Le devoir, 8 novembre 2008, Cahier F
LITTÉRATURE Les nouvelles de Johanne Alice Côté Page F 3 ESSAI La vie après la mort Page F 12 CA PT.RAYMOND MSSÛNNETTE 1 iftïo - i*o; ' | tPOUX Of.________JOAN ÜAUS_____________ JACQUES GRENIER LE DEVOIR Gaston Miron Le grand rapaillage Un album majeur pour célébrer Gaston Miron Le projet est majeur et le résultat, tout à la hauteur des intentions: douze auteurs-compositeurs-interprètes et deux générations rassemblés pour rendre un hommage musical au géant Miron.Un «rapaillage» de première qualité.GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ Il y a les «vieux»: Corcoran, Rivard, Séguin, Lavoie, Plume, Flynn, Faubert.11 y a les «jeunes»: Martin Léon, Yann Perreau, Vincent Vallières, Louis-Jean Cormier.Puis le concepteur Gilles Bélanger.Et tout au cœur de leur rencontre, un poète, moitié-rapaillé moitié-immortel, planté bien droit dans l’histoire québécoise.Mardi dernier, le Lion d’Or était plein pour le lancement du projet Douze hommes rapaillés mis sur pied par Bélanger.Douce frénésie dans la salle: on discutait ici d’Oba-ma, ailleurs de Miron.Les uns félicitaient le réalisateur Louis-Jean Cormier pour les Félix récoltés à l’ADISQ — avec Karkwa —, les autres se retrouvaient avec plaisir: accolade de Rivard à Séguin, de Séguin à Corcoran.Sur la scène, la figure en esquisse de Gaston Miron souriait discrètement Les sourires des participants au projet étaient eux, franchement radieux.Pour sa part, Gilles Bélanger — qui a écrit les musiques des douze poèmes choisis pour l’album — voyait se concrétiser un rêve vieux de dix ans, fait aux côtés de Çhloé Sainte-Marie.«Miron, c’est notre plus grand poète, notre Neruda, disait-il.Il fallait que je fasse ce projet, qu’on aille plus loin avec Miron.Parce que Miron, c’est l’angoisse de l’homme, la colère, la rupture, la lucidité d'un homme capable de dévoiler toutes les mailles dont on est fait.Et surtout, c’est un intemporel.» Employons les mots de Jim Cor-Çoran pour dire finement les choses: «Bruiteur de l’âme au regard pacifique, Gaston Miron a fait le repérage intérieur qui nous facilite l’accès au plus profond, au plus beau, et au plus vrai.» Armé de ce bagage de mots rares, Bélanger a choisi un réalisateur aussi jeune que talentueux (Cormier) qui, pour avoir fait deux ans de scène avec Sainte-Marie, avait Miron bien en tête.«Cest un magnifieur de chansons», dit Bélanger.Les deux ont ensuite sélectionné pour chaque poème l’interprète le plus «naturel».Les invitations ont été lancées avec un mot d’ordre à la clé: vous ne jouerez d’aucun instrument Le band, c’est nous.Qui donc?Louis-Jean Cormier aux guitares, avec son collègue de Karkwa François Lafontaine aux claviers, Robbie Kuster (Patrick Watson) à la rythmique et Mario Légaré à la basse.«Le "ail-star band” de Montréal», dixit un Yann Peêreau qui portait haut sa tuque pro-lïbet lors du lancement VOIR PAGE F 2: MIRON »¦ i] * • ments de la dictature du prolétariat, nous n’avons jamais qualifié les Russes d’Union-Soviétiquois; et Yankees, qui historiquement a servi à désigner les habitants des États industrialisés du Nord.Or, à l’heure où un homme de couleur accède enfin à la présidence de nos bons vieux Zétats, il serait irresponsable de ne pas songer à ménager, dans la mesure du possible, les légendaires susceptibilités du Vieux Sud.Le Nobel, maintenant Depuis 1980, la Pologne et l’Afrique du Sud ont remporté deux fois plus de prix Nobel de littérature que les États-Unis.Les deux Nobel dp l’Afrique du Sud sont allés à des Blancs, celui des États-Unis à Tony Morrisson, une Noire.Trouvant sans doute que la situation devenait un peu gênante, le secrétaire perpétuel Horace Engdhal s’est publiquement fendu par avance d’une justification de ce désintérêt marqué et renouvelé pour la patrie de Philip Roth.Ses propos, qui ont causé tout le tintouin que l’on sait, peuvent se résumer comme suit la littérature américaine est fermée sur elle-même, traduit, peu, ne participe pas, bref, au «grand dialogue des littératures».Èt de toute manière, affirmait sans sourciller le perpétuel, l’Europe demeure le centre littéraire du monde.Que le Nobel soit, sinon un prix politique, du moins un prix idéologique, n’a rien d’une grande découverte.Tolstoï manquait d’idéalisme au goût du jury.Dieu et les armes à feu, grandes obsessions de la production états-unienne de la dernière décennie, ne sont pas des babioles très populaires auprès des, belles âmes de niumano-littérature mondiale.Je sais juste une chose: si Hemingway l’a eu pour Le Vieil Homme et la mer, Cormac McCarthy le mérite pour La Route.Suspension of disbelief.C’est, paraît-il, l’état d’esprit idéal du lecteur qui commence une œuvre de fiction.Non pas croire, mais suspendre l’incrédulité.Et • c’est moi, l’Amérique, le monde devant Obama.hamelinloCwsympatico.ca LITTÉRATURE FRANÇAISE L’œil mouillé d’Alain Jaubert LA PETITE CHRONIQUE Au-delà du réel CHRISTIAN DESMELLES Découvrir Naples, c’était donner son vrai nom au soleil», se souvient Paul Morand dans le livre qu’il consacre à l’Italie.Et lorsqu’on évoque Naples, bien avant la Camorra et les montages d’ordures, on pense à ses beautés brunes, à ses terrasses et à ses belvédères, à ses jardins fleuris et à ses eaux tièdes.Mais aussi, et peut-être surtout encaissée dans la baie à l’ombre du Vésuve qui depuis toujours la menace et la protège, la ville entretient le souvenir d’une cité romaine entièrement ensevelie par l’éruption du volcan en 79.Pompéi la sulfureuse: villas révolues, peintures érotiques, fragments d’éternité retirés des cendres.Le lieu parfait pour y déployer, comme le fait Alain Jaubert, un «art d’aimer» à faire rougir Ovide.Val Paradis, le premier roman qu’il nous avait donné en 2004, à 64 ans, sentait l’écume et le varech, les parfums bon marché, le plaisir et le grand large.Une nuit à Pompéi mélange son intérêt pour l’art, une existence marquée par le goût des voyages et une sensualité constamment en éveil.Le narrateur, réalisateur de documentaires et d’émissions de télévision sur l’art — pas très différent en cela, d’Alain Jaubert créa- Fiction fantasmée au service d’une mythologie érotique personnelle, le roman napolitain d’Alain Jaubert est d’abord une histoire d’amour leur de la série Palettes produite par la chaîne franco-allemande Arte —, nous déballe lentement ses souvenirs de voyages dans cette «ville attirante et vénéneuse».Du premier contact, à l’âge de 17 ans après trois jours d’autostop, jusqu’au colloque sur Pompéi qui l’amène aujourd’hui à Naples, il n’est question que de désir, de courbes, de sensualité.Il retrouve sur place, par hasard, une célèbre actrice anglaise dans la cinquantaine dont il avait été l’amant une dizaine d’années plus tôt.Une magnifique jeune Romai- ne, étudiante en histoire de l’art et guide à Pompéi, complète le triangle amoureux.Tous les trois, à la faveur d’une chaude nuit d’été arrosée au champagne, se livreront à des jeux érotiques inspirés des fresques du bordel retrouvé, entrecoupés de rires, Yves Theriault : le pari de récriture Catalogue de l’exposition consacrée à l’écrivain Yves Thériault présentée à la Grande Bibliothèque jusqu’au 18 janvier 20Q9 ISBN : 978-2-7637-8779-4 • 176 pages • 37,95 $ Une coédition de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et des Presses de l’Université Laval Textes inédits de Renald Bérubé, Michel Biron, Lise Biasonnette, André Brochu, Jacques Godbout, Hélène Lafrance, Claire Le Brun-Gouanvic, Laurent Mailhot, Robert Major, Jean Morency, Alain Person En vente chez votre librmre, sur le site des Presses de l’Université Laval (www.pulaval.com) ainsi qu’à la Boutique de la Grande Bibliothèque située au 475, boul.De Maisonneuve Est à Montréal (boutiquefSbanq.qe.ca).de conversation spirituelle et parfois savante.«Tremblements, embrasements, éruptions, explo-s ions, coulées.»: autant de petits Vésuve qui secouent les corps et les rendent à la vie.Visite guidée de quelques-uns des hauts lieux de Naples, court traité sur la vie sexuelle dans la Rome antique, commentaire sensible d’un amateur d’art éclairé, fiction fantasmée au service d’une mythologie érotique personnelle, le roman napolitain d’Alain Jaubert est d’abord une histoire d’amour, «comme la plupart des histoires».Gros œil mouillé de désir, observateur infatigable, témoin expert, l’écrivain nous livre un roman gourmand, sensuel et ludique — peut-être seulement un peu didactique par moments — qui semble dédié à la liberté.