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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2004-09-18, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 1 » SEPTEMBRE 2 0 0 4 POLAR L'univers de Patrick Senécal Page F 2 Un entretien inédit avec Michel Foucault Page F 6 s" ‘¦'% a/ $0* % .1 JT 'fi, St * NI s APWr* À ¦ t î-pp> ^ k i s •%_.f .à tsâf S' -• -.1 t ;¦ .%! '•% ¦H îp!»4:,, ¦ 5 À* * VU, - '' /• Pm* .- ¦ miÂï MJ .i' (f.l.u I L^s Gens fidèles ne font pas les nouvelles, son premier recueil de nouvelles, était peuplé de narrateurs aux univers divers: femmes de ménage, danseuses, mères de famille délaissées, etc.Mais, pour son premier roman, Scrapbook, qui paraît cet automne chez Boréal, Nadine Bismuth a choisi comme narratrice un personnage qui lui ressemble beaucoup, Annie Brière, jeune écrivaine qui fait ses premières armes dans le monde merveilleux de l’édition québécoise.CAROLINE MO NT PETIT Est-ce sous l’influence de la mode dominant le milieu littéraire montréalais que la jeune écrivaine s’est lancée dans une «parodie d’autofiction»?L’autoficüon est ce genre littéraire où l’auteur s’inspire de très près de sa propre vie et à partir duquel le lecteur peut s’amuser, et on ne s’en prive pas, à tenter de mettre des noms connus sur les visages de certains personnages.«Parodie d’autofiction», l’expression est d’elle et elle est juste, car c’est vraiment sous le signe de l’ironie que se déploie ce roman.Ironie envers tout un milieu, le milieu littéraire, qu’elle a eu le loisir d’observer à sa guise, forte des deux prix littéraires que lui a valus son tout premier recueil de nouvelles, publié alors qu’elle n’avait pas 24 ans.«Je dis “parodie”pour indiquer que, contrairement à d’autres autofictions, qui sont souvent dans l’autodestruction, le ton de la narration d’Annie Brière est dans l’autodérision», dit-elle.Scrapbook est en effet l’histoire d’une jeune écrivaine, introduite dans le monde de l’édition québécoise par le biais de son professeur de création littéraire de l’université McGill.Elle tombe amoureuse de son correcteur d’épreuves, à qui elle doit, croit-eÜe, le succès de son dernier opus.On y rencontre un éditeur formé en France et qui sévit aujourd’hui au Québec, un écrivain alcoolique et nationaliste, une autre jeune écrivaine qui a un succès fou en racontant ses frasques sexuelles, bref, le genre de faune qui habite les cocktails et les lancements organisés par les maisons d’édition.D’ailleurs, pas plus tard que mercredi dernier, dps la vraie vie, Nadine Bismuth présentait son dernier roman au Ritz Carlton, là même où se déroule, dans son roman, le lancement de la saison des éditions Duffoy, poifr annoncer la nouvelle saison du distributeur Dimedia.Uenvers du décor Nadine Bismuth explore les coulisses du monde littéraire québécois i SM ¦m v ; ^.1$.i % M m- •.f .y*?' l3- 'T 1.f£ % 4,*;v JACQUES GRENIER LE DEVOIR «C’est sûr que la matière est référentielle.Les enjeux [du livre] sont liés à des anecdotes réelles.Les personnages peuvent faire penser à des écrivains [qui existent].Ce sont des archétypes», admet-elle.Du choc qu’elle a subi à la suite de la publication de son premier recueil.Les Gens fidèles ne font pas les nouvelles, après avoir été introduite dans les cercles d’écrivains, elle dit «il y a un dicton qui dit que rencontrer un auteur après avoir lu son livre, c’est comme voir une oie après avoir mangé du foie gras.Cela a peut-être un côté un peu basse-cour.» Annie Brière, quant à elle, doit aussi redescendre du piédestal où elle avait hissé sa vocation littéraire, lorsqu’elle se met à frayer avec un rédacteur publicitaire, qui éçrit des slogans de McDonald’s pour gagner sa vie.Egalement surprise dans la haute idée qu’elle se faisait de la littérature, la jeune Brière découvre un milieu parfois habité d’écrivains soûls, de bisbilles entre directeurs littéraires, de tractations entre les éditeurs et les auteurs.L’envers du décor, quoi! Il faut dire aussi que la jeune Bismuth, au temps où elle rédigeait son premier recueil de nouvelles, poursuivait une maîtrise en critique littéraire sur un sujet beaucoup plus sérieux.Elle q en effet étudié Le Second Enfer, un recueil d’épîtres d’Etienne Dolet, imprimeur-écrivain de la Renaissance française mort sur le bûcher pour hérésie.Le bougre avait été condamné pour sa traduction d’un passage d’un dialogue de Platon, qui laissait entendre que l’âme était mortelle.«C’était un passage ambigu, dit Nadine.Il ne disait pas noir sur blanc que l’âme était mortelle et il ne disait Pas non plus noir sur blanc que l’âme était immortelle.Ha été accusé aussi d’avoir publié des Bibles en français pendant la Contre-Réforme.Donc, il était perdu d’avance».Les épîtres qu’elle étudiait étaient destinées, en vain, à implorer la grâce du roi François I".Elle était loin, à l’époque, des dernières conquêtes sexuelles des directeurs de maisons d’édition ou encore de celles des professeurs d’université avec leurs étudiantes, qui font la trame de son dernier roman.Mais Nadine Bismuth se défend d’avoir peint un portrait peu flatteur des cercles serrés de l’édition québécoise.VOIR PAGE F 2 :BISMUTH 3SPF ^ L mmÊÈÊmm V LE DEVOIR, LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 SEPTEMBRE 2001 Livres EN APARTÉ De l’autre côté de la télévision Pour donner la littérature à voir, Télé-Québec aVbit le choix d’offrir une émission alimentée de pensées formées, de chroniqueurs compétents ayant le souci de faire valoir leurs choix en les situant, en les éclairant, le tout mené par le doigté d’animateurs aussi rompus à la lecture qu’à l’exercice de la communication.Bref, Télé-Québec se trouvait, cette saison, devant la possibilité de programmer une vraie émission littéraire, une émission qui vit par et dans les mots, qui élève sans lever le nez, une émission avec du cœur et de l’imagination."En diffusant cet automne M’as-tu lu?, la chaîne a pris, à première vue, le risque de faire l’exact contraire de cela.C’est du moins ce qu’on peut croire après le vi-sionnement du premier épisode de l’émission qui sera diffusée ce lundi.L’emballage de M’as-tu lu?a pourtant son charme, il