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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier G
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2004-09-18, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 SEPTEMBRE 2 0 01 LE DEVOIR Art contemporain 40e anniversaire du macm MARC MAYER Le nouveau directeur du musée est enthousiaste: «C’est une responsabilité de rêve pour moi.» Page 3 MARC DE SERRES Le président de l’institution montréalaise a un souhait: «que le musée [soit] beaucoup plus visible» Page 5 % f| «Il y a toujours cette antinomie entre PHOTOS: JACQUES GRENIER LE DEVOIR le mot musée et l'expérience de l'art contemporain» MË ri L •3' ïCh*'"' m ’ i'* , Un nouveau directeur est arrivé.Comme il se doit, il y a concert d’éloges.Pourtant, quand il s'agit d’art contemporain, quand la nomination a pour effet de mettre en place cette personne à la tête d’un musée, il est à se demander si tous réalisent la tâche qui attend le nouveau venu.Depuis 40 ans, depuis ce jour de mai en 1964 où le ministre québécois des Affaires culturelles d’alors, Georges-Emile I-apalme, annonçait la création à Montréal d’un musée d’art contemporain, rien n’a été facile pour les divers directeurs qui ont succédé à Guy Robert.Attentes Le milieu de l’art a de grandes attentes envers l'institution.Dans ce coin de pays où les collectionneurs sont loin de se précipiter aux portes des galeries, où continuellement les artistes, toutes disciplines confondues, dénoncent les conditions dans lesquelles ils vivent, la marge de manœuvre est mince, d'autant plus que les ressources sont limitées.Musée d'Etat, le Musée d’art contemporain de Montréal a pour premier bailleur de fonds le gouvernement du Québec.Et, depuis toujours, tous les ministres des Finances ont répété les mêmes rengaines: .La marge de manœuvre est mince» couplée à «// faut respecter les priorités».Dans un cas, cela veut dire qu’il faut faire avec les budgets existants, et dans l’autre, qu'il ne faut pas espérer d'argent «neuf» pour enrichir les collections.Ainsi, dans le passé, une Louise Letocha avait trouvé une parade lorsque nommée à la tête de ce musée «temporaire», celui de la Cité du Havre: «Il y a toujours cette antinomie entre le mot musée et l’expérience de l'art contemporain.Cela nous gêne un peu.Dans l’esprit des gens, le musée fait appel à la conservation.Chez nous, ce n'est pourtant pas là notre premier souci.C’est l’événement de passage qui domine.Il nous faut marcher dans cette voie.» C’était en février 1978.Dur mandat que celui de directeur de ce musée, qui pourtant est unique de par sa vocation.Pourtant, Marc Mayer accède au poste avec enthousiasme: «C'est une responsabilité de rêve pour moi.» Réalisations Au cours des 40 dernières années, l’institution nous a laissé de bons moments.Qu’on se souvienne comment la critique avait reçu en 1966 une exposition telle que Présence des jeunes, qui faisait découvrir les Lemoyne, Ayot et compagnie.D’autres auront en mémoire ces «grands formats» mis en cimaise par Henri Barras, qui montraient la transformation radicale vécue par un art pictural qui faisait exploser les cadres traditionnels des toiles.C’était en 1970.Quant au public, il s’est déplacé en nombre jamais vu depuis lors pour voir le Dinner Party de Judy Chicago: accueillir en deux mois 82 000 visiteurs dans cet espace restreint qui était l’ancien musée de l’Expo tenait presque de l’acrobatie.Depuis, le Musée est devenu beaucoup plus professionnel; il aurait été ainsi impensable au temps des Gilles Hénault et Fernande Saint-Martin de montrer de façon techniquement satisfaisante des œuvres aussi complexes que les cibachromes d’An-drès Serrano ou les films d’une Shirin Neshat dans les années 1960 et 1970, on faisait comme on pouvait et, pour preuve, qu’il suffise de dire que, il y a encore 35 ans, un maigre 130 000 $ était alloué en termes de budget annuel, ce qui incluait salaires, frais de fonctionnement et acquisitions! Aujourd'hui, le nombre des rétrospectives consacrées à des artistes québécois ne se comptent plus: il y en aura toujours pour chicaner sur les choix effectués, mais il faut convenir que, un jour ou l’autre, les artistes majeurs ont pu exposer en cet espace, obtenant même finalement avec les ans le droit à un catalogue de qualité.Quarante ans plus tard, s’il fallait dresser un bilan, celui-ci, pour être juste, ne porterait pas sur les réalisations du musée par opposition aux attentes du milieu, mais plutôt sur l’absence de responsabilités réelles exprimée par cette société qui a obtenu un musée par la seule générosité de ses artistes: non seulement un grand nambre d’entre eux avaient fait don d’une œuvre pour mettre en place la collection initiale, mais pendant combien de temps par la suite ont-ils dû exposer sans recevoir de cachet, ayant même en prime à assumer tous les frais de production des œuvres offertes au regard du public?Un nouveau directeur arrive.Sera-t-il le premier à pouvoir dire au terme de son mandat qu’il a pu réaliser les objectifs qu’il s’était fixés, la marge de manœuvre étant suffisante et l’appui du milieu bien réel?Il en va pourtant de la qualité de