Le devoir, 1 octobre 2004, Cahier B
VINS Le Jean-François Demers nouveau est arrivé Page B 4 LE DEVOIR LE VENDREDI OCTOBRE 2 0 0 4 SORTIES Piquette et pique-assiette Page B 6 W„EXK Ma maison, mon quartier Le Centre d’histoire de Montréal lance un premier projet d’auto-interprétation du patrimoine immobilier a y*.7Va: & > 'WM: '¦'kjrj-d.p w'éïÈ ^ VV/ ¦ Vv?® .:rP* ¦ / / y]// PHOTOS JACQUES NADEAU LE DEVOIR Lorsque le propriétaire actuel a fait l’acquisition de cette maison, rue Dufresne À Montréal, la cour servait de piquerie, de refuge pour les squatters et les prostitués et de litière pour les chiens et les chats errants du quartier.Pour la 14e Opération patrimoine architectural de Montréal, le Centre d’histoire de Montréal (CHM) lance ce week-end un premier projet d’auto-interprétation du patrimoine immobilier dans la métropole.Cette initiative du CHM a pour objectif de révéler ce qui se trouve au-delà des façades que nous croisons tous les jours sans vraiment y porter attention, et de mettre en avant le lien qui unit l’histoire de ces maisons à la mémoire du quartier qu’elles commun pas si lointain.JULIE CARPENTIER Depuis plus de quatre mois, Virginie Mul-liez, du CHM, arpente les rues du quartier Sainte-Marie.Elle a remonté les aiguilles du temps jusqu’à la création hâtive de ce quartier ouvrier — habité en majorité par des Canadiens français — qui était, en 1880, la deuxième zone industrielle à Montréal après celle du canal de Lachine.Pour accueillir tous ces travailleurs qui venaient à la ville en quête d’un avenir meilleur, il était impératif de construire rapidement des immeubles à logements multiples, des maisons dites d’ouvriers, loin d’être de qualité.Matière première: le bois, avec tous les risques d’incendie que cela implique.Les propriétaires n’investissaient pas pour l’entretien des lieux ; plusieurs bâtiments se sont ainsi retrouvés dans un état lamentable.Plus tard, dans les années 1900, l’appel de la modernité a convaincu les décideurs de bâtir une nouvelle ville, tournant ainsi le dos à ces quartiers ouvriers qui seront, dans plusieurs cas, défigurés ou laissés à l’abandon.Le quartier Sainte-Marie, compris grosso modo entre le fleuve, la rue Sherbrooke, la voie ferrée et la rue Papineau, a connu son lot de malchances.Deux incendies majeurs (1852 et 1974) l’ont presque entièrement anéanti ; la construction du pont Jacques-Cartier, de la tour de Radio-Canada et du quartier général de la Sûreté du Québec a creusé d’ineffaçables cicatrices, sans oublier la destruction de nombreuses maisons d’ouvriers.habitent Sur les traces d’un passé Après des temps difficiles, le quartier Sainte-Marie, qui compte près de 20600 résidants, semble aujourd’hui retrouver sa fierté historique.Ainsi, Virginie Muï-liez a frappé à plusieurs portes pour inviter les habitants de ce quartier communément appelé le Faubourg à’ mTas-se, à écrire le récit personnel de leur maison accompagné d’anecdotes sur leur quartier.Le CHM a reçu plusieurs lettres de propriétaires soucieux de faire revivre l’esprit du quartier et qui portent une attention particulière à l’âme de leur résidence centenaire, dans la mesure de leurs moyens et de leurs connaissances.Des récits forts instructifs, parfois poétiques qui seront affichés sur des panneaux devant chaque maison choisie sur le parcours de la visite.Revitalisation Cette visite interactive — et piétonnière — à travers les rues et l’histoire du quartier Sainte-Marie, proposée ce weekend par le CHM, se veut en quelque sorte une commémoration, Premier arrêt, •incontournable», selon Eric Coupai guide et historien du CHM, devant le bâtiment de la MacDonald Tobacco, dont la partie centrale est d’origine (1875).