«J’ai appris à fabriquer mes paradis», écri aut le croire.Collaborateur du Devoir UNE NUIT À POMPÉI Alain Jaubert Gallimard Paris, 2008,300 pages JM ai réuni pour cette * chronique deux livres parfaitement dissemblables mais qui ont pour but de nous entraîner loin de la vie de tous les jours.L’un parle de foi religieuse, l’autre d’une vie consacrée à la musique.Inutile de le cacher, je n’aurais probable-ment pas relu Sous le soleil de Satan de Bernanos si l’actualité de l’édition ne m’avait pas mis en présence d’une parution sous les auspices du Castor astral.Bernanos, je le néglige depuis 40 ans.De plus en plus mécréant, je croyais en avoir fini avec ce qui dans mon souvenir était un auteur trop engagé dans des voies qui n’étaient pas les miennes.J’avais tort.Sous le soleil de Satan raconte l’histoire d'un prêtre de campagne, l’abbé Do-nissan.Fils de paysan, frustre comme il n’est pas permis, il n’est pas accepté au début par les bien-pensants.Il veut se réfugier dans Un couvent, mais son supérieur le convainc dans une conversation de rester au service de ses paroissiens.On n’irait pas loin dans la lecture du roman s’il n’était habité de bout en bout par les ténèbres et par la présence de forces supérieures.L’abbé dit à Mouchet-te à peine sortie de l’adolescence, qui vient de commettre un meurtre: «Vous êtes dans les Gilles Archambault mains de Satan.» Et on le croit, tellement est éminente la nécessité intime qui a dicté l’œuvre.Bernanos écrit aussi: «Notre pauvre chair consomme la couleur comme le plaisir.» L’abbé Menou-Se-grais, vieil ecclésiastique, voit dans son jeune collaborateur «une âme».Un homme habité de toute manière par une force supérieure qui voit dans Satan une puissance «capable de connaître pour détruire et renouveler dans la destruction sa connaissance et son désir».Ce roman qui fait cohabiter une Mouchette possédée par le mal qui finit par se trancher la gorge et celui que l’on surnomme le saint de Lumbres est le premier de son auteur, l’un des plus prenants certes.Même s’il est mal construit bourré de considérations qui alourdissent le récit.Si le romancier est malhabile, l’écrivain est magistral.La Quatorzième Valse d’André Tubeuf est un récit à la première personne.Celui qui aurait pu l’écrire est Dinu Lipatti, pianiste roumain dont les rares disques éblouissent toujours les mélomanes avertis.On aime Lipatti comme on vénère un poète.La quatorzième valse du titre fait référence, on l’aura deviné, à Chopin, dont le compatriote de George Enescu a été l’un des plus merveilleux interprètes.Intitulé roman, ce petit livre se- rait plutôt un faux journal qu’aurait rédigé un admirateur inconditionnel.La réputation d’André Tubeuf dans le domaine de la musique est inattaquable.Il a collaboré et collabore à de nombreuses publications dans le domaine, a publié des ouvrages sur Mozart, Wagner, Claudio Arrau,, entre autres.Rien à craindre donc du côté de la justesse des détails avancés.Si le ton est celui de la confidence murmurée, si l’intimité dul propos nous retient à coup sûr,* on peut se demander si la matiè-i re était suffisante pour maintenif* l’intérêt tout au long.En un mot, si le mélomane^ peut y trouver son profit, il n’esf-pas sûr que le lecteur qui ne se%; rait pas un admirateur de ceê» grand interprète de Bach y trou« ’ vera satisfaction.Une chose est certaine, cette' -Quatorzième Valse donne le goût; d’écouter l’un des plus grands!* pianistes du XX' siècle.Collaborateur du Devoir SOUS LE SOLEIL DE SATAN Georges Bernanos Le Castor astral Paris, 20087,334 pages LA QUATORZIÈME VALSE - André Tubeuf Actes Sud Paris, 2008,154 pages Z Québec ! LES PRESSES DE L’UNIVERSITÉ LAVAL p ul :ïs tAh h» df &éj4w.(v./ U MJWWIU*» LADMIUK Bibliothèque et Archives nationales du Québec vous donne rendez-vous aux otheque de la (iranae m'ifH* du fteymer Si'cfdtam» Bt'ïwrscuîymm Sandman Blues HJJf |d.,„ 111 I*U rt,' (ali.,,,.Rencontre avec l’écrivaine Catherine IVIavrikakis animée par Aline Apostolska Catherine Mavrikakis s’est distinguée depuis son premier roman, Deuils cannibales et mélancoliques (2000), par la force et la sensibilité de son œuvre qui mêle romans, essais et théâtre.Les Midis littéraires de la Grande Bibliothèque, une série de conversations avec des écrivains d’ici et d’ailleurs.à l’Auditorium de la Grande Bibliothèque e mardi 11 novembre zOO le 12 h 30 à 14 h 475, boni.De Maisonneuve Est, Montréal Berrl-UQAM Hanseignements : 514 873-1100 ou 1 800 363-9028 Entrée libre www.banq.qc.ca Bibliothèque et Archives nationales Québec S ! » » \ EE LE DEVOIR., LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 N O V E M B R E 2 0 0 8 LITTERATURE LITTÉRATURE FRANÇAISE Histoires de famille NAIM KATTAN œuvre de Sylvie Germain est I diverse.Elle a obtenu le prix Femina en 1989 pour son roman Jours de colère et le Concourt des lycéens en 2005 pour Magnus.Chacun de ses romans constitue une continuité et une rupture ou, plutôt, un nouveau point de départ.Sans être mystique, elle cherche, au-delà des apparences ainsi que de la philosophie et de la psychologie, les marques et les motivations profondes de personnages à la fois étranges et familiers.Dans L’Inaperçu elle en présente principalement deux, Sabine et Pierre.Entrée jeune dans la famille des Berynx, Sabine perd son mari dans un accident de voiture et se retrouve seule avec leurs quatre enfants.Mais, ayant hérité d’un billet de loterie gagnant d’un grand prix que son mari avait égaré, elle voit son existence matérielle ainsi assurée.Elle dirige efficacement le magasin de la famille.Ses trois garçons grandissent, chacun à sa manière ' faisant partie de la famille.La jeune fille, Marie, qui se trouvait dans la voiture de son père lors de l’accident, est ensuite amputée d’une jambe.Rebelle, elle traverse des périodes de dérive avant de mourir jeune.Ne s’agit-il que d’une famille ordinaire frappée par la tragédie?II existe dans les soubassements de son histoire des secrets.Georges, le mari de Sabine, ne l’aimait pas et entretenait une liaison avec une autre femme.Sa tante, Edith, demeurée célibataire, lui avait révélé la sexualité dans son sommeil, quand il était encore adolescent; une scène érotique qui demeure un secret que ni l’un ni l’autre n’ont voulu révéler.Sabine fait la connaissance de Pierre, le deuxième personnage principal du roman, alors que celui-ci est déguisé en père Noël.Elle le choisit comme homme à tout faire, bien qu’elle ignore tout de lui.Il la seconde au magasin, s’occupe des enfants, agit comme amant et père alors qu’il n’est ni l’un ni l’autre.Jusqu’au jour où le beau-père de Sabine, Charlam, le soupçonnant d’être l’amant de sa belle-fille, lui crache au visage.Du coup, Pierre disparaît sans laisser de trace.Car, on le découvre ensuite, le crachat lui fait revivre les moments les plus pénibles de son enfance.Son père, qui cachait son homo- FRED MEYER AFP Éliette Abécassis Sylvie Germain sexualité, vivait à distance de sa mère.Sous l’occupation allemande, il fut envoyé comme travailleur en Allemagne et sa femme devint la maîtresse d’un soldat allemand de qui elle eut une fille.A la Libération, la population du village Thumi-lia en lui rasant le crâne et en lui faisant parcourir nue les rues du village, souillée par les crachats des hommes et des femmes.Pierre quitta par la suite le village et sa mère humiliée.Ainsi, les deux protagonistes de ce roman traînent, en secret, des drames et des humiliations inavoués qui les condamnent à des comportements irrationnels et erratiques.Sylvie Germain lève le voile avec acuité et profondeur sur la noirceur de liens qui marquent des existences en apparence ordinaires et les condamnent à demeurer inaperçus, comme le titre du roman l’indique.L’amour à nu C’est une autre histoire de famille que retrace Éliette Abécassis dans son dernier livre, qu’elle intitule Mère et fille, m roman.Auteure de plusieurs romans, dont Qumran, elle a comme Sylvie Germain une formation philosophique.Elle a connu la célèbre couturière parisienne Sonia Rykiel ainsi que sa fille et associée Nathalie.Ce sont elles qui lui ont suggéré de raconter leur histoire.Elle l’a fait librement, comme une écrivaine, c'est-àdire sous la forme d’un roman.Les noms des protagonistes ne sont d’ailleurs pas indiqués dans le livre.Le roman met à nu l’amour qui lie la mère et la fille, mais aussi les tensions et la complexité de leurs rapports.Il passe presque sous silence les divers mariages de l’une et de l’autre ainsi que leurs nombreuses Denise Bombardier AU RISQUE DE DÉPLAIRE Vlb MiteUJr i À Connue pour son sens critique et ses prises de position à contre-courant.Denise Bombardier présente ici un recueil de ses chroniques publiées dans Le Devoir depuis mars 2006.«Pourquoi ne pas dire tout haut ce que l'on pense?Quel est l'intérêt intellectuel à rechercher un unanimisme?» se demande l’auteure dans l'avant-propos de son livre Des questions qui donnent le ton à cet ouvrage qui rend compte d'événements qui ont fait l'actualité,’ tels les accommodements raisonnables et l'avenir de la langue française et de la culture au Québec.Denise Bombardier sait surprendre, déranger et faire réfléchir le lecteur.vlb éditeur Une compagnie de Québécor Media FRED DUFOUR AFP aventures.Mais leur passion de la couture, leurs différences et, parfois, ce qui distingue leurs démarches sont soulignés.Enfin, même si le mot «roman» figure dans le titre, ce livre est plutôt un grand reportage sur une grande maison de couture avec des réflexions sur la mode et l’art du vêtement Collaborateur du Devoir L’INAPERÇU Sylvie Germain Albin Michel Paris, 2008,294 pages MÈRE ET FILLE Éliette Abécassis Albin Michel Paris, 2008,169 pages Lépront, le roman à l’improviste Finaliste au Médieis avec Disparition d'un chien, la romancière française est une valeur sûre, pas une vedette GUYLAINE MASSOUTRE Qu’on retrouve Catherine Lépront au palmarès des finalistes du Médieis n’est que justice.Rien chez elle n’est concédé au noir de l’artifice, ni sujet ni écriture, mi-énigme mi-réflexion.Dans son plus récent roman, Disparition d’un chien, le titre le dit assez, elle tient en laisse ce qui la tire en avant: son flair du mystère et son instinct du drame, le nez au ras du sol.Pourquoi suivre le molosse?Quelqu’un a-t-il lâché prise?Qui le voit?A l’origine, il y a une scène réelle, entrevue par l’écrivaine de son balcon: une femme en Vespa, qui s’arrête, et un chien sorti de sa veste, qui tremble.Tous deux s’éloignent.Lépront entre en action.