vie de cette métropole culturelle du Québec qu’est Montréal Normand Thériault HISTOIRE EXPOSITIONS MILIEU COLLECTIONS SERVICES Retour sur 40 ans L’automne déjà Musées Des œuvres par milliers École et documentation Page 2 Page 4 Page 4 Page 6 Page 7 Galeries Page 6 I LE D E V 0 I K .LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 SEPTEMBRE 2 0 0 4 (i 2 MUSEE D’ART AIN HISTORIQUE Une institution en devenir En 1964, des artistes faisaient don de leurs œuvres Issu des pressions du milieu des arts visuels, le Musée d’art contemporain de Montréal (MACM) est né le 4 juin 1964.Initiative d’un nouveau ministère des Affaires culturelles (mis en place en 1962), le MACM vient alors se greffer à un milieu qui compte déjà le Musée du Québec, musée d’État, et le Musée des beaux-arts de Montréal, une fondation privée.L’institution était souhaitée depuis longtemps et demeure aujourd’hui le seul musée au Canada qui ne soit consacré qu’à l’art contemporain.BERNARD LAMARCHE Artistes, propriétaires de galerie, collectionneurs et hommes d’affaires ont participé aux débats houleux autour de la création du musée.En décembre 1963, le gale-riste Otto,Bengle écrit au ministre Georges-Emile lapalme en proposant que les fondations de la collection du musée reposent sur des dons d’artistes locaux qui accepteraient d’offrir une de leurs œuvres.Alfred Pellan, Jacques de Tonnancour, Guido Molinari, entre autres, comme quelques collectionneurs, ont accepté de se départir d’une pièce de leur collection pour nourrir celle du MACM naissant.L’affaire n’allait évidemment pas de soi, dans la mesure où cette organisation posait des, problèmes idéologiques.Ainsi l’État créait-il le musée, pour ainsi dire, sur le dos des artistes.L’historien de l’art Laurier Lacroix, de l’UQAM, nous aide à comprendre ce qui se trame derrière la création du musée, qui a lieu dans la mouvance de l’affirmation d’une culture spécifiquement québécoise.Si l’approche tient certes de la coopérative, elle possède ses racines dans l’histoire: «C’est un modèle qui nous vient du XIX' siècle, explique la-croix, que ce regroupement d’artistes et d’amateurs qui décident de se donner un lieu permanent pour présenter leurs collections et leurs créations.Le modèle est répandu aux États-Unis.» Ici, en 1860, la Art Association of Montreal est créée sur le même principe et mènera à la création du Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM).«Il y avait une conjoncture assez favorable à Montréal» pour la création du MACM, rappelle l’historien de l’art.Une masse critique d’artistes, de collectionneurs et de critiques a permis l’émergence du musée.Autre facteur selon Lacroix, le départ d’Evan Turner, un Américain qui, à titre de directeur du MBAM, «est extrêmement sensible à l’art contemporain et qui va présenter beaucoup d’art québécois».A la suite de ce départ, il aura fallu combler un vide.«La naissance ne sera pas facile», mais l’aventure aura valu la peine, sans conteste.L’envol Tant que le musée n’est pas installé à la Cité du Havre (en 1968), le musée cherche sa vocation, tant comme institution que comme entité commerciale.«Quand on regarde au début les structures des expositions, on se rend compte qu’elles se succèdent aux trois semaines; ce sont avant tout des événements mondains que la presse suivait assez bien.» Toutefois, «une galerie ne procéderait pas différemment», commente Lacroix.Les quatre premières années sont difficiles.Notamment, le premier directeur, Guy Robert, est contesté.«La collection est assez insignifiante, tant par le nombre que par la qualité des pièces.Le réflexe musée n’est pas encore installé.» L’envol se fera sous Gilles Hé-nault, directeur de 1966 à 1971, qui vient pour sa part du milieu des communications et de la littérature.Mais le premier grand pas du musée, selon Lacroix, correspond à une des premières acquisitions rqassives par l’institution.En 1972, l’État canadien acquiert une partie importante du Éonds Borduas, remise en fiducie à la collection du MACM en 1973: «Les assises vont se confirmer à ce moment.Et l’image du musée en même temps.» C'est sous Fernande Saint-Martin (directrice de 1972 à 1977) que se négocie ce marché.Ensuite, «il y a une suite de directeurs qui a permis la professionnalisation de la boîte, continue Lacroix.Une collection significative s’est constituée et la programmation a cessé d’être une suite d’événements présentés les uns à la suite des autres.» Précarité à demeure Contrairement au Musée du Québeç, né en 1933 mais pour lequel l’État collectionnait depuis 1920 en vue de sa création, le MACM doit s’imposer.Or, sur le plan économique, c’est une bataille de tous les instants.«La volonté vient du milieu et les administrateurs ont dû se battre beaucoup pour la reconnaissance du musée sur le plan financier.Le milieu a forcé sa création, le ministère l’a reconnu mais n’a pas fait suivre les sous.» Une relative stabilité s’installe au moment du déménagement du musée au centre-ville de Montréal.Avant cela, Lacroix soutient que «c'est une crise de tous les instants.On ne sait jamais de quels moyens on va disposer pour le développement».Le MACM est toujours assis sur des budgets peu importants.Lacroix raconte que, dès que le musée a eu de l’argent, il a béton-né ses acquis.