Le devoir, 8 novembre 2008, Cahier E
L K DEVOIR.LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 NOVEMBRE ÜO08 THÉÂTRE Lortie au NTE Page E 4 des vivant KKANCOIs Kl VA R! ! RAM.OIS RIVARD ^ mÈIÊÊm AKtlUVf.S I I I)KVOIH DANSE Hommage à Kyliân Page E 5 ?¦ ?v S A M E I) I I) I M A X C II E X (I V E M B H E COLTURE THÉÂTRE L’intensité, toujours La Veillée propose une réflexion où mysticisme et spiritualité côtoient la violence et la mort MICHEL BÉLAIR C> est surtout grâce aux gens de U Veillée — et au mandat qu’ils se sont donné de mettre en scène des écritures théâtrales d’ailleurs — que l’on connaît ici autre chose de la dramaturgie suédoise que l’œuvre de Strindberg.Merci.En l’espace de quelques années à peine, voilà qu’on en est à la quatrième production d’un texte suédois dans le petit théâtre de la rue OnUuio.Entre Thistoire et l’intime L'Heure du lynx, une pièce écrite à Paris au début des années 1980 alors que Per Olov Enquist vivait lui-méme les affres de la déprime, prend l’affiche mardi dims la grande salle du Prospero dans une mise en scène de Téo Spychalski; c’est déjà la deuxième pièce d’En-quist que propose l’équipe de La Veillée.En 2002, en effet, dans Im Nuit des tribades (avec Gabriel Ar-cand et Anouk Simard), Enquist «s'attaquait» à la vie sexuelle de Strindberg tout en affirmant ainsi sa tendance à s’appuyer sur un personnage historique pour raconter ses histoires: comme dans Pour Phèdre, par exemple, ou son tout récent Blanche et Marie sur Marie Curie.Pourtant, ici, Téo Spychalski, qui signe la mise en scène, et le jeune François Arnaud, qui joue le rôle principal, expliquent que L'Heure du lynx est plutôt l’histoire d’un jeune garçon dont on ne connaîtra même pas le nom, qui est animé par une intense quête spirituelle.L’entrevue se déroule en début de semaine au café du Prospero, à l’étage, alors que l’on commence à peine à construire le décor, en bas.C’est donc sous l'écho plus ou moins feutré des scies à découper et des coups de marteau que Téo Spychalski apporte d’abord quelques précisions supplémentaires sur Per Olov Enquist Le directeur artistique du Groupe de la Veillée s’empresse de souligner à quel point il considère Enquist comme un énorme écrivain, que l’on ne connaît pas assez de ce côté-ci du pôle Nord: «C’est un créateur à placer dans la lignée de Bergman.Un auteur très puissant, parmi les cinq plus importants que j’aie jamais rencontrés.» Il raconte que l’écrivain suédois ne s'est pas contenté d’écrire pour le théâtre.Il a signé aussi de nombreux romans, des essais et des documentaires, et partout dans son œuvre, et pas seulement au théâtre, il s’ingénie à placer des personnages connus dans des situations imaginaires, mais tout à fait plausibles, à la croisée de l’histoire et de l’intime.Il a ainsi abordé des personnages comme Rudolf Hess (pour décrire le fascisme de l’intérieur), Hans Christian Andersen, Marie Stuart, Phèdre WÈÊÊÊi lld 1 H W.Â'Ütlj' JACQUES (iKKNIKR l.E DEVOIR Le comédien François Arnaud, qui tient le rôle principal dans L’Heure du lynx, de Per Olov Enquist, en compagnie du metteur en scène, Téo Spychalski et même un héros de Jules Verne dans La Bibliothèque du capitaine Némo.Spychalski dira de la pièce qu’il met en scène qu’Enquist y réussit un «tour deforce» d’intensité et de densité.«Il y a dans cette pièce une sorte de simplicité volontaire: c’est d’abord le texte qui compte.L’heure du lynx, c’est l’heure de ce qui se laisse sentir avec l’arrivée de la nuit; celle où les frontières sont floues, où tout est possible.Et pour rendre cet univers sensible, Enquist s’en tient aux mots.Ce n'est pas un théâtre spectaculaire ou un théâtre d’effets.C’est par les mots et par le jeu des acteurs que l’on arrive à sentir ici l’intensité de ce jeune homme qui parvient à se rencontrer lui-même.» La beauté du monde Se rencontrer parce qu’il se cherche, évidemment, ce jeune homme.Ou plutôt parce qu’il cherche à comprendre ce qui a bien pu lui arriver.Car, au départ, l'histoire est plutôt sordide: c’est celle de l’assassinat de deux retraités qui s’installaient dans la maison du grand-père décédé du tout jeune garçon.Emprisonné, le jeune criminel est plongé dans une psychothérapie expérimentale qui deviendra de plus en plus intense à mesure qu'il s’y engloutira, en amenant la psy (Isabelle Tinder) à conclure au délire et en provoquant une profonde remise en question de la femme pasteur (Marthe Turgeon) qui le «suit» aussi — Gaétan Nadeau complète la distribution.Le metteur en scène parle presque de mysticis- me et d’illumination; d’une quête spirituelle hors du commun par laquelle le jeune homme atteindra à la paix intérieure, François Arnaud, qui sort à peine du conservatoire, jouera ici son premier grand rôle au théâtre après quelques présences à Fred-Barry (Tendres totems et croquis cruels de Francis Monty), auTNM (L’Imprésario de Smyrne de Goldoni) et surtout au cinéma, où il sera dans quelques semaines le jeune et bel amant des Grandes Chaleurs de Sophie Lorain aux côtés de Marie-Thérèse Fortin.Son premier rôle au Prospero l’a amené à réfléchir intensément à toutes ces questions où les mots «religion», «spiritualité» ou «quête du sacré» se côtoient sans jamais vraiment vouloir dire la même chose.C’est lui qui soulignera que son per- sonnage en vient à baigner dans une sorte d’harmonie panthéiste et qu’il est finalement en connexion directe avec la beauté du monde.«H n’y a rien de violent dans le texte, dit-il; au contraire, c'est de l’anti-Sarah Kane.U jeune homme résout le conflit qui l’habite en rétablissant le lien avec la nature.Avec les seuls moments de bonheur qu'il a connus dans sa vie dans la maison de son grand-père plantée m pleine nature.» Le jeune comédien — qui se dit «gâté» de travailler à un tel rôle entouré d’une «équipe pareille» — a tout pour connaître une carrière ftil-gurante; on dirait un Marc-André Grondin en plus élancé et en plus séduisant.Un cool avec une voix et un sourire irrésistibles.Téo Spychalsld l’a rencontré par hasard dans une sidle de spectacle alors qu’il gagnait son siège et lui a tout de suite proposé une séance de lecture, persuadé déjà qu’il venait de trouver le jeune homme un peu bizarre mis en scène par Enquist; son intuition s’est confirmée rapidement Le personnage n’est pas facile.