Le devoir, 21 août 2004, Cahier E
LE DEVOIR.LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 AOÛT 2 0 0 I Le Jour des corneilles, un roman fort, émouvant et fertile Page E 3 P ¦Æ .^40$ Paysages de ruines Page E 6 ; Elles et Aient cinq, de Ghys-laine Côlé, part le bal du FFM jeudi prochain avaul de prendre raffiche dès le lendemain en salle.En deux lenips d'action et une fracture, le film explore les rivages d'un drame.ODILE TREMBLAY ilm de femmes, sans doute.Du moins est-ce ainsi qu’on qualifie habituellement une œuvre scénarisée par une femme (Chantal Cadieux) et réalisée par une autre femme (Ghyslaine Côté), avec cinq jeunes actrices en vedette, à deux âges de leur vie.Mais la cinéaste dit espérer que le film s’adresse à tous et à toutes, par-delà le sexe et les générations.«Et les gars l’aiment beaucoup», tient-elle à préciser.Ghyslaine Côté, ex-étudiante de Concordia, s’était promenée à travers tout le paysage du cinéma, tour à tour comédienne, scénariste, réalisatrice.On lui doit les courts métrages Aux voleurs! et Pendant ce temps., tous deux primés.Son premier long métrage, une œuvre de commande à l’adresse des enfants, Pin-Pon, le film, ne passera guère à l’histoire du cinéma québécois.mais boa Ælles étaient cinq est mon premier film d’auteur», tranche Ghyslaine Côté.Il est aussi le seul et unique long métrage québécois en compétition au Festival des films du monde cette année.Alors forcément, les regards se braquent sur lui.La réalisatrice se dit ravie de cette plateforme.N’empéche qu’il avait été question au printemps dernier qa’Elles étaient cinq atterrisse à Cannes à la Quinzaine des réalisateurs.Grande déception succédant à l’espoir.Œuvre chorale, ce film met en scène cinq jeunes filles très copines Su’une tragédie — le meurtre de l’une ’entre elles et le viol sadique d’une autre — va séparer, jusqu’à ce que la JACQUES GRENIER LE DEVOIR La réalisatrice Ghyslaine Côté entourée de quatre de ses actrices : Noémie Yelle, Ingrid Falaise, Jacinthe Laguë et Julie Deslauriers.v v " V1 \, « Par-delà leur traumatisme, je leur dis: vous pouvez vous en sortir.Maljîré ce sujet noir, je suis une optimiste et mon film est porteur d’espoir.» victime du viol revoie l'agresseur et rameute ses anciennes amies.Je parle à Ghyslaine Côté de Mystic River, le film que Clint Eastwood a réalisé sur une trame similaire, soit l’histoire d’amis d’enfance séparés mais marqués pour la vie après l’agression de l’un d’eux.La réalisatrice québécoise répond que son scénario était écrit avant la sortie du film d’Eastwood et qu’il y a matière à bien des œuvres sur un sujet pareil.Elle s’est d’abord intéressée à l’impact des libérations conditionnelles sur les victimes.Faut-il renvoyer dans la nature les agresseurs soi-disant transformés?Ghyslaine Côté se dit heureuse d’avoir laissé la question ouverte dans son film, renvoyant le spectateur à ses propres interroga- tions.Elle a participé au scénario de Chantal Cadieux.Toutes deux ont mis leurs idées sur la table.Le film épouse le destin des victimes.«Par-delà leur traumatisme, je leur dis: vous pouvez vous en sortir.Malgré ce sujet noir, je suis une optimiste et mon film est porteur d’espoir.» Le cadre du drame, la maison de campagne des parents de la victime au bord d’un lac, a été filmé à Cap-Saint-Jacques, au bout de lUe de Montréal.Un budget de 3,1 millions, plusieurs scènes extérieures, deux temps d’action.La réalisatrice ne se plaint pas des conditions du filmage.Elle a fait le film qu’elle a voulu faire et s’en dit satisfaite.Ghyslaine Côté a choisi de conserver les mêmes interprètes pour des rôles à quinze ans d'intervalle.