Le devoir, 11 septembre 2004, Cahier E
LE DEVOIR.LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 SEPTEMBRE 2 0 01 THÉÂTRE Comme à la télé, tiens! Page E 3 DE VISU Espaces sans qualités Page E 6 ¦ JACQUES DUFRESNE YOUSEF KARSH automne Il y a cent ans naissait Max Stern.Ce personnage est un de ceux qui, au pays, ont le plus contribué à l’essor de la modernité picturale grâce à leur amour des arts.Max Stern était de cette trempe d’hommes qui n’ont pas peur de se frotter à de nouvelles idées, voire à de nouveaux idéaux.Et la place qu’il occupe, à partir de 1947, dans le commerce à Montréal n’atténue pas l’ardeur de ce vif défenseur des arts plastiques.BERNARD LAMARCHE automne montréalais place le professeur Max Stem sous les feux de la rampe.Deux hauts lieux de diffusion des arts rendent un hommage plus que mérité à cet homme, dont la feuille de route brille par une éloquence qui n’a d’égale que le sens de l’action.La galerie Leonard & Bina Ellen de l’université Concordia et le Musée des beaux-arts de Montréal, qui ont largement profité du mécénat de Stem, consacrent leurs cimaises à rappeler aux gens combien grande a été l’œuvre, tant sur le plan du commerce que de la philanthropie, de cet homme.Stem a une longue feuille de route.Né en 1904 à Müchengladbach, en Allemagne, Max Stem est plongé très tôt dans le monde des arts.Son père, Julius, dirige une galerie d’art à Düsseldorf.Stern fils s’oriente vers l’histoire de l’art, étudie en Angleterre et en France et devient, en obtenant un doctorat, le Dr Max Stem.Juif allemand, il a connu les affres d’exils répétés.D ne succédera pas à son père à la direction de la galerie familiale, fuyant la montée de l’antisémitisme en Allemagne, n se retrouve à Londres, tente d’y ouvrir une galerie, mais doit bientôt quitter son pays d’accueil.Dépossédé de ses biens, le Dr Stern débarque à Montréal en 1941, après presque deux années d’internement d’abord à proximité de Fredericton, puis à Farnham, au Québec.À Montréal, il rencontre quelques mois plus tard Rose Millman, qui a inauguré peu de temps auparavant, au 1448, rue Sainte-Catherine Ouest, une toute petite galerie, la Dominion Gallery of Fine Arts.La collaboration sera fructueuse.En 1943, Stern devient le directeur de la Galerie Dominion.Malgré une grande place accordée à l’académisme et aux tableaux de maîtres européens, la Galerie Dominion fait le pari de soutenir «l’art vivant» canadien.Maurice Gagnon, le critique et historien d’art, qui connaît Pellan et Borduas, devient notamment le principal conseiller de Stem., L’année 1943 sera tout simplement fabuleuse.Cette année-là, Paul-Émile Borduas expose pour la première fois ses œuvres dans une galerie commerciale: c’est aux cimaises de la Galerie Dominion qu’il suspend une trentaine d’huiles.C’est en 1943 également que Fernand Léger présente à la Galerie Dominion une vingtaine d’œuvres.Léger assiste même au vernissage.L’histoire de la galerie est marquée de ces expositions dont les historiens témoignent encore.Jean-Paul Mousseau y expose.Le Groupe des Sept y fait escale, tout comme la Société d’art contemporain, qui comprend, parmi ses membres, Léon Bellefleur, Paul-Emile Borduas, Charles Daudeün, Louise Gadbois, Pierre Gauvreau, John Lyman, Louis Muhlstock, Goodridge Roberts et Jacques deTonnancour.L’année suivante, le D’ Stern fait l’acquisition des plusieurs centaines d’œuvres d’Emily Carr, alors âgée de 73 ans.D s’agit encore une fois de la première exposition en contexte commercial de cette artiste associée à l’histoire de l’art canadien.L’aventure se solde par un grand succès, puisque 54 des 60 œuvres présentées trouvent preneur.La galerie devient une véritable institution où se côtoient des noms d’importance.En 1947, la Galerie Dominion est rachetée par le Dr Stern et son épouse Iris.La galerie déménage alors rue Sherbrooke Ouest, au numéro civique 1438, là où le public et les collectionneurs l’ont connue des années durant En 1967, l’année de l’exposition universelle de Montréal, la Galerie Dominion a présenté le plus grand regroupement d’œuvres de Gustave Rodin, hors le Musée Rodin de Paris, soit 74 pièces.Le marchand achète la statue de Jean d’Aire, du groupe Les Bourgeois de Calais, et la fait installer devant sa galerie, sur la rue même, pour le plus grand plaisir des passants.La sculpture, qui appartient aujourd’hui au Musée d’art contemporain de Montréal (MACM), est désormais installée sim le parvis du Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM).La Fondation .Stern a aidé le MBAM à achever le jardin des sculptures que l’on retrouve aujourd'hui le long de l’ancien pavillon du musée.VOIR PAGE E 2 :STERN ni MONTREAI L'Automne au Jardin tous les jours de 9 h à 21 h wm La Femme céleste •Animation théâtrale et musicale Jardin des Premières-Nations 7 au 31 octobre La Magie Le Grand Bal des lanternes des citrouilles 10 septembre au 31 octobre 7 au 31 octobre r- Jardin botanique de Montréal 4101, rue Sherbrooke Est 514 • 872 • 1400 Programmation complète : www.ville.montreal.qc.ca/jardin Partenaire officiel •i /- CLARICA Direction des institutions scientifiques Montréal i 4 1729999 LE DEVOIR, LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 SEPTEMBRE 2004 Culture STERN SUITE DE LA PAGE E 1 Le I> Stern n’a