«Ce n'est pas un psychopathe, reprend le comédien, mais on n’est pas dans Iü Ptite Vie non plus; ce jeune homme n'a rien d'habituel.On peut facile-ment le qualifier d"‘extrême”, comme dans "extrêmement intense".La notion de pardon, par exemple, en viendra à prendre un sens très particulier pour lui, et c’est cela qui fera craquer, différemment, les deux femmes qui l’entourent et le surveillent» Reste à voir comment il réussira à traduire ce rôle à la fois intense et subtil que Téo Spychalski décrit comme «une étude intelligente sur la source de ces psychoses qui mènent souvent aux envolées mystiques et qui par-fins débouchent aussi sur l’art en général».Beau défi.Le Devoir L’HEURE DU LYNX Texte de Per Olov Enquist mis en scène par Téo Spychalski.Une production du Groupe de la Veillée présentée au théâtre Prospero du 11 novembre au 6 décembre.ti i « m n i il i o PS i s COMPAGNIE LOUIS BROUILLARD [FRANCE) TEXTE ET MISE EN SCÈNE : JOÉL POMMERAT UNE PRÉSENTATION ESPACE GO DU 26 AU 29 NOVIMBRE 2008 Prix du Syndicat de la critique pour la Meilleure création en langue française 2006 Véritable coup de cœur à sa création au Théâtre Paris-VillettB en 2006, puis en 2007 au Théâtre des Bouffes du Nord.Une suite de courtei teints drôlement Ironique» tur le thim» de la parentalité i Une fillette en vlilte chai ton père te met soudainement A le vouvoyer.I Un homme autoritaire reproche à ion ni» ta touplette invert ton petit-flli.I Une femme appelée A la morgue peur identifier un corp» qui pourrait être celui de ton fill oit gagnée par un Immente fou rire.I Un auhe spectacle de Joël Pommerai, LE PETIT CHAPERON ROUGE, ouvrira la 10* édition du festival Les Coups de Théâtre les t Z et 18 novembre 2008, à l'Usine C.Renseignements : 5 U 844-2172 VAMMCOUPfDITHIM1U.COM la fureur William Faulkner Pierre-Yves Lemieux Luce Pelletier r miliu Bibeau Francis Ducharme JiMirvFrarHXxi! Hnrrisson Patrick Htvon Pierro-Prnnçois Ukjorn Ju > Han Masson Mireille Metetlus l inilit ; Fil Germain I iKlovir Bonnier Julio Breton Olivier I nnclrevillu CI.’«rr I ‘I lin houx Caroline Poirier Jocelyn Proulx 4.Théâtre ESPACE GO W ÔH90.bout Saint Laurent RowrvMions : 514 R4S 4H90 mi 514 522-939.1 LES (VRAIS DE VRAIS) ADIEUX de CLÉMENCE CLÉMENCE DESROCHERS EN SOLO, UNE DERNIÈRE FOIS À MONTRÉAL LE 16 DÉCEMBRE 200» ÉVÉNEMENT BÉNÊfICE AU PROFIT D'ESPACE GO AVEC IA COMPUCITÉ D’EVELYNE DE IA GHENTHERF.MARIE MICHÉLE DESRCJSIERS, RITA LAFONTAINE ET DANIÈLE PANNETON Tan! dos billots 200 $ (incluant un vin d'honneur) (Un reçu pour fins d'impôts équivalent à la portion don seta remis.) 4890, BOUl SAINT-LAURENT, MONTRÉAL 514 845-4890 espacegocom î 1 De Per Olov Enquist Production Le Groupe de la Veillée Partenaire ERICSSON ^ du 28 octobre au 22 novembre 2008 (JihMum îîïî M GTo^ Mise en scène Téo Spychalski Traduction Asa Roussel k Avec François Arnaud, Marthe Turgeon, Isabelle Tlncler, Gaétan Nadeau ON JOUE AU [PROSPERÔ] I Billetterie 514 526-6582 Réseau Admission 514 790-1245 mar.jeudi vend.sam.20 h merc.19 h jeudi, 2 pour 1 11 n o v 6 d é c REPETE A ECLAIRAGE DIFFERENT IMPRIME SUR COULEUR E 4 LE DEVOIR.LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 NOVEMBRE 2 0 0 8 CULTURE THÉÂTRE Autopsie d’un massacre Alexis Martin et le NTE abordent le cas de Denis Lortie comme une «métaphore du Québec» MARIE LABRECQUE Coïncidence?La fiction québécoise explore cette année, comme elle ne l’avait jamais fait avant, des tueries qui ont marqué son histoire.Alors qu’on attend le film de Denis Villeneuve sur la tragédie de Polytechnique, une pièce du Nouveau Théâtre expérimental (NTE) se penche sur le cas de Denis Lortie.Presque 25 ans après sa sanglante irruption à l’Assemblée nationale, Alexis Martin enfile Tuniforme de camouflage de l’ex-caporal de l’armée canadienne.Et ô hasard, le comédien incarnait lui-même la victime d’un tueur fou dans le film Le Banquet, cet automne.À quoi attribuer cette conjonction artistique?Peut-être que la fusillade du collège Dawson a rouvert des plaies mal fermées.Ou, tout simplement, le temps a fait son œuvre et, comme le suppose Alexis Martin, sa génération est maintenant assez mûre, a suffisamment de recul pour décortiquer ces drames nationaux arrivés durant sa jeunesse.Pour le codirecteur du NTE, le cas de Lortie est de toute façon spécial, tant on peut y lire une métaphore du Québec.C’est l’argument de l’auteur de Lortie, l’essayiste Pierre Lefebvre, rédacteur en chef de la revue Liberté.Fidèle à son mandat de «décloisonner» le théâtre, la compagnie expérimentale aime se frotter à ces auteurs La tragédie portait en soi «une matière très riche, au niveau à la fois mythique et dramatique».Rappelons que Lortie avait motivé son geste fou en expliquant que «le gouvernement du Québec avait le visage de son père.Donc, il s’en allait abattre le père malfaisant.Et il est tombé sur une fi- L’auteur de la pièce fait le pari qu’il y a des liens puissants entre l’histoire personnelle de Lortie et la psyché québécoise issus d’autres domaines (pensons au médecin de Sacré-Cœur).«Ça donne une pièce où il y a une intéressante juxtaposition entre l'anecdote, assez fidèle à ce qui s’est passé réellement, et un chœur à la grecque de trois comédiennes, qui vient expliquer, éclairer, nuancer», expose Martin, qui a aidé l’auteur.Un aller-retour entre ce «regard plus sociologique» et le face à face opposant Lortie au courageux sergent d’armes René Jalbert (incarné ici par Henri Chassé).gure paternelle bienfaisante: Jalbert.» H est aussi tombé, heureusement, sur une Assemblée nationale presque vide.Avec Lortie s’installant dans le siège inoccupé du «père» (le président), l’événement imposait des images d’une charge symbolique «incroyable».Une histoire québécoise Au dire de Martin, c’est surtout une histoire pleine de «québécitude».L’auteur de la pièce fait le pari qu’il y a des liens puissants entre l’histoire personnelle de Lortie et la psyché québécoise, sa généalogie et une société peut-être elle-même «un peu incestueuse, trop re- Le THÉÂTRE DE LA MANUFACTURE présente du 14 Octobre au !2 novembre 2008 «le DENNIS KEI lY flair, une Imdudinn de IANNY BRI It Mise en ène MAXIMI DFNOMMII Ave.SOPHIE ( ADIEUX El MAXIM (.AUDE1TI ( omeplems IINDA UNI INI I LE, MARIE-HEl ÈNE DUFORT, OLIVIER I ANDHFVII.LI.IAR5FN LUPIN.ANDRÉ KIOUX, PATRICIA RIJEI SII/ANNI IREPAND R i in i'-;i vile |»w I rilh'iiolinn «l*11 n IhiIr lIdr I 11 a plot o untr; fnit vit'1 comprontlro quo In pire* dus terteufs oM i olio ijiip | un i rôo • ho; qui Nylvio Nn)nl 1:1* i|ik«5.1 fî l'ipssp - j | un htih (jti5 l'innifnni.nn ion il do jon d" pouvoir | J d'uno ii’ilniitnhlo offit m ilo |t|ui| no cusRO,jUfx|u’à ràpofhônso, iln «jnijnoi on Inlunsiln.do jmint ç.iuullnmontnvut los nnrf*?don npui Intuntfi I III I :l*:lll ',:lilll lïi>tl*: Vnj| linniovniuo ' a h Iff II' | | In «|i inllln unuoi.ilo do In pimltirliun.In jiiRlegsH du Ion | | In dut hlrnnlu yérltô du In mnindru ropli'iuo I I In mr.r on m ono slupofinnlo do prm Mon | | lo jon uxiupllonnnl | | In rpsnniinnro i||r> IihiI t o|n ngito dnip.lo i ioiii ol In tnlo dn -.poi Inloin MR ludlloInn Irliovoli | 11 ot|o IniHiun do fnnm ohl nnrtlulo on osl unu iinivuisolli | | In mir.o on scène | | nnil'i sort «lo I oiifoimoinonl «Inhiinlu'i ol notr; vtnniono -ivnntmonl.lo Minun oni imu silromoiil | | Apio'.lnfin on HnpnilooiH;oio lo suüfHo onurl l |:1ll*Uil I :IUN Ill'll*' .|lil|l|l.ll«||lMMrt(n>ttl | mpixe';,.’