Le devoir, 20 septembre 2008, Cahier E
II.1.1.¦.II., THÉÂTRE Une dramaturge péruvienne dans la salle intime du Propspero Page E 3 » DANSE Elodie Lombardo propose une danse macabre à la mexicaine Page E 5 L’éclatement au rendez-vous La culture de l’image du rock et le décloisonnement des arts s’expriment cet automne à Montréal par trois expositions très musicales.JÉRÔME DELGADO \ Aune semaine de l’ouverture de Warhol Live, truc inédit liant arts visuels et musique, le Musée des beaux-arts (MBA) vibre au son des chariots électriques, des marteaux et des objets métalliques qui finissent par frapper le sol.Difficile d’imaginer tous les airs, dont parle Emma Lavigne, qui relieront une salle à une autre.Ce qui est sûr, promet-elle en parcourant les étapes de l’exposition dont elle est une des commissaires, c’est que la cacophonie ne régnera pas.«Chaque salle a sa trame, chaque son a un sens», dit celle qui s’est fait un nom avec des expositions à la Cité de la musique de Paris.Elle et ses collègues Stéphane Aquin, du MBA, et Matt Wrbica, du Andy Warhol Museum de Pittsburgh, ont travaillé autant avec les musiques qui ont fasciné l’artiste (de Judy Garland à l’opéra, du rock au disco) qu’avec les bandes d’archives qu’il a conservées.«Les chansons de Garland et de Shirley Temple passaient à la radio.La fascination de Warhol pour le cinéma était aussi audio», estime Emma Lavigne.Warhol Live, qui «questionne l’art de Warhol, cherche à montrer comment il a voulu sortir de la création plastique», chose qui n’a jamais été faite, ouvre un automne très mé- lodieux dans le Montréal des arts visuels.Très rock: début octobre, le Musée d’art contemporain (MAC) inaugure Sympathy for the Devil puis Art et rock and roll depuis 1967, et, en novembre, la fondation DHC cède ses espaces à Christian Marclay, figure actuelle, incontournable, lorsqu’on évoque la musique comme un art plastique.Des rapprochements à faire Fait à noter, les deux musées auront droit à leurs Screen Tests de Warhol, remarquables de silence.Pour Paulette Gagnon, conservatrice en chef au MAC qui assure la mise en place de Sympa thy for the Devil, exposition en provenance de Chicago, il faut voir cet inévitable écho du bon côté.«On dira simplement que Montréal vibre à la musique», croit-elle.Fait à noter (bis), Emma Lavigne signe aussi, mais toute seule, Replay, l’expo Marclay qui circule dans le monde depuis 2007.Cette simultanéité n’est qu’un hasard, assure-t-elle.«/en suis très père, dit-elle, parce que l’une I Warhol live] commence par Hollywood et l’autre [Replay] finit avec ça.» Christian Marclay, qui sera également de Sympathy for the Devil (avec une installation dispersant des disques vinyle sur le plancher), VOIR PAGE E 2: ÉCLATEMENT Obsédé par les médias PAUL CAUCHON Sur YouTube, le clip dure 4 minutes et demi, fl s’intitule Andy Warhol Eating a Hamburger.Warhol est derrière une table.11 n’y a aucun mouvement de caméra On entend le bruit incessant de la rue.Warhol se sert du ketchup, mange, s'essuie la bouche, avec cet air absent qu’on peut avoir lorsqu’on mange unMcDo.C’est tout 11 faut ensuite lire les commentaires que les internautes écrivent.Certains le traitent de génie, d’autres d’imposteur.Le conunentaire le plus intéressant est le suivant: aujourd’hui, combien de vidéos peut-on voir sur YouTube de gens qui ne font rien de particulier?De là à dire qu’Andy Warhol est un précurseur de la télé-réalité et de YouTube, il n’y a qu’un pas, que plusieurs osent franchir.En tout cas, 20 ans après sa mort on garde vraiment l’impression que Warhol avait tout compris des médias, et qu’il est encore plus actuel aujourd’hui.Warhol a touché à tout.11 a liait masse des films, de la photo, a été éditeur de magazines, a fait de la radio, de la télévision, a même tourné des pubs.On ne compte plus le nombre d’entrevues qu’il a accordées.11 s’amusait d’ailleurs à donner des éléments biographiques différents à différents médias.Comme ça, expliquait-il, s’il rencontre quelqu’un qui lui cite un événement de sa vie, il pouvait savoir quel média cette personne consomme.Rie Bums a réalisé un grand documentaire sur Warhol pour HLS.Warhol est «l’artiste multimédia suprême, soutient-il II a compris que la gloire et la célébrité étaient la réalité la plus importante dans la culture des médias de masse».Selon Burns, la conception de l’art chez Warhol relevait de la transformation.«L’art, c'est le désir d’être ou de s’imaginer comme quelque chose d’autre», dit Burns.Tout jeune, Warhol était fasciné par Shirley Temple.Donc, ajoute Bums, «pour lui, Shirley Temple était plus importante que Jacksem Pollock.Cela a à voir avec ce que vous voudriez être».Les médias sont l’art Dans son autobiographie parue en 1975, traduit chez Flammarion sous le titre Ma philosophie de A à B, un livre sous fonne de dialogues ironiques et souvent brillants, Warhol explique que si vous êtes un es- « Warhol avait croc et C|Lie vous Passez à la télé, «vous êtes une célébrité et nul ne compris que vous méprise parce que vous êtes un escroc.Vous êtes quand même au la gloire et la firmament»., On pourrait donc dire que l’arL célébrité c'est ce que vous voulez qu’il soit , .Ou, mieux encore, l’art c’est ce étaient la que les médias veulent qu’il soit réalité la nlms Warhol allait encore plus loin, reaine la plus Dans une entrevue, un journaliste imnnrtantp 'ui a demandé s’il a transformé les médias.«Non, je ne transforme pas Hans la às médias, répond-il.Je ne fais pas non plus de différence entre mon Culture des art ct ^ médias.Je ne fais qu 'ajouter aux médias en les utilisant pour médias de mon travail.Je suis convaincu que les médias sont l’art.» masse» L’obsession de célébrité, la consommation culturelle ultra-rapide des talk-show, la télé-réalité, la culture du clip et des vidéos, toutes ces réalités semblent avoir été pressenties par Warhol qui, dans les années 60, faisait passer des screen test de trois minutes à tous les visiteurs de The Factory même s'il n’avait aucun film à tourner, et réalisait des films sur des sujets improbables, par exemple un homme qui dort Warhol était obsédé par la télévision («j'en allume quatre à la fins dans ma chambre à coucher» écrit-il dans son autobiographie) et Ü a eu sa propre émission en 1986 sur MTV, la chaîne où la mode de la télé-réalité a justement explosé avec Real Ufe.D avait compris que vous n’existez que par l’existence que vous accordent les médias.S’interrogeant sur le mode de fonctionnement des informations dans les médias, il écrit VOIR PAGE E 2: MÉDIAS t S A M E I) I MANCHE M B R E MEDIAS Warhol toujours actuel ?SUITE DE LA PAGE E 1 ceci: «Je ne parviens pas à comprendre à qui appartiennent les informations.Si votre nom apparaît dans les informations, les informations devraient vous payer.Parce que ce sont “vos informations", qu'elles prennent et distribuent comme si c’était leur produit.(.) Si les gens ne donnaient pas leurs informations aux informations, si chacun gardait ses informations pour soi, les informations ne comporteraient aucune information.J’imagine donc qu’on devrait se payer l’un et l'autre.» On croirait presque lire, du Raymond Devos! Evidemment, cette réflexion de Warhol autour des médias est symbolisée par sa phrase la plus célèbre, prononcée en 1968: à l’avenir, chacun sera célèbre pendant 15 minutes («in the future everyone will be famous for fifteen minutes»).On associe souvent cette phrase à l’obsession de la célébrité et de «passer à la télé».Mais la phrase a peut-être encore plus à voir avec la propension des médias à créer des vedettes pour consommation rapide, et à les jeter après usage.La phrase est tellement forte qu’on continue aujourd'hui à en explorer différentes variations.Par exemple, dans le nouvel univers des réseaux sociaux sur Internet comme Facebook, elle a été ainsi transformée: «sur le Web, chacun sera célèbre pour 15 personnes».Vous pouvez continuer le jeu et trouver d’autres variantes.Andy Warhol est mort en 1987, avant l’arrivée d’Internet Mais l’année précédant sa mort il créait une œuvre sur un ordinateur Amiga, un portrait de Debbie Harry.Plusieurs spécialistes croient qu’il aurait adoré Internet, et qu’il aurait poussé encore plus loin sur le Web sa réflexion sur les médias et la communication.Warhol toujours actuel?Essayez juste d’imaginer ce qu’un événement comme le 11 septembre 2001 aurait pu lui inspirer comme œuvre.Le Devoir Andrée Lachapelle, lumineuse et glorieuse dans le rôle de Winnie D’une audace complètement folle.Catherine Pmin, C’est bien meilleur le matin, Radio-Canada SSSSSS nous aide à vivre.Sylvie St-Jacques, La Presse semibilité.Andrée Lachapelle subjugue.| Claudia Larochelle, Journal de Montreal rendez-vous incontournable.Alexandre Cadmie Devoir Toute une performance d’Andrée Lachapelle.Vareuse.À ne KS'idi, Sarrcdi et rien d’autre, RadioCanada lumhE Brûlante de vie.Intense.Oufffiffff.SaSuirin, on lad tous du show business, RadioCanada rencontre au sommet Christian St-Pierre, Voir BEAVX JOVRf H PU 9 SEPTEMBRE AU 11 OCTOBRE 2008 ET R06ER LA RUE ASSARD HMI.IWCI AUI MI» trtulM CFNtVlEVF IACAC1 munit Acmumu, III NI VU Vt LLrUTTt o .