«Pour un tas de misons techniques d’écriture et de réalisation, je voulais garder les mêmes actrices Mais le casting a été djfi ficile à faire.Il fallait qu’elles aient l'air d’avoir leur âge dans les deux cas On a fait un grand nombre d’auditions » Quatre des jeunes interprètes (dont l’âge varie entre 20 et 30 ans) accompagnaient cette semaine la cinéaste dans sa tournée d’entrevues.Jacinthe Laguë incarne Manon, la victime ayant survécu au viol sadique.La grande et blonde Ingrid Falaise joue Isa, mannequin devenue frigide émotivement après le drame.Noémie Yelle devient Sophie, la belle adolescente qui voit sa vie fauchée par le pervers sexuel.Quant à Julie Deslauriers, elle est Anne, mère célibataire contrôlante.Brigitte Lafleur, dans la peau de la sensuelle Claudie, n’était pas présente.«Avec le directeur photo Alexis Bmult, on a choisi de rendre lumineuse l’époque de l'adolescence à travers des lentilles de couleur et plusieurs scènes de groupe, explique Ghyslaine Côté.Ensuite, tout deviendra plus sombre et les personnages seront plus isolés.» Ghyslaine Côté s’est penchée sur les réactions diverses des proches et des familles après un crime crapuleux «La mère de la victime assassinée, jouée par Louise Portai, pardonne afin de se libérer du poids de la rancune, mais le père, joué par Robert Lalonde, demeure haineux.Parmi les filles aussi, chacune vit l’après-drame à sa manière.Isa ne s’en sort pas, Manon veut prendre sa vie en main, Claudie voit le bon côté de la vie depuis toujours.» VOIR PAGE E 4: DRAME Champlain Comment Samuel de Champlain quitta Honfleur/Derechef pour gagner les Ternes Neuves du Canada av 1608, photo tuée de Champlain - La naissance de T Amérique française.L’éditeur Denis Vaugeois propose, dans ce qui s’annonce comme un des plus beaux livres au Québec cette année, un retour sur ce personnage hors pair que fut Samuel de Champlain.CAROLINE MONTPETIT C" est lui qui, il y a 400 ans, mettait, toutes voiles dehors aux côtés de Pierre Dugua de Monts, le cap sur les côtes de l’Acadie, pour établir le premier peuplement en Amérique du Nord.Quelques années plus tard, tout en continuant de rêver de rejoindre la Chine vers l’ouest, c’est lui qui s'installait sur le cap Diamant pour fonder Québec, alors petit poste de traite.Peintre, cartographe hors pair maintes fois copié, navigateur adroit, diplomate respecté, Samuel de Champlain a pourtant été sousesti-mé dans l’historiographie de l’Amérique française, où il vit souvent dans l’ombre des grands explorateurs qu’ont été Cartier et Colomb.En fait constate l'éditeur Denis Vaugeois, du Septentrion, qui vient de publier un livre magnifique sur ce héros de l’histoire de l'Amérique française, ce sont les historiens anglophones, férus de biographies historiques, qui se sont à ce jour intéressés le plus à son œuvre.Qu’à cela ne tienne! Champlain - La naissance de lAmérique, copublié aux Editions Septentrion et aux Editions du Nouveau Monde, réunit, sous la direction de Denis Vaugeois et de Raymonde Litalien, les textes de 33 spécialistes, d’Europe et d’Amérique, qui se sont penchés sur l’époque qui a vu naître Champlain.Le livre regroupe de nombreuses reproductions de cartes (on trouve par exemple une planche de la seule carte manuscrite existant de Champlain) et de dessins peut-être inspirés des illustrations de l’explorateur, représentant les premiers habitants de l’Amérique, mais aussi sa faune et sa flore.Le sujet était vaste.Car de Samuel de Champlain, tout reste à mieux connaître, de sa vie personnelle jusqu’à sa production, colossale, de textes, de cartes et de dessins d’époque.D faut dire d’ailleurs que de grands pans de la vie de Samuel de Champlain demeurent