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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2004-08-20, Collections de BAnQ.

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CINÉMA Code 46: un ton, un climat, une humeur Page B 3 LE DEVOIR.LE VEND R E D l 2 0 AOÛT 2 0 0 4 SORTIES Suivez le guide.Le cimetière, un écosystème vivant ?Page B 8 MXK La surboum de l'été YM-YWHA Gene Chandler Une affiche d’authentiques vétérans des années doo-wop et rock’n’roll investit le Métropolis pour nous changer des imitations SCEPTER RECORDS TP N fmfÀ • •fwl DISQUES: COLLECTION SYLVAIN CORMIER The Shirelles, c’est notamment Baby It’s You, que reprit si intensément John Lennon avec les Beatles.Tous sont de véritables champions du palmarès de la première moitié des années 60 : l’angélique Bobby Vee et son timbre à la Buddy Holly ; sa majesté Gene « Duke Of Earl » Chandler ; Shirley Alston Reeves, la chanteuse soliste du girl group \ The Shirelles; Lou Christie, 1’homme aux aigus qui tuent ; The Contours, le groupe phare du Motown première époque.Et tous feront la fête ce dimanche au Métropolis dans le cadre d’un spectacle-bénéfice qui n’aura rien de chiqué.SYLVAIN CORMIER Shirley Alston Reeves, au bout du fil, se souvient du moment où Carole King et Gerry Goffin jouèrent en studio leur nouvel air au groupe de filles qui devait le chanter.Shirley était la soliste du groupe, qui portait en partie son nom : The Shirelles.Le drôle d’air un peu triste avait un titre en forme de question : Will You Love Me Tomorrow ?«Je n’étais pas du tout certaine que cette chanson nous convenait.Carole nous la chantait un peu country, c’était très éloigné de notre doo-wop et de notre rhythm'n’blues.• À mon bout du fil, j’essaie d’imaginer Will You Love Me Tomorrow?en country.Je ne peux pas.La version des Shirelles est définitive, indélébile.Gravée à même le code génétique.Pensez, l’une des plus mémorables mélodies d’une époque farcie de mémorables mélodies, le plus grand succès de toute l’ère tes girl groups.Le plus osé, aussi.La question était cruciale, en ce temps-là, pour une jeune fille de bonne famille : sera-t-elle encore digne d’amour demain si eDe dit oui ce soir?•J’étais si innocente, d peine sortie de la high school de Passaic, New Jersey, je l’interprétais comme une simple chanson d’amour, avoue la chanteuse en riant Ce sont les fans qui m’ont dit à quel point la chanson avait touché un point sensible.» Frisson.Quand l’histoire du rock devient à ce point palpable, quand je pénètre ainsi avec l’artiste dans le studio au moment où l’histoire s’écrit, je frissonne.The Shirelles, c’est aussi Dedicated To The One 1 Love, et Baby It’s You que reprit si intensément John Lennon avec les Beatles.Lennon, fan des Shirelles, comme moi, comme toute une génération.Frisson ! Et frissons encore lorsqu’à un autre bout de fil, l’affable Bobby Vee me parle de sa rencontre avec l’ultime roc-keur Eddie Cochran ou des disques qu’il enregistra avec les Crickets survivants et les formidables Ventures.« Ce ne sont pas mes disques les plus connus parce qu'on n'en tira pas de 45-tours à succès, mais c'étaient des rencontres extraordinaires.Les gars des Crickets, surtout, sont devenus des amis chers, et pas seulement à cause de ce coup du destin qui nous lia pour toujours.» Faut-il rappeler que l’accident d’avion qui faucha Buddy Holly et quelques .