¦Mum.Mue CHAMIKXIK tntiHOmiMiNi uninu MICHII SM1H imiiuhijkii! HNCUn BJUtSUT UNE PRODUCTION ESPACE GO L’ABONNEMENT LE PLUS FLEXIBLE EN VILLE! CHOIX DE 9 SPECTACLES OH LES BEAUX JOURS CEUX QUE L’ON PORTE LE BRUIT ET LA FUREUR or SAMUrt IIFCKETT D'ANDREW DAINUFF MISf EN SCf NF D’ANDRf.BRASSARD MISE EN SCÈNE DE VINCENT GUILIAUME OTIS CET ENFANT CIE LOUIS DROUILLARD (FRANCE) TEXTE ET MISE EN SCÈNE DE JOfl POMMERAT LA COMPLAINTE DE DULCINEE DE DULCINÉE LANG FELDER MISE EN SCENE D'ALICE RONFARD DE WILLIAM FAULKNER MISE EN SCÈNE DE LUCE PELLETIER LE COMPLEXE DETHÉNARDIER LA GRANDE MACHINERIE LES PIEDS DES ANGES DU MONDE SJfHÉ TEXTE ET MIST EN SCÈNE DE PATRICE DUBOIS D’EVEIYNE Dt IA CHENELIERE MISE EN SCENE D’ALICE RONFARD WWW.ESPACEGO.C0M DE JOSE PLIVA MISE EN SCENE DE DENIS MARLEAU MYCOLOGIE TEXTE ET MISE EN SCENE DE STEPHANE CRÈTE 4890, BOULEVARD SAINT-LAURENT, MONTRÉAL (QUÉBEC) HZT 1RS espace go 514 845-4890 admission 514 790-1245 PARTf NAIHI Df SAISON transat CONCOURS QCv(Mbec Us Rencontres d’Ariane Voyez OH LES BEAUX JOURS et courez la chance de remporter un forfait* pour deux personnes à la Baie-James offert par 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pistolet à la main, qui ouvrent le parcours au MBA Marclay, comme Warhol, est préoccupé par le monde qui l’entoure, «fasciné par la mort», dit-elle.La vidéo Guitar Drag (1999), inspirée par le calvaire d’un jeune Noir traîné par une auto, évoque cette dimension très anthropomorphique du rock.Faire entendre tous les sons A l’image des pochettes de disques rassemblées (Tchaikovski, Stones, Diana Ross.), Warhol Live fera entendre tous les sons.Un constat cependant le cœur de cette démonstration peu plastique (peu de peinture avant la toute dernière salle), n’est pas l’objet le moins immatériel de l’artiste des Silver Clouds, connus pour avoir servi de décor dans une chorégraphie de Merce Cunningham), mais la présence du rock.L’association de Warhol avec le Velvet Underground (Lou Reed, John Cale.), groupe qu’il a financé et promu, au point où le disque The Velvet Underground & Nico est devenu un album-culte, semble un point tournant.La reconstitution de (’Exploding Plastic Inevitable qu’on s’apprêtait à finaliser mercredi — l’EPI, pour les intimes, est le fantasme d’œuvre d’art total que Warhol parvient à réaliser avec le Velvet — en sera certainement l’étape la plus spectaculaire.Rock ici, rock au MAC, rock avec Marclay.L’alliance de ce genre avec les arts visuels n’est pas JACQUES GRENIER i.E DEVOIR Une vue partielle d’une des salles de l’exposition Andy Warhol au MBA fortuit, croit Emma Lavigne, elle qui contribue depuis l'an 2000 à exprimer cette réalité: des expositions autour de Pink Floyd, Jimmy Hendrix, John Lennon.«Les rockeurs expriment une certaine ambiguïté, multiplient leurs personnages.Warhol a eu une relation très forte avec Mick Jagger, qui jouait l’ambiguïté sexuelle, se maquillait, se travestissait, note-t-elle.Le rock est devenu une mythologie, il a quelque chose de rituel.Umberto Eco a déjà dit du rock qu’il est une religion électrique.» Aussi, croit-elle, l’altérité a amené des arts alternatifs à se rapprocher.Autant Marclay, DJ à ses débuts qui se tourne vers la vidéo alors qu’elle n’a pas encore la cote, autant Warhol qui se bat pour trouver des boîtes de nuit où faire jouer Lou Reed et ses acolytes.«Ce que Warhol défend avec Velvet Underground, c’est une esthétique sombre, urbaine, loin du flower power de Californie.Ce que chante Reed est en décalage avec l’insouciance de la jeunesse que la société aimait véhiculer.C’est la mort, la destruction.» François Létourneux, conservateur adjoint au MAC, croit que ces liens rock-art reposent sur l’esprit de collectivité, d’ouverture et de multidisciplinarité propre à notre époque.Ce n’est pas pour rien si Sympathy for the Devil débute avec le New York de 1967, l’année de sortie du Velvet Underground & Nico.«A me autre époque, quand Picasso travaillait pour un ballet, chacun faisait son affaire.Dans les années 1960, c’est le décloisonnement.Tout le monde s’approprie me discipline.» Marclay, comme Tony Oursler, Dan Graham, Pipilotti Rist, Rodney Graham (le seul Canadien de Sympathy for the Devil) et d’autres, sont ou ont été musiciens.Un tiers des artistes exposés, dit François Létourneux.Ça explique bien des choses.Il assure cependant que l’exposition n’est pas une affaire musicale.«Les œuvres sont des œuvres d’art contemporain, dit-il.Il ne s’agit pas d’une expo anthropologique.On ne présente pas les chaussures d’Elvis.» Collaborateur du Devoir PKo^RMMATfoN JQ/NeSfc [îTïTlWrfiÇl Z0ji/Ni°K , ¦ .AIWABEU.E (ANTo Dimanche 28 septembre, 11 h Musique et théâtre - 3 à 12 ans Ayant perdu sa voix et sa mémoire le matin d’un important récital, une cantatrice et son pianiste partent à la recherche de cette voix magique.La chanteuse parviendra-t-elle à retrouver son talent ?Une coproduction des Jeunesses Musicales du Canada et de la Place des Arts o «mm : -igmimmiTmiimm Atelier entourant le spectacle : LE (ABAÜfTMNté W VILAIN PfïïT(ANAW Danse-4 à 12 ans La compagnie de danse Cas public, qui présentera sa toute nouvelle création Le Cabaret dansé du vilain petit canard à la Place des Arts en février prochain, vous convie à un atelier où seront dévoilés les rouages de la création en danse.Une production de.la compagnie de danse Cas public TI-JEAN (HEZ KS REVENANT) Dimanche 19 octobre, 11 h Théâtre de marionnettes - 4 à 12 ans Adaptation libre du conte traditionnel russe La princesse Grenouille, ce spectacle raconte comment la célèbre marionnette Ti-Jean surmonte ses peurs et déjoue les plans d’une sorcière cruelle.Un spectacle du Théâtre de Deux Mains présenté par la Place des Arts PROGRAMMATION COMPLÈTE jeunesse.laplacedesarts.com Partenaires Mf.fJlA Commanditaires SONS ET BRIOCHES A ^ «DE»* — A * 614 LE DEVOIR, LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 SEPTEMBRE 2 (Ml S K CULTURE L’air du temps * Odile Tremblay LM air du temps soufflât sur Yonge street, sur Bay street, à l’ombre de la tour du CN.Un peu plus fort qu’ailleurs, au fait Factice air du temps.Brad Pitt montrât son beau profil.Tout le reste s’enfonçât dans Tombre.Photographiées, traquées, interviewées, les vedettes donnaient leurs couleur rouge et or au festival de Toronto, clôturé la semaine dermère.Je n’y avâs pas mis les pieds depuis huit ans.Assez pour constater à quel point la «peoplelisation» du rendez-vous avât pris le mors aux dents.Les filins projetés là-bas, souvent de grande qualité, passâent sous le tapis, en même temps que les cinéastes, soudân invités de second plan, cousins pauvres des vedettes.Les programmateurs me confiaient leur détresse.Faut les comprendre.Frustrant de se fendre en quatre pour trouver des bons films quand les projecteurs se braquent sur les partys.Fête géante pour vedettes à lunettes fumées: la cause torontoise est médiatique-ment entendue.Non seulement les télés roulent à fond sur les stars à croquer, mais aussi les grands journaux nationaux, dont le Globe and Mail, et nombre de médias américains, délâssent à peu près toute critique cinématographique pour sombrer dans le culte du vedettariat.On n’ira pas cracher sur ce culte-là, si précieux pour mettre une manifestation en lumière.A Montréal, le Festival des films du monde manque tellement de stars à jeter en pâture aux caméras qu’il sombre dans l’anonymat Mâs Toronto, si populaire, pourtant couru par son public, pâtit de l’effet contraire.L’impact médiatique égare sa dimension artistique au profit de la façade clinquante.Sans volet compétitif, le Festival de Toronto, adopté par Hollywood, se révèle particulièrement vulnérable à cet air du temps avide de visages de prestige, de potins de coulisses.A Cannes, à Berlin ou à Venise, entre autres, la compétition offre un treillis aux journalistes qui témoignent à tout le moins des films de la course.Deux types de couverture: presse glamopr et critique de cinéma se partagent le morceau.A Toronto, en l’absence de cette digue, la «peoplelisation» balaie tout.Misère des riches?Peut-être, mâs qâ en dit long.Simple reflet d’une paillette planétaire qui masque, à tous les échelons, le tissu culturel et ruine son impact profond, le cas Toronto éclaire le reste.Partout, la chasse à la vedette, à l’heure de financer des films, d’animer des émissions culturelles, de poser devant les caméras, envoie créateurs et spécialistes au filet.Le vedettariat ne date pas d’hier, remarquez.Mâs l’ampleur du phénomène planétaire donne aujourd’hui froid dans le dos.Comme une immense tache d’huile, atteignant la classe politique: le président françâs surfe particulièrement fort sur cette vague-là.Dans le champ des arts, cette couverture de surface, nourrie de télé-réalité, sape l’essence.On me dira que dans nos sociétés stressées, se passionner pour la perte de poids de Britney Spears peut constituer un chloroforme fort commode.N’empêche que le vedettariat est en trân de modifier toute le visage de la culture, de miner sa symbolique profonde.Au sommet de la pyramide, des bêtes de pouvoir poussent la roue de l’abrutissement collectif et empochent des votes qui fleurissent sur le terreau de l’ignorance.Big Brother triomphe.L’art, le vrâ, celui qui disparât du devant de la scène, est subversif.Assourdir sa voix, c’est léser tout le monde.En pareil contexte, allez reprocher à tant de nos concitoyens de posséder une vision faussée des créateurs.Ceux-ci leur apparâssent comme des privilégiés en tenue de soirée, noyés dans une perpétuelle coupe de champagne: fidèles à l’image des artistes exhibée à plein reportages.Comment âors convâncre monsieur et madame Tout-le-Monde de la nécessité (pourtant vitâe) d'appuyer les revendications des artistes dans la sinistre affaire des coupes aux programmes culturels par Ottawa?Même quand la ministre du Patrimome, Josée Verner, assène dès sottises énormes en demandant au Québec de compenser de sa poche les coupes fédérales sans lui fournir d’enveloppe, des mains font clap! clap! pour l’applaudir.lorsque Robert Lepage s’indigne devant les coupes fédérales, plusieurs dénoncent en lui un contestataire en carrosse doré.Le pire, c’est que ces images à pâllettes, diffusées à pleins médias, faussent le portrait de groupe.La plupart des créateurs trouvent leur inspiration en tâtonnant dans le noir et tirent le diable par la queue.Et depuis quand l’essence de l’art, précieux miroir de l’âne de peuples, est-elle soluble dans une coupe de champagne?Ces arguments, à nos yeux irrécusables, parâssent risibles au clan adverse.On a sous-estimé le travail de sape produit par l’air du temps dans l’imaginâ-re collectif.Une pluie de lettres et courriels des lecteurs aux journaux, dénonçant les-assistés-sociaux-de-luxe-payés-avec-les-fonds-publics-pour-fâre-la-java-à-tra-vers-la-planète éclaire soudain l,e fossé béant entre deux perceptions de la culture.