Le devoir, 4 octobre 2008, Cahier E
LE DEVOIR.1, K S SAMEDI 4 ET D I M A N C H E 5 OCTOBRE 2008 DE VISU Kelly Mark tourmentée par le temps qui s’écoule, chez Vox Page E 6 CINÉMA ï Le dernier Klapisch s’égare dans son propre dédale Page E 9 mm-os.veukoR uozovic L’ovni Olivier Asselin Un capitalisme sentimental, film-fable, ouvre le 37e Festival du nouveau cinéma, avant de prendre l’affiche en salle à la fin du mois «Je m’intéresse aux moments de l’histoire qui ont un rapport avec aujourd’hui.L’année 1929 fut emblématique de notre condition actuelle.» JACQUES GRENIER I.F DEVOIR ODILE TREMBLAY Olivier Asselin est un rare ovni dans notre univers ciné-matographique.Cinéaste cérébral et intellectuel qui privilégie l’expérimentation, il s’avoue également fort sentimental, voire inconsolable d’avoir égaré sa foi dans l’humanité.«J’ai l’impression d’être né au mauvais moment.Mais toute époque aurait été un mauvais moment.», confesse-t-il.Il a l’habitude de la méthode débrouillardise.En 1990, son remarquable premier long métrage, La Liberté d’une statue, œuvre collée aux balbutiements du cinéma muet, avait ébloui les cinéphiles par sa poésie et son audace et récolté le prix Ouimet-Molson du meilleur hlm québécois.Sa Liberté.avait été tournée pour la somme miri-hque de 1000 $ et des poussières.Après ça, rien ne vous effraie.Passé présent Même si Un capitalisme sentimental a roulé avec un budget de seulement un million pour un hlm avec effets spéciaux qui en aurait réclamé vingt fois plus, il n’a pas craint de plonger tête baissée, avec une caméra HD.Recréant le Paris et le New York des années 20, multipliant les décors: une chambre de bonne, une mine, une usine, la Bourse de New York déguisée en celle de Paris, avec le trou du Panthéon romain au milieu du plafond, etc., hdèle et infidèle aux réalités historiques, utilisant les stéréotypes pour les déjouer.Très documenté, puis se libérant des contraintes de l’époque.On devait également à ce cinéaste Le Siège de l’âme, opposant science et spiritisme dans une ville imaginaire du XIXe siècle.Olivier Asselin avait tâté des effets visuels pour son adaptation télé de Maîtres anciens de Thomas Bernard, d’après la mise en scène de Denis Marleau.Ça lui avait donné la piqûre.«J'aime bien privilégier une esthétique artificielle, qui permet d’aborder des choses qu’un registre pleinement réaliste a du mal à décrire.» Asselin, Hls de diplomate élevé un peu partout sur la planète, également professeur d’histoire de l’art et d’études cinématographiques à l’Université de Montréal, aime camper ses films dans un passé mi-imaginaire, mi-réel.«Pour dire le présent, le passé constitue un détour utile, eshme-t-il.Difficile aussi de parler du présent au présent, mais je m'intéresse aux moments de l’histoire qui ont un rapport avec aujourd’hui.L’année 1929 fut emblématique de notre condition actuelle.» Décrire Un capitalisme sentimental constitue une entreprise hasardeuse.Disons qu’il s’agit d’une fable ironique campée dans les années folles.L’histoire de Fernande Bouvier, une femme sans «J’aime bien privilégier une esthétique artificielle, qui permet d’aborder des choses qu’un registre pleinement réaliste a du mal à décrire» qualité (Lucille Fluet) ballottée à Paris entre l’art, la bohème, l’amour d’un peintre opportuniste (Paul Ahmarani) et la misère, qui tâche de vendre ses œuvres ou son corps.Jusqu’à ce que des hommes d’affaires parieurs misent sur sa non-valeur pour la coter en Bourse à New York.L’art moderne fluctue en même temps que l’héroïne, tandis que le prix de tout et de rien ne dépend plus que des aléas d’un marché aléatoire.Ajoutez au tableau des clins d’œil au cinéma expressionniste et à toutes les avant-gardes artistiques, une distanciation brech-tienne dans le jeu des acteurs.Et un univers visuel en partie créé sur ordinateur par les artistes de Fly Studio, avec le New York et le Paris du temps réinventés dans la fantaisie la plus débridée.«Mais je n’ai pas mis de côté la dimension humaine», prévient-il.Divers personnages croiseront la route de Fernande Bouvier, dont le spéculateur américain Victor Feldman (Alex Bisping), Pygmalion tombant amoureux de sa créature, ainsi que la courtisane russe sans illusions (Sylvie Moreau).Au-delà du réel Olivier Asselin ne cherchait pas à condamner ou à glorifier le capitalisme dans son hlm, plutôt à exposer ses étranges mécanismes.«Tout se vend et tout s’achète, les gens comme les choses, la profondeur comme l’insignifiance, placées au même niveau.» Dans cette époque charnière précédant le krach bousier a éclos aussi un art moderne qui a imposé des critères esthétiques inédits.Asselin a réalisé sa thèse de doctorat sur Marcel Duchamp, dont l’œuvre hante son hlm.On verra même ses célèbres urinoirs.«Car dans un monde où tout se vaut, pourquoi pas un urinoir?», se demandait Duchamp.«Mon film lui rend hommage.Duchamp, à mes yeux le plus grand artiste du XX' siècle, libre, sage, intelligent, critique du capitalisme et des mythologies artistiques, posait sur tout un regard d'ironie discrète.» Asselin voit l'avènement du numérique comme une porte sur des mondes oniriques, présents depuis George Méliès à Taube du cinéma, mais ouvrant aujourd’hui sur de nouvelles voies imaginaires, qui invitent le sepüème art à exploser hors du cadre réaliste, même si bien des effets spéciaux cherchent encore à reproduire le réel.«J’avais le choix entre opter pour une esthétique de carton-pâte qui coûte cher ou me tourner vers le numérique, confesse-t-il./ai privilégié une solution mitoyenne.» Plusieurs décors furent recréés dans une usine et à l’ancienne maison O’Keefe, rue Notre-Dame, en changeant les bâches.Onze jours de tournage sur vingt ont eu lieu dans un peüt studio à fond bleu, où évoluaient les acteurs avant l’ajout des décors numériques.Le cinéaste n’a pas voulu escamoter les procédés artisanaux.«Prenez l’accent anglais ou parisien des personnages.On n’avait pas d’argent pour embaucher un “coach” d’accents.Dans un film bricolé, pourquoi ôter les traces de bricolage?Pourquoi effacer les collures?» Olivier Asselin vient de terminer également un long métrage vidéo, The last Days in Paris, journal filmé d’un écrivain américain, pour la première fois campé dans un univers contemporain, à Paris, à New York, et aussi dans un monde englouti, quand même: Pompéi.Le Devoir (Nos lecteurs trouveront en page E 8 une sélection des meilleurs hlms présentés au festival.) Bataille d’ombres Le chorégraphe belge Sidi Larbi Cherkaoui tente de tout réconcilier dans Myth Son premier passage à Montréal, il y a cinq ans, avait fait «foi» de son talent, déjà souligné par le prix Nijinski à Monte-Carlo.Depuis, il a quitté les Ballets C.de la B.et s’est installé à résidence à la prestigieuse Toneelhuis d’Anvers, sa ville natale.D y a créé un nouveau spectacle pour 14 interprètes et sept musiciens, qui a ensuite été présenté en tournée dans toute l’Europe pendant plus d’un an.(Autant dans Foi on était dans m questionnement sur la religion, au niveau du rapport à Dieu, autant dans Myth ce sont les mythologies et les notions d’avant le christianisme», explique l’artiste né d’un père marocain et d’une mère flamande.Si Foi c'était l’apocalypse, avec tous les protagonistes qui meurent et qui sont entourés d’anges, avec Myth on est dans un purgatoire.