Ëlle lance à leur poursuite, sur plusieurs plans, une panoplie de limiers autour d’une faune d’artistes, dans un immeuble de Zanzibar.Mais y a-t-il lieu d’en faire un tableau?De lui prêter la logique manquante d’un avenir improbable?Lépront s’adonne à la furieuse envie d’y donner suite.Avec talent.D’un côté, il y a son imagination qui ravale la scène à un film possible; de l’autre, se pressent des questions de mémoire et de sens.L’honnêteté d’écrire est en jeu.Le roman peut-il valider de nos jours sa gratuité poétique, onirique, associative, ludique?Est-ce purement léger, farfelu?Peut-on, après tant d’autres, répondre à la question?Nœud de vipères Aérienne, Lépront colle son histoire dans l’actualité médiatique, politique, artistique.Des évidences aux ratures, des comparaisons aux souvenirs, elle fait vivre des impulsions et des regrets.Le temps s’éveille sans trop de cérébralité, et ses êtres imaginaires croisent la culture, au sens large.En attendant, une conscience hypervive projette la UN MANAGEMENT MORAL : une réponse partielle à la crise ?Après 180 conférences sur le management présentées en Amérique du nord, en Europe, au Moyen-Orient et en Asie.« Tout vous a été confié.» Préface de Jacques Lamarre, président et chef de la direction du Groupe SNC-Lavalin inc.«Tout vous a C*té confié.Tdtuotÿnagw «l'tm Wunmo l'ailftitc# pa» contint* W «ukrv* PRESSES DE LA RENAISSANCE - Disponible en librairie - Modèle de management développé par Monsieur J.-Robert Ouimet basé sur le bien-être des personnes qui oeuvrent dans les entreprises et sur la croissance de l’efficacité et du profit compétitif.APRES 50 ANS À LA TÊTE DE CORDON-BLEU.J.-ROBERT OUIMET, UN CHEF D’ENTREPRISE PAS COMME LES AUTRES.suite du scénario dans un tricotage de fiction.L’invention est celle, dit-elle en passant, du feu dans la glace.Une jouissance allègre.La vérité télescopée par des parasites.Ainsi, la narratrice enquête sur Olga, qui veut élucider le meurtre de la femme au chien.Comment tirer la vérité entre mille conjectures, quand l’imagination en est la grande responsable?Les phrases sinueuses, bousculées et polyphoniques de Lépront sont un bonheur d’autant plus grand qu’on y pressent le maître, Holbein, et son fameux tableau Les Ambassadeurs, avec son anamorphose d’un crâne, symbole des vanités ultimes.Le polar est un peu ce crâne déformé.Entre des pirouettes de reconstitution, on voit le réel, avec ses détails inattendus et ses bizarreries de sous-sol.La véracité ténue de l’histoire frôle des précipices.Ils gigotent, ces protagonistes, ils investissent de drôles de décors, des villes, des musées, selon leur humanité composite.Ét Lépront, insolente, rivière en crue, d’oser la digression, le bariolage, le détour qui ne paie pas de mine! Le roman mystifie, interpelle les amateurs d’histoires louches, de sautes d’humeur, d’images à surprise coimne un cadeau qu’on déballe.Le polar comme si Oui, il y a de l’intrigue à même les mots, du roman à l’improvis-te, dans ce Disparition d’un chien.Avec humour, on vous promène d’un bord alors que c’est de l’autre que l’action se précipite, tandis que vous considériez les divagations du fouineur de métier.Vagabonde, imprévisible, hirsute même, sa plume a la fantaisie de la parole directe.Elle a la plume libre, sans tapage, avec une visibilité éditoriale dont elle n’a ni usé ni abusé et des envies sorties d’elle ne sait où.Dans son roman, c’est comme s’il fallait vivre avec des questions auxquelles on ne peut jamais répondre.On ferait comme si.On rebondirait malgré l’absurde, l’angoisse.On aimerait quand même sacrement vivre.Malgré la bêtise, les meurtres, les hantises, les erreurs irréversibles, les parasites.«Dans les polars d’Olga, la vie est écrite telle qu’elle n’est pas, me dis-je, sans les haillons de l’amnésie ni les brocarts de l'imagination, sans les réminiscences ni les anticipations elles aussi involontaires et décalées dans le temps, sans les zones d'inintelligibilité ni les illuminations prodigieuses qui en sont pourtant la chair même et qui constituent en vrac sur le même cintre gigantesque, une garde-robe hétéroclite d’oripeaux misérables et de tenues princières.» Voilà.A l’instar de ceux et celles qui font une œuvre seule, Catherine Lépront est une valeur sûre, pas une vedette.Elle comptera bientôt une trentaine de titres à son actif, romans, nouvelles, pièces de théâtre et quatre essais, remarqués par des prix aussi discrets que significatifs.Elle mérite qu’on la lise.Collaboratrice du Devoir DISPARITION D’UN CHIEN Catherine Lépront Éditions du Seuil Paris, 2008,379 pages LOUIS-PHILIPPE HÉBERT La bibliothèque de Sodome m Un livre d’amour différent, pourtant si près de nous.LES HERBES ROUGES/NOUVELLES Étoiles variables Dominic Séguin Tant pis nouvelles, 162 p., 22 $ Tant pis, c’est la mise en accusation d’un système qui avance comme un rouleau compresseur.Les personnages n’ont ni la force ni le pouvoir de changer quoi que ce soit.«Tant pis», semble se dire Dominic Séguin.Les grandes figures LAURIER récit biographique traduit de l'anglais par Hélène Rioux, 192 p., 18 $ Roderick Stewart Wilfrid Laurier Œuvrer pour l’unité du Canada « Sur mon honneur, je m’engage à consacrer ma vie à la cause de la conciliation, de l’harmonie et de l’entente au sein des différents éléments de ce pays qui est le nôtre.» .T.Tr.1781, rue Saint-Hubert, Montréal (Québec) H2L 3Z1 A1 A Téléphone : 514.525.21.70 • Télécopieur : 514.525.75.37 éditeur Courriel : info@xyzedit.qc.ca • www.xyzedit.qc.ca 1 L E I) E V 0 1 R , LES SAMEDI 8 E T DIMANCHE 9 N 0 V E M B H E 2 0 0 8 F LITTERATURE POÉSIE Amours de haut vol Hélène Monette et Hélène Horion signent deux recueils qui méritent HUGUES CORRIVEAU Hélène Monette aurait pu donner le titre «Litanies de Thérèse» à son récent et bouleversant recueil, écrit en hommage à sa sœur disparue en 2005, intitulé Thérèse pour joie et orchestre.On y retrouve cette même manière de nommer l’admirable que l’énumération évocatrice autour de la Vierge Marie dans le texte liturgique.Ainsi trouve-t-on au fil des pages diverses manières de nommer la bien-aimée: «Seule-Ange», «Teresa Bonheur», «ange au grand cœur d’authentique grande sœur», «petite Thérèse, mon oursin soyeux», «Tereza Bouddhina», «chamelle dorée des bibles / marraine de l’abordage», etc.On aurait le goût, au fil des pages, d’imaginer que cette Thérèse privilégiée ait eu le temps de lire ce livre que Monette lui consacre, tellement l’amour sororal y est inscrit jusqu’au cœur et dans la tendresse la plus pure.L’absente est donnée dans sa présence essentielle à travers des chapitres aux titres d’œuvres musicales: «Prélude», «Fantaisie», «Pastorale», «Oratorio» et «Nocturnes et gospels».Un tel acte d’amour est si surprenant en ces temps cataclysmiques qu’on ne peut s’empêcher, avec l'auteu-re, de poser la question: «mon Dieu! sommes-nous réellement / dans la réalité?» Et c’est à peine si le doute nous effleure tant sont considérables les sentiments entre les deux femmes.Ira traversée du temps, de la prime enfan- %¦ s MARTINE DOYON Hélène Monette ce à l’âge adulte, nous permet d'accéder à une complicité exemplaire et complémentaire.Le texte est d'une très grande beauté, économique et précieux, sans excès, au plus près de garder pour soi l’émotion qui pourtant est transmise avec une énergie qui serre la gorge.Un très beau recueil que celui-ci, écrit avec la grâce de la vérité: «tu es un des Grands Mystères de ma vie»; «après ta mort, tes camarades ont rempli nos yeux /de ton cœur choral / de ton cœur, on l’entendit enfin // écoutant la chorale / à chaudes larmes / on fentendit clairement / ne plus jamais être là».Voyage en soi-même Hélène Dorion, dans Le Hublot des heures, nous entraîne à bord de divers avions sur des sites aéroportuaires pour qu’on puisse l’accompagner dans ses déplacements.Or le vocabulaire convenu pour les transports aériens s’ouvre à des doubles sens insidieux d’où sourd la poésie elle-même.Le mot «déplacement», au premier chef trouve à témoigner de la fragilité de l’âme dès lors qu’on se déplace légèrement à côté de nos habitudes.Ira carlingue devient ainsi le microcosme parfait pour que la conscience s’aiguise, pour que le regard aux abois cherche à repérer l’humanité tout