est vrai.Joli travail de caméra, décor agréable, de ,braves têtes dynamiques, de joyeux sourires.Mais dans un univérs médiatique où la littérature est sans cesse repoussée au loin, les attentes envers pareille entreprise sont naturellement plus élevées que cela.On s’attend surtout, pour commencer, à ce que les livres eux-mêmes soient au rendez-vous.Or la formule, à cet égard, s’avère ultralégère.Trente minutes de petits plats livresques minceur.la table est d’abord mise par trois chroniqueurs, venus du monde de «l’animation», qui parlent de tout en surface, à condition que cela puisse se classer parmi les guides pratiques, la littérature pour enfants ou la BD.Le res- rs Jean-François Nadeau te, c’est-à-dire un pan gigantesque de l’actualité du livre, flotte vaguement sur l’émission, remorqué tant bien que mal par les deux animateurs, Sylvie Lussier et Pierre Poirier, sortes de gentils toutous synthétiques qu’on voit mal, pour l’instant du moins, s’imposer comme des figures de référence du genre.La chronique la plus longue, chronomètre à la main, ne dépasse pas deux minutes.Les deux autres ne dépassent pas les 90 secondes.Tout va vite.Trop vite.Et jamais loin.Les animateurs donnent d’ailleurs le ton.Sylvie Lussier, au sujet de Tequila Bang Bang, publié chez Boréal, sa suggestion de lecture de la semaine: «C’est court.Ça se lit rapidement.Quand on a une émission littéraire à préparer, c’est un avantage.» Quand elle dira ensuite que ce roman a aussi le défaut d’être «trop court», on ne la croit plus; la confiance n’est déjà plus là: les livres sont-ils à juger uniquement en fonction de leur poids de papier ?On se le demande, tant toutes les critiques esquissées dans M'as-tu lu?sont terriblement superficielles.La nervosité imputable à toute première doit sans doute être prise en compte pour excuser certains glissements de cette livraison inaugurale de M’as-tu lu.Mais, dans l’ensemble, cette émission semble tout de même pratiquer la digestion audiovisuelle des écrivains pour les transformer en simple formules de promotion, suspendues à l’air du temps.Dans cette perspective, où le livre n’est d’abord considéré que comme un objet de commerce, les animateurs se sont notamment demandés qui fait vendre des bouquins au Québec.Ils ont parlé en ce sens à Pascal As-sathiany, l’éditeur de Boréal, à la libraire François Ca-reille, puis à Marie-France Bazzo et à Christiane Charrette.Vendre des livres est sûrement une bonne chose.Mais on se prend à croire, comme Marie-France Bazzo, du reste, que les faire connaître est encore bien mieux.Pour que le livre finisse par vivre et respirer de lui-même dans notre société, nous avons moins besoin de rois du télé-achat que de gens capables, par leurs connaissances et leur savoir-faire médiatique, de faire découvrir en les situant des univers livresques.Nous avons moins besoin de gens qui achètent que de gens qui lisent A chaque rendez-vous, M’as-tu lu?présente un invité.La semaine prochaine, Nelly Arcan.Cette semaine, Guillaume Vigneault dit quelques mots de son Chercher le vent, publié chez Boréal.D’entrée de jeu, Pierre Poirier rappelle au jeune auteur qu’il a déjà dit ne pas aimer les véhicules tout-terrains Hummer et que, pour cette raison, il est sûrement un écrivain fort intelligent Sylvie Lussier précise pour sa part que les personnages de Vigneault ressemblent un peu à des Bob Morane en puissance, des aventures qu’elle lisait d’ailleurs lorsqu’elle était petite.Guillaume Vigneault lisait-il lui aussi des Bob Morane lorsqu’il était petite Oui.Bien sûr.Mais au sujet de l’écriture même de Vigneault de sa vie d’écrivain, on ne sortira guère de l’anecdote.Pas le temps pour autre chose, il faut croire, puisque la caméra insiste pour se balader ailleurs.Les invités se trouveront-ils toujours anesthésiés de la sorte, dans une préparation et une mise en scène trop serrées pour permettre de réels moments de télévision?Le rien ne fait pas peur à la télé.La télé carbure au rien comme personne.Si on tient aujourd’hui pour une vérité que «la littérature à la télévision, ça passe mal», on ne peut en conséquence, qu’accepter qu’on fasse ainsi semblant d’en parler.Mais comment croire un instant à pareille sottise?La télé serait capable de parler de tout mais pas correctement de l’univers des mots?Allons donc! Il faut tout de même attendre encore un peu pour rendre un jugement définitif sur cette nouvelle émission «littéraire».Et, en attendant, pourquoi un livre ne se vengerait-il pas entre vos mains du mal que la télé lui fait?C’est tout simple: prenez un livre et fermez la télé.Entretien avec Patrick Senécal Uhistoire avant tout MARIE CLAUDE MIRANDETTE Le Devoir: Vous êtes auteur d’horreur et friand de suspense, de fantastique, etc.Quelles sont les sources de cet intérêt plutôt inhabituel chez un diplômé de littérature française?Patrick Senécal: Ce goût vient d’avant les études.Enfant, j’aimais beaucoup lire.Un jour, j’ai deman-c(é à la bibliothécaire municipale ce qu’il y avait à l’étage d’en haut; elle a répondu que c’était des livres pour adultes, que je pouvais y aller mais qu’il n’y avait rien pour moi.Je suis tombé'sur Jean Rey, un auteur belge fantastique que j’ai lu et ça m’a fait très peur.J'ai découvert qu’on pouvait avoir peur en lisant; c’a été une révélation.Le cinéma et la littérature ont nourri cette passion pour la peur que suscite l’horreur, que je partageais avec quelques amis.Ça n’explique pas tout car je suis le seul qui soit devenu auteur.Pourquoi je me suis mis à écrire ça, je ne le sais pas vraiment.Disons que je devais avoir des prédispositions.Mais si demain j’avais une idée d’histoire d’amour, je la ferais.Je ne me sens pas obligé d’écrire du suspense ou de l’horreur, mais, pour des raisons que j’ignore, les idées qui me visitent tournent autour de l'horreur.Quelles sont vos sources d’inspiration, vos points d’ancrage?