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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2008-11-12, Collections de BAnQ.

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LA ROMAINE Hydro achète les appuis des élus régionaux, déplore Roy Dupuis Page A3 ÉTATS-UNIS Les autorités au secours des propriétaires Page B 1 ?w w w .ledevoir.co m LE DEVOIR Vol.X C I X N " 2 5 8 ?LE MERCREDI 12 N O V E M B R E 2 O O 8 I .I O $ + T A X K S = 1,25$ JACQUES NADEAU LE DEVOIR «n y a bien 2,3 milliards de dollars en banque pour contrer le ralentissement économique que nous devons affronter», a soutenu la minisfre des Finances, Monique Jérôme-Forget, lors d’une conférence de presse tenue à Montréal hier pour commenter le rapport spécial du vérificateur.WêNËÊÈ i • ' • • SS»® f '4' ' WBMM mm lèir ' i- .:¦ - .____________ L’état des finances du Québec Le vérificateur persiste et signe Jérôme-Forget devrait déclarer un déficit cumulé de 3,25 milliards au lieu d’un plantureux surplus de 2,3 milliards ROBERT DUTRISAC Québec — Le vérificateur général du Québec, Renaud La-chance, n’en démord pas.Le gouvernement Charest viole l’esprit des lois actuelles.Au lieu du plantureux surplus de 2,3 milliards dont se vante la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, C’est un déficit cumulé de 3,25 milliards qui clôt l’année 2007-2008.Le vérificateur général a rendu public, hier, son rapport spécial à î’occasion de la publication des comptes publics du gouvernement du Québec pour l’année terminée le 31 mars 2008.Ce rapport devait être déposé à l’Assemblée nationale ces jours-ci, mais, compte tenu du déclenchement des élections, il a fallu le consentement des trois partis pour que le vérificateur dévoile son examen des états financiers du gouvernement Dans ce rapport, Renaud La-chance estime que l’utilisation d’une réserve de 2,3 milliards, accumulée au 31 mars 2008, pour éponger des déficits d’exercice en 2008-2009 et en 2009-2010, comme le fait la ministre des Finances, est «une situation de non• Averses, pdf) 70%.pdpB0%.Prêts à partir?Consulte* no# Pfévwwon» internationales E n ondes «1 en bflne meteewnedia com K* Sudoku par Fabien Savary 6 9 3 8 7 , 5 3 3 6 ' 4 7 8 9 7 t 4 6 4 2 9 5 6 8 3 1 5 1 3 4 Niveau de difficulté : FACILE 1013 Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, • dans une colonne et dans une boîte 3x3.Solution du dernier numéro 1 5 6 9 7 2 8 4 3 4 7 3 6 5 8 2 1 9 8 2 9 4 1 3 6 5 7 3 1 4 8 6 7 9 2 5 6 8 5.2 4 9 7 3 1 7 9 2 1 3 5 4 8 6 2 4 1 5 9 6 3 7 8 9 3 8 7 2 1 5 6 4 5 6 7 3 8 4 1 9 2 1012 SUDOKU : le logiciel 10 000 sudokus inédits de 4 niveaux de difficulté par notre expert Fabien Savary En oxcluslvlté sur le site des Mordus www.les-mordus.com L K DEVOIR, LE MERCREDI 12 NOVEMBRE 2 0 0 8 A 10 EDITORIAL CRISE ÉCONOMIQUE Qu’attend-on ?La rencontre des premiers ministres, lundi, n’aura pas servi à grand-chose, si ce n’est à permettre à chacun de faire connaître ses revendications, y compris à M.Harper qui souhaite voir naître un Canada sans barrières au commerce interprovincial.On s’attendait à l’annonce de mesures concrètes, mais M.Harper a répondu: Wait and see! 0 W'su Jean-Robert Sansfaçon n le répète depuis des semaines: la situation économique est moins dramatique au Canada qu’aux Etats-Unis.Non seulement nos banques n’éprouvent-elles pas les mêmes problèmes que leurs semblables américaines, mais même le marché immobilier semble immunisé contre le virus qui a fait chuter les prix au sud de la frontière.Ce constat est encore plus vrai au Québec où les dernières données montrent que le prix moyen des propriétés a continué de grimper le mois dernier.À croire que les Québécois vivent dans une bulle, qu’ils ne lisent pas les journaux ou qu’ils s’imaginent que la tempête les oubliera.Tant mieux s’ils ont raison, mais tout indique que ce n’est pas le cas puisque la situation de l’emploi est d’ores et déjà au neutre, que le nombre de faillites personnelles est en hausse et #¦ C^f| le taux d’endettement, de plus en plus menaçant % Encore six mois et nous assisterons à une hausse ;*« (ju chômage accompagnée d’une nouvelle augmentation du nombre de faillites et d’une baisse du prix des propriétés, c’est certain.Contrairement à ce qu’ils ont laissé croire tout au long de la campagne électorale, le premier ministre Stephen Harper et son ministre des Finances avouent désormais que la récession fera mal.Pourtant ni l’un ni l’autre ne semblent pressés d’adopter des mesures d’exception, convaincus qu’ils sont que cela ne servirait à rien, de toute façon.Lundi, les provinces de l’Ouest ont demandé du soutien pour leur agriculture, l’Ontario pour son industrie de l’automobile et le Québec pour son secteur manufacturier et sa forêt On voulait aussi des mesures pour protéger les régimes de retraite des entreprises, pour venir en aide aux chômeurs et pour retarder le moment de commencer à retirer l’argent de son REER.Devant toutes ces demandes, on comprend qu’Ottawa ne soit pas pressé.Dans le cas de l’automobile, par exemple, l’Ontario demande des milliards pour ne pas être en reste par rapport à ce que Washington offrira aux usines américaines.On aura beau parler de garanties de prêts et non de subventions, la facture sera aussi élevée pour les contribuables si GM fait faillite ou s’il faut recommencer tous les ans.Avant de verser un cent, Ottawa doit obtenir l’assurance que des modèles d’avenir seront construits au Canada Même chose pour l’industrie de la forêt du Québec: pour qu’une aide lui soit accordée, il faut avoir l’assurance que les emplois seront protégés à long terme, sans quoi ce sont les actionnaires seuls qui profiteront des fonds publics.Cela dit, la question qui se pose encore est de savoir si M.Harper ne tentera pas purement et simplement de s’abstenir d’agir, comme son idéologie l’y invite.Or, entre gaspiller les fonds publics et ne rien faire, la marge est grande.Pour le moment, on doit avouer qu’il n’est rien sorti de la rencontre de lundi dernier.Au contraire, à cause des mauvaises relations entre MM.Harper et Charest, celui-d n’a même pas obtenu de M.Harper qu’il annonce la signature d’ententes qui sont pourtant déjà convenues pour le lancement rapide des travaux de construction des autoroutes 30 et 73, du Quartier des spectacles et du PEPS de l’Université Laval.Ce sont rien de moins que 1,9 milliard de dollars de projets qui sont ainsi retardés par Ottawa à cause du déclenchement des élections provinciales.Dire que les deux gouvernements ont appelé le bon peuple aux urnes de façon prématurée pour prévenir la crise! CRISE FINANCIÈRE Le tango des milliards n septembre dernier, l’aide consentie à AIG par le gouvernement américain avait été qualifiée de toutes les épithètes appartenant à la famille de l’énorme.Les autorités soi-disant compétentes, craignant que le premier assureur mondial ne déclare faillite et ne provoque du coup un tsunami financier, avaient accordé 85 milliards sous la forme d’un prêt devant être remboursé en deux ans.Depuis lors, un mois et demi s’est écoulé au cours duquel AIG a déclaré des pertes abyssales et a utilisé les trois quarts de la somme allouée par le Trésor américain, si l’on peut encore l’appeler ainsi.Aujourd’hui, ce même Trésor a convenu de doubler la mise.AIG va bénéficier, c’est le cas de le dire, d’un prêt de 150 milliards.Dans