autour, vaste passage éphémère de l’altérité: «[.] tu reviendras / pour rejoindre d’autres espaces/ en toi, — comme si, avec chaque lieu / tu recueillais m fragment de plus / de ton être, quelques lambeaux / que le vent, que la vie / avait éparpillés.» L’autre et soi à la fois; la quête de Tailleurs trouvant à faire s’épanouir une vision immanente de ce que notre vision des choses comporte d’appréhension et de désir.Les chambres de passage tiennent aussi le même rôle de cocon révélateur de son incarnation dans le l’attention monde.Mais Tauteure ne s’attarde en aucun lieu, essayant de montrer cette fuite en avant qui entraîne corps et âme vers des ailleurs improbables et d'inattendus chocs et coups d’espoir, mais aussi de désespoirs et de stupéfaction.Le monde éphémère qui défile au-delà du hublot, Tauteure se demande s’il n’est pas semblable à celui qui s’imprime fugitif sur les écrans de télé, comme si le bouleversement d’un nuage et une guerre lointaine avaient le même poids de sens enfui: «tu oublies presque / la sensation d’être ici et nulle part / ailleurs, coupée des innombrables/multifonctions qui te transmettent l’ubiquité /au bout des doigts, soudain tu te retrouves/partout en même temps/ nulle part, alors».Ou simplement dans la pleine conscience de ce que peut dire de la précarité du monde la poésie.Collaborateur du Devoir THÉRÈSE POUR JOIE ET ORCHESTRE Hélène Monette Boréal, Montréal, 2008,160 pages LE HUBLOT DES HEURES Hélène Dorion Éditions de La Différence, coll.«Clepsydre», Paris, 2008,80 pages Le «vrai» Brel Trente ans que Jacques Brel est mort et qu’il repose sur son île après une vie aussi tumultueuse que passionnée.Chanson, cinéma, navigation, aviation, Brel a touché à tout Et le journaliste Eddy Przybylski a touché à tout ce qui concerne Brel dans Jacques Brel.La valse à mille rêves, une biographie publiée aux Editions l’Archipel.Volumineux (765 pages), l’ouvrage revendique d’être le plus fouillé depuis celui publié par Olivier Todd en 1984, qui fait toujours office de biographie-référence.Przybylski a interrogé plus de 120 «témoins» ayant connu le chanteur dans Tes-poir de «raconter le vrai BreL, de Bruxelles aux Marquises, en passant par Paris.Quelques «révélations» ponctuent le récit notamment sur les véritables raisons de la mort du chanteur.Un bémol sur le travail d’édition: la présentation des photos sur fond de mer turquoise n’est pas nécessairement des plus heureuses.- Le Devoir Lundi 10 novembre à 18h00 FONDATION METROPOLIS ivieri librairie » b i $ t r (K Olivieri au cœur de la littérature 5219 Côte-des-Neiges Métro Côte-des-Neiges RSVP: 514 739-3639 Bistro : 514 739-3303 Dans le cadre de la Série littéraire Metropolis bleu Monique Proulx Monique Proulx est connue comme romancière, nouvelliste et scénariste.L'auteure des Aurores montréales et du Sexe des étoiles lira des extraits de son dernier roman.Champagne, qui connaît un accueil très favorable, tant au Québec qu'en Europe, et s’entretiendra avec Marie-Andrée Lamontagne.Organisé par la Fondation Metropolis bleu Écrire le silence SUZANNE GIGUÈRE Imaginez Gilbert Gatore dans le silence absolu d’un monastère, écoutant en boucle le Requiem en ré mineur de Mozart, un crayon à la main, traçant sur la page blanche ces premiers mots: «Que vaut-il mieux faire lorsque, sans aucun doute possible, il est trop tard?» Né en 1981 au Rwanda, l’écrivain a fui le pays avec sa famille en 1994.11 vit aujourd’hui à Paris.Pour écrire Le Passé devant soi, il a parcouru toute la France en s’installant chaque semaine dans un monastère différent.Il cherchait un endroit calme pour écrire une fiction sur la tragédie rwandaise dans laquelle, par la seule force de l’imagination et de l’écriture, il allait explorer les forces obscures de la folie génocidaire qui a fait dans son pays — qu’il ne nomme jamais — plus de 800 000 victimes en cent jours.Donnant la parole à deux personnages fragiles, bourreau et victime, il tente d’exprimer l'indicible et de montrer que survivre au passé reste difficile.«C’est terrible, mais bon» Deux histoires se répondent.Celle d’Isaro et de Niko.D’une voix calme mais riche en pathos, Isaro raconte.Enfant adoptée, elle a grandi dans l’ignorance de son passé et mène à Paris une vie d’étudiante insouciante.Les nouvelles tragiques que la radio donne régulièrement de son pays d’origine lui apparaissent un jour insupportables: le nombre de prisonniers est tel qu’au rythme des jugements il faudra deux ou trois siècles pour examiner le cas de chacun des détenus.Rattrapée par son histoire personnelle — le massacre de toute sa famille —, elle trouve obscène l’attitude de ceux qui ne trouvent rien d’autre à dire que «c'est terrible, mais bon».Rien d’autre que de s’indigner rituellement avant de passer à autre chose, à la vie normale.«C’est cette façon d’être résigné devant tous les bouleversements, de ne pas se laisser soi-même bouleverser au risque, croit-on, d’ajouter sa propre misère à celle déjà écrasante du monde qu’elle ne supporte plus.» Elle décide de partir dans son pays pour consigner les témoignages de tous ceux qui ont vécu la tragédie: survivants, bourreaux, complices, résistants.Une sorte de recensement de la mémoire.Cette démarche la plongera finalement dans une affliction profonde.Asphyxiée par les souvenirs insupportables dont elle devient la gardienne, son propos lui paraît en deçà de tout ce qu’elle écrit.«Il lui apparut que même un livre n’y aurait pas suffi, que rien n’y suffirait jamais.» Niko est un simple d’esprit, muet, négligé par ses parents.Il est aussi un être rêveur et inquiet.La lecture est la seule activité qui lui procure un peu de paix.Pendant la guerre civile qui ravage son village, il rejoint les génocidaires: «Pour la première fois de sa vie, il fait partie d’une communauté, il est respecté et éprouve une puissance illimitée.» Quand débute le récit, il vit dans une grotte habitée par de grands singes.Il tente d’oublier les actes qu’il a commis.Dans un langage sans émotion, il dévoile en 251 fragments la mécanique qui l’a mené à consentir puis à participer à l’extermination de ses frères.A la fin, en proie à des souvenirs insoutenables, transi de honte et de culpabilité, il n’arrive plus à se débarrasser des fantômes des corps martyrisés et des voix étouffées de ses victimes.Impasse et douleur.Le passé qui ne passe pas En mettant face à face une victime et un bourreau dans les tourments d’une guerre civile qui saccage sentiments et relations humaines, Gilbert Gatore se concentre sur une question qui imprègne peu à peu son récit: oublier au risque de devenir fou et de ne pas supporter la vie avec les autres ou pardonner?Avant lui, Primo Levi a étudié la difficulfé de vivre comme survivant.A propos de la haine nazie, il écrivait: «Si la comprendre est impossible, la connaître est nécessaire, parce que ce qui est arrivé peut recommencer, les consciences peuvent à nouveau être déviées et obscurcies: les Dans un langage sans émotion, il dévoile en 251 fragments la mécanique qui l’a mené à consentir puis à participer à l’extermination de ses frères nôtres aussi.» (Si c'est un homme, JuWvàcA, 1987).Le Passé devant soi, qui a remporté le prix Ouest-France Etonnants Voyageurs 2008, n’est pas un livre qui explique.C’est un livre qui pose des questions.Dans une entrevue qu’il accordait à Marine Landrot (Télérama, 9 janvier 2008), Gilbert Gatore déclarait: «Avant d’être un génocide, les événements de 1994 sont des expériences humaines, individuelles, subjectives.Pourquoi prend-on une machette pour tuer son voisin?Seule la fiction peut répondre à cette question.Il faut inventer la vérité, pour qu’elle puisse apparaître.» Dans Le Passé devant soi, le romancier s’avance loin dans la douleur intérieure des personnages.D’une force littéraire peu commune et d'une maîtrise impressionnante, ce qui ne semble que réalité entre avec une aisance stupéfiante dans la fiction.L’alternance des voix, Tune métaphorique, plus près du conte, et l’autre plus réaliste, plus analytique, renforce cette perception.Longtemps après avoir refermé ce récit unique, les voix d’Isaro et de Niko comme celle$ du Requiem de Mozart continuent de nous hanter.La petite musique des ténèbres se déposé en nous.Avec une question: qu’aurions-nous fait dans la même situation?Collaboratrice du Devoir LE PASSÉ DEVANT SOI Çilbert Gatore Éditions Phébus Paris, 2008,224 pages ITT Martin Petitclerc FÉLICITATIONS PRIX LIONEL-GROULX DE L’INSTITUT D’HISTOIRE DE L’AMÉRIQUE FRANÇAISE * NOUS PROTF.GüONS L’INFORTUNE» i n o»k;n> m < «*«, nr i ta now mkmü ai.(x im Déjà lauréat du prix Clio pour la région de Québec remis par la Société historique du Canada, Martin Petitclerc vient de recevoir un nouvel honneur : le prix Lionel-Groulx remis au meilleur ouvrage en histoire de l'Amérique française.Dans ce livre pionnier, Martin Petitclerc étudie ces associations mutualistes québécoises qui, à l’époque du libéralisme triomphant, ont développé la solidarité de la classe ouvrière.vlb éditeur Une cmn,Hjnk.' de Quebocor Media BENOIT BOUTHILLETTE «Ce Benoît Bouthilleue, c’est te talent à Tétai brut.Du style [.], de la truculence, une esthétique sombre et urbaine, une vision critique de notre bonne société.» Didier Fessou - Le Soleil «[.] les amateurs retrouveront avec plaisir le style inimitable de Bouthillette.