné les pros.Perdue (on m’a lâché la main), première prise.Ça y est presque.À la deuxième, tout le monde se regarde: ça colle, de toute évidence.Catherine chante comme si sa vie en dépendait normal, sa vie en dépend.C’est tout juste si le pedal steel cherche encore son espace par rapport au piano: l’habillage est déjà idéal, à grandeur d’horizon.Catherine Major, on s’en doutait et cela se vérifie, est géniale à tous les coups, trouvant à chaque fois mieux, autre chose.Tellier se surpasse itou.Catherine Durand sait qu’ils tiennent là quelque chose, une sorte d’état de grâce qu’il ne faut surtout pas perdre.«On essaie une autre fois?Vas-y, mon beau Michael d’amour!» Michael Néron obtempère en souriant, déjà prêt Dans la cabine de son, personne ne parle.Ni Michael, ni moi, ni JF Moran, lauréat de Ma Première PdA et nouvel amoureux de Catherine Major, pas plus que Valérie Lebrun, agente de Catherine Durand.Arrivés aux trois quarts de la chanson, on a carrément arrêté de respirer.«Nous autres aussi, de notre bord, on sentait qu’on l’avait, se souvient l’intéressée.Cestfou, fes complètement concentré sur ce que tu fais et sur ce que les autres font et, en même temps, t’as une sorte de conscience extérieure du moment, tu te dis: "On l’a! On l’a! On l’a!” Et fespères que ça va tenir jusqu'à la dernière note.» Et puis, curieusement, de prise en prise, pourtant toutes bonnes, peut-être parce que toutes bonnes, un doute s’installe.Meilleure intro de pedal steel ce coup-ci?Moins bon solo de piano ce coup-là?Ou est-ce le contraire?A la fin, on ne sait plus.«C’était le temps de souper.» Grosse partie de l’histoire de Cœurs migratoires, les soupers.Toutes les fois où j’étais là, et pas du tout parce que j’étais là, les soupers au studio Victor ont été des événements.Festival de saucisses, poulet «canne de bière» au fromage bleu, bavette marinées, salades somptueuses, c’était invariablement le festin.Arrosé de bon vin.Rien à voir avec le rite rock’n’roll de la pizza aux anchois vingt soirs de suite.«Je suis amoureuse de musique, mais aussi de bouffé.Jocelyn, c’est la même chose.Alors, quand Michael, l’après-midi, travaillait sur des trucs plus techniques, Jocelyn et moi allions en salivant au marché Ativater à côté.Être en studio, c’est comme une deuxième maison.Il faut prendre le temps de manger.L’album ne va se porter que mieux si tout le monde est reposé, bien nourri, si on prend le temps d'apprécier le moment.La musique, c’est la vie.Pour être créatif, fout être bien, fout être oxygéné de corps et d'esprit.» Après souper, ce 14 mai, le travail reprend tranquillement D’autres prises se succèdent Toutes plutôt réussies, moins inspirées peut-être.Après quelques heures à cogner sur le même clou, Michael Néron suggère d’arrêter les frais.«Ça s’est passé avant le souper», décrètet-iL La quatrième prise, à son avis.On l’écoute.Ça se peut Difficile à dire.Oreilles fatiguées, polluées par le nombre.«Il avait totalement raison.Le lendemain matin, ça nous sautait dessus.» Et vlan dans le mythe de la prisç héroïque de fin de nuit «Ça fonctionne peut-être pour Éric Lapointe, concède Catherine Durand, mais pas pour moi.» Enregistrer le jour, comprendon, c’est mdHeur pour la digestion.Collaborateur du Devoir CŒURS MIGRATOIRES Catherine Durand Tandem - Sélect BEAIX JOVRf DU 9 SEPTEMBRE AU 11 OCTOBRE 2008 ET ROGER LÂTrÜË ' L Z1".ASSARD ASSISTANCE À LA MISE EN SCENE GENEVIÈVE IAGACF DECOR El ACCESSOIRES GENEVIEVE LIZOTTE COSTU LUMIERES ERIC CHAMPOUX environnement sonore MICHEL SMITH maquillages ANGELO BARSETt UNE PRODUCTION ESPACE GO L’ABONNEMENT LE PLUS FLEXIBLE EN VILLE! CHOIX DE 9 SPECTACLES OH LES BEAUX JOURS CEUX QUE L’ON PORTE LE BRUIT ET LA FUREUR DE SAMUEL BECKETT D'ANDREW DAINOFF DE WILLIAM FAULKNER MISE EN SCÈNE D’ANDRÉ BRASSARD MISE EN SCÈNE DE VINCENT-GUILLAUME OTIS MISE EN SCÈNE DE LUCE PELLETIER CET ENFANT CIE LOUIS BROUILLARD (FRANCE) TEXTE ET MISE EN SCÈNE DE JOËL POMMERAT LA COMPLAINTE DE DULCINÉE DE DULCINEE LANGFELDER MISE EN SCÈNE D'ALICE RONFARD LA GRANDE MACHINERIE LES PIEDS DES ANGES DU MONDE TEXTE ET MISE EN SCÈNE DE PATRICE DUBOIS D'EVELYNE DE LA CHENELIÈRE MISE EN SCENE D'ALICE RONFARD WWW.ESPACEGO.COM LE COMPLEXE DETHÉNARDIER DE JOSÉ PLIYA MISE EN SCÈNE DE DENIS MARLEAU MYCOLOGIE TEXTE ET MISE EN SCÈNE DE STÉPHANE CRÊTE 4890, BOULEVARD SAINT-LAURENT, MONTRÉAL (QUÉBEC) H2T 1RS espace go 514 845-4890 admission 514 790-1245 MÉDIAS Des kilomètres de route et de films PAUL CAUCHON Depuis quatre ans, Karina Marceau a souvent travaillé à l’étranger.L’ancienne coanimatrice de J.E.à TVA était devenue scénariste et réalisatrice de documentaires (dont le remarqué Filles de jardiniers diffusé l’année dernière, sur l’avortement sélectif en Inde).Mais, ces dernières semaines, c’est le Québec qu’eDe a parcouru, et elle continuera à l’arpenter d’est en ouest dans les prochains mois.«Avant de déterminer quels sujets nous aborderons, explique-t-elle au Devoir, j’ai fait le tour des bureaux régionaux de Télé-Québec, et j’ai rencontré différents intervenants locaux pour discuter des principaux enjeux au Québec en 2008.» Karina Marceau a donc voulu appliquer à Kilomètre zéro l’approche documentaire qui caractérisait son travail des dernières années.L’émission prend le relais de Méchant contraste!, que la direction de Télé-Québec ne semblait pas apprécier.Puisque Kilomètre zéro veut principalement utiliser les équipes de neuf bureaux régionaux de Télé-Québec, on peut croire qu’il s’agit d’une émission «régionale».Mais il s’agit plutôt d’un magazine général d’actualité, avec un seul sujet par émission, abordé sous plusieurs angles dans différentes régions du Québec.Premier arrêt, la semaine prochaine, avec une émission sur les promesses électorales.Le ton est à la fois léger et sérieux, la réalisation dynamique, et l’on y apprendra qu’à Cacouna, la promesse d’un grand port a été faite il y a 100 ans par Wilfrid Laurier, et elle a toujours été renouvelée depuis cette date! Dans la ceinture sud de Montréal, le prolongement de l’autoroute 30 est aussi le symbole des promesses éternelles.Tout est là pour alimenter le cynisme de la population, et les citoyens interrogés dans l’émission ne se gênent pas pour étaler leur mépris envers ce type de promesses.Pourtant, surprise, une équipe de rUniversité Laval soutient que, ces dernières années, le Parti libéral du Québec a tenu 60 % de ses promesses électorales, et le Parti québécois 75 %.Parmi les prochains sujets, le «raccrochage» scolaire (dans deux semaines), et la possibilité de trouver un médecin près de chez soi.SOURCE TÉ1.