( autres légendes du rock en 1959 valut à Bobby Vee son premier engagement professionnel, en remplacement de dernière minute sur l’affiche ?Frissons, vous disje.Des frissons, il en courra comme ça le long de toutes les échines dimanche soir, dès 18 h 30, lors du spectacle-bé néfice qui amènera au Métropolis Shirley Alston et Bobby Vee, mais aussi Lou Christie, Gene Chandler et The Contours.La plus belle ribambelle de valeureux pionniers proposée chez nous depuis des lunes (depuis le Dave Edmunds Rock’n’Roll Revue, au Spectrum en 1989, parole de fan) : merci en cela aux gens du YM-YWHA (Young Men’s-Young Women’s Hebrew Association) qui organisent le spectacle en soutien au Ben Weider Community Center.L’entrée coûte cher, forcément (100 $ et plus), mais on promet un méchant party avec un festin et, surtout, les vrais de vrais.Ce qui nous changera avantageusement de tous ces spectacles de groupes des années 60 et 70 dont U ne reste plus qu’un ou deux musiciens d’origine : je pense aux Doors Of The 21“ Century, de passage il y a deux semaines, mais aussi à Creedence Clearwater Revisited, qui jouera sans John Fogerty à Granby en septembre, véritable hérésie.Lou Christie, lui, promet de chanter tous ses succès •dans les clés d’origine», ce qui n’est pas rien: il était l’un des as des refrains en falsetto (tout là-haut \ dans les aigus), à la manière de Del Shannon et Frankie Valli.•C’est ma récompense pour n’avoir jamais pris ma retraite: la voix a tenu bon!» La dignité aussi.THE LEGENDS OF DOO-WOP AND ROCK’N’ROLL Au Métropolis dimanche, dès 18h30 * (514) 908-9090, (514) 737-6551 (poste 595) La mer en chansons Marins dans l’âme et amateurs de musique des mers du monde ont rendez-vous à Saint-Jean-Port-Joli et à LTslet aujourd’hui alors que débute la Fête des chants marins, qui battra son plein jusqu’à dimanche.Discussions, ateliers, films et activités familiales ponctueront une programmation musicale unique axée sur le patrimoine maritime où l’eau tient les premiers rôles.Renseignements : www.chantsmarins.corn.Fort Lennox à l’américaine Demain et dimanche, le fort Lennox prendra des airs yankees, le temps de recréer un campement militaire de l’époque de la guerre civile américaine sur nie aux Noix.Pour l’occasion, les membres de la Montreal Civil War Reenactment Association entreront dans la peau des Canadiens qui ont pris les armes lors de ce conflit, entre 1861 et 1865.Renseignements : » (450) 291-5700.Au canal de Lachine Dernière chance ce week-end de participer au rallye-découverte du pôle des Rapides, là où les pistes cyclables s’étendent sur près de 100 kilomètres.Le récent virage électrique du canal de Lachine permet aussi de naviguer sous les ponts à bord d’une embarcation électrique ou tout simplement de sillonner les berges environnantes sur un vélo ou une trottinette électriques.Renseignements: * (514) 3644490.Modélisme ferroviaire Les passionnés de trains miniatures seront à Saint-Constant cette fin de semaine alors que le Musée ferroviaire canadien de Saint-Constant fête le modélisme ferroviaire.Demain et dimanche, de 9h à 17h, les miniatures côtoieront les géants — locomotives, voitures, wagons, hippomobiles et tramways — qui dorment dans le pavillon d’Exporail.Renseignements: * (450) 632-2410.Dans le temps.à Compton Les vieux métiers seront au goût du jour dimanche à Compton alors que des artisans démontreront leur savoir-faire aux visiteurs du lieu historique national canadien Louis-S.-St-Laurent.Dans le jardin de l’ancien premier ministre Louis Stephen St-Lau-rent, ils seront une quinzaine à transmettre les rudiments des vieux métiers.Renseignements: « (819) 835-5448.Louise-Maude Riaux Soucy LE DEVOIR.LE VENDREDI 20 AOÛT 2004 B 2 ?WEEK-END CULTURE- Rue Amherst Un nouveau centre d’art ROCK Elvis en DVD : deux fois la totale BERNARD LAMARCHE Un nouveau centre consacré aux arts visuels ouvrira ses portes sous peu à Montréal Dans le tumulte des centres et galeries qui ouvrent et ferment souvent sans avoir véritablement eu le temps de s’installer, le Centre d’art Amherst, sur la rue Amherst, comme son nom l’indique, fonctionne sur un mode qui n’est pas si fréquent à Montréal: il est issu d’un mécénat privé.Le nouveau centre, qui ouvrira le 9 septembre, entend favoriser