Le devoir, 4 août 2004, Cahier A
WAL-MART MONTRÉAL Le concours international des châteaux de sable s’écroule Page A 3 ?www.ledevoir.com ?Une douzaine d’autres supermarchés sont dans le collimateur syndical Page B 1 LE DEVOIR M- le Magistral ¦ *>, y ' JACQUES GRENIER LE DEVOIR C’ÉTAIT donc possible; hier, au premier de ces trois soirs à guichets fermés, Mathieu Chédid, alias -M-, est parvenu à faire entrer au Spectrum le mégaspectacle pour stade qu’il promène cet été dans toute l’Europe.Y compris la guitare géante rose gonflable et ses tifs en pointes.Pour ne pas être en reste, les mille spectateurs ont hurlé de plaisir comme s’ils étaient dix mille.Une alerte terroriste fondée sur du réchauffé Menace gonflée ou danger réel ?Le gouvernement Bush a déclenché l’alerte sur la foi d’informations vieilles de quatre ans Wf ashington — Admission de V V taille hier le gouvernement américain a reconnu que les documents l’ayant conduit à relever dimanche le niveau d’alerte terroriste à Washington et à New York remontaient à 2000 et 2001 mais a justifié sa décision par la capacité d’al-Qaïda de préparer longtemps à l’avance un attentat.«Ce n’est pas nouveau.Nous l’avons dit.Ces rapports sur ces repérages ont été faits en 2000 et 2001 mais certains ont été actualisés en janvier de cette année», a déclaré la patronne de l’antiterrorisme au Conseil national de sécurité, Frances Townsend, sur la chaîne de télévision CNN.Le secrétaire à la Sécurité intérieure, Tom Ridge, a également déclaré hier à New York qu’il n'y avait «pas de preuve de surveillance récente» de dbies aux États-Unis.Reste que, selon hü, l’administration a jugé «essentiel» de rendre l’affaire publique et d’élever le niveau d’alerte.Ces menaces, qualifiées de plus précises que jamais, rendues publiques dimanche et assorties du passage au niveau d’alerte orange, concernent des institutions financières privées ou internationales à New York, à Newark et à Washington, dont la Bourse de New York et les sièges du FMI et de la Banque mondiale dans la capitale américaine.Ce sont le Washington Post et le New York Times qui ont révélé dans leur édition d’hier que la plupart des renseignements ayant conduit les États-Unis à déclencher dimanche une nouvelle alerte au terrorisme dataient d’avant les attentats du 11 septembre 2001.VOIR PAGE A 8: ALERTE HORS-JEU Merci Boris Si d’aventure vous rencontrez un alexandrin sportif et y retrouvez une rime riche à craquer mettant en vedette les mots «Boris» et «tennis», nul doute que vous aurez le réflexe primaire de songer à Becker.(«Primaire» et «Becker» forment aussi une belle rime, mais pauvre, surtout compte tenu des problèmes que connaît le blond jeune homme avec le fisc allemand.) Mais la réalité n’est parfois pas celle que l'on attend.En fait de Boris, il s’agit ici d’Eltsine.Plutôt étonnant, non?Pourtant, on est là à jaser de choses et d’autres en marge de la coupe Rogers, et voici deux fois en deux jours que le nom de Boris Eltsine surgit au détour de la conversation.Lundi, c’était Nadia Petrova qui rendait hommage au vieux loup en sa qualité de précurseur.Hier, c’était Anastasia Myskina qui disait de lui qu’il avait «sorti le tennis [russe] de nulle part».Rien de moins.C’est qu’il est beaucoup question de la vague venue de l’Est par les temps qui courent après la balle et la retournent avec un coup imparable dans le coin.Du jamais vu, pour tout dire.Sept joueuses russes figurent parmi les 20 premières au classement mondial: Myskina est 4', Elena Dementieva 6r, Maria Sharapova &, Svetlana Kuznetsova 9f, Vera Zvonareva 14', Nadia Petrova 15' et Elena Bovina 20e.(Toutes sont présentes à Montréal sauf Kuznetsova.) En juin dernier, Myskina a remporté la finale de Roland-Garros contre Dementieva, devenant la première Russe de l’histoire à gagner un VOIR PAGE A 8: BORIS Jean Dion SPORTS Inégale, Capriati passe au troisième tour ¦ Nos informations en page B 6 INDEX Actualités __A 2 Annonces_____B 5 Avis publics.B 4 Carrières.A4 Culture.B 8 Décès________B5 Économie.B 1 Éditorial.A6 Idées________A 7 Météo_______B 4 Monde.A 5 Mots croisés.B 4 Sports.B 6 Télévision.B 7 ?AFGHANISTAN Tournages à Montréal Une élection en cache une autre Les Afghans font l’apprentissage de la démocratie.à l’échelle municipale.Une petite révolution qui passe inaperçue.L’Afghanistan, où notre journaliste a séjourné en juin et juillet, s’est imposé à notre conscience au lendemain du 11 septembre 2001.Ce pays d’Asie centrale, qui demeure l’un des plus pauvres de la planète, fait actuellement l’objet d’une mobilisation internationale dans les domaines de la sécurité et du développement Des élections démocratiques prévues à l’automne et au printemps devraient permettre de dire si un cauchemar long de plusieurs décennies y prendra fin.Troisième article d’une série de six.CLAUDE LÉVESQUE Les premières élections démocratiques en Afghanistan ont déjà eu lieu.avant même le grand rendez-vous du 9 octobre, alors qu’Hamid Karzai mettra son litre provisoire en jeu contre 22 rivaux.En effet le plus ambitieux projet de développement en cours dans le pays, qui vise à améliorer les conditions de vie des nombreuses populations rurales, comporte cette condition sine qua non: pour être admissible, un village doit d’abord s’être doté d’un conseil élu.Une véritable révolution, même si elle passe inaperçue.Traditionnellement les shuras ne se réunissent que de façon ponctuelle, ordinairement pour résoudre des problèmes liés à la gestion de Teau ou des terres communes.Elles sont souvent dominées par les grands propriétaires et les chefs religieux ou, plus récemment par le «commandant» ou le seigneur de la guerre qui sévit à l’échelle locale.Le Programme de solidarité nationale (PSN), qui a déjà touché 6000 villages afghans depuis son lancement à la fin de 2003, «met au défi les structures traditionnelles qui étaient injustes et inefjicaces», affirme Mohammad Ehzan Zia, sous-ministre de la Réhabi-liation rurale et du Développement Des votes à scrutin secret ont déjà eu lieu dans 4200 villages totalisant 2,7 millions de citoyens.Les chiffres devraient doubler d’ici la fin de l’année.«Le processus est aussi important que les résultats concrets», note Orner Zakilwhal, conseiller au même ministère.«H y a un aspect politique qui est de sensibiliser les populations au processus électoral.De promouvoir la culture démocratique, en somme», ajoute cet Afghan d’origine prêté pour deux ans par Statistique Canada À vol d’oiseau, l’Afghanistan se présente comme une immensité faite de montagnes arides percées de VOIR PAGE A 8: AFGHANISTAN KHAI.ED MANSOUR REUTERS Ws-.'r W'tf ¦ s ivsii .¦Ce ¦ - Nomades pachtounes, dans le sud de l’Afghanistan.Disette après la manne Le dégonflement de la bulle cinématograph ique, vécu de l’intérieur Certains artisans du cinéma montréalais crient famine.après avoir mangé le ventre plein pendant plusieurs années fastes.D’autres se réorientent ou profitent d’un été calme en attendant la reprise.Mais si les tournages américains boudent Montréal, les productions québécoises demeurent.Échographie d’une crise qui n’en est pas une pour tout le monde.FRÉDÉRIQUE DOYON Depuis le début de l’année, l’industrie cinématographique de Montréal bat de l’aile.Le problème?Les productions hollywoodiennes, une manne de 400 millions de dollars en investissements, boudent la métropole québécoise.Sur la ligne de front de ce désert cinématographique estival, les artisans du milieu, dont souvent la moitié, voire les trois quarts, de la masse salariale provient de ces mégaproductions.•Cette année, c’est catastrophique, estime la scripte Catherine Veaux-Logeat.Normalement, au mois de juillet, je suis appelée presque tous les jours et là, je n’ai rien eu cette semaine.J’ai eu au maximum 25 jours de travail (depuis janvier] pour des publicités et deux courts métrages.Je n’ai même pas atteint la moitié de mon salaire de l’an dernier.» Ses revenus annuels pouvaient atteindre 60 000 $ dans les années fastes qui se sont succédé quasi sans relâche de 1996 à 2003.«Cette année, je n’ai même pas atteint 10 000 $», note-t-elle.Heureusement, celle qui pratique le métier de scripte depuis dix ans a amorcé un virage vers la réalisation de documentaires il y a deux ans, en quête d’une voie plus créative.«Je suis très contente d’avoir pris cette initiative.» Une réorientation professionnelle que plusieurs de ses collègues envisagent maintenant, compte tenu des fluctuations imprévisibles du marché.À son arrivée sur le marché du travail en 1994, elles étaient 25 scriptes à se partager les tournage VOIR PAGE A 8: TOURNAGES L’Europe de l’Est, la nouvelle destination préférée des Américains LE DEVOIR, LE MERCREDI 4 AOÛT 2004 A 2 ?LES ACTUALITÉS- Étonnante découverte d’un scientifique de l’Université Queen’s Les poissons aussi auraient le mal des caissons EN BREF Un homme est arrêté relativement à la mort du marionnettiste Pierre Régimbald Longueuil — Un homme a été arrêté hier relativement à la mort du marionnettiste Pierre Régimbald, le créateur de personnages de Passe-Partout, retrouvé sans vie chez lui en fin de semaine dernière.Le suspect, âgé de 33 ans, comparaîtra aujourd’hui au palais de justice de Longueuil.Pierre Régimbald avait été retrouvé mort le 31 juillet dernier à sa résidence de Longueuil.Il aurait été poignardé.Le marionnettiste avait créé et fait vivre les personnages de Pruneau, Cannelle, Ti-Brin et compagnie, de l’émission jeunesse Passe-Partout En 1968, M.Régimbald avait aussi inauguré la première de 10 saisons de théâtre pour enfants au Théâtre du Rideau Vert.Depuis, il a entre autres travaillé avec son grand ami, le marionnettiste Claude Lafortune, pour différents projets télévisuels et ateliers de marionnettes.- PC Evaluer l’impact de la pulvérisation aérienne d’insecticides En cas d’épidémies ou de propagation rapide du virus du Nil occidental (VNO) dans certaines régions du Québec, les autorités pourraient avoir recours à des pulvérisations aériennes d’insecticides pour en freiner l’évolution.Toutefois, le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec a demandé à l’Institut national de santé publique de produire une étude sur l’impact d’une telle pratique sur l’environnement et la santé de la population.Selon la loi sur la qualité de l’environnement, toute pulvérisation d’insecticide par voie aérienne doit être étudiée avant d’être appliquée.Les régions du Québec les plus à risque de voir une propagation importante du virus du Nil sont la Monté-régie, les Laurentides, Montréal, Laval et l’Ou-taouais.- Le Devoir Les YMCA viennent en aide aux sinistrés du Bangladesh Le YMCA du Grand Montréal appelle la population à faire une contribution afin de venir en aide aux milliers de sinistrés touchés par les violentes inondations au Bangladesh.Les débordements qui dévastent le pays depuis quelques semaines ont déjà fait près de 300 morts à ce jour, des décès attribuables principalement à des noyades, à la diarrhée, à la fièvre et aux morsures de serpent Plus de 2,3 millions de Bangladais seraient touchés, et des milliers auraient déjà perdu leurs maisons, leurs récoltes et leur bétail.Pour leur venir en aide, les YMCA de la région dévastée offrent un refuge et une aide alimentaire aux victimes.- Le Devoir À la défense de la rivière Magpie Des environnementalistes et des représentants du secteur touristique entreprennent ce matin une descente de la rivière Magpie, sur la Côte-Nord, afin de réclamer la protection du cours d’eau, menacé par un projet de construction de la plus importante centrale hydroélectrique de la province.«Il faut se battre pour garder cette rivière intacte», a déclaré hier Alain Saladzius, le codirecteur de la Fondation Rivières, qui organise l’expédition.- PC Schwarzenegger met fin à un différend avec un fabricant de poupées Los Angeles — Le gouverneur républicain de la Californie, Arnold Schwarzenegger, a donné son accord à la commercialisation d’une figurine à son image, lancée sans son consentement, mais en exigeant le retrait du fusil d’assaut qu’elle portait en bandoulière.L’accord, annoncé hier, met fin à la procédure judiciaire lancée au printemps par la société de production de l’ex-acteur, Oak Productions, contre un petit fabriquant de jouets, Ohio Discount Merchandise, basé dans l’Ohio.Elle estimait que la poupée, vendue 19,95 $US, représentait une exploitation commerciale illégale de l’image du héros de Terminator.La figurine, qui montre Arnold Schwarzenegger en costume-cravate, continuera à être commercialisée en ligne mais sans le fusil d’assaut, le fabriquant s’engageant en outre à verser une partie des revenus de la vente à des œuvres de bienfaisance soutenues par le gouverneur.-AP Grande-Bretagne: décès d’un chien policier par surdose l-cndres — Un chien policier est décédé d’une surdose après une opération antidrogue dans le nord-ouest de l’Angleterre, a-t-on appris de source policière.Todd, un épagneul âgé de sept ans, est tombé malade après avoir reniflé une voiture à Preston, le 24 juillet dernier.Son propriétaire l’a emmené chez le vétérinaire, mais l’animal est finalement décédé dans le service des soins animaliers de l’université de Liverpool.Selon une porte-parole de la police, les symptômes du chien correspondaient à ceux d’une surdose d’amphétamine.Des analyses sont actuellement en cours pour confinner la cause du décès.Todd travaillait pour la police du comté de Lancashire depuis cinq ans et vivait avec son maître, Roger Moore, et sa famille.Aucune drogue n’avait cependant été retrouvée lors de la perquisition, selon la police.-AP Une chaussure de sport qui grandit avec le pied des enfants Berlin — Un équipementier de sport américain a conçu une chaussure qui s’adapte au pied des enfants quand ils grandissent.La société K2 teste son produit, appelé «Max der Wurm» (Max le ver), auprès des consommateurs allemands depuis la semaine dernière.La chaussure est équipée d’un bouton qui actionne une structure en accordéon permettant de l’adapter à la longueur du pied.- Reuters LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Tout comme l’homme peut souffrir de la décompression, le poisson peut être aux prises avec le mal des caissons s’il est ramené trop violemment d’une eau profonde à la surface.Voilà une affirmation qui pourrait légitimement susciter un certain scepticisme si elle n’était pas portée haut et fort par un ichtyologiste canadien de l’université Queen’s.Le chercheur Bruce Tufts est catégorique.Les difficultés d’un poisson qui a succombé au plaisir coupable de mordiller un appât ne prennent pas nécessairement fin avec son retour à l’eau, même s’il paraît ne pas en avoir souffert «Selon nos résultats, lorsque les poissons sont ramenés rapidement de l’eau profonde Jusqu’à la surface, ils souffrent du mal de décompression, tout comme les humains».Première C’est la première fois qu’une étude de cette envergure abordait de front les signes chimiques internes qui indiquent un problème de décompression.Au cours de ses trois années de recherche, l’équipe ontarienne a participé à un grand nombre de tournois de pêche à l’achigan à petite bouche, un terrain d’expérimentation parfaitement adapté à ses besoins.Les conclusions des chercheurs sont étonnantes.Remontés au bout d’un hameçon d’une profondeur aussi faible que cinq mètres, l’achigan à petite bouche a montré des effets semblables à ceux expérimentés par des plongeurs en eaux profondes à leur Le présumé patron de la mafia montréalaise Vito Rizzuto a comparu hier matin au palais de justice de Montréal pour tenter d'obtenir une remise en liberté provisoire en attendant que çoit réglé le dossier d’extradition présenté par les Etats-Unis au début de l’année.En janvier dernier, M.Rizzuto avait été arrêté et incarcéré à la demande de la justice américaine, qui le soupçonne d’avoir été mêlé à un règlement de comptes survenu en mai 1981 à New York, au cours duquel trois personnes ont perdu la vie.Aucune accusation de meurtre n’a été déposée contre Vito Rizzuto mais le présumé patron de la mafia montréalaise est accusé de complot et de gangstérisme.Ses avocats objectent que le délai de prescription est échu depuis 1986 — soit cinq ans après les faits —, un argument que conteste la justice américaine.arrivée à la surface lorsqu’ils remontent trop rapidement et que leur organisme n’a pas eu le temps nécessaire pour s’adapter.