É-QUÉBEC Georges Privet et une partie de l’équipe de Cinéma québécois, diffusé sur Télé-Québec Dans ce dernier cas, on peut vraiment dire qu’il s’agit d’un enjeu qui concerne tous les Québécois, et sur tout le territoire.Des thèmes riches Dans tout le brouhaha de la rentrée télévisuelle, voilà une autre série qui risque malheureusement de passer inaperçue.C’est pourtant une excellente série, très représentative de la qualité de Télé-Québec, même si elle n’a pas disposé d’un budget considérable.Cinéma québécois, comme le dit sobrement son titre, est une série en 13 épisodes d’une heure sur l’histoire de notre cinéma.Excellent sujet, évidemment.Et après en avoir vu deux épisodes complets, nous avions le goût de voir ou de revoir, séance tenante, les films dont il était question.Chaque épisode est organisé autour d’un thème: les débuts de notre cinéma (c’est le premier épisode de la semaine prochaine), l’humour, le territoire, la famille, l’identité et ainsi de suite.Des entrevues avec des artisans viennent montrer l’évolution du thème au fil des ans, le tout entrecoupé de nombreux extraits de films.Dans l’émission consacrée au désir, diffusée dans deux semaines, on aborde d’abord la censure, puis les «films de fesses» du tournant des années 70, ainsi que le rapport à la nudité, et la façon de filmer le désir amoureux.Valérie et Deux femmes en or sont incontournables, bien sûr, mais l’émission fait découvrir des titres moins connus, comme La Femme image de Guy Borremans qui, en 1959, fut le premier à montrer une femme nue au Québec (inutile de dire que le film fut censuré), et le très radical Vie d’ange de Pierre Harel, un film tout croche mais très fort qui mériterait vraiment d’être mieux connu.L’épisode consacré à la politique est tout aussi riche, retraçant le cheminement du cinéma politique, et la façon dont les œuvres ont abordé le contenu politique, de la Révolution tranquille à aujourd’hui.Scénarisée par Georges Privet et produite par Claude Godbout, cette série sera dotée, à partir de la semaine prochaine, d’un grand site Internet (cinemaquebecois.telequebec.tv) qui promet plus de 1350 extraits de films et d’entrevues, un jeu-questionnaire de 1000 questions, un guide des métiers, des fiches de films et des artisans, et ainsi de suite.Le Devoir Kilomètre zéro, Télé-Québec, début lundi 8 septembre, 19h.Cinéma québécois, Télé-Québec, début mercredi 10 septembre, 21h De retour à Montréal, après une tournée européenne couronnée de succès ! « Avec cette splendide unité d’image, de lumière, de son et de danse, Émard nous épate une fois de plus.PZC, Zeeland, Pays-Bas, 28 août 2008 Quebec *î* , Hydro ¦k Québec PAftTtNAMI DE SAISON transat Une présentation de > Sylvain Émard Danse En coproduction avec > Station Zuid (Pays-Bas) Grand Théâtre de Lorient (France) Usine C (Canada) interprètes > Karissa Barry Sarah Murphy Erika-Leigh Stirton Catherine Viau Megan Walbaum Collaborateurs > Michel F.Côté Ginelle Chagnon Effe Richard Lacroix Etienne Boucher François Saint-Aubin Angelo Barsetti Catherine Desjardins-Jolin Simon Cloutier 9>11>12>13>17>18>19 + 20 septembre 2008, 20h USINE © BILLETTERIE 514 521-4493 1345, avenue Lalonde (entre de la Visitation et Panet, E3 Beaudry) uslne-c.com wuwntns Catherin* Vlan Megan Walbaum photo Angelo Barsetti ConwMI dM Am Canada Council LE DEVOIR, LES SAMEDI (i ET DIMANCHE SEP T E M B R E 2 O O R E 3 CULTURE BECKETT SUITE DE LA PAGE E 1 frémir! Il ne voulait pas que l’on approfondisse les personnages pour ne jouer que ce qu’il voulait.Il y a aussi que je n'ai pas beaucoup de références quand on parle de Beckett, parce que fai peu vu de productions de ses pièces.Mais avec André, c’est différent.C’est le même texte, les mêmes didascalies, mais Winnie est un personnage lumineux.Elle s’accroche à tout ce qui la jàjt vivre.C’est m oiseau.» ^ Cela se sent, me dira-t-elle encore, dans le moindre de ses petits gestes les plus quotidiens.Dans sa solitude aussi.Ses attentes envers son mari qui est là mais qui ne dit rien, ou si peu.Sa Winnie ne s’apitoie pas sur son sort; c’est une femme forte qui continue parce qu’elle n’a pas le choix.Elle va jusqu’au bout par amour de la vie, et chaque petit moment qui passe est important .même si elle sait que la fin ne peut qu’être toute proche.«Elle s’obstine à tenir jusqu’au bout; c’est me femme d’un courage sans nom.» * Brassard arrive làdessus.L’homme aux théories Brassard qui s’est coDé à Beckett tout jeune, au tout début de la vingtaine, on ne le souligne pas assez.A l’automne 1966, il a orchestré un «festival Beckett» au Patriote, rue Sainte-Catherine Est toute l’œuvre théâtrale de Beckett, trois soirs par pièce.Le genre de choses que l’on fait à 20 ans.Enfin, lui l’a fait Brassard qui joue au bourru encore, pas longtemps; qui sourit de ses petits yeux vifs, beaucoup plus en forme, drôle, qui veut parler — ce qui n’est même pas toujours le cas pour le commun des mortels.Un Brassard malicieusement joueur et qui nous expliquera deux de ses «théories» de sa petite voix érajllée qu’il maîtrise un peu mieux.Evidemment il videra la table en arrivant «Pas besoin de parier du fait que Winnie est immobilisée, c’est trop évident, OK?» C’est lui, ou Andrée Lachapelle, qui dira que l’on ne peut faire que ce que l’on peut faire.Et l’on commencera par la fin.La fin de la pièce.Ce revolver que Beckett place là avant de demander un fade-out \a\A.«Est-ce que Winnie et Willy se marient?, reprend-il Est as 2, «Ut CRÉMAZUt est Québec (ouésecJ GT* 2V2 théâtre! périscope I ABONNEZ-VOUS À PARTIR DE 42 S www.thutruptrlscopt.qc.c8 ET ÉCONOMISEZ jusqu’à 50% ?ELVIRE JOUVET 40 Brigitte Jaques/ Lorraine Côté .AMAURÔSIS (VOYA8C DANS LE MUSÉE DE REIMS) Marie Dumais > SLAGUE- L'HISTOIRE D’UN MINEUR Mansel Robinson/ Geneviève Pineault > SI TU VEUX £tre mon amie Litsa Boudalika/ Jean-Philippe Joubert » JE VOUDRAIS ME DÉPOSER LA TÊTE Jonathan Harnois/ Claude Poissant * NATURE MORTS DANS UN FOSSÉ Fausto Paravidino / Christian Lapointe >D I X-ANATOMIE D'UN DÉSORDRE Vincent Champoux / Stéphan Allard > LE PALIER Réal Beauchamp et Jean-Guy Cété/ Frédéric Dubois > LE PROBLÈME AVEC MOI Larry Tremblay / Francine Alepin U THCAîRE PÉRISCOPE REÇOIT L'APPUI DU CONSEIL DES ARTS ET DES LETTRES DU QUÉBEC, DE PATRIMOINE CANADIEN ET DE LAVIUE DE QUÉBEC.f 4 LE D E.V 0 I R .LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 SEPTEMBRE 2 0 0 K E 5 CULTURE WAGNER SUITE DE LA PAGE E 4 en 1927 et 1928 des extraits d’opéras dirigés par Karl Muck, Sieg-fried Wagner et Karl Elmendorff.On s’intéressa à Lohengrin en 1936, des extraits dirigés par