«Les personnages ont tous un trauma, m problème personnel, et ils attendent que la porte s’ouvre.Autour d'eux, ce ne sont pas des anges gardiens, mais des ombres très concrètes qu’ils doivent combattre.Us doivent combattre leurs propres^ ombres.» En ce sens, Sidi Larbi Cherkaoui considère Myth comme son spectacle le plus médiéval, lui qui s’intéresse particulièrement à la musique du Moyen Age et aux polyphonies.D reprend d’ailleurs des chants italiens, espagnols et arabo-andalous de cette époque, inter- prétés sur scène avec l’Ensemble Micrologus.L’art du mélange Alors que Foi (2003) présentait une vision du monde profondément occidentale et que Tempus fugit (2004) faisait appel à son côté arabe, Myth se situe un peu entre les deux «Vous verrez facilement quelle partie du spectacle est très occidentale et quelle partie est très orientale.En même temps, organiquement, ça va de l’un à l’autre et, du coup, le code du spectacle est vraiment assez particulier.On ne choisit pas que l’un est mieux que l’autre, on va constamment de l'un à l’autre.» VOIR PAGE E 2: BATAILLE > ./ Dimanche, I6h30 Studio 12 Ariane Moffatt avec Marie-Jo Thério, Jérôme Minière.Beast et Cœur de pirate # musique 1007 LE DEVOIR, LES SAMEDI 4 ET DIMANCHE 5 OCTOBRE 2 0 0 8 Secouer la cage Odile Tremblay La Toile peut devenir une teUe arme politique! Avec de simples clips, susceptibles de rejoindre une immense audience, sans argent, sans infrastructures énormes, on peut, sinon faire dérailler une campagne électorale, du moins offrir à la population des points de vue éclairés sur les enjeux en cours.Dans le Web, comme en tout, le pire côtoie le meilleur.De quoi saluer les projets intelligents qui s’y frottent! Rares sont-ils à ouvrir une brèche dans le grand tissu de la niaiserie universelle.Et si l’abrutissement planifié, qui confine toute une population votante à l’obscurantisme, était l’ennemi à pourfendre, davantage que Haiper lui-même.Tout un combat à mener, mais haut les cœurs! Alors, oui, on a aimé plonger dans ces capsules du site unissonsnosvoix.ca.Depuis lundi, une soixantaine de personnalités, issues ou non du monde des arts, montent aux barricades pour attaquer les politiques de Stephen Harper, élevant le débat plus haut que le clip de Michel Rivard.Soudain, loin de la simple bataille pour le pain et le beurre, hors des clivages anglos-francos, des gens prennent la parole pour conspuer les errances des conservateurs dans un tas de domaines et tirent sur son programme à bout portant.Armement, en- vironnement, condition féminine, pétrole, tout y passe! Affichant aussi la force de l’art, sa subversion, sa mission libératrice.La présence de Ghislain Picard, qui s’exprime au nom des Premières Nations et dénonce des promesses non tenues, contribue à étendre l’éventail des contestations.Dans le lot, on salue cette sortie du comédien Paul Ahmarani attaquant le concept absurde du «vrai monde», dont seraient exclus, au dire de Harper, les artistes.Ce «vrai monde» dont le premier ministre canadien balaie pourtant les intérêts au profit de ceux des multinationales.«Pourquoi les projets mis de l’avant par les conservateurs coupent-ils justement dans ce qui fait le plus de bien au monde: les programmes de développement, les entreprises sociales?», demande avec pertinence Ahmarani.Alors bravo à la cinéaste Anai's Barbeau-Lavalette, au comédien-cinéaste Émile Proulx-Cloutier, à la réalisatrice Mélanie Charbonneau.Ds bossaient depuis si longtemps afin de mettre ce projet en ligne, où chacun est invité à prendre à son tour la parole, dans un effet pyramidal.Comptez toujours sur Anai's Barbeau-Lavalette, cinéaste du Ring et artiste engagée, pour hausser une cause plus haut que son gousset L’abrutissement est combattu ici et là.Suffit de s’y rendre.L’autre soir, me laissant entraîner par le thème contre-endormitoire de la pièce Vu d’ici, mise en scène par Christian Lapointe, un gars de Québec, sur un texte de Mathieu Arsenault, j’ai bondi au petit Théâtre La Chapelle, rue Saint-Dominique, en pleine pénombre.En scène: un cri, des phrases qui brûlent et crachent sans interruption, vraie charge contre la télévision, livrée en monologue par le vaillant comédien Jo- ESPACE GO 2008/2009 L'ART DE LA DIFFERENCE Andrée Lachapelle, lumineuse et gloriwse dans te râle de Winnie D’une audace complètement folle.Catherine Perrin, Cest bien meilleur te matin, Radio-Canada .«U i-, kr,i. W -A- A.« w A .ssSs—“ rm.-rm , (4x4x T*> ,4x>x4.x+M+M -X+X4 (4M4) KM FM- » *M -M4 +» M+ M-4 (4^rxv X«4 fM MOX 4* FM4m> 4m m4 4M4X'' x^ *4 *+ +* fx- x4x4>' 4* -X4 m-4 UN SUPPORT ESSENTIEL M* w PAR 15 ARTISTES WWW.FHI.IXI.KCt.ERC J hM HS OC VII Ns.COM üiili;- •«*« «‘“•‘o- V-.» m LE DEVOIR, LES SAMEDI 4 ET DI M A N G 11 E 5 O C T O B R E 2 O (I « E 5 CULTURE Mes Aïeux Bonjour/ D ABORD PbuRQuoi ee Titre 'i Qu'est - ee oue c'est aue ee-rte «Lteoie»?et eNSuire Pourquoi «oRANee»?DITES- moi , TOUT?L’entrevue de Sylvain Cormier avec la bande de Mes Aïeux croquée par Michel Rabagliati < MICHEL RABAGLIATI DISQUES Transports en commun Mes Aïeux lancent La Ligne orange Non, Mes Aïeux ne seront jamais le groupe d’une chanson, pas plus réductibles à la phénoménale Dégénérations qu’à la «p’tite granule» de Remède miracle.Ce n’est pas non plus un groupe de région parce qu’ils viennent de partout au Québec, et leur nouvel album intitulé La Ligne orange n’en fera pas un groupe de ville parce qu’ils y chantent le Stade et le Forum.Une seule chose est désormais indéniable: ils raffolent de Paul.SYLVAIN CORMIER Stéphane Archambault lâche un grand cri, m’arrache la copie imprimée des mains.«C’est le dessin?» Ouiiii, je lui dis, rimant avec raviiii.Yessirree les amis, c’est bel et bien le dessin d’eux et de moi que Michel Rabagliati a accepté de faire pour illustrer la présente entrevue, après avoir tout illustré la pochette et le livret de leur nouvel album, La Ligne orange.Et encore, c’est seulement le crayonné, reçu il n’y a pas une heure, juste à temps pour le rendez-vous à leur local de répétition de la coop de musiciens Saint-Phonic, rue Amherst.On se passe religieusement le crayonné.On s’extasie.On se roulerait par terre s’il n’y avait pas tous ces instruments.On n’en finit plus de s’exclamer, fans de bédé et de Rabagliati que nous sommes.Ce trait! Cette patte! On se trouve bigrement ressemblants.Benoît Archambault, le claviériste-trom-pettiste du groupe, est le plus craquant avec sa barbichette.Je suis pas mal non plus.Je leur dis que 1 deman une casquette sur le dessin final.«Toi aussi, t’es immortel maintenant», proclame le bassiste Éric Desranleau.Je souris.Béatitude de l’exaucé.C’est pas tous les jours que le plus grand bédéiste du Qué- C’est le même art de raconter, mais au service de nouveaux personnages, véritables héros de contes modernes : le Great Antonio, Howie Morentz «le fantôme du Forum», et d’autres bec, l’auteur des attachantes aventures de Paul — Paul à la pêche, Paul en appartement, Paul a un travail d’été, etc.—, vous croque la binette.«On n’en revient pas nous non plus», finit par dire je ne sais plus lequel de Mes Aïeux.Je sors mon exemplaire de l’album, on feuillette le livret, on regarde les dessins.Stéphane se remet à hurler, mais pas de re avec son exemplaire.En effet.Les deuxième et troisième de couverture du livret manquent.Panique dans le local! Branle-bas de combat, cellulaires en action.Pourvu que le premier tirage ne soit pas entièrement défectueux! On se dit que c’était sans doute un test d’impression pour la promo: les journalistes essuient souvent les plâtres.Fébrilité dans l’air.Le bébé est frais sorti, les parents vérifient s’il a tous ses doigts et orteils.