laissé aucune des-cendance.A sa mort, on découvre alors qu’il a mis en place une fondation qui assure l’existence de sa galerie.Prodigieuse, la collection personnelle du D' Stern est évaluée à 10 millions de dollars.Le Musée des beaux-arts de Montréal et le Musée d’art contemporain en ont reçu la plus grande part en doa Les deux institutions ont pu prendre possession des tableaux qu’elles jugeaient susceptibles de servir leurs collections respectives et elles ont pu bénéficier de l’usufruit de la vente des autres tableaux.Conformément aux dernières volontés du D'Stem, l’inventaire de quelque 2000 œuvres de la galerie a été liquidé au profit de trois uni- versités: McGill, Concordia et l’Université hébraïque de Jérusalem.Treize ans après la mort de Stem, survenue à Paris en 1987, l’université McGill avait ainsi tiré onze millions des activités de la galerie.Les liquidateurs de sa succession ont créé The Max and Iris Stern Museums Legacy Program, administré par l’université McGill, une structure chargée de coordonner les multiples expositions et événements commémoratifs dédiés à la personne du D'Stem.L’université a même mis sur pied, à l’été 2002, un projet commun avec le MACM et le MBAM pour souligner la contribution du couple de collectionneurs à la ville.Plus tôt cette année, la Galerie Leonard & Bina Ellen a nommé le premier conservateur Max Stem et créé le Fonds Iris Westerberg Stem.Le MACM, de son côté, fidèle aux activités scientifiques qui caractérisent linstitution depuis 1994, proposera au printemps le premier Colloque international Max-et-Iris-Stern.D faut noter au passage que la collection de l’institution de la rue Sainte-Catherine a été enrichie, depuis sa création en 1964, de 86 dons de Max Stem, pour la plupart importants.En avril 2004, le MACM tirait avantage d’un don de 250 000 $ de la Fondation Max-Stem, constituant un fonds de dotation pour l’organisation des futurs colloques.Jusqu’au 9 octobre prochain, la galerie Concordia présente Max Stem: le goût d’un marchand.L’exposition, dont l’accrochage a été confié à Michel Moreault, qui fut pendant plus de vingt ans le collaborateur de Stem à la Galerie Dominion, rassemble des œuvres provenant de collections canadiennes particulières.Une cinquantaine de tableaux rares s’y trouvent Au MABM, on a pour ainsi dire reconstitué une sorte de musée imaginaire de Stern.De plus grands formats, mieux adaptes aux grandes cimaises des institutions muséales, sont accrochés: tous ont été légués aux musées par Stem.Divers documents historiques sont aussi présentés.Ds proviennent du Fonds Max-Stern du Musée des beaux-arts du Canada.Dans le magnifique catalogue qui accompagne cette double présentation, l’historien de l’art François-Marc Gagnon souligne que le goût de Max Stem aura été de facture classique avant tout l’importance est donnée à la forme plutôt qu’au contenu, à la bonne composition ainsi qu’à l’harmonie des couleurs.Les œuvres qu’a côtoyées Stem donnent de la beauté une vision consacrée.Et il faut bien donner raison à François-Marc Gagnon, ce qui revient à dire qu’il y a dans ces expositions beaucoup à voir.Le Devoir * sa La Galerie Dominion, rue Sherbrooke.___ SOURCE MBAM MUSIQUE R G E N T E Le feu sacré DAVID CANTIN Dans la lignée d’une pop franchement astucieuse et insoumise, The Arcade Fire attire les regards depuis plusieurs mois sur la scène locale.Dès mardi, le public pourra enfin entendre le somp>-tueux Funeral, qui laisse libre cours à l’une des jeunes formations montréalaises les plus prometteuses.Avant de partir pour une longue tournée un peu partout en Amérique du Nord, Win Butler et Régine Chassagne ont bien voulu causer à propos du groupe et de ce premier album absolument remarquable.ORGUE COULEURS festival 'automne Montréal 24 septembre 3 octobre 2004 concerts DU soir de zohoo ww w.org ueetcouleu rs.com vendredi 24 Romantisme extrême Orchestre Métropolitain du Grand Montréal et Yannick Nézet-Séguin samedi 25 Eclats sonores {» Orgue, cuivres et percussions dimanche 26 Casavant Frères, 125 ans ! Avec 4 organistes r lundi 27 Aventure d'un soir ü’" j Match d'impro Orgue-Théâtre ^ Kz»é mardi 2 8 Montréal 1734- chez les EJrsulines, Musique en Nouvelle-France : chant, orgue et narration mercredi 2 9 Sacré soirée ! Musiques contemplatives : chœur et instruments jeudi 30 Singulières rencontres Accordéon, percussions et orgue de sirènes! vendredi Ier Souffles baroques Voix, hautbois et orgue samedi 2 Tourbillon de fête Fanfare Pourpour et invités dimanche 3 Un après-midi au Château Trois clavecins au Château En plus.2 Matins qui chantent, 2 Midis à la carte, et autres activités spéciales.Consulter la programmation en ligne.BILLETTERIE (Visa, MasterCard) en ligne: www.orgueetcouleurs.com par téléphone (lundi au vendredi.10 h à 16 h) : 514-872-7727 QuébecSS canadien Heritage Montréal £ CONSEIL BIS ARTS Di MONTRtAt ICI3T44H Radio-concerts Constantinople et Françoise Atlan Chants mystiques AN Deuxgrands musiciens canadiens, trois chefs-d'œuvre, un récital mémorable: Olivier Thouin et Anton Kuerti interprètent des oeuvres de Schubert, Beethoven et Franck.Un rendez-vous au sommet à ne pas manquer! ^ jUIHIHCLCI iic yjal iffiÏRTI lundi 20 septembre, 20 h j|; ESPACE MUSIQUE Salle pierre-mercure CENTRE PIERRE-PÉLADEAU