le directeur artistique de l’époque, Heinz Tietjen à la tête d’une distribution «aryanisée».La diffusion et l’enregistrement reprirent leur cours en 1951.Tele-funken-Decca s’intéressa d’emblée au Parsifal de Knapperts-busch, His Master’s Voice aux Maîtres chanteurs et au Ille acte de la Walkyrie par Karajan, des enregistrements légendaires.Tele-funken-Decca y enregistrera ensuite Joseph Keilberth dans Lohengrin (1953) et Le Vaisseau fantôme (1955).Voilà pour l'intégralité du chiche héritage monophonique «officiel».Au début des années soixante, Philips eut l’idée de constituer son catalogue discographique wagné-rien en allant enregistrer à Bayreuth.C’est ce legs que nous retrouvons dans ce coffret.Les autres éditeurs réaliseront leurs enregistrements en studio, ailleurs.Seules exceptions: quelques enregistrements Deustche Grammophon (Vaisseau fantôme de Bohm, Parsifal çle Boulez).A partir de 1980 les enregistrements vidéo prirent la relève, certains (dont le plus connu: la Tétralogie de Boulez, ainsi que plusieurs opéras dirigés par Barenboim) étant publiés à la fois en CD et sur support visuel (LaserDisc, VHS et, maintenant, DVD).Il y a aujourd’hui davantage de DVD de spectacles de Bayreuth que de disques enregistrés «officiellement» pendant 80 ans! Un contenu optimisé Par rapport au luxueux coffret de CD publié par Philips en 1992, les choses ont changé.en mieux! Le prix d’abord, divisé par dix ou plus.Le contenu ensuite.La Tétralogie de Karl Bôhm, d’abord, remplace celle de Pierre Boulez, plus intéressante en vidéo (pour le spectacle de Patrice Chéreau) qu’en audio (qui documente quelques voix délabrées ou de format insuffisant).On signalera une erreur majeure dans le coffret.Il s’agit bel et bien du Ring complet de 1967, alors que le livret indique que L’Or du Rhin et Siegfried auraient été enregistrés en 1971.C’est impossible puisqu’on 1971 le Ring était dirigé par Horst Stein, avec d’autres chanteurs.Autre changement très positif: le Lohengrin de Peter Schneider en 1990 (bande son d’une vidéo) laisse place, ici, à celui de Wolfgang Sawallisch en 1962, avec Jess Thomas, Anja Silja (extraordinaire), Ramon Vinay, Astrid Varnay et Franz Crass.On notera au passage l’extraordinaire qualité des chœurs, préparés par Wilhelm THE GREAT OPERAS FROM THE BAYfijUTH FESTIVAL • rvrr—vm ¦¦BfSX JUJ!» J.J ÿ mÊÊCZZSEÉSIZWKL'' WÊmSSdSBSXEÜSmÊÊÎ Pitz.Dans l’histoire de Bayreuth, ce spectacle était d’ailleurs l’un des hauts faits de l’époque glorieuse de Wieland Wagner (1917-1966), un génie de la mise en scène, mort, hélas, trop tôt Meilleure affaire encore: troquer le Vaisseau fantôme de Wolde-mar Nelsson Où aussi une bande son d’une vidéo: le fabuleux spectacle du metteur en scène Harry Kupfer) contre celui, tempétueux, brutal presque, de Sawallisch en 1961.Le Tannhauser de 1962 sous la direction du même chef est une référence depuis toujours.Echanger le lent, très correct mais inaccompli Parsifal de Levine en 1985 contre le sublissime Parsifal de Knappertsbusch en 1962 aurait été la touche de génie finale parachevant ces substitutions bienheureuses.Le miracle n’a pas eu lieu: à ce prix, on ne peut sans doute pas tout demander.Par contre, le Tristan et Isolde de Karl Bôhm en 1966, avec Birgit Nilsson et Wolfgang Windgassen, tout comme Der Ring des Niebelun-gen par le même chef l’année suivante — à mes yeux la «première version de l’honnête mélomane» — sont d’absolues références.En achetant le coffret il faudra simplement faire son deuil des Maîtres chanteurs de Nuremberg.La représentation de 1974 dirigée par le Suisse Silvio Varviso n’a jamais rien pesé dans la discographie de l’œuvre, mais il n’y avait pas vraiment d’autre solution, sauf à reporter en CD la bande son du spectacle mené par Horst Stein en 1984, avec Bernd Weikl, Hermann Prey et Siegfried Jerusalem.Ce spectacle est édité en DVD chez Deutsche Grammophon.Chaude recommandation d’ensemble, évidemment! Le Devoir WAGNER The Great Operas.Enregistrements du Festival de Bayreuth en 1961 {Le Vaisseau fantôme), 1962 {Tannhauser, Lohengrin), 1966 {Tristan et Isolde), 1967 {Per Ring desNiebelungen), 1974 {Les Maîtres chanteurs) et 1985 (Parsifal).Direction: Wolfgang Sawallisch, Karl Bohm, Siîvio Varviso et James Levine.Decca 33 CD 478 0279.DANSE Miroirs aux souvenirs Avec Sur les glaces du Labrador, Sarah Chase a tissé des liens insoupçonnés entre les interprètes de Montréal Danse LILI MARIN Avec sa première pièce pour grand ensemble, la chorégraphe d’origine torontoise pousse plus loin son travail de conteuse.Elle intègre une partie purement visuelle à sa narration, comme toujours basée sur des histoires vraies, en l’occurrence celles des sept danseurs de la compagnie montréalaise.«La construction de cette pièce a été fascinante», affirme la conseillère artistique Kathy Casey, qui a pourtant vu beaucoup d’œuvres éclore au fil des ans.Elle n’est donc pas déçue d’avoir fait appel à cette chorégraphe qu’elle suit depuis longtemps et qui a, selon elle, une excellente maîtrise de ses moyens.«Ce qu’elle fait est très de son temps, c’est tellement frais et communicatif», s’exclame-t-elle au terme de douze semaines de création.D’après les extraits vus en répétition, difficile de la contredire.La troupe dégage une énergie rieuse, pétillante, et ses membres paraissent très unis.Sarah Chase a en effet pris le temps de parler avec tous les membres — huit semaines! — pour découvrir leurs histoires familiales et en faire ressortir l’étonnante synchronicité.Alors que certains d’entre eux se côtoient au sein de Montréal Danse depuis près de 15 ans, elle leur a permis d’apprendre à mieux se connaître mutuellement Pour mieux jouer Le titre, Sur les glaces du Labrador, fait référence à l’histoire du grand-père d'un des danseurs, qui a dû traverser un lac gelé pour porter secours aux survivants d’un écrasement d’avion.C’est aussi une métaphore des souvenirs qui nous soutiennent, par-dessus notre passé.Plusieurs anecdotes à teneur médicale composent la trame narrative, si bien que les cos- JACQUES GRENIER LE DEVOIR L’équipe de Sur les glaces du Labrador tûmes, de Pierre Dextrase, tiennent de l’uniforme.Cela ne donne cependant pas un ton grave au spectacle, au contraire.Dans le passage Blood sugar, un délire avec beaucoup de swing sur les variations du taux de glycémie du diabétique du groupe, on dirait que les danseurs ont revêtu des habits d’infirmière et d’aide-soi-gnant pour mieux jouer.Fidèle à son habitude, Sarah Chase joue aussi avec les mots, ceux des chansons choisies par les danseurs.Par exemple, Maryse Carrier s’exprime dans un singulier langage des signes tandis qu’elle chante II venait d’avoir dix-huit ans, le grand succès de Dali-da.Le compositeur Antoine Bédard s’est d’ailleurs inspiré des voix, souvent fort jolies, des interprètes de Montréal Danse pour bâtir l'environnement sonore de Sur les glaces du Labrador.