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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2008-11-15, Collections de BAnQ.

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L E DEVOIR, LES S A M EDI 1 5 E T D I M ANCHE I N O V E M B R E 2 O II K OC \ Mise en scène > MAXIME DÉNOMMÉE Avec SOPHIE CADIEUX ET MAXIM GAUDETTE .' 111 \V • Concepteurs LINDA BRUNELLE, MARIE-HÉLÈNE DUF0RT, OLIVIER LANDREVILLE, LARSEN LUPIN, ANDRÉ RI0UX, PATRICIA RUEL SUZANNE TRÉPAN 1ER \ 0n est vite gagnes par l'alienation rte ce huis-dos |.] La pièce nous fait vite comprendre que la pire des terreurs est celle que l'on crée chez soi.Sylvie Saint-Jacques.La Presse [• ¦ ] un huis clos étouffant, un terrible jeu de pouvoir | .] d'une redoutable efficacité (qui) ne cesse |usqu à l'apothéose, de gagner en intensité, de puer cruellement avec les nerfs des spectateurs.Christian Saint-Pierre, Voir Bouleversé.Soufflé.|.] la qualité générale de la production, la justesse du ton [.] la déchirante vérité de la moindre réplique [.] la mise en scène stupéfiante de précision [.] le jeu exceptionnel [.] la résonnance que tout cela agite dans le cœur et la tête du spectateur.Michel Bélalr.Le Devoir ¦ |.] cette langue de fureur et d'anxiété en est une universelle [.] la mise en scène nous sort de l'enfermement du hunker et nous y ramène savamment, le sourire en coin sûrement [.] Apres la fin .on en parle encore le souffle court.\ Claudii Larochellc.Journal de Montréal Wé-Québi» U: nivoiit RÉSEAU ADMISSION 514.7V0.1245 OU W 1.(100.341.4595 I N 1 4559, www SJ 514.: 4559, Papineau Montréal www.thaatralalicornc.com 514.523.2246 destiné aux jeunes publics.Montrer son actualité, ses formes diverses.Sa pertinence depuis les tout débuts, aussi.D’un côté, en ancrant la programmation dans «une parole actuelle issue d’une réflexion de groupe» — Pommerat, qui travaille avec Peter Brook aux Bouffes du Nord, dirige bien sûr une compagnie permanente — et de l’autre, en rappelant aussi que certains, comme l’inimitable Agnès Limbos, proposaient déjà des remises en question tout aussi pertinentes au moment des premiers balbutiements du festival.La création interrogeant le monde, façonnant nos perceptions.La pennanente remise en question de tout, autant par le fond que par la forme.Intemporelle.Toujours pertinente.C’est un «flash» important puisque Boucher a sur le coup contacté l’auteur de la première affiche du festival, Yvan Adam, pour qu’il fasse celle de cette armée; a demandé à limbos de revenir faire ici son Petits pois — une réflexion troublante sur l’Holocauste à partir d’un petit pois trouvé dans un chou-fleur —, un spectacle toujours aussi dérangeant qu’à sa création en 1987 et que Boucher avait présenté alors qu’il dirigeait la Maison Théâtre; et proposé à son vieil ami André Laliberté, du Théâtre de l’Œil, de revenir lui aussi avec la version anglaise {A New World) du spectacle qu’il présentait lors de la première édition du festival en 1990.Mais le directeur des Coups de théâtre tenait bien sûr à illustrer aussi son concept avec du matériel tout neuf.Pour marquer la dixième édition du festival, il a donc sollicité des créations auprès d’une dizaine de compagnies d’ici; en théâtre, bien sûr, mais aussi en danse, en musique et en multimédia.Et croyez-le ou non, les planètes se sont toutes alignées pour rendre la chose possible.Résultat, pour sa dixième édition, le festival prend encore plus audacieusement que d’habitude le parti pris de la création; 11 des 12 spectacles d’ici se pointent pour la première fois, ou presque, sur une scène.pendant que le volet international nous propose rien de moins que la crème de la crème avec Joël Pommerat, Agnès Limbos et le retour de l’Artifice de Christian Duchange avec deux petites formes fort attendues: Aucassin et Nicolette et Un malheur de Sophie.On trépigne.N’en jetez plus.Tous les publics Riche donc, audacieuse, la programmation aborde des thèmes extrêmement contemporains, sérieux, profonds, durs souvent.même si l’on trouvera bien — avec le retour, par exemple, des Norvégiennes du Sagliocco Ensemble dans Wouaf! Art—à se divertir quand même un peu.Cette année, Boucher veut toucher tous les publics de 4 à 74 ans.Et cela de multiples façons.Voyons donc comment les choses se présentent avant de se lancer dans le tourbillon du festival.que nous avons bien sûr l’intention de suivre de tout près.VOIR PAGE E 4: COUPS LA LICORNE SUPPLÉMENTAIRES MERCREDI 26 NOVEMBRE, Pfÿ ET^SÉCEMBRE.« Vj .V'1 ^ & f*% mm \ fW V* $¦ Hk JH OH -.v i i HüT RESERVEZ RAPIDEMENT: - EN LIGNE : WWW.THEATREDAUJOURDHUI.QC.CA - GUICHET : 514 282 3900 DU 28 OCTOBRE AU 30 NOVEMBRE 2008 AU THÉÂTRE D 3900, RUE SAINT-DENIS, MONTRÉAL H2W 2M2 C'EST BIEN MEIUEUR ti MAftN « UN MOMENT EXTRtMLMENT IMPORTANT DE LA VIE THÉÂTRALE QUEBECOISE UNE PIECE OE VIE.UNE PIÈCE D'ESPOIR ABSOLUMENT SlDfiMNl UN DESIR DE VIE D'UNE FORCE ÉBLOUISSANTE.UNE MISE EN SCÈNE ABSOLUMENT MAGISTRALE.OU TRES GRAND THÉÂTRE.¦ U rELÈJOURHAL MONTREAL .UN OBIET THEATRAL FASCINANT ET GRANDIOSE.DES MOMENTS SUBtIMES .SAMEDI ET RIEN D'AUTRE ¦ UN JALON DANS NOTRE DRAMATURGIE UNE GIGANTESQUE HISTOIRE D'AMOUR UN ACTE DE RÉSISTANCE QUI FAUT SALUER BIEN BAS .UN CHŒUR IITRAORPiNAIRF TROIS ACTEURS D’EXCEFÏIUN li RENDEZ-VOUS INC0N1ÛURNABLE POUR S'ELEVER LÂMC • CRÉAEION THÉÂTRE D'AUJOURD'HUI U PRESSE « UN TEXTE DENSE, RICHE.(ÉTIENNE) PILON .EST D'UN ENGAGEMENT TOTAL.U JOURNAL DE MONTREAL «UNE ŒUVRE A COUPER l______________________________ ROSSIGNOL ÉMOUVANTE.ETIENNE PILON SE RÉVÉLE AVEC BRIO.UNE ŒUVRE À COUPER LE SOUFFLE.D'UNE INTENSITE RARISSIME.MICHELLE ." .