«On le trouve tellement beau, ce disque-là, on veut qu’il soit parfait», dit Marie-Hélène Fortin, la violoniste, très maman parmi les papas- poules.Benoît parle du plaisir de l’objet disque, si vif au temps des vi-nyles, si amoindri depuis: «On est à l’ère de la tome qui s’achète à l’unité, mais c’est pas une raison pour se priver d’une belle pochette.» Frédéric Giroux, le guitariste attitré, ajoute qu’il aime l’odeur du carton du digipak: «Ça sent l’amour du beau travail!» compa ajouter Orange, entre autres couleurs On est bien d’accord.Beau travail que cet album, dans la tonne et dans le fond.La Ligne orange, comme la flèche de plan de métro l’indique sur la première page du livret, est un album qui va de l’avant.Résolument.La rame fonce vers son destin, et à chaque chanson comme à chaque station, le décor change, l’architecture aussi.La musique se colore assez spectaculairement en cours de voyage, s’enrichit à tous les détours de tons nouveaux, multiplie jouissivement les références et les clins d’œil (aux Beatles, à Jim Corcoran, à Richard Desjardins, jusqu’aux guitares des Habits jaunes.), passe du ludique au tragique sans rupture de ton, du trad au prog et du funk au disco sans que ça semble gratuit RABAGLIATI L’audace toujours, mais jamais en vain.Imaginez un métro qui sauterait sur des rails de train et partirait à l’aventure, sans jamais se perdre.C’est toujours les gars et la fille de Mes Aïeux qui conduisent, on est toujours dans le fier véhicule à huit places que l’on connaît, la fibre trad est encore et toujours le matériau de base, mais chaque chanson est une destination à découvrir.C’est le même art de raconter, mais au service de nouveaux personnages, véritables héros de contes modernes: le Great Antonio, Howie Morentz «le fantôme du Forum», le Stade olympique promu vaisseau spatial.C’est la même conscience sociale, la même quête identitaire, mais sans jamais donner l’impression de fa per sur un vieux clou.Ecoutez là-dessus La Dévire et Prière cathodique: ça c’est du renouvellement dans la continuité.«Ce qu’on a surtout fait, résume Stéphane (chanteur et principal parolier du groupe, faut-il le rappeler), c’est laisser Dégénérations derrière.Au départ, je pense que j’avais fini par croire que le succès de Dégénérations m’investissait d’un mandat, j’avais des choses à dire, je les disais, et je trouve que je les disais lourdement.Mais on a suf-jisamment pris de temps [en arrêtant les tournées après la sortie du CD/DVD Tire-toi me bûche] pour que la poussière retombe, le temps que je m’allège et que je trouve d’autres manières de dire les choses, et qu’on se donne en groupe le loisir dé faire du ludique et du niaiseux si ça nous tentait.Retrouver notre naturel.On s’est rendu compte qu’on était libres d’être complètement nous-mêmes.C’était notre métro à nous, finalement.» Pratique, l’imagerie STM.Ça roule tout seul.Suffit d'avoir sa carte à puce, d'attendre la rame et d’embarquer.«C’est bien, ç’a inspiré Michel [Rabagliati] pour ses illustrations; c’est vrai qu’on parle de lieux montréalais, de personnages montréalais, mais ça ne veut pas dire que c’est un album-concept, nuance Marie-Hélène.C’est pas comme si on voulait signifier qu’on arrive en ville.» Fred renchérit: «C’est pas "cassons l’image, faisons urbain".Ce sont les chansons qui, une fois réunies, ont imposé une sorte de ligne directrice par laquelle passe La Ligne orange.» Ainsi le thème a-t-il pour origine Série Emeraude Théâtre Maisonneuve de la place des arts Lundi, 6 octobre, 19 h 30 THE CHAMBER SOCIETY OF LINCOLN CENTER André-Michel Schub, piano Erin Keefe, violon Paul Neubauer, alto David Finckel, violoncelle Kurt Murokl, contrebasse PROGRAMME Trio pour violon, alto et violoncelle en sol majeur, op.9, n° 1 de Beethoven, Intermezzi pour piano de Brahms, Quintette pour piano et cordes en la majeur « La Truite » de Schubert Québec ïîîî laScon» Muikolr B mMt D MT twntWQMM « "Cm’HOu.« Jurtner r> H VA! I NÉ© mALHih .?LES ANGLES M9RTS Mélanie Demers_Mayday / Montréal ?MEETING YO'J Yunjung Kim rséoul ?MUTEKI Ayako Hamaguchi / Tokyo 9, lO et il octobre 2008 à l9h30 12 octobre 2008 à l6h Inrtlntf'orlacartc mm BMIct» 40 $, 35 î JD S féiudiwvfa) (t*xv* tst rctHivwKi: mis) ,aPiaCeae5ari5 COm in vente «i la Place Art» M2 1113 Wjr 514 842 2112/1 066 842 2112 Ramelgnementi : Pro Mutlca, S14 844 0532 a Danse contemporaine www.tangente.qc.ca 840, rue Cherrier, Montréal B Sherbrooke Billetterie: 514.525.1500 ou Réseau Admission 514.790.1246 une chanson qui est au cœur de l’album, troublant et magnifique portrait du fameux Great Antonio.«Sous terre, sur la ligne orange / Y a un géant qui dérange», écrivent Stéphane Archambault et Sylvain Laquerre, biographe du slave Coup de grâce, Laquerre a fourni à Mes Aïeux l’enregistrement amateur de Pourquoi as-tu brisé mon cœur?, telle qu’interprétée par Antonio Barichievich lui-même.On l’entend à la fin de l’album.Essayez de rester de marbre, pour voir.«En plus, il chante juste», aux tresses qui tiraient des autobus.Stéphane commente: «On cherchait des légendes contemporaines.Qui, parmi les gens qu’on a côtoyés, est le plus susceptible de devenir une légende?Le Great Antonio a frappé l’imaginaire.En plus, par Sylvain, on a su son histoire personnelle, qui est terrible.C’était une espèce d’animal, sa femme faisait tout, lui organisait ses événements, et puis un jour elle Ta quitté pour un autre homme fort, un lutteur, et à partir de ce moment-là, il a décliné.» constate Marie-Hélène, émue.Le dessin de Rabagliati, montrant le Great Antonio en train de plier une barre de fer en forme de trajet de métro, est particulièrement saisissant.Cet album n’est pas seulement étonnant, rafraîchissant, plus que jamais pertinent et extraordinairement orange — «la teinte d’orange Rabagliati», précise Éric —, c’est un album au grand cœur.C’esL.«Couf donc, signale Fred le nez dans le livret, il manque les crédits techniques.» Re-panique dans les rangs.Enfer et damnation, l’enfant a un défaut Va falloir inclure une feuille volante dans les albums.Ça discute ferme.Je m’éclipse avec mon crayonné et mon exemplaire de l’album.Pas parfait mais tellement bien dessiné.Le Devoir IJuÉbct tin t» *£«W*unn« *3 ¦ 1 Sidi Larbi Cherkaoui 10,11 OCT.2008 Théâtre Maisonneuve laplacedesarts.com 514 842 2112 / 1 866 842 2112 UNE ŒUVRE MONUMENTALE AVEC 14 DANSEURS ET 7 MUSICIENS.« LA FOLIE.L’ÉMOTION ET LA PROFONDEUR SE CONJUGUENT ICI AVEC LA MUSIQUE ET LA DANSE.» {peMorgan, Belgique) f DANSE DANSE.NET RenMiyhemonU auppMmontRlrea et extrait» vMéo V » LE DEVOIR, LES SAMEDI 4 ET DIMANCHE 5 OCTOBRE 2008 ¦«s ¦' ¦ î« fs SOURCE VOX / COLLECTION DE L'ARTISTE The Kiss, 2007, de Kelly Mark MB La mesure du temps La vision du monde de Kelly Mark nous fait prendre conscience de la valeur de chaque minute, de chaque geste STUPID HEAVEN Kelly Mark Chez Vox, centre de l’image, 1211, boulevard Saint-Laurent, jusqu’au 18 octobre.JÉRÔME DELGADO Dès la porte d’entrée du centre Vox, le visiteur est happé — par l’œuvre audio I Really Should.La très respectable rétrospective Kelly Mark, une des fines fleurs de l’art conceptuel actuel au Canada, ne cesse de taquiner: l’œil et l’oreille sont constamment stimulés, jamais sur un ton agressif, parfois de ma- MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE MONTRÉAL AIR CANADA (§) LA MUSIQUE ET LA DANSE DANS L'ŒUVRE D'ANDY WARHOL PAVILLON JEAN-NOËL DESMARAIS / OUVERT AUSSI LES MERCREDIS, JEUDIS ET VENDREDIS SOIRS JUSQU'A 21 H GRATUIT POUR LES ENFANTS DE 12 ANS ET MOINS (ACCOMPAGNÉS (UN AOUlTf NlîNAPPLICABLt AUX CROUPES) NOUVEAU ! VISITES COMMENTEES AVEC GUIDE MAINTENANT OFFERTES SUR SYSTÈME D'ÉCOUTE PERSONNALISÉE.INFORMATION: 514-285-2000 / 1-8Û0-899-MUSE CETTE EXPOSITION fST ORGANISÉE PAR LF MUSÉE DES BEAUX ARTS OE MONTRÉAI EN PARTENARIAT AVEC LE ANDY WARHOL MUSEUM.L'UN DÈS QUATRE CARNEGIE MUSEUMS OE PITTSBURGH ANDYWARHQI UWLHBVI.PFBBli MAEWYIOÉTAII ! 