«Lorsque nous avons parlé de ce phénomène dans des réunions scientifiques, beaucoup de mes collègues se sont exclamés: “Wow!" Ils étaient réellement surpris», explique le biologiste.Et pour cause! Aucune donnée scientifique valable n’avait été colligée jusqu’à maintenant, outre les quelques anecdotes de pêcheurs à la ligne ayant observé des poissons dont la vessie gazeuse était si gonflée que cela les empêchait de se redresser, une fois remis à l’eau.Les données recueillies par l'équipe du professeur Tufts devraient toutefois combler ce manque.En prélevant des échantillons de sang sur les poissons capturés lors des tournois, les chercheurs ont pu mesurer la présence d’enzymes indicateurs de dommages cellulaires, de la même façon qu’on analyse des échantillons de sang d’une personne pour déceler des dommages aux tissus lorsqu’on soupçonne qu’elle a fait une crise cardiaque.«Selon la profondeur où le poisson se trouvait et le temps passé à la surface, on peut observer la formation de bulles de gaz dans le sang ainsi que la présence dans le sang d’enzymes qui indiquent des dommages aux tissus», note l’ichtyologiste, qui dit toutefois ignorer si le mal des caissons a un impact sur la survie dudit poisson, un facteur qui pourrait représenter un enjeu de conservation important pour les lacs profonds de l'Amérique du Nord, le cas échéant •A mon avis, s’ils sont libérés après une courte pério- II revient au ministre de la Justice du Canada, Irwin Cotlqr, de décider si Vito Rizzuto sera extradé vers les Etats-Unis.Mais en attendant M.Rizzuto souhaiterait retrouver sa liberté provisoire.Témoignage d'un spécialiste Pour donner plus de poids à la requête de leur client les avocats de Vito Rizzuto feront témoigner ce matin uq avocat spécialiste des questions d’extradition aux Etats-Unis, Allan Dershowitz, qui a compté parmi ses clients le boxeur Mike Tyson et l’anden joueur de football O.J.Simpson.Le juge François Doyon pourrait décider d’ici la fin de la semaine s’il remet M.Rizzuto en liberté.En avril, le juge Jean-Guy Boilard a déjà refusé une première fois d’accéder à la demande de libération provisoire de Vito Rizzuto.Presse canadienne de, ils pourront en fait retourner à la bonne profondeur et ils se porteront bien», poursuit M.Tufts.Mais s’il croit que les poissons réussiraient ainsi ce que les humains accomplissent en utilisant une chambre de décompression, un doute raisonnable persiste, ouvrant la porte à un nouveau champ de recherche qu’il compte bien explorer.Une décennie de recherche Le biologiste Bruce Tufts compte une bonne décennie de travaux sur la maximisation de la méthode de capture et remise à l’eau pour la conservation des poissons en pêche sportive.Ses derniers travaux sur le mal des caissons des poissons—financés par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada CRSNG par Shimano Canada Limited — vaudront d’ailleurs à trois de ses étudiants une publication dans Trqnsactions of the American Fisheries Society.A l’université, l’équipe de Bruce Tufts se concentre sur trois domaines de recherche.Le premier consiste à comparer la physiologie des différents systèmes respiratoires pour voir comment ils ont innové au cours de l’évolution des vertébrés.Le second couvre la réponse physiologique et moléculaire du poisson soumis à un stress.Le dernier utilise des connaissances et des techniques de base issues de ses recherches fondamentales pour les appliquer à des problèmes socioéconomiques en relation avec les pêcheries.Le Devoir Famille de Colombiens cherchant refuge Dora et Sandra Boija débarquent à Montréal MALORIE BEAUCHEMIN Une famille de Colombiens dont deux membres menacés d’expulsion avaient trouvé refuge dans une église de North Hatley l’été dernier sera réunie de nouveau prochainement, pour la première fois depuis plus de trois ans.Les Boija ont finalement obtenu le statut de résidents permanents au Canada et arriveront au Québec en deux temps cette semaine pour ensuite s’installer temporairement dans la région des Cantons-de-l’Est La mère et la fille aînée, Dora et Sandra, qui s’étaient réfugiées au Panama depuis 2001, devaient atterrir à l’aéroport Trudeau de Dorval en fin de soirée hier, arrivant directement d’Amérique centrale.German et Doris Boija, qui avaient passé plus de 100 jours en sanctuaire dans une église des Cantons-de-l’Est en 2003, devraient reyenir pour leur part demain, en provenance des Etats-Unis.Ce sont ces deux derniers qui ont complété les démarches administratives afin d’obtenir la résidence permanente pour toute la famille.Des dons de la communauté ainsi qu’un parrainage de la CSN de l’Estrie ont aidé les Boija à faire avancer leur demande auprès de Citoyenneté et Immigration Canada.Le statut de réfugiés leur avait été refosé en 2001.Dans une église À la suite d’un avis d’expulsion, les deux membres de la famille s’étaient réfugiés à l’église unitarienne de North Hatley, le 26 juin 2003.Le 22 octobre, le père et sa fille, laquelle est maintenant âgée de 22 ans, s’étaient rendus aux autorités canadiennes et avaient été expulsés, pour ensuite se réfugier aux Etats-Unis d’où ils ont fait leur demande de résidence permanente.Toute cette histoire avait alors soulevé les passions dans la petite communauté de North Hatley ainsi que dans les municipalités avoisinantes.La famille Borja sera hébergée temporairement chez des membres du comité qui les a pris en charge depuis leur entrée au sanctuaire.Le Devoir Incendies à Montréal La police met de l’eau sur le feu GUILLAUME B O U RG AU LT-C ÔTÉ Le nombre élevé d’incendies criminels allumés dans les derniers jours à Montréal n’inquiète pas le Service de police de la Ville, qui affirme qu'il n’y a pas lieu de crier au pyromane en cavale.«Il y a entre 800 et 1000 incendies par année à Montréal, indique Lynne Labelle, du Service des relations médias de la police.Depuis deux semaines, nous avons eu 19 incendies, ce qui est tout à fait dans la normale.Et on est certains qu’il y en a au moins trois là-dedans qui n’ont aucun lien avec les autres.Ce n’est donc pas vraiment préoccupant.» Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ne s’occupe que des enquêtes des cas d’incendies présumés criminels.En ce qui concerne les 16 incendies qui restent à élucider, Lynne Labelle dit que la police en est encore à collecter les renseignements pour tâcher de déterminer lesquels sont liés.La plupart ont été allumés dans des tas d’ordures.«On est certains qu’il y a un effet d'entraînement, avec toute cette couverture médiatique», dit Lynne Labelle.Hier, trois des quatre grands quotidiens de Montréal consacraient leur une au sujet «Elans un des Journaux, relate Mme Labelle, on avait une photo d’un incendie dont on sait aujourd’hui qu'il a été allumé par un enfant de quatre ans.Il faut faire attention.» La police a tout de même décidé d’augmenter le nombre de ses patrouilles à pied et à vélo, dans les secteurs de Centre-Sud et du Flateau Mont-RoyaL Le Devoir Mercure, me voici! USAF ; ¦ iKil CARLETON BAILIE FOR BOEING REUTERS MESSENGER, le vaisseau spatial que la NASA a préparé pour un long voyage vers Mercure, a quitté sa rampe de lancement, tôt hier, en route pour un voyage qui le mènera, en 2011, en orbite autour de sa destination, une étrange planète, la plus petite du système solaire (4900 km de diamètre), après Pluton (2300 km) et la moins explorée à ce jour.Extradition demandée par les États-Unis Vito Rizzuto tente d’obtenir sa liberté provisoire une nouvelle fois N» » < ft LE DEVOIR.LE MERCREDI 4 AOÛT 2004 Fin de récréation à Huntingdon GUILLAUME B O U R G AU LT-C ô TÉ Sauf dans certaines circonstances, c’est à la maison et sagement que les Huntingdonnois de moins de 15 ans devront passer leurs fins de soirée à compter d’aujourd’hui, alors que le projet de règlement du maire pour contrôler la circulation des jeunes entre en vigueur à 22h30.Une version remaniée du controversé couvre-feu que n’apprécie pas plus la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ), qui estime toujours que cette mesure contrevient à la Charte des droits et libertés.«Thés peu de choses ont changé entre la première version du projet et celle adoptée lundi, affirme la porte-pa-role de la CDPDJ, Ginette L’Heureux.Dans notre perception, on change les mots, mais pas l’action.Ce sont les mêmes droits qui sont bafoués, et l'effet est le même: la personne qui est privée de liberté demeure le jeune.» L’essentiel conservé Le maire de Huntingdon, Stéphane Gendron, avait décidé, il y a un mois, de remiser son projet de couvre-feu au placard, principalement pour déjouer une requête juridique entreprise par le député de l’endroit, André Chenail.Quelques jours plus tard, alors que la CDPDJ émettait un avis dénonçant les dérives du règlement, M.Gendron annonçait un nouveau projet qui ne porte plus le nom de couvre-feu, mais qui garde l’essentiel du concept Ainsi, à compter de ce soir, les jeunes de 15 ans et moins ne pourront plus se trouver à l’extérieur sur la voie publique entre 22h30 et 6h, à moins d’être sous la supervision d’un adulte ou bien d’être en déplacement approuvé (étude, travail, activité officielle, course au dépanneur.).Si un jeune est surpris en flagrant défit d’errance injustifiée, les parents de celui-ci recevront une amende de 50 $ ou de 100 $, après un premier avertissement «gratuit».Pour Alain Boisvert un père de famille résidant de la ville, ce règlement est carrément «ridicule».«On ne comprend pas pourquoi le maire vise les jeunes de moins de 15 ans quand on sait très bien que ce ne sont pas eux qui sont le problème [.].Le maire vient nous dire que nous [les parents] sommes irresponsables.Moi, je n’accepte pas que la Ville décide ce qui est bon ou pas pour mon enfont.» Dans les familles Normand Nadeau, un des deux conseillers qui ont voté contre la proposition lundi soir, considère quant à lui que la volonté du maire Gendron est de «diriger les enfants de la ville.Il veut s’introduire dans les fomilles».À la CDPDJ, Ginette L’Heureux trouve dangereux de faire porter aux moins de 15 ans «la responsabilité du désordre de la ville.On risque de créer un sentiment de frayeur qui peut être très négatif.» Même constat au Centre jeunesse de la Montérégie, où Raymond Dumberry estime qüe le règlement pourrait avoir l’effet contraire à celui souhaité (contrer des problèmes de flânage et de vandalisme).«La cible peut être manquée car on ne fait pas d’éducation, mais seulement du contrôle, croit-il.Ça encourage l’adolescent à se durcir.[.] Pour moi, c’est un aveu d’impuissance de la part du maire, qui dit: “je ne sais plus quoi faire avec ma gang d’adolescents’.» Le principal problème avec ce règlement risque fort d’être son application même.À la SQ, on mentionnait hier qu’on ne savait pas encore comment on allait agir, puisque en théorie, la police ne peut interpeller quelqu’un sans justification.Du côté de la Ville, Stéphane Gendron entend engager une personne qui serait investie des pouvoirs nécessaires pour distribuer les infractions.Pour l’instant, la SQ n’a pas prévu augmenter le nombre de patrouilles dans le secteur.«C’est vrai que ça permettrait de régler une bonne partie du problème», reconnaît le maire en parlant d’une présence policière plus visible.Stéphane Gendron dit aussi être conscient que le gros des soucis de la ville ne vient pas des moins de 15 ans.Alors, pourquoi ce règlement7 «Il fout responsabiliser les parents.Je passe pour un fou des années 40, mais ce n’est pas normal de laisser son jeune dans la rue sans raison.» Pour justifier le projet M.Gendron se base sur une mesure similaire existant à Belœil.Mais, différence notable, cette dernière vise les enfants de moins de.10 ans.Le Devoir Achat d’hélicoptères par la Défense Jean Charest n’est pas sûr que le Québec obtient sa juste part Burlington — Le premier ministre Jean Charest veut obtenir une évaluation complète du contrat des hélicoptères de l’armée canadienne avant de se prononcer sur les retombées qui doivent échoir au Québec.Ottawa a annoncé, il y a un peu plus d’une semaine, qu’il achètent des hélicoptères Sikorsky, qui seront fabriqués aux Etats-Unis, plutôt que des Cormorant, qui auraient été assemblés chez Bell Helicopter de Mirabel, dans les Basses-Laurentides, au nord de Montréal Hier, alors qu’il effectuait une visite officielle au Vermont M.Charest a affirmé ne pas être convaincu que le milliard de dollars en retombées promis au Québec en marge de ce contrat puisse être vu comme sa juste part «Ce qu’on nous laisse croire, c’est qu’il y aurait un milliard [de dollars] en retombées au Québec», a affirmé M.Charest «Je ne sais pas si c’est un chiffre qui est fou.Je ne sais pas, moi, si c’est immuable, s’il ne peut Pas y en avoir plus, alors je veux que le gouvernement fédéral nous dise ce que c’est exactement ce qu’il attend comme retombées.Mais, comme nous avons au Québec le centre canadien de l’industrie aéronautique, on s’attend à ce que les retombées soient substantielles.» M.Charest a profité de l’occasion pour signifier que le gouvernement Chrétien aurait dû procéder avec le contrat original d’achat plutôt que de l’annuler en 1993 et tout recommencer.A 3 POLITIQUE L’abolition du programme des commandites sonne le glas d’un festival Les châteaux de sable s’écroulent Ém JACQUES NADEAU I.K DEVOIR Présenté depuis toujours dans le parc Lafontaine (notre photo), le festival avait accepté de déménager dans le Vieux-Port de Montréal.FABIEN DEGLISE Scandale des commandites, frilosité des gouverne ments à soutenir le milieu culturel et casse-tête des champs de compétence provincial/fédéral viennent de coûter la vie au 14' concours international des châteaux de sable de Montréal.L’événement qui devait se tenir du 12 au 17 août s’écroule à une semaine à peine de son lancement officiel, a annoncé son directeur général, faute de soutien des deux paliers de gouvernement «C’est avec déception que nous vous annonçons que le M Concours international de châteaux de sable est annulé, explique dans un communiqué de presse Christian Plessis-Bélair, l’homme derrière ce concours.[Il devait] rallier, comme par le passé, quelque 100 000 personnes dans une ambiance de fête conviviale axée sur la famille, mais la méga-conjoncture politique en a décidé autrement.» Pour cause.Fragilisées par un déménagement planifié pour la cuvée 2004, les fondations de l’événement n’ont visiblement pas résisté au contexte politique actuel qui, sur fond de coupure budgétaire, d’abolition du programme fédéral de commandites, le 12 décembre dernier, et de champs de compétences gouvernementales, ont sonné le glas de ce festival de constructions éphémères.«Cela fait 10 mois que je travaille à rassembler le financement, a expliqué hier en entrevue au Devoir M.Plessis-Bélair.Je m’étais donné jusqu’à vendredi comme échéance pour boucler le montage financier.Rien n’a bougé malgré toutes mes démarches et tous les papiers envoyés.Je suis écœuré.Cest donc terminé pour cette année.» Du parc aux écluses Retour en arrière.Présenté depuis toujours dans le parc Lafontaine, le concours de château de sable qvait décidé d’élire domicile cette année au parc des Ecluses du Vieux-Port, le site des Mosaïcultures.Sur invitation des responsables de l'endroit, en quête d’événements populaire et familiaux, mais aussi sous la pression des résidants des environs du parc Lafontaine qui l’an dernier ont signé une pétition pour faire annuler le concours en raison du volume trop élevé de la musique qui l’accompagne.«Cela faisait trois ans que les gens du Vieux-Port m’invitaient à me rapprocher du fleuve, lance l’organisateur.Nous avons donc quitté le parc Lafontaine, même si cela était un très bel endroit, avec la promesse d’obtenir du financement du fédéral pour notre événement.» La suite, elle, relève d’un roman de Kafka.Éconduit par Ottawa, qui entre-temps s’est retrouvé plongé dans un scandale mettant en vedette un programme de commandites, M.Plessis-Bélair a perdu également, ce faisant, ses liens avec le gouvernement provincial qui pourtant appuyait la tenue de son rassemblement d’assembleurs de grains de sable par le passé.Motif?Le concours se tenant désormais sur un site relevant du gouvernement fédéral, Québec ne dispose pas de programmes pour lui venir en aide d’ailleurs, explique-t-il.Dans une lettre datée du 6 juillet dernier, le ministère québécois du Tourisme lui mentionne d’ailleurs que «Tourisme Québec se doit de privilégier les projets qui contribuent prioritairement à l’atteinte de ses objectifs stratégiques.» Et le Vieux-Port de Montréal, une entité fédérale, n’en fait visiblement pas partie.