Le devoir, 13 septembre 2008, Cahier G
LE DEVOIR, LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 11 SEPTEMBRE 2008 EnMims Jamiies-Cartier MONTRÉAL ET QUÉBEC LE DEVOIR JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le Complexe des sciences de PUQAM Deux continents se rencontrent sur les bords du grand fleuve Québec et Montréal sont les hôtes d’une grande fête de la connaissance Comme s’il s’était agi de souligner le 400' anniversaire de Québec, jamais les Entretiens Jacques-Cartier n’auront été aussi spectaculaires.À l’exemple de ce qui se passe en Rhône-Alpes, où Lyon, Saint-Étienne et Grenoble sont des villes hôtesses, Montréal et Québec s’associent pour la tenue de la 21' édition de ce grand rendez-vous annuel que se donnent les «cousins» de la France et du Québec.1 ¦ ‘iir-.-: EeWlSHHHP “ * ¦ Pavillon Charles-De-Koninck de l’université Laval se retrouveront en un même lieu hommes politiques d’ici et de la France, du président du conseil général de Rhône-Alpes aux maires des villes, soit Gérard Collomb, de Lyon, Gérald Tremblay, de Montréal, et Régis La-beaume, de Québec.Et expansion géographique il y a aussi.Une fois aux quatre ans, les Entretiens se déplacent de l’Europe vers l’Amérique, Montréal les accueillait alors.Mais quatre centième anniversaire il y a, et l’occasion était donc belle pour faire en sorte que Québec devienne aussi ville hôtesse.NORMAND THÉRIAULT Le Centre Jacques Cartier ne cesse de voir grand.Année après année, il ajoute à sa liste des partenaires.L’année dernière, son directeur, Alain Bideau, avait établi un plan de croissance.Et il maintien! le défi qu’il s’était alors fixé.«Dernièrement, nous sommes allés chercher des partenaires importants, comme la Communauté métropolitaine de Montréal, le ministère des Transports du Québec et le Barreau du Québec.Nous en sommes actuellement à un total de 94 membres et, d’ici au 31 décembre, nous devrions aller en chercher trois ou quatre autres très importants, alors nous serons très près des 100 membres annoncés.» Et si ce centre est toujours basé à Lyon, il sait tisser étroitement ses liens avec cette terre outre-Atlantique qu’est le Québec.Les 21” Entretiens Jacques-Cartier auront aussi comme président d’honneur un ancien premier ministre du Québec, Pierre-Marc Johnson, et en ouverture ce sera le premier ministre actuel, Jean Charest, qui prononcera l'allocution.Et le parterre sera garni en ce dimanche après-midi à venir quand, le 5 octobre, Des 21'" aux 22 colloques Deux villes, donc, et en une vingtaine de lieux, et ce n’est pas la matière qui va manquer pour détourner l’attention dans les milieux culturel, économique, politique et social, en ces jours où, en Nord-Amérique, certains vivront les derniers jours d’une campagne électorale et que d’autres seront à la veille d'une grande rencontre politique, celle de la Francophonie.Et cette Francophonie, l’autre, celle de la connaissance, sera active: 22 colloques constituent le menu de ces 21” Entretiens.San- Santé, muséologie, tourisme, éducation, transport et plus encore feront l’objet de débats en ateliers té, muséologie, tourisme, éducation, transport et plus encore feront l’objet de débats en ateliers, où des spécialistes de l’Europe et de l’Amérique viendront l’un après l’autre faire le point sur les avancées en leur domaine.Comme le rapporte Guy Berthiaume, ce coprésident du comité d’organisation des 21” Entretiens du Centre Jacques Cartier et vice-recteur à la recherche et à la création de l’Université du Québec à Montréal, «on a fait un appel à propositions à la fois dans la région Rhône-Alpes et au Québec et on a reçu près d’une cinquantaine de propositions de colloque.Un comité scientifique a retenu les plus porteuses.» Des liens réels Information et partage de connaissances sont donc à l’affiche.Mais les Entretiens, c’est plus que cela.Ce sont aussi des liens qui se tissent.Et des expériences qui se partagent.Depuis deux ans, le maire Tremblay «rêve» des tramways lyonnais, pendant que Gérard Collomb, son correspondant lyonnais, se félicite qu’au fil des ans se soit établi «un pool d'entreprises montréalaises, québécoises, lyonnaises et rhônalpines».ALAIN BIDEAU L’an prochain, la Chine et l’Asie du Sud-Est Page 2 GERARD COLLOMB ET GÉRALD TREMBLAY Deux maires témoignent d’une fructueuse collaboration Page3 MONTRÉAL