Le devoir, 23 août 2004, Cahier A
r ISRAËL Un pas de plus vers le retrait de Gaza Page A 5 CULTURE Le Cri de Munch dérobé à Oslo Page B 8 w w w .1 e d e y o i r.c o m DEVOIR V o L .X C V N “ 1 9 0 ?L E L U N D 1 2 3 A O U T 2 0 0 I 8 7c + T A X K s « I $ Une médaille d’or canadienne ! i À 31ft ADRIAN DENNIS AGENCE FRANCE-PRESSE COIFFÉ de rameaux d’olivier, le gymnaste canadien Kyle Shewfelt (au centre) savourait hier une double victoire.Le jeune athlète de 22 ans, originaire de Calgary, a non seulement remporté la première médaille d’or canadienne des Jeux olympiques d’Athènes, mais il a aussi couronné sa discipline, à l’échelle du pays.Car le Canada n’avait jusqu’ici jamais accédé à un titre olympique en gymnastique masculine au sol.Le Roumain Marian Dragulescu (à gauche) a obtenu l’argent tandis que la médaille de bronze est revenue au Bulgare Jordan Jovtchev (à droite).Nos informations en page B 4.HORS-JEU* L’autre jour j’ai pris rie la drogue Si vous le voulez bien, mettons les point sur les i, les barres sur les t et les trémas sur «configuration musculaire ambiguë»: si le haut de torse du sprinter états-unien Shawn Crawford a été acquis en mangeant des brocolis vapeur, en buvant de la petite vache bleue et en se levant dès potron-jaquet pour aller faire du taï-chi au parc Lafontaine, alors la devanture de Pamela Anderson ne doit rien à la chirurgie de pointe et tout aux forces Jean de la Nature.D’ailleurs, qu’il soit Dion dit en passant que mademoiselle Anderson a joué un rôle non négligeable dans ces Jeux d’Athènes 2004.Vous ne me croyez pas, bien sûr.Vous voyez dans cette allusion du sensationnalisme de bas étage destiné à appâter le lecteur qui affirme regarder le volley-ball de plage féminin pour la beauté enchanteresse du sable.Si c’est le cas, vous avez tout faux.C’est qu’en réalité, au printemps dernier, Pamela était tranquillement assise chez elle à lire du Proust lorsqu’une amie lui offrit un billet pour un spectacle de gymnastique.Cette dame était la mère d’une amie de Mohini Bhardwaj, une gymnaste qui essayait d’amasser du fric pour se rendre aux qualifications américaines en juin.Or Mme Anderson fit mieux que de se procurer le ticket elle remit un chèque de 25 000 $US à Bhardwaj.Qui se qualifia.Et qui remporta une médaille d’argent au concours par équipe mardi dernier.Devant Pamela qui était dans les estrades, du reste.Cela vous scie, n’est-ce point?Vous devriez pourtant être habitués aux histoires incroyables pendant les Jeux olympiques.Tout y est incroyable.Il est d’ailleurs incroyable qu’on n’entende pas plus souvent le mot «incroyable» dans la bouche des commentateurs de la télévision, qui ne l’énoncent que toutes les 30 secondes.Mais revenons à Crawford.Saviez-vous que des poitrails aussi impressionnants que le sien ont donné naissance à une expression du terroir?D y a du monde au BALCO.C’est pas fin, hein?Hier, au 100 m remporté par son compatriote Justin Gatlin, Crawford a terminé au quatrième rang.Finir quatrième, c’est terrible.Ce n’est pas moi qui le dis, c'est Albert Jacquard, dans son récent essai Halte aux Jeux! où il prône grosso modo l’abolition de la notion de compétition dans l’olympisme parce que la compétition n’est pas une bonne chose et mène l’humanité à un cul-de-sac au lieu de favoriser la paix universelle.Je suis bien d’accord.Et j’ajouterai: on devrait aussi abolir l’humanité, comme ça il y aurait moins de guerres.VOIR PAGE B 4: DROGUE € lA, PASCAL RATTHÉ LE DEVOIR ACTUALITÉS Un nouveau monde en cinquante points Les jeunes participants aux ateliers de l’Université du Nouveau Monde ont conclu leurs activités, hier, en accouchant d’une série de 50 propositions visant à (Jessiner le visage souhaité du Québec de demain.Eclectiques, les suggestions ont néanmoins permis d’exprimer une préoccupation commune à faire du citoyen du Québec un acteur actif de l'espace public et un protecteur du bien collectif au même titre que l’Etat ¦ À lire en page A 3 INDEX Annonces.B5 Idées.A7 Avis publics.B 6 Météo.B 5 Convergence.B 7 Monde.A5 Culture.B 8 Mots croisés.B 6 Décés.B 5 Religions.B 6 Économie.B 1 Sports.B 4 Éditorial ___A6 Télévision.B7 L’ENTREVUE Créer des lieux d’imaginaire Le musée est aujourd'hui un lieu où Von transmet les premiers indices de la connaissance, dit l'architecte Alain Moatti Cet automne, les architectes méditerranéens Alain Moatti et Henri Rivière entameront la supervision du chantier du musée qu’ils ont conçu et qui court le long de l’histoire pour remonter à l’invention de l’écriture.À Figeac, le musée Champollion installé dans la maison natale de l’égyptologue depuis 1986 est appelé à devenir le musée des Écritures du Monde.Dans des murs qui accumulent les années depuis le Moyen-Âge, à l’heure des musées qui dans le monde deviennent de spectaculaires cathédrales, le duo d’architectes s’est enfoncé dans les profondeurs de la ville et du temps.Le Devoir a rencontré Alain Moatti.BERNARD LAMARCHE \ Figeac, l’architecte A Alain Moatti joue entre ce qui est visible et ce qui se dérobe à la vue.Pour ce faire, une façade en pierre cache un écran-moucharabieh percé de 1500 signes illustrant les écritures du monde entier.La façade aux 1000 lettres sera intégrée à son environnement grâce à un éclairage nocturne, assez doux, qui va participer aux lumières de la ville.À l’intérieur, les salles sont articulées par de grands es- paces de couleurs monochromes, où tout un chacun peut se projeter et où seuls les objets vont ressortir.Chaque salle marque différents parcours plongeant le visiteur dans l’histoire de l’écriture.Derrière ces espaces, une conception de l’écriture.Plus que l’écriture comme moyen de communication, comme moyen de donner corps à des idées, de pousser plus loin la réflexion, l’écriture est faite pour la transmission.Par contre, •on a développé une thématique légèrement différente, l’idée que VOIR PAGE A 8: MOATTI w- -¦ >VI JACQUES GRENIER LE DEVOIR Alain Moatti Forêts : nouvelle alarme La moitié des coupes de feuillus se pratiquent en contravention des normes LOUIS-GILLES FRANCOEUR La moitié des coupes forestières pratiquées dans les forêts feuillues du Québec, principalement concentrées entre le Témiscamingue et le Bas-Saint-Laurent, ont été menées en contravention des nonnes réglementaires par les exploitants forestiers.C’est ce que révèle un bilan signé par trois chercheurs du ministère des Ressources naturelles, de la Faune et des Parcs (MRNFP), Steve Bédard, Zoran Majcen et Sébastien Meunier, de la Direction de la recherche forestière.Les conclusions alannantes de cette étude ont été publiées dans la revue gouvernementale Info Forêt de juin sans être pour autant relevées par les médias.Contrairement aux normes sur la «coupe de jardinage», qui prévoient l'enlèvement prioritaire obligatoire des tiges malades ou sans avenir pour stimuler la productivité des forêts, les exploitants forestiers payés par Québec pour nettoyer les forêts ont plutôt prélevé 23% des arbres vigoureux sur lesquels repose l’avenir à long terme de ces peuplements de grande valeur.L’étude indique aussi que, dans les forêts jardi-nées, la moitié des arbres laissés sur pied — plus précisément 47% — étaient •constitués de tiges non vigoureuses», contrairement aux stipulations du Manuel d’aménagement forestier, le recueil des normes de coupe.VOIR PAGE A 8: FORÊTS IRAK De violents affrontements font toujours rage à Najaf Annonce de la libération d'un journaliste américain, mais disparition de trois journalistes européens De violents affrontements se sont déroulés hier à Najaf autour du mausolée de l’imam Ali entre l’armée américaine et les miliciens du chef radical chiite Moqtada Sadr, dont un porte-parole a annoncé la libération d’un journaliste américain.En revanche, l’inquiétude grandissait quant au sort de trois journalistes européens, dont deux Français, portés disparus depuis jeudi et vendredi.La libération du journaliste américain Micah Ga-ren, enlevé le 14 août dans le sud, a été annoncée par Aws al-Khafaii, chef du bureau de Moqtada Sadr à Nasiriya, sur la chaîne de télévision sateUitaire arabe al-Jazira.Selon ce dernier, il se trouverait à Nasiriya.Par ailleurs, quatre soldats américains ont été tués durant le week-end, dont trois samedi dans la province sunnite d’Al-Anbar (à l’ouest de Bagdad).Un autre a été tué hier par l’explosion d’un engin piégé à Mossoul (nord), portant le nombre de soldats américains tués en Irak à plus de 950, dont au moins 708 au cours des combats.Les nouveaux affrontements qui ont éclaté hier dans la vieille ville de Najaf sont survenus après des bombardements de l’aviation américaine visant dans la nuit de samedi à hier, des positions des miliciens près du mausolée.Selon des chefs de l’insurrection chiite dans la ville sainte, l’enceinte extérieure du mausolée de l’imam Ali a été endommagée dans ces bombardements.Les combats qui opposent depuis le 5 août les miliciens chiites aux forces américaines avaient perdu VOIR PAGE A 8: NAJAF ¦ Lire aussi en page A 5: Najaf: entre offensive et dialogue * LE DEVOIR, LE LUNDI 23 AOÛT 2 0 0 4 A 2 •LES ACTUALITES- Résultats du deuxième trimestre Les grandes banques devraient annoncer une hausse de leur bénéfice net NANCY CARR Toronto — Les grandes banques canadiennes, dont les résultats du deuxième trimestre de 2004 seront connus cette semaine et la semaine prochaine, devraient annoncer un bénéfice net en hausse de 10 % en moyenne comparativement à celui de la même période de l’an dernier, mais en légère baisse par rapport au chiffre dévoilé au terme du précédent trimestre de l’exercice en cours.Les banques ont constamment diminué leurs provisions pour pertes sur prêts — et par conséquence augmenté leurs bénéfices — au cours des quatre derniers trimestres, à un point tel que Gavin Graham, directeur des investissements chez Guardian Groupe de fonds, a dit douter que les pertes découlant de mauvais prêts puissent être plus faibles.En outre, comparativement au précédent trimestre de l’exercice 2004, le côté investissement des activités des banques «ne sera probablement pas aussi fort qu’il ne l’était», a ajouté M.Graham.«Néanmoins, nous allons quand même constater une rentabilité élevée malgré le ralentissement de la croissance des bénéfices», at-il déclaré.Michael Overvelde, analyste bancaire chez UBS, s’attend également à ce que les banques voient leur bénéfice net chuter légèrement par rapport aux résultats observés trois mois auparavant Selon les spécialistes consultés par la firme Thompson One Analytics, la croissance des bénéfices des six grandes banques du pays devrait se situer entre un sommet de 20 % à la Banque CIBC et un faible résultat de trois pour cent à la Banque de Montréal.La Banque TD et la Banque Scotia devraient toutes deux faire état d’une croissance de 12 % de leurs bénéfices respectifs.La Banque Nationale devrait quant à elle annoncer une croissance de neuf pour cent de ces mêmes bénéfices.Les analystes s’attendent enfin à une augmentation de 4 % du bénéfice net de la Banque Royale.De plus, les institutions bancaires qui n’avaient pas augmenté leur dividende lors du dernier trimestre, comme la Banque de Montréal, la Banque Royale et la Banque TD, devraient le faire au moment de rendre publics leurs plus récents résultats trimestriels.Presse canadienne La hausse du prix des carburants force les entreprises à s’adapter ALLAN SWIFT Augmentation des prix, réduction des coûts et déménagements sont au nombre des moyens utilisés par les entreprises canadiennes pour composer avec la nouvelle réalité que constitue l’augmentation des prix du pétrole.Parmi les plus durement touchés se trouvent les transporteurs aériens et les entreprises de transport Alain Bédard, chef de la direction de la compagnie de transport Transforce, exprime la frustration des autres qui travaillent dans le même secteur et considèrent qu’ils subissent injustement une grande part de la hausse des prix du pétrole.