19H0 ACRVIIOUT FI ENCRE À SERIGRAPHIE SUR TOILE RF UN.106,7 X II».; CM THF ANCYWARHOI MUSEUM.PITTSBURGH.FOUNDING COI IFCTION.CONTRIBUTION THF ANDY WARHOl FOUNDATION FOR THE VISUAI ARTS INC c THF ANIIY WARHOl FOUNDATION e0R THF VISUAI ARTS INT.nière oblique.C’est toute la force et la raison d’être de la démarche de l’artiste de Toronto: être là, toujours là, gracieusement Le flux lumineux de Commercial Space — une installation presque cubiste où une dizaine de téléviseurs regardent dans toutes les directions — est perceptible bien au-delà de la petite salle où elle se trouve.A Man & A Woman et REM, deux œuvres exploitant le magnétisme qu’exercent le cinéma et la télévision, débordent aussi de leur écran de projection.Quant aux bruyants manifestants de la performance urbaine devenue vidéo (Démonstration) — mais dont les pancartes ne réclament rien! —, on les entend de partout Tout et rien Etonnamment, la trentaine d’œuvres formant l’expo Stupid Heaven, mise en circulation par la Justina M.Barnicke Gallery et montée par Barbara Fischer, ne se marchent pas dessus.Elles se relayent plutôt, naturellement comme un rappel que ce qui inspire l’artiste, c’est le quotidien, c’est l’air du temps, ce sont tous ces us et coutumes qui forment et déforment aussi, sans doute, l’être humain.L’ensemble peut sembler décousu, il n’est pas moins cohérent, tournant autour de la critique sociale.C'est tout et rien qui feit avancer Mark, tel qu’elle l’exprime dans les macarons Everything Is Interesting.Mais elle n'est pas un Warhol de plus, qui voit de l’art partout.Moins glamour, moins prétentieuse quant au génie de son doigté, elle jette un regard sensible et pragmatique sur l’ordinaire.Tourmentée par le temps qui Tourmentée par le temps qui s’écoule, ou par la nécessité de le capter, Kelly Mark trouve bien des moyens pour enregistrer ses traces, les preuves de son passage s’écoule, ou par la nécessité de le capter, Kelly Mark trouve bien des moyens pour enregistrer ses traces, les preuves de son passage.Depuis 1997, elle «punche» ses journées de travail sur des cartes jaunes, comme n’importe quel ouvrier — sauf que dans son cas, ce sont les 365 jours de l’année; on est artiste jour et nuit C’est l’œuvre In & Out, qu’elle promet de poursuivre jusqu’en 2032, à l’âge de sa retraite! Son autoportrait vidéo de 1996, où eUe apparat figée à (ou devant) l’écran, dure une demi-heure.Son Business Card Diary, autre projet toujours en cours, est une sorte de collection des cartes professionnelles qui tombent entre ses mains.C’est une vision dérisoire, toute simple, de ce besoin de se donner une identité, un statut une raison sociale.Elle a aussi déjà usé des crayons à la mine, jusqu’à l’os, si on peut se permettre l’expression — les dessins Until Series et les objets Loses Studies.Bref, Kelly Mark exprime ce que d’autres renient: on est cadenassés au temps, par le temps.C’est lui qui détermine notre vie, notre rythme.Le boulot, les obligations (/ Really Should., dit-elle).Elle ne le crie pas, sa dénon-dation se Élisant même musicale — quoique id, au centre Vox, les titres dVl Man & A Woman défilent en silence, sans la sonate qui doit l’accompagner.GALERIE SIMON BLAIS www.galeriesimonblais.com 514 849-1165 par Artiste L'AngdonArt création Peinlures, dessins de SOS a - Du 23 septembre au 6 octobre 2008 La Galerie Le 1040 1040 Marie-Anne Est, Montréal Montez la rue St-Denis, tournez à droite sur la rue Mont-Royal et allez jusqu'au sens unique Christophe-Colomb et tournez à droite pour descendre une rue.Ouvert de 1 Oh à 22h tous les jours Vidéo sans images Même lorsque sa critique apparaît plus sévère, c’est en douceur.REM, collage de films attrapés à là télé (les logos de Bravo et autres Show Case bien visibles) jouant la séduction de l’intrigue narrative, énonce une grande vérité.Le petit écran, tel un piège, nous cloue, nous ankylosé.Double piège: REM peut valser d’une chaîne à l’autre, il est un cauchemar; il nous enlève le luxe de changer de poste.D est peut-être facile de dénoncer la télévision et Kelly Mark n’est pas la première, ni la dernière, à le faire.Elle semble même parfois se répéter à force d’insister sur la vacuité du média.The Kiss (2007) reprend certes la même note des écrans enneigés propres au petit écran, comme dans Commercial Space (2006) — et la manière: elle enregistre le reflet de la lumière sur les murs, lumière dégagée soit par des films pornos (The Kiss), soit par des pubs (Commercial Space).The Kiss s’offre néanmoins comme une métaphore pleine d’érotisme.Installations vidéo sans images, manifestation sans pétitions, Kelly Mark extirpe l’essentiel des choses, les rendant pour le moins joliment absurdes.Son geste est ancré dans la répétition, voire l’insensé, tels les dessins au crayon, mais aussi un projet d’art postal appelé Boomerang.Une idée aussi simple que loufoque: pendant deux ans, elle s’est envoyée la même enveloppe, jusque ce qu’elle se perde dans les méandres de Postes Canada.Idée loufoque, mais pas inutile: Boomerang révèle à quel point tout est fragile, tout a une fin.Même la chose la plus banale.Si le paradis est un concept stupide, la vie, le temps sur terre, c’est précieux.H s’agit d’en profiter.Collaborateur du Devoir 'm: / S’abonner au Musée, c'est changer de statut.Devenez VIP! CdOMittQl U www.mbimi.qc.ca/vlp |*iin an m«intfliu les av.wtmjus.Galerie Espace Robert Poulin Jusqu’au 12 octobre MARC LEDUC tooui.SjeiIt'Tt.— L-otuir^rrt: toi.sio-ssoe ( A LE DEVOIR LES S A M E D 4 E T I) I M A N C H E OCTOBRE 2 0 0 8 CULTURE EXPOSITIONS Warhol en quatre temps et beaucoup de notes ANDY WARHOL LIVE La musique et la danse DANS L’ŒUVRE D’AnDY WARHOL Musée des beaux-arts de Montréal 1379, rue Sherbrooke Ouest Jusqu’au 18 janvier 2009 MARIE-ÈVE CHARRON Encore Warhol, penseront certains.L’iconographie pop des œuvres de l’artiste donne l’illusion de pouvoir les consonuner rapidement, aussi vite peut-être que de servir une soupe en boîte.La familiarité des motifs, importés du monde de la culture de masse, la clarté des compositions, basée sur la répétition, encouragent une lecture immédiate des images que Warhol lui-même ne devait pas bouder.Pourtant, rien n’est moins évident que de résumer le travail de cet artiste majeur de la seconde moitié du XX' siècle, lui qui, véritable touche-à-tout, n’a pas que fait de la peinture et de la sérigraphie.Il a aussi pratiqué le cinéma, le dessin, l’illustration, la performance, la photographie, la sculpture, en plus d’être producteur de spectacles, d’une revue et de séries télévisées.C’est ce caractère pluriel de la pratique de l’artiste que Warhol Live montre au Musée des beaux-arts de Montréal, mais à travers l’angle précis du rôle de la musique et de la danse dans son œuvre.L’idée originale, avancée par le conservateur de l’art contemporain Stéphane Aquin, jette un éclairage inédit sur des aspects qui traversent de part en part l’œuvre de l’artiste.Trop peu connues, les relations diverses que Warhol avait avec les domaines de la danse et de la musique s’incarnent dans les pans les plus accessibles de son œuvre, la reproduction des icônes du cinéma et de la comédie musicale américaine par exemple, mais aussi les plus expérimentaux, ce qui donne à cette exposition son attrait indéniable.Avec ses 640 œuvres, objets et archives, grâce à la contribution de Matt Wrbican du Andy Warhol Museum à Pittsburgh, l’exposition, découpée en quatre thèmes, curieusement déclinés en anglais, «Tuning In», «Sound and Vision», «Producer» et «Famé», convie les visiteurs à un parcours chronologique ponctué de bandes musicales aux styles variés.Cette dimension sonore de l’exposition est l’apport d’Emma Lavigne, conservatrice au Centre Pompidou à Paris.Le visiteur peut même entendre un rare enregistrement des Druds, groupe de musique resté obscure, dont a fait partie Warhol.Le fait était connu, révélant la brève expérience de chanteur de Warhol et