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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2008-09-13, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE II SEP T E M B R E 2 I) O H CINÉMA Rumba: une joyeuse macédoine belge! Page E 7 DE VISU Wurm et son art du déséquilibre à la galerie de l’UQAM Page E 9 Annonciation-zaraüana Randrianantenaina et Céline Galli î L’événement Transatlantique investit les mes et les salles de plusieurs quartiers de Montréal pour rendre la danse plus accessible LILI MARIN Itinérante et décentralisée, la manifestation qui avait ses pénates dans Hochelaga-Maisonneu-ve au cours des trois dernières années essaime, en 2008, dans le Quartier latin, sur le Plateau Mont-Royal et dans Rosemont-Petite-Pa-trie.Quatre fois plus grosse qu’à ses débuts, en 2001, elle ajoute à ses activités un volet cinématographique, comprenant des films de danse récents, de même que des classiques du genre.«On va vers les gens, plutôt de que tout ramener au centre-ville», explique le directeur général et artistique de Transatlantique, Rafik Sabbagh.Il insiste d’ailleurs pour appeler son événement une manifestation, et non un festival, pour bien marquer sa connotation citoyenne, engagée.Pour lui, il est important que les arts aillent vers les gens, de toutes les classes sociales.C’est ainsi que des danseurs se produiront sur les trottoirs, d’abord, le 23 septembre, face à la maison de la culture Maisonneuve, rue Ontario, puis, du 24 au 27, en face de la Cinérobothèque de l'ONF, rue Saint-Denis.Nouveaux territoires de diffusion «L’interprète n’est pas là pour obstruer le chemin ni pour s’imposer dans un lieu», dit la danseuse Milan Gervais, dont le nom revient souvent dans le programme de Transatlantique.«Il s’agit plutôt d’y prati- quer des brèches afin que les gens qui y passent tous les jours puissent le redécouvrir.» L’idée derrière ce projet de Human Playground (un nouveau joueur dans le milieu de la danse, ressemblant à la 21 porte à gauche, mais à vocation entrepreneuriale) est de mettre en valeur la poésie de la rue afin de défricher de nouveaux territoires de diffusion.D’ailleurs, dans l’optique de développer des publics pour la danse, tous les spectacles (14 différents) sont gratuits ou à bas prix.Ils sont assortis d’une rencontre avec les artistes dans le but de démystifier leur travail.Avant de voir La Femme au bord de la crise de mère, d’Howard Richard, Marti-rio, d’Edgar Zendejas, Pop! Bang!, d’Aly-son Wishnowsky, et Duet for One, d’Andrew Turner, le public aura droit à une présentation des chorégraphes par Fabienne Cabado, journaliste à l’hebdomadaire Voir.Elle animera ensuite une discussion avec eux.Cela se passe à la Maison de la culture Maisonneuve, en formule cabaret Bien que certains des artistes sélectionnés par Rafik Sabbagh soient encore peu connus du grand public, ils ont tous la capacité de toucher les néophytes, croit-il.Il doit riser juste, car Transatlantique peut se targuer d’avoir vu son nombre de spectateurs pratiquement doubler d’année en année.Transatlantique prend possession de rilsine C avec les Imprudanses, qui font un Café in situ.Il faut aussi reconnaître les vertus des partenariats et du décloisonnement.Avec le festival Orgue et couleurs, Transatlantique coproduit un spectacle du Jeune Ballet du Québec à l’église Saint-Nom-de-Jésus, rue Adam.Deux créations sont au programme.La première, du chorégraphe Frédéric Ta-vernini, est sur du Bach, tandis que la seconde, d’Hélène Blackburn, se situe dans un tout autre registre, avec de la musique de Steve Reich remixée.Sur pointes, Expérience Blackburn (pour Françoise), explore le rapport entre la douleur" et le bonheur.Programme double également au MAI (Montréal, arts interculturels), avec deux chorégraphes singulières: Meena Muru-gesan et Chanti Wadge.La première arrive avec Aval (qui signifie elle, en tamil), et la deuxième avec One Hundred Retur-nings, où la danse se fait rituel.Enfin, à la salle Jean-Eudes de la Maison de la culture Rosemont-Petite-Pahie, le couple formé par la chorégraphe Suzanne Miller et le compositeur Allan Pai-rio propose Dancing with Skeletons.Impros et Imprudanse Nouveauté cette minée, Transatlantique prend possession de l'Usine C avec les Imprudanses, qui font un Café in situ.La ligue d’improrisation-mouvement, qui a participé au volet jeunesse du Festival des arts de Saint-Sauveur cet été, tiendra un match au milieu des tables du café.Fortement inspiré de la LNI, le concept comprend un DJ et un juge, et fait appel au public pour l’évaluation des joueurs.«C’est punché, et ça peut s’adresser à des gens qui ne connaissent même pas la danse», estime Milan Gervais, qui fait partie du comité organisateur de cette Imprudanse et de celle qui se tiendra sur la scène extérieure de la TOHU.Le nouveau volet cinématographique, qui se déroule au cinéma ONF, s’étale sur quatre soirs.S’il ne comprend pas de primeur, il recèle néanmoins des documents que l’on a peu l’occasion de voir sur grand écran, comme les trois films sur Angelin Preîjocaj, chorégraphe français, ou Paso Doble, l’enregistrement de la rencontre entre le plasiticien Miquel Barcelo et le chorégraphe Josef Nadj au Festival d’Avignon en 2006.Le directeur général et artistique de Transatlantique a aussi eu la brillante idée de ressortir le fabuleux Pas de deux (1968) de Norman McLiren, avec Vincent Warren.L’ancienne étoile des Grands Ballets canadiens, aujourd’hui historien de la danse à la retraite, participera à une rencontre après la projection.Collaboratrice du Devoir TRANSATLANTIQUE Dans différents lieux de Montréal, du 20 septembre au 4 octobre PHILIPPE SAMEDI À la semaine prochaine, nouvelle émission d humour animée par Philippe Laguë avec Pierre Verville, Pierre Lebeau, Michèle Deslauriers et Jacques Bertrand.Réalisation: Sylvie Oignard Radio Canada.ca/ alasemainaprochaina PREMIERE CHAINE 1 V I) E VOIR S A M E D S EPTEMBRE CULTURE THÉÂTRE Des signaux à travers le temps Deux productions mises en scène par Frédéric Dubois, de Québec, prennent l’affiche en même temps, à Montréal MICHEL BÊLAI R Ly an dernier, le Théâtre des i Fonds de tiroirs (TFT) décidait de célébrer son dixième anniversaire en reprenant son premier succès, un doublé Ionesco: La Cantatrice chauve et Im Leçon.Frédéric Dubois, l’âme du TFT, tenait absolument à une «version actualisée» de la production.Il parle de «retour aux sources» et de «repositionnement», autant pour la compagnie que pour chacun de ses membres.De sa volonté aussi de rendre cette «parole plus libre, plus ouverte, plus près de nous».Le Devoir avait salué la réussite de l’entreprise et félicité Dubois pour son audace.Mais voilà que tout le monde pourra bientôt se faire sa propre opinion là-dessus, puisque ce spectacle acclamé par la presse et par le public de la Vieille Capitale prend l’affiche du Théâtre Denise-Pelletier, la semaine prochaine, avant de partir à la conquête du Québec tout entier.Si la première incursion des Fonds de tiroirs dans l’univers LOUISE LEBLANC Le metteur en scène Frédéric Dubois d’Ionesco pouvait s’expliquer par un parti pris esthétique aux allures de geste de revendication, dix ans plus tard, tout le monde était «rendu ailleurs», comme le raconte le metteur en scène.En guise de ré- flexion préalable, Dubois a donc choisi de lancer cette fois-ci son équipe sur la piste de l'angoisse et de la solitude qui caractérisent la plupart de nos sociétés contemporaines.Tous les comédiens ont planché là-dessus en relisant le texte d’Ionesco; les discussions furent intenses avant même que l’on ne se mette à répéter.Mais pourquoi Ionesco?Surtout que La Cantatrice.n’est plus jeune, elle a même eu 50 ans ce printemps.C’est un monument, même un vieux monument; à preuve, le Théâtre de la Huchette à Paris a traversé les années 1980-90 et présente toujours le spectacle sans ralentir depuis 1957 — un record absolu pour une production théâtrale.Au bout du fil, Frédéric Dubois se fait volubile soulignant d’abord que, selon lui, Ionesco n'a jamais été aussi «contemporain».«Les textes d’Ionesco vieillissent tellement bien qu’ils semblent rajeunir.Cette espèce d’incommunicabilité de fond entre les personnages, ces gens qui ne se parlent pas vraiment, qui ne le font que par l’entremise de clichés, de formules toutes faites et de mm 'mm'mrrn,." fpülî m ® ' LE ET ROGER LA RUE ASSARD ASSISIMKX À U Mtt EN SCENE GENEVIÈVE LAGACÉ ifccoR *! ACttSSOIRa GENEVIÈVE LIZOTTE IDMIFRFS CRIC CHAMPOUX fnvirowffmfm SOMME MICHEL SMITH MUMLAtES ANGELO UNE PRODUCTION ESPACE GO L’ABONNEMENT LE PLUS FLEXIBLE EN VILLE! CHOIX DE 9 SPECTACLES PPPil PRÉSENTE OH LES BEAUX JOURS CEUX QUE L’ON PORTE LE BRUIT ET LA FUREUR DE SAMUEL BECKETT MISE EN SCÈNE D'ANDRÉ BRASSARD CET ENFANT CIE LOUIS BROUILLARD (FRANCE) TEXTE ET MISE EN SCÈNE DE JOËL POMMERAT PRÉSENTE D’ANDREW DAINOFF DE WILLIAM FAULKNER MISE EN SCÈNE DE VINCENT-GUILLAUME OTIS MISE EN SCÈNE DE LUCE PELLETIER PRÉSENTE LA COMPLAINTE DE DULCINEE DE DULCINÉE LANGFELDER MISE EN SCÈNE D'ALICE RONFARD LE COMPLEXE DETHÉNARDIER DE JOSÉ PLIYA MISE EN SCÈNE DE DENIS MARLEAU J PRÉSENTE LA GRANDE MACHINERIE LES PIEDS DES ANGES DU MONDE TEXTE ET MISE EN SCÈNE DE PATRICE DUBOIS D'EVELYNE DE LA CHENELIÈRE MISE EN SCÈNE D'ALICE RONFARD WWW.ESPACEGO.COM MYCOLOGIE TEXTE ET MISE EN SCÈNE DE STÉPHANE CRÈTE 4890, BOULEVARD SAINT-LAURENT, MONTRÉAL (QUÉBEC) H2T 1RS espace go 514 845-4890 admission 514 790-1245 Québec nî PARTENAIRE DE SAISON 7$ transat Monelle Guertin, Jonathan Gagnon, Christian Michaud, Catherine Larochelle, Arriola et Ansie St-Martin dans La Cantatrice chauve, d’Ionesco LOUISE LEBLANC Sylvio-Manuel lieux communs, tout cela est aujourd’hui encore plus vrai qu’il y a dix ans lorsque nous nous sommes rapprochés de lui.A l’époque, ce qui m’intéressait c’était la déconstruction du langage qui menait à la déconstruction des rapports entre les gens.Mais il faut avouer qu’aujourd’hui cette thématique est encore plus pertinente qu’elle ne l’était alors.» Dubois raconte que, pour lui, les deux pièces de la production, autant La Cantatrice chauve que La Leçon sont des textes immenses, «majeurs, universels».Que le regard incisif d’Ionesco y atteint un paroxysme inégalé.Il faut avouer avec le jeune metteur en scène que l’œuvre d’Ionesco semble prendre un sens de plus en plus concret avec les années.On disait de lui que c’était d’abord un «visionnaire» alors que l’on en est à soutenir qu’il observe notre réalité quotidienne avec une acuité et une justesse dévastatrices.Il y a plus de 50 ans, Ionesco a imaginé un monde dans lequel des gens peuvent s’entretenir pendant toute une soirée sans se parler vraiment, celui de La Cantatrice chauve.Et voilà que nous y sommes.Il y a un peu moins de 50 ans, dans La Leçon, il a aussi mis en scène un univers fondé sur la violence et le pouvoir annihila-teur des mots; et voilà que nous passons notre temps à fixer des images, tous ensemble, chacun bien assis de son côté, sans nous parler.Comme si on pouvait lire là, des signaux à travers le temps.Ionesco notre contemporain, oui.Non?De rigueur et de rencontres Mais l'on s’emporte.Dans des moments comme ceux-là, on recommande de revenir au concret bien solide, et j’ai demandé à Frédéric Dubois comment il s’y était pris pour nous raconter tout cela.