«Des entreprises comme Wal-Mart et Home Depot peuvent refuser de payer plus, a dit M.Bédard.Mais les camionneurs n'ont pas le choix; si on ne répercute pas la note, on fait faillite.» M.Bédard estime que les industries absorbent 75 % de la hausse des coûts du carburant, alors que cette part est de 15 à 25 % pour les camionneurs.Transforce, une des plus importantes entreprises de transport au Canada — avec des revenus d’environ un milliard de dollars —, dépense 125 millions en carburant chaque année.Les coûts de l’essence varient de 6 à 9 % des recettes des camions de livraison alors qu’ils représentent 15 à 22 % de celles des gros transporteurs que sont les semi-remorques.L’association des transporteurs de marchandises publie des directives pour l’imposition de frais supplémentaires en fonction du prix de l’essence.Mais cela ne veut pas dire que les clients des compagnies de transport vont les accepter.«La bataille a été difficile pour tous les membres de l’industrie du camionnage», a dit M.Bédard, qui emploie 8000 personnes pour conduire des camions, dont ceux des flottes de Kingsway et de Canadian Freightways, qui appartiennent à son entreprise.«Nous ne sommes pas tant inquiets de la hausse des prix du pétrole que de l’effet dévastateur que ces augmentations pourraient avoir sur l’économie nord-américaine», a-t-il poursuivi.Impact sous-estimé Selon Jean-Yves Bâcle, vice-président exécutif et directeur général d’IPL, une entreprise qui produit du plastique à Saint-Damien, les économistes ont sous-estimé la pression inflationniste induite par les prix du pétrole parce qu’ils sous-estiment leur importance dans la fabrication de plastique.M.Bâcle affirme que l’utilisation du plastique a augmenté 2,5 fois plus rapidement que la croissance de l’économie de l’Amérique du Nord au cours des 20 dernières années.Durant cette période, ce produit a fait son entrée dans la fabrication de nombreuses pièces automobiles en plus d’être utilisé dans l’emballage.«Tôt ou tard, l’augmentation du prix de ces produits va se faire sentir», a dit M.Bâcle, qui constate que les coûts de la résine ont doublé depuis deux ans.Du côté d’Air Canada, de West Jet et d’autres transporteurs, le prix des billets d’avion a été majoré en réaction à la hausse du prix du carburant La compagnie des chemins de fer nationaux du Canada (CN) dispose pour sa part d’une grille tarifaire qui comprend une échelle pour les prix du pétrole.Ses clients paient actuellement 8 % de plus en raison de l’augmentation du prix de l’essence.Presse canadienne EN BREF La conciliation travail-famille au menu Une réunion spéciale sur la conciliation travail-famille s’amorce aujourd’hui au Manoir Richelieu dans Charlevoix, à l’initiative du ministre québécois de l’Emploi, de la Solidarité et de la Famille, Claude Béchard.Tous les ministres provinciaux et responsables territoriaux du marché du travail et des services sociaux sont conviés jusqu’à demain après-midi à cette rencontre intitulée Un marché du travail au rythme des familles.Ils discuteront des défis que posent les nouvelles réalités du travail et des familles sur le plan des politiques publiques.Des conférenciers des secteurs privés, publics et universitaires proposeront des initiatives susceptibles de favoriser la conciliation travail-famille.- Le Devoir Montréal : la station Henri-Bourassa rouvre aujourd’hui La station de métro Henri-Bouras-sa, l’une des plus importantes du réseau montréalais, va rouvrir aujourd’hui, après trois mois de fermeture.Cette décision de fenner la station, du 15 mai au 23 août, avait du être prise pour permettre la réalisation de travaux majeurs pour le raccordement du métro existant au futur réseau devant relier Montréal à Laval.Cette fermeture a provoqué de nombreux changements dans l’horaire des usagers, qui ont dû utiliser un autre type de transport pendant cette longue période.Les mesures transitoires mises en place, comme les navettes, seront abolies dès aujourd’hui.Selon la STM, elles se sont avérées très efficaces.- PC La grève des fonctionnaires fédéraux paraît probable SANDRA CORDON Ottawa — L’envoi des chèques de pension pourrait être retardé, les inspections à la frontières pourraient se faire au ralenti et des piquets de grève pourraient être dressés partout au pays si plus de 130 000 fonctionnaires fédéraux donnent suite à leurs menaces de débrayer — peut-être dès septembre.Les négociations entre le premier ministre Paul Martin et la majorité des employés représentés par l’Alliance de la fonction publique du Canada pour le renouvellement de leur convention collective semblent se diriger droit vers l’affrontement Aucune des parties ne parait prête à mettre de l’eau dans son vin.Et déjà, à Parcs Canada, 4800 travailleurs sont en grève depuis plus d’une semaine.Les prochains moyens de pression risquent de venir des 24 000 employés de l’impôt à l’Agence du revenu du Canada.Ceux-ci pourraient être en mesure de débrayer légalement autour de la fête du Travail.Les deux parties attendent un rapport de conciliation cette semaine, rapport susceptible de les ramener à la table de négociation.En cas d’échec, les travailleurs auront le droit de déclencher la grève une semaine après la remise du rapport du conciliateur.La ligne dure Pour Ottawa, le moment est crucial.Les libéraux de Paul Martin, pourtant réélus de justesse avec une minorité en juin dernier, ne semblent pas du tout craindre l’affrontement avec leur plus gros syndicat.Le gouvernement fédéral semble plutôt se préparer à des affrontements pénibles afin, disent certains, d’économiser des millions de dollars en salaires versés au personnel du secteur public, pour les consacrer plutôt aux prio- rités politiques du premier ministre: les dépenses en santé et pour les municipalités.Selon Gene Swimmer, un économiste du travail de l’Université de Carleton, à Ottawa, le gouvernement prône une ligne relativement dure dans cette série de né-gociations avec les fonctionnaires.fi espère que cela sera vu de manière positive, que cela convaincra les Canadiens que M.Martin tient serrés les cordons de la bourse publique, pour se distinguer du précédent groupe au pouvoir, sous l’ex-premier ministre libéral Jean Chrétien, analyse l’expert Syndicats combatifs Nycole Turmel, la présidente de l’Alliance, qui représente 155 000 employés de la fonction publique, croit qu’avec son statut minoritaire, le gouvernement fédéral devrait rechercher l’appui des travailleurs.Mais elle assure que les ceux- ci sont prêts à se battre pour obtenir de meilleurs salaires et une protection accrue pour les dénonciateurs.Dans tous les services gouvernementaux, les services seront au minimum, prévient-elle.Les syndiqués dresseront des piquets de grève et tiendront des séances d’information à travers tout le pays.En moyenne, ces travailleurs réclament des hausses de salaire d’environ 4 % pour chacune des années d’un contrat de trois ans.Le Conseil du trésor, qui est l’employeur officiel pour la majorité des fonctionnaires fédéraux, a proposé des hausses moyennes d’environ 1,75,1,25 et 1,25 % par an, pour une convention de trois ans rétroactive au milieu des années 2003, selon le syndicat D n’a pas été possible d’obtenir de commentaires de la part du Conseil du trésor.Presse canadienne L’alimentation bio en fête '- • S vuuvi• ¦¦ rrm*- TOV lit .m % ft ^ PASCAL RATTHÉ LE DEVOIR LA FETE des récoltes s’est conjuguée hier au temps de l’agriculture biologique au marché Maisonneuve, dans Test de la ville, où se tenait pour la quatrième année consécutive la Bio Fête.Regroupement sous chapiteau de producteurs, transformateurs, certificateurs et amateurs d’alimentation biologique, l’événement a attiré pendant deux jours une cinquantaine d’exposants et près de 6000 visiteurs, selon les chiffres fournis par les organisateurs.«C’est un peu moins que par le passé, a commenté Benoît Girouard de l’Union paysanne biologique, mais le soleil comme la diffusion des Jeux olympiques à la télévision ont un peu joué contre nous cette année.» À 100 ans, la compagnie Kruger veut montrer de quel bois elle se chauffe KARINE FORTIN Côte-des-Neiges n’était qu’une banlieue de Montréal quand le Néo-Québécois Joseph Kruger y a établi un entrepôt pour son commerce de papiers fins, en 1904.Ce terrain, situé à des kilomètres du quartier des affaires, est demeuré tout au long du siècle le cœur d’une entreprise aussi sobre et discrète que puissante qui emploie aujourd’hui près de 11000 personnes sur frois continents.Gérée par le petit-fils du fondateur — Joseph II — qui en est d’ailleurs le propriétaire unique, Kruger se classe parmi les grandes compagnies forestières canadiennes.Elle est sans conteste l’une des plus grosses entreprises non inscrites en Bourse au pays.En 2003, son chiffre d’affaires s’est établi à 2,9 milliards de dollars, comparativement à 3,2 milliards pour Cascades et 4,8 milliards pour Domtar.Selon le vice-président et chef de l’exploitation Bernard Rou-thier, la moitié de ces revenus proviennent de la division papiers pour publication qui compte parmi ses clients de grands groupes de presses américains comme Ganett et le New York Times.La division Papiers Scott, (pii manufacture notamment le papier hygiénique Cottonelle et les «Scott Towels», est responsable du tiers des ventes de la société.Le reste provient des activités de Kruger dans les domaines du carton (20%), de l’énergie, de l’environnement et du bois d’œuvre.Géant manufacturier C’est le père de l’actuel président qui a amorcé la transformation de l’entreprise familiale en géant manufacturier, dans les années 1950.Arrivé aux commandes de la société à l’âge de 25 ans en 1927, Gene Kruger a successivement acquis des usines de papier journal et de carton en faillite à BromptonviDe et Sherbrooke avant de mettre pied en Amérique du Sud en 1956.La compagnie montréalaise est encore propriétaire aujourd’hui de Papeles Venezolanos (Venezuela) et de Papeles Nacionales (Colombie) qui se spécialisent dans la fabrication de papiers tissus.Dans les décennies qui ont suivi, Kruger s’est considérablement diversifiée en achetant des actifs en Mauricie, en Abitibi, sur la Côte-Nord, en Ontario, à Terre-Neuve, aux États-Unis et jusqu’en Angleterre.La compagnie s’est en outre dotée de scieries, d’usines de recyclage et de centrales hydroélectriques.A une certaine époque, Kruger produisait même de l’aluminium! Comme elle n’est pas cotée en Bourse, l’entreprise n’a pas d’obligations de rendement envers ses actionnaires.«Le seul moteur des Kruger c’est leur esprit d'entrepreneur», fait valoir M.Routhier, qui est au service de l’entreprise depuis 13 ans.Tous les investissements réalisés par la société depuis 100 ans ont été financés à même son encaisse.«On va à notre rythme, en fonction des cycles de l’industrie.en maintenant un niveau d’endettement raisonnable», insiste le vice-président Gestion prudente Kruger a la réputation d’être bien gérée.Leur légendaire prudence en affaires aurait même permis aux héritiers de Joseph Kurger d’amasser Time des plus grosses fortunes privées du Canada Au milieu des années 1990, on l’évaluait à 750 millions au bas mot II est impossible de savoir ce qui est advenu de cette somme.Joseph Kruger H en dit en effet le moins possible sur lui et sur sa compagnie, refusant presque systématiquement les demandes d’entrevues.Pour le centenaire de la compagnie, le chef d’entreprise a remis à ses employés une cassette vidéo récapitulant en images un siècle d’industrie.Mais aucune célébration flamboyante n’est au menu.Il semble que ce ne soit tout simplement pas le genre de la maison.«Le 10O anniversaire est à l’image de la compagnie.R n’y a rien de spectaculaire.Ça reste très simple», insiste Bernard Routhier.Prendre des risques Malgré son âge vénérable, la compagnie Kruger continue à prendre des risques, à développer ses affaires.Au cours des dernières années, elle a ainsi investi plusieurs millions dans la relance de la papetière Wayagamack, de Trois-Rivières.Alors que ses rivales comme Abè tibi-Consolidated et Domtar réduisaient leur effectif elle embauchait Aucun établissement de la société n’a été fermé en dépit de la crise du bois d’œuvre.Une scierie de la Côte-Nord a cependant été reconvertie en usine de transformatioa Les prix du bois et du papier ont recommencé à augmenter.Kruger et ses concurrentes peuvent donc espérer des jours meilleurs.Si la compagnie veut fêter son bicentenaire, elle devra néanmoins relever des défis de taille.Celui de la productivité, d’abord.D’après M.Routhier, l’Est de l’Amérique du Nord est l’un des endroits où il est le plus coûteux de faire de l’exploitation forestière et de la transformation des produits du bois.