Le devoir, 2 octobre 2008, Page(s) complémentaire(s)
LE DEVOIR Vol.XCIX N" 224 ANALYSE Une occasion manquee Manon CORNELLIER La première question, posée par un citoyen de Longueuil, a mis le doigt sur le bobo du chef conservateur Stephen Harper hier.Comme bien d’autres Canadiens, Stéphane Bourassa voulait savoir ce que ferait le prochain premier ministre pour faire face aux effets de la crise financière américaine au Canada M.Bourassa ne voulait pas savoir ce qui avait déjà été fait, il l’a précisé, mais ce qui viendrait Le chef conservateur, lui qui a demandé de prolonger la portion du débat portant sur l’économie, n’a eu que son bilan à offrir car, pour hd, «le défi est de rester sur la bonne voie».Si le débat d’hier a fait un gagnant sur le plan de la forme, on peut dire que ce fut le chef bloquiste Gilles Duceppe, le vétéran de ce genre d’exercice.Efficace, à l’aise, au fait de ses dossiers, habile à mettre en relief les thèmes chers à son parti, il a réussi à embêter Stephen Harper à bien des détours, bien que ce dernier lui ait rendu la pareille durant le débat sur la reconnaissance de la nation québécoise.Le chef libéral Stéphane Dion, pour sa part a bien failli être éclipsé au début en voulant être trop poli.Il a eu besoin de l’aide de l’animateur pour s’imposer avant de finalement prendre du mordant Une chance pour lui, car dès le départ il a remporté la palme sur le fond.Il a été le seul chef en possession d’un plan à court terme pour faire face à la crise qui nous pend au bout du nez.D a promis un plan d’action précis pour les 30 premiers jours de son gouvernement un plan qui inclurait entre autres choses, la convocation d’une rencontre des premiers ministres provinciaux afin de se concerter avec eux.D s'est du coup distingué de Stephen Harper.D’autant plus quand on se souvient qu’en janvier dernier, c’est à reculons que ce dernier avait accepté de recevoir chez lui ses homologues provinciaux qui le pressaient de tenir une réunion pour discuter de leurs inquiétudes économiques, En bon conservateur, M.Harper croit que l’Etat doit intervenir le moins possible, d’où sa résistance l’hiver dernier à venir en aide au secteur forestier ou au secteur manufacturier.Il a finalement cédé dans les deux cas, mais pour des raisons politiques et électorales.Et s’il hésite maintenant à en promettre davantage, ce n’est pas uniquement pour des raisons idéologiques, mais bien parce que le fédéral n’a plus la marge de manœuvre qu’il avait Et s’il ne l’a plus, c’est uniquement à cause des décisions prises l’automne dernier par ce M.Harper avait l’occasion hier de prouver qu’il ne se complaisait pas dans son bilan, il ne l’a pas fait VOIR PAGE A 10: OCCASION LE JEUDI 2 OCTOBRE 2 0 0 8 1 , 1 O $ + T A x E s = I , 2 5 $ REUTERS iiüïûïii! Attaques en règle contre Harper La criminalité et le leadership provoquent les meilleurs débats HÉLÈNE BUZZETTI ALEC CASTONGUAY Ottawa — Le premier débat des chefs hier a donné lieu à l’attaque groupée à laquelle plusieurs s'attendaient les quatre chefs des parfis d’opposition s’en sont pris systématiquement à Step>hen Harper, qui s’est retrouvé souvent sur la défensive dans une formule qui ne l’avantageait pas.Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, s’est démarqué par son aisan- ce, tandis que le chef libéral, Stéphane Dion, paraissait crispé.Jack Layton et Elizabeth May s’en sont bien tirés, avec un français correct leur ayant permis de faire passer leurs idées.Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a ouvert le bal par une attaque en règle contre Stephen Harper au sujet de l’économie, thème le plus important de la joute oratoire.