«D’abord, par la rigueur dans le travail.C’est un peu notre réputation au TFT, et j’ai voulu creuser cela encore davantage en travaillant beaucoup la technique des acteurs.Pour les amener à travailler leur côté virtuose.Comme le texte est “ouvert”, autant pour le public que pour les créateurs du spectacle, cela laisse beaucoup de place à l’acteur.Il y a aussi que c’est stimulant parce que nous sommes tous dans le début de la trentaine maintenant, que nous ne sommes évidemment pas tout à fait les mêmes et que nous avons plus de moyens, plus de métier pour faire sentir, par exemple, le ridicule insupportable qui s’installe dans le salon des Smith.Ou le dérèglement progressif qui s’installe dans La Leçon, cette espèce d’enflure démesurée qui prend possession de la scène.» C’est d’autant plus réjouissant que le spectacle s’adresse de façon plus spécifique au public étudiant du Théâtre Denise-Pelletier.Comme l’avaient remarqué certains commentateurs à la création, les textes d’Ionesco et le traitement que leur réserve Frédéric Dubois et ses Fonds de tiroirs rejoignent directement le côté frondeur, dénonciateur et baveux des ados.Une dénonciation peut en cacher une autre comme on disait peut-être déjà dans la Roumanie où Ionesco vécut tout jeune.Mais ce n’est pas tout; c’est bien beau Ionesco, mais il n’y a pas que ça.Frédéric Dubois signe aussi la mise en scène d’une autre production qui prend, elle, l’affiche de La Licorne: Le Palier, de Jean-Guy Côté, une production du Théâtre Tandem, mise en scène par Dubois en 2006 qui s’est vu la même année attribuer le Masque de la Production région.Soulignons tout de suite que le Tandem est une compagnie basée à Rouyn, en Abitibi, mais que Dubois ne pratique pas l’ubiquité pour autant puisqu’il a travaillé la pièce à Québec avec les deux comédiens installés eux aussi dans la Capitale.«C’est l’histoire d’une véritable rencontre, raconte le metteur en scène.Une rencontre autant avec un texte puissant et des comédiens remarquables qu’avec deux personnages absolument bouleversants; une femme d’âge mûr et un très jeune homme, son voisin de palier.Rien ne porte ces deux-là à se rencontrer vraiment, mais ils vont en venir à développer une amitié proprement lumineuse qui saura en inspirer plusieurs.» Ce thème, celui de la rencontre entre deux personnes appartenant à des générations différentes, semble avoir marqué Dubois puisque, presque en même temps, il a mis en scène D’Alaska, un texte de Sébastien Harrison (avec Louisette Dussault et Christian E.Roy) produit par le Théâtre Bluff que l’on pourra voir ou revoir un peu partout cette année en tournée au Québec.Rappelons qu’ici ce sont Marie-Ginette Guay et Lucien Ratio qui défendront dès mardi, avenue Papineau, le très beau texte de Côté.Le Devoir LA CANTATRICE CHAUVE ET LA LEÇON Textes d’Ionesco mis en scène par Frédéric Dubois.Une production du TFT présentée par le Théâtre Denise-Pelletier dans la salle du Centre Rerre-Péladeau à compter du 18 septembre puis partout au Québec.514 253-8974 LE PAUER Texte de Jean-Guy Côté mis en scène par Frédéric Dubois.Une production du Théâtre Tandem présentée à La Licorne dès le 16 septembre.514 523-2246 Je suis en guerre (contre/pour/avec) ï ‘Écrivez votre manifeste et faites-le parvenir au Théâtre français du CNA 53, rue Elgin, Ottawa Kl P 5W1 f DU 24 AU 27 SEPTEMBRE À 20 H AU STUDIO DU CENTRE NATIONAL DES ARTS Spectacle-lecture dirigé et mis en scène par GARY BOUDREAULT Avec MARTINE BEAULNE, VINCENT BILODEAU, GARY BOUDREAULT, EMMANUELLE JIMENEZ, ALEXIS MARTIN et les musiciens MICHEL F.CÔTÉ et BERNARD FALAISE Et des invités spéciaux différents tous les soirs, porteurs d'un manifeste d’aujourd'hui : Mercredi 24 septembre WAJDI MOUAWAD Jeudi 25 septembre HELÈNE PEDNEAULT Vendredi 26 septembre HERMÉNÉGILDE CHIASSON Samedi 27 septembre JACQUES PROULX Une production du THÉÂTRE FRANÇAIS DU CENTRE NATIONAL DES ARTS THÉÂTRE FRANÇAIS WWW.NAC-CNA.CA WAJDI MOUAWAD DIRECTION ARTISTIQUE BUZZENDIRECT.CA BILLETTERIE DU CNA hH» umMI lotit m TARIFS DEGROUPE 113-041 /mou tjçketmaster 013-755-1111 1 LE DEVOIR, LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 1 J SEPTEMBRE 2 O O S K :i CULTURE LLll-Ll I Tl rTT i I ri i LJLLlldJ JACQUES GRENIER LE DEVOIR On a l’habitude de présenter le réalisateur comme un chef d’orchestre.Jocelyn Barnabé semble plutôt se voir comme un compositeur.MÉDIAS Profession : réalisateur PAUL CAUCHON Depuis 20 ans, il réalise des émissions de musique, de variétés et de culture.En septembre 2007, il a suivi Kent Nagano courir de l’extérieur à l’intérieur de la Place des Arts à l’aide de 18 caméras, dans le remarquable concert inaugural de l’OSM, Symphonicité.Trois mois plus tard, il récidivait avec un projet encore plus osé, 2007 en rappel, une revue de l’actualité scandée par les sonori- L’Académie canadienne du cinéma et de la télévision lui accorde ce prix spécial parce que Jocelyn Barnabé «s’est surpassé dans la réalisation remarquable de Symphonicité et de 2007 en rappel tés de l’Orchestre Métropolitain du Grand Montréal, un mélange audacieux de nouvelles télévisées et de musique classique.Il sera aux commandes du Gala de l’ADISQ début novembre, comme il a été aux commandes de sept autres galas de l’ADISQ et de sept galas des prix Jutra.Depuis 20 ans, ses réalisations ne se comptent plus: Pierre Lapointe: La forêt des mal-aimés, Le Violon rouge avec l’OSM, Corteo du Cirque du Soleil, le magazine Scènes de la vie culturelle, et ainsi de suite.Mais demain, Jocelyn Barnabé montera sur scène lui-même pour recevoir le prix Jean-Besré décerné dans le cadre des prix Gémeaux (son prix lui sera remis lors du gala d’après-midi diffusé sur Canoe.tv).Une certaine vision de la télévision On a l’habitude de présenter le réalisateur comme un chef d’orchestre.Jocelyn Barnabé semble plutôt se voir comme un compositeur.«La notion de chef d’orchestre, ce n’est pas ce qui m’attirait en soi, explique-t-il.C’est certain que ça prend quelqu’un qui décide à un moment donné.Mais quand j’ai commencé à travailler comme réalisateur, ce qui m’intéressait, c’était une certaine vision de la télévision, c’était le désir d’essayer des idées audacieuses».Il y a 20 ans, ses premières réalisations témoignent déjà de ce désir de nouveauté.Par exemple une émission avec La la la Human Steps «avec des caméras robotisées, ce qui n’avait jamais été fait», ou un documentaire sur Glenn Gloud «avec une image éclatée, ce qui a donné lieu ensuite à Vie d’artiste, en poussant encore plus loin l’imagerie de l'écran éclaté, où l’on rentre dans la profondeur de l’image».Jocelyn Barnabé était musicien avant d’être réalisateur.Il avait son propre groupe de rock progressif et de jazz-rock, pour lequel il composait et jouait de la guitare électrique.Comme réalisateur, il a trouvé ses inspirations chez quelques réalisateurs plus âgés qui lui ont servi de guide, chez quelques grands cinéastes qui l’ont marqué comme Stanley Kubrick et l’Orson Welles de Citizen Kane {«un film que j’ai vu environ 45 fois!»), mais son influence première demeure la musique.«C’est la musique qui m’a amené à ce travail, et c’est la musique qui m’a toujours conduit».Lorsqu’il réalise une émission musicale, explique-t-il, «il faut créer une forme qui a sa propre rythmique, son propre mouvement, mais qui est en symbiose avec la forme musicale».Il lit lui-même la musique, ce qui n’est pas le cas de tous les réalisateurs, ce qui lui permet de préparer minutieusement chaque plan d’un concert à filmer.Pour ce qui est des émissions de variétés, «il faut être capable d’improviser, en voyant 12 moniteurs en même temps», et c’est souvent «l’instinct et l’expérience», dit-il, qui permettront au réalisateur de réagir au quart de seconde, d’aller chercher dans un événement en direct la réaction marquante d’un participant Très intéressé par la technologie, il tente de m’expliquer un concept fou qu’il a vu récemment au grand salon de l’électronique de Las Vegas, le projet d’un immense dôme constitué de cellules qui pourraient filmer sous tous les angles partout en même temps, sous le contrôle d’un ordinateur.«Le rêve ultime de filmer partout, l’ubiquité» s'exclame-t-il.Mais, ajoute-t-il, même si la technologie l’a aidé depuis 20 ans à faire son métier, «ça prend du contenu, du sens», sinon la technologie ne mène nulle part Les 18 caméras de Symphonicité étaient impressionnantes, mais elles étaient d’abord au service de la musique.Et l’Académie canadienne du cinéma et de la télévision lui accorde ce prix spécial Masque production « Région » en 2006 Le Palier de Réal Beauchamp > et Jean-Guy Côté ¦ ^ avec Marie-Ginette Guay (Continental, un film sans fusil) - Nomination Hfe » « interprète féminine », Soirée des Masque 2006 B et Lucien Ratio Nomination « Révélation », Soirée des Masque 2006 Mise en scène : Frédéric Dubois assisté de Simon Lemoine Décor : Yasmina Giguère Costumes : Paco Bureau Éclairages : Lyne Rioux Bande sonore : Jonathan Monderie-Larouche 16 septembre au 4 octobre (mardi et mercredi à 19 h, jeudi au samedi à 20 h) tticÂtic b ¦ En codiffusion avec V > HééhééébéüMMM Conseil des arts — { 4559, PAPINEAU-MONTRÉAL-QC ^ V www.theatrelalicorne.com w VU) 514.523.2246 RÉSEAU ADMISSION LA LICORNE 514.790.1245 ou 1.800.361.4595 parce que Jocelyn Barnabé «s’est surpassé dans la réalisation remarquable de Symphonicité et de 2007 en rappel, écrit l’académie.Dans la captation de l’œuvre musicale, sa grande sensibilité à la musique lui permet de suivre le mouvement des cors, des violons et de l’ensemble de l’orchestre au moment voulu.Les images collent littéralement à la musique».Jocelyn Barnabé, comme tout le monde, en est encore à comprendre l’impact de la haute définition, «qui change la façon de cadrer.Et en HD on voit tous les détails.Les plans d’ensemble comportent tellement d’informations qu’ils peuvent être très puissants».Mais son vrai rêve, son rêve secret, c’est de faire évoluer l’orchestre symphonique, «un outil magnifique, mais qui évolue moin$ qu’avant pour générer de nouvelles œuvres».Il voudrait donc créer un orchestre électrosymphonique, «avec beaucoup de synthétiseurs, où tous les instruments à vent seraient MIDI, les cordes accompagnées de microphones et traitées par la suite, avec la profusion de nouvelles percussions qui existent maintenant», pour créer de nouvelles œuvres.Rêve impossible?