[.] une œuvre de qualité qui confirme l’originalité et le talent de ce jeune écrivain.» Norbert Spehner - La h-esse « Rares sont, dans le sport comme dans le champ littéraire, les recrues géniales qui échappent à la malédiction de la deuxième saison.[.] À peine offerte la sidérante réussite de La Trace de l'escargot, Benoît Bouthilleue triomphe du risque de la récidive [.) avec un résultat magique: le texte parvient, comme peu d’œuvres savent le faire, à déferler au rythme pourtant insoutenable de la pensée.[.] Du souffle.Une agilité sans pareille.Une authenticité encore rugueuse, mais qui promet de combiner tantôt la fidélité à la vie et l’élégance littéraire.» Laurent Lapeante - Nuit blanche La rïlue du serpent de terre T pp leiettitionsdelabaKnole corn Luc Godbout Suzie St-Cerny Regards sur la famille et la fiscalité LE QUEBEC, UN PARADIS POUR LES FAMILLES ?St-Offr- Le Québect fatïidte8 dis pu ut- un ParlV irchsutw ISBN: 978-2-7637-8787-9 275 pages • 29,95 $ LES PRESSES DE L’UNIVERSITÉ LAVAL • www.pulaval.com A » i LE DEVOIR.LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 N O V K Al B H K 2 () () 8 LIVRES F Coups de cœur francophone Petite randonnée musicale La Montagne secrète passe du livre à la scène pour la première fois GUILLAUME B O U R G A U LT - C ÔT É On le sait les livres sont magnifiques, et les disques pleins de beautés.Les enfants les aiment les parents aussi.De même la critique—toujours enthousiaste devant les productions de la Montagne secrète — et les artistes qui participent aux projets.Il ne manque rien, alors.Ou peut-être que si: un bout de scène.La Montagne secrète passera aux actes demain, au lion d’Or, pour deux spectacles qui constituent une première pour la maison de disques-livres.Cette inédite présence sur scène se fera avec la participation d’une pléiade de musiciens qui donnent bonne mesure du pouvoir d’attraction de la Montagne: Martin Léon, Paul Kunigis, Mara Tremblay, Yves Lambert, Jorane, Jérôme Minière, Kaïn et Jessica Vigneault seront notamment de la partie.Au dire du fondateur et directeur artistique de la boîte, Roland Stringer, il s’agira d’un spectacle-tour d’horizon.On pigera à droite et à gauche dans le répertoire de la maison, en s’attardant aux succès.Car succès, il y a: Un dimanche à Kyoto (basé sur des textes de Gifles Vigneault), Un trésor dans mon jardin (encore du Vigneault, tout récemment auréolé du prestigieux prix TO en littérature jeunesse canadienne), Chapeau! Félix, Le Géant de la forêt, la trilogie des Dodo la planète do, puis.Puis l’ensemble de la production, en fait, puisque de chaque titre s’est écoulé entre 5000 et 15 000 exemplaires.Une sacrée pige au Québec.Des projections des illustrations toujours soignées des livre-disques seront aussi utilisées demain, alors que la trame narrative de La Fabuleuse mélodie de Frédéric Petitpin, sortie en 2007, servira de cœur au spectacle.Ça fait donc huit ans que la Montagne secrète opère au grand jour, en soulignant son goût des mots et d’une esthétique tant visuelle que sonore (musique folk du monde entier, jazz doucereux, touches de swing) qui fait sa réputation jusqu’en France, où le tiers des ventes est réalisé.Pour Roland Stringer, le secret de la recette réside dans le respect voué au public visé: on s’adresse aux enfants intelligemment, et on s’arrange pour que les parents y trouvent amplement leur compte avec des contes bien ciselés.«Je vois ce qu’on fait comme un bon film pour la famille.Parce qu’on bon film pour enfants est un film qui plaira à toute la famille», dit celui qui a longtemps géré la carrière de Hart Rouge (des amis d’enfance qui participent souvent aux productions de la Montagne secrète) et de Carmen Campagne.C’est Stringer qui mène tous les projets.D choisit les auteurs, les illustrateurs, les musiciens.Avec un pif exemplaire: il a sollicité Pierre Lapointe et Yann Perreault avant que le grand public ne le fasse, par exemple.Et le bassin des collaborateurs comprend Pascale Bussières, Richard Desjardins, Richard Séguin, Bia, Penny Lang, Ariane Moffett.La crème du genre.UN cLADEAu pouR SOPHIE t: M f M i\ ut vt tu no r i G U.Li:s Ywskm U Stéphane Juki-sc-u lil x.iv&£_» frsqvs • G ssci» wt Wfi/rtri.eut: Lun*,v«, ré*»./.Hyk r-, LiW.DIMANCHE A KYOTO f.MiVwns Vign&Aijît «U*»**.-»* Stéphane Jotiscb DISQUE Wî3*in P .Lace DufauP, Luc O» tvodw'lifcre.'.apni'a J*ss:ca Vigneaaü «C’est vrai que les artistes acceptent facilement de jouer le jeu avec nous, dit Stringer.Et je crois qu’on le leur rend bien en faisant aussi confiance à des jeunes.» Une confiance qui s’étend d’ailleurs à l’ensemble de la production: confiance en la sensibilité du public, au pouvoir du conte {«qui est une ouverture, le début de quelque chose, un magnifique outil littéraire») et à la beauté des musiques du monde pour parler aux enfants.Le Devoir UN DIMANCHE A LA MONTAGNE SECRÈTE À 10h30 et 13h30, au Lion d’Or Un prix littéraire décerné par les collégiens et récompensant une ŒUVRE ORIGINALE DE FICTION QUÉBÉCOISE Le dévoilement des titres des œuvres en lice pour l'obtention du Prix littéraire des collégiens 2009 aura lieu LE VENDREDI 14 NOVEMBRE.y," f ¦fé, fl; i 4’ S '% w Ssii ?.yr ™ < W.\ 11 Jm Collégiens Gagne un séjour en francophonie 4 J «% ‘\W4 www.prixlitterairede M ATIrtIUAI P etCommunkatlont • JJI M 8 T C B 0 U f fl i 6 Loisir irfSport QUEBECOR NATIONALE Québec «h W Québec SS LE DEVOIR ctçuxj cam»uTaiM*u.m #RADI0 BÉDÉ La vérité droit dans les yeux FABIEN D EGLISE Il y a des secrets de famille moins lourds à porter que d’autres.Et Stéphan, photographe professionnel qui sillonne le globe pour sensibiliser l’humanité à la misère humaine, en la mettant en boîte, n’a pas pêché le bon.À la mort de sa mère, l’homme découvre en effet l’insoutenable: il est né aveugle et il a retrouvé la vue à la suite d’une opération, sans doute illégale, au Brésil dans sa jeunesse.Le donneur forcément ne voit plus.Et 30 ans plus tard, la culpabilité va accompagner la découverte de cet échange contre nature et amener le héros au bout de sa mauvaise conscience.Avec Le Regard des autres, Martin Baker et Edmond Baudoin signent ici une première œuvre, bien sombre, qui vient de trouver sa voix dans le catalogue d’une nouvelle maison d’édition d’ici, Axar Productions.Dans une succession de pages où le noir domine, pour donner le ton de la proposition, le récit propose un voyage étonnant dans les bas-fonds des in- MtOf SENKOP SOURCE AXAR Illustration tirée du Regard des autres, de Baker et Baudoin égalités mais aussi de la rédemption, sur deux continents.Dans ce monde, la honte est palpable.Elle côtoie aussi quelques incohérences dans le scénario et un trait par moments juvénile, surtout dans la mise en scène des expressions du visage.Mais cette recherche de pardon arrive malgré tout à garder l’intérêt du lecteur en raison d’une caractéristique graphique originale: le cadrage du réel est livré à partir des yeux du personnage principal.Yeux qui sont au centre du récit.Concept, concept, comme dirait l’autre, et qui annonce sans doute quelque chose dè bon, dont on attend déjà la suite.Le Devoir LE REGARD DES AUTRES Martin Baker et Edmond Baudoin Axar Productions Montréal, 2008,72 pages BEAUX LIVRES Le journal de Vigneault Gilles Vigneault tient son journal depuis 1973, un journal consacré autant à des réflexions générales sur la vie qu'aux événements de son quotidien.Mia Dumont, attachée de presse et chargée de communications fort connue dans les années 70, de venue par la suite une amie et une conseillère de Céline Dion, a eu un accès privilégié au 18 cahiers de ce Gillen Vigneault L'APPRENTI SAGE T«îrtr* rf(iwUh) fiat Mm Oi/Hv-T journal, alors qu’elle avait eu l’idée de réunir des citations du célèbre auteur-compositeur.Le résultat prend donc la forme d’un petit livre d’art, qui propose quelques-unes des réflexions intimes de Vigneault, agrémentées d’esquisses de Vigneault lui-même.Panni les réflexions, on peut noter cellesci: «La paresse, dit un très vieux proverbe, c’est la patience vécue comme un métier.» Ou encore, «La vérité ne sait naître et grandir que dans la forêt des incertitudes.» Le Devoir JOURNAL DES JOURS/ L’APPRENTI SAGE Gilles Vigneault Textes recueillis par Mia Dumont Editions de l’Homme Montréal, 160 pages La star chérie des Québécois se révèle ! Issue d’une famille de musiciens, Nanette se retrouve, à dix-huit ans, en tête d’affiche d’une comédie musicale sur Broadway.Puis une rencontre change son destin : Tony Roman.Elle l’accompagne en tournée au Québec, où il est déjà une vedette.Mais Nanette a la bougeotte.Nanette Workman a eu une vie mouvementée, parfois chaotique, jamais banale.Aujourd’hui, avec sa voix unique, son charisme et son look de star, elle continue de soulever les passions.Mario BOLDUC En librairie le 12 novembre Mario