«Du côté de Québec, toutes mes démarches sont restées vaines, poursuit l'homme un brin amer.Et à Ottawa, tous les ministères contactés se sont renvoyé la balle sans finalement m’accorder de subside.Cest complètement ridicule.J’organise un concours similaire depuis 16 ans en République Dominicaine sans problème d’appui du gouvernement local.Mais au Canada, c’est différent.Mon propre pays ne peut pas m aider Franchement, ça me fait chier.» Les pèles, râteaux, truelles et seaux ont donc été rangés.Et les 33 équipes attendues de France, des Etats-Unis et du Canada, entre autres, ont reçu dans les derniers jours l’avis de l’organisateur de ne pas se présenter sur les lieux de la construction le 12 août prochain.«Cest bien triste, poursuit-il.Mais nous espérons que l’an prochain les choses se dérouleront un peu mieux.» Le Devoir Jean Charest rencontre le gouverneur du Vermont En cas de prolongation du mandat Le Québec et le Vermont veulent accélérer la dépollution du lac Champlain KARINE FORTIN Burlington — Le Québec et le Vermont se sont entendus hier pour intensifier leurs efforts de lutte contre la pollution dans la baie Missisquoi du lac Champlain, interdite aux baigneurs depuis quelques années en raison de la présence d’algues bleues.Ces bactéries potentiellement nocives pour l’être humain prospèrent dans les milieux riches en phosphore.Elles constituent un problème dans plqsieurs régions du Québec et des États-Unis.«R y a une industrie du tourisme jadis florissante qui est menacée par la pollution», a souligné le premier ministre Jean Charest, à Tissue d’une rencontre avec le gouverneur du Vermont, Jim Douglas, à Burlington.Plan d’action Un plan d’action adopté l’an dernier promettait de réduire de manière significative la quantité de phosphore dans l’eau du lac d’ici 2016.Devant l’ampleur du problème, les gouvernements concernés ont cependant décidé d’accélérer sa mise en œuvre.Si tout se déroule comme pré- vu, les objectifs environnementaux devraient être atteints à temps pour le 400' anniversaire de la découverte du lac par Samuel de Champlain en 2009, ont assuré MM.Charest et Douglas lors d’un point de presse sur les rives du plan d’eau.«C’est ambitieux [.] il est important de foire preuve de dynamisme.Nous devons démontrer aux gens du Vermont, du Québec et de l’État de New York que nous abordons ce dossier avec sérieux.Nous raccourcissons les délais et cela veut dire, entre autres, un engagement financier plus important», a expliqué le gouverneur.Jusqu’à maintenant, le Québec a dépensé un million de dollars pour la baie de Missisquoi.Cette somme a notamment financé le travail d’experts chargés de faire le bilan environnemental de 450 des 600 fermes de la région et d’informer les agriculteurs de leurs obligations.Quelque 250 établissements américains ont ?iussi fait l’objet de telles visites.L’État prévoit contrôler la qualité de l’environnement et les méthodes de traitement des déchets d’environ un millier d’autres exploitations agricoles.Le gouverneur du Vermont dit avoir mis de côté huit millions de dollars américains pour la mise en place du plan de dépollution.11 reconnaît que les premiers efforts n’ont pas encore eu de résultats concrets.«Nous n’avons pas créé cette situation en un jour et nous ne la réglerons pas du jour au lendemain», a-t-il fait valoir.Quant à Jean Charest, il espère que les mesures envisagées permettront de redonner au lac sa pureté des premiers jours.Autoroute 35 Comme il l’a fait avec le gouverneur de la Floride Jeb Bush la semaine dernière, le premier ministre du Québec a discuté hier de sécurité aux frontières et de commerce tran^ontafer.Les édiajges Québec-Vermont totaliseraient environ quatre milliards de dollars par année.Jean Charest s’est dit favorable à la reprise des travaux sur l’autoroute 35, qui relie Saint-Jean-sur-Richelieu à la frontière où elle devient la 89.Il ne manque que 33 kilomètres à cette route inaugurée dans les années 1960.Le gouvernement est déjà propriétaire des terrains situés sur le tracé projeté.Le coût des travaux est estimé à 250 millions.Hier, le premier ministre a assuré que ce projet faisait partie de ses priorités et qu’il était en discussion avec le gouvernement fédéral à ce sujet Québec souhaite qu’Ottawa paie la moitié de la facture.Dépotoir de Coventry Jean Charest a en outre assuré u’il partageait les inquiétudes es citoyens des régions de Sherbrooke et de Magog qui s’opposent à l’agrandissement du dépotoir de Coventry, situé non loin du bassin versant du lac Memphré-magog en territoire américain.Les autorités du Vermont souhaiteraient agrandir ce site d’enfouissement Le projet fait actuellement l’objet d’audiences publiques visant à évaluer son impact environnemental.Les municipalités québécoises ont obtenu le statut de partie intéressée pour ce processus et embauché un procureur.Le ministre de l’Environnement, Thomas Mulcair, a dit surveiller la situation de près.Presse canadienne ARCHIVES LE DEVOIR » - T" fSsÊrf ST}’ «H y a une industrie du tourisme jadis florissante qui est menacée par la pollution», a souligné le premier ministre Jean Charest L’armée canadienne entreposera du matériel militaire en Afghanistan On estime que le Canada prolongera, sinon accroîtra son engagement avec l’OTAN au-delà de 2005 STEPHEN THORNE Kaboul — Plutôt que de les ramener au Canada, l’armée canadienne entreposera en Afghanistan certains équipements militaires inutilisés, pour le cas où Ottawa déciderait de prolonger ou de modifier sa mission de rétablissement de la paix en Afghanistan.Des experts en logistique et en génie technique se trouvent présentement à Kaboul, où ils s’apprêtent à réduire la taille des installations canadiennes pour tenir compte des nouveaux effectifs canadiens de 700 militaires, au lieu de 2000.! Ils prévoient commencer à transporter les jeeps, blindés et autres équipements en surplus à compter du 1"octobre à bord d’avions de transport russes loués, avec escale à Istanbul, où le matériel sera lavé et chargé à bord d’un bateau à destination de Montréal.Certains équipements demeureront toutefois dans la capitale afghane, en attendant qu’Ottawa décide de ce qu’il fera quand la mission actuelle du Canada en Afghanistan aura pris fin, en août prochain, a déclaré le responsable de l'équipe de spécialistes, le lieutenant-colonel Richard Boivin.Reconstruction en région On estime généralement que le Canada prolongera, sinon accroîtra son engagement avec l’OTAN en Afghanistan au-delà de 2005.Cet engagement prendrait la forme d’équipes provinciales de reconstruction, qui seraient déployées dans de petites villes afghanes.Sans préciser quel matériel a été mis de côté, le lieutenant-colonel Boivin, qui est originaire de Jon-quière, a souligné qu’une partie de cet équipement est destiné spécifiquement aux missions de reconstruction en régions.«Bien que ces missions n'aient pas encore été approuvées, nous faisons des plans au cas où elles le seraient, alors le matériel sera prêt.Sinon, il sera renvoyé au Canada l’an prochain», a-t-il dit Cela permettra d’économiser de l’argent sur les allers et retours du matériel, a-t-il ajouté.La flotte de jeeps Dtis canadiens, qui ont été remplacés par des blindés Mercedes, restera à Kaboul, où ces véhicules, vieux de 19 ans, seront remis aux autorités afghanes.En plus de préparer l’équipement en vue de son retour et de son utilisation ultérieure à Montréal, et de coordonner ce retour avec la période de transition de la mission, l'équipe spéciale est chargée de démanteler l’annexe canadienne de Camp Warehouse, qui hébergeait ce qui était jusqu’à récemment la brigade multinationale de Kaboul, dirigée par des Canadiens.Des militaires français et allemands emménageront dans cette zone, tandis que le Canada conservera sa base principale de Camp Julien, qui héberge actuellement des Canadiens, mais aussi des Américains, des Allemands, des Norvégiens, des Hongrois et des Belges.Presse canadienne Presse canadienne Dénonciateur d’Anne Frank Trois ans de travaux de rénovation Le mystère persiste 60 ans plus tard STEPHANIE VAN DEN BERG La Haye — Le 4 août 1944, Anne Frank était dénoncée aux nazis après deux ans de vie clandestine à Amsterdam et déportée en camp de concentration: soixante ans plus tard, l’identité du dénonciateur reste toujours mystérieuse.Entre 1942 et août 1944, Anne Frank, ses parents, sa sœur aînée Margot et quatre autres personnes vécurent cachés dans une remise à l’arrière du magasin d’Otto Frank, au bord d’un des canaux d’Amsterdam.C'est depuis cet espace exigu et étouffant que l’adolescente écrivit son célèbre journal, racontant ses peurs et ses espoirs.Le 4 août 1944, tout bascule après une dénonciation.Le SS Karl Joseph Silberbauer et trois collaborateurs néerlandais font irruption au Prinsengracht 263, l’adresse où se cachent Anne Frank et sa famille.Us demandent à être conduits là où des Juifs se cachent et se rendent directement à l’annexe, a raconté Silberbauer après la guerre.Anne et sa famille sont déportés.L'adolescente mourra au camp de Bergen Belsen en mars 1945.Seul son père survivra et reviendra à Amsterdam, où il récupère le fameux journal sauvé par une amie néerlandaise de la famille.Ne sait pas L’officier SS Silberbauer affirme ne pas savoir qui a trahi Anne Frank.Au fil des ans, les théories se sont multipliées pour tenter de déterminer l’identité du traître.«C'est normal, vous voyez ce qu'a vécu Anne Frank et vous voulez pouvoir attraper le coupable.Les gens sont en colère et veulent savoir», remarque Hans Westra, directeur de la Fondation Anne Frank à Amsterdam.Trois suspects principaux ont émergé: Wim van Maaren, un employé d’Otto Frank, Lena Hartog-Van Bladeren, une femme de ménage, et Anthon «Tonny» Ahlers, un militant du parti néerlandais pronazi NSB.Ce dernier, qui gravitait dans le milieu criminel, avait déjà fait chanter Otto Frank.En 2002, l’historienne britannique Carol Anne Lee, auteure d’une biographie d’Otto Frank, avait estimé qu’Anthon Ahlers était le coupable.Ancien associé d’Otto, Ahlers était profondément antisémite et avait de surcroît besoin de la protection et de l’argent des nazis, soulignait Mme Lee.La femme de ménage Pour l’écrivaine autrichienne Melissa Muller, ce serait au contraire la femme de ménage Lena Hartog-Van Bladeren qui aurait dénoncé les Frank par peur d’être elle-même déportée avec son mari pour avoir aidé des juifs.Auparavant, Wim van Maaren avait été considéré durant des années comme le principal suspect, mais des enquêtes menées après la guerre avaient échoué à apporter la moindre preuve.M.van Maaren n’avait cessé de son côté de clamer son innocence.Agence France-Presse NOUVEAU-BRUNSWICK Des mollusques contaminés empoisonnent deux personnes Saint-Jean, N.-B.— Deux personnes ont été hospitalisées — dont une dans un état critique ‘— à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, après avoir consommé des moules et des palourdes contaminées récoltées le long des côtes de la baie de Fundy, malgré les mises en garde des autorités concernant une algue toxique.Les autorités de la santé publique craignent que certaines personnes ne tiennent délibérément pas compte, ou ne soient pas au courant, des avis qui ont été affichés depuis juin concernant la présence de cette algue empoisonnée dans l’eau.«En fait, dans l’un de ces cas, le patient a reconnu avoir lu un panneau de mise en garde contre les Palourdes et en avoir récolté malgré tout», a indiqué le docteur Scott Giffin, directeur de la santé publique pour le sud-ouest du Nou-veau-Brunswick.Les gens doivent comprendre que, si ces avis sont affichés là, c’est qu’il y a une raison, a-t-il ajouté.L’algue, appelée «marée rouge», produit des toxines qui sont filtrées par les mollusques bivalves comme les moules, les palourdes, les coques et les huîtres.H s’agit d’un phénomène naturel qui, chaque année, est à l’origine de l’interdiction de la récolte des coquillages dans certains secteurs des provinces maritimes.Cet été, la plupart des mises en garde ont été affichées le long d’une zone allant d’Alma, au Nouveau-Brunswick, à la frontière avec le Maine.Trouble neurologique Quand cette algue est ingérée par les humains, elle peut entraîner l’empoisonnement marin paralysant (PSP), un trouble neurologique potentiellement fatal qui peut se manifester par des picotements aux extrémités, allant jusqu'à la cessation complète de certaines fonctions corporelles.Les victimes, que le docteur Giffin a décrites comme des personnes jeunes, auparavant en bonne santé, sont soignées à l’hôpital régional de Saint-Jean.Dans le cas le plus grave, la victime a récolté des moules dans Beaver Harbour, à l’ouest de Saint-Jean.L’algue toxique n’a pas eu d’effet sur le mollusque le plus précieux et le plus lucratif de la baie de Fundy, le pétoncle.Cette pêche fait l’objet d’une réglementation et les prises sont régulièrement vérifiées par l’Agence canadienne d’inspection des aliments.Presse canadienne CARRIERES ET PROFESSIONS RadioNord Journalistes et joumalistes-vidéastes Radio Nord Communications lance un appel de candidatures pour combler des postes de journalistes (télivision et radio) et de journalistes-vklèastes en Abitibi-Tèmiscamingue.Nature de travail • Recueillir des éléments d'information; • Rédiger des textes relatant l’information recueillie; • Produire des reportages; • Procéder au dassement et la lecture des bulletins de nouvelles; • Participer aux émissions d’affaires publiques ou les animer; • Effectuer toute autre tâche connexe.Compétences exigées • Diplôme d’études universitaires de premier cycle dans une discipline appropriée.L’expérience pertinente sera prise en considération; • Excellente maîtrise de lo langue française écrite et parlée; • Facilité d’expression orale et de communication; • Connaissance des principes et techniques du journalisme et/ou trois(3) années d’expérience pertinente • Permis de conduire d’un véhicule automobile; • Maîtrise de la langue anglaise est un atout.Uoox de travail Rouyn-Noranda - Val-d’Or - La Sarre - Amos La rémunération est étabke selon l’échele des salaires de b convention cdective en cours.Fin do l'appel do candidatures Les canédatures doivent parvenir avant 17 heures b 11 août 2004 à ('attention de : Claude Viens, Directeur des Ressources humaines Concours no 4250 Radio Nord Communkotions, Division AbHibi-Témiscamingue 380, avenue Murdoch, Rouyn-Noranda (QC) J9X 1G5 Courriel : cviens@radionora.com Les visiteurs retrouvent la statue de la Liberté CHIP EAST REUTERS Des visiteurs n’ont pas manqué de souligner l’ouverture de la statue de la liberté après trois années de rénovation visant à améliorer les mesures de sécurité entourant le fameux monument dominant le port de New York.ALFONS LUNA New York — Symbole du rêve américain pour des millions d’immigrants, la statue de la liberté a rouvert ses portes aux visiteurs hier après trois ans de travaux de rénovation et d’amélioration de la sécurité décidés après les attentats du 11 septembre 2001.Le maire de New York, Michael Bloomberg, et la secrétaire à l’Intérieur, Gale Norton, ont présidé la cérémonie d’ouverture à llh, au son de l’hymne national.Les visiteurs qui, après les attentats, ne pouvaient plus que se promener sur Liberty Island, l’île sur laquelle se dresse la statue, peuvent désormais pénétrer à l’intérieur du piédestal de la célèbre œuvre du Français Auguste Bartholdi.Vue de la structure Grâce à un plafond de verre et à un nouveau système d’éclairage interne, les visiteurs peuvent admirer la structure intérieure du monument et bénéficier des explications d’un gardien.Ils ont aussi l’autorisation de grimper en haut du piédestal et de rejoindre la terrasse panoramique.En revanche, l’accès à la couronne reste interdit, les escaliers étroits ne répondant pas à des normes de sécurité suffisantes qui permettraient notamment une évacuation rapide.