énigmatiques.Jusqu’à son apparence, qui nous est totalement in- connue, puisque tous les portraits qui ont été faits de lui sont des faux et qu’ils ont été, en fait, principalement inspirés du portrait d’un dénommé Michel Par-ticelli d’Emery, surintendant des finances sous Louis XIII.Les origines de Champlain demeurent elles-mêmes obscures.On suppose par exemple qu’il a été protestant, à cause de son prénom, mais aussi parce que le protestantisme était assez répandu dans la région de Larochelle, où il est né, explique Vaugeois en entrevue.On sait cependant qu’il s’est converti au catholicisme, qu’il a beaucoup subi l’influence des jésuites et qu’à cet égard sa femme était même devenue plus zélée que lui.À force de recoupements, l’équipe dirigée par Vaugeois et Litalien établit la naissance de Champlain une dizaine d’années plus tôt que ce qui avait été antérieurement généralement admis.Et si l’on connaît l’année de sa mort, 1635, on ne sait pas non plus où Champlain est enterré, écrit Vaugeois en préface.Car les efforts de l’archéologue René Lévesque pour retrouver sa sépulture sont restés vains.VOIR PAGE E 4: CHAMPLAIN LE DEVOIR, LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 AOÛT 2004 -•'Livres '•- Casser des œufs pour les bibliothèques Jean-François Nadeau n ce pays, il y a toujours, hélas, de mauvaises raisons pour évoquer les bibliothèques scolaires.Mais on voit mal comment il serait possible de ne pas s’indigner encore et toujours devant les hommes et les femmes qui ont laissé se produire pareil gâchis.Au sujet des bibliothèques, les histoires d’un malheur social à retardement s’accumulent dans une perspective qui a de quoi faire frémir.Dans les Cantons-de-TEst, près de Sherbrooke, une professeure du primaire m’a raconté que, pour pallier quelque peu un budget d’acquisition inadéquat de la bibliothèque, les enfants de sa classe récupèrent désormais des vieux cartons d’œufs.Ces vieux cartons, M.Gelé, un aviculteur local, les leur rachète à raison de cinq sous pièce.Exercice pratique à l’usage des enfants: combien vous faut-il de cartons à cinq sous pour arriver à acheter un livre de 15 $?Réponse: 300.Question supplémentaire d’approfondissement: pour que chaque enfant d’une classe de trente élèves puisse avoir un livre entre les mains, combien faut-il accumuler de cartons d’œufs?Réponse: 9000.Une bagatelle, quoi: il suffit en somme que les familles des enfants mangent 108 000 œufs durant l’année, soit un peu # Guérin / Lidec 5# Mondia / Du Phare Éditions Études vivantes Beauchemin Achat d'Études vivantes à Éducalivres en 2002.Entrée du FICC (Fonds d'investissement de la culture et des ERPI communications) dans le capital en 2002.Chenelière McGraw-Hill ^Groupe Beauchemin Les Éditions La Chenelière Gaëtan Morin éditeur Homson teaming L édition scolaire au Québec en 2004 Pearson Education Groupe Éducalivres W Chenelière éducation Groupe Modulo Éditions CEC Québécor a racheté la participation (50 %) de Hachette dans CEC en 2003 et détient maintenant 100 % du capital.Modulo éditeur Modulo-Griffon Achat du Griffon d'argile en 2003 et vente du groupe à Thomson en 2004.Achat du Groupe Morin en 2002 financé par Borealis.Chenelière/D'Urso/Paré toujours majoritaires.Vente de la division «Carrière et orientation professionnelle» à Gesca en 2003.