À gauche: les amoureux des arts et lettres saisissent l’importance des enjeux sur la table et dénoncent les politiques des Conservateurs.A droite: les gens gavés surtout d’icônes médiatiques, vedettes, partys et compagnie, hurlent aux privilèges de caste.En haussant le ton, quand les revendications des artistes éclatent en plein gala des Gémeaux.Ces célébrités locales en beaux habits incarnent si fort le rêve doré.«Regardez-moi la bande de riches et célèbres venue chia-ler dans leurs réunions mondaines, où le peuple n’est jamais invité! crie la foule frustrée.Et faudrait leur donner des subventions!» Face à cette collision, on songe qu’une cause juste peut faire patate lorsque les perceptions publiques jouent contre elle.En l’absence d’un débat sur la place de l’art dans nos sociétés, les voix éclairées prêchent quasi dans le désert.Oui, certaines tribunes glamour gagnent à être évitées par les artistes en campagne de sensibilisation.Sinon, les messages ratent leur cible.L’air du temps souffle, souffle.Ne pas tenir compte de sa force dans nos revendications culturelles devient suicidaire.Faudrait revoir quelques stratégies.en tenant compte du terrân miné qui bousille aujourd’hui la cause de l’art.L'air du temps.L'air du temps.L’âr du temps.otrem blay@,ledevoir.com Uart, le vrai, celui qui disparaît du devant de la scène, est subversif.Assourdir sa voix, c’est léser tout le monde.Masque production « Région » en 2006 l(J Palier de Réal Beauchamp et Jean-Guy Côté „ avec Marie-Ginette Guay (Continental, un film sans fusil) - Nomination .« interprète féminine », Soirée des Masque 2006 et Lucien Ratio Nomination « Révélation », Soirée des Masque 2006 Mise en scène : Frédéric Dubois assisté de Simon Lemoine Décor : Vasmina Giguère Costumes : Paco Bureau Éclairages : Lyne Rioux Bande sonore : Jonathan Monderie-Larouche 16 septembre au 4 octobre (mardi et mercredi à 19 h, jeudi au samedi à 20 h) raoÀe-m En codiffusion avec ^MANyFAcrUü Conseil des arts et des lettres Québec "Es 4559, PAPINEAU-MONTRÉAL-QC www.theatrelalicorne.com 514.523.2246 RÉSEAU ADMISSION LA LICORNE' 514.790.1245 ou 1.800.361.4595 THÉÂTRE Premier choc péruvien Le Prospero propose un texte dérangeant de la dramaturge JACQUES GRENIER LE DEVOIR Sounia Balha et Miguel Doucet présentent une œuvre riche, complexe et engagée écrite par Mariana de Althaus.MICHEL B É LAI R Ils sont jeunes comme on se souvient tous, toujours, jamâs plus, de l’avoir été, et c’est leur première entrevue.Elle,, Sounia Balha, sort à peine de l’Ecole na-tionâe; lui, Miguel Doucet, bleuet déraciné, y est passé aussi et s’adonne depuis à la mise en scène.Ils font partie du Théâtre Tresss qu’ils ont fondé avec leurs deux comparses Francesc^Gos-selin et Talia Hallmona pour monter ces Trois Histoires de mer de Mariana de Althaus qui prennent l’âfiche mardi dans la sâle intime du Prospero.Bien.Mâs pourquoi les rencontrer, eux?Pourquoi parler de cette production plutôt que d’une autre?L’universel et le particulier D’abord, parce que! Ensuite parce qu’ils sont jeunes et beaux et qu’il faut parler de la relève dès qu’elle se manifeste.Mâs surtout parce qu’ils arrivent avec une proposition originale: l’œuvre riche, complexe et engagée d’une dramaturge péruvienne.Vous en connâssez beaucoup, vous?Pourtant, le Théâtre Tresss en est déjà à sa deuxième pièce de Mariana de Althaus en un peu plus d’un an; en juillet 2008, la compagnie proposât Bruit à l’Espace La Risée, une petite salle de la rue Bélanger.Dans les deux cas, c’est Francesca Gosselin qui a signé la traduction; née d’une mère péruvienne et d’un père québécois, elle est sortie de l’Ecole supérieure de théâtre de TUQAM U y a quelques années.Sa carrière commence à prendre un tournant différent depuis qu’elle s’intéresse à ses racines péruviennes et qu’elle est entrée en contact avec Mariana de Althaus.Ici, grâce au mandat que s’est donné le Prospero de faire connâtre les dramaturgies émergentes dont on n’entend presque jamâs parler ailleurs, d’où qu’elles viennent, l’entreprise risque d’avoir un écho encore plus large.Yeah! Miguel Doucet explique d’abord qu’Althaus est plus connue comme comédienne et metteure en scène que comme auteure dramatique.Pourtant, ses pièces ont été jouées jusqu’en Espagne et en France, en version espagnole toujours.Une relation privilégiée s’est rapidement créée entre l’auteure et la petite com- pagnie puisqu’elle est la seule jusqu’ici à avoir monté ses pièces en français.Ce qui a séduit Doucet comme tous les membres de l’éqâ-pe, c’est que les Trois Histoires de wer parlent du rapport mère-fille, un thème universel qâ prend une coloration bien particulière au Pérou à cause du nombre effarant d’enfants abandonnés que l’on y trouve.«L'histoire est assez simple, racontent-ils tous les deux en prenant la parole à tour de rôle.On est dans une maison sur le bord de la mer où se rencontrent pour la première fois trois femmes qui ne se connaissent pas.On apprendra assez vite que Jo-séfina, Vania et Ananu sont en fait les trois filles d’une même mère qui les a abandonnées.Dans cette maison, chacune avec sa forte personm-lité, avec ses différences bien ancrées aussi, elles vont tenter de se construire un héritage commun.» Pas évident, direz-vous peut-être.Comme le souligne Sounia Bâ-ha dans son accent bien montréa-lâs, les trois comédiennes se sont permis de plonger dans leur propre relation avec leur mère pour construire leur personnage.Et comme elles sont toutes les trois d’origines disons «multiples», c’est une autre belle façon de souligner l’universalité du thè-nje et ses applications bien particulières selon les cultures.C’est elle encore ou peut-être Miguel Doucet qui abordera le «réalisme magique» de Mariana de Althaus qm semble rappeler les meilleurs moments des Cent ans de solitude de Garcia Marquez.On verra peut-être là des fantômes plus vivants que les vivants qui sait.«Le moins que Ton puisse dire, c’est que c’est intéressant pour le metteur en scène, reprend Doucet On ne verra que les trois sœurs sur scène, mais pourtant chacune d’elle rencontrera sa mère.qui sera jouée, intégrée faudrait-il probablement dire, par chacune des filles.C’est un show écrit par une comédienne pour des comédiennes, et sa structure en abyme est fort intéressante parce qu’elle permet d’explorer des territoires très riches illustrant bien la force de l’écriture de Mariana de Althaus.» Si l’avis vous intéresse, sachez que l’on pourra en apprendre un peu plus sur la vie et l’œuvre de ladite Mariana, de Althaus le 27 septembre à l’Ecole nationale dans le cadre des Portes ouvertes orgam-sées pour les Journées de la culture.Le Théâtre Tresss offrira là un bout de lecture de Bruit et jouera même un extrait de Trois Histoires de mer.On se renseigne à l’Ecole, et on se donne rendez-vous au Prospero.Le Devoir lie ENCONTKES mmmm ICE MARDI! du 23 septembre pu 11 octobrp 9nnn CAUSERIES ET PROJECTIONS D'ŒUVRES DU RÉPERTOIRE UN RFSTn rad 8| 45 P.ERF0RMANCES, DES REA Lamour es! un opéra muet Omnibus et l'Ensemble Pentièrl™ (n !î RE.SÎ,0'BAR: LE QUARTIER GENERAL POUR LA FÊTE EU (France) Un temps deux mouvements Tenon Mortaise (Québec Interior l'’ V',rB Com|,a!)nil! R”"1» théâtre c< Gargou"!0 (Quebec) Rox, horreur show Tableaux vivants |QuCéb^nF»utTcroh«|«tl0n-^^ranC8^ °B la 'Brre *odu .cro,re les f"™5 ^r paroles?Thoâlre du Mouvement LfH SB,,l"na com')aBnie Ch8l« (France) et une louloc d'autre.l.bRE billetterie 514.521.4191 1945.rue FnKum, : Fionlemn WWW.mimeomnibllS.qc.ca wwiwespuccli .oki Conseil des Arts Cnnadn CouiM çTj) du C.inndi» h» the Arts Québec mm Montréal® f ¦ JARDIN BOTANIQUE i » ! •: m c > n i u !'