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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier C
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2004-08-25, Collections de BAnQ.

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JEUX OLYMPIQUES Cyclisme: Muenzer rafle la médaille d’or au sprint Page C 6 LE DEVOIR M E R C R E D A 0 î T 2 0 0 4 AGORA Une élection référendaire: est-ce le vrai débat?Pages C 4, C 5 LE MOME Mains levées, cette famille chiite irakienne sortait hier du vieux quartier de Najaf où des combats sanglants ont lieu depuis le 5 août THAIER AL-SUDANI REUTERS Mort ou vif, Sadr sera capturé L’assaut final contre Najaf est pour «très bientôt» JAY DESH MU KH Najaf — Les forces américaines et irakiennes, massées à l’entrée de la vieille ville de Najaf, ont reçu hier l’ordre du gouvernement irakien de capturer mort ou vif le chef radical chiite Moqtada Sadr si celui-ci résistait à l’assaut imminent , Par ailleurs, les ministres de l'Environnement et de l’Éducation ont échappé à Bagdad à deux attentats qui ont fait cinq morts, outre un kamikaze, et six blessés, alors que 12 personnes ont été tuées dans des heurts entre miliciens chiites et soldats britanniques dans le sud, selon des sources médicales.•Si Moqtada Sadr se rend, il sera sain et sauf, s’il résiste, il n’a devant lui que la mort ou la prison», a affirmé le ministre de la Défense Hazem Chaalane à des journalistes sur une base américaine à l’entrée de Najaf •D’importantes forces irakiennes s’approcheront du mausolée en attendant le signal de l’assaut à moins que les éléments [de l’armée du Mehdil se rendent.Ils n'ont que quelques heures pour le faire», a-t-il ajouté.Des centaines de gardes nationaux irakiens (auxiliaires de l’armée) et de soldats américains se préparaient à lancer l’assaut contre le réduit d’un km2 où sont retranchés les miliciens chiites, selon un journaliste de l’AFP.Les gardes nationaux à pied, en treillis, casqués et armés de kalachnikovs, étaient présents dans les ruelles menant à la vieille ville et sur la rue al-Madi-na, qui constitue la ligne de démarcation, à 400 mètres du mausolée de l’imam Ali, place forte des rebelles.•Nous n’avons pas reçu l’ordre pour le moment d'avancer vers le mausolée.Nous patrouillons pour garder le quartier», a affirmé à l’AFP le capitaine des Marines Nick Sims.Auparavant, des membres de la Garde nationale avaient riposté aux tirs nourris de la part des miliciens, alors qu’ils avançaient dans la rue al-Madina.Face à l'assaut imminent, le porte-parole de Moqtada Sadr, cheikh Ahmad Chaïbani, a lancé un appel pressant à la négociation, alors que de moins en moins de combattants étaient visibles dans les rues, sans qu’il soit posable de savoir s’ils se cachaient ou avaient fui.•Nous accueillons positivement toute initiative ou proposition de paix qui ne porte pas atteinte à la dignité des Irakiens et au mouvement al-Sadr.Nous n’accepterons aucune solution humiliante pour nous», a-t-il dit «Nettoyer la ville» Les combats ont commencé le 5 août Le premier ministre lyad Allaoui exige le départ de l’armée du Mehdi du mausolée, le désarmement de la milice et sa transformation en formation politique.Le gouverneur de Najaf Adnane al-Zorfi, a prévenu que la Garde nationale «allait nettoyer la ville et le mausolée de la milice s’ils [les miliciens) ne partent pas rapidement de leur propre chef».•Nous sommes prêts et attendons le feu vert de Bagdad», a ajouté M.Zorfi, refusant aussi de préciser quand l’assaut sera donné, sinon qu’il aura fieu «très bientôt».Cette offensive interviendrait alors que l’anniversaire d’Ali, gendre du Prophète révéré par les chiites, sera fêté lundi.Le chef de la diplomatie irakienne Hoshyar Zebari a par ailleurs rejeté un appel lancé la semaine dernière par l’Iran pour la tenue urgente d’une réunion des voisins de l’Irak sur la situation dans la ville, estimant qu’il s’agissait d’une affaire intérieure.De violents affrontements ont par ailleurs éclaté à Amara (370 km au sud de Bagdad) entre l'armée du Mehdi et les troupes britanniques, dans lesquels 12 Irakiens, dont trois enfants, ont été tuée et 54 blessés.Enfin, un groupe islamiste, l’Armée islamique en Irak, a affirmé dans une vidéo diffusée sur la chaîne qatariote Al-Jazira détenir le reporter italien Enzo Baldoni, qui est porté disparu depuis jeudi.Ce groupe, connu pour avoir effectué d’autres rapts, a exigé le retrait des troupes italiennes d’Irak dans un délai de 48 heures, mais Rome a rejeté cette demande.Un otage libanais, enlevé depuis plus d’une semaine en Irak, a été relâché, selon un document vidéo diffusé par une chaîne privée libanaise.Agence France-Presse Guerre contre le terrorisme Un chauffeur de Ben Laden devant les tribunaux militaires TIM WITCHER Base navale de Guantânamo — Un ancien chauffeur d’Oussama ben Laden est devenu hier le premier détenu de Guantânamo à comparaître devant les tribunaux militaires controversés créés par les Etats-Unis dans le cadre de leur guerre contre le terrorisme.Le Yéménite Salim Hamdan.34 ans, ancien chauffeur du chef d’al-Qaïda, a été le premier des quatre détenus, appelés à comparaître d’ici vendredi en audience préliminaire devant ce tribunal mis en place par les autorités américaines sur la base américaine à Cuba.Moustachu et les cheveux courts, Hamdan portait un costume traditionnel arabe avec une veste occidentale.Escorté par deux of- ficiers de la police mifitaire, il a plaisanté avec son avocat avant l'ouverture de l’audience.Il ne portait pas de chaînes aux pieds comme y sont contraints les autres prisonniers de Guantânamo, mais deux gardes étaient assis en permanence derrière lui L’acte d’accusation reproche à Hamdan d’avoir comploté avec Ben Laden et d’autres responsables d'al-Qaïda pour attaquer des civils, commettre des assassinats, des actes terroristes et détruire des propriétés.Le colonel Peter Brownback, qui préside le tribunal, ne lui a pas demandé de plaider.Autorisée par une ordonnance du président George W.Bush datée du 13 novembre 2001, la «commission militaire spéciale» est une juridiction spécifiquement conçue pour juger les détenus non américains.D faut remonter à 1948, après la Seconde Guerre mondiale, pour retrouver trace d’une telle procédure d’exception.À l’époque, les inculpés étaient allemands et japonais.L’avocat commis d’office de Hamdan, le capitaine de corvette Charles Swiff a lancé une procédure devant un tribunal civil américain, demandant que •l'illégalité» du traitement des prisonniers sur la base soit reconnue.Dès l’ouverture de l’audience, il a posé une série de questions sur les capacités des six juges et notamment du président du tribunal, le colonel Peter Brownback Huis clos Certaines des questions posées, considérées comme «sensibles», ont entraîné le huis dos et même Han-dan n'a pas été autorisé à rester dans la saDe d’audience.Les avocats militaires, commis d’office pour représenter les quatre premiers détenus jugés à Guantânamo, mettent en cause les tribunaux militaires d’exception, à l’instar de nombreux juristes et organisations de défense des droits de l’Homme.Selon l’acte d’inculpation, M.Hamdan a rencontré Oussama ben Laden à Kandahar (Afghanistan) en 1996.D reconnaît lui avoir ensuite servi de chauffeur et de garde du corps mais dément avoir été un membre d’al-Qaïda ou avoir participé à des actions terroristes.Selon son avocat, le Yéménite reconnaît avoir travaillé pour Ben Laden «pour faire vivre sa famille».Outre M.Hamdan, trois autres détenus, dont un Australien, un Soudanais et un autre Yéménite, sont appelés à comparaître — depuis hier et jusqu’à vendredi — devant le tribunal.L’Australien David Hicks, 29 ans, dont le père est arrivé hier à Guantânamo en compagnie d’un représentant du gouvernement australien, comparaît aujourd’hui devant la •commission militaire» composée de cinq officiers.Outre Hamdan et Hicks, les deux autres détenus concernés sont le Yéménite Ali Sulayman al-Bahlul, 33 ans, et le Soudanais Ibrahim Mahmoud ai-Qosi, 44 ans, gardes du corps présumés de Ben Laden.L’Australien est inculpé de complicité de crimes de guerre, tentative de meurtre et soutien à l’ennemi, et les trois autres de complicité de terrorisme.Aucun d’entre eux ne risque la peine de mort, mais ils pourraient être condamnés à une peine de prison à perpétuité s’ils sont reconnus coupables.Les procès eux-mêmes ne devraient pas commencer avant plusieurs mois.Agence France-Presse Salim Hamdan a plaisanté avec son avocat avant l’ouverture de l’audience I LE DEVOIR.LE MERCREDI 25 AOÛT 2004 C 2 ?LE MONDE* Christian Riaux CARNETS D’AMÉRIQUE Les héros oubliés Christian Rioux vient de passer un an aux États-Unis.Boursier de l’université Harvard, il a rencontré de nombreuses personnalités et sillonné ce pays de Boston à Los Angeles.D’ici l’élection présidentielle américaine, le 2 novembre, il nous livre des extraits de son carnet américain.Le Sergeant Floyd Museum, que l’on aperçoit sous les peupliers au bout de l’Interstate 29, est irrésistible.Le petit musée historique de Sioux City, perdu à la frontière de Howa et du Nebras-Ha, est logé dans un bateau à aubes qui a longtemps navigué sur le Missouri.D y a quelques années, le bâtiment a été transformé en musée et en centre de renseignements touristiques.D est si bien conservé qu'on le croirait tout droit sorti d’un roman de Marc Twain.Les voyageurs fatigués s’y arrêtent volontiers pour se reposer et laisser les enfants se dégourdir les jambes.' En cette année du bicentenaire de l’expédition de Lewis et Clark, le Sergeant Floyd Museum présente une ijrève exposition sur les deux explorateurs qui, vers 1805, découvrirent la route du Pacifique et ouvrirent la porte à l’immense aventure de l’Ouest américain.L’expédition y est plutôt bien résumée.Sauf que le visiteur en sort convaincu que l'Ouest n’a pas vraiment existé avant que les deux valeureux explorateurs mandatés par Jefferson ne remontent le Missouri et le Columbia pour tremper leurs orteils dans le Pacifique.Un chapitre est évidemment consacré aux Indiens sioux et mandans qui peuplaient ces vastes territoires avant l’arrivée de Lewis et Clark.Les mouvements autochtones ont eu assez d’influence depuis une vingtaine d’années pour modifier largement l’interprétation de l’histoire américaine.D n’y a qu’un absent, et il est de taille: c’est le récit des explorateurs canadiens qui ont sillonné ces régions en long et en large pendant 150 ans et qui, les premiers, les ont fait entrer dans l’histoire.?De Belle Fourche à Pierre (Dakota-du-Sud), de Louisville (Kentucky) à Saint Louis (Illinois), de Fond du Lac à Eau Claire (Wisconsin) en passant par Terre Haute (Indiana), il est fascinant de constater comment les États-Unis ont souvent occulté le passé français de ce qui représente aujourd’hui tout le centre du pays.Bien sûr, on trouve des plaques çà et là, et même une statue de La Vérendrye à Pierre, où celui-d prit possession du territoire au nom du roi de France.Mais la plupart du temps, l’oubli est la règle.À Belle Fourche, fondée sur le lieu d’un ancien comptoir de traite au confluent des rivières Belle Fourche et Red water, il est à peu près impossible d’apprendre quoi que ce soit sur le passé français de l’endroit À Des Moines, au beau milieu de llowa, la documentation officielle ne donne guère plus de détails sur les coureurs des bois qui ont nommé la vile, probablement à partir d’un mot amérindien.L’ignorance frise parfois la malhonnêteté.Ainsi la petite ville de Sioux City affirme-t-elle le plus naturellement du monde que 4es premiers explorateurs à documenter leur voyage dans la région furent Lewis et Clark, à l’été 1804».Malgré tout le respect dû aux explorateurs américains, les auteurs oublient les pages enlevantes que Pierre-Esprit Radisson écrivit sur les Sioux dès 1662, celles de La Vérendrye qui rencontra les Mandans plus haut sur le Missouri, sans oublier celles de Jean-Baptiste Trudeau, dont Lewis et Clark avaient attentivement lu le journal avant de partir.•Les Canadiens du Missouri sont les grands oubliés de l’histoire», a fait remarquer l’historien Denis Vaugeois dans le beau — bien qu’échevelé — livre qu’il consacre à l’expédition de Lewis et Clark (America, Septentrion).La plupart des «engagés» étaient en effet des Canadiens, le mot ne désignant encore que les descendants de Français souvent mêlés aux populations indiennes.Ce n’est pas faire honte aux grands explorateurs américains que de rappeler qu’ils n’ont pas toujours été les premiers.80 ans avant l’expédition, le père Charlevoix établit clairement que pour découvrir 4a mer de l’Ouest», il fallait «remonter le Missouri, dont la source n'est certainement pas loin de la mer, tous les Sauvages [.] l'ayant unanimement assuré».On sait aujourd’hui que Lewis et Clark ne seraient pas allés très loin sans ces Frenchmen.Lorsque l’expédition rencontre les Wallas Wallas, dans les Rocheuses, c’est une Indienne shoshone (Sacagawea, aujourd’hui immortalisée sur les dollars américains) qui traduit les réponses en hidatsa à son mari, Toussaint Charbon-neau.Celuki transmet ensuite les propos en français aux deux Métis canadiens Georges Drouillard et François Labiche, qui se chargeront de la version anglaise.Vraie ou fausse, cette histoire est une belle allégorie de l’Amérique.Même si ses traces tombent souvent dans l’oubli, le long du Missouri et du Mississippi subsiste le mythe d’une Amérique nommée et découverte par ces coureurs des bois qui réunissaient ce qu’il y avait de meilleur dans les populations françaises et amérindiennes.Au cours de cette année aux États-Unis, j’ai souvent parlé à mes amis américains de ce mythe qui a survécu de Georges Drouillard.