•Cest un joueur important dans le quartier encore aujourd’hui: 500 emplois en découlent directement», explique Eric Coupai •Cette usine régissait la vie des gens du quartier, renchérit Virginie Mulliez, surtout avec la sirène qui réveillait tout le monde le matin.Les parents et les enfants y travaillaient 12 heures par jour, alors que l’école n’était pas obligatoire.» La visite se concentre ensuite sur les maisons historiques.Le guide se pro- La cour a été transformée en un espace de calme pour les proprios et le voisinage, avec un effet d’entraînement auprès des résidants du quartier.mène alors dans une sorte de labyrinthe composé de petites rues de quelques mètres seulement, d’espaces incongrus et sinueux délimités à l’origine par des terrains agricoles et des cours intérieures insoupçonnées.•Rya quelque chose de voyeur dans une visite comme celle-ci puisqu'on rentre un peu dans l’intimité des gens, lance le guide.Quand on parle de mémoire, on parle davantage des gens et que du cadre bâti.» Les visiteurs découvrent alors d’anciens hangars à chevaux, qui étaient devenus des piqueries quand le propriétaire actuel a acheté le lot •Le proprio, qui est né dans le quartier Centre-Sud, me disait qu’une famille a déjà insisté pour en louer un comme habitation, bien qu'ils ne disposent ni d'eau ni d'électricité», raconte Virginie Mulliez.Aujourd’hui, ceux-ci servent de remises.Il est surprenant de découvrir, sur certaines maisons aperçues au gré de la visite, plusieurs éléments architecturaux d’origine: dentelle de bois, fausse mansarde, corniches, porte cochère, vi- traux, etc., ou encore des maisons plus richement construites en pierres, datant de la même époque.Au cours des rénovations, certains propriétaires ont fait de drôles de découvertes sur et dans les murs de leur maison, ou en bêchant leur jardin.Bref, de nombreux récits que le guide se fera un plaisir de raconter ce week-end.Une visite fort agréable qui longe les murs de l’histoire montréalaise avec toutes les couleurs, les odeurs — sucrées ou âcres, selon que le vent souffle du sud ou du nord — et les formes qui font l’unicité du quartier Sainte-Marie.¦ Départs samedi et dimanche à lOh et 14h de la Maison de la culture Frontenac, 2550, rue Ontario Est, à Montréal (métro Frontenac).Durée: environ une heure quarante-cinq, beau temps, mauvais temps.Réservation obligatoire : » (514) 872-3207.Le Devoir Octoberfest Plusieurs artisans brasseurs québécois se donnent rendez-vous au marché Atwater aujourd’hui de llh à 19h ainsi que demain et dimanche de llh à 17h afin de participer à un Octoberfest des plus goûteux! Quinze microbrasseries feront déguster leurs bières, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du marché, accompagnés de commerçants qui mettront à l’honneur viandes grillées, fromages et autres denrées alléchantes du terrdir.C’est un rendezvous automnal! | • L’Outremont a 75 ans Pour célébrer le 75r anniversaire du théâtre Outremont, deux jours (dimanche et lundi) de festivités sont prévus sur l’avenue Bernard (le tronçon entre les avenues Outremont et Bloomfield sera piétonnier dimanche).Dimanche, deux scènes extérieures recevront plusieurs musiciens.