«Le prix de la fibre est le plus élevé au monde», affirme le vice-président.La main-d’œuvre n’est pas abordable et l’énergie l’est de moins en moins.«La concurrence est très forte.Si on veut rester rentable, il faut investir énormément dans la haute technologie.» Et puis il faudra aussi assurer la relève.Nul n’est éternel et peu d’entreprises québécoises ont survécu au passage de trois générations.Au sein de l’entreprise, on assure que la question a déjà été abordée.Mais d’après ses collègues, à 60 ans Joseph Kruger D consacre plus de 12 heures par jour à son tra-vaiL Et il se dit encore bien loin de la retraite.Presse canadienne 4 * LE DEVOIR.LE LUNDI 23 AOÛT 2004 A ;* ACTUALITES Université du Nouveau Monde Les jeunes proposent un Québec au visage neuf PASCAL RATTHÉ LE DEVOIR Le ministre de l’Education du Québec, Pierre Reid, discute avec Michel Venne, directeur de l’Institut du Nouveau Monde et organisateur de l’école citoyenne qui réunissait ce week-end quelque 400 jeunes participants.GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ Socialement vert, humainement engagé et collectivement responsable: le Québec de demain tel qu’imaginé par les 400 jeunes réunis ces derniers jours à l'Université du Nouveau Monde (UNM) présentera dans 20 ans un visage autrement différent de celui d’aujour-dTim.Pour y parvenir, 50 propositions ont été mises sur la table, hier, en conclusion de la fin de semaine de discussions de l’école citoyenne créée par l’Institut du Nouveau Monde QNM).Derrière l’éclectisme de la présentation, les jeunes rassemblés ont montré hier une préoccupation commune à faire du citoyen du Québec un acteur actif de l’espace public et un protecteur du bien collectif Mais pas question, d’aller au front seul: l’État devra prendre sa place, et fortement Un État-interventionniste?Pas vraiment croit Michel Venne, directeur de l’INM et organisateur de l’événement «/ai compris des discussions qu’il fallait un État très présent, oui, mais qui agisse comme gardien du bien commun.» M.Venne note aussi dans son bilan que les universitaires d’été ont pris soin d’interpeller l’ensemble des intervenants dans leurs demandes: les syndicats, le patronat les municipalités, les commissions scolaires.«La notion de concertation est très Jbrte, ce n’est pas un État qui travaille seul.Il ap- pelle à la responsabilisation», y compris la leur.La saison des idées des jeunes aura connu un cycle rapide: en quatre jours, tenter de s’entendre sur des propositions et leurs formulations n’était pas évident «On a travaillé fort et vite, confiait un des participants, mais ça nous a stimulé à trouver des solutions concrètes.Cest une discussion qu’on lance.» Des solutions Des solutions, il y en a donc 50.Cinq thématiques générales les classent Sur la Mondialisation, les jeunes demandent notamment que chaque gouvernement consacre 0,7 % de son PIB à l’aide internationale; ils souhaitent la création d’un ministère de la Consommation pour valoriser la consommation responsable; la réhabilitation de l’Observatoire québécois de la mondialisation; l’étiquetage obligatoire des OGM-Côté Environnement les participants demandent entre autres choses aux instances de définir l’eau comme patrimoine collectif essentiel à la vie, de rendre gratuits les transports en commun, de valoriser davantage les nouvelles solutions énergétiques moins polluantes, et finalement d’inscrire au programme scolaire des cours de sensibilisation environnementale.La présentation du volet Éducation, travail et famille aura permis aux jeunes d’expriiper bruyamment au ministre de l’Éducation du Québec (MEQ), Pierre Reid, pré- sent dans la salle, leur opposition à la réforme du régime de prêts et de bourses.Une ovation a ainsi sqlué la proposition demandant à l’État de réaffirmer l’universalité du droit à l’éducation.Plus loin, on a aussi exigé un engagement du MEQ à soutenir les cégeps en région.Sur le thème de l’Identité, les participants demandent notamment que les traités commerciaux internationaux excluent de leurs chartes ce qui concerne l’identité des citoyens au sens large.De façon plus légère, on prône aussi pour la création d’une «journée des voisins», sorte de foire de ruelle communautaire pour apprendre à connaître ses voisins.Pour ce qui est des Arts, médias et espace publics, on désire voir exclus des traités de libre-échange les biens et les services culturels, afin d'en préserver la particularité (toutes les propositions sont au uwttttftftm.4c.ca).Le ministre Pierre Reid, au nom du gouvernement, est venu prendre note des suggestions des jeunes, qu’il s'est engagé à transmettre à ses collègues et à la *machine».Tout ce qui a été énoncé n'est pas réalisable, leur a-t-il dit, mais rien n’est impossible non plus.•J'ai été impressionné par l'intelligence et l’ù propos des propositions.Parfois [ils] prennent des positions très claires dans des débats existants, parfois [ils] en ouvrent de nouveaux.» Bilan positif Tous les jeunes rencontrés se disaient hier heureux de l’expérience.•Cest stimulant de se rassembler.dit Ariane Gagnon-Léga-né, ça nous donne beaucoup d’énergie pour amener la discussion chez nous et la continuer.» Pour Mathieu Lepage-Leclerc, les jeunes ont démontré ces derniers jours l’étendue de leurs préoccupations.«De nouveaux enjeux s'ajoutent quand on parle de mondialisation, dit-il.Les problèmes |de partout] nous touchent.C’est donc normal de voir plus loin.» Ariane Gagnon-Léga-ré ajoute: •Les discours politiques en général parlent de croissance économique et de productivité.On s'est inscrit à l'extérieur de ça.En tant que jeunes, on n 'a pas envie que nos rêves soient balisés par des choses aussi plates que la productivité [.] Ça revient à inverser les priorités.» LUNM pourrait bien revenir l’an prochain, selon Michel Venne.Le Devoir En quatre jours, les jeunes participants se sont entendus sur une cinquantaine de propositions SCIENCE La découverte de ceMes souches pourrait aider les diabétiques MARIA BABBAGE Toronto — Des chercheurs canadiens ont découvert ce qui semble être des cellules souches dans le pancréas.Cette découverte pourrait conduire à la mise au point de nouveaux traitements contre le diabète et amener une meilleure compréhension du développement de ces cellules.Les scientifiques ont identifié dans le pancréas de souris adultes des cellules individuelles capables de produire les cellules bêta, qui sécrètent de l’insuline.L’insuline contribue à stabiliser le niveau de sucre dans le sang.Selon Simon Smukler, qui a dirigé l’étude à l’Université de Toronto, les cellules identifiées dans l’étude, qui paraît aujourd’hui dans la version Internet de •Nature Biotechnology», ont montré une des deux principales propriétés des cellules souches: elles génèrent des types variés de cellules.Dans ce cas, les cellules ont généré les cellules bêta et — à la surprise des chercheurs — des neurones, les cellules qui contribuent au fonctionnement du cerveau et du système nerveux.La théorie généralement acceptée au sujet du développement cellulaire stipule qu’il existe un groupe distinct de cellules destinées à produire le cerveau, et un autre groupe à l’origine du pancréas, explique M.Smukler.Or cette découverte pourrait changer cette conception, parce qu’elle montre qu’une seule cellule du pancréas peut produire à la fois des cellules bêta et des neurones.Pour le scientifique, cette découverte •soulève plus de questions que de réponses».Les vraies cellules souches ont aussi la propriété de se renouveler, ce qui reste à démontrer dans le cas des cellules identifiées par les chercheurs.Même s’il faudra attendre encore longtemps avant de pouvoir procéder à des essais cliniques, cette découverte pourrait affecter le traitement du diabète — particulièrement du diabète de type 1, où le corps ne possède pas suffisamment de cellules bêta pour produire l’insuline.Trouver des tissus compatibles pour des transplantations de cellules pancréatiques dans les cas de diabète de type 1 est compliqué, poursuit M.Smukler.Mais cette étude pourrait pallier ce problème en identifiant d’autres sources — abondantes — de cellules productrices d’insuline.Plus de deux millions de Canadiens souffrent de diabète, selon l’Association canadienne du diabète.Environ 10 % sont atteints du diabète de type 1, les autres du diabète de type 2, qui survient quand le pancréas ne produit pas suffisamment d’insuline, ou le corps n’utilise pas efficacement l’insuline produite.Presse canadienne Sahar Hawili pour le PQ dans Nelligan Sahar Hawili représentera le Parti québécois dans la circonscription de Nelligan lors des élections partielles prévues le 20 septembre prochain.Lassemblée d’investiture réunissait hier une cinquantaine de membres du parti.La femme d’ori- autres candidats, Sasha-Alexandre Gauthier et Gilles Paquette.Née à Dakar au Sénégal, Mme Hawüi s’est installée au Québec en 1992 et étudie actuellement en techniques juridiques au Collège Ahuntsic.Elle affrontera notamment la libérale Yolande James, avocate de 26 ans qui est née dans la droonscription qu’eDe habite toujours.-Le Devoir Atterrissage d’urgence Un Boeing 747 de British Airways transportant 302 passagers de Phoenix à Londres a dû se poser d’urgence dans la nuit de samedi à dimanche à Montréal pour une raison technique, a déckôè à TAFP un porte-parole de la compagnie aérienne britannique à Montréal L’ap pareil assurant le vol BA 288 «a été dévié sur l’aéroport Pierre-EHiott-Thideau à Montréal vers 3k du matin après que le capitaine a détecté une odeur de bridé dans le cockpit»,».EN BREF indiqué Honor Verrier, responsable des communications à British Airways.Le problème concernait le système d’air conditionné, a-t-elle précisé.«Ce n’était pas quelque chose qui aurait pu mettre en danger la sécurité du vol,»assuré Mme Verrier, mais la sûreté et la sécurité sont les priorités» de la compagnie.Les passagers ont été dirigés vers des hôtels près de l’aéroport, en attendant de reprendre l’avion vers 20h hier en direction de Londres.-AFP Site de forage en Gaspésie sous haute surveillance Québec—La ministre déléguée au Développement régional Nathalie Normandeau, affirme qu’il n’est pas question de permettre une activité d'exploitation qui causerait un préjudice à l’environnement dans la baie des Chaleurs.La députée de Bonaventure entend donc demeurer vigilante dans le dossier du forage exploratoire dHydroQuébec, à quelques centaines de mètres du parc de Miguasha, un site reconnu par 1UNESCO.Interrogée sur cette activité de forage qui suscite bien des critiques en Gaspésie! Mme Normandeau réplique que le questionnement de la population est normal Elle ajoute que la nécessité de baie des Chaleurs, commande la prudence.Toutefois, la ministre se dit satisfaite desgaranties offertes par la société d’Etat-PC Nouvel acte antisémite en France Un incendie criminel dévaste un centre social juif à Paris Paris — Un incendie criminel a détruit dans la nuit de samedi à dimanche les locaux d’un centre sa dal juif de Paris, également maculé de croix gammées et d’inscriptions antisémites, provoquant désapprobation et indignation dans la classe politique et la société civile.Un groupe inconnu a revendiqué la destruction du centre dans un communiqué diffusé sur un site Internet islamiste et dont l'authenticité ne pouvait être établie.