Éditions Grand Duc - H RW Rachat du groupe par l'équipe de direction à Elsevier en 2002 et revente d'Études vivantes à Beauchemin.HRW a été renommé Grand Duc - HRW en 2004.Une étoile signifie que la majorité du capital de l'entreprise est détenue par des intérêts québécois.Graphique du Devoir d’après un tableau d’Oppossum.plus de 2000 œufs par semaine.Quelqu’un osera-t-il nous chanter le couplet usé du partenariat entre secteur public et secteur privé pour sauver les bibliothèques scolaires de leur triste sort?Le chant de pareilles sirènes, nourri à la mamelle d’une idéologie d’autant plus dommageable que souvent elle s’jgnore, s’élève toujours lorsque l’État faiblit devant ses obligations les plus élémentaires.Personne ne s’étonnera donc de l’entendre, y Le baromètre du livre au Québec Cette semaine Renaud-Bray a vendu 19 325 titres différents.1 Polar DA VINCI CODE ¥ 0.BROWN JC Lattès 22 2 Dictionnaire PETIT LAROUSSE ILLUSTRÉ 2005 rtsrjs - 1O0' anniversaire '¦il-V COLLECTIF Larousse 6 3 Roman MAUWITA T.BENACQUISTA Gallimard 10 4 Biographie MA VIE B.CLINTON Odile Jacob 6 5 Sport LE TOUR DE F0GUA ET CHRONIQUES FRANÇAISES 4P P F0GLIA La Presse 12 6 Roman ENSEMBLE, C'EST TOUT 4P A.GAVALDA Dilettante 6 7 Roman Qc L'HISTOIRE DE PI 4P - Booker Prin 2002 V.MARTEL XYZéd.52 8 Polar THE DA VINCI CODE V 0.BROWN Doubieday 72 9 Polar CRACKING THE DA VINCI'S CODE S.C0X Sterling 14 10 Polar IA NUIT EST MON ROYAUME (24“t) M.HIGGINS CLARK Albin Michel 14 11 Santé MÉNOPAUSE, NUTRITION ET SANTÉ V L LAMBERT LAGACE L'Homme 17 12 Psychologie GUÉRIR V SERVAN-SCHREIBER Robert Laffont 70 13 Essais MAL DE TERRE 4P H.REEVES Seuil 68 14 Polar LOS ANGELES RIVER M.CONNELLY Seuil 10 19 Psycho.Qc DEMANDEZ ET VOUS RECEVREZ P.M0RENCY Transcontinental 93 16 Roman LA PROCHAINE FOIS M.LÉVY Robert Laffont 24 17 Roman LA NUIT DE L'ORACLE V P AUSTER Loréac/ActasSud 20 18 Dictionnaire MULIIOICTWNNAIRE DE LA LANGUE FRANÇAISE 4T TEMBRE Karen Young, voix Sylvain Provost, guitare Norman Lachapelle, basse (418) 452-3535 ou 1-888-DFORBET (336-7438) 1 I t LE DEVOIR, LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 AOUT 2004 E 6 Les dessous de La Grande Jatte MICHEL HELLMAN En mai 1886, Georges Seurat, alors âgé de 26 ans, présentait à la huitième (et dernière) exposition impressionniste une œuvre qui allait bouleverser le monde de l’art Ce tableau magistral, intitulé Un dimanche d’été sur l’Ut de la Grande Jatte, faisait preuve d’une technique innovatrice et d’une approche du sujet inhabituel et allait influencer toute la nouvelle génération de l’avant-garde artistique.Aujourd’hui, La Grande Jatte fait partie de ces tableaux très célèbres devenus presque des icônes.Re- La Grande Jatte fait partie de ces tableaux très célèbres devenus presque des icônes produit partout, de la carte postale au calendrier en passant par le t-shirt et la tasse à café, le chef-d’œuvre de Seurat est immédiatement reconnaissable.Il est devenu la fierté du Art Institute de Chicago, qui en fit l’acquisition en 1924.Cet été, le musée fait honneur à sa «vedette» en lui dédiant toute une exposition.C’est un parcours qui rassemble plus de 130 tableaux et dessins: des esquisses préparatoires aux œuvres d’artistes qui ont eu une influence sur Seurat, comme Renoir ou Monet L’exposition nous invite à jeter un regard neuf sur l’œuvre dans son contexte historique et actuel.On apprend ainsi ce qui a mené à l’aboutissement de la technique particulière de Seurat, le pointillisme, et l’influence qu’ont exercée sur lui les nouvelles théories de la couleur qui donnent à son tableau cette apparence si singulière.L’expoai-tion nous présente d’ailleurs une reconstitution digitale de La Grande Jatte qui nous montre les couleurs du tableau comme elles aufaient apparu à la fin du XIXe siècle.Ce qui nous frappe dans les nombreuses études et préparations pour l’œuvre, c’est à quel point rien n’a été laissé au hasard.Nous voyons aussi, au delà de la technique, l’importance du sujet choisi: comment cette scène apparemment anodine est emblématique de la modernité.Heureusement, l’exposition, qui aurait pu facilement devenir une leçon d'histoire de l’art un peu ennuyeuse, ne verse pas trop dans le théorique et, grâce à un parcours habile, nous plonge au cœur de l’œuvre pour en faire ressortir son intérêt encore très actuel.SEURAT AND : THE MAKING OF LA GRANDE JATTE : Jusqu’au 19 septembre The Art Institute of Chicago 111 South Michigan Avenue Chicago, Illinois Vous pouvez enfin lui confier les emplettes sans crainte! .