À llh, la scène du théâtre accueillera le spectacle du groupe Manigances.En soirée, un spectacle bénéfice présentera deux spectacles, l’un avec le groupe klezmer montréalais Kleztory et l’autre avec Marie Denise Pelletier, accompagnés par l’Orchestre I Musici.Billets en vente (75 $) au théâtre Outremont (1248, avenue Bernard).Lundi à 19h30, CinéOutremont présentera le coup de cœur de Roland Smith: Le Mécano de la General, un film de et avec Buster Keaton.Eau génie ! La Biosphère présente depuis hier une expo dédiée aux jeunes, Eau génie! qui propose une panoplie de jeux et d’expérienees sur différentes caractéristiques rie l’eau.Les jeunes sont invités à se mouiller et à passer à l’action afin de mieux comprendre divers phénomènes et enjeux liés à cette précieuse ressource et d’apprendre à mieux l’utiliser.D’autres nouveautés attendent les visiteurs à la Biosphère, qui amorce une série de transformations pour son dixième anniversaire, en juin 2005.» (514) 283-5000; mtm biosphere, ec.gc.ca.Musicamerata Musicamerata Montréal un ensemble de musique de chambre parmi les phis prestigieux au Canada, présente le premier concert de sa 35r saison demain à la salle Redpath de l’université McGill (3461, rue McTavish, à Montréal) à 20h.Au programme: chefed’œuvre favoris, entre autres Antonin Dvoràk et Johannes Brahms, comme le promettent les sept musiciens.* (514) 4898713; wwtacamerata.ca.Vols de papier Les élèves des classes de cinquième et sixième années participantes parmi les commissions scolaires de Montréal fabriqueront des avions de papier au Palais des congrès de Montréal à partir de llh demain.Les jeunes devront lancer leur avion le plus loin possible sur la piste Expedia.ca afin de poavoir remporter, entre autres prix, 2500 $ pour leur école.Le public peut aussi participer dans trois catégories.Ken Blackburn, record mondial Guinness pour la durée de vol d’un avion de papier, sera sur place.In» criptions à wum expédia, ca/avion ou surplace à partir de 10hl5.Julie Carpentier Diane Précourt * t r LE DEVOIR.LE VENDREDI l OCTOBRE 2004 B 2 B B ?WEEK-EXD CULTURE* Le FFM garde ses commanditaires ODILE TREMBLAY Alors que toute une machine d’Etat se met en branle pour remplacer le Festival des films du monde par un nouveau rendez-vous de cinéma, Serge Lo-sique, président du FFM, bat le rappel de ses commanditaires privés, qui disent demeurer à ses côtés en vue de la tenue du FFM èn 2005.Par voie de communiqué hier, Sophie Allard, directrice marketing et commandites du FFM, affirmait haut et fort •Nos trois principaux commanditaires ont déjà confirmé leur participation pour l’année prochaine et d’autres partenaires importants suivront bientôt.» Les fidèles commanditaires en question sont Air Canada, Visa Canada et AGF.D’un même souffle, le FFM rappelait que Tourisme Montréal et l’Office des congrès et du tourisme du Grand Montréal ont soutenu qu’ils allaient continuer à appuyer le FFM.Il évoquait également l’appui du maire de Mont- réal, Gérald Tremblay, au moment de la signature du livre d’or par le jury du festival.Quant à Kodak, autre commanditaire du FFM, il renouvellerait son appui aux jeunes cinéastes en présentant le prochain Festival étudiant canadien, du 27 au 31 août 2005, et en remettant le prix du réalisateur Kodak au meilleur réalisateur étudiant Si un nouveau festival de cinéma était créé, on ignore toutefois à quelle allégeance iraient ces supporters et commanditaires du FFM.