partenaire institutionnel UQÀM 300 De Maisonneuve Est, Montréal Métro Berri-UQAM www.centrepierrepeladeau.com billetterie: 514 987.6919 Il DEVOIR Québec SS CanadS Montréal £ Marie-Nicole Lemieux en récital Mirages mardi 23 novembre 20 h Paul Kunigis et Jeszcze Raz La fête des lumières lundi 13 décembre 20 h Polaris Soleil de minuit Les Cordes romantiques Souvenir de Florence Measha Brueggergosman en récital Le retour de la lauréate lundi 25 avril 20 h Depuis plus d’un an, The Arcade Fire doit affronter toute une gamme d’émotions.D y a eu d’abord le mariage de Win et Régine, mais aussi le décès de nombreux proches parmi les membres de ce quintette du Mile End.Malgré son titre assez sombre, Funeral n’a pourtant rien du disque funèbre.Au contraire, apaisantes et réconfortantes, ces nouvelles pièces viennent traduire un engouement irrésistible pour la vie elle-même.A l’autre bout du fil, le couple ne cherche guère à rationaliser un processus d’écriture qui échappe à une définition plutôt stricte de la pop anglophone.«On fonctionne beaucoup par instincts, mentionne d’abord Régine.En l’espace d’un an, nous avons écrit de nombreuses chansons sans trop nous soucier d’une démarche artistique précise.La complicité entre Win et moi a, sans doute, beaucoup à voir avec ce rock étrangement mélodique que l’on finit par obtenir.Les autres membres ajoutent aussi beau- Récital D’Orgue Organiste JONATHAN OLDENGARM Chapelle des Frères Maristes 14, Chemin des Patriotes Est St-Jean-sui-Richelieu (Iberville) (autoroutes 10 et 35) Dimanche le 12 septembre à 20h 00 fârE*trit litre ¦ Projection mr écrou coup au son du groupe.Cest peut-être curieux à dire, mais nos influences vont de Arvo Part à The Cure.» Avec des extraits aussi révélateurs que Une année sans lumière et Crown Of Love, ce premier album fascine dans sa manière de brouiller les pistes grâce à la voix plaintive de Win ou encore à cette façon de surprendre à tout moment Une autre étape Aussi talentueux que ses complices montréalais The Unicorns ou Wolf Parade, The Arcade Fire est désormais passé à une autre étape de sa carrière en signant avec la réputée étiquette Merge Records (qui compte parmi ses rangs des noms tels Lou Barlow, American Music Club et Crooked Fingers).Mais pourquoi donc avoir choisi une étiquette américaine, alors que la scène locale compte sur des infrastructures aussi solides que Constellation ou AlienS?Selon Win, «il s’agissait uniquement de choisir les gens avec qui on était le plus confortable.Bien sûr, on respecte beaucoup l’intégrité d’un label comme Constellation.À mon humble avis, on ne tourne pas le dos à personne en signant avec Merge.» Du coup, on signale à l’un des frères Butler que Sub Pop (la très populaire étiquette de Seattle) vient tout juste de mettre sous contrat Wolf Parade.Est-ce un signe positif pour la scène indépendante montréalaise?•C’est simplement une coïncidence, réplique le chanteur et guitariste.L’ancien groupe de Dan [Atlas Strategie] était déjà sur Sub Pop.De toute façon.Dan [chanteur et guitariste de Wolf Parade] est l’un des auteurs-compositeurs les plus talentueux que j’ai eu la chance de rencontrer.H n’y a rien de négatif derrière un tel geste.» Pour revenir à la musique, on tente d’en connaître davantage sur le processus d’enregistrement de Funeral.Comme l’indique Régine, «les conseils d’Ho-ward [Bilerman] ont été décisifs en studio.Contrairement à notre démo autoproduit [un groupe éponyme de sept pièces], l’expérimentation était beaucoup moins naïve sur cet album.L’apport de musiciennes telles Sophie Trudeau, Jessica Moss ou Gen Heistek a aussi été très bénéfique.H ne fallait surtout pas perdre la spontanéité des séances et des revirements inattendus en studio.Par ailleurs, Funeral propose un ensemble de chansons assez éclectique.» Toujours sur cette lancée, on demande à Chassagne pourquoi le groupe n’a pas repris des pièces aussi fortes que No Cars Go ou Old Flame! «On ne souhaitait présenter que du nouveau matériel.On a même composé Rebellion (Lies) lois de l’enregistrement de l’album.De plus, je ne crois pas que les chansons du EP auraient été pertinentes sur funeral Cest une autre ambiance.» A son tour, Win poursuit en soulignant que «quelques-unes des pièces plus anciennes se retrouveront peut-être sur un prochain disque.Pour l’instant, on pré/ère se concentrer sur nos plus récentes compositions.» D’ailleurs, il est même très possible que The Arcade Pire retourne en studio avant de partir en tournée.Pour l’instant, le groupe répète en vue d’une longue tournée au Canada de même qu’aux Etats-Unis.Un spectacle aura lieu à Montréal le 25 septembre, à l’église communautaire du Centre-ville (2085, rue Drummond).Un endroit idéal afin d’apprécier la pop divine de cette formation qui risque d’aller très loia FUNERAL The Arcade Fire (Merge Records) ____________ET SON INSPIRATION_______________________ RICHARD WAGNER LES MAÎTRES CHANTEURS DE N U R E M B E RG O U VE RTU R E GUSTAV MAHLER SYMPHONIE N° 5 YANNICK NÉZET-SÉGUIN, CHEF LE LUNDI 13 SEPTEMBRE À 19 H 30 , CONFÈRENCE PRÉ CONCERT GRATUITE À 18 H 30 'D : Salle Wilfrid Pelletier Plaro des Arts f»Â*J 514 842.21 12 1 866 842.21 12 www.pda.qc.ca Rese v,i Arimissioiv^u 790.T?45 Orchestre Métropolitain du Grand Montreal Yannick