«J’en parle depuis un an, j’en ai parlé à des gens comme René Dupéré et Michel Cusson, l’idée commence à faire son chemin, je veux réunir des gens capables d’écrire pour un tel orchestre.» On a hâte de voir la suite.Le Devoir MUSIQUE Angela Desveaux, versant rock GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ C* était début juillet, en plein Festival de jazz.On attendait Joseph Arthur au Club Soda, une froide en main pour passer le temps de la première partie.Mais une heure et une dizaine de chansons d’Angela Desveaux plus tard, la bière restait pratiquement intacte: pas facile de tirer une gorgée la bouche bée.C’est à peu de chose près l’impression que Desveaux nous fit ce soir-là, en ouverture de l'artiste multidisciplinaire américain.Cette voix unique — qui vibre aux mêmes ondes émotives que Lucinda Williams — n’avait pas poussé trois notes sur fond de grosses guitares acoustiques que l’on se demandait pourquoi, au contraire de nombreux fans, on n’avait pas vu passer son premier album paru en 2006, non plus qu’un de ses nombreux spectacles montréalais ou étrangers (elle tourne aux Etats-Unis et en Europe, ou avec Bruce Cockbum).Alors, amende honorable: on se reprend avec ce deuxième disque lancé cette semaine, qui permet de rattraper pleinement le temps perdu et de refaire à rebours le parcours musical d’Angela Desveaux, 31 ans, née à Montréal d’une famil-Ip acadienne, élevée en Nouvelle-Ecosse, puis revenue dans la métropole depuis une vingtaine d’années.Cheveux blonds, yeux bleus, sourire lumineux.Et surtout: fan finie d’une musique country-folk-roots que sa voix douce, puissante et mélancolique sert à merveille.Une forme de signature D’où la surprise de découvrir ce Mighty Ship (à la fois le titre de l’album, le nom de son groupe et une solide ballade inspirée d’un vieux folkore américain), qui est probablement le projet le moins country qu’Angela Desveaux a pu faire jusqu’ici (on mentionne d'ailleurs qu’elle fait aussi partie des Yonder Hill, un groupe de bluegrass).Ainsi, si Wandering Eyes indiquait une filiation directe avec Lucinda Williams et que ses spectacles acoustiques nous ramenaient au terreau de Gillian Welch, le petit dernier s’affiche quelque part au rayon rock-pop, avec une assise rythmique soutenue autour de laquelle les arrangements se font plus riches.S’en dégage au final un album moins sombre, plus énergique (quelques cuivres y contribuent), porté par une écriture qu’on l’on sent plus mature.La production menée par Dave Draves met aussi bien en évidence la chaleur de la voix de Desveaux, qui propose ici le projet d’une artiste en douce évolution.«Le son plus rock de l’album, je le dois beaucoup à mon groupe, indique Desveaux dans un français teinté d’Acadie.Mes musiciens ont une expérience moins country que moi.Sur Wandering Eyes, j’avais beaucoup travaillé de mon côté, en développant mes propres idées à partir d’un son assez traditionnel.CAROLYN DESUETS Angela Desveaux a lancé son deuxième album cette semaine.Tandis qu’on a fait cet album collectivement.Ça fait un bout de temps qu’on tourne ensemble, on a fait beaucoup de spectacles, et je me sens bien avec ces gars.C’était donc naturel de travailler ensemble et qu’ils contribuent davantage au son général de l'album.C’est plus diversifié comme approche, et ça convient davantage à ce que je suis maintenant», expliquait-elle mercredi, au lendemain d’un lancement qui s’est terminé fard au lion d’Or.D n’en demeure pas moins que la manière Desveaux reste mâtinée de toutes ces bonnes choses propres à la folk-country.L’auteure-composi-trice-interprète précise d’ailleurs que le country est trop profondément ancré en elle pour quelle puisse en sortir complètement.«Je me vois bien faire un album gospel, un autre très roots, j’ai envie d’essayer plusieurs choses, dit-elle.Mais ma culture musicale, c’est vraiment le country fen écoute depuis que je suis toute petite.Mes parents adoraient cette musique», dit-elle en rappelant qu’à Chéticamp — région du Cap-Breton d’où vient sa famille —, pratiquement tout le inonde sait jouer d’un instrument de musique.C'est, pour ainsi dire, génétique.Et elle aussi adorait ces rythmes de l’Amérique (George Jones en tête) qui berçait les soirées familiales.«Même quand j’écoutais du rock, c'était pour retrouver des influences roots, country ou folk, ajoute Desveaux Ça a toujours dirigé mes goûts en musique.Et j’ai appris à chanter de cette manière aussi: je pense d’ailleurs que ma voix reste folk peu importe ce que je fais.» C’est, pour ainsi dire encore, une forme de signature Desveaux.Sous contrat avec l’étiquette de Chicago Thrill Jockey, Angela Desveaux reprendra sous peu la route avec ce nouvel album.Un premier arrêt est prévu à Montréal, le 14 octobre, au Divan Orange.Te Devoir ANGELA DESVEAUX & THE MIGHTY SHIP Sonic Unyon - Thrill Jockey timmÊSÊm .Ills* du 23 septembre au 11 octobre 2008 CAUSERIES ET PROJECTIONS D'ŒUVRES OU RÉPERTOIRE UN REST0 BARIFmmprnfr 5 PERF0RMANCES- «S RENCI .gTl Josephina compagnie Chaliwato (France) e.une foulee .l'aaires a, uÊne billetterie 514.521.4191 134S,me Fullum .Fmmenv www.mimeomnibus.qc.ca www oqiKeiihii: et des lettres „ Québec Eî S ffiÿ Cnmeil (let Arti CAOAdA COundl do Cnrutd» foi the Art! Québec nn MontrOnl® E 4 E DEVOIR, LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 SEPTEMBRE 20 0 8 Cantidia Terra splendeurs des polyphonies corses CULTURE La nuit aux 1000 oreilles hommage à Sappho 40e Festival international de la chanson de Granby S’éprouver dans la durée Le doyen des concours de chansons a quarante ans, anniversaire digne de mention et de célébration.La fête a déjà commencé, dans les rues et les salles de spectacles de Granby, et se poursuivra jusqu’à la finale du 20 septembre.Fête d’autant plus festive que le festival a survécu à une 39e édition plus que difficile.SYLVAIN CORMIER La valse des chiffres ne valse pas en vain.Car ces chiffres-là ne font pas que danser, ils parlent, «they speak volumes» comme on dirait en anglais, sauf qu’on ne le dirait pas au Festival international de la chanson de Granby, vu que c’est de chanson d’expression francophone qu’il s’agit, et ce, depuis quarante ans.Dame! Quarante ans! Rien que ce chiffre-là fait son effet En voilà d’autres, un tas d’autres: les lauréats, finalistes et demi-finalistes du festival ont signé 227 albums, qui se sont disséminés à 5 200 000 exemplaires au Québec (bonjour les Jean Leloup, Pierre Lapointe, laïc de laro chelÉère, France D’Amour et autres Kaïn) et 5 400 000 en France (merci à Isabelle Boulay et à Lynda Lemay).Ces mêmes artistes ont vu leur travail récompensé par une ribambelle de prix: 49 fois le Félix au gala de l’ADISQ sur 175 nominations, et moult trophées nommés Jufra, Victoire, Juno, etc.Faites le total: Granby a été et demeure le tremplin des tremplins pour la chanson d’auteur.Et si les chiffres ne vous disent rien, l’album-souvenir fournit des noms, incroyable polka de pas-nimportequi, effarante quantité d’artistes en devenir qui le sont devenus, artistes.Ici un Dédé Fortin, une Luce Dufault, une Carmen Campagne, une Nancy Dumais demi-finalistes, là une Marie-jo Thé-rio, une Térez Montcalm, un Damien Robitaille finalistes, et des lauréats en voulez-vous en vTà: Leclerc-Le-loup, Lemay, Lapointe, Larochellière, Boulay bien sûr, mais aussi Fabienne Thibeault (en 1974, eh!), MarieDc-nise Pelletier, Dumas, Alexandre Déâlets.Pour ne nommer que ceux-là.Extraordinaire moyenne au bâton.Tous les deux ans maximum, le chic Palace de Granby voit passer sur sa scène quelqu’un qui comptera De quoi se dire: sacrée compétence dans la sélection des inscrits, jurys éclairés, lignée de directeurs maintenant le bon cap, renouvellement constant des forces vives.De quoi être fier, quoi.De quoi être vigilant, aussi.L’an dernier, il faut le rappeler, c’était moins bien, Granby.Faible donne chez les finalistes, animation de finale indigente (niaises Moquettes Coquettes), personne n’était content Qui plus est, l’entrée en fonction d’un nouveau directeur venu d'ailleurs, après les stables années de l’ère François Tétreault inquiétait Protectionnistes, les vétérans de Granby — dont votre serviteur — voyaient arriver avec appréhension Pierre Fortier, ancien critique de chanson passé de l’autre côté du métier, dont les passages à Coup de cœur francophone et RadioCanada n’avaient pas suscité que de bons échos.La personnalité plutôt tapageuse du gaillard, très copain-copain d’office avec tout le monde, n’arrangeait rien: Fortier était partout, semblait vouloir tout changer.Péril en la demeure?Je l’ai craint Je l’ai écrit Un an plus tard, poussière retombée, célébration du 40" anniversaire bien enclenchée, programmation plus qu’enthousiasmante alliant retrouvailles, relève et forte délégation internationale, on se calme.Et on demande à lierre Fortier comment il a vécu son baptême du feu.«J’ai trouvé ça dur, évidemment.Je voulais voir comment ça marchait, donc je me mêlais un peu de tout, oui, je me disais que si je n’étais pas là à chaque étape et qu’il y avait des emmerdes, ce serait de ma Jaute.Je me sentais très responsable.Et très surveillé.» C’est humain, comprend-on: Fortier en a trop fait Cocktail dînatoire à la mairie, ré-seautage exacerbé, le Tout-Montréal invité, ça tapait l’œil et ça tapait sur les nerfs des habitués.Branle-bas inhérent à toute succession?«Je lui avais dit au moment de la passation des pouvoirs, se souvient François Tétreault de s’asseoir dessus la première année, de se contenter d’observer.Mais ce n'est pas sa nature.Cest un gars d’action.» Action il y eut donc.Et réactions.«Ça va avec le territoire, relativise Fortier aujourdhui.Tapprends.Tu t’ajustes Tessaies de prendre le temps de bien faire les choses.» La pause anniversaire Le temps, quand on débarque dans un festival qui a quatre décennies d’existence, est un facteur inéluctable: il y a ce passé dont on ne peut faire table rase, même si on est tout excité à l’idée d’aller de l’avant L’édition anniversaire, en cela, tombe bien pour Fortier et pour la communauté de la chanson qui gravite autour de Granby: ça permet une sorte de temps d’arrêt Ça rappelle les bons coups, ça rassure quant à la suite.