«Le 29‘ Festival des films du monde de Montréal se tiendra du 25 août au 5 septembre 2005», réaffirme donc le FFM en faisant un pied de nez à la SO DEC et à Téléfilm Canada, qui invitent actuellement les organisateurs de rendez-vous culturels à créer un nouveau festival à la suite des conclusions du rapport Secor, qui épinglait les insuffisances de FFM.Serge Losique a précédemment menacé,de poursuite les institutions d’Etat ainsi que ceux qui soumissionneront pour sa succession.Rappelons que l’échéance des appels d’offres gouvernementaux pour un nouveau festival tombe dans une semaine.Certains candidats pressentis, comme l’équipe Spectra, ont décliné l’invitation.Quant à Daniel Langlois, qui préside le Festival du nouveau cinéma, il disait cette semaine vouloir faire une proposition en dehors des dates de l’appel d’offres.Seul Gilbert Ro-zon, de Juste pour rire, semblerait intéressé à faire une offre à l’intérieur des délais prescrits.Hier, le départ de Pierre La-fleur de la présidence de la SO-DEC après qu’il eut souhaité mener ce dossier de nouveau festival de cinéma jusqu’au bout alimentait la rumeur voulant que cet appel d’offres soit de plus en plus miné.Peut-être cherche-t-on alors à éloigner ceux qui l’ont lancé, histoire de leur faire porter l’odieux du projet en cas d’échec.Le Devoir Finalistes des prix de FAcadémie |jes finalistes des prix de l’Académie des lettres du Québec ont été annoncés cette semaine.11 s’agit de Robert Lévesque pour L'Allié EN BREF de personne, de Pierre Ouellet pour Le premier venu - Poétique du passant et de François Paré pour La Distance habitée en vue du prix Victor-Barbeau de l'essai.Les finalistes du prix Alain-Grandbois de poésie sont pour leur part Jean-Philippe Bergeron pour Visages de l’affolement, Paul Chamberland pour Au seuil d’une autre terre et Gilles Cyr pour Éri-ca je brise.Les finalistes du prix Ringuet du roman sont Martine Desjardins pour L’Elu du hasard, André Ducharme pour L’Homme en morceaux, Nancy Huston pour Une adoration et Gilles Jobidon pour La Route des petits matins.Les lauréats seront connus ce lundi.- Le Devoir La SODEC change de tête Jean-Guy Ckaput remplace Pierre Lafleur, qui s'occupera dorénavant du divertissement des modes de financement de la culture STÉPHANE BAILLARGEON Ly ere Pierre Lafleur est terminée à la Société de ' développement des entreprises culturelles (SODEC) .Le conseil des ministres a approuvé hier la nomination de Jean-Guy Chaput à la présidence de cette société d’Etat chargée du financement des industries ue la culture au Québec, notamment dans les domaines du cinéma et de la télévision.Le nouveau président entrera en fonction le 4 octobre.Il pilotera donc le délicat dossier de la recherche d’un nouveau festival de cinéma à Montréal.M.Chaput, identifié comme consultant chez Jean G-l dans les documents gouvernementaux, avait été surnommé «le banquier des artistes» quand il dirigeait la caisse populaire de Maisonneuve, il y a une vingtaine d’années.Il s’agit également d’un proche de la ministre de la Culture, Line Beauchamp.Elle et lui se sont croisés dans les années 80 à Pro-Est, une société de concertation socioéconomique de l’est de Montréal.De 1982 à 1992, Jean-Guy Chaput a aussi agi comme président de la radio communautaire CIBL, où Mme Beauchamp a également travaillé.«La ministre connaît beaucoup de gens dans le domaine de la culture et c’est tout à fait normal, a répliqué l’attachée de presse du ministère, Isabelle Me-lançon.Personne ne peut dire que M.Chaput est un mauvais choix pour diriger la SODEC.» Elle a souligné que le gouvernement péquiste précédent avait choisi le même homme comme membre du comité de transition de la nouvelle ville de Montréal.Par ailleurs, Pierre Lafleur ne quittera pas l’État culturel comme tel.La ministre de la Culture lui confiera sous peu le mandat de se pencher sur les modes de financement de la culture au Québec.