• Je ne travaille pas avec des repères précis.Pendant des semaines, j'ai des flashs.C’est même pas une idée complète, rien que des scènes.Dans Sur le seuil, par exemple, il y avait une forme de thérapie par rapport à ma culpabilité d’écrire de l’horreur.En général, des flashs viennent et s’en vont parfois ils se placent les uns par rapport aux autres et finissent par former une idée.Les Sept Jours du talion est venu d’une écœurantite aiguë des films sur le thème de la vengeance présentée comme une chose juste et bonne.C’est le seul rotnan que j’ai écrit en réaction à quelque chose.Mon dernier roman, Oniria, vient d’une contrainte de structure que je me suis imposée; une nuit, un lieu.C’est la première fois que je fonctionne ainsi.À propos de la structure et de l’écriture, comment se déroule le processus d’écriture?Qu’est-ce qui prime?L’histoire?Le personnage?Le style?Pas le style, c’est sûr! Je ne suis pas un styliste, ce n’est pas ça qui m’intéresse.Quand le suspense est trop littéraire, le risque est grand que le style prenne le dessus sur l’histQire, au détriment de l’efficacité.En suspense, je crois que le style doit être transparent Par contre, un auteur comme Pen- SOURCE AURE Patrick Senécal Olivieri librairie >bistr OLIVIERI Au cœur de l’actualité Snmedi 25 sept, à 15 heures \ Causerie avec O Ït-Æ GILLES KEPEL Vient de publier Fitna.Guerre au cœur de l'islam, Gallimard Directeur de recherche au CNRS à Paris et auteur notamment de Jihad.Expansion et déclin de l'islamisme et de Chronique d'une guerre d'Orient.Places limitées Billets en vente à la librairie 5$ 5219 Côte-des-Neiges Métro Côte-des-Neiges 739-3639 ANIMATEUR ; SAMI AOUN Professeur agrégé au département Histoire et science politique à l'université de Sherbrooke et directeur de recherche sur les questions liées au Moyen-Orient à la Chaire Raoul-Dandurand de l'UQÀM.nac est la preuve que le style peut être affirmé sans nuire à la narration.Pour moi, c’est l’histoire avant tout, mais dès que j’en connais la trame, les personnages doivent s’y insérer et être au service de l’histoire, tout en ayant une épaisseur psychologique.Vous êtes un des écrivains québécois les plus lus.Comment percevez-vous cette popularité?C’est très flatteur mais ça me rappelle que j’ai une responsabilité, même en tant qu’auteur d’horreur.Je ne le dis pas dans un sens judéo-chrétien moralisateur, mais je suis persuadé qu’on doit assumer ce qu’on écrit, être prêt à défendre chaque mot d’un roman.J’ai toujours écrit avec cette idée de responsabilité et le succès a renforcé cette vision.Mais, fondamentalement, je suis toujours le ti-cul de 12 ou 13 ans qui écrivait des histoires pour ses chums, sauf que maintenant j’ai le privilège d’être lu par des milliers de personnes.J’écris encore en ayant le même objectif: raconter des histoires.Je suis un amuseur public qui fait de la littérature populaire et je vis très bien avec ça.Vous avez d’abord été publié chez Saint-Jean puis chez Alire.Comment s’est faite la rencontre avec cet éditeur?Quel est son rôle dans votre travail?C’est Jean Pettigrew [ndlr fondateur et éditeur d’Æire] qui est venu me chercher au moment où la Collection Noire chez Saint-Jean disparaissait J’avais une pudeur à partir, mais Nicole Saint-Jean a compris que j’avais besoin de quelque chose qu’elle ne pouvait me donner.J’ai envoyé un manuscrit chez Alire pour voir ce que ça donnerait On pense trop souvent que c’est facile d’écrire de la littérature de genre et plus encore d’en éditer, mais il faut vraiment bien connaître le genre pour y parvenir.Pettigrew a cette capacité.D me pousse, me remet en question.Il m’a fait retravailler Les Sept Jours du talion, entre autres la «géographie» de l’histoire.Il m’a obligé à plus de réalisme en utilisant des lieux existants à la place de lieux fictifs.Je lui ai dit que c’était une méchante job de travailler à partir de lieux réels, car il faut respecter les caractéristiques des lieux, les distances, etc.D m’a répondu: «Fais tes devoirs, mon gars! Sors ton atlas pis travaille!» Et il avait raison.Peu d’éditeurs ont cette exigence et peu travaillent avec leurs auteurs de façon aussi exemplaire que Jean.Je lui dois beaucoup.VOIR CRITIQUE PAGE F 8 ÉCHOS La fête du livre ancien À l’intention de tous les amoureux des livres, la 2T édition du Salon du livre ancien se déroule aujourd’hui et demain à la bibliothèque Webster de l’université Concordia.Une trentaine de libraires spécialisés du Québec et de l’Ontario y exposent quelque 20 000 livres rares, épuisés ou simplement issus d’une autre époque.C’est l’occasion unique de rencontrer ces libraires, qui n’ont pas toujours pignon sur rue et qui travaillent souvent par catalogues ou sur Internet Avec les années, Montréal s’est taillée une place notable aux côtés des foires internationales réputées de Londres et de New York.- Le Devoir Des chiffres et des livres Dans le cadre du Festival international de la poésie, la Galerie d’art du parc de Trois-Rivières présente le travail de l’artiste Louise Paillé, du 26 septembre au 31 octobre.Celle-ci a créé une installation en quatre volets mettant en relation le livre et les mathématiques.Elle a utilisé plusieurs exemplaires d’un même livre dont elle conjugue les mots aux quatre opérations primaires (addition, soustraction, multiplication, division).Un nouvel espace poétique et visuel est chaque fois créé dans le livre.Louise Paillé est reconnue pour ses œuvres alliant le livre et l’écriture.- Le Devoir Hommage à Roland Giguère Depuis le 9 septembre et jusqu’au 14 octobre à la Maison de la culture Ahuntsic-Cartierville, une exposition-événement rend hommage à Roland Giguère, poète et plasticien, décédé l’an dernier.Sous l’égide de la Maison de la poésie de Montréal, Pour apprivoiser le merveilleux réunit une vingtaine d’estampes, d’encres et de peintures signées par l’artiste et issues de la collection Loto-Québec.Puis, le 3 octobre, une lecture hommage conviera sur scène des proches et des amis de l’artiste, notamment Denise Boucher, Yves Préfontaine et Paul-Marie Lapointe.Animée par Guy Marchamps, la soirée sera mise en musique par le pianiste Sylvain Daigneault et le contrebassiste Pierre Côté.Enfin, le numéro actuellement en kiosque de la revue Liberté, à laquelle le poète a collaboré, lui est consacré.Nos excuses Contrairement à ce que nous pouvions lire dans l'article de Catherine Morency publié dans le cahier du samedi 11 septembre, Maxime Mongeon est bel et bien.un monsieur et non une dame.