«Ça m’a permis moi-même de me plonger dans l’histoire du festival, avoue Fortier sans gêne.J’ai été étonné par ce que j’ai trouvé.Tous ces chiffres vraiment impressionnants.Tous ces artistes.Je ne pensais pas que le festival avait eu autant d’impact sur l’aspect recherche et développement de l’industrie du disque.» Constat pétri d’humilité, qui inscrit les changements souhaités par Fortier dans une grande lignée de changements déjà survenus, heureux et moins heureux.«Le festival est d'abord une épreuve de réalité.Les gars et les filles qui s’inscrivent au concours n’imaginent pas à quel point le marché de la musique est difficile d’accès, surtout maintenant.Alors, on les éclaire un peu, on leur donne des outils.» Mots d’ordre de Fortier former, préparer, aguerrir.Et augmenter la visibilité.Visibilité?On ne verra que Granby jusqu’au 20 septembre.Aujourd’hui demain, dimanche, et de jeudi à samedi la semaine prochaine, le festival se fera voir et entendre dans les rues de la ville, afin de «récompenser les gens de la région pour leur fidélité».Jeudi 18 septembre, on reconduira sous un chapiteau dans le stationnement du Palace la meilleure idée apportée l’an dernier par Fortier, le spectacle Bêtes de scène, où divers artistes se frottent à des «chansons embarrassantes» (variante du concept de «plaisir coupable» cher à l’animatrice Monique Giroux).Vendredi 19 septembre, clou de l’affaire, sous le même chapiteau, on réunira une bonne trentaine d’anciens du festival, de Joe Bocan à Damien Robitaille.On ne chômera pas non plus en salle: ce dimanche, belle idée concoctée à Astaffort par Fortier avec Francis Ca-brel, on verra et entendra le résultat d’une semaine une «résidence internationale», où artistes d’ici et de là-bas proposeront des chansons créées en collégialité pour l’occasion, dont Cabrel lui-même.Visible, Granby le sera jusque dans les foyers: une Musicographie racontant les 40 ans de l’événement sera diffusée ce dimanche à 21h.«Il était temps que ça se fasse», commente Fortier.Le temps, toujours le temps! Et le concours dans tout ça?La donne est prometteuse, nous dit-on.On ira vérifier.Le Devoir nfinie maîtrise de l'écriture phiqued'Émard [.]donne èce fluide, visuellement et ment hypnotique, envoûtante, e.[, .] les cinq interprètes, raiment la pièce avec force, n et magnétisme.L 1 ivait rester que cinq humains, nt des femmes, belles, es, complices, obstinément Ine vision forte qui nous habite mgtemps après qu'on ait quitté e spectacle, méditatifs, imbibés LSKA, LA PRESSE Telles des naïades de temps, les danseuses d dessinent le dernier voir trilogie de Sylvain Éman La Climatologie des coq Glissant dans un univers évoquant tantôt d'ancien marins, tantôt un abri an elles s'ébattent dans une extraordinaire tandis que une onde sourde.» uu MARIN, LE DEVOIR 11 SEPTEMBRE 2008 ^ Une splendide unité d'in de lumière, de son et de c Émard nous épate une fois ROLF S0SB0OM, P2C, ZEELAI PAYS-BAS, 28 AOÛT 2008 Une présentation de > Sylvain Émard Danse En coproduction avec > Station Zuid (Pays-Bas) Grand Théâtre de Lorient (France) Usine C (Canada) Interprètes > Karissa Barry Sarah Murphy Erika-Leigh Stirton Catherine Viau Megan Walbaum Collaborateurs > Michel F.Côté Ginelle Chagnon Effe Richard Lacroix Etienne Boucher François Saint-Aubin Angelo Barsetti Catherine Desjardins-Jolin Simon Cloutier 9>11>12>13>17>18>19 + 20 septembre 2008, 20h USINE O BILLETTERIE 514 521-4493 1345, avenue Lalonde (entre de la Visitation et Panel, EU Beaudry) usine-c.com H 4m tottr— iNruPM'es Catherine Vlau Megan Walbaum pmoto Angelo Barsetti Québec "îî SOURCE MUSIQUE PLUS JACQUES GRENIER LE DEVOIR Dédé Fortin Dumas .V JACQUES GRENIER LE DEVOIR JACQUES GRENIER LE DEVOIR Jean Leloup Pierre Lapointe wsm .¦ f ei DU 9 SEPTEMBRE AU 4 OCTOBRE 2008 lil AU THÉÂTRE D’AUJOURD’HUI 3900, RUE SAINT-DENIS, MONTRÉAL H2W 2M2 LES 25 REPRÉSENTATIONS À MONTRÉAL SONT COMPLÈTES.SEULS sm AU THÉÂTRE FRANÇAIS DU CENTRE NATIONAL DES ARTS À OTTAWA DU 14 AU 18 OCTOBRE 2008 À 19 H 30 RÉSERVATIONS : 613-755-1111 WWW.NAC-CNA.CA TEXTE, MISE EN SCÈNE ET JEU MOUAWA CRÉATION AU CARRÉ DE L’HYPOTÉNUSE, COMPAGNIE DE CRÉATION - PRODUCTION DÉLÉGUÉE : ESPACE MALRAUX SCÈNE NATIONALE DE CHAMBÉRY ET DE LA SAVOIE.EN COPRODUCTION AVEC II "ThUI + LE GRAND T, SCÈNE CONVENTIONNÉE LOIRE-ATLANTIQUE, + LE THÉÂTRE 71, SCÈNE NATIONALE DE MALAK0FF, + LA COMÉDIE DE CLERMONT-FERRAND, SCÈNE NATIONALE ET LE THÉÂTRE NATIONAL DE TOULOUSE MIDI-PYRÉNÉES £ O £«£ -t.rar- nsr PARTENAIRES OC SAISON LE DEVOIR E3H V i LE DEVOIR.LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 SEPTEMBRE 2 O O K CULTURE saison 08-09 .- ¦ \ - Constantinople J 1 i Salle Pierre Mercure 987.6919 / Il Admission790 1245 ^ppcTx- .' AbOnneZ-VOUS .wwwconstantinople ca Musique classique Molière et la musique Les Boréades, l’ensemble de musique baroque dirigé par Francis Colpron, entament, mercredi, leur saison 2008-09 par un projet astucieux: l’harmonie entre musique et théâtre à travers des musiques écrites pour les pièces de Molière.CHRISTOPHE HUSS Le concert Molière en musique, avec la participation des comédiens Sophie Faucher et Cari Béchard, sera composé entièrement d’œuvres de l’époque de Molière, c’est-à-dire de Lully, pour Le Bourgeois gentilhomme et de Charpentier pour Le Malade imaginaire.Toutes les grandes pièces de Molière n’ont hélas pas eu la chaqce de se voir naître des musiques dans leur périmètre.Ainsi Tartuffe ou Le Misanthrope en sont dépourvues.Francis Colpron a choisi des extraits de la Messe pour les instruments au lieu des orgues de Charpentier pour encadrer les extraits théâtraux de Tartuffe et la Sonate L’Astrée de Couperin pour habiller musicalement Le Misanthrope.Un genre nouveau En s’arrêtant aux pièces les plus emblématiques de Molière, on risque de passer outre un enseignement important: la création par le tandem Molière-Lully d’une discipline artistique nouvelle, la comédie-ballet La naissance de ce genre dramatique, musical et chorégraphique peut être datée de 1661, avec Les Fâcheux, même si la majeure partie de la musique y est de Beauchamp.Lully écrivit une danse (une courante) pour Les Fâcheux.Molière lui fit dans son texte, des appels du pied pour développer à la fois le genre et cette collaboration {«Nous avons pour les airs de grandes sympathies, Et je veux le prier d’y faire des parties.») Lully entendra cet appel en 1664 pour Le Mariage forcé.Ce travail sur la comédie-ballet aboutit en 1670 à un véritable chef-d’œuvre: Le Bourgeois gentilhomme.Parmi la dizaine d’œuvres conçues entre Les Fâcheux et cette collaboration presque ultime, on citera LAmour médecin (1665) et George Dandin (1668).A cette époque encore, Molière et Lully étaient complices à la ville comme à la scène: dans Le Bourgeois gentilhomme, l’auteur incarnait Monsieur Jourdain pendant que le compositeur endossait les habits du Grand Mufti.Les rapports entre Molière et Lully se dégradèrent au tournant des années 1670, non sans un dernier revirement artistique: Psyché, que Pierre Corneille versifia pour Molière et dont Lully composa la musique, un travail de groupe dans lequel s’insère aussi — pour les vers chantés — Philippe Quinault, qui sera par la suite le dramaturge des tragédies lyriques de Lully.Psyché est une «tragicomédie-ballet» créée en janvier 1671, par soixante-dix danseurs et trois cents mu- siciens, avec moult machineries et des costumes d’apparat.Janvier 1671, c’est deux mois avant la création du premier opéra français, Pomone de Richard Cam-bert, qui inaugura l’Académie Royale de Musique en mars 1671.Psyché constitue, autant que Pomone, l’acte de naissance de l’opéra français.D’ailleurs lorsque, en 1678, Lully transforma Psyché en «vrai» opéra (en tragédie lyrique), il ne lui fallut que trois semaines de travail avec son librettiste Thomas Corneille.Molière était alors mort depuis cinq ans.Mais il avait vu ce possible développement dès l’origine, comme en témoigne la préface des Fâcheux: «Et pour ne point rompre le fil de la pièce par ces manières d’intermèdes, on s’avisa de les coudre au sujet du mieux que l’on put, et de ne faire qu’me seule chose du Ballet et de la Comédie.C’est un mélange qui est nouveau pour nos théâtres [.] il peut servir d’idée à d’autres choses qui pourraient être méditées avec plus de loisir.» Dans les deux dernières années de sa vie, après sa brouille avec Lully (notamment parce que Molière avait eu la pennission de présenter dans son théâtre des musiciens et des danseurs, ce qui lui permettait de jouer Psyché et des comédies-ballets sans payer Lully), Molière travailla avec Marc-Antoine Charpentier.Leur principal projet commun fut Le Malade imaginaire.Explorations Ce répertoire fait l’objet depuis quelques années d’explorations continues.Le prologue et les intermèdes du Malade imaginaire ont été enregistrés en première mondiale en 1988 par Marc Minkowski pour Erato.Il a été suivi par William Christie chez Harmonia Mundi, actuellement le seul enregistrement disponible.Le Bourgeois gentilhomme a fait l’objet d’une totale relecture en 2004 par le musicien Vincent Dumestre et le dramaturge Benjamin Lazar, qui en ont reconstitué la version originale et intégrale de 1670.Ce travail titanesque (sur le plan du théâtre, de l’élocution, comme de la musique) a été documenté avec bonheur dans un DVD publié par l’étiquette Alpha, rendant justice à l’ambition de Dumestre et Lazar: «restituer l’ambiance de fête scénique débridée propre à la comédie-ballet, où [.] te arts dialoguent autour d’une rhétorique commune, et où [.] en un jeu de miroirs éloquents les gestes d’un comédien, d’un danseur ou d’un chanteur semblent se répondre».Deux nouveautés viennent apporter de l’eau fraîche au moulin.D’abord avec la musique, inédite jusqu’ici, de Joseph Martin Kraus, contemporain de Mozart pour YAmphytrion de Molière, ce qui révèle à ma connaissance la seule musique associée à cette pièce, même si ladite musique a été écrite plus d’un siècle après la création de l’œuvre théâtrale.C’est Werner Ehrhardt, grand spécialiste de Kraus qui dirige cette première mondiale parue il y a deux semaines chez Phoenix Edition (disfr.Naxos).Un mois auparavant arrivait chez CPO une intégrale de Psyché de Lully (la tragédie lyrique de 1678) CHARPENTIER MOLIÈRE Le malade imaginaire î POULÊNARD J PO-OMAN G.LAURENS G RAGON M VERSCHA6VE B DEIETRE J.L HINDI J P FOUCHECÜUR LES MUSICIENS DU LOUVRE MARC MINKOWSKI -Jl billets en vente, PfDÈS MAINTENANT.