Le devoir, 9 août 2004, Cahier A
VENEZUELA Les pro-Chavez se mobilisent à une semaine du référendum Page A 5 ?w ww.ledevoir.co m ?ÉTHIQUE Mais pourquoi Svend Robinson avait-il besoin d’une bague de 60 000 $?Page B 6 LE DEVOIR HORS-JEU Mauresmo, reine sans partage Vérification dûment faite selon les critères généralement reconnus, il n’y a pas de maxime qui dise «jamais quatre sans cinq».Si une telle chose existait, n’est-ce pas, les Trois mousquetaires qui étaient quatre se fussent déployés en quintette.Et c’est avec un pentagone d’as que vous auriez siphonné les copains au poker, l’autre soir.De plus, Elena Likhovtseva, qui s’était déjà farci un carré de têtes de série dans cette coupe Rogers 2004 (Petrova, Schiavone, Capriati et Mysldna), en aurait ajouté une dernière à son tableau de chasse à l’occasion de la toute première participation de sa carrière à une finale d’un tournoi de Tier I, le calendrier situé immédiatement sous le Grand Chelem.Ce n’est toutefois point ce qui s’est produit.Mais alors là, chers amis fans de tennis, pas du tout du tout du tout.Aussi, quand le présentateur Winston McQuade a tonné, au terme du match d’hier, «quelle finale électrisante», on a songé un fol instant qu’il n’avait pas regardé la même rencontre que nous tous massés au stade Uniprix.C’est qu’Amélie Mauresmo a gagné son deuxième titre consécutif sur le court central du parc Jarry, et pas n’importe comment 6-1,64).Un score, oui oui, qui reflète tout à fait fidèlement l’allure de la partie.À sens unique, direction France.Ou direction Québec, puisqu’elle en est la nouvelle fille adoptive, à tel point qu’eÜe s’autorise des propos du terroir indigène en guise de conclusion de ses conquêtes.Ainsi, lorsqu’elle avait remporté une première coupe Rogers id en 2002, elle s’était dite «ben ben contente», le tout fortement accentué couleur locale.Hier, elle a poussé un peu plus le parler croquant de «che nous».«J’ai crissement bien joué», a-t-elle lancé à la foule, avant de prédser en conférence de presse qu’elle se doutait bien que l'expression «ne fait pas très distingué».Avec ce triomphe, Mauresmo, jusque-là troisième, s’empare du deuxième rang au classement mondial VOIR PAGE A 8: MAURESMO Jean Dion ¦ Foule record malgré les grandes absentes, page B 5 Un deuxième titre de suite à Montréal PASCAL RATTHÉ LE DEVOIR Amélie Mauresmo a lâché devant la foule un québécisme pas très joli après sa victoire plus que facile (6-1, 6-0) contre la Russe Elena Likhovtseva: «J’ai crissement bien joué.» Charest inflige une rebuffade aux jeunes libéraux L’aile jeunesse se prononce massivement en faveur de l’abolition de la formule Rand; le premier ministre garde ses distances TOMMY CHOU1NARD Trois-Rivières — Le premier ministre Jean Charest a infligé un camouflet aux jeunes militants de son parti à l’occasion de leur propre congrès.Le chef du PLQ a balayé du revers de la main la proposition qu’ils ont appuyée massivement hier et qui vise à abolir la formule Rand.Le président de la commission jeunesse, Simon Bégin, tient cependant tête à son chef.D se dit prêt à faire de l’abolition de cette disposition du Code du travail, qui oblige tous les employés d’une entreprise syndiquée à payer des cotisations qu’ils soient membres ou non du syndicat, un enjeu majeur du prochain congrès du Parti libéral, en novembre prochain.Or Jean Charest refuse toute confrontation avec .les syndicats sur ce sujet.11 n’est même pas question pour lui de seulement étudier la possibilité de modifier le Code du travail dans le sens voulu par les jeunes libéraux.«La formule Rand fait partie des choix qui ont été faits il y a très longtemps par le gouvernement pour faire en sorte que les syndicats puissent remplir leur mission.Je ne remets pas en question la formule Rand.Je ne suis pas favorable à ce VOIR PAGE A 8: CHAREST ¦ Charest annoncera sous peu que trois élections complémentaires auront lieu le 20 septembre, page A 3 L’ENTREVUE Ma Gaspésie Les Gaspésiens ont servi de monnaie d'échange dans l'instauration du Canada, explique le prêtre-éducateur Jules Bélanger Comment expliquer que la Gaspésie, pourtant si riche en ressources naturelles, soit aux prises avec un taux de chômage qui s’élève à près de 20 % sur une base annuelle?«Un retour dans l’histoire» s’impose pour mieux comprendre le présent, indique Jules Bélanger, qui a enseigné pendant trente ans la littérature française au Collège de la Gaspésie.Une institution à la création de laquelle il a participé dans les années 1960.THIERRY Congrès «transhumaniste» Le corps obsolète ?Le corps humain «traditionnel» est obsolète, disent les «transhumanistes», artistes et militants d’une nouvelle idéologie singulière qui revendique le droit, pour les individus qui le souhaitent, de transmuter, de se transformer à leur guise et de tenter d’accéder à l’immortalité par diverses voies technologiques.Dans le cadre de notre série sur «l’humain nouveau», notre journaliste Antoine Robitaille s’est rendu à leur 6' congrès annuel, qui avait lieu en fin de semaine à Toronto.