Le devoir, 11 octobre 2008, Cahier E
I E DEVOIR, LES SAM EDI 11 E T 1) 1 M A N C.H E 12 0 (! T O B R E 2 0 0 8 OPÉRA Salome ouvre la saison du Met dans les cinémas., et même chez vous! Page E 5 % Arracher au temps la parole Le nouveau spectacle de Fred Pellerin prend l’affiche au Monument-National mardi « On est le village avec la croissance démographique la plus forte» CAROLINE MONTPETIT Il y a eu Babine, l’idiot du village, l’homme fort Esi-mesac Gélinas et la belle Lurette.Cette fois, c’est ijne étrangère de Saint-Elie-de-Caxton, la «stroop» comme on l’appelait, parce qu’elle signait S.Troop, pour Stewart Troop, son nom de famille, aussi nommée l’arracheuse de temps, qui est la vedette du nouveau spectacle de Fred Pellerin, qui prend l’affiche au Monument-National à Montréal mardi prpchain.La stroop, dans le Saint-Elie-de-Cax-ton des années 1930, c’était une riche étrangère qui avait acheté le domaine du lac Plaisance, qui n’allait pas à la messe et qui tirait dans les airs quand des pêcheurs venaient lui voler ses truites.On la disait légèrement sorcière, même voyante, lisant l’avenir dans les cartes.Et certains l’ont vue, la nuit, traîner une baignoire sur pattes en laisse.Tout le temps que la stroop est restée à Saint-Elie, soit environ trois ans, il n’y a eu aucune mort au village.«C’est à cause d’elle», lance Fred Pellerin, sur le ton de la confidence.Dès que la stroop est partie, une nouvelle mort s'est déclarée, celle de la mort en personne.La stroop, donc, toute «femme libre» qu’elle était, prêtait flanc aux ragots, qui font désormais partie de la petite chronique du village.D y a tapt de temps pour jaser à Saint-Elie.Et c’est Méo Gendron et Léo Déziel, le garagiste, qui ont porté ces ragots jusqu'à Pellerin, éternel conteur de Saint-Elie, qui n’a pas tardé à en «beurrer» toute une histoire, puis un spectacle, à son tour.Un trésor Le placotage, le commentaire sur le temps qui passe, c’est la belle maladie du village, dit Fred Pellerin, celle de tenir une chronique en continu des événements, quitte à tout mélanger, comme dans un beau grand conte.Le son d’une sirène s'élève dans la rue qui longe le café Vespa, à Montréal, où se tient l’entrevue.Fred Pellerin s’arrête de parler, regarde de côté, arrive subitement en ville.«Ici, en ville, il y a trop de bruits à la minute, on estsurstimjilé.Des bruits comme cela, à Saint-Elie, il y en a un par jour, et on a toute la journée pour en parier», dit-il.Il faut dire que la ville, c’est très peu pour Fred Pellerin, né à Saint-Elie avec la ferme intention d’y rester longtemps.Ce village, il a commencé à le faire connaître à l’âge de dix-huit ans, alors qu'il travaillait comme guide touristique et qu’il avait pour ce faire creusé l’histoire du village.Aujourd'hui, il n’a toujours pas l’intention de quitter Saint-Elie et il se démène comme un beau diable pour le faire savoir.«On est le village avec la croissance démographique la plus forte, dit-il fièrement Et récemment, il y a eu 22 nouveaux achats de maisons.C’est énorme pour une population de 1500 âmes.» VOIR PAGE E 4: PELLERIN THÉÂTRE 1 Six pieds sous terre Un homme, une femme, un abri antiatomique et des provisions; on est «après la fin».position que je ne pouvais pas refuser, poursuit l’autre Maxime.Travailler à Im Licorne, c’est toujours le fun.Et en plus avec Maxime et Sophie sur ce texte-là, dans un show pour des acteurs qui fait aussi appel à la virtuosité, comme dit Maxime.Avec des dialogues tellement serrés qu’on ne pourrait pas en enlever une seule virgule.c’est le bonheur total!» Les deux hommes parlent avec enthousiasme de ce texte percutant et de la traduction de Fanny VOIR PAGE E 3: SOUS TERRE MICHEL B É LAI R Décidément, les productions qui prennent l’affiche ces jours-ci sont en liens particulièrement directs avec «la vraie vie».Alors que Ceux que l’on porte de l’Américain Andrew Dainoff (voir notre autre texte en page E 3) plonge dans les stigmates du 11-Septembre, Après la fin du Britannique Dennis Kelly nous place d’entrée de jeu dans un bunker où un homme et une femme essaient de survivre à un gigantesque attentat terroriste.C’est ça qui est ça, comme dit un collègue spécialiste de la vie dans le général comme dans le particulier.Le bonheur Le choc donc, total.Mark et Louise sont bien vivants, mais il n’y a plus rien autour et ils ne peuvent pas sortir avant que la poussière ne soit retombée, littéralement Enfermés sous terre dans un abri antiatomique.Prisonniers.Tout huis clos.Seuls, peut-être à jamais.Sophie Cadieux sera Louise et Maxime Gaudette, qui est là devant moi avec son metteur en scène de meilleur ami, Maxime De-nommée — qui récidive ici avec beaucoup de plaisir —, est bien sûr Mark.La rencontre a eu lieu sur le théâtre du crime, à La licorne, tôt en début de semaine alors qu’il faisait un temps à souhaiter vouloir être dehors, justement.Détendus, les deux Maxime.Cools.Jeunes et beaux, surtout pas «frettes et blancs».A peine bousculés, tout juste ce qu’il faut.par la première dans une semaine.On entend des coups de marteau, des bruits de scie, des voue: à côté, le bunker prend forme.Mais malgré tous ces rappels du pied, il m’est difficile encore de voir ce si remarquable comédien qu’est Maxime Dénommée dans ses habits de metteur en scène.et je lui demande comment il fait pour décider s’il joue ou s’il monte quand on lui propose une pièce.