Nézet-Séguin liiKimicrc V- Sun l.iû* Québec lin Li I n:\iiii; Abonnez-vous! süsss™ 4 LE DEVOIR.LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 S E 1’ T E M B R E 2 0 01 E 3 Culture THÉÂTRE Comme à la télé, tiens ! Le Théâtre de la Banquette Arrière s’amène à La Licorne avec le déroutant Betty à la plage, de Christopher Durang Jusqu’où peut-on aller?Est-ce qu’on peut tout montrer?La dynamique regardant-regardé n’a pas seulement cours dans les émissions de télé-réalité.Elle déborde déjà sur l’information spectacle et sur des records de fréquentation pour les sites Internet montrant les décapitations d’otages en Irak.Mais, au théâtre, le divertissement peut-il laisser place à l’horreur?MICHEL BÉLAIR Cf est une sorte de sitcom tout croche.Une parodie de sitcom, plutôt En surface, c’est tout léger, du moins pendant la première partie du spectacle.Drôle.Cru.Dérangeant, malgré le côté caricatural des personnages — on n’oubliera pas de sitôt l’exhibitionniste avec son imper et ses baskets.Et puis tout à coup ça «dure», comme on dit dans les chaumières les soirs d’orage.Même que tout dérape totalement.On entend des rires qui tombent du plafond, puis des voix.Des «entités» surgissent des murs.On coupe des têtes.Des pénis aussi.Un délire gore dégoulinant d’hémoglobine, quoi! Comme à la télé, tous les soirs ou presque.Tout ça alors que Judy et Betty pensaient se farcir des vacances tranquilles à la plage! Heureusement, Betty parviendra à s’en sortir.Pour les specta-teurs, c’est autre chose.Des «voix» Sophie Cadieux et Patrice Dubois réussissent à parler de Betty à la plage avec une certaine distance que je leur envie: j’ai terminé la lecture de la pièce de Christopher Durang à peine 30 minutes avant l’entrevue et je suis encore sous le choc.Lessivé.Mal dans ma peau.Attablés dans un petit resta du boulevard Saint-Laurent, nous parlons d’abord de la chance qu’a la Banquette Arrière, une toute petite compagnie formée par des finissants de l’École nationale, de jouer à La Licorne.De sa minuscule scène aussi, qui, à certains moments, sera envahie par près d’une dizaine de comédiens.Puis de la folie d’y monter ce truc absolument néo-rococo qui dégouline de tous côtés.«Ça influence le style de jeu, c'est sûr», commente Sophie Cadieux, qui a triomphé là, l’an dernier,-dans l’unique rôle de Cette fille-là.«Et ça permet une confrontation directe avec les spectateurs.» Le metteur en scène Patrice Dubois poursuit dans le même sens: «Cela va tout à fait dans la direction souhaitée par l 'auteur: Durang raconte qu’il a voulu dénoncer la ‘'tabloïdisation” de la société américaine.» Pas moyen d’y échapper, donc; vous aussi vous en prendrez plein la gueule.Et cette confrontation directe prendra quelle forme?«Elle est inscrite dans la structure même de la pièce, reprend Patrice Dubois.Dans ces rires d’abord, qui viennent de nulle part, puis dans les “voix”.» Ces fameuses «voix» qu’on entend commenter puis influencer directement ce qui se déroule sur la scène, elles résonnent comme un écho de notre monde sans conscience et sans morale.«Elles tiennent les ficelles, elles portent le propos de la pièce», dira Dubois.Au début, d’ailleurs, ce sont plutôt des rires qu’entendent les personnages — et les spectateurs, bien sûr.Des rires «en canne», comme on dit.Faux.Qui surgissent au détour des répliques, souvent drôles, il faut l’avouer.Et souvent au bon moment.De sorte ^5 Patrice Dubois et Sophie Cadieux dans le décor de Betty à la plage.que s’établit une sorte de complicité entre le public et les rires enregistrés puisqu’on rit avec eux.Lorsqu’aux rires se mêleront les «voix», le mal est fait: pendant un .bon moment, il n’y aura pas de rupture entre le «chœur des voix» et le public dans la salle.Même combat1 Responsabilisation Mais quand même pas.Parce que tout dérape dans ce troublant portrait de la réalité nord-américaine, on vous l'a déjà dit.Et que les «voix» en sont pour une bonne partie «responsables».Le grand mot est lâché: responsabilité.La conversation roulera longtemps là-dessus, avec de fertiles détours du côté du jeu, de la télé-réalité et de l’absence de véritables rapports entre les gens.Sophie Cadieux et Patrice Dubois, qui travaillent sur ce projet de- puis deux ans — en ateliers de traduction d’abord, puis en travail intense, en résidence dans une Maison de la culture —, racontent qu'à l’époque les reality shorn n’avaient pas encore envahi les réseaux de télévision.Et que, depuis, on en est venu, à force de repousser notre seuil de tolérance devant les atrocités quotidiennes avec lesquelles les médias mettent du beurre sur leurs JACQUKS GRENIER LE DEVOIR épinards, à se laisser envahir.