«R y a deux visions dans cette élection, celle de Harper et celle du Québec.M.Harper a la même politique de laisser-allerque George W, Bush et on voit le résultat', a-t-il lâché.Le chef libéral, Stéphane Dion, a tenté de poursuivre dans la même veine, malgré une nervosité évidente.D a démarré son premier débat des chefs en proposant aux Canadiens de s’assurer, dès son élection, que la crise financière américaine ne se propage pas au Canada, en proposant un plan en quatre points.Notam-ment, il s’engage dans les trente premiers jours de son mandat à convoquer les dirigeants des principales VOIR PAGE A 10: ATTAQUES Les informations électorales, analyses et commentaires à lire en pages A 4, A 5 et A 9 Crise financière L’espoir renaît Le Sénat adopte le plan Paulson ÉRIC DESROSIERS Les acteurs politiques et économiques des Etats-Unis ont commencé à regagner l’espoir hier de pouvoir sauver leur plan de sauvetage de 700 milliards $US des institutions financières américaines.Une version améliorée du projet touillé par la Chambre des représentants, lundi, a été adoptée hier soir par l’autre chambre du Congrès américain, celle du Sénat.L’ajout d’allégements fiscaux pour les entreprises et les ménages et le relèvement des garanties offertes par le gouvernement aux petits déposants, mais aussi la chute importante des cours boursiers de lundi, ont finalement permis de convaincre les nombreux récalcitrants dans le camp républicain de changer d’avis.Les sénateurs ont approuvé en soirée la «Loi sur la stabilisation économique d'urgence de 2008» par VOIR PAGE A 10: ESPOIR Harry Reid INDEX Annonces.B 4 Avis publics.B 5 Bourse.B 2 Culture.B 8 Décès.B 4 Économie.B 1 Éditorial.A 8 Idées.A 9 Météo.B 6 Monde.A 7 Mots croisés.B 6 Sports.B 6 Sudoku.B 4 Télévision.B 7 L’impuissance devant la Terre en colère REUTERS Un survivant du tsunami de Sumatra survenu le 24 décembre 2004.5i .ou l’inconscience de l’humain face aux sursauts de la planète PAULINE GRAVEL Le tsunami de Sumatra survenu le 24 décembre 2004 aurait pu faire beaucoup moins de victimes.Une éducation élémentaire de la population ainsi qu’une description du phénomène dans les guides touristiques auraient pu prévenir ce désastre humain, s’insurge le géophysicien français Claude Jaupart, de l’Institut de physique du globe de Paris, qui donnera ce soir à 19h une conférence intitulée L’homme face à l’inévitable terre en colère, au Cœur des sciences de 1TJQAM.Le chercheur raconte que lorsqu’il a vu le retrait soudain des eaux de la mer, un géophysicien en vacances dans cette région du Sud-Est asiatique avait incité toutes les personnes dans son entourage à monter au sommet de leur hôtel.Grâce à cette mesure préventive, toutes ces personnes ont échappé à la mort.Le ressac ne survient qu’une vingtaine de minutes plus tard, ce qui donne le temps de s’éloigner suffisamment des berges pour ne pas être englouti par les eaux, explique le scientifique, qid enseigne à l’université Denis Diderot à Paris, et est membre de l’Académie des sciences et de l’Institut universitaire de France.«Malheureusement, aucune mention des signes «Beaucoup de morts auraient pu être évitées grâce à une éducation élémentaire» VOIR-PAGE A 10: TERRE £SPAcEb sam s*?® te; Mc, * i; Toutes les musiques, un seul espace.Radio-Canada.ca/radio U t 77831302383140 A 10 LE DEVOIR.LE JEUDI 2 OCTOBRE 2008 CTUALITES ATTAQUES Le moment le plus rigolo du débat d’hier a certainement été l’obligation faite à chaque chef de dire de bons mots de l’adversaire placé à sa gauche immédiate SUITE DE LA PAGE 1 agences économiques du pays pour obtenir leurs suggestions sur les meilleures laçons de protéger l’épargne et les REER des Canadiens.11 veut aussi convoquer une rencontre avec les premiers ministres des provinces.M.Dion avait besoin de se distinguer sur le plan économique, lui qui avait tout placé ses œufs électoraux dans le panier de son Tournant vert.le chef libéral a soutenu que M.Harper avait hérité en 2006 «de la plus forte économie qu’un premier ministre n’a jamais eue».«Cestgrâce à la gestion libérale.Le risque économique, c’est vous», a lancé Stéphane Dion à son homologue conservateur.Stephen Haiper a tenté de se positionner comme le seul candidat crédible pour diriger l’économie en période difficile.Il a défendu le bilan de son gouvernement même s’il s’est/lit inquiet de la situation au sud de la frontière.«Aux Etats-Unis, ils perdent des emplois, des maisons, des banques.Ici, c’est différent.[.] Les bases de l’économie sont solides.Notre économie continue de créer des emplois, ü y a des défis à relever, mais on est sur la bonne voie.Il faut continuer de baisser les taxçs et garder notre surplus», a-t-il dit A sa gauche, le chef du NPD, Jack Layton, a décoché toutes ses flèches en direction de M.Harper.