«Ça dépend.Ce coup ci, c’est Jean-Denis [Leduc, le directeur artistique de La Manufacture qui pro- duit le spectacle] qui a vu le show en Angleterre et il m’a appelé à son retour pour me proposer le rôle de Mark.Moi, quand j'ai lu le texte, fai tout de suite voulu le monter avec mon vieux chum Maxime [Gaudette, id présent] dans le rôle de.Mark.On ne travaille presque jamais ensemble parce qu’on nous propose à peu près toujours les mêmes rôles! Mais quand j’en ai reparlé à Jean-Denis et que je lui ai dit aussi que je voyais Sophie [Cadieux] dans le rôle de Dmise, il a tout de suite accepté.» «Cest évidemment le genre de pro- Aujourd’hui, 20 h Studio 12 Stefie Shock avec Tomâs Jensen, Xavier Caféine ef Caracol.Animation : Rohocca MaKonncn R6al -Coord Dlono Mahoux #MÏÏSI0US 1007 RadioCanaco co/sludlo 12 t ‘3 LE DEVOIR, LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 OCTOBRE 2008 E 2 CULTURE Voyage sur Pluton.¦ avoue que le volet sur * l’évolution des valeurs, la semaine dernière, dans l’excellente série consacrée au cinéma québécois à Télé-Québec, m’a ébranlée.Parce que les jeunes n'y avaient pas le crachoir tandis que chacun parlait en leur nom.Ce n’était pas le meilleur coup de la série, malgré la pertinence des propos.Un trou béant: eux.Qu’avaient à dire les générations montantes sur un sujet aussi crucial que les valeurs en mutation dans notre beau Québec en perte de repères?Mystère! Alors, tombant sur un film «full ados», très réussi, lancé au Festival du nouveau cinéma (avant de prendre l’affiche le 17 octobre), j’ai été fascinée par leurs dialogues.Son titre: A iouest de Pluton, premier long métrage de deux Québécois de la capitale.Là dizaine d’adolescents en vedette ont d’abord été réunis en atelier, pour des impros et des discussions.Les cinéastes Henry Bernadet et Myriam Ver-reault devaient par la suite brasser tout ça, ajoutant des scènes de leur cru au scénario.Ce vaillant tandem a tourné dans l’urgence avec les moyens du bord: 12 000 $ environ.Puis les institutions ont investi dans la postproduction.Aucun doute à leurs yeux: les ados n’obtiennent pas suffisamment la parole dans les films québécois, encore moins une parole juste, épousant leurs hantises, leurs rêves, leurs détresses.Les œuvres comme Tout est parfait d’Yves-Christian Fournier se font bien rares au cinéma.À la télé, c’est pire: «On nivelle l’image des jeunes par le bas, à coups de clichés, afin de formater un discours commercial pour leur vendre des produits», constate avec justesse Henry Bernadet A l’ouest de Pluton, tragicomé-die tournée à la façon d’un documentaire — 24 heures dans la vie de dix ados ordinaires et allumés —, est parsemé d’éléments oniriques.D’où sa grâce et son envol.Un chien attaque un arbre à pleines dents, une lune fait la roue, une photo de famille devient le centre du monde, un poète hurle son amour en pleine nature.La minicaméra numérique a permis des effets spéciaux poétiques, insolites, ici entremêlés à Ihyperréalisme des va-et-vient entre maisons, école et points de rencontre.Une banlieue, mais pas glauque; des jeunes, mais pas bêtes.Que désirer de plus?Certaine discussion politique entre une nationaliste et une fédéraliste vaut bien des joutes orales de leurs aînés.Ces jeunes-là vivent des amours plus ou moins avortées, douloureuses.Chacun affiche ses centres d’intérêt, frivoles ou sérieux.Un astronome amateur, professeur Tournesol en herbe, fou de Pluton, se désole que sa planète d’élection ait été déchue en 2006 au rang de grenaille du système solaire.Un autre caresse une dent de dinosaure qui lui parle de survivance planétaire, peut-être même d’immortalité.«Chaque personnage Odile Tremblay Déjeuner-bénéfice 2008 du Domaine Forget Dimanche 19 octobre 2008 au Fairmont le Manoir Richelieu à10h30 Sous la présidence d’honneur de Madame Mary-Ann Bell, Première vice-présidente et chef de l'exploitation Bell Aliant INFORMATION LT RÉSERVATIONS 1418-4S2-8111 Bell Ç^Hydw Quebec 0 svo {)( )M,\ INI lyoïHjel' ! T™ poursuit sa quête existentielle propre, se cherche une identité.C’est l’âge de l’éveil à l’autre.Mais aussi, malgré l’importance du groupe, celui d’une immense solitude», note Myriam VerreaulL Après un party qui tourne mal, la quête d’une photo de famille volée par les partouzeurs transforme l’aventure en un mini road movie à travers routes et champs, ouvrant sur la capitale question du respect de l’autre.On entend des réflexions sur une société qui bouffe l’identité des gens, partageant aussi les angoisses face à l’avenir.Ce film donne enfin une occasion d’obtenir un portrait juste d’adolescents québécois, ni modèles ni dégénérés, à cheval entre deux âges.Nous voici sur leur planète à eux, Pluton, quoi d’autre?Assez pour constater une fois de plus qu’aucun débat sur la crise des valeurs au Québec ne peut se jouer sans mettre à contribution les générations montantes, qui portent bel et bien l’avenir dans leurs sacs à dos.Henry Bernadet (en haut) et Myriam Verreault Projet de loi en déroute Fallait-il que Stephen Harper soit aux abois pour avoir ainsi sacrifié à la onzième heure l’immonde para- graphe du projet de loi C-10, passeport pour la censure des œuvres cinématographiques.Lui qui tenait tant à son projet d’assainissement des mœurs recule.La chute de sa cote dans les sondages explique ceci et cela.Que la crise économique vienne jeter un pavé dans la mare des conservateurs tient de l’évidence.Ce qui n’enlève rien à l’important travail de sape des artistes dans leur croisade