ET QUÉBEC Là où 22 colloques définiront les eqjenx actuels Page 4 SOURCE UNIVERSITE I.AVA1.Et il y aussi la part hors colloques qui est non négligeable dans cette entreprise.Ainsi, si les visites à Lyon font saliver plus d’un «cousin», il ne faut pas non plus négliger le programme des activités culturelles qui animent toutes ces rencontres.Et des initiatives notoires ont aussi découlé de l’événement.Michel Côté est ainsi devenu le directeur du grand Musée des confluences dans cette ville qui compte en son enceinte une place publique signée Michel Goulet.Car les Entretiens, c’est d’abord cela: des paroles, certes, mais aussi des actions concrètes.Ainsi, quand les gens de la Sytral, la société de transport public de la ville sise au confluent de la Saône et du Rhône, rencontrent les gens de la STM, ou de la montréalaise Agence métropolitaine de transport, on a parfois l’illusion que tous ces décideurs font partie de la même entreprise.Et cela vaut dans plus d’un secteur: deman-dez-le, pour vous en convaincre, aux universitaires.Et pour s'assurer que cette belle amitié perdure, on comprendra qu'Alain Bideau rêve qu’un jour une fondation sera mise en place, question d'assurer une permanence à cette entreprise dont l’utilité est par les faits établie.Le Devoir RHÔNE-ALPES ET QUÉBEC Des échanges et des ententes qui encadrent une collaboration Page5 UNIVERSITÉS La recherche sera planétaire ou ne sera pas Page?GOUVERNANCE Les gens d’affaires soutiennent activement la culture ÉCONOMIE L’innovation est le moteur de l’économie Page 11 V 1 LE DEVOIR, LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 SEPTEMBRE 2008 ENTRETIENS JACQUES-CARTIER Entrevue avec Alain Bideau Le Centre Jacques Cartier s’ouvre sur le monde Montréal et Québec sont les villes hôtesses des 21“ Entretiens Jacques-Cartier L’an dernier, Alain Bideau, directeur et fondateur du Centre Jacques Cartier — qui réunissent chaque année plus de 2500 Rhônalpins et Québécois — avait annoncé qu’il voulait développer une collaboration plus forte avec le reste de l’Europe et tisser des liens avec l’Asie.Chose promise, chose due.Cette année, les Entretiens, qui se tiennent à Montréal et à Québec du 3 au 10 octobre, s’ouvrent particulièrement sur l’Europe, alors que, dès l’an prochain, ce sera au tour de l’Asie d’entrer dans le bal.MMÊm.MARTINE LETARTE ette année, 119 universités et " grandes écoles à travers le monde participent à nos colloques.Parmi elles, si plusieurs sont françaises et canadiennes, il y en a tout de même 26 qui sont situées ailleurs en Europe, dans 14 pays différents.Et c’est sans compter les participants américains.Toutes ces personnes viennent de milieux extrêmement variés, que ce soit du monde des affaires, de la culture, de la science ou de la sphère politique», affirme M.Bideau.Réunir chaque année cette diversité exceptionnelle d’acteurs pour les amener à tisser des liens durables entre eux a été dès le départ l’objectif fondamental des Entretiens.Vingt ans plus tard, l’idée est toujours la même.C’est d’ailleurs ce qui assure un véritable rayonnement au Centre Jacques Cartier sur la scène nationale et internationale, croit son fondateur.L’année prochaine, l’ouverture sur le monde se poursuivra avec la participation d’une dizaine de représentants de la Chine et de l’Asie du Sud-EsL «Et en 2010, on ajoutera des participants maghrébins et latino-américains», indique M.Bideau, la tête toujours bouillonnante de projets.Entre Montréal et Québec L’ouverture officielle des 21" Entretiens du Centre Jacques Cartier se déroulera le dimanche 5 octobre, à la Caisse de dépôt et placement du Québec, et réunira le gratin politique, écononuque et culturel.Gé-rald Tremblay, le maire de Mont- réal, y fera une allocution, suivi de Jean Charest et de Pierre-Marc Johnson, le tout nouveau président du conseil d’administration du Centre Jacques Cartier.«Nous remettrons également le prix Jacques-Cartier des arts à Gilles Vigneault, grand ami du Centre», affirme M.Bideau, qui sera le martre de cérémonie de la soirée.La ville de Québec, qui accueille quatre colloques cette année, aura aussi droit à sa cérémonie d’ouverture.