¦ Lire notre reportage en page A 2 INDEX Idée*.A 7 Météo.B 4 Monde.A 5 Mot» croisés.B 4 Religions___B6 Sports.B4 Télévision.B 7 Percé — Ordonné prêtre en 1957, Jules Bélanger, membre-fondateur du Musée de la Gaspésie et du Centre des jeunesses musicales à Gaspé et ex-membre du Conseil supérieur de l’éducation, prend fait et cause pour «ma Gaspésie» depuis plus de quarante ans, comme en font foi ses quelque 300 textes publiés dans différents médias, ainsi que ses ouvrages, dont Histoire de la Gaspésie (Boréal Express, 1981) et L’École détournée (Boréal, 1989).HAROUN Celui qui nous reçoit chez lui à Penouille, aux portes du parc Forillon, soutient que la Gaspésie a longtemps été prise en tenailles entre un manque de courage politique et l’incompétence, voire l’impertinence de certains fonctionnaires.Il avance des cas notables.En 1860, le gouvernement du Canada-Uni prend acte des revendications des sociétés marchandes et Rétablissement de la peine de mort en Irak Mandat d’arrêt pour fraude contre Ahmed Chalabi, ancien protégé du Pentagone Najaf, Irak — Un juge irakien nommé par les Américains a annoncé hier qu’il avait émis un mandat d’arrêt contre Ahmed Chalabi, chef de file du Congrès national irakien, et contre son neveu, qui dirige les travaux du Tribunal spécial irakien chargé de juger l’ancien président Saddam Hussein.Cette annonce est intervenue peu de temps après la visite surprise du premier ministre irakien lyad Allaoui à Najaf, théâtre de combats particulièrement violents depuis trois jours.M.Allaoui y a réclamé le départ des miliciens chiites de la ville sainte, alors qu’un groupe islamiste annonçait avoir enlevé un diplomate iranien près de Kerbala.Ahmed Chalabi est accusé de fraude.Ancien allié du Pentagone, l’homme a déjà été considéré comme un dirigeant potentiel de l’ère post-Saddam Hussein et il a dirigé le Conseil de gouvernement aujourd’hui disparu.Mais il est tombé en disgrâce ces derniers mois après avoir été accusé d’avoir fourni à Washington de faux renseignements sur les armes de destruction massive que l’Irak était soupçonné de posséder.Des responsables à Washington ont aussi dit qu’il était soupçonné d’avoir transmis des secrets à l’Iran et qu’il faisait l’objet d’une enquête à ce sujet Un autre mandat d’arrêt a été émis contre son neveu, Salem Chalabi, accusé de meurtre, a-t-il ajouté.Chalabi, qui se trouvait à Téhéran, a déclaré à CNN que les accusations portées contre lui n’étaient pas fondées et qu’il les combattrait la tête haute.«J’ai combattu Saddam pendant de nombreuses années et nous y avons survécu.», a-t-il observé.D a ajouté que, tout comme lui, son neveu avait entendu dire par les médias qu’il faisait l’objet d’un mandat d’arrêt VOIR PAGE A 8: IRAK VOIR PAGE A 8: GASPÉSIE Annonces-.B 4 Avis publics.B 5 Convergence.B7 Culture.B 8 Décès_______B 4 Économie ___B 1 Éditorial .A6 Ahmed Chalabi Condamné pour fraude bancaire en 1992 par un tribunal jordanien A » % L K DEVOIR.LE LUNDI 9 AOÛT 2 0 0 4 A 2 •LES ACTDALITÉS- Transvision 2004 Selon l’économiste Armine Yalnizyan Le corps « traditionnel » est obsolète, proclament les transhumanistes ANTOINE ROBITAILLE LE DEVOIR L’artiste transhumaniste Stelarc expose quelques projets en cours ou futurs, comme celui de se faire greffer une troisième oreille artificielle — faite de matière organique— sur le côté du visage.r;%'." ï'ief mÿîmm* ANTOINE ROBITAILLE Toronto — Un homme nu, en position horizontale, suspendu dans le ciel de Copenhague par une dizaine de crochets métalliques insérés dans la peau du dos, des fesses et des jambes, au bout de longs câbles reliés à une grue mécanique géante.Ses images vidéo, à la fois délirantes et rebutantes, d’une «performance artistique contemporaine » défilent sur un grand écran, dans l’amphithéâtre McLeod de la faculté de médecine de l’Université de Toronto.Debout devant l’écran, sur la scène, se tient l’artiste australien Stelarc; c’est lui, dans la vidéo, qui se trouve suspendu.«Voilà : “le corps" [c’est ainsi qu’il parle de lui] trimbalé au dessus du Théâtre royal, tel un vulgaire sac de peau rempli d’os», explique-t-il, ponctuant sa phrase d’un rire guttural.Stelarc est l’un des chefs de file du courant «post-humain» d’art contemporain, lancé dans les années 80 par Donna Harroway avec son Cyborg Manifesto.Chaque artiste de cette mouvance rivalise d’audace pour illustrer la prétendue obsolescence du corps traditionnel, devenu un auxiliaire du moi, un «accessoire» en voie d’être dépassé.Autre membre de ce mouvement: l’artiste française Orlan, célèbre entre autres choses pour ses opérations chirurgicales en direct et ses implants frontaux «pour ressembler à Mono Usa».Fakir post-moderne Les quelque 200 participants de Transvision 2004 — 6r congrès de ces militants du transhumanisme, qui se terminait hier; l’an prochain, il aura lieu à Caracas — frémissent, mais semblent adhérer au spectacle de Stelarc, qui tient à la fois du fakir post-moderne et d’un Jackass sophistiqué, poussant la logique du piercing à son extrême limite.Dans la salle, plusieurs transhumanistes enthousiastes filment ou enregistrent l’exposé de Stelarc, lequel présentera en tout une dizaine «d’extraits» audiovisuels de «performances».De douloureuses «suspensions», comme celle de Copenhague, mais aussi des jeux de prothèses, dont la «greffe» symbolique d’un troisième bras doté d’une main mécanique autonome.Stelarc présente aussi des «exosquelettes» — squelettes externes — à l’allure d’araignées mécaniques géantes, au milieu desquelles «l’artiste» se tient; attirail qu’il actionne par les mouvements de son corps.Autant de «figures du prolongement du corps par les machines», interprète-t-il.Il expose aussi quelques projets en cours ou futurs, comme celui de se faire greffer une troisième oreille artificielle — faite de matière organique — sur le côté du visage, sinon sur un bras (voir photo).Il exprime sa frustration de ne pas trouver de médecin pour lui permettre d’accomplir son dessein artistique: «Les médecins font des expériences sur toutes sortes de personnes malades, mais pas sur des artistes consentants!» Stelarc présente enfin son avatar numérique qui répond à peu près intelligemment à des questions de l’auditoire.L’artiste est en quelque sorte le clou du congrès Transvision.La caution artistique de l’idéologie du transhumanisme.La salle avait été «chauffée» par une autre artiste, Natasha Vita-More, aussi présidente de l’Institut de l’Ex-tropie, qui avait présenté des extraits d’interviews imaginaires avec des prototypes post-humains existant dans la littérature et la réalité: «Primo», un corps parfait de l’avenir, imaginé par elle; Ramona, un avatar vidéo du MIT; Asimo, le robot bipède de Honda; «Creature», un algorithme évoluant, Nano, un