cette histoire, le montant n’est pas seul à en imposer.D y a les à-côtés, les accords conclus entre les parties.De deux ans, le délai afférent au remboursement a été fixé à cinq ans et le taux d’intérêt abaissé.Lorsque l’on s’attarde ne serait-ce qu’une seconde aux modifications de l’accord, on ne peut qu’être estomaqué par l’ampleur de celles-ci.Une fois cette seconde passée, on constate que la refonte de l’accord a été commandée par les im-Serge Pacts plus grands que prévu des credit default Truffaut swaps (CDS), produit financier se caractérisant ces jours-ci par son haut degré de toxicité.Avant de poursuivre, soulignons que la somme des CDS en circulation dans le monde est égale à 55 000 milliards.Et alors?Le PIB mondial est légèrement inférieur.Le PIB mondial! Quoi d'autre?La somme des actions inscrites à la Bourse de New York, du PIB des Etats-Unis et de la dette de ce pays est également inférieure au total des CDS.Ce n’est plus vertigineux, c’est absurde.D’autant que l'on apprend aujourd’hui, et après que le public a été appelé à la rescousse, que les vendeurs comme les acheteurs de CDS n’avaient pas une bonne maîtrise de cet engin comptable.Ce n’est pas tout Cet énième sauvetage d’AIG à même les deniers publics a été commandé, en partie il est vrai, par les secousses elles aussi toxiques d’un autre trou noir financier.Il s’agit des collateralised debt obligations (CDO) liées directement aux CDS.La définition de ces dernières, c’est à noter, s’étale sur quatre pages écrites en petits caractères.Format’ Huit et demi sur quatorze.Pour faire court la manipulation des CDO ne peut être faite que par des cracks parmi les cracks des mathématiques et de la physique.Et ce n’est vraiment pas des blagues.Qu’on se le dise, si les subprimes étaient des hypothèques exotiques, les CDS toxiques, le CDO est lui abscons et probablement plus néfaste.Toujours est-il qu’AIG et un certain nombre d’établissements financiers se sont gavés des trois.Rétrospectivement, il y a de quoi être profondément agacé, pour rester poli, par l’incurie crasse des agences de notation, les Moody’s et Standard and Poor’s de ce monde.On se rappellera que c’est à la suite d’une baisse de la cote de crédit de Moody’s qu’AIG a commencé à sombrer.Quand donc?En septembre dernier.Le marasme conséquent aux subprimes se poursuivait depuis août 2007, mais.Moody’s s’est réveillée un an plus tard.Ixur prétention d’exactitude comptable, de finesse financière se confond avec l’abject Bonté divine! Le PIB mondial.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directrice de l’information JOSÉE BOILEAU Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires MANON BÉLAND Vim t>£5 cm$ pt CHAÊtSÎ.ch m ! îjwVttdl La fin de l’aile radicale Ce que certains appellent l’affaire Saint-André marque la fin de k prétendue aile radicale.Les événements des derniers jours montrent que les supporters de l’ancien candidat à k direction qui n’a obtenu que 0,9 % des suffrages sont peu nombreux.Ce groupuscule a démontré qu’il contenait un germe de violence qui ne fait pas partie de l’idéologie du Parti québécois.Le PQ cherche à faire adhérer démocratiquement les Québécoises et les Québécois au projet souverainiste.Pauline Marois a agi en chef en assumant une décision qui va de soi, mais qu’aucun chef auparavant n’avait prise.Elle a l’étoffe d’un chef d’Etat Je suis d’avis que Jean-Claude Saint-André n’a qu’à s’en prendre à lui-même.En effet s’il avait travaillé suffisamment fort pour conserver l’Assomption en 2007, nous en serions pas là maintenant.Cette circonscription était une forteresse péquiste que Jacques Parizeau a représentée durant plusieurs mandats.S’il avait été proche de ses électrices et électeurs, ceux-ci lui auraient accordé leur confiance.M.Saint-André doit tourner k page et passer à autre chose.Martin Aumais Militant péquiste dans Prévost, le 10 novembre 2008 Caisse de dépôt 1, Mario 0 Je me demande bien quand se terminera le psychodrame que fait subir Mario Dumont à la Caisse de dépôt.On comprend que nous sommes en campagne électorale et que «les actions de l’ADQ sont en forte baisse».On peut sûrement s’attendre à une année moins fructueuse pour le rendement de la Caisse.Mes placements aussi ont baissé et tout comme ceux des gens que je connais.Bref, je ne connais personne qui fait de l’argent par les temps qui courent! C’est une réalité mondiale.Alors, il serait peut-être temps que M.Dumont passe à un autre appel et qu’U cesse de nous importuner avec ça.Jacques Carbonneau Québec, le 10 novembre 2008 Où sont les vrais eiyeux?On ne peut pas dire que les premiers jours de cette campagne électorale étaient très édifiants.Les candidats se sont envoyé des «menteur», «dinosaure» et «paresseux» par k tête, plutôt que de parler des vrais enjeux.Heureusement, Jean Charest gardait k tête hors de k mêlée en proposant des solutions à k crise économique.Politiciennes et politiciens, si vous voulez mon vote, LETTRES concentrez-vous donc sur les enjeux touchant k population au lieu de vous lancer des insultes, car, après une semaine, mon choix sera simple si ça continue comme ça! Charles Beaudet Saint-Marc-sur-Richelieu, le 10 novembre 2008 Des millions à jeter par la fenêtre?Lettre ouverte au premier ministre Charest Les présidents locaux de l’Association québécoise de défense des droits des retraités et préretraités (AQDR), réunis à Trois-Rivières, les 3 et 4 novembre, ont rivement réagi à votre menace, devenue réalité, de déclencher des élections pour le 8 décembre prochain.A croire que vous n’avez pas eu connaissance des 350 misions de dollars dépensés par M.Harper pour nous voir revenir au point de départ quant à sa quête, ratée, d’un gouvernement majoritaire.Ne savez-vous donc pas que Montréal se situe au deuxième rang des villes canadiennes où l’insécurité alimentaire touche une partie de k population: 16,2 % des Montréalais de 12 ans et plus, soit une personne sur six, rivent cette insécurité alimentaire juste après Calgary qui rient en tête avec 17,1 % (Rapport sur la pauvreté à Montréal, Conférence régionale des élus de Montréal)?Chez les aînés, nous avons besoin de 300 millions de plus pour un soutien à domicile adéquat Cek a été maintes fois documenté dans de nombreux rapports qui dorment sur les tablettes.Nous avons besoin également que vous mettiez fin à votre politique de fermeture de lits de centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD).Nous disons oui aux «ressources intermédiaires», installées dans des résidences privées, mais ces ressources ne conviennent qu’aux personnes en moyenne perte d’autonomie.Pour les situations plus lourdes, il faut des lits en CHSLD.Les listes d’attente le démontrent Monsieur Charest, les 30 000 membres de l’AQDR se demandent ce qu’il y a d’autre que de l’opportunisme dans le déclenchement de ces élections.Maurice Boucher Président de l’AQDR Montréal, le 8 novembre 2008 Combien d’enlèvements?Jusqu’à samedi, j’étais en kveur de k présence canadienne en Aighanistan pour pksieurs raisons qu'il n’est plus nécessaire d’exposer aujourd’hui.Je considérais être bien informé sur k question et en savoir assez pour conclure au bien-fondé de notre présence la-bas.Mais plus maintenant Je sais que Mme Mélissa Fung a été enlevée dès le 12 octobre, mais que je ne l’ai su que samedi dernier.Entre les deux, mon