•Un groupe de jeunes moudjahidines [combattants] a mis le feu au temple juif à Paris à 4h», dit le corn muniqué signé «Groupe des partisans de la guerre sainte islamique».L’attaque est •en réponse aux actes racistes tcommis par des] juifs en France contre l’islam et les musulmans», indique notamment le texte.Cet acte survient alors que, ces derniers mois, les actes antisémites se sont multipliés en France, les plus récents ayant été commis à Lyon, où 60 tombes juives ont été profanées le 9 août, et à Saverne (Bas-Rhin) où 34 tombes d’un cimetière juif ont été souillées de croix gammées le 28 juillet Peu avant 3h30, •nous avons reçu un appel, sans autre précision, nous avisant d’un feu au rez-de-chaussée d’un immeuble situé 5 rue Popincourt» dans le XI' arrondisse- I O ! O c jm 11 m < Résultats Tirage du 2004-08-20 QZlûll J41Ê 15 32 m) Complémentaire: Ventes totales : Prochain gros lot 32 26 104 000 036 $ 000 $ matiques et économiques.Jack Straw va aussi encourager le régime à conclure un accord politique avec deux groupes rebelles — l’Armée de libération du Soudan et le Mouvement Justice et Egalité — KITTY MCKINSEY REUTERS Les personnes déplacées (elles seraient un million) par le conflit ont été autorisées à rentrer chez elles.tors des pourpariers de pare prévus aujourd’hui au Nigeria.D’après l’ONU, le Darfour est le théâtre de la pire crise humanitaire au monde.En février 2003, des rebelles noirs se sont soulevés contre le gouvernement soudanais, dénonçant des discriminations dans la répartition des rares ressources du pays.Selon des responsables onusiens, Khartoum a voulu écraser cette révolte en soutenant les milices arabes Jaqjawid Par ailleurs, Khartoum a signé samedi avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), une agence onusienne basée à Ge- nève, un accord stipulant que le million de personnes déplacées par le conflit seront autorisées à rentrer chez elles quand elles le souhaiteront L’ONU veut s’assurer qu’aucun réfugié ne sera obligé à rentrer au Darfour avant que la sécurité n’y soit rétablie ni avant qu’il ne s’y sente prêt.Le gouvernement soudanais a déclaré hier que l’Union africaine (UA) aurait besoin d’un accord préalable de sa part et d’une nouvelle résolution pour pouvoir déployer de nouveaux soldats dans la région occidentale du Darfour.Reuters et Associated Press «Najaf aussi est une ville sainte.Tant que les ennemis tenteront d’y pénétrer, nous la défendrons » «Je suis déterminé à appliquer le plan de désengagement unilatéral» LE DEVOIR.LE LUNDI 23 AOÛT 2004 ÉDITORIAL L’une donne, l’autre prend Le 13 septembre prochain, le premier ministre Paul Martin rencontrera ses homologues des provinces pour discuter de financement de la santé.Mais au moment même où il promet davantage en santé, Ottawa enregistre d’importantes économies au chapitre de la péréquation.À quel jeu ce gouvernement convie-t-il les provinces?L Jean-Robert Sansfaçon a «péréquation» n'a jamais été au cœur des discussions de café, mais elle n’en constitue pas moins un des éléments essentiels de la fédération canadienne.Selon la Constitution, Ottawa doit verser aux provinces des paiements de péréquation qui leur assurent des «revenus suffisants pour les mettre en mesure d’assurer les services publics à un niveau de qualité et de fiscalité sensiblement comparables».D’apparence limpide, cette obligation souffre depuis nombre d’années de l’interprétation restrictive qu’en fait Ottawa qui n’y voit aucun moyen d’assurer sa propre visibilité.C’est lui qui fixe les règles du jeu.Or, parce qu’elle est calculée sur la base de la richesse et de la capacité de lever des impôts de cinq des dix provinces seulement, à l’exclusion des provinces les plus pauvres et de la province la plus riche, la «norme» actuelle utilisée par Ottawa génère des paiements insuffisants qui obligent les provinces bénéficiaires à imposer davantage leurs contribuables pour leur offrir une qualité de services équivalente à celle des provinces riches.Ainsi, le gouvernement du Québec doit faire supporter un fardeau fiscal de deux milliards de dollars de plus à sa population que si la formule utilisée était équitable.Selon le ministère des Finances, cette somme explique à elle seule 40 % de l’écart qui sépare le fardeau fiscal des Québécois de celui des Ontariens au chapitre de l’impôt des particuliers.En 1999-2000, Ottawa avait consacré 10,9 milliards à la péréquation.Depuis ce temps, l’amélioration de la situation économique lui a permis de réduire ses versements à 8,7 milliards l’an dernier.Comme si les provinces pauvres avaient profité davantage que les autres de la bonne performance économique ou qu’elles avaient vu leurs dépenses diminuer! Par un curieux hasard, on se rappellera que ce chiffre équivaut au montant non récurrent accordé l’an dernier par Jean Chrétien dans le cadre de l’entente sur les soins de santé.À une différence près: depuis la réforme imposée par Ottawa, il y a quelques années, les transferts en santé sont versés en fonction du nombre d’habitants dans chaque province et non plus en fonction de leur richesse respective, de sorte que les plus populeuses reçoivent de plus en plus et les plus pauvres, de moins en moins.Toujours selon le ministère des Finances, une augmentation de un milliard des transferts en santé financée par une réduction équivalente de la péréquation se traduit par un manque à gagner d’un demi-milliard pour les provinces pauvres et un gain équivalent pour l’Ontario et l’Alberta! Voilà pourquoi les provinces bénéficiaires demandent à Ottawa de s’asseoir pour discuter de péréquation autant que de santé, d’ici au prochain budget.Toutes les fédérations du monde, sauf les Etats-Unis, ont créé des programmes de péréquation.Même dans l’hypothèse de la séparation du Québec, il ne serait pas inconvenant d’imaginer la négociation de ce genre de programme comme l’ont fait les pays européens.Malheureusement, à l’heure actuelle, le gouvernement Martin cherche par tous les moyens à concentrer ses dépenses sur des programmes ciblés, contrôlés par lui et financés en fonction du nombre d’habitants.Ce faisant il renie la mission que lui confie la Constitution de donner une chance égale à chacun, quelle que soit la région où il habite.Curieux retournement des choses pour un gouvernement qui prétend défendre des valeurs d’équité et d’égalité si «typiquement canadiennes»! jrsansfacon@ledevoir.ca Du flou au cégep a rentrée dans les cégeps s’amorce aujourd'hui dans le flou politique complet.Il est possible que le ministre de l’Education, Pierre Reid, ait une idée très nette de ce qu’il entend faire du réseau.Mais comme lui seul le sait, le moulin à rumeurs tourne à plein régime, alimentant grogne et suspicion.La dernière en date touche le très sensible point de l’autonomie des collèges, qui horrifie déjà les syndicats.Le ministre ne veut pas s’engager à maintenir l'existence d’un diplôme national, ce qui ouvre la voie à ce que chaque cégep délivre son propre diplôme.Mais on entend dire aussi que le ministre n’ira pas aussi loin, préférant d’abord laisser plus de latitude aux cégeps dans l’élaboration de leurs programmes.Vrai ou faux?Et quel impact concret cela aura-t-il?On cherchera en vain quelqu’un pour nous le dire.Il y a toutefois des certitudes au milieu des bruits qui courent.On sait ainsi que des projets-pilotes seront mis sur pied pour arrimer formation professionnelle et technique entre les écoles secondaires et les cégeps, en liaison aussi avec l'entreprise.Les discussions sont déjà entreprises avec les directions des collèges à ce sujet Fort bien.Sauf que l’affaire n’a pas été annoncée par le ministre, mais dévoilée par Le Devoir.Or il s’agit là d’une priorité gouvernementale de l’automne, qui n’est pas sans conséquence sur la gestion du personnel, des locaux et de l’équipement Et puis, dans quel plan d’ensemble se situe cette nouveauté?Mystère.Pourtant elle doit sûrement prendre place dans un projet phis vaste, dans la foulée du discours prononcé en juin par le ministre Reid, en conclusion de son controversé forum sur l’avenir des cégeps.M.Reid avait alors abordé la question des liens entre les ordres d’enseignement de même que d'autres points — autonomie et diversification des collèges ou création de certificats intermédiaires — qui n’étaient pas soulevés dans le document de préparation au forum.Il avait d’ailleurs chapeauté le tout du titre: «Des zones d’évolution possible».De quoi laisser croire que les débats se poursuivraient à l’automne.Erreur on constate plutôt que le ministre va de l’avant sans engagement public, sans documents sur lesquels s’appuyer, sans échéancier connu.L'enfer dans un milieu qui, parce que tout changement y est structurant, vit mal l'incertitude.L’enfer aussi parce que, en éducation plus qu’ailleurs, on aime discuter le fond des choses.Il faut des mots, des virgules, des développements, des conclusions.Raisonner quoi, plutôt que jouer à deviner le sous-texte d'un discours ministériel.On espérerait en fait que Pierre Reid fasse un Philippe Couillard de lui-même r— celui qui a dit clairement qu’il intégrait CLSC, CHSLD et réseau hospitalier, permettant au moins à tous les intéressés de s'entre-déchirer à visière levée.On attend donc la route à suivre.À pioins que, de projet-pilote en diplôme à l’essai, le ministre de l’Education n’ait décidé de naviguer à vue.Le flou qui l’entoure n’en sera que plus alarmant jboileau@ledevoir.ca 1, Josée Boileau LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information JULES RICHER Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE Les X en colère sont moins nombreux qu’on le dit Il est décourageant de voir le professeur Désaulniers, mentionner dans le très sérieux Devoir, que 50 000 personnes avaient manifesté contre la fermeture de CHOI.C’est de loin le plus gros mensonge de l’année au Québec.Il est assez facile d’estimer une foule «scientifiquement».Il s’agit de calculer la superficie occupée et de diviser par la densité (nombre de personnes par mètre carré).Une foule dense, immobile, comptera plus d’une personne au mètre carré.Mais une foule en mouvement, rarement plus d’une personne pour deux mètres carrés.Les photos aériennes prises lors de la «manif de la liberté» montrent que la foule s’étend sur moins de deux kilomètres sur Laurier, entre l’église de Sillery et l’entrée de l’Université Laval.Comme Laurier a 10 m de largeur, la manif occupait donc 20 000 km carrés.À une personne pour deux mètres carrés, il n’y avait donc guère plus de 10 000 X en colère s’ul boulevard à cinq piasses.C’est loin, très loin, des 50 000 annoncés par un policier le soir de la manif et claironnés depuis par CHOI et le reste du Québec.Ce chiffre de 10 000 peut être validé par deux données objectives.D’abord l’Agora, qui était le but de la marche, là où les grands gourous de la station devaient tenir leur discours, ne peut pas contenir plus de 7000 personnes.Où aurait-on pu mettre les 43 000 autres?Certainement pas sur Dalhousie! Dans le fleuve, cordés sur les éperlans?Puis, le service de retour au PEPS (10 km) était assuré par les bus d’intercar.Un coup de fil chez Intercar (ce qu’aucun journaliste n’a fait!) vous apprendra qu’il y avait 12 bus en service qui ont effectué chacun neuf voyages.À 48 personnes par wawa, on a donc rapatrié pas plus de 5000 X.Comment sont rentrés les 45 000 autres?En dépit de toutes ces évidences, le Service de police de Québec refuse de corriger son erreur.À NY, lorsque les tours du WTC se sont effondrées, on a parlé sur le coup de 15 000 à 20 000 victimes.Le lendemain, tous les journaux titraient 15 000 morts.Le sur- LETTRES -?- lendemain, on était à 10 000 puis.on a fini à 2800 un mois plus tard.Mais au Service de police de Québec on est parfait.Et incorrigible! Jacques Noël Québec, le 18 août 2004 L’image des avocats H y a l’image des politiciens actuels et anciens dont la seule mention du nom invite au mépris: George W., Alfonso Gagliano, André Ouellet, etc.Et il y a celle des avocats.Quatre d’entre eux, défenseurs des Hell’s Angels, viennent d’être cités devant le Comité de discipline de leur Ordre.En outre, la une de votre édition du 18 août titre «Recours collectif: 1400 $ aux parents, 400 000 $ aux avocats».J'avoue que l’auteur de la manchette a frappé dans le mille.La seule juxtaposition des deux montants suffit à ruiner ce qu’il reste de l’image ou de la réputation des disciples de Thémis dans l’opinion publique.Bien sûr, il est injuste de généraliser et, dans ma carrière j’en ai pratiqué un grand nombre qui étaient fort convenables.Mais, comment justifier, devant l'ensemble des citoyens, qu’une firme d’avocats encaisse à elle seule un traitement «royal» de 350 000 $ d’honoraires dans une cause où 28 parents seulement ont réclamé leurs 50 $ du syndicat coupable d’une grève illégale de trois jours à l’appui de leur lutte pour l’équité salariale?Parce que deux juges ont approuvé la facture?Certes, il faut que les syndicats finissent par comprendre que la grève illégale mène à l’anarchie et est intolérable surtout dans le secteur public.Mais, ne faut-il pas faire preuve de discernement dans le choix des moyens?Il existe des recours par voie pénale pour sanctionner les grèves sauvages.Ce moyen évite que des avocats, auxiliaires de la justice, s’en mettent plein les poches et incitent la population à les détester davantage.