anü-Har-per, au Québec surtout.Et si, devant Turne, ce déshonorant gouvernement pouvait tomber, ou se déplumer sérieusement, tout un bataillon de créateurs hirsutes, les nouvelles technologies en porte-voix — armes électorales contemporaines de destruction massive — , aura démontré à quel point le milieu culturel, au grand dam de Harper qui le jugeait quantité négligeable, peut soulever des raz-de-marée.Morale de l’histoire: on n’est pas si impuissants.En groupe surtout D taut se le rappeler.Sophie Galle Avis à ceux et celles qui ont jusqu’ici manqué l’immanquable: j’ai Soirées produites par Jason «Blackbird” Selman de Kalm Unity .Son/ .h/:.:.lhi>ll'>i) S/>t>krn 111h»/.www.kalmunity.com Billetterie : 514 982-3386 Montréal, arts interculturels ^ Là nii ! in / Irih'rrsc 1rs frnnlirirs .Il htrr tir! hrenks i/iuvii lui rri.rs.3 680, rue Jeanne-Mance, Montréal | T.514 982-1812 | www.m-a-i.qc.ca Montréal# 1*1 srr & sær- '""Québec EÎS LE DKVUIII .atuvuffl JÇ SOURCE FILMS SEVILLE nommé l’extraordinaire expo-parcours Prenez soin de vous Sophie Calle, au DHC/Art, dans le Vieux-Montréal, qui se termine le 19 octobre.Rappelons que Sophie Calle, artiste multidisciplinaire française, après un courriel de rupture d’un quelconque amant, demanda à 107 femmes d’horizons divers d’interpréter, de disséquer sous l’angle de leur profession, ladite missive.Ça se joue en danse, en chanson, sous le biais légal, policier, en graphologie, en psychanalyse, à travers le regard d’une joueuse d’échecs, la voix d’un perroquet ou les commentairës de Jeanne Moreau sur vidéo, etc.Rarement parcours plus ironique, parodiant le voyeurisme et s’of-tfant un recul par rapport aux petits drames de la vie, sera venu s’éclater à Montréal, après démarrage à la Biennale de Venise.Plus qu’une semaine! Mais vraiment, ça ne se rate pas.otrem blay@ledevoir.com Festival des MUSIQUES SACRÉES DE QUÉBEC 12e édition Du 23 octobre au 2 novembre 2008 à l’église Saint-Roch de Québec et au Palais Montcalm EN AVANT-PREMIÈRE ies 17 et 1 9 octobre PALAIS MONTCALM La Grand-messe de Gilles Vigneault avec TOSQ Supplémentaires A la Salle Louis-Fréchette du Orand Théâtre de Québec les 22 et 23 janvier 2009 Pour réservation: 418 643*8131 /1 877 643*8131 www.billetech.com Daniel Taylor Path to paradise Chant et danse Karen Young Sur la route sacrée du oud ÉGLISE SAINT-ROCH WmiÊti EGLISE SAINT ROCH I L’Ensemble Caprice et Lorraine Desmarais Le baroque rencontre le jazz EGtISE SAINT ROCH I L’Ensemble Catherine Potter Musique de l’Inde du Nord La Bande de hautbois de Québec et l'Ensemble Arundonax Première partie: Ara Bartikian, doudouk Le SMAM et Les Sacqueboutiers de Toulouse Chœur I ÉGLISE SAINT ROCH de Québec La Nef Barbara Furtuna Requiem de Verdi Quintette de luth Polyphonies corses Splendeurs de Venise Billets en vente sur le réseau Billetech-Admission 418 691-7211 ; 1 800 900*7469 www.billetech.com Pour information: 418 525-9777 1 866 525-9777 www.festivalmusiquesacree.ca ÉGLISE SAINT ROCH La Grand-messe de Gilles Vigneault avec l’orchestre du Conservatoire de musique de Québec Québec! —- vau k _ Québec ^ ^Quebec Q*S3*c -^ TtîlvKION k> Soleil LE DEVOIR, LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 OCTOBRE 2 0 0 8 CULTURE THÉÂTRE Un monde en cendres Vincent-Guillaume Otis signe sur fond de catastrophe une première mise en scène pour le Petit à Petit MICHEL BÊLAI R C* est le 11-Septembre qui se profile derrière Ceux que l’on porte d’Andrew Dainoff, qui prend l’affiche mardi dans la petite salle de l’Espace Go.Rien de moins.Au cinéma, on en est déjà à quelques productions à gros budget, mais sur les planches, rien jusqu’ici.Pour la toute première fois donc, voici qu’un dramaturge américain ose se pencher sur les plaies qui stigmatisent encore l’Occident tout entier.Et que l’on plonge littéralement dans les cendres du World Trade Center.La quête de l’essentiel C’est le comédien, danseur et traducteur David Laurin qui est à l’origine du projet.Il a déniché le texte et l’a fait lire à Vincent-Guillaume Otis alors même qu’il s’attelait à la traduction.Pour Otis, ce fut dès le départ une sorte de choc.«En lisant le texte, j’ai tout de suite ressenti que cette histoire me concernait; c’est rapidement devenu évident, un peu comme si l’auteur me parlait directement.A cause de toute une série de petits détails anodins comme, par exemple, le fait qu’il fait référence dès le début à l’un de mes héros: Philippe K.Dick, l’auteur de science-fiction que j’ai lu d’un mur à l’autre.Que son personnage porte des Puma.Ce genre de choses, mais aussi une sorte d’intuition, de communion profonde.Bref, je me suis tout de suite dit qu’il fallait que je monte cette pièce.» Séduit, donc, Otis, qui faisait alors un stage de mise en scène au Théâtre Petit à Petit (PàP), propose le texte à Claude Poissant qui, se fiant à son flair habituel, décide d’en faire un laboratoire.A peine le travail de labo amorcé, il demandait au «stagiaire» de mettre le spectacle en scène: le voici.Mais suspendons plutôt, comme les serpents qui sifflent sur nos têtes, la conversation pour revenir sur le début de la rencontre avec Vincent-Guillaume Otis et le comédien Félix Beaulieu-Duchesneau, qui joue le rôle de David dans la production du PàP.Tout simplement parce que la conversation s’est amorcée sur un tout autre registre qui éclaire le travail du jeune metteur en scène.Tout tient au fait que l’on connaît surtout Otis comme comédien; on