«Bien évidemment, nous tiendrons à souligner le 400 anniversaire de la ville», indique l’organisateur des Entretiens.Ainsi, le mercredi 8 octobre, au Musée national des beaux-arts du Québec, la médaille du Centre Jacques Cartier sera remise à John Porter, directeur de la Fondation du Musée, ainsi qu’à Régis Labeaume, maire de Québec, Julie Boulet, ministre des Transports du Québec, et Denis Brière, recteur de l’université Laval.Rapprocher les universités Si le Centre Jacques Cartier crée des liens et suscite des échanges entre différentes régions du monde, on peut aussi se réjouir des efforts de collaboration qu’il favorise auprès des établissements universitaires.En fait, un comité scientifique a été formé avec les directeurs des quatre universités montréalaises et des trois écoles pour que, ensemble, ils élaborent une programmation originale.«Les établissements universitaires et les partenaires du Centre comme la Ville de Montréal, certains ministères français et québécois ainsi que i Alain Bideau, directeur et fondateur du Centre Jacques Cartier d’importantes sociâés publiques et parapubliques ont proposé des thèmes sur lesquels le comité scientifique a dû se pencher pour, finalement, faire une sélection», explique M.Bideau.Au menu, donc, cette année, plusieurs colloques portant sur la santé et plusieurs autres touchant à divers sujets brûlants d’actualité.Des exemples?Comprendre le privé en santé, vieillissement et santé, gestion des matières résiduelles, sécurité routière, prise en compte de la diversité à l’école publique, gouvernance culturelle, marchés de carbone, alouette! Et la collaboration entre les différentes universités montréalaises ne s’arrête pas là.En effet, les sept grands établissements d’enseignement universitaire de la ville se réuniront pour remettre chacun un doctorat honoris causa.«Je crois bien que ce sera une première au Québec, et même en Amérique du Nord! Nous tentons aussi de renforcer les liens entre les universités francophones du Canada et celles de la région Rhône-Alpes en organisant, encore une fois cette année, une réunion des recteurs pour discuter de l’internalisation de la recherche et de partenariats avec les secteurs privé et public», affirme Alain Bideau, également directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS).La particularité de cette rencontre?Les recteurs n’ont pas le droit de se faire remplacer ils doivent être présents en personne! «C’est extraordinaire, parce que ça fonctionne! Pourtant, ces personnes ne se retrouvent pratiquement jamais, dans d’autres circonstances, assises à la même table», ajoute-t-il.Le centième membre.pour bientôt ! L’an dernier, le fondateur du Centre Jacques Cartier a annoncé dans les pages du Devoir qu’il compterait 100 membres dans ses rangs en 2008.Une promesse presque tenue, explique-t-il.«Dernièrement, nous sommes allés chercher des partenaires importants, comme la Communauté métropolitaine de Montréal, le ministère des Transports du Québec et le Barreau du Québec.Nous en sommes actuellement à un total de 94 membres et, d’ici au 31 décembre, nous devrions aller en chercher trois ou quatre autres très importants, alors nous serons très près des 100 membres annoncés.» En plus de continuer à courtiser de futurs membres et, bien sûr, d’assurer l’organisation et le bon dérou- » » ** -¦èà ’m m m « JACQUES GRENIER LE DÉVÛIR lement des Entretiens, ITiomme-orchestre poursuit ses démarches dans le but de créer une grande fondation qui rassemblerait toutes les activités liées au Centre Jacques Cartier.Cela permettrait d’entrer dans le réseau des grands donateurs et ainsi de dépersonnaliser la collecte de fonds, qui présentement repose entièrement sur les épaules de M.Bideau.C’est ainsi que l’homme aux mille et un projets navigue entre le rêve et la réalisation, dans un enthousiasme manifeste.«H faut bien continuer de rêver, s’exclame-t-il Et la vie n’est faite que de projets!» Pour plus d’information sur les 21" Entretiens du Centre Jacques Cartier; umv.ejc2008.concordia.ca.Collaboratrice du Devoir Colloque 10 4 ' éi ?* .5 A * ' 4 K .** rtf’ .La complexe gouvernance des grands projets de transports urbains .z ~ à ¦vu?’ - - - '.*58 £ ail ^ ¦ $$$$ mm mi i ^ Cm- «g 1 |V 1 ¦ fSÿ’tUjf.P ¦ r ' k ï ¦» i f I m Le mardi 7 octobre 2008 Biosphère, musée de l'environnement rr 21e entretiens du Centre Jacques Cartier La STM, partenaire du Centre Jacques Cartier depuis 2002.