pays était en élection.D’une part, je croyais que mon pays, démocratique, devait me permettre d’avoir accès aux kits importants, d’autre part je m’attendais à ce que les médks ne me cachent pas des kits importants, surtout en période électorale.Aujourd’hui, je suis donc en colère: un premier ministre, qui cherchait l'appui de l’électorat, a sciemment caché un événement crucial lorsqu’est venu le moment de rechercher l’appui électoral.Pire, les médias ont volontairement décidé de ne pas transmettre, malgré leurs obligations, une information que j'avais le droit de connaître, que je devais connaître parce que mon vote peut contribuer à décider de k mort et de k vie de mes concitoyens dans un lointain pays.La démocratie se construit sur k confiance que l’on peut porter aux institutions, gouvernement et médias inclus, et encore davantage en période électorale.On me dit que l’on ne m’a pas informé pour k sécurité de Mme Fung.Cet argument ne tient pas.Les médias ne l’ont jamais soulevé dans d’autres prises d’otages.Une terrible question me hante depuis samedi: combien de soldats, de journalistes et de travailleurs humanitaires sont okges en Afghanistan?Le drame, c’est que je sais maintenant que je ne peux plus croire le gouvernement et les médias lorsqu’ils répondront à cette question.Pascal Girard Le 10 novembre 2008 Faire amende honorable Le théoricien du néolibéralisme, Milton Friedman, a été récompensé du prix Nobel.Sa doctrine est enseignée à l’ENAP et partout dans le monde.Banquiers et autres spéculateurs en ont fait leurs choux gras.Avec pour conséquences, notamment, de grandes perturbations boursières et quelques famines régionales, heureusement loin de nous.Si les tenants du néo-libéralisme étaient des hommes et des femmes d’honneur, ils feraient amende honorable.Mais ils ne le sont pas.Nos gouvernements les appuient à coups de centaines de milliards de dollars.Les grands regroupements d’employés syndiqués, fonctionnaires municipaux, provinciaux et fédéraux ne peuvent prétendre à ces milliards et font kce à un recul de leurs conditions de travail.Ils devront mener un dur combat.Parions qu’il n’y aura pas de prix Nobel en guise de récompense.Paul-André Desjardins Québec, le 10 novembre 2008 LIBRE OPINION La démesure dans l’information FRANS VAN DUN L'Assomption Il est plutôt rare de participer à un événement dont on voit le compte rendu le soir même ou le lendemain dans certains médias.Ce concours de circonstances pennet de jauger k qualité du travail des journalistes et, à travers eux, le degré d’objectivité de leur employeur.Plusieurs facteurs sont à considérer: titre, caractères, page, nombre de colonnes, illustration, et bien sûr contenu.Cela m’est arrivé samedi 9 novembre, au Vieux Palais de L’Assomption à l’occasion de l’investiture de Scott Mckay comme candidat du Parti québécois dans k circonscription.On avait appris depuis peu que k candidature de Jean-Claude Saint-André n’avait pas reçu l’accrédiktion de k part de l’exécutif national qui avait plutôt opté pour Scott Mckay, ancien président du Parti vert du Québec.Il s’agit en kit d’un parachutage, une procédure exceptionnelle au Parti québécois.Qu’ai-je constaté en regardant k télévision et en lisant certains journaux?Avant tout, k démesure.Une poignée de Jeunes Patriotes d’en dehors de k circonscription — ce jour-là, ils intervenaient plutôt comme agitateurs — s’était pointée pour empêcher les membres d’entrer dans k bâtisse.Or, journalistes, photographes et cadreurs sont souvent friands de ce genre de manifestation accompagnée d’un peu de bousculade.Il n'est donc pas étonnant que cet aspect de l’événement ait été privilégié au détriment de l’investiture elle-même qui a finalement pu avoir lieu dans le calme.De plus, ne devrais-je pas taxer les reportages présentés de superficiels, et dans certains cas de tendancieux?J’aurais aimé apprendre la raison de l’absence de Jean-Claude Saint-André lui-même.Et surtout, pourquoi aucun journaliste n’a retracé son parcours des dernières années, expliquant du coup comment cet ancien député se retrouve aujourd’hui dans une impasse?Il aurait fallu parler de dissidence permanente, d'échec évident et prévisible lors de k course à la direction, de départ progressif de beaucoup de fervents militants, de manque d’estime et de coopéra- tion de k part des maires du comté, de distance prise par rapport aux députés du Bloc, de présidence de l’exécutif du comté après sa défaite en 2007 sans succès au niveau de k diffusion des idées, du recrutement de nouveaux membres et des campagnes de financement.En répondant franchement à cette question oubliée, on en serait arrivé immanquablement à la conclusion suivante: est-ce que l’exécutif national et Pauline Marois avaient vraiment le choix?Quant à Scott Mckay, absent pour éviter de mettre de l’huile sur le feu, les militants dans k salle l’ont applaudi chaleureusement et semblaient prêts à donner k chance au coureur.S’il sait s’y prendre pour apprivoiser sans tarder à k fois les membres du parti et k population, il réussira à mobiliser des équipes prêtes à travailler pour lui.Il peut également espérer que les jeunes seront ses meilleurs complices.Ces derniers seront sûrement heureux d’apprendre que pour le Parti québécois, souveraineté et environnement sont dorénavant indissociables, et que développement durable et économique commencent à se conjuguer.4 LE DEVOIR, LE MERCREDI 12 NOVEMBRE 2 0 0 8 A 11 IDÉES ¦ WfâBBBKÉ ARCHIVES REUTERS Le leadership postmoderne de Barack Obama Une autre façon d’évaluer nos candidats THIERRY C.FAUCHANT Professeur titulaire à HEC Montréal où il dirige la Chaire de management éthique, et professeur associé à la Fielding Çraduate University, Santa Barbara, Californie, Etats-Unis.a proximité du début de la campagne électorale au Québec avec la fin de la, campagne présidentielle aux Etats-Unis suscite actuellement des comparaisons entre les deux.Le succès du président élu, Barack Obama, est attribué à de nombreux facteurs: son charisme, son éloquence, son programme basé sur le changement, l’efficacité de son organisation, les budgets dépensés, l’utilisation innovatrice des technologies d’information, le désastre de l’administration Bush, la piètre performance du ticket McCain-Palin, la crise économique.Différemment, je propose que le succès d’Obama s’explique en premier par son style de leadership nouveau, relativement rare, un leadership «postmoderne».Mieux comprendre la nature de ce leadership permettra à la lectrice et au lecteur d’évaluer différemment le potentiel des candidats à notre élection québécoise.C’est le but de cet essai.L’époque «moderne», de laquelle nous sommes issus, s’appuie sur des notions encore vénérées par un grand nombre de personnes: la richesse économique, les prouesses technologiques, la morale des personnes au pouvoir, l’individualisme, l’industrie mécanique, le paternalisme, le militarisme.Différem-inent, le «postmodernisme» intègre ces notions, les modifie et en ajoute d’autres.Cela donne un métissage qui semble à première vue hétéroclite: le transculturalisme, le féminisme, la résolution pacifique des conflits, l’internalisation des nations, la santé humaine et environnementale, la globalité des enjeux, la société informationnelle, l’importance de l’éthique de la responsabilité et du développement de l’esprit