«On a beaucoup commenté le fait que l’équipe est permanente, indélogeable.C’est le contrecoup d’une situation extrêmement précaire qu'on a connue pendant des années où les employés étaient à contrat.Dès qu’on a pu créer des postes permanents, on a gelé ces postes, ce qui a peut-être handicapé l’évolution de l’institution.On n’a pas pu, donc, augmenter la masse budgétaire, et on est aux prises avec la même équipe de professionnels depuis plus de 20 ans.Cette volonté de bétonner l’institution venait d’un état d’insécurité tellement grand.De mois en mois, on ne savait pas qui allait devoir quitter et qui allait conserver son emploi.» Un devenir institutionnel Le MACM a connu sept directeurs, en plus de Marc Mayer, qui a pris possession de son bureau cette semaine.Plusieurs des anciens directeurs sont issus du milieu des communications, notamment de Radio-Canada.Par contre, la réussite des directeurs du musée tenait à leur capacité à être entendus par Québec pour dégager des budgets.«Il y en a qui ont eu les coudées plus franches.Par exemple, Fernande Saint-Martin était plus batailleuse que d’autres.» D’autres, comme Marcel Brisebois, le directeur sortant, ont mené ce que Lacroix nomme des «guerres d’antichambre auprès des fonctionnaires».A l’heure actuelle, Lacroix distingue ce qui se dessine comme une forte réaction à la suite du départ de Marcel Brisebois.Mais il rappelle que le milieu a 4oléré» Brisebois toutes ces années et, donc, qu’il est complice de ce règne qui a peut-être duré trop longtemps.Avant Marcel Brisebois, le MACM aura été nomade, entre la Place Ville-Marie (de 1964 à 1965), le Château Dufresne (de 1965 à 1968) et la Galerie d’art international d’Expo 67 à la Cité du Havre (de 1968 à 1992).Le directeur, qui a été en place pendant près de la moitié de l’histoire de l’institution, aura été l’homme du déménagement du MACM au centreviUe en 1992.L'ajout d’un édifice permanent aux acquis du musée a contribué à l’institutionnalisation de la boîte, mais aussi à un certain «statisme».Brisebois aura bon an mal an «maintenu un “statu quo” et un certain développement.» Ainsi, il a su traverser des tempêtes qui auraient pu mener carrément à la fermeture du musée.La création d’un pôle culturel aussi important autour de la Place des Arts aura été un grand coup.Par contre, l’emplacement actuel du musée joue également contre lui, notamment en raison de l’impossibilité de procéder à tout agrandissement, ce dont il aura certainement besoin un jour, notamment pour mettre en valeur une collection permanente qui avoisine aujourd’hui les 6000 œuvres.L’avenir L’édifice à l’angle des rues Jeanne-Mance et Sainte-Catherine a coûté plus de 32 millions à construire.Aujourd’hui, on regarde en Amérique du Nord les lieux où sont construits les nouveaux établissements destinés à l’art le plus actuel: sont retenus d’anciens bâtiments industriels retapés, comme le temporaire MoMA-Queens de New York et ses 2300 m2 d’espace d’exposition et ses 12 500 mz d’ateliers, de boutiques, de librairies et de cafés, en plus de l’espace d’entreposage.E a coûté cinq millions $US à l’achat et 30 millions pour le restaurer de façon flamboyante.On regarde et on se dit qu’à Montréal, le bateau n’a pas été des mieux conçu.Le MACM est à l’étroit avec ses 980 m2 d’exposition permanente.«Je pense que le fait de créer un pôle autour de la Place des Arts était sympathique, soutient Lacroix.Mais je ne pense pas que c’est une stratégie que l'on privilégierait aujourd’hui que d’aller au centre-ville.On gagne en visibilité, certes, mais on sait que les gens se déplacent si les expositions les intéressent.On songerait aujourd’hui davantage à recycler des bâtiments industriels, ou du moins on s’installerait dans un endroit moins coincé sur le plan physique.» Pour celui qui a organisé son lot d’expositions muséales, le musée a presque atteint ses capacités maximales en termes de présentation de la collection.Lacroix pense qu’à moyen terme «un autre lieu sera créé pour l'art plus contemporain.On aura un musée d’art moderne et dans un autre lieu, un musée d’art contemporain».La création d’un satellite ailleurs serait dans la logique de développement de l’endroit.«L’idée de “squatter” la ville autrement me semble dans la logique normale du développement d’un musée d’art contemporain.» De façon très éclatée, c’est un peu ce que faisait l’événement Artcité, en 2001, qui a étendu ses tentacules dans une vingtaine de sites urbains.En tout et pour tout, Laurier Lacroix considère que le MACM est un bon musée.La série de colloques, les publications, les programmes éducatifs comptent selon lui parmi les actions complémentaires qui donnent à l’institution une place de choix.Mais l'historien de l’art se questionne sur la cohérence de la programmation, qui ne ressort pas toujours franchement « Ça fait partie du travail de sensibilisation et d’éducation du public que de voir le musée traiter des enjeux qu’il considère importants pour l’art contemporain, et de voir comment sa stratégie d’exposition l’amène à aborder ces questions.On le découvrq un peu à notre corps défendant.A ce sujet, il faut qu'on entende un peu plus clairement la voix du musée sur la place publique.» C’est aussi ce qui attend le MACM dans l’avenir.Le Devoir Le MACM a connu sept directeurs, en plus de Marc Mayer, qui a pris possession de son bureau cette semaine le Musée d’art contemporain a la passion du bleu I i VH * ' 11 liU-tl i i i lit- fii-'.l [ïi-nK *-1 i ii '.