«Une baisse d’impôt pour les pétrolières et les banques, ce n’est pas la bonne direction», a-t-il lancé.Stephen Harper a attaqué Stéphane Dion à plusieurs reprises sur sa taxe sur le carbone.«Une taxe va détruire l’économie du pays», a-t-il dit Le chef libéral a répliqué que les pays qui avaient pris un virage vert ont tous de meilleurs rendements économiques que les pays qui ont encore des économies centrées sur les énergies fossiles.La chef des verts, Elizabeth May, a dit qu’en tant que femme et mère de famille monoparentale, elle savait que la classe moyenne avait de la difficulté «à boucler les fins de mois».Les compliments à l’honneur Le moment le plus rigolo du débat d’hier a certainement été l’obligation faite à chaque chef de dire de bons mots de l’adversaire placé à sa gauche immédiate.Ainsi, M.Duceppe a reconnu à Elizabeth May qu’elle se préoccupait vraiment de l’environnement M.Layton a concédé que M.Dion était capable de travailler en collégialité avec ses adversaires.M.Harper a remercié Jack Layton de l’avoir appuyé pour reconnaître la nation québécoise et s’excuser auprès des autochtones.M.Dion a reconnp la sincérité de Gilles Duceppe et salué son sens de l’Etat Mme May a fermé la marche en disant de Stephen Harper qu’il était un bon père de famille qui basait son action politique sur ses principes.L’animateur a toutefois posé une question qui semblait directement destinée à attaquer le chef conservateur.Stéphan Bureau a demandé aux chefs si «tous les coups sont permis» en campagne électorale.L’occasion était trop belle: les quatre chefs s’en sont pris avec virulence à Stephen Harper.Stéphane Dion lui a reproché son «ton» et sa propension à noircir ses adversaires.M.Dion a rappelé que, lorsque son parti a plaidé en feveur d’Omar Khadr, emprisonné à Guantâna-mo, ou encore parlé d’économie, «vous nous avez traités de talibans, [.] vous nous avez accusés de prier pour avoir une récession.C’est ce genre de choses qu’on ne veut plus.Assez, c’est assez.» M.Duceppe a enchaîné en rappelant la campagne de publicités contre le Bloc québécois disant qu’en 18 ans, les députés de ce parti avaient gaspillé 350 millions de dollars.«C’est honteux! C’est un mépris de la démocratie.» M.Harper a répliqué maladroitement: «On n’a pas fait ça!», ce qui a suscité la consternation autour de la table.Nation et culture Stephen Harper et Gilles Duceppe ont croisé le fer à plusieurs reprises sur les thèmes de la nation québécoise et des compressions dans la culture.Le chef blo-quiste a eu du mal à se défendre quand Harper l’a accusé d’avoir pris 48 heures avant de se rendre compte que la reconnaissance de la nation québécoise était un gain pour la province.«Notre gouvernement agit, le Bloc réagit», a lancé le chef conservateur.Gilles Duceppe l’a alors accusé de «n’avoir pas passé de la parole aux actes» puisque le gouvernement conservateur a refusé d’appliquer la loi 101 dans les institutions fédérales au Québec et que la province n’a pas un siège à l'UNESCO, contrairement aux prétentions du Parti conservateur.«Il faut être un pays pour ça.» D a alors abordé la question de la culture: «La culture, c’est l’âme de la nation.On ne peut pas la reconnaître et couper.dans les budgets», a dit Gilles Duceppe.A ce sujet, Stephen Harper a répété — pour la première fois en français — que les gqns n’allaient pas avoir de sympathie pour des artistes allant dans un gala financé par de l’argent public.D a toutefois convenu que les artistes ne sont pas des enfants gâtés pour autant.Les quatre chefs ont attaqué Harper, soulignant l’apport économique de l’industrie culturelle.«Il fout choisir dans quel pays on veut vivre», a dit Stéphane Dion, qui a promis de doubler le budget du Conseil des arts.Jack Layton a regardé directement Stephen Haiper et pris un ton solennel: «La réalité, c’est que les artistes vivent dans la pauvreté.» Criminalité Le chef conservateur a retrouvé ses repères lorsqu’il a été question de criminalité.11 a défendu sa promesse de resserrer la vis aux jeunes contrevenants de façon très convaincante.