«R y a beaucoup d’effets, dit Kathy Casey, mais quand ils parlent, ils le font dans le silence.» La parole sert en effet à donner une cohérence aux mouvements abstraits.Parce que raconter des histoires ne signifie pas évacuer la recherche chorégraphique.Très intéressée par le fonctionnement des deux hémisphères du cer- Raconter des histoires ne signifie pas évacuer la recherche chorégraphique veau, la lauréate du prestigieux prix Jacqueline-Lemieux, en 2004, divise le corps en trois parties qu’elle fait bouger indépendamment l’une de l'autre.Ainsi, le bras droit effectue un mouvement sur un temps, le bras gauche fait autre chose sur un autre tempo, et les jambes marchent sur un compte différent «Cela fait un mouvement perpétuel très répétitif, mais pas identique», explique Kathy Casey.A ce formalisme kinesthésique s’oppose sa manière d’entrer en relation avec le public, pas du tout théâtralisée.«Comment rester vrai en s’adressant aux spectateurs?Ça prend une grande confiance pour les regarder dans les yeux.Il a fallu se défaire de vieux réflexes pour ne pas embellir sur scène, on a même dû prendre du faux public pour répéter», relate Kathy Casey, qui estime, avis au gouvernement conservateur, que les arts de la scène ne peuvent s’améliorer sans aller à la rencontre du public, un peu partout.L’équipe a exceptionnellement eu du temps de répétition en théâtre, ce qui a permis d’expérimenter davantage de choses sur le plan scénographique que lorsquç tout le travail a lieu en studio.A deux semaines de la première, les bons morceaux (il y avait assez de matériel pour trois heures de spectacle) se sont mis en place.Après Montréal, Sur les glaces du Labrador parcourra le Québec et l’Ouest du Canada, jusqu’au Yukon.Collaboratrice du Devoir SUR LES GLACES DU LABRADOR Chorégraphie de Sarah Chase (conseil de Kathy Casey), avec Dominic Caron, Maryse Carrier, Annik Hamel, Rachel Harris, Benoît Leduc, Manon Levac et Frédéric Marier, à l’Agora de la danse, du 10 au 20 septembre.DANSE Les sans-abri de la Place des Arts Une douzaine de chorégraphes choisis par la 2e porte à gauche se produiront gratuitement sur l’Esplanade et tenteront d’engager le dialogue avec le public SOURCE INTERNATIONAL PORTRAIT GALLERY Richard Wagner (1813-1883) ÈStejS-V LILI MARIN /'A n danse, on en parle, on " Vv change de place.» Et on recommence, pourrait-on ajouter pour bien résumer l’événement The Art (prononcez dehors) II.Les artistes qui y participent présenteront, huit fois par jour, six courts projets chorégraphiques, conçus expressément pour l’extérieur ou qui prennent un sens nouveau en plein air.Puis, ils interpelleront les passants-spectateurs.Car le rapport avec le public est au cœur de la démarche artistique de la 2e porte à gauche, la petite maison de production derrière cette idée, qui en est à sa deuxième mouture.La première, en 2006, avait eu pour théâtre le Square Saint-Louis.«Cela avait été une belle expérience sociale.C’était intéressant de côtoyer toute cette faune de marginaux», se souvient en souriant Frédérick Gravel, cofondateur de l’organisme créé en 2003.Ce ne sera toutefois pas la première fois que la 2e porte à gauche se frottera aux gens qui fréquentent le centre-ville.Sous sa gouverne, une cinquantaine d’artistes l’avaient fait, en février 2005, derrière les vitrines de la Maison Simons, 24 heures sur 24, une se- maine durant.«Nous étions tellement nombreux que personne n’a vu tout ce qui s’est passé», regrette-t-il.Cette fois-ci, après avoir dansé quatre heures non-stop, ils se réuniront à la fin de la journée pour digérer ensemble l’accueil qu’ils auront reçu.Parmi les performances au menu, toutes à saveur contemporaine, le Lancer du nain, qui intègre du breakdance, GravelWorks 1.7, 0GM2 (Organismes génétiquement mouvementés, 2e génération), une élucubration scientifique utilisant l’ADN pour supprimer le chorégraphe, Zone, habitée par un personnage mi-humain mi-insecte, et En el borde, une improvisation structurée qui aborde le détachement des piétons et des conducteurs.Si tout va bien, cette pièce de Talia Leos, une Mexicaine installée à Montréal depuis 2003, sera reprise au Mexique en 2010, pour The Art III.Si tout va bien, parce que The Art II a bien failli ne pas avoir lieu, n’eût été l’aide financière de la Place des Arts et la volonté des artistes.Après avoir essuyé les refus des différents subvention-neurs, la 2e porte à gauche allait tout annuler, ne voulant pas demander une participation bénévole, mais les artistes ont souhaité 514- Blt,t EUS DaiMli Élodie Lombardo Ganas de Uiuir TRACES-CHORÉGRAPHES chorégraphe Élodie Lombardo interprètes Luc Altadill, Susana Barrera di Pierro, Cristôbal Barreto Heredia, Frédéric Gagnon, Jean-François Légaré, Séverine Lombardo, Georgina Navarro Nüfiez, Myriam Tremblay 24 SEPTEMBRE AU 4 OCTOBRE 2008, 20H30 Studio Hydro-Québec du Monument-National 514 871 2224 Société des arts technologiques 514 844 2172 la trace des créateurs Charmaine LeBlanc Quarantaine‘tx* TRACES-HORS-SEHTIERS metteure en scène Charmaine LeBlanc interprètes Marc Bêland, Marc Daigle, Benoît Lachambre et Ken Roy musiciennes Anne-Marie Cassidy et Sylvie Raquette 21 AU 23 OCTOBRE, 20H 24 OCTOBRE 2008,19H ET 22H Naomi Stikeman Eaturn TRACES-INTERPRÈTES IDÉATION ORIGINALE, DIRECTION ARTISTIQUE ET RÉALISATION Naomi Stikeman chorégraphes Peter Chu, Crystal Plie interprètes Naomi Stikeman, Peter Chu comédiennes A l’écran Frédérike Bédard, Janine Sutto, Suzanne Garceau, Françoise Graton, Françoise Lemieux conseiller artistique Robert Lepage 5 AU 15 NOVEMBRE 2008, 20H nttvmna 1345,avenue Lalonde UÏS1NK © 514 521 4493 David Pressault , Corps intérieur TRACES-^CHORÉGRAPHES chorégraphe David Pressault interprètes Angie Cheng, Jean-François Déziel, David Flewelllng, Esther Gaudette, Karina Iraola, Daniel Soulières 21 AU 31 JANVIER 2009, 21H Studio Hydro-Québec du Monument-National 514 871 2224 $ CTS Québec;::: aller de l’avant, tant la réunion de danseurs dans un tel endroit est rare.Ils auront finalement un cachet symbolique.Collaboratrice du Devoir THE ART II Une production de la 2 porte à gauche.Sur l’Esplanade de la Place des Arts, du 12 au 14 septembre, de 15h à 19h Invitation à la Mélomanie Une série de 8 cours d’initiation à la musique classique basée sur