-L-, sana {ÿcora * T - ' yjSmSl&F* • Wn envoûtement aux accents portugais VENDREDI 26 SEPTEMBRE * 20 H SALLE WILFRID PELLETIER, Pince des Arts Bell itnnni ^ K ®K1„ P I* ©laplacedesarts.com 514 842 2112 / 42 2 l?HÔTEL OFFICIEI 514 «T1-1881 IMCn 18B8 515-0515 'll'-J» T Mi^JI nv.nlfonl “ i-v/li si Urxll ç SOURCE LES BOREADES L’ensemble de musique baroque Les Boréades dans une admirable interprétation menée par Paul O’Dette et Stephen Stubbs, enregistrée à l’occasion du Festival de musique ancienne de Boston et rassemblant notamment quatre admirables chanteurs canadiens: Karina Gauvin, Colin Balzer, Mireille Lebel et Olivier Laquerre.Le sujet n’est pas épuisé, et l’animateur des Boréades, Francis Colpron lui-même, caresse l’idée de développer dans les prochaines années ses propre^ explorations du concept «musique et théâtre».A suivre, donc.Le Devoir MOLIÈRE EN MUSIQUE ET EN CONCERT Textes de Molière dits par Sophie Faucher et Cari Béchard.Musiques de Lully, Couperin et Charpentier interprétés par lœs Boréades.A la Chapelle Notre-üame-de-Bon-Secours, mercredi 17 septembre à 20h.Réservations:11514 634-1244; www.boreades.com.MOLIERE EN MUSIQUE ET AU CONCERT ¦ Le Bourgeois gentilhomme.Vincent Dumestre.DVD Alpha ¦ Le Malade imaginaire.William Christie.CD Harmonia Mundi.¦ Lully: Les comédies-ballets (extraits).Minkowski.CD Warner Apex.¦ Amphytrion de Joseph Martin Kraus.Nouveauté CD Phoenix (disfr.Naxos) ¦ Lully: Psyché.Paul O’Dette et Stephen Stubbs.Nouveauté CD CPO (disfr.Naxos) Orchestre Métropolitain du Grand Montréal Yannick Nézet-Séguin Deux voix pour Berlioz Yannick Nézet-Séguin / chef Marianne Flset / soprano Julie Boulianne / mezzo-soprano Maurice Ravel / La Valse Hector Berlioz / Les Nuits d’été Sergueï Rachmaninov / Nié poï krasavitsa pri mnié.mélodie Modest Moussorgski / Les Tableaux d'une exposition (orchestration de Maurice Ravel) V ^ v I Une présentation do i«2ïï&u Ht Ernst hYounc I.i (/.tnt tout ce ifut nou< Ùùiam ~qS«ss ü â.ÏSS“ LE DEVOIR SW* *'«?•" ® Le dimanche 28 septembre 2008,16 h Salle Wilfrid-Pelletier Conférence préconcert gratuite à 15h Orchestre Métropolitain du Grand Montréal 514.598.0870 - orchestremetropolltain.com ©laplacedesarts.com 514 842 2112/1 u (12 2112 LE DEVOIR, LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 SEPTEMBRE 2 0 08 E (i COLTURE CINÉMA Retour à la vie IL Y A LONGTEMPS QUE JE T’AIME Réalisation et scénario: Hiilippe Claudel Avec Kristin Scott Thomas, Eisa Zylberstein, Serge Hazanavicius, Laurent Grevill, Frédéric Pierrot, Use Ségur.Image: Jérôme Alméras.Montage: Virginie Bruant Musique: Jean-Louis Aubert France-Allemagne, 2008,115 min.MARTIN BILODEAU Philippe Claudel, écrivain respecté, était déjà l’auteur des scénarios de Sur le bout des doigts et Les Âmes grises (ce dernier tiré de son propre roman), pour le compte d'Yves Angelo (Le Colonel Chabert).Paradoxalement son premier long métrage en solitaire est plus heureux sur le plan de la mise en scène que sur celui du scénario.Le titre, qui a dans le passé coiffé un très beau film de Claude Goret-ta, fait référence à la chanson À la claire fontaine.Claudel veut nous reporter dans l’imaginaire de l’en- SOURCE MONGREL MEDIAS Kristin Scott Thomas dans II y a longtemps que je t’aime fance, creuset de son histoire racontant les retrouvailles gênées de Juliette (Kristin Scott Thomas), qui vient de passer quinze années en prison pour un crime au mystère très entretenu, et sa sœur Léa (Eisa Zylberstein), institutrice de province qui l’accueille chez elle, sous le regard désapprobateur de son mari (Serge Hazanavicius) et très intrigué de sa mignonne fillette, qui ignorait jusque-là l’existence de cette parente.Le crime commis autrefois par Juliette est grave, et Claudel l’ensevelit sous des tonnes de silences et de non-dits, comprimant le ressort de façon à donner de la puissance à sa révélation finale, sur le pourquoi et le comment du crime fie quand et le qui nous étant donnés en amont).Parallèlement c’est le retour à la vie d’une âme morte, ou d’une âme grise, que le scénario documente avec une certaine élégance, malgré les rouages à vue.Le cinéaste fait apparaître au deuxième rang une galerie de beaux personnages, aux contours bien définis.L’un après l’autre, ils questionnent Juliette, obtenant ici un fragment de réponse, provoquant là un repli stratégique, pour nous conduire irrévocablement vers une finale émouvante sur le coup, quoiqu’un peu téléphonée, qui justifie parfaitement la douleur de Juliette, moins bien son comportement La musique de Jean-Louis Aubert tapisse avec finesse cette histoire universelle de solidarité fraternelle, que Claudel met en scène avec un indéniable sens du cinéma.Ses plans sont travaillés, ses climats bien sculptés, on sent le mouvement et la pulsion de la vie émerger de l’ensemble.Kristin Scott Thomas trouve par ailleurs dans son film l’un de ses plus beaux rôles depuis longtemps, celui d’une femme fragile et brisée sous sa carapace en béton.Elle est le négatif de Zylberstein, solide de l’intérieur, vulnérable à l’extérieur, véritable éclaireuse de cette visite d’une mine sombre et basse.Collaborateur du Devoir Invitation à la Mélomanie y, ¦< Une série de 8 cours d’initiation à la musique classique basée sur l’écoute commentée d’extraits sonores CLAUDIO RICIGNUOLO de l’Orchestre Métropolitain Claudio Ricignuolo est un passionné de musique et un formidable vulgarisateur.» -YVES BEAUCHEMIN ¦ Série classique ¦ Cours à la carte ¦ Certificats-cadeaux (514)385-5015 www.melomanie.com JMT Orchestre Métropolitain du Grand Montréal Yannick Nézat-Séguin M il s i< \i.iii\'rau sjH'rtucIr I )\ uamo ( !oléc»|itera Tamagoléoptera SlMTlîlfU* tin 17 au 20 Ni*|»li*ml>rr 200S I a.'tiirciiu'itl tir hiIlHim !«• 12 Nf|ilrmlur 200X .*» a 7 l .nlrrr lilnv! Réservez vos places dès maintenant! Billetterie 514 982-3386 www.ma-i.qc.ca Montréal uébe * 1*1 Emploi Québec nn è Ctmnrix Couru lo*«rw> I.K DKVolK QtUVU £J3 303 fondationdulûlaire Conseil des arts et des lettres -, - Québec mm r * O * C M ! 4 O « Passioi& célébrations : : Splendeurs versaillaises Chœur de Chambre de Namur (16 voix) et l’orchestre baroque ARION Chef invité : Guy van Waas (Belgique) 26 septembre 2008, 20 h Salle Claude Champagne Haydn La Passione Au goût parisien ! 21 et 22 novembre 27 et 28 février 2008,20 h 2009,20 h et le 23 novembre, 14 h et le 1" mars, 14 h Salle Redpath Salle Redpath La grande invasione Handel La Passion et la raison 23 janvier 2009,20 h Salle Claude Champagne 26 et 28 mars 28 janvier 2009, 20 h 2009, 20 h Salle Redpath Salle Claude-Champagne ARION désire remercier chaleureiuement Power Corporation pour »on appui.taf .¦ FONDATION vfv *’ Vac, Québec tobacco If!Il HI 1 ^MUSIOUI Conseil des Arts Canada Countil mTSbedm pv) lïïr- W*Mr Canada to.the Arts Québec nrî ^ Thèmes poids lourds, intrigue poids léger BURN AFTER READING (LIRE ET DÉTRUIRE) Écrit, réalisé et monté par Joel et Ethan Coen.Avec George Clooney, Frances McDormand, Brad Pitt, John Malkovich, Tolda Swin-ton, Richard Jenkins.Image: Richard Deakins.Musique: Carter Burwell.États-Unis, 2008,96 min.MARTIN BILODEAU Après Fargo, opus sombre et hypertendu (quoique drôle) qui les avait fait sortir du relatif anonymat dans lequel ils évoluaient depuis Blood Simple, Joel et Ethan Coen avaient enchaîné, comme pour libérer la pression, avec The Big Lebowski, une comédie noire qui flirtait outrageusement avec l’absurde.L’histoire du cinéma étant faite de cycles et de répétitions, Burn After Reading nous arrive, tel un divertissement ludique et décontracté, juste après No Country for Old Men, œuvre majeure encore plus sombre que Fargo, dont il a dépassé le sommet artistique.Diviser l’œuvre des Coen en opus et opuscules et déclarer que Burn After Reading tient du dernier serait cependant commettre une grossière erreur.Car tous les ingrédients d’un grand Coen sont réunis dans ce treizième long métrage des frères du Minnesota: une intrigue à ramifications et recoupements dont le fil unit la raison d’État avec celle du plus faible; un style unique et inimitable (la photographie de Richard Deakins et la musique de Carter Burwell aidant), brut en surface, affiné au fond; enfin, un air désinvolte et un humour désopilant, ici mis au service d’un scénario échevelé au foyer aussi changeant que celui de cadavres exquis — au point que on se demande, à chaque tournant, qui donc tient les rênes de l’histoire.Est-ce Osborne Cox (John Malkovich), un ex-analyste de la CIA en pleine rédaction d’une autobiographie compromettante pour son ex-employeur?Ou Linda (Frances McDormand) et Chad (Brad Pitt), les deux naïfs entraîneurs d’un centre de conditionnement physique qui, décidés à tirer profit économique du manuscrit tombé par hasard entre leurs mains, inaugurent dans Washington une SOURCE ALLIANCE Brad Pitt dans Lire et détruire des frères Coen .sorte de course au trésor?À moins que ça ne soit Harry (George Clooney), amant de l’épouse glaciale d’Osborne (Tilda Swin-ton), qui comme Linda cherche l’aventure (et la trouve) dans les sites de rencontre.L’appât du gain, l’obsession de la beauté, la corruption dans les institutions, la faillite du modèle politique, sont quelques-uns des thèmes poids lourds de cette intrigue poids léger, que des acteurs en forme et en or défendent avec la prunelle de leurs yeux.McDormand, en douce idiote rêvant de chirurgie esthétique, et Malkovich, en dingye prêt à vomir les secrets d’État, jouent gros.C’est voulu, mais leur jeu n’est pas toujours aussi bien contrôlé que celui de Brad Pitt, dindon de cette farce qui, paradoxalement, brille plus que Swin-ton et Clooney, dont les rôles exigent plus de retenue.Il reste que ce dernier, dans un personnage de persécuté névrosé chez qui subsiste encore un soupçon de candeur, se montre digne de son titre de Cary Grant des années 2000 dans cette farce irrésistible, menée tambour battant, qui s’approche par son ton ^'Intolerable Cruelty et par ses conclusions de Fargo: tout ça pour ça?Eh oui, mais tout le plaisir est dans le voyage.Collaborateur du Devoir Tristement daté THE WOMEN Réalisation et scénario: Diane English, d’après le film de George Cukor tiré de la pièce de Clare Boothe Luce.Avec Meg Ryan, Annette Benning, Debra Messing, Eva Mendes, Jada Pickett-Smith, Candice Bergen, Clorice Leachman, Debi Mazar, Bette Midler, Carrie Fisher.Photographie: Anastas Michos.Montage: Tia Nolan.Musique: Mark Isham.