•; a i UNMUSÉUMNATUREMONTRËAl La Magie des lanternes 5 septembre au 31 octobre • 9 h à 21 h Financière Sun Life TFT Montréal /ô7n* MOWTIlf M t M 41 4* i-r museumsnature.ca 514 872-1400 bi&ttl Pi«-IX LE DEVOIR.LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 SEPTEMBRE 2008 CULTURE th Mire / Emile Ajar s’amène au Rideau Vert ! Catherine Bégin et Louise Marleau donnent corps à La Vie devant soi AGENCE FRANCE-PRESSE Romain Gary, alias Emile Ajar, a longtemps laissé son cousin Paul Paulovitch incarner son personnage en public, confondant tout un chacun.Il a obtenu le prix Concourt en 1958 et en 1975.MICHEL B É LAI R Drôle de couple! L’une séduisante, l’œil allumé de la femme aux commandes, presque séductrice.L’autre depuis longtemps consciente de ses moyens, plus mûre.Deux «femmes de textes» comme on dit «femmes de lettres» ou «femmes de tête».Deux comédiennes qui toutes les deux ont interprété tous les personnages du monde ou presque.A droite, Louise Marleau qui fréquente régulièrement les planches et les plateaux de toutes sortes depuis l’âge de sept ans et qui signe ici, l’air de rien, sa quatrième mise en scène.Et devant, Catherine Bégin que l’on ne peut s’empêcher de voir déjà, avec son impossible voix soyeuse que l’on dirait pétrie à la jointure, sous les traits de ce monstre de tepdresse qu’est la Madame Rosa d’Emile Ajar.Fortuitement.On est au Rideau Vert, ou plutôt juste à côté, une semaine exactement avant la première.Tout au long de l’entrevue, il fout le noter, les deux femmes s’efforceront de ne pas trop ressembler aux jeunes filles espiègles qu’elles sont aussi lorsqu’elles racontent le plaisir qu’elles ont eu et qu’elles ont encore à patauger ensemble, depuis le mois de mai dernier, dqns l’univers de Romain Gary alias Emile Ajar.Avec Momo, le petit juif arabe de Belleville.C’est Louise Marleau qui a vu la pièce à Paris, il y a à peine plus d’un an dans une salle célèbre des Champs-Elysées, le Théâtre Mari- Bourses de carrière Appel aux créateurs Le Conseil des arts et des lettres du Québec offre des bourses de carrière destinées aux créateurs ayant un minimum de 20 années de pratique et dont l'apport à leur discipline a permis le renouvellement du langage artistique.Ces bourses visent à reconnaître la remarquable contribution d'artistes ou d'écrivains à la vitalité de la culture québécoise.Elles sont dédiées à des créateurs ou des interprètes actifs sur la scène québécoise et qui poursuivent leur démarche artistique.Les candidats ont une influence de premier plan sur le développement des tendances et des lignes de pensée artistiques et leur travail inspire de façon marquante l'ensemble de leur milieu.Bourses de carrière Trois boùrses de carrière sont offertes aux artistes oeuvrant dans au moins un des domaines suivants : arts du cirque, arts médiatiques, arts multidisciplinaires, danse, chanson, littérature, métiers d'art, musique, théâtre et recherche architecturale.Montant : 60 000 $ répartis sur deux ans Bourse de carrière Jean-Paul-Riopelle Cette bourse s'adresse exclusivement aux artistes des arts visuels.Montant : 60 000 $ répartis sur deux ans Bourses de carrière pour les scénaristes et les réalisateurs de cinéma Ces deux bourses de carrière annuelles sont destinées aux scénaristes et aux réalisateurs d'œuvres cinématographiques de fiction, d'art ou de nature expérimentale ou encore documentaire.Montant : 50 000 $ chacune Date limite d'inscription : 15 octobre 2008 Renseignements Mme Francine Royer Conseil des arts et des lettres du Québec 514 864-3350 ou sans frais 1 800 608-3350 www.calq.gouv.qc.ca Conseil des arts et des lettres Québec SS Le 14° Festival international de la littérature (FiL) présente MARIE CHOUINARD et ROBER RACINE.CHANTIER DES EXTASES Lecture-spectacle en compagnie d’une danseuse devenue poète et d’un artiste musicien.Jeudi 25 septembre - 20 h 30 Cinquième Salle de la Place des Arts ©laplacedesarts.com 514 842 2112 M 866 842 2112 www.festivaL-fiL.çc.ca '“Québec KS & îkt*- era "HlSSmtà.le (mm* M À ne pas manquer ! Une rencontre sur le thème « Du livre à la scène » en compagnie de Marie Chouinard.Brigitte Haentjens, Rodney Saint-Étoi et Loui Maufette.Animation : Stanley Péan, Dimanche 21 septembre - 16 h Hall de l'Espace GO I4890, boulevard Saint-Laurent).Entrée libre.gny; la production roule encore d'ailleurs, et elle s’installe même cette semaine du côté du Théâtre de l’Œuvre, dans le 9 arrondissement cette fois, jusqu’à la lin décembre.L’qdaptation du merveilleux texte d’Emile Ajar à la scène — «qui laisse sentir le plus chaleureux du roman» comme dira Catherine Bégin — a été faite par Xavier Jaillard.Bon.Marleau donc, souligne l’existence de la pièce à Denise Filia-trault «qui est toujours à la recherche de nouvelles choses à monter», qui a été séduite par le texte.et qui lui a, dans un même élan, proposé de signer la mise en scène.«C’est fortuit, dit-elle, en troussant légèrement les lèvres./e n’ai pas vraiment goûté la production parisienne, pour toutes sortes de raisons.et je ne pensais surtout pas faire la mise en scène de la pièce lorsque j’en ai parlé à Denise.Mais quand elle me l’a proposé, je n’ai pas su résister.C’est un texte d’une humanité absolument désarmante.» C’est ainsi que nous en arrivons à la quatrième mise en scène «fortuite» de Louise Marleau: les deux premières pour l’Opéra de Québec — Manon puis Carmen avec Nézet-Sé-guin comme copilote — et la troisième au Rideau Vert l’an dernier.On se souviendra qu'il s’agissait alors du classique Au retour des oies blanches de Marcel Dubé dont le théâtre de la rue Saint-Denis souhaitait souligner le 49 anniversaire de la création.Le dramaturge avait écrit la pjèce pour Louise Marleau à l’époque et, cette fois encore, c’est lui qui suggéra à la direction du Rideau Vert que la comédienne signe la mise en scène du spectacle.Rebon.Quatre fois donc, sans le vouloir vraiment.Dur?«Non, pas vraiment, répond la metteure en scène en souriant;/y prends même beaucoup de plaisir! Je trouve très stimulant de jouer avec toutes les pièces du casse-tête qui composent l’ensemble de la production: les personnages, les répétitions, le rythme à placer avec tout le monde, la maquette du décor, les costumes, l’éclairage.J’aime parler de ma conception du spectacle avec les comédiens et avec tous ceux et celles qui lui donnent une forme concrète.[.,.] Au début, je l’avoue, la mise en scène et le fait d’être le maître d’œuvre du spectacle me faisaient un peu peur.A l’opéra, par exemple, j’ai travaillé sur des “storyboards” pendant six mois avant de faire face à tout le monde! Mais ici, devant ce texte dont la portée politique et sociale est beaucoup plus évidente encore qu’au moment de la parution du roman en 1975, j’ai rapidement eu le goût de plonger.» On se rappellera que La Vie devant soi parle, grosso modo, d’«ac-comodements raisonnables» dans le quartier de Belleville, à Paris, qui abrite de nombreuses communautés plus ou moins visibles pas particulièrement minoritaires.D’un niveau à l’autre Catherine Bégin, elle, a tout de suite été séduite par l’idée de jouer ce personnage immense de Madame Rosa; on la sent habitée par son personnage lorsqu’elle en parle.«Rosa c’est un personnage particulièrement touchant, oui, mais c’est aussi une inculte bourrée de préjugés.C’est loin d’être une sainte! Elle a des idées réactionnaires sur tous les sujets ou presque.Ce qui ne l’empêche aucunement d’être cette femme d’une tendresse incommensurable qui vient nous démontrer, à coups de petits gestes et de simples leçons de choses, qu’on ne peut rien sans amour.» On a tous lu ce livre admirable et l’on devine — faut-il s’excuser à l'avance de bouffer de l’adjectif laudatif en parlant de Romain Gary?— l’incroyable défi tout comme l’indicible bonheur de se glisser dans la peau d’un tel inoubliable personnage.La comédienne, dont le jeu raffiné s’affirme encore plus avec les années, tout le milieu n’arrête plus de le souligner, poursuit en racontant qu’un rôle n’appartient finalement qu’à celui qui l’interprète, au moment où il l'interprète — «on ne pense jamais à ceux qui ont joué le rôle avant!».Et que même s’il y a bien une part de création dans le fait d’investir un personnage puisque c’est en soi-même qu’on le trouve toujours.sa Rosa ne parlera jamais que les mots d’Emile Ajar.Elles s’animent toutes les deux.Discutent de «l’acteur canal» plus que de «l’acteur outil».D’une façon puis d’une autre, elles parlent toujours d’une relation de confiance, de communion.Et comme Louise Marleau est comédienne depuis des décennies, elle sait pertinemment — et probablement plus qu’un metteur en scène n’ayant jamais joué — l’importance de «l’écoute» sur un plateau.«Souvent, souligne-t-elle, cela mène à l’empathie.Souvent aussi à développer une sorte de sensibilité permettant de connaître et d’“intuitionner” les choses de l’intérieur, sur une relation plus organique au texte et au personnage, moins intellectuelle.» Sa mise en scène, elle l’a d’abord voulue très réaliste de façon à ce que l’atmosphère du Belleville décrit par Romain Gary s’impose sur scène.Puis avec Rosa, Momo — Aliocha Schneider, un jeune comédien de 14 ans qui «brûle» la scène disent-elles — et tous les autres (Pascal Rollin et Marco Ramirez qui complètent la distribution), avec le racisme à la petite semaine et les petitesses de tous types de la vie ordinaire, l’on passera à une sorte d’autre niveau, un peu comme dans le roman.Quelle forme tout cela prendra-t-il?Eh bien on le découvrira ensemble dès mardi, au Rideau Vert Le Devoir •‘Xg-itân- .