À s'habituer à l’horreur.L’horreur, monnaie courante.Au jour le jour.Banale.Leur travail sur le texte et sur la façon de le rendre sur scène s’est évidemment inscrit dans cette «évolution des mentalités».Dubois soulignera que «le théâtre comme la télé fonctionnent à partir d’écritures codées qui amplifient le propos et qui font qu’on s’habitue à en voir toujours plus.La question est de savoir jusqu’à quel point.» Et Sophie Cadieux rajoutera que Betty vient en quelque sorte «tester les limites du public en nous responsabilisant devant ces réflexes de spectateurs».Sans compter «l’effet de parodie».Celui qui fait qu'on délègue presque ses expériences de vie aux acteurs de sitcom auxquels on s'identifie, spectateurs à temps plein de nos propres vies pas même vé eues.Parodie de la vraie vie à tra vers les téléromans.Parodie de la justice aussi à travers tousles Court-TV Au monde.Parodie des rapports vrais entre les gens.Bon.On se calme.Reste qu’il faudra amorcer un jour une réflexion commune là-dessus.Et qu’un petit détour du côté de In licorne et de Betty à la plage pourrait vous y entraîner plus tôt que vous ne le pensiez.Parce que, concrète-ment, que ferez-vous dans cette salle minuscule si votre voisin de droite continue à rire quand les têtes commenceront à tomber?Le Devoir BETTY À LA PLAGE De Christopher Durang, dans une mist1 en scène de Patrice Dubois.Une production du Théâtre de la Banquette Arrière diffusée à In Licorne, du 14 septembre au 9 octobre.ESPACE GO VOUS OFFRE SES 25 ANS GO est issu du Théâtre Expérimental des Femmes (1979) 9,15 et 16 septembrël « Vous aimez le théâtre ?même si vous ne l’aimez pas, courez voir Mille feuilles.» voir !5jeprise « On s'incline devant tant d’humour et d’intelligence réunis.» Désautels, Radio-Canada « Tchekov est là, sous l’acide.C’est drôle i hurler.» La Presse « Les pointes enrobées d'humour atteignent leur cible.(.) amusant et intelligent.» Le Devoir Texte PIERRE-MICHEL TREMBLAY Mise en scène MJUrroi FAUCHER assisté de Radia Bélutyrr Avec CHRISTUM BÉGIN, MARIE CHARLEBOIS, PATRICE COQUEREAU, PIER PIQUETTE et ISABELLE VINCENT Concepteurs : Jonas Veroff Bonchaid, Mate Smécal, Etienne Boncher, Stéfan Boucher ét Suzanne Trépanier Une coproduction des Éternels Nfistei et du Théâtre d’Rijowd’hni I /-shwi 1 Théâtre d'Aujourd'hui Ej QPeEïbK « LE DEVOIR î*».nit Saint-Denis ( 9 Sherbrooke) Montrai (Otiéb«) H2W 2M2 1^ Informations et réservations (514) www.t heat red aujourdhu i.qc.ca 282-3900 Pour 21 $ par spectacle, procurez-vous un FORFAIT GO pour 3 spectacles et plus et obtenez une foule d'avantages.Ajoutez des spectacles à votre FORFAIT GO, toujours à ai $, durant toute la saison, selon vos désirs et vos disponibilités THÉÂTRE ESPACE GO SAISON 200ZJ 2005 MIT{Mill Df SAISON ÉLEKTRA De Hugo von Hofmannsttwl Mbe en scène de Lun' Mrtiet Une produdon du Théâtre de t’Opsto Du 12 ottobre au 6 novembre 2004 CÉRÉMONIALS Mise en scène et conception de UitgKte Puujvui Une production de Transthéltr» Du 30 novembre au 18 défentbre 2003 uft a in r* tr* HOIviiyiES GERTRUDE [LE CRI) De Mwraid BfltJter liadurtlor histoire du fœtus nous est ' racontée par Richard Martel, performeur québécois de renommée internationale, au beau milieu d’une entrevue particulièrement décousue.Véritable sommité dans le milieu de ce qu’ils appellent tous la «perf».Martel organise tous les deux ans un grand événement de performance auquel il convie des confrères des quatre coins de la planète (Pays de Galles, Taïwan, Hongrie, Japon, Philippines, Bélarus, Indonésie, etc.).; Dans le lot, on retrouve Los Tbrreznos, duo espagnol dont Martel évoque avec enthousiasme une performance passée: «C’est 35 minutes de perf.Chacun est assis sur une chaise et ils comptent toutes les secondes.Au bout de 20 minutes, ils sont épuisés, ils suent.Ça prend une telle précision pour les dire exactement en même temps, de façon régulière.Y a un beat qui finit par apparaître, ça produit une rythmique.C’est très conceptuel, physique, humaniste.Je trouve ça complètement génial!» Le même soir qu’eux, on pourra voir la famille Kantor, dont le père, Istvan, a reçu cette année le Prix en arts visuels du gouverneur général du Canada, ce qui a déclenché un véritable scandale au Canada anglais.Kantor a été banni à vie du Musée des beaux-arts du Canada en 1991, après avoir lancé des fioles de son propre sang sur les murs.L’une d’elles avait éclaboussé une toile de Picasso.A Québec, il «perfor-mera» notamment avec ses trois enfants âgés de sept à 12 ans.«C’est violent, commente Martel, DE Didier Lucien Stéphane Crête AVEC Didier Lucien Stéphane Crête Guillermina Kerwin CONCEPTION Louis Hudon Stéphane Lafontaine Caroline Ross UNI PRODUCTION DU Nouveau Théâtre Expérimental www.nte.qc.ca (Mï'u’oifilfif/ DU 7 AU 25 SEPTEMBRE 2004 DU MARDI AU SAMEDI À zoH 30 À ESPACE LIBRE 1945 FULLUM MÉTRO FRONTENAC RÉSERVATION (514) 52I-419I i AiVAçcicai* I.k Devoir mais à cause de la présence des enfants, ça devient autre chose.» Un autre tabou qui tombe.À mi-chemin entre les arts visuels et le théâtre, tout près de la danse, les performeurs se servent de leurs corps pour produire des œuvres souvent provocantes, voire dégueulasses.Des exemples?En 1972, Stuart Brisley s’est laissé macérer pendant des jours dans une baignoire pleine d’eau sale et de déchets.A la même époque, un certain Vito Acconci s’est masturbé devant public jusqu’à l’épuisement.Un autre performeur au nom prédestiné, Chris Burden, s’est blessé au bras après avoir demandé lors d’une performance qu’on tire sur lui avec une 22 (exemples pigés dans le dernier numéro de la revue en art actuel Inter).Mais revenons à Québec en cet automne 2004.