à Jack Kerouac.Je ne suis pas certain qu’ils aient toujours compris ce dont je voulais parler.Tout comme je ne suis pas convaincu qu’audelà de l’inévitable meaculpa qu’impose aujourd’hui la rectitude politique à l’égard des peuples autochtones, ils aient saisi ce que cette civilisation avait d’original et d’unique.C’est pourtant un historien américain, Frands Parkman, qui, le premier, a déclaré que 4a civilisation hispanique a écrasé l’Indien; la civilisation britannique l'a méprisé et négligé; la civilisation française l’a adopté et a veillé sur lui».?les Américains n’ont pas pendu Louis Rieb ils n’ont pas interdit les écoles françaises au Manitoba, ils se sont contentés de laisser sombrer dans l'oubli les Métis et les Canadiens qui ont nommé la moitié de leur territoire 150 ans avant qu’ils n'en prennent possession.En reprenant ma route sur l’Interstate 29, j’essayais d’imaginer à quoi pourrait ressembler le George Drouillard Museum.Le petit musée de Sioux City tire en effet son nom du sergent Floyd, seul membre de l’expédition de Lewis et Clark à ne pas être revenu vivant de l’aventure.De l'avis même de Lewis, Georges Drouillard fut pourtant le membre le plus important de l'expédition à cause de sa connaissance de la chasse et des langues autochtones.Mais ce n’est pas ainsi que se fabriquent les nations.criouxfiïledevoir.com Campagne présidentielle américaine Kerry vilipende Bush Le président sortant cache son absence de programme derrière des écrans de fumée BRIAN SNYDER REUTERS John Kerry, candidat démocrate à la Maison-Blanche, devant le buste d'Abraham Lincoln à l’université Cooper Union, dans l’Etat de New York, où le président républicain avait lancé un vibrant appel contre l’esclavage en 1860.O calomnies ! New York — Le candidat démocrate à la présidentielle John Kerry, attaqué depuis plusieurs jours à travers des spots télévisés, a accusé hier son adversaire George W.Bush de vouloir cacher son absence de programme derrière des écrans de fumée.«La campagne Bush et ses alliés se sont tournés vers la tactique de la peur et la calomnie parce qu’ils sont incapables de parler d’emploi, de couverture santé, d’indépendance énergétique et de la reconstruction de nos alliances — les vraies questions qui importent aux Américains», a déclaré M.Kerry devant un amphithéâtre bondé à l’université de Cooper Union, à New York.«Je suis ici pour appeler à un débat véritable et solide sur nos valeurs et les choix que nous faisons à ce moment critique de notre histoire», a-t-il ajouté.•La semaine prochaine, les républicains tiendront leur convention ici à New York [.].Le monde écoutera ce qu’ils diront.Mais les mots, les slogans et les attaques personnelles ne peuvent masquer ce qu’ils ont fait — ou n'ont pas fait», a-t-il dit La campagne présidentielle est dominée depuis une quinzaine de jours par la polémique lancée par un groupe d’anciens combattants accusant John Kerry d’avoir enjolivé ses actes de bravoure durant la guerre du Vietnam.Pour lui, les républicains «vont dire qu’on a passé un cap, qu’ils font le travail, que c’est la meilleure économie jamais vue de notre vivant.Ils ont visiblement décidé que certaines personnes croiront n’importe quoi, pourvu qu’ils le répètent assez souvent.C’est ainsi qu’ils ont mené leur gouvernement, c’est ainsi qu’ils mènent leur campagne et c’est ainsi qu’ils mèneront leur convention.Mais les Américains sont plus intelligents que cela.Vous ne pouvez cacher la vérité avec des slogans vides, vous ne pouvez diriger l’Amérique en trompant les Américains».«Retenez mes paroles, ils arriveront avec des propositions de dernière minute et des promesses de dernière minute pour masquer tout ce qu’ils n’ont pas fait et faire croire qu’ils ne sont pas ce qu’ils sont», a-t-il ajouté.«Mon devoir est d’être un président et un commandant en chef qui trouve et dit la vérité au lieu de tromper les Américains en se cachant derrière des groupes, en disant et en faisant n’importe quoi pour éviter les vraies questions qui importent, comme les emplois, la couverture santé et la guerre en Irak», a-t-il encore dit «fai défendu ce pays comme jeune homme, et je le défendrai comme président», a-t-il dit, comme souvent dans ses meetings, mais recevant cette fois-ci une ova tion du public particulièrement appuyée.Fortes convictions religieuses Par ailleurs, près des trois quarts des Américains (72 %) estiment qu’il est important qu’un président ait de fortes convictions religieuses, selon un sondage de Hnstitut Pew Research publié hier.Une majorité des personnes interrogées considère que le candidat républicain George W.Bush et son adversaire démocrate John Kerry affichent leur foi de manière adéquate, selon ce sondage.24 % des Américains considèrent toutefois que Bush affiche sa foi trop ostensiblement tandis que 10 % pensent la même chose de Kerry.D’une manière générale, les Américains jugent que le Parti républicain (52 %) a une attitude phis favorable à l’égard de la religion que le Parti démocrate (40 %).64 % des personnes interrogées affirment que la question des «valeurs morales» sera très importante pour leur vote.dLe sondage a été réalisé auprès de 1512 Américains entre le 5 et le 10 août Agence France-Presse TOM RAUM TTUT ashington — Calomniez, calomniez, il en restera VV toujours quelque chose.Les «campagnes négatives», accusations diffamatoires comme celles lancées contre le candidat démocrate John Kerry sur son passé de héros du Vietnam, ont beau être démenties et démontées avec force détails, elles laissent souvent des traces, soulignent les observateurs.Depuis plus d’une semaine, les anciens combattants du Swift Boat Veterans for Truth (SBVI), un groupe proche des républicains, accuse M.Kerry d’avoir menti sur son passé de héros plusieurs fois décoré de la guerre du Vietnam en enjolivant ses faits d’armes.Ces attaques lancées par des vétérans qui n’ont pas servi directement sous les ordres du candidat démocrate ont été démenties catégoriquement par l'intéressé et d’anciens témoins de l’époque.Les démocrates accusent le SBVT d’être lié à l’équipe de campagne de George Bush, ce que les républicains réfutent.M.Bush a estimé lundi que des attaques comme celles du SBVT étaient «mauvaises pour le système» et que M.Kerry avait «admirablement servi son pays au Vietnam et avait raison d’être fier de ses faits d’armes».«Les hommes politiques ne veulent pas être perçus comme les responsables des campagnes négatives mais ils sont convaincus qu’elles produisent des résultats», nuance David Rohde, professeur de science politique à l’université du Michigan.L’équipe de M.Kerry cherche à porter le débat sur les tactiques de campagne de M.Bush en rappelant qu’il avait déjà usé d’un stratagème similaire contre John McCain, son rival pour l'investiture républicaine en 2000.A l’époque, un groupe d’anciens combattants avait apporté son soutien à M.Bush en accusant le sénateur de 1’Arizona d’avoir abandonné les vétérans et les prisonniers de guerre du Vietnam une fois élu au Congrès.M.McCain, qui a lui-même été prisonnier au Vietnam, avait jugé cette attaque «inadmissible» mais avait perdu la course à finvestiture républicaine.Les démocrates citent également l’élection sénatoriale de 2002 en Géorgie, durant laquelle les républicains avaient mis en doute le patriotisme du sortant, le démocrate Max Cleland, dans la guerre contre le terrorisme.Cet ancien combattant du Vietnam, où il avait perdu deux jambes et un bras, n’avait pas réussi à se faire réélire.M.Bush affirme avoir été lui aussi victime de publicités négatives, notamment celles de groupes démocrates financés par le milliardaire philanthrope George Soros, et dit souhaiter l’arrêt de toutes les attaques de ce genre.Reste que les allégations sur le passé militaire de M.Kerry, formulées dans des publicités, dans des entrevues et dans un livre par les membres du SBVT, dominent la campagne depuis plus d’une semaine et risquent de lui porter préjudice.Le seul moyen de repousser une telle attaque est de présenter des preuves convaincantes pour la contredire, mais, même ainsi, «un gros mensonge est parfois difficile à dissiper», souligne Lanny Davis, un conseiller de M.Kerry.Le candidat démocrate est actuellement en légère baisse dans les sondages.Associated Press 25 août 1944, la fin des années noires pour les Parisiens Paris est libéré ! La libération de la capitale française n’était pas une priorité pour.le haut commandement allié Paris — Le 25 août 1944, après six jours d’insurrection populaire et l’entrée dans Paris de la deuxième division blindée de Leclerc, avant-garde des troupes alliées, le drapeau blanc de la reddition remplaçait la croix gammée qui flottait depuis plus de 50 mois sur la capitale française.Après les succès des débarquements de Normandie et de Provence, la libération de Paris n’était pas une priorité pour le haut commandement allié, attaché à poursuivre les années allemandes qui avaient reçu l’ordre de faire retraite vers l’est de la France.Le soulèvement de la population parisienne, le 19 août, devait changer la donne.Le 18, alors que se multipliaient les mouvements de grève, notamment dans la police, le métro, la poste et la radio, des affiches étaient apparues sur les murs de la capitale, signées des francs-tireurs et partisans français (FTPF), composante d'obédience communiste des Forces françaises de l’intérieur (FFI).appelant à la mobilisation générale contre l’occupant Dès le 18 au soir, une fusillade éclate près du pont des Arts, en plein cœur de Paris, face au Louvre.Le lendemain, des gardiens de la paix occupent la préfecture de police.Des mairies, des ministères, des sièges de journaux sont contrôlés par les FFI.Le Conseil national de la résistance (CNR) et le Comité parisien de libération (CPL) lancent des appels à l'insurrection.Des combats éclatent notamment pour le contrôle de la mairie de Neuilly.Une trêve est conclue dans la soirée mais les combats se poursuivent le dimanche 20.L'hôtel de ville est occupé par la Résistance.Grâce notamment à l’intervention du consul de Nor-vège Raoul Nordling et du président du conseil municipal de Paris, Pierre Taittinger, 3200 prisonniers politiques sont libérés, une nouvelle trêve est décidée mais elle ne fait pas l’unanimité au sein de la Résistance.Des affrontements sporadiques se poursuivent Le 21, le CNR décide de rompre la trêve et des barricades sont érigées dans plusieurs quartiers de la capitale.Le 22, les combats sintensifient.Les forces alliées sont à une centaine de kilomètres.De crainte de représailles allemandes qui transformeraient la ville en un champ de ruines, après bien des hésitations de la part du commandement américain, la 2' DB est finalement autorisée, le 22 août au soir, à fore cer sur la capitale pour prêter main-forte aux FFI.Décision hautement symbolique que de laisser des soldats français entrer les premiers dans Paris, ce qui satisfait le général de Gaulle, soucieux d’asseoir son au- -r~-; W -a AGENCE FRANCE-PRESSE Le général Dietrich Von Choltitz, dernier commandant en chef des forces allemandes dans Paris occupé.La photo a été prise le 25 août 1944.torité sur les territoires libérés où l’influence des communistes est souvent prépondérante.« Paris libéré par lui-même » Le commandant des 16 000 soldats allemands encore stationnés à Paris, le général Dietrich von Choltitz, convaincu de la chute inéluctable de la ville, poursuit l’évacuation de ses forces.Avec ses chars, il est en mesure d’écraser l’insurrection mais, tout en multipliant les menaces, il ignore les ordres du QG du Führer de faire sauter les ponts et d’opérer le maximum de destructions dans Pa- ris.Le 24 août au soir, les premiers chars de la 2* DB, qui ont dû livrer de violents combats, notamment près de la prison de Fresnes, atteignent Paris.La compagnie du capitaine Raymond Dronne, composée en majorité de républicains espagnols, est lancée en avant-garde et arrive à 21h22 place de lHôtekle-Vil-le, vite accueillie par une foule en délire.Le lendemain matin, les unités de la 2' DB, appuyées par les GI de la quatrième division d’infanterie américaine, se déploient dans la ville.Des panaches de fumée s’élèvent de plusieurs points de la capitale et les îlots de résistance allemands se rendent un à un, souvent après d’âpres combats, comme au ministère des Affaires étrangères et au Luxembourg.A 15h30, Leclerc reçoit à la préfecture de police la reddition du général von Choltitz.D se rend à son QG de la gare Montparnasse pour parapher le document avec des chefs de la Résistance.Arrivé sur place, de Gaulle s’étonne de voir le nom de Roi-Tanguy au bas de la reddition allemande.Les derniers points d’appui allemands se rendent vers 20h et de Gaulle prend la parole à l’hôtel de ville.«Paris! Paris outragé! Paris brisé! Paris martyrisé! Mais Paris libéré! Libéré par lui-même, libéré par son peuple, avec le concours des armées de la France, avec l'appui et le concours de la France tout entière, de la France qui se bat, delà seule France, de la vraie France, de la France étemelle», lance-t-il pour la postérité.Le 26 août, parmi des centaines de milliers de Parisiens en liesse, il descend les Champs-Élysées puis se rend à la cathédrale Notre-Dame.«Je m’en souviens comme l’un de ces moments privilégiés où soudain tout bascule, après un grand malheur, dans la joie et l’espérance, quand naît ou renaît cette mystérieuse et forte alliance qui nous a faits ce que nous sommes- nous la France, à travers les siècles», disait le président François Mitterrand en 1994, lors des cérémonies du cinquantenaire.À Notre-Dame, une mystérieuse fusillade éclate.Tueurs embusqués, provocation ou simple méprise?Alors que les tirs résonnent sur le parvis, de Gaulle reste impassible.Les combats pour la libération de Paris ont fait environ 900 morts parmi les résistants, 500 dans la population civile, 150 dans les rangs de la 2r DB.Côté allemand, on dénombre 3200 morts.Paris n’aura pas été Varsovie.Reuters » v* * 4 4 LE DEVOIR.LE MERCREDI 25 AOÛT 2004 C 3 LE MONDE LUC GNAGO REUTERS Scène quotidienne dans un camp de réfugiés soudanais au Tchad.Pont aérien pour le Darfour «C’est un travail de longue haleine» L’ex-dictateur chilien en mauvaise posture Uimmunité de Pinochet pourrait être levée .ARCHIVES LE DEVOIR Auguste Pinochet, aux commémorations du trentième anniversaire de son putsch du 11 septembre 1973.Genève—Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a mis en place hier un pont aérien à destination des personnes déplacées au Darfour, région de l’ouest du Soudan en guerre civile depuis un an et demi.Un avion cargo Antonov devait décoller de Genève pour effectuer la première d’une série de six navettes et acheminer au total 720 tonnes de matériel et produits de première nécessité.L’appareil livrera ainsi 55 camions, 27 véhicules 4x4, des médicaments, du matériel médical, de l’eau et des réservoirs de carburant De son côté, le Programme alimentaire mondial (Pam, agence onusienne) a commencé des largages de vivres hier dans les çnvirons de Geneina, capitale de l’Etat du Darfour Occidental, au profit de personnes déplacées qui campent dans des régions inaccessibles.Ces largages, indique le Pam, se poursuivront pendant au moins un mois.Les autorités soudanaises, qui ont signé samedi un accord visant à garantir le retour des 1,2 million d’habitants déplacés par le conflit du Darfour, ont amélioré l’accès aux camps de réfugiés, où persistent la malnulrition et les maladies, selon des coopérants humanitaires.Même si le pouvoir soudanais honore sa promesse d’empêcher la poursuite des attaques des milices arabes contre des villages noirs, la majeure partie des habitants ayant Coup de froid entre Cuba et le Panama La Havane—Une éventuelle amnistie au Panama de quatre militants antkastristes, auteurs d’un projet d’attentat contre Fidel Castro, a conduit Cuba et le Panama au bord d’une rupture diplomatique, à une semaine de la fin du mandat de l'actuelle présidente panaméenne.Lambassadeur de Cuba au Panama, Caite Zamora, a été convoqué hier par le chef de la diplomatie panaméenne, Harmodio Arias, pour se voir signifier son expulsion du pays.La décision a été prise en répfique à la menace cubaine de rompre •automatiquement»)es,réar fui les violences ne devraient pas revenir avant l’année prochaine, a estimé hier un expert en migrations.