(fri STM t LE DEVOIR.LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 SEPTEMBRE 2008 G 3 ENTRETIENS JACQUES-CARTIER, La parole est aux maires Montréal et Lyon, même combat Il y a 30 ans, les deux villes ont signé un pacte d’amitié Transport, urbanisme, environnement, etc.Depuis trente ans, les métropoles du Québec et de la région Rhône-Alpes collaborent dans les domaines les plus divers.PROPOS RECUEILLIS PAR CHRISTIAN RIOUX Vous connaissez peut-être les Velo’v, ces 4000 vélos en libre-service qui circulent depuis trois ans dans les rues de Lyon?Sinon, vous en découvrirez la version montréalaise dès cet automne dans quatre stations expérimentales du centre-ville.Dès le printemps 2009, ce sont 2400 vélos qui seront alors offerts en location dans les arrondissements centraux de Montréal.Mais qui sait que ce projet est directement inspiré de l’expérience de la ville de Lyon?Né à Munich, ce nouveau mode de transport urbain s’est vite répandu en Europe.Lyon fut la première ville française à tenter l’expérience et c’est là que les responsables de Montréal ont pu en mesurer l’intérêt avant de se lancer dans l’aventure.Une première en Amérique.Les exemples de ce type ne manquent pas.L’illumination des bâtiments du Vieux-Montréal, par exemple, est directement inspirée de ce que fait Lyon en la matière depuis des années.Il y aura 30 ans l’an prochain que les deux villes ont signé un pacte d’amitié.La collaboration entre elles dépasse aujourd’hui largement ces cas concrets.Dans le cadre des Entretiens Jacques-Cartier, l’occasion était belle de réunir les maires de Montréal, Gérald Tremblay, et de Lyon, Gérard Collomb, pour leur demander pourquoi ces deux villes, malgré la distance et des industries souvent en concurrence, ont tant d’atomes crochus.Le Devoir — Quelle importance ont pour vous les relations entre Montréal et Lyon?Peut-on parler de liens privilégiés?Gérard Collomb — Il s’agit en effet de relations privilégiées.Un pacte d’amitié a été signé en 1979.D a été confirmé par un protocole d'échange et de collaboration en 1989.Je vois souvent Gérald Tremblay, puisque nous sommes présents dans plusieurs réseaux identiques.Les deux villes ont pu, grâce à leurs nombreux atouts communs, créer un maillage serré de partenaires économiques, universitaires, culturels, qui permettent en effet de parler de liens privilégiés.Gérald Tremblay — Lyon est la deuxième ville, après Shanghai', avec laquelle Montréal a établi des relations aussi importantes et aussi conséquentes.Ce sont deux villes qui ont un fort passé industriel, notamment dans les textiles.Mais, de surcroît, elles sont devenues des villes universitaires très dynamiques.De plus, toutes deux misent sur la recherche et la création pour soutenir l’innovation.Ce sont également des villes-carrefours, entre l’Europe et la Méditerranée pour Lyon, entre l’Amérique et l’Europe pour Montréal.Le Devoir — Si vous aviez à caractériser ou à décrire ce que vous inspire l'autre ville, que diriez-vous?G.C.— La ville de Montréal est très entreprenante et son maire est très dynamique.C’est une ville innovante et créatrice dans plusieurs domaines, avec notamment une vision nouvelle du développement économique fondée sur la création de grappes industrielles chères à M.Tremblay.A Montréal comme à Lyon, on trouve de grands projets urbains, je pense notamment au réaménagement du quartier du Havre et au plan de transport de Montréal qui doit jouer un rôle structurant dans le réaménagement des quartiers de la cité.G.T.— Lors de mon dernier séjour à Lyon, en 2006, j’ai été particulièrement impressionné par le projet Lyon Confluence, un vaste projet de réaménagement urbain qui me fait beaucoup penser à notre projet du Havre.Dans les deux cas, il s’agit de réaménager un vieux quartier manufacturier et ferroviaire, déstructuré, un quartier qui est le prolongement du centre-ville, pour en faire un milieu de vie de qualité.Le Devoir — Comment expliquez-vous que ces deux villes, par ailleurs très différentes et situées sur deux continents encore plus différents, aient développé de tels liens?G.C.— Il existe entre la France et le Canada un partenariat historique et stratégique fort et des relations d'amitié, voire de fraternité.Les villes de Lyon et Montréal n'ont pas échappé à cette logique.Le frit qu’elles sont situées sur des continents différents a probablement créé une forme de fascination pour cette différence.La francophonie a certainement été un des vecteurs du développement des liens nombreux entre les deux pays, mais aussi entre les deux villes, qui ont pris conscience de leurs potentialités respectives.G.T.