humain.Bien sur, ce que l’on appelle la «modernité» permit une avancée gigantesque face à la «prémoder- nité».Celle-ci se fondait sur la pensée magique, les clans, la féodalité, la loi du plus fort, les religions dogmatiques, la propriété terrienne, la patriarchie.Mais si, au fil des siècles, la modernité nous a propulsés dans une évolution sans précédent, ses méfaits actuels ne peuvent être corrigés que si l’on embrasse une vue postmodeme.Un article important, publié dans la prestigieuse Harvard Business Review, rend ces notions moins conceptuelles en les ramenant à un niveau personnel.Dans cet article, Bill Torbert et ses collègues proposent que cette évolution sociétale se retrouve chez les leaders qui peuvent, potentiellement, se développer en maîtrisant différents niveaux de leadership.D’après plusieurs études scientifiques, environ 90 % des leaders se situent dans les quatre premiers niveaux, qui sont «l’opportuniste», le «diplomate», «l’expert» et le «faiseur».Ces niveaux permettent aux leaders d'être (niveau 1) performants pour défendre des intérêts, (2) préserver le statu quo, (3) résoudre des problèmes et (4) innover dans le but d’accroître la valeur économique.Les deux premiers niveaux sont plus « prémodernes » et les deux derniers «modernes».Seuls 10 % des leaders maîtrisent les niveaux 5,6 et 7, c’est-à-dire «l’individualisé», le «synthétiseur» et «l’alchimiste».Ces niveaux «postmodernes» sont essentiels afin d’aborder la complexité de notre monde actuel de façon performante et éthique.Par exemple, ils permettent d’avoir le courage de remettre en question des façons de faire, même si cela modifie le politiquement correct ou les conceptions économiques habituelles (niveau 5).De plus, ils rendent possible l’émergence de solutions innovatrices et durables, non seulement pour une organisation ou une communauté spécifique, mais aussi pour toutes les personnes, les sociétés et la planète (Niveaux 6 et 7).A HEC Montréal, comme dans d’autres Ecoles de gestion, nous enseignons cette conception du leadership, au niveau théorique (Sciences de la complexité, transdisciplinarité, gouvernance éthique.) et par des exercices pratiques (écoute active et empathique, in-trospectipn, coaching, dialogue, immersions à l’étranger.).A la Chaire de management éthique nous avons lancé un programme important de recherche sur ces leaders postmodernes qui incluent, par exemple, Mohandas Gandhi, le dalaï-lama, Eleanor Roosevelt, Gro Harlem Brundtland, Rachel Carson, Aung San Suu Kyi, Martin Luther King jr., ou Nelson Mandela, à qui Barack Obama a déjà été comparé.L’élection dite «historique» d’Obama ne provient donc pas seulement de son métissage ethnique et de la couleur de sa peau.Elle provient aussi du métissage de ses idées et de ses actions, de sa capacité de dépasser les clivages idéologiques et politiques, de sa volonté de transcender l’opposition binaire entre un marché libre et un Etat lourd, et de sa maîtrise de niveaux de maturité postmoderne en leadership.Il est notable par exemple, que si plus de 60 % des Américains qui ont voté pour lui étaient en premier concernés par l’économie, il n’a pas axé sa campagne sur ce seul enjeu, ce que beaucoup d’experts en communication proposaient.Différemment Obama a eu l’habilité de tisser les différents enjeux qui composent la réalité de notre monde devenu complexe — l’économie, la santé, l’exclusion sociale, l’écologie, la violence, Injustice, la gouvernance, la guerre, la culture, l’éducation —, et ce, sans perdre son audience.Cela est un exploit que même Al Gore, aujourd’hui Prix Nobel de la paix, n’avait pas réussi en l’an 2000.Obama a aussi résisté à l’image caricaturale de «Joe the plumber» et l’a remplacée par un désir à la fois pragmatique et émotionnel de dépassement de soi, de dépassement collectif, émergeant d'un sentiment d’espoir, rejetant la peur et le cynisme.Bien sur, c’est dans le futur que l’on pourra juger si Barack Obama est vraiment un leader postmoderne.Mais ses comportements observés durant plus de 20 mois de campagne, en premier pour l’investiture démocrate et ensuite pour devenir président élu, témoignent en faveur de son niveau de leadership élevé.De nombreux commentateurs ont évoqué, par exemple, son calme, sa concentration, sa pondération, son éloquence et son absence d’attaques personnelles même quand il fut lui-même traité d'incompétent, de proterroriste ou de procommuniste.Ces comportements non violents du pré- sident élu sont des traits significatifs d’un leadership postmoderne: critiquer les idées et les actions d’un candidat concurrent, une activité obligatoire en politique, ne veut pas dire railler et encore moins salir.Différemment au tout début de notre campagne électorale au Québec, certains ont succombé à la colère et se sont ouvertement moqués des slogans utilisées par d’autres candidats.Il ne s’agit pas ipi d’une différence culturelle entre le Québec et les Etats-Unis; il s’agit d’une différence de niveau de maturité: un leader postmoderne reste respectueux envers toute personne, même en désaccord; un tel leader a la capacité de pouvoir s’autoobserver dans l'action et de refuser l’emprise d’une émotion qui va à l’encontre du débat factuel et du dialogue démocratique; et un tel leader ne met pas en avant son âge comme un atout, même devant une personne plus âgée ou plus jeune, car il respecte les vertus de tous les âges.Barack Obama aurait pu utiliser ces tactiques envers John McCain.Il s'en est abstenu.Dans cet essai, j’ai décrit plusieurs caractéristiques du leadership postmodeme, au niveau collectif et personnel.Je vous propose de les utiliser afin de compléter vos évaluations des candidats en course dans notre campagne électorale au Québec.Bien sur, des candidats s’évaluent d’après leurs idées, leurs programmes, leurs actions ainsi que d’après la solidité de leur parti.Mais cela ne suffit plus.Dans un monde devenant de plus en plus complexe et changeant, dans un monde où une idéologie ou une expertise spécifique peut devenir dangereuse quand elle est confrontée à des problématiques inédites, nous avons besoin au Québec d’un ou d’une leader dont la qualité d’être permet d’aborder cette complexité et ces changements de façon sereine, mature, coopérative et éthique.Comme le disait Mohandas Gandhi, «ma vie est mon seul enseignement.Vous devez être le changement que vous voulez voir en ce monde».Qui, de nos candidats québécois, se rapproche le plus de cet idéal?Qui de nos leaders permet à tout un chacun de s'élever?Nous avons besoin au Québec d’un leader capable d’aborder de manière sereine, mature, coopérative et éthique ce monde complexe et changeant Qu’est-ce qu’une élection historique ?DOMINIQUE TR U DEL L’auteur est doctorant et chargé de cours à l’Université de Montréal.U est spécialiste de la théorie politique.r";.""il andis que tous s’entendent pour dire que T la victoire de Barack Obama est «historique», nul ne semble considérer ce que cette distinction signifie.Que veut-on dire par cette curieuse précision?Une «élection .J historique», cela,suppose-t-il qu’il y en aurait des non historiques?Evidemment, il y a cette question des premières fois: de la première candidate à la vice-présidence et du premier candidat afro-américain.Toutefois, bien qu’elles soient significatives, ces questions occultent dans l’anecdotique, dans