«ils ne reviendront pas tant qu’ils n’auront pas la garantie qu’ils peuvent le faire en toute sécurité.C’est un travail de longue haleine», explique Brunson McKinley, directeur général de l’Organisation internationale des migrations (OIM).*La majeure partie de ces personnes sont des paysans qui n'ont rien pu semer.Ils reviendront probablement au début de l’an prochain.Cest à cette époque que nous verrons d’importantes joules [revenir]», a-t-il dit lors d’une conférence de presse à Genève, après avoir signé l’accord sur les retours volontaires avec des responsables de l’ONU et du gouvernement soudanais.Des infrastructures de base endommagées par les milices arabes Djandjahouid — écoles, hôpitaux, puits — doivent être réparées avant les vagues de retour des populations, estime McKinley.Une résolution du Conseil de sécurité donne au Soudan jusqu’à la fin du mois d’août pour prouver que les autorités améliorent les conditions de sécurité au Darfour, faute de quoi elles s'exposeront à des sanctions.Un groupe représentant plus de 160 ONG américaines, dont 20 à 25 implantées au Soudan, a estimé parallèlement qu’il était urgent de recueillir de l’argent pour permettre tions si la présidente panaméenne, Mme Mireya Moscoso, amnistiait Luis Posada Carriles, 76 ans, vieille figure de l’activisme anticastriste, condamné au Panama, avec trois complices, à huit ans de prison pour un comptot en 2000 contre Fh del Castro.«Nous avons demandé que l'ambassadeur quitte le pays», a déclaré M.Arias, affirmant toutefois qu'il s’agissait d’une «formule diplomatique», mais quM n'y avait pas de «rupture des relations».Israélien arabe abattu Jérusalem — Un soldat israélien a abattu un Arabe qui l'attaquait avec une hache hier à l’entrée qu’un règlement politique tienne au Darfour.Diplomatie Par ailleurs, sur le plan diplomatique la seconde journée des pour-pariers de paix au Soudan, réunis à Abuja (Nigeria) sous l’égide de l’Union africaine (UA), s’est achevée hier sur un désaccord: remettant en cause leurs précédentes déclarations, les rebelles ont rejeté l’ordre du jour sur le point qui concerne leur désarmement «Nous avons de nettes réserves sur cet ordre du jour [.] La question du cantonnement ne doit pas figurer à l’ordre du jour», a déclaré un responsable dp Mouvement pour la Justice et l’Egalité (MJE), Ahmed Mohammed Tugod, délégué aux négociations à Abuja.De son côté, le responsable du Mouvement de libération du Soudan (MLS), Ab-del-Wahid Mohamed Ahmed el-Nur, a ajouté: «Dans notre mouvement nous rejetons complètement cet ordre du jour».Les deux hommes ont indiqué qu’ils rejoindraient la table des négociations ajourdTiui, mais qu’ils insisteraient pour obtenir un nouvel ordre du jour.Les discussions ont commencé lundi à Abuja et le président, en exercice de IDA, le chef de l’Etat nigérian, Olusegun Obasanjo, avaient estimé q\i’«elles allaient dans la bonne direction».d’une base militaire, a-t-on rapporté de source militaire.L’armée enquête sur cet incident survenu près d’Amiad, dans le nord d’Israël, et le soldat a été hospitalisé dans la localité voisine de Sa-fed, a-t-on ajouté de même source.Selon le site Internet du quotidien Haaretz, l’assaillant était apparemment un ressortissant israélien arabe.Des soldats examinent un sac suspect que portait l’agresseur, a-t-on inoiqué de source militaire.Les Arabes israéliens sont au nombre de 1^2 million, soit le cinquième environ de la population israélienne.Beaucoup sympathisent avec l'intifada palestinienne de Cisjordanie et de la bande de Gaza, mais peu d’entre eux ont été impliqués dans des violences.- Reuters CLAIRE MARTIN Santiago du Chili — L'ancien dictateur Auguste Pinochet pourrait finalement être confronté à la justice de son pays.S’il paraissait jusqu’ici intouchable, il semble être cette fois en mauvaise posture.Visé par une enquête menée au Chili sur ses comptes secrets — comptes découverts à la banque américaine Riggs, d’un montant de quatre à huit millions de dollars —, il pourrait en outre voir son immunité levée ces prochains jours dans une affaire de droits de l’homme.En effet, si l’anden général a renoncé à sa fonction de sénateur à vie en juillet 2002, il est encore protégé par une immunité spéciale que lui a octroyée le Parlement pour avoir été président, autoproclamé, du Chili entre 1973 et 1990.Aujourd’hui, la Cour suprême, la plus haute juridiction du pays, commence à examiner l’arrêt de la Cour d’appel de Santiago, qui a levé, le 28 mai, l’immunité de l'ancien général contre toute attente.La cour d’appel a estimé à quatorze voix, contre neuf que l’ancien chef d’Etat et commandant en chef de l’armée de terre avait une pleine connaissance des actions menées par ses services secrets (la Dina) dans l’opération dite «Condor».Ce plan mis en place dans les années 70 par les dictatures sud-américaines (Brésil, Paraguay, Uruguay, Bolivie, Argentine et Chili) visait à coordonner leurs services secrets pour éliminer leurs opposants.Si la Cour suprême confirme cet arrêt, un jxncès pourrait alors être ouvert contre le vieux caudillo de 88 ans.L’arrêt de la Cour d’appel marque un revirement judiciaire.En juillet 2002, la Cour suprême avait en effet estimé que l’ancien dictateur ne pouvait assurer sa défense au cours d’un procès pour cause de «démence légère».Depuis, pour cette raison, deux demandes de levées d’immunité avaient été rejetées par la Cour d’appel.Cette fois, elle n’a pas invoqué l'argument de santé: les avocats des droits de l’homme expliquent ce revirement par des preuves attestant de la bonne santé de l’ancien général Et notamment par un entretien qu’il a accordé en 2003 pendant plus d’une heure à une chaîne de télévision américaine de Miami.L’enregistrement, présenté à la cour, montre un vieillard lucide.«Si le général Pinochet est capable de ré- MATHILDE GIARD T ohannesburg — Sale coup pour J le vieux mercenaire.Nick du Toit risque de voir sa carrière de barbouze s’achevçr devant un tribunal de Guinée-Équatoriale, petit pays d’Afrique centrale.Ce Sud-Africain de 48 ans est jugé depuis lundi poqr tentative de coup d’Etat à la tête d’un commando composé de sept autres Sud-Africains et de six pilotes arméniens.Le procureur général a réclamé contre lui la peine de mort, ses associés étant passibles de 26 à 86 ans de prison.Arrêtés en mars, les 14 hommes sont accusés d’avoir voulu renverser le régime du président Teodoro Obiang Nguema en vue d’installer son opposant en exil en Espagne, Severo Moto.Obiang a promis que personne ne serait exécuté.Amaigri, la barbe blanchie, les pieds et les mains menottés, Nick du Toit a craché le morceau.«J’étais chargé d’amener des véhicules à l'aéroport.Severo Moto devait se trouver à la frontière pour arriver 30 minutes après le putsch, /aurais alors touché un million de dollars», a-t-il avoué à la barre.Le grand gaillard n’a plus rien d'un fringant aventurier.Sur une photo parue dans la presse sud-africaine mi-juillet, il apparaît torse nu, le teint pâle, flottant dans son short Pas vraiment Rambo.Si ce n’est un sourire ironique défiant ses geôliers.Le commando est emprisonné à Black Beach, forteresse sinistrement réputée.Le quinzième membre du groupe, un Allemand, y est mort très vite, officiellement des «complications d'une malaria pondre aux questions d’une journaliste, remarque Francisco Bravo, avocat plaignant, cela signifie qu’il n'est ni fou, «» dément, et qu’il peut donc être interrogé parle juge.» Un argument qui pourrait être renforcé par un scoop révélé vendredi par l’hebdomadaire chilien Siete + 7.Le juge d’instruction Sergio Mufloz, chaigé de l’enquête sur les comptes secrets de la Riggs, aurait interrogé Auguste Pinochet le 6 août pendant moins d’une heure à son domicile de Santiago.Si l’événement a de quoi surprendre — c’est la première fois que Pinochet se soumet volontairement à un interrogatoire —, selon «des sources proches de l'instruction et du général à la retraite», il aurait répondu comme «une personne plutôt lucide» pour son âge, affinne l’hebdomadaire.Un argument que les avocats des droits de l’homme ne manqueront pas d’ajouter à leur plaidoirie devant la Cour suprême.«La démarche de Sergio Munoz, explique l’avocat Eduardo Contreras, est en complète contradiction avec la décision antérieure de la Cour suprême, qui disait que Pinochet ne pouvait être interrogé par un juge.Dans ces circonstances, refuser de lever l’immunité de l'ancien dictateur, c’est afi firmer que Pinochet est sain quand il vole et fou quand il tue.» Et d’ajouter «Si la Cour suprême ne se déjuge pas, ce sera un scandale, signifiant qu’elle aura subi les pressions de l’armée, des grands chefs d'entreprise et de la droite, qui ont tout intérêt à ce cérébrale», «des suites d'actes de torture», selon Amnesty International.«Mon mari a été torturé.Enchaîné pendant cinq mois en isolement, il a enfin droit à la promenade.Avec un seul repas par jour, il a perdu plus de 25 kilos», accuse sa femme Belinda, qui doit arriver aujourd’hui à Malabo.Bagarreuse, elle a manifesté devant le palais présidentiel a Pretoria pour demander l’extradition de son mari et des autres Sud-Africains, en vain.L'Afrique du Sud a juste exigé qu’une délégation assiste au procès pour s’assurer de son équité, pas vraiment évidente: les prévenus ont rencontré leurs avocats pour la première fois vendredi, juste une heure.Le procès est à peine évoqué dans les journaux télévisés sud-africains, comme si ces mercenaires faisaient resurgir des démons du passé.Nick du Toit a commencé sa carrière dans les forces spéciales de l’apartheid.D a tissé des liens avec le Bataillon Buffalo, une unité de mercenaires noirs des années 70 créée pour combattre les opposants au régime en Angola et en Namibie.Cinq des huit Sud-Africains de Malabo en sont issus.Nick du Toit a ensuite rencontré Simon Mann, ex-officier des forces spéciales britanniques (SAS) et cerveau de ce putsch raté.Mann l’a engagé dans sa société, Executive Outcomes, basée à Pretoria, qui a fourni l’Afrique en mercenaires pendant dix ans.Ce vivier sera fermé vers 1995 par le Congrès national africain (ANC) au pouvoir, qui décréta le mercenariat illégal.Depuis, Nick du Toit vivait à Pretoria avec sa que rien ne filtre du côté des violations des droits de l’homme étant, en cela, toujours soutenu leur caudillo.» Car du côté de l'enquête menée sur les millions amassés par l'ancien dictateur, Pinochet apparaît de plus en plus isolé.L’austérité et la probité que lui-même et son entourage politique ont toujours revendiquées sont plus que mises en doute.Si la défense du général parle de «donations privées» et d’«économies personnelles», les plaintes déposées en juillet évoquent la corruption, le détournement de fonds et la fraude fiscale.Or la mise en cause de l’anden dictateur pourrait toucher du même coup tous ceux qui ont participé au régime militaire.«Autrement dit, une grande partie delà droite et de ce qu’elle porte, observe le journaliste Rafael Ota-no.Les succès économiques qui continuaient de justifier la dictature aux yeux de la droite sont eux aussi écornés.Les pinochettistes prennent donc le large, d'autant que les élections municipales et présidentielle se rapprochent.Beaucoup pensent en effet qu'en matière d’image, un Pinochet qui a volé est pire qu'un Pinochet qui a tué.» Et si, pour l’instant, les comptes douteux n'ont pas encore vraiment touché judiciaires ment l’anden dictateur, toute sa famille est sur la sellette du juge d’instruction Seigio Mufloz.Et aucun d'entre eux ne bénéficie de l’immunité.femme et leurs filles.Il dirige plusieurs sodétés, dont trois en Gui-née-Equatoriale, de pêche, de transport et de sécurité.En plus du commando et de quatre complices guinéens, le procureur général a cité à comparaître quatre hommes censés tenir les ficelles du complot l’opposant Severo Moto mais aussi un courtier en pétrole libanais, Élip Khalil, précédemment cité en France dans l’affaire Elf et qui aurait versé dix millions de dollars aux exécutants, et deux hommes d’affaires britanniques, Greg Wales et David Hurt.Ces quatre individus ne sont en revanche pas mentionnés dans lé procès parallèle qui reprend vendredi au Zimbabwe, où sont jugés 70 autres mercenaires arrêtés presque le même jour que l’équipée guinéenne, sur le tarmac de l’aéroport de Harare.La plupart avaient été recrutés par Nick du Toit, qui attendait ces renforts à Malabo.Leur Boeing 727 faisait escale pour charger des armes commandées par Simon Mann.fis risquent dix ans de prison maximum pour violation des lois sur l’aviation, l'immigration, les armes et la sécurité.Smon Mann reconnaît seulement la tentative de putsch, pour laquelle il ne peut pas être poursuivi au Zimbabwe, mais plaide non-coupable pour l’arsenal finalement non réceptionné.Les autres clament leur innocence, affirmant qu’ils pensaient faire un plein de carburant avant d’aller garder des mines de diamants en République démocratique du Congo.Tous risquaient l’extradition vers la Guinée-Équatoriale.Samedi, le Zimbabwe a levé la menace.Les 14 de Malabo risquent de payer pour les 70 de Harare.Libération Reuters et AFP EN BREF Libération Coup d’État manqué en Guinée-Équatoriale Quand un barbouze finit sa carrière de mercenaire devant un tribunal Amaigri, la barbe blanchie, les pieds et les mains menottés, Nick du Toit a craché le morceau. C 4 LE DEVOIR, LE MER c!R EDI 25 AOÛT 2004 C 5 AGORA f.r Le 16 août 2004, Jacques Parizeau a qualifié l’étapisme d'errance et fait écho à une proposition d’élection référendaire.Le jour même, Bernard Landry s’en est dissocié.Une élection référendaire au Québec : est-ce le vrai débat?Il y aurait sans doute lieu de s’interroger au préalable sur la volonté véritable de réaliser la souveraineté dans un avenir prévisible LOUIS O’NEILL Professeur émérite à