- :ÉVE - LE DEVOIR .FAUT-IL ALLER VOIR BOB’ BIEN SÛR QUE OUI POUR f INVENTIVITE DE LA MISE EN SCÈNE, POUR If JEU QUI UISSE PANTOIS El POUR FOURNIR AMPLEMENT DE MUNITIONS LORS DE VOS PROCHAINES DISCUSSION SUR RENE DANIEL DUBOIS .RENÉ - DANIEL DLSOIS MISE EN SCÈNE RENÉ RICHARD CYR TEXTE RENÉ-DANIEL DUBOIS * MISE EN SCÈNE RENÉ RICHARD CYR * AVEC MICHELLE ROSSIGNOL - BENOIT MCGINNIS « ÉTIENNE PILON < ROBERT LAIONDE ?CHRISTIANE PR0ULX • MARC IEA0PRÉ .FRÉDÉRIC BLANCHETTE • CHARLES DAUPHINAIS • MATHIEU G0SSELIH - AGATHE LAHCTOT ¦ MILÉNE LECLERC .JEAH MOtSE MARTIN ¦ VÉRGHIC RODRIGUE FT CYRIL EGNSECA ¦ * * * « ASSISTANCE A LA MISE EN SCÈNE MARIE HÉLÈNE DUFORT * DÉCOR ET COSTUMES RIERRE-ÉTIENNE LOCAS ?MICHELLE ROSSIGNOL EST HABILLÉE PAR FRANCOIS BARBEAU - ÉCLAIRAGES ETIENAE BOUCHER • MUSIQUE ORIGINALE MAIN DAUPHINAIS .AVEC IA COLLABORATION DE PIERRE MIGNOT * PHOTO (CIL NOTA * DESIGN GRAPHIQUE TF.CA PARTENAIRES DE SAISON , ss JP, ï=r-ssa- 030 LE DEVOIR.LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 1 (> NOVEMBRE 2 0 0 8 CULTURE COUPS ARTS VISUELS SUITE DE LA PAGE E 3 Après l’ouverture officielle avec Le Petit Chaperon rouge de Pommerai, la série de créations québécoises s’amorcera mardi à la Cinquième salle de la PdA avec le bouleversant Isberg, le plus récent texte de Pascal Brul-lemans pour le Théâtre Le Clou: on vous recommande de vous faire porter malade ce jour-là autour de lOh ou de 13h pour ne pas manquer ça.Puis, comme nous sommes déjà en plein festival, la machine s'emballe et, coup sur coup, la SMCQ et la compagnie Qui va là s’associent pour créer un spectacle musical, La Fugue (à I’Usine C dès le 19), on assiste à la création (Cinquième salle, les 20 et 21) du plus récent Jean-Rock Gaudreault, La Migration des oiseaux invisibles, à celle de Variations mécaniques du chorégraphe Harold Rhéaume (à l’Usine C du 21 au 23), puis à celle du Cabaret dansé des vilains petits canards, dans lequel Hélène Blackburn s’adresse pour la première fois à la petite enfance (dès quatre ans, à Tangente, du 26 au 29).Ouf.Ça se poursuit avec une première coproduction, un spectacle multimédia orchestré par Daniel Danis, Kiwi (les 26 et 27 à l’Usine C), avec un hommage rendu aux 40 ans d’activité du Youth Theatre, qui propose ses deux plus récentes productions, Bang Boy, Bang! et Simon & The Egg (Cinquième salle, du 25 au 28), et avec deux autres créations, L’Ombre de Tescargot des Nuages en pantalon (la deuxième coproduction à la MC-Pla- teau-Mont-Royal, du 27 au 30) et La Robe de ma mère, de Serge Marois (MC-Frontenac, les 28 et 29).Si vous contez bien, on en est déjà à dix créations, onze si l’on ajoute Oz du Théâtre Vox, qu’on n’a pas encore vu de ce côté-ci de l’Outaouais.et il reste encore à vous parler de l’événement spécial programmé par le festival.tout en gardant pour plus tard l’événement «Théâtre pour ados: paroles croisées», qui aura lieu à la Maison Théâtre du 23 28 novembre.Re-ouf.Evénement spécial donc, pour toute la famille, sur l'Esplanade de la Place des Arts.Ça porte le titre de Bulles et c’est une production du Théâtre Motus, plantée dans des structures gonflables où des micromarionnettes nous proposent trois univers de contes plongeant jusqu’à nos racines les plus profondes, s’il faut en croire Rémi Boucher.Ça se passe au beau milieu du festival, le samedi 22 novembre, dès que la noirceur sera venue.Et il pourrait même neiger que personne ne se plaindrait, conclut le directeur des Coups de théâtre.Prévoyez néanmoins une petite laine.Le Devoir LES COUPS DE THÉÂTRE 2008 Festival jeunes publics présenté dans une demi-douzaine de salles montréalaises du 17 au 30 novembre.On peut se renseigner sur la programmation et l’horaire du festival au 514 499-2929, ou encore au www.coupsdetheatre.com $ r ses épaules Ce jeune homme.François Arnaud ^"^^T^Vbeaucùup de olaisir à suivre cene nmu»* i-i —- Carmen Jolin livre beaucoup de texte avec aplomb M.Boissonnault, Désautels, Radio-Canada I De Per Olov Enquist Production Le Groupe de la Veillée Partenaire ERICSSON 0 Mise en scène Téo Spychalski Traduction Àsa Roussel * ^ Avec François Arnaud, Carmen Jolin, 1 ' Isabelle Tincler, Gaétan Nadeau r théâtres ON JOUE AU [PROSPERO] / Billetterie 514 526-6582 Réseau Admission 514 790-1245 f mar.jeudivend.sam.20hmerc.19h jeudi, 2 pour 1 Les dernières photos du plus grand collectionneur d’images anciennes PEDRO RUIZ LE DEVOIR Rémi Boucher, le directeur des Coups de théâtre MICHEL GUERRIN ET CLAIRE GUILLOT Samedi 15 novembre, lors de la foire marchande Paris Photo, le libraire André Jammes, 81 ans, tournera la dernière page de ses aventures photographiques.Sans nostalgie.Le plus important collectionneur d’images anciennes au monde vend chez Sotheby’s ses dernières pièces.La plupart des images sont exposées chez Sotheby’s, à Paris, jusqu’au 14 novembre.«Il y a des merveilles qui n'avaient pas trouvé preneur lors de ventes précédentes, explique André Jammes.Et il me restait des choses précieuses, que je pensais garder jusqu'à la fin de mes jours, fai changé d’avis.» Il y a déjà eu trois ventes Jammes, en 1999 et en 2002, totalisant 23,3 millions d'euros.Toutes ont fait sensation, marquant une rupture dans le marché de l’image historique.Surtout celle de 1999, à Londres.Parmi une flopée de prix étourdissants, une photo du XK siècle, La Grande Vague de Gustave Le Gray (1857), devenait l’image la plus chère au monde — 791000 euros (1185 000 SCAN).Cette dernière vente est plus modeste, mais les collectionneurs devraient croiser le fer autour de pièces exceptionnelles: une des premieres images en couleurs, signée du poète, scientifique et inventeur Charles Gros (1869); un daguerréotype du salon du baron Gros (vers 1850); ou un beau chêne noir et abstrait à Fontainebleau par Gustave Le Gray (vers 1849).Succès ou non, André Jammes restera dans l’histoire comme le pape de la photo ancienne.Dès 1955, alors que personne ne se souciait de ces vieilleries, le fils du libraire Paul Jammes a une intuition: «Mon père, ne voulait pas voir entrer la photo dans la librairie.Je lui proclamais que les incunables de la photographie seraient un jour appréciés comme les livres incunables.» Il avoue: «Je n’y croyais qu’à moitié.Je n’avais pas prévu que ces épreuves seraient appréciées un jour comme un tableau de Courbet.Ni qu’elles vaudraient autant d’argent.» Le déclic lui vient lorsque passent entre ses mains des portraits originaux du grand Nadan «fai trouvé ça extraordinaire.» Alors il se met au travail.Il prend contact avec les rares collectionneurs existants, «qui ont sauvé des paquets de photos de la poubelle mais qui ne se rendaient pas vraiment compte de ce qu’ils possédaient».Lui aussi a sauvé des images.D cite un album d’Edouard Baldus, repéré ut r wm *T r ".'1 JACQUES DEMARTHON AFP Le commissaire-priseur Alain Renner dirigeait le 21 mars 2002 les enchères de la maison Sotheby’s, à Paris, lors de la vente de la collection Jammes, où l’héliogravure réalisée en 1825 par Nicéphore Niepce a été préemptée à 400 000 euros (392 000 $US) par la Bibliothèque nationale de France.chez une vieille dame: «Elle allumait son poêle, tous les jours, avec une planche de l’album.Heureusement, elle est morte huit jours après.Il manque seulement huit pages.» André Jammes est le premier à construire sa collection «de façon scientifique».Toujours avec son épouse.