- Le Devoir BISMUTH Le Québec et la LAÏCITÉ Avancées et dérives Lf Québec ET LA f.AlCITÉ Iles éditions 124pages* 14,95S VARIA WWW.VARI4.COM SUITE DE LA PAGE F 1 «J’ai été assez intéressée par ce milieu-là pour vouloir le dépeindre dans mon livre.Il y a des gens qui disent que je passe ce milieu au scalpel, que c’est une peinture qui n’est pas très élogieuse.Moi, je trouve que c’est un hommage.J’aurais pas parlé d’un milieu qui ne m’intéresse pas ou d’un milieu avec lequel je n’aurais eu que des comptes à régler.Pour moi, cela rend ce milieu-là amusant.Ce n’est pas une satire», dit-elle.Reste que les tons de l’ironie et de l’autodérision lui seyent assez bien pour qu’elle décide d’y revenir dans le roman auquel elle travaille.Peut-être qu’on y trouvera une autre occasion de rire un peu des autres et de nous-mêmes.SCRAPBOOK Nadine Bismuth Boréal Montréal, 2004,400 pages | .Si nous faisons disparaître des lieux publics toute trace de ce qui fut nom religion nationale, comment pouvons-nous prétendre accueillir les croyances des autres ?LIBRAIRIE BONHEUR D’OCCASION Livres d’occasion de qualité ?Livres d’art et de collections ?Canadiana ?Livres anciens et rares ?Littérature ?Philosophie ?Sciences humaines ?Service de presse Faites-nous part de vos desiderata 4487, rue De La Roche (angle Mont-Royal), Montréal 514-522-8848 1-888-522-8848 7 jours 7 soirs de lOhOO à 21h00 bonheurdoccasion@bellnet.ca NOUS NOUS DÉPLAÇONS PARTOUT AU QUÉBEC.POUR L'ACHAT DE BIBLIOTHÈQUES IMPORTANTES.Pierre Vadeboncœur Isabelle Daunais Michel Morin Lakis Proguidis Jean Bédard Gérald Boutin Bernard La Rivière Georges Leroux Monique LaRue Pourquoi réformer les cégeps ?l’Inconvénient no 18 dp ci/Ç/Js inAASl'VtXZtaAstr&'à/ www.mconvenient.ca LE DEVOIR.LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 SEPTEMBRE 2 0 01 F 3 ?r LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Ça volcanise ! Intrigante, cette photographie en noir et blanc d'une boxeuse, datant de 1911, qui apparait sur la page couverture d’Etonnez-tnoi, mais pas trop! Et coquin, l'exergue de l’écrivain français Léon Bloy (XK") dans lequel il déclare son «irrévocable volonté de manquer essentiellement de modération.et de remplacer toute mesure par un perpétuel débordement».À cet effet, l’écrivain pamphlétaire, qui envisageait la vie comme une perpétuelle persécution, écrit dans son Journal que tout être humain peut s’attribuer «le droit et le devoir d’être un incendiaire» ou de prodiguer «dix mille claques par jour»\ Dominique Lavallée s’est-elle inspirée de cette métaphore baroque?Tout porte à croire que oui, car les héroïnes de son recueil de nouvelles dépassent les bornes avec audace.Sous un titre énigmatique, elle réunit onze histoires dans lesquelles des femmes se libèrent soudain, parfois avec éclat, d'un trop-plein de colère, de fatigue ou de frustrations.Journaliste littéraire à la radio communautaire CIBL à Montréal, la nouvelliste nous offre, après La Course folle des spermatozoïdes (Trois), un nouvel aperçu de son humour ironique et provocateur.«Grrrrr!» Contrariées.Les femmes dépeintes par Dominique Lavallée sont contrariées.Ça n’a peut-être l’air de rien, mais une femme contrariée est quelqu’un qui souffre.Et une femme qui souffre devient imprévisible, incontrôlable, capable de perdre la raison, de devenir violente ou de creuser son propre tunnel pour disparaître.Mais attention.L’au-teure ne fait pas dans le dolorisme.Ce qui l’intéresse, c’est la douleur-jouissance acérée qui dévoile l'ignominie humaine.Dans ses nouveUes, les non-dits, les sous-entendus et les allusions masquent les mesquineries, les méchancetés et les petites lâchetés quotidiennes.Le recueil s’ouvre sur La Nuit, tous les chats sont gris.Une femme de soixante ans frappe mortellement un piéton.Le corps inanimé a l’effet d’un électrochoc.Il la ramène à l'absurdité de sa vie traversée sans but précis, engourdie par l’alcool.L’humour est noir.Comme la solitude de cette femme, du coup, dévoilée.Dans Ma, comme dans «ma maison», une des meilleures du recueil, on retrouve une propriétaire fraîchement arrivée dans un quartier «en train de péter les plombs» à cause de ses voisins trop envahissants.«Il y a tout de même une limite à la fraternité entre voisins!» Prise entre la panique et la colère, sur le point d’exploser, «Grrrrr!», elle est envahie par un violent désir de tuer.L’écriture, enlevée, bat au rythme de ses emportements.Délicieux et très drôle.Des pensées vengeresses sont au cœur de Bhikkhu.Lors d’un dîner familial, la mère de Rebecca raconte qu’elle n’ose dire à personne que sa fille est ornithologue, «de peur que les gens croient qu’elle travaille dans une animalerie».Une invitée embarrassée «parcourt de ses doigts la couture de la nappe», pendant que Rebecca, tendue, suffoque, se demande si elle va tenir le coup, pendant que monte en elle une rage inouïe.trop de griefs inexprimés.Humour subtil.Dans Samedi, 15h, chez Wal-Mart, une femme fait la file.Dès que son regard croise celui d’un garçonnet, celui-ci se met à gueuler et la rage empourpre son visage.Elle pense tout bas: «Saloperie de gosses.Je jure de ne pas avoir d’enfant».Il suffit qu’une petite frimousse s’agrippe à sa cuisse «avec un sourire malicieux tout à fait séduisant!» pour qu’éclate l’angoisse de cette femme qui, à quarante ans, «avec ses kilos en trop provenant de l’accumulation de frustrations, de désillusions, d’amitiés en cul-de-sac et de peines d’amour», n’a pas encore d’enfant.Allegro vivace Chez Bob décrit, avec un humour féroce, une étudiante en crise de panique: «ça volcanise!» Elle soupçonne son voisin, Bob-by-le-mammouth, d’avoir cambriolé son appartement.Dans un retournement de situation, la nouvelle révèle les préjugés de l’étudiante.Louis XIV raconte, sur un mode satirique, l’aventure d’une femme qui a «sa claque» de se faire humilier par un psy qui la terrorise.L’Age invisible nous plonge dans l’histoire saugrenue d’une mémé friponne de quatre-vingts ans dont le destin croise celui d’une jeune mère monoparentale révoltée.Avec