— Evidemment, nous n’avons pas les deux millénaires d’histoire de Lyon.Notre appartenance à la francophonie est un facteur essentiel de nos relations.Au fil du temps, non seulement les maires de nos deux villes, mais aussi les chercheurs universitaires, les JACQUES DEMARTHON AFP Gérard Collomb, maire de Lyon entrepreneurs et les gestionnaires ont préservé cette relation et approfondi leur collaboration.Ces échanges se sont prolongés dans des projets comme l’intervention dans les quartiers sensibles de Montréal, inspirés du contrat de ville signé entre la Ville de Lyon et ses partenaires de la Région Rhône-Alpes et du gouvernement français pour la réhabilitation du Plateau de la Duchère.L’an dernier, Montréal s’est associé avec Lyon dans un réseau des villes gourmandes, le réseau «Délices», qui suscite beaucoup d’intérêt auprès d’autres grandes villes, comme Barcelone, Bruxelles, Madrid, Milan, Osaka, Philadelphie, Sào Paulo.Ces échanges réguliers ont d’ailleurs amené la Région Rhône-Alpes à se doter d’une représentation permanente à Montréal.Le Devoir—Le frit que Lyon et Montréal sont des grandes villes, mais moins grandes que Paris ou New York, simplifie-t-il les liens?G.C.—- En effet, ni Lyon ni Montréal ne sont des capitales.Lyon entretient cependant des relations avec des villes de taille supérieure à la sienne, comme Philadelphie, New York, Yokohama ou Canton.On a parlé de relations d’amitié, c’est aussi ce qui simplifie nos contacts.G.T.— Montréal a des relations fructueuses et chaleureuses avec Paris aussi.Je partage, avec le maire Bertrand Delanoë, de nombreux intérêts et nous échangeons sur des enjeux tels que l’environnement Si on peut dire que les relations sont plus soutenues avec Lyon, c’est peut-être à cause de la nature des enjeux écono- miques et institutionnels, qui sont plus semblables, et bien sûr, grâce à la durée et à la régularité de notre relation.Le Devoir — Le président Sarkozy a récemment affirmé que, si les Canadiens sont des amis, les Québécois sont des frères.Cette formule trouve-t-elle à se concrétiser dans les relations qu’entretiennent Lyon et Montréal ?G.C.— Les relations Lyon-Montréal sont très amicales.Le maire de Montréal est un grand ami avec qui nous échangeons très souvent lors de rencontres dans différentes villes du monde.Par ailleurs, la longévité des Entretiens Jacques-Cartier, et des coopérations universitaires notamment, est également la preuve que Canadiens et Français, Lyonnais et Montréalais éprouvent des liens d’amitié, voire de fraternité.G, T.— Nous sommes certainement des amis, souvent des cousins et parfois des frères.Et ce n’est pas exclusif.Il y a de la place pour tout le monde dans les relations de Montréal avec les autres villes du monde.Les relations entre Montréal et Lyon s’inscrivent évidemment dans les relations privilégiées que la France et le Québec entretiennent Le Devoir — Sur le plan économique, les deux villes ont développé des industries dans des secteurs parfois semblables (biochimie, communications, etc.).Cela ne devrait-il pas en faire des villes concurrentes?G.C.— Il s’agit plus d’une complémentarité que d’une véritable concurrence.Un partenariat économique a été établi entre nous qui porte notamment sur les sciences de la vie, les biotechnologies, l’immunologie, la cancérologie.Et si concurrence il y a, c’est surtout une source d’émulation.G.T.— La concurrence existe.Non seulement est-elle stimulante, mais elle peut aussi être source de collaborations sur certains marchés à certains moments.Par exemple, dans le secteur biopharmaceutique, des chercheurs et des entreprises de pointe se sont justement rencontrés lors des Entretiens ces dernières années et ils ont pris la mesure des partenariats possibles.Le Devoir — Pourtant, les administrations municipales française et québécoise sont très différentes.De quoi êtes-vous le plus jaloux dans l’autre ville?G.C.— Des différences existent, c’est certain.Je ne crois pas JACQUES NADEAU LE DEVOIR Gérald Tremblay, maire de Montréal que Montréal possède des compétences similaires à celles de nos collectivités françaises, notamment en matière de santé et d’éducation.Le niveau de sources de revenus de la municipalité québécoise n’est pas établi sur les mêmes bases que pour Lyon, ce qui représente un handicap en matière budgétaire.Là, Lyon semble plus avantagée.G.T.