l’Université Laval et ancien ministre dans le gouvernement de René Lévesque Dans le cadre de la «saison des idées» du Parti québécois, des têtes d’affiche de cette fonnation politique ont amorcé un débat sur la stratégie qu’ü faudrait adopter afin d’assurer le triomphe de la cause souverainiste.On a par exemple prôné l’utilité d’inventer un nouvel étapisme ou, à l’inverse, insisté sur l'avantage qu’il y aurait d’aller de l’avant plus carrément en tablant sur l’aspiration à l’indépendance qui couve dans le cœur d’un nombre croissant de citoyens enclins a se définir comme Québécois et non comme Canadiens.On débat de stratégies, donc de moyens, comme s’il n’y avait pas lieu de s’interroger au préalable sur la nature spécifique de l’objectif et sur la volonté véritable de le réaliser dans un avenir prévisible.En effet, nombreux sont les indépendantistes qui se posent des questions au sujet de l’existence de cette présumée détermination chez plusieurs ténors pé-quistes.De là un certain scepticisme qui expliquerait en partie le taux élevé d’abstention qu’on a pu constater lors des élections du 14 avril 2003.On peut juger une telle abstention regrettable, mais il convient d’essayer d’en comprendre les motifs.Un gouvernement provincialisé L’exerdce du pouvoir a été profitable à la cause de l’indépendance au temps où Jacques Parizeau était premier ministre.Mais de janvier 1996 au 14 avril 2()03, le gouvernement péquiste s’est «provincialisé».On avait à l’occasion droit à des bribes de discours où il était question de souveraineté, de nation québécoise et du «pays qu’on veut se donner».Ce vocabulaire devenait particulièrement à la mode au cours des campagnes de financement C’étaient de belles déclarations plaisantes, comme de beaux habits du dimanche.Pour le reste du temps, on retournait au style provincialiste en attendant l’émergence de conditions gagnantes qui surgiraient un jour, comme le printemps succède à l’hiver.Le souci de bien gérer l’a emporté sur la promotion de la souveraineté, comme si on ne pouvait pas poursuivre les deux objectifs en même temps.Il est sans doute indéniable qu’à partir du moment où une formation politique occupe le pouvoir, elle a le devoir de gérer le quotidien, de légiférer sur des dossiers importants, de répondre aux urgences.D’autant plus que pour un gouvernement qui a en principe opté pour la cause de la souveraineté nationale, plusieurs questions relevant de la gestion quotidienne revêtent une importance cruciale, par exemple la promotion de la langue française, l’éducation, le financement des soins de santé, le déséquilibre fiscal; ce sont des questions où la recherche de solutions se heurte inévitablement à des obstacles provenant de l’idéologie et des structures qui sous-tendent le fédéralisme actuel.Mais si on aborde ces questions dans une optique étroitement provincialiste en omettant la dimension structurelle pancanadienne, on en est réduit à se contenter de solutions bancales.Le projet de souveraineté fait donc aussi partie de la bonne gouverne.D représente beaucoup plus que la cerise sur le gâteau.Virage sur feu rouge et autres questions secondaires La bonne gestion du quotidien requiert qu’on s’occupe sans tarder de questions pressantes.Le temps se prête peu aux discours sur l’indépendance quand le verglas frappe le tiers de la population ou lorsque l’accès aux soins de santé est devenu problématique.Encore que, dans ce dernier cas, on ne puisse ignorer la dimension structurelle liée au fonctionnement du fédéralisme.La thèse de la bonne gestion et de ses contraintes devient plus difficilement défendable quand des porte-parole souverainistes s’égarent sur des chemins qui ne mènent nulle part.On comprend mal par exemple qu’on ait pu consacrer tant de temps et d’énergie à des questions pour le moins secondaires.Tel ministre passera à l’histoire parce qu’ü a multiplié les ef- forts afin qu’on légifère sur le virage à droite sur feu rouge; tel autre s’est illustré en faisant adopter un projet de bi qui autorise la livraison de la bière en même temps que celle de la pizza; tel autre a mené une chaude lutte pour faire supprimer du Code civil la définition du mariage.Je ne vois pas en quoi des initiatives de ce genre pouvaient prétendre répondre à une urgence au point d’y investir massivement des énergies qu’on aurait pu consacrer à la promotion de la souveraineté.Même le combat en faveur des fusions municipales pose question.L’objectif était légitime, mais y avait-il péril en la demeure au point qu’il fallait dès maintenant régler ce dossier alors que le contexte politique s’avérait défavorable?Etant donné ses dimensions sociales, culturelles et ethniques, le projet aurait pu suivre un cheminement moins laborieux si on l’avait mis en avant au lendemain d’une souveraineté enfin concrétisée.Profiter des tribunes Un ministre ou un député du PQ ne peut pas ne parler que de souveraineté, mais on est en droit de s’attendre à ce qu’il aborde ce thème de temps en temps avec un tant soit peu de profondeur, et pas seulement du bout des lèvres.Surtout un ministre, qui se fait offrir en maintes occasions des tribunes où il peut dialoguer avec des gens moins attentifs à la question nationale et qui ont besoin qu’on leur en explique les dimensions à la fois historiques, culturelles, sociales et économiques.Au cours des récentes années d’exercice du pouvoir, les ministres pé-quistes ont joui de ces occasions favorables.En ont-ils profité?S’ils l’ont fait, ce fut avec une discrétion hors du commun, car leurs interventions semblent avoir très souvent échappé à l’attention des médias et des citoyens ordinaires.J’ai pour ma part colligé bien peu de coupures de journaux où l’on rapportait des discours substantiels, des analyses éclairantes, des «points de mire» à la manière de René Lévesque, où des porte-parole péquistes s’employaient à développer le goût du Québec et à faire progresser la réflexion sur le projet d’indépendance nationale.Il y eut des exceptions, tels Jacques Parizeau et Bernard Landry.Au fait, dans l’histoire du mouvement souverainiste, c’est Jacques Parizeau qui incarne le modèle le plus attractif et le plus percutant du discours limpide, de la pédagogie propre à éveiller et à stimuler l’intelligence, du langage dynamique qui suscite la confiance et l’adhésion éclairée.Ce qui ne signifie pas qu’on doive accueillir sans examen les propos qu’il tient sur les stratégies référendaires.Au cours des dernières années de pouvoir, la plupart des têtes d’affiche du PQ ont privilégié la discrétion face au projet de souveraineté.Cette discrétion s’imposait, paraît-il, puisqu’un gouvernement qui représente tous les citoyens ne doit pas avoir l’air de favoriser une option particulière, même s’ü a été élu sous cette bannière.Mais alors, pourquoi conquérir le pouvoir au nom d’une option particulière si c’est pour ensuite mettre celle-ci en veilleuse et pratiquer un souverainisme du dimanche?Quand les citoyens élisent un député souverainiste, ils doivent bien s’attendre un peu à ce que celui-ci fasse la promotion de son option.Beaucoup d’élus péquistes ont opté pour une sorte de pureté politique en cette matière.Pendant ce temps-là, une ténébreuse machine fédéraliste utilisait des fonds secrets et pratiquait le détournement de fonds publics afin de livrer une guerre sans merci aux «ennemis séparatistes».Là-bas, les scrupules de conscience n’empêchaient personne de dormir.Entre ce grabuge honteux dans lequel ont pataugé des fédéralistes zélés et la pureté péquiste qui avoisine l’impuissance, il doit bien exister quelque part un juste milieu.[.] Pour un discours libérateur La bonne stratégie, c’est de parler d’indépendance partout où on le peut, chaque fois que l’occasion s'y prête.11 faut dire et redire que l’indépendance politique n’est pas une maladie, qu’elle incarne une saine et légitime aspiration à la liberté et agrandit l’espace propice à l’exerdce de la responsabilité, tant personnelle que collective.Elle est apte à rendre les citoyens îlpPNliSi -na» 1 -î» #1* l - .Le souci de bien gérer l’a emporté sur la promotion de la souveraineté Bernard Landry, défenseur d’une approche déphasée CLAUDE BARITE AU Anthropologue à l’Université Laval Le 16 août 2004, Jacques Parizeau a qualifié l’étapis-me d’errance et souligné l’écueil qu’est devenu un référendum sur une question depuis l’adoption de la loi C-20 et la révélation des scandales des commandites.Il a aussi fait écho, en vue de susciter im débat à la proposition de Robert Laplante publiée dans LAction nationale mais d’abord exposée à une assemblée citoyenne du Rassemblement pour l’indépendance.Pour l’essentiel, cette proposition se veut une voie alternative à l’étapisme et un contournement de la loi C-20.Avec elle, un parti, en l’occurrence le Parti québécois, élu avec une plateforme électorale indépendantiste, aurait le mandat d’enclencher un processus conduisant à l’adoption d’une constitution provisoire et de lois instituant une citoyenneté québécoise et une Cour suprême.Un référendum sur un projet de constitution rendrait le tout permanent car ses résultats témoigneraient de la volonté des Québécois de se doter d’un Etat indépendant.Le jour même, Bernard Landry s’en est dissocié.Pour lui, pas question d’élection référendaire.Rejet même de la validité d’un résultat électoral donnant 50 % plus une voix des suffrages exprimés à un parti proposant d’enclencher le processus menant à l’indépendance car, les enjeux étant multiples, la question ne serait pas tranchée.Toujours de son avis, le PQ, parti progressiste et souverainiste, n’atteindrait pas cet objectif dans un système à trois ou quatre partis, avis que partage Jacques Parizeau.Toutefois, pour le chef du PQ, seul un référendum, qui serait la norme dans le monde contemporain, permettra de clarifier la volonté des Québécois, ce que le PQ entend promouvoir, tradition et convictions à l’appui, après avoir sensibilisé le peuple québécois aux avantages d’avoir son pays.Voyons ces arguments.1- Le référendum comme norme Dans The Dynamic of Secession (1999), Viva Ona Bartkus signale, aux pages 229 et 230, qu’à la suite d’une décision de faire sécession appuyée, lors d’un référendum ou d’une élection, par une majorité de Québécois, il est difficile d’imaginer que le Canada, sans nier les principes sur lesquels frirent créées ses propres institutions, puisse empêcher qu’il y ait sécession.Autres points: ¦ le recours au référendum est un outil contemporain utilisé surtout par des États souverains d’Europe en vue de s’associer à d’autres pays au sein d’ensembles politiques supranationaux, ce qui n’a rien à voir avec une sécession; ¦ la sécession des pays baltes d’Estonie, de Lituanie et de Lettonie s’est conclue après l’élection de partis qui en faisaient la promotion sans tenir de référendum qui, exigé par la Russie selon ses règles, frit décliné à la faveur d’un sondage lors d’élections générales.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Bernard Landry 2- 50 % plus une voix S’il est peu probable que le PQ obtienne ce pourcentage en s'affichant comme indépendantiste, ü faut à mon avis comprendre pourquoi et se demander comment y arriver plutôt que de clore ex cathedra la discussion.Il le faut simplement parce que le pourcentage des indépendantistes, toutes origines confondues, est plus près de ce chiffre que le soutien obtenu par le PQ.Plusieurs sondages l’ont mis en relief et révélé qu’ü y a de nombreux indépendantistes qui appuient l'Action démocratique du Québec et que d’autres soutiennent le Parti libéral du Québec ou l’Union des forces progressistes.La réponse au pourquoi devient alors facile.Le PQ, qui se définit comme étant le bateau amiral de l’indépendance mais refrise de dissocier le projet de pays de son projet de société, sait qu’il ne peut pas espérer rallier les indépendantistes autrement que par référendum.C'est ce qui le conduit à voir dans le 50 % + 1 un objectif inaccessible lors d’un scrutin mais imaginable par référendum.La réponse au comment n’est pas phis compliquée.Plusieurs politiciens voient, à tort je pense, l'indépendance du Québec comme un moyen de réaliser leurs visées sociales et économiques.Or vouloir faire un pays est avant tout un objectif politique que seule fonde une volonté de vivre ensemble et de se doter d’institutions respectueuses de nos différences.En somme, faire un pays, c’est d'abord témoigner une maturité et des aptitudes à s'assumer politiquement Dans plusieurs cas d’accession à l'indépendance, ce témoignage s’est exprimé par une coalition entre des partis.Ces derniers font de l’indépendance leur priorité, ont en commun un aigumentaire sur l’uigence de procéder et sur les dossiers sensibles (monnaie, passeports, douane, armée, etc.), partagent les principes de base fondant le vivre ensemble et le régime parlementaire, s’entendent sur les mesures immédiates et établissent un plan d’accès au statut d’Etat souverain.Les pays baltes ont procédé de la sorte.3- La tradition référendaire péquiste L’idée d’un référendum sur un projet de constitution frit intégrée au programme du PQ en février 1973.Elle fat écartée à la faveur de l’étapisme en 1974, plusieurs leaders, désireux de prendre le pouvoir, voulant procéder par àcoups pour s’approcher du but recherché et tenir un référendum sur une question pour trancher.De là les défaites de 1980 et de 1995, cette dernière ayant suscité l’adoption en 2000 de la loi C-20 qui harnache la prochaine tentative.Depuis, on a découvert que la province est devenue ingouvernable et que le Canada a débordé la loi référendaire du Québec, s’adonnant même à des pratiques frauduleuses.Alors, pourquoi s’accrocher à cette tradition?Les Québécois sont conscients de tout cela, tout autant que le frirent les Baltes des contraintes référendaires de l’ex-URSS.Aussi s’opposent-Us à la tenue de référendums et affirment-üs qulls veulent procéder en toute légitimité.Les écouter conduit à chercher une façon de procéder qui les rejoint plutôt que de s’accrocher à une tradition devenue un cauchemar.Lldée d’une coalition des forces indépendantistes est une méthode reconnue.Elle a fait ses preuves et est légitime.Au Québec, elle a vu le jour en 1995 avec l’entente entre le PQ, l’ADQ et le Bloc québécois.Le soutien de 44 % des vobc au PQ en 1994 a frôlé les 50 % lors d’un référendum où les forces du NON ont contourné impunément les règles québécoises.Pourquoi ne pas en réactiver une autre, cette fofad tors d’une élection?4- Le caractère décisif d’un référendum Si un référendum peut témoigner de la volonté d'un peuple, sa portée, par