î v«!, IA,,'-?JACQUES GRENIER LE DEVOIR Catherine Bégin et Louise Marleau, à quelques jours de la première de La Vie devant soi.L’AGENDA LA 38G SAISON 8 ATRE DENT MARIE DE L INCARNATION OU LA DÉRAISON D'AMOUR Jean-Daniel Lafond/Marie Tifo TABLEAU D’UNE EXÉCUTION Howard Barker à compter de LE DRAGON BLEU Robert Lepage/Marie Michaud L'ASILE DE LA PURETÉ Claude Gauvreau 1-877-643-813.1» »r Grand Théâtre de Québec letrident.com LA NUIT DEVALOGNES Éric-Emmanuel Schmitt Robert Lepage LE DRAGON BLEU Direction artistique Gill Champagne L’HORAIRE TÉLÉ, LE guide devos soirées Gratuit dans U Devoir du samedi LE DEVOIR 4 DEVOIR SAMEDI DIMANCHE 21 SEPTEMBRE CULTURE JACQUES GRENIER LE DEVOIR Ganas de vivir, mise en scène d’Élodie Lombardo Danse macabre à la mexicaine La jeune chorégraphe Élodie Lombardo embrasse un ambitieux projet de création interculturelle LILI MARIN Mille fois Irop gros pour la taille de sa compagnie, Les sœurs Schmutt, qu’elle dirige avec sa jumelle, le bateau dans lequel s’est embarqué la Québécoise d’adoption Elodie Lombardo ne risque pas d’échouer, grâce à la complicité de Danse-Cité et de La Compania de Danza y Arte Escénico de Colima.Ganas de vivir, une pièce pour huit interprètes (québécois et mexicains) mêlant danse, théâtre et chant, français et espagnol, prend l’affiche à Montréal avant de se transporter dans plusieurs villes mexicaines.Fusion d’éléments En 2006, une semaine après son retour du Mexique, où elle avait présenté Blouskaille olouèze et donné deux semaines d’ateliers, Elodie Lombardo avait l’idée — et le titre — de ce spectacle sur le rapport à la mort, tel qu'il est envisagé par les compatriotes de Frida Kah-lo.Une année de montage financier plus tard, elle retournait, en octobre dernier, dans le pays qui l’avait bouleversée.Ses interprètes la rejoignaient en décembre, puis c’était au tour de son compositeur, Guido del Fabbro (également violoniste de Herre lappinte) et de sa scénographe Marie-Ève Lemieux.La création s’est poursuivie à Montréal malgré les ennuis de visas de l’une des danseuses.Les sœurs Schmutt ont eu la chance de bénéficier de la première résidence de création offerte à une compagnie de danse par Studio Bizz, et la malchance de voir un de ses danseurs se blesser au pied.Cela a forcé la chorégraphe à préciser son rôle, celui de la Caterina, figure symbolisant la mort «toujours en train de se marrer».Car, au Mexique, on rigole avec la mort, a découvert Elodie Lombardo, qui a pu y vivre la fête des morts.Au cours de cet événement rassembleur, qui a lieu au cimetière avec des maria-chis, on grignote des crânes en sucre et on écrit des épitaphes pour ses amis.Une façon moins dramatique d’aborder l’inéluctable.«Ça met tout le monde, riche ou pauvre, chanceux ou malchanceux, sur un pied d’égalité», dit-elle.Cette sérénité a plu à la chorégraphe qui aujourd’hui, à force de parler de la mort, a cessé d'y penser tout le temps.«Sans être une angoissée de première, je crois que cette pensée impulse une vie où rien n’est acquis.» En termes chorégraphiques, cette préoccupation se traduit par un important travail sur le poids.D s’agit de savoir jusqu’où aller dans l’abandon, tout en restant assez tonique pour rendre possibles les manipulations lors des duos ou des mouvements de groupe.Parce que le groupe est omniprésent dans l’œuvre de cette artiste, pour qui la solitude demeure un concept abstrait vu qu’elle est venue au monde à deux.Dans Ganas de vivir, il est synonyme de soutien dans les moments difficiles et d’échange.De fait, les interprètes on pris des cours de langue.«On a fait l’effort, chacun, d'apprendre, la culture de l’autre», se félicite Elodie Lombardo, qui admet que le processus de création s’est déroulé en «franiol».Dans le spectacle, le français et l’espagnol s’entremêlent.«C’est bien quand les gens ne comprennent pas tout, parce qu’il y a une perte de sens.» Comme lorsque la faucheuse frappe un proche.Le langage que développe Elodie Lombardo repose sur la fusion d’éléments de différentes disciplines.Pour la première fois, il s'articule aussi en chanson, tout simplement parce que l'une des interprètes mexicaines est bonne chanteuse.«Je travaille avec les talents de tout le monde», explique la chorégraphe, pour qui la voix est une extension du corps.De la même manière qu’elle fait confiance à son équipe, elle ne s’inquiète pas trop des aléas de diffusion au Mexique, où le personnel des secrétariats culturels change au gré des humeurs politiques, ce qui risque toujours de chambouler un calendrier de tournée.Cette part d’imprévu réserve parfois de bonnes surprises, comme des dates qui s’ajoutent à la dernière minute.«À la limite, c’est plus facile de tourner au Mexique qu'à 100 km d’ici», dit-elle avec philosophie.Collaboratrice du Devoir GANAS DE VIVIR Au Studio Hydro-Québec du Monument National, du 24 septembre au 4 octobre DANSE Dépeindre l’humain Louise Bédard s’inspire des étranges portraits de l’artiste Marianna Gartner pour dire Enfin vous zestes n est présentement à la re-cherche de contacts factices — je pense à Facebook, à des relations qui se vivent dans le virtuel — , et je me suis dit: “Pourquoi ne pas essayer de vivre nos vies un peu plus dans le réel?Et comment s'attacher au réel si on ne s’attache pas au passé?”.» Ces questions, la chorégraphe qui remportait le prix Jean A.Chalmers en 1997 se les ai posées pendant les deux années au cours desquelles a mûri sa dernière pièce, Enfin vous zestes.Ce titre intriguant, qui fait référence à un terme de vieux français signifiant «Je refuse!», c’est le directeur général de sa compagnie, George Krump, qui l’a trouvé.«Je l’ai tout de suite aimé parce qu'il a un côté pétillant, frais, et que mes œuvres font appel au ludisme», raconte Louise Bédard.L’intime C’est peut-être ce qui l’a séduite dans celles de Marianna Gartner, une Canadienne d’origine hongroise découverte grâce à Alberto Mapguel et à son livre des images.A partir de photos anciennes, des portraits surannés, elle peint des toiles à la fois hy-perréalistes et surréalistes, où des éléments perturbants introduisent une dimension symbolique forte.Si Louise Bédard n'a pas retenu leur aura diabolique, elle a par contre repris pour sa chorégraphie le thème de l’enfance trouble, sans toutefois tenter de reproduire sur scène ce que l’on voit dans les tableaux.Ainsi, elle a choisi d’évoquer cette période décisive de l’existence à l’aide d’objets.«Je montre une femme mature avec un toutou.Quand on est jeune, en train de former sa propre image, il est personnifié: on s’y confie, on le rejette, etc.» L’intime, donc, intéresse encore et toujours l’auteure de Cartes postales de Chimère, Dans les fougères foulées du regard et d’Urbania Box, je n’imagine rien.Le jeu des apparences, de ce qu’on veut bien dévoiler de soi et de ce qui transparaît dans le non-verbal demeure son principal terrain de jeu.Pour la première fois, elle a laissé ses interprètes l'explorer en improvisation avec elle, qui s’avoue très directive.«Avec des danseurs d’une telle intensité et d’une telle générosité, je crois que c’est important de recueillir ce qu'ils ont à dire.» Ce serait bête, en effet, de ne pas profiter pleinement d’un Ken Roy ou d’une Sarah Williams.De la jeunesse Des figures plus jeunes complètent la distribution du sextuor.«Mon travail a besoin de cette maturité et de cette jeunesse, de JACQUES GRENIER LE DEVOIR La chorégraphe Louise Bédard feuillettant le livre de Marianna Gartner, dont elle s’est inspirée pour Enfin vous zestes.l’échange entre les deux.Il se compose de plusieurs couches, pas seulement de mon écriture, mais aussi de ce qui se dégage de ces êtres.» Eux-mêmes s'insèrent dans un ensemble très pictural, se Le jeu des apparences, de ce qu’on veut bien dévoiler de soi et de ce qui transparaît dans le non-verbal demeure son principal terrain de jeu.Pour la première fois, elle a laissé ses interprètes l’explorer en improvisation avec elle, qui s’avoue très directive.mouvant devant des canevas géants sur lesquels sont projetés les images grands formats que signe le vidéaste David Fafard (associé notamment à Mutek).«C’est comme si c’était une grande peinture, avec une profondeur de champ», illustre Louise Bédard, qui a d’ailleurs commencé à peindre il y a un an et demi.Dans Enfin vous zestes, elle s’applique non seulement à créer des volumes, mais é-galement des aplats.Cette démarche s’inscrit dans un cycle commencé en 2002 avec le duo Elles, inspiré des photographies de l’Italo-Mexicaine Tina Modotti, et poursuivi avec Ce qu’il en reste, en 2005, inspiré des collages de l’Allemande Hannah Hoch.«Je divulgue mes influences parce que je veux que les gens découvrent ces créatrices», indique la chorégraphe, qui a organisé des expositions en parallèle à ces deux premiers volets.Malheureusement, pour Marianna Gartner, elle n’a pas les moyens de le faire.Elle garde néanmoins l’espoir que cela soit possible à Vancouver, où vit aujourd’hui l’artiste et où Louise Bédard a été invitée à se produire en mars 2009.Collaboratrice du Devoir ENFIN VOUS ZESTES Chorégraphie de Louise Bédard avec Torn Casey, Jean-François Déziel, Marie-Claire Foré, Victoria May, Ken Roy et Sarah Williams.À l’Usine C, du 25 septembre au 5 octobre ILS SONT BEAUX, ILS SONT ITALIENS, ET ILS DANSENT POUR VOUS Elodie L(||bapo nas de Uivin TT"" Dan m la trac* daa créaiaun Une production de Danse-Cité en collaboration avec la compagnie Les Sœurs Schmutt et la Compaftia de Danza y Arte Escénico de Collma chorégraphe Élodio Lombardo interprètes Luc Altadill.Susana Barrera dl Pierre, Cristôbal Barreto Heredia, Frédéric Gagnon, Jean-François Légaré, Séverine Lombardo, Georgina Navarro Nüriez, Myriam Tremblay collaborateurs Lucie Bazzo, Guldo Del Fabbro, Eve Lalonde, Mario-Eve Lemieux DU 24 AU 27 SEPTEMBRE 2008, 20H30 DU 1er AU 4 OCTOBRE 2008, 20H30 Studio Hydro-Québec du Monument-National 1182.bout.St-Laurent E3 St-Laurent Billetterie S14 871 2224 \ DÂN9È I UQAM (.) magique et suranné, un univers de rêve, qui exalle aussi l'étrangeté.l’Incongruité qui énrnne de chacun des artistes AUNE APOSTOLKA, LA PRESSE 6 DÉC 2005, POUR QELSOMINA CHORÉGRAPHIE LOUISE BÉDARD SCÉNOGRAPHIE GENEVIÈVE LIZOTTE COSTUMES ET MAQUILLAGES ANOELO BARSETT! MUSIQUE DIANE LABROSSE LUMIÈRES BRUNO RAFIE VIDÉO DAVID EMMANUEL FAFARD RÉPÉTITRICE CHRISTINE CHARLES INTERPRÈTES TOM CASEY.JEAN-FRANÇOIS DÉZIEL.MARIE CLAIRE FORTÉ.VICTORIA MAY.KEN ROY, SARAH WILLIAMS 25 SEPTEMBRE AU 5 OCTOBRE MMANCHE/1MiIh A 20H USINE 514.521.4493 usine-c.com 1345, avenue Lalonde (tud d’Ontario, entre de la Visitation et Ponet, métro Beautify) \£b Connu Art» Canada Council du Canada for »h# Art» l+! Faliitmrinu CnMKl*r conadian H»i1t«o« •t le jeudi 25 septembre de 12 h 30 à 14 h à l’Auditorium de la Grande Bibliothèque 4?5, bout De Maisonneuve Est, Montréal ®©Berri-UQAM 514 873-1100 ou 1 800 363-9028 Entrée libre LES COURS ET LES ATELIERS AU MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE MONTRÉAL Cet automne, prenez un peu de temps pour vous et inscrivez-vous à l’un de nos ateliers créatifs ou à l'un de nos cours.De nouveau cette année, la musique devient une partie intégrante des activités culturelles ! www.banq.qc.ca Bibliothèque et Archives nationales Québec a a AU PROGRAMME CET AUTOMNE LA MUSIQUE RACONTÉE : J.