«Je suis déçue mais je peux le comprendre», a dit Brenda Pickett, du Kansas, l’une des milliers de touristes ayant débarqué hier matin sur la petite île.La réouverture de la statue «est un bon signe en- voyé au monde parce qu’elle symbolise la liberté», a commenté Tom Mom, venu des Pays-Bas.Le terrorisme et les incendies ayant été au centre des préoccupations des responsables, les travaux ont notamment inclus la création d’issues de secours et d’un système de contrôle des visiteurs.Collecte de fonds Fin 2003, une campagne nationale de collecte de fonds avait été lancée à New York par des entreprises privées mécènes, le maire Michael Bloomberg et le cinéaste Martin Scorsese, qui avait permis de recueillir sept millions de dollars.Au total, les travaux auront coûté quelque 35 millions.Liberty Island avait été fermée le 11 septembre 2001, avant de rouvrir le 20 décembre suivant, après l’installation de détecteurs et systèmes de contrôle des touristes à l’embarcadère des ferries.La statue était restée portes closes.Depuis son inauguration le 28 octobre 1886, la dame d’acier n’a été fermée que deux fois.La première en 1916 lorsque son bras a été endommagé et sa structure mise en danger par l’explosion d’un dépôt d’armes près des rives de l’Etat du New Jersey voisin par des saboteurs allemands.Réalisée par Bartholdi avec l’aide de Gustave Eiffel, l’œuvre culmine à plus de 90 mètres au-dessus de l’Atlantique, dont 46 mètres pour la statue proprement dite.Offerte par le peuple français au peuple américain en commé-rporation de l’indépendance des Etats-Unis, elle fut déclarée monument historique le 15 octobre 1924.La réouverture survient deux jours après que le secrétaire américain à la Sécurité intérieure, Tom Ridge, eut annoncé le relèvement du niveau d’alerte au terrorisme à «très élevé» à Washington, à New York et à Newark, près de New York, en raison d’informations indiquant qu’al-Qaïda, responsable des attentats du 11 septembre 2001, envisageait de frapper de grands symboles financiers dans ces villes.Agence France-Presse MATTHEW BROWN REUTERS Grâce à un plafond de verre et à un nouveau système d’éclairage interne, les visiteurs peuvent admirer la structure intérieure du monument.P A R A G U A Y Le bilan de l’incendie du magasin s’élève à 423 morts Ordre avait été donné de fermer les portes du magasin EN BREF Finlande: les accros à Internet dispensés du service militaire Asunciôn — Le dernier bilan de l’incendie d’un supermarché d'Asunciôn faisait état hier de 423 morts, alors que des responsables ont confirmé qu’un vigile avait reçu l’ordre par radio de fermer les portes du magasin afin d’empêcher les clients de partir sans payer.Le parquet paraguayen, qui a annoncé le nouveau bilan, a précisé que 139 personnes étaient toujours portées disparues et que 451 autres avaient été blessées dans l’incendie de dimanche.Le procureur Edgar Sanchez a par ailleurs déclaré qu’un garde avait reconnu avoir reçu l’ordre par radio de fermer les portes, mais sans savoir de qui provenait cette directive.«Le vigile [.] affirme dans sa déposition qu’il a reçu l’ordre par radio de fermer les portes et il l’a fait», a déclaré Edgar Sanchez, relançant la polémique née des déclarations de nombreux survivants qui affirment que les issues du magasin ont été fermées une fois que le feu s’est déclaré.Un juge a questionné hier le gérant du supermarché, son fils et quatre vigiles.D devait décider en soirée de les inculper ou non pour meurtres.Selon les autorités, le sinistre a été déclenché par une explosion due au gaz près du rayon alimentaire.Dons Les offres d’assistance et les dons ont afflué du monde entier pour soutenir le Paraguay après la tragédie.L’Argentine, le Brésil, l’Espagne, l’Allemagne, la France, les Etats-Unis, le Mexique, le Chili, l’Uruguay et la Bolivie, de nombreux pays se sont mobilisés pour aider le Paraguay, petit pays de six millions d’habitants dont au moins 20 % de la population vit sous le seuil de la pauvreté.L’Allemagne a annoncé hier l’acheminement rapide de matériel médical (peau artificielle pour grands brûlés notamment) et une première aide de 15 000 euros (un peu moins de 24 000 SCAN) en coordination avec la Croix-Rouge.L’organisation catholique allemande d’aide à l’Amérique latine Adveniat a indiqué que les fidèles de plus de 13 000 églises du pays vont se mobiliser cette semaine pour récolter des dons.Après l’envoi par l'Argentine dès dimanche d’ambulances, de médicaments et de médecins par voie terrestre et de 15 médecins dans trois avions lundi, le ministre de la Santé Gines Gonzalez Garda a indiqué que ce personnel dirigé par le chef des urgences sanitaires Carlos Sanguinetti restera «le temps nécessaire».Buenos Aires souhaite «faire tout son possible pour aider les plus de 250 personnes blessées, pour qu’elles bénéficient d’un traitement correct et aient le moins de séquelles Possibles», selon lui.«Pour le mo- ment, on nous a demandé des médicaments en plus mais pas de traiter des blessés hors du Paraguay», a expliqué le ministre.Cuba Trois Argentins de 21,23 et 34 ans ont été blessés mais leurs jours ne sont pas en danger.Plusieurs organisations basées en Argentine (Red Sofidaria, Aso-ciaciôn de Damas Paraguayas, Club Atletico Para-guayo, la chaîne de télévision privée Multicanal), où la communauté paraguayenne est nombreuse, ont indiqué avoir reçu de nombreux dons qui vont être envoyés à Asundôn.Cuba a aussi tendu la main au Paraguay hier, le président Fidel Castro proposant l’acheminement de spécialistes et des médicaments pour prêter main-forte aux dizaines de médecins cubains effectuant déjà des missions au Paraguay depuis l’établissement de relations diplomatiques en 1999.L’Espagne a débloqué lundi une aide d’urgence d’un montant de 100 000 euros (environ 159 000 $CAN) pour financer du matériel médical et le soutien psychologique aux familles des victimes et a envoyé une équipe d’experts en anthropologie médico-légale et en ADN pour aider à identifier les cadavres.Une proposition d’assistance est aussi venue de la France: le président Chirac a indiqué avoir «demandé au gouvernement d’examiner sans délai et en liaison avec [le Paraguay] les modalités d’une aide d’urgence en faveur des victimes et de leurs familles».Le président américain George W.Bush a indiqué que l'ambassade américaine à Asunciôn et «d’autres agences du gouvernement fédéral américain travaillent en étroite collaboration avec les responsables paraguayens pour identifier l’aide d’urgence que nous pouvons fournir».Même la Bolivie Le Chili a dépêché sur place deux avions transportant une vingtaine de médecins et infirmières, des médicaments, du sang, du plasma et sérum physiologique pour les grands brûlés, et un hôpital de campagne pour décongestionner les établissements d’Asundôn.Six experts chiliens en identification de victimes sont aussi arrivés à Asunciôn.Le Brésil a participé au mouvement avec un avion et des médecins, l’Uruguay a fait parvenir 14 médecins spécialisés, des infirmières et des respirateurs artificiels et a réservé des chambres dans son unité pour grands brûlés, considérée comme l’une des meilleures de la région.La Bolivie, le pays le plus pauvre d'Amérique latine, a aussi voulu participer à cet élan de solidarité avec une cargaison de médicaments.Reuters et Agence France-Presse Helsinki — Un certain nombre de conscrits ont été dispensés du service militaire obligatoire pour cause de dépendance à Internet a déclaré hier l’armée finlandaise.Les médecins militaires ont admis que leur ordinateur manquait trop à certains jeunes hommes pour que ces derniers puissent supporter les six mois obligatoires sous les drapeaux.«Pour des gens qui Jouent toute la nuit, n’ont pas d’amis, ni de loisirs, venir à l’armée est un grand choc», a expliqué le capitaine Jyrki Kivela, du centre de conscription militaire.«Certains vont voir le médecin et disent qu’ils ne peuvent pas rester.Parfois, les médecins ont conclu à une dépendance à Internet», a-t-il ajouté.«Nous les renvoyons chez eux pour trois ans, ils doivent ensuite revenir et nous leur demandons s’ils acceptent [.] Ils auront eu le temps de grandir», a-t-il déclaré.Il n’existe pas de chiffre officiel sur la proportion de dispenses pour dépendance informatique.La Finlande a appelé 26 500 hommes sous les drapeaux en 2003, dont 9 % ont été renvoyés chez eux pour raisons médicales.- Reuters Texas: un avion tombe sur une maison Austin — Six personnes ont trouvé la mort hier après la chute d’un avion de tourisme sur une maison dans la banlieue d’Austin, au Texas, ont annoncé des médias locaux.Toutes les victimes de cet accident se trouvaient à bord de l’avion, a précisé le quotidien Austin Statesman sur son site Internet Trois personnes se trouvaient à l’intérieur de la maison de deux étages au moment de l’accident qui s’est produit à 17h GMT, mais aucune d’entre elles n’a été blessée, a indiqué de son côté un témoin de l’acddent sur la chaîne de télévision locale News 8Austin-AFP LE DEVOIR.LE MERCREDI 4 AOÛT 2004 A 5 LE MONDE Le dirigeant palestinien fête ses 75 ans Arafat à la barre jusqu’à la fin SARA S DAVIS REUTERS La soldate Lynndie England, qui personnifie le scandale de la prison irakienne d’Abou Ghraïb avec sa photo tenant en laisse un détenu nu, a comparu hier devant une chambre d’accusation militaire devant décider si elle sera jugée par une cour martiale.Sévices américains dans la prison d’Abou Ghraïb «Juste pour s’amuser» CHRIS OTTON Jérusalem — Le dirigeant palestinien Yasser Arafat célèbre cette semaine son 75' anniversaire, alors que son autorité fait face à la plus grave contestation depuis son retour d’exil il y a dix ans, mais il semble ne pas avoir l’intention de prendre sa retraite.Né au Caire le 4 août 1929, Yasser Arafat est confiné depuis deux ans et demi par l’armée israélienne dans son QG de Ramallah, en Cisjordanie.Son vieil ennemi, le premier ministre israélien Ariel Sharon, lui aussi âgé de 75 ans, a récemment déclaré qu’il resterait «à Ramallah durant les 45 prochaines années».Yasser Arafat n’est toutefois pas seulement confronté aux limitations de sa tiberté de mouvement il doit désormais faire face à une crise sécuritaire dans les territoires palestiniens, qui constitue une menace directe pour lui.Des militants, qui soutenaient traditionnellement Abou Ammar (le nom de guerre de Yasser Arafat) , l’ont contraint à revenir sur sa décision de nommer son cousin Moussa Arafat à la tête d’un important service de sécurité en organisant d’importantes manifestations.Les critiques sur la corruption au sein de l’Autorité palestinienne ne cessent de prendre de l’ampleur parmi ceux qui l’ont élu président lors des seules élections organisées en 1996.Selon Barry Rubin, auteur d’une récente biographie du dirigeant palestinien, Yasser Arafat n’est pourtant pas prêt d’être mis sur la touche.«Il est défié sur le front intérieur comme il ne l’a pas âé depuis longtemps, sans doute depuis les années 1970, mais il n’est pas mena- AMMAR AWAD REUTERS Yasser Arafat, songeur, hier.cé d’être renversé», affirme M.Rubin à l’AFE «R dispose encore de trop d’atouts et ses opposants sont profondément divisés [.]/« pense qu’il restera le dirigeant des Palestiniens Jusqu ’à la fin de sa vie», prévoit-iL Certains commentateurs estiment toutefois que le confinement de celui qui était sans cesse en visite dans le monde y compris à la Maison-Blanche à l’époque de Bill Clinton, lui a fait perdre son flair politique.Ce même flair lui avait permis de se maintenir à la tête du mouvement national palestinien depuis qu’il avait créé le Fatah en 1958 alors qu’il se trouvait au Koweït avant d’accéder à la direction de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) en 1969.Sa carrière tumultueuse durant laquelle il a souvent frôlé la mort a atteint son apogée lorsqu’il a reçu le prix Nobel de la paix en 1994, avec le premier ministre israélien Yitzhak Rabin et son chef de la diplomatie Shimon Peres à la suite des accords d’autonomie conclus l’année précédente.Dix ans plus tard, n est boycotté par le gouvernement israélien qui laisse planer une menace d’assassinat contre lui et soumis aux pressions de toutes parts pour déléguer ses pouvoirs au premier ministre Ahmad Qoreï.Son avenir a rarement paru aussi sombre.Pour Barry Rubin, il ne faut pas sous-estimer les capacités de survie de Yasser Arafat «Ses capacités sont sur le déclin, mais n’ont pas disparu.Sa méthode consiste à manœuvrer sans cesse, à promettre des réformes sans jamais les appliquer, à présenter de nouveaux plans, à attaquer ses ennemis un jour pour les louer le lendemain», ajoute ce chercheur.«H serait erroné de considérer que sa carrière est achevée.Il y a au moins cinq fictions principales qui se battent pour le pouvoir, et c’est lui qui tient les rênes», poursuit M.Rubin.Le ministre chargé des Négociations Saëb Erakat, un des plus fréquents invités au bureau du «raïs», affirme en revanche que son flair «est toujours aussi efficace».Tout en reconnaissant que son confinement a eu un impact Saëb Erakat souligne que Yasser Arafat est parvenu à lever les inquiétudes émises récemment à propos de sa santé et à garder le contrôle des événements.«H vit dans une situation très difficile et inacceptable pour lui, mais il a tous ses moyens et il est en bonne santé», assure-t-il.Agence France-Presse Fort Bragg — Les soldats américains qui ont infligé des sévices aux détenus irakiens dans la prison d’Abou Ghraïb l’ont fait «pour s’amuser», a déclaré hier un enquêteur de l’armée américaine, au début de l’audience du soldat de première classe Lynndie England devant une commission militaire.Lynndie England, aujourd’hui enceinte, était devenue le symbole du scandale des sévices infligés à des détenus irakiens par l’armée américaine après la publication dans les médias du monde entier de photos la montrant tenant en laisse, tout sourire, un détenu irakien nu.La commission militaire sera chargée de décider si la jeune femme de 21 ans doit être déférée devant une cour martiale.Le général Paul Arthur, qui dirige l’enquête interne sur les abus d’Abou Ghraïb, a été le premier témoin à être entendu par les juges du tribunal militaire de Fort Bragg en Caroline du Nord.Arthur a déclaré que Lynndie England avait affirmé en janvier, dans une déposition sous serment, qu’un de ses supérieurs, le sergent Charles Graner, lui avait dit de poser pour les photos.Selon les médias américains, Lynndie England attend un enfant de ce même Charies Graner, également accusé dans cette affaire.«[Elle a dit] que Graner avait proposé qu'elle pose pour une photographie avec lui [le prisonnier].Et qu ’elle pose comme si elle le traînait», a déclaré Arthur, répétant à plusieurs reprises que Lynndie England et d’autres soldats avaient dit qu'ils avaient fait cela pour plaisanter.