l’accessibilité de l’art pour un public élargi.Géré par Sylviane Poirier, il accueille la galerie du même nom et propose des espaces en location aux' artistes.La mécène derrière ce projet, une femme d’affaires de Montréal qui préfère rester en retrait de l’attention médiatique, fournit les locaux au rezKle-chaussée de l’édifice sis au 1000 de la rue Amherst Le centre provient d’intérêts privés.Cette femme d’affaires rend disponible une partie de l’étage qu’elle possède afin d’y aménager quatre salles d'exposition de calibre professionnel Une fondation privée pourrait également naître de cette aventure avec ateliers d’artistes, résidences et autres locaux d’exposition.Si jamais d’autres galeries ou centres d’artistes voulaient s’y greffer, ils seraient les bienvenus.La conception des locaux a été l’affaire de la galeriste Sylviane Poirier.Elle a rencontré la mécène dans un des ateliers de coaching qu’elle donne aux artistes qui veulent préciser leurs ambitions et se donner des outils pour les réaliser.«J’ai rencontré cette personne qui avait la volonté et ce désir d'avoir un centre d’art.Elle est venue me voir en coaching.On a toutes les deux la passion de l’art et des affaires.Cest comme deux morceaux de puzzle qui se rencontrent.J’étais la personne qui avait les liens avec le milieu des arts visuels et l’expérience au niveau culturel; elle a la connaissance de la construction et de l’immobilier.» Le centre entend profiter de l’engouement actuel autour de la rue Amherst, qui a vu un nombre étonnant de condominiums pousser depuis quelque temps.La proximité de certains médias montréalais, notamment la télévision, pourrait aussi contribuer à la réussite du projet par une couverture plus soutenue.C’est du moins ce que la galeriste espère.L’axe Amherst se développe graduellement et sera bientôt ouvert vers la rue de la Commune, de façon à rejoindre le Vieux-Montréal.La galeriste possède certes déjà sa clientèle et espère que ce coin de la ville lui sera profitable.Des heures d’ouverture le dimanche ne nuiront certainement pas.Un petit comité de sélection sera constitué, même pour les espaces en location, ce qui confère un caractère professionnel au centre.Des étudiants universitaires pourraient être retenus afin qu’ils puissent présenter leurs expositions de fin d’études.Le centre n’a pas encore vitrine sur rue.Une signalisation sera ajoutée, dont une bannière pour marquer le coup.Ce nouveau projet cadre bien avec la vocation multiple de l’édifice, qui abrite aussi quelques espaces résidentiels, des entreprises en économie sociale, des producteurs de télé et de cinéma.«Ça peut faire une synergie intéressante.Les gens semblent heureux de nous accueillir.» La galeriste n’a pas eu peur de quitter son espace au Belgo, rue Sainte-Catherine Ouest, dont l’effet «centre commercial» a déjà été critiqué.Deux expositions inaugurales ouvriront le 9 septembre.La galerie Sylviane Poirier présentera Renée Lavaillante alors que les trois autres locaux d’exposition accueilleront les œuvres d’une vingtaine d’artistes.Le Devoir E N Décès d’Elmer Bernstein Los Angeles—Le compositeur américain Elmer Bernstein, qui a notamment écrit la bande originale des Mercenaires et de La Grande Évasion, est décédé mercredi près de Los Angeles à l’âge de 82 ans des suites d’une longue maladie, rapportaient hier des médias américains.En 50 années d’une carrière très riche, Bernstein a composé les musiques de 200 films et séries télévisées, collaborant notamment avec des réalisateurs de renom comme Cecil B.DeMille, Martin Scorsese ou Frands Ford Coppola II a remporté en 1968 un Oscar pour la musique de Millie (Thoroughly Modem Millie) et a été mis Î3 fois en nomination pour obtenir la prestigieuse distinction, notamment en 2008 pour la bande originale de Loin du paradis, avec lufianne Moore.D est le compositeur de la BREF musique des Dix Commandements (1956), des Sept Mercenaires (I960), de La Grande Évasion (1963), de My 141 Foot (1989), des Nerf à 1^(1991) ou encore de Wüd Wüd West (1999).