Bolduc «INS1< 41 iMj GROUPE L1BRBX Une compagnie de Québécor Media groupelibrex.com r V LE DEVOIR, LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 NOVEMBRE 2 0 0 8 LIVRES LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE L’art, les morts et le lac Louise Warren cherche à saisir la spécificité de l’émotion esthétique DAVID DORAIS \ A la lecture du dernier livre de Louise Warren, on ne peut s’ejnpêcher de penser au recueil d'Elise Turcotte, Pourquoi faire une maison avec ses morts, en raison de l’atmosphère poétique dont le décès se pare chez les deux femmes.Mais dans La Forme et le Deuil, on se trouve bel et bien chez Louise Warren, c’est-à-dire dans un musée imaginaire.Un endroit où les œuvres d’artistes contemporains sont réunies avec goût et explorées en profondeur.Cette re-création littéraire d’œuvres visuelles leur confère une aura presque magique.Warren transmue ainsi les photographies d’allumettes de Stephen Sack, de la série Matches Forest, en un paysage beau et inquiétant: «Anatomie d’une forêt qui aurait pu accueillir des os aussi bien que des sculptures filiformes, totems, nouveaux dieux, nouvelles idoles, statues dressées [.].Derrière la forêt apparaissent les cimetières de verre, les photos sur faïence des défunts, les squelettes d’animaux, les pièces de monnaie.» Par ces sortes d’épiphanies répétées, Louise Warren cherche à saisir la spécificité de l’émotion esthétique.Celle-ci ouvre en nous un «arrière-monde», dit-elle, un au-delà du langage où s’éprouvent intuitivement les forces, les mouve ments, les matières, les formes.En fait, précise Warren, il s’agit d’un «entre»: une dérive qui favorise l’interprétation, dérive de la pensée entre le moi et l’œuvre (dont il faut toujours se tenir à distance), mais aussi entre le moi conscient, analytique, et le moi instinctif, créateur.Les spéculations de l’auteure se construisent dans un élan constant vers les formes extérieures.La descente méditative en soi-mème et par soi-même semble ici impossible: la réflexion est nécessairement, avant d’être un retour vers soi, une lente inclinaison vers l’autre, une interrogation tendre, sans facilité mais sans pédantisme, dans une langue simple et sensible, qui cherche à cerner au plus près les idées en mouvement.Ce dynamisme est l’essence même du travail créateur, passage du deuil à la forme: «Le deuil crée une autre vie autour de la mort et cette transfiguration est un mouvement dont les artistes possèdent les matériaux, car il ne s’agit pas de résister à la mort, mais de l’accompa- gner.La résistance est dans la forme.De ces os, de ces cendres, de cette poussière, je ferai une matière solide.» L’objet d’art n’est pas une réplique du vivant: c’est le modelé d’une absence.L’art s’alimente donc au deuil, c’est-à-dire à la mémoire de ce qui nous est cher et qui est pris dans le passé.De là l’entreprise archivistique de Louise Warren: conserver pêle-mêle, grâce à l’écrit, les souvenirs de tableaux et de photos, mais aussi les souvenirs de son lac changeant au gré des saisons et les souvenirs d’êtres disparus: ainsi dresse-t-elle, dès l’ouverture de son livre, le portrait admirable de sa tante, femme hors du commun qui l’a initiée aux arts, au voyage et à la pensée.Collaborateur du Devoir LA FORME ET LE DEUIL ARCHIVES DU LAC Louise Warren L’Hexagone Montréal, 2008,231 pages © JOSEE LAMBERT mw i Louise Warren LITTERATURE JEUNESSE François Gravel et ses ados exquis LOUIS CORNEL LIER Sales crapauds, du prolifique François Gravel, n’est pas qu’un bon roman jeunesse.C’est un bon roman tout court.Sixième et dernier tome de la série Sauvage, qui met en scène les membres du club des Cadavres exquis, il confirme, une fois de plus, la redoutable habileté narrative de ce polyvalent auteur.Sa nomination à titre de finaliste aux Prix du Gouverneur général de 2008 dans la catégorie littérature jeunesse-texte s’imposait.Composé de quatre jeunes d’une école secondaire banale des Basses I^urentides, au nord de Montréal, le club des Cadavres exquis est un club littéraire un peu particulier.«Mes amis et moi, explique Steve Charbonneau, leader du groupe, n’avons pas envie de nourrir les goélands pendant nos temps libres, ni de jouer au ping-pong, et encore moins de fumer des cigarettes en prenant un air blasé.Nous préférons lire et écrire des histoires macabres.» Conçus comme de petites machines littéraires qui s’amusent à imbriquer la réalité dans la fiction et la fiction dans la fiction, les cinq premiers tomes entretiennent le lecteur dans l’incertitude, lit-il le roman écrit par Gravel ou B JACQUES GRENIER LE DEVOIR François Gravel l’histoire dans l’histoire rédigée par Charbonneau, le personnage?Même une fois familiarisé avec le procédé, il se fait prendre à tout coup.A cet égard, L’Araignée sauvage, tome 2 de la série, est particulièrement efficace.Arrêté par la police parce qu'il a écrit une msrnm Venez rencontrer pour une lecture publique A 19 h Jacques Boulerlce, auteur de Éphéméride Et à 20 h Marc Maille, auteur de De la couleur du sang* La soiree sera ammee par l'éditrice Édith Madore Publiés aux editions La veuve noire.histoire violente dans laquelle il assassine le directeur de son école, Charbonneau est enfermé dans un centre de détention pour la jeunesse.L’écriture, qui le condamne, le sauvera-t-elle?Le lecteur, en tout cas, sera bellement confondu.Tout aussi brillante est la construction de Sales crapauds, qui intègre quatre nouvelles, rédigées par les quatre membres du club, à la trame romanesque.Pour clore sa série, Gravel a voulu donner plus d’espace à chacun de ses attachants personnages.Ils ont donc, d’un commun accord, rédigé à tour de rôle une nouvelle noire, qu’ils commentent ensuite.Dans celle de Charbonneau, un étudiant naïf tombe dans un traquenard orchçstré par un prof retraité et aigri.A faire frémir les acteurs du réseau scolaire.Celle de Maude Malenfant fait vivre une ado tourmentée, victime des mains baladeuses d’un vieux prof cochon.Sa vengeance, aux accents fantastiques, sera terrible.Amoureux de la précédente et poète à ses heures, Mathieu Lachapelle attribue à une machine à boules le pouvoir magique de transformer un ado-rejet en star instantanée.Le portrait qu’il dépeint du faux père de son héros loser illustre la force de ses descriptions: «Quand il daignait adresser la parole à Stéphane, entre deux rots qui venaient de très loin et qui avaient amassé toutes ses puanteurs intérieures au passage, c'était toujours pour se plaindre que les jeunes ¦ ¦- ¦!!! Reporter» sans frontières RENÉ LAPIERRE Traité de physique WÊêl RENÉ LAPIERRE TRAITÉ DE PHYSIQUE LES HERBES ROUQES / POÉSIE M\ ïÆm&i l fi r#' lis 100 photos de Cl POUR LA LIBERTÉ DE LA PRESSE ?ifs * .• V;„ , .'Ç Vi ¦, 'y ' y /¦>’» '“'’/to.’T yfW Vé'V' " dSlf’éVXfi- Soutenez Reporters sans frontières, achetez le nouvel album photos Un poème est aimant dans ce qu’il a d’impitoyable.LES HERBES ROUGES/POÉSIE H En vente 17$ dans les Maisons de la presse internationale ¦ .iS m ^ TSHT Crapauds d’aujourd’hui étaient mal élevés, que c’était bien mieux dans son temps, et va donc me chercher une bière, espèce de débile.» La nouvelle, enfin, de Roxanne Roy-Hébert, blonde de Charbonneau et affligée d’un léger handicap, raconte avec une terrifiante douceur le drame d’une fiancée néoécossaise, tragiquement décédée lors de l’explosion de Halifax (un fait historique bien réel) en 1917.Je rappelle que toutes ces nouvelles sont l’œuvre des personnages de Gravel, qui en profite pour déployer sa large palette de romancier.En faisant discuter entre eux les écrivains en herbe à la suite de chacune d’elles, l’ancien prof d’économie au collégial montre aussi ses grands talents de pédagogue.Centrés sur l’art d’écrire de la fiction, ces échanges donnent lieu à de beaux débats littéraires.Faut-il, par exemple, user de synonymes pour éviter les répétitions?