en prime des sourires ravis et amusés et des regards pétillants.Miss Sixties.Un homme dans le métro pouffe de rire devant une passagère aux allures des années 1960.Les passagers sont sidérés.Une femme, une seule, soutient le regard de l’hurluber-lu.Elle se perd dans une songerie moqueuse: «Je n’avais pas de mal à croire qu’il déployait autant d’habileté dans sa vie amoureuse qu’une autruche en dégringolant un escalier!» La dernière nouvelle (Geneviève Garand, chef de service.) dépeint une femme superangoissée qui mène sa vie professionnelle à un train d’enfer.Débordée de travail, à bout, saturée — «Je vais mourir avant la fin de la journée, c’est certain» — elle fuit le bureau, se retrouve sur l’autoroute confrontée à une folle du volant, qui déverse sur elle «toute cette haine qu’elle n’a pas su canaliser».Le lecteur découvre, dans un jeu de miroir, la rancœur accumulée et la solitude infinie commune aux deux femmes.Aux mots injurieux, tranchants, succèdent des éclats de rire.Dans la nouvelle, l’art de la chute réside dans la surprise ou l’étonnement.Dominique Lavallée maîtrise relativement cet art Plusieurs nouvelles s’achèvent banalement.La force de l’auteu-re d’Êtonnez-moi, mais pas trop! réside ailleurs, dans sa poésie joyeuse de l’invective et dans son écriture allegro vivace (vive, rapide, animée).ÉTONNEZ-MOI, MAIS PAS TROP! (NOUVELLES) Dominique Lavallée Triptyque MontréaL 2004,121 pages Suzanne Giguère Les femmes dépeintes par Dominique Lavallée sont contrariées Causerie avec LILLY MARCOU Portrait de la Russie : de Khrouchtchev à Poutine Vient de publier Les héritiers, Pygmalion Lilly Marcou est directrice de recherche au CERI (Centre d’études et de recherche internationale ) à Paris et est diplômée en littérature de l'université de Bucarest et de la Sorbonne.ANIMATEUR : JACQUES LÉVESQUE Jacques Lévesque est doyen de la Faculté de science politique et de droit et professeur titulaire à l'Université du Québec à Montréal.' Littérature - ACTUALITÉ Nouvelle présidence de PANEL Pour un marché de l’exportation unifié FRÉDÉRIQUE DOYON Le «petit» secteur de la poésie devient le grand chef de l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL).D y a une semaine, l’ANEL a élu son nouveau président: Gaston Bellemare, directeur des Ecrits des Forges, en prend la barre pour un mandat de deux ans.Joli cadeau, à la veille de l’ouverture du 2L Festival international de poésie de Trois-Rivières, qu’il dirige aussi.«Je suis ravi que les éditeurs me donnent leur confiance, confie-t-il au Devoir.Ce n ’est pas évident pour un éditeur de poésie de devenir le président de l’ANEL, à côté de gros joueurs comme les Editions de l’Homme.» Le plan d’action de l’équipe de M.Bellemare sera soumis au nouveau conseil d’administration lundi prochain.Le président ne veut donc pas, à ce point-ci, faire part des objectifs précis qu’il entend se donner.Mais, dans l’ensemble, sa tâche s’inscrira en continuité avec le travail accompli dans les quatre dernières années par l’ancien président, Denis Vaugeois.«Ilfaut améliorer notre visibilité, notre communication avec le public et avec les acteurs de la chaîne du litre», indique le president, en guise de préambule à son mandat à LAN EL et en réaction au premier Forum de l’édition, il y a dix jours.Bien qu’il comprenne que les libraires soient d'abord des gens d'affaires, il déplore le peu d'espace (30 à 35 % de leur surface) qu’ils consacrent aux titres de chez nous.«Peut-on acheter quelque chose qu on ne trouve pas ou qu'on ne connaît pas?, demande-t-il.Et tout le système médiatique est d’abord axé sur le livre étranger.À Radio-Canada, on annonce le Concourt et on ne parle même pas des Prix du Québec!» Marché trop petit La petite foire de l’édition a souligné la bonne santé de la production livresque au Québec, mais, à l’autre bout de la chaîne, les ventes s’essoufflent.Surproduction, saturation du marché?Nenni, croit M.Bellemare.«Ce n’est pas qu’on a trop de livres, c’est que le marché est trop petit.SO II RC K AN Kl Gaston Bellemare dit-il.À l'époque.M.Marchand [le doyen des éditeurs québécois, auquel TANEL a rendu hommage il y a dix jours] sortait 10, 20 livres (cinq ou dix mille exemplaires) et le marché était capable de l’absorber.» D’où l'urgence de développer un marché d'exportation plus fort et unifié, d'après M.Bellemare.«Le Québec est un petit marché, la France l'est aussi — pour les Québécois, note-t-il.U faut coordonner nos efforts pour additionner les petits marchés de façon à s’en faire un vrai.» S’ensuit naturellement le besoin d’augmenter les budgets consacrés à la traduction, afin que les ouvrages québécois trouvent place dans les pays non francophones.«Je ne comprends pas que le Canada, un pays qui se dit bilingue, n’ait pas plus d’argent pour faire de la traduction», s’exclame-t-il.Que pense-t-il du récent coup d'éclat de Boréal, qui a claqué la porte de l’ANEL à cause de l’ajout d'une section consacréeà l’édition générale?«Ça été déciéJé très démocratiquement: l’Assemblée générale a voté pour les trois sections, insiste-t-il Je ne peux pas être contre mon assemblée.Il y a un membre qui ne veut pas de cette nouvelle section.Quand on aura maîtrisé l'ensemble dé nos dossiers ensemble, on sera prêt à abolir les sections.» ROMAN QUÉBÉCOIS La vie rêvée de Sergio Kokis MARIE LABRECQUE Dix ans d’écriture riment avec bilan pour Sergio Kokis.Une période féconde, pendant laquelle le peintre et ancien psychologue a pris la plume à 50 ans pour pondre bouquin après bouquin, au moins un par année depuis son primé Le Pavillon des miroirs, en 1994.Dans L’Amour du lointain, le prolifique écrivain entreprend de questionner ce débordement créatif qui s’est imposé à lui.Tenant à la fois de l’autobiographie et de l’essai analytique, ce «récit en marge des textes» propose une genèse de sa créativité et de son unjvers imaginaire.A la lueur de son passé et de son œuvre romanesque, Sergio Kokis signe une «tentative d’autoportrait» afin de mettre de l’ordre dans l’identité qu’il s’est bâtie de toutes pièces.On y voit la construction d’une existence créée «comme une œuvre personnelle, en tant qu’aventure spirituelle».De Rio de Janeiro à l’exil québécois en passant par la France, où l’ancien militant de gauche a fui la dictature militaire, de ses études en philosophie à la bifurcation en psycho (pour des raisons d’ordre pratique): la route de Kokis emprunta des détours successifs.Un parcours captivant, qui a façonné ce «vagabond» amoureux de Tailleurs, qui fut un étranger dès son enfance, dans une famille matériellement et affectivement dépourvue, un univers hanté par la mort et les superstitions.Un carcan étouffant qu’il sera ravi SOURCE XYZ Sergio Kokis de quitter, à l'âge de 9 ans, pour l’internat.C’est là, dans la bibliothèque, que se révèle enfin à lui le trésor des livres, une passion qu’il évoque éloquemment.