•Le budget annuel du ministère de la Culture est de 530 millions», a expliqué Mme Melançon lorsqu’on l’a interrogée sur le futur mandat du conseiller ad hoc.«Les demandes de financement arrivent de partout.Il faut trouver des solutions.Comment peut-on financer ce secteur?Quelles sont les solutions imaginées ailleurs?» La porte-parole a cependant refusé de dire quelle forme prendra l’intervention de Pierre Lafleur.Une commission?Un groupe-conseil?Une enquête?Impossible de le savoir.Quoi qu’il en soit, son départ signifie qu’il ne mènera pas a terme le dossier de l’avenir du Festival des films du monde.La SODEC et Téléfilm Canada viennent en effet de lancer un appel d’offres pour la tenue d’un nouvel événement de cinéma à Montréal.Selon ses propres affirmations, Pierre Lafleur devait quitter la SODEC le 30 novembre, à la fin de son mandat.Il prévoyait donc être à la barre de la société pour recevoir les propositions festivalières le 8 octobre, les étudier et choisir le festival qui recevrait l’appui de son organisme.Comme il part plus tôt que prévu, la patate chaude sera manipulée par son successeur.Mme Melançon a finalement rappelé que le nouveau président de la SODEC a été lavé des étranges accusations qui ont pesé sur lui il y a une dizaine d’années.Jean-Guy Chaput avait dû quitter son poste de directeur de caisse populaire en 1995 parce qu’on l’accusait de vol d’électricité à son domicile.Il avait aussi momentanément laissé son poste à la présidence de PTo-Est, où la directrice Line Beauchamp l’avait remplacé par Pierre Bibeau, l'actuel vice-président de Loto-Québec et conjoint de la ministre de la Culture.«M.Chaput a reçu une quittance, a dit l’attachée de presse.Il est blanc comme neige.» Le Devoir 23 SEPTEMBRE AU 2 OCTOBRE 20 H aave st-pierre LA PORNOGRAPHIE DES ÂMES COMHeT tu RtlOUR POUR 7 REPRÉSENTATIONS SEULEMENT ! 14 INTERPRÈTES SUR SCÈNE lllllll llllin m/m.jrinm inm L'AGORA DE LA DANSE B40, RUE CHERRIER METRO SHERBROOKE 514.525.1500 Réseau Admission 514.790.1245 www.agoradanse.com I T DEVOIH FRANCE Michel Serrault au rang de commandeur de FOrdre national du mérite Paris — Le ministre français de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres, a élevé hier soir le comédien Michel Serrault au rang de commandeur de l’Ordre national du mérite.Le ministre a aussi élevé la journaliste et écrivaine Madeleine Chapsal au rang de commandeur de l’Ordre des arts et lettres et fait chevalier de l’Ordre national du mérite la documenta-riste Michèle Reiser lors d’une cérémonie tenue au ministère de la Culture.«Vous êtes un monument vivant de notre cinéma et de notre théâtre, que vous le vouliez ou non.Vous faites maintenant partie de notre patrimoine», a déclaré le ministre à l’intention d’un Michel Serrault perplexe, citant Michel Audiard pour qui Serrault était «le plus grand acteur du monde, bien qu’il soit de taille moyenne, qu’il ait une voix quelconque».M.Donnedieu de Vabres n’a pas manqué de rappeler, au-delà du talent de l’acteur, son engagement de longue date pour la cause des SDF, avec lesquels il passe régulièrement ses réveillons de Noël «sans donner de leçon à quiconque».