sa collaboration avec, notamment, La Monte Young, pionnier de la musique minimaliste.La bande sonore, elle, n’avait jamais été sortie des cartons.Le caractère inédit donne une aura à l’enregistrement, qui s’avère plus amusant qu’autre chose, ce qui ne veut pas dire que l’exposition cède à l’anecdotique.Spectacle multimédia Par la musique, l’exposition reconstitue plutôt les Wl SOURCE THE ANDY WARHOL MUSEUM John Cage et Andy Warhol en 1982 atmosphères dans lesquelles pouvait baigner Warhol, traduisant ainsi un des effets recherchés dans son travail qui consistait à ruiner l’écart qui prévaut habituellement entre le spectateur et l’œuvre.Ce décloisonnement, l’artiste l’avait aussi engendré entre les disciplines artistiques, et entre la culture de masse et les beaux-arts par le prélèvement de motifs dans le quotidien et par ses procédés de réalisation, comme la sérigraphie.Aussi, une des salles fait renaître, en plus gentil toutefois, la Factory, le célèbre atelier de Warhol que Billy Name avait décoré en argent.Lieu de fête et de création (cinéma, musique, etc.), l’exposition laisse entendre comment la vie et l’art s'y entremêlaient dans un flux continu.La section consacrée au travail de Warhol en tant que producteur du groupe new-yorkais les Velvet Underground propose l’expérience la plus immersive de l’exposition.Une salle d’abord réunit des archives portant sur le groupe, photographies et affiches de spectacles, ainsi que les screen tests (long plan-séquence où le modèle fixe la caméra) réalisés avec les membres du groupe.L’aventure de l’Explo-ding Plastic Enevitable attend ensuite les visiteurs dans une salle qui met en scène lumière strobosco-pique, projections de diapositives aux motifs abstraits, éclairage, projection de film et la musique du groupe, toutes les composantes en fait de ce spectacle multimédia promené par Warhol dans quelques villes américaines en 1965.Aux côtés des très nombreuses œuvres dont la porosité avec le monde de la musique se traduit en termes iconographiques, par exemple la salle consacrée à Mick Jagger où son image apparaît multipliée à l’envi et où Warhol célèbre en même temps les thèmes chers au rock, soit le sexe, l’esprit juvénile, la contestation, la mode vestimentaire et l’androgynie, d’autres œuvres attestent d’une réciprocité plus sobre qui se vérifie sur le plan des moyens et des stratégies adoptées.C’est le cas pour la salle où les rencontres de Warhol avec John Cage et Merce Cunningham sont évoquées, salle d’ailleurs plongée dans la musique minimaliste et répétitive de Terry Riley, ce qui en fait une des sections les plus captivantes.Des œuvres majeures, comme les films expérimentaux Sleep (1963) et Empire (1964), sont ainsi rapprochées du mouvement Fluxus et de Cage dans leur capacité à saisir ce qui advient là, dans le bruit du monde, et dans leur structure temporelle.la répétition et la sérialité, des sons et des motifs visuels, sont identifiées aussi comme des procédures communes, explorées à peu près au même moment L’exposition présente souvent des solutions d’accrochage qui se démarquent comme avec les Brilla Boxes (1964), qui s’enlignent sous des fluorescents, jouant la carte de l’ambiguité entre la marchandise et la sculpture minimaliste, elle qui était fondée sur l’au-toréférentialité.La mise en scène parfois dépouillée et élégante qui prévaut dans certaines salles tranche avec le dernier droit du parcours de l’exposition, traitant du Studio 54, discothèque fréquentée par Warhol.L’esprit s’avère plus clinquant bruyant et racoleur, selon encore un rapport mimétique avec l’époque concernée.Si cette portion s’oublie plus rapidement, il n’en est pas de même pour la salle intitulée «Jukebox», où deux parois de plexiglas donnent à voir les pochettes de disque illustrées par Warhol sur commande entre 1949 et 1987, dont les célèbres Velvet Underground & Nico (1967) et Sticky Fingers (1972) des Rolling Stones.En tout, c’est 51 pochettes qui sont révélées grâce au travail colossal du collectionneur Paul Maréchal, qui en signe également le catalogue raisonné, deuxième volume du magnifique coffret de l’exposition dont le format est justement celui du disque vinyle.C’est là une des contributions originales de l’exposition à la recherche sur l’œuvre de Warhol, exposition qui saura aussi rallier un public connaissant moins certains travaux plus pointus de l’artiste.Collaboratrice du Devoir masuamKKsiammm I NE METTEZ PAS N'IMPORTE QUOI DANS VOS OREILLES À QUÉBEC! .¦ s.i m mMm '.- m IllPill Hllü V r* ., W, tai iSB1*.' SOURCE BILLY NAME OVO WORKS Andy Warhol à la Silver Factory avec différentes œuvres en cours de réalisation, dont les estampes de la série Bananas et les Autoportraits peints.DERNIERE CHANCE EXPOSITION À POINTE-À-CALLIÈRE JUSQU'AC 12 OCTOBRE 2008 ¦> r: NOUVELLE FRANCE NAISSANCE D'UN PEUPLE FRANÇAIS EN AMÉRIQUE L'exposition est réalisée en coproduction par Pointe-à-Callière et le Musée d’histoire de Nantes / Chateau des ducs de Bretagne.Pointe-à-Caluère Château rie* duty ri- Btftajaie Musée - .ï.iJiMSŒÊË ¦; «A De quatre continents, une centaine d'artistes convergent vers Québec pour le 2e Forum international des Caravanes francophones.Au Théâtre Périscope, au Musée de la civilisation, au Musée national des beaux-arts du Québec et dans divers lieux publics de La ville de Québec, assistez à des : /// projections de courts-métrages de fiction, d'animation et des documentaires; /// performances artistiques de poésie, de danse et de théâtre; /// spectacles multiformes; /// débats sur la langue française .et participez au Cadavre exquis du dromadaire.'///HU CITOYENS ET VISITEURS DE QUÉBEC, SOYEZ DE LA RENCONTRE AVEC VOTRE PAROLE ET VOTRE PARLURE.\\\\\\\\ www arts-ville org Pour consulter le programme : | - informations supplémentaires : oammmi Québec nn Entent* *, tftHUÿptmeRt (vllfliil *-n,r,.4fc Scrr; Qtl! MC Québec SE Le parrain de l'événement : Webster, rappeur et citoyen engagé.ffo’iK bfi Muiét nattorui! beaux-art» du QuétMK ttawa.ssb* LE DEVOIR, LES SAMEDI 4 ET DIMANCHE 5 OCTOBRE 2008 CINÉMA Bonne ou mauvaise foi REUGULOUS (V.F.: REUDICULE) Ecrit et réalisé par Larry Charles avec la participation de Bill Maher.Image: Anthony Hardwick.Montage: Jeffrey M.Werner, Jeff Groth, Christian Kin-nard.Etats-Unis, 2008,101 min.ANDRÉ LAVOIE f'' royez ceux qui cherchent la vérité, doutez de ceux " qui la trouvent», disait André Gide.Dans Reli-gulous, un documentaire au ton polisson, les incertitudes traversent rarement l’esprit des protagonistes, persuadés qu’ils sont d’être en communication directe avec Dieu, peu importe qu’il se nomme Jésus, Yahvé ou Allah.Ces convictions, aveuglantes à l’occasion et plongeant parfois notre époque en pleine obscurité, n’ont pas échappé à l’œil malicieux du cinéaste Larry Charles (Borat, merveilleux ticket pour l’enfer) et à l’animateur caustique Bill Maher.Ils se sont offert un impressionnant tour du monde, et des religions, parcourant les lieux sacrés et les repères de convertis zélés, chapelles de routiers et autres musées thématiques à la gloire du créationnisme.Enrobé de sa popularité et de son talent unique à lancer des vacheries avec un sourire de séducteur, Bill Maher affiche d’abord sa propre dualité, fils d’un père catholique et d’une mère juive qui a choisi d’élever ses enfants dans la religion.de son mari.Ayant pris ses distances par rapport à l’Église catholique dès SOURCE TVA FILMS Bill Maher dans Relidicule l’âge de 13 ans, Maher ne semble pas comprendre que le reste de l’humanité n’ait pas fait de même.Son «pèlerinage» l’amène ainsi à rencontrer des gens de toutes les confessions, dont les similitudes sont aussi nombreuses qu’affligeantes: aveuglement idéologique, absence d’esprit critique, contradictions flagrantes, etc.Certains interlocuteurs font preuve de plus d’humilité et affichent des nuances bienfaisantes, comme cet astronome.du Vatican, la tète dans les étoiles mais visiblement les deux pieds sur terre.D y a bien sûr source d’étonnement — plutôt que de céder à la déprime.