nanorobot.Et enfin l’agent Smith, de Matrix.Morale de la présentation : «depuis des temps immémoriaux, notre corps a été notre production artistique puisque nous l'avons habillé, décoré, marqué, percé, modifié à notre guise, et selon les modes.Dans ce siècle, nous poursuivrons dans la même veine en lui donnant encore plus de formes, de tailles, dégoûts divers», affirme-t-elle.Bref, le post-humain futur «sera ce que nous voudrons bien imaginer».Mais rassurons-nous: dans l’avenir radieux de ces technologies informatiques et nanotechnologiques qui permettront d’avoir un corps de la forme voulue, lequel au surplus ne vieillira plus, «il sera possible pour ceux qui le souhaitent de rester humain, au sens où on l'est maintenant».C’est Nick Bostrom qui l’affirme.Philosophe rattaché à l’Université Oxford en Angleterre, il est le jeune — 31 ans — fondateur de la World Transhu-manist Association (WTA).Son approche, argue-t-il, est fondée sur le choix individuel : «Supposons que quelqu un trouve qu 'il est important de mourir pour donner un sens à la vie, sorte d’idée qu ’on entend souvent, eh bien, rien ni personne n 'empêchera celui-ci de ne pas utiliser les techniques antivieillissement», lance-t-il avec une ironie mal cachée.Scénarios La post-humanité, comment cela arrivera, exactement?Précisons que selon ses adeptes, il y aura d’abord une période de «transhumanité».Un moment transitoire, qui n’est pas sans parenté avec celle de la dictature du prolétariat chez les communistes.Car après elle, ce sera le «stade suprême».Comment, alors?Les transhumanistes divergent et se disputent sur l’ordre d’apparition de chacune des possibilités suivantes, qui finiront par s’entremêler.¦ La victoire contre le vieillissement grâce au génie biogénétique et à la nanotechnologie.Elle est annoncée par Aubrey de Grey (voir Le Devoir du 24 juillet), biologiste de Cambridge, qui a galvanisé la foule transhumaniste, samedi.¦ «L’amplification cognitive», par l’entremise de substances sophistiquées — bien plus précises que le Prozac — agissant sur la composition biochimique du cerveau.Techniques entre autre annoncées par le neuroscientiste suédois Anders Sandberg: «Un jour on décryptera la formule biochimique du sentiment amoureux et on pourra se donner ce sentiment à volonté», dit-il; ¦ L’immortalité par «uploading», c’est-à-dire le téléchargement des informations se trouvant dans notre cerveaux; ¦ La «singularity»: moment particulier d’accélération exponentielle du progrès technique, qui pourrait arriver soudainement, et où une «forme de conscience» apparaîtrait dans la machine.Cette théorie, promue entre autres par Ray Kurzweil, du MIT, fait l’objet de discussions byzantines parmi les transhumamistes: quand, où, comment, la singularity se présentera?Agir tout de suite Certains, comme John Oh, un informaticien de Floride, partici- pant à Transvision, s’intéressent profondément à ces scénarios futuristes, mais ont par ailleurs, dès maintenant, décidé de prendre les choses en main.Oh a commencé, il y a deux ans et demi, un programme de «restriction calorique», qui l’amène à manger radicalement moins pour vivre plus longtemps.«CR est la seule méthode anti-âge qui ait vraiment été démontrée scientifiquement», soutient-il.Anorexie volontaire?Non, car la composition des aliments est très surveillée.Oh, toutefois très maigre, explique qu’il s’agit au fond de «revenir à l’alimentation que l’évolution avait choisie pour nous», faite essentiellement de fruits et des légumes.C’est la façon dont nous mangions lorsque «nous étions des chasseurs-cueilleurs», soutient-il avant de préciser qu’il «faut faire attention pour ne pas commencer trop abruptement» lorsqu’on adopte ce «style de vie» tardivement, dans la trentaine, comme lui.Autre moyen pour éviter la grande faucheuse: Michael La Torra a choisi la cryogénie (congélation en vue d’une réanimation) et porte donc le petit bracelet d’Alcor, une firme qui, moyennant beaucoup de dollars, s’engage à aller vous chercher sur les lieux de votre décès.Ensuite?Après des interventions diverses, «elle précipite votre corps dans l’azote liquide à -196 °C», dans un de ses entrepôts de l’Alabama, raconte, sans état d’âme, ce professeur d’anglais du Nouveau-Mexique.D ne reste qu’à attendre la solution nanotechnologique qui vous ressuscitera, dit-il.Dans le Hall de l’amphithéâtre McLeod, sous un buste d’Hippocrate, est gravée une des grandes phrases de ce père de la médecine: «La vie est courte, l’art est long.» La désignant, Natasha Vita-More s’exclame: «Mais plus pour longtemps!» Le Devoir ACURA MDX 2004 4,8 % à la location LE SOLDE ESTIVAL ACURA.Beau taux pour en profiter! 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Le bien commun, si l’expression peut encore garder un sens, c’est dès lors la possibilité qui est ouverte, dans une société, pour la formation exigeante de convictions théoriques chez chaque citoyen et la mise en place d’un processus de compromis évolutif Le bien commun lui-même est donc un processus doté d’une certaine qualité, et non pas un état ou un idéal fixe de société.Michel Venue Le journalisme par les juges La décision de la Cour suprême du Canada dans l’affaire Néron est une imposture.I.a coin accorde 673 153 $ de dommages-intérêts à un relationniste à la suite de la diffusion d’un reportage qui exposait pourtant des faits véridiques d'intérêt public.Ce jugement est non seulement injuste, il est arbitraire.Cette décision devrait faire réfléchir les journalistes qui ont rejeté, en décembre 2(X)2, la proposition de leur fédération de faire adopter une «loi sur le titre de journaliste professionnel».En refusant d’encadrer leur profession, les journalistes ont laissé aux juges le soin de le faire à leur place.?Pour qu’un journaliste soit réputé avoir commis une faute civile ouvrant la voie à une compensation pour diffamation, on doit avoir démontré que ce journaliste