«Certains collectionnent contre leur femme.Nous, c’est un couple associé», dit-il.Les tâches sont bien réparties.Marie-Thérèse recense les maîtres du passé, alors inconnus, et rédige des milliers de fiches.«Elle a dépouillé les revues de l’époque, les archives, les catalogues d’exposition, les livres.» André achète pour des sommes souvent dérisoires auprès de son réseau de libraires, de collectionneurs, mais aussi des familles de photographes.Travail de fourmi.Prenons Charles Nègre, aujourd'hui un des trois ou quatre photographes les plus importants du XDC siècle, le premier sans doute à saisir des personnes en train de marcher dans la rue.«fe suis parti d’une petite image de Nègre, publiée dans /Histoire de la photographie de.Raymond Lecuyer, en 1945.fai fait des recherches puis j’ai écrit un livre sur Nègre en 1963.Et j’ai acheté le fonds auprès de son héritier.» Charles Nègre est désormais considéré comme un classique, collectionné dans les plus COMPAGNIE LOUIS BROUILLARD (FRANCHI TEXTE ET MISE EN SCÈNE : JOËL POMMERAI DU 26 AU 29 NOVEMBRE 2008 Prix du Syndicat de la critique pour la Meilleure création en langue française 2006 Une fitletHi en visite chez son père se met soudainement à le vouvoyer.I Un homme autoritaire reproche à son fils sa souplesse envers son petit-fils.I SiiSflkQ Une femme appelée à la morgue pour identifier un corps qui pourrait être celui de son fils est gagnée par un immense fou rire.I Un outre spectacle de Jofcl Pommera», LE PETIT CHAPERON ROUGE, ouvrira la 10* édition du Feitival Les Coups de Théôtre tes 17 et 18 novembre 2008, à l'Usine C Renseignements : 514 844-2172 MntfW.COUMMTMAmXOM VA* •• LES (VRAIS DE VRAIS) ADIEUX de CLÉMENCE 1 CLEMENCE DESROCHERS EN SOLO, UNE DERNIÈRE FOIS LE 16 DÉCEMBRE 2008 ÉVÉNEMENT BÉNÉFICE AU PROFIT D’ESPACE GO AVEC LA COMPLICITÉ D'EVELYNE DE LA CHENELIÈRE, MARIE-MICHÈLE DESROSIERS, RITA LAFONTAINE ET DANIÈLE PANNETON Tari! des billets : 200 $ (incluant un vin d'honneur| (Un reçu pour lins d'impôls équivalent à la portion don sera remis | 4890, BOUL, SAINT-LAURENT, MONTRÉAL 514 845-4890 espacego.com grands musées.André Jammes a aussi compris que la valorisation de la photographie — et donc de sa collection — passait par des expositions et des livres.Notamment aux Etats-Unis, pays qui a reconnu bien avant la France la photo comme un art Ainsi l’exposition French Primitive Photography, en 1969, réalisée en partie à partir de sa collection, a-t-elle joué un rôle central dans la reconnaissance des maîtres français.Mais sans doute pas autant que les ventes de sa collection à Londres puis à Paris.«Pour le public, pour la presse et même pour les conservateurs de.musées, regrette André Jammes, l’argent est malheureusement le sceau qu’il faut imprimer aux objets d’art si on veut leur voir reconnaître une valeur.» « Pour la gloriole » Pour que son nom reste attaché à un ensemble, le libraire aurait pu vendre son incroyable collection à un grand musée.D’autres l’ont felt Il dit avoir essayé: «J’aurais aimé conserver intact le fonds Charles Nègre.Mais le Musée d’Orsay n’a pas trouvé les Jbnds nécessaires, malgré le prix modeste que j’en demandais.Puis j’ai essayé auprès d’une banque, en pure perte.» André Jammes reconnaît les limites des ventes aux enchères mais y voit des avantages: «Certains collectionneurs vendent en bloc à un musée pour la gloriole.D’autres veulent faire tache d’huile auprès du public, fen fais partie: j’ai construit un château de cartes, qui s’est écroulé.Mais ensuite, tout le monde peut prendre les cartes et jouer une autre partie.» Reste à savoir si la dernière vente Jammes, que personne n’attendait va attirer les acheteurs en cette période d’aprèscrise boursière.«Il n’y aura sans doute pas les éclats furibards du passé.Mais il faut relativiser l’importance de la photo: une vente comme celle-là, c’est le dixième du prix d’un Mondrian.H n’y a pas besoin que beaucoup ouvrent leur portefeuille pour que tout se vende.» Le libraire, lut n’ira pas à la vente, il restera parmi ses livres.Le Monde AGENCE FRANCE-PRESSE La Grande Vague de Gustave Le Gray (1857) Texte-t CATHERINE LEGER en collaboration avec Eric Jean J Mise en scène-{ ERIC JEAN une production du théâtre dequat sous i25 novembre au 21 décembre 2008 Avec : STÉPHAN ALLARD.NORMAND DANEAU, MURIEL DUTIL KATHLEEN FORTIN, EVE GADOUAS, T MARTINE-MARIE LALANDE, ERIC PAULHUS, YANN PERREAU, EVELYNE ROMPRÉ et DANIEL THOMAS J F Concepteurs : Pierre-Etienne Locas.Cynthia St-Gelais, Martin Sirols, Michel F.Côté, Angelo Barsetti, Annie Beaudoin, Nicolas Jobln, Nathalie Piette __________________________ «} ««WR*.A , I , lltf ( WVWl 1 DDKViili; ^ GTa^c transat COMPLET LES 25-26-27-28-29-30 NOVEMBRE ET 2-3-4-5^9-10-12 DÉCEMBRE quatsou* K LE I) E V 0 I R , LES SAMEDI 1 5 E T DIMANCHE 1 ti NOVEMBRE 2 0 0 8 CULTURE MUSIQUE CLASSIQUE Disques classiques : une rentrée très inspirée CHRISTOPHE HUSS L* automne discographique apporte avec lui diverses compilations destinées à un public plus vaste que les acheteurs habituels de musique classique.Mais d’où vient donc cet étrange effet caméléon?En soccer, cela s’appelle le «marquage à la culotte».Quand nous avons reçu de l’éditeur EMI le double album Puccini 2008: Nessun dorma, notre première réaction fut de nous demander: «Pourquoi nous renvoient-ils ce disque?» Vérification faite, c'était bien le premier envoi de cette compilation d’airs de Puccini.Mais la frappante ressemblance avec Puccini Gold, reçu quelque temps auparavant de l’éditeur Universal, avait entraîné une inévitable confusion.Moi aussi, moi aussi ! Pour fêter les 150 ans de la mort de Puccini, il ne faut surtout pas mettre une photo de Puccini sur un disque.La stratégie est de bonne guerre: Puccini, ce sont des opéras, les opéras contiennent des airs célèbres et ces airs sont à même de faire briller les chanteurs-vedettes de chaque étiquette.On peut admettre que la couleur liée à l’opéra est le rouge, comme celui des grands rideaux en velours des scènes européennes.Mais voilà tout de même deux rouges assez similaires et, surtout, une mise en forme visuelle pour le moins proche: titre central et galerie de portraits.Universal et EMI affichent tous deux Rollando Villa-zon et Placido Domingo, puisque les deux ténors ont enregistré pour l’une et l’autre des étiquettes.Par contre, EMI a fait dans le très raffiné en écrivant son «Nessun dorma» en couleur dorée, aveç un reflet sur le «r» de «dorma».Etonnamment, Universal vend Puccini Gold écrit en blanc! Les deux albums ont autre chose en commun: le fait de glisser des vedettes de crossover