-S.BACH, MUSICA DONUM DEI COURS PROMENADE : INTRODUCTION A L'ART EUROPÉEN A TRAVERS LES COLLECTIONS DU MUSÉE LES JOIES DE LA COULEUR DESSIN DE MODÈLE VIVANT ÉVEILLEZ VOTRE CftÉATIVITÉ INTRODUCTION A L'A GRAVURE SUR SOIS PAPIER CRÉATIF NOUVELLES TECHNIQUES DE LA PEINTURE ACRYLIQUE DESSINER LES FLEURS ET LES PLANTES DESSIN DE PORTRAITS DESCRIPTION DES COURS ET inscription www.mbam.qc.ca/adulte MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE MONTRÉAL LE DEVOIR, LES SAMEDI 2D ET DIMANCHE 21 SEPTEMBRE 2 0 0 8 E 8 CULTURE MUSIQUE CLASSIQUE ' I r w ¦fi w.I # c fc PEU: JACQUES GRENIER LE DEVOIR Une parti de la distribution de La Fanciulla del West en répétition à l’Opéra de Montréal Wonder Woman à l’opéra Avec La Fanciulla del West, l’Opéra de Montréal vous propose d’étancher votre curiosité Giacomo Puccini, rendu immortel par La Bohème, Tosca, Madame Butterfly et Turandot, a aussi composé Edgar, L’Hirondelle (La Rondine), La Houppelande (Il Tabarro) et La Fille du Far-West.Surpris?L’OdM étanche votre curiosité en affichant pour cinq représentations cette Fanciulla del West dont on a si peu entendu parler.CHRISTOPHE HUSS Pour Zubin Mehta, l’un des rares chefe à avoir enregistré La Fanciulla del West — pour Deutsche Granunophon en 1977, avec Carol Neblett, Placido Domingo et Sherill Milnes —, cet ouvrage méconnu de Puccini est «un grand opéra».De passage à Montréal, il qualifiait lundi dernier La Fanciulla à’«opéra impressionniste», ajoutant «c’est presque Ravel!» Zubin Mehta note que cet ouvrage de 1910 suscite beaucoup d’interrogations quant à la voie musicale inattendue qu’aurait pu prendre le compositeur, sensible non seulement à la musique française mais égalerpent aux recherches de la seconde Ecole de Vienne.Puc- cini retomba cependant sur ses pieds dans deux de ses trois opéras ultérieurs: Le Triptyque et Turandot.L’amant s’appelle Dick Pour Mehta, la faible popularité de La Fanciulla a deux explications.D’abord «un texte impossible», à la limite du «ridicule», pourtant enchâssé dans un écrin musical «fabuleux».Il rit à gorge déployée en se souvenant par exemple que la soprano est obligée de chanter «Per sempre, Dick», ce qui est un peu hasardeux devant un public nord-américain, l’ouvrage ayant été créé au Metropolitan Opera.L'autre explication, qui rejoint ce que rapportent tous les directeurs artistiques d’opéras, est la difficulté de distribuer le rôle princi- pal: «Ce n’est pas un opéra populaire, parce que Minnie est impossible à chanter», a déclaré Zubin Mehta Interrogé récemment par Le Devoir, Franco Moretti, directeur du Festival Pucrini àTorre del Lago, en Italie, disait exactement la même chose en répondant «La Fanciulla del West, sans aucune hésitation» à la question «Selon vous, quel est l’opéra de Puccini le p(us difficile à distribuer?».A ce titre, on se veut très rassurant à l’Opéra de Montréal, dont le directeur artistique Michel Beaulac y est allé d’un vibrant plaidoyer lors de la conférence de presse destinée à faire le point sur les finances de l’institution: «Lorsque vous avez vu Hiromi Omura dans Madame Butterfly, vous vous ëes dit: 'Vest Butter-flf.Je vous jure que Susan Patterson est Minnie, comme Hiromi Omura était Butterfly» L’Opéra de Montréal, après une année d’affluence record, doit en effet se battre contre les répercussions de la faible notoriété de cet opéra, qui peine à remplir la Salle Wilfrid-Pelletier.Le public mélomane de la Orchestre Métropolitain du Grand Montréal Yannick Nézet-Séguin Métropole semble prouver une nouvelle fois (une fois de trop?) un manque de curiosité endémique envers ce qu’il ne connaît pas a priori.Cette attitude avait laminé toute velléité d’innovation à l’OdM, puisque L’Etoile de Chabrier en novembre 2005, un spectacle magique et rare, unanimement fêté par la critique, avait rempli au final la salle à moins de 70 %, creusant encore davantage le trou dans lequel l’institution s’enfonçait La Fanciulla del West sera un vrai test pour vérifier la marge de manœuvre en matière de propositions artistiques à l’OdM.Serons-nous condamnés à Butterfly, Carmen et La Traviata pour l’éternité?Ne reste plus qu’à espérer que la production de l'Allemand Thaddeus Strassberger, lauréat du Concours européen de mise en scène d’opéra 2005, sera aussi convaincante que celle de L’Étoile.Mauviettes et forte femme Ce que l’on appelle «l’opéra américain» de Giacomo Puccini (et qui est aussi l’un des rares «opéras western») est l’ouvrage qui suit Madame Butterfly.D a été créé six ans après Butterfly, un laps de temps consacré en grande partie à la re- cherche d’un sujet pertinent L’une des idées qui avaient le plus la cote était celle d’un opéra sur les derniers jours de la vie de Marie-Antoinette.Mais Puccini ne parvint pas à se décider.Attiré à New York par une «Saison Puccini» au Metropolitan Opera, au début de l’année 1907, il en revint avec un chèque de 8000 dollars, un bateau et le texte d’une pièce, The Girl of the Golden West, vue au Belas-co Theatre, qui fournit finalement — après maintes adaptations — le sujet tant attendu.Ce fut un choix rassurant pour Puccini, qui avait déjà emprunté à David Belasco le sujet de Madame Butterfly Nous sommes au milieu du XIXe siècle dans les Cloudy Mountains, en Californie, au temps de la ruée vers l’or.Le Saloon Polka, tenu par la belle Minnie, une femme au caractère très trempé, est fréquenté par des chercheurs d’or qui boivent et jouent aux cartes.Arrive un étran-get, Dick Johnson, qui n’est autre que le hors-la-loi Ramerrez.Le shérif Jack Rance, pilier du saloon, qui courtise Minnie (comme à peu près tout le monde dans cet univers masculin —16 personnages sur 18), est sur ses traces.Minnie, amoureuse Deux vqix pour Berlioz Yannick Nézet-Séguin / chef Marianne Fiset / soprano Julie Boulianne / mezzo-soprano Maurice Ravel / La Valse Hector Berlioz / Les Nuits d'été Sergueï Rachmaninov / Nié poï krasavitsa pri mnié, mélodie Modest Moussorgski / Les Tableaux d’une exposition (orchestration de Maurice Ravel) Invitation à la Mélomanie Une série de 8 cours d’initiation à la musique classique basée sur l’écoute commentée d'extraits sonores CLAUDIO RICIGNUOLO de l’Orchestre Métropolitain « Claudio Ricignuolo est un passionné de musique et un formidable vulgarisateur.» -YVESBEAUCHEMIN ¦ Série classique ¦ Cours à la carte ¦ Certificats-cadeaux (514) 385-5015 www.melomanie.com Orchestre Métropolitain du Grand Montréal Yannick Nézut-Séguin Passioi& célébrations : : Splendeurs versaillaises Chœur de Chambre de Namur (16 voix) et l’orchestre baroque ARION Chef invité : Guy van Waas (Belgique) 26 septembre 2008,20 h Salle Claude Champagne Haydn La Passions Uno prdsontntion rlo ÜltRNSr&YfKIM, 1.1 tfiMhfri dim fuuf «'•* quel*»» ta**" nctavr Quebec BS le Devoir M M WKT* Sttt" bip» #!Sr Le dimanche 28 septembre 2008,16 h Salle Wilfrid-Pelletier Conférence préconcert gratuite à 15h Orchestre Métropolitain du Grand Montréal 514.598.08T0 - orcheatremstr opolltaln.com laplacedesarts.com 514 842 2112 / ' rlr\ri l : ; s If J • 4 f VS I orchestre baroque Au goût parisien ! 27 et 28 février 2009,20 h et le 1" mars, 14 h Salle Redpath Handel La Passion et la raison 26 et 28 mars 2009, 20 h Salle Claude-Champagne Pour s’abonner : : : arionc^early-music.com : : : 514 355-1825 Billets individuels également en vente sur www.early-music.com/arion.html ARION détire remercier chaleureusement Power Corporation pour son appui êmT » FONDATION Celue «Je «WpOl « Discernent AC f ¦ HT 1 IMPIKIAI TOBACCO “a**»»» MOKIMSi Québec ïï” U #MUSIOUI ronsMI W« Arts Ceneda Council du CenMte the Am 21 et 22 novembre 2008,20 h et le 23 novembre, 14 h Salle Redpath La grande invasions 23 janvier 2009,20 h Salle Claude Champagne 28 janvier 2009,20 h Salle Redpath du bel étranger, parvient à protéger sa fuite (fin de l’acte I) et Ihéberge chez elle (acte H).Mais Rance, sur la trace du fuyard, arrive dans son repaire.Blessé lors de l’intervention, Ramerrez (alias Dick Johnson) se cache dans le grenier.Lorsque des gouttes de sang trahissent son amant, Minnie propose au shérif de jouer la reddition et la vie de Dick au poker.Elle gagne (e,n trichant).C’est la fin de l’acte H.A l’acte HI, on capture Dick dans la forêt.Au moment où l’on s’apprête à le pendre, Super-Minnie, arrive, fait un numéro de charme et le libère.Dick et Minnie vivront libres et heureux.Un continuum Remarquez l’événement voilà un opéra de Puccini qui finit bien (une fin d’ailleurs abondamment critiquée dans la littérature)! C’est que rien