l’écoute commentée d’extraits sonores CLAUDIO RICIGNUOLO de l’Orchestre Métropolitain Claudio Ricignuolo est un passionné de musique et un formidable vulgarisateur.» - YVES BEAUCHEM1N ¦ Série classique ¦ Cours à la carte ¦ Certificats-cadeaux (514)385-5015 www.melomanie.com ysss Orchestre Métropolitain du Grand Montrdal Yannick Néait SAgum L’OéCHESmneCHAMftRF.I MUSIC! DE MONTREAL YUUTUROVSKY SAISON 2008-09 25 anniversaire Cantata Criolla d'Antonio E*tév»t The Onu Who Sang With the Devil Grand spectacle d'ouverture Idwer Alvarez, ténor.Franklin de Lima, baryton et la Grand Chœur de Montréal, dir.Martin Daganai* MERCREDI 17 SEPTEMBRE 2008 A 20 H Théâtre Maisonneuve lapiacedeAarti.com L!Aa SHMania/iMewiam A PRESS Renseignements : 514 982-6038 > tmusici.com Cumroandtftith» principal de la saison 200843000 £ Omede-vw 4 E 6 LE DEVOIR LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 SEPTEMBRE 2008 DE VISU Red Room (Child) 1994, de Louise Bourgeois Vous ne les connaissez pas?Pourquoi?nem Ils sont célèbres dans le monde pour leur virtuosité ! 20 ans 10.09.08 Le Nouvel Ensemble Moderne présente son concert d'ouverture le 10 septembre prochain à 20 heures, salle Claude- _ Champagne, U de M.• r'1 ' r,"CI ' anniversaire inclus.1 Ron, H Goehhels.fcréntiqfi), • Chcmey (avec octuor de vn i ne.Iles], G.iqnjnmin Icnem.ca Le Guggenheim à Louise Bourgeois Avec ses quelque 150 œuvres, l’exposition est la plus importante rétrospective du travail de l’artiste à ce jour MARCUS SCHNEIDER LOUISE BOURGEOIS Solomon R Guggenheim Museum 1071,5‘ avenue, New York Jusqu’au 28 septembre MARIE-ÈVE CHARRON La dame, même à 96 ans, n’a pas cessé de créer.Née en 1911 à Paris, émigrée en 1938 à New York où elle vit toujours, Louise Bourgeois est de ces artistes que le temps n’a pas desservis.Avec ses quelque 150 œuvres, l’exposition que lui consacre le Guggenheim à New York, une coproduction du Centre Pompidou à Paris et de la Tate Modern à Londres où elle s’est déjà arrêtée, est la plus importante rétrospective à ce jour du travail de l’artiste.Peintures, œuvres sur papier, sculptures et installations donnent à voir dans l’exposition le parcours prolifique de cette artiste inclassable, qui a été plusieurs fois dans sa vie à l’avant-garde artistique.Une des périodes les plus fécondes de l’artiste se situe dans les années 1990, au moment où elle réalisait une série d’installations, les «cellules».Plus récemment, elle a travaillé avec le textile, la couture et la broderie, des matériaux nouveaux qui rappellent le commerce de restauration de tapisseries de ses parents lorsqu’elle était enfant Un intérêt quasi obsessionnel pour l’araignée occupe aussi l’artiste qui en a tait, au cours des dernières années, le motif de plusieurs de ses sculptures.Le Guggenheim donne droit à un échantillon de ces pièces récentes, mais l’approche rétrospective de l’exposition tend plutôt à balayer l’ensemble du corpus de l’artiste.Un corpus imposant qui se déroule et se déploie au fil de la rampe de la rotonde du Musée.L’architecture en spirale sied d’ailleurs à merveille au travail de Bourgeois, puisqu’elle fait écho à plusieurs œuvres de l’artiste.Le soulignent d’ailleurs deux sculptures suspendues dans le vide central du bâtiment, deux masses tourbillonnant sur elles-mêmes, évoquant, à la fois, l’ascension et la descente, le mol affaissement et l’érection rigide de la matière.C’est cette tension que, précisément, Bourgeois dit dans le travail de l’artiste.Corps meurtris, désirants, fragmentés ou mis en relations, le plus souvent ambigus pour le genre sexuel.Il en est ainsi de pièces majeures, comme Le Regard (1966) et \a Fillette (1968), qui amalgament les organes sexuels ou font convertir un vagin en œil.Les connotations sexuelles y sont d’autant appuyées que les sculptures sont faites de latex donnant lieu à des textures organiques.Avec l’usage Le Guggenheim donne droit à un échantillon des pièces récentes de Bourgeois, mais l’approche rétrospective de l’exposition tend plutôt à balayer l’ensemble du corpus de l’artiste aimer dans la spirale, le contrôle et la liberté qu’elle représente simultanément.Le corps, sans conteste Cette confession de l’artiste, elle est rapportée dans le catalogue de l’exposition qui se présente sous la forme d’un glossaire.L’outil s’avère fort utile et fructueux, aménageant plusieurs portes d’entrée aux œuvres, ne les figeant pas dans une lecture linéaire et chronologique.Il reste que c’est cette logique qui gouverne en général le parcours de l’exposition, faisant apparaître des regroupements d’œuvres au cours du temps marqués par des moyens d’expression et des thèmes communs.Les peintures et les sculptures de jeunesse, des figures totémiques et des piles modulaires, ouvrent ainsi l’exposition avec des œuvres imbriquant architectoniques et référents corporels.Le corps, sans conteste, apparaît comme un thème de fond de ces matériaux dans les années 1960, Bourgeois innovait, la plaçant aux côtés de têtes émergentes comme Eva Hesse.Même avec le marbre et le bronze qu’elle adopte à la fin des années 1960, Bourgeois cultive l’indécision bio-morphique./a«MS Fleuri (1968) et Cumul I (1969) sont de cet ordre, objets suspendus ou posés au sol dont les formes intriguent, provoquant des effets de répulsion ou d’attraction.The Destruction of the Father reprend, cinq ans plus tard, le motif de bulbes présents dans Cumul I, mais introduit pour la première fois le mode de l’installation.L’œuvre de plâtre, de latex, de bois et de tissu campe un théâtre singulier, une caverne sombre qui, comme le précisera l’artiste, est la scène d’un rite cannibale.Que l’artiste ait aussi goûté à la performance semble aller de soi, tant son œuvre fait référence au corps et chérit la matière en processus.Le Guggenheim accorde une place à cet aspect en présentant le document filmé de la performance A Banquet/A Fashion VOIR PAGE E 7: BOURGEOIS , , -r V*1p.Orchestre Métropolitain du Grand Montréal Yannick Nézet-Séguin m J fe"' i % Une presentation rk» Deux voix pour Berlioz Yannick Nézet-Sèguin / chef Marianne Fiset / soprano Julie Boulianne / mezzo-soprano Maurice Ravel / La Valse Hector Berlioz / Les Nuits d’été Sergueï Rachmaninov / Nié poï krasavitsa pri mnié, mélodie Modest Moussorgski / Les Tableaux d’une exposition (orchestration de Maurice Ravel) / \ HIEkmsi&Ydum.1.1 Iftuhll ihm huit I C IftfC IVM*H Le dimanche 28 septembre 2008,16 h Salle Wilfrid-Pelletier Conférence préconcert gratuite à 15h Orchestre Métropolitain du Grand Montréal 814,698.0870 - orohMtrametropoHtaln.com fïV laplacedesarts.com ¦IV 614 842 2112 fcurmizziiî'1 Vous êtes ici S mm smmm ¦ j»: PALAIS M( )NTCALM.ca La musique comme jamais vous ne l entendrez ailleurs.