États-Unis, 2008,114 min.FRANÇOIS LÉVESQUE Créée sur Broadway en 1936, la pièce The Women fit un triomphe qu’Hollywood fut prompt à récupérer.Apres avoir dirigé les plus grandes (Jean Harlow dans Dinner at Eight; Katherine Hepburn dans Sylvia Scarlett et Holiday; Greta Garbo dans Camille), George Cukor constituait le choix logique pour réaliser l’adaptation cinématographique d’une œuvre mettant en vedette une distribution exclusivement féminine.Sorti fMl'C-ii (oipkoy -éwt&ojr Aff'Aifve ' a ,if\ en 1939 et refait en 1956 sous le titre The Opposite Sex, son film est considéré dans bien des cercles comme un classique, sort qui n’attend certainement pas la mouture de Diane English.Mary, Sylvie, Edie et Alex placo-tent, magasinent, se querellent, se rabibochent et disposent d’une quantité appréciable de répliques jamais aussi cinglantes qu’on le voudrait.L’intrigue s’articule autour des déboires conjugaux de la première.L’affiche du film de Cukor proclamait «The Women.it’s all about men!»; celle du film d’En-glish propose plutôt «It’s all about.The Women».Un traitement plus moderne?En apparence, mais sur le fond, la même morale étriquée prévaut, du genre «un mari infidèle n’est jamais qu’une victime des circonstances».On tique, surtout que l’œuvre originale, film et pièce, préconisait une approche satirique plus heureuse.Même si elle tente de nuancer le propos, d’en adoucir l’archaïsme, English se retrouve à défendre la même thèse, à savoir que le divorce n’est pas une solution et que la plÿce des conjoints est ensemble.A ce chapitre, le doigt accusateur qui plane sur la relation entre Mary et sa fille est upe nouveauté d’un goût douteux.A croire que l’épouse cocue est non seulement responsable de l’infidélité de son mari, mais qu’en plus, en essayant de penser un peu à elle, elle court le risque de devenir une mauvaise mère.Beurk.Comédie tantôt dramatique, parfois bouffonne et à l’occasion digne d’une mauvaise sitcom, cette troisième resucée échoue à insuffler quelque intérêt à un récit daté.Exit plusieurs personnages et intrigues secondaires.Pour la touche de modernité, Nancy, vieille fille caustique et intellectuelle affirmée, devient Alex, ravissante lesbienne «clubeuse» et volage tout droit sortie de The L Word.En faisant du personnage de Sylvie Fowler une amie sincère et bien intentionnée, English fait un choix bien mal avisé.Dans la pièce, Sylvia est hypocrite, égocentrique.et hilarante.Cukor avait respecté cela, et le jeu à la limite du burlesque de Rosalind Russell était à l’avenant Adoucir le trait en 2008 était une bonne idée, et Annette Benning se tire bien d’affaire.Toutefois, ce changement radical de la nature du personnage prive l’intrigue de certains de ses meilleurs développements, à commencer par les prémisses de la visite de Mary chez la manucure indiscrète, jadis une préméditation de Sylvia.Toute la relation entre les deux femmes se trouve altérée par ce polissage à la guimauve, comme si la réalisatrice avait voulu gommer la critique de Clare Boothe Luce à l’endroit de pon propre sexe.Étonnant qu’un tel souci de rectitude afflige davantage le remake de 2008 que le film de 1939.Sans doute une projection comparative dans un séminaire d’études féministes donnerait-elle lieu à une intéressante discussion qui, malheu-reusement, ne survient jamais dans le film de Diane English.Collaborateur du Devoir CCNStll ï)f$ ARTS conwHdw Am cjukki# Countii 0E MONTRÉAL (TF, du Canwtt far tH» Art» 'bà MAOasswja* MERCRED117 SEPTEMBRE 2008, 20 h Molière en musique Avec les comédiens Sophie Faucher et Cari Béchard : La Turquerie, tirée du Bourgeois gentilhomme de Lully Suites de ballet, tirées du Malatie imagiruiire de Charpentier.VENDRED119 DÉCEMBRE 2008, 20 h Vivaldi furioso Avec la soprano Karina Gauvin : Œuvres vocales et instrumentales d'Antonio Vivaldi.Al eSWCE If'MUSIQUE Chapelle Notre-Dame-de-Bonsecours 400, rue Saint-Paul Est, Vieux-Montréal INFO 514-634-1244 BILLETS RÉGULIER AÎNÉ * 27$ 22$ ÉTUDIANT * 10$ www.boreades.com ABONNEMENT / PASSEPORT (4 CONCERTS) 4 ENTRÉES AU CHOIX RÉGUlltR AÎNt* ÉTUDIANT* 92$ 72$ 35$ •AlNÉ : 65 ANS ET PLUS ÉTUDIANT : 25 ANS OU MOINS, TEMPS PLEIN, CARTE EXIGÉE Les Boréades de Montréal se réservent le droit de changer la programmation sans préavis.AIR CANADA £ ComaM tH* arts tt an faKrvs Québec S S Bibliothèque et Archives nationales du Québec en collaboration avec la Société de musique contemporaine du Québec vous invite à découvrir l’œuvre de Conférencière : Martine Rhéaume -.¦‘T»; è Musicologue, spécialiste de l’œuvre de Claude Vivier le jeudi 18 septembre à 19 h À l’Auditorium de la Grande Bibliothèque 475, bout De Maisonneuve Est, Montréal DESBerri-lIQAM 514 873-1100 OU 1 800 363-9028 Entrée libre * www.banq.qc.ca QHCa Société de rnmnpt •oywrmwnriwi Ai CMtac wnitaK toucVMu (*r*uwui vtmqun Bibliothèque et Archives nationales Québec ca» raca y ( LE l> E V (I I K , L K S SA M EDI I 3 E T I) I M A N C II E I I S E I* T K M B R E Z () 0 8 [jj PBÉSENTEflEHT \ LIFFICHE! r^A^mNl [~s herb rook ê~1 u "Une histoire de crime et de sexe, mais surtout d'amour et d'amitié.» PL]IN CŒIIS e « Cent r i s .«n _________________ LIRE ET DÉTRUIRE (BURN AFTER READING) /|OEL COEN «ETHAN COEN EX-CENTRIS.COM / 514.847.2206 13h30 - 1Sh30 • 17H30 - 19H30 - 21h30 16 sept.: 15h30 • 17h30 - 19h30 - 21h30 Quelle joyeuse macédoine ! RUMBA Ecrit et réalisé par Dominique Abel, Fiona Gordon et Bruno Romy.Avec: Dominique Abel, Fiona Gordon, Philippe Martz, Clément Morel.Image: Claire Childéric.Montage: Sandrine Deegen.Belgique-France, 2008, 77 min.ANDRÉ LAVOIE Ils pratiquent un cinéma qui ne ressemble à rien, et pourtant les références pullulent, les emprunts sont manifestes: Jacques Tati, Charles Chaplin, Buster Keaton.Le burlesque acrobatique est à l’honneur dans Rumba, un objet cinématographique facilement identifiable et drôlement inclassable réalisé à trois têtes et six mains par Dominique Abel, Fiona Gordon et Bruno Romy.Et cela n’étonnera personne que cette joyeuse macédoine très souvent silencieuse émerge de la Belgique, ce pays qui ne manque jamais d’humour même en pleine tempête politique.Rumba, ce n’est pas tout à fait la réplique exacte du pays de Jacques Bref même si les paysages évoquent parfois Ja grisaille sociale des romans d’Emile Zola ou encore les ciels cotonneux du peintre René Magritte.Chose certaine, dans ce monde peuplé de petites gens peu bavards, leurs visages et leurs mimiques suffisent à exprimer une multitude de sentiments, à provoquer le rire ou à susciter une immédiate sympathie devant les catastrophes qui les affligent Et elles sont nombreuses.Pourtant, le charmant petit ¦ ¦ Le burlesque acrobatique est à l’honneur dans Rumba.couple formé de Dont (Dominique Abel) et de Fiona (Fiona Gordon) n’est pas du genre à provoquer la bagarre.Ils enseignent dans un lycée qui ferait rêver tous les professeurs désabusés, mais leur véritable passion, c’est la danse; c’est aussi ce qui causera leur perte.Au retour d’un concours de danse sociale où ils ont triomphé — et dont on ne verra strictement rien, si ce n’est leur couronnement à travers l’embrasure de la porte de la salle.—, ils évitent de justesse un pauvre bougre tentant l’impossible pour se suicider.La vie du désespéré est épargnée, mais celle du couple, transformée à jamais: lui perd la mémoire, et elle hérite d’une jambe de bois.Toutes ces péripéties semblent bien tragiques, mais leur illustra- tion se fait d’abord avec une étonnante économie de moyens tout autant que de dialogues et d’effets proprement spectaculaires.Usant de procédés qui évoquent davantage le théâtre forain que le cinéma, les trois cinéastes préfèrent composer ces petits morceaux de bravoure comme autant de tableaux vivants où les personnages, souvent de véritables pantomimes, déploient une énergie exceptionnelle pour habiter ces espaces parfois dénudés, parfois colorés.Il émane de Rumba une naiVeté étonnante, les catastrophes devenant des moments de franche rigolade, et les scènes de la vie quotidienne des prétextes à pirouettes extravagantes, les objets entravant parfois la route passablement sinueuse de ces antihéros à la phy- SOURCE F1LMOPTION sionomie banale mais à la dextérité exceptionnelle.On compte bien parfois quelques détours inutiles et un excès de zèle à vouloir exploiter toutes les potentialités d’un effet comique, comme le réglage répété d'un réveille-matin ou le feu dans la jambe de bois, mais la candeur des cinéastes triomphe chaque fois de ces maladresses.Elles participent même au charme de ce petit film que l’on pourrait croire signé par de grands enfants effrayés à l’idée de vieillir, refusant jusqu'à l’extrême limite le bavardage des adultes pour mieux livrer leurs fantaisies de gamins.Comme si pour vivre, il fallait non seulement entrer dans la danse, mais laisser sa rationalité au vestiaire.Collaborateur du Devoir Le Goethe-Institut « sur la route » FRANÇOIS LEVESQUE On associe souvent road movie et quête existentielle.Sur la route, seuls ou accompagnés, les êtres mus par une soif d’errance plongent volontiers dans les affres de l’autoréflexion et de la remise en question, le protagoniste se substituant à plus grand que lui par le jeu de la métaphore.Au cours des années 1970, le cinéaste allemand Wim Wenders a signé quelques-uns des plus beaux fleurons du genre.Dans cette optique, on ne s’étonnera guère que le Goethe-Institut s’intéresse au sujet en laissant toutefois de côté les classiques au profit d’œuvres contemporaines.Huit films prenant pour thème la route ou la rue; huit réalisateurs allemands ou autrichiens, connus ou pas.On applaudit à l’initiative qui se déroule jusqu’à la fin octobre.La route, mais aussi la rue Du 11 septembre au 31 octobre, en un flot cohérent où l’éclectisme a tout de même droit de cité, la fiction côtoie le documentaire dans une sélection concertée où des œuvres connues et estimées partagent la marquise avec d’autres, inédites.Chez les premières, on reverra avec un plaisir renouvelé Julie en juillet, qui ouvre la marche, long métrage nous ayant initialement fait connaître Fatih Akin {De l’autre côté).Derrière une façade, une fois n’est pas coutume, légère et colorée, se profilaient déjà les grands thèmes du cinéaste, notamment la mort et la dualité identitaire.Son contemporain Torn Tykwer qui, a l’inverse, semble s’essouffler depuis son premier film coup-de-poing, Cours, Lola, cours, est lui aussi au programme avec Paradis (Heaven), d’après un scénario du défunt Krzysztof Kieslowski.Cate Blanchett y est, on s’en doute, formidable.Enfin, la rue est le théâtre d’étranges pantomimes dans le typiquement déconcertant Code inconnu, de Michael Haneke, qui clôt la parade.Insérées parmi ces valeurs sûres, des découvertes: Yella, de Christian Petzold, où une femme troque une vie pour une autre; la