«C’est moi qui ai écrit ce discours», n’a pas manqué d’ironiser Michel Serrault, non sans rappeler qu’il n’était «qu’un accessoire au service de tous les réalisateurs talentueux qui lui ont fait confiance».S’adressant ensuite à Madeleine Chapsal, qui a vu naître LEx-press au côté de Jean-Jacques Servan-Schreiber, le ministre a rappelé «son engagement et son talent hors pair», la qualifiant de «mémoire vivante grâce à ses interviews ciselées de Jacques La- can, Françoise Dolto ou sœur Emmanuelle».Il a aussi fait allusion à ses talents artistiques, notamment comme illustratrice de livres pour enfants, et plus généralement les livres et la mode, qu’elle aime «immodérément».Quant à Michèle Reiser, veuve du célèbre dessinateur qui a, selon le ministre, «décomplexé le dessin au plus haut point», le ministre l’a félicitée pour son travail documentaire, notamment sur des sujets longtemps restés tabous, tel le sida ou les maladies mentales.«Je n’ai pas l’impression d’avoir du mérite à exercer ma passion de réalisatrice, a répondu l’intéressée.C’est chaque jour mon amour pour la nature humaine qui guide mes pas.» Associated Press ? LA TELEVISION* il l"t WB EQSSaH "1 " I*.VT^BWBTTTTTTTBWi SESHHESSaBH TTrf¦ T¦TMBffiHWl - f [if Têlôjour- L'unlon FranCoeur Infoman Ça va être ta fête! / Zone libre / La qualité Le Télêjournal/Le C’est dans l’air! ICinéma / nal (17:30) fait la force Ginette Reno du français parlé Point I THELMA.Le TVA Vingt et J.E./ Amputée d’une jambe Cinéma / LIAISON OBSCURE (5) Le TVA I La Filière Cinéma / ULTIME 18 heures un à la suite d’un accident.avec Jenna Elf man, Sam Robards | canadienne TRAHISON (5) (23:33) Macaroni Banzaï! Gr.Documentaires / Il va y avoir du sport! / | A la dl Stasio / Cuisine | Belle et Bum / Les Respectables.Cinéma / COMPLOT tout garni Éloge du bungalow Michel Tremblay du marché champêtre j Steve Hill, Pierre Harel POUR UN MAGOT (3) Le Journal Flash Hockey / Laval - Verdun Le Grand Journal 1 1 00/o Les Concerts du (16:30) vendredi / M.McDonald Jrnl RDI .Actions Le Monde 1 L’Épicerie | .et le Croissant rouge | Le Télêjournal/Le Point | UshuaYa Nature Le Journal RDI (Tôléjournal Cible (17:55) Jrnl FR2 d.'— Thalassa / FÉCAMP i Ethel Rosenberg (Journal Acoustic | La Crim’ [Dossiers FBI Justice américaine Autopsie Les Nouveaux Détectives NYPD Blue Sexstar | Cinéma Ma liage 1 Maigrir Décore ta.Métamor.C’est ma vie Pour un flirt à Las Vegas! Sexe dans tous ses ébats [Diagnostic: Inconnu (Cinéma mmzTZÊum Top5 anglo Top franco Box Office .France Décompte MusIquePlus .talents I Banzai .filles I |.mariés | [Viva la.[Jackass URKOMM Jukebox M.Richard .France Vie rurale Musicographie Nostalgia / Blondle Top DVD .monde?[Musicographie (Ohhh Oui | X-Men J.Chan Rôal-TV snâlhïïJHii Atomic.Les Tofou Sourire.1 [Scooby.Tsimpson [Futurama 1 I Les Griffin I La Clique I South Park (Henri pis.Simpson [Futurama Les Griffin j aMT-TTfrMM Sports 30 Sports 30 I Combats ultimes UFC j Boxe / J.Nieves - A.Ontiveros | Sports 30 .ISKA [Superbike [Motorisé | MLes deux font la loi Des histoires d’alcool 1 [Mystères / Cannibales |JAG Cinéma / LE COUREUR DE MARATHON (2) avec Dustin Hoffman %r.TTTirMS [.do vuoS [Moi et.Ces enfants d’ailleurs Cinéma / BUTCH CASSIDV ET LE KID (3) Cinéma / LOVE, ETC.(4) avec C.Galnsbouro |LaLoi .[Le Caméléon [Ëd Les Experts Amy Simplement Zoé [Coeurs rebelles (Cinéma [Paranormal Métal hurlant La Porte des étoiles Allas Dead Zone | Jeremiah ] Sextek .abysses J Klnderg.[.des toxicomanies | Enfants.Regards [ Céramique | Clochers.Cette énergie que nous.Le Monde des affaires [.urbaines I Évasion.Reiselust [.monde U [.plongée Soif.restes [Passeport pour la.Évasion.(G.Proulx Destination Monde [zone limite | Au bout.Volt Panorama Duos: sessions Jazz [Cinéma / LA CUIRASSÉ POTEMKINE (1) Panorama (Volt Canada Now Road.Coronation .Air Farce [This Hour [ Red Green [ [T.Laughs The National National Cinéma / GODS AND.