définition, est moindre qu’une élection au cours de laquelle une majorité appuie des plateformes indépendantistes.En matière de sécession, U y a cependant d’autres exigences.La reconnaissance de l'Etat-souche en est une.Le Canada est devenu pays en 1867, a acquis son statut de pays souverain en 1931 et a rapatrié sa Constitution en 1982 après avoir obtenu l’accord du Parlement britannique et de l’autorité royale.La Norvège est devenue pays avec l’accord de la Suède et les pays baltes l'ont fait après avoir obtenu celui de la Russie.L'importance de cette reconnaissance décou-le du fait que la non-ingérence dans les affaires des États souverains est la pierre d’assise du droit international.Seuls des gestes graves peuvent conduire certains États à s’y soustraire.La loi C-20 n’a rien de tel, et le Canada ne donne pas de signes de cet ordre.Aussi importe-t-ü de cessa- d’imaginer que des États tiers nous reconnaîtront K ce que nous avons tenu et gagné un référendum.reconnaissance du Canada sera déterminante.Facilitera alors les choses notre capacité de faire valoir ¦ que nous sommes un peuple qui éprouve des problèmes pour assurer son développement politique, économique, social et culturel; ¦ que nous respecterons les obligations associées au statut d’État souverain, dont le respect des droits des minorités; ¦ que nous maintiendrons l'ordre sur notre territoire.Dans cette optique, une coahtion des forces indépendantistes.parce qu’elle témoigne de notre volon- plus conscients de leur dignité; elle les convie à se prendre en charge et à actualiser leur capacité de créer, de produire, de faire avancer la société.Elle dynamise les structures sur lesquelles s’appuie une nation qui assume son propre destin.Elle permet à celle-ci d’accéder à la communauté mondiale et de pratiquer la solidarité avec les autres nations.Le projet d’indépendance du Québec, c’est donc tout autre chose qu’un repliement sur soi provoqué par les tribulations d’une entité canadienne boiteuse.C’est, pour la société distincte que nops formons, la voie d’accès à la normalité, ceUe qui s’incarne dans un État souverain, forme achevée de la nation telle que façonnée par l’histoire, la culture et le vouloir-vivre collectif Face au projet de souveraineté, les débats sur les stratégies sont secondaires.D faut d’abord bien formuler, répéter et interpréter la question préalable, celle qui concerne la marche historique d’un peuple en quête d’une prise en charge de son avenir.Chez les individus et chez les peuples, un tel projet dissipe la morosité, combat la désespérance et ouvre sur des perspectives emballantes.Cela s’est vérifié par le passé: l’histoire illustre comment des peuples qui semblaient voués à la sujétion et à une croissance boiteuse ont pu, une fois souverains, se donner les moyens d’un développement culturel, social et économique étonnant Cela se vérifie aussi de nos jours, par exemple au sein de la nouvelle Europe communautaire.Authentique souveraineté et pratique de la solidarité: c’est la voie d’avenir pour beaucoup de petits peuples.[.] té de vivre ensemble et la consolide, est plus garante du futur qu’un vote lors d’un référendum.5- La sensibilisation Pour les dirigeants péquistes, leur chef en tête, les Québécois ne seraient pas encore persuadés de la nécessité de faire pays.D n’en est rien.Ce sont plutôt des hommes et des femmes en politique qui pensent de la sorte et se confortent à l’idée qu’il leur revient de convaincre le peuple du bien-fondé de leur propos.Imbus d’un esprit messianique, ils ont de la difficulté à composer avec les porteurs de l’indépendance et leurs visions sociales différentes.Et encore plus, dirais-je, à comprendre que ces porteurs ne veulent pas un référendum mais plutôt une autre façon de faire, ce qui n’a rien à voir avec des discours de sensibüisation.Les arguments du président du PQ montrent qu’ü n'est plus l’homme de la situation.Qu’il veuiüe s’accrocher au pouvoir en témoigne.Avec lui, le PQ fera encore de la gouverne provinciale un objectif premier avec une plateforme avançant qu’il fera tout pour réaliser l’indépendance nationale s’ü est élu.Au pouvoir, U créera un office de sensibilisation et, un jour, tiendra un référendum pour vérifier si le rêve entretenu deviendra réalité.Or rien dans cette démarche ne permet de penser que ce sera le cas.Les embûches sont trop grandes.Prétendre le contraire serait prédire que le passé peut devenir autre chose qu’un cauchemar par la magie d’une remise à jour d’une démarche déphasée.Dans sa missive, Jacques Parizeau affirme ne pas imaginer un soutien majoritaire accordé à un PQ dont la plateforme électorale serait la réalisation de l’indépendance.En serait-il autant dans le cas d’une coalition?Personneüement, je pense que non.Ce soutien serait à notre portée, comme ce fat le cas ailleurs.Voüà qui ramène à l'essentiel: le choix de la meüleu-re approche.L’étapisme repioussé, faut-U nécessairement revenir au procédé de 1973 et faire fi d’exigences désormais mieux cernées, notamment le» règles internationales de reconnaissance des Etats sécessionnistes?Faut-il opter pour un procédé qui s’appuie sur des lois provisoires, ce qui, habituellement, découle d’une entente préalable, comme ce frit le cas lors des indépiendances des ex-cotonies?Une coalition recevant un appmi majoritaire m’apipa-raît de loin comme étant une avenue phis solide.De toute façon, elle devra appiaraître un jour avec les deux autres approches.Pouiquoi ne pas chercher immédiatement à regroupw de cette façon les indépendantistes?Nous avons deux ans devant nous.Qui peut dire aujourd'hui que le PQ, ITJFP et l’ADQ ne partageront jamais cette approche?Et si elle prend forme et donne les résultats attendus, qui peut avancer que des députés du PLQ, devant un appui majoritaire à la coalition, ne se prononceront pas en faveur de l’indépendance du Québec?Alors pourquoi, au PQ comme ailleurs, ne chercherait-on pas à l’approfondir, et pourquoi le PQ, l'ADQ et 111FP ne s’entendraient pas rapidement sur la nomination de personnes qui travailleraient à son arrimage?rV!»'- - ' v ¦ «s P - ‘ 1» • v-r** - v4*»i —_ SJsÉÉÉlPiLlL.mm .»"i JT x X&b"» ‘ L’exercice du pouvoir a été profitable à la cause de l’indépendance au temps où Jacques Parizeau était premier ministre.Mais de janvier 1996 au 14 avril 2003, le gouvernement péquiste s’est «provincialisé».>-.•• ; ILLUSTRATION NEWSCOM Erreur et billevesée ! Pourquoi conquérir le pouvoir au nom d’une option particulière si c’est pour ensuite mettre celle-ci en veilleuse et pratiquer un souverainisme du dimanche?MARC BRIÈRE Militant du Parti québécois Par les temps qui courent, une idée saisonnière voudrait que le Parti québécois renonce à l’étape référendaire pour faire accéder le Québec à sa pleine souveraineté.D suffirait que le PQ se fasse élire sur la proposition de déclarer l’indépendance du Québec par un simple vote majoritaire de l’Assemblée nationale.Le Québec est un État de droit, ce qui signifie que les Québécois reconnaissent la primauté du droit dans la conduite de leurs affaires tant publiques que privées et, par conséquent, l’obligation de se conformer aux lois fondamentales et constitutionneües qui les régissent Notre Assemblée nationale, tout comme le Parlement fédéral, ne peut agir qu’à l’intérieur des compétences constitutionneües qui lui sont dévolues.En vertu de la Loi constitutionnefle de 1867, notre Assemblée nationale n’a compétence que sur les matières d’une nature purement locale comme les hôpitaux, les institutions municipales, la propriété et les droits dvfls, de même que l’éducation.Relèvent de la compétence exclusive du Parlement fédéral, entre autres, le service postal, la monnaie, la défense, le droit criminel, l’assuran-ce-chômage (mais pas les congés parentaux, comme vient de le rappeler notre Cour d’appel).fl est faux de prétendre que «dans un régime britannique comme le nôtre, la conquête électorale du pouvoir confère à un parti la légitimité de réaliser son programme [quel qu’ü soit!].Partant, un parti souverainiste élu a le droit qt le devoir de réaliser la souveraineté sans référendum.A condition toutefois qu’il n’ait pas mis l’obligation référendaire dans son programme!» (Cercle Godin-Miron, LAction nationale, mars 2004.) J’imagine que le Cercle — qui tourne souvent en rond par la force naturelle des choses — ne va pas jusqu’à prétendre que le Parti québécois pourrait battre monnaie, former une armée ou adopter un code criminel québécois s’U détenait la majorité des sièges à l'Assemblée nationale.Mais une simple majorité de députés — ne représentant même pas une majorité des électeurs, et même si cela était — pourrait proclamer l’indépendance du Québec! Tant la Cour suprême du Canada que le droit international reconnaissent le droit à la sécession du Québec, mais à la condition qu’une majorité claire — c’est-à-dire incontestable — de Québécois en ait clairement exprimé la volonté dans un référendum et que le gouvernement du Québec soit prêt à négocier de bonne foi les modalités de la séparation avec le gouvernement du Canada.C’est là la seule manière d’accéder à l’indépendance légalement et légitimement.Tout autre procédé relève du coup de force et nous entraînerait dans une catastrophe certaine.Ni les États-Unis (dont nous dépendons économiquement), ni la France, ni évidemment le Canada ne reconnaîtraient une souveraineté québécoise ainsi usurpée unilatéralement.Sans compter que, ce faisant, nous violerions le principe démocratique ,sur lequel nous prétendons faire reposer notre État et notre société.Il n’appartient pas à une majorité de députés de changer la Constitution.Même en démocratie représentative, cela doit relever exclusivement de la souveraineté du peuple.Quittons ces chimères.Nous avons beaucoup à faire, et beaucoup mieux, pour faire progresser le Québec vers sa pleine souveraineté.Des jeunes à la clef Pour se mobiliser, la jeunesse a besoin d’un projet existentiel fort, et non pas seulement dans quelque mode passagère promue par la go-gauche JEAN-FRANÇOIS CLOUTIER Montréal Le Parti québécois, c’est indéniable, arrive aujourd’hui à la croisée des chemins.Un parti dont l’objectif premier est de faire éclater le pays dans lequel nous vivons depuis toujours ne saurait à mon sens se maintenir haut dans la faveur populaire pendant 40 ans sans parvenir à son but, à moins qu’ü ne décide de se réorienter profondément Mais si cela advient le parti n’en mourra que plus vite.En tant que jeune diplômé frais sorti de l’Université de Montréal en études françaises, j’ai décidé ü y a deux ans de rejoindre cette formation, las de l’apolitisme de mon milieu, las d’un cynisme ambiant savamment véhiculé par des journaux et d’autres médias branchés, desquels j’exclus Le Devoir.On ne sait pas jusqu’à quel point une formation en littérature aujourd’hui vous emmène loin de la chose publique.Parmi mes ex-camarades d’études, j’en sais beaucoup qui n’ont jamais voté et même pour qui les combats menés par Aquin, Miron et Vadeboncœur ne sont aujourd’hui que difficilement intelligibles, comme s’Us avaient eu lieu U y a des centaines d’années.Nous vivons, comme Québécois, dans une insouciance de l’avenir, ou encore dans un présent perpétuel qui confine à l’aveuglement.C’est absolument stupéfiant que la tête de la nation, le corps universitaire, les intellectuels, à quelques exceptions près, ne tentent pas même de nous en faire rendre compte.Le français en déclin D’ici quelques années, la morphologie du Québec ne nous permettra plus d’accéder à la souveraineté.Toutes les études le disent, le français est appelé, en raison du déclin démographique, à perdre sa prépondérance, d’abord à Montréal, ensuite, plus lentement, dans le reste de la province.Or, comme le dit Jean-Marc Léger, s’il n’y avait pas le français, le combat pour la souveraineté n’aurait plus aucun sens.Qu’on ne voie pas ici un plaidoyer en faveur des seuls Québécois de souche: ü est question de langue, et ü y a au Québec des gens arrivés depuis peu qui sont tournés vers la collectivité de langue française, alors qu’il existe des Québécois nés dans cette langue, des Tremblay, des Laplante, qui n’ont plus aujourd’hui qu'une vague idée de ses règles et qui vi- vent en anglais.Or le fait est généralement que la langue anglaise, malgré toutes les mesures prises, gagne du terrain et que cela se répercute dans les intentions de vote.Nous ne pouvons pas, comme d’autres peuples mieux établis, succomber au chant de sirènes de la fin de l’histoire, de l’hypnose consumériste et de l’insouciance sans qu’il nous en coûte un prix très fort.C’est à ce moment précis de notre histoire qu’il nous est possible de réaliser notre destin, après quoi U sera trop tard et nous serons à jamais une grosse minorité au sein du Canada, vouée à disparaître progressivement, marginalisée lentement.Qu’arrivera-t-ü quand U y aura davantage de locuteurs de langue chinoise que de langue française au Canada?Il conviendrait de le dire un peu plus souvent aux fédéralistes: le statu quo n’est pas une option envisageable.Nous sommes déjà aujourd’hui dans un Canada qui nous ressemble moins qu’il y a 30 ans, lorsque nous représentions plus de 25 % de la population.Il est maintenant possible pour un parti fédéral de gagner les élections sans l’appui du Québec, comme nous l’avons vu en juin dernier, ce qiti limite les concessions à faire de la part du ROC.À l’avenir, cette tendance s’accentuera, comme la tendance centralisatrice d’Ottawa que nous voyons déjà en cours, avec un ministère de la Santé déguisé à Ottawa et des bourses et chaires d’études fédérales en éducation.La jeunesse La jeunesse est la clef de la réélection du Parti québécois et de la victoire au prochain référendum [.].Pour se mobiliser, elle a besoin d’un projet existentiel fort, prenant racine dans une mémoire et dans une culture, et non pas seulement dans quelque mode passagère promue par la go-gauche.Elle a besoin d’hommes et de femmes qui s’adressent à elle avec gravité, délaissant le lyrisme bête pour en appeler au devoir de citoyen.Elle doit sentir qu'au haut du mouvement, on travaille d'arrache-pied, nouant des relations diplomatiques et concoctant un second plan O.Efle fera alors mentir tous les fatigués et les pusü-lanimes qui polluent nos ondes et néantisent le champ social.Elle cessera de croire qu’elle est née trop tard et que tout est dit, et elle comprendra que never c’est plutôt à elle qu’il revient de constituera une victoire immense.never ce qui JACQUES NADEAU LE DEVOIR f LE DEVOIR, LE MERCREDI 25 AOUT 2004 C 6 ?LES SPORTS* Athènes GARY HERSHON REUTERS Perdita Felicien n’en revenait pas, hier, de la chute qu’elle a effectuée.Perdita Felicien chute Elle a heurté la première haie Athènes — La Canadienne Perdita Felicien a chuté en finale du 100 mètres haies, hier, ce qui l’a privée de son rêve de remporter la médaüle d’or olympique.Dans le couloir no 5 et portant le dossard 1313, la championne du monde 2003 a heurté la première haie avec sa jambe d’attaque, perdu l’équilibre, avant de tomber sur la Russe Irina Shevchenko qui était dans le couloir voisin.Les deux athlètes ont foncé dans la deuxième haie.C’est un coup dur pour l’équipe canadienne.Même si rien n’est jamais assuré aux Jeux olympiques, tout le monde s’attendait à une médaille de la part de Felicien.Au lieu de franchir le fil d’arrivée au premier rang, la Canadienne de 23 ans est tombée lourdement au sol après seulement quelques mètres.Plus tard, elle a fondu en larmes.Elle a été consolée par son compatriote Donovan Bailey, le champion olympique du 100 m en 1996, et Charmaine Crooks, membre du CIO.