«Au fond, c’était Juste pour s’amuser [.] et pour passer leur Jrustra-tùm», a-t-il ajouté.Droite dans ses bottes, England n’a fait aucune déclaration à la presse lorsqu’elle s’est présentée, en treillis et béret en compagnie de ses avocats, devant le colonel Denise Am dans le cadre d’une enquête relevant de l’article 32.Elle s’est contentée de répondre par des «Oui, Madame; Non, Madame» aux questions posées par le colonel Denise Arn.L’audition avait été différée à deux reprises.Outre England et Graner, six autres militaires américains sont également inculpés.Lynndie England devra répondre de complot en vue de maltraiter des détenus irakiens, de voies de fait sur des prisonniers, d’actes préjudiciables à l’ordre public, d’actes contraires aux bonnes mœurs, de désobéissance aux ordres et de fabrication et possession de photos de nature explicitement sexuelle.Certains de ces chefs d’inculpation ne sont pas liés à l’affaire des sévices d'Abou Ghraïb.Si elle est reconnue coupable.England encourt comme peine maximale la radiation de l’armée et 38 ans de prison.Pour sa défense, elle a toujours affirmé s’être contentée d’obéir aux ordres de ses supérieurs.Ses conseillers ont affirmé avoir demandé, en vain, que le vice-président Dick Cheney et le secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, soient appelés à la barre comme témoins.La jeune femme, qui appartient à la 372 compagnie de police militaire stationnée à Fort Bragg, avait été renvoyée d’Irak après le début de sa grossesse.Sur le terrain militaire, sept Irakiens et quatre militaires américains ont péri ces dernières heures en Irak où le premier ministre, lyad Allaoui, devait rentrer hier au terme d’une tournée arabe destinée à rallier le soutien des pays de la région.Aux abords de Bakouba, à 65 km au nord de Bagdad, l’explosion d’une voiture piégée à un barrage routier a tué hier six membres de la garde nationale.Sut autres militaires irakiens blessés ont été évacués dans un hôpital des environs.L’attentat, survenu dans ce bastion de la résistance sunnite aux Américains, a été commis par un kamikaze.Un septième Irakien a été tué en début de la matinée dans l’explosion daine mine dans le quartier de Mansour, dans la capitale.La victime est le chef du commissariat de police du quartier.Deux de ses gardes du corps ont également été blessés.L’engin a explosé au passage du convoi transportant le colonel Moayad Mahmoud Bachar, patron du commissariat de police de Mamoun.Deux marines américains ont par ailleurs été tués au combat dans la province d’Anbar, dans l’ouest de l’Irak, a annoncé l’état-major américain.L’un d’entre eux a succombé lundi à ses blessures, le second est décédé hier.Les villes de FaUoudja et de Ramadi, bastions de la rébellion irakienne, sont situées dans l’Anbar.Ces pertes, s’ajoutant à la mort de deux soldats américains tués dans la nuit par une mine à Bagdad, portent à 681 le nombre de militaires américains tués au combat depuis le début de la guerre en Irak, en mars 2003.Ces violences coïhrident avec le retour prévu en Irak d’Allaoui, qui a passé dix jours à tenter de convaincre ses voisins arabes, et tout particulièrement la Syrie, de soutenir son gouvernement de transition au pouvoir depuis le 28 juin.Reuters Rapt d’enfants dans le sud de la Chine E N Interrogations vénézuéliennes Caracas—Ds sont anciens soldats, politiques traditionnels, briseurs de grève ou encore syndicalistes, mais ont tous un même et unique but faire chuter le président vénézuélien Hugo Chavez lors du référendum de révocation du 15 août La multiforme opposition vénézuélienne affiche une indéniable unité dans cette cause commune mais soulève les interrogations quant à sa capacité à proposer une véritable alternative gouvernementale.Toujours plus divisés, les 24 millions de Vénézuéliens attendent avec impatience ce scrutin qui déchaîne les passions depuis plusieurs mois.Les sondages suggèrent que Tissue de la consultation sera serrée entre les pro-Chavez, qui saluent ses efforts pour améliorer la vie des plus démunis, et ses détracteurs, qui lui reprochent notamment ses dérives autoritaires.Depuis son élection à une large majorité en 1998 et sa réélection en 2000, ses adversaires ont tenté par deux fois de se débarrasser de l'ancien parachutiste putschiste.D’abord par le biais d’un putsch manqué en 2002, ensuite par une grève générale de deux mois l’année dernière qui a ruiné l'économie.Le référendum est pour l’instant l’unique succès de l’opposition contre le chef de l’Etat «bolivarien».Pour obtenir son organisation, elle a dû rassembler 2,5 millions de signatures.Pour renverser le président, elle devra recueillir plus que les 3,7 millions de vont obtenues par Chavez en 2000.—AP Questions sur des charniers Abidjan (AFP) —La découverte de trois chantiers contenant une centaine de cadavres dans le nord de la Côte d’ivoire met dans une situation délicate rex-rébelüon, qui BREF contrôle cette zone et ne cessait de dénoncer les violations des droits de l’homme dans la zone gouvernementale.Hier, plusieurs associations ivoiriennes de défense des droits de l’homme sont montées au créneau pour demander que «la lumière soit faite afin d’établir les responsabilités».La Ligue ivoirienne des droits de l’homme (LIDHO) s’est prononcée pour la traduction devant les juridictions du pays des «coupables».La France, pour sa part, impliquée dans la crise ivoirienne avec la présence de 4000 soldats faisant tampon entre la zone gouvernementale et celle des ex-rebelles qui contrôlent la moitié nord du pays, a condamné, hier, «fermement» ces «exactions inacceptables».Cette découverte a été rendue publique quelques jours après la conclusion d’un accord à Accra entre tous les protagonistes de la crise ivoirienne en vue de relancer le processus de paix en Côte d’ivoire.—AFP Irlandais assassiné Riyad — Un Mandais a été assassiné hier dans son bureau à Riyad, ont confirmé des sources diplomatique et policière.L’information avait été révélée par la chaîne de télévision arabe Al Arabia.«Nous pouvons confirmer de manière indépendante que des tirs ont eu lieu», a déclaré un diplomate occidental, ajoutant que la victime était de nationalité irlandaise et qu’eDe avait été abattue dans son bureau, dans l’est de Riyad.«Nous manquons d’informations sur le mobile et les circonstances exactes» D s’agirait d’un ingénieur civil qui travaillait pour une entreprise saoudienne.Un responsable commercial de nationalité irlandaise a précisé cpU y avait environ 1200 expatriés irlandais en Ara-bie Saoudite.En juin, des Saoudiens armés avaient tué un caméraman iriandais qui travaillait pour la BBC.— Reuters FRÉDÉRIC BOBIN Kunming (province du Yunnan) — Le petit Mo Yonglin a d’abord pleuré.Dès que des étrangers s’approchent de lui, il éclate en sanglots.C’est ainsi.Le traumatisme est profond.Puis il s’est calmé.D a ensuite joué avec l’emballage plastique de sa friandise.D l’a trituré, mordillé.Radieuse, sa mère lui passe la main dans les cheveux.Agé de trois ans, Mo Yonglin est vêtu comme un petit prince: veste bleu marine, tee-shirt blanc lumière, sandales de cuir astiquées.«Nous avons repris goût à la vie», exulte son père, Mo Zhiping, un soudeur travaillant sur les chantiers de la ville.Le couple a «pris goût à la vie» le 31 mai précisément, jour de fête où Mo Yonglin leur a été rendu.Il avait disparu onze semaines plus tôt Un inconnu l’avait enlevé alors qu’il jouait devant le domicile familial, situé dans une banlieue populaire de Kunming.Kidnappé, disparu, volatilisé.Les ravisseurs n’ont exigé aucune rançon.Ils l’ont tout simplement revendu à un couple paysan sans enfant du Fujian, province côtière située en face de Taïwan.Sur le marché des enfants enlevés, Mo Yonglin a coûté 18 000 yuans (2880 euros).Depuis le retour du petit bien des choses ont changé.La mère a quitté son travail de femme de ménage dans un hôpital pour veiller en permanence sur l’enfant «Désormais, je ne le quitte plus des yeux un seul instant», clame-t-elle.La famille a déménagé dans «un quartier plus sûr».Leur ancienne banlieue, Liang Jiahe Cun, devenait trop dangereuse: trois enfants au total y avaient été enlevés.Mais le bonheur des retrouvailles s’est payé au prix fort d’un lourd endettement «J’y ai englouti mes économies», grince Mo Zhiping.D a dépensé 20 000 yuans @200 euros) en déplacements à Pékin, dans le Fujian, dans l’espoir de bousculer les autorités.En plus, l'orphelinat qui a hébergé le petit Yonglin quelques jours avant sa restitution lui réclame des frais de prise en charge.Joie teintée d’amertume.C’est l’histoire pathétique de dizaines de familles livrées à eues-mêmes, négligées par les autorités, exposées à la loi de la jtmgle qui fragüi-se les couches populaires du pays à l’heure de la «réforme économique».Pour une famille Mo qui a eu le bonheur de récupérer le chérubin disparu, combien de familles impuissantes continuent à être rongées par le désesfxùr?Ils sont six pères à être venus témoigner, ce jour-là, dans un appartement de Chuan Fang Cun.Le quartier est à un quart d’heure à peine en voiture du centre de Kunming, aux larges boulevards bordés de scintillants complexes commerciaux, mais il sent le souffre.Les chauffeurs de taxi bougonnent à la seule idée de s’en approcher.On raconte que des malfrats chevauchant des motos arrachent les boucles d’oreilles des dames.En fait, la première chose qui frappe equand on pénétré dans l’enclave malfamée, ce sont les gamins, des gamins qui batifolent en nombre dans la poussière de ruelles cabossées, parfois souillées de tas de détritus.Sur les murs, d’étranges affichettes attirent le regard.On y lit un appel au secours: «5 ans, sexe masculin, 90 cm, le petit.Z a disparu le 9 septembre 2003 à 5h de l’après-midi.Il portait un teeshirt blanc et un pantalon beige.Une récompense de 5000 yuans (800 euros) à 10 000 yuans (1600 euros) sera accordée à toute personne nous livrant des informations.» La pièce est minuscule.Elle est à la fois chambrée et atelier textile.Une machine à coudre trône sur le rebord de la fenêtre.Les sue pères sont assis sur des tabourets.Ils sont tous des mingong, c’est-à-dire des migrants venus de la campagne louer leurs bras en ville.La plupart viennent du Sichuan.Les récits s’enchaînent, quasiment identiques.Chen Bin, ouvrier de décoration, raconte comment son petit Junkun, 4 ans, a disparu le 13 décembre 2003 après avoir échappé quelques secondes à sa grand-mère qui papotait dans la rue avec des copines.Zhang Defang, chauffeur d'un taxi-vélo, n’en finit pas de se reprocher d’être sorti de l’appartement faire quelques achats ce maudit 21 mars 2004, laissant sans surveillance le petit Youyou, 4 ans et demi, qui en a profité pour aller jouer dehors.E n’est jamais revenu.Sur ses gardes Qin Xiaoping, couturier, travaillait le 3 avril 2004 à domicile avec sa femme, tous deux arc-boutés sur leur machine à coudre, quand leur petit Yijie, 3 ans et demi, est sorti avec une fiflet-te de son âge «acheter des amuse-gueule».Es ne l’ont jamais revu.Fu Tao, hti, était «au courant» de cette vague de disparitions.E était sur ses gardes.«Je surveillais mon fils très étroitement», se souvient-U.Pourtant, ce 1" octobre 2003, E a perdu de vue le petit Hongbin, 2 ans et demi, «trois minutes à peine» alors qu’il jouait devant son échoppe.Trois minutes de trop: le petit Hongbin a été enlevé.Les choses vont toujours très vite.B a aussi suffi de quelques minutes ce 14 mars 2002 pour que Li Qifang, charcutier, perde de vue son petit Sheng, 4 ans et demi, qui jouait devant l’immeuble.E ne l’a jamais revu.Quant à Li Youmin, vendeur de vêtements, il n’imaginait pas un seul instant que sa fiBe Shanli, 8 ans, pouvait intéresser ces réseaux de ravisseurs qui ne visent en général que des garçonnets.Le 14 septembre 2002, la fitiette a pourtant disparu alors qu’eDe faisait trempette avec des copines dans une rivière aux confins de la vffle.Cette vague d’enlèvements qui sévit dans les banlieues populaires de Khnming est toujours en cours.De source officieuse, on y estime à plus de 400 le nombre d’enfants tombés dans les griffes de réseaux criminels.Si la Chine méridionale — Yunnan, Guangxi, Guizhou.— est particulièrement touchée, ces réseaux opèrent sur l’ensemble du pays.Aucune statistique officiefle sur le nombre de disparitions n’est disponible.La police ne fournit que les chiffres de ses «succès»: entre 2001 et 2003, elle affirme ainsi avoir «libéré» 42 000 femmes et enfants kidnappés, sans plus de détail À Kunming, les récits recueiDis auprès des familles convergent sur un certain nombre de points.Le profil type de l’enfant enlevé est un garçon, cible de choix dans un pays où la politique de contrôle des naissances a fait grimper la cote des enfants mâles.Les enfants sont revendus à des couples, en général paysans, privés de descendance masculine, voire à des villages — Q en existe un dans la province de l'Anhui — spécialisés dans la formation de petits mendiants professionnels voués à quêter en vffle.L’âge moyen de la victime se situe autour de 4 ans, assez mûr pour gambader seul dans les rues de son quartier d’origine, assez tendre néanmoins pour être malléable.Les parents sont pour la plupart des mingong, groupe social «flottant» et souvent traités en citoyens de seconde zone.«Les ravisseurs visent les enfants de min-gong car ils savent que la police se désintéresse d'eux», grince Li Qifang.Toutes les familles se plaignent, en effet, de la passivité de la police.«Les policiers n’ont aucune incitation financière à se donner du mal, poursuit Li Qifang.En général, ce sont les parents qui mènent leur propre enquête et fournissent ensuite des tuyaux à la police.» D a fallu attendre un récent déplacement à Pékin d’un groupe de parents, qui ont décidé d’alerter par eux-mêmes les autorités centrales du drame des banlieues de Kunming, pour que la police locale s’arrache à sa torpeur.«Depuis notre démarche collective à Pékin, les policiers de Kunming s'intéressent subitement à nous, sourit tristement Li Qifang, alors qu'ils nous ignoraient totalement jusquedà.» Mais cette soudaine soEicitude n’a guère produit à ce jour de résultats concrets.Le Monde «Désormais, je ne le quitte plus des yeux un seul instant» LE DEVOIR, LE MERCREDI 4 AOÛT 2004 A 6 EDITORIAL Un lourd jugement (1) Dans un jugement majoritaire rendu par six juges contre un, la Cour suprême vient de confirmer les décisions des cours inférieures qui avaient condamné Radio-Canada à verser 673 153 $ en dommages-intérêts à un relationniste, M.Gilles Néron, à la suite d’un reportage du Point diffusé en 1995.L’histoire n’est pas simple, mais elle mérite d’être résumée avant d’être commentée, ce que nous ferons dans ce premier de deux éditoriaux portant sur ce jugement important pour la liberté d’expression et l’avenir du travail journalistique au Canada.L e 15 décembre 1994, l’émission Le Point diffuse un reportage accablant pour la Chambre des notaires (CDN) dans lequel des individus témoignent du peu de cas fait de plaintes graves qu’ils ont eux-mêmes portées contre des membres de la profession.Loin d’être contesté, le contenu de ce reportage télévisé conduira l’Office des professions, quelques mois plus tard, à exiger de la direction de la CDN que des mesures correctrices soient apportées, sans quoi une mise en tutelle pourrait être envisagée.De plus, à la suite de ce reportage, les principaux dirigeants de la Chambre ont abandonné leur poste et les deux notaires ayant fait l’objet des plaintes relatées par les citoyens interrogés ont été interdits de pratique pour de longues périodes.En somme, du journalisme tel qu’on souhaiterait qu’il s’en fasse beaucoup plus souvent dans nos médias.Or, voilà qu’à la suite de ce premier reportage, la Chambre des notaires mandate un relationniste externe, M.Gilles Néron, pour qu’il écrive à RC dans le but d’obtenir un droit de réplique.C’est à ce moment que les choses se corsent.Dans sa lettre manuscrite livrée le 18 décembre, M.Néron s’exécute et en profite pour exprimer cinq sujets d’insatisfaction identifiés dans le reportage, dont deux se révéleront faux par la suite.Malgré cette lettre, dès le lendemain, la Chambre des notaires change son fusil d’épaule et renonce à son droit de réplique.M.Néron tente quand même de rejoindre la journaliste de RC pour tenter de faire corriger l’image de son client, mais on ne le rappelle pas.En revanche, lé 4 janvier, une autre journaliste de l’émission communique avec le service interne de communication de la CDN afin d’obtenir un nouvel entretien avec ses représentants qui réitèrent leur refus de répondre en ondes tout en précisant que la lettre de décembre envoyée par M.Néron n’était qu’une démarche personnelle.Jean-Robert Sanafaçon ?Six jours plus tard, ayant toujours en main la fameuse lettre, une journaliste du Point rappelle M.Néron qui lui répète le refus de la Chambre de répondre aux questions des journalistes.Devant ce nouveau refus, et visiblement décidée à ne pas en rester là, la journaliste l’informe que deux des cinq arguments avancés par M.Néron dans sa lettre de décembre étaient faux.Notamment, les passages où il est dit que l’un des deux plaignants interrogés par Le Point était le frère du dangereux gourou Roch Thériault, alias Moïse, accusé d’avoir coupé le bras d’une de ses conjointes, et que l’autre plaignant avait déjà reçu compensation de la CDN, ce qui était aussi faux.Surpris par ces révélations, les faits rapportés émanant certainement de renseignements ou de rumeurs qui circulaient chez son client, la CDN, le relationniste Néron prétend d’abord que le contenu de la lettre ne devrait pas être diffusé puisqu’il est de nature privée, mais ajoute aussitôt qu’il demande trois jours pour vérifier.Aux prises avec le refus répété de la CDN de répondre aux questions des journalistes en ondes et convaincu que le délai demandé par M.Néron n’apportera rien de plus, Le Point décide de diffuser un second reportage le 12 janvier, soit deux