|MI i i ; 11.H M 't- t'.i,' Mi-Imi, !1 il j ¦.ijliKni".pdl lo inc inc lliminc i .i/ M.11 e i nui .i ici i Hin.iiii c U* dyiininr.mc iJm Mm- ce d h i i .iiii.-itipiii.iin it Mont i o.it fjGazMétro / la vie en bleu LE PARTENARIAT EST UNE RICHESSE Partenaire de longue date, la Banque Nationale est heureuse de souligner le 40“ anniversaire du Musée d’art contemporain de Montréal.BANQUE NATIONALE LA PREMIÈRE BANQUE AU QUÉBEC t 4 ^37931 LE DEVOIR.LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 SEPTEMBRE 2 0 01 (i MUSEE D’ART CONTEMPORAIN DIRECTION Le grand rassembleur «C’est une responsabilité de rêve pour moi» Rapprocher le musée des gens, ceux qui le \isitent et y travaillent, élargir son public, enrichir sa collection, tout en respectant l’immense travail qui y a été réalisé jusqu’ici.Voilà ce à quoi veut s'atteler Marc Mayer, qui vient de prendre la barre du Musée d’art contemporain de Montréal (MACM) après le long règne de près de 20 ans de Marcel Brisebois.Humain, très humain, le nouveau directeur du MACM.Et son enthousiasme est contagieux.FRÉDÉRIQUE DOVON Quand on lui demande quels gestes il posera d’abord, le nouveau directeur du Musée d’art contemporain de Montréal répond d’emblée: «Rencontrer les membres du musée, un à un.» Et surtout, discuter de possibles expositions avec ses conservateurs, connaître leurs penchants esthétiques, les artistes qu’ils ont toujours rêvé de programmer mais n’ont jamais osé proposer.Idéaliste visionnaire ou apôtre de la concertation dans un musée secoué par le départ tumultueux de son ancien dirigeant?Sûrement un peu des deux.Figure de contraste, il allie vigueur et détermination — sa hâte de mettre la main à la pâte au musée ressemble à celle de retourner, pour une dernière fin de semaine, manier ses scies à chaîne dans son domaine des Catskills aux Etats-Unis! — à la coquetterie du «dandy» soucieux de l’image, la sienne comme celle de l’institution qu’il chapeaute.Et il parle de l’art avec un mélange de légèreté et de grand sérieux.«L'art, c’est un peu comme un téléroman.Pour comprendre le travail d’un artiste, il faut voir son “show” d'il y a cinq ans et voir le travail de la femme de son meilleur ami, de son professeur.Il faut avoir les références sur place pour qu’on puisse pointer du doigt: ça, ça vient de là, qui vient delà.» D’où son souci d’enrichir la collection du MACM, via les dons et les acquisitions, au cours de son mandat.C’est paradoxal, un musée d’art contemporain avec une collection.Dès qu’une œuvre y entre, elle fait partie du passé et ce qui nous intéresse, c’est le présent Mais pour donner un contexte au présent et montrer comment il se distingue du passé, ça prend des œuvres, une collection pour les mettre en valeur.Plutôt que de s’apitoyer sur le sort de l’institu- tion dans un contexte de raréfaction des ressources publiques, il compte trouver «les groupes qui pourraient se servir du musée et nous aider financièrement aussi en s’en servant».Il regrette que certaines œuvres canadiennes majeures quittent le pays.«Il y a des bons collectionneurs à Montréal, mais il n’y en a pas assez, souligne-t-il.Cest important de servir de référence, de faire partie de la concurrence, parce qu’on veut avoir les meilleures œuvres.» Parcours Marc Mayer a été directeur de la Power Plant Contemporary Art Gallery du Harbourfront Centre à Toronto de 1998 à 2001, l’un des plus grands centres d’art en Amérique du Nord, mais qui ne compte toutefois pas de collection.Adjoint au directeur du 49* Parallel Centre for Contemporary Canadian Art de New York de 1986 à 1990, il a entre-temps été conservateur à la Albright-Knox Gallery de Buffalo, qui avait une grande collection et une politique d’acquisition très importante.Enfin, jusqu’à tout récemment, il travaillait au Musée encyclopédique de Brooklyn à titre de directeur adjoint de l’art.«On m’appelait M.Contenu, j’étais responsable du labo de restauration, des départements de conservation, de la collection, des acquisitions, de la bibliothèque.» Son arrivée au MACM lui permet d’agencer les morceaux du «puzzle» de sa carrière.«Le fait de tout mettre cela dans un musée d’art contemporain, c’est ce qui manquait à ma carrière, lance-t-il, moins par ambition calculée que par fatalité heureuse.C’est une responsabilité de rêve pour moi.» Surtout que c’est au MACM qu’il a découvert l’art contemporain.«Je n’oublierai jamais le premier Borduas que j’ai vu, c’était au JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le nouveau directeur du Musée d’art contemporain de Montréal, Marc Mayer, voudrait que le musée «fasse partie de la vie de tous les gens qui s’intéressent à la culture en général, à la création actuelle».MACM.