l’a d’ailleurs vu un peu partout, au Quat’Sous, au Théâtre d’Aujourd’hui, au Rideau vert, à La Licorne, à la télévision et de plus en plus au cjnéma depuis qu’il est sorti de l’Ecole nationale en 2003.Mais alors que l’on s’installait autour d’une grande table après le départ du photographe, il a plutôt été question de théâtre pour les plus jeunes.On sait peu en effet qu’Otis dirige le Picouille Théâtre et qu’il a jusqu’ici signé surtout des mises en scène pour les jeunes publics, comme ce Zor-ro qu’il a promené avec La Roulotte et L’Odyssée aussi qui tourne JACQUES GRENIER LE DEVOIR Le comédien Félix Beaulieu-Duchesneau (à l’avant-plan), qui joue le rôle de David dans la production de Ceux que l’on porte, mis en scène par Vincent-Guillaume Otis.encore dans la grande couronne montréalaise, comme on dit.Orrrr, il se trouve que le jeune homme accorde beaucoup d’importance à cette expérience auprès des jeunes publics.«Parce qu’on ne peut pas tricher quand on s’adresse aux enfants; il faut tomber pile puisqu’ils nous donnent rarement une deuxième chance.P faut être vrai, sincère avec eux et aller les chercher tout de suite.C’est difficile, exigeant, mais c’est une très bonne école.En travaillant sur Ce que l’on porte, j’ai voulu m’inscrire dans cette même quête de la vérité, cette même quête de l’essentiel.» Voilà qui est dit et le lien de continuité est solidement établi.On peut maintenant laisser siffler les serpents, fussent-ils suspendus sur nos têtes.Dérives diverses Félix Beaulieu-Duchesneau raconte ensuite la dérive de son personnage, David, qui, après avoir perdu la femme qu’il aime dans l’attentat, va rapidement faire face à deux autres deuils.«David est une sorte de cri désespéré ambulant, explique-t-il- il parle toujours au passé.Depuis le 11-Septembre, tout ce qu’il touche se transforme en cendres, tous ceux qu’il approche et qu'il aime meurent.Un peu comme si l’auteur avait voulu qu’il porte le poids des 3000 morts et le deuil de tous les New-Yorkais à la fois.La pièce commence précisément là-dessus.» En cours de labo au PàP, Vin-cent-Guillaume Otis a d’abord voulu se distancer du genre «conte urbain» et revisiter cette tragédie sans répéter tout ce que l’on en a vu et dit Le metteur en scène craignait par-dessus tout le long monologue de David et il a exploré plusieurs façons de faire — des dédoublements de person- nage par exemple — avant de passer de l’énormité de l'événement géopolitique à ce qu’il appelle le «géoémotif» de cette presque fable homérique.«Le travail a considérablement simplifié cette approche, mais il, en reste des traces puisque Anne-Elisabeth Bossé sera là pour donner corps à toutes les voix de femmes lors des flash-back qui plongent David dans son passé récent qui vient d’exploser.» On parlera de scénographie et de musique aussi puisque Andrew Dainoff a voulu que David soit musicien.ce qui est loin de déplaire à Vincent-Guillaume Otis, qui a aussi fait le Conservatoire de musique à Québec.C’est toutefois Félix Beaulieu-Duchesneau qui dira que la musique est en quelque sorte «la trace émotive du personnage» dans la pièce.Elle sera du moins très présente à travers la partition originale de Philippe BreaulL Ici aussi le metteur en scène confie avoir fait des choix et avoir exploré plusieurs possibilités où la partition jouait uq rôle plus soutenu, plus intrusif.A moins d’une semaine de la première, alors qu’il est depuis longtemps établi que l’action de la pièce se situera dans une sorte de jazzbar, la musique servira maintenant de toile de fond permettant de dire l’émotion que David n’arrive pas à exprimer.Mais qui sait?Quand on met en scène les retombées du 11-Sep-tembre, tout peut encore arriver.Le Devoir CEUX QUE L’ON PORTE Texte d’Andrew Dainoff traduit par David Laurin et mis en scène par Vincent-Guillaume Otis.Une production du PàP présentée à l’Espace Go du 14 octobre au 8 novembre.WP—:- tre, en coproduction avec Plume Blanche m m ‘ ____ Jt P i Texte et mise en scène Michel Monty 32$.et 25 octobre.SOUS TERRE SUITE DE LA PAGE E 1 Britt — qui avait traduit La Reine de beauté de Leenane de façon éblouissante, fait remarquer Dénommée.Un texte incarné, pis intello pour deux sous.Un texte au rythme hallucinant «qui vient physiquement s’inscrire dans le corps des acteurs».Un théâtre qui «prend aux tripes».Un théâtre de la même fibre que ce Tête première de l’Irlandais Mark O’Rowe dans lequel Maxime Dénommée s’est révélé à lui-même et à tout le monde comme metteur en scène en 2005, à La Licorne, justement Devant moi, avec des cris de scie ronde en bruit de fond, et en prenant la parole à tour de rôle, sans transition presque, les deux Maxime sont une sorte d’illustration de ce qu’ils sont en train de raconter sur le rythme du texte de Dennis Kelly.En en réglant simplement la rythmique, «la mathématique de l'enchaînement des répliques», dit Gaudette, l’aspect psychologique des personnages s’est placé tout seul.Un peu comme des doigts dans un gant Ou des biscuits secs et des bouteilles d’eau dans un bunker.Un beau rêve Parce que, évidemment, les choses n’iront pas de soi dans le bunker.Louise et Mark ont des caractères diamétralement opposés.Elle a une vie et une conscience sociale beaucoup plus développées que Mark, qui est plutôt introverti; «elle voterait Françoise David et lui, Stephen Harper», dit Gaudette en se moquant un peu.On devine que Louise fréquentait régulièrement le bar où ils étaient