- Reuters ARCHIVES LE DEVOIR Elmer Bernstein ¦ FÊTE FRAÏÏRNELLE GILBERT UNGiVIN dans la forêt de Sainte-Sophie (près Saint-Jérôme) Samedi, 28 août à partir de 14 h Pour tm ceux et celles qui aiment ère ou écouter la poésie d'hier et d'aujourd'hui Tout est gratuit.Rus.: Studio-Théâtre da Silva (450) 432-6910 UUII SB SYLVAIN CORMIER Ça pèse, ces coffrets.Surtout lorsqu’ils débarquent deux d’un coup.Le plus mastoc, Elvis: ’68 Comeback Special Deluxe Edition DVD, contient trois disques, plus le livret Elvis, Aloha From Hawaii Deluxe Edition DVD, est à peine moins dense, à deux disques et un livret Dense?C’est qu’on peut en encoder, du matériel sur un DVD.Si on combine, ça fait quelque 12 heures d’images dTîlvis en mouvement et autant de musique mouvementée d’Elvis.Heures inédites, pour moitié.Ce qui n’est quand même pas rien.On aura beau dire que c’est encore du produit Elvis pour exploiter le fan au moment où il est annuellement le plus triste et le plus vulnérable, c’est-à-dire autour de l’anniversaire du décès (le 16 août 1977, l’ignoriez-vous?), mais là, on a fait fort Les mandatés du patrimoine Presley, chez RCA/BMG, ont compris ce que le fan voulait À savoir tout Tout?Tout Car tout importe quand il s’agit d’Elvis.Et pas Elvis à son pire: le Comeback Special, retour à l’active du chanteur après huit années gâchées à faire le semblant d’acteur, est considéré par les exégètes du canon elvissien comme un sommet Élvis, Aloha From Hawaii, premier concert diffusé en direct par satellite à travers le monde, est le dernier hourra d’un roi encore en possession de ses moyens.Moments cruciaux, donc.Autant les faire durer.Belle prévoyance, on avait conservé les rushes des deux émissions.Bonnes prises, mauvaises prises, bla-bla entre les prises, etc.Tout ça a été fransféré sur DVD et organisé en menus cohérents.Pour le Comeback, cela donne: les intégrales des sessions dites informelles avec les musiciens de la première époque, les différentes prises des numéros de production, les mille millions de prises de la pub de l’émission (Elvis qui répète le «uh uh uh» à!All Shook Up.), etc.Pour Hawaii, cela comprend l’arrivée en hélicoptère, la répétition devant public, le spectacle lui-même, les compléments, raccords et tutti quanti.Exhaustivité tendant à la religiosité, direz-vous?Que nenni.Je défie certes quiconque de se farcir les 12 heures sans pause pipi, mais il est véritablement fascinant de découvrir un El vis jusque-là inconnu hors de son cercle de parasites: le gaillard au naturel On a Elvis lâchant des jurons quand il se goure, se fâchant tout noir quand quelqu’un d’autre se goure (gareO, faisant le pitre pour faire rigoler les copains, prenant un temps fou à serrer des mains et embrasser femmes et marmots.On a lElvis généreux, lElvis déplaisant lElvis impatient l’Elvis pas sûr de lui, révélés de par l’exhaustivité même du matériel Pour le talent, la voix, on savait.Mais le constat est plus ahurissant que jamais: Elvis ne savait pas mal chanter.Enfre les fous rires, les interprétations sont toujours magistrales.Avec ses compagnons de la première heure, surtout le rockeur resplendit littéralement déchaîné dans chaque reprise des One Night, Lawdy Miss Clawdy et autres Tiger Man.Pour peu que l’on soit attentif à autre chose que les collets ridiculement larges, les jumpsuits à verroterie et les rouflaquettes grosses comme des peluches, ces coffrets sont à chérir pour connaître l’homme et mesurer son amour pour la musique, je n’ai jamais rien vu de mieux.1934 : Tinter nationale des écrivains en marche C’était il y a 70 ans, à la tribune du premier congrès des écrivains, Gorki et Jdanov défendent le «réalisme socialiste» en littérature.Face à eux, une salle souvent tumultueuse et des délégués qui défendent leur liberté de parole: Klaus Mann, Aragon, Pasternak, Nizan ou Malraux.JEAN-PIERRE THIBAUDAT Août 1934.