«Les peines plus sévères sont pour des actes exceptionnels, pour des récidivistes.On ne parle pas de petites bagarres de cour d'école!» Rappelant le cas d’un jeune homme qui avait été enlevé, torturé, puis tué, alors que les auteurs du crime odieux avaient retrouvé leur liberté après quelques mois, il a demandé: «Comment on peut expliquer cela aux familles?» Gilles Duceppe a répliqué que mettre des «enfants» de 14 ans en prison —16 ans au Québec — n’avait pas de sens et qu’il serait préférable d’empêcher les criminels de sortir de prison automatiquement au sixième de leur peine.En matière environnementale, une fois de plus, le chef conservateur a vu son plan de réduction des gaz à effet de serre descendu en flammes.Mme May n’a pas mâché ses mots, affirmant que le plan conservateur était un «mensonge» et constituait une «fraude».Quand M.Harper a répliqué que les cibles canadiennes avaient été saluées sur la scène internationale, elle s’est exclamée: «Franchement, c’est ridicule!» Le dernier thème abordé était le Canada dans le monde, où il a évidemment été question de l’Afghanistan.Stéphane Dion a parlé avec passion de la responsabilité du Canada face à ses alliés de l’OTAN et aux Afghans.Il a décoché une flèche à Jack Layton, qui demande le retrait immédiat des troupes canadiennes de ce pays.«Moi, je ne voulais pas qu’on parte en fous et qu’on risque des vies là-bas protégées par nos soldats.Vous, vous le faites peut-être parce que vous n’avez pas le sens des responsabilités.» Stephen Harper, visiblement à Taise sur ce terrain, a rappelé que la mission était approuvée par l’ONU et «les principaux pays du monde».Le Devoir REUTERS OCCASION SUITE DE LA PAGE 1 même gouvernement Harper.En réduisant massivement les impôts et en réduisant plus rapidement que prévu la TPS, il a renoncé à des revenus importants, dont environ six milliards uniquement pour la baisse d’un point de TPS.Pareille somme serait aujourd’hui la bienvenue pour intervenir à court terme dans l’économie, le temps de traverser la tempête.Ce n’est pas pour rien que les autres partis proposent d’abandonner une des baisses de taxe annoncées — le NPD qui veut éliminer celle pour les entreprises — ou encore de restructurer la fiscalité en taxant les émissions de gaz à effet de serre — la taxe sur le carbone des libéraux.Avec de nouveaux revenus, ils promettent de nouvelles dépenses, des réductions d’impôt ou un mélange des deux.Les turbulences économiques ne leur en donneraient peut-être pas le loisir.Ils pourraient être forcés, s’ils étaient élus, d’utiliser les revenus qu’ils anticipent pour financer des mesures plus urgentes.Ils ont malheureusement esquivé cet aspect des choses hier.?Il est vrai, comme le répétait encore M.Harper hier, que l’économie canadienne est actuellement forte, avec un de ses plus bas taux de chômage en 30 ans, une croissance économique timide mais positive, des institutions financières solides et ainsi de suite.Cette vue à vol d’oiseau ne permet toutefois pas de prendre acte des zones de turbulence de l’économie canadienne, comme le secteur manufacturier dans Test du pays ou le secteur immobilier, dans l’Ouest en particulier.Ces belles statistiques font fi du fait qu’en Ontario, par exemple, tous les emplois créés depuis le début de Tannée sont des emplois à temps partiel.De plus, ces chiffres sont l’équivalent d’un regard dans le rétroviseur.On ne connaîtra le vrai portrait de la situation actuelle que dans quelques semaines.Même chose pour les effets réels de la crise financière américaine.Par conséquent, même Stephen Harper, s’il est réélu, devra en prendre acte et pourrait être forcé de revoir ses plans et de se concerter avec les premiers ministres provinciaux.M.Harper avait l’occasion hier de prouver qu’il ne se complaisait pas dans son bilan et qu’il avait une idée de ce qu’il ferait en cas de ralentissement économique pour protéger les emplois et l’épargne des citoyens.11 ne Ta pas fait et, du même coup, a laissé beaucoup de Canadiens sur leur faim.Le chef libéral, pour sa part, a démontré tout au long du débat une maîtrise de ses dossiers.Aura-t-il percé le mur de scepticisme auquel il fait face au Québec?