le fait historique singulier, le sens plus profond de la relation entre politique et histoire.Cette insistance sur le caractère «historique» de l'élection d’Obama ne peut s'envisager sans un retour sur la thèse de Francis Fukuyama sur la «fin de l’histoire».Amplement discutée, la thèse de Fukuyama constate la victoire de la démocratie libérale sur les autres formes sociales et politiques s’étant succédé dans l’histoire mouvementée du XXe siècle.Selon cette thèse, des moments antidémocratiques et des crises du libéralisme surviendront sans doute encore, mais sans jamais remettre en cause la validité d’un modèle idéal et définitif.Pour Fukuyama, la démocratie libérale est l’aboutissement d’un long progrès qui, enfin, se réalise pleinement Dans ces termes, un éventuel retour de l’histoire signifie nécessairement la remise en question radicale de ce modèle et de ses institutions.Or, il n’y a évidem- ment rien de tel à l’horizon de l’élection historique d'Obama.Cette élection, quoique historique, ne signifie pas la remise à l’ordre du jour du despotisme oriental ni une quelconque restauration, bien au contraire.Ce dont il s’agit plutôt c’est de la possibilité même de penser le présent en continuité, dans les termes d’un passé historique intelligible.L’élection d’Obama est historique en ceci qu’elle rattache les institutions américaines à leur propre histoire, celle d’un pays d’immigration, celle de la lutte pour les droits civiques, celle de tout ce qui a fait de l’Amérique un enfant de l’histoire qui se réalise dans le monde.Telle est la première signification d’une élection historique, une élection qui peut se réfléchir à l’aune des lois de l’histoire à l’œuvre dans le monde.Assurément, l’élection d’Obama s’inscrit pleinement dans cette logique messianique de la «destinée manifeste» selon laquelle l’Amérique réalise un projet divin.Cette idée d'une destinée manifeste est centrale dans la vie politique américaine, de George Washington à John E Kennedy dont le «Demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays» implique cette même force abstraite et indépendante du monde humain que le «l’m asking you to believe» de Barack Obama.Différentes versions de ces lois de l’histoire, toutes plus «naturelles» et «fondamentales» les unes que les autres, servent de tout temps les différentes options politiques, de la lutte des classes marxiste au Lebensraum nazi et jusqu’à l’actuel progrès technoscientifique.Ainsi, et n’en déplaise à Fukuyama, c’est encore une de ces bonnes vieilles mécaniques de l’histoire qui, avec Obama, poursuit sa route.Cette continuité de l'histoire repose évidemment la question de son «sens».Puisqu’elle ne saurait s’arrêter à un éventuel stade ultime, il faut bien reconnaître que l'histoire, en soi, n’a pas de direction, ni de but.L’élection d’Obama n’est en aucun cas le résultat d’une quelconque cause première.Les institutions américaines et leur histoire ne «contiennent» en aucun cas l’élection d’Obama.La destinée manifeste, ce n’est jamais tant la réalisation du destin qu’une simple «mise en destinée» de ce qui, dans l'histoire, est à un certain moment manifeste.En d’autres termes, il n’y a destinée manifeste seulement qu’« posteriori, rétroactivement En effet qui aurait bien pu prédire, il n’y a pas si longtemps, qu'un Afro-Américain serait président des Etats-Unis?Pourtant l’élection d’Obama nous semble bien avoir un sens, et un sens «historique» de surcroît.Voilà la seconde signification d’une élection historique, une élection qui résiste à toute explication dans les termes de «lois» de l'histoire.Telle est toujours la seule véritable histoire qui, insoumise à d’éventuelles lois, en est plutôt la source.C'est l'histoire sans rien de plus, sans foi ni loi.L’élection d’Obama, du fait même qu’elle semblait historiquement impossible hier, nous enseigne aujourd’hui une leçon capitale quant à l’histoire et son sens.L’histoire et sa sigitification sont des créations humaines, et de telles créations sont indétenninées.En soi, elles n’ont a priori aucun sens.Aucun sens n’est antérieur à l’histoire dans laquelle il émerge.«Yes we can», c’est métaphoriquement accepter le fait que l’histoire n’a pas de sens, que nous sommes les seuls maîtres de l’histoire à laquelle nous donnons un sens spécifique, pour nous, ici et maintenant «Tes we can», c’est refuser un éventuel état social et politique définitif et figé, par-delà l’histoire.Du point de vue de l’histoire, ce que l’élection d’Obama permet, c’est de reconsidérer la thèse de Francis Fukuyama en réintégrant ce que nous avons cru être l’après-histoire au sein même de l’histoire, à qui appartient ses erreurs.L’élection d’Obama réfute catégoriquement les thèses de la «fin» ou des «lois» de l’histoire.Elle nous oblige plutôt à prendre la responsabilité de l’histoire et de son sens au sein de la sphère politique.Dans le contexte de l’élection québécoise, il est navrant de constater cette réticence à faire et à proposer un sens à l’histoire.Triste spectacle que ce slogan du Parti libéral, «Oui, l’économie d’abord», qui témoigne seulement de la tyrannie d’un présent sans histoire et donc, nécessairement sans futur.Et que dire de cette nouvelle tintidité du Parti québécois qui, après avoir longtemps porté un véritable projet historique, semble plier l'échine dans l’air du temps, oubliant qu’un projet historique est par définition impossible avant qu'on ne le réalise?Comme l’écrivait déjà Platon dans le Théétète, «le mal éternellement fait sa ronde parmi les humains».Aujourd’hui plus que jamais, souhaitons que l’élection de Barack Obama nous donne le courage de rejeter le fatalisme pour accepter la lourde responsabilité du cours de l’histoire.Souhaitons que l'élection de Barack Obama nous donne le courage de rejeter le fatalisme L’ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Information générale et métropolitaine : Gérald Dallaire (adjoint au directeur de l'information), Marie-Andrée Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idées), Stéphane Baillargeon (général), Clairandrée Cauchy (éducation)Corriveau (affaires municipales), Fabien Deglise (consommation), Jean Dion (sports), I^uisTiilles Francœur (environnement), I’auline Gravel (sciences).Brian Myles (justice et faits de société).Inuise-Maude Rioux Soucy (santé), Alexandre Shields (général), Mulippe Papineau (pupitre) ; information imhtkitic Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Alec Castonguay (correspondants parlementaires à Ottawa), Antoine Kobilaille et Robert Dutrisae (correspondants parlementaires à Québec), Kathleen I-évesque (reporter) ; information culturelle : Michel Bélair (théâtre et cahier Culture), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Paul Cauchon (médias), Frédérique Doyon (reporter), Caroline Montpetit (livres), Isabelle Paré (reporter), Odile Tremblay (cinéma).Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Julie Carpentier (pupitre) ; information économique ; Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'information), François Desjardins (reporter).