— Il y a des différences importantes, bien sûr.Dans le transport collectif, par exemple, la France possède un réseau de transport public fortement implanté dans les grandes villes et entre elles, avec des infrastructures qui relient, par exemple, le TGV aux aéroports et à tout le réseau urbain lyonnais.C’est un objectif que nous visons avec le plan de transport de Montréal.Le Devoir — Comment expliquez-vous le succès des Entretiens JacquesCartier?G.C.— La régularité et la qualité des échanges, l’esprit d’ouverture en sont à l’origine.Il faut reconnaître ici le dynamisme de son directeur, qui réussit depuis déjà 20 ans à mobiliser toutes les forces intellectuelles des deux villes et régions pour donner toujours plus d’attractivité aux Entretiens, en élargissant les thématiques et en ouvrant les colloques à des institutions économiques, culturelles.G.T.— Les Entretiens ont maintenu le cap sur des questions pertinentes et se sont élargis à de nombreux acteurs.Il y a eu au départ le besoin de collaboration entre chercheurs universitaires de Lyon et de Montréal Puis, il y a eu un intérêt de plus en plus laige pour les questions urbaines, culturelles, économiques.C’est une des clés du succès.Le Devoir — Êtes-vous en mesure d’évaluer les retombées de ces Entretiens dans votre ville?G.C.— Les Entretiens Jacques-Cartier rassemblent à Lyon chaque année, pendant trois années de suite, entre 250 et 300 intervenants et participants du Canada et du Québec mais aussi d’autres pays.Cela entraîne évidemment des retombées en matière d’hôtellerie et de restauration, mais aussi de découverte de la ville et de son patrimoine.Par ailleurs, les Entretiens Jacques-Cartier permettent de valoriser le potentiel intellectuel de Lyon et de la région Rhône-Alpes par des échanges de haut niveau, des confrontations d’idées et des mises en commun d’expériences.Tous ces éléments renforcent et dynamisent l’image internationale de Lyon.Et puis, on a évoqué les relations d’amitié et les échanges générés, cela est inestimable.C'est une vraie richesse.G.T, — L’apport des Entretiens ne peut pas se mesurer seulement par le nombre de visiteurs.Ce sont des chercheurs universitaires, des décideurs économiques, des entrepreneurs dans des domames tels que la santé, les nanotechnologies ou les transports, des créateurs culturels, de grands chefs cuisiniers, des personnalités politiques, des recteurs et des présidents d’université.Dans le domaine des sciences de la vie, grâce aux échanges menés en 2006 lors des Entretiens à Lyon, nous créerons cette année un pool d’entreprises montréalaises, québécoises, lyonnaises et rhônalpines qui sont soutenues, dans leurs démarches commerciales de chaque côté de l'Atlantique, par le Campus des technologies de la santé de Montréal et l’ARDI-Santé (Agence régionale du développement et de l’innovation) de la Région Rhône-Alpes.Le Devoir — Caressez-vous de nouveaux projets communs?G.C.— Nous mettons en place un programme de coopération entre les communautés urbaines de Lyon, Bordeaux, Montréal et Québec, qui portera sur la stratégie de développement des métro- „„ poles et d'échanges de bonnes pratiques de gouvernance.Nous avons des préoccupations communes sur lesquelles une réflexion va s’engager, notamment dans le domaine de la gestion des déchets, du développement durable et de la lutte contre les changements climatiques.G.T.— Le Plan lumière dans les quartiers patrimoniaux, la collaboration dans la démarche de solidarité humanitaire et dans le projet de Bamako, les alliances entreprises-universités pour l’innovation, les projets communs ne manquent pas.Les discussions que j’aurai avec Gérard Collomb ne manqueront pas d’en susciter d’autres.Correspondant du Devoir d Paris Nous mettons en place un programme de coopération entre les communautés urbaines de Lyon, Bordeaux, Montréal et Québec — Gérard Collomb -Caisse de depot et placement du Québec LA CAISSE ET LE CENTRE JACQUES CARTIER ’«if J:f| www.lacais8e.com COLLOQUE INTERNRTIONflL Les meilleures pratiques LE G ET 7 OCTOBRE 0000 S NONTHÉflL co >« 0 oc 1 +-J c O ï 2! 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