Ça reste à voir.De toute façon, ça ne pourra compenser son manque d’organisation sur le terrain.11 aura toutefois rassuré ses organisateurs en vue du débat anglais de ce soir, pourvu qu’il ne prenne pas autant de temps pour se réchauffer et prendre sa place.Le chef conservateur, quant à lui, s’obligeait à parler doucement, à rester calme et à garder une image de premier ministre.Il a été écorché par tous ses adversaires, ce qui était prévisible, mais il s’est défendu de façon inégale et sa performance ne lui aura sûrement pas permis de prendre les devants sur le Bloc québécois au Québec, alors que Gilles Duceppe, lui, a de bonnes chances d’avoir protégé ses arrières.le chef néo-démocrate, Jack Layton, et la chef du Parti vert, Elizabeth May, se sont bien tirés d'affaire, avec quelques répliques senties à l'endroit de M.Harper.Si la qualité du français de M.Inylon Ta avantagé, Mme May a quand même su lancer quelques-unes des flèches les plus acérées de la soirée.In décision d’asseoir les cinq chefs autour d’une table, sans cartables bourrés de notes devant eux, les a forcés à discuter en se regardant et, comme ils étaient près les uns des autres, ils n’avaient pas tendance à crier pour s’interrompre.Cela a aidé à la civilité du débat.mcomellier@ledevoir.com Le Sénat américain ESPOIR SUITE DE LA PAGE 1 74 voix contre 25.Maintenant que cette étape a été franchie, la nouvelle version du plan pourra être présentée à la Chambre des représentants demain matin.Par voie de communiqué, le secrétaire américain au Trésor, Henry Paulson, a salué le geste posé par le Sénat, estimant que l'adoption de ce texte «envoie un message positif, [signalant] que nous sommes prêts à protéger l’économie américaine m nous assurant que les Américains aient accès au crédit qui est nécessaire pour créer des emplois et faire marcher les entreprises», «f appelle la Chambre à agir rapidement pour adopter ce projet de loi», a-t-il ajouté.Ridiculisé lundi par ses propres troupes, qui ont rejeté un plan que la Maison-Blanche leur avait pourtant enjoint d’appuyer, le président américain George Bush était lui-même revenu personnellement à la charge pour une huitième journée consécutive hier.«Le projet de loi est différent, il a été amélioré et j’ai confiance dans le fait qu'il sera adopté», a-t-il plaidé quelques heures avant fa tenue du vote au Sénat «C’est très important pour nous de voter cette loi afin de stabiliser la situation et qu’elle ne s’aggrave pas, ce qui amènerait nos concitoyens à perdre leur argent et leur emploi.» Plus tôt dans 1a journée, le porte-parole de 1a Maison-Blanche, Tony Fratto, en avait également appelé à la mise en place d’une régulation internationale «meilleure et plus efficace» des marchés financiers.Les candidats à l’élection présidentielle n’ont pas été en reste en brandissant tous deux le spectre de l’effondrement économique.«Si le projet de loi échoue encore, la crise se transformera en désastre», a prévenu le sénateur républicain John McCain.«Le moment viendra de s’occuper des coupables de tout ce qui s’est passé», a-t-il promis.«Mais notre devoir maintenant est de régler le problème».Le candidat républicain s’est également dit favorable à 1a mise en place «de nouvelles règles à Wall Street pour mettre fin au délire de la spéculation par des gens qui jouent avec le système».Le candidat démocrate à l’élection présidentielle, Barack Obama, a estimé pour sa part qu’il serait «catastrophique» qu’un accord ne soit pas rapidement conclu.«H y aura un temps pour punir ceux qui ont mis le feu, mais pour le moment, il faut se rassembler et ëeindre le fou», a-t-il déclaré à son tour.Les marchés boursiers se sont montrés extrêmement nerveux toute 1a journée, les yeux de New York étant tournés vers Washington.Le Dow Jones n’a finalement cédé que 19,59 points (- 0,18 %), à 10 831,07 points, alors que l’indice élargi Standard & Poor’s 500 reculait de 5,3 points (-0,45 %), à 1161,06.Le rejet du plan de sauvetage de 700 milliards par 1a Chambre des représentants, par un vote de 205 voix pour et 228 voix contre, dont 133 républicains, a fait souffler un vent de panique sur les investisseurs lundi.Le Dow Jones a perdu d’un coup 7 % et le S&P 500 8,8 %, soit l’équivalent de 1200 milliards de capitalisations boursières envolées en fumée.Le jour suivant, les marchés boursiers sont en partie revenus de leurs émotions avec des remontées du Dow Jones de 4,7 % et du S&P 500 de 5,3 %.On se