route est maritime dans Donau, Duna, Dunaj, Dunav, Dunarea, de Goran Rebic, qui pose un regard tendre sur les différentes communautés culturelles vivant le long du Danube; échos d’Hansel et Gretel dans Le Bois lacté, de Christoph Ho-chhàusler, alors que deux gamins essaient de retrouver leur chemin après que leur mère les a abandonnés; autre conte de fées déambulatoire et froidement réaliste que L’Amour, l’argent, l’amour, de Philip Grôening (Le Grand Silence), qui relate les tristes pérégrinations d’une prostituée et de son amant.Dans le cadre de sa conférence internationale «Prises de rue: Rues et routes dam les cinémas européens contemporains», l’Université McGill tiendra sa session du 18 septembre au Goethe-Institut.Sue conférenciers se succéderont avant la présentation du documentaire Foreigners Out! Schlingensiefs Container, de Paul Poet, qui immortalise l’installation interactive de Christoph Schlingensief conçue comme un commentaire critique de la montée de l’extrême droite en Europe à l’heure de la téléréalité.Près de l’Opéra de Vienne, en 2000, l’artiste a placé une douzaine de réfugiés dans un container truffé de caméras et, satirisant l’émission Big Brother, a invité le public à voter sur Internet afin d’expulser du pays deux «concurrents» par jour.La foule a poussé les hauts cris, 800 000 internautes ont répondu à l’appel: le fascisme à l’heure du divertissement On trouvera l’horaire complet et des renseignements supplémentaires sur l’événement sur le site www.goethe.de/montreal Collaborateur du Devoir Scènes de la vie conjugale L’UN CONTRE L’AUTRE Réalisation: Jan Bonny.Avec Matthias Brandt, Victoria Trauttmans-dorff, Wotan Wilke Môhring, Jo-chen Striebeck, Susanne Bor-mann, Maria Kôrber, Anna Brass, Pablo Ben-Yakov, Claus Dieter Clausnitzer.Scénario: Jan Bonny, Christina Ebelt Photographie: Bernhard Keller.Montage: Stefan Stabenow.Allemagne, 2007, 96 min.FRANÇOIS LÉVESQUE Un contre l’autre fut présenté ' à la Quinzaine des réalisateurs, à Cannes, en 2007.Que voilà une œuvre crue, ardue, intelligente.Que de promesses dans ce premier long métrage de l’Allemand Jan Bonny qui, à 27 ans à peine, sonde les abîmes d’un amour malade sans jamais détourner le regard, qu’il a vissé à une caméra aussi mobile qu’inquisitrice.Difficile, son film, mature, aussi, très abouti.Ancré dans un réalisme ordinaire parfois triste à pleurer, L’Un contre l’autre lacère l’âme.Ceux qui l’ont sensible pré féreront s’abstenir.la violence conjugale, psychologique et même physique, afflige aussi les hommes.Georg est l’un d’eux.La première scène d’humiliation et de coups est d’autant plus choquante que l'on a affaire à un policier dont le courage vient d’être cité en exemple.Anne, son épouse, si elle n’est pas un monstre (d’égocentrisme, si, un peu), est toutefois passablement perturbée.Tout cela a à voir avec son père, un être exécrable qui, sous couvert de badinage, la rabaisse sans arrêt, surtout dans les moments heureux.Cette donnée psychologique paraîtra peut-être courte, mais elle est fort habilement exploitée.Alors que Georg se voit offrir une promotion, la tension monte d’un cran.Il devient vite évident que les époux ont atteint une ultime impasse.L’une des qualités de L’Un contre l’autre est son refus de tout dire au spectateur, de tout lui expliquer.Derrière les dialogues anodins, on perçoit rapidement la menace, sourde, vicieuse.Quand Anne explosera-t-elle à nouveau?Soupir de soulagement pour un sourire: le malaise est passé.Non, la voilà qui pète un plomb.Et les Un film ancré dans un réalisme ordinaire parfois triste à pleurer «Un film sur la force des femmes, leur capacité à rayonner, à se reconstruire et à renaîtn Metro (Peris) «Un excellent film!» René Homier-Roy, Radio-Canada «Des actrices remarquables.Un formidable moment d'émotion.» Première «Un torrent de sentiments et une fina poignante qu'il faut se garder de révéler à ceux que l'on aime.» André Lavoie, Le Devoir «Un film magnifique, d'une infinie délicatesse.» La Croix «Une fin magnifique.Deux actrices puissantes, extraordinaires.» Catherine Perrin, Radio-Canada KRISTIN SCOH THOMAS ELSA ZYLBERSTEIN UYA LONGTEMPS QUI JE T UN FILM DI PHILIPPE CLAUDEL www.iitiistrikitim fr métropole À|3 H rriniflr ¦ rCINEPLEX DIVERTISSEMENT-e .-CINEPLEX DIVERTISSEMENT-, | CINÉMAS FORTUNE 1 r— MÊGA-PLEX' QUZZO —1 r CINEPLEX DIVERTISSEMENT-, L ArrlbnE! 1 QUARTIER LATIN 1ISTARCITÉ MONTRÉAL 1 jCARH ANQRIQNOnII PONT-VIAU 16 11 BOUCHERVILLE 1 ,-.r CINÉMAS FORTUNE ——r r— MAISON DU CINÉMA —l p ¦¦ CINÉMA PINE — G ISTARCITÉ HUÏlI [SHERBROOKE! ISTE-ADÉLE — CINÉM, LE CLAP S CINÉMAS AMC -1 FORUM 221 Qu*b*c«-:r.•S» Canada s»,‘ «! Q| mm nmmm n us rims m t mars prUextent «wmimmMïmi ciirfsi qui plus TARD ÛÜ'QH EK SAISIRA I0UIE U CHAR6E ÉMOTIVE OU POUTtOUi.» m wmir .ÜMKi »N8W'n>”.IMS 1 SW WrfTf jCRHTi WAV 4»*\« fr • WÏÏn W le-üimiiiitmau m Mum usmwmt.• «i» JlAgJ «me?-”* .il.—.iJ Dès le 19 septembre EX-CENTRIS Ç INEMA PARALL3L E 35*6.bout.Silnt-Uurent.MU Billetterie (su) «47-3*06 insultes qui pleuvent, et les claques qui quémandent une riposte, et les coups de pied devant le refus prostré.Drame psychologique soudé à des intimités meurtries, le film devient ainsi suspense oppressant, aidé en cela par une caméra aussi tendue que les situations qu’elle scrute.Le rythme volontairement lent entre les scènes de confrontation, celles-ci un brin répétitives, effraiera peut-être certains spectateurs, ce qui serait dommage, le dénouement constituant un modèle d’intégrité artistique certain de susciter de vives réactions.Très intériorisé quoique admirablement évocateur, le jeu complémentaire de Matthias Brandt et de Victoria Trauttmans-dorff est sidérant de vérité.Trop sensible au dire de ses collègues, le Georg du premier est tout d’émotion contenue, de tristesse rentrée.Contre lui, au propre et au figuré, la seconde fait d’Anne une figure complexe, tour à tour vulnérable et terrifiante.Une œuvre exigeante qui offre abondante matière à réflexion pour qui consent à s’y atteler.Collaborateur du Devoir GAGNANT DE 4 CESAR -DONT- MEILLEUR FILM EXTRAORDINAIRE!» Marc-André Lussier, La Presse ?Radio-Canada Journal de Montréal «Exceptionnel! 2h30 de bonheur!» André Lavoie, Le Devoir la graine et le mulet m tiiM m abm uAfff memem métropole G a L’AFFICHE! ARCHAMBAULT Une compagnie de Québécor Medli PALMARÈS DVD Résultats des ventes: du 2 au 8 septembre 2008 JEAN-THOMAS JORIH Jean-Thomas Jobin HEROES Season 2 THE NIGHTMARE BEFORE CHRISTMAS il ONE TREE HILL KJ Season 5 DESPERATE HOUSEWIVES Season 4 SUPERNATURAL Season 3 MISS MARPLE Coffret 1 PRISON BREAK Season 3 US TOMATES EN CONSERVES FM GOSSIP GIRL Season 1 TOUPIE ET BINOU La dernière banane THE OFFICE Season 4 DEXTER Season 2 DELICATESSEN HOUSE M.D.Season 4 TRANSFORMERS CÉLINE DION A New Day: Live à Vegas TERMINATOR : THE SARAH CONNOR CHRONICLES WFHIMENT QUÉBEC PW LUCKY LUKE : TOUS A L’OUEST -LE FILM 1 LE DEVOIR.LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 SEPTEMBRE 2 0 0 8 E 8 CULTURE PHOTO EXPOSITION Mary Ellen Mark célèbre la chambre noire Amuseurs publics Le collectif Pique-nique met la table lors des 5" Escales improbables.Au menu: un art public volatile.Depuis plus de quatre décennies, la photographe américaine collabore notamment avec Vanity Fair) Rolling Stones et Harpers tout en réalisant une œuvre personnelle forte et unique MARY ELLEN MARK Usman portant son fils, Jumbo Circus, Bombay, 1992, photo de Mary Ellen Mark '¦¦J ?sv\ J 'X ¦ Yl 't ¦LI JEAN-FRANÇOIS NADEAU Oaxaca (Mexique) — Dans un geste appuyé et plutôt théâtral, la photographe Mary Ellen Mark, dans un rôle de fenune sérieuse, pose une main sur son front et regarde au ciel.Ses yeux sombres, plantés au milieu d’un visage rond, sont encadrés de deux longues tresses noires jais qui tombent bien raides, sur ses épaules fortes.Ses nombreux bracelets cliquettent «Je suis débordée, me dit-elle dans un long soupir appuyé.Je n’arrête pas.Je suis en retard et je suis épuisée, tellement épuisée.En plus, nous avons beaucoup d’assignations à donner à nos étudiants.Et il faut que je signe des lettres pour eux.» Dans le calme mort d’une hacienda de Oaxaca transformée en centre vivant de la photographie, la réputée photographe new-yorkaise enseigne son art depuis des années à des étudiants admiratifs qui payent le prix fort pour venir travailler avec elle sous le soleil du Mexique.«Tout le monde connaît ce centre Manuel Alvarez Bravo à Oaxaca.Bravo a été un des très grands photographes mexicains.J’ai beaucoup d’admiration pour lui.» A son tour aujourd’hui d’être considérée comme une des meilleures photographes du monde.La photographe semble toujours vivre sous tension.Le contraste avec son assistante est d’ailleurs saisissant à cet égard.Marcela, cette petite femme qui la suit depuis quinze ans au Mexique, demeure d’un calme olympien tandis que sa patronne se montre capable de se gorger de toutes les tensions qui courent plus ou moins autour d’elle.C’est d’ailleurs peut-être cette âme lourde et hypersensible qui permet à Mary Ellen Mark de transfonner les mathématiques du réel en équations aussi fortes.En solo Sociétaire pendant un temps de la prestigieuse agence de photographes Magnum, Mary Ellen Mark œuvre désormais comme photographe indépendante.«Je ne suis pas une femme qui peut travailler à son aise dans un groupe, même chez Magnum.Ma photographie est toujours humaniste, à l’exemple des photographes de l’agence fondée par Cartier-Bresson et ses amis.Mais je.me suis rendu compte que je travaillais mieux complètement libre, en gérant mon œuvre seule.» Depuis plus de quatre décennies, elle a collaboré par exemple, sur commande, avec Life, Vanity fair, Rolling Stones et Harpers.Née en 1940, la photographe a reçu le prix World Press pour l’ensemble de son œuvre en 1987.Plusieurs expositions internationales, de nombreux doctorats honorifiques et des prix ont ponctué les avancées de son œuvre.Ce sont des Américains, surtout des femmes, qui débarquent au Mexique dans l’espoir de percer les secrets de la lumière détenus par la photographe.Du personnel local développe les films des élèves tandis que Mary Ellen Mark s’emploie à offrir des conseils et à trouver des lieux propices à la réalisation des projets.«fessaye seulement de jaire en sorte de produire de meilleurs photographes.Certains arrivent ici avec des connaissances minimales.D’autres sont très avancés.Je les prends là où ils sont.Et ils repartent, je crois, meilleurs.» Qu’est-ce qu’une bonne photographie selon elle?