Éric Desrosiers (reporter), Claude Turcotte (reporter), Dominique Reny (pupitre) ; information internationale Guy Taillefer (adjoint au directeur de l'information), Serge Truffaut (éditorialiste), Claude I>évesque (reporter), Jean-Pierre legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives) ; Diane Précourt (responsable des pages thématiques) ; Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; Michel Garneau (caricaturiste) ; Michèle Malenfant et Christine Dmnazet (correctrices) ; Benoît Manger (responsable du site Internet), Emilie Folie-Boivin et Vincent Cauchy (commis Internet) ; Amélie Gaudreau (secrétaire d la rédaction)’, David Dumouchel et Étienne Plamondon-Émond (commis à la rédaction).DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur), Manon Derome (Montréal), Olivier Spéciel (Québec), Monique Bhérer (Ottawa).PUBLICITE Julie Chrétien (directrice adjointe), Amélie Bessette.Jean de Billy.Jean-François Bossé.Manon Boilard, Marlène Côté, Amélie Maltais, Claire Paquet, Geneviève Pierrat, Chantal Rainville, Isabelle Sanchez, Nadia Sebaï, Mélisande Simard (publicitaires), Sylvie Importe, Martine Bérubé (secrétaire).PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Olivier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Johanne Brunet, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Fllion, Yannick Morin, Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION» DISTRIBUTION ET 'TIRAGE Caroline Simard (responsable service à la clientèle), Nancy Beaulieu, Manon Blanchette, Nathalie Fllion, Marie-Lune Houde-Brisebois ; Jean-Robert Divers (responsable promotion).ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur), Nicole Carmel (responsable des sendees comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Céline Furoy, Ghislaine Lafleur, Claudine Chevrier, Monique Protean.Danielle Ross.; A 12 LE DEVOIR, LE MERCREDI 12 NOVEMBRE 2008 ACTUALITES VÉRIFICATEUR Le réseau de la santé et des services sociaux ne respecte pas sa propre loi sur l’équilibre budgétaire SUITE DE LA PAGE 1 dollars, grâce aux surplus engrangés.«Il y a bien 2,3 milliards en banque pour contrer le ralentissement économique que nous devons affronter», a soutenu Mme Jérôme-Forget en conférence de presse, hier.«Il nous faut un gouvernement stable pour rencontrer [sic] les défis qui nous attendent», a-t-elle ajouté.Au dernier décompte du vérificateur fait en juin 2008, le déficit cumulé en vertu de la Loi sur l’équilibre budgétaire s’élevait à 5,8 milliards au 31 mars 2007.Il atteint 3,25 milliards au 31 mars 2008.Par ailleurs, le vérificateur relève que le réseau de la santé et des services sociaux ne respecte pas sa propre loi sur l’équilibre budgétaire qui est entrée en vigueur en 2000-2001.Ainsi, 29 % des établissements, soit 55 des 191 entités, affichent des déficits qui totalisaient 127 millions au 31 mars 2008.«Nous sommes inquiets de la réponse du ministère qui, à notre avis, contribue à banaliser le respect de cette importante loi», déplore M.Lachance dans son rapport La saignée du papier commercial En date d,u 31 mars 2008, c'est près de deux milliards que l’Etat québécois a englouti dans l’aventure du papier commercial adossé à des actifs (PCAA).Selon le vérificateur, les 13 milliards de PCAA qui sont entre les mains d’entités gouvernementales et des régimes de retraite qui dépendent du gouvernement ont perdu près de 15 % de leur valeur.Cela touche notamment la Régie des rentes (- 411 millions), le Régime de retraite des employés du gouvernement et des organismes publics (- 588 millions), le Fonds de la santé et de la sécurité du travail (-113 millions) et le Fonds d’assurance automobile du Québec (- 92 millions).Le Devoir Effondrement d’une école à Haïti: la fouille des décombres est terminée Pétionville, Haiti — Les équipes de secouristes ont terminé hier la fouille et la démolition des décombres de l’école La Promesse, après avoir mis fin aux recherches pour retrouver des survivants.Au moins 89 personnes, pour la plupart des écoliers, ont été tuées dans l’effondrement du collège vendredi, qui a aussi fait 150 blessés.Le bilan — un temps annoncé de 94 morts — a été revu à la baisse par les autorités, certaines victimes ayant été comptées deux fois.De nouveaux corps coincés sous les décombres pourraient être retrouvés lors du déblaiement du site, a déclaré Nadia Lochard, responsable de la protection civile en charge de la zone.La démolition totale de l’établissement a été décidée, les ruines étant si fragiles qu'elles risquaient de s’affaisser sur des maisons situées en contrebas, a-t-elle ajouté.Hier, l’association humanitaire américaine Food for the Poor a distribué du riz, des bouteilles d’eau et des vêtements à 200 personnes habitant près de l’école.Associated Press CSST SUITE DE LA PAGE 1 la privatisation de certains secteurs ou disciplines médicales.Le recours au privé par la CSST est loin d’être une exception au sein des organismes provinciaux similaires, tels les Worker’s Compensation Board (WCB) de l’Ontario et de la Colombie-Britannique.«Bien que la CSST et les WCB soient assujettis à des lois et des règles adoptées par l’État, ces organismes sont de véritables assureurs privés puisqu’ils sont entièrement financés par les employeurs.Leurs choix de gestion et leurs relations avec les bénéficiaires des primes payées par les employeurs — ici les individus victimes de lésions au travail — sont donc calqués sur le modèle des compagnies privées d’assurance», explique François Béland.Cliniques et primes Depuis quelques années, des experts en gestion de la santé de plusieurs universités canadiennes, dont M.Béland, documentent et analysent les stratégies et les tactiques développées par les WCB sur la privatisation de la santé ainsi que sur l’accès aux soins d’individus qui ont subi des atteintes similaires en dehors des milieux de travail.Les résultats de leurs travaux ont été publiés dans le numéro de mars 2008 de la revue universitaire HealthcarePapers.Les auteurs y expliquent les moyens déployés par les commissions du travail pour accélérer et améliorer la qualité des soins des travailleurs victimes de lésions au travail, lorsqu’elles les reconnaissent, bien sûr.En plus de mettre en place leurs propres cliniques, plusieurs commissions signent des contrats avec ces établissements publics pour faire traiter les travailleurs en dehors des heures habituelles.La majorité d’entre elles, dont la CSST) achètent en abondance des services de cliniques privées à but lucratif, comme celles du Groupe Santé Medisys, propriété de Persistence Capital Partners (PCP), au sein duquel l'ex-ministre libéral de la Santé Philippe Couillard est à pied d’œuvre depuis le 1er octobre dernier.«Medisys est un important fournisseur d’expertises médicales et d’évaluations fonctionnelles pour les commissions provinciales des accidents de travail, dont la Commission de la santé et de la sécurité du travail du Québec», avait d’ailleurs reconnu M.Couillard CODERRE SUITE DE LA PAGE 1 respirateur artificiel».Leurs finances ont été grevées par les élections à répétition, les courses à la direction et la baisse de popularité du parti.«Disons que je suis capable de faire élire 20 délégués dans Bourassa.Si je n’ai pas les moyens de les envoyer à Vancouver, ça me donne quoi?La seule façon de se donner une chance de solidifier, voire même de rebâtir, notre base est de changer notre culture.» Le coloré député avait proposé d’organiser dix minicongrès provinciaux tous reliés entre eux par satellite.Les délégués n’auraient pas eu besoin de se déplacer autant, réduisant leurs coûts personnels.