Ça m’a bouleversé.J’ai commencé à comprendre la problématique de l’abstraction.L'art contemporain, ce n ’est pas une seule chose, ce sont des millions de choses.Tout est possible.c’est angoissant de savoir qu’il n’y a plus de règles, c’est à toi, en tant qu'artiste, de décider ce que tu jais.» Travail d’équipe S’il compte bien faire profiter le musée du talent de conservateur qui le distingue de son prédécesseur, ce sera «de temps en temps et en tant que membre de l’équipe».Celui qui vient de terminer une imposante exposition de Basquiat pour le Brooklyn Museum en 2005 veut prendre un peu de repos et de recul et, surtout, mettre à l’avant-plan les idées de ses collègues du MACM.«Lexpo que j’ai faite à New York a été enrichie par le discours des quatre personnes qui m’entouraient, confie-t-il./’oî appris des choses sur Basquiat que je n’aurais pas pu savoir sans impliquer Merci au Musée d’art contemporain de Montréal Le Musée des beaux-arts de Montréal profite de cet anniversaire pour remercier chaleureusement le Musée d’art contemporain de Montréal de sa collaboration au fil des ans dont l’exemple le plus récent est un prêt d’œuvres important.Les Montréalais retrouveront ainsi Jean d’Aire, un des six bourgeois de Calais sculptés par Auguste Rodin, installé devant le MBAM dans le tout nouveau Jardin de sculptures Max et Iris Stern.Merci de nous permettre de partager cette œuvre splendide avec tous les passants sensibles à l’art et à la beauté.m d’autres gens qui avaient une réflexion sur l'artiste.» Marc Mayer n’entend pas révolutionner le MACM, dont il respecte le développement «J’ai beaucoup d’estime pour ce qui a été fait.On y a mené beaucoup d’expos que j’aurais moi-même réalisées — Nicolas Bayer, par exemple.Je ne viens pas ici comme missionnaire.» Mais il insiste tout de même sur quelques aspects à renforcer, outre la collection du musée citée plus haut.En premier lieu, il souhaite élargir son public, dont il déplore le faible sentiment d’appartenance.«Il n'est pas assez fréquenté par les Montréalais, pas en termes de chiffres mais plutôt dans la relation qu'ils entretiennent au musée.Je veux qu'il fiasse partie de la vie de tous les gens qui s'intéressent à la culture en général, à la création actuelle.» Éduquer et publiciser Pour augmenter le rayonnement du MACM, un important tra- vail d’éducation sur les rouages du milieu est à fain', selon lui, afin de «réserver les questions pour les œuvres».Mais l’attrait du musée dépend aussi d’un juste équilibre entre le fait de présenter des œuvres à la fine pointe de ce que l’art actuel peut offrir et celui de faciliter leur abord.«On ne va pas sertir de /""entertainment" en sacrifiant ce qu’il y a de meilleur dans l’art actuel.Ôn va trouver d’autres façons pour que les gens se sentent à l’aise.» L’exposition exigeante, pointue, mais criante d'actualité de Jessica Stockholder qu’il a montée à Toronto en est peut-être un bon exemple.En témoignent aussi les fameux «Power Balls» qu’il a créés à Toronto: les artistes de tous les milieux étaient conviés, tous les.1" juin, au «party» le plus chic de l’année, lai devise: habillez-vous pour impressionner.«Us ont “réalisé” que c'était Tfun", pas si coincé ni tivp académique comme expérience.C’est devenu l’un des événements sociaux les plus importants.• Autre cheval de bataille, les structures de fonctionnement du musée.Le directeur ne voit pas de problème à travailler avec différents comités — il en existe un pour chaque secteur au MACM-(acquisition, programmation, communications, etc.).«Cest la première épreuve des conservateurs et du directeur.Ça fait partie du système.Il faut pouvoir vendre son idée, être convaincu et convainquant auprès du conseil d’administration.» Il souhaite toutefois assurer la souplesse des structures.«Est-ce que la bureaucratie est trop lourde, y a-t-il trop d'intermédiaires?Y a-t-il des choses qu’on peut simplifier?J’aimerais que ce soit un lieu de travail exceptionnel, que les gens soient heureux et se sentent inspirés.» Le Devoir ‘’’I## Le Musée d’art contemporain V ' msL Nos plus sincères félicitations Ml SI I hl s Bl M V YRTS DI MONTRÉ M.www.mbam.qc.ca Aiiiîumu Rodin (ISMi-Diri./ur/q tf.\nr 1HH" (fonte f%6} < olkuUon Musée d’art uontemponiin tk*'Montréal Don du docteur Max Stern Photo Brian Merretl.MBAM Place des Arts Québec :: Le Musée d’art contemporain de Montréal fête cette année quatre décennies vouées à la diffusion et à l'avancement des expressions artistiques actuelles.Pour ces 40 années d'excellence, d'avant-qarde et d’absolue modernité, au Musée d'art contemporain de Montréal! La ministre de la Culture et des Communications, Line Beauchamp Québec Eaca cira LE DEVOIR.LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 SEPTEMBRE 2004 G 4 • MUSEE D'ART CONTEMPORAIN • EXPOSITIONS L’automne est une autre saison « Une programmation à la fois audacieuse et classique, pour tous les goûts» De l’audace et de la classe.Voilà ce que le Musée d’art contemporain de Montréal (MACM) nous propose avec sa programmation d’automne, qui se compose essentiellement des œuvres des ténors du film, de la photo, de la sculpture et de la danse.Pour les performances de la relève, il faudra patienter jusqu’en janvier.Entrevue avec Paulette Gagnon, conservatrice en chef du musée.SOURCE MAC En 1968, le MAC inaugurait ses locaux à la Cité du Havre avec Peinture en France.