/-.’vgc'L i*'4é « hi.’l>.Il Dhuih HÉSIAtl ADMISSION Tïïl'f, èAWUf AU MON.MÉAl Ai4.rvO.1MS ou J WMiw.thoAtialnlkoinu.com 1.1J00 3&1A5V5 514.523.2246 IA LICORNE LA PIÈCE LA PLUS CÉLÈBRE, LA PLUS CORROSIVE ET LA PLUS TROUBLANTE D’HAROLD PINTER [RENCONTRE AVEC YVES DESGAGNÉS AUX BELLES SOIRÉES DE L'UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL LE LUND117 NOVEMBRE A19H30] // WWW.BELLESSOIREES.UMONTREAL.CA MISE EN SCÈNE ÎYVES DESGAGNÉS D HAROLD PINTER TRADUCTION [RENÉ GINGRAS Théâtre du Nouveau IvIonde AVEC BENOÎT GIRARD + NOÉMIE GODIN-VIGNEAU+JEAN-FRANÇOIS PICHETTE HUBERT PROULX PATRICE ROBITAILLE El MARCEL SABOURIN Assistance à la mise en scène et régie CLAUDE LEMELIN // les concepteurs MARTIN FERLAND d- JUDY JONKER + MICHEL BEAULIEU + CATHERINE GADOUAS + NORMAND BLAIS + FRANÇOIS CYR [À L’AFFICHE 1] TNM.QC.CA//514,866.8668 M” sir; fermée sur soi, étouffante».L’acteur voit ces connexions dans la «relation à l’autorité, au père, à la famille.Lortie vient d’une enfance complètement sinistrée —famille nombreuse, père abusif, violence, inceste — où tout était caché, muet.Il y a sa difficulté de s’exprimer, aussi.On sent qu’il est emmuré dans une sorte de silence, qui est un syndrome proprement québécois — peut-être moins maintenant.» «Depuis que je suis jeune, j’ai senti au Québec une sorte de violence rentrée, qui se traduit par beaucoup de silence, surtout chez les hommes.Un non-vocabulaire, mais chargé d’émotions.J’ai toujours essayé de parler de ce que j’appelle la violence ordinaire des tavernes.La violence, c’est là où la politique et la discussion finissent.» Provoquée par la naissance d’un fils, donc la peur de devenir père, la crise meurtrière de Lortie met en jeu un problème de transmission, notre «difficulté d’assumer une continuité, de nous établir fermement, dans la confiance d’élever des enfants.Et de léguer me langue forte.Il y a un constant sentiment d’inaccompli, je trouve, dans cette société-ci».Le lieu de pouvoir déserté dans lequel aboutit le tueur renvoie aussi l'auteur de Matroni et moi au thème qui l'habite depuis toujours: la mort de Dieu.Une absence peut-être plus marquée Ici qu’ailleurs en Occident.«Aù Québec, on dirait qu’il y a quelque chose d’indéterminé, de flottant dans les institutions, Et on a l’impression que c’est souvent le premier ministre du Québec qui devient une sorte de parent.C’est une fonction exigeante où on a l’impression qu’il faut d la fois être un haut fonctionnaire et le père de la nation, Ce qu’on sent moins au Canada anglais.» Bref, s'il ne peut totalement l'expliquer rationnellement, Alexis Martin sent intuitivement que ce récit «fait partie de Ison] histoire, de ta société où (Il a) grandi, Et c’est ce qui [le] touche beaucoup dans ce personnage, On aborde cette histoire avec beaucoup de respect, C’est un drame malheureux», Jouer Lortie Mais comment Incarner cet être perturbé — qui a depuis ex* primé force regrets?«C’est toujours le même effbrt d’essayer de se mettre dans la peau de l’autre, Je trouve ça passionnant, Et très difficile, C’est quelqu'un en crise de psychose aiguë, avec une pensée et un langage asset démstruits.La syntaxe elle-même trahit sa désarticulation, une logique évidente pour f|S • JACQUES OBENIER LE DEVOIR Dans Lortie, Alexis Martin enfile t'unlforme de l'ex-caporal de l'armée canadienne Denis Lortie.lui et qu’on comprend, mais qui sort tout croche.Donc, c’est très dur à mémoriser, ce tangage qui lui est particulier il essaie de parier, par exemple, de te au’H vivait dans sa /amille.Mais la pensée n’est jamais finie; c’est un personnage qui est dans ce qui n’est pas dit, toujours au bord de nommer, mais arrêtant juste avant le mot.» Un psychiatre a été Interrogé longuement pour la pièce, Et l'acteur a étudié Lortie dans les archives visuelles disponibles.«J’ai essayé de m’inspirer de sa façon d’être, de respirer -= tes émotions sont tellement liées à la respiration, Sans faire une imitation, Mais c’est sur que ça nourrit beaucoup, Les tics faciaux, ta façon d’articuler, tout ça trahit quelque chose d’intérieur,» Tout de même délicat, de travailler sur une histoire réelle, «C’est pourquoi c’était très important pour nous qu’il y ait une transposition.On n’a pas une prétention de véracité historique, plutôt de vérité artistique, Au théâtre, on est là pour transcender l'événement et demander: qu’est-ce qu’il y a au cmr de ça qui nous concerne encore?» Beaucoup de choses, apparemment, Selon Alexis Martin, Lortie nous laisse avec plusieurs questions Intéressantes, Sur notre rapport à TEtat, sur «comment on apprend aux Jeunes garçons d devenir des hommes», sur ce qu'on lègue aux enfants; sur le niveau de maturité de la société québécoise.Bref, un quart de siècle plus tard, la tragédie continue de nous hanter, même si on n'en a pas conscience.,, Collaboratrice du Devoir LORTIE De Pierre l^febvre Ise en scène de Daniel Brière l'Espace libre, du 11 novembre au 6 décembre.îfi RÉSERVEZ RAPIDEMENT: - EN LIGNE : WWW.THEATREDAUJQURDHUI.QC.CA -GUICHET = 514 282 3900 DU 28 OCTOBRE AU 30 NOVEMBRE 2008 AU THÉÂTRE D’AUJOURD’HUI 3900, RUE SAINT-DENIS, MONTRÉAL H2W 2M2 CRÉATION THéATRÉ D'AUlOURO'HUI S I • C’EST BIEN MElUfU ÏÉJOURNAL « SAMEDI ET RIEN D’AUTRE JOURNAL DE MONTREAL RENE - DANIEL DUBOIS TEXTE RENC-DANIEL DUBOIS - MISE EN SCÈNE RENÉ RICHARD CYR - AVEC MICHEUE ROSSIGNOL - BENOIT MCGINNIS - ÉTIENNE PILON ?ROBERT UL0NDE > CHRISTIANE PROULX - MARC BEAUPRÉ - FRÉDÉRIC BLANCHETTE - CHARLES DAUPHINOIS - MATHIEU GOSSELIN .AGATHE LANCTOT * MILÉNE LECLERC - lEAN-MOlSE MARTIN * VÉR0NIC RODRIGUE ET CYRIL FONSECA » - * « - ASSISTANCE A LA MISE EN SCÈNE MARIE-HÉLÈNE DUFORT * DÉCOR ET COSTUMES PIERRE-ÉTIENNE L0CAS » MICHELLE R0SSIBN0L EST HABILLÉE PAR FRANÇOIS BARBEAU - ECLAIRAGES ETIENNE BOUCHER • MUSIQUE ORIGINALE ALAIN OAUPhInaIS » AVEC U COLLABORATION DE PIERRE MIGNOT - PHOTO NE IL NOTA .DESIGN GRAPHIQUE IF.CA MISE EN SCÈNE RENÉ RICHARD CYR PARTENAIRES DE SAISON â re*- wa- ft LE DEVOIR, LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 NOVEMBRE 2 O () S £ 5 CULTURE DANSE Hommage à Kyliân le Magnifique Les destins croisés de Kyliân le Magnifique et d’Anick Bissonnette ISABELLE PARÉ C> est une vieille histoire d’amour qui lie Anick Bissonnette et Jiri Kyliân, du Neder-lands Dans Theater (NDT).Cette histoire, c’est celle qu’elle a choisie pour faire ses propres adieux à la scène, et pour lever son chapeau à Kyliân le Grand, Kyliân le Magnifique, ce maître de la danse qui a façonné le visage d’une des troupes les plus marquantes du dernier siècle.Sans le savoir, les destins de Kyliân et d’Anick Bissonnette ont failli se croiser il y a déjà 20 ans, quand la danseuse décidait de quitter le Ballet Eddy Toussaint en 1989.Après avoir vu un spectacle donné par le Nederlands Dans Theater à Ottawa, Anick, soufflée par le travail de Kyliân, rêve alors d’aller auditionner pour se joindre à la célèbre troupe néerlandaise.Mais le sort en décida autrement Avant de faire ses valises, elle reçoit un appel des Grands Ballets canadiens (GBC) qui lui déroulent le tapis rouge