«Ça n'a aucune commune mesure avec ce que nous avons versé aux parents», avoue le président de l’Alliance des professeurs de Montréal.Je ne vous le fais pas dire.Le tribunal aurait pu ordonner le paiement d’une somme d’argent à une œuvre de charité, il y a des précédents.L’image de la justice, qui en a bien besoin, en serait sortie grandie.Ghislain Laroche Montréal, août 2004 Où réside mon choix en tant que parent?À l’attention de Mme Carole Théberge, Sur le site Internet du ministère de la Famille et de l’enfance, dans la section «service de garde», la première phrase que l’on peut lire est la suivante: «Le gouvernement du Québec reconnaît aux enfants le droit de recevoir des services de garde de qualité et, aux parents, le droit de choisir les services de garde correspondant le mieux à leurs besoins.» Je vous invite, Mme la ministre responsable, soit à corriger cette phrase (on pourrait lire, par exemple: «Le gouvernement du Québec reconnaît à certains enfants le droit de recevoir des services de garde.») ou bien, ce qui serait plus juste envers les familles du Québec dont les deux parents travaillent, à régler la situation de pénurie une fois pour toutes.Je me souviens, il y a plus d’un an déjà, que votre parti amené au pouvoir nous avait promis des changements, notamment de nouvelles places dans les garderies du Québec.Force est de constater que rien n’a changé, sauf les tarifs.Je suis sur de multiples listes d’attente depuis mars 2003.Ma fille aura un an cette semaine, et j’ai pris le maximum de temps possible en congé parental, espérant avoir (en vain!) l’appel d’un CPE m’offrant une place pour ma petite.Nos enfants sont-ils en droit de recevoir, oui ou non, des services de garde?Où réside mon choix en tant que parent?En attendant que votre gouvernement sorte de sa torpeur, ma famille, comme bien d’autres, fait les frais de votre incompétence à gérer les services de garde.Qu’est-ce que je devrais faire?Rester à la maison au lieu de retourner sur le marché du travail?Est-ce votre nouvelle politique familiale?Vous devriez être gênée, Madame la ministre.Si le gouvernement reconnaît à mon enfant le droit de recevoir des services de garde de qualité, il a le devoir et la responsabilité de voir à ce que ceux-ci lui soient fournis.Emmanuelle Trottier Sainte-Foy, 19 août 2004 LIBRE OPINION -?- Entre culture et identité LIZA FRULLA Ministre du Patrimoine canadien La culture et l’identité sont au cœur des grands débats de l’heure.L’ouverture des marchés, la création de puissants blocs économiques, la rapidité et la convergence des moyens de communication, l’ampleur des réseaux de distribution font que la carte du monde se modifie de jour en jour et que les pays s’interrogent sur la place qu’ils y tiennent.L’enjeu est de taille: il s’agit de participer à la fois à un mouvement de mondialisation et d’affirmation de nos cultures, sans lesquels nos identités s’affaibliraient et le monde serait de plus en plus uniforme.Le rôle des gouvernements consiste à favoriser le plein rayonnement de nos cultures respectives et à protéger nos identités dans le contexte de la mondialisation.C’est justement dans cette perspective que plus de 60 pays se sont joints au Réseau international sur la politique culturelle depuis 1998 en vue d’assurer à chacun son droit le phis légitime de veiller à l’essor de sa culture et au renforcement de son identité.Outre les ministres responsables de la culture, les organismes non gouvernementaux et les administrateurs culturels ont également mis la main à la pâte afin de donner plus de résonance à cette défense de la culture et de l’identité des peuples.Le Canada s’est fait un ardent défenseur de cette cause sur toutes les tribunes que lui confère son adhésion au Commonwealth, à la Francophonie injernationale et, bien sûr, à l’organisation des Etats américains, dont la prochaine rencontre des ministres de la culture a üeu aujourd’hui et demain à Mexico.Depuis le troisième Sommet des Amériques, tenu à Québec en 2001, un large consensus a pris forme parmi noup sur cette importante question.Nos chefs d’Etat ont reconnu clairement qu’en respectant la diversité culturelle nous contribuons à la vitalité économique et sociale de nos sociétés et à la promotion de principes fondamentaux comme la bonne gouvernance, la cohésion sociale, le développement humain et la paix.Nous croyons qu’il est essentiel pour les Amériques et les Antilles de participer activement à l’élaboration de la Convention internationale sur la protection des contenus culturels et des expressions artistiques, menée par l’UNESCO.En gros, nous croyons que cette convention doit établir des règles claires qui assureront la circulation des biens et services cultu- rels dans un environnement cohérent.Elle doit également être un instrument pour protéger la culture à l’ère numérique, et pour promouvoir une rémunération équitable pour les créateurs et créatrices.Enfin, elle doit respecter les droits de la personne en tant que droits fondamentaux.L’affirmation des cultures et des identités est aujourd’hui l’affaire de tous et de toutes.Les gouvernements de tous les ordres, les communautés de partout, les organismes qui veillent à l’essor de la culture, les institutions qui la mettent en valeur, les créateurs et créatrices qui lui donnent forme et nous la donnent en partage ont tous la responsabilité de la défendre et de la préserver.D y va de l'identité de chacun d’entre nous et de la richesse d’un monde diversifié.Le Canada estime que nous sommes tous liés les uns aux autres par un pacte en vertu duquel le droit de nos citoyens et citoyennes à l’affirmation de leur culture et de leur identité est fondamental.Les pays des Amériques et des Antilles tiennent à ce que le monde de demain soit une célébration de nos différences, et non le lieu de cultures en voie d’extinction.C’est dans cet esprit que nous mobilisons nos efforts aujourd'hui et que nous militons en faveur d’une convention internationale.t LE DEVOIR, LE LUNDI 23 AOUT 2 O O ! A DEES Que reste-t-il du bien commun?Depuis l’an dernier, l’actualité politique — forte de deux campagnes électorales, au Québec puis au fédéral, auxquelles s'est ajouté le débat sur les défusions municipales — a amplement donné matière à réfléchir à notre vie en société.Le sujet a inspiré la revue Éthique publique (Éd.liber) qui, pour son numéro du printemps 2004, a demandé à différentes personnalités de décrire leur vision du bien commun.Pour le plus grand profit de ses lecteurs, Le Devoir a décidé de reprendre des extraits de ces réflexions tous les lundis de cet été.Nationalisme et cosmopolitisme peuvent se rencontrer MICHEL SEYMOUR Professeur de philosophie, Université de Montréal uels enseignements peut-on tirer de l’expérience nationale québécoise lorsqu’il s'agit de penser le bien commun dans le cadre de la mondialisation?Notons tout d’abord qu’à l’échelle internationale autant qu’à l’échelle locale, il n’existe pas une telle chose que le bien commun.Il n’existe qu’un ensemble de conceptions divergentes.Mais au niveau international comme au niveau local, il faut penser des principes de justice susceptibles d’être communément partagés.Or, parmi eux, il faut faire figurer des principes de justice distributive.Commençons par noter que, à notre époque, les véritables enjeux ne sont plus seulement locaux mais également globaux.On peut certes épiloguer longuement sur la façon d’améliorer notre système de santé et de lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale, mais ces enjeux relèvent de plus en plus de facteurs qui dépassent l’échelle locale.Et, lorsque la discussion se reporte sur la scène mondiale, on se rend compte de l’importance des solutions envisagées à l’échelle locale.Le nationalisme qui prend tellement d’importance à l’échelle locale paraît aux yeux de certains bien insignifiant quand on considère les enjeux de la mondialisation.Mais il s’agit là d’une opinion qui trahit une perspective étroite.Le fait est que les questions identitaires interviennent aussi à l’échelle internationale et qu'elles sont liées étroitement aux enjeux sociaux.Le droit à l’autodétermination des peuples, le principe de la diversité culturelle, le souci de combattre le déficit démocratique des institutions supranationales, constituent autant d’enjeux qui font réapparaître la dimension identitaire au sein de la réflexion sur Injustice internationale.Mais il y a plus.La justice distributive ne peut se satisfaire d’une redistribution à l’intention des individus.11 faut assurer aussi une redistribution des moyens de production à l’intention des peuples.Les peuples doivent être en mesure de mettre au point leurs propres infrastructures économiques.Ils ont un droit égal au développement économique.Ce sont eux et non les individus qui réclament des biens institutionnels de ce genre.En somme, les enjeux sont les mêmes.[.] Certains opposent la vision impartiale cosmopolitique à la vision partiale nationaliste.L’idée est que le nationalisme implique nécessairement un point de vue partial à l’égard de ses semblables alors que la justice cosmopolitique considère de manière impartiale le droit de tous les individus.Mais cette façon de voir les choses est très partisane.Je suis donc en désaccord profond avec ceux qui soutiennent que le nationalisme est essentiellement un point de vue partial.Le nationalisme peut favoriser à l’échelle locale l’apparition d’une solidarité sociale.Mais doit-on aller jusqu’à dire que la solidarité sociale est impossible sans la solidarité nationale?Bien sûr que non.La solidarité cosmopolitique ne s’oppose pas à la solidarité nationale.Bien au contraire, le respect des solidarités nationales constitue une condition nécessaire à la mise en place d’une solidarité cosmopolitique.Lorsque l’on endosse un nationalisme prenant la forme impartiale d’une affirmation des droits collectifs de tous les peuples, il n’y a pas de contradiction entre le nationalisme et le cosmopolitisme.Cela est vrai autant sur le plan procédural que sur le plan des principes.Pour créer une solidarité cosmopolitique, il faut que soit établi un lien de confiance entre les peuples.Ce Uen de confiance suppose la reconnaissance mutuelle et non un lien nationalitaire com-munément partagé.Reconnaissance des droits des peuples Sur le plan des principes, il n’y a pas de justice cosmopolitique sans reconnaissance des droits des peuples au développement égal et sans prise de conscience des droits collectifs qu’ont les peuples à une infrastructure économique adaptée à leurs besoins.Le droit cosmopolitique ne peut être seulement un ensemble de droits individuels.Il doit inclure également les droits des peuples.fl existe aussi à l’échelle individuelle une propension à privilégier ses semblables, qu'il s’agisse des membres de sa propre famille ou de ses amis proches.Le débat n’est donc pas entre une approche nationaliste partiale et une approche individualiste impartiale.On peut critiquer le point de vue partial autant à l’échelle individuelle qu'à l’échelle collective et l’on peut défendre une vision impartiale autant à l'échelle collective qu’à l’échelle individuelle.Dans le cadre du droit cosmopolitique, les nations peuvent jusque dans une certaine mesure faire montre de partialité, pourvu que celle-ci soit contrainte par des principes cosmopolitiques individuels.Mais l’inverse aussi est vrai.Dans le cadre d’un droit des peuples juste et raisonnable, les individus peuvent faire ce qu’ils veulent et être partiaux à l’endroit de leurs semblables, pourvu qu'ils acceptent les contraintes raisonnables du droit des peuples.Une approche progressiste et cosmopolitique va de pair avec une redéfinition du rôle joué par les Etats-nations.On doit rejeter le modèle traditionnel de l’État-natjon ethnoculturellement homogène, au profit d'un Etat-nation pluriethnique et pluriculturel.On doit accepter aussi d’autres modèles d'orga- % n?w I) ff! «TB» “/// c.Tn brCè# r - Uï JACQUES GRENIER LE DEVOIR On doit rejeter le modèle traditionnel de i’État-nation ethnoculturellement homogène, au profit d’un Etat-nation pluriethnique et pluriculturel.nisation politique, qu’il s’agisse des fédérations multinationales, des confédérations d’Etats souverains, des organisations non gouvernementales transnationales et des organisations supranationales.fl faut eqfin aussi accepter de limiter la souveraineté des Etats souverains, quel que soit le modèle d’organisation politique qui jj pjQgfg les caractérise.Mais les Etats doivent en même temps un devoir être des acteurs privilégiés au sein de la communauté internationale, et cela inclut d'assistance les Etats-nations, parce qu’ils constituent encore à notre époque les principaux dé- aux lenteurs de la souveraineté populaire.