jours plus tard, axé cette fois uniquement sur les erreurs contenues dans la lettre de M.Néron, rien d’autre.C’est ce reportage que les tribunaux ont jugé inéquitable et diffamatoire.A la suite de sa diffusion, la CDN a mis fin avec fracas à l’entente de services qui la liait à son relationniste et diffusé largement sa décision.Cela aurait été à l’origine de tous les ennuis personnels et professionnels du relationniste qui ne tardera pas à porter plainte devant l’ombudsman de RC et devant les tribunaux.L’ombudsman lui donnera raison quant à la présentation peu équitable faite de sa lettre lors du second reportage du Point, mais ce sont les tribunaux qui serviront le grand coup en condamnant la Chambre des notaires et RC à payer, ensemble, quelque 1,6 million au relationniste.?Seule RC a décidé de porter la cause jusqu’en Cour suprême après qu’un juge de première instance eut tranché que Le Point n’aurait jamais dû diffuser le contenu de la lettre reçue de M.Néron.De cette évaluation que toutes les cours ont pourtant rejetée par la suite, le juge de première instance a déduit tout le reste de son raisonnement, à savoir que Le Point avait commis une erreur grave en n’obtenant pas l’autorisation de publication et que les journalistes auraient dû, à tout le moins, présenter tous les arguments rapportés dans la lettre du 18 décembre pour donner une vision juste et équitable de la situation.En appel, les juges ont renversé l’interprétation voulant que cette lettre envoyée à un média par un relationniste en mission commandée puisse être considérée comme étant de caractère privé.Pourtant, ils ont maintenu l’analyse selon laquelle les journalistes avaient commis une faute grave en ne laissant pas le temps au relationniste de vérifier l’exactitude des faits contenus dans sa propre lettre et en ne diffusant que les éléments fautifs lors du second reportage.Quant à la plus haute cour du pays, elle a retenu sensiblement les mêmes éléments en les résumant de la façon suivante: « fait que le contenu de la lettre a été diffusé de manière trompeuse et incomplète, le refus de donner à M.Néron le temps de vérifier ses prétendues affirmations inexactes, le refus de mentionner que celui-ci avait sollicité ce délai, le fait que M.Néron n’a jamais voulu que le contenu de la lettre soit diffusé et la conclusion défavorable de l’ombudsman de la SRC (,.] Radio-Canada a donc intentionnellement diffamé M.Néron et ce, d’une manière non conforme aux normes professionnelles du journalisme raisonnable».Les questions auxquelles nous tenterons de répondre demain sont les suivantes: ces fautes reprochées au média en étaient-elles vraiment?Si oui, justifiaient-elles un jugement de culpabilité pour diffamation?Quelle conséquence ce jugement aura-t-il sur l’exercice de la liberté de presse et la pratique journalistique au pays?jrsansfacoH(§ledevoir.ca LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l'information JULES RICHER Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE X RiOH QN&' \ avait cgu ÉIMMÊ il ç Toi* Lit./ r fAtriSC , AufffTÉ/ fA'tf un K Ad \ WA ¦a1 « Niagara-on-the Lake On le sait tous; l’endroit est un lieu archi-connu pour cimenter des unions! Choisir cet emplacement pour y célébrer un mariage constitue en effet un cliché qui peut friser parfois le ridicule.Le choix de la «Mecque canadienne de l’amour» pour réunir les premiers ministres provinciaux relève-t-il de l’espoir d’y faciliter l’établissement d’un front commun contre Ottawa dans le dossier de la santé?Espérons que non, car on nagerait alors en plein ésotérisme, trahissant du même souffle la division, voire le divorce imminent qui guette les membres du Conseil de la fédération.Car aucune union digne de ce nom n’a pu être observée au sortir des discussions.Les lézardes sont béantes au sein de l’instance in-terprovinciale.Des dirigeants provinciaux ne s’opposent pas aux visées centralisatrices d’Ottawa en matière de santé.Le gouvernement fédéra] représente, à leurs yeux, l’État national devant lequel il faut obtempérer.Dalton McGuinty, premier ministre de l’Ontario, représente probablement l’allié le plus docile du gouvernement canadien.Son influence atteint l’ensemble des premiers ministres de l’Atlantique ainsi que celui de la Colombie-Britannique.D’autres suivront probablement, intimidés par la province la plus influente dans le gouvernement minoritaire de Paul Martin.Le premier ministre du Québec, Jean Cha-rest, aimerait bien se joindre à ce groupe.L’ennui, c’est que cette abdication devant Ottawa amènera d’autres Québécois à choisir le camp souverainiste, éblouis par la résistance bloquistes aux Communes.Le chef libéral provincial fait donc le dos rond au risque de s’isoler et de voir «son» Conseil de la fédération s’effondrer.La rupture avec ses homologues provinciaux, une de plus, ne fera que solidifier la conviction des Québécois que l’obtention d’un accord unanime entre les provinces relève du miracle.Rien de bon pour attiser la foi fédéraliste au Québec.Quelle perte de temps, finalement, que ces réunions où les différences ressortent un peu plus à chaque exercice.Elles ne font que LETTRES -—?- paralyser le règlement de litiges urgents comme la question du sous-financement du système de santé.L’Assemblée nationale a tellement mieux à faire que ce surplace navrant.La frustration qui découle de ce gaspillage d’argent et d’énergie ne connaîtra pas de dénouement prochain, au contraire! La grogne sera plus virulente encore lorsque l’échec des négociations dans le dossier du déséquilibre fiscal aura été confirmé.Encore des tractations épuisantes où la dissension, encore là, sera difficile à camoufler.Rien ne semble vouloir se régler dans cette fédération.Compliquées y sont les négociations qui n’aboutissent que partiellement, beaucoup plus tard, et souvent sur le dos des provinces, faute de consensus contre Ottawa.Il n’y a pas eu de noces à fêter le 30 juillet dernier, à Niagara-on-the-Lake.Le Québec y a perdu son précieux temps encore une fois.Il y en a marre de se livrer à ce petit jeu de faire plaisir aux autres, au risque d’y abandonner des compétences.Lucidement, le divorce apparat être la solution la plus réaliste à retenir pour le Québec et le Canada.De toute manière, avouons que les mariages de raison n’ont plus leur place, au XXIe siècle.Patrice Boileau Carignan 31 juillet 2004 Bush et Kerry: même discours Au-delà du bruit et de l’exaltation de cette convention démocrate qui vient de terminer le cirque du grand tapage électoral, force est de constater que peu de choses vont changer au pays de l’oncle Sam.L’hégémonie américaine et la tentation de dominer la terre emploient les mêmes mots et manifestent la même insolence guerrière.Voyons le discours de plus près: «Nous bâtirons une armée américaine plus forte.Nous ne nous laisserons dicter par quiconque, nation ou institution internationale, notre politique en matière de sécurité nationale.» John Kerry et George W.Bush c’est presque du pareil au même, n’en déplaise à tous les Michael Moore de ce monde.La prétention américaine de posséder la vérité et de la défendre au prix de la destruction d’autres nations du monde est d’une infinie tristesse et un signe non équivoque que le désir de dominer les autres et la tentation du fascisme rejoignent, tout au long de l’histoire humaine, les peuples qui, pour un temps, se croient à l’abri de toute remise en question.Contre une telle propagande, il faut préparer les chemins du refus et de la résistance.Jacques Léger Morin-Heights 30 juillet 2004 Merci, Gil Courtemanche Dans les pages du quotidien Le Devoir du 31 juillet 2004, Gil Courtemanche, dans un petit entrefilet à la fin de sa chronique intitulée «Perdre son temps agréablement», suggère au ministre de la Santé du Québec, le bon Dr Couillard, et en même temps aux leaders régionaux de prendre note que les médecins spécialistes français gagnent 50 % du salaire de leurs homologues du Québec et que plusieurs d’entre eux seraient très heureux d’être invités à venir pratiquer chez nous.Est-ce que, dans les régions et au bureau du Dr Philippe Couillard, on comprendra l’invitation de Courtemanche comme une partie de la solution à nos problèmes, à portée de main?Qui plus est, ces médecins français sont compétents et l’usage de notre langue commune ne leur fera pas défaut! Si les régions désirent conserver leur population, elles n’auront d’autre choix que de faire preuve d’imagination et de volonté.Merci au Dr Couillard et aux médias régionaux de bien vouloir répandre le message de Courtemanche.Merci au Devoir d'être présent dans toutes les régions du Québec, vous êtes un éclairage nécessaire aux régions.André Mainguy Longueuil 31 juillet 2004 LIBRE OPINION -?- Les nouveaux réactionnaires de la langue française JEAN-FRANÇOIS LESSARD Doctorant du Centre de recherches politiques Raymond Aron École des hautes études en sciences sociales.Paris.Dans un article paru récemment dans Le Devoir (édition du 7 juillet 2004) une jeune étudiante, Julie Monette, s’insurgeait contre la nouvelle orthographe recommandée par le Conseil supérieur de la langue française, l’Académie française et les instances francophones compétentes.Je crois qu’il faut réagir devant ces levées de boucliers qui n’ont pour objet que de représenter une forme de conservatisme culturel.Des réformes de la langue française sont souhaitables.Arrêtons de vouloir figer notre langue et de la conserver comme elle était, ou plutôt comme nous pensons qu’elle était, à l’époque de Molière! La langue française est formée par des logiques très diverses.Une rationalisation est la bienvenue.Dans la francophonie, il existe malheureusement un courant réfractaire à la modernisation de notre langue.Certes on accepte volontiers — et à juste titre — de nouveaux mots tels que courriel à la place de e-mail pour contrer l’anglicisation, mais aussi pour refuser de voir le français se ringardiser.Par contre, quand vient le temps d’adapter la langue à l’époque présente, ce courant réactionnaire monte aux barricades.A propos de la réforme actuelle (www.orthographe-recommandee.infb), Mme Monette explique qu’il s’agit d’un nivellement par le bas, d’«une lésion de la voie lexicale de l’épellation écrite».Une telle réaction démontre l’incompréhension à laquelle doivent faire face les gens désireux de réformer la langue française.Cette réforme représente une simplification des règles dans l’ensemble.Contribuera-t-elle à faciliter la diffusion du français dans le monde comme le souhaitent ses auteurs?J’en doute.Mais là n’est pas la question.Il est normal que les gardiens de la langue prennent en compte l’évolution de celle-ci.Contrairement à la langue anglaise, par exemple, le français possède de nombreuses institutions ayant pour but de préserver sa «pureté».Quand une réforme est proposée, c’est que celle-ci reflète une tendance lourde de nos sociétés francophones, et non une mode.Que l’on puisse enfin écrire évènement à la place d’événement, sûrement (comme s’écrit assurément) à la place de sûrement, aigüe et non aiguë ou ambigüité et non plus ambiguité représente un pas dans la bonne direction.Heureusement que nous n’en sommes pas à notre première réforme de la langue.Sinon, nous devrions encore écrire escoher, escriture, escole, vescu, un enfant, des enfans, il avoit, il était, le fran-çois, foible et j’en passe.La langue écrite est par nature, d'un niveau plus soutenu que la langue parlée.Il ne «foudroit» tout de «mes-me» pas qu’il s’installe une trop grande différence entre les deux.Une langue n’est pas une construction transcendantale.Les règles de français n’ont pas une nature essentialiste.Elles sont modifiables.Réjouissons-nous de cette entreprise de modernisation.En terminant, si je peux me le permettre, souhaitons maintenant que les institutions régulatrices de la langue française s’attaquent aux règles qui régissent le participe passé.Vivement la formule espagnole où le participe passé ne s’accorde tout simplement jamais, cela simplifierait et rationaliserait notre langue qui a encore besoin de bien d’autres réformes.L’auteur, Jean-François Lessard, est un étudiant québécois qui termine sa thèse en science politique sous la supervision de Marcel Gauchet au Centre Raymon Aron de l’École des hautes études en sciences sociales à Paris. LE DEVOIR, LE MERCREDI 4 AOÛT 2 0 0 4 IDÉES L’affaire Néron Quand des juges se prennent pour des journalistes La liberté de presse vient de subir un recul inacceptable ' I s: ?JACQUES NADEAU LE DEVOIE Le reportage incriminé de Radio-Canada, mettant en cause le relationniste Gilles Néron, a été diffusé le 12 janvier 1995.ANNE-MARIE DUSSAULT Présidente de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec près le «gouvernement par les juges», faut-il maintenant parler de «l’information par les juges»?On peut le craindre à la lecture du récent jugement de la Cour suprême dans l’affaire Néron contre Radio-Canada.Cette décision cruciale, qui n’a malheureusement intéressé les médias que pendant les quelques heures qui ont suivi sa publication, vient en effet de donner aux juges un rôle inacceptable dans la liberté éditoriale des médias québécois.Que nous dit ce jugement pour l’essentiel?D nous dit qu’un reportage fidèle à la vérité sur une question d’intérêt public peut néanmoins être puni par une amende excessivement lourde, 670 000 $ dans ce cas-ci, si le reportage n’a pas été réalisé de la manière dont le juge l’aurait fait lui-même.La décision majoritaire de la Cour affirme que la véracité des propos journalistiques et leur intérêt public, qui ne sont pas contestés, me jouent pas nécessairement le rôle d’un facteur déterminant» pour juger d’une affaire de diffamation comme celle qui est en cause.Les juges font appel à d’autres facteurs éminemment subjectifs comme le contexte, la méthodologie, la teneur du reportage, le ton, l’allure et l’intention pour évaluer s’il y a eu faute de la part des journalistes.C’est fà qu’ils attendent les médias pour imposer leur propre vision de ce que devraient faire et dire les journalistes.