[News Access H.eTalk Dally Joan of Arcadia Third Watch Medical Investigation CTV News News CSI (00:05) mttmmm News ] .National Train 48 E.T.One Tree Hill Zoe Busiek: Wild Card 20/20 News Sports .(00:06) Q.Shrinks The Stables Full Circle with M.Palin Studio 2 Heartbeat Cinéma / KILLINGS.Diplomatic Studio 2 ¦nr.TT’VB Simpsons ABC News The Insider Millionaire 8 Simple.|.Savages [ Hope &.| | Less.20/20 King Hill NlQhtlIne | Pub News CBS News E.T.Joan of Arcadia JAG Dr.Vegas News Late Show (23:35) News Malcolm.[ N BC News Jeopardy Wheel of.Dateline NBC Third Watch Medical Investigation The Tonight Show (23:35) That 70s.Friends Seinfeld Simpsons [That ’70s The Complex: Malibu What I Like | .Nanny Reba Grounded [.Justice UThe Newshour BBC News Vermont.Now with Bill Moyers I .Week I I Wall Street Servants (4/6) Business.Charlie Rose ¦‘jn^wrrrw [BBC News 1 Night.Bus.T ho Newshour Roadside.[Roadside.Golf Art Express Now with Bill Moyers BBC News rarrvrrmn [News «Talk Daily [Jeopardy Joan of Arcadia I Third Watch Medical Investigation CTV News NeWS [CSI (00:05) M.|.| [City Confidential American Justice Biography / Gary Gilmore | Biography / R.Speck Biography / Jimmy Fallon American Justice Biography | T:T: TAHITI [videos | The Lost World | MovleTV Shining Stars | Cinéma / THE TERRY FOX STORY (4) avec E.Fryer Law & Order Sex.City I J:YJ Beyond Invention j Dally Planet What that about?.Greatest Mysteries Disaster Detectives Daily Planet Sex Master.j Bordert.[jag The Sea Hunters Disaster of the Century Turning Points of History | JAG (.Hunters | RnlVkV.’MtlI»! BBC News [ CBC News CBC Nows ] Media Juan Year Later The National (The Passionate Eye / Control Room (National | Doc Da Vinci’s Inquest Cold Squad Bliss [Kink (Show me.(Sin Cities Red Shoe Diaries (23:02) / .(00:14)1 Clean Sweep In a Fix Clean Sweep I What not to Wear Clean Sweep ( .to Wear | Zoo Diaries Dogs.Jobs Adoption.UTT-on Top Extra I IVIatchm.Top Model Kink (Out.City (Kink | Sex Toys (Matchm.Extra Off.Record Sportscent.[CFL Football / Eskimos - Tiger-Cats | Sportscentre Golf Spongebob mrurrmam Dannv .Force Justice.( Beastles Justlc^^ NOS CHOIX CE SOIR Paul Cauchon IL VA Y AVOIR DU SPORT! Michel Tremblay est l’invité de la soirée.Il devra commenter un débat sur l’absence de hockey et un autre sur les familles gaies.Et Jean Dion, du Devoir, livrera un poème inspiré de la grève au hockey! Télé-Québec, 20h BUTCH CASSIDY ET LE KID Un western cool et relax, dans l’esprit de 1969, avec Paul Newman et Robert Redford.Artv, 20h ZONE LIBRE Le Devoir en a parlé en début de semaine: Zone libre propose une émission d’une heure sur la qualité du français parlé dans les médias électroniques.Débat en perspective.Radio-Canada, 21 h COMPLOT POUR UN MAGOT Le titre français est un peu stupide.Cookie’s Fortune est un film de Robert Altman avec Glenn Close et liv Tyler.Humour noir et ironie autour d’un héritage.Télé-Québec, 23H30 Classification des films: (1) Chef-d’œuvre — (2) Excellent — (3) Très bon — (4) Bon — (5) Passable — (6) Médiocre — (7) Minable J Ce soir 20 h Il va y avoir du sport! Débats : une saison sans hockey, les familles gaies.Animation : Marie-France Bazzo Invité : Michel Tremblay H y en a qui vent ôe fiaire parler dam le casque.k la di Stasio Plein d'idées inspirées des fruits et légumes de saison.Avec le chef lan Perreau!' Belle et Bum a va rocker avec Les espectables, Steve , Pierre Harel et compagnie ! Télé-Québec t e I e q u e b e c , t v Ça change de la télé y LE DEVOIR.LE VENDREDI 1 OCTOBRE 2004 • * B ü W E E K - E \ I) CINEMA LES AIMANTS A l’affiche cette semaine SOURCE: MED1AF1LM.CA Québec, 2004,91 minutes Comédie sentimentale d’Yves Pelletier avec Isabelle Blais, Stéphane Gagnon, Sylvie Moreau.En voulant remettre un peu de passion dans la vie sentimentale de sa sœur aînée Jeanne, qui trompe son fiancé Noël avec le musicien Manu, Julie tombe elle-même amoureuse dudit fiancé qui n’est pas celui qu’il prétend être.