À Moscou, la vaste salle des syndicats est comble.Sur fond rouge, de grands portraits de Lénine et Staline et, entre les deux, celui de Gorid.D’autres portraits encore: Balzac, Shakespeare, Dante, Goethe.Dans la salle, Malraux croise Annemarie Schwarzen-bach venue avec Klaus Mann, l’Al lemand Ernst Toller salue le Tchèque Nezval, Anna Seghers et un écrivain japonais écoutent une délégation d’ouvriers, Rafael Alberti est là, le Danois Martin Ander-sen-Nexo aussi, et puis voici Isaac Babel Boris Pasternak, Dya Ehren-bourg, le plus parisien des écrivains soviétiques.Il y a 70 ans, du 17 août au 1" septembre 1934, se déroule à Moscou le premier congrès de l’Union des écrivains soviétiques.591 délégués (souvent jeunes), dont 40 écrivains étrangers.Côté français: Mal raux (et Clara), Aragon (flanqué d’Eisa), jean-Richard Bloch et Riul Nizan qui, avec sa femme Henriette, séjourne en Russie depuis janvier.L’auteur d’Aden Arabie a écrit à Gide pour l’inciter à venir, l’auteur de Paludes envoie un message qui sera lu.Deux ans plus tard, en 1936, Gide fera son voyage officiel.Il ne croisera pas Céline (son Voyage au bout de La nuit a été traduit en russe mais ratiboisé), qui séjourne à Leningrad.«Gorid demande que l’on cesse de fumer!» Ces voyages d’intellectuels en URSS n’étaient pas exceptionnels.En 1933, pour les Olympiades internationales de théâtre, le groupe Octobre (Jacques Prévert, Raymond Bussières, Yves Allégret, Marcel Duhamel) et les Blouses bleues de Bobigny ont participé aux agapes.L’année suivante, on voit débarquer une délégation de profs et d’élèves venus de France, dont les jeunes René Étiemble et Jean-Pierre Vernant.Mais le congrès des écrivains fut d’une tout autre ampleur.Par son casting, sa durée, l’enjeu de ses débats.«Une date marquante dans l’histoire intellectuelle», jugera Bloch.Staline est déjà un monstre mais fait encore illusion.Il ne fait pas brûler les livres comme Hitler.L’URSS est, pour nombre d’Occi-dentaux, pas forcément communistes, l’objet d’une curiosité, voire d’une fascination.En 1932, le maître du Kremlin a procédé à une «restructuration» des milieux artistiques et fait nommer Gorid (de retour d’Italie) à la tête de la nouvelle Union des écrivains, chargé de mettre en pratique la doctrine du «réalisme socialiste».C’est de cela qu’il est question, surtout avec les interventions de Jdanov, secrétaire du Comité central du Parti communiste, et de Gorid.Le premier est quasi inconnu des invités étrangers, Gorid est une gloire nationale et internationale.Il ouvre les débats.Les flashs crépitent «Éteignez ces chandelles!», proteste-t-il D tousse.«Le camarade Gorki demande que l’on cesse de fumer!» «Impossible d’oublier son visage: ses moustaches énormes lui donnaient un petit air à la Clemen-•ceau», écrira Henriette Nizan.Reçu dans sa somptueuse datcha, Jean-Richard Bloch est impressionné: «/avais par moments l’impression de souper en face du roi Lear», et Klaus Mann voit en lui «un vieillard couvert d’honneurs, fatigué, déjà proche de la mort, figé dans sa gloire».De la tribune, Jdanov s’adresse aux écrivains: «Le camarade Staline vous a appelés les “ingénieurs de l’âme’’, quelles responsabilités cela fait-il peser sur vos épaules?» Il explique que le réalisme socialiste, «c’est la reproduction véridique de la réalité dans le cadre du développement révolutionnaire de l’Union soviétique».Dans im discours-fleuve, Gorki, «d’une petite voix de fausset INTERNATIONAL PORTRAIT GALLERY Louis Aragon qui sifflait péniblement» (Klaus Mann), s’en prend au «romantisme bourgeois