n’a pas respecté les normes professionnelles.Or nulle part dans l’arrêt Néron la Cour ne cite quelque document énonçant ces normes: ni le recueil des normes et pratiques de Radio-Canada, ni le Guide de déontologie de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, ni même la jurisprudence du Conseil de presse.Les juges évoquent certes un commentaire de l’ombudsman de Radio-Canada.Or celui qui occupait cette fonction à l’époque, Mario Cardinal, s’est dissocié avec vigueur de l’arrêt Néron samedi dans les pages du Devoir.La cour n’accorde ainsi aucune valeur aux mécanismes d’autodiscipline existants.En vertu du projet de loi proposé en 2002 par la FPJQ, la profession de journaliste aurait été reconnue par l’Assemblée nationale.Celle-ci aurait conféré aux journalistes des droits et des obligations.La loi aurait contenu un code de déontologie obligatoire, ce code ayant été adopté par les journalistes eux-mêmes à l’intérieur de ce qui aurait ressemblé à un ordre professionnel.La loi aurait aussi renforcé les pouvoirs du Conseil de presse.Une telle loi n’empêcherait pas les recours en droit civil.Mais les «normes professionnelles» sur lesquelles les tribunaux s’appuient pour juger une cause auraient été définies préalablement par la profession elle-même et légitimées par une autorité législative.Un tribunal ne pourrait pas les ignorer comme la Cour suprême l’a fait cette fois-ci avec les instruments informels existants.Ce jugement de la Cour suprême est sans appel.Il édicte pourtant une norme.Dans notre régime démocratique, il n’existe qu’une façon de changer cette norme, c’est par l’adoption d’une loi édictant une norme nouvelle, volonté du législateur, que les tribunaux devraient considérer dans l’avenir.?En l’espèce, les journalistes de la télévision publique ont rempli leurs obligations professionnelles: fis ont vérifié les faits.Ils ont évalué l’intérêt que comportait pour le public la diffusion de ces informations.Ils ont offert à la Chambre des notaires la possibilité de s’expliquer sur ces faits.La Chambre des notaires est un ordre professionnel qui a l’obligation de protéger les droits du public.Dans une lettre adressée à RadioCanada, le représentant de la Chambre, le relationniste Gilles Néron, faisait circuler des rumeurs mensongères sur deux plaignanLs.RadioCanada a rendu publics les éléments de cette lettre relatifs à ces rumeurs.L’information diffusée à l’émission Le Point est véridique.Et elle est d'intérêt public car elle permet de juger la manière dont la Chambre des notaires traite les plaignanLs.La majorité des juges de la Cour suprême s’est pourtant ralliée aux conclusions du juge de première instance selon qui Radio-Canada avait commis une faute professionnelle parce que les journalistes n’ont pas fait état, dans leur reportage, de la totalité du contenu de la lettre de M.Néron qui comportait cinq points.Deux ont fait l’objet du reportage.Les autres étaient sans importance.Mais surtout, comme l’écrit le juge Binnie, dissident dans cette cause, la divulgation de ces autres éléments n’aurait, d’aucune manière, modifié le caractère véridique des faits énoncés dans le reportage, ni contribué à sauvegarder la réputation de M.Néron.Trois vérités n’effacent pas deux mensonges.Au Canada, la Coin suprême joue à la fois le rôle de tribunal civil et pénal de dernière instance et à la fois le rôle de cour constitutionnelle, chargée d’interpréter les lois à la lumière de la Constitution et des chartes des droits et libertés.Dans cette affaire, les juges suprêmes ont négligé de jouer leur rôle de gardiens de la Constitution et des droits fondamentaux de fa population.Comme l’écrit le juge Binnie dans sa dissidence: «ce qui distingue la présente affaire, de l'action pour délit civil habituelle est sa dimension constitutionnelle, ainsi que le droit de la population de savoir et l'rMigation de la presse de découvrir les faits et deles rendre publics».Il ajoute que, en l’espèce, ses collègues n’accordent «pas suffisamment d’importance au dnnt constitutionnel de la population québécoise à une in/brmaticm véridique et exacte concernant des questions d’intérêt légitime pour elle».La cour accorde aux relationnistes et à leurs clients un pouvoir démesuré de déterminer ce qui doit et ne doit pas être rendu public à leur sujet On ne peut pas laisser cette norme s’imposer.Il est impérieux de rétablir l’équilibre en faveur de la liberté d’expression.Je ne vois pas comment faire autre-.y ment que par l’adoption d’une loi.L'ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l'information générale et métropolitaine Gérald D allaite (adjoint au directeur de iinformatum), Jeanne Corriveau (affaires, municipales), Fabien Degtise.Marie-Andrée Chouinard (éducation) ; Josée Boileau f éditorialiste, responsable de la page Idées), Brian Myles (justice et •bits de société).Jean Dion, Louis-Gilles Francœur (environnement).Benoit Manger (responsable du site Internet).Jean-Pierre Legatill (pupitre édita, idées, perspectives et sports), Isabelle Paré (santé), Pauline Gravel (sciences) ; Michel Garneau (caricaturiste) ; Diane Précourt (responsable des pages thématiques), Martin Duclos, Michèle Malenfant et Christine Du maze t (relecteurs)-, Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) .