[.] Justice distributive pour tous Notre sensibilité aux enjeux identitaires nous permet de comprendre que la justice distributive s’applique autant aux peuples qu’aux personnes.Elle a en outre une application autant à l’échelle internationale qu’à l’échelle locale.Cela veut dire qu’à l’échelle internationale les bénéficiaires de la redistribution doivent être les personnes autant que les peuples, et qu’à l’échelle locale les bénéficiaires doivent être les peuples autant que les personnes.Il y a deux aspects importants aux principes de justice distributive: un devoir d’assistance aux personnes et aux peuples en situation de détresse, et une obligation de maximiser le minimum pour les personnes et les peuples (le principe de différence).Il faut accorder une priorité absolue au devoir d’assistance à l’égard des personnes et des peuples.[.] fl faut enfin admettre un principe de justice maximum pour les personnes et les peuples.À chaque niveau, les droits des personnes et des peuples sont affirmés sans être hiérarchisés.Il est en outre important d’adopter pour l’essentiel un seul ensemble de principes tant au niveau national qu’au niveau international.[.] II faut doter tous les peuples de ressources financières, de capacités de développement infra-structurelles et de pouvoirs de décision leur permettant de développer au maximum les ressources dont elles disposent.Dans une société internationale bien ordonnée, certaines différences majeures demeureraient entre les peuples et ne seraient pas fondamentalement injustes si elles étaient seulement le fait de l’existence de circonstances différentes, [.j 11 y a deux sortes d’inégalités qui peuvent être tolérées: celles qui résultent de différences servant à produire suffisamment de richesse pour permettre individus et aux peuples en situation de détresse à l’échelle locale et à l’échelle globale la redistribution aux plus démunis et celles qui persistent dans une société bien ordonnée en fonction de talents et de ressources naturelles inégalitaires, une fois que toutes les sociétés sont dotées de moyens leur permettant de se développer.[.,.j On obtient de cette manière une théorie de la justice distributive à l’intention des individus et des peuples qui admet trois niveaux de considérations.En deçà d’un certain seuil, il existe un devoir d assistance aux individus et aux peuples en situation de détresse à l’échelle locale et à l’échelle globale.On a là un principe utilitariste visant à maximiser le bien-être de tous les individus et de tous les peuples.Nous avons un devoir auprès des personnes handicapés de leur fournir toute l’aide nécessaire leur permettant de parvenir à un minimum d’autonomie et nous avons l’obligation d’intervenir auprès des peuples en situation de détresse.Au-delà d’un certain seuif, il faut, par un principe de différence, chercher à maximiser le capital, les moyens de production et les pouvoirs de décision des individus et des peuples, à l’échelle locale et internationale.Au terme d’une redistribution adéquate, on aurait des inégalités résultant de la présence de différents talents et de différentes ressources naturelles sans que l’on puisse parler d’injustice.Ces inégalités ne seraient pas injustes parce que le maximum aurait été accompli pour que les individus et les peuples parviennent à se développer pleinement en fonction des ressources dont Us disposent Les seules inégalités qui persisteraient seraient celles qui sont requises pour le maintien d’une richesse pouvant servir les objectifs d’une redistribution juste et celles qui résulteraient du fait de circonstances telles que des talents et des ressources inégaux.Cette conception de Injustice distributive fait intervenir les individus et les peuples et autant dans la sphère nationale que dans la sphère internationale.Elle marie le nationalisme et le cosmopolitisme dans une seule et même cause, la justice sociale.Elle est foncièrement anti-individualiste et anti-collectiviste puisqu’elle rejette autant la primauté des droits individuels que des droits collectifs.Elle s'appuie sur une conception cosmopolitique et nationaliste de la personne et des peuples et elle permet d’inscrire le nationalisme dans un combat pour la justice sociale tout en sensibilisant les cosmopolites aux combats pour la libération nationale des peuples.Michel Venne Une lettre de Monsieur On a fait, depuis une semaine, un mauvais procès à Jacques Parizeau.Tout a commencé avec le titre de La Presse qui était erroné, signifiant qu’il n'y avait «pas besoin de référendum» pour taire la souveraineté.Parizeau n’avait rien écrit de tel.Il prévoyait un référendum, mais portant r la constitution du Québec.En conséquence, il n’a jamais proposé de remplacer le référendum par une élection référendaire.Cette idée d’une élection référendaire était déjà morte de toute manière.Aucun chef d’un parti politique ne l’appliquera jamais.L’assentiment de la population obtenu par référendum est devenu une norme incontournable.En l’évoquant de nouveau, Parizeau en a définitivement cloué le cercueil.Le débat national a acquis une certaine maturité au Québec.Je m'étonne toujours qu’on lise les textes de l'ancien chef avec des préjugés plutôt qu’avec des yeux.?Le texte de l’ancien premier ministre abordait cependant trois vraies questions qui sont au cœur du débat sur le programme du Parti québécois.D’abord, il a clairement invité les membres du i>arti à rejeter la stratégie de Bernard landry qui consiste à déclencher, rapidement après l'élection d’un gouvernement péquiste, un troisième référendum sur le modèle des deux autres.Parizeau soutient que «la partie n’est pas jinwble» dans le contexte de la Loi sur la clarté et de la capacité de l’État fédéral de dépenser autant qu’il le souhaite pour combattre l’option souverainiste.Ces arguments ne sont guère convaincants.Puis qu’un référendum doit avoir lieu, même s’il porte sur la constitution d’un Québec souverain, le camp du OUI ferait face aux mêmes contraintes.Cependant, d’autres raisons, plus fondamentales, militent en sa faveur.Il faut sortir de l’obsession référendaire non pas parce que les règles du jeu ne sont pas favorables, mais parce que, pour gagner le prochain référendum, le PQ devra redonner à une bonne partie de la population des raisons de renouveler son appui à ce projet.11 faudra donc du temps, du tact et du leadership.Aucune précipitation n'est permise.Le mérite principal de l’article de M.Parizeau est de forcer, au sein du PQ, une rentise en question de l’idée de tenir un référendum hâtif et donc de permettre aux militants de réfléchir à d’autres scénarios.?Ensuite, Monsieur soulève une question fort pertinente: à un parti souverainiste prend le pouvoir, a-t-il la légitimité pour enclencher ou préparer des actions, c’est-àdire mettre la table en vue de la transition du Québec du statut de province à celui d’État indépendant?La réponse démocratique est oui, à condition que le programme électoral soit clair à cet égard.Nous ferions un gain démocratique si le PQ annonçait dans son programme ce qu’il a l’intention de faire pour préparer la souveraineté et qu’il mettait sereinement son programme à exécution une fois élu.D’ailleurs, le programme électoral du PQ aux élections de 2003 prévoyait explicitement un «plan d’action» en vue de préparer la souveraineté.Pauline Ma-rois propose un scénario semblable.J'ai présenté ailleurs mes propres propositions à ce sujet.À cet égard, l’exemple anglais est utile.Tony Blair est favorable à l’adoption, par le Royaume Uni, de la monnaie européenne.In population est contre.Blair a fait campagne en s’engageant à ne jamais adopter l’euro à moins d’obtenir l'approbation de la population par référendum.Une fois au pouvoir, il a tenu promesse.Mais il a mis en marche une formidable machine pour préparer son pays au changement de monnaie.Des milliers de fonctionnaires y travaillent, préparent des études, infonnent la population à ce sqjel Un gouvernement souverainiste devrait faire la même chose.En frit, il serait irresponsable de ne pas déclencher ce plan préparatoire à la souveraineté si son intention est de tenir un référendum sur ce suieL Avant la tenue du référendum, le gouvernement doit faire la démonstration qu’il est prêt à entamer la transition.Que les projets de loi nécessaires à ce changement ont été rédigés.Que les évaluations des impacts économiques ont été faites, Que la diplomatie est prête à prendre le relais.Tout comme un gouvernement utilise les moyens de l’État pour convaincre la population du bien fondé de n’importe quelle politique, en santé, en éducation ou même, comme en 1988, pour adopter un traité de libre-échange.D a le droit d’utiliser les moyens et les attributs de l’État pour convaincre la population du bien-fondé de sa proposition.Ken n’empêche non plus, et au contraire, de rédiger un projet de constitution et d’occuper pleinement tous les champs de compétence qu’il est posable d’occuper avant la souveraineté.Parizeau a donc raison d’inciter les membres du PQ à clarifier cet aspect du programme.?La troisième question concerne le bon gouvernement À ce sujet je suis en désaccord avec M.Parizeau.Lui souhaite que les péquistes s’abstiennent d’élaborer un programme détaillé de gouvernement provincial.Ce serait la meilleure façon de ne pas être élu.Les électeurs n’accepteront pas de porter au pouvoir un parti qui ne proposerait aucune vision de son action avant l’indépendance.Ce n’est pas, comme l’écrit M.Parizeau, parce que le PQ doit démontrer qu’il sait gouverner, c’est que, s’il prend le pouvoir, il devra, au moins durant un certain temps, exercer le pouvoir avec les contraintes du régime fédéral actuel En outre, dans l’esprit de nombreux électeurs, la souveraineté n’a de sens que si elle permet de réaliser des objectifs politiques, sociaux, culturels ou économiques autres: protéger l’environnement, défendre une langue, assurer une meilleure justice sociale.Le programme électoral préfigure de ce «projet de société».C’est un passage obligé.michel.venne&inm.qc.ca L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l'information générale et métropolitaine ; Génüd Dallaire (adjoint an dirrclnr d* lïn/brmation).Jeanne Cor ri veau (affaires mnninffalnJ, Fabien Deglise, MarieAndrée Chouinard (Mmcalüm) : Joaée Boileau f éditorialiste, responsable de la page Idées), Brian Myles (juaUce et faits de société).Jean Dion.LouisCHUes Francœur (environnement).Benoit Munger (responsable du site Internet), J ran-Pierre I^rhuII (pupitre édita, idées, perspectives et sports), Isabelle Paré (santé).Pauline (.ravel (sciences) .Michel (rameau (caricaturiste) , Diane Précourt (responsable des pages thématiques), Martin Dudos, Michèle Malenfant et Christine Dumazet (rwlecteurs).Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) .à l'Information culturelle Michel Bèlair (responsable), Julie ( arpentk-r, Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels), Stéphane Haillargeon (théâtre), Paul Caurhon (médias).Caroline Montpetit (livres).Odile Tremblay (cinéma).Bernard Lamarche (arts visuels): à l’Information économique Gérard Bémbè (adjoint au directeur de l'information).Dominique Heny, Ivric Dcfoalcn, Alec Castonguay, Claude Turcotte; à l'Information Internationale Claude lévesque.Guy Taillefer.Serge Truffaut (éditorialiste); A P information politique Hélène Buzetti et Manon Cornellier (correspondantes parlementaires d Ottawa).Tommy Chouinard et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec).Kathleen î>veaque ; Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction) ; Marilyae Hamelin, Alexandre Shields (commisi La documentation Gilles Paré (directeur), Manon IJerome.Serge laplante (Québec).Rachel Rochefort (Ottawa) IA Pt IBLICTTÉ ET LE MARKETING.Jacqueline Avril.Jean de Billy.Marlène CAté.Slavics Bogdanov.Christiane legault, Amélie Maltais.Jacques A Nadeau, Claire Paquet Micheline Ruelland.Nadia Sehaï, Mélisande Simard (puMtcitaires), laurence Thériault (directrice adjointe), Manon Blanchette.Sylvie Importe, Martine Bérubé (secrétaire) LA PRODUCTION Christian (rfiulrt (directeur de production).Nathalie Zemaitin, Michel Bernatche/., Philippe Borne, Johanne Brunet Danielle Can tara.Richard Des Cormiers.Donald Ftton, Olivier Zuida INFORMATIQUE, Yankk Martel (responsable) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE.Llftda Thériault (responsable service d Ut clientèle, distribution et tirage).Gisèle Irnard.(coordonnatrice à to promotion et d la sollici-tation).Geneviève Duguay.MoniqueLHeureux.lise lachapelk*.Rachelle Lederc.L'ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables).Céline: Furoy.(rermain Harck (contrôleur), Ghislaine lafleur.Claudette Béliveau (adjointe administrative).Claudine Chevrier.Chantal Rochon.Danielle Ross L K DEVOIR.LE L U X I) I 23 AOÛT 2 0 0 1 » A 8 CTUALITES ONTARIO Une Loi sur l’arbitrage basée sur la religion ?Toronto — Un groupe islamique canadien tente d’empêcher l’ajout du mot charia dans la Loi sur l’arbitrage de l’Ontario, affirmant que cela créerait une «pente glissante» qui brouillerait dangereusement la limite séparant la famille et le droit criminel.Actuellement, la loi offre la possibilité d’obtenir un arbitrage volontaire basé sur la religion, ce qui permet aux musulmans, juifs et membres d’autres confessions de régler certains litiges — tels que le divorce, la garde des enfants et les questions d’héritage — à l’extérieur des tribunaux.Mais le Conseil sur les relations américano-islamiques du Canada (CRAIC) craint que l’inclusion du mot «charia» dans la législation n’enchâsse dans la loi des tribunaux islamiques qui, soutient le regroupement, contreviennent à la Charte des droits et libertés.Les opposants aux tribunaux islamiques affirment que ce type de cour pennettrait à la jurisprudence islamique d’envahir le champ du droit de la famille, ce qui pourrait à terme exposer des catégories de personnes plus vulnérables — particulièrement les femmes — à des traitements injustes selon la Charte.«[Ces opposants] affirment que les femmes seront contraintes et oppressées, a dit le directeur du Conseil, Riad Salojee.Le traitement différent permis par l’application des lois islamiques va influer sur les droits à l'égalité.» La charia est la loi canonique islamique qui régit la vie religieuse, politique, sociale et individuelle.Dans certains États musulmans, elle est appliqué de manière stricte.Le champ des tribunaux islamiques traditionnels est vaste et, dans l’ensemble, il est incompatible avec la Charte, a dit M.Salojee.Le débat a polarisé la communauté musulmane du Canada, a-t-il ajouté.La Loi sur l’arbitrage de l’Ontario est habituellement utilisée dans les cas d’arbitrages commerciaux où les parties sont représentées par des avocats.Les personnes qui choisissent l’arbitrage basé sur la religion sont souvent défavorisées et de ce fait, ne profitent pas de la même protection, a dit M.Salojee.L’islamisme est la religion qui connaît la croissance la plus importante au Canada et, en 2001, le recensement indiquait que le pays comptait 579 640 musulmans — plus du double qu’en 1991.La majorité d’entre eux, soit 61 pour cent, vivaient en Ontario.C’est pourquoi la province a demandé à l’ancienne procureure générale Marion Boyd d’entreprendre une révision du processus d’arbitrage en Ontario.Elle devrait formuler ses recommandations en septembre mais déjà, elle a dit ne pas avoir encore décidé si elle suggérera l’utilisation du mot charia pour décrire le processus d’arbitrage qui s’appliquerait aux musulmans.«Je n’ai pas encore pris de décision, a-t-elle dit.Je peux vous dire que le CRAIC n’est pas le seul regroupement qui a laissé entendre qu 'il serait inapproprié de le nommer charia.» L’ecclésiastique musuhnan modéré Ahmad Kutty, qui a défrayé les manchettes lorsqq’avec un autre imam canadien il a été expulsé des États-Unis, l’année dernière, à la suite de soupçons de terrorisme, affirme que le mot charia devrait demeurer à l’extérieur de la législation.«La charia est un mot chargé de sens qui réfère à toutes les institutions associées au système judiciaire islamique, a-t-il dit.Personne ne peut souhaiter l’implantation d’un tel système au Canada.» Presse canadienne Rectificatif La légende de la photo d’un athlète publiée en page A1 de la première éditjon de samedi comportait une erreur ce n'était pas l'Éthiopien Kenesisa Bekele que l’on voyait, mais bien l’Érythréen Zersenay Ta-desse, médaillé de bronze du 10 000 mètres.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, O' étage, Montréal (Québec), H3A3M9 ES Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 La publicité Au téléphone (514)985-3399 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514)985-3340 Par courriel avisdev@ledevoir .coin Les avis de décès (Le Mémoriel) Au téléphone (514)525-1149 Par courriel info@lememoriel.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Service à la clientèle et abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514)985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) U Offrir peut, à l'occasion, mettre la liste d'adresson de ses abonnés S la disposition d'orRanisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces oofanrsabons.veuillez en avertir notre service à la clientele.IjT Dtvoir est publié du lundi au samedi par le Devoir Inc.dont le sièffe social est situé au 2050, rue De Bleury, étage.Montréal.(Québec).H.1A 3M9 II est imprimé par Imprimerie Québécor St-Jean.800.boulevard Industriel.Saint Jean-sur-Richelieu, division de Imprimeries Québécor Inc.012.rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.L'agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans U Dtvoir.U IMvoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., 900, boulevard Saint-Martin Ouest.Laval.Envol de publication — Enregistrement n* 0858.IVpAt légal: Bibliothèque nationale du Québec SUITE DE LA PAGE 1 La recherche entreprise par les trois signataires de cette étude visait à déterminer si les normes sur la coupe de jardinage augmentaient réellement la productivité des forêts «aménagées», et ce, dans les proportions prévues.La coupe de jardinage est par définition une coupe de nettoyage au cours de laquelle les forestiers sont censés prélever le bois malade ou affecté de différents défauts, qui n’aurait aucune valeur 20 ans plus tard lorsque les forestiers viendraient réaliser une première coupe à valeur commerciale.La coupe de jardinage est censée augmenter tellement la croissance des arbres débarrassés de leurs concurrents malades ou faibles qu’elle permet, en principe, de prélever 30% d’une forêt tous les 20 ans en augmentant même, d’une fois à l’autre, la qualité des bois à maturité.Les Québécois paient pour cette coupe censée redonner aux forêts mal exploitées dans le passé leur vitalité d’antan et même l’accroître.La réglementation permet aux exploitants forestiers de déduire les frais de cette forme «d’aménagement» du total des royautés qu’ils doivent payer pour le bois ramassé durant cette opération.Au total, Québec débourse plus que les royautés obtenues pour la coupe.Les trois chercheurs affirment que les parcelles de forêts désignées comme sites expérimentaux de coupe de jardinage — où la coupe est d’une conformité totale aux normes — donnent exactement les résultats prévus.C’est sur le terrain des coupes non expérimentales que les choses se gâtent C’est là que les chercheurs ont constaté que le quart des érables censés assurer la relève avaient été abattus prématurément par les forestiers parce que plus rentables que les arbres morts ou malades.Et que la moitié de ce que les forestiers avaient laissé en forêt feuillue était constitué de tiges «non vigoureuses», c’est-à-dire d’arbres incapables de hausser la productivité de la forêt au niveau prévu par les modèles prévisionnels qui servent à définir les quotas de coupe annuelle.Clairement, affirment les chercheurs, la producti- SUITE DE LA PAGE 1 de leur virulence depuis vendredi, alors qu’un accord avait été annoncé entre Moqtada Sadr et la hiérarchie religieuse chiite sur le transfert du mausolée d’Ali, occupé pendant cinq mois par les miliciens chiites, au Grand ayatollah Ali Sistani.Mais hier un porte-parole de Moqtada Sadr, Ahmed Chaibani, a annoncé la suspension du transfert du mausolée, pour des raisons de procédure.Les négociations sur ce transfert butent sur la question de l’estimation des biens du mausolée, des trésors d’une très grande valeur.Le transfert a «été suspendu car nous attendons la réponse de l'ayatollah Sistani sur la formation d’un comité» pour évaluer les biens du mausolée, a déclaré cheikh Chaibani.Le gouvernement intérimaire irakien exige que les partisans de Moqtada Sadr quittent le mausolée, l’un des grands lieux saints du chiisme, et qu’ils déposent les armes, les menaçant dans le cas contraire d’une vaste offensive militaire.Un porte-parole de l’armée américaine a pour sa part déclaré hier que les opérations militaires se poursuivaient à la demande du gouvernement irakien.Par ailleurs, plusieurs médias européens étaient sans nouvelles de leurs journalistes.Les Français Christian Chesnot, pigiste pour Radio France, et Georges Malbranot, envoyé spécial du quotidien Le Figaro, devaient quitter Bagdad ensemble tôt vendredi matin pour se rendre à Najaf, lorsque leurs employeurs ont perdu tout contact avec eux.Hier, le ministère français des Affaires étrangères a souligné que son ambassade à Bagdad était «mobilisée depuis la journée de vendredi pour essayer de trouver des informations» à la suite de leur disparition.L’Italie était toujours sans nouvelle du journaliste Enzo Baldoni, porté disparu jeudi, et peut-être enlevé selon la rédaction de son hebdomadaire, Diario.Ailleurs en Irak, un Indonésien et deux Irakiens ont été tués et un Philippin blessé dans une attaque hier au centre de Mossoul, selon la police.Ils travailleraient pour la compagnie allemande Semens pour la mise en place du réseau de téléphonie mobile.Près de Baaqou-ba, au nord de Bagdad, un attentat suicide à la voiture SUITE DE LA PAGE 1 l'écriture est une approximation de la parole», explique celui qui vient aussi de terminer le projet du siège social de Jean-Paul Gaultier, à Paris.«Vous écrivez pour que quelqu'un d’autre puisse relire.Il y a dans ces signes de l’intelligence, du sens.Mais il y a aussi des signes qui sont là pour le souffle.L’écriture est à la fois du sens et du bruit.Tout le musée est parti de cette idée.» Par exemple, il cherche à mettre en relief les idéogrammes comme les phonogranunes dans le système hiéroglyphique égyptien.les architectes ont oeuvré avec des granunairiens qui travaillent sur la compréhension de l’écriture et de la lecture.D’ailleurs, Moatti fait remarquer que Champollion (né à Figeac en 1790), révélant le sens des premières écritures, «ne découvre que par la relecture.» L'égyptologue a ainsi redonné à lire.Le duo d’architectes a aussi à son actif deux autres musées, dont celui de la Cité de la dentelle à Calais.Dans ces projets se dessine une conception des espaces muséaux comme de la fonction des musées dans les outils de la connaissance.