et l’invitent, elle et son partenaire de l’époque, le danseur Louis Robi-taille, à se joindre à la compagnie.Ce n’est qu’un fabuleux retour des choses si elle fait aujourd’hui ses adieux à la scène en renouant avec son premier coup de foudre.Même si elle n’a jamais pu danser pour la troupe de Kyliân, l’ombre du chorégraphe a plané sur toute la carrière d’Anick Bissonnette.En 18 ans aux Grands Ballets canadiens, elle y a dansé plusieurs de ses œuvres et a présenté depuis 2003, avec Mârio Radacovsky, un ex-danseur du NDT devenu directeur artistique du Ballet national de Slovaquie, plusieurs des duos du grand maître slovaque sur plusieurs scènes du monde.Or, en décembre, ce géant de la danse du XX* siècle, après plus de 30 ans passés à la barre du NDT, tirera sa révérence.Les deux danseurs, qui lui vouent une admiration sans borne, décidaient il y a deux ans de lui concocter cet hommage qui réunit plusieurs extraits de ses œuvres et de celles de jeunes chorégraphes à qui il a ouvert les portes du NDT, le tout ponctué d’entrevues réalisées avec lui aux Pays-Bas.«Quand on admire une personne, on veut que tout le monde la connaisse.C’est ce qui nous a motivés à réaliser ce projet.On voulait que les gens voient son travail, mais l’entendent aussi parler de son amour et de sa vision incroyable de la danse», insiste Anick Bissonnette.Kyliân le mentor Né à Prague en 1947, Jiri Kyliân a été formé au Conservatoire de Prague avant de se joindre au Ballet royal de Londres.En 1973, il est invité à créer une première chorégraphie pour le NDT, alors perçue comme une des compagnies les plus novatrices au monde.Il en deviendra le chorégraphe attitré jusqu’en 1999, créant pour le NDT pas moins de 72 œuvres et une vingtaine pour d’autres compagnies.Il fera aussi preuve d’un incroyable esprit d’ouverture en invitant de jeunes chorégraphes à créer pour sa troupe, dont Nacho Duato, Patrick Delcroix, Paul Ughtfoot/Sol Leon et Johan Inger.Eminemment charismatique, Kyliân est un motivateur-né, un être exigeant qui façonne les danseurs à sa main et les nourrit par son incroyable force créatrice.On parle d’ailleurs d’un «style Kyliân», que ses plus fidèles danseurs s’évertuent à propager dans le monde en offrant des ateliers à diverses compagnies de ballet.«J’ai eu l’occasion de travailler en studio avec lui et ç’a été un des plus beaux moments de ma carrière», raconte Anick Bissonnette.Mârio Radacovsky, qui a dansé sept ans pour Kyliân, le décrit comme un homme d’une culture exceptionnelle et d’une générosité sans borne.«C'est une encyclopédie vivante.Il est d’une telle générosité qu’il n’hésite pas à venir me voir à Brastilava pour me donner des conseils et voir si ma compagnie se porte bien!», dit-il.Kyliân, qui ne voyage plus guère, ne sera malheureusement pas à Montréal pour assister à ce puissant hommage qui présentera Petite mort (1991), trois duos interprétés par Bissonnette et Radacovsky sur de célèbres concertos pour pianos de Mozart.Plusieurs ex-dan-seurs du NDT danseront Wing of Wax (1997), une œuvre créée sur les Variations Goldberg de Bach.Pas moins de 14 danseurs du Ballet national de Slovaquie interpréteront Un Ballo (1991), un ballet de Kyliân dansé sur une musique de Ravel.Une œuvre de Leon/Lightfoot, Susto (1994), et de Johan Inger, Couple of Moments (1997), compléteront ce tableau destiné à célébrer le précieux legs du grand maître slovaque.Réunissant des danseurs de trois générations, le programme reflète parfaitement la vision de Kyliân, qui a toujours cru aux «dimensions multiples dans la vie d’un artiste», en créant trois troupes au sein du NDT, dont une dédiée aux danseurs de plus de 40 ans.Pour Anick Bissonnette, Kyliân se démarque par sa très grande musicalité et la pureté de ses lignes.Un style éminemment esthétique, rappelant parfois Balanchine, qui exige des heures de travail.«Chez lui, chaque mouvement, chaque détail a un sens.Il y a des pièces que j’ai mis des années à maîtriser tant elles sont difficiles.Mais pour le public, tout a l’air fluide.C’est ça, la magie de Kyliân!», s’exclame la danseuse.On ne badine pas avec la manière Kyliân, ajoute d’ailleurs Mârio Radacovsky.«Un mauvais danseur ne peut pas faire du Kyliân, dit-il.Une seconde de distraction peut tout détruire.On ne peut pas tricher avec ses ballets.» Chapeau, Anick Ce spectacle-hommage, ce sera aussi le dernier tour de piste d’Anick Bissonnette, après 28 ans de présence assidue sur les scènes.Celle qui s’est fait connaître pour sa grâce aérienne, son style délicat et classique, n’a plus le temps de nourrir le perfectionnisme qui la gruge avant chaque nouvelle prestation.Or la dentellière du geste aime présenter des pièces parfaites.«Je n’ai plus le temps de travailler en studio, pour performer comme je le veux.Après les Grands Ballets, je m’en suis mis beaucoup sur les épaules et je montais en scène sans être satisfaite de moi.Si je voulais être honnête avec moi-même, j’avais un choix à faire», confie la danseuse, qui ne dit pas pour autant adieu à la danse.La direction du Festival des arts de Saint-Sauveur continue de l’occuper et elle vient d’intégrer le conseil d’administration du Fonds Ville-Marie, où elle travaillera £ soutenir la relève en (Janse.A quelques mois des Etats généraux de la danse, le boulot ne manque donc pas.Plusieurs autres beaux projets se profilent pour l’avenir, mais qu’elle se garde de dévoiler pour l’instant.Les destins croisés d’Anick et de Kyliân se rencontreront donc à nouveau sur la scène du théâtre Maisonneuve, pour un ultime et savoureux rendez-vous.KYLIAN LE GRAND Anik Bissonnette et Mârio Radacovsky Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts Même si elle n’a jamais pu danser pour la troupe de Kyliân, l’ombre du chorégraphe a plané sur toute la carrière d’Anick Bissonnette LE CEAD REÇOIT A SON SALON « Venez rencontrer dans l'intimité d'un salon des auteurs dramatiques et spécialistes du théâtre de passage à Montréal.Mercredi 12 novembre à 18h30 | Laurent MUHLEISEN (France) | Dans le cadre de la résidence de j traduction du CEAD, le directeur s artistique de la Maison Antoine Vitez - Centre international de la traduction théâtrale présente le Réseau TER j (Traduire-Editer-Représenterl.Jeudi 20 novembre à 18h__________ : Astrid SAALBACH (Danemark) ! De passage au Salon du livre de ! Montréal, la récipiendaire 2004 du ! Nordic Drama Award nous entre-; tiendra de ses œuvres, dont Le Bout du monde.En collaboration avec le Goethe Institut, len anglais) Jeudi 27 novembre à 18h Catherine CORAY (États-Unis) Metteure en scène et professeure à la New York University Tisch School of the Arts, elle est également directrice du festival hotINK, consacré à la mise en lecture de textes contemporains, (en anglais) Lundi 8 décembre à 18h Ivan OÜVÀRËS (Mexique) Dramaturge, traducteur et metteur en scène, il écrit pour les adultes et pour tes enfants, il parle de sa résidence d’écriture de cet automne à Montréal et de la pratique théâtrale au Mexique.CENTRE DES AUTEURS DRAMATIQUES 261 rue du Saint-Sacrement, Métro Place-d Armes 514 288 3384 poste 221 ou cead@cead.qc.ca Entrée libre, prière de réserver Québec SS cms» « i Comeil des Arts du Canada Montréal @ the other theatre PRÉSENTE U.FIEVRE de Wallace Shawn Traduction : Philippe Ducros Mise «n scène Stacey Christodoulou Éclairages : David Perreault Ninacs Musique ; Ludovic Bonnier Un monologue interprété par Philippe Ducros « Ducros incarne avec précision, intelligence et fébrilité le délire existentiel d'un voyageur fiévreux et reclus dans sa chambre d'hôtel.