montrait relativement confiant, hier, à Washington, de voir les deux Chambres du Congrès adopter fa nouvelle mouture du plan de sauvetage du secrétaire au Trésor, Henry Paulson.Le coût de ces améliorations totaliserait 100 milliards, selon le New York Times.Elles comprendraient une série de nouveaux crédits de taxes qui devraient avoir l’heur de plaire aux élus républicains et qui s’adresseraient aux entreprises qui investissent en recherche et développement et dans les énergies renouvelables, ainsi qu’aux familles avec enfants et aux victimes des récentes catastrophes naturelles.On aurait aussi décidé de porter de 100 000 $ à 250 000 $ le plafond de la garantie accordée par le gouvernement aux déposants en cas de faillite de leur banque.Le plan de sauvetage de 700 milliards doit s’appeler «Loi sur la stabilisation économique d’urgence de 2008».Il vise à racheter avec l’argent des contribuables les créances douteuses, actifs à risques et invendables des institutions financières américaines afin de leur permettre, en retour, de se remettre à jouer leur rôle de prêteuses auprès des entreprises et des ménages.Il arrive après une crise de 14 mois déclenchée par l'éclatement d’une bulle immobilière responsable de l’effondrement des crédits hypothécaires à risque (subprime), mais aussi d’un ensemble plus large d’actifs financiers.D est pourvu de mécanismes visant à assurer le remboursement de l’argent public-engagé, de dispositions pour contenir le nombre de maisons saisies pour défaut de paiement, ainsi que d’un droit de regard sur les salaires des dirigeants des entreprises secourues.Le chef de 1a majorité démocrate au Sénat, Harry Reid, a déclaré hier que le nouveau plan avait de bonnes chances d’être adopté, à la fois par le Sénat et 1a Chambre des représentants.«Le moment est désormais venu de travailler non comme des démocrates ou des républicains, mais comme les gardiens de la confiance du public», a-t-il déclaré sur un ton solennel.Le président du comité sénatorial sur les banques et démocrate Christopher Dodd a dit sentir chez plusieurs membres de 1a Chambre des représentants fa montée d’un sentiment de regret après le vote de rejet de lundi.Le whip du parti républicain à 1a Chambre, Roy Blunt, a rapporté que fa débandade boursière de lundi semblait avoir produit son effet sur les citoyens, qui sont soudainement devenus moins nombreux à se plaindre contre le plan Paulson.Une rumeur dans les couloirs de Washington disait hier qu’une «compagnie d’assurances majeure» non identifiée était sur le point de faire faillite à son tour.L'histoire avait de quoi faire frémir les élus américains après le sauvetage in extremis de fa banque Bear Stem, fa nationalisation de Fannie Mae et Freddie Mac, fa faillite de Lehman Brothers, fa venfe à rabais de Merrill Lynch et fa prise de contrôle par l’Etat de l’assureur AIG.Le Devoir Avec TAFP et AP TERRE SUITE DE LA PAGE 1 avant-coureurs d’un tsunami n’est faite dans les guides touristiques.La population locale, quant à elle, oublie les catastrophes du passé et, plus grave encore, l’éducation fait défaut.Beaucoup de morts auraient pu être évitées grâce à une éducation élémentaire.» La science aussi aurait pu diminuer l’ampleur de la catastrophe.«Des géophysiciens qui avaient décrié la secousse sismique au fond de l’océan indien à l’origine de ce raz-de-marée meurtrier ont voulu prévenir les autorités des pays visés, mais les canaux de communication en cas de catastrophe sont déficients, voire inexistants», souligne le spécialiste.Aujourd’hui, les scientifiques disposent d’une grande panoplie d’outils pour déceler les déformations du relief d’une région qui peuvent présager d’une cassure subite de 1a croûte terrestre susceptible de provoquer une explosion volcanique, notamment «Les caractéristiques de la déformation peuvent nous indiquer si le magma se situe à 500 mètres ou 15 kilomètres de profondeur», donne en exemple le géophysicien, qui décrit l’importance de combiner les données recueillies par les sismographes (qui enregistrent les oscillations de 1a croûte terrestre), les distancemètres (qui servent à mesurer les distances entre deux points d’un volcan, distances qui peuvent varier selon la taille du gonflement dû à une poussée de magma), les tiltmètres (qui permettent de mesurer d’infimes changements dans la pente du cône volcanique) et les satellites, qui fournissent des images du volcan à différents moments.La superposition de ces images peut révéler de nouvelles déformations, explique M.Jaupart.Grâce à ces différents instruments, il nous est désormais possible de prévoir quelques jours à l’avance une éruption volcanique dangereuse.