«La ville de Québec est considérée comme un château fort pour la performance.Le public est attentif il écoute», se réjouit Martel.Evidemment, il s’agit d’un public d’initiés, eux-mêmes performeurs ou artistes en arts visuels.Quand même, cette année, on a fait des efforts pour déborder du cercle.On présentera certaines performances à la très branchée galerie Rouje, avec des DJ en fin de soirée.Pour le reste, impossible de savoir ce qui se produira.Jusqu’au 26 septembre à Québec, Montréal, Chicoutimi, Alma, Victoriaville et Trois-Rivières.Pour l’horaire complet, voir www.inter4elieu.org/riap04.SOURCE RENCONTRE INTERNATIONALE D'ART PERFORMANCE DE QUÉBEC Sans titre, une œuvre performance de HMT ¦¦ y V- .II:.MUSIQUE CLASSIQUE La bataille de Mahler CHRISTOPHE HUSS Yannick Nézet-Séguin et l’Orchestre métropolitain du Grand Montréal (OM) ouvrent la saison symphonique montréalaise, lundi 13 septembre, avec la 5' Symphonie de Gustav Mahler, œuvre symbolique pour cette cinquième saison du chef à la tête de l’OM.Avec la Seconde, cette symphonie de Mahler est la plus souvent choisie par les chefs pour démontrer l’étendue des possibilités de leur orchestre.C’est avec elle que Simon Rattle entama sa collaboration avec l’Orchestre philharmonique de Berlin et c’est avec la Cinquième que Herbert von Karajan aborda l’univers mahlérien.C’est pourtant une œuvre fort délicate à interpréter, qui résulte d’une confrontation du compositeur avec un matériau sympho- nique «pur», qui se détache de l’univers du lied.Le lied, allié à un fort aspect programmatique, marque l’œuvre mah-lérienne jusqu’aux années 1901-1903.La r Symphonie, également instrumentale, reste fortement imprégnée par l’univers mélodique, notamment dans son troisième mouvement.La Cinquième, c’est tout à fait autre chose.H n’y a pas d’argument, même si le début apparaît de toute évidence comme une marche funèbre.Mahler la veut «d'un pas mesuré, sévère, comme une procession funèbre».D est intéressant de voir comment le compositeur organise, à la fin, un éloignement progressif du convoi sur une musique résignée.Cet éloignement laisse la place au mouvement le plus rageur du répertoire mahlérien, «orageux et animé avec une grande véhémence».Cette bataille de Mahler est exacer- bée, en son centre, dans un véritable cataclysme.Mais là aussi, ultimement tout retournera au silence, au mystère.Ces deux premiers mouvements, qu’en général tous les chefe réussissent forment le premier volet d’une symphonie qui en compte trois (second: le Scherzo; troisième: l’Adagietto et le Finale).Les choses délicates commencent avec le Scherzo, centre de la symphonie, mais aussi centre de tout l’œuvre mahlérien.La cohésion et la cohérence de ce mouvement très élaboré (c’est le plus long Scherzo du répertoire symphonique) sont difficiles à obtenir pour tout interprète.Le premier cor y tient un rôle de soliste avec une sorte de bonhomie campagnarde.Willem Mengelberg, le grand chef mahlérien néerlandais, avait eu l’excellente idée de détacher le premier cor de la section des vente en l’installant entre les premiers et seconds violons, mettant ainsi en lumière d’intéressants dialogues dans un triangle spatial comprenant le cor, les bois et les cuivres.Cette astucieuse disposition a été remise au goût du jour par Riccar-do Chailly à Amsterdam, il y a quelques années.Une chose à laquelle vous pouvez fedre attention, et qu’on ne relève pas souvent, est le rôle synthétique et unificateur du Scherzo: la première partie de la 5' Symphonie repose sur les cuivres, la dernière sur les cordes, alors que ce mouvement central fait le lien entre les deux groupes.La manière même de composer pour les cordes épouse l’écriture que l’on retrouvera dans le finale.Deux types de musique, deux types d’orchestration coexistent donc dans ce mouvement complexe, d’une maîtrise hallucinante.Dernière partie, enfin, avec le célèbre Adagietto utilisé par Visconti dans Mort à Venise, très souvent abordé bien trop lentement et de manière mièvre, alors que, dans la partition, Mahler en a parfaitement cadré le flux.Le Finale, enfin, repose sur un mouvement tourbillonnant, incarné par plusieurs passages fugués.D s’achève, comme le résume bien Henry-Louis de la Grange, par un «chant de gloire [qulj ne fait que confirmer le sentiment d'euphorie engendré par l’abondance intarissable des LU DE LA °: 1 EN CODIFFUSION AVEC < Banquette | le théâtre de la manu x arriéra I PRÉSENTE > ,VsV'' ¦ * / .: ' ' F- .CHRISTOPHER DURANG i 09 o et.2004 knçois bout m'|“ns|b1stienTdodgeUBO ^^Æ^AR,ELEVASSEUR ; PAULHUS SIMON ROUSSEAU 455*.PAPINEAU ' www theatrelalicorne.com U UCORNE 5T4.523.2246 Q)C G a Is USINE O E o 9 PRESENTE Q.?O s- cn iu_ 5 RUB8ERBAN0ANCE 3ROUP •° CfiééE EN RÉSIOENCË À LUSINE C ! SLICING LA NOUVELLE CREATION DE VICTOR OUUADA SUR LME MUSIQUE ORIGINALE DE MITCHELL AK! Y AM A 21-25 SEPT.WWW .UflMNC~C.COM -LA PLUS GRANDE INNOVATION CHORÉGRAPHIQUE EST VENUE DU MONTRÉALAIS VICTOR QUUADA {.