«Mon alternative du XXT siècle n’était pas basée sur la capacité de payer, mais sur la capacité de participer», rappelle-t-il.Faut-il rappeler, ajoute-t-il, le pays traverse une crise économique importante.«On vit dans une bulle où il n’y a pas de place ni pour l’audace ni pour le respect de la base qui n’a pas les moyens des ambitions de la tour d’ivoire.Respectueusement, on a le sentiment que certains de nos dirigeants vivent sur une autre planète.» Dur, dur d’être québécois Denis Coderre estime par ailleurs qu’en sa qualité de Québécois francophone, il partait avec un handicap dans cette course.Il dit que plusieurs personnes lui ont, avec respect, fait remarquer que les militants du parti voudraient peut-être cette fois se donner un lorç d’une entrevue au Devoir en août dernier.A titre de conseiller stratégique du Fonds d’investissements PCP en santé, l’ancien ministre est responsable des rencontres avec les investisseurs potentiels ainsi que de l’identification des cibles d’investissements du Fonds.PCP poursuit l’objectif de réunir un capital de 150 millions de dollars destinés à l’acquisition d’entreprises privées actives dans le domaine de la santé.Sans dévoiler de cibles précises, le nouveau financier évoquait en août des acquisitions de «cliniques d’imagerie médicale», un domaine où le Groupe Santé Medisys est déjà présent au Québec, ou des «cliniques médicales ou de chirurgie, comme la Clinique Rockland».Ces créneaux sont d’importants fournisseurs de la CSST.Par ailleurs, les commissions du travail n’hésitent pas à offrir des primes aux médecins, surtout les spécialistes, sur les honoraires qu’ils reçoivent lorsqu'ils effectuent les mêmes actes dans le réseau public.«La CSST me verse des honoraires plus élevés lorsque je fais le même examen à ma clinique privée qu’à l’hôpital », confiait en septembre au Devoir le Dr Gaétan Barrette, président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) et radiologiste fellow.Cette spécialité bénéficie en effet d’un statut particulier au sein du corps médical puisque ses membres peuvent, en toute légalité, pratiquer à la fois au public et au privé.«La CSST est le plus grand générateur de soins de santé privés au Québec», avait-il ajouté.Selon le Dr Barrette, les entreprises, qui sont les seuls bailleurs de fonds de la CSST, y gagnent au change puisqu’elles assurent ainsi un retour plus rapide au travail des employés souffrant de lésions physiques ou psychologiques dues au travail.Un auteur de la revue HealthcarePapers de mars 2008 a documenté ces gains.«En Colombie-Britannique, le WCB a estimé qu’en faisant effectuer une chirurgie en clinique privée, le temps de traitement pouvait être réduit à six semaines, contre six à huit mois dans le réseau public, épargnant ainsi 50 000 $ par client, uniquement au chapitre du remplacement du revenu», écrit William Gnam, de l’Institut pour le travail et la santé de Toronto.Accélération de la privatisation Selon François Béland, les centaines de millions MIKE CASSESE REUTERS Cette fois, Martha Hall Findlay ne se lancera pas dans la course à la direction du PLC.chef provenant d’une autre région du pays.Après tout, Jean Chrétien, Paul Martin et Stéphane Dion se faisaient tous élire au Québec.«Tous les candidats du Québec ont cette réalité à regarder en face», dit-il.Un tel constat pourrait faire mal à Martin Cauchon, un ancien ministre de Jean Chré- décaissés par la CSST et ses semblables jouent un rôle important dans l’accélération de la privatisation de certains domaines et activités de santé.«La chirurgie orthopédique, le traitement et la réhabilitation des troubles musculosquelettiques ainsi que l’imagerie médicale sont les principaux domaines qui bénéficient du marché très lucratif engendré par les lésions physiques du travail», indique-t-il.La plus récente liste des 74 médecins spécialistes travaillant uniquement en privé, diffusée par la RAMQ le 26 septembre dernier, révèle que huit d’entre eux sont des chirurgiens orthopédiques et trois sont des physiatres, deux groupes très utilisés par les accidentés du travail.Par ailleurs, la liste comprend 12 psychiatres, qui, en majorité, effectuent des contre-expertises pour les employeurs qui contestent les réclamations pour séquelles psychologiques par des employés.Dans ses nombreuses recherches qualitatives sur les accidentés du travail, M'Katerine lippel, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en santé et sécurité du travail de l’Université d’Ottawa, a constaté que, si la majorité d’entre eux avaient de nombreuses doléances sur leurs relations avec la CSST, ils lui reconnaissaient par ailleurs un énorme avantage: l’accès rapide aux soins et les meilleurs! Cet accès pénalise-t-il les individus qui souffrent des mêmes maux en dehors du travail?Les auteurs de HealthcarePapers formulent des hypothèses partagées sur cette question qui fera, écri-vent-il, l’objet de recherches ultérieures.Certains avancent que les effets du traitement rapide des bénéficiaires des WCB sont neutres, voire positifs sur les autres malades.Le chercheur montréalais François Béland estime, lui, que ses collègues font preuve, à cet égard, de beaucoup de prudence.D’une trop grande prudence même.«En cette période de pénurie d’effectifs dans plusieurs disciplines médicales ou thérapeutiques auxquelles ont recours les bénéficiaires de la CSST, je serais plutôt enclin à formuler l’hypothèse que le traitement accéléré qui leur est réservé engendre des difficultés accrues d’accès aux soins pour des individus exclusivement pris en charge par le réseau public», avance-t-il.Le Devoir tien qui jongle encore avec la possibilité de se lancer dans la course.Quant à M.Coderre, il se montre lucide.Il rappelle qu’après 25 ans au PLC, il n’a pas besoin de se lancer dans une course à la direction pour se faire connaître ou se «positionner», comme on dit dans le jargon politique.Du omp, «quand les planètes ne sont pas toutes alignées, il faut faire preuve de réalisme.Je n’irai pas vivre une expérience de vie juste pour nous endetter encore plus.» M.Coderre est le quatrième candidat potentiel à cette course à se désister.Hier, Martha Hall Findlay, qui avait été candidate en 2006, a annoncé publiquement quelle ne tenterait pas l'expérience de nouveau.Elle traîne encore une dette de près de 200 000 $.Elle aurait probablement été la seule femme de la cuvée 2008.«Ma carrière, mon engagement personnel envers le Parti libéral du Canada, de même que mon engagement envers notre beau pays seraient mieux servis si je m’applique à donner le meilleur de moi-même en tant que députée de Willowdale [à Toronto]», écrit-elle dans un communiqué de presse.John Manley et Franck McKenna ont aussi annoncé qu’ils ne seraient pas candidats.Pour l’instant, seuls Bob Rae et Dominic LeBlanc se sont officiellement lancés.On attend encore de connaître les intentions de Michael Ignatieff et de Martin Cauchon.Le Devoir BETANCOURT SUITE DE LA PAGE 1 fait que prolonger le calvaire de l’otage que l’armée colombienne avait repérée dès 2002.