«Cest la possibilité pour une photo d’être reconnue autant que Tœil de son photographe.C’est un point de vue que l’on peut identifier.Et les points de vue, bien sûr, varient.H y a donc plusieurs types de bonnes photographies.» Comme en littérature, tout tient moins au sujet lui-même qu’à la capacité du photographe de le conquérir tout à fait à partir d’un regard original.Ira renommée de Mary Ellen Mark a fait en sorte de porter ses photos chez les collectionneurs du monde entier autant que dans les musées.Cette célébrité a-t-elle gonflé son ego d’artiste?«Ce n’est rien pour moi, cette renommée.Elle me permet tout au plus de bénéficier plus facilement de moyens qui me mènent à conduire d’autres projets que je ne pourrais pas réaliser sinon.Je ne me sens pas célèbre.Je suis consciente que j’ai désormais les moyens de mener à terme un projet coûteux comme celui de portraits réalisés avec un Polaroid en format 20x24, un grand format.C’est un magnifique appareil pour le portrait que l’on arrête hélas de commercialiser, mais c’est très cher! J’obtiens, avec ce procédé particulier, à la fois une photo et un tirage unique.Certains collectionneurs me permettent de financer de tels travaux.Sinon, je ne pourrais tout simplement pas les entreprendre.C’est bien trop cher.» Au service de l’œil Depuis ses débuts, Mary Ellen Mark travaille avec plusieurs types d’appareils photo, selon ses intentions artistiques du moment Un appareil n’est pas pour elle un simple outil interchangeable mis tout bonnement au service de son œiL «f adore plusieurs types d’appareils photo.Cela dépend de ce que je veux faire.J’ai commencé avec un Leica.f en utilise encore, mais j’utilise aussi des Hassel- blad J’ai travaillé avec des Mamiya 7, tout comme des Canon.Récemment, je me suis passionnée pour les grands formats en Polaroid! R y a au fond une seule et unique constante: je ne travaille pas avec le numérique.Jamais au grand jamais.» Sa célébration des vertus des sels d’argent et de la chambre noire est totale.«Toutes mes photos sont faites avec des films argentiques.Et mes tirages sont aussi traditionnels, avec des sels d’argent, fai aussi des tirages au platine.R n’y a rien de plus beau que la richesse d’un tirage traditionnel.J’espère que beaucoup de gçns résistent encore au numérique.À mon avis, il faut résister à ça.» Pourquoi donc?Grand soupir théâtral et nouveaux cliquetis des bracelets.«J’aime tout simplement utiliser la pellicule.Ce n’est pas la même chose que le numérique.Ce n’est pas le même rendu.Jamais.La finesse est différente.Ry a plus de douceur.C’est tout simplement autre chose.À peu près la moitié de mes élèves viennent me voir au Mexique avec des appareils numériques.C’est peut-être bien pour ce qu’ils font, eux, mais certainement pas en ce qui me concerne.» Mary Ellen Mark ne prend cependant pas le temps de développer ses photos elle-même, pas plus qu’elle ne les imprime.Des assistants et des tireurs professionnels s’occupent pour elle du long et fastidieux travail de chambre noire.Son dernier livre en français est paru il y a quelque temps à l’enseigne de Phâïdon.«Dans Exposer, j’ai réuni des photos qui me semblaient exemplaires de mon travail.» On y trouve les séries sur les jumeaux, la vie de cirque au Mexique et en Inde, l’Amérique profonde aussi, celle de la pauvreté, de la violence, de la drogue et de la prostitution.«On dit que je me suis intéressée dans mon œuvre au sort des laissés-pour-compte, des damnés de la terre.Mais il n’y a pas que ça lorsqu’on observe mes photos.» Mary Ellen Mark souhaite réunir bientôt les images qu’elle a réalisées sur des plateaux de tournage.Plusieurs photos célèbres d’acteurs ou de comédiens sont dues à son œil de maître: Federico Fellini, Woody Allen, Marlon Brando et Dennis Hopper comptent au nombre des acteurs et des réalisateurs dont elle a su révéler un aspect unique.Même durant cette saison des pluies, le ciel mexicain s’ouvre presque tout le jour sur des espaces de bleu qui ressemblent à de vastes carreaux de fenêtre que l’on vient tout juste de laver.Toute de noire vêtue, flottant dans des vêtements amples, Mary Ellen Mark domine son espace de travail, et l’on sait d’instinct que ses photos, prises ici ou ailleurs, auront la force de Torage qui vient chaque jour briser la lumière de Oaxaca Le Devoir www.cinemaduparc.com / 48$ POUR 10 FILMS! ?POUR L'AMOUR DU CINEMA LEAVING THE F0LD/0U1TTER LE BERCAIL * LET’S GET LOST D’AUTRES MONTRÉAL NORD?• MONIKA • BARRY LYNDON ROMAN POUNSKI WANTED AND DESIRED+12 DE SES FILMS Métro Place des arts - Autobus 80/129 f CINÉMA DU PARC" 3575 Du Parc 514-281-1900 B 3 heures de STATIONNEMENT GRATUIT MOIS MULTI 91 ÉdlTIQN LE FESTIVAL NIQUES N EX EX SEPTEMBRE 2008 DU 11 AU 20 MOISMULTI.ORG « L’un contre l’autre.frappe par son audace, sa maturité et Sa maîtrise.» Jean-Baptiste Morain, Les inrockuptib/es « Une performance extraordinaire de Victoria Trauttmansdorff.» variety ian-h i-.' ’If : ' v ¦ ' •.Quinzaine des Réalisateurs y.w.-.-.HSS*.^ ik L’UNjæ L’AUflS un film de JAN BOl' M À L'AFFICHE! NTRE irff rwT1* tous les jours: 13h30 - 17h00 - 20H30 GRAND GAGNANT DE LA COMPÉTITION OFFICIELLE DU FFM , t sm w ; • GRAND RRIX DU JURY Y?ht Mom, • PRIX DU FILM CANADIEN LE PLUS POPULAIRE • PRIX DU FILM LE PLUS POPULAIRE TOUTES CATÉGORIES « L UN DES FILMS QUÉBÉCOIS LES PLUS PUISSANTS DE 2008 ! » Brendan Kelly, THE GAZETTE ?L,,,,-., ^ £ » MMU l'MM/OTl EVflIGfll CE QU’IL FAUT POUR VIVRE A WWW.CCQUIl.PAUTPOUIiVIVNC-l.EriLM.COM PRÉSENTEMENT A L'AFFICHE! roûtirnîn LÂriwlIë*iw'*>i I E I* K V OIK.LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 SEPTEMBRE 2 0 0 8 DE VISU Les Automatistes, prise 40 000 LES AUTOMATISTES Galerie Orange, 81, rue Saint-Paul Est, jusqu’au 28 septembre JÉRÔME DELGADO Soixante ans après sa publication, le manifeste Refus Global est plus que jamais célébré.Comme objet précieux, vendu aux enchères — la dernière vente en date, cet été, a rapporté 12 000 dollars —, ou comme prétexte à exposition.Dans ce deuxième cas, les exercices se multiplient depuis quelque temps à un tel point que lorsqu’arrive le moment de souligner le 60e anniversaire de la diatribe, on se dit.Encore?Après la discrète exposition en musée (Refus global: 60 ans plus tard, au MBA toujours en cours), voici un regard en galerie, plus commercial.L’exposition Les Automatistes — à la galerie Orange, antenne montréalaise des Lacer-te de Québec — représente sans doute pour le collectionneur l’occasion en or de se procurer son automatiste.L’impression, elle, est toujours la même.Faute de véritable mise au point historique, ces exercices sentent la récupération, voire l’appel héroïque.L’art contemporain québécois manque de vedettes, de grandes gueules, de leaders bagarreurs?Voici nos «révolutionnaires», ceux qui ont fait du Québec obscur et catholique de jadis une société libre et ouverte.Une exposition gentille, qui donne peu de profondeur à notre histoire de Tart.Les Automatistes, version Orange, se résume à sept artistes (sur les 15 signataires de Refus global).Il n'est ici question que de peinture, à peu de choses près.Soit, ça se défend.Le communiqué de presse peut parler d’œuvres marquantes exposées, les véritables bi-joux sont rares — et déjà hors marché, tel Figures schématiques, un noir et blanc de Borduas (1956, collection privée).Fait à noter, excepté deux ou trois pièces précédant Refus global, l’annonçant, l’exposition porte sur la décennie suivante, les années 1950.Le problème n’est cependant pas dans la qualité des œuvres.Après tout, le statut de chef-d’œuvre ne dépend pas que d’une valeur économique.les Barbeau, Ferron, Gau-vreau, Leduc, Mousseau et Riopel-le exposés ici ne sont pas des croûtes.Mais c'est comme si ce lot devenait inestimable du seul fait que leurs auteurs ont signé un manuscrit fétiche.Et qu’en dehors de cette équation qui fait que automatisme égale Refus, il n'y avait point de salut Dans le catalogue publié pour l’occasion par la galerie Orange, Louis Lacerte semble déplorer que le nouvel ordre du politiquement correct impose une autre forme de censure.«[On y] invite les dirigeants en place à ne pas se déranger plus qu’il ne le faut», reconnaissant la stérilité des débats.«Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil», conclut-il.Difficile de voir dans cette exposition un effort pour faire changer les choses.Ou bien le galeriste a les mains enchaînées au marché — sans ça, finies les affaires —, ou bien il est complaisant envers sa clientèle et a peur de l'offusquer avec des propositions hors sentiers battus.Des expositions sur le groupe automatiste, comme sur n'importe quel courant passé, ne tiennent qu’avec une perspective historique.lœs rétrospectives, individuelles pour la plupart, ont d’ailleurs donné lieu à de riches expériences, certaines déjà lointaines: Borduas et Riopelle au Musée des beaux-arts de Montréal, Mousseau et Ferron au Musée d’art contemporain, Perron et Leduc, au Musée national des beaux-arts du Québec.En galerie, sou-vent, les présentations de groupe ne font qu’effleurer le sujet Collaborateur du Devoir Roaqueralles, 1960, de Marcelle Ferron : GALERIE ORANGE Publicité Expositions flue^vcTu s aime nez soin de vous DHC/ART Fondation pour l'art contemporain cPrenez soin de vous Sophie Galle 4 juillet au 19 octobre 2008 anc*nrT 451, rue St-Jean, Montréal (Québec) H2Y 2R5 Tel.: (514) 849-3742 www.dhc-art.org JEAN-PAUL JEROME ; DU 4 AU 21 SEPTEMBRE GALERIE D'ESTE 1329, AVENUE GREENE WESTMOUNT, QC T.514.846.1515 WWW.GALERIEDESTE.COM LES RELAIS FUTURS, 1996, ACRYLIQUE SUR TOILE, 60 X 76 CM STEVEN JAMES BROWN KATYUSKA DOLEÀTTO D BRADLEY MUIR Mise-en-scène photographie contemporaine BEAUX-ARTS DES AMÉRIQUES rO.L'V- ilir-LBVPL :/ONcBEFOE>< 4928 rue Sherbrooke O.Montréal.QC 514.481.21 ! 1 www.coilinstefebvrestoneberger.corn ( ^ O 1 l\/ï^ AJ r3rCl WJ Exceptionnelle sélection d’art asiatique, M.JÎT Ci A-4M-Æj 4M-1 111C antique et contemporain, depuis 20 ans.1448A Sherbrooke O.Montréal, T.514 9X2-6566.www.galericmar.arinc.com ntar.- ven., lOh - 18h, sam., Hlh - 17h Vents d’Extreme Orient du 18 Sept, au 16 Oct.2008 Exposition du 4 au 13 octobre zoo8 Vernissage et lancement de livre le samedi 4 octobre dès JO heures Vin d'honneur en présence des artistes de 16 à 19 heures Galerie Art Québécois 186, rue Principale, Salnt-Sauveur-des-Monts www.gcterieattquebecois.com OQ U galerie d’art mlchel bigué 315, lue Principale, Salnt-Sauveur-des-Monts www.galeriemlcheiblgue.com Au service des collectionneurs depuis 1934 www.galerievalentin.com PAUL VANIER BEAULIEU Galerie Valentin 1490 SHERBROOKE 0„ MONTRÉAL (514) 939-0500
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