} UN TRAVAIL D UN IMMENSE POTENTIEL Le Times de Londres, mai 2O0A, extrait de la critique parue lors Victor Qutjada et Rubberbandance Group à Sadlers 'A/ells Théâtre, scene nationale de la POUR CINQ SOIRS SEULEMENT i thèmes et des motifs, parla magie de ce kaléidoscope sonore».Pour être dans l’air du temps, et parce qu’on ne peut tout de même pas décemment imaginer 2400 personnes emprisonnées dans une salle à écouter une symphonie de 70 minutes, Isabelle Boulay viendra chanter Le Temps des cerises après le premier mouvement; la violence du deuxième mouvement sera apaisée par un arrangement contemporain planant dTJri Caine; le Scherzo présenté dans sa version expurgée (six minutes au lieu de 18); alors que l’universalité de Y Adagietto sera soulignée par l’adjonction d’un kemençe (petite vielle turque) et d’un ngoni Outh d’Afrique de l’Ouest).Le Finale, moment joyeux, sera, lui, donné dans sa forme originale (car, bien sûr, le classique demeure).Non, vous l’aurez compris, ce dernier paragraphe n’est ni la réalité, ni un cauchemar c’était juste mon «espace blague». LE DEVOIR.LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 SEPTEMBRE 2001 E 5 le tinéiM poirl'kinir'dinpl'Miisiiltti L'AGENDA Culture PASSE U 7: li Ai 04 05 DANSE CONTEMPORAINE tjan ëSnt7] 30 spectacles x 5$ = 150$ Billetterie : 514_525_1500 www.tangente.qc.ca DANSE Europa, Europa ! La Biennale de la danse de Lyon fête ses 20 ans en faisant un tour d’horizon de l’Europe élargie Elle est réputée colorée et rallie tous les publics.Elle fait la fierté de Lyon et hisse la danse au rang d’un art bien aimé.La Biennale de la danse de Lyon, l’un des plus grands événements du monde consacrés à la danse, passe le cap de ses vingt ans en faisant un tour d’horizon de l’Europe élargie.Europa fournit un bel exemple de la couleur politique que peuvent arborer la danse et le festival qui la célèbre.FRÉDÉRIQUE DOYON T e discours politique sur l’Eu- J—/ rope est tellement faible», déplore Guy Darmet, directeur artistique, que Le Devoir a rencontré plus tôt cet été.«R a été lamentable dans tous les pays.L’Europe apparaît pour beaucoup de gens — la moitié de la population qui n’a pas voté — comme quelque chose qui restreint les libertés.La Biennale offre une vision plus positive de l’Europe parce que les artistes sont en avance sur leur temps.» La thématique à’Europa s’inscrit aussi dans l’air du temps, pendant que se redessine la carte des forces géopolitiques du monde.«Quelque part, cette édition est une réaction à une expression très violente de George Bush pariant de la “vieille Europe”, confie-t-il.J’aimerais qu’un producteur américain puisse me présenter autant d’artistes nouveaux aujourd’hui aux Etats-Unis.» Jusqu’ici, les dix biennales antérieures ont abordé chacune la danse d’une région géographique précise, un peu à la manière de ce que faisait feu le Festival international de nouvelle danse de Montréal.La onzième édition, qui s’amorce demain, marque ainsi un tournant dans l’histoire de la biennale, selon celui qui mène l’événement depuis ses débuts.«Nous allons arrêter de faire le tour du monde géopolitique, annonce-t-il.Mon souhait serait de travailler chaque année sur les cinq continents et d’être de plus en plus un rendez-vous de création et de découverte, mais avec une ouverture très large.» Des traits distinctifs Le souhait commence à prendre forme puisque la programmation, habituellement dominée par des productions de grands plateaux, fait place à un nombre imposant de petites et jeunes compagnies parmi les quarante invitées.Pas moins de 21 pays de l’Europe élargie sont représentés cette année, dont plusieurs situés dans l’est et le nord du continent.Isolées par leur autarcie ou leur idéologie politique, ces régions méconnues du point de vue chorégraphique révèlent leurs traits distinctifs et surtout leurs disparités.«L’Europe des 25 aujourd'hui, on pourrait dire que c’est l'unité dans la diversité, note M.Darmet Dans les pays du Nord, il y a un expressionnisme, une théâtralité qui utilise la voix.Dans les pays de l’Est, ça varie beaucoup.Ils viennent tous du ballet soviétique ou de la danse folklorique, les deux seules entrées possibles dans la danse avant la chute du mur.Après, ils ont mélangé cela avec les rencontres qu’ils ont pu faire: françaises, belges, hollandaises ou allemandes.H y a aussi un fart discours politique.» DCM, une troupe roumaine, se demande par exemple: qu’est-ce que le paradis de nos jours?Le Swann Lake estonien du Von Krahl Theatre se révèle être une critique extrêmement violente du régime soviétique et de l’utilisation du Lac des cygnes, pièce emblématique des ballets russes, comme instrument de propagande.Bien qu’elle présente plus de créations d’avant-garde avec cette édition, la biennale entend préserver l’accessibilité qui fait sa renommée.«On peut tout à fait faire un grand festival comptant 400 OOO spectateurs payants avec des choses pointues, mais il faut une ou deux compagnies très grand public, confie Guy Darmet La difficulté, c’est de trouver le juste équilibre.» Avec son grand défilé qui prend littéralement la vüle d’assaut ses bals dansants et ses classes de danse sociale qui convient le grand public, l’événement s’est taillé une place enviable sur la scène locale et inter-nationale.Il a aussi gagné la confiance des pouvoirs publics et des partenaires financiers, à l’aide desquels il cumule un alléchant budget de 5,5 millions d’euros (7,5 millions de dollars).Une enveloppe qui n’est pas exceptionnelle et une confiance que l’organisation Une œuvre présentée à la biennale par le Théâtre national de la Grèce du Nord C TASOS VRETOS Fichons-nous la paix ! FRÉDÉRIQUE DOYON La saison de Tangente s’ouvre cette semaine sur une soirée réimissant trois artistes autour du theme de la paix.Signe des temps?Danses pour la