•Je n’ai aucune idée de ce qui s’est passé, a mentionné Felidea C’est mon pire cauchemar qui s’est matérialisé.Il n’y avait aucun indice.Rien ne me laissait entrevoir que je n’étais pas à 100 %.L’espace d’une fraction de seconde, j’étais par terre et la course était terminée.» C’est l’Américaine Joanna Hayes qui est devenue championne olympique du 100 m haies.Elle s’est imposée dans le temps de 12,37 secondes, un nouveau record olympique.Hayes a devancé l’Ukrainienne Olena Kra- sovska, médaillée d’argent en 12,45 secondes et l’Américaine Melissa Morrison (12,56 s).Le précédent record olympique était de 12,38 secondes et appartenait à la Bulgare Yordanka Donkova depuis 1988.Angela Whyte d’Edmonton s’est classée sixième avec un chrono de 12,81 s.La Fédération olympique russe a contesté le résultat de l’épreuve, prétendant que Felicien avait fait trébucher Shevchenko.L’appel a toutefois été rejeté et les résultats sont officiels.La cérémonie des médailles a néanmoins été repoussée à aujourd’hui.•Pas question de reprendre la course.Ce n’est pas un jeu de billes à la maternelle, a noté Felicien.C’est terminé.Je dois attendre quatre ans.» Immédiatement après la course, Felicien a admis qu’elle était sans voix.•J’étais tellement concentrée, dans ma bulle.C’était ma course et je l’ai perdue.» Même dans l’adversité, elle a eu une pensée pour ses partisans.«Je suis désolée, je vous ai laissé tomber.» Elle a promis qu’elle serait de retour aux Jeux olympiques.•Je suis une battante et je vais revenir mais, quatre ans, c’est une longue attente.» Felicien avait gagné sa demi-finale en 12,49 s, lundi, menant dès le départ La Canadienne avait entrepris son aventure olympique en se classant 2' en préliminaire en 12,73 s.Presse canadienne « L’espace d’une fraction de seconde, j’étais par terre et la course était terminée» Kyle Shewfelt tente de ne pas se préoccuper de la controverse EN BREF Cuba défait le Canada Athènes — Le Canada s’est incliné 8-5 contre Cuba en demi-finale du tournoi de baseball olympique à Athènes.Tirant de l’arrière 3-2, les Cubains ont orchestré une poussée de six points à la huitième manche.Les Canadiens ont tenté une remontée en marquant deux points en neuvième.Mais c’était insuffisant - PC Allen se qualifie au 110 mètres haies Athènes — L’Ontarien Charles Allen s’est qualifié pour les demi-finales du 110 mètres haies aux Jeuxotympiques d’Athènes.Allen a réussi la meilleure performance de sa carrière, soit 13 s 35.D a terminé deuxième de sa course.Allen est le capitaine de l’équipe canadienne du relais 4 fois 100 mètres.- PC Comtois éliminé Athènes — Philippe Comtois s’est fait chipper, hier, sa participation à la finale au tremplin de trois mètres par le jeunot mexicain Rommel Pacheco, qui a pris le 12* rang au terme de la demi-finale.Avec un total de 629,22 points, le vétéran plongeur lavallois a terminé à 1,38 point de Pacheco, qui était le plus jeune finaliste en soirée à l’âge de 18 ans, soit un an de moins qu’Alexandre Despatie.•J’étais sur le bord de la porte, a-t-il imagé.Je savais que ce serait difficile d’accéder à la finale.Je ne pensais pas toutefois que le calibre serait si fort.En demi-finale, j’aurais pu avoir de meilleures entrées à l’eau.Cest un peu décevant de finir 19, mais je n’ai pas commis d’erreurs majeures.Je suis quand mime satisfait de ce que fai accompli», a résumé Comtois, qui passera quand même une bonne journée mercredi, date de son 28E anniversaire de naissance.- PC Athènes — Le gymnaste canadien Kyle Shewfelt, qui se trouve au centre d’une controverse liée aux juges, affirme qu’il veut vraiment savourer sa médaille d’or et ne pas se préoccuper de la médaille de bronze qui lui aurait échappé.Kyle Shewfelt ajoute qu’il apprécie les efforts de Gymnastique Canada pour tenter d’obtenir des explications sur les irrégularités dans les notes des juges au concours de sauts lundi.D n’a toutefois pas l’intention de s’impliquer directement dans ce dossier.•En ce moment, je ne veux pas m’en préoccuper, a-t-il mentionné hier après le spectacle clôturant la compétition de gymnastique.J’ai gagné la médaille d’or aux Olympiques.C’est une grande réalisa- Athènes — Le dopage et les plaintes qui n’en finissent plus envers les juges en gymnastique ont retenu l’attention, à mi-journée hier, aux Jeux olympiques d’Athènes.Le Hongrois Robert Fazekas, qui avait décroché la médaille d’or lors du concours du disque des Jeux olympiques d’Athènes lundi, a officiellement perdu son titre pour dopage, a annoncé hier un membre de la délégation olympique hongroise.Fazekas était sous le coup d’une enquête du Comité international olympique (CIO) pour avoir tenté de tricher au moment du contrôle antidopage qui avait suivi le concours.Robert Fazekas, qui avait été sacré lundi soir avec un jet à 70,93 mètres, avait tenté de trafiquer son test d’urine d’après concours.tion, une première dans l’histoire canadienne, fai l’intention de célébrer.Si dans les prochains jours, ça devient un dossier plus chaud, j’y penserai à ce moment-là.» Shewfelt a remporté la médaille d’or au concours au sol dimanche, la première médaille d’or olympique du Canada en gymnastique.Lundi, lors du concours de sauts, le Roumain Marian Dragu-lescu s’est vu accorder la médaille de bronze, devant Shewfelt, même s’il a complètement manqué son deuxième saut, ratant même le tapis d’arrivée.•Je n’ai rien demandé, assure Shewfelt.Les dirigeants canadiens ont agi de leur propre chef.Je n’ai jamais dit que je méritais le brome et je n’ai pas l’intention de le foire maintenant, fai fait ce Fazekas a donc perdu sa médaille d’or et devrait également être exclus des Jeux.Le classement du lancer du disque hommes devrait donc être prochainement modifié et devrait devenir le suivant: le Lituanien Virgilijus Alekna, qui avait pris la deuxième place du concours avec 69,89 mètres, décrocherait finalement l’or.Le Hongrois Zoltan Ko-vago aurait l’argent et l’Estonien Aleksander Tammert récolterait la médaille de bronze.Le sauteur en hauteur bélarus-se Aleksey Lesnichyi est également sous le coup d’une procédure après avoir été testé positif pour stéroïdes.La délégation olympique russe envisage pour sa part de contester devant le Comité international olympique le résultat du concours à la barre fixe en gymnastique, selon la que je devais faire.Je ne me plains pas.» Shewfelt s’est fait diplomate lorsqu’on lui a demandé s’il croyait que les deux sauts du Roumain valait une médaille de bronze, •fai réussi mes deux sauts et il a raté un des siens, fêtais un peu confus, pour être honnête.Son premier saut était superbe, c’était un peu fou et c’est la moyenne des deux sauts.À ce moment, j’ai juste haussé les épaules, fai donné ce que j’ai pu.Cest tout ce que je pouvais foire.» D n’a pas voulu commenter à savoir si la politique avait joué un rôle dans l’attribution des notes.•Je n ’y porte pas attention.Si je m’arrêtais à ce genre de choses, je ne dormirais pas de la nuit.Ma performance est tout ce que je peux station de télé russe First Channel Les Russes sont fort mécontents des notes accordées à Alexei Nemov.Ils songent du même coup à porter plainte concernant le travail des juges en général.•Le point principal que nous voulons soulever est que la note de Nemov était trop basse alors que celle de l’Américain était trop élevée», a indiqué le chef de la délégation russe, Anatoly Kolesov.Les juges ont accordé un score de 9,725 à Nemov, ce qui a provoqué des huées de la part de la foule, retardant d’autant la compétition.Un changement de la part d’un juge malaisien a porté la marque à 9,762, ce qui n’a pas empêché Nemov de terminer cinquième.La médaille d’or est allée à l’Italien Igor Cassina, qui a eu le meilleur sur l’Américain Paul Hamm.-AP contrôler.» - PC Le CIO enquête sur deux nouveaux cas possibles de dopage CYCLISME Lori-Ann Muenzer rafle la médaille d’or au sprint Lori-Ann Muenzer a décroché la première médaille d’or olympique de l’histoire du Canada en cyclisme, défaisant la Russe Tamilla Abassova dans la finale du sprint.Muenzer a imposé sa loi au vélodrome olympique pour vaincre Abassova deux manches à zéro.La cycliste de 38 ans a célébré sa victoire en esquissant un grand sourire et en effectuant un tour de piste avec le drapeau canadien.Muenzer a doublé la Russe dans la dernière ligne droite de la première manche.Elle a ensuite été en parfait contrôle dans la deuxième manche, résistant au sprint de la jeune Russe.•Je suis tellement heureuse, s’est-elle exclamée.C’est incroyable.Là, je ne suis pas encore tout à fait consciente de ce qui vient de se passer fai eu besoin de m’entraîner intensivement pendant cinq ans pour la décrocher, fai passé des heures entières à préparer la course de vitesse avec mon entraîneur.Je me suis entraînée avec acharnement.Étape par étape, je me rapprochais du podium.Aujourd’hui, je me suis dit que je voulais être la première à franchir la ligne.C’est ce que j’ai foit.» Muenzer est membre de l’équipe nationale de cyclisme depuis 1994.Elle s’est bien rétablie d’une blessure en 1999 pour rafler son premier titre canadien en 2000, et elle a terminé troisième au sprint des championnats du monde en 2001.Elle a tenu à souligner l’appui de son entraîneur et de ses bons amis, ce qui lui a permis de garder sa motivation en prévision des Jeux d’Athènes.«Rien n’est impossible.Cest toi-même qui fixes tes limites, a précisé Muenzer./e ne voulais jamais avoir à dire, “j’aurais pu”.» Muenzer est également devenue la première Canadienne à remporter une médaille olympique en cyclisme sur piste.Chez les hommes, les Canadiens en totalisent trois d’argent et deux de bronze.Muenzer, médaillée de bronze aux championnats du monde de sprint 2004, et Abassova ont pris la mesure de quelques-unes des favorites pour accéder à la finale.Muenzer a éliminé l’Australienne Anna Meares, médaillée d’argent aux championnats du monde, tandis que Abassova a vaincu la triple championne du monde, la Russe Svetlana Grankovskaya.Après avoir perdu la première manche contre Meares, Muenzer s’est remise dans la course en remportant les deux autres manches.L’Australienne n’a rien pu faire pour rattraper la Canadienne.Muenzer a ainsi pris sa revanche sur la demi-finale des championnats du monde 2004 lorsque Meares l’avait blanchie.Meares, qui avait réussi un record du monde en remportant le contre-la-montre de 500 m plus tôt à ces Jeux, a mérité la médaille de bronze en défaisant Grankovskaya lors d’une reprise de la finale des championnats du monde 2004, gagnée par la Russe.Muenzer et Meares s’étaient affrontées à trois reprises, incluant aux championnats du monde.L’Australienne avait le meilleur 2-1 avant la course d’hier.Muenzer s’était imposée devant Meares aux Jeux du Commonwealth en 2002.Presse canadienne ÉRIC GAILLARD REUTERS :XVx\ Lori-Ann Muenzer (à droite) a tenu tête à la russe Tamilla Abassova.Alex Baumann est sollicité pour enquêter sur les déboires en natation «J'ai déjà indiqué que je serais ravi d'étudier l'ofjre» Toronto — Alex Baumann, un des meilleurs nageurs canadiens de l’histoire, aurait été approché afin de se pencher sur les déboires qu’a connus l’équipe nationale aux Jeux d’Athènes.Le Canada n’a récolté aucune médaille, la pire performance olympique depuis 1952 à Helsinki.Baumann avait récolté deux médailles d’or aux Jeux de Los Angeles en 1984, avec deux records du monde.Il n’a pas encore fait part de sa dérision, lui qui est le directeur exécutif de l’Académie sportive du Queensland, en Australie.Il a par ailleurs fait part de son exaspération à commenter le déclin du programme canadien de natation.Baumann a confirmé qu’il avait refusé l’année dernière de prendre la direction de Natation Canada.En 1990, il avait déjà prévu les déboires à venir du Canada.Ses propos avaient déplu à certains et il avait été incapable de se trouver un poste d’entraîneur au pays.Il s’était donc tourné vers l’Australie, où le programme de natation est reconnu depuis quelques années.Selon des sources du côté du Paci- fique, Baumann est heureux en Australie.Baumann affirme qu’il s’attendait à ce que plusieurs personnes soient approchées afin de se pencher sur le dossier de la natation au Canada, révision qui était prévue avant les Jeux d’Athènes.•f ai déjà indiqué que je serais ravi d'étudier l’offre», a-t-il indi-ué, ajoutant qu’il pourrait evoir refuser, puisqu’il prévoit un automne occupé à Brisbane.Le président tie Natation Canada.Ron Colburn, précise que le rapport doit être complété d’ici le ln novembre.Au moins dix personnes ont été contactées pour faire partie du comité d’étude.M.Colburn a refusé de les identifier.Il n’a toutefois pas démenti que l’entraîneur de réputation internationale Don Talbot soit un candidat Talbot a mené le programme australien dans les années 1990, lui qui avait été congédié par Natation Canada six mois avant les Jeux olympiques de Séoul en 1988.Presse canadienne » LE DEVOIR.LE MERCREDI 25 AOUT 2 0 01 (' ?LES SPORTS* Athènes Caroline Çrunet matte Eole La kayakiste passe en finale KletK2 ROBERT LAFLAMME Schinias — Les gens de l’entourage de Caroline Brunet le savent le vent et l’Italienne sont des sujets tabous en sa présence depuis les Jeux de Sydney en 2000.La kayakiste de Lac-Beauport en a discuté plus librement, hier, après avoir surmonté les deux obstacles pour passer directement à la finale du sprint en Kl des Jeux olympiques d’Athènes.En remportant les honneurs de sa vague, dont faisait partie l’Italienne Josefa Idem qui l’a privée de l’or dans des conditions de course très houleuses en 2000, Brunet a prouvé qu’elle pouvait se tirer d’affaires dans le vent La double médaillée olympique a soufflé la victoire par un dixième de seconde seulement en pagayant les 500 mètres en 1 m 50 s 366.Moins d’une heure plus tard, la jeune Mylanie Barré, également de Lac-Beauport et Caroline Brunet ont assuré leur qualification à la finale en K2, en terminant troisième de leur série.