parmi les grands chanteurs d’opéras pour leur donner une stature et une crédibilité artistique pas forcément méritées par leurs prestations.Chez Universal, c’est Andrea Boccelli; chez EMI, Lesley Garrett.L’un a son nom au-dessus de celui de Placido Domingo, l’autre à côté de celui de José Carreras.Au chapitre du contenu artis- L’association du stress de la vie moderne au chant grégorien, ça vous dit peut-être quelque chose sources différentes.Tosco est chanté tantôt par Maria Callas, tantôt par Angela Gheorghiu; Manon Lescaut, par Mirella Freni et Montserrat Caballé.Ce «marquage à la culotte» n’est pas un phénomène canadien et remonte en fait à deux décennies au moins.Au tournant des années 90 en Europe, les volumes de vente des CD pouvaient.justifier le recours à des publicités télévisées.Si Universal payait des annonces pour une compilation Karajan, il était immanquable de voir débouler dans les rayons un disque Karajan-EMl profitant de la visibilité achetée à grands fraig par le concurrent.A l’inverse, EMI a ouvert en 1993 un nouveau marché pour les disques de chant grégorien, avec à la clé cinq millions de CD vendus.Moines superstars L’astuce inventée par EMI dans les années 90 était la suivante: «La vie moderne vous semble fatigante?Trop de bruit?Trop de stress?Ressourcez-vous et écoutez Canto gregoriano.» En quelques mois, les moines du monastère de Silos, en Espagne, sont devenus des stars.Les bandes provenaient d’un vieux fonds oublié dans les cartons d’Hispavox, la filiale espagnole d’EMI.Que du bénéfice! De nombreux «me too products» (c’est le nom des «moi aussi» en langage marketing) ont alors vu le jour.Sony, en France, avait intitulé sa compilation Le Chant du silence.Le succès fut tel qu’il inspira la création de ce qui devint le grand succès commercial des années 1994-95 en classique: une compilation intitulée Silence!.Ça ne s’invente même pas.L’association du stress de la vie moderne au chant grégorien, ça vous dit peut-être quelque chose.C’est le thème de la publicité d’Universal, en 2008, au Québec, une annonce qu’on a beaucoup vue (sur RDI par exemple) en septembre.Le remède au stress est un CD intitulé Chant et sous-titré Music for the soul.Dans ce disque, les moines sont allemands.Ils logent à l’abbaye de Heiligenkreuz et le pape Benoît XVI leur a rendu visite en septembre 2007.Devinez ce qui est arrivé?On n’a pas tardé à voir débouler sur étiquette EMI Gregorian Chant (avec «Chant» en bien gros), l’édition commémorative de Canto Gregoriano (en fait, «the very best of.») le Les deux albums de Puccini ont en commun le fait de glisser des vedettes de crossover parmi les grands chanteurs d’opéras pour leur donner une stature et une crédibilité artistique pas forcément méritées par leurs prestations tique, si vous êtes tentés par le genre, je vous recommande fortement la compilation Universal (sur étiquette Decca).Les airs sont tirés à la fois de grandes intégrales [Madame Butterfly par Karajan, La Bohème par Riccar-do Chailly) et de récitals, parfois très récents, puisque l'air Che gelida Manina de La Bohème en ouverture du second disque est chanté par la nouvelle star européenne Jonas Kaufmann.Ne craignez rien: Boccelli est cantonné à un air, juste pour qu’on puisse mettre sa photo en couverture! Mais le produit «moi aussi» d’EMI n’est pas déshonorant.L’articulation est différente: les airs d’un même opéra sont tous regroupés, là aussi avec des b $ k :l >;\nsu '¦ h 2(1 au ’!•) noM'inhiv 20l)i3 I >u ji'iuli au samedi à 2(lli Dimanrlieà l.'di www.fragmt5ntslibres.com Réservez vos places dès maintenant! Billetterie 514 982-3386 lao MntSIKl- AI , AIMS IMHUUI LU UELS / w •'>.Iaplacedesarts.com 514 842 2112/1 866 842 2112 Studio-théâtre de la Place des Arts 29 novembre 20 h Billets 20$ En vente à la Place des Arts Basilique Notre-Dame 110 rue Notre-Dame Ouest, Montréal Ë3 Champ-de-Mars 35$ - 25$-15$ - VIP 50$ Gratuit pour tes moins de 12 ans Billetterie de la Basilique 424 rue Sl-Su$ice ou sur le réseau Admission 514790-1245 Info: 514 7Î9-8172 mMleschantetrs.com wmi.cpntnca Samedi 15 novembre Église Saint - Jovite 950, rue Saint Jovite, Tremblant 819 - 688 6479 614 LE CAPITOLE DE QUEBEC PRESENTE r r , *.TTs IP’ ’f»* ¦’ .-v ife?ï: Une comédie musicale dV\LAIN BOUBLIL et de CLAUDE-MICHEL SCHOXBERG, d’après l'œuvre de VICTOR HUGO.¦ .m * 'à*.-n ¦ / ü 1C?C A U* ) L E ; W Cf « Québec MM lie éiliW.U Ryrtm* tfe MnMiAal BHMMi .;.:v * ^üi 418 694-4444 1 800 261-9903 • www.admission.com • www.lesmiserables.ca musique ! LAI f >1 MK HltL SC I iONBl{RO • paroles I llvkKI-RT KRIM/Ml R • textes français originaux > ;V'.{ et IRAN-MARC’ \ VI RI, • textes ADDITIONNELS JAMS FENTON • orchestrations J< >î ÏN C \Mt R» 'N l lue ptndm tiiin (irijjiiole lutMlrmii nne ili ( AMI.koX M.VCMNTi ISII tt I I II.kl AAI Si IAKI.SI'1- AUI'.( ¦ AiV .vv iiCi.îlv'e .¦ e11 I rK' t!; i lîU*.n .ne-ni mvt Ciwrttn» E K) LE DEVOIR, LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 NOVEMBRE 2 0 0 8 CULTURE MÉDIAS Portraits d’auditeurs SPECTACLE Le CINARS, catapulte à artistes Le tremplin derrière le succès des Lepage, Chouinard et La La La Human Steps Une scène de La Trilogie des dragons, de Robert Lepage F.RIK LABBÉ / FESTIVAL DE THÉÂTRE DES AMÉRIQUES r • | La troupe de cirque Les sept doigts de la main VALERIE REMISE PAUL CAUCHON Les tribunes téléphoniques ont toujours fait partie intégrante de la radio.Espace public, lieu privilégié d’expression, lieu de toutes les démagogies, elles ont toujours été une valeur sûre.La réalisatrice Karina Goma s’est intéressée aux tribunes téléphoniques en rejetant d’emblée les deux genres qui auraient été les plus évidents: les tribunes consacrées au sport, dont Ron Fournier est le plus célèbre représentant, et les tribunes polémiques de la radio-poubelle.Le résultat: un fdm curieusement intimiste, produit par Virage, diffusé cette semaine dans le cadre des Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM).Un hlm qu’on aurait aimé plus approfondi et plus com-plet, mais qui s’attarde à quelques passionnés de ces tribunes en privilégiant l’émotion.André Pelletier anime une ligne ouverte de nuit sur le réseau Corus.On peut facilement imaginer le lien intime et personnel qui peut se nouer la nuit avec un tel animateur.