à l'information culturelle : Michel Bélair (responsable), Julie Carpentier, Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels), Stéphane Baillargeon (théâtre).Paul Cauchon (médias), Caroline Montpetit (livres) Odile Tremblay (cinéma), Bernard Lamarche (arts visuels), à l’information économique Gérard Bérubé (adjoint au directeur de I'information), Dominique Reny, Éric Desrosiers, Alec Caston gu ay.Claude Turcotte; à l’information internationale Claude lévesque, Guy Taillefer, Serge Truffaut (éditorialiste); à l'information politique : Hélène Buzetti et Manon Cornellier (correspondantes parlementaires d Ottawa), Tommy Chouinard et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec).Kathleen lévesque ; Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction) ; Marilyse Hamelin, Alexandre Shields (commis).L» documentation Gilles Paré (directeur): Manon Derome, Serge Iaplanie (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING.Jacqueline Avril, Jean de Billy, Mariéne Côté, Slavica Bogdanov.Christiane legault, Amélie Maltais.Jacques A Nadeau, Claire Paquet Micheline Ruelland Nadia Se bal, Mélisande Simard (publicitaires), Laurence ThériauH (directrice adjointe).Manon Blanchette.Sylvie laper te, Martine Bérubé (secrétaire) LA PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Nathalie Zemaitis, Michel Berhatchez, Philippe Borne, Johanne Brunet.Danielle Can tara, Richard Des Cormiers.Donald Fllion, Olivier Zuida.INFORMATIQUE, Yanick Martel (responsable) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE.linda ThériauH (responsable service â la clientèle, distribution et tirage), Gisèle la-nard, (coordonnatrice à la promotion et à la sollicitation) Geneviève Duguay Moniquel.Heureux.Use Lachapelle.RacheDe Leclerc L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables).Céline Furoy.Germain Haeck (contrôleur), Ghislaine laJleur.Claudette Béliveau (adjointe administrative), Claudine Chevrier, Chantal Rochon, Danielle Ross. LE DEVOIR, LE LUNDI 9 AOÛT 2004 ACTUALITES IRAK MAURESMO SUITE DE LA PAGE 1 Ahmed Chalabi a dit nourrir «de graves réserves» envers le tribunal, mais «personne n’est au-dessus de la loi», a-t-il souligné.Salem Chalabi, qui est juriste, a dit à CNN que les accusations lui paraissaient très bizarres.«Celle contre mon oncle paraît très étrange parce que cela porte sur de la fausse monnaie et que l’on m’a dit que lorsqu'ils ont perquisitionné à son domicile, il y a deux mois, ils avaient trouvé l’équivalent de quelques dollars en fausse monnaie qui lui avaient été donnés en tant que chef de la commission financière du conseil de gouvernement.» «En ce qui me concerne, le mandat d’arrêt est lié au fait que j’ai apparemment menacé quelqu'un.Je ne me souviens même pas d’avoir Jamais rencontré cette personne, mais apparemment, j’ai menacé quelqu'un qui par la suite a été tué», a expliqué Salem Chalabi.«Personne en Irak ne jouit de l’immunité.La mise en œuvre du mandat est en cours», a dit le juge.Chalabi s’est efforcé récemment de se constituer une nouvelle base de soutien parmi la majorité chiite, marginalisée du temps de Saddam Hussein.Il avait été condamné par contumace pour fraude bancaire en 1992 par un tribunal militaire de Jordanie où il avait fondé une banque qui a fait faillite.Il a affirmé que ces accusations résultaient d’un règlement de comptes politique.Allaoui appelle les insurgés à déposer les armes Sur le terrain, les violences se sont poursuivies en Irak, faisant au moins 50 morts et plus de 300 blessés depuis samedi, selon le gouvernement intérimaire irakien qui a annoncé avoir rétabli la peine capitale pour tenter de contrer cette violence.M.Allaoui a effectué une visite surprise à Najaf où il a appelé les miliciens du chef radical Moqtada Sadr à «déposer leurs armes et quitter les lieux saints de la ville, y compris le mausolée de l’imam Ali».Parallèlement à Bagdad, un porte-parole du gouvernement a annoncé que les «meurtriers et les individus menaçant le pays» seraient désormais passibles de la peine de mort La visite de M.Allaoui est intervenue au lendemain de la promulgation par son gouvernement d’une amnistie limitée aux insurgés n’ayant pas commis de meurtres et d’une invitation lancée à Moqtada Sadr pour participer aux élections générales prévues au plus tard en janvier 2005.Le porte-parle du chef radical chiite à Najaf cheikh Ahmed Chaibani, a dénoncé la visite de M.Allaoui et rejeté les propositions du gouvernement tout en se disant prêt à négocier une trêve, ce que M.Allaoui a d’ores et déjà écarté.Depuis le début des combats jeudi à Najaf, l’hôpital général a reçu 21 morts, mais le bilan pourrait être beaucoup plus lourd en raison de la quasi-impossibilité pour les secours de se rendre sur place.À Bagdad, notamment dans le quartier chiite de Sadr City, au moins 22 personnes ont été tuées et 166 blessées ces dernières 24 heures, a indiqué le ministère de la Santé sans préciser les circonstances de ces morts.Par ailleurs, la figure emblématique des chiites irakiens, le Grand ayatollah Ali Sistani, a été hospitalisée à Londres pour des problèmes cardiaques.Un haut diplomate iranien pris en otage Concernant les otages en Irak, un diplomate iranien a été enlevé mercredi par «l’Armée islamique en Irak» pour avoir selon ce groupe «incité à la lutte intercommunautaire», a indiqué la télévision Al-Arabiya.Celle-ci a diffusé une vidéo du responsable iranien.L’ambassade d’Iran à Bagdad a confirmé que Fe-reydoun Jahani avait disparu le 4 août sur la route menant de Bagdad à Kerbala, ville sainte chiite située au nord de Najaf, mais indiqué n’avoir reçu aucune demande des ravisseurs.M.Jahani est le deuxième diplomate à être enlevé en Irak depuis la chute du régime de Saddam Hussein en avril 2003 et la vague d’enlèvements qui a suivi.Un diplomate égyptien avait été enlevé pendant quatre jours fin juillet Enfin, les ravisseurs de sept chauffeurs de camions, trois Indiens, trois Kenyans et un Egyptien, pris en otages le 21 juillet ont présenté de nouvelles exigences pour leur libération, a indiqué leur employeur koweïtien qui a appelé à des négociations directes avec les ravisseurs.SUITE DE LA PAGE 1 WTA, un exploit que n’avait jamais réussi auparavant une Française — ni un Français au classement ATP, du reste — depuis l'instauration des classements par ordinateur au milieu des années 1970.(Parmi ceux qui ont atteint la troisième place, notez pour vos dossiers les noms de Mary Pierce, Nathalie Tauziat et Yannick Noah.) Elle n’est maintenant plus devancée que par la Belge Justine Henin-Hardenne, actuellement contrainte à l’inaction en raison d’une blessure et qu’elle pourrait donc doubler avant longtemps.