avec des collègues de travail lorsque «c’est arrivé».Elle parle beaucoup, lui, non.même si l’on apprend que les événements du 11-Septembre l’ont rendu paranoïaque au point de s'acheter un appartement avec un abri antiatomique en état de marche, à la cave.Heureusement.Ce qu’il y a de plus important néanmoins, c’est que l'on saisit qu’il est follement amoureux d’elle.Et que cette situation-limite dans laquelle'il se retrouve avec Louise est presque un «beau rêve enfin réalisé» pour lui.Dans les faits, Mark a tout prévu — les provisions, les jeux pour les moments de loisir aussi — sauf l’essentiel.Les deux enfermés se «friteront» assez rapidement et une sorte de guerre de pouvoir diffuse viendra s’infiltrer dans la vie du couple, «un peu en écho à la guerre que l'on mène au terrorisme depuis le 11-Sep-tembre», soulignera le metteur en scène.On vous avait prévenu que le texte était «en liens particulièrement directs avec la vraie vie».Guerre de pouvoir donc, entre un homme et une femme.Maladroite.Ordinaire.Ordinairement méchante.«Tout cela est tracé dans une série de petits tableaux, poursuit Dénommée.Peu à peu, la dynamique de départ va se compliquer entre les deux et l’on verra apparaître les premières traces de violence psychologique.Le côté primaire associé au contrôle de la nourriture va engendrer des rapports presque “animaux”.Mais de ces situations très violentes, on peut passer soudainement à des scènes très tendres et même très drôles.Cest un vrai show d’acteurs.Et ça prend des auteurs solides pour qu’on y croie!» Ici, les deux comédiens se mettent à parler de virtuosité.De cette façon particulière dont le texte de Kelly fait presque surgir le caractère des personnages dans sa seule rythmique.Ils parlent d’intensité dans le jeu.Du fait de ne jamais relâcher la tension, même quand on permet aux deux côtés de la scène de respirer un peu plus largement Du côté «sportif» de la pièce aussi, «une sorte de train qui t’emporte pendant une heure et demie», illustre Gaudette.De précision- pour que tout cela surgisse naturellement en suivant la rythmique des mots et des répliques.De partition, finalement Et de l’énergie fabuleuse que cela exige.et que cela donne.Out Attendez d’être enfermé dans le bunker.Le Devoir APRÈS LA FIN Texte de Dennis Kelly mis en scène par Maxime De-nommée avec Sophie Cadieux et Maxime Gaudette.Une production de La Manufacture présentée à La Licorne du 14 octobre au 22 novembre.JACQUES GRENIER LE DEVOIR Le metteur en scène Maxime Dénommée en compagnie du comédien Maxime Gaudette hM- M-f * + ' y » ?X' M+ïH ?m+x* x4*i N'.’ 1 I BRI* Ml \ rv laplacedesarts.com ^ U V 514 842 2112/1 866 842 2112 | |.; |)| \ ,|| |; Dansun lardin * •* .¦«>;» - 'u .¦¦¦: q x , I 4P* v y x ¦ y% v ^ '- i v**" .-V' * ¦ SOURCE FOX-WALDEN Dans City of Ember, l’humanité survit dans les entrailles de la Terre devenue inhabitable.De l’ombre à la lumière PROGRAMMATION J€l/N€tf £ SAISON 2 TJ-JEAN (WEZ IP> REVENANT Dimanche 19 octobre, 11 h Théâtre de marionnettes - 4 à 12 ans Adaptation libre du conte traditionnel russe La princesse Grenouille, ce spectacle raconte comment la célèbre marionnette Ti-Jean surmonte ses peurs et déjoue les plans d’une sorcière cruelle Un spectacle du Théâtre de Deux Mains présenté par la Place des Arts MlKloN SMUA PLANETE ALLIAGE Dimanche 26 octobre, 11 h Musique et théâtre - 3 à 12 ans 2084.Expédition sur la planète Alliage où de braves aventuriers devront réussir à communiquer avec ses habitants qui n’ont, semble-t-il, pas de cordes vocales ! Une coproduction des Jeunesses Musicales du Canada et de la Place des Arts ALAPIN UfTH MMlW Dimanche 2 novembre, 11 h Musique - 5 ans et plus Ce spectacle est une initiation et un voyage dans la culture arabe à travers des instruments, des sonorités et des récits qui évoquent l’harmonie et l’ouverture.Une coprésentation du Festival du Morrde Arabe de Montréal et de la Place des Arts CITY OF EMBER (v.F.: La Cité de l’ombre) Réalisation: Gil Kenan.Scénario: Caroline Thompson, d’après le livre de Jeanne Duprau.Avec Saoirse Ronan, Harry Treadaway, Bill Murray, Tim Robbins, Martin Landau, Toby Jones.Image: Xavier Perez Grobet Montage: Adam P Scott Musique: Andrew Lockington.Etats-Unis, 2008,95 min.ANDRÉ LAVOIE Ly avenir de l’homme reposerait-il sous ses pieds?’ Au plus fort de la guerre froide, les sous-sols des bungalows étaient parfois transformés en bunkers, bricolés par des papas préoccupés par la menace nucléaire qui pesait sur leur petit bonheur.L’auteur Jeanne Duprau a grandi dans cette ambiance paranoïaque, s’en inspirant plus tard pour écrire City of Ember, un roman évoquant le dernier refuge de l’humanité, caché dans les entrailles de la Terre devenue inhabitable.Cet univers glauque et étouffant est reproduit avec application par Gil Kenan, délaissant l’animation numérique (Monster House) mais pas encore les artifices du fantastique.Sous le regard protecteur de Tom Hanks, agissant ici à titre de producteur, il reconstruit ce petit monde à la fois familier et étrange: des allures de quartier misérable sorti tout droit d’un roman de Charles Dickens sous une constellation de lampes incandescentes remplaçant la lumière du jour, lumière que les habitants de cette forteresse souterraine n’ont pas vue depuis plus de 200 ans.Plusieurs ignorent toutefois que cet espace possède une date de péremption et au rythme où se multiplient les interruptions de courant la sortie de