«Je suis un solitaire en dehors de mon métier, confie André Pelletier, je dois dire 15 mots dans la journée.» En parlant de son rôle et de celui de ses auditeurs, il laisse tomber: «On a comblé une solitude réciproque.» «Je suis aussi d’une époque où les enfants n’avaient pas le droit de parole, ajoute-t-il.Si je fais ce métier-là, c’est parce qu’on m’a dit: “Tais-toi.”» Les auditeurs de nuit sont des habitués, certains vivant une grande solitude.Le documentaire suit particulièrement Jane, une dame âgée et malade qui n’était pas sortie de sa maison depuis des mois et qui, à la fin du film, rencontrera André Pelletier, une rencontre où l’on devine même une certaine détresse.Changement complet d’atmosphère avec le Rendez-vous du chasseur, une ligne ouverte d’une petite radio du Témiscamingue.On a l’impression d’entrer dans un univers parallèle: la radio est écoutée par les chasseurs éparpillés dans les camps de chasse en forêt, et les familles et les amis appellent à la station pour souhaiter bonne chance aux chasseurs et pour les féliciter d’avoir «tué».C’est vraiment la place du village, où tout le monde se connaît et se lance des défis par ondes interposées.Le contraste est d’autant plus frappant lorsqu’on revient en ville, puisque le documentaire s’est également intéressé à Maisonneuve en direct, diffusé le midi à la radio de Radio-Canada.La réalisatrice ne fait pas d’entrevue avec Pierre Maisonneuve: elle a plutôt choisi de suivre un auditeur fidèle qui, installé dans sa cuisine à Prévost, le doigt sur le clavier du téléphone, attend le début de l’émission en espérant pouvoir parler en ondes.À l’école, explique-t-il, il était «un cas d'aphasie».L’adrénaline que lui procure la ligne ouverte lui permet de combattre son aphasie, ajoute-t-il.«Je suis allé vers les tribunes téléphoniques pour développer certains aspects de ma personnalité, explique-t-il./’oî développé un peu plus mon côté intellectuel.» Et il termine en avouant que cette activité «donne un sens à [sa] vie».Carrément Le Devoir ¦ Ligne ouverte, un hlm de Karina Goma, présenté le 21 novembre à 19h à la Cinémathèque québécoise de Montréal dans le cadre des RIDM.ISABELLE PARÉ Dans trois jours s’ouvrira à Montréal la 13'- édition du CINARS, devenu en 24 ans le plus important marché des arts de la scène au monde.Derrière cette formidable catapulte à artistes se profilent plusieurs grandes success stories québécoises, dont celles de Robert Lepage, de La La La Human Steps et de Marie Chouinard, applaudis depuis sur les scènes du monde entier.Histoire d’un modèle qui marche.Si la Conférence internationale des arts de la scène (CINARS) n’existait pas, on ne peut s’empêcher de penser à ce qu’aurait été la trajectoire de tous ceux qui y ont été littéralement propulsés sur le marché international.La formule est si simple — offrir en un même lieu aux programmateurs venus de partout sur la planète un concentré de ce qui se tait de mieux dans les arts de la scène au Québec, au Canada et ailleurs —, pourquoi personne n’y avait pensé plus tôt?Depuis 1984, la vitrine culturelle a pris des plumes et s’impose désormais comme un arrêt incontournable pour les programmateurs internationaux.Cette semaine, CINARS accueillera plus de 1000 professionnels venus de 40 pays, avides de mettre la main sur de nouvelles créations pour nourrir leurs festivals ou leurs sales de spectacle.«Au début, cette vitrine est née de la nécessité pour les artistes de la scène d’ici de se faire connaître à l’étranger pour survivre.Il fallait tourner ou mourir.Pour les films, il y avait bien de nombreux festivals et des salons pour les livres, mais rien n’existait pour les arts de la scène», rappelle Alain Paré.Tremplin pour artistes En 24 ans, le CINARS a servi de rampe de lancement à une pléiade d’artistes, dévoilés pour la première fois aux yeux d’acheteurs étrangers.«CINARS a marqué un tournant majeur pour Robert Lepage, qui y a présenté en 1986 sa Trilogie des dragons.Un diffuseur londonien a été marqué et lui a proposé de faire une nouvelle création à Londres.Cette même création a ensuite été vue par un producteur japonais qui lui a demandé de monter un Shakespeare», explique Alain Paré.Même effet de domino pour La La La Human Steps (1984), Marie Chouinard (1986) et O Vertigo, qui ont été projetés dès lors dans les circuits internationaux de la danse.Plusieurs troupes de théâtre, dont la défunte Carbone 14, Dynamo Théâtre et celle des Deux Mondes (autrefois La Marmaile), y ont trouvé un passeport pour une fabuleuse carrière à l’étranger.«CINARS, c’est un condensé de chances de se faire voir.Quand nous avons joué l’intégrale de Leitmotiv, on avait le lendemain 80propositions d’agents du monde entier sur la table», raconte Daniel Meilleur, le codirecteur du Théâtre Les Deux Mondes.Cette petite compagnie, qui s’est notamment fait connaître avec sa fabuleuse Histoire de l’oie dans les années 80 puis avec Terra promessa, a depuis joué chacune de ces créations phares de 300 à 400 fois sur plusieurs continents.Leitmotiv a même été joué à Shanghai, après avoir séduit un programmateur chinois invité au CINARS.Au cours des deux dernières éditions, ce sont les jeunes troupes de cirque québécoises, comme Eloize et Les 7 doigts de la main, qui ont bénéhcié de la visibilité offerte par cette vitrine culturelle.«Après le spectacle d’Eloize, il y avait littéralement 50 diffuseurs qui se sont précipités au stand de la compagnie le lendemain»), raconte Alain Paré.Le reste appartient à l’histoire, comme disent les Anglais.Cette année, quelque 31 spectacles, dont Nebbia du Cirque Eloize, la troupe Kleztory, BJM-danse (les Ballets jazz de Montréal) et le groupe Constantinople seront de la programmation officielle, complétée par une centaine de représentations offertes dans le cadre d’un généreux volet off-CINARS.Tourner ou périr Depuis les années 80, les tournées à l’étranger sont devenues le pain et le beurre de plusieurs troupes québécoises de danse et de théâtre.A preuve, un sondage réalisé par CINARS démontre que les retombées directes associées à cette vitrine culturelle pour les troupes participantes ont atteint environ 19 millions ces trois dernières années.Près de la moitié (47 %) des participants ont signé des contrats au CINARS et 65 % y ont conclu des ententes informelles avec des producteurs étrangers.Cette année, le contexte financier sera à n’en pas douter au cœur de toutes les discussions qui accompagnent ce grand rendez-vous culturel.La récente suppression, par le gouvernement Harper, des programmes de subventions à la tournée Prom’Art et Routes commerciales s’avère un boulet pour plusieurs troupes qui souhaitent conclure des ententes, comme le rapportait Le Devoir le 4 novembre dernier.