«Dans la vie, réplique Charbonneau, on passe son temps à se répéter, non?Si c’était interdit par la loi, je connais des professeurs qui seraient en prison depuis longtemps!» Plus tard, il répétera qu’il aime Roxanne: «Est-ce que je vous ai déjà dit que j’adorais cette fille?Oui?Eh bien, tant pis! Il y a des répétitions qui sont nécessaires, quoi qu’en pensent les professeurs de français!» Commence-t-on une histoire par le début, par le milieu ou par la fin?Et qu’est-ce, au juste, que la poésie, si Mathieu peut trouver poétique l’image des «galettes de crapauds» écrasés sur la route conçue par Maude?Les ados écrivains qui animent la série Sauvage sont exquis.Sains et brillants malgré les incertitudes propres à leur âge et leur goût partagé du macabre, ils charment tant qu’on s’en ennuie déjà.Romancier sensible et à l’imagination intarissable, François Gravel, qui a le grand mérite d’aimer l’adolescence, leur prépare sûrement déjà des successeurs fictifs aussi vrais.Collaborateur du Devoir SALES CRAPAUDS François Gravel Québec Amérique jeunesse Montréal, 2007,144 pages * LE DEVOIR, LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 NOVEMBRE 2 0 0 8 F 9 ESSAIS David Suzuki au devant de la catastrophe mM HHH JACQUES GRENIER LE DEVOIR «Le gaspillage n’existe pas dans la nature.L’élimination de tout gaspillage doit devenir la pierre angulaire de l’économie humaine comme elle l’est pour l’économie naturelle», dit l’écologiste et auteur David Suzuki.ALEXANDRE SHIELDS La catastrophe environnementale planétaire est en marche.Difficile d’en douter sans faire preuve d’une inauvaise foi hors du commun.David Suzuki, l’écologiste superstar du Canada anglais, ne jette pas l’éponge pour autant II se dit plutôt convaincu, à l’instar de plusieurs, que tout un chacun doit agir dans son quotidien pour tenter de contrecarrer la destruction de la vie sur Terre.D’où l’idée de produire son Guide vert, ou Comment réduire votre empreinte écologique.En compagnie de l’avocat en droit environnemental David R Boyd, il a donc accouché de cette plaquette — publiée en français chez Boréal — offrant des «moyens simples et peu coûteux pour changer nos habitudes de consommation et contribuer à l’équilibre planétaire».Mais qu’est-ce donc que cette «empreinte écologique»?Il s’agit d’un concept développé par des scientifiques de l’Université de Colombie-Britannique pour illustrer les liens entre actions individuelles et leurs conséquences globales.Elle sert à mesurer le volume des éléments de la planète nécessaires à la production des ressources destinées à une personne pendant une année et à la récupération de ses déchets.Elle englobe la quantité de terre et d’eau requise pour les cultures vivrières, l’élevage, la pêche, le bois et l’énergie, ainsi que les surfaces nécessaires à l’absorption du dioxyde de carbone issu de la consommation des combustibles fossiles.L’empreinte de géant Sans surprise, Y Homo canadia-nus laisse une empreinte de géant.En fait, l'empreinte écologique moyenne de toute l'humanité est de 2,2 hectares par personne, tandis que celle des Canadiens est de 7,6 hectares, soit la troisième au monde.Pour la moyenne des Américains, champions gloutons planétaires, elle est de 9,6 hectares, soit l'équivalent de 20 terrains de football.Globalement, si le reste du monde consommait des ressources et produisait des déchets au même rythme que les Nord-Américains, «il nous faudrait trois ou quatre autres planées», rappellent les auteurs.La donnée est connue, mais elle n’en demeure pas moins ahurissante.^.Évaluation des écosystèmes pour le millénaire de l’ONU, une analyse détaillée de l’état de la vie sur la Ter- re qu’ont préparée 1300 spécialistes, s’achevait d’ailleurs par la conclusion suivante: «L'activité humaine exerce, sur les fonctions naturelles de la Terre, une pression telle que la capacité des écosystèmes de la planée à faire vivre les générations futures ne peut plus ère tenue pour acquise.» Conclusion logique, il faut radicalement corriger le tir.«Une diminution d’au moins 75 % de l’empreinte écologique des Nord-Américains, qui ramènerait celle-ci à moins de deux hectares par personne, est indispensable pour assurer un avenir viable.Cette diminution est d’ailleurs analogue à la rédudion des gaz à effè de serre [de 60 à 80%] que les scientifiques estiment nécessaire, d’ici 2050, pour éviter de déclencher des changements climatiques catastrophiques», précisent Suzuki et Boyd dans leur livre.«Si nous parvenons à façonner l’économie humaine selon le modèle du monde naturel, qui s’est peaufiné pendant près de quatre milliards d’années, nous serons en mesure d’instaurer une société viable, écri- vent-ils.Le gaspillage n'existe pas dans la nature.L’élimination de tout gaspillage doit devenir la pierre angulaire de l’économie humaine comme elle l’eé pour l’économie naturelle.» Puisque le logement, l’alimentation et les transports représentent 80 % de notre empreinte, Suzuki et Boyd suggèrent une série d’initiatives individuelles pour en réduire l’importance.La réflexion la plus intéressante touche à l’alimentation.Car si les consommateurs sont attachés à cettê sacro-sainte diversité qui fait qu’on peut acheter 4327 sortes de céréales à l’épicerie, l’apologie de l’achat dans les supermarchés à grande surface a un coût environnemental important, et ce, tout au long de la chaîne de production et de transport Les auteurs en font une démonstration intéressante pour qui connaît peu ou pas la chose.En matière d’habitation, on peut notamment mieux isoler nos demeures, mais aussi utiliser des appareils ménagers et autres qui consomment moins d’énergie.Pour ce qui est du transport les façons d'agir individuellement énumérées dans le livre sont aussi largement connues.Bref rien de nouveau sous le soleil.Il faut d’ailleurs voir ce Guide vert comme une lecture pour non-initiés.Un cadeau de Noël de la bonne conscience environnementale.Car il faut faire preuve d’un optimisme certain pour voir dans cet ouvrage une recette efficace pour éviter à l’humanité de foncer droit dans le mur vers lequel elle se dirige à la vitesse grand V.Les auteurs sont d’ailleurs plus convaincants quand ils interpellent la sphère politique, l’invitant à dépasser la rhétorique électoraliste pour s’attaquer à une situation qui mena- L’empreinte écologique moyenne de toute l’humanité est de 2,2 hectares par personne, tandis que celle des Canadiens est de 7,6 hectares, soit la troisième au monde ce rien de moins que la rie.On propose des pistes de solution concrètes qui n’ont rien de farfelu.Après tout, les cosignataires ont plusieurs décennies de réflexion et d’analyse derrière la cravate.Et on ne peut pas accuser David Suzuki de voir tout en noir, bien au contraire.D touchait par ailleurs davantage au cœur du problème globaf M.Suzuki, quand il dénonçait l’économisme triomphant au cours d’une allocution prononcée cette semaine à Montréal.«L’économie, selon notre conception, est basée sur l’innovation humaine, disait-il.Comme l’innovation humaine n’a pas de limite, on croit que la croissance économique peut se poursuivre sans fin.Cest faux.L’économie n’est pas une.force de la nature, nous l’avons créée.» Cette création est d’ailleurs des plus destructrices, insistait-il, soulignant que l'actuelle crise financière devrait nous forcer à questionner la confiance aveugle qu’on place en elle.Quel est le slogan de Jean Charest et de ses libéraux dans la présente campagne provinciale?«L’économie d’abord».Le Devoir LE GUIDE VERT COMMENT RÉDUIRE VOTRE EMPREINTE ÉCOLOGIQUE David Suzuki Boréal Montréal, 2008,218 pages suzuki Aimer le folklore et le dépasser MICHEL LAPI ERRE Si le mot «folklore» garde encore une fraîcheur inespérée, il n’en est pas de même du mot péjoratif, beaucoup plus récent, qui pourtant en dérive: «folklorisation».L’existence de ce deuxième terme révèle que l’on réduit au foMore ce qui dans celui-ci l'anime et le dépasse: la nation.Serge Gauthier, né en 1958, l’a compris.«Un folklore sans nation est, juge-t-il, le folklore d’un peuple opprimé ou d’un peuple vaincu.» Telle est la thèse que ce docteur en ethnologie historique, spécialiste de son Charlevoix natal, expose dans Un Québec folklorique, recueil d’articles et de textes divers qui forme un essai sur la «folklorisation tranquille» d’une région et de l’ensemble du territoire national.Gauthier déplore que le pionnier, chez nous, de l’ethnologie, Marius Barbeau (1883-1969), n’ait pas trouvé dans le folklore l’emblème de notre histoire.En effet, Barbeau ainsi que ses disciples, Luc Lacoursière et Félix-Antoine Savard, ont seulement recueilli des faits, de peur d’entrevoir la portée politique de la tradition orale.Le premier à concevoir le folklore comme la matière brute d’une mythologie nationale à édifier a été Jacques Perron.Certes, Gauthier reconnaît dans ce grand écrivain un des «défenseurs du pays réel et imaginaire», mais il aurait dû insister sur l'exemplarité de l’œuvre.La force de Perron consiste à fragmenter la tradition orale et à en mêler les miettes aux données historiques pour que le lecteur ne puisse plus distinguer les unes des autres.L’apparente confusion provoque une surprise qui engendre une réflexion novatrice.La manière ferronienne montre que le folklore a dans sa structure même, issue des caprices de l’imagination populaire, le formidable pouvoir d’agrandir l'histoire.L’inconscient collectif apporte la part d’irrationnel qui manque à la sèche chronologie.Intellectuel conformiste, Barbeau ne pouvait adopter un point de vue semblable.Comme Gauthier l’explique si bien, il a trop rapproché notre culture traditionnelle des cultures amérindiennes pour ne pas en suggérer l’extinction prochaine.Formé à Oxford en anthropo- -V » Ce récit, presque un conte qui s'abreuve au mythe d’Orphée, est d’une grande beauté II est écrit avec la maîtrise et la sensibilité de celui qui nous a tant séduit avec Le soleil des Scorta À lire sans réserve, ¦» Yves Guillet.Librairie Le Fureteur « Gaudé, homme de theatre avant tout, manipule a la plume le demonus ex machina.