\âk ,l'iu- , Émirntv v «¦PSBF'k; P'1 Mb Æ ^ ify-/;- ,r.¦»” *f»' * -J- T Jusqu’à 33% d’économie en s’abonnant.Réservations : 4 J 8 641.6010 BANQUE NATIONALE GROUPE FINANCIER v*ùt.,>t4à Québec leSoleil Culture.Communn allon* vt Condition ftmimne Québec nn L K DEVOIR.LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 SEPTEMBRE 2 0 0 8 K 7 BOURGEOIS Chaque installation s’offre comme le théâtre d’un drame psychosexuel dont les ferments narratifs sont l’enfance de l’artiste SUITE DE LA PAGE E 6 Show of Body Parts aux côtés de l’installation Confrontation, qui, au moment de son exposition en 1978, accueillait en son centre des volontaires paradant dans des costumes de latex garnis de nombreuses mamelles, ce qui en a fait glousser plus d’un.Ancrage autobiographique Plusieurs enjeux convergent dans la série des «cellules» des années 1990 dont le Musée présente une importante sélection, y compris le Red Room (Child) du Musée d’art contemporain de Montréal, en les plaçant d’une niche à l’autre le long de la rampe.Chaque installation s’offre comme le théâtre d’un drame psychosexuel dont les ferments narratifs sont l’enfance de l’artiste.L’ancrage autobiographique de ces œuvres est plus manifeste, notant ici la trahison du père trompant sa femme, là la maladie de la mère souffrant en silence.«Art is the guaranty of sanity» peut-on justement lire brodé sur un tissu.La fonction thérapeutique de l’art, ce qui motive souvent les œuvres fondées sur une mythologie personnelle, est ouvertement invoquée par l’artiste.L’intensité des affects provoqués par les «cellules» passe par les matériaux et les objets trouvés qui les composent, comme les vieilles porte de bois qui constituent les cloisons, les fioles de verre et les vêtements usés.Les cloisons aménagent des pièges à regard en ne donnant à voir que par une fente ou en surprenant le spectateur grâce aux reflets d’un miroir.Bourgeois laisse entendre avec une efficacité redoutable ce qui est pour elle son roman familial, le roman des origines prisé dans le discours freudien.Les dispositifs visuels évoquent avec éloquence la mécanique des sentiments et dépassent, en somme, le personnage de l’artiste.Il faut y regarder à deux fois, comme dans Red Room (Parents) où il est possible de repérer un petit oreiller blanc qui donne à lire en rouge «Je faime».Le texte brodé en cursive évoque la fragilité du sentiment et, en même temps, la force de son inscription, parfois douloureuse, dans la chair de l’autre.Collaboratrice du Devoir PETER BELLAMY Cell (Choisy) 1990-1993, de Louise Bourgeois Xsl m win il ' plfÉ’lWwr Musée d’art de Joli ette Diane Landry n Les défribillateurs 21 September 2008 - 4 Janvier 2009 ! yC Turner Andnen Norvid 1 fl drail.irion par les tank ville CkiUvriv» Mur à Mur J 21 September 2008 - 4 Janvier 2009 21 September 2008 - 3 mai 2009 Automne MuatE D’ART DI JOUITTt IdS, kip Wilfrid-Corbeil Juliet»** (Qui'hw.) CANADA 4*o;se>-03ii www.rn us»*«|ot lettv\ ortj Du mart li au dinwtuho, 12 h A 17 h f I I f I Dans l’ombre de l’oppresseur -'¦Ah'v GALERIE LEONARD ET BINA ELLEN Une scène de la vidéo I, Soldier, de Kôken Ergun SIGNALS IN THE DARK: LA PRATIQUE ARTISTIQUE À L’OMBRE DE LA GUERRE Galerie Leonard & Bina Ellen Université Concordia, 1400, boulevard de Maisonneuve Ouest, jusqu’au 11 octobre.JÉRÔME DELGADO Nous vivrions actuellement une guerre perpétuelle.Celle de la terreur et de l’oppression.Des idéologies s’y affrontent, pas tant avec des coups de canon qu’avec des bombes médiatiques.A l'ère de l’image, la principale arme demeure la caméra, les principaux alliés, les médias (électroniques, surtout).Qu’une exposition intitulée Signais in the Dark: la pratique artistique à l’ombre de la guerre soit portée par autant d’images en mouvement n’étonne pas.Depuis le 11-Septembre, nous sommes bombardés de scènes d’horreur, de déclarations de terreur.D faut croire que la création artistique, tout comme peuvent l’être les activités quotidiennes de chacun, en sort marquée.Mais l’exposition qui ouvre la saison de la galerie Leonard & Bina Ellen dépasse ce cadre.Et montre l’absurdité de cette guerre d’image, et de toutes les autres.De quelle (s) guerre (s) parle-t-on?Vit-on vraiment les années les plus noires découlant du terrorisme?L’exposition, montée par Séa-mus Kealy et mise en circulation par une autre galerie universitaire (la Blackwood Gallery de Toronto), repose sur ces interrogations.Bon, le commissaire ne l’exprime pas ainsi, préférant parler, dans son texte de présentation, de «guerre planétaire, de sa représentation et de son idéation».Il n’en demeure pas moins évident, avec sa vaste sélection d’artistes (seize, plus une autre dizaine formant deux programmes film et vidéo), qu’il tend à rappeler que la terreur et la souffrance liées à l’oppression politique ne sont pas nées en 2001.Images récupérées Certaines œuvres de Signals in the Dark précèdent d’ailleurs cette année tournante, pour beaucoup, question sécurité, tel que Dial HICS-T-OR-Y, de Johan Grimonprez, collage filmique présenté sous forme d’installation, de 1997.L’artiste belge y va d’un commentaire cinglant sur le spectacle de l’horreur.Notez que ses images, repiquées de multiples sources (du reportage télé au film de science-fiction), remontent aux années 1960 et 1970, époque (démodée?) de détournements d’avions.L’Armée rouge japonaise, ça vous dit quelque chose?Dans cette exposition très postmoderniste, les images récupérées à gauche et à droite ne manquent pas.A l’instar de Grimonprez, plusieurs artistes se servent de la médiatisation de la peur pour construire leur propos.Ils sont si nombreux à mêler les genres et à puiser dans des documents, souvent tournés par d’autres, que le ton devient redondant.Et le rythme, essoufflant, la durée dépassant souvent l’heure.L’idée de dénoncer la représentation médiatique des idéologies peut pourtant s’exprimer de manière plus simple — et plus courte.Title Withhheld (Rock), un collage image-son de 1992 signé Kendell Geers, artiste sud-africain, dit en deux minutes toute la violence de nos sodé-tés.Et même plus: cette scène, difficile à supporter (un homme est sauvagement battu), s’appuie sur une voix off traduisant les propos d’un René Magritte au sujet de notre trop grande sensibilité devant une simple représentation.