«Ixs artistes qui ont déjà pris des engagements pour 2010 ou 2011 à l’étranger risquent de perdre toute crédibilité auprès des programmateurs étrangers s’ils doivent annuler leurs tournées», déplore Alain Paré.Les compressions fédérales pourraient priver la compagnie de danse Marie Chouinard de 200 000 $ par an si aucun programme de remplacement n’est annoncé d’ici avril prochain.«En danse, il n’y a pas une compagnie qui peut survivre en ne jouant que dans son propre pays.Si on n'a pas cet argent, on a déjà averti des producteurs qu’il se pourrait qu’on augmente nos cachets.Mais cela nous désavantage sérieusement par rapport aux autres compagnies de danse belges ou françaises, qui sont massivement financées par leurs gouvernements.A un point tel qu’elles n’ont parfois même pas à demander de cachet!», explique la danseuse-chorégraphe.Un maillon essentiel Selon Alain Paré, les programmes supprimés par les conservateurs couvrent environ 15 % du financement des tournées de la plupart des troupes.Une somme en apparence minime, mais essentielle pour compléter des montages financiers complexes.«Un administrateur m’a confié l’autre jour qu’il lui manquait 5000 $ de financement pour conclure un contrat qui en rapporterait 80 000 $.From’Art, c’était 4,5 millions par année.Est-ce que ça vaut la peine de supprimer cela quand on sait que ça rapporte au bout du compte environ 19 millions de dollars?», lance-t-il.D’ordinaire, la contribution fédérale couvre les frais de déplacement des artistes en tournée, alors que le diffuseur étranger s’acquitte de toutes les autres dé- penses.«Qui va payer cette facture maintenant?Géographiquement, nous sommes isolés de l’Europe et de l’Asie.Le financement du transport est un maillon essentiel de la poursuite de nos tournées», s’inquiète Daniel Meilleur, des Deux Mondes.Pour l’instant, les artistes québécois s’en tirent toutefois mieux que ceux du reste du Canada.Certaines provinces, dont l’Alberta, ne versent pas un sou pour soutenir la diffusion de leurs artistes à l’étranger.Le marionnettiste albertain Ronnie Burkett, qui présentait Ten Days on Earth l’an dernier à Mont-réal, court ainsi le risque de voir sa tournée, prévue dans cinq villes de la Grande-Bretagne, compromise l’an prochain.«Pour chaque dollar investi en jbnds publics, les revenus de diffusion à l’étranger rapportent 2,33 $.Il faut que l’opposition se lève pour défendre cette question et force le gouvernement Harper à revenir sur sa décision», martèle Alain Paré.Gageons que, mardi prochain, le premier atelier offert dans le cadre du CINARS sur les solutions de remplacement au financement public sera bondé! SOURCE PRODUCTION VIRAGE André Pelletier anime une ligne ouverte de nuit sur le réseau Corus.NE METTEZ PAS N’IMPORTE QUOI DANS VOS OREILLES A QUÉBECI _ LA DESCENTE DU LIT DÈS 6H30 MUSIQUE / ACTUALITÉS TR"’' J-J- Le Devoir GnU*.Penser l’avenir de l’Église Rencontre avec Gilles Routhier Université Laval Sabrina Di Mateo Diocèse de Montréal Marco Veilleux Centre justice et Foi Mercredi 19 novembre 19 h 30 liz/ 'liXtAlmuL Beaucoup plus qu'une librairie ! ' ff eilllnlLS Salle de conférences et café-resto 2661 Masson, Montréal, Qc 514 849-3585 Contribution suggérée de 5 $ LE DEVOIR.LES SAM EDI 15 ET DIMANCHE 1 î $¦:* ’mami * I' , .! 1 ms Bom K/ch Getting Poorer, la sitcom de Milutin Gubash, repose sur un travail plastique, propre tant à celui de l’image qu’à celui de l’installation.Dans l’âme créatrice Entre deux paires d’yeux, celle du vidéaste-acteur Milutin Gubash et celle du peintre-graffiteur Sylvain Bouthillette, la visite du centre Optica se déroule sous la haute surveillance de deux gracieux créateurs BETTINA HOFFMANN BORN RICH GETTING POORER De Milutin Gubash Et Sylvain Bouthillette Optica, centre d'art contemporain, 372, rue Sainte-Catherinc Quest, suite 508 Jusqu’au 6 décembre JÉRÔME DELGADO Ses yeux ornent les portes du centre Optica de belle manière.Un style sans doute accrocheur, mais qu’on verrait davantage au métro Berri qu’au Belgo.Milutin Gubash, vidéaste se mettant lui-même en scène, comme de cet imposant préambule à son exposition Born Rich Getting Poorer, emprunte à la publicité ses stratégies les plus énergiques.Celles qui font apparaître des images partout, y compris dans les tourniquets du métro.Ce que Milutin Gubash annonce de son regard ténébreux correspond bien à une telle mise en marché: Born Rich Getting Poorer est une sitcom.Du moins il en a l’apparence.L’émission en quatre épisodes ne bénéficie pas d’une diffusion télé, et n’en bénéficiera probablement jamais; elle existe en format DVD.Pour l’occasion, Optica se fait club vidéo.On peut y louer chacun des épisodes moyennant.20 $.En salle, dans l’espace galerie, ce n’est qu’un extrait du premier épisode qui est projeté.Sur très grand écran, certes, question, suppose-t-on, de donner un avant-goût, d’éveiller notre soif de consommateur.On y voit Gubash, dans le confort douillet de sa (?) maison, se faire tirer du sommeil par son père, que j'on devine revenir de l’au-delà.A moins que la scène, qui se déroule sur fond d’une incessante sonnerie de téléphone et d’une musique tzigane entraînante (Gubash est né en Serbie), soit l’illustration d’un rêve.Vrai qu’en franchissant la porte d’entrée, le visiteur s’introduisait dans la tête de l’artiste.Il y a comme deux volets à cette expo, à ce produit qui s’avère, finalement, pas de surprise là-dessus, relever de l’art actuel plus que du populaire.Au-delà de sa plaisante simulation de la culture de masse, simulation toute cynique (les 20 $ sont remboursables!), Bc;ra Rich Getting Poorer repose sur un travail plastique, propre tant à celui de l’image qu’à celui de l'installation.A la mise en espace sociale s’oppose la mise en espace physique.Apprécié pour sa capacité à jongler avec les codes narratifs cinématographiques, Milutin Gubash propose depuis plusieurs années des œuvres intrigantes, où contemplation et suspense se confondent.Le fait de s’y inclure, et d’y inclure son entourage familial, contribue nécessairement à nous faire prendre plusieurs chemins à la fois.On ne sait jamais quelle est la part de fiction dans cet enrobage si réel, pas plus que l’on sait si on assiste à un récit ou à un collage d’image sans queue ni tête.Le critique Sylvain Campeau voit juste en traitant l’art de Gubash d’élagué, «de construction disruptive, de raccordements à vau-l’eau, de réunification désordonnée» (Etc., automne 2007).Si l’extrait que l’artiste donne à voir à Optica semble plus cohérent et ordonné, il en va autrement de l’ensemble de ce qui est exposé.A l’œuvre en mouvement s’ajoute un (autre) extrait, cette fois sur papier, un bout de scénario qui ne correspond pas à ce qu’on voit et entend sur l’écran.Puis, il y a cette série d’images fixes, projetées au verso (ou au recto, puisque ce sont elles qui nous accueillent) de la sitcom.Elles montrent, tour à tour, les différents membres de ce que l’on suppose être la famille Gubash, / Galerie Espace Robert Poulin PROLONGATION JUSQU'AU 16 NOVEMBRE CENT PAPIERS •484-4, boul.Saint-Laurent tel.910-8906 wwwospacerobertpoulin.com MUn$ch au Musée McCord SsdeMUnS0t.