ïïSïiSr $ Visa santé - Paysages de ruines PHOTOS RICHARD-MAX TREMBLAY Sans titre, de Patrick Coutu, 2002-04.^ JV:.ENTONNOIRS, POUSSIÈRES ET CONSTRUCTIONS Patrick Coutu Galerie René Blouin 372, rue Sainte-Catherine Ouest, espace 501 Jusqu’au 18 septembre BERNARD LAMARCHE Si on n’en jugeait que par le carton d’exposition — qui présente une image, chose rare à la galerie René Blouin —, on croirait que le galeriste vient d’ajouter à son écurie un photographe nettement influencé par Geoffrey James, un artiste déjà représenté par la maison.Sur l’image d’un format allongé, panoramique, une ruine se dessine dans un paysage de verdure drapé dans des brumes qui semblent se retirer.En retournant le carton, on voit apparaître le nom de Patrick Coutu, un jeune artiste qui n’a rien à voir avec le précédent photographe, sinon qu’il a lui-même déjà tâté de la photographie dans sa courte carrière.On s’y trompe.En galerie, tout n’est que sculpture.Deux paysages d’une étrange intensité se dressent dans le grand espace de la galerie.D’abord, un paysage tout de béton s’étend sur le plancher de la galerie, un fascinant paysage urbain, ruiné.Ailleurs, ce sont des tiges de ciment coloré qui se dressent dans l’espace, sorte de ballet qui n’est C sans faire penser aux figures allées d’un Giacometti ou encore, sur un mode phallique cependant aux Piss Flowers de Helen Chadwick, qui avait moulé dans la neige des coulées d’urine pour en confectionner des sculptures en plâtre, d’une certaine beauté.Tout l’univers de Coutu, cette fois, est fait de béton.L’artiste travaille avec ce matériau depuis quelques années.Dans les deux cas, il s’agit d’œuvres faites de particules liées entre elles.Entre le modèle réduit d’adulte et le jeu de blocs pour enfant le paysage urbain en question, qui couvre une surface de quelques pieds carrés, est fait de petit modules accumulés qui articulent la vision apocalyptique d’une ville dévastée, écorchée, dont il ne reste que le squelette éventré, et vidée de son entière population.Dans le cas des Flèches, Coutu a laissé tomber des filaments de ciment qui se sont agglutinés au sol pour former des petites tours s’élevant fragilement vers le del.À la manière des délicates figures de Giacometti, ces flèches friables imposent une intense présence malgré leur faible densité.De fait, tout se passe comme si Coutu avait pas- Se laisser éblouir par les couleurs de l’automne ! 15-16-17 octobre CHARLEVOIX Un voyage thématique autour des écrits de GABRIELLE ROY 11 Jaut réserver vite ! Aussi, quelques places pour 31 août - SHAW1NIQAN L'arche de Noé et la Cité de l’Énergie 12 septembre - OTTAWA La Grande Parade au musée (514) 352-36: sé du ciment dans un hachoir à viande et que les filaments s’étaient figés sur le sol, stoppant ainsi leur coulée.Une de ces petites tours a été coulée en bronze.Elle a été déposée dans la petite salle de la gale- Flèches, de Patrick Coutu, rie, où elle évoque le plus directement, par le matériau même, une filiation avec Giacometti.Si l’on veut pousser plus avant la métaphore de la chair que le processus nous permet d’introduire, ces Flèches se lisent presque corn me si elles avaient pris sur leur ossature la chair de la