se- Orchestre Métropolitain du Grand Montréal Yannick Nézet-Séguin cours pourrait s’avérer utile.Or un maire cupide et vaniteux (Bill Murray) n’a pas l’intention de vendre la mèche, du moins à ses concitoyens, mais deux adolescents délurés, une messagère (Saoirse Ronan) et un employé des canalisations (Harry Treadaway) prennent les choses en main.La découverte d’un mystérieux coffret contenant peut-être le sésame de leur survie suscite d’ailleurs la méfiance de celui qui règne sur ce petit monde risquant à tout moment la grande et perpétuelle noirceur.Les préoccupations écologistes sont ici moins complexes que les détails du fameux Tournant vert de Stéphane Dion et elles se dissolvent dans la course effrénée des jeunes héros, entourés de figures adultes réduites trop souvent à des fonctions aussi précises que limitées.Le fait qu’elles soient interprétées par des acteurs de renom (dont Tim Robbins et un Martin Landau qui dort, littéralement, au gaz,.) donne une aura de prestige à un film d’abord et avant tout conçu comme un honnête divertissement familial.C’est sans doute pourquoi le scénario se garde bien de justifier ses multiples extravagances, comme la présence d’insectes géants sortis de nulle part Ces fantaisies affichent d’ailleurs une virtuosité variable, certaines se dévoilant avec un soin évident surtout ces imposants décors suintant la grisaille et l’ennui, tandis que d’autres relèvent du jeu vidéo à l’esthétique bâclée, telle cette course en canot sur une eau virtuelle pas très cristalline.Dans l’attente d’un autre Harry Potter, City of Ember, malgré des ambitions nettement plus modestes, saura faire patienter ceux et celles qui carburent aux univers fantasmagoriques.qu’ils souhaitent dominer, peu importe le moyen, magique ou pas.Collaborateur du Devoir Beethoven et Bizet symphonies en do Fabien Gabel chef invité Noémi Racine-Gaudreault violoniste Ludwig van Beethoven Symphonie n° 1 R, Murray Schafer The Darkly Splendid Earth: The Lonely Traveler Georges Bizet Symphonie nü 1 Lundi 20 octobre 2008,19 h 30 Théâtre Maisonneuve Conférence préconcert gratuite à 18 h 30 iuvmaiEU.n n&tmi, .wTw-irtipr*•%!¦ M (• S O L vil- NS.C O M i LE DEVOIR.LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 OCTOBRE 2 0 0 8 K 9 DE VISU EXPOSITIONS Quelques bémols et un doigt d’honneur Sympathy for the Devil, au Musée d’art contemporain, réunit les mille et une façons dont des artistes ont usé pour peindre le rock JÉRÔME DELGADO Loin de la musicalité des clips vidéo que le Musée d’art contemporain présente depuis trois étés.Loin même du fil musical sur lequel a évolué Andy Warhol, reproduit actuellement au Musée des beaux-arts.Les oreilles ne sont pas autant conviées par l’exposition Sympathy for the Devil.Que les fidèles de Mu-siquePhis en soient avertis.Entre le portrait historique, distant, et un regard sur une relation passionnelle, l’expo qu’inaugurait cette semaine le MAC repose sur une mince ligne, jamais tout à fait vénération, jamais entièrement critique.Les fans finis de Neil Young peuvent d’ailleurs repartir avec l’affiche What Would Neil Young Do?(œuvre de Jeremy Deller), alors que les musiciens en manque de riff ont accès à un studio d’enregistrement — l’installation Sam titre 1996 de Rirkrit Tîravanija, Que l’on ressasse que cette expo venue de Chicago survole les liens entre «art et rock and roll depuis 1967» et qu’on fasse si peu entendre les airs qui ont façonné l’imaginaire collectif, cela n’a rien de grave.Au contraire, c’est à saluer.Il ne faut pas non plus penser que Sympathy for the Devil recèle des Ron Wood (le batteur des Stones devenu peintre).Quand même! Malgré son titre, et tous les bémols qu’on pourra lui trouver, l’expo ne tombe pas dans ces bassesses commerciales.Trop sage Le majeur dressé dessiné par Daniel Guzman (l’encre Hand) — mais est-ce vraiment le majeur?—, parfaite représentation du côté rebelle du rock, le dit tout haut l’idée consiste à évoquer son esprit non pas ses figures.Il y a tout de même des musiques qui se laissent entendre, et ne serait-ce que celle qui accueille le visiteur — issue du film de Ronald Nameth Andy Warhol's Exploding Plastic Inevitable —, le tempo serait donné.Mais le meilleur de ce parcours ponctué de 130 œuvres repose davantage dans la réappropriation totale que dans le simple fétichisme et lorsque l’art se fait sonore, c’est sur un ton exploratoire plutôt qu’illustratif.L’installation vidéo Fiorucci Made Me Hardcore du Britannique Mark Leckey propose un retour sur le look (les looks!) et la place prépondérante du corps dans l'expérimentation du rock (des rocks).Le collage des séquences vidéo trouve certainement sa richesse dans la trame sonore qui en résulte, une fascinante ligne musicale qui évite toute mélodie.La musique se fait passablement abstraite, comme chez Slater Bradley qui s’en tient au riff de batterie d’une pièce de Led Zep.Elle va jusqu’à se taire, comme dans les bootlegs que ralentit Douglas Gordon.Tony Oursler, musicien à ses heures, profite, lui, de ses amitiés musicales.Son Sound Degressions in Seven Colors est un voyage acoustique et spatial en sept écrans, où des musiciens expérimentent toutes les possibilités de leurs instruments.S’il fallait un- chef-d’œuvre, le voici.Néanmoins, malgré cet esprit rebelle présent dans le bruit, voire dans le silence des salles, Sympathy for the Devil demeure trop sage.Et confuse.Pourtant, l’approche du commissaire Dominic