«Je suis contente de passer directement aux deux finales de samedi, a commenté Mme Brunet Je vais éviter tout le stress lié à une étape additionnelle.Cest réellement dans la tête, mais c’est important.» D’autant important a-t-elle souligné, si le dieu grec Eole se déchaîne autant qu’hier pour les demi-finales de demain.Le vent était loin de souffler aussi fort qu’à Sydney, mais il a tout de même compliqué la tâche des athlètes.«Ça arrive peu souvent qu’on doive ramer dans des conditions comme celles-là, a-t-elle fait remarquer.Les bassins sont habituellement construits dans un environnement, où le vent est presque nul ou encore coupé par les arbres ou les montagnes.Ici, on a construit le bassin à quelques kilomètres de la mer.» B n’avait pas venté fort depuis l’arrivée des canoéistes et des kayakistes canadiens vers la fin des épreuves d’aviron.«Peut-être que ça va être le calme plat en finale» a mentionné Caroline Brunet qui n’était qu’à moitié satisfaite d’avoir fait fi du facteur éolien.C’est le fim défaire une course satisfaisante, mais ç’a été impossible parce que j’ai été incapable de bien ramer techniquement.Si le bateau ne glisse pas, je n’avance pas.Aujourd’hui, j’ai juste bûché.À 250 mètres, j’ai ramé dans le vide au creux d’une vague.Ça fait amateur», a ajouté Mme Brunet qui en est à sa quatrième participation aux JO à l’âge de 35 ans.Le vent était tellement capricieux que la grande rivale de la Québécoise, la Polonaise Aneta Pas-tuszka, a chaviré à la ligne de départ avant le début de sa course.Détrempée, elle n’a pas gagné sa série.Elle devra donc prendre part aux demi-finales.«Je n'ai pas vu l’incident, mais ça n’a pas dû être drôle pour elle.Tu commences à douter de tes capacités de manœuvrer dans les vagues quand ça t’arrive tout juste avant le départ.» L’entraîneur de Brunet Frédéric Jobin, a initialement cru que la Polonaise avait chaviré en course.«Je n'aurais pas voulu que ce soit en course parce qu'on souhaite que les trois principales rivales de Caroline participent à la finale.» Comme Brunet, Jobin était content de la tournure des événements.«Ce n’est pas nécessairement mauvais de prendre part aux demi-finales, mais ici on veut éviter les problèmes.Dans des conditions semblables, le risque de commettre des erreurs augmente.On peut rater son départ ou même chavirer comme la Polonaise.Le vent en canoë-kayak, c'est comme jouer au hockey sur une glace ramollie.Ce n’est pas la réalité de notre discipline sportive qui est très technique», a conclu l’entraîneur.Presse canadienne «Je suis contente de passer directement aux deux finales de samedi » Mylanie Barré craignait de décevoir Brunet ROBERT LAFLAMME Schinias — Mylanie Barré était très nerveuse avant de prendre le départ de l’épreuve de qualification de 500 mètres en K2 féminin aux Jeux d’Athènes hier.L’héritage de ses parents, tous deux olympiens en canoë-kayak, n’y était pour rien.La jeune Barré, 25 ans, craignait plutôt de décevoir sa coéquipière Caroline Brunet «La pression était forte aux côtés de quelqu’un qui est habitué d’obtenir de bons résultats.Tu ne veux pas être celle qui fait baisser la moyenne», a dit Barré, en admettant par la suite qu’elle ne peut pas avoir de meilleure coéquipière que Brunet pour faire ses classes.Les parents de Barré, Alexandra et Denis, ont manqué les premiers coups de pagaye olympique de leur fille, hier, s’étant pointés en Grèce quelques heures après sa qualification.Alexandra Barré est double médaillée olympique des Jeux de 1984 tandis que Denis Barré a pris part aux JO de 1972 et de 1976.«Ils vont être ici pour la finale, a-t-elle souligné, en disant que ses parents ne lui ont jamais imposé de pression additionnelle.Comme on n’a pas à prendre part aux demi-finales, je vais pouvoir passer du temps avec eux sans être trop stressée mercredi [aujourd’hui].» Barré était tiraillée par la nervosité, mais elle le gérait bien.Brunet a, en tout cas, été impressionnée par le sang-froid qu’elle a affiché.«Elle m’impressionne chaque fois.Elle est réellement relaxe, cool.Je suis bien contente qu'elle vive cette expérience-là.Ça fait longtemps qu’on est ensemble, on se connaît bien.On veut toujours offrir de bonnes performances et le meilleur de nous-mêmes.Mel a été capable de le faire aujourd’hui.» Presse canadienne GYMNASTIQUE Les Russes sont à leur tour mécontents des juges Moscou — La délégation olympique russe envisage de contester devant le Comité international olympique le résultat du concours à la barre fixe en gymnastique aux Jeux d’Athènes, selon une station de télé de la Russie.Les Russes sont fort mécontents des notes accordées à Alexei Nemov.Ils songent du même coup à porter plainte concernant le travail des juges en général «Le point principal que nous voulons soulever est que la note de Nemov était trop basse alors que celle de l’Américain était trop élevée», a indiqué le chef de la délégation russe, Anatoly Kolesov.Les juges ont accordé un score de 9,725 à Nemov, ce qui a provoqué un déluge de huées de la part de la foule, retardant d’autant la compétition.Un changement de la part d’un juge Malaisien a porté la marque à 9,762, ce qui n’a pas empêché Nemov de terminer cinquième.La médaille d’or est allée à l’Italien Igor Cassina, qui a eu le meilleur sur l’Américain Paul Hamm.Kolesov affirme que la plainte ne changera pas le résultat, mais u’il ne pouvait demeurer passif evant des problèmes qui ne sont pas limités à la performance de Nemov, mentionnant le nom de la gymnaste Svetlana Khorkina.«Nous voulons informer le CIO que tout n’est pas rose au sein de la Fédération internationale de gymnastique en ce qui touche l’attribution des notes, ditiL II y a des favoris et les négligés» Associated Press REUTER^ Une première médaille olympique en plongeon masculin pour le Canada Despatie rafle l’argent au tremplin de trois mètres ROBERT LAFLAMME Athènes — Alexandre Despatie a procuré au Canada sa première médaille olympique de l’histoire en plongeon masculin aux Jeux d’Athènes, hier, remportant l’argent en coiffant deux adversaires au dernier plongeon de la compétition au tremplin de trois mètres.Despatie devait obtenir des notes de neuf en moyenne afin de devancer l’expérimenté Russe Dmitri Sautin et le Chinois Wang Feng.B a réussi l’exploit dans un moment de grande tension, doublant Sautin, à qui il a toujours voué beaucoup de respect, par moins de trois points (755,97).L’autre Chinois, Peng Bo, était dans une classe à part (787,38 points), s’étant vu accorder plusieurs notes parfaites de 10 au cours de la finale qui a été des plus relevées.Despatie a donné la réplique à Peng Bo au cours des deux premiers tours, avant de se retrouver à la traîne en raison d’un troisième saut difficile.Il s’est admirablement ressaisi par la suite, y allant de scores supérieurs à 87 points à chacun de ses trois derniers essais.«Je n'ai pas le sentiment d’avoir perdu la médaille d’or, mais d’avoir gagné l'argent, a affirmé le Laval-lois.Le Chinois Peng Bo a été tout simplement impeccable.» Despatie n’en croyait pas ses yeux après avoir constaté sur le panneau indicateur qu’il avait complété la compétition au deuxième rang.«J’ai encore la chair de poule juste à y penser Ç’a été la plus agréable des surprises.Sur le tremplin, avant de faire mon dernier plongeon, j’étais convaincu que je n'étais pas dans la lutte pour l’obtention d’une médaille.Les encouragements de la foule m’ont motivé à finir en force.» Le champion du monde en titre à la plate-forme de 10 mètres croyait que ses chances de monter sur le podium s’étaient envo- lées à la suite de son troisième plongeon (trois sauts périlleux et demi, renversé), un plongeon partiellement raté.«Dans mon esprit, c’était fini, a-t-il relaté.Je me suis assis en retrait et la frustration m’a envahi.J'étais aussi attristé parce que tout allait si bien pour moi jusqu’à ce moment.J'aurais pu m’effondrer.L’idée d’abandonner est toujours là, mais je me suis dit que la compétition n’était pas terminée, que je devais bien foire à mes trois derniers plongeons.» La réaction de dépit qu’a eue l’entraîneur Michel Larouche ne laissait entrevoir rien de positif pour la suite des choses.«J’ai pensé exactement à la même chose que Despatie.On sait tous les deux que ça ne pardonne pas de commettre une erreur du genre aux Jeux olympiques.Mais Alexandre était venu pour se bagarrer et il a été fabuleux.Il a travaillé très fort pendant toute l’année et il mérite ce qui lui arrive.Le dernier plongeon a été magique.Il avait besoin de notes de neuf en moyenne.Réussir à le foire, c'est quelque chose d’impressionnant.Il avait vu ce que ça prenait et il l'a fait.C’est spectaculaire.» Visiblement épuisé, Despatie n’était pas peu fier de la remontée qu’il a orchestrée.«C’est une médaille très importante pour moi.Pas uniquement parce que c’est une médaille olympique, mais parce que j'ai pu revenir de l’arrière aux Jeux olympiques et que je n ’ai pas abandonné.» B a également dit qu’il peut davantage la savourer que celle d’or qu’il avait acquise aux Jeux du Commonwealth en 1998, à l’âge de 13 ans.«Je suis pas mal plus conscient de ce qui se passe maintenant que quand j’étais petit.C'est sûr que je me rappelle de 1998 parce que c'a été un moment marquant dans ma carrière, mais je réalise davantage l'importance de cet événement.» Presse canadienne «J’ai encore la chair de poule juste à y penser» Suivez-nous.UN TRIPLÉ KÉNYAN, hier à Athènes, dans le 300 m haies.MIKE BEAKE REUTERS UN TRIPLÉ KÉNYAN, hier à Athènes, dans U 300 m haies.KENYA \ ¦ KENYA AiHtas Les trois lascars ont mené de bout en bout.Ezekiel Koech l'a emporté.Les parents de Despatie ont apprécié la grande force de caractère de fiston ROBERT LAFLAMME Athènes — Pierre Despatie était très ému après avoir assisté à l’exploit sportif de son fils Alexandre dans les gradins du Centre olympique aquatique.«Alexandre a mené un combat extraordinaire.Il s’est battu jusqu'à la fin.Il est revenu plus fort d’un plongeon difficile.Il est revenu en gagnant.Il a livré la marchandise, a-t-il commenté.Je suis ému.Il a démontré sa grande force de caractère.Toutes les années d’entraînement ont rapporté des dividendes.Je manque de mots pour décrire ce que je ressens», a renchéri M.Despatie, qui n’attendait pas nécessairement cette médaille au trois mètres, même si Alexandre a bien fait cette année à cette épreuve.La mère du médaiüé d’argent, Christiane Despatie, a aussi apprécié la remontée de fiston.«C’est extraordinaire.Honnêtement, on pensait davantage à la médaille de bronze, mais il a fait toute une remontée.C’est sa force, de revenir comme ça.La pression, c’est quand il en a beaucoup qu’il revient en force.Mais tout le monde fait des erreurs.Ce soir, le Chinois Peng Bo était tellement dans sa zone, comme Alexandre lundi.Chacun son tour, c'est correct.» Interrogé au sujet de la fierté qui l’animait, Mme Despatie a conclu en disant: «Tout ce que je veux c’est qu'Alexandre soit heureux.Il travaille tellement fort.Je pense que ce soir il est très heureux.C’est mission accomplie.» L’entraîneur de Despatie, Michel Larouche, est aussi passé par toute la gamme des émotions.«Alexandre est comme un enfant pour moi, a-t-il dit C’est un événement très émouvant.Vous revoyez toutes les années qui ont passé.Le bout de chou qu’il était à cinq ans, à 13 ans, tous les progrès qu'il a réalisés.» Selon l’entraîneur, Despatie n’a pas encore atteint son plein potentiel au tremplin de trois mètres.Il est actuellement à 75 % de ses capacités.• Vous n’avez encore rien vu.Le meilleur est à venir», a-t-il avancé, en précisant à la blague que les célébrations allaient être de courte durée pour Despatie parce qu’il doit reprendre le boulot en vue de l’épreuve à la tour qui s’amorcera vendredi.«Pas question de fêter.Je lui ai dit qu 'après la conférence de presse et le test antidopage, il irait se coucher.» Despatie a dit qu’il aurait de la difficulté à fermer l’œil, après avoir connu de très fortes émotions.Le Russe Dmitri Sautin, quadruple médaillé olympique, a rendu un bel hommage au jeune prodige du plongeon, le qualifiant de super athlète.Un hommage senti qui a touché Despatie droit au cœur.•Dmitri a été le premier plongeur qui m’a marqué.Je suivais ses compétitions internationales et je lui accordais toujours des notes de 10 à chacun de ses plongeons.Il a été un grand champion.Je suis content qu'il ait gagné une médaille après avoir fait un retour à la suite d’une blessure à une épaule.Je suis honoré d’être sur le même podium que lui.Et ça peut paraître bizarre, je me sens un peu mal pour lui parce qu’il n'a jamais gagné de médaille d’or.» Prenne canadienne «La pression, c’est quand il en a beaucoup qu’il revient en force » i LE DEVOITl.LE MERCREDI 2 5 AOÛT 2004 LES SPORTS Athènes SOCCER La palme d’or à l’Irak Athènes — À défaut de médaille d’or, que la logique sportive semble destiner à l’Argentine, l’équipe d’Irak de football mérite une palme d’or pour l’ensemble de son oeuvre aux Jeux olympiques d’Athènes.Symbole de paix, la couronne d’olivier qui vient ceindre la tête de tous les médaillés des Jeux d’Athènes irait également très bien à ces jeunes Irakiens.Libérés de la tutelle terrorisante d’Ou-daï, fils aîné du président déchu Saddam Hussein, ancien président du Comité national olympique et de la Fédération de football, ils évoluent aujourd’hui l’esprit libre et la rage au ventre, fiers de porter les espoirs d’un peuple qui souffre au quotidien.«Même si c’est difficile à assumer, souligne l’entraîneur Adnan Hamad,/e souhaite que notre parcours aide à guérir les blessures du peuple, à garantir la sécurité dans le pays et à mettre fin à l'occupation».Buteur contre l’Australie en quart de finale (1-0), pour signer «le plus bel exploit du football irakien», Emad Mohammad espère que son équipe, médaille d’or de la belle histoire des Jeux, rende le sourire à 25 millions d'irakiens.Pour le président du Comité olympique irakien, Ahmed Al-Sa-marrai, le plus important est que les résultats inespérés de l'équipe de football aide «toutes les composantes du peuple irakien à oublier leurs différences et leurs divisions».Dignes L’Irak a peaufiné sa préparation grâce à des stages payés par les fédérations de Grande-Bretagne et d’Australie, des pays impliqués dans la libération armée du pays.C’est aussi grâce à l’Australie que les joueurs irakiens ont rallié Athènes.Le trafic dvil étant toujours interdit à l’aéroport de Bagdad, c’est l’armée de l’air australienne qui a acheminé le contingent irakien.