(.) La Fièvre joue ouvertement sur les tensions et les contradictions du protagoniste.Ce que la mise en scène sobre et juste de Stacey Christodoulou et le jeu très solide de Ducros rendent parfaitement.» Luc Boulanger, Le Devoir, 30 octobre 2008 26 octobre au 18 novembre 2008 dimanche à 15h, lundi à 20h, mardi à 21 h LA PETITE LICORNE 4559.Papineau, Montréal, 514.523.2246, Réseau Admission 514.790.1245 ou !.800.361,4595 www.thealrelalicome.com Terminée, oubliée, enterrée, l’affaire Lortie ?Oh que non.Elle résonne encore et toujours en chacun de nous.texte Pierre Lefebvre mise en scène Daniel Brière avec Henri Chassé / Eugénie Gaillard / Alexis Martin / Pascale Montreuil / Catherine Vidal concepteurs Michel Ostaszewski / Marija Djordjevic / Nicolas Descôteaux / John Rea /Yves Labelle / Colette Drouin / Christian Gagnon production Nouveau Théâtre Expérimental www.nte.qc.ca DU 11 NOVEMBRE AU 6 DÉCEMBRE 2008 Du mardi au samedi à 20h Samedi 6 décembre à 16h fliE espace LIBRE A ESPACE LIBRE 1945 Fullum, métro Frontenac Réservation 514*521-4191 LE DEVOIR ii i usihaï K in Mania Djordjavlc JACQUES GRENIER LE DEVOIR Pour Anick Bissonnette, Kyliân se démarque par sa très grande musicalité et la pureté de ses lignes.immmÊ LE LAURÉAT DU PRIX Lfri/rû 2003 POUR SON ALBUM HOTEL IMPALA EN SPECTACLE À MONTRÉAL DANS LE CADRE DE COUP DE CŒUR FRANCOPHONE LE JEUDI 13 NOVEMBRE À 20 h 30 AU CABARET DU MUSÉE USTE POUR RIRE ULEVARD SAINT-LAURENT BILLETTERIE : ADMISSION 514 790-1245 1 800 361-4595 admission.com M Le prix Rapsat-Lelièvre est décerné par le gouvernement du Québec, r ^ i 11 et celui de la Communauté française de Belgique v.'-'iVliVK.,1k 'i L Québec SS FLOUS 0anje| Dcmjs JE NE • SOMMEIL ET ROUGE • RENEIGES PERFORMANCE POÉTIQUE r PHASE idéotaur, concepteur, auteur Daniel Danis actants Daniel Danis.Huy-Phong Doan, Louliko Shibao voix Marie-Pascale musique el exécution en direct Jean-Michel Dumas espace el objets Martin Dufrasne, Massimo Guerrero, Nicolas Côté vidéo Boron Richard ’ projection el traitement de l'image Sébastien Roy, Lucie Bélanger Louis Bouchard, Vincent C-Couture Une coproduction Daniel Danis - arts/sdonees le laboratoire visionSD, le département d'informatique el de recherche opérationnelle, l'Université de Montréal l'Usine C (Canada) Le fresnoy, Studio national des arts contemporains (France) ol te Conseil des arls ot des lettres du Québec USINE O 11 au 15 novembre • 18 h 16 novembre • 16 h 1345 avenue Lalonde Montréal billetterie 521 4493 Admission 790 1245 « 1 E l» E V » K .LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 NOVEMBRE CULTURE MÉDIAS Place au « papiel » ! Certains experts prévoient que le papier électronique déferlera massivement d’ici 10 ans PAUL CAUCHON On vit une époque paradoxale.Ainsi, même à plusieurs prédisent la mort du papier journal, mer-credi dernier on s’arrachait les quotidiens américains au lendemain de la victoire de Barack Obama De même, on entend dire que le livre est en perte de vitesse, mais le Salon du livre de Montréal fera encore courir les foules la fin de semaine prochaine, et à Montréal la Grande Bibliothèque est un énorme succès.Il reste que des tendances lourdes sont actuellement à l’œuvre, alors que se met en place l’arrivée du papier électronique.C’est le sujet d’un ouvrage fort intéressant qui sera publié la semaine prochaine aux Presses de l’Université de Montréal (publié sous forme de vrai livre, bien sûr!), La Bataille de l’imprimé à 1ère du papier électronique.Une course.industrielle Une trentaine de collaborateurs de plusieurs horizons, universitaires mais également historiens, patrons de presse, éditeurs et spécialistes de l’imprimerie, tentent de cerner les contours des bouleversements dans le monde de l’impri-ipé, sous la direction du chercheur Eric Le Ray et du professeur Jean-Paul Lafrance de l’UQAM.Le papier électronique demeure encore très mystérieux pour beaucoup de gens.Il pourrait ressembler au Daily Prophet, qu’on voit dans les films de Harry Potter, ce journal où les lettres changent constamment et où les photos bougent comme dans les vidéos! Mais un des symboles les plus frappants des changements en V I I.* PEDRO RUIZ LE DEVOIR Le journal subira probablement de grandes mutations lorsqu’il découvrira qu’il peut proposer du contenu multimédia sur du «papiel».cours demeure Québécor.Québécor World, deuxième imprimeur mondial, est en grave crise financière et l’entreprise est en train de réorganiser toutes ses activités, non plus autour du papier mais bien autour du multimédia, en mettant l’accent sur la production de contenus numériques intégrés, et diffusés à la télévision, sur le câble, sur Internet et bientôt sur les mobiles.Partout dans le monde on assiste à une course industrielle en ce qui copcerne le papier électronique.A la fin de 2007, on dénombrait une dizaine d’encres électroniques et une trentaine de papiers électroniques différents (les chercheurs québécois de ce livre tentent d’ailleurs de promouvoir l’usage du mot «papiel», sur le modèle de «courriel»).Des usines sont en construction de ______ .onn8àl9h30 IS et 22 novembre 2 h 16et23no«"">'‘i20°_ \ nse cü!ûemPorame JSk[ inse ca!ùemP0fame ~~m~\ rang®nte | www.tangente.qc.ca 840, rue Cherrier, Montréal Ëü Sherbrooke Billetterie: 514.525.1500 ou Réseau Admission 514,790.1245 Québec 1*1 Design: pdesparois@gmail.com Çarurn TRACES-INTERPRÈTES r , , J II* , # S \ Dan eCité la trac* d*a créataura Un» production de Danse-Cité en collaboration avec One Yellow Flsh inc.et le Festival Dance Canada IDÉATION ORIGINALE, DIRECTION ARTISTIQUE ET RÉALISATION NaORli StikemaR scénario Naomi Stikeman, Frédérike Bédard chorégraphes Peter Chu, Crystal Rite interprètes Naomi Sikeman, Peter Chu comédiennes A l'écran Frédérike Bédard, Janine Sutto, Suzanne Garceau, Françoise Graton, Françoise Lemieux collaborateurs Matthew Banks, Lucie Bazzo, Richard Hansen, Alexander MacSween, Marlene Millar, Richard Reed Parry, Pierre Tremblay, Liz Vandal conseiller arustkhje Robert Lepage résidence Usine C DU 5 AU 8 ET DU 12 AU 15 NOVEMBRE 2008, 20H Naomi est une artiste qui attire mon attention et à qui je loue mon admiration.Son travail est précis, intelligent et elle est dotée d'une force théâtrale Impressionnante.