Molon, conservateur au Museum of Contemporary Art of Chicago, se voulait simple, originale même.Le survol, spatial plutôt que temporel, fait succéder ce qu’il présente comme les principales scènes du mariage art-rock: New York, Royaume-Uni, Europe continentale, Midwest américain, côte Ouest nord-américaine et reste du monde (!).Cette division géographique, qui se défend fort bien dans le volumineux catalogue (plusieurs auteurs mis à contribution), demeure alambiquée dans un musée, du moins dans sa version montréalaise.Entre les artistes du Midwest et de la côte Ouest, quelle différence déjà?L’œuvre de Leckey, elle, se trouve dans la zone New York.Pourquoi?Manque d’espace, certainement Résultat la mise en place est déséquilibrée, l'accrochage, tricoté serré.Principales victimes, l’art de Pipè lotti Rist revisitant le vidéoclip manque d’air, alors que ceux d’artistes moins connus auraient gagné à être exclus, tant qu’à n’avoir qu’une œuvre exposée.Histoire du rock, regard thématique de l’art contemporain, histoire des rapports musique-visuel?Pas clair, ce à quoi veut en venir Sympathy for the Devil, tellement les liens qu’elle explore sont nom- JACQUES GRENIER LE DEVOIR The Byrds (Love in a Void), 2007, de Jim Lambie sur une autre œuvre du même artiste, intitulée Pinball Wizard.mm ¦fi FRONTIÈRES ÉMOUVANTES Exposition 29 octobre au 1er mars - Lectures les 23, 24 et 25 octobre 2008 ARCHITECTES + ROMANCIERS + COMÉDIENS Anick LaBissonnière + Hélène Monette + 23 octobre Annick Bergeron Éric Gauthier + Larry Tremblay + Sébastien Ricard et Ariel Ifergan Richard de la Riva + Serge Lamothe + 24 octobre Hélène Lolselle Jean-Pierre Chopin + Catherine Mavrikakis + Pascale Montpetit Marc Pape + Éric Dupont + 25 octobre Patrick Drolet Michel l.angevin + François Barcelo + Geneviève Brouillette \JtA t À MONOPOLI (514)868-6691 -www.goleriemonopoll.com Québec S «MNtMth u nmaii -a b- V .1 JACQUES GRENIER LE DEVOIR Disques 33 tours et pochettes récupérés par l’Américain Christian Marclay breux et donnent des résultats plastiques fort variés.Entre l’illustration, même dans le cas de la pochette de disque très audacieuse par son anonymat d’un Peter Sa-ville, et la matérialisation du son, comme le fait un Christian Marclay en récupérant, lui, disques et pochettes, on opte pour cette deuxième approche plus conceptuelle, visuellement plus intéressante.Plusieurs artistes sont, ou ont été, musiciens.Ce privilège, ou ce don, ne garantit pas à chaque coup un chef-d’œuvre: les collages de Bjorn Copeland, membre d’un groupe rock expérimental new-yorkais, ne cassent rien dans le genre, malgré leur teneur discordante.Un exemple parmi d’autres.On constate aussi, surtout, que la démonstration par territoires est une mascarade.Car au fond, si l’on se fie à l’ampleur des scènes new-yorkaise et britannique, c’est bien d’un art air glo-saxon qu’il s’agit La section européenne est coincée et ne fait que survoler les cousins germaniques.Le «reste du monde» se résume à un Mexicain (Guzman), à un collectif brésilien (assume vivid astro focus, présent dans plus d’une salle avec ses illustrations psychédéliques), à un Japonais (Yoshimoto Nara et ses dessins acides) et à un Thaïlandais (Tîravanija).A-t-on voulu parler de la force universelle du rock de ce colonialisme bien acceptable?Pas un mot comme à on ne l’assumait pas.Le doigt d’honneur de Daniel Guzman s’adresse peut-être bien à cette autorité musicale.Du moins, en tombant sur le vidéoclip cynique New York Groove de ce même Guzman (inclus dans un programme d’une heure en préambule à l’expo), on peut y voir un commentaire critique du rock.L’artiste transpose •cette chanson de Kiss dans un Mexico à portée de l’impérialisme, non sans humour et ridicule.Sympathy for the Devil, pour son ensemble, non.Pour quelques arrêts, oui.Remarquez que, pour plu- sieurs d’entre eux, il faut les trouver, tels l’imagerie punk de Raymond Pettibon ou le plan fixe de 40 minutes de Jay Heikes (une bougie qui brûle, réinterprétation vidéo d’une toile de Gerhard Richter reproduite sur un disque de Sonic Youth).Collaborateur du Devoir VERNISSAGE Du 12 octobre au 6 novembre GLEN NICOLL O A t F.R 1 E Linda Verge Galerie Espace Robert Poulin MARO 1 2.octobre CENT dès le 1 5 octobre 4844, boul.Saint-Laurent tél.910-8906 www.espacerobertpoulin.com PICK-UP STATIONNÉ DANS LA RUELLE Encaustique sur toite 92 x 122 cm u A I TCDA ruanÀ ALTÉRATIONS Quartier I._ Galerie d’art r Litre VERNISSAGE s VENDREDI LE 17 OCTOBRE À17H30 EN PRESENCE DE L'ARTISTE.Jusqu'au dimanche 9 novembre au 4289 rue Notre-Dame Ouest à Montréal (Métro Place Saint-Henri).Du mercredi au vendredi de 12h à 18h et les samedis el dimanches de 12h à 17h.Renseignements : 514-933-0101 ouwww.quartierlibregalerie.com «»/ / WM Musée d’art de Joliette Automne Diane Landry Les défibrillateurs 21 September 2008 - 4 janvier 2009 Terrier hxpc.smnn tvahnv et.mise- .n circulation par In Oakville Gallcric* 21 September 2008 - 4 janvier 2009 Adrian Norvid Mitra Mur 21 September 2008 - 3 mai 2009 i-r L Tiniii Musée d’art de joliette MS, rue du Pér^-Wllfrid Corlwll Joliette (Québec) CANADA 4S0 750 0311 www.museejoliette.ory Du mardi au dlnwiKhe, 12 h A 17 It Ê."traita f I 0 î I f I 1049, AVENUE DES ÉRABLES QUÉBEC (418) 525-8393 www.gattrielindavergc.ca WARHOL LIVE 25 SEPI - )8 JANV LA MUSIQÔfe ET LA DANSE DANS L'ŒUVRE DANDY WARHOL MUSÉE DBS BEAUX-ARTS DE MONTRÉAL AIR CANADA ® PAVILLON JEAN NOËL DESMARAIS