«Votre exposition, écrit l’artiste au commissaire, a besoin d’une œuvre qui parle réellement de la guerre [.] plutôt que de quelque chose que vous expérimentez bien calé dans votre divan en faisant défiler les canaux sur votre téléviseur à écran plasma.» L’écran n’est pas un dénominateur commun à l’exposition.Il y a même une œuvre exempte de tout support visuel —A Short History of Conscription in Canada d’Annie MacDonell, qui repose sur la lecture de textes célèbres des Mackenzie King et Henri Bourassa.Au bout, plasma ou non, ce sont les propositions les plus sobres qui se démarquent L’Albanais Anri Sala exprime la peur des bombardements de Belgrade par leur seule évocation bruitiste.L’Irakien Abdel-Karim Khalil, avec un marbre qui détonne du reste, représente un prisonnier cagoulé.Au-delà de cette illustration de l’occupation américaine de Bagdad, on peut lire la difficulté pour un artiste, et pour l’art, de s’exprimer en temps de guerre.Notons, enfin, la présence d’œuvres plus complexes, tout aussi percutantes.Du collectif parisien Bureau d’études, Kealy expose deux de ses célèbres schémas illustrant les réseaux liant pouvoirs politique, militaire et financier et dont la cible demeure les Bush et compagnie.D’Orner Fast, on a droit à A Tank Translated et à ses quatre écrans.Comme à son habitude, l’artiste natif de Jérusalem joue sur la lisibilité du propos, altérant la traduction des dialogues.Cette habile confusion, qui vient appuyer le sujet abordé (comment les militaires perçoivent-ils leur expérience?), est d'autant plus ambiguë qu’elle est accompagnée (involontairement?) de la trame sonore d’œuvres voisines, The Flag et I, Soldier, deux vidéos du Turc Ko-ken Ergun qui remettent en question la pertinence du cérémonial militaire.Guerre d’images, guerre de mots.«Vous êtes sortis du territoire américain», clame la fausse pancarte routière de Ron Terada.L'énoncé est plus cru qu’il en a l’air le panneau, affiché près de la frontière Detroit-Windsor, a choqué et a été retiré.Les commerçants craignaient que cette ironie envers les obsessions de territoire se traduise par moins de visiteurs des Etats-Unis.Il ne faut surtout pas vexer l’ogre.Armée de femmes au MAC La Triennale québécoise, l’exposition estivale du Musée d’art contemporain, se tennine demain dimanche avec toute une fanfare: une performance des Women With Kitchen Appliances, les WWKA pour les intimes.Ce collectif entièrement féminin, qui s’amuse avec les clichés, particulièrement la tenue de travail (de cuisine) des années 1950, fera ainsi sa première véritable apparition au musée — les œuvres que lè groupe expose depuis mai ont unf teneur plus documentaire.Place donc à la perfonnance, chose plutôt nue dans un musée.L’occasion est donc belle pour faire les choses en grand.Les WWKA ne serorff pas six ou sept comme de coutume, mais 25! Vingt-cinq femmes qui manifestent avec leur batterie de cuisine (des appareils électriques surtout), ça fera certainement du bruit A14 h 30.La rupture selon Sophie Galle, bis La fondation DHC du Vieux-Montréal ne se satisfait pas d’une seule œuvre de Sophie Calle — l’imposante installation-expo Prenez soin de vous, en cours jusqu’à la mi-octobre.En voici une deuxième, cette fois sous forme de cinéma.Coréalisée par l'artiste française (avec Grégory Shephard), Double-Blind (No Sex Last Night), une «multiprojection vidéographique», en fait, poursuit l’histoire de rupture au cœur de Prenez soin de vous.Il s’agif cette fois d’un road-movie aux Etats-Unis, au volant d’une vieille Cadillac.Tour à tour, les ex (Calle et Shephard, donc) se filment, s’expriment, donnant à l’ensemble une série de champs-contrechamps et deux visions fort distinctes de la même réalité.Double-Blind est présentée quatre fois, mardi.Représentations à compter de 15h, réservations au tammy@dhc-art.org.Collaborateur du Devoir LES COURS ET LES ATELIERS AU MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE MONTRÉAL Cet automne, prenez un peu de temps pour vous et inscrivez-vous à l’un de nos ateliers créatifs ou à l’un de nos cours.De nouveau cette année, la musique devient une partie intégrante des activités culturelles ! AU PROGRAMME CET AUTOMNE CO ce O O CO ce LU LA MUSIQUE RACONTÉE : J.-S.BACH, MUSICA DONUMDEI COURS PROMENADE : INTRODUCTION À L’ART EUROPÉEN À TRAVERS LES COLLECTIONS DU MUSÉE LES JOIES DE LA COULEUR DESSIN DE MODÈLE VIVANT ÉVEILLEZ VOTRE CRÉATIVITÉ INTRODUCTION À LA GRAVURE SUR BOIS PAPIER CRÉATIF NOUVELLES TECHNIQUES DE LA PEINTURE ACRYLIQUE DESSINER LES FLEURS ET LES PLANTES DESSIN DE PORTRAITS DESCRIPTION DES COURS ET inscription www.mbam.qc.ca/adulte MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE MONTRÉAL / y y i y YVES SAINT LAURENT 29 MAI - 28 SEPTEMBRE 2008 Première rétrospective couvrant les quarante ans de création de ta maison de Haute Couture Yves Saint Laurent.Une scénographie digne des plus prestigieux défilés de mode.L'exposition la plus glamour de l'été 1 Ouvert aussi les mercredis, jeudis et vendredis soirs jusqu'à 21 h.Gratuit pour les entants de 12 ans et moins* ’Accompagnes île louis paconls Nrai applicable aux çjioupos.Ml SI T DliS lîl’AUX-AItTS Dit MONTKI’AI.l’nvillim Mirhnl cl Hcimln llortistcln www.mbftitrqr.en l/l Renseignements 5U ?Bb 201X1 MHïïafraüra'ItiJ'lLlMta 1 s LE DEVOIR, LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 SEPTEMBRE 2008 E 8 CULTURE DVD Un Gabin méconnu FRANÇOIS LÉVESQUE Comme beaucoup de films noirs, Moontide appartient simultanément à plusieurs genres, mais ne peut se réclamer d’aucun.Cette petite merveille tombée dans l’oubli — on s’explique mal pourquoi — refait surface dans la collection Fox Film Noir, à qui l’on doit, par exemple, la réédition de Laura.Plus modeste mais tout aussi inclassable, même au sein d’un genre aussi accommodant que le film noir, Moontide est de la même trempe que le classique de Preminger.Jean Gabin, dans une rare incursion américaine, y tient la vedette, et sa présence au générique ne fait qu’ajouter à l’aura singulière d’un fÛm fascinant Dans une intrigue mince (on serait presque tenté de dire accessoi- re), Gabin interprète Bobo, un viveur français qui écume les ports et enchaîne les boulots au même rythme qu’il descend les verres de whisky.Flanqué de son ami Tiny (Thomas Mitchell, Gone with the Wind), qui le sort souvent du pétrin, Bobo mène une existence frugale mais libre.Entre en scène une jeune femme désespérée (Ida Lupine, They Live by Night), et voilà Bobo peut-être prêt à se caser.Pendant ce temps, un meurtrier se tapit dans l’ombre du port.Moontide, on l’apprend dans le fort intéressant documentaire figurant dans les suppléments du DVD, a connu une production chaotique et deux réalisateurs: Archie Mayo, un «faiseux» compétent