- Robert lepaoe 1345, avenue Lalonde Beaudry Billetterie 514 521 4493 '“Québec ÎHi ^ l,K DEVOIK dans plusieurs pays, les plans de commercialisation sont prêts, la recherche se poursuit à un rythme accéléré, mais les prévisions pour l’avenir demeurent contradictoires.Certains croient que le papier électronique déferlera massivement d’ici 10 ans, des analystes financiers prédisent l’explosion du commerce des écrans flexibles en 2013, mais d’autres ne prévoient pas l’implantation réelle de ce «papiel» avant quelques décennies.En un sens, tout dépend aussi de la profondeur des changements vécus actuellement par les jeunes, qui prennent l’habitude de lire à l’écran et s’exercent avec talent au principe du multitâche.Points de rupture Le papier électronique est un écran plat et flexible ressemblant à une feuille de papier, sur lequel on peut changer le texte à volonté, qui peut contenir de la vidéo, qui peut être connecté à Internet, etc.Il ouvre des perspectives stupéfiantes.L’ouvrage de Patrice Mangin rappelle toutefois comment le papier traditionnel présente encore d’immenses avantages: il est présent partout dans nos vies, il est fin, plat, flexible, peut être agrafé, plié, roulé, relié en livre ou en cahier, transporté avec soi; il ne requiert aucune pile ou branchement, utilise de plus en plus des fibres renouvelables.Bref, que ce soit pour un roman, un rapport d’entreprise, un travail scolaire, un post-it sur le frigo ou pour emballer vos cadeaux de Noël, le papier semble assez difficile à battre! Toutefois, les chercheurs relèvent quand même des points de rupture.Le journal, par exemple, subira probablement de grandes mutations lorsqu’il découvrira qu’il peut proposer du contenu multimédia sur du «papiel».Ce qui distingue la presse écrite de la plupart des médias de communication, soutient Jean-Paul Lafrance, «c’est sa capacité à générer de l’information, non le fait qu’elle la publie sur papier».Et si l’objet livre ne semble pas directement menacé dans l’immédiat, certains secteurs de l’édition pourraient vivre une onde de choc, comme les encyclopédies, les dictionnaires, les guides de voyage, les livres pratiques et techniques, lorsque le livre électronique offrira une capacité de stockage considérable et une capacité infinie de changer les informations qu’il contient Le Devoir LA BATAILLE DE L’IMPRIMÉ À L’ÈRE DU PAPIER ÉLECTRONIQUE Ouvrage collectif sous la direction d’Éric Le Ray et Jean-Paul Lafrance Presses de l’Université de Montréal Montréal, 2008,264 pages * ; r ï / 1 11* l % Mm.' / I .1 sat*-»* \, z .FESTIVAL DU MONDE ARABF/ Maqam flamenco, réunit la diva Farida, l’Ensemble du maqam irakien, Omar Bashir, Turo Andras et Petz Balint, ainsi qu’avec l’orchestre montréalais Okto Echo.Festival du monde arabe Allers-retours entre le monde arabe et l’Espagne YVES BERNARD Pour Mohammad Gomar, s’il y a une musique qui résume parfaitement le potentiel créateur de la rencontre Orient-Occident, c’est bien le flamenco.Il a donc conçu pour le FMA Maqam flamenco, un événement qui est présenté ce soir au théâtre Maisonneuve avec la diva Farida et l’Ensemble du maqam irakien, Omar Bashir, Turo Andras et Petz Balint, ainsi qu’avec l’orchestre montréalais Okto Echo.«Il y a 1200 ans, le grand musicien Zyriab est parti de Bagdad pour aller en Afrique du Nord.H s’est finalement installé en Andalousie et a transporté sa musique avec lui», souligne Mohammad Gomar.Zyriab a donc introduit à Cordoue le maqam, qui est le système modal de la musique classique arabe à partir duquel se jouent les improvisations et qui est au monde arabe ce que le raga est à l’Inde.Styles apparentés Plusieurs s’en sont souvenus.En 1990, Paco de Lucia a lancé le disque Zyriab en hommage à cette connexion historique, qui rappelle également al-Andalus, une région marquée par la tolérance culturelle pratiquée par les Maures de l’an 711 à 1492.Le regretté Munir Bashir, la référence absolue du oud contemporain, celui qui a permis à l’instrument de devenir soliste dans les années 40, avait également écrit l’album Flamenco Roots, qui, s’il ne contenait pas de flamenco comme tel, relatait à tout le moins son parcours depuis l’Orient «Munir Bashir m'avait fait écouter de la musique qu’il avait faite avec des musiciens de l’Inde et de l’Espagne», se Certains styles de la grande famille flamenca s’apparentent au monde arabe rappelle Mohammad Gomar, Irakien comme lui.Le flamenco chanté a conservé la microtonalité et les quarts de ton.Et certains styles de la grande famille flamenca s’apparentent directement au monde arabe.Le masmoudi est un rythme arabe en 8/4.La zambra serait originalement arabe.La taran-ta est également teintée d’influences arabes.Et la trajectoire des Roms depuis le Rajasthan jusqu’à l’Espagne en passant par le Moyen-Orient ou l’Afrique du Nord fut souvent relatée.Tout cela a fortement ponctué le flamenco.«Pour l’élaboration de la pièce Maqam flamenco, je me suis abondamment inspiré d’une échelle du maqam appelée maqam hijaz, qui est très proche du flamenco.Farida et moi avons souvent voyagé en Espagne et, lorsque nous la faisons écouter à des musiciens de l’endroit, ils nous disent ressentir le lien avec le maqam», raconte encore Mohammad Gomar, qui est également le directeur artistique de Farida et de l’Ensemble du maqam irakien.L’ouverture de Maqam flamenco est assumée par Farida, la grande dame du maqam irakien, qui fut invitée par le FMA Tan dernier et qui interprétera également une forme de musique de chambre de Bagdad.Avec sa voix à la tessiture étendue, elle est capable d’ornementations très raffinées, d’envolées subites, d’effets de gorge saisissants, d’une extrême précision dans la microtonalité et, surtout, de transmettre de fortes émotions sans dramatisation.Farida sera accompagnée par l’Ensemble du maqam irakien.Suivra Omar Bashir, réputé joueur de oud et compositeur com- me son père Munir, mais qui, contrairement à lui, est né dans une double culture puisque sa mère est hongroise.En plus de perpétuer la tradition familiale, il pousse plus loin le métissage.Son phrasé évoque parfois celui de Paco de Lucia et, entre autres disques, il a fait paraître Flamenco.Night et Al-Andalous, créations qui vont dans le sens de Maqam flamenco.Il s’amène ce soir avec Turo Andras et Petz Balint, deux guitaristes hongrois qui, selon Mohammad Gomar, sont parfaitement à l’aise avec les musiques gitanes.Puis, tous ces artistes se joindront à l’orchestre Okto Echo.Sous la direction de la Montréalaise Katia Makdissi-Warren, l’ensemble classique explore brillamment les possibilités de dialogues musicaux entre le Moyen-Orient et les autres cultures.Depuis quelques années, Okto Echo a lorgné les musiques balinaise, turque, est-européenne et même argentine.Une vingtaine de musiciens seront donc rassemblés pour interpréter en deuxième partie l’œuvre Maqam flamenco, de même que d’autres compositions de Mohammad Gomar.n résume la finale: «Farida ne chante pas en espagnol, mais elle livrera en arabe plusieurs moments en mode maqam hijaz.Puis, on tentera de mélanger le plus possible avec le flamenco.» Il s’agira d’une première qui pourrait bien laisser des traces l’an prochain.