[Unj magnifique roman • - Robert Lévesque /.a Presse (514) 524 5558 lemeac©lemeac com logie, longtemps attaché au Musée national d'Ottawa, il avait une vision anglo-saxonne.En marge d’une culture maîtresse de langue anglaise, les autres cultures du Canada et des Etats-Unis étaient, à ses yeux, appelées à se fossiliser.Barbeau annonçait le multiculturalisme cher à Pierre Elliott Trudeau en ouvrant la voie à la création de «véritables ghettos culturels subventionnés».Voilà ce que souligne Gauthier dans une analyse très perspicace des travaux du père de l’ethnologie québécoise.Très conscient de la perception de sa région comme un sanctuaire du pittoresque en Amérique du Nord, le critique implacable reproche à Barbeau d’avoir inventé un Charlevoix convenu, selon l’esprit des touristes anglophones du XIX1 siècle.A-t-on besoin de préciser que la reconnaissance anodine de la nation québécoise par Stephen Harper parachève aujourd’hui cette perspective muséale?Collaborateur du Devoir UN QUÉBEC FOLKLORIQUE Serge Gauthier Editions du Québécois Québec, 2008,204 pages =§' çaiH Et Dieu dans tout ça! Mercredi 12 novembre 19 h 30 Avec Céline St-Pierre Sociologue Jean Grondin Philosophe Rose Dufour Louis Lesage Anthropologue Auteur nailînnc Beaucoup plus qu'une librairie! tfUlinCS Salle de conférences et café-resto 2661 Masson, Montréal, Qc 514 849-3585 Contribution suggérée de 5 $ éditions Liber Philosophie • Sciences humaines • Littérature k?» fninçni* l«iMrtl l-a question du politique dons la modernité • t empnmitn h muhiU enuenymntm Jean-François Lessard La question du politique dans la modernité Comprendre le malaise contemporain Pierre Pelletier Au-delà du moi Les thérapies transpersonnelles IVav ftflrtw-r An'delà do moi tbéivipTf* fimMjvrwHU'' Hc* Sociologie l’éthique :$#jrr sous la direction de Stéphanie Gaudet et Anne Quéniart Sociologie de l'éthique 16 dollars K K) LE DEVOIR, LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 NOVEMBRE 2 0 0 8 ESSAIS Christianisme et philosophie GEORGES LEROUX Les religions posent chacune leur dieu ou leurs divinités en les représentant selon des conceptions métaphysiques qui leur sont propres.Les philosophes ont l’habitude de considérer que le monothéisme constitue à cet égard un grand progrès, mais aucun anthro- pologue ne les suivra sur un chemin qui conduit à disqualifier les croyances de tant de cultures complexes, comme celles de l’Asie ou de l’Afrique.Dans un essai d’une exceptionnelle clarté, Rémi Brague entreprend de présenter la conception chrétienne de Dieu, en associant la métaphysique des noms divins et une philosophie spéculative qui traverse toute l’histoire du christianisme européen.Son but est de montrer la singularité de cette conception, en l’extrayant d’amalgames risqués et en insistant sur sa spécificité: la doctrine trinitaire.Le point de départ est une critique d’une conception qui connaît aujourd’hui une vaste audience: selon cette conception, le judaïsme, le christianisme et l’islam appartiendraient à une même famille théologique, celle des «trois monothéismes», parfois désignée comme l’ensemble des «religions du Livre».Si le monothéisme a connu une grande faveur dans la pensée de Freud et a fleuri surtout chez les philosophes, il semble n’avoir rien de spécifiquement religieux; l’exemple de la métaphysique grecque, de Xénophane à Aristote, montre en effet un dieu unique.Par ailleurs, les monothéismes excèdent en nombre ceux que nous associons à la triade promue essentiellement par le Coran.La vraie question, soutient Rémi Brague, serait donc «de se demander comment Dieu est un, quel est le mode d’uijité qui relie le divin à soi-même.» A cette question, les réponses peuvent être très différentes et la recherche théologique en fournit un répertoire d’une grande richesse.A commencer par la représentation que se fait chaque religion du «monothéisme» de l’autre, chacune jugeant l’autre plus ou moins strict, plus ou moins pur.Les querelles qui, au cours de l’histoire, viennent brouiller une reconnaissance mutuelle sont aussi nombreuses que les motifs de poser une différence.Brague en fournit un petit inventaire instructif et montre que la recherche d’un commun héritage abrahamique ne fait guère progresser aucune des trois religions ne semble connaître le même Abraham, et l'expression «reB-gions d’Abraham» semble plutôt chrétienne, lislam prétendant de son côté être l’unique religion d’Abraham.Compréhension et différences Les différences sont donc constitutives, autant dans l’auto-interpréta-tion des traditions que dans le rapport aux textes fondateurs, les deux Testaments et le Coran, lequel n’est d’aucune manière un «troisième Testament».D'où l’urgence d’un travail de compréhension qui accepte cette situation de désaccord, pour tenter de progresser vers une clarification des présupposés métaphysiques et historiques de chaque religion, et notamment de cette triade qui structure aujourd’hui le rapport de l’Occident et de l’islam.C’est sur cet horizon de dialogue que Rémi Brague présente la conception chrétienne: si Dieu est, dans le christianisme, «quelque chose comme une personne», et s’il peut être l’objet d’une connaissance tout en demeurant caché parce qu’il n’est accessible qu’à la foi, alors tout le projet métaphysique d’une compréhension de la doctrine chrétienne risque de buter sur un paradoxe.Evitant de reprendre tout le débat de la théologie naturelle, Brague situe son approche au sein d’une tradition, augustinienne d’inspiration, qui associe la foi et l’amour, la connaissance et la volonté.La suite de cet essai se concentre sur cinq attributs divins, essentiels à la compréhension du christiartisme: l’unité, la paternité, la parole, la bonté et la miséricorde.Les pages que Brague consacre au rapport du monothéisme et de la théologie politique, relisant notamment Cari Schmitt pour montrer l’écueil de toute représentation de l’unité construite à partir de l’expérience humaine, montrent comment il entend distinguer rigoureusement la question de l’unité et celle de l'unicité.Il en va de même pour la nécessaire critique de toutes les représentations humaines du Dieu masculin, viril, sexué: si la paternité doit être comprise comme prédicat absolu, elle doit être détachée de toute masculinité.Le chapitre le plus important est celui que Brague consacre à l’incarnation, qu’il aborde à compter d’une réflexion sur la parole, sur le verbe: des prophètes à l'évangile de Jean, il insiste sur le caractère absolu de l’entrée de la parole dans la chair et dans l’histoire.Il n’est pas si fréquent qu’un philosophe se porte à la rencontre de la théologie et propose d’en reformuler les principes pour éclairer le caractère unique de la révélation chrétienne.Parce que cette approche se nourrit surtout de la théologie trinitaire, elle marque une fidélité très rigoureuse au dogme et évite la présentation d’un christianisme purement philosophique.Face aux enjeux contemporains de la rencontre du judaïsme, du christianisme et de l’islam, cet effort est nécessaire.On trouvera peut-être un peu surprenant, dans ce contexte, la mise à distance qui ouvre le livre, mais comme l’écrit Rémi Brague, la connaissance de chaque tradition est indispensable à la rencontre des religions.Ce livre y contribue de manière admirable.Collaborateur du Devoir DU DIEU DES CHRÉTIENS ET D’UN OU DEUX AUTRES Rémi Brague Flammarion Paris, 2008,251 pages Si le monothéisme a connu une grande faveur dans la pensée de Freud et a fleuri surtout chez les philosophes, il semble n’avoir rien de spécifiquement religieux / Evitant de reprendre tout le débat de la théologie naturelle, Brague situe son approche au sein d’une tradition, augustinienne d’inspiration, qui associe la foi et l’amour, la connaissance et la volonté «.-fai.—¦¦¦¦*¦ .h.« REPORTERS SANS FRONTIERES Village de Hafez Moghol.Quelques instants avant la mêlée des hommes et des bêtes dans le jeu du «Bouz Kashi» Les photographies de Reza PAUL CAUCHON C> est un classique.A l’automne, Reporters sans frontières (RSF) publie toujours un album de photographies dont l’achat sert à soutenir l’organisme de défense de la liberté de presse.Au fil des ans, RSF a abordé plusieurs thèmes: il y a eu l'album d’Helmut Newton, celui consacré au foot, celui consacré aux stars, celui de Yann Arthus Bertrand, et ainsi de suite.L’édition de l’automne 2008 est toutefois en parfaite adéquation avec la mission de RSF, puisque l’album est consacré à Reza, un photographe qui a lui-même combattu pour la liberté de presse.Prisonnier Iranien d’origine exilé en France, Reza avait été emprisonné et torturé par la police du shah d’Iran à l’âge de 22 ans, pour des photos prises dans son pays.Depuis 30 ans, il parcourt le I î ï'jp « Denise Brassard FÉLICITATIONS PRIX DU LIVRE SAVANT RAYMOND-KLIBANSKY DÉCERNÉ PAR LA FÉDÉRATION CANADIENNE DES SCIENCES HUMAINES LE SOUFFLE DU PASSAGE Fernand Ouellette a toujours fait alterner, dans son œuvre, la pratique de la poésie avec l’écriture de l’essai.C’est à l’analyse de ces deux démarches et de leur influence l’une sur l’autre que s’attache ici Denise Brassard, en suivant l’évolution de l’écrivain sur un demi-siècle.rlb éditeur Urxîajmpflnniu (to Quoi *'
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.