À leur avis, •d’après son ton et son allure», le reportage était un règlement de comptes contre le relationniste Néron.La Cour suprême a donc voulu montrer qui est réellement le maître en accordant aux juges une autorité qu’ils ne doivent pas avoir sur les choix éditoriaux en information.La liberté de faire des choix éditoriaux est l’essence même de la liberté de presse.C’est la liberté de traiter de tel sujet et pas de tel autre, de publier telle information et pas telle autre.Le reportage incriminé de Radio-Canada a été diffusé le 12 janvier 1995.Il faisait le suivi d’un premier reportage sur le mauvais traitement des plaintes par la Chambre des notaires.Ce second reportage était axé sur la lettre que le relationniste Néron, sous contrat avec la Chambre, avait fait parvenir au télédiffuseur.Cette lettre adressait cinq critiques au premier reportage.Les journalistes ont fait part en ondes de deux de ces critiques, celles où le relationniste avance, vraisemblablement sans le savoir, des faussetés que la Chambre lui avait communiquées: tel plaignant est le frère d’un gourou criminel et tel autre plaignant a été remboursé par la Chambre.N’importe quel journaliste qui prend connaissance des cinq critiques du relationniste, reproduites dans le jugement, verra immédiatement que les trois autres critiques sont sans aucun intérêt et qu’il n’y a aucune raison d’en parler en ondes.Par contre, tout journaliste verrait l’intérêt public de faire connaître au public les deux faussetés avancées par le relationniste.Elles devaient être dites car elles démontraient parfaitement le mauvais traitement des plaignants par la Chambre des notaires, en l'occurrence le colportage de rumeurs négatives à leur sujet pour miner leur crédibilité.Procès-verbal ou reportage ?Les juges n’ont pas vu les choses du même œil.Se prenant pour des rédacteurs en chef, ils s’étendent longuement sur le fait que les cinq critiques auraient dû être présentées en ondes afin de produire un reportage équitable.Pour eux, choisir de ne présenter que les deux erreurs du relationniste tient de la malveillance et du règlement de comptes.Voilà ce qui arrive quand des juges prennent en mains le micro des journalistes et imposent leur vision de l’information, plus proche du procès-verbal que du reportage.Les journalistes sont condamnés non pas pour ce qu’ils ont dit mais pour ce qu’ils n’ont pas dit! Les autres «fautes» professionnelles retenues contre les journalistes sont de la même eau et de la même inconsistance.Pour les juges, il aurait fallu par exemple laisser le temps au relationniste de vérifier ses informations après que les journalistes lui eurent signalé ses deux erreurs de faits.La Cour établit ainsi un principe contraire à la liberté de l’information en donnant à la source d’une information communiquée à un média un droit sur sa publication et son traitement.On remet entre les mains des sources la responsabilité du traitement journalistique.En Cour d’appel, la juge Otis avait écrit sur cette question que la Chambre et le relationniste reprochent à Radio-Canada •de ne pas leur avoir permis de soustraire leurs propos erronés avec élégance».Un point de vue sensé mais minoritaire Heureusement, le juge dissident Binnie de la Cour suprême soutient un point de vue sensé mais minoritaire.Pour lui, la réputation de Néron n’aurait pas été mieux servie si l’on avait rapporté qu’il avait sollicité un délai pour vérifier ses informations seulement après (nos soulignés) les avoir transmises au média.Mais surtout de refus impoli des journalistes de rencontrer promptement Néron et la présentation boiteuse du deuxième reportage» ne permettent pas de conclure à une faute des journalistes •compte tenu de toutes les questions d’intérêt public pertinentes».En d’autres mots, on ne condamne pas un média à une amende de plus d’un demi-million de dollars parce que des journalistes ont été •impolis» ou parce que des •détails moins importants» auraient dû être mentionnés en ondes, des détails qui ne chan- gent rien à la véracité de ce qui a été dit En fait, le juge Binnie, comme avant lui la juge Otis, attachent une grande importance à l’intérêt public de ces reportages.Malgré des conséquences négatives pour le relationniste, conséquences attribuables avant tout aux gestes de la Chambre des notaires, les reportages ont eu des retentissements très positifs pour la société.Le public en est sorti gagnant.Trois dirigeants de la Chambre ont démissionné, et l’organisme a dû revoir ses façons de faire pour respecter les personnes qui y portent plainte.Le journalisme a joué là son rôle à son meilleur.Pourtant le résultat final est inique.La majorité à la Cour suprême confirme la condamnation du média à une amende tellement lourde qu’elle entraînerait la faillite de bien des médias plus petits.•L’attribution d’un montant aussi considérable pour des raisons aussi peu convaincantes ne peut avoir pour effet que de dissuader les médias de remplir la mission qu’ils ont [.]», écrit le juge Binnie.Le danger est désormais là et il doit préoccuper tous les démocrates.La libre circulation de l’information, caractéristique essen- tielle d’une société démocratique, est entravée.Le travail des journalistes, déjà difficile, devient plus difficile.Ce jugement-ci aura pour effet de les rendre plus frileux sur les questions d’intérêt public litigieuses.11 encourage l’autocensure par crainte de sanctions excessives découlant du don et de l’allure» d’un reportage qui n’auront pas plu à un juge.La décision de la Cour suprême décourage le journalisme qui va au delà de la reproduction servile des communiqués officiels.La li: berté de presse vient de subir un recul inacceptable.-, JACQUES GRENIER LE DEVOIR Le récent jugement de la Cour suprême sur l’affaire Néron encourage l’autocensure des journalistes par crainte de sanctions excessives découlant du «ton et de l’allure» d’un reportage qui n’auront pas plu à un juge, estime Anne-Marie Dussault, présidente de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec.Le jugement de la Cour suprême consacre l’intrusion des juges dans les choix éditoriaux des médias Une histoire d’abus de pouvoir Les tribunaux abusent de leur pouvoir quand ils déterminent ce qu’aurait dû être le reportage.Ils ajoutent ainsi aux normes professionnelles des journalistes.ANDRÉ GIROUX Juriste et journaliste es tribunaux ont eu raison de condamner L Radio-Canada.Toutefois, les motifs invoqués atteignent abusivement le droit à la liberté de presse, reconnu par la Charte canadienne des droits et libertés.11- Gilles Néron écrit deux faussetés dps une lettre adressée à la station de télé, une journaliste le lui reproche lors d’un entretien téléphonique, il demande un délai de vérification de trois jours et le reportage est diffusé deux jours plus tard.Le relationniste n'a ainsi pas le temps de confirmer ou d’infirmer ses propos.Cela lid coûtera sa réputation, sa carrière et ses biens.Rien ne prouve sa mauvaise foi.Or, en droit, la bonne foi se présume.Les médias revendiquent, à raison, le droit à l’erreur de bonne foi.Ds doivent par conséquent, l’accorder à autrui.La faute de Radio-Canada est là.Elle a donné lieu à un reportage jugé comme un règlement de comptes.L’utilisation des ondes à cette fin ne sert aucunement l'intérêt public.C’est un abus de pouvoir.Les tribunaux auraient dû s’arrêter là.Ils vont malheureusement beaucoup plus loin.Avec le soutien de l'ombudsman de RadiœCanada.Il écrit au sujet de la missive de Gilles Néron: *De votre lettre, on a plutôt choisi de ne retenir que vos deux erreurs.Ce qui donnait à l’émission une allure de règlement de comptes qui n’a pas place à Radio-Canada.» L’ombudsman a commis une grave erreur.Les médias n’ont pas l’obligation de diffaser les critiques qu’ils reçoivent Ds ont par contre, le devoir de protéger leurs sources si leur réputation est indûment attaquée ou à leur bonne foi est mise en cause.Droit de réplique La lettre de GiDes Néron demandait un droit de répDque sur la base de cinq arguments.Trois motifs relevaient d’une perception subjective du premier reportage, les deux autres mettaient en cause la crédibilité des sources de Radio-Canada.La nature des critiques diffère donc beaucoup.D’où la décision légitime du diffuseur de distinguer l'opinion et les atteintes à autrui de la part de GiDes Néron.L’utilisation de cette lettre relève de la po litique éditoriale du média.Si GiDes Néron se tait, Radio-Canada peut, à bon droit, se limiter à corriger les faussetés de la missive.Le diffuseur a raison de considérer les propos du relationniste comme étant fidèles à l’analyse de la Chambre des notaires.D n’appartient pas aux journalistes de vérifier si un porte-parole outrepasse son mandat par des affirmations déformant la position de son client Surtout si ce dernier refuse de répondre aux questions.Marc-François Bernier, l’expert en pratique journaDstique de Gilles Néron, affirme que la lettre du relationniste ne constituait pas une répDque, mais une demande de répDque.Sophisme! Radio-Canada avait raison de considérer les motifs de la demande de répDque comme étant la base même de l’éventueDe répDque.Si tel n’est pas le cas, l'auteur de la lettre a induit les journalistes en erreur.On reproche à Radio-Canada l’omission de diffuser le remboursement de l’une de ses sources par un tiers.SD s’agit d’une erreur, elle ne constitue certes pas une faute de droit cmL EDe n’atteint en rien le droit du plaignant SD gagne sa cause, il doit rembourser le tiers.Cette compensation ne diminue en rien la responsabifité du notaire, ni ceDe de son ordre professionnel.Or, la lettre de GiDes Néron affirme que la Chambre des notaires a ao sumé le remboursement Cela est faux et entache la crédibiDté du plaignant et par conséquent sa bonne foi.Si GiDes Néron se tait RadioCanada a raison de corriger les faits.Or, le relationniste demande un bref délai, trois jours, pour les vérifier et les corriger au besoin.D est possible d’imaginer des situations où le média doit diffuser rapidement.Par exemple, ce sera le cas si les faussetés sont diffusées sur d’autres tribunes pubDques.Cela ne semble pas le cas ici.En ne laissant pas au relationniste la possibiDté de corriger ses erreurs malgré ses demandes répétées, Radio-Canada ouvre la porte à une accusation d’atteinte à la réputation.Les tribunaux ont le mandat d’arbitrer le respect des droits fondamentaux.Ils ont estimé que le reportage constitue un règlement de comptes.C’est leur rôle.Par contre, les tribunaux abusent de leur pouvoir quand ils déterminent ce qu’aurait dû être le reportage.Ils ajoutent ainsi aux normes profes-sionneDes des journalistes.Ce faisant, ils briment le droit fondamental à la Dberté de presse.Ce jugement comporte de graves conséquences.Tous les journaUstes consciencieux sentent dorénavant une épée de Damoclès au-dessus de leur tète.Ils auront tendance à autocensurer leur fonction de critique.Le droit à l’information risque d’en écoper.La vie démocratique aussi.Ce jugement m’apparaît une atteinte beaucoup plus grave à la Dberté de presse et à la Dberté d’expression que la décision du CRTC envers CHOI.Tous les journalistes consciencieux sentent dorénavant une épée de Damoclès au-dessus de leur tête L'ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l'information générale et métropolitaine Gérald DalUire {adjoint au directeur de l'information), Jeanne Corriveau {affaires municipales), Fabien Degliae, Marie-Andrée Chouinard (éducation) ; Josée Boileau (éditorialiste, responsable de la page Idées), Brian Myles (justice et fcifs de société), Jean Dion.Louis^lilles Francœur (environnement), Benoit Munger (responsable du site Internet), Jean-Pierre Legault {pupitre édita, idées, perspectives et sports), Isabelle Paré (santé), Pauline Gravel (sciences) ; Michel Garneau (caricaturiste) ; I>iane Précourt (responsable des pages thématiques).Martin Duclos, Michèle Malenfant et Christine Du maze t (relecteurs), Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; à l'Information culturelle Michel Bélair (responsable), Julie Carpentier, Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels).Stéphane Baillargeon (théâtre), Paul Cauchon (médias), Caroline Montpetit (livres).Odile Tremblay (cinéma), Bernard Lamarche (arts visuels), à l'information économique Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l’information), Dominique Reny, Éric Desrosiers.Alec Castonguay, Claude Turcotte; A l'information internationale : Claude I>ve#que, Guy Taillefer, Serge Truffaut (éditorialiste); A l’information politique : Hélène Buzetti et Manon Cornellier (correspondantes parlementaires d Ottawa), Tommy Chouinard et Robert Du tri sac (correspondants parlementaires d Québec), Kathleen Lévesque ; Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction) ; Louise-Maude Rioux Soucy.Geneviève Otis-Dionne (commis).La documentation Gilles Paré (directeur): Manon Derome, Serge Laplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBUCTTÉ ET LE MARKETING.Jacqueline Avril, Jean de Billy, Mariéne Côté.Slavic* Bogdanov, Véronique faraud, Christiane legault, Amélie Maltais.Jacques A.Nadeau.Claire Paquet, Micheüne Ruelland, Nadia Sebai (publicitaires), Laurence Thériault (directrice adjointe).Manon Blanchette, Sylvie Laporte, Martine Bérubé (secrétaire) LA PRODUCTION Daniel Bazinet (responsable de la production), Nathalie Zemaitis, Michel Bernatchez, Philippe Borne.Johanne Brunet.Danielle Can tara, Richard Des Cormiers, Donald Fîlion, Olivier Zuida.INFORMATIQUE, Yanick Martel (responsable) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE, Unda Thériault (responsable service à la clientèle, distribution et tirage), Gisèle I>enard, (coordonnatrice d la promotion et à la sollicitation), Monique L’Heureux.Lise Lachapelle.Racheüe Leclerc.L'ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables), Céline Furoy.Germain Haeck (contrôleur), Ghislaine lafleur.Claudette Béliveau (adjointe administrative).Claudine Chevrier, Chantal Rochon, Danielle Ross.LA FONDATION DU DEVOIR Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur général).u K ¦é 1 A 8 LE DEVOIR, LE MERCREDI 1 AOÛT 200 4 ALERTE SUITE DE LA PAGE 1 Mise sur la sellette par plusieurs élus démocrates, pressée de questions par la presse, l’administration Bush faisait donc feu de tout bois, démentant les allégations selon lesquelles ces informations seraient périmées et toute l’affaire aurait des objectifs politiques: certains démocrates craignent qu’il s’agisse plus de cela que de réelle peur d’une attaque imminente.•Nous ne faisons pas de politique au département de la Sécurité intérieure, a lancé Tom Ridge.Notre boulot est d’identifier la menace.» Arrière-pensées électorales La concordance de temps avec la fin de la convention démocrate de Boston et l’annonce lundi de la création d’un poste de super-patron du renseignement n’est donc due qu'au fait que ces informations viennent d’être découvertes au Pakistan, expliquent les responsables.Reste que ce relèvement de l’alerte terroriste survient en pleine campagne pour l’élection présidentielle du 2 novembre et certains démocrates se sont interrogés sur l’utilisation à des fins politiques de ces menaces.Le candidat démocrate à la présidentielle, John Kerry, a rejeté lundi ce type de soupçons mais a estimé qu’il ne fallait «pas se contenter de rebondir d'une menace à l’autre».D est difficile de ne pas prêter des arrière-pensées électorales à l’administration Bush, toujours prompte à appuyer sur le bouton «peur» quand elle traverse une mauvaise passe politique.Pourquoi avoir invité les journalistes-vedettes à la conférence de presse de dimanche?«Parce que Tom Ridge les connaissait», répond-on maladroitement dans l’entourage de ce dernier.Pourquoi avoir attendu avant de reconnaître que les informations en cause étaient vieilles de quatre ans?Pourquoi avoir donné cette conférence de presse un dimanche soir, si ce n’est pour faire les manchettes des journaux du lundi?Un autre épisode vient accroître ce malaise: l’arrestation, la semaine dernière au Pakistan, de l’un des terroristes d’al-Qaï-da les plus recherchés, le Tanzanien Ahmed Khalfan Ghailani.Un hebdomadaire américain, The New Republic, avait en effet prédit cette prise.D y a quelques semaines, il avait révélé que l’administration Bush faisait pression sur le Pakistan pour que l’arrestation d’un terroriste important ait lieu pendant la campagne, et si possible «les 26,27 ou 28 juillet», c’est-à-dire pendant la convention démocrate.Malgré la polémique en cours, la sécurité était maximale à New York, où les rues ont été fermées autour de la gare de Grand Central, les camions interdits de passage sur certains ponts et tunnels.Et, effet de contagion bien que l’alerte ne concerne que la côte est, la sécurité était aussi renforcée dans le centre de Los Angeles et dans le complexe de gratte-ciels de Century City, qui abrite des institutions financières.Même principe de précaution à Chicago, siège de la Réserve fédérale.De l’autre côté de l’Atlantique, la Grande-Bretagne a réagi très différemment L’ordinateur de l’informaticien d’al-Qaïda recelait également des informations concernant des sites visés en Angleterre.Mais Londres a refusé de suivre l’exemple de Washington.Son niveau d’alerte n’a pas été relevé: «Nous le ferions si c'était le meilleur moyen de protéger la communauté face à une menace crédible», a commenté une porte-parole du ministère de l’Intérieur.Une phrase qui, en creux, ressemble à une critique du «show» américain.Toujours à Londres, treize hommes ont été arrêtés hier en vertu de la loi antiterroriste britannique lors d’une opération lancée dans la capitale britannique et dans d’autres localités d’Angleterre, a annoncé la police métropolitaine.L’opération était toujours en cours dans la soirée, a précisé la police.«Ces hommes ont été arrêtés sur la base de soupçons selon lesquels ils seraient impliqués dans la commission, la préparation ou l’instigation d’actes de terrorisme», a indiqué la police sans fournir de précisions sur ces soupçons.La télévision BBC, citant des sources policières, a déclaré que les suspects étaient «tous d’origine asiatique» et qu'au moins une partie d’entre eux seraient des citoyens britanniques.La police n’a pas dit si les arrestations étaient liées au renforcement dimanche par les États-Unis de leur état d’alerte antiterroriste.Agence France-Presse, Associated Press et Libération Rectificatif Une erreur d’interprétation s’est glissée dans un texte publié hier et intitulé «Les jeunes libéraux proposent l’abolition de la formule Rand».La formule Rand oblige les employés d’une entreprise syndiquée à payer des cotisations, qu’ils soient membres ou non du syndicat, puisque tous bénéficient des gains obtenus par celui-ci.La formule Rand n’implique cependant aucune obligation de devenir membre du syndicat.Nos excuses.