— à voir des tenants du créationnisme défendre les bases fragiles de ce concept «scientifique» fumeux, des islamistes plus ou moins radicaux parler de paix ou un rabbin antisioniste donner Taccolq-de au président iranien Mahmoud Ahmadinejad.A chaque nouvelle rencontre, des sommets de mauvaise foi semblent être atteints, mais Maher poursuit l’escalade et aux États-Unis, entre un parc d’attractions où la mort de Jésus devient un freak show et un centre où des catholiques peuvent «guérir» votre homosexualité, les défis au gros bon sens ne manquent pas.Cet étalage de la démission intellectuelle à grande échelle confirme ainsi les dires de l’écrivain italien Umberto Eco, reconnaissant que «les gens de notre époque ne croient plus en rien et qu ’en même temps, ils croient en n’importe quoi»-, certains, plus polis, qualifient le phénomène de «religion à la carte».Pour en contrer les effets les plus nocifs, Bill Maher cède à son tour au radicalisme qu’il dénonce, croyant qu’il faut faire table rase de toutes les religions pour briser les chaînes de l’oppression.L’appel, livré à la fin du film sur un ton sentencieux, pour ne pas dire apocalyptique, contredit tristement la démarche ludique de Charles et Maher.En voulant dénoncer le charlatanisme et l’obscurantisme, ils nient les fondements mêmes de cette légitime quête de sens qui anime depuis toujours l’humanité.Ce n’est pas la foi, ou la spiritualité, qui pose problème, mais son instrumentalisation à des fins bêtement politiques ou mercantiles.Religulous prêche peut-être aux convertis de l’athéisme, mais il s’aliène surtout les gens de bonne foi, peu importe la déclinaison.Car Dieu n’est pas vénéré que par des cons.Collaborateur du Devoir Orchestre Métropolitain du Grand Montréal Yannick Nézet-Séguin 4, Beethoven et Bizet : symphonies en do Fabien Gabet chef invité Noémi Racine-Gaudreault violoniste Ludwig van Beethoven Symphonie n° 1 .R.Murray Schafer The Darkly Splendid Earth: The Lonely Traveler Georges Bizet Symphonie n" 1 iqijf Iftpl ü:: m ii;l I ».i ii» i ip ¦ r COM remercie pour leur appui impfimeur fiiflcie' impression Paragraph tnc.;em$m Lundi 20 octobre 2008,19 h 30 Théâtre Maisonneuve Conférence préconcert gratuite à 18h30 Orch«$tr« Métropolttaip riu Grand Montréal 514,598.0870 - orch6strometropotltain.com ©laplacedesarts.com 514 842 2112 / 1 866 842 2112 Nia SOURCE PRODUCTIONS MULTI-MONDE Martin Frigon a décidé de suivre la trace de Noranda et des autres grandes compagnies minières canadiennes (dont Barrick Gold) qui font la pluie, le beau temps et bien des saccages dans le nord du Chili et à la frontière de l’Argentine.Appel à la mobilisation MIRAGES D’UN ELDORADO Écrit et réalisé par Martin Frigon.Image: Marcelos Riveros.Montage: Guillermo Lopez Perez.Musique: Cristobal Tapia de Veer.Québec, 2008,75 min.Du 3 au 9 octobre au Cinéma du Parc et du 31 octobre au 6 novembre à Québec.ANDRÉ LAVOIE Gagner sa vie signifie-t-il la perdre?Parlez-en aux anciens travailleurs de la fonderie Noranda à Murdochville, qui ont vu la multinationale prendre la poudre d’escampette en laissant derrière elle des hommes à la dignité aussi écorchée que leurs poumons.Le cinéaste Martin Frigon est allé à leur rencontre et, dans Make Money, Salut bonsoir! (2004), il relatait leur combat impossible, à la fois contre une compagnie partie au Chili faire plus de profits et au sein même de leur communauté, divisée entre les tenants d’une fermeture définitive de la ville et ceux qui voulaient continuer d’y vivre.Quelque chose comme David et Goliath empêtrés dans un dilemme cornélien.Martin Frigon a de la suite dans les idées, devenant un sympathique et modeste empêcheur de creuser en rond, et en toute impunité.H a décidé de suivre la trace de Noranda et des autres grandes compagnies minières canadiennes (dont Barrick Gold, pour ne pas la nommer sous peine de poursuite-bâillon?) qui font la pluie, le beau temps et bien des saccages dans le nord du Chili et à la frontière de l’Argentine.DansMrages d’un eldorado, quelques paysans de la Cordillère des Andes visionnent d’ailleurs Make Money.mais on se rend compte qu’ils n’ont pas besoin d’un tel outil de conscientisation pour passer à l’action.Les effets de «l’exploration minière» — un euphémisme utilisé pour couvrir les véritables et intensives activités d’exploitation — se font sentir sur les terres devenues poussiéreuses et au creux des rivières aux remous de moins en moins abondants, sans compter les glaciers dont les fontes ne s’expliquent pas que par les changements climatiques.Tout cela, les habitants de ces contrées, et particulièrement les agriculteurs, le perçoivent déjà et c’est pour empêcher une escalade de catastrophes qu’ils manifestent haut et fort leur opposition, leur indignation.Le cinéaste se transforme en témoin privilégié mais ne se contente pas de se mêler à des manifestants qui bloquent le passage aux camions des compagnies ou de capter la grande théâtralité de certaines protestations publiques.A cheval pendant quatre jours — d’où l'appellation «western engagé» pour décrire son film —, Frigon et des militants courageux vont se rendre à plus de 4000 mètres d’altitude pour constater de leurs yeux ce que les dirigeants des entreprises refusent de leur montrer: de vastes étendues devenues arides après un travail de forage qui respecte les lois implacables du marché, pas nécessairement celles de TenvironnemenL Ce constat sur les pratiques douteuses des multinationales se révèle tout aussi troublant que Make Money, Salut bonsoir! dans la mesure où cet appel à la mobilisation égratigne une certaine fierté nationale.A l’heure où le vert écolo est bien à la mode et où le drapeau canadien constitue un passeport de bonne conscience, Mirages d’un eldorado montre des pratiques que l’on ne peut imputer aux méchants impérialistes américains.Lorsque l’équipe de Frigon constate que cinq boulons d’une roue de leur véhicule ont été sciemment dévissés pour provoquer un accident qui aurait pu être fatal—un sérieux avertissement de se mêler de leurs affaires.—, on comprend vite que ce ne sont pas seulement les trois auteurs du livre Noir Canada qui connaissent maintenant les limites dangereuses de la liberté d’expression.Collaborateur du Devoir Présents au FNC Une sélection de films à ne pas rater lors du festival ¦ Les Plages d’Agnès Dans la lignée du film Les Glaneurs et la Glaneuse mais en plus intime, la grande cinéaste française Agnès Varda, désormais octogénaire, livre ici une autobiographie d’une grâce et d’une poésie folles, où films et souvenirs se nourrissent.Ijes époques et l’histoire du cinéma dansent avec son âme avec une finesse généreuse qui étreint Odile Tremblay ¦ Papa à la chasse aux lagopèdes Un des meilleurs films du Montréalais Robert Morin.Ce mariage d’une critique du capitalisme et du destin mi-rêvé, mi-vécu d’un homme d’affaires escroc en fuite est livré à travers un mélange de tons brillamment dosé, où triomphe l’amour paternel.On s’incline devant cette remarquable interprétation de François Papineau.O.T.MlostSong Primé au dentier Festival de Toronto, Lost Song, du cinéaste acadien Rodrigue Jean, est une oeuvre admi- ; À la Grande Bibliothèque ! Yves Thériault : le pari de Pécriture j Du 23 septembre 2008 au 18 janvier 2009 I W M Découvrez l’oeuvre d’Yves Thériault, auteur prolifique, maître conteur, romancier des grands espaces et de la liberté, qui gagna le pari de « vivre de sa plume ».Une exposition réalisée par Bibliothèque et Archives nationales du Québec afin de souligner le 25° anniversaire du décès d'Yves Thériault, auteur du célèbre roman Agaguk Le catalogue de l'exposition est en vente à la Boutique de la Grande Bibliothèque (Iwutiqueicibanq.qc.ca).Pour connaître l'horaire des netivites offertes en complément de l’exposition, consultez le calendrier au www.bnnq.qc.ca, Entrée libre 475, boulevard De Maisonneuve Est, Montréal ® © Berri-UQAM 514 873-1100 ou 1 800 363-9028 www.bnnq.qc.ca Bibliothèque et Archives nationales — „ Québec tllï rable, portée par ses silences, son infinie tristesse sur fond de nature exaltée.La dépression post-partum d’une femme artiste (éblouissante Suzie Leblanc) devient ce blues poignant dont la maîtrise renverse.O.T.