¦ MYLÈNE TREMBLAY v Ala*veille de son 40" anniversaire, le MACM se veut tout sauf fermé et terne, comme certains pourraient le croire.«Depuis qu'on est au centre-ville, on essaie de joindre le plus grand nombre de visiteurs possible avec des expositions de qualité et diversifiées», assure Paulette Gagnon, conservatrice en chef du musée depuis son ouverture coin Sainte-Catherine et Jeanne-Mance en 1992.Des grands noms de l’art contemporain, l’institution nous en promet plein la vue'et l’ouiè pour la rentrée 2005.Mais rien de particulier à signaler au chapitre des expositions prévues en cètte année anniversaire.«Ce n’est pas parce que c’est le 40?qu'on change notre programmation, dit Paulette Gagnon.Il y aura des événements pointus pour l’occasion, mais au niveau des expositions comme telles, on n’a pas eu plus dé budget pour le souligner.» Qu’à cela ne tienne, le musée entend au moins respecter le mandat qui lui est confié depuis sa fondation, soit la mise en valeur de l’art québécois, canadien et international.«Le musée a un mandat à la Juis historique et contemporain, mais les expositions sont davantage centrées sur l’art actuel, précise Paulette Gagnon.Toutes les disciplines en art contemporain, à l'exception de l’art décoratif, sont représentées à travers les expositions temporaires et celles de la collection permanente.» S’il est un secteur que le musée valorise beaucoup, c’est'celui des expositions itinérantes, fait remarquer la conservatrice en chef.«La circulation des expositions est très importante car elles sont vues en dehors de nos murs par des visiteurs d’ailleurs.Elles permettent de diversifier les publics.» Cet automne, quatre artistes iront faire voir leurs œuvres ailleurs! Melvin Charney et Nicolas Baier seront à Sherbrooke, alors que Lyne Lapointe et Borduas prendront place en France, l’une à La Rochelle et l’autre à Versailles.Tout un programme Avant d’aborder les expositions qui prendront l’affiche sous peu, faisons d’abord un détour du côté de deux expositions qui sont toujours en cours et que l’on gagnerait à voir avant qu’elles ne se terminent.Place à la magie! L’exposition Les années 40, 50 et 60 au Québec se consacre, comme son titre l’indique, au volet historique de la collection.Dans cette sélection d’une cinquantaine d’œuvres se côtoient les Borduas, Riopelle, Alfred Pellan et autres Guido Mo-linari.On a encore le temps, jusqu’en mars 2007.L’exposition thématique Où réunit quant à elle une dizaine d’ac-quisitions récentes réalisées par autant d'artistes qui nous montrent, à nous, spectateurs, quel est notre rapport avec l’œuvre.Le temps presse, jusqu’au 17 octobre.Maintenant, les nouveautés.Au menu de la saison d’automne, six noms sont à retenir: Isaac Julien, Edward Burtynsky, Laurent Pilon, Michel Goulet, Matthew Barney et Ginette Laurin.«Il s’agit d'une programmation à la fois audacieuse et classique, pour tous les goûts, fait valoir Paulette Gagnon.Par exemple, Laurent Pilon a un côté audacieux car son travail n'est pas évident pour tout le monde.On aime ou on n’aimc pas.Tandis que Michel Goulet fait partie de l’histoire de l’art du Québec en sculpture.» Isaac Julien Artiste londonien réputé sur la scène artistique contemporaine pour ses installations vidéo, photo et film, Isaac Julien voit ici sa première exposition canadienne avec la présentation de ses œuvres les plus récentes, Paradise Omeros, Baltimore et True North.«Ses œuvres sont toujours présentées une à la fois, remarque Paulette Gagnon.On s’est dit que ce serait bien que le MACM soit le premier à lui dédier une exposition.» Elle ajoute, non sans fierté, que l’artiste a créé une œuvre qui sera présentée au musée en primeur nord-américaine.Chacun des films d’Isaac Julien, portant sur la problématique de l’identité noire, sera projeté sur trois immenses écrans «dans lesquels le spectateur est presque invité à entrer», indique la conservatrice en chef qui dirige elle-même cette exposition.Avant d’en venir aux films expérimentaux en art visuel, Isaac Julien s’est fait la main comme cinéaste et a participé à tous les grands festivals de films au monde.Du 8 octobre au 9 janvier.Burtynsky et Pilon Edward Burtynsky a un parcours tout autre.Figure importante de la photographie contemporaine, le Torontois se plaît à capter sur pellicule des paysages dévastés par l’activité industrielle — carrières, mines, voies ferrées, usines de recyclage, raffineries, chantiers navals de démolition.Organisée et mise en tournée par le Musée des beaux-arts du Canada, l’exposition Paysages manufacturés.Les photographies d’Edward Burtynsky constitue la première rétrospective d’envergure de ses œuvres.Le MACM a fait récemment l’acquisition de l’une d’entre elles.Du 8 octobre au 9 janvier.Avec Le Cri muet de la matière, c’est une première exposition personnelle dans un musée pour le sculpteur québécois Laurent Pilon.