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9* étage, Montréal (Québec), H3A3M9 Place-des-Arts Ds sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir, www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courriel (514) 985-3333 (514) 985-3360 redaction ©ledevoir .com La publicité Au téléphone (514) 985-3399 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-363-0305 (sans frais) Service à la clientèle et abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514)985-5967 Parcourriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) ACTUALITES K ».JACQUES GRENIER LE DEVOIR Læs comédiens Lucie Laurier et Roy Dupuis se donnent la réplique dans C’est pas moi.c’est l’autre!, un film québécois coproduit avec la France et le Royaume-Uni, actuellement en tournage à Montréal.Pendant que les Américains désertent Montréal, le cinéma québécois (ainsi que la pub et les séries télé), qui compte tout de même pour 20 millions de dollars en masse salariale des techniciens, continue de rouler sa bosse.TOURNAGES SUITE DE LA PAGE 1 Aujourd’hui, elles sont 50.Parallèlement, le syndicat des techniciens du cinéma (STCVQ), qui réunit tous les pigistes, du premier assistant réalisateur au coiffeur, a vu ses rangs gonfler de 800 à 2600 depuis le début des années 90.Signe d’une industrie en pleine croissance jusqu’au point culminant atteint l’an dernier.Cuvée hollywoodienne exceptionnelle, 2003 a attiré quatre mégaproductions totalisant plus de 350 millions de dollars, dont le lucratif The Day After, au coût de 100 millions.Cet afflux de films américains tournés ici correspondait, «en masse salariale globale des membres, à 87 millions», précise Patrice Houx, président de la STCVQ.En temps normal, les tournages américains rapportent environ 60 millions en salaires d’une année.«Cette année, on pense en rester à 40», évalue-t-il à titre indicatif.«Une seule mégaproduction peut me rapporter de 15 000 $CAN à 25 000 $US», estime Catherine Veaux-Logeat Une seule grosse production Depuis le début de 2004, une seule production américaine de moyenne envergure (35 millions SCAN) a choisi de s’installer à Montréal.Les huit autres oscillent entre cinq et dix millions.Le tournage de The Greatest Game Ever Played de Bill Paxton, qui accapare 184 techniciens à temps plein, a commencé lundi dernier et se poursuivra jusqu’à la fin de septembre.«On a encore espoir d’en obtenir une ou deux autres d’ici la fin de l'année», commente M.Houx.Ce qui suffirait à rétablir un peu l’équilibre.«Pour moi, il n’y a pas une grande différence, lance pour sa part le caméraman Christian Navenec, qui évolue dans le milieu depuis 1987.A la caméra, on a moins senti une diminution que dans les autres départements.Que la production fasse 100 millions ou un million, on a toujours besoin d’un caméraman, de deux assistants, d’un directeur photo.» Mais il reconnut ne pas avoir eu l’embarras du choix pour ses tournages cette année, deux seules offres s’étant pointées.«C’est une année faible, mais pas la pire», souligne M.Houx en référence à la grande famine de 1992, où presque rien n’a été tourné au Québec.Et il faut comprendre que, pendant que les Américains désertent Montréal, le cinéma québécois (ainsi que la pub et les séries télé), qui compte tout de même pour 20 millions en masse salariale, continue de rouler sa bosse.«Si on considère juste la production québécoise, c’est une année correcte, note le président de la STCVQ.Il y a un léger ralentissement, mais rien d’anormal.» Là où le bât blesse particulièrement, c’est chez les machinistes, les éclairagistes et les décorateurs, que les mégaproductions américaines recrutent par centaines.«f ai dû rallonger mon hypothèque de 18 000 $», indique pour sa part Marco Vanditto, éclairagiste et jeune père de famille, qui doit compenser sa perte de revenus de quelque 25 %.Ceux qui ont fait des tournages hollywoodiens une spécialité ou surfé sur la vague des dernières bonnes années à coup d’achat de maison et de voiture sont les plus vulnérables.«Mes économies ont fondu», déplore Michel Robichaud, assistant chef peintre, qui n’a travaillé qu’un mois en 2004 jusqu’ici.«D’habitude, je travaille six jours sur sept», précise celui qui ne fait que du tournage américain depuis sept ans.N’ayant pas un rythme de vie trop élevé, il profite de la période calme tout en reprenant tranquillement du service du côté des productions québécoises.Mais «quand tu changes ton réseau de contacts, les gens te connaissent moins, alors ils ne f appellent pas aussi souvent.» Tous s’entendent aussi pour dire que le contexte de disette actuel favorise une revue à la baisse des salaires.«On accepte tout ce qui passe, alors les producteurs diminuent leurs cachets, rapporte la scripte, fai eu trois courts métrages très mal payés.» «C’est dommage parce que ça ne m’est jamais venu à l’esprit d’augmenter mon salaire quand je les dépannais en plein rush d’été où il manquait de personnel.», déplore le caméraman.A Montréal, les producteurs américains ont préféré Toronto, Vancouver, où ce n’est toutefois pas non plus la manne, et, surtout, les pays d’Europe de l’Est L’an dernier, la Roumanie a accueilli 11 gros tournages avec ses techniciens à rabais.Pour Cold Mountain, un contingent de 1200 soldats a été mis gratuitement à la disposition du réalisateur Antony Minghel-la.Au chapitre des explications aussi, les crédits d’impôt élevés qu’offrent désormais de plus petites provinces canadiennes, comme le Manitoba (36 %), par rapport au Québec (11 %).D’autres facteurs On pourrait rajouter d’autres facteurs incidents.La nouvelle loi sur le statut de l’artiste ne reconnaît qu’une association (APFTQ) pour représenter les producteurs tournant au Québec, ce qui enlève aux producteurs américains le pouvoir de négocier les conditions de travail directement avec le syndicat Mais des discussions sont en cours pour leur restituer ce droit «On n’a plus qu’une maison de location d’équipement, relève aussi le caméraman Christian Navenec.Les Américains n’aiment pas ça quand ils ne peuvent pas demander deux cotations [estimés des coûts de location].» Quant aux solutions, «la mise en place d’un organisme de promotion et de développement au Québec» ainsi qu’une «représentation sur une base régulière» à Los Angeles semblent incontournables, d’après Daniel Bissonnette, le patron du Bureau du cinéma de Montréal.Des avenues qui feront très certainement l’objet de discussions à l’occasion d’un forum de l’industrie prévu en novembre.En attendant des lendemains meilleurs, Catherine Veaux-Logeat s’attelle à la réalisation de ses prochains documentaires, Marco Vanditto fait plus de pub, Christian Navenec demeure fidèle aux tournages québécois — «bien plus agréables» — et Michel Robichaud continue d’aller prendre son café dans le Mile-End.Le succès est fragile et éphémère, doit-on le rappeler?Le Devoir BORIS SUITE DE LA PAGE 1 tournoi du Grand Chelem.En juillet, Sharapova enlevait à son tour Wimbledon.De quoi faire taire les mauvaises langues qui soutenaient, l’exemple d’Anna Kournikova à l’appui, qu’aussi talentueuses qu’elles fussent, les joueuses de là-bas n’avaient pas le oumpf nécessaire pour se hisser au vrai sommet Ne l'oublions toutefois pas, «Anna était pour l’essentiel toute seule, comme l’avait été Natalia Zvereva avant elle», notait Petrova.«Nous, nous avons la chance de nous concurrencer les unes les autres.Il y a beaucoup d’émulation.Ça nous force à élever notre niveau de jeu.» Myskina enchaîne: «Anna nous a montré que nous pouvions faire partie de l’élite.Elle a contribué parson parcours à améliorer notre rendement, et surtout à croire en nous-mêmes.Nous sommes proches les unes des autres, mais ça n’empêche pas la compétition d’être intense.» Mais Boris Eltsine dans tout ça, vous demandez-vous à juste titre dans votre quête infinie de sujets de discussion à aborder dans vos cocktails mondains ou vos réunions de production?Selon mes sources qui campent sur la place Rouge, Eltsine était, dans son jeune âge, un sacré joueur de volleyball.Mais sa passion est toujours restée le tennis, qu’il a aussi pratiqué, puis fortement encouragé à titre de dirigeant de la Russie.Tenez, en 1991, il fut le président honoraire de la présentation initiale de la coupe du Kremlin, le premier tournoi de tennis professionnel, avec commanditaires à l’occidentale et autres manifestations du capitalisme, organisé en Russie.Je ne vous les nommerai pas parce que vous ne les connaissez pas de toute façon, mais certains y voient le premier jalon d’une forme de perestroïka sportive dans l’URSS alors en plein chambardement Aujourd’hui, à 73 ans et malgré quelques problèmes cardiaques qui l’ont contraint à ralentir la cadence, Eltsine suit toujours l’action de près.Après Roland-Garros, ü a invité Myskina et Dementieva à casser la croûte et il leur a demandé d’être les pionnières d’une «révolution russe» en tennis féminin fil leur a aussi demandé de gagner Wimbledon sans se douter qu’une compatriote cinq ans phis jeune allait s’en charger).Et il n’est pas avare de conseils, le Boris.«Il m’a suggéré de placer mes coups le long des lignes et de travailler à améliorer mon service.Et il a dit qu’Elena et moi devrions faire équipe en double, racontait alors Myskina.Il est comme un grand-père pour nous.» Une semblable percée n’aurait jamais été possible dans l’ex-URSS, où joueurs et joueuses étaient contraints à l’amateurisme.«La situation a complètement changé et nous sommes la première génération à en profiter réellement», mentionne Petrova, qui est âgée de 22 ans.N’empêche, poursuit-elle, il leur faut la plupart du temps s’expatrier pour réaliser leur plein potentiel.Pans son cas personnel, ce frirent trois années en Égypte, où ses parents étaient entraîneurs d’athlétisme — sa mère, Nadejda Dina, a remporté la médaille de bronze au relais 4 X 400 m aux Jeux de Montréal en 1976, comme quoi il n’est point de hasard en ce bas monde —, puis en Pologne.Remarquez, ce succès marque peut-être un juste retour des choses pour la Russie, dont la tradition tennistique ne date pas d’hier (sinon, on le comprendra, il ne s’agirait pas d’une tradition).Je vous dis ça comme ça, sans obligation ni frais d’ouverture de dossier de votre part et avec l’assurance qu’aucun représentant n’ira chez vous, le grand Léon Tolstoï soi-même en personne, écrivain de renom connu pour de légers petits bouquins rapidement passés au stade Uniprix de best-sellers, frit l’un des cofondateurs, il y a de cela très très longtemps, du Club de tennis de Moscou.Le vieux Léon était d’ailleurs doté d’un solide don de prescience, ainsi que le montre le fait qu’il écrivit un roman-fleuve dont le personnage principal s’appelait Anna K C’est prouvé, si besoin était encore: toute est dans toute.?Par un temps tantôt tristounet que n’eût pas dédaigné Dostoïevski tantôt confinant au radieux, sept têtes de série ont fait leur entrée dans l’action à la coupe Rogers hier, soit, en ordre alphabétique pour faire changement, Elena Bovina (14e), Jennifer Capriati (5e), Amélie Mauresmo (2e), Chanda Rubin (15e), Karolina Sprem (12e), Ai Sugiyama (7e) et Vera Zvonareva (10e).Ainsi que vous pouvez le lire en haut de la page des sports — ou en bas si votre tendre moitié a possession du journal et que vous lisez à l’envers —, au moment de livrer ce texte à la postérité, Bovina, Capriati et Rubin avaient vaincu, de même que Mary Pierce (17e), gagnante d’un deuxième match en deux jours.Les autres matchs n'étaient pas terminés ou n’avaient pas encore commencé.Les Russes Myskina, Dementieva, Sharapova et Petrova feront leur apparition aujourd’hui En après-midi, une pluie relativement drue a interrompu le jeu pendant deux heures vingt-deux minutes quarante-huit secondes et quatre-vingt-quatorze centièmes, mais que l’on se rassure, même sous l’ondée, Montréal est une foutue belle ville, hospitalière et tout Et les fans sont sympathiques.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 quelques lacs aux reflets de lapis et d’étroites vallées dont plus de 22 millions d’habitants, ruraux à 80 %, tirent leur maigre subsistance.Cinq ans de sécheresse ont mené à l’abandon de nombreuses terres, en fait d’à peu près toutes celles où se pratiquaient les cultures pluviales.La plupart des trois millions d’éleveurs nomades, appelés Kutchis, ont de leur côté perdu l’essentiel de leurs troupeaux.L’Afghanistan semble destiné à passer du Moyen Age à la post-modernité, sans avoir connu la Renaissance et la révolution industrielle.Sur la majeure partie du territoire, on vit encore à l’heure de Mahomet et de Genghis Khan, tandis que les téléphones mobiles et les connexions Internet tissent une toUe de plus en plus dense au-dessus des têtes.Le tiers des quelque 25 000 villages afghans ne sont reliés au monde extérieur par aucune route carrossable, ce qui implique que pour construire une école ou une clinique, par exemple, il faille parfois transporter les matériaux pendant plusieurs jours à cheval ou à dos d’âne.Pour y réduire la pauvreté, les défis sont nombreux: accès aux marchés, réhabilitation des ouvrages d’irrigation, etc.Quatre-vingts pour cent des gens n'ont pas accès à une eau saine dans les zones rurales.Pas surprenant si, parmi les projets PSN déjà retenus, 300 puits et aqueducs arrivent en tète AFGHANISTAN de liste, suivis de 250 ouvrages routiers, 72 mini-centrales hydroélectriques, 30 bains publics, 26 écoles et cinq cliniques.Une fois élu, le nouveau conseil de village doit choisir un projet prioritaire parmi une «liste d’épicerie».Les «édiles» sont conseillés en cela par des animateurs sociaux engagés par des agences «facilitatrices», soit l’Organisation des Nations unies pour l’Habitat et une vingtaine d’ONG internationales.«L'accent est mis sur le développement communautaire.Nous ne voulons pas étendre le rôle du gouverne ment.Nous pensons que ce rôle consiste à guider le développement plutôt qu’à le livrer, affirme Orner Zakil-wal.En Afghanistan, de toute façon, le gouvernement central n’a jamais été très présent «en région».Cette année, 200 millions $US ont déjà été engagés dans le Programme de solidarité nationale.Le budget total, auquel contribuent notamment la Banque mondiale et l’Agence canadienne de développement international, se chiffre à 700 millions $US.Did la fin de 2005, la totalité des villageois afghans devraient en avoir bénéfidé.Les communautés locales doivent fournir de 10 à 20 % de la valeur des nouvelles infrastructures, en argent ou en nature.Elles deviennent responsables de leur entretien, mais pourront profiter de l’expérience de gestion acquise pour monter de nouveaux projets dans le futur.•Nous avions des craintes que la formule ne fone tionne pas, mais le ministère y tenait, dit Sultan Mahmood, directeur du développement communautaire à l’emploi de la Fondation Aga Khan dans la province du Badakshan (nord-est).Nous avons choisi de tenir les élections par groupes: un groupe des femmes et des groupes d’hommes définis par métiers.De plus, il n’y a pas eu de véritables campagnes électorales et, après le scrutin, seuls les noms des gagnants étaient annoncés.» La plupart des «commandants» ont choisi de jouer le jeu, voyant qu’ils ne pouvaient pas s’opposer au processus.Dans ce pays où les fusils automatiques et les gros VUS constituent les signes les plus apparents de la modernité, le terme désigne tout un as-sortissement de chefs de milices, aussi bien les moudjahidines qui avaient résisté à l’occupant soviétique que les vestiges de l’ancienne armée nationale, aujourd’hui dissoute.«Dans un village, le commandant local a été élu au conseil mais pas à la présidence, relate Sultan Mahmood.Il a voulu nous intimider en exigeant une nouvelle élection, fen ai informé le ministère et nous avons résisté.Pour le moment, le village ne peut pas réclamer de subventions.» Le Devoir Ce reportage a été rendu possible grâce à une contribution de l’Agence canadienne de développement international (ACDI).Demain: Démocratie 101
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