«Mais notre présence en demi-finale n 'a rien à voir avec la chance», assure Emad Mohammad.Elle découle pour une bonne part de la Coupe d’Asie des nations, fin juillet, où le même groupe de joueurs irakiens a atteint les quarts de finale en chutant seulement face au pays hôte, la Chine, futur finaliste.«Les joueurs y ont acquis énormément d’expérience en se frottant aux meilleurs équipes asiatiques», explique Adnan Hamad.L’Argentine n’a pas fait autrement, échouant en finale de la Copa America, fin juillet au Pérou, avec un groupe quasi semblable à celui qui survole actuellement le tournoi olympique.Agence France-Presse SUITE DE LA PAGE A 1 Mais non, c'est pas vrai.En fait, conformément à l’annonce de la Royal Bank of Canada, ils ont répondu: «Vous savez ce que j’espère?Pouvoir emprunter de l’argent et m’acheter plein d'affaires.Que ma banque reconnaisse que je suis unique.Vous savez ce qui est important pour moi?Moi.Moi! Moi! Moi! Moi! Moi! Je me félicite tellement d’exister!» Néanmoins, ils ont ajouté que, si on leur consentait un prêt qui a de l’allure, ils pourraient aller s’installer en banlieue, où le cèdre clôturant est un puissant symbole de réussite.«Alors oui.finalement j’espère gagner une haie.C’est ça que vous vouliez savoir?» Et CBC a seulement extrapolé un peu.Puis, tôt hier, la matante vêtue de rose nanane qui fait office de chef d’antenne du matin à la CBC a déclaré à son collègue: «Il ne reste plus que huit heures avant la course de Perdita Felicien, et les Canadiens sont déjà assis au bout de leurs sièges.» C’est vrai, dites?Personnellement je dispose d’une causeuse rococo en simili-cuirette rembourrée de plumes de ber-nache du Canada pour assurer mes arrières, mais vous, vous devriez faire attention, la névralgie coccygienne vous guette.Et poursuivre le CIO pour qu’il vous rembourse votre facture de chiro est un processus long et coûteux.Évidemment, huit heures plus tard, on a vu ce qui est arrivé.Felicien, championne du monde en Record du monde chez les femmes à la perche El-Guerrouj est enfin champion olympique MIKE BLAKE REUTERS Le Marocain Hisham El-Guerrouj (à droite) a devancé le Kényan Bernard Lagat.Athènes — Le quadruple champion du monde marocain Hicham El-Guerrouj est devenu champion olympique du 1500 mètres pour la première fois de sa carrière, hier soir, à Athènes.Battu lors des deux précédentes éditions des Jeux, El-Guerrouj a résisté au retour du Kenyan Bernard Lagat dans la dernière ligne droite et s’est imposé en 3 minutes 34,18 s.Le Marocain, qui a pris les commandes de la course à un tour et demi de la ligne d’arrivée, a donné l’impression de rendre les armes devant son grand rival avant de le contenir et de s’imposer avec 12 centièmes de seconde d'avance.El-Guerrouj a perdu seulement quatre courses au cours des huit dernières années.Mais il avait enregistré deux de ces revers aux Jeux olympiques, en 1996 et en 2000.À Atlanta, il avait chuté dans le dernier tour et avait fini dernier, puis avait gâché une belle avance dans les derniers mètres à Sydney, vaincu en partie par le stress.Une fois la ligne franchie, le Marocain a embrassé le sol.Lagat a été le premier à le féliciter et les deux hommes, encore à genoux, se sont serrés dans leurs bras.D’autres coureurs se sont rapidement joint aux embrassades.À Sydney, Lagat avait décroché la médaille de bronze.L’an dernier, les responsables kenyans l’avaient retiré des championnats du monde d’athlétisme en raison d’un contrôle antidopage positif à l’EPO.Il avait ensuite été blanchi après l’analyse de son échantillon B.Le Portugais Rui Silva a obtenu la médaille de bronze, en 3 min 34 s 68.Saut à la perche Peu de temps après, la Russe Yelena Isinbayeva a battu le record du monde du saut à la perche en franchissant une barre à 4,91 mètres.Isinbayeva, sacrée championne olympique, a amélioré d’un centimètre le record qu’elle avait établi à Londres le 30 juillet C’est sa compatriote russe Svetlana Feofanova qui a décroché l’argent avec un saut de 4,75 mètres, devant la Polonaise Anna Rogowska, 4,70 mètres.En décathlon, le Tchèque Roman Sebrle a ajouté à son record du monde une médaille d’or olympique et un record olympique.Sebrle s’est imposé avec un total de 8893 points et a battu le record olympique de Daley Thompson (8847 points) établi il y a 20 ans.Détenteur du record du monde (9026 points), le Tchèque a finalement conquis le premier titre majeur de sa carrière.Ezeldel Kemboi a remporté le 3000 mètres steeple devant deux de ses compatriotes, Brimin Ki-pruto et Paul Kipsiele Koech.La Bahamienne Tonique Williams-Darling a battu la championne du monde en titre, la Mexicaine Ana Guevara, et a remporté le 400 mètres en 49,41.En sports équestres, l’Allemagne a pris sa revanche sur ses déboires juridico-réglemen- taires du concours complet en renouvelant dans l’épreuve de saut d’obstacles par équipes ses victoires de 1996 et 2000.L’Australien Ryan Bayley, 22 ans, a remporté la vitesse individuelle, titre majeur des compétitions de cyclisme sur piste, en battant en finale le Néerlandais Théo Bos.Un autre jeune, le Russe Mikhail Ignatyev, 19 ans, a survolé la course aux points messieurs.Le tournoi de football masculin aura une finale sud-américai- ne entre le Paraguay, qui a mis fin (3-1) à la belle aventure de l’Irak, et- l’Argentine, qui a balayé ITtalie 3-0.Enfin, les Américaines Kerri Walsh et Misty May ont confirmé leur statut de premières dames du volley-ball de plage en remportant la finale du tournoi olympique face à leurs grandes rivales brésiliennes Adriana Be-har et Shelda Bede.Agence France-Presse et Presse canadienne PRESSION salle et à l’extérieur, a accroché la première haie, elle a trébuché, et elle est même allée percuter la Russe Irina Shevchenko dans le couloir adjacent, sortant celle-ci de Ja course.Évidemment, c’est triste.Évidemment, à la télé d’Etat, on a pris la gueule d'enterrement d’usage, surtout qu'à peu près au même moment, Despatie perdait toute chance de médaille d’or et l’équipe canadienne de baseball se faisait rentrer sut points par Cuba en fin de huitième manche et voyait anéantis ses projets de participation à la finale.Évidemment, la jeune femme était inconsolable, quoiqu’elle se soit comportée avec une classe belle à voir.Elle a dit «C’est mon pire cauchemar qui se réalise», et franchement ça faisait bizarre à entendre.Et évidemment, on n’est pas allé demander à madame Shevchenko ce quelle pensait de tout ça Pourtant si ç’avait été l’inverse qui s’était produit.Un accident, pour tout dire, spectaculaire.Le nom de Vinko Bogataj ne vous dit probablement rien.Sauteur à skis slovène, représentant la Yougoslavie, il s’était sérieusement planté pendant une compétition, perdant le contrôle de sa descente sur le tremplin et allant rejoindre le décor dans un fatras de skis cassés.Étonnamment, il ne subit que des blessures mineures.Or, pendant des années — et sans que Bogataj en soit au courant —, la vieille émission ABC’s Wide World of Sports présenta la séquence dans son générique d’introduction au moment d’évoquer «The Agony of Defeat».Si vous voulez mon humble avis, le Canada en a pour longtemps à montrer ces trois secondes et demie de Perdita Feü-cien pour illustrer l'envers du rêve.Quatre ans jusqu’à Pékin, peut-être.Comme elle l'a dit elle-même: «Cest le sport.» ?Par ailleurs, si quelqu’un cherche à illustrer la justice immanente, il n’aura qu’à prendre Hicham El Guerrouj.Un dernier droit de 1500 m d’anthologie, l’un dépasse l’autre puis se fait redépasser, El Guerrouj coiffe le Kenyan Lagat au finish, il s’effondre sous le coup de l’émotion, et c’est Lagat qui va le soutenir.Les coureurs de demi-fond et de fond ne sont pas les plus rapides, mais ils sont les plus près de voler.?Un esprit curieux interpelle mo-noncle Rogatien et sa documentation qui fait l’envie de la bibliothèque du Congrès, et il interroge: pourquoi les hommes courent-ils sur 110 m haies?L’esprit curieux veut dire: pourquoi 110 et pas 100?En fait, la discipline des haies est apparue, comme tous les sports sous le del ou presque, en Angleterre, lorsqu’un gars s’est dit ouais, c’est bien beau courir, mais pourquoi ne pas disposer des obstacles ainsi qu’on en trouve dans toute quête du bonheur?Instituée dans les années 1830, l'épreuve a été formalisée en 1864 dans les universités d’Oxford et de Cambridge, où l’on a créé un 120 verges haies.(120 verges, noterons-nous, est la longueur normale d’un terrain de soccer, sport organisé dans les collèges et universités anglaises dans les années 1860, longueur qui a aussi été adoptée par le football américain.) Or, en utilisant notre calculatrice au laser liquide, on constate aisément que 120 verges valent 109,72 mètres; aussi, lorsque les Français importeront la discipline à la fin des années 1880.ils y ajouteront simplement 28 centimètres pour faire un beau chiffre rond.Et donner du même coup naissance à l'expression «donner son 110 haies».Jusque-là, les haies étaient des structures de bois immuables, et les coureurs s'arrêtaient pratiquement avant de sauter à pieds joints par-dessus.En 1895, on les remplaça (les haies, pas les coureurs) par des modèles plus légers, en forme de «T», qui se renversaient lorsqu'on les heurtait.L'année suivante, les premiers Jeux olympiques ont présenté un 110 m haies, remporté par l'Américain Thomas Curtis en 17,6 secondes.On ne comptait alors que neuf haies, en comparaison de 10 par la suite, et un coureur qui faisait tomber trois haies était disqualifié.La technique de course fut peaufinée par un autre Américain, Alvin Kraenzlein, au début du siècle: il fut le premier à mesurer ses enjambées pour passer les haies en un mouvement continu.Aux Jeux d’Anvers, en 1920, le Canadien Earl Thomson fut le premier à boucler le 110 m haies en moins de 15 secondes.Les haies en «L» que l’on connaît de nos jours sont apparues en 1935.Et à Montréal, en 1976, Guy Drut a remporté l’épreuve, puis il est devenu ministre au sein du gouvernement français, ce qui prouve tout ce que vous voudrez.Cela est juste et bon, réagit l’esprit curieux, mais pourquoi les messieurs courent-ils des 110 m haies et les mesdames des 100 m haies?Excellente question, qui sera examinée demain parce qu’il commence à manquer d’espace ici-bas.Et pour terminer, dans la série «Arrête-moi donc ça toi là là», on salue Guy D’Aoust, chef d’antenne à la SRC, et sa citation du jour après l’or de Lori-Ann Muenzer: •Les mélodieux accents, les doux accents de Thymne canadien ne sont jamais aussi doux que lorsqu'ils se font entendre après la conquête d’une médaille olympique.» Je dois vous laisser, je m'en vais siroter une pression le front ceint de fleurons glorieux avec ma valeur de foi trempée.L’Impact à une victoire du championnat Une victoire contre le Edmonton FC, ce soir au complexe sportif Claude-Robillard, permettrait à l’Impact de Montréal (164-5) de décrocher le championnat de la saison régulière dans l’Association de l'Est pour la deuxième année d’affilée.Et même s’il leur reste trois matchs à disputer d’ici la fin de la saison régulière, qui se termine dimanche, les joueurs montréalais veulent régler la question sans plus tarder.«C’est certain qu’on veut sceller Tissue de la saison dès la première occasion, a indiqué le milieu Patrick Leduc.Surtout que nous serons à domicile, nous jouerons devant nos partisans qui nous ont soutenu tout au long de la saison, alors ce serait bien de leur offrir ça en cadeau.» Après avoir disputé des matchs à Québec et Sherbrooke, la formation de Tentraîneur Nick DeSantis se retrouvera au complexe sportif Claude-Robillard pour la première fois depuis le 6 août dernier.Dans l’intervalle, elle a assuré sa place en séries.DeSantis entend donner congé à certains vétérans, ce soir mais il n’est pas question de prendre le Edmonton FC à la légère, même si le club est maintenant sous la tutelle de la A-League et occupe le dernier rang dans l’Association de l’Ouest (4-166).«Nous avons trois matchs à jouer au cours des cinq prochains jours et ensuite ce sera les séries, alors c’est normal que des joueurs obtiennent du repos, a dit DeSantis.Mais c’est sûr que nous voulons gagner le match, comme c’est le cas pour tous nos matchs à domicile.» Une victoire ou une nulle contre Edmonton, ce soir, permettrait à l’Impact de mettre la main sur la Coupe des Voyageurs, remise à la meilleure équipe canadienne de la A-League, pour une troisième saison consécutive.Même si l’adversaire de l’Impact en première ronde des séries est encore inconnu, la formation montréalaise est assurée d’avoir l’avantage du terrain.Le premier match éliminatoire à domicile aura lieu le dimanche 5 septembre.Presse canadienne BASEBALL LIGUE NATIONALE Section Est G P Moy.Ditt Atlanta 70 53 .569 — Floride 62 60 .508 71/2 Philadelphie 62 63 ,496 9 New York 59 64 ,480 11 Montréal 53 71 .427 171/2 Section Centrale St.Louis 82 42 .661 — Chicago 68 56 .548 14 Houston 62 62 500 20 Cincinnati 59 64 .480 221/2 Pittsburgh 58 66 .468 24 Milwaukee 55 68 .447 261/2 * Section Ouest Los Angeles 72 52 .581 — San Francisco 69 57 .548 4 San Diego 66 58 .532 6 Colorado 55 69 .444 17 Arizona 39 87 .310 34 Hier Los Ang«ln i Montréal San Francisco en Floride Arizona à Pittsburgh St.Louis à Cincinnati San Diego à N.Y.Mets Colorado à Atlanta Milwaukee à Chicago Cubs Philadelphie à Houston Aujourd'hui Philadelphie à Houston, 14h05.Milwaukee à Chicago Cubs, 14h20.Los Angeles è Montréal.19h05.Colorado à Atlanta, 19h05 San Francisco en Floride, 19h05 Arizona à Pittsburgh.19h05.St.Louis à Cincinnati, t9ht0.San Diego à N.Y.Mets, 19h10.LIGUE AMÉRICAINE Section Est G P Moy.Diff New York 77 47 .621 — Boston 70 53 569 61/2 Baltimore 57 65 467 19 Tampa Bay 56 68 452 21 Toronto 53 72 424 241/2 Section Centrale Minnesota 70 54 565 Cleveland 63 63 500 8 Chicago 60 62 492 9 Detroit 59 65 .476 11 Kansas City 44 78 .361 25 Section Ouest Oakland 70 53 569 Anaheim 71 54 568 Texas 69 54 .561 1 Seattle 46 76 .377 231/2 Bostoî?l*oronto N.Y Yankees i Cleveland Chicago White So* à Detroit Minnesota au Texas Tampa Bayé Seattle ' Kansas City i Anaheim Baltimore a Oakland Aujourd’hui Boston à Toronto, 19h05.N.Y Yankees I Cleveland, 19h05 Chicago White So* i Detroit.I9h05 Minnesota au Texas, 20h05 Tampa Bayé Seattle, 22h05.Kansas City i Anaheim, 22h05.Baltimore à Oakland.22hOS 1
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