À suivre.Collaborateur du Devoir ¦ Maqam flamenco est présenté au théâtre Maisonneuve ce soir à 20h.Avec Farida et l’Ensemble du maqam irakien.Omar Bashir avec Turo Andras et Petz Balint, et l’orchestre Okto Echo.Sous la direction artistique de Mohammad Gomar.t* 514 842-2112 ou www.festv valarabe.com TOURNEE NATIONALE D’AUDITIONS JUNIOR (8 A 12 ANS) • SENIOR (13 ET PUIS) 0 8 + 09 MONTREAL Auditions et portes ouvertes : le dimanche^ novembre 2008 École supérieure de ballet contemporain me, RUE RIVARD ÉCOLE SUPÉRIEURE DE DAI I ET DMLLtl CONTEMPORAIN Programme Professionnel 1 )ar DÈS LA 3“ ANNÉE DU PRIMAIRE JUSQU’AU CÉGEP > COURS ENSEIGNÉS PAR DES PROFESSEURS PROVENANT DU BOtSHOI BALLET DF.L’OPÉRA DF PARIS ET OU ROTAI.BALLET > POSSIBILITÉ D’INTÉGRER LA COMPAGNIE D’INSERTION PROFESSIONNELLE LE JEUNE BALLET DU QUÉBEC .> DIPLÔMES RECONNUS PAR LE MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION OU QUÉBEC > BOURSES ET HÉBERGEMENT DISPONIBLES INSCRIPTION : Louise Maurice 514 B'iB-ABéB, poste 225 / Tmaurice@iesbcm.org Horaire et formulaire disponibles sur www.esbcm.org '"oüébec S" i+i rrr lissr St w Québec - Slovaquie Jin Kylian Johan Inger Paul Lightfoot / Sol Léon Mério Radaôovskÿ 13, 14, 15N0V.2008 3laplacedesarts.com 514 842 2112 / 1 866 842 2112 UN HOMMAGE A JIRI KYLIÀN PAR ANIK BISSONNETTE ET MÂRIO RADACOVSKY.AVEC 20 DANSEURS DANSEDANSE.NET LE DEVOIR, LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 NOVEMBRE 2 » O « E / Musique classique L’opéra compte à rebours JAZZ Bill Frisell, le seigneur PHOTO KEN HOWARD METROPOLITAN OPERA Doctor Atomic est campé en juin 1945 dans le Manhattan Project Laboratory de Los Alamos.y SV Çet après-midi, le Metropolitan Opera prend des risques eh proposant au cinéma en diffusion planétaire un opéra contemporain: Doctor Atomic de John Adams.« CHRISTOPHE H U SS P La première expérience de diffusion d’une création lyrique, Le Premier Empereur de Tan Dun, en janvier 2007, avait été couronné de succès.L’opéra de Tan Dun n’est pas un chef-d’œuvre, mais, spectaculaire et habilement écrit, il avait su séduire le public, même conservateur.Le Met a d’ailleurs choisi Le Premier Empereur pour faire partie des opéras publiés, en septembre dernier, en DVD par EMI.Le défi d’imposer Doctor Atomic, créé en octobre 2005 à l’Opéra de San Francisco, est plus hardi.Alors que Le Premier Empereur est avant tout un grand spectacle, monté pour flatter l’auditeur dans le sens du poil, avec juste ce qu’il faut de convergence des cultures asiatique et occidentale, Doctor Atomic va scruter ses ressorts dramatiques dans les tréfonds de chaque personnage.Le suspense, articulé autour du compte à rebours du lancement de la première bombe atomique, est aussi psychologique.Luttes de pouvoir L’action de Doctor Atomic se passe au Nouveau-Mexique en juin 1945 dans le Manhattan Project Laboratory de Los Alamos.Le travail sur la bombe atomique (nom de code «gadget»), sous la direction scientifique de J.Robert Oppenheimer et le leadership militaire du général Leslie Groves, touche à son terme.Certains, à Los Alamos, se questionnent sur l’utilité de tester la bombe sur le Japon alors que l’Allemagne a capitulé.Des pétitions circulent pour demander, au nom de considérations morales, de tout abandonner.Mais Truman a besoin d’une action d’éclat pour s’affirmer face aux Russes dans les négociations de paix.Oppenheimer défend la décision, même si sa femme Kitty (scène 2) se pose des questions sur la guerre, l’humanité et l’amour.La scène 3 nous amène au 15 juillet 1945, jour J, dans l’atmosphère menaçante d’un orage.Le météorologue Frank Hubbard prévient le général Groves des dangers d’un tel orage.Le chef du corps médical en rajoute sur les risques d’irradiation.La panique s’empare du camp.Groves s’en remet à Oppenheimer, qui s’isole dans le désert pour méditer sur le sens de la vie.L’acte 2 est celui du compte à rebours, vécu parallèlement par Kitty Oppenheimer à 200 kilomètres de Los Alamos (scène 1), puis (scènes 2 à 4) par les scientifiques et les militaires sur le site de lancement, avec toutes les questions des uns et des autres sur les effets inconnus qui pourraient être déclenchés par le «gadget», y compris des réactions en chaîne affectant l’atmosphère terrestre.Le lancement est prévu à 5h30 du matin.Chacun est absorbé par ses pensées et ses angoisses.Sur ces entrefaites, Vishnou apparaît (!), l’orage s’éloigne et le dé-cômptç est lancé dans un silence de njprt A «zéro minus me» ne répond que le silence.L’humanité entre dàns l’ère atomique.Créer l’opéra d’aujourd’hui ¦Le choix de scruter les personnages qui ont fait l’histoire en lançant la première bombe atomique stir Hiroshima n’est pas un hasard pour le compositeur John Adams.L’Américain avait frappé les esprits (à défaut de faire musicalement date) en écrivant un opéra intitulé Nixon en Chine.Mais c’est avec The Death ofKlinghoffer, opéra sur le détournement par des Palestiniens du paquebot Achille Lauro, qu’Adams a créé l’événement.La portée de The Death ofKlinghoffer a été renforcée par la réalisation d’un film exemplaire, d’une force dramatique éblouissante.La réalisatrice en était Penny Woolcock.C’est elle qui a été appelée par le Met pour mettre en scène Doctor Atomic.La production sera donc différente de celle documentée dans un DVD récemment paru chez Opus Arte.Ce DVD a été réalisé à Amsterdam lors de la reprise de la production de la création, mise en scène par Peter Sellars, par ailleurs librettiste de l’opéra.Doctor Atomic prend le parti de décrire le processus menant à une nouvelle ère, celle où l’homme a forgé l’outil pour détruire sa propre planète.Le regard porté sur Oppenheimer le montre comme un surdoué dont l’accomplissement scientifique mène en fait à la destruction.Adams s’est défendu de vouloir donner des cours d’histoire: «Ce qui m’intéresse dans ces sujets, c'est leur puissance en tant qu’arché-types, leur capacité à résumer en quelques symboles de choix la psyché collective de notre époque.» D sera fascinant de découvrir sur écran géant une autre vision sur un opéra qui n’a que trois ans.Doctor Atomic fait évidemment face au grand défi de la nature de l’expression lyrique contemporaine.On a vu beaucoup d’opéras post-Wozzeck ou post-L«/«, tant l’empreinte d’Alban Berg a été majeure sur la création lyrique de ces 70 dernières années.L’opéra de John Adams se situe plutôt à mes yeux dims une veine post-Britten.Com- me dans Peter Grimes, ce sont les monologues et les interludes orchestraux qui concentrent toute l’attention.Dans les interludes, d’une puissance ravageuse.Doctor Atomic s’affirme comme une sorte de Peter Grimes de notre temps.Parmi les moments forts de l’opéra, on comptera aussi le monologue d’Oppenheimer dans le désert qui conclut l’acte 1 et le traitement nerveusement titillant du thème de l’attente dans la dernière scène.La problématique se niche de toute évidence dans les dialogues.Comment en chantant les protagonistes doivent-ils s’adresser l’un à l’autre, sur des choses parfois triviales?