«La première place, c’est mon objectif depuis deux ans, deux ans et demi, racontait-elle.Et je sens que, petit à petit, on y arrive.» Donc, bref, ce frit une finale expéditive, disputée en 51 minutes y compris les pauses (et précédée d’un délai de 50 minutes pour cause de météo rébarbative, pour faire changement).Et franchement, honnêtement, sincèrement, ce n’est pas un prétexte de reporter pour filer plus vite à la maison parler à ses plantes et regarder Les Beaux Dimanches, mais il n’y a pas grand-chose à en raconter.Pour la gagnante, tout a baigné: revers à une seule main sensationnels, coups droits admirablement logés le long des lignes, montées au file.t rares mais imparables, services au quart de tour.À peine de petites montées et descentes au début de chaque set, mais comme on peut en juger à l’examen approfondi du score final, rien pour se ronger les ongles de perplexité.«J’ai joué, je pense, un match parfait», a dit Mauresmo.Il faudrait chercher des bibittes pour ne pas souscrire d’emblée à une pareille appréciation.SUITE DE LA PAGE 1 changement-là», a tranché Jean Charest, à la clôture du congrès des jeunes libéraux, qui s’est tenu ce week-end à Trois-Rivières.Or plus des deux tiers des 900 jeunes militants présents ont voté en faveur de l’abolition de la formule Rand.«Si les jeunes ont amené cette résolution, c’est qu’il y a un malaise.Ils ne se sentent pas représentés par les syndicats.On n’a qu’à penser aux conventions collectives avec des clauses orphelins [clauses de disparité de traitement] qui ont trop souvent été négociées par les syndicats.C’est un message qu’on lance aux syndicats», a affirmé Simon Bégin, en conférence de presse.Questionné ensuite sur le sujet, Jean Charest a tenu à préciser que «le gouvernement n’a pas sur les planches à dessin de changements prévus à la formule Rand».Simon Bégin a reconnu que «ça part mal» quand le premier ministre rejette une proposition des jeunes libéraux, mais il souhaite porter sa cause au congrès du Parti libéral.«À la commission jeunesse, on n’a jamais eu peur d’affronter nos chefs», a-t-il lancé.L’abolition de la formule Rand a fait l’objet d’un débat important au congrès des jeunes libéraux.«La négociation [des conditions de travail] ne serait plus soumise à des organismes tiers qui ont à cœur de protéger l’ancienneté avant la compàence.Avec la liberté de s’associer ou non, on implique une liberté de choix face à nos conditions de travail et notre salaire», a lancé Pierre-Olivier Dumas, de la circonscription de Louis-Hébert.Mélanie Anestis, de la circonscription de Marquette, a rétorqué qu’il ne serait pas «juste» de permettre à des employés de bénéficier des gains obtenus par les syndicats lors des négociations sans avoir à verser de cotisations.Les commentaires en faveur de la proposition ont toutefois été beaucoup plus nombreux.«Les étudiants ne veulent pas être syndiqués, car, dans les conventions collectives, celles des épiceries ou autre, il faut avoir travaillé 1000 ou 2000 heures avant d’être protégé.Les étudiants n’ont aucun droit actuellement.Il faut don- En fait, toute la semaine, Mauresmo s’était donné ce qu’elle appelait elle-même de «petites frayeurs», en se rendant à trois sets lors de ses trois premiers matchs puis en se retrouvant en déficit 1-5 lors du bris d’égalité de la première manche de sa demi-finale contre Vera Zvonareva, samedi après-midi.Mais, en même temps, elle devinait le crescendo dans son Ford intérieur.«Je sentais que je montais en puissance au fur et à mesure que la semaine avançait», a-t-elle noté.S’il avait fallu que le tournoi se poursuive pendant quatre ou cinq jours, bondance, qu’est-ce que ç’aurait été, je vous le demande, bien que je sache qu’à l’instar de vos élus vous refusez systématiquement de répondre aux questions hypothétiques.En tout cas, hier, elle n’a laissé aucune chance à personne.Quant à Likhovtseva, on retiendra en passant que son acteur favori est John Travolta, et que par voie de conséquence son film préféré est peut-être La Fièvre du samedi soir, mais qu’il n’est pas vraiment question pour l’instant de parler de liesse du dimanche après-midi.(C’est un parallèle subtil.) Neuf joueuses russes participaient à la coupe Rogers et, il faut le dire, Likhovtseva, la plus âgée à 28 ans, n’était pas la première attendue au bout du parcours.Trente-neuvième au classement mondial, prenant part aux Internationaux du Canada pour une douzième année de suite, elle a cependant connue une semaine considérable avant cette fin brutale.«Je préfère ne pas penser à ce match», a-t-elle d'ailleurs déclaré hier.La veille au soir, Likhovtseva avait remporté un éreintant (et combien enlevant) duel face à sa corn- CHAREST ner le choix aux jeunes d’agir seuls», a souligné Kim Leclerc, de Matane.Le libellé de la proposition adoptée hier suggère de donner «une véritable liberté syndicale» aux travailleurs québécois «en leur permettant de choisir de financer ou non le syndicat».Le préambule prend la forme d’une critique sévère des syndicats.