qui a terminé le film, et Fritz Lang (Metropolis, M, The Woman in the Window), dont la touche est CINÉMA AGENCE FRANCE-PRESSE L’acteur Jean Gabin (1904-1976) perceptible dans certains plans particulièrement réussis.Au final, le film ne souffre pas vraiment de cette situation qui, du reste, était alors relativement fréquente.Ce qui étonne surtout, quand on connaît le zèle des censeurs de l’époque (on est en plein code Hayes), c’est le sous-texte gai pour le moins manifeste.Moontide présente, sans le dire, un triangle amoureux classique dont le troisième parti est Tiny, l’étrange ami de Bobo.Le fait qu’ait survécu au montage la scène de la serviette entre Tiny et Nutsy (Claude Rains, Notorious), laisse pantois.La manière qu’a Bobo de toujours trouver une excuse pour quitter Anna quand arrive le moment de consommer leur amour paraît souvent forcée, ce qui ajoute, paradoxalement, à l’intérêt du film.Vu sous cet angle, Moontide constitue un bel exemple de jeu de dupes face à une censure bigote avec, en prime, profusion de dialogues à double sens.A la fin du deuxième acte (le film en compte trois, très nets), Anna demande même à Bobo «Qui est Tiny?Qui est-il pour toi?Les mots et la situation opèrent à deux niveaux: Gabin et Lupi-no jouent finement cette double intention.La vedette de Pépé le Moko et la «tough gai» du film noir partagent en outre une chimie improbable mais indiscutable.Il offre un jeu robuste, à des lieues de l’image du Français sophistiqué popularisée par Maurice Chevalier; elle compose un personnage très touchant avec, pour ainsi dire, à peu près rien.Leurs silhouettes sombres évoluent dans un décor maritime très «studio» que n’aurait pas dédaigné Carné.Une production minimaliste, un brin théâtrale, qui charrie dans son sillage brumeux un charme poétique certain de plaire aux cinéphiles curieux.D’excellente tenue, cette édition propose le film en version originale anglaise (sous-titres français disponibles) dans un transfert étonnamment propre.Outre le documentaire, un commentaire audio de Foster Hirsch (The Dark Side of the Screen: Film Noir) est offert.Le tout, à prix dérisoire.Collaborateur du Devoir 30 ANS DE CULTURE A nilÊRFt-»—**—*"* » m -nAilW .I.N*» SORTIE DU NUMER0100 VILLE DE QUÉBEC1978-2008 arts visuels / architecture / urbanisme / écriture m EN KIOSQUE DÈS LE 5 SEPTEMBRE 2008 ».www.inter-lelieu.org DOSSIER Genèse de l'art actuel à Québec Quelques éléments pour en comprendre l'origine Jean-Claude St-Hilaire 30 ans d'art vivant à Québec Dialogue entre toi et moi Lisanne Nadeau et Guy Sioui Durand 30 ans d'urbanisme à Québec Une ville marquée par un traumatisme qui n'est pas celui qu'on pense Marc Boutin 30 ans d'architecture à Québec Remonter le temps Réjean Lemoine et Olivier Vallerand Une brève histoire de la poésie vivante André Marceau HISTOIRE DES ORGANISMES CULTURELS DE QUÉBEC —~ La chambre blanche / L'ilôt Fleurie / La Bande Vidéo / Engramme Musée national des beaux-arts du Québec / Folie/Culture / Avatar VU / Le Lieu, centre en art actuel / Les Productions Recto-Verso / L’Œil de Poisson 146 pages (nm Tout en couleur Bilingue 345, rue du Pont, Québec (Québec) G1K 6M4 T 418.529.9680 | F 418.529.6933 infos@inter-lelieu.org | www.inter-lelieu.org 1.1 fevuo /merest soutenue financièrement p.u le ( onscii des Ails du ( -in.iiU le Conseil des -tris et des lettres du Québec et la Ville de Québec ~ tMc \ / m JACQUES GRENIER LE DEVOIR Eisa Zylberstein et le réalisateur Philippe Claudel étaient à Montréal cette semaine pour la sortie prochaine du film II y a longtemps que je t’aime.Les âmes emprisonnées Entretien avec le réalisateur Philippe Claudel et l’actrice Eisa Zylberstein pour le film II y a longtemps que je t’aime ANDRE LAVOIE L> expression homme-orchestre 1 prend tout son sens lorsqu’il s’agit de décrire Philippe Claudel.Non seulement est-il scénariste et maintenant cinéaste, mais aussi un romancier à succès (Le Rapport de Brodeck, La Petite Fille de Monsieur Link), «jeune» dramaturge (bientôt une première pièce créée à Paris), en plus de pratiquer la musique et la peinture, deux arts qu’il affinne frès mal maîtriser, mais qui lui sont tout de même essentiels.Certains de ses tableaux sont d’ailleurs accrochés aux murs de la belle maison de province du personnage incarné par Eisa Zylberstein dans R y a longtemps que je t’aime, son premier long métrage de fiction mettant également en vedette une Kristin Scott Thomas stupéfiante et bouleversante.«Il y a des toiles que j’ai peintes et qui sont dans le film.Personne ne le sait, je ne le dis jamais, et je me demande biên pourquoi je vous le dis.» C’est sans doute parce que le cadre formel de notre entretien cette semaine à Montréal a vite pris un ton plus familier, parfois celui de la confidence (au sujet de notre passé commun de catholiques bien élevés) ou de la ciné-philie (sur les mérites et les errances de Nanni Moretti).Accompagné d’Eisa Zylberstein dans une tournée promotionnelle qui ne s’essouffle pas depuis la sortie du film en France en mars dernier (cumulant plus d’un million d’entrées), un Prix du public au Festival de Berlin et un véritable rayonnement international, dont en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, Philippe Claudel assume toujours son côté touche-à-tout «J’essaie de trouver le bon instrument pour dire ce que fai à dire: c’est parfais un roman, parfais un scénario, parfois une pièce de théâtre.» Et de passer de la plume à la caméra ne semblait pas l’angoisser.«Je n’avais pas trop d’appréhensions parce que j’étais dans le milieu depuis quelques années.Et voir travailler Yves Angelo [le cinéaste a tourné deux de ses scénarios: Sur le bout des doigts et Les Âmes grises], ça m’a inspiré, ça m’a nourri.» Vers la lumière Le réalisateur reconnaît aussi '»'¦ ' "m la médiation du conflit/ mediating conflict marie-christiane mathieu Caroline seek langill daniel garda andûjar commissaire invitée : Sylvie lacertc Dimanche 7 septembre, 14 heures Visite commentée de Sylvie Lacerte.Samedi 13 septembre, 14 heures Présentation de Caroline S.Langill (en anglais) sur son installation act three et Firce, en présence de la commissaire.Jeudi 18 septembre, 19 heures Visite commentée de Sylvie Lacerte.Samedi 27 septembre, 14 heures Présentation/atelier de Marie-Christiane Mathieu sur son oeuvre interactive Parssite.dans le cadre des Journées de la culture.Maison de ta culture du Plateau-Mont-Royal 28 août :::: 28 septembre 2008 465, Hçenué du M-nt-Pova! Est-, Moiltrédl - 3»4-8/2-2268 Ou mardi au jeudi :
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