paix est aussi l'occasion de provoquer des rencontres inusitées et de faire le pont entre les générations, puisque deux jeunes artistes de la relève partagent la soiree avec une perfonneu-se interdisciplinaire de Toronto qui a 30 ans de métier.Avec Trivium Express, Julie Beaulieu, chorégraphe, et Jonathan Voyer, compositeur, livrent le fruit d’une recherche menée en Asie pendant un an autour de la question: comment la danse ixmt servir le thème de la paix?Trivium Express emmène le public de Bombay à Montréal, avec quelques haltes qui promettent de cultiver «l’inconfort et l'émerveillement du déséquilibre».Construite à partir de pièces musicales qui prennent autant de place que la danse, la performance cherche à établir avec' le public un dialogue de non-violence.Julie Beaulieu danse et chorégraphie depuis quelques années, notamment au sein du collectif Les Demi-Limes Violentes, qui compte aussi les jeqnes artistes Caroline Cotton et Eve Lalonde.Elle a déjà présenté quelques œuvres sur la scène de Tangente.Song far a Blue Moon, de la To-rontoise Elizabeth Chitty, se veut carrément un éloge de la pane.AL liant le chant, la parole, les images vidéo et la musique, la performance met dos-à-dos les forces politiques et spirituelles à l’œuvre dans la société en constante transformation.Grâce à une technologie simple, l’environnement interactif facilite l’entrée dans l’univers de l’artiste, qui joue beaucoup sur la force et la beauté des images.Première femme à être diplômée en arts à l’université York, Elizabeth Chitty n’a pas présenté son travail à Montréal depuis plus de 20 ans.DANSES POUR LA PAK Du 16 au 19 septembre, à Tangente doit nourrir constamment, tient pourtant à préciser le directeur.«Cest deux fais moins qu’Avignon.Et tout ça est bien fragile.Il faut toujours se remettre en cause.» L’organisme s’engage aussi à combler un million d’euros en recettes de billetterie, ce qui n’est pas peu.Il faut dire que la manifestation chorégraphique bisannuelle fait pendant à la programmation annuelle de la Maison de la danse, établissement qui existe depuis 25 ans et qui a servi de fer de lance à la biennale.«On a la chance d’avoir une activité permanente et régulière à Lyon, fait valoir celui qui en est aussi le président II s’agit de la première institution culturelle de la ville, pas en budget, mais en fré- quentation.Cest là où est la base, la sécurité pour l’avenir.» La Maison, ce sont 15 000 abonnés, 170 000 représentations annuellement et l’occasion rêvée de faire place à des œuvres du répertoire.«J’ai un immense respect pour le répertoire de la danse, admet-il Comment imaginer ne pas présenter à nouveau le GiseL le de Mats Ek ou l’un des ballets de Béjart?Certaines œuvres ne vieillissent pas.» Avec ces deux vitrines complémentaires et près d’un quart de siècle d’activités, Guy Darmet peut se targuer d’avoir ouvert la voie à une réelle tradition de la danse dans la région et préparé tranquillement le terrain à celui ou celle qui lui succédera en 2010.Longue vie à la biennale.Guy Darmet ©V.VERUHENNE Alain Cadieux Charmaine LeBlanc | Traces hors-sentiers DU 8 AU 11 ET DU 15 AU 18 SEPTEMBRE 2004, 20 H Une initiative et une production de DANSE-CITÉ en codiffusion avec l’Aforn de la dame interprètes AnneBmc© Falconer | Jane Mappin S Mathilde Monnard Carol Prieur collaborateurs Michel Desjardins | Érlch Kory I Marc Parent I France Roy | Suzanne Trépanier résidence de création Manœuvre Montréal | résidence L’Agora de la danse ÜÜ1 D LU use ttSUcRSî LE DEVOIR i i HI L'AGORA DE LA DANSE AfXMu B40.RUKHERRIER METRO SHERBROOKE 5i4.525-1500 Reseau Admission 514.790.1245 ____ Æm -r 9 mm r» ” 23 SEPTEMBRE AU 2 OCTOBRE 20 H çjlgyg s t-p i erre LA PORNOGRAPHIE DES ÂMES w ""•¦'•-il'.«¦i.igiuKiPli’îL.DE RETOUR POUR 7 REPRÉSENTATIONS SEULEMENT ! IR IN HRPRÉTES SUR SCÈNE L'AGORA DE LA DANSE 840, RUE CHERRIED METRO SHERBROOKE 514.525.1500 Réseau Admission 514.790.1245 www.agoradanse.coin Il lUtlHII AGORA D LA DANS LE STUDIO PLUS QUAND CORPS ET SONS FUSI0NNEN' CHARMAINE LEBLANC ALAIN CADIEUX || DANSE-CITÉ ROGER SINHA JOCELYNE MONTPETIT DANIÈLE DESNOYERS FORFAIT 4 BILLETS .I Ui DEVOIR lllllll m L’AGORA DE LA DANSE 840, RUECHERRIER METRO SHERBROOKE 514.525.1500 Réseau Admission 514-790.1245 www.agoradanse.com LE STUDIO DE L’AGOftA DE LA DANSE EST SUBVENTIONNÉ PAR LE CONIE'l DES ARTS ET DES LETTRES OU QUÉBEC.LE PATRIMOINE CANADIEN.LE MINISTÈRE DE LA CULTURE (T DES COMMUNICATIONS OU QUÉBEC, LE CONSEIL DES ARTS OU CANADA LE CONSEIL DES ARTS DE LA VILLE 0E MONTRÉAL.LE MINISTÈRE 0E L EMPLOI, SOLIDARITÉ SOCIALE ET FAMILLE OU QUÉBEC ET LE FONDS DE STABILISATION ET 0E CONSOLIDATION DES ARTS ET DE LA CULTURE OU QUÉBEC LE STUDIO DE L AGORA 0E LA DANSE EST MEMBRE DU RÉSEAU CAN0ANSI ET OU REGROUPEMENT QUÉBÉCOIS OE LA DANSE LE DEVOIR.LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 SEPTEMBRE 2004 E B qesîlfz&WÏÀ du 15 septembœÇSf^oÇœ 1200, rue de Bieury frère JEROME (métro Race-des-Arts) Confessions de formes et de couleurs Téi.(5i4) 861-4376 (hall et salle Cu^teau) _______www.9esu.net Vernissage : 15 septembre de 17 h a 19 n Des espaces sans qualités MîSi THOMAS KNEUBÜHLER Une photo de la série Office 2001.-.ipiiM* a**1 .B ‘mix’ ¦ % Z?•».« Illfpfe >.
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