«Les tremblements de terre, par contre, sont beaucoup plus difficiles à détecter et à prévoir étant donné qu’ils découlent de mouvements très lents et très réguliers (associés à la dérive des continents) qui animent toute la planète, souligne le chercheur.Pour s’aider, les spécialistes identifient et datent les cicatrices laissées par les glissements de blocs rocheux au niveau des plans de faille.On fait ensuite des statistiques sur tous ces craquements, mais pour que ces statistiques permettent de faire des prédictions valables, elles doivent s’appuyer sur de nombreux événements, souligne le géophysicien avant d’ajouter que les images sateffitaires que Ton superpose peuvent aussi révéler de légers mouvements de fa croûte terrestre.«La plusse de préparation des séismes et des éruptions volcaniques est souvent très subtile.A l’aide de nos instruments, nous détectons des signes avant-coureurs que les humains ne perçoivent pas.Il faut donc convaincre les populations dé faire confiance aux scientifiques et leur foire prendre conscience des dangers qu’ils courent en restant surplace», explique le géophysicien tout en précisant qu’«il ne fout pas non plus alerter les populations trop tôt, car les gens se lassent vite d’être loin de leur domicile et, aussi, cela est très coûteux».On ne peut empêcher les humains de vivre dans ces zones à haut risque de tremblements de terre ou d’éruptions volcaniques, fait remarquer Claude Jau-part «Les humains recherchent la proximité des sources d’eau et les terres fertiles.Or, là où il y a de l’eau, il y a aussi des failles [dont les faces rocheuses peuvent glisser Tune contre l’autre et ainsi provoquer un séisme], La lave crachée par les volcans ramène en surface des roches riches en nutriments, ce qui rend les terres fertiles.Poreuses, les cendres volcaniques permettent à l’eau de circuler facilement et libèrent des éléments chimiques, autant de fadeurs propices à l’agriculture.C’est pour ces raisons que la civilisation étrusque s’est développée sur la côte toscane, qui avait été couverte de cendres volcaniques, et que l'archipel des Philippines, qui compte près de f20 volcans, est couvert d'une végétation luxuriante.» A peine quelques milliers de spécialistes partout dans le monde étudient ces multiples sursauts de notre planète qui peuvent survenir aux quatre coins du globe.«Il font ce qu’üs peuvent», lance Claude Jaupart qui déplore le fait qu’il n’y ait pas d’autorités publiques qui sentent l’importance de consacrer des ressources à la surveillance de ces phénomènes naturels potentiellement dévastateurs.Le Devoir LE DEVOIR" www.ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9 étage, Montréal (Québec).H3A3M9 E3 Flace-des-Arts Us sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 514-985-3333 Comment nous joindre ?La rédaction Au téléphone 514-985-3333 Par télécopieur 514-985-3360 Par courrier redaction@ledevoir.com La publicité Au téléphone 514-985-3399 Par télécopieur 514-985-3390 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Les avis publics et appels d’offres Au téléphone 514-985-3344 Par télécopieur 514-985-3340 Par courrier avisdev@ledevoir.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone 514-985-3322 Par télécopieur 514-985-3340 Les abonnements Au téléphone 514-985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur 514-985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal (sans frais) 1-800463-7559 L’agenda culturel /> Devoir III.rt l’occasion mettre la liste d'adresses d.ses abonnés à la disposition d'organisationa reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent Intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez |>as recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en 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