«Le monopole syndical nivelle par le bas en enlevant à ceux qui en méritent plus pour en donner davantage à ceux qui en méritent moins», peut-on lire.Les jeunes libéraux avaient déjà adopté une telle proposition en 1997, mais elle n’avait pas obtenu l’appui des militants libéraux lors du congrès.La formule Rand est en bonne partie responsable de l’essor du syndicalisme québécois.Le père de la formule, Ivan Cleveland Rand, juge à la Cour suprême, avait décrété en janvier 1946 que, comme l’ensemble des travailleurs bénéficient des gains obtenus par le syndicat lors des négociations, tous doivent verser une cotisation syndicale, qui est retenue à la source par l’employeur.La formule Rand a été intégrée au Code du travail par le Parti québécois en 1977.Les jeunes libéraux réclament l’abolition de la formule Rand à un moment crucial, alors que le gouvernement Charest amorce des négociations qui s’annoncent difficiles avec ses employés syndiqués des secteurs public et parapublic.Le gouvernement Charest a déjà soulevé la grogne des syndicats l’automne dernier en adoptant, sous le bâillon, des modifications à l’article 45 du Code du travail en vue de faciliter le recours à la sous-traitance.Les centrales syndicales ont l’épiderme sensible quand il est question de la formule Rand.Lors de la dernière campagne électorale, les chefs syndicaux sont montés aux barricades pour fustiger l’Action démocratique du Québec, qu’ils accusaient de vouloir l’abolir.Le président de la commission-jeunesse du Parti québécois, Sébastien Cloutier, n’a pas tardé à réagir pour dénoncer la position des jeunes libéraux, qui, selon lui, proposent rien de moins que «l’affaiblissement du mouvement des travailleurs» et l’abolition de leur droit d’association.«Ils parlent d’avenir, mais n’ont pas de vision d’avenir.Ils ne font pas avancer patriote Anastasia Myskina, championne de Roland-Garros: 6-3, 5-7, 6-4 en deux heures.C’était beaucoup demander que de réapparaître une quinzaine d’heures plus tard avec un taux de fraîcheur suffisant pour affronter une aussi belle machine de tennis qu’Amélie Mauresmo.«Dès l’entraînement du matin, j’ai vu que tout n’était pas au mieux», a-t-elle raconté.«Pendant le match, j’ai constaté que j’avais perdu le contrôle de mon corps et ma concentration.En plus, Amélie jouait super, et je devais y mettre de petits extras, ce qui entraîne des fautes directes.J’ai fait tout ce qui m’était possible, mais j’ai manqué de carburant.» Pour sa peine, Mauresmo a reçu un chèque de 259 200 $, ce qui fait un salaire hebdomadaire assez impressionnant, mais comme on ne peut pas gagner tout le temps, on le prend pendant que ça passe.Elle gagnera Athènes mercredi, où elle participera aux Jeux olympiques en simple et en double avec Mary Pierce.Elena Likhovtseva sera aussi en Grèce, disputant le double avec Svetlana Kuznetsova.Par la suite, tout le monde rentrera illico en Amérique pour le US Open.Quant à votre serviteur Rogatien, après cette folle odyssée de tennis, il sera à son domicile résidentiel, devant ses télés, confortablement installé sur son strapontin Louis XVI pour tout voir de ces Jeux de la XXVIII' olympiade d’été et les commenter et vous les faire vivre comme si vous n’y étiez pas.C’est un rendez-vous.Un gros.J’ai hâte.Le Devoir mais reculer la société», dit-il, qualifiant la proposition de «mesure de droite».Non au Suroît L’aile jeunesse du PLQ a également demandé hier au gouvernement Charest de faire une croix sur le projet de centrale thermique au gaz du Suroît Les jeunes libéraux ont rejeté une proposition qui demandait à Québec d’aller de l’avant en ce qui a trait à ce projet Lors du débat en plénière, plusieurs militants libéraux ont plaidé pour son rejet catégorique.«On n’en veut pas.Nous, on est en faveur des énergies propres», a lancé Vahid Fortin-Vidah, de Jonquière.Le ministre des Ressources naturelles, Sam Hamad, a dit prendre acte de la position des jeunes libéraux, mais il attend la fin de la commission parlementaire sur la question, qui se tiendra cet automne, avant de se prononcer.«On laisse le débat se poursuivre comme il doit se poursuivre», a affirmé pour sa part Jean Charest Les jeunes libéraux ont aussi adopté une série de propositions portant sur le choc démographique, le thème de leur congrès.Ds souhaitent la création d’une aide financière destinée aux jeunes familles et d’un congé parental de deux ans.Les cotisations de la génération des baby-boomers au régime des rentes devraient être augmentées afin de «résoudre le problème d’équité intergénérationnelle», ont-ils aussi décidé.Rien sur l’endettement étudiant La commission jeunesse du PLQ n’a pas cru bon de permettre la tenue d’un débat sur l'endettement étudiant, même si plusieurs militants libéraux en ont manifesté le désir.Un groupe de jeunes de la région de Montréal a tenté, samedi, d’inscrire le sujet à l’agenda, sans succès.Ces militants souhaitaient que les jeunes libéraux condamnent la décision du gouvernement Charest de hausser le plafond des prêts et de réduire les bourses d’une centaine de millions de dollars au total.Selon Simon Bégin, la commission jeunesse se penchera sur la question au cours des prochaines semaines.Le Devoir «Si les jeunes ont amené cette résolution, c'est qu'il y a un malaise.Ils ne se sentent pas représentés par les syndicats», affirme Simon Bégin Agence France-Presse et Reuters Rectificatifs Deux coquilles se sont malencontreusement insérées dans l’article sur la (alla de Saint-Michel publié ep page B1 de notre édition de vendredi: la date de l’Eco-Fête est le 14 août, non le 15, et le numéro de téléphone de la Tohu est le 37&Tohu (ou 376-8648), et non le 276-Tohu.Nos excuses.C’est le conseil d'administration du Fonds d’investissement de la culture et des communications que préside désonnais Pierre Curzi et non le Fonds lui-même.comme l’a laissé entendre l'article paru en page B 8 jeudi dernier.Nous nous en excusons.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, O' étage, Montréal (Québec), H3A3M9 E3 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet dû Devoir, www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514)985-3360 Par courriel redaction@ledevoir.com Service à la clientèle et abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514) 985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) SUITE DE LA PAGE 1 accorde au port de Gaspé le statut particulier de port franc.Une décision qui a pour effet de dynamiser l’économie régionale avec, notamment, l’établissement de consulats étrangers.