«Passe-moi le beurre!», ça se chante comment Personne n’a vraiment trouvé la solution, qui «fasse moderne» et soit crédible.Adams n’est il est vrai, pas toujours aidé par le livret ici.Et comme 2 le remarque lui-même dans une entrevue récente: «L'écriture pour la voix n’a jamais été enseignée dans un cours de composition et, à ce que je sache, cette situation n’a pas changé.» A en juger par le DVD, Doctor Atomic est une œuvre exigeante et tiraillée, au livret pas toujours lumineux.Mis en scène par Peter Sellars, c’est un spectacle qui vaut le coup d’être découvert dans l’attente du regard de Penny Woolcock.Sujet de fierté nationale: le baryton canadien Gerald Finley (qui chantera également cet après-midi) est extraordinaire dans son incarnation de J.Robert Oppenheimer.Le Devoir DOCTOR ATOMIC En direct du Met dans les Cineplex participants, samedi 8 novembre à 13h En DVD.Doctor Atomic, enregistré à l'Opéra des Pays-Bas.Opus Arte OA0998D (distr.Naxos) vivaAdce Peter Schubert Directeur artistique sfifSf ¦¦¦ i: V .A v 9 Palestrina; « le sauveur de la musique » Laissez-vous emporter par cette sublime musique a cappella tirée du premier livre de motets de Palestrina.Samedi 15 novembre 2008,19 h 30 Salle Red path, 3461 rue Mcïavish, Montréal Billets : 514-398-4547 INFO: 514-489-3739 Abonnez-vous et économisez! 4 concerts : 95$ / 85$ / 30$ CONSUL CES ART» < MO RI hë I.K DEVOIR SERGE TRUFFAUT Ah! Bill Frisell.C’est toujours avec plaisir qu’on échange un lot d’espèces sonnantes contre le p’tit dernier du guitariste insaisissable, du maître des six cordes qui échappe à tous les vices du catalogage.Avant de poursuivre, et en cette époque de spleen économique, signalons qu’il en coûte moins cher de l'acheter chez Archambault que chez HMV.Pas de beaucoup, mais quand même.S’il est vrai que la chose musicale est affaire de sensibilité dite personnelle, alors affirmons d’emblée que Frisell nous ravit là où les autres nous agacent, nous énervent, nous pompent l’air, parce que les autres en question ont la fâcheuse comme déplorable manie d’en remettre des louches question machisme instrumental.Bref, Frisell séduit là où les'John Scofield, Mike Stern et autres John Mc-Caughlin nous escagassent parce qu’ils ne sont pas des bons à rien mais bien des mauvais en tout.C’est dit.Publiée comme d’habitude par Nonesuch Records, sa nouvelle production s’intitule History, Mystery.Elle est la somme d’extrqits enregistrés à divers endroits d’Europe et des Etats-Unis.Attention! Il ne s’agit pas de pièces anciennes livrées en pâture au public, mais bien de pièces nouvelles, de compositions pour la plupart originales.En effet, mis à part Jackie-Ing de Thelo-nious Monk, Baba Drame de Boubacar Traoré, A Change Is Gonna Come de Sam Cooke, Sub-Conscious Lee de Lee Konitz, les chansonnettes ont toutes été écrites par l’homme né à Baltimore en 1951 et ayant étudié avec Jim Hall.Le tout se présente sops la forme d’un double compact À la faveur de ses récentes productions, le guitariste fou de Buster Keaton, signe d’un goût certain, s’était amusé, car il s’amuse toujours, à tricoter à trois.Aujourd’hui, il nous revient en compagnie de souffleurs et de pinceurs de cordes.Il y a Ron Miles au cornet Greg Tardy au saxophone, Jenny Schein-man au violon, Eyvind Kang à l’alto, Hank Roberts au violoncelle, ainsi que ses complices habituels Tony Scherr à la contrebasse et Kenny Wollesen à la batterie, deux vétérans du Sex Mob de l’inénarrable Steve Bernstein., Le résultat est à l’image du passé.C’est-à-dire?Ecouter Frisell, c’est goûter la finesse, la richesse de ses horizons sonores qui oscillent du vieux folklore des campagpes américaines à l’avant-garde new-yorkaise.Ecouter Frisell revient à titiller J’oreille.A être à l’affût de la moindre subtilité.Ecouter, c’est être désorienté sans jamais être agressé.Comme quoi l’homme est un grand monsieur.En rafales ¦ Le mois de novembre s’annonce très chargé au Upstair’s.Et ce, dès ce soir, alors que la chanteuse Ranee Lee occupera la scène à la tête de son quintet La semaine prochaine, l’excellent trompettiste Kevin Dean prendra le relais avec un invité de marque: le saxophoniste alto P.J.Perry.Ensuite?Les 21 et 22 novembre, la grande chanteuse Sheila Jordan sera accompagnée d’un contrebassiste qui a joué avec pratiquement tout le monde, soit Cameron Brown.Enfin, les 28 et 29 novembre, le saxophoniste Chet Doxas sera flanqué du batteur new-yorkais Bill Stewart.Gros mois, bon mois.¦ Trompettiste, compositeur et fondateur d’un des meilleurs big bands qui soient d’Halifax à Vancouver, Joe Sullivan se produira le 21 novembre à la ,Casa Luna, située au 2977 de la rue Université.A noter qu’aux côtés de Sullivan, de Rémi Bolduc, d’Aron Doyle et d’André Leroux, il y aura un vétéran de la scène canadienne.Un contrebassiste qui a enregistré ou joué avec Paul Desmond, Jay McShann, Junior Mance, Ed Bic-kert, Buddy Tate et quantité d’autres.De qui s’agit-il?De Don Thompson.¦ Le batteur Lee Young, que vous avez entendu en compagnie de son célèbre frère Lester et du tout aussi célèbre Nat King Cole, n’est plus.Il avait 81 ans.Amen.Le Devoir #1 WH viL aT 1 > "S- ?$£¦'¦ HISTORY.MYSTtRY i MÊÊÊ, NE METTEZ PAS N’IMPORTE QUOI DANS VOS OREILLES À QUÉBEC! _ i k  .J* liËS WM -^ mm i COLLOQUE INTERNATIONAL SUR LA MÉDIATION CULTURELLE 4 ET 5 DÉCEMBRE 2008 PAVILLON SHERBROOKE, UNIVERSITÉ OU QUÉBEC À MONTRÉAL WM Programme détaillé et inscription: www.culturepourtous.ca/forum info@culturepourtous.ca | T 514 873 2641 UNE PRÉSENTATION DE U RENCONTRE S J Au Québec, le terme « médiation culturelle» est maintenant utilisé par un nombre croissant d’intervenants culturels et chapeaute un vaste ensemble de pratiques allant des actions de développement des publics à l'art participatif et communautaire.Ce colloque vise à regrouper les préoccupations communes sur le rôle, la pertinence et la fonction de la médiation dans le contexte actuel des pratiques artistiques et culturelles.• Colloque bilingue (français - anglais) avec interprétation simultanée • 30 invités du Canada, Espagne, États-Unis, France et Grande-Bretagne • Le coût d’inscription comprend les lunchs, pauses café, cocktail et le livre-DVD «Culture pour tous /10 ans des Journées dé la culture » Culture, Communications et Condition féminine Québec SS Avw la participation de Bureau du Québec à Barcelone Montréal @ Ce colloque os! soutenu dans lu cadre do l'Enionto MCCCF-VWo do W •nt'Q.v ¦ Patrimoine Canadian H canadien Heritage ar© ; ÉCONOMIE SOCIALE: TQ© AIUANLI Of HC N me NI UNIVtlinil C INNUI AfvtAU
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