«On connaît cet artiste depuis longtemps mais il n’a jamais été vu à Montréal, indique Mme Gagnon, qui a visité son atelier dans les Lau-rentides à plusieurs reprises avant d’arrêter son choix sur lui.Il a une maturité d’expression remarquable.» Une vingtaine d’œuvres en résine de polyester, inédites et nouvellement conçues, viendront démontrer la maîtrise de l’artiste.Egalement du 8 octobre au 9 janvier.Goulet et Barney Autre sculpteur québécois à l’affiche cette saison, Michel Goulet se voit consacrer une exposition inscrite dans le volet monographique de la collection permanente du musée.Paulette Gagnon insiste pour dire qu’il ne s’agit pas d’une exposition tirée uniquement de la collection.«On a emprunté au moins six ¦ œuvres à d’autres institutions», in-dique-t-elle.Le MACM possède une douzaine d’œuvres de l’artiste, réalisées entre 1976 et 1997, qui constituent le point de départ de l’exposition Part de vie, part de jeu.D’autres sculptures et créations graphiques, parmi lesquelles certaines sont nouvelles et inédites, complètent l’ensemble.Du 11 novembre au 3 avril.Quelques mots sur le Cremaster Cycle de l’artiste américain Matthew Barney, singulier projet s’il en est un.Dans cette suite épique de cinq films, Barney y campe des personnages mutants en lutte contre on ne sait trop quelles forces maléfiques.Présenté en série, à trois reprises, à la Cinquième SaBe.Ginette Laurin Enfin, Ginette Laurin.Pour sa 10" édition de résidence d’artiste, le musée accueille en ses murs la chorégraphe et fondatrice de la compagnie de danse contemporaine O Vertigo, qui souligne ses 20 ans cette année.Ginette Laurin a passé tout l’été à réaliser son projet d’installation et performance La Résonance du double, qui sera présenté du 15 septembre au 31 octobre à la salle Beverly Webster Rolph.«Il s’agit d'une création inédite mariant la danse et le film qui cadre bien dans un musée puisque ce n’est pas un spectacle conventionnel répété tous les soirs», explique Paulette Gagnon.Ginette Laurin a travaillé ultérieurement sur la thématique du double alors qu'elle avait fait danser ensemble un vieillard et un enfant Cette fois, elle met en scène des performances exécutées par de vraies jumelles! Le MACM est le seul musée à Montréal à offrir une résidence de création à des artistes sur une durée de deux mois en vue de présenter une œuvre en ses locaux.Depuis 1994, les grands bonzes de la danse et du théâtre s’y sont relayés, de Robert Lepage à Ginette Laurin en passant par Denis Marleau, Marie Choui-nard, Jean-Pierre Perreault.Notons en terminant que le musée présente régulièrement des vidéos d’art en complément de ses expositions.Cet automne, on aura droit à la projection en continu d’un film d’Isaac Julien.Dès janvier, des jeunes artistes d’ici et d’ailleurs prendront la relève (c’est le cas de le dire!) avec leurs performances et installations vidéo, qu’ils auront au préalable promenées de par le monde dans les festivals de films.Bonnes expositions! Directions muséales Un musée unique « Un phare qui s’est affirmé depuis son arrivée au centre-ville» Institution unique au Canada, le Musée d’art contemporain fait tourner les têtes.Certains considèrent qu’il fait bon côtoyer l’institution de la rue Sainte-Catherine et les pairs de la profession sont à mettre dans le clan des amis du musée.Institution généreuse, dont le taux de professionnalisme est à apprécier, le bulletin de notes décerné par ses pairs au MACM le place en haut de la classe.BERNARD LAMARCHE Le premier, Pierre Théberge, aujourd’hui directeur du Musée des beaux-arts du Canada, considère que le musée est un joyau dans le paysage muséal canadien.Joint à Paris, de retour de Saint-Pétersbourg où il assistait à l’ouverture de l’exposition de Torn Thomson, Théberge soutient d’abord que «le musée existe pleinement comme institution professionnelle».Théberge n’hésite pas à vanter le personnel du MACM pout le professionnalisme qu'il démontre, notamment dans la qualité de présentation des expositions._ Aussi à afficher parmi les faits d’armes du musée, les colloques «uniques et remarquables» organisés par l’institution.L’ancien directeur du Musée des beaux-arts admet que «le milieu montréalais est très dynamique» et que cette réalité ajoute aux attentes envers l'institution.Mais Théberge «pense que le musée fait des efforts très importants de ce côté», afin de créer un dialogue entre le public et la capacité d’exploration théorique dont le musée fait preuve.Théberge insiste principalement pour souligner la compétence: «Derrière le spectacle, il y a des gens qui ont le feu sacré.Ils ont des ressources extraordinaires.» PACART Québec inc.Services muséologiques Un acquis Pour Cari Johnson, qui cumule les fonctions de président de l’Association des musées québécois et de directeur général du Musée régional de Rimouski, le musée «est un acquis extraordinaire dans la communauté muséale québécoise», un «phare qui s’est affirmé depuis son arrivée au centre-ville».La force du MACM est évaluée par Johnson en fonction.de l’ensemble des services de la boîte: sa médiathèque est une mine d’or; ses services de conservation, la qualité des publications et de la recherche, ses programmes éducatifs ainsi que sa direction générale contribuent au constat que trace Johnson.Ce qui rassure celui qui est également directeur du Musée régional de Rimouski, c’est l’importance qui est accordée à la recherche dans ses murs.