«Le musée est le seul endroit dans les outils de la connaissance où on se déplace avec le corps.» Les autres sont des découvertes individuelles «dans lesquelles vous avez le plaisir masturbatoire, seul, de la connaissance», dit Moatti en esquissant un grand sourire.«Le musée est ouvert au monde, et le corps du visiteur va être en jeu.» H est donc nécessaire de développer un mode de préhension de la connaissance qui soit lié à ces déplacements du corps.Des lieux pour le pouvoir Pour Moatti, on doit abandonner l’idée du musée ancien, qui est simplement la présentation des œuvres.«Il fout comprendre que le musée est aujourd'hui un lieu où l'on transmet les premiers indices de la connaissance.Un musée ne comble pas un sujet, mais il va vous piquer et vous aurez ensuite le besoin de l'approfondir.Nous devons donc en foire un espace public FORÊT vité des forêts ainsi exploitées en contravention des normes affichent «un accroissement net inférieur à celui espéré».Dans les érablières ainsi écrémées de leur meilleurs rejetons, écrivent-ils, «on ne dénote aucun effet significatif du traitement sur l’accroissement net».Ën clair, les intérêts, si l’on peut dire, que de vraient produire ces techniques d’aménagement, dont le coût est assumé par les contribuables, ne sont pas au rendez-vous.Et le capital a plutôt tendance à diminuer.«Le problème majeur que soulèvent ces constatations, explique en entrevue Claude Fortin, porte-parole en foresterie de l’Union québécoise pour la conservation de la nature (UQCN), c’est qu’on a pensé jusqu’ici qu’on aurait, grâce à ces techniques d’aménagement, un rendement forestier important et qu’on s’autorise à couper plus de bois que la forêt feuillue n’en produit réellement.Ça confirme ce que nous disons depuis longtemps, et que disent tout bas forestiers et fonctionnaires: les exploitants écrément la forêt feuillue de ses meilleurs arbres au lieu d’assurer son avenir, ce qui laisse présager des problèmes d’approvisionnement dont l’ampleur va frapper durement les régions en cause.Cela rejoint aussi le rapport de la Vérificatrice générale sur deux points majeurs: les contrôles de la récolte par le ministère sont inefficaces, et le modèle prévisionnel utilisé pour définir la possibilité forestière base ses allocations de coupe sur une forêt surévaluée.On pense récolter les intérêts alors qu’on entame le capital!» Quelques jours après la divulgation du rapport de la Vérificatrice générale, en décembre 2002, Le Devoir dévoilait un rapport interne du MRN qui établissait, grâce aux témoignages des fonctionnaires de terrain, que les exploitants écrémaient illégalement les forêts feuillues, qu’ils ne déclaraient pas toutes les quantités coupées, que les marteleurs ne marquaient pas seulement les arbres malades ou condamnés aux fins des coupes de jardinage et que les mesureurs sous-évaluaient souvent les volumes coupés, ce qui réduisait le montant des royautés que leur employeur devait acquitter.La recherche divulguée en juin dans Info Forêt du MRNFP visait à dé- NAJAF REUTERS Un char américain à Najaf •".•T % piégée a fait deux morts.Les exportations de pétrole par le sud de l’Irak ont retrouvé leur niveau normal depuis samedi soir, soit 85 000 barils par heure, après une réduction de moitié durant treize jours, a affirmé hier un responsable de la Compagnie du pétrole du sud.«Les exportations de pétrole par les deux oléoducs ont repris depuis hier [samedi] soir vers les deux terminaux de Bassora et de Khor al-Amaya», dans le sud de l’Irak, a affirmé ce responsable.La décision de fermer un des deux oléoducs avait été prise à la suite de menaces de miliciens chiites de le faire sauter.Cette baisse causait un manque à gagner de 30 millions de dollars par jour, selon le gouvernement Le ministre polonais de la Défense Jerzy Szmajd-zinski, venu en Irak dans la zone sous commandement polonais, a assuré que son pays voulait «sortir d’Irak le plus vite possible», mais seulement après y avoir créé MOATTI de rencontre et de partage.C’est le seul endroit où vous pouvez faire cela.Sinon, vous allez voir des conférences, et alors là, vous êtes complètement passif.Sinon, vous allez sur Internet, et vous recevez de la connaissance.» Les musées du monde cèdent de plus en plus au spectaculaire.Il n’y a qu’à penser aux élans de la carcasse du musée Guggenheim de Bilbao.Anciennement lieux de contemplation, ces musées deviennent des lieux de spectacle.«Le musée a une identité très forte dans la ville.Je pense cela de l’architecture en général.La ville est pleine d’objets, de bâtiments.Rest nécessaire de construire des bâtiments à l’identité très très forte.Plus cette identité est forte, plus vous allez avoir envie d’y retourner.Et si la ville est faite de tous ces bâtiments à l'identité forte, vous pouvez aller dans chacun de ces bâtiments.Et comme le dit Georges Perec, un écrivain que j’aime beaucoup, vivre, c’est changer de lieu: vous passez de bâtiment en bâtiment, selon vos états émotionnels.» Autrement, dit l’architecte, on passe à côté des choses et rien ne nous traverse.L’architecture moderne a oublié cela dans l’érection de lieux monu-mentaux qui nous écrasent, «qui ne sont pas faits pour l'humain », mais pour l’homme avec un grand «H».Les lieux monumentaux sont faits pour le pouvoir.L’architecture non monumentale est faite pour être parcourue par tous et pour tous.Par exemple, même la façade du musée de la Cité de la dentelle, à Calas, est une plage que balaie le regard.«A Figeac.la mile est plus intéressante que chaque bâtiment.Il fout foire évoluer les villes, mais sans tout détruire.C'est une problématique avec laquelle nous devons travailler en France avec ces villes anciennes.C’est comme si vous rencontrez quelqu un, que vous lui laissez quelque chose et que, dans l’échange, vous ne l’avez ni complètement détruit ni complètement transformé.» Raconter une histoire Dans un tissu urbain aussi chargé de patrimoine terminer l’écart entre les résultats attendus de ces coupes de jardinage et la réalité, beaucoup moins rose.L'étude confidentielle publiée en décembre 2002 par Le Devoir n’avait pas été remise à la Vérificatrice générale au printemps précédent, ce qui aurait étayé plusieurs de ses hypothèses.Même si leurs conclusions étaient arrêtées depuis des mois, les auteurs de cette étude n’avaient pu la signer et la dater avant la fin du mandat de la Vérificatrice de sorte que, techniquement, le rapport n’existait pas et ne pouvait donc être remis.La même chose semble se produire pré sentement avec l’étude Bédard, Majcen et Meunier, affirment certaines sources internes.Débordés de travail, les auteurs n’arrivent pas à achever, signer et dater leur étude alors que la fin des travaux de la commission Coulombe est prévue pour la fin novembre, dans trois mois.Pour plusieurs groupes comme l’UQCN, Québec doit devenir l’employeur unique des marteleurs, dont la fonction est de désigner les arbres qui peuvent être abattus dans les coupes de jardinage payées par les contribuables, et aussi des mesureurs dont les évaluations déterminent le montant des royautés.«Ces professionnels sont dans une position de conflit d’intérêts permanent tant qu’ils sont payés par les exploitants forestiers, leurs patrons.Québec devrait foire comme dans l'industrie alimentaire où les inspecteurs gouvernementaux sont présents dans tous les abattoirs.Mais les propriétaires d’abattoirs doivent rembourser ces salaires au gouvernement, ce qui soustrait les inspecteurs aux pressions et assure qu’ils travaillent en fonction de l’intérêt public», estime Claude Fortin.L’an dernier, le MRNFP, qui voyait venir la tempé te, a mis en place un programme de reconnaissance professionnelle des marteleurs, censés devenir ainsi mieux formés.Cette réforme est considérée comme une victoire des industriels qui ont pu conserver le contrôle de ceux qui déterminent quels arbres peuvent être coupés et de ceux qui établissent leur facture annuelle au gouvernement Le Devoir «des conditions solides de sécurité».Les forces polonaises ont été ces derniers jours la able d’attaques répétées, qui ont fait trois morts au cours de la semaine.Enfin, à Kirkouk (nord), plusieurs centaines de Turcomans chiites ont manifesté pour protester contre les tentatives des Kurdes de la ville d’accaparer, selon eux, des terrains leur appartenant.Un appel à la résistance Quatre-vingt-treize personnalités musulmanes ont fait part de leur opposition à la présence de forces américaines en Irak et ont exhorté les Musulmans du monde entier à soutenir la résistance aux forces américaines et au gouvernement irakien installé en juii).Dans un appel diffusé hier par le bureau en Égypte des Frères musulmans, ces personnalités issues d'une trentaine de pays, de l’Allemagne à l’Indonésie, disent que l’objectif doit être de «purifier la terre d’Islam de la salissure de l’occupation».Parmi les signataires figurent des dirigeants des Frères musulmans, Youssef Karadaoui, personnalité modérée du Qatar, le cheikh Hassan Nasrallah, chef du Hezbollah libanais, Khaled Machal, du mouvement palestinien Hamas, deux dirigeants d’un parti d’opposition égyptien, le cheikh Abdeslam Yassine, du Groupe Justice et Charité du Maroc, et le président du Parlement yéménite, cheikh Abdoullah Ahmar.Les autres signataires viennent d’Afghanistan, d'Algérie, du Bahrein, de Bosnie, des Comores, d’Allemagne, d’Inde, d’Iran, d’Irak, de Jordanie, de Libye, de Malaisie, de Mauritanie, du Pakistan, d’Arabie Saoudite, de Somalie, d’Afrique du Sud, du Sri Lanka, du Soudan, de Syrie, du Tadjikistan et de Tunisie.L’appel affirme que les dirigeants musulmans ont gardé un silence touchant à la complicité face à ce qu’il qualifie d’agression anglo-américaine et sioniste en Irak et dans les territoires palestiniens.Les signataires réclament l’instauration de la démocratie dans le monde musulman par des élections libres et démocratiques respectant le pluralisme et la dignité des citoyens.Agence France-Presse, Reuters et Associated Press que celui de Figeac, au carrefour de l’Auvergne, du Rouergue et du Quercy, dans l'une des villes les plus florissantes du Midi médiéval, l’intervention ne va pas de soi, notamment en raison de ses rues étroites et tortueuses.Aussi, dans ces villes, changer une serrure d’endroit tient de la grande procédure.«On a des besoins différents aujourd'hui.On a des matériaux nouveaux qui permettent d’exprimer de nouvelles émotions.Il ne fout pas faire de concession à ce qui a été, il fout ajouter ce qui vous semble nécessaire pour la nouvelle fonction de ce bâtiment.» Ainsi, la maison natale de Jean-François Champollion n a-t-elle jamais été prévue pour recevoir un musée.Non plus que l’ancien Palais des arts de L’Avenir du prolétariat, rue Saint-Martin, dans le IIP arrondissement de Paris, où s’est abritée une société d’assistance mutuelle qui avait été créée dans les dernières heures du XK' siècle par Ferdinand Boire, un philanthrope nourri aux idées de Guesde, Jaurès et Zola.Il faut continuer de raconter une histoire et la partager avec les gens qui, eux, vont vivre le bâtiment.«Et si cette histoire, ils la font leur, à ce moment-là, ils vont continuer à aimer ce bâtiment et à l’entretenir.Ces bâtiments sont arrivés jusqu'à nous parce que quelqu 'un les a aimés et les a entretenus.L'histoire continue.» De cette façon, l’architecte, qui aurait voulu être scénographe, favorise également la transmission.Parce que raconter une histoire, c’est transmettre la pérennité des choses.Pour le musée des Ecritures du Monde, Moatti a privilégié la monochromie.«Parce qu ’il faut se mettre dans des conditions du regard.Vous êtes assommé par tout ce que vous pouvez voir, avec des univers multicolores.Il fout créer un univers particulier, qui est propice au regard.Si vous ne faites pas ça, vous traversez les lieux comme vous traversez la vie.Et tout vous échappe.• Le Devoir
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