«Jamais les PARC n’ont eu la moindre intention de libérer Ingrid Betancourt, affirme le journaliste qui vit aujourd’hui à Paris.Ils la considéraient comme leur “poule aux œufs d’or".Nous en avons aujourd’hui la preuve.» L’échec diplomatique français avait déjà été constaté par des observateurs aussi sérieux que le grand reporter de L’Express Axel Gylden, l’ex-corres-pondant du Monde et collaborateur de Radio-Canada, Bertrand de La Grange, çt le spécialiste de la Colombie Daniel Pécaut, de l’École des hautes études en sciences sociales de Paris.Thomet a eu accès à une partie des 37 000 fichiers remis à Interpol et retrouvés dans les ordinateurs de Raul Reyes, le numéro deux des PARC assassiné par l’armée colombienne quatre mois avant la libération de Betancourt.Les guérilleros n’y ont jamais de mots assez forts pour qualifier le butin de guerre extraordinaire que représentait pour eux Ingrid Betancourt Les «Pieds nickelés» Si l’ancienne candidate à la présidence de la Colombie est aujourd’hui libre, c’est grâce à une opération minutieusement préparée par les services secrets colombiens à l'insu de la France, Exaspéré par les remontrances françaises, le président Alvaro Uribe s’est finalement résolu à ordonner l’opération Jaque (mise en échec).Pendant des mois, un commando a préparé dans le plus grand secret l’assassinat en territoire équatorien de Raul Reyes, le numéro deux des FARC.L’armée bolivienne profita ensuite de la désorganisation de la guérilla pour infiltrer son réseau de communications.L’opération aurait été inspirée de la libéra- tion en 1976 de 256 otages par un commando israélien en Ouganda.Le 2 juillet, neuf militaires colombiens se firent passer pour les militants d’une organisation humanitaire et libérèrent sans le moindre coup de feu 15 otages, dont trois Américains et Ingrid Bo> tancourt.Dans les jours précédant la libération, le gouvernement Uribe aurait même volontairement berné la France en faisant croire à la relance des négociations avec les PARC par l’envoi de nouveaux émissaires.«Jamais la France n’a été mise au courant, dit Thomet, pour la raison qu’elle n’a jamais cessé de défier, avec la famille Betancourt, le gouvernement d’Alvaro Uribe pourtant élu par une majorité de la population.» Au fond, dit-il, Paris s'est toujours trompé sur la nature des FARC, considéréés comme une organisation terroriste depuis 2002 par l’Union européenne.«Les FARC ont réalisé jusqu’à 3000 enlèvements par année.Elles ont même kidnappé des enfants de 24 mois.» Or, la première condition exigée pour la libération d’Ingrid Betancourt a toujours été inacceptable pour le gouvernement Uribe: la cession aux rebelles d’un territoire démilitarisé de 115 000 km2, plus de deux fois la superficie de la Suisse.L’improvisation a de toute évidence marqué l’action diplomatique française.Comme lorsque le ministre des Affaires étrangères de l'époque, Dominique de Villepin (ancien professeur et ami personnel d’Ingrid Betancourt), prend sur lui d’envoyer, malgré le refus de la Colombie, un commando de 11 agents qui seront immobilisés par la police brésilienne à Manaus dans leur avion Hercule C-130.Une opération que le président Chirac jugera digne des «Pieds nickelés».«Avec la rivalité entre Villepin et Sarkozy, la libération d’Ingrid Betancourt devient un enjeu pour obtenir des dividendes politiques», affirme Thomet.En 2003, la France s’est littéralement fait rouler dans la farine, dit-il.Croyant avoir versé une rançon aux FARC, les diplomates découvrent avec stupeur que les guérilleros n’en ont jamais vu la couleur.Thomet croit que le montant se situait entre 25 et 100 millions de dollars américains et qu'elle aurait été versée par Tintermé diaire de la société pétrolière Total.L’information a évidemment été démentie par le Quai d’Orsay.Sarkozy fait monter les enchères Jacques Thomet n’est pas le seul à penser que, de venu président, Nicolas Sarkozy a utilisé l’affaire pour «faire remonter à tout prix sa popularité».En mai 2007, croyant faire plier les FARC, il obtient la libération du criminel Rodrigo Granda qualifié de «médiateur de paix».Sans résultat.Par la suite, la France accueille généreusement la famille de Raul Reyes.Mais rien n’y fait.Le 20 novembre 2007, Sarkozy reçoit Hugo Châvez à l’Élysée avec la sénatrice Piedad Côrdoba, proche des FÀRC.Cela n’aurait pas empêché cette dernière de déclarer qu’elle n’avait «rien à foutre de la proposition de Sarkozy».Selon les fichiers informatiques de Raul Reyes, elle aurait même ajouté: «Ne libérez surtout pas Ingrid.» Les bonnes relations de Sarkozy avec Hugo Châvez ont peut-être permis de libérer quelques otages, dont Clara Rojas, admet Thomet.Mais pas Ingrid Betancourt.Le journaliste dénonce le double discours de Sarkozy qui prêchait la fermeté avec le Hamas, mais négociait en sous-main avec les FARC.Lorsque, le 1" avril 2008, il donne du «Monsieur» au chef des FARC, Manuel Marulanda, il ne sait pas qu’il est mort depuis le 26 mars.L’envoi d’un avion le 2 avril alors que l’on croit Betancourt mourante — ce qui est faux — sera qualifié de «clownerie» par l’agence ANNCOL, liée aux FARC.«Les Colombiens ont été révoltés par l'attitude méprisante de la France qui a concentré tous ses efforts sur Ingrid Betancourt et ignoré les autres otages, moins médiatiques», dit Thomet.Parmi eux, il y avait pourtant une Française: Aida Duvaltier, qui s’était constituée prisonnière à la place de son mari malade et qui est décédée dans un anonymat presque complet.Ingrid Betancourt a annoncé qu’elle, publierait l’an prochain un livre sur sa détention.À Paris, les conjectures vont bon train sur l’avance astronomique qu’elle aurait reçue.Peut-être ce livre permettra-t-il d’éclaircir les circonstances de son enlèvement.Thomet est convaincu qu’il tient en partie à sa propre insouciance.Il cite la thèse du photographe Alain Keler selon qui la candidate se serait jetée dans la gueule du loup pour redresser sa cote de popularité qui n’était plus que de 0,3 %.«Le 23 février 2002, elle se rend à San Vicente par la route malgré les mises en garde des services de sécurité, rappelle Thomet.Elle refuse ensuite d’obtempérer aux premiers barrages des rebelles qui lui disent de rebrousser chemin.» Finalement, conclut le journaliste, seule la stratégie d’Uribe aura payé.L’ancien maire de Medellin à la poigne de fer avait d’ailleurs été élu pour en finir qvec les FARC.Il bénéficie pour cela de l'appui des Etats-Unis qui participent au Plan Patriote destiné à combattre le trafic de cocaïne.Cinq ans plus tard, les FARC sont en débandade.Le décès et la reddition de quelques-uns des principaux dirigeants semblent avoir porté un coup mortel à l’organisation.«Même si Nicolas Sarkozy en a recueilli plus de publicité, dit Thomet, c'est Uribe le vrai gagnant de cette histoire.» Correspondant du Devoir à Paris LE DEVOtr www.ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, O' étage, Montréal (Québec), H3A3M9 E3 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 514-985-3333 Comment nous joindre ?La rédaction Au téléphone • 514-985-3333 Par télécopieur 514-985-3360 Par courrier redaction@ledevoir.com [.a publicité Au téléphone 514-985-3399 Par télécopieur 514-985-3390 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Les avis publics et appels d’offres Au téléphone 514-985-3344 Par télécopieur 514-985-3340 Par courrier avisdev@ledevoir.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone 514-985-3322 Par télécopieur 514-985-3340 Les abonnements Au téléphone 514-985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par 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