^njeu^f- nteractive juste pour les L'auteur-conteur, Robert Munsch invite les enfants de 12 ans et moins à une visite ludique de sa maison fantaisiste, là où la créativité et l'imagination riment avec plaisir! '* t (Musée McCord 690 Sherbrooke ouest, Montréal 514 398-7100 www.mjaee-mccord.qc.ca lUTimi (ThrOtoirttr -T ~-r— 1 ' «r &*' i*i Hurting» canndlen Children’s / * Sa » “t» m CHAUCHtSSE OSTIE nrFUCic D’OSTIE fück DANS LE VENTRE ÏT JlMOMDUt ttNTRi DANS 1E COEUR Ull CRISSE %) TABARNAQUE BETTINA HOFFMANN Sylvain Bouthillette n’y va pas de main morte avec sa dernière série, un corpus plus affiche que jamais.en tant que membres de l’équipe de fournage.Eclaté, raccordé à vau-l’eau, pour reprendre le vocable de Inuit Sélection d’œuvres du Musée national des beaux-arts du Québec Commissaire : Daniel Drouin Les Enfants et l’art inuit Dessins et estampes d’artistes du Nunavik, et dessins d’enfants Commissaire : Madeleine Ttierrien VERNISSAGE : dimanche 16 novembre, à 13 h 30 Davtd Ruben Plqtoukun, Ours-Chaman, 1065 MNBAO, don de M.Raymond Brouaaeau Photo : Patrick Altman Campeau, l’expo tient sa cohérence dans la mesure où tout ce que Gubash propose a à voir avec la construction.Construction de la réalité, fabrication de l’image, mise en mots de ce qui sera filmé, mise en scène d’une bien improbable mise en marché.Pendant que l’écran-paroi au milieu de la salle a plus d’une face, dans l’extrait montré, la caméra semble glisser, tournoyer même, sur plus d’une surface.Milutin Gubash dose tout ça d’un humour bien soigné.Si Campeau voit en lui un Buster Keaton, il possède aussi quelque chose d’un Emir Kusturica, de ses couleurs fantaisistes.Musique aidant, certes, ainsi que cette dernière réplique d’un père caricatural qui lui annonce être le roi des gypsys.Sacres à Taffiche Sylvain Bouthillette n’y va pas de main morte avec sa dernière série, un corpus plus affiche que jamais.Les «Ostie de fuckin crisse» et autres formules bien enjouées parsèment la petite salle d’Optica, légèrement transformée pour l’occasion en étroit corridor.Jeu graphique bien avant d’être une flopée d’insultes, la trentaine d’affiches expriment un certain équilibre, ou déséquilibre, qui sait, de l’àme humaine.L’esprit punk et la pensée bouddhiste qui caractérisent la touche Bouthillette trouvenl ici une bien jolie formule à leur fusion.L’alternance des sacres, peints ou imprimés en noir, et des images quelque peu morbides (des crânes sur des corps de poupées) offre du rythme.Une certaine harmonie se dégage à force de voir rapprocher symboles spirituels et textes expressifs, âme et voix, disons.Et ce, malgré la multiplicité des manières de faire (peinture, collage, impression).Pour nous rassurer, en fin de parcours, trône un montage photo d’où semblent nous surveiller les yeux et les oreilles de l’artiste, tel un gourou protecteur et vigilant.Ces affiches faisaient partie de l’exposition Québec Gold qui a atterri cet été en France (à Reims), puis poursuivie lors du Symposium de Baie-Saint-Paul, très axé sur l’art du graffiti.La série est plus vaste, mais disons qu’on bénéficie, à Montréal, d’une vue d’ensemble unique.Collaborateur du Devoir Salle Alfred-Pellan MAISON DES ARTS DE LAVAL 1395, bout, de la Concorde Ouest Renseignements : 450 662-4440 www.vllle.laval.qc.ca y 1 Lixi GEORG MÜHLECK >Cultures Cellulaires (T)< 12 Novembre-13 Décembre 2008 Réception en présence de l’artiste Samedi Je 15 Nov.15-18h Projex-Mtl Galerie 372 Ste-Catherine O.#212, Montréal, Qc H3B 1A2 514-570-9130 www.projex-mtl.com r LE DE V t) I K ¦ LES SAMEDI 15 ET DI M ANCHE 1 (i N (J V E M B K E 2 (J 0 8 E 13 Le désert belge Ceux qui doutaient encore de l’existence d’un humour typique du plat pays en auront une preuve magnifique et éclatante ELDORADO Ecrit et réalisé par Bouli Lanners.Avec: Bouli Lanners, Fabrice Adde, Philippe Nahon.Image: Jean-Paul de Zaeytijd.Montage: Ewin Ryckaert Musique: Renaud Mayeur, An Pierlé & Koen Gisen.Belgique-France, 2008,85 min.ANDRÉ LAVOIE Pour qui veut fuir la civilisation et se perdre au milieu des immensités désertiques, la Belgique n’est pas à proprement parler une destination de rêve.Le plat pays se traverse en un éclair et l'horizon est suffisamment chargé pour ne jamais avoir la peur, ou la déception, d’être seul au monde.L’acteur et cinéaste belge Bouli Lanners (Ultranova, inédit au Québec) tente un pari audacieux: faire de son pays natal le décor d’un improbable film de John Ford, ou plutôt de Wim Wenders première manière (celui à’Au fil du temps), donnant à la Wallonie des allures de territoire aux frontières lointaines, habité par quelques âmes en peine et des esprits un peu fêlés.Dans Eldorado, on pourrait voir un cow-boy engouffrer un plat de moules-frites et personne ne serait surpris.Yvan (Bouli lanners, plus près de Coluche que de John Wayne.), qui n’a rien d’un justicier à cheval et tout d’un minable dealer de voitures américaines, surprend sous son lit un cambrioleur qui a mis sa maison sens dessus dessous.Plutôt que d’alerter les flics, il attend patiemment que le jeune Elie (Fabrice Adde) sorte de sa tanière, lui proposant même de lui venir en aide, se doutant bien des véritables motifs de cette intrusion par un toxicomane qui cache son jeu tant bien que mal.La curieuse bonté d’Yvan les conduit sur les chemins poussiéreux d’un pays dont les paysages n’en finissent plus de défiler dans le rétroviseur, en route chez les parents d’Elie, un voyage ponctué de rencontres surprenantes, de virages brusques et de quelques vérités crues.Tout cela dans une économie de dialogues qui tranche avec une opulence visuelle quasi enivrante grâce au scope, comme si ce territoire sans relief était réinventé par un émule de Sergio Leone.Avec sa taille généreuse et sa bouille de bouffon, Bouli Lanners ne pouvait trouver meilleur acolyte que le filiforme Fabrice Adde, arborant un physique tout aussi