de l’individualisme» qui, «détourné de la réalité», «ne se construit pas en prenant pour base la représentation convaincante mais uniquement la “magie du mot", comme chez Proust et ses continuateurs».Il dénonce une littérature occidentale qui a troqué la réalité contre «le nihilisme du désespoir».Gorki cite Bardamu dans le Voyage au bout de la nuit de Céline, «indiffèrent à tous les crimes et ne possédant aucune donnée pour adhérer au prolétariat révolutionnaire», donc «mûr pour accepter le fascisme».Premier Français à intervenir, le 21 août Bloch répond finement expliquant que la vie étant «à La fiais déséquilibre permanent et recherche d’équilibre», les artistes sont «les guetteurs chargés de détecter ces lieux d’élection du déséquilibre» et non des «inspecteurs des travaux achevés».Il prône «l’essai de formes nouvelles» et conclut sur une mise en garde: «Quand une société est en train de réaliser la volonté socialiste d’être une société sans classes, il lui incombe de veiller à ce qu’il ne s’introduise pas dans l’art que des notions de masse.» Malraux intervient deux jours plus tard, avec brio.Ses mots portent «Si les écrivains sont les ingénieurs des âmes, n’oubliez pas que la plus haute fonction d’un ingénieur, c’est d’inventer»-, «l’art n’est pas une soumission, c’est une conquête».Des échanges vifs ont lieu avec le journaliste soviétique Karl Radek, auteur d’un rapport sur la littérature où il qualifie Joyce de «tas de fumier où s’agitent des vers», Proust de «galeux incapable d’agir».Quand Radek demande à Malraux de choisir son camp, il lui répond sèchement «Le fait que je sois venu montre assez que je suis avec vous.» Le sténo!-: gramme de la séance précise: «Longs et tumultueux applaudissements.La salle se lève pour saluer Malraux Malraux se lève et salue.» Cette liberté de ton, on la retrouve aussi chez plusieurs écrivains soviétiques.Pasternak: «Ne sacrifiez pas votre personnalité à votre Situation.Trop grand est le risque dè‘ devenir un bureaucrate de la littéfa- ’ ture.» Dans la salle, ouvriers, pay- ’ sans, soldats et marins posent des -.questions dont se souviendra KlaüS ’ Mann avec attendrissement «Pour- i quoi n’y a-t-il pas de roman sur l’in- ’¦ dustrie métallurgique?», ou cette re- • ceveuse de tramway qui voulait «trouver plus de choses à lire sur V,amour “tel qu’il est vraiment"».Etrange congrès: comme une dernière récréation (sous haute surveillance: le KGB est partout) avant la terreur et l’enfermement Ossip Mandelstam ne participe pas au congrès: il a été arrêté en mai à cause du poème qu’il a écrit sur Staline (L’Assassin et le Mangeur d’hommes).Pasternak, bouleversé par cette arrestation, proteste auprès de Boukharine (lequel sera fusillé en 1938), Staline téléphone: le cas Mandelstam sera révisé.De fait, l’écrivain est relégué à Voronej, mais son sort est scellé fil mourra dans un camp de transit du Goulag quatre ans plus tard).Boulgakov, lui, las de ne plus être publié, demande à Staline qu’on le laisse partir à l’étranger.Staline ne répond pas.On ne le verra pas non plus au congrès.Sur les 600 délégués, moins de 60 vivent encore en 1954, pour participer au deuxième congrès des écrivains soviétiques.Libération ?À LA TÉLÉVISION- CANAUX 4 HIvOO Té 1 Ajournai (17:30) Catherine Athènes 2004 Le Télé|ournal/Le Bunker, le cirque Point Cinéma / COUPS.La TVA 18 heures Sucré-salé / 1.Boulay Ma sorcière.Arpents verts "Cinéma / PILES NON COMPRISES (4) avec Hume Cronyn.Jessica Handy Le TVA Sucré-salé Hollywood, le prix / Loteries de la gloire (23:03) Cinéma (00:03) Xcatlbur Ace London Les Grands Documentaires A la dl Stasio / Cuisine dépannage Cinéma / HAROLD ET MAUDE 1 (3) avec Ruth Gordon, Bud Cort I [Cinéma / DES NOUVELLES DU BON DIEU [(4) avec M.Trtntignant.C.Charmetant
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