¦ Four Nights with Anna Du vétéran polonais Jerzy Skoli-mowski, une œuvpe sombre, tragique et puissante.A travers un personnage d’homme voyeur, torturé par la culpabilité et Tamour dans un village polonais, les gestes, les postures, les cadrages parfaits prennent le relais des mots pour une exploration hantée de l’obsession humaine.O.T.UIlDivo Paolo Sorrentino retrace avec des torrents d’humour et une mise en scène aux effets théâtraux brillamment calculés, la vie du haut représentant de la droite chrétienne en Italie, Giulio Andreotti, dans cet exercice de style très chic, Prix du jury à Cannes cette année.Martin Bilodeau ¦ Synecdoche, New York Le scénariste de Being John Mal-kovich passe à la réalisation avec ce délirant et kafkaïen exercice sur la création et la mort, sorte de puzzle schizophrène sur un dramaturge entre réalité et fiction (Philip Seymour Hoffinan), à 50 % improvisé, à 100 % passionnant MB.UAdoration Atom Egoyan (The Sweet Hereafter) raconte dans ce film modeste, intime et sincère la (dé)construction identitaire d’un adolescent torontois à travers une histoire d’attentat islamiste avorté et d’un jeu de masques dans Internet Le film, qui fleure par moments l’exposé, possède néanmoins le goût agréable des Egoyan du début (Family Viewing).M.B.M Les Dois Singes On reconnaît immédiatement l’empreinte de Nuri Bilge Ceylan (Uzak) dans les images composées avec un rigoureux sens pictural, les climats chauffas au jaune et vert, les silences lourds de sens et les cœurs au frigo de ce film d’une beauté vi-< suelle à couper le souffle, couronné du prix de la mise en scène au dernier Festival de Cannes.M.B.¦ Sénaphine Peu de gens connaissent l’œuvre picturale de Séraphine de Senlis: ce secret ne restera pas confidentiel très longtemps.Le cinéaste français Martin Provost illustre, par touches délicates, la vie laborieuse de cette modeste femme de ménage consumée par sa peinture et soutenue par un collectionneur allemand.Yolande Moreau dévoile id une autre couleur de sa formidable palette d’actrice.André Lavoie MAcné Un autre portrait d’adolescent aveuglé par la testostérone et complexé par ses boutons d’acné.La formule a été éprouvée à maintes reprises, mais la tendresse du regard, la spontanéité des interprètes et le caractère parfois joliment scabreux de certaines situations donnent du piquant à ce rédt bien latino sur un garçon faisant tout pour devenir un homme.A.L ¦ Cf Time and the City Avec sa vont caverneuse et une senabilité à fleur de peau, le cinéaste britannique Terence Davies effectue id un double retour au cinéma après huit ans d’absence (The House of Mirth) et dans sa ville natale (Liverpool).Le berceau des Beatles devient le territoire de cet autre illustre natif d’une ville en déclin.Son rapport amour-haine nourrit la beauté rugueuse de ce portrait toujours envoûtant jamais bêtement touristique.A.L ¦ Rachel Getting Married Avec une caméra fouineuse et fébrile, le réalisateur de The Silence qf the Lambs égratigne cette fois les mythes de la jolie famille américaine.Dans Rachel Getting Married, le retour d'une toxicomane en rémission (surprenante Anne Hathaway) pour le mariage de sa sœur devient une radiographie étonnante du temps présent ponctuée de performances musicales, une passion de ce grand copain de Neil Young, de Bruce Springsteen et de David Byme.A.L 614 LE DEVOIR, LES SAMEDI 4 ET DIMANCHE 5 OCTOBRE 2 0 0 8 CINEMA e x Ce n t r i s EX-CENTRIS.C0M/S14.847.2206 FOLLE DE DIEU / JEAN-DANIEL LAFONO 1BH30 21h10 Un divertissement sympathique iNICKAND NORAH’S riNFINITE PLAYLIST ^Réalisation: Peter Solicit Avec Michael Cera, Kat Dennings, Alexis -Dziena, An Graynor, Aaron Yoo, ijay Baruchel, Rafi Gavron.Scéna-;rio: Lorene Scafaria, d’après le ro-tnan de Rachel Cohn et David Le-vithan.Photographie: Tom Richmond.Montage: Myron I.Ker-stein.Musique: Mark Mothers-baugh.Etats-Unis, 2008,89 min.FRANÇOIS LÉVESQUE On peut attribuer bien des tares (et autant de navets) au cinéma américain destiné à la jeunesse, il n’en demeure pas moins que, quand Hollywood décide de bien faire les choses, il résulte souvent de la démarche des œuvres fraîches dont l’impudence a le don de séduire, et ce, de manière durable, un public souvent plus exigeant qu’on veut bien le croire.Les adolescents de chaque génération ont leurs films phares.Je me souviens pour ma part des meilleures — ou moins mauvaises, c’est selon — productions de John Hughes (Breakfast Club, Pretty in Pink).Près d’un quart de siècle (ouch!) après les belles heures du brat-pack, qu’en est-il de la génération actuelle?Elle n’est pas en reste, rassurez-vous.Il y a fort à parier que Superbad et Juno demeureront, pour elle, des œuvres indissociables de cette période ingrate mais combien exaltante de l’existence.Nick and Norah’s Infinite Playlist est sans doute voué à connaître le même sort, en plus de confirmer Michael Cera, au générique des trois films, dans l’improbable rôle de porte-étendard de sa génération.C’est là un choix heureux, qu’il s’agisse du fruit du hasard ou d’un flair redoutable de la part du jeune acteur.En le voyant jouer, j’ai repensé à une déclaration de Bruce Dern dans le documentai- SOURCE SONY PICTURES Kat Dennings et Michael Cera dans Nick and Norah’s Infinite Playlist re A Decade Under the Influence.La vedette de The King of Marvin Gardens et de Coming Home y constate que l’esprit contestataire ayant prévalu au cours des années 1970 a permis pour la première fois à des acteurs au physique atypique de dominer les écrans.Michael Cera, par son allure banale mais très reconnaissable, tranche, lui aussi, avec les canons superficiels dominants.Il n’est pas Zac Efron.Il en va de même pour sa partenaire Kat Dennings (Charlie Bartlett) qui, comment dire, ressemble à une jeune fille que l’on pourrait croiser dans la vraie vie, pas à un ersatz de Paris Lohan-Spears.Son discours est à l’avenant.Leur chimie à l’écran est réjouissante.Leur popularité montante constitue une excellente nouvelle.Ensemble, ils sont Nick et No-rah (oui, c’est un clin d’œil au tout aussi new-yorkais The Thin Man), deux jeunes gens épris de musique qui passent toute une nuit à suivre la trace de l’élusif groupe Where’s Fluffy et, surtout, à tomber amoureux.Ne craignez pas la mièvrerie: Nick and Norah’s Infinite Playlist est avant tout une folle virée nocturne peuplée de personnages truculents qui n’est pas sans rappeler 4/?cr//0H75, de Scorsese.C’est dynamique, bourré de répliques mémorables et interprété avec un allant peu commun par une distribution allumée au sein de laquelle se démarque Ari Graynor, hilarante en party-girl ivre.Le réalisateur Peter Sollett (Raising Victor Vargas) n’est étranger ni à la ville ni au thème de l’amour en bouton, et sa caméra fébrile, jumelée au montage redoutable de sa complice Myron I.Kerstein, capte avec un naturel appréciable cette aventure aux retournements parfois faciles mais dont la bonne humeur contagieuse emporte l’adhésion.Enfin, et comme le titre le laisse entendre, les trames narrative et sonore se font écho, s’interpellent et se complètent admirablement.Un divertissement éminemment sympathique, que l’on ait ou non l’âge des personnages.Collaborateur du Devoir Pas génial FLASH OF GENIUS Réalisation: Marc Abraham.Avec: Greg Kennear, Lauren Graham, Dermot Mulroney, Jake Abel, Mitch Pileggi, Tim Kelleher, Alan Aida.Scénario: Philip Railsback.Photographie: Dante Spinotti.Montage: Jill Savitt Musique: Aaron Zigman.