«Or, en 1866, on a pratiquement fermé le port de Gaspé en mettant fin à ce statut parce que les pères de la Confédération tentaient alors de convaincre les autorités de la Nouvelle-Écosse d’entrer dans la confédération.En échange, on leur promettait de faire du port d’Halifax le port officiel du nouveau pays», dit Jules Bélanger.Ce qui fut fait lors de la signature du pacte fédératif en 1867.«Mettez les morceaux ensemble, ne soyons pas naïfs: nous, les Gaspésiens, avons été vendus.Nous avons servi de monnaie d’échange à l’instauration du Canada.» Un choix politique qui a laissé la Gaspésie en dehors des grandes voies de communication.Par exemple, dit-il, lors de la construction du chemin de fer de Vancouver à Halifax, la Gaspésie a été négligée.«Après avoir contesté, on a fini par obtenir un chemin de fer, mais qui menait à un port pratiquement abandonné.» L’histoire, souligne-t-il, se répétera avec la construction de l’autoroute Transcanadienne.«De plus, quand Air Canada a organisé son circuit d’un bout à l’autre du pays, je me souviens d’une lutte que nous avons livrée pour obtenir une simple escale à Gaspé, car la navette qui faisait Terre-Neuve-Montréal et qui passait au-dessus de nos têtes était à moitié vide.Les fonctionnaires ont dit non.1» Une région-pilote À cela s'ajoute une lecture critique des années 1970, qui ont été marquées par deux expropriations: Forillon et Ille-Bonaventure.Des fonctionnaires ne juraient que par l'agglomération métropolitaine et la fermeture de l’arrière-pays dictée par le Bureau d’aménagement de l’est du Québec (RAEQ).«Une pléiade de jeunes universitaires qui avaient surtout fait leurs études aux États-Unis se cherchaient un laboratoire pour mettre en pratique leur "savoir".Ils se sont donc retrouvés dans cette grosse institution qu 'était le BAEQ pour planifier le développement de la GASPESIE Gaspésie, en appliquant des plans pour qu’un “brillant avenir" se lève sur la région.Eh bien, ils ont fait de magistrales erreurs!» Quelque dix villages ont été fermés, déplaçant ainsi plus de 550 familles.«Ces gens-là se sont retrouvés dans des HLM en attendant leurs chèques d’assurance sociale.» Une résidante du défunt village de Saint-Octave-de-l’Avenir avait à l’époque fait part, dans une lettre ouverte {Le Devoir, janvier 1971), de son écœurement: «L’incompétence, la corruption, le marasme créés par nos politiciens, la fuite du clergé devant ses responsabilités, la couardise de nos intellectuels, complices du silence, sont en voie de détruire le peu de dignité qu’il reste aux Gaspésiens.» Dans ce même esprit, d’autres fonctionnaires ont vanté les mérites des grands centres.Jules Bélanger cite en exemple un rapport intitulé Les Orientations du développement économique régional dans la province de Québec et soumis, en février 1970, au ministère de l’Expansion économique régionale.Pour l’essentiel, ce rapport ne jurait que par l’épanouissement des agglomérations métropolitaines, et ce, au détriment des régions éloignées.Aussi se souvient-il de «l’opposition larvée» de certains fonctionnaires à la décision de René Lévesque, en 1978, de transférer à Gaspé la Direction générale des pêches.«Les fonctionnaires disaient qu'ils préféraient travailler sur le boulevard Saint-Cyrille à Québec.Et dans un moment d'impatience, M.Lévesque avait dit : “Il est plus difficile d’amener ces fonctionnaires en Gaspésie que défaire nager la morue vers Québec".» Par contre, relate-t-il, les fonctionnaires ont fini par avoir gain de cause; après la mort de M.Lévesque, ont été rapatriés à Québec les pouvoirs décisionnels quant à la gestion des pêches, «dirigée par des gens qui n'avaient jamais vu une morue! U ne faut pas s'étonner aujourd’hui que la mer se soit vidée de ses poissons», lance avec regret l’ancien membre de la Commission nationale sur l'avenir du Québec et ex-président du Parti québécois (région Est-du-Québec).Les professeurs en région En somme, tout ce passé de «porteurs d’eau», dit-il, a profondément marqué le Gaspésien dans sa façon de penser selon laquelle le patron, c’est l’autre.«Qu’on veuille ou non l’admettre, c'est ce qui explique en partie la difficile situation économique qui y prévaut.Mais on est en train de s’arracher à cela grâce à la scolarisation qui, heureusement, est en progression malgré le taux élevé de décrochage scolaire et d’analphabétisme.» Selon les chiffres d'Emploi-Québec, 40 % des adultes gaspésiens avaient, en 2001, un niveau inférieur au Certificat d’études secondaires, contre 24 % pour l’ensemble des Québécois.Fait à noter dans la MRC Rocher-Percé, ce taux atteint 47 %.Cette sous-scolarisation émane notamment de l’établissement des politiques nationales du ministère de l’Education.«Bon nombre de fonctionnaires du secteur de l’éducation que j’ai connus pensaient que si ces politiques étaient bonnes pour Montréal et Québec, elles le seraient également pour la Gaspésie, ce qui n’est pas du tout le cas.» Des normes qui, à ses yeux, expliquent pour beaucoup le retard qu’accuse la Gaspésie dans ce domaine par rapport à d'autres régions et qui nuisent, par conséquent, à la prise en charge par les acteurs locaux du développement économique régional.«C’est simple, la scolarisation, c'est la clé de voûte de notre prospérité économique!» Quant à l’enseignant qui pratique en région, M.Bélanger soutient qu’il doit prendre conscience de l’importance que revêt son rôle d’éducateur dans sa communauté.«Les professeurs en région sont des maillons importants dans la chaîne du développement régional et c'est important qu'ils le comprennent.Ils ont non seulement le devoir de transmettre la matière, mais également d'inculquer à leurs élèves le désir de s’établir et de s'impliquer pleinement dans leur milieu respectif.De cette façon, on pourra contrer l'exode de notre matière grise et de notre force, c’est-à-dire nos jeunes.Et ça, c'est vrai pour toutes les régions du Québec.»
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