ne résiste à Wonder Woman, qui sauve à trois reprises son chéri (un bandit un dur de dur pourtant) et berne un shérif (un faux dur vociférant) trois fois aussi.La Fanciulla del West est conçue en trois grands tableaux mqsicaux, comme des continuums.A l’intérieur pourtant on trouve d’innombrables touches de couleur, des cellules et des motifs pertinents.Quoi que l’on en dise, Puccini ne réussit pas, par contre, la «peinture sonore américaine» aussi bien que le subtil japonisme qui parcourt Butterfly.Mais tout ici, est toujours mouvant animé par des indications sans ambiguïtés (féroce, incisif, brutal) et une palette sonore très riche.Tous les appels au chef-d’œuvre n’y changeront rien, La Fanciulla del West est un opéra expérimental, un opéra où Puccini (alors obsédé par la «modernité» — Debussy, par exemple — et qui met un temps inhabituel à avancer dans la composition) cherche uniquement à élargir sa palette de sons et d’harmonies aux détriment des airs et «numéros de chanteurs» qui ont fait son succès.Que chantonne le mélomane à la sortie d’un spectacle de La Fanciulla?Rien.Mais il en va de même pour Pelléas et Mélisande de Debussy (1902), Sa-lomé de Strauss (1905), ou Le Château de Barbe-Bleue de Bartôk (1918).Alors, ne condamnons pas La Fanciulla pour ça Un Puccini déconcertant Oui, assurément.Un Puccini où, en fait, tout est entre les mains des protagonistes du spectacle (chef, chanteurs, metteur en scène) pour faire vivre avec force un opéra qui doit être porté à chaque seconde par une foi et un lyrisme inébranlables.Le Devoir LA FANCIULLA DEL WEST Opéra en trois actes de Giacomo Puccini (1910).Livret de Guelfb Civinini et Cario Zangarini.Avec Susan Patterson (Minnie), Julian Gavin (Dickjohnson), Luis Ledesma (Jack Rance).Chœur de l’Opéra de Montréal, Orchestre Métropolitain du Grand Montréal, dir.Keri-Lynn Wilson.Mise en scène: Thaddeus Stras»-larger.Costumes: Joyce Gauthier.Eclairages: Aaron Black.Salle Wilfrid-Pelletier, les 20,24,27, 29 septembre et 2 octobre à 20 h.Billetterie: 514 842-2112 LE DEVOIR.LES SAMEDI 2 I) ET DI M ANCHE 21 SEP T E M B R E 2 0 0 8 E î) ! ^ e x Ce n t r i s VICKY CRISTINA BARCELONA /WOODY ALLEN EX-CENTRIS.COM / 514.847.220E 13h15 15h15 17h1S 19h15 21h15 sauf 23 sept.:13h15 17h1S 19h15 * SOURCE SONY PICTURES SOURCE PARAMOUNT Ricky Gervais, Téa Leoni, et Greg Kinnear dans Ghost Town, de David Koepp Monsieur et ses fantômes GHOST TOWN De David Koepp.Avec: Ricky Gervais, Greg Kinnear, Téa Leoni, Billy Campbell.Scénario: John Kamps, David Koepp.Image: Fred Murphy.Montage: Sam Seig.Musique: Geoff Zanelli.États-Unis, 2008,103 min.ANDRÉ LAVOIE Beaucoup de fantômes traversent Ghost Town, la toute récente comédie à la mécanique un peu surannée de David Koepp (Stir of Echoes, Secret Window), également scénariste catégorie grosses pointures (Snake Eyes, Jurassic Park, le dernier Indiana Jones).Les plus impressionnants ne sont pas ceux qui rendent la vie impossible à un dentiste ayant une dent, longue et aiguisée, contre l'humanité toute entière.On ne les aperçoit qu’au détour d’une réplique amusante, d’un quiproquo prenant des dimensions rocambolesques et au fil de la transformation d’un beau salaud en bon samaritain: il s’agit de James Stewart ou encore de Cary Grant, savamment manipulés par le réalisateur Frank Capra.David Koepp connaît très bien la potion magique de ce cinéma d’après-guerre amusant, larmoyant et moralisateur (It’s a Wonderful Life représente la mesure-étalon).Dans Ghost Town, il la reproduit avec minutie, enrobant d’une .méchanceté perfide ün personnage dont le destin est connu d’avance et la rédemption assurée avant la fin de la dernière bobine.Ce qui ne veut pas dire que le petit chemin de croix de Bertram Fincus (Ricky Gervais, la vedette de la série anglaise The Office) n’est pas ponctué de stations rigolotes et de détours délicieux.La vie de ce dentiste balance entre son chic appartement de Manhattan et son cabinet tout aussi rutilant, à quelques pas de distance.Entre les deux, l’homme demeure le même, acariâtre, solitaire et misanthrope.Il suffira pourtant d’une opération chirurgicale mineure, et surtout quelques minutes entre la vie et la mort, pour qu’il se mette à voir des fantômes partout.L’un d’entre eux, Frank (Greg Kinnear, en grande forme), se fait plus insistant que les autres, voulant, depuis sa mort il y a un an, réparer ses torts d’époux infidèle.,v ¦ ,ï - - e,' SOURCE PARAMOUNT Dans Ghost Town, David Koepp applique les bonnes vieilles recettes de Capra et ne s’en cache même pas.Gwen (Téa Leoni, énergique à-défaut d’être crédible), sa veuve, est sur le point de se remarier, une gaffe annoncée selon lui; seul Bertram, son voisin pas très coopératif, peut l’en empêcher.Mais comment approcher une femme que l’on a jusque là savamment méprisée?Inutile de pousser plus loin la description des mésaventures de ce tyran bedonnant et fier de l’être, du moins un certain temps.David Koepp applique ici les bonnes vieilles recettes de Capra et ne s’en cache même pas, construisant cette descente aux enfers suivie d’une petite résurrection avec la régularité d’un métronome.C’est donc sans surprise que ce professionnel sans âme se découvre tout à coup un cœur, et que de grincheux solitaire il passe à missionnaire des âmes grises de New York.Le spectacle de cette renaissance intérieure pourrait être d’un intérêt limité, d’autant plus que l’aspect fantastique du récit n’offre ni virtuosité ni flamboyance.Pour tout dire, les effets spéciaux affichent un caractère primaire qui lasse très vite.L’émerveillement se produit grâce à l’assurance de Ricky Gervais à qui David Koepp offre plusieurs perles d’humour, le tout servi avec une intelligence et une sobriété (particulièrement dans la méchanceté) qui confine au suave.Désireux de se laisser tenter, comme tant de ses compatriotes acteurs, par une carrière américaine, Gervais l’amorce avec un film où sa bouille sympathique et son physique de gars «ben ordinaire» tranchent nettement avec la timidité des ambitions de son auteur.Collaborateur du Devoir Samuel L.Jackson dans Lakeview Terrace Une bien mince anecdote LAKEVIEW TERRACE (HARCELÉS) Réalisation: Neil Labute.Scénario: David Loughery et Howard Kor-der.Avec Samuel L Jackson, Patrick Wilson, Ron Glass, Justine Chambers, Jay Hernandez, Régine Nehy, Jaishon Fisher.Image: Rogier Stoffers.Musique: My-chael Danna, Jeff Danna.Montage: Joel Plotch.ODILE TREMBLAY Neil Labute déçoit beaucoup.Le cinéaste américain de In the Company of Men et de Nurse Betty s’enlise de plus en plus dans des productions de commande, où il égare sa griffe personnelle.Lakeview Tenace, son thriller californien, aurait pu décoller sur un scénario mieux tissé, d’autant plus qu’il aborde les problèmes interraciaux: mari blanc, épouse noire.Sauf que cette histoire de couple nouvellement installé dans une maison de rêve, qu’un voisin noir, policier par surcroît, persécute, faute d’apprécier les mariages entre conjoints de couleurs différentes, se retrouve vite réduite à l’anecdote.Celle-ci se révèle tout compte fait assez mince.Le policier noir (Samuel L.Jackson, plus grimaçant que convaincant) fait vraiment la vie dure aux tourtereaux, au point de dépasser toutes les limites de leur grande courtoisie.Une scène d’orgie (soft) dans la GAGNANT DE 4 CESAR DONT - MEILLEUR FILM ?"ft .EXTRAORDINAIRE!- Marc-André Lu» tier, La Prwe la «raine et le mulet " IW m* « UMUM KltHICM métrofioig | M 8*SEMAINE! ÜrâEjÜI [BOUCHÇP^LLL[(POHT’viÂ"u’ie*'.[cfcw’ANWIQHGH I 1 CINtMAUDO 1 LA SURPRISE DU BOX OFFICE FRANÇAIS « Une bien belle ballade pour les cœurs amoureux ! - LA PRESSE ! » - MÉTRO (PARIS) - PREMIERE - OUEST FRANCE - BRAZIL « Un film résolument optimiste ! » - MÉTRO (MONTRÉAL) « Un petit bijou burlesque et bouleversant ! » -ELLE « Irrésistible ! » - PARIS MATCH ¦ I « Une signature X unique ! » N MICHEL COULOMBE - SRC UN FILM DE DOMINIQUE ABEL FIONA GORDON BRUNO R0MY www.rumba-film.mk2.com #1 ]¦ __ _ .HIlUttKtU \c nmtl KE3 HH inc.* («UN rtbc S TTK2 Intimrtxid vanrion original* françnlM ffl À l’affiche! rQUART7ÉR LATINl CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS JT GmcK .! OS mm PMOticTiOHs u us (tuns su s mars wtsHfrao «ONPtui ÀPWKUNüM mmml curtsi ouf plus m QU'ON FN SAISIRA TOUIf IA CHARGE ÉMOUVf OU POLITIQUE.» « Merci à Claude Codbout d'avoir fait ce film.Ces jeunes sont formidables.» - Christiane Charetle • Première Chaîne.Radio-Canada « Le réalisateur porte sur les jeunes un regard fasciné et fascinant.Un regard accueillant et plein d’espoir.» Valérie Lesage Le Soleil - *** 1/2 « Une très belle réflexion gui nous offre des pistes de solutions.» - Anne-Josée Cameron - Retour sur te monde - SRC-Québec "Le film incite au débat, i la réflexion.et peut-être à l’action" - Cialrandrée Cauchy - Le Devoir GU Ions les jours à 17 h î» el ÏO h NS demeure du flic, trop vite esquissée, promettait quelques moments forts, sans livrer ses promesses.L’excellent acteur Patrick Wilson (le mari) et Kerry Washington (l’épouse) jouent sans nuances leur partition amoureuse menacée.Les enfants du policier (Régine Nehy et Jaishon Fisher), au départ importants dans l'histoire, disparaissent sans que les scénaristes n’aient bouclé leurs destins.Samuel L.Jackson doit défendre un personnage dont les malaises raciaux sont occultés au profit d’une folie violente, beaucoup moins porteuse que son racisme.Les incendies qui ont ravagés de belles demeures californiennes, en fond de scène de la dernière partie, auraient pu donner lieu à des images spectaculaires, faisant déboucher le thriller sur une dimension supérieure.Mais elles sont à peine mises à profit.Ce film, malgré des décors intéressants: les deux maisons voisines et dissemblables, et malgré cette fumée rouge qui monte des montagnes en envahissant l’espace privé saboté, se résume à sa thématique de territoire menacé, sans entraîner le spectateur plus loin que quelques frissons, d’ailleurs peu terrifiants.Le Devoir ARCH AM BAU LT y I Une compagnie de Qucla'cnr M, I PALMARÈS DVD Résultats des ventes: du 9 au 15 septembre 2008 I GRETS ANATOMY Season 4 gHAHUBI» Season?RAMBO TRILOGY ¦Season 2 I JEAN-THOMAS JOBIN L'-Bjean-ThoinasJobin ;j| Du 19 au 25 ! ex-cewtris paSaV?!'