rifle tout près, complètement décharnée.Le contexte général de la production de Coutu laisse croire que cette hypothèse peut être plausible, vu la manière qu’a eue l’artiste dans le passé de faire naître d’inquiétantes histoires autour de ses pièces.Et puis, si l’on ne tient pas à cette hypothèse, il faut le dire, hautement précaire, on peut se rabattre sur la nature organique de ces Flèches, sur l’impression que quelque chose croule sous la pression d’un amas de petits lombrics, comme des asticots.En cela, Coutu a trouvé un ton juste.Pour ce qui est du paysage urbain, cehiki présente une tranquille violence.Un peu comme ces films d’apocalypse qui reviennent à la mode, ce décor montre une sorte de fin du monde.Le béton est pour quelque chose dans cette interprétation, comme si la ville avait été dévastée et qu’il ne restait que les structures.À vrai dire, toutefois, il est impossible de donner une temporalité à cette œuvre.Conformément au genre de fiction dont Coutu raffole, aucune information ne permet de déterminer si cette œuvre d’architecture, dans sa manière de recouper les archétypes de la ville moderne, donne limage d’un chantier laissé en plan ou plutôt celle d’une destruction massive, hypothèse que nous avons retenue jusqu’à maintenant C’est indéddable.C’est probablement en ces termes qu’on saisit le mieux l’exposition.Coutu, en proposant ces structures peu rassurantes, tient également un discours sur l’acte créateur lui-même.Comme le titre le laisse entendre, ces pièces se situent entre «poussières et constructions».Ainsi la sculpture épouse-t-elle les postures de la création, qui oscillent entre l’inachevé, Uncertain et des états plus définitifs.Très réussi.Une autre marque de confiance du galeriste envers des jeunes qui porte fruits.Le Devoir 2002-04.VOUS AVEZ DIT «PRIMITIF»?Exposition de sculpture africaine ancienne Jean-Jacques Lussier - Commissaire invité JEAN PAUL RIOPELLE - PASTEL 35 pastels de 1962 à 1976 GALERIE SIMON BLAIS Texte et mise en scène : Ckklte Guimontt Recherche historique : Patricia Simpson Intnprétatiort Wwitllmimc Boi!lnrx;eon, Diane Beaulieu, % Isabelle Uclcrt et Main Loinos Costumes ; Ahtîfç Grlinô.s et Marie-Athirrc rit* Pourvoi Conception des éclairages i Marie-Andnr Icroire 27 mai au 5 septembre 2004 Jeudi ou dinntnche Version française 15 h 50 tju/tisll ivision 1:50 p.m.Les pionnières * création théâtrale PWV Musée Marguerite-Bourgeoys * H Chapelle Notre-Dame-dc-Bon-SecourS ^ vjf I 400, IU feü .• .,.[symposium &I international d’art contemporain 13 de Baie-Saint-Paul Commissaire : Mona Hakim DmMUopnn '.G.P.C.SM2 (VwmK), 2002, émail sur bois, 122 » IM on.du 30 juillet au 6 septembre 2004 iitmimMiiwiifiii mmnrmnrm>éitriaBiii tir-" • activités Avenir : Dimanche, 22 août à 15h Spectacle: Cycle 5 avec Valérie Laçasse, chorégraphe et interprète Vendredi, 27 août a 14h Causerie avec Sophie Privé (Qué) et Wolfgang Kessler (Allemagne) Samedi, 28 août à 16h Spectacle: Les oreilles du silence avec Gervais Bergeron et Quarté Dimanche, 29 août à 15h Visite des ateliers avec la commissaire Mona Hakim ATELIERS jEUNESSE (tous les jours) par une équipe d'animatrices spécialisées • Rencontre avec les artistes • Jeux questionnaire • Théâtre de rue Les artistes seront présents sur le site du 30 juillet au 29 août 2004 NOS PARTïNAIRES: __£t.Prtrtmolr»can«*«i "^Québec”» Quebec*! § arrv JL, (J * «J le Devoir le soleil coSo*»1}** chamSmn Pi£bi Jciu" LE CENTRE D'ART DE BAIE-SAINT-PAUL H, «Ut FORGET eSTO, BAIE-SAINWAUl T : (418) 435-36*1 F : (418) 43S-6269 «ww.tympotiuii.bip.nrt 0»wrt Anneri «» dhttndie de 12ti i 1I>> K k lundi F6
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