NOUVEAU ! VISITES COMMENTÉES AVEC GUIDE MAINTENANT Ôf-FERTES SUR SYSTÈME D'ÉCOUTE PERSONNALISÉE.INFORMATION: 514 285 2000 / 1 800-899 MUSE CETTE EXPOSITION EST ORGANISÉE PAR LE MUSÉE DES BEAUX ARTS DE MONTRÉAL EN PARTENARIAT AVEC LE ANDY WARHOL MUSEUM, L UN DES QUATRE CARNEGIE MUSEUMS DE PITTSBURGH ANDY WARHÜLf 1928 1987), DEBBIC HAflflK(DÉIAIL).1980.ACHYlinUt fcl ENCRE A SÉRIGRAPHIE SUR TOIli DE UN.108.7 X108,?CM THE ANDY WARHOJi MUSEUM.PITTSBURGH POUNDING COLLECTION CONTRIBUTION THE ANDY WARHOl FOUNDATION POR THE VI8UAI ARTS INI t THE ANDY WARHOl FOUNDATION FOR THE VISUAL ARTS.INC \ (A V E 10 LE DEVOIR.LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 OCTOBRE 2008 À lire entre les lignes Marquées par le pliage et l’action répétitive, entretiennent un rapport intime avec la vie les œuvres de Jérôme Fortin Vue de l’exposition Autoportraits, de Jérôme Fortin, à la galerie Pierre-François Ouellette art contemporain SOURCE GALERIE PIERRE-FRANÇOIS OUELLETTE ART CONTEMPORAIN AUTOPORTRAITS Jérôme Fortin Galerie Pierre-François Ouellette art contemporain 372, rue Sainte-Catherine, espace 216 jusqu’au 17 octobre MARIE-ÈVE CHARRON Le plus récent travail de Jérôme Fortin à la gale rie Pierre-François Ouellette donne à voir trois autoportraits.Avec le genre de l’autoportrait qu’il emprunte ici pour la première fois, l’artiste ne cherche pas à se représenter explicitement II préfère, et de loin, un mode allusif tout entier contenu dans sa méthode de travail qui consiste à plier et à coller des papiers pour en faire de souples rubans.Chaque autoportrait est campé au moyen de ces bandes de papier qui pendent mollement sur une tige de bambou faisant office de support Les trois dispositifs, distribués dans l’espace pour que le spectateur en face le tour, n’ont pour référence à la figure humaine que la verticalité.L’absence même du corps, de la personne de l’artiste, se fait par ailleurs sentir à travers les rubans de papier, dont l’ensemble évoque une dépouille ou un vêtement qui aurait été abandonné., Tout comme pour la série des Écrans présentée en 2007 au Musée d’art contemporain de Montréal (MACM), exposition faite de neuf collages in situ imposants, Jérôme Fortin a utilisé des papiers de sources diverses.Ici, toutefois, la notion d’autoportrait rattache ces matériaux de base à une donnée biographique.La première œuvre qui ouvre l'exposition, par exemple, entasse les papiers trouvés à Tokyo, là où l'artiste est allé à quelques reprises et où il a fait une résidence de création l’automne dernier.L’œuvre s’alimente du substrat déniché lors de ce séjour, en transpose le dépaysement culturel à travers une pano-plie de couleurs bigarrées, une profusion de motifs et de symboles au demeurant complètement illisibles.La surcharge d’informations nouvelles semble avoir marqué l’artiste lors de cette résidence; la fascination pour cette décharge visuelle, tout autant.La référence nippo-ne se traduit également dans l’accrochage de l’œuvre, qui rappelle les dispositifs de présentation, muséale et commerciale, de kimonos.Tissés donc de multiples références, les autoportraits exposent le sujet tout en demi-teintes.L’Autoportrait «° 3 est fait de multiples plans de villes, ramassés au fil des voyages et des séjours à l’étranger.Détournés de leur fonction première, ces plans sont pris en compte ici pour leur charge affective, pour les souvenirs et les pans de vie qu’ils rappellent.Chaque bande renvoie ainsi à des expériences personnelles, mais comme le suggère le pliage du papier qui rend inaccessible une par- tie de l’information, l’artiste n’a nullement l’intention d’en foire le récit Le dernier autoportrait se présente comme une opposition d’ombre et de lumière.Sur les dessus, les bandes donnent à voir du papier blanc parcouru de portées musicales encore vierges tandis que le noir domine en dessous.On peut y voir une référence à la manière de travailler de l’artiste, laquelle, suivant le témoignage de Jean-Eric Riopel dans le catalogue du MACM, est souvent en période nocturne et accompagnée de musique minimaliste.Moins tournée vers le passé, cette œuvre semble regarder vers l’avenir, indiquer le champ des possibles encore ouvert.Toujours aussi liées au passage du temps, à la durée marquée par le pliage et l’action répétitive, les œuvres de Fortin, comme le rap- _ pelle aussi dans la petite salle du fond une sélection de collages et une estampe, entretiennent un rapport intime avec la vie.C’est pourquoi sans doute, malgré leur présence physique imposante, ces autoportraits de Jérôme Fortin admettent une certaine fragilité parfois troublante.Collaboratrice du Devoir ?YELLOW, 2008, HUILE SUR TOILE, 122 X 147 CM ZHANG HE 16 OCT.- 2 NOV.VERNISSAGE JEUDI LE 16 OCT.17HÀ20H GALERIE D'ESTE 1329, AVENUE GREENE WESTMOUNT, QC T.514.846.1515 WWW.GALERIEDESTE.COM FRANCE JODOIN Vernissage Jeudi le 15 octobre 17h00 à 20h00 BEAUX-ARTS DES AMÉRIQUES COtUNS 16FLBVfte SIONEBERGER - 4928 rue Sherbrooke O.-Montréal, QC 514,481.2111 l’exposition poursuivra jusqu’au 15 novembre www.collin$iefëbvrestonebei'ger.com r-;-ç Time writes no wrinkles (détail) huile sur toile de lin 152 x 137cm Participez à une exposition complètement Interactive ! 17 OCTOBRE 2008 15 FÉVRIER 2009 .I TrAW^nTITKN CK 4p Ridlo Canada Canada 380, promenade Susse», Ottawa 1-800-319-ARTS www.beaux-art8.ca/flagrant Musée des beau«-»m du Canada AGRANT L I
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