«On a de la difficulté à assumer cela dans nos petites boites.C’est au bénéfice de tout le monde.» Johnson est à même de juger du rayonnement du musée à l’étranger «R faut être à l’étranger pour l’entendre.Je le vois par des collègues que je rencontre.Le programme de prêts et de circulation des expositions contribue grandement à cette réputation.» Pour Johnson, le MACM est une institution qui pourrait toutefois être plus forte.«On ne sent pas que c’est un musée incontournable pour le grand public.C’est à lui de se positionner pour le faire.Depuis quatre ou cinq ans, c’est en train de se faire.Ça va peut-être prendre de l’ampleur.» La collection souffre du manque de capacités d’achat, «comme tout le secteur contemporain.Ce n’est pas lié à des incompétences, assure le muséologue, mais à un contexte politique.L’air dq temps n’est pas à la collection».A la défense du musée, celui qui a longtemps gravité dans le milieu des centres d’artistes souligne que «le milieu de la création contemporain est très dur et ne se rend pas compte de la complexité du mandat de l’institution».Une rareté Les nouvelles sont meilleures de Toronto.Le conservateur à l’art contemporain du Musée des beaux-arts de l’Ontario (AGO), David Moos, considère lui aussi le MACM comme une rareté qu’il faut choyer.«C’est une excellente institution et probablement la plus importante au Canada qui soit uniquement consacrée à l’art contemporain.J’ai de très grandes SOURCE MAC Une œuvre de Shirin Neshat.attentes envers cette institution et j’éprouve beaucoup d’admiration et de respect pour elle.» Rien n’échappe aux éloges du conservateur l’architecture du musée et la force de ses archives, qui donnent une incontournable dimension historique à son objet d’étude contribuent à faire du MACM un endroit enviable.Sans vouloir en faire une critique comme telle, Moos observe — la chose peut sembler étonnante du point de vue local — qu’un nombre insuffisant d’expositions internationales sont insérées dans la programmation.«La programmation demanderait à embrasser davantage une perspective globale.Tout le monde va être d’accord pour dire que le musée fait un travail superbe pour montrer l’art québécois et montréalais.Mais cette culture demande à être contextualisée dans le cadre plus large de l’art international.» Selon Moos, Marc Mayer est tout simplement l’homme idéal pour succéder à Marcel Brisebois en raison de sa vision et de ses expériences tant en France qu’en Amérique du Nord.Moos place cette nomination dans ce qu’il voit comme un nouvel esprit du temps {«a new Zeitgeist») qui se dégage actuellement au sein des institutions muséales canadiennes avec les nominations de Guy Cogeval et Matthew Teitlebaum à l’AGO.Cette nouvelle direction, ancrée dans le XXIe siècle, tranche avec l’attitude précédente, toute intérieure et pressée vers la définition d’une identité.A ce stade, «il est temps de montrer à la face du monde cette personnalité».Le conservateur à l’art contemporain pense que le MACM, sous la direction de Mayer, va contribuer à cette nouvelle synergie, notamment à travers des collaborations avec des collègues canadiens, selon lui trop rares jusqu’à maintenant.Le Devoir Le CENTRE INTERNATIONAL D'ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL Vous invite à participer à la toute première édition du ncOURS devenez CRITIQUE D’ART PACART Québec félicite le Musée d'art contemporain pour ces 1 40 années vouées à la diffusion de l'art contemporain.Transport muséologique à travers le Canada — construction de caisses et emballage — services de transitaire international — entreposage et installation 4107, rue Cousens, Saint-Laurent (Québec) H4S IV6 Téléphone:514-334-5858 Télécopieur:514-334-5006 www.pacartca présenté en collaboration avec le journal Le devoir Vous êtes invités à rédiger un texte critique en français sur une des œuvres sélectionnées présentées à ta 4e BIENNALE DE MONTRÉAL du 24 septembre au 31 octobre 2004 et ainsi gagner plusieurs prix intéressants.Maintenant ouvert à tous! Inscription par internet jusqu'au 15 octobre 2004 : concoursBciac.ca Tél: 514 845-1462 ou consultez le site du CIAC pour les règlements complets: www.ciac.ca/concours #:aa'i,aar.; :;iia!uiv-a des a\ aiu manquata-cav^pl^naai aa aaaVcLv^a ca.r.aîv.^caaA-.a au .Cuabec.¦ ., ¦ ' -i;- .-.' ' v : f V> LE MACM, C'EST AUSSI.LA ROTONDE, le restaurant du MACM Une cuisine raffinée dans un cadre hors de l'ordinaire, * à un prix tout fait abordable.Idéal pour les repas d'affaires et lors des soirées de spectacles.Réservations : (514) 847-6900 LIBRAIRIE-BISTRO OLIVIERI On y découvre un vaste choix de catalogues d'expositions, de livres et d’ouvrages en art contemporain.LA BOUTIQUE L'endroit tout désigné pour trouver un souvenir, un-cadeau original ou un objet de décoration qui a du style.Surveillez la formation de jazz contemporain IKS au MACM, lors des Journées de la culture, les 25 et 26 septembre prochain !
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