«Je découvrais alors la fascination d’avoir plusieurs vies à ma disposition, et d’infinies identités possibles que j’arrivais à explorer sans que personne d’autre ne s’en aperçoive.» Pour Sergio Kokis, le roman est un terrain de jeu où il expérimente ludiquement d’autres lui-même, des vies alternatives.Une aventure dont l’écrivain affiche, ouvertement la nature foncièrement égocentrique: comme lecteur, il a besoin de reconnaître dans les œuvres un écho de sa quête existentielle personnelle.Si bien que «mes propres livres sont dans ce sens les meilleurs livres que j'ai jamais lus, car iis parlent uniquement de mon propre univers sans toutefois être autobiographiques!» Œuvre très personnelle, écrite par Kokis afin de mieux se comprendre, L’Amour du lointain nous immerge totalement dans l'univers particulier de ce créateur rêveur, individualiste, érudit, animé par une curiosité intellectuelle insatiable, solitaire visiblement affranchi de l’approbation des milieux côtoyés (il décoche en passant quelques coups fie griffes bien sentis à la psychologie, à l’art contemporain, à Tauto-fiction, à la faune littéraire.).Le lecteur pourra toutefois trouver amplement son compte dans cette auto-analyse, dans la narration biographique comme dans la réflexion sur l’écriture, même si la dernière partie du long bouquin tend à être assez pointue, consacrée au processus de création de chacun de ses romans.L’essentiel est que Sergio Kokis y transmet par contagion le plaisir de lire, de rêver à des mondes imaginaires, de créer.Si l’écrivain aspire peut-être à retourner plus sereinement à ses chers pinceaux, son nouvel opus donne le goût de se plonger dans ses œuvres précédentes.et d’espérer qu’il y en aura d’autres.* i L’AMOUR DU LOINTAIN! Sergio Kokis XYZ éditeur Montréal, 2004,309 pages La déferlante d'Amaieniani X Abonnez-vous à Lettres québécoises la revue de P actualité littéraire et recevez en prime La déferlante d’Amsterdam (roman) de Yolande Villemaire (valeur 12 $) avec un abonnement d’un an à Lettres québécoises Les prix sont toutes taxes comprises 1 an / 4 numéros Individu Canada 25 $ Étranger 35 $ Institution Canada 35 $ Étranger 40 $ 2 ans / 8 numéros Individu Canada 4;$ Étranger 65 $ Institution Canada 6; $ Étranger 75 $ 3 ans /12 numéros Individu Canada 63$ Étranger 95 $ institution Canada 95 $ Étranger 110$ Lettres québécoises i ÜMrrme : Brune *oy.1 v Pour de plus timplcs informations ! I es^l ditions l»UI IOIU / Ici Mllt) f>S(> 21 II poste KJD'If»• I elc«,,Nlftl f.SO IIDt /inc'’ 1 iu iv Rcfiingei '' pnl iil.u iil t «1 u'H'u.iil par une locomotive, en guise de voix aux dieux encore muets du Québec de 1913.r COLIN-MAILLARD Louis Hémon Préface de Jacques Perron Lux Montréal, 2004,168 pages LE VAGABOND STOÏQUE : LOUIS HÉMON Paul Bleton et Mario Poirier PUM Montréal, 2004,266 pages LOUIS HÉMON, LA VIE À ÉCRIRE Geneviève Chovrelat Peeters i Louvain, 2003,326 pages LE DEVOIR.LES SAMEDI 1 S ET DIMANCHE 19 SEPTEMBRE 2 0 0 4 F 5 -«¦Littérature»- L’appétit d’Amélie Nothomb GUYLAINE MASSOUTRE D* entrée de jeu, Amélie Nothomb retrouve son ton jubilatoire et sa formulation paradoxale: après vous avoir appâte avec une bizarrerie d’Océanie, dit-elle, les îlots paradisiaques du Vanuatu, elle vise le creux infernal de son estomac.Là gît un puits sans fond, béant sur une quête d’absolu.Sa dignité s’y engouffre avec une voracité d’ogresse.Impossible de résister, elle vous avale les yeux tout ronds.Le sujet est pourtant des phis sérieux.N’a-t-elle pas souvent menacé, en public, de dévoiler les aigreurs de son anorexie?Biographie de la faim s’attaque à cette question douloureuse.Le récit reprend où Métaphysique des tubes s’arrête et il se termine où commence Stupeur et tremblements.Entre deux bornes japonaises.A ces inoubliables tranches de temps s'ajoute maintenant le tk-tac de la faim.Avide de raconter son Japon nourricier, la fébrile narratrice piaffe: aucune expérience n’égalera le bonheur extatique du premier âge.Avoir été choyée, adulée et vénérée dans la langue nipponne! Fée des bons mots et reine survoltée d’un royaume originaire, la surdouée du style balise avec truculence la durée qui fait le pont entre ces deux livres.Avec des bottes de sept lieues, elle enjambe une vingtaine d’années en Chine, à New York, au Bangladesh, en Birmanie et au Laos, accrochée à la malle diplomatique de son père, qui contient sauf-conduit et plus-que-parfaits d’identité.Pas une page qui n’ait son paradoxe, ses phrases admirablement plombées pour tomber dru devant un point Nothomb manie les mots comme des baguettes de tambour, avec élégance et dextérité.Même dans les fadaises.Cataclysme et tornade de rire: «La faim, c’est moi», écrit-elle, bouillant de plaisir à se moquer d’elle-même.Les désastres les plus affolants d’un jeune es- prit insatiable et d’un corps malade, affame, supplicié par le manque de nourriture, font passer la douleur de se détester pour un art il s'agit d'aimer excessivement tout le reste hors de sol Nul doute, plus qu'un témoignage.Nothomb apporte un éclairage subtil sur cette psychologie secrete.L'agonie de la faim, sa déchirure, a ses ruses de vitalité clandestine.Elle en défonce allègrement les paravents, pour montrer l'ivresse qui la domine.Le sucre, le chocolat ne sont qu’essences banales à qui s’alimente de vertiges intérieurs, de fringales de l’âme, de fréquentations courantes avec le vide.Elle nomme cela «la surfaim».Après les éclats brillants, l’ouvrage piétiné un peu; le vocabulaire s’étiole en phrases si minimales que le verbe «être» appauvrit l’écriture, soudain rassise, telle une langue seconde.Vers la fin, des pages véritablement bouleversantes évoquent l'état suicidaire de l'anorexique.Aucune photo de mode n'y entre pour quelque chose.Drolatiques ou dramatiques, les attitudes fraîches de la narratrice ne sont que vulnérabilité au monde, incorporation de souffrance et compassion indigeste.Dérèglement et rhétorique n'ont jamais fait aussi bon ménage.Questions de temps Ephémère.Telle est la sensation que la lecture, goulue, laisse de Nothomb.Un néant.Est-ce parce qu’elle recrée si bien TinstanL cet «in-stans» ou incapacité de se tenir tranquille?Rien de vaut, pour évaluer cette agitation, le contrepoids d’une autre écriture belge.Récipiendaire de plusieurs prix, Jean-Luc Outers, dans Le Bureau de l’heure, bâtit une histoire autour d’un personnage préoccupé par la mesure des heures.Au rythme de l’horloge scandant le temps universel, à l’Observatoire royal d’Uccle, Cé-lestin, à force de surveiller le décompte de la durée et des revolutions planétaires, s’est laisse gagner par une quasi-paralysie.S le temps nous regarde passer, le remugle des activités humaines n'est-il pas ridicule et vain?Au mieux, une somme d'instants?Considérez ce peu de consistance, la fuite des sentiments, des belles occasions, des rendez-vous.Le temps horizontal, segmente, divisé, ne fait qu’harmoniser un peu de l'universel chaos.A son metier, aussi étrange que les activités du Petit Prince, Célestin oppose l'horloge biologique, celle qui s'ajuste dans la mémoire, bat les retrouvailles impossibles et rythme le temps des profondeurs.Le Bureau de l'heure dédouble l'histoire du temps compté avec celle du détachement de Célestin face aux échéances.Son horioge intérieure n'a qu’une mesure, la fidélité acclimatée au temps d'un amour ancien.Même les hasards les plus saugrenus — des chances, dirait-on — ne lui voleront pas sa veritable existence: les aléas n’ont pas de prise sur ce temps.Instrument mécanique, l'horloge est une métaphore du temps.Pour l’approfondir, on lira La Montre cassée, deTiphaine Samoyauh (Verdier, 2004,252 pages).Les 60 brefs et excellents chapitres de cet essai distribuent autant d’écrivains majeurs dans une ronde endiablée qui tente l’impossible réconciliation des ligures de passage avec l’éternité.BIOGRAPHIE DE LA FAIM Amélie Nothomb Albin Michel Paris, 2004,241 pages LE BUREAU DE L’HEURE Jean-Luc Outers Actes Sud Arles, 2004,299 pages AGENCE FRANCE-PRESSE Amélie Nothomb DANS LA POCHE ROMAN ÉTRANGER Ailleurs, si on y est Trêve de badinages littéraires JOHANNE JARRY Ishiyama et Kasumi se rencontrent clandestinement Chacun de son côté est marié et parent de deux enfants.Très épris, Ishiyama achète une maison à la campagne pour offrir un cadre différent à leurs rendez-vous.Puisque les hommes de ces deux couples sont aussi des confrères, ils conviennent de se rencontrer avec femmes et enfants à la campagne.Mais, pendant ce court séjour, la fille de Kasumi disparaît A partir de là, l'univers de chacun devient incertain et le lecteur découvre, de chapitre en chapitre, des pans cachés de leur — personnalité.Pendant quatre ans, Kasumi recherche sa fille, sans cesser de croire à son retour.A la fin, elle est étrangement secondée par un policier qu'une maladie morteUe condamne.Disparitions (10/18),de Natsuo Kirino, est une œuvre inclassable, d’une densité et d’une finesse d’analyse dont on peut difficilement rendre compte en quelques lignes.Espérons que les neuf autres livres de cette romancière japonaise seront traduits en français.Un cocon Début des années 90, lire Toni-no Benacquista, c’était l’adopter.On commençait avec La Maldonne des sleepings, ensuite on réclamait Trois carrés rouges sur fond noir, puis La Commedia des ratés et enfin Les Morsures de l’aube (moins prenant, celui-là).Chaque livre se lisait comme le voyage d’un paumé perdu dans un train, entre les petits canapés chic d’une expo parisienne branchée.Des livres parfaits pour la nuit.Sans doute est-ce ce qui justifie le titre qu’on donne à l’ouvrage qui regroupe les titres mentionnés précédemment.Car, si Quatre romans noirs (Folio) regroupe la veine «polar » de Tonino Benacquista, il faut préciser que, chez cet auteur, le style prime sur le suspense.Qui ne connaît pas encore pourra s’y réfugier et s’entêter à demeurer, entre ces pages, cigale heureuse une fois l’automne venu.Pour faire son cinéma En attendant de voir La Mauvaise Éducation, le plus récent film de Pedro Almodôvar, on peut risquer cette curieuse expérience: en lire le scénario (bilingue) dans la collection de la Petite Bibliothèque des Cahiers du cinéma.Le cinéaste espagnol ne laisse rien au hasard; tout est écrit (décors, intonations de la voix, gestes, émotions qui habitent les acteurs).Ce qui est parfois lourd à la lecture prend sans doute une toute autre forme à l’écran.Déconcertant Une jeune femme rangée reprend goût à sa vie grâce à la dé- Philip Roth La tache termination dont fait preuve Sylvester Stallone dans ses films.Elle poursuit des études de médecine qu’elle avait abandonnées, devient vraiment amoureuse, puis maman et médecin.Histoire d’identification, le court récit Stallone (Folio), d’Emmanuelle Bernheim, éclaire très sobrement comment la fiction peut insuffler une énergie qui permette de transformer la réalité.JOHANNE JARRY Certains livres résistent au commentaire, entre autres parce qu’ils regorgent de propositions à partir desquelles penser.Élisabeth Costello, le plus récent roman de l’écrivain sud-africain J.M.Coetzee, Prix Nobel de littérature cette année, appartient à cette catégorie; pour en rendre compte correctement, il faudrait rappeler le texte en entier.Ce qui suit sera donc parcellaire et peut-être même approximatif, dans la mesure où la lecture de ce roman se précisera au fil du temps, chaque fois qu'on y reviendra.