États-Unis, 2008, 119 min.FRANÇOIS LÉVESQUE Hollywood aime les histoires vraies, à plus forte raison quand elles mettent en scène des gens simples faisant dignement face à l’adversité.Le mythe de David et Goliath demeure une formule particulièrement prisée dans le cinéma américain, parce qu'elle est éprouvée, parce qu'elle est populaire.Le renouvellement est rarement au rendez-vous, mais pourquoi changer une formule gagnante?C’est que, bien souvent, monsieur et madame Multiplexe donnent raison aux producteurs et affluent aux guichets, prêts à se laisser émouvoir par ces bouts de vie édifiants «inspirés par des faits réels».Flash of Genius s’inscrit dans ce registre.Et quand il est question de produits aussi formatés, la question de l’originalité n’est évidemment pas pertinente.Alors, fonctionne, fonctionne pas, le film?Bof, sans point d’exclamation.Les bandes-annonces ont parfois la fâcheuse manie de trop en dire.Dans le cas de Flash of Genius, c’est en l’occurrence un atout.Quiconque, après l’avoir vue, se meurt de connaître la vie de l’inventeur des essuie-glace à vitesse intermittente n’aura que ce qu’il mérite ou, qui sait, ce qu’il voulait.Cela étant, on voit mal à qui s’adresse le film.Les amateurs de «films de chars» s’ennuieront ferme, c’est un fait: les voitures sont ici étonnamment peu visibles, à quelques modèles près, et ne se prêtent à aucun concours de vitesse.Flash of Genius est surtout un drame judiciaire qui relate le procès ayant opposé le docteur Robert W.Kearns à la compagnie Ford pour la reconnaissance de la paternité de l’invention du fameux dispositif.Le pauvre bougre tient bravement tête à la méchante multinationale, sa quête de justice virant bien sûr à l’obsession, laquelle lui aliène (bien sûr encore) sa famille qui se sent délaissée.Quelqu’un a dit Tucker - The Man and His Dreamt Producteur expérimenté faisant des débuts de dilettante derrière la caméra, Marc Abraham n’a ni la fougue ni le flair d’un Francis Ford Coppola.Certes, la vie de Preston Tucker faisait écho à celle de l’illustre cinéaste, cela ne l’a pourtant pas empêché de brosser un portrait nuancé et critique de l’homme, deux qualités faisant défaut au film d’Abraham, qui opte plutôt pour l’approche manichéenne.Ce parti pris complaisant donne lieu à des scènes familiales sans charge émotionnelle où le héros floué fait figure de martyr, bien que les siens souffrent aussi, d’abord avec, puis sans lui.Au final, ce qui étonne le plus, c’est qu’un film aussi convenu ne parvienne même pas à atteindre un niveau de sensiblerie primaire.Faute d’insuffler au récit un rythme constant et, surtout, de susciter quelque intérêt pour cet homme et son combat Flash of Genius reste au neutre.La formule est pourtant si éculée! Il n’y a qu’à mélanger les ingrédients habituels, non?Comme quoi le livre de recettes ne fait pas le cuisinier.Mentionnons quand même le travail irréprochable de Dante Spinotti à la photo (L.A.Confidential, Wonder Boys) et l’interprétation uniformément sincère.Dans sa brève participation, le toujours formidable Alan Aida (M.A.S.H., Crimes and Misdemeanors) vole la vedette en avocat désenchanté.Collaborateur du Devoir Paris, de Cédric Klapisch, manque d’unité d’interprétation.Un film égaré dans son propre dédale SOURCE EQUINOXE ITEMS PARIS Réalisation: Cédric Klapisch.Avec Juliette Binoche, Romain Duris, Fabrice Luchini, Albert Dupontel, François Cluzet, Karin Viard, Mêlante Laurent, Zinedine Souatem.Image: Christophe Beaucarne.Musique: Loik Dury.Montage: Francine Sandberg.ODILE TREMBLAY Qui trop embrasse mal étreint, dit-on.Le vieil adage prend tout son sens devant ce Paris de Cédric Klapisch.La Ville lumière est un vaste sujet à traiter, et le cinéaste d’Un air de famille et du Péril jeune semble avoir voulu l’aborder par tous les angles possibles, en y égarant son point focal.Pour tout dire, l’âme de la capitale française se révélait beaucoup plus présente dans son délicieux Chacun cherche son chat, une œuvre sans prétentions excessives, que dans ce Paris trop ambitieux, où il se «lelouchise».Le film s’amorce sur une mosaïque en vertige de quartiers parisiens où sont croqués les personnages du film.Déjà le trop-plein s’affirme, et tout le gotha des acteurs français en vue fait son tour de piste.Il arrive qu’une distribution excessivement riche empêche plusieurs rôles de trouver leur souffle.Et Klapisch, excellent dans les œuvres assez intimistes, cherche sa griffe sur de gros budgets, des projets démesurés, des stars en bouquet.Peut-être, son film d’anticipation, vraiment raté, l'avait déjà démontré.Plusieurs personnages donc: un grand malade (Romain Duris), sa sœur dévouée et troublée (Juliette Binoche), un prof d’histoire en crise de vie (Fabrice Luchini), son frère à la vie plus conventionnelle qui remet en cause son destin (François Cluzet), une boulangère pétrie de préjugés (Karin Viard), un maraîcher malheureux (Albert Dupontel), une belle fille qui oscille entre deux hommes (Mêlante Laurent), un ouvrier macho (Zinedine Soualem).Sans compter les autres.Klapisch a même incorporé à sa soupe parisienne des mannequins et un clandestin camerounais, pour être certain de ne rien oublier.Certains rôles sont très justes: on a rarement vu Juliette Binoche aussi fragile et intériorisée que dans ce personnage de femme solitaire, généreuse, à la croisée des chemins.Fabrice Luchini est parfait en angoissé amoureux, et la pe- tite danse qu’il sert à l’élue de son cœur constitue une scène d'anthologie.Quant à Karin Viard, hélas si peu longtemps en piste, elle se révèle prodigieuse dans un rôle de matrone bien pensante, vrai bijou de composition.Mais le rôle de Duris en cancéreux tombe à plat, le personnage de François Cluzet est insipide, celui de Zinedine Soualem, franchement de trop.Qui plus est, les acteurs ne jouent pas sur le même ton.Viard est parodique, Duris trop pleurnichard, Binoche s’inscrit dans un registre d'humanité, etc.Le manque d’unité d’interprétation est criant.Surtout dans la deuxième partie, carrément anarchique, où les destins parallèles jurent entre eux, en enlisant l'action dans l’ennui.Klapisch a dû tâtonner avec son monteur pour trouver une épine dorsale à son film, mais il lui aurait fallu sacrifier carrément des personnages et il ne s’y est de toute évidence pas résolu.Restent quelques scènes, quelques rôles vraiment juteux, mais noyés dans une œuvre qui s’est égarée dans son propre dédale.Le Devoir www.ciniemaduparc.com / 48$ POUR 10 FILMS I ?POUR L'AMOUR DU CINEMA WAR & PEACE • DARK SIDE OF OZ DJXL5 REMIX MIRAGES D'UN ELDORADO • IL Y A LONGTEMPS QUE JE T'AIME NAISSANCE DES PIEUVRES • THE DESCENDANT 23 MétroPlacedesarts -Autobus80/129 rCINÉMA DU PARC 3575 Du Parc 514-281-1900 I GAGNANT DE 4 CÉSAR M E I L L E U R FILM «EXTRAORDINAIRE!» Marc-André Lussier, La Presse la graine et le mulet as-rLumMcuics.Il 10'SEMAINE! QUARTIER LCTNl tous le» jours: 11:45 - 14:50 - 18:05 - 21:20 3 heures de STATIONNEMENT GRATUIT ?un film choral une grande lettre d’amour.» - LE PARISIEN Év réjouissant.» MÉTRO PARIS
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