atypique, tout deux véritablement unis en une même complicité absurde et névrotique.Car Eldorado tient tout autant grâce à la force de ce tandem déjanté que dans la somme des incidents indescriptibles qui finissent par les souder l’un à l’autre, qu’il s’agisse d’un nudiste venant leur porter secours ou d’un collectionneur de voitures recherchant uniquement celles ayant causé la mort.Ceux qui doutaient encore de l’existence d’un humour typiquement belge en auront une preuve magnifique et éclatante dans Eldorado.Les effets comiques reposent rarement sur des répliques méchamment ciselées mais plutôt sur un malaise persistant à voir surgir l’incongru dans des décors familiers, à laisser la caméra saisir l’innommable dans une immobilité qui provoque parfois un rire proche de celui de l’embarras.Bouli Lanners excelle dans cet art de l’ambiguité sans pour autant donner à cette aventure une opacité prétentieuse qui en réduirait l’humanité.La Belgique n’a jamais paru aussi grande, capable d’y accueillir confortablement un talent aussi singulier que celui du réalisateur ft Eldorado.Collaborateur du Devoir Dans Eldorado, on pourrait voir un cowboy engouffrer un plat de moules-frites et personne ne serait surpris.FUNFILM Avec sa taille généreuse et sa bouille de bouffon, Bouli Lanners ne pouvait trouver meilleur acolyte que le filiforme Fabrice Adde.lupHerj* ; LE CEAD REÇOIT A SON SALON Venez rencontrer dans l'intimité d’un salon des auteurs dramatiques et spécialistes du théâtre de passage à Montréal.Jeudi 20 novembre à 18h Astrid SAALBACH (Danemark) De passage au Salon du livre de Montréal, la récipiendaire 2004 du Nordic Drama Award nous entretiendra de ses œuvres, dont Le Bout du monde.En collaboration avec le Goethe Institut, len anglais) Jeudi 4 décembre à 18h Ivan OLIVARES (Mexique! Dramaturge, traducteur et metteur en scène, il écrit pour les adultes et pour les enfants.Il parle de sa résidence d'écriture de cet automne à Montréal et de la pratique théâtrale au Mexique.Jeudi 27 novembre à 18h Catherine CORAY (États-Unis) Metteure en scène et professeure à la New York University Tisch School of the Arts, elle est également directrice du festival hotINK, consacré à la mise en lecture de textes contemporains, len anglais) [hüad]] CENTRE DES AUTEURS DRAMATIQUES 261 rue du Saint-Sacrement Métro Place-d'Armes 514 288 3384 poste 221 ou cead@cead.qc.ca Entree libre, priere de reserver CofHfll dt» Ans canada Council çTF) du Canada U* the Arts Montréal^ KQUINOXE Une scène Synecdoche, New York i ï JÊJM, ' y '1 Dans la tête d’un grand scénariste ambitieux EQUINOXE Catherine Keener et Philip Seymour Hoffinan p* 'Of SYNECDOCHE, NEW YORK Ecrit et réalisé par Charlie Kaufman.Avec: Philip Seymour Hoffman, Samantha Morton, Michelle Williams, Catherine Keener, Emily Watson, Dianne Wiest Image: Fred Elmes.Montage: Robert Frazen.Musique: Jon Brion.Etats-Unis, 2008,124 min.ANDRÉ LAVOIE La liste des reproches à l’égard du premier long métrage du grand scénariste Charlie Kaufman (Being John Malkovich, Adaptation, Eternal Sunshine of the Spotless Mind) peut rivaliser en longueur avec celle des qualificatifs tant Synecdoche, New York foisonne d’idées géniales.qui ne sont parfois que cela.Des idées souvent étalées sans l’humour qui faisait toute sa force et son charme, engluées dans des prétentions bien affichées sur la créativité, l’amour et la mort.Ainsi cet étonnant voyage dans la conscience troublée d’un artiste irrite autant qu’il fascine.Mais s’agit-il vraiment de sa conscience ou alors sommes-nous plongés dans un univers parallèle, sorte de purgatoire pour un metteur en scène talentueux tentant vainement d’agencer les fragments d’une vie accomplie sur le plan artistique et misérable sur à peu près tous les autres?Difficile de savoir si, comme pour John Malkovich autrefois, nous avons échoué dans la tête de Caden Cotard (Philip Seymour Hoffinan, ce grand «loser» magnifique).Si tel est le cas — Kaufman fera tout pour couper à maintes reprises le fil d’Ariane de ce gigantesque labyrinthe —, elle ne ressemble à aucune autre.Nous assistons toutefois à un véritable et inéluctable naufrage, celui de cet homme dont la dernière mise en scène de Mort d’un commis-voyageur d’Arthur Miller est un triomphe tandis que son mariage avec Adele (Catherine Keener), une artiste-peintre, s’en va à la dérive.En partant à Berlin avec leur fillette de quatre ans, elle abandonne Cotard à ses maux physiques, nombreux, et à ses névroses créatrices, incalculables.C’est à ce moment que le temps se détraque, voire s’accélère, que les repères familiers se brouillent et que l’homme, dans une tentative désespérée de reprendre le contrôle, élabore sa production la plus audacieuse: celle de sa propre histoire, rejouée dans un gigantesque hangar de New York.Au point même où parfois, c’est toute la ville qui semble s’y réfugier.Entre ses amours platoniques avec une guichetière (Samantha Morton), ses rapports orageux avec une actrice en mal de reconnaissance (Michelle Williams) et le dédoublement constant des personnages de sa vie dans ce grouillant work-in-progress, cet anti-héros, lui-même pourchassé par son double, se transforme sous tous les plans sans pour autant avoir de prise sur cette évolu- tion.C’est pourquoi son projet s’imbrique dans son quotidien à des degrés vertigineux, et ne comptez pas sur Charlie Kaufinan pour vous prendre par la main, ou vous rassurer sur la nature exacte de ce gigantesque chaos.Et c’est bien la sensation étrange d’abandon qui finit par nous étreindre devant ce spectacle d’une ambition infinie et d’un audace parfois purement prodigieuse.Or, malgré son talent incontestable et la place unique qu’il occupe dans un cinéma américain frileux et conformiste, Kaufman a cédé, tel un collégien, à ce désir aveugle de tout dire, de tout faire exploser devant sa caméra, par crainte peut-être d’être condamné à la stricte page blanche en cas d’échec.Ce premier long métrage signé par un illustre inconnu susciterait sans doute plus de superlatifs, mais il ne suffit pas d’avoir de grandes idées et de nobles desseins pour livrer un grand film: Synecdoche, New York, c’est l’oeuvre d’un esprit particulièrement brillant et allumé à qui il manque un habile artificier, capable de canaliser cette fièvre exceptionnelle, et que l’on souhaiterait parfois plus contagieuse.Collaborateur du Devoir RENCONTRES INTERNATIONALES DU DOCUMENTAIRE DE MONTRÉAL WBm ¦ .f,v « ¦/"' V vous otes tel
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