!** sepiemore | *.¦ >»of.; JtHE FORBIDDEN KHWOOM ONE TREE HILL Season 5 THE NMHTMARE BEFORE CHRISTMAS AC/DC No Bull (Director's Cut) WSSMARMl Cottretl BARBIE AND THE DIAMOND CASTLE PRISON BREAK Seasons DESPERATE HOUSEWIVES Soason 4 UGLY BETTY Season?EXERCICES SUR MESURE POUR VOS PROBLEMES PHYSIQUES TOUPIE ET Gnou La dernière banane DEXTER Season 2 GOSSIP GML Seasonl AVRIL LAVKNE The Best Damn Thing Tour - Live K 10 LE DEVOIR.LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 SEPTEMBRE 2 0 0 8 SOURCE ALLIANCE Les trois vedettes de Vicky Cristina Barcelona, Javier Bardem, Penelope Cruz et Scarlett Johansson, sur le plateau de tournage avec le réalisateur Woody Allen.Un Woody plus grinçant que tendre Comédie sentimentale au culot d’enfer, ce Vicky Cristina Barcelona est joyeusement immoral, drôle et douloureux VICKY CRISTINA BARCELONA Réalisation et scénario: Woody Allen.Avec Javier Bardem, Scarlett Johansson, Rebecca Hall, Chris Messina, Patricia Clarkson, Kevin Dunn.Image: Javier Aguirresaro-be.Montage: Alisa Lepselter.ODILE TREMBLAY \ A l’ombre des bâtiments de Gaudi et sous les vapeurs du vin catalan qui enivre, Woody Al- len délaisse Manhattan et Londres pour dresser sa tente à Barcelone, cette Gomorrhe moderne au doux parfum de perdition.Et c’est à la fois cruel, lucide et délicieux, un des meilleurs Allen depuis longtemps, avec chocs culturels au menu et marivaudage contemporain de la plus belle eau.Rien pour autant du retour aux grandes années de Manhattan et A’Annie Hall.Le célèbre binoclard a changé.Il est plus grinçant que tendre, son rire s’offre ici des accents désespérés, et la caméra nerveuse se rapproche des êtres et délaisse les plans larges.Deux belles copines américaines, Vicky, la brune rationnelle (Rebecca Hall, tout en finesse), et la blonde Cristina toujours prête à sauter dans le train de la grande romance (Scarlett Johansson, royale et libertaire) rencontrent à Barcelone un latin lover (Javier Bardem), peintre et tombeur de ces dames, qui leur fait les plus brûlantes propositions.Et en route vers l’aventure, avec hâte ou crainte.Comédie sentimentale, mais à la testostérone dans le plafond et au culot d’enfer, ce Vicky Cristina Barcelona, joyeusement immoral, drôle et douloureux, bien joué, bien fignolé, offre à Javier Bardem un rôle d’homme sensuel, sans scrupules et finalement vulnerable.Au milieu de trois femmes — car l’ex-épouse hystérique revient à la charge (Penelope Cruz, qui livre ici un grande prestation noire dramatico-ridi-cule) —, le mâle espagnol tient son gouvernail de séducteur bien en main, du moins en apparence.Men fait dériver sa comédie légère en eau trouble, renvoyant chacun à ses angoisses, sans clés à Penelope Cruz livre ici un grande prestation noire dramatico- ridicule l’appui, taisant valser le paysage, le parc Güell de Gaudi, le soleil et la chambre à coucher à coups de revirements, de répliques drôles, d’amours à plusieurs, dont les terribles scènes de Maria Elena (Penelope Cruz) constituent un point d’abîme.La voix hors champ dirige les rebondissements amoureux, telle une baguette de maestro, car rien ne marchera comme prévu dans cette savoureuse mêlée érotique.Et changez votre compagnie! Le cinéaste se montre sans pitié.Chris Messina, dans la peau du petit mari américain de Vicky, se voit réduit à la plus terrible insignifiance, rendant le personnage de Bardem plus puissant et sulfureux par contraste.Et ce qui était un jeu sur l’amour éphémère devient une fable ironique sur les désirs de ceux qui ne se connaissent pas eux-mêmes et se retrouvent Gros-Jean comme devant après les jeux de l'amour et du hasard, où seule la plus aventureuse du lot pourra tirer son épingle du jeu.Le légèreté craque, et le cynisme allenien hurle à la lune.Bravo! Le Devoir Miike s’amuse SI KIYAKI WESTERN DJANGO DeTakashi Miike.Avec Hideaki Ito, Kaori Momoi, Koichi Sato, Yo-shina Kimura, Yusuke Iseya, Quentin Tarantino.Scénario: Ma-saru Nakamura, Takashi Miike.Photographie: Toyomichi Kurita.Montage: Taiji Shimamura.Musique: Koji Endo.Japon-États-Unis, 99 min, 2007.MARTIN BILODEAU Un western-spaghetti.au Japon.Des acteurs japonais qui parlent.anglais.La galoche de Quentin Tarantino qui se pointe.Et nous ne sommes encore qu’au prologue.Le ton est donné, l’esprit ludique et déluré est mis en évidence.Mais le film du prodigue Takashi Miike (Audition, One Missed Call) n’ira guère plus loin.Une fois sa formule exposée, Sukiyaki Western Django n’est qu’application de celle-ci, avec un scénario aux emprunts nombreux et affichés (l’éventail va de Mon nom est personne à Roméo et Juliette en passant par High Noon), inutilement compliqué, qui sent le prétexte à l’exercice de style.Le récit se résume par ses personnages, ou ses forces en présence.Il y a, pour commencer, un cavalier solitaire et sans nom (Hideaki Ito), qui débarque dans un village minier des hautes montagnes du Japon.Dans ce lieu, deux clans rivaux se disputent l’or présumément enfoui dans le sol: les Genji, reconnaissables à leur blanc accoutrement, et les Heike, drapés de rouge.Dans le camp des neutres, on retrouve Ruriko (Kaori Momoi), une femme sage, et son petit-fils, muet depuis le meurtre de son père (fils de Ruriko) aux mains des Heike, qui cultive un rosier rouge et blanc.Il y a enfin la mère de l’enfant, entraîneuse dans le saloon des Genji, qui deviendra l’enjeu d’un combat sans merci, déclenché par le cavalier solitaire, visant à libérer les habitants du joug des Genji et des Heike.Sukiyaki Western Django est l’exemple typique du film qui a donné 100 % de plaisir à ses créateurs au tournage, la moitié aux spectateurs au visionnement.Prises de vue inusitées, trajectoires au ralenti des balles de revolver, trouvailles visuelles surréalistes, visiblement, Miike s’amuse.Image après image, chaque composition nous apparaît extravagante, étudiée, digne d’être encadrée.Mais l’enchaînement, à 24Çmages par seconde, est laborieux, malgré quelques surprises au rayon de l’interprétation (notamment de la part de la formidable Kaori Momoi).Et comme le récit tient à très peu de choses, et que l’humour qui assaisonne l’ensemble n’est pas toujours très élevé, l’indulgence des spectateurs devient une variable indispensable dans l’équation.La mienne a touché sa limite après une heure.Collaborateur du Devoir SOURCE FILMS SÉVILLE Sukiyaki Western Django est l’exemple typique du film qui a donné 100 % de plaisir à ses créateurs au tournage, la moitié aux spectateurs au visionnement.SOURCE ALLIANCE Penelope Cruz et Javier Bardem dans Vicky Christina Barlelona SELECTION CANADA : MEILLEUR FILM ETRANGER AUX OSCARS GRAND GAGNANT DE LA COMPÉTITION OFFICIELLE DU FFM m-nvAL • GRAND PRIX DU JURY^ nijMMnE • PRIX DU FILM CANADIEN LE PLUS POPULAIRE • PRIX DU FILM LE PLUS POPULAIRE TOUTES CATÉGORIES www.cinemaduparc.com / 48$ POUR 10 FILMS! ?POUR L'AMOUR DU CINEMA FESTIVAL DU FILM HAÏTIEN * FOOD MATTERS • EUROFEST (films des pays de l’Est) • COODFELLAS LEAVING THE FOLD • Monty Python’sTHE MEANING OF LIFE SS Métro Place des arts - Autobus 60 /129 [CINÉMA DU PARC SÉLECTION OFFICIELLE FESTIVAL DES FILMS DU MONDE 2008 3 heures de STATIONNEMENT GRATUIT I 3575 Du Parc 514-281-1900 I ?! La Preua Journal de Montreal - Canoë - Métro - Le Soleil - The Gnutte «Un excellent film!» Rene Homier Roy, Radio-Canada ?! « À voir! Des momsntl de bonheur! Profond et piychologtyM, il explore avec fines»!» et adreiee la peyché féminine et la compleiité des relatione familielei.» Bruno Lapointe, Journal de Montreal ?! «Un film magnifique! Un superbe duo d'actricee, dee dialogues percutants, une intrigue faicinante, avec des refissions sur la via, le pardon at In réhabilitation.» Valérie Lenard, Le Soleil «D'une puissance émotionnelle rare.» Poeltll KRISTIN USA SCOH THOMAS ZYLBERSTEIN IL Y A LONGTEMPS QUE JE T Un film de Jean-Daniel Lafond Avec Marie TTfo dans le rôle de Marie de l'Incarnation rw.onf.ca/Tolte-cle-dteii PHILIPPE CLAUDEL métropole CONSULTS LA PAOi HOWAIRE CINEMA OU JOtlMNAI EX-CENTRIS CONSULTEZ LES GUIDES-HOFIAIRES DES CINÉMAS PRESENTEMENT A L’AFFICHE ?Manon Dumals, VOIR JramJüiJ .rally, fils üfi'sfTs CE QU’IL FAUT IM Still MsmtniuNum[nDWIi*'3, • •¦'BM AD HIM CIIMM0W1IIIN T**».’ vri.Jllinw ,!é iMttÜillOt » -, UCMtm u.t - N»(!WkvIW W7.- «mm mmki mm mm mm mmm WWW.CCQUrL.FAUTPOURVIVnK-l.rFILM.COM m PRÉSENTEMENT À L’AFFICHE! l-=aS5ir.sSius,-al rçiWiFtex utvtRTtmMCNi i [CINÉMA SerUtf&MI I romuNi -—-i rCMmzx ntvrimewMrvr-, r— méua plex- ourzo —y I QUARTIER LATIN 11 Mon, D^utiMs e nt-egeo I [CARR ANQR1QN0N | POUCHERVILLeI rPONT-VIAU là] I-CINÉMA-il MAISON CXJOtNtMA —Sr-CIMÊMA 'TNg ——y r— CINtMA RAPtTm —* .J 18T-.U.TACHE II SHlRBROOK^l! ^TB-ADtLl llDRUMMOWOVILLlIrYoGc-rTc H CONSULTEZ LES QUIDES HORAIRES DES CINÉMAS - B21B
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