Âgée et fatiguée, la romancière australienne Elisabeth Costello donne des conférences en lien avec la littérature qn peu partout dans le monde.Ecrire semble être une chose du passé.Si on la reconnaît encore comme écrivaine, c’est parce qu’elle a écrit, trente ans plus tôt, un roman audacieux où elle donnait une autre vie à la Molly Bloom de James Joyce dans Ulysse.D’une conférence à l’autre, on voit de quelle manière on récupère les écrivains en leur demandant de se prononcer sur ci et sur ça.On les fait parler (rarement de ce qu’ils ont écrit) au lieu de lire leurs œuvres.L’écrivain, par vanité ou parce qu’il doit gagner sa vie, contribue à cette récupération en acceptant d,e discourir.Toutefois, Elisabeth Costello n’est pas dupe du manège dans lequel elle s’est embarquée pour un dernier tour de piste.Cette romancière ne se raconte pas d’histoires.Elle sait qu’elle est «congelée dans ses œuvres de jeunesse» et voit bien le centre de sa vie (écrire) disparaître derrière un fatras de mots qu’elle prononce de façon de plus en plus incohérente.Mais ses développements chaotiques sont en- Coetzee élabore une œuvre qui refuse de penser le monde de façon simpliste Dépaysant Quelle était la réalité des femmes indiennes dans les années 30?Comment pensaient-elles leur vie?La romancière Shauna Singh Baldwin l’imagine dans La Mémoire du corps (Points), un roman qui jongle avec tant d’aspects de la réalité indienne (politique, religions, croyances, castes, etc.) qu’on ne peut au risque de perdre le fil, se laisser distraire par les odeurs de cuisine et les paysages qui font partie du quotidien indien dépeint par l’auteure.Dessous américains Accusé de racisme par des étudiants, le professeur Coleman Silk (71 ans) démissionne.Sa vie est-elle finie?On a l’impression qu’elle commence véritablement lorsqu’il raconte à l’écrivain Nathan Zuckerman ses ébats avec Faunia (34 ans).Impossible de limiter le roman La Tache (Folio), de Philip Roth, à cette seule (et très intense) dimension sexuelle.Reste que, derrière le puritanisme qu’affichent certains Américains passionnés par l'affaire Lewinsky, se cachent des lâchetés que Zuckerman prend un malin plaisir à exposer.Un roman jubilatoire.Dans le cadre des Lundis du CRILCQ Université de Montréal Causerie avec MARIE-CLAIRE BLAIS Écrire dans la foudre et la lumière ANIMATRICE Élisabeth Nardout-Lafarge Avec le soutien du Conseil des Arts du Canada FRANÇOIS BLANCHE —I LJ llf3 If h» fflfii HTML I l'fTUDIAVT n I J SMYÎ Stéphane Castonguay et Camille Limoges François Blanchet (1776-1830) a été en son temps un personnage considérable, homme politique célèbre, membre du Parti patriote et éminent médecin de la bourgeoisie québécoise.Le premier tome de sa biographie retrace ses années de formation et donne l’édition critique et annotée des Recherches sur la médecine, ou l'application de la chimie à la médecine.Par-delà la personne dn Blanchet, ce livre vr 1 présente le paysage intellectuel Vœ du Bas-Canada et de la Nouvelle- wttËSj Angleterre à la fin du JM Siècle des lumières.jdtKÈÈM éditeur fièrement liés au travail de création et à la vie même.C’est ainsi que l’oi) perçoit comment, sans écrire, Elisabeth Costello demeure dans l’écriture.On lit aussi entre les lignes des discours qu’elle livre sur les droits des animaux, le réalisme, le mal en littérature, les humanités en Afrique et l’érotisme, les fragments de la vie d’une femme qui a vécu seule, même si elle est mère.Une vie familiale que l’activité de la romancière a marquée puisque son fils a longtemps refusé de lire ses livres, les accusant de l’avoir privé de présence maternelle.Et puis, un jour, il décide 4e lire l'œuvre en entier, subjugué.Elisabeth Costello pouvait-elle écrire et être avec les autres?Pouvait-elle s’enfermer dans cette chambre sans blesser ceux qui l’en- toçiraient?À partir du personnage d’Elisabeth Costello, J.M.Coetzee élabore une œuvre qui refuse de penser le monde de façon simpliste et efficace.Sa romancière est faite d'hésitations, de contradictions, de doutes et d’égarements.Maintenant arrivée au seuil de la mort, elle se demande si la littérature peut l’aider à franchir le dernier pas, et pour aller où?ÉLISABETH COSTELLO Huit leçons J.M.Coetzee Traduit de l’anglais (Afrique du Sud) par Catherine Lauga du Plessis Seuil Paris, 2004,312 pages Humanitas LAURENTÏDES suivi de AUTOMNALES Bernard Antoun Ces flashes poétiques, à la fois concrets et abstraits, à la fois incarnés et éthérés, constituent un hymne à la nature et à la beauté.Ils sont captés à même le cœur des Laurentides à qui ils appartiennent.Les poèmes sont accompagnés de 100 photos.Poèmes, 216 pages, 36,95 $ L'AVENTURE DE IOHNELLE Réginald Hamel Édition critique de l'avant-dernier roman du docteur Alfred Mercier (1816-1894), le plus grand écrivain louisianais du XIX' siècle.Ecrit partiellement en créole avec de traduction en français, le récit veut expliquer la grandeur et la décadence des Créoles de la Louisiane.Roman, édition critique 156 pages, 22,00 $ LA MAGNIFIQUE SURFACE DE TA CHAIR Axel Maugey Récit amoureux peuplé de joies, de réminiscences, de voluptés et de souffrances aussi.Enfant de la Provence, véritable héritier de sa mémoire charnelle, l'auteur célèbre l'univers de la création.Récit, 116 pages, 18,95 t KAFKA M'A DIT Gary Klang Les Nord-Américains, toujours sérieux, ne peuvent pas comprendre le plaisir du ressassement et de la projection dans le passé, la joie d'évoquer le temps perdu.Dans ce sens, Cary Klang n'est pas américain.Nouvelles, 114 pages, 18,95 $ (ifcRVAIS POMKKI.MG 7 ‘Sictfdcttcà Gary Klang Kafka m’a dit rlwsatM Axel Mjugev l.à Magnifique surface de ta chair ttKwrvb Réginald Hamel L’aventure de Johnelle ilWJUv* / I Bernurtl Antoun LAURENTÏDES AUTOMNALES ft*#?!* 7 BICYCLETTES Gervais Pomerleau «Ce garçon à la bicyclette, c'est le premier qu'il tue sans raison véritable.Et pour la première fois, non seulement il l’a fait sans contrat, mais encore avec hargne, avec plaisir, avec la conviction oiseuse d'avoir agi dans le meilleur intérêt possible, le sien évidemment.* Le lieutenant Paul Benedict et la journaliste Gwen Kelly enquêtent.Policier 224 pages, 22,95 5 990 Picard, Longueuil (Brassard), Québec, Canada J4W ISS Téléphone/Télécopieur: (45
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