• V.o.: Place LaSalle, Quartier latin, Pointe-Claire, StarCité, Beau-bien, Langelier.CARNETS DE VOYAGE Argentine-Brésil-Chili-Pérou-Etats-Unis, 2004,128 minutes Chronique de Walter Salles avec Gael Garda Bernai En 1952, deux jeunes Argentins, Al berto Granado et Ernesto Guevara, décident de partir à la découverte de l’Amérique latine sur une moto.Au fil de leur périple, fertile en incidents de toutes sortes, ils seront sensibilisés aux injustices de ce monde.• V.o.: Forum, Cinéma du Parc.• VI: Quartier latin.• V.o., s.-tl: Ex-Centris, Parisien.ÉCHELLE 49 (Udder 49) États-Unis, 2004,115 minutes Thriller de Jay Russell avec Joaquin Phoenix, John Travolta En voulant sauver un homme coincé dans un entrepôt en flammes, le pompier Jack Morrison se retrouve lui-même prisonnier du vaste bâtiment.Il se remémore les moments marquants de sa vie.• V.oj Forum, Carrefour Angrignon, Colisée Kirkland, Cavendish, Lacor-daire.Des Sources, Spheretech.• VX: Carrefour Angrignon, Parisien, StarCité.GANG DE REQUINS Etats-Unis, 2004,90 ntinutes Film d'animation de Vicky Jenson.Au fond de l’océan, dans un récif dominé par les requins du puissant Don lino.Oscar le poisson obtient l’aide du fils du Don, afin de se taire passer pour un tueur de requins.• V.o.: Carrefour Angrignon, Cotisée Kirkland.Paramount, Versailles, Cavendish, Côtedes-Neiges, Lacor-daire, Des Sources, Spheretech.• V.f.: Place LaSalle, Quartier latin, Pointe-Claire, StarCité, Versailles, Lacordaire.MÉMOIRES DE SEPTEMBRE Etats-Unis, 2004,95 minutes Tliriller de Christian Johnston avec George Calil, Wali Razaqi.A l'automne 2002, près de la ÉrontkS re pakistanaise, des soldats de l’Al liance du Nord trouvent huit bandes vidéo tournées par un docir mentariste américain qui voulait rejoindre des chasseurs de prime à la recherche d’Oussama ben laden.• Vol Forum, DesSnireesSpJiercteiii • VX: Place LaSalle, Quartier latin, StarCité.Forces de la nature: du cinéma à l’état le plus pur Les jeux de l’amour et du hasard selon Yves Pelletier LOUIS-GILLES FRANCŒUR Les auteurs du Jour d’après n’ont qu'à aller se rhabiller avec leurs effets spéciaux sur les fausses frasques des changements climatiques! Sur écran Imax, l’explosion d’un vrai volcan ou la danse des édifices qui plient comme des cordages de bateau sous les pulsions démentielles d’un tremblement de terre ne donnent pas la chair de poule: ces images coupent le souffle, tout simplement, et d'une certaine façon, donnent la véritable mesure de ces déchaînements de forces au-delà de notre système perceptuel qui ignore ces échelles de magnitude.Le nouveau film Forces de la nature que présente à compter d’aujourd’hui le cinéma Imax est à la fois un modèle de rigueur et de cinéma à l’état le plus pur car, ici, l’image dépasse par sa puissance évocatrice tout ce qu’on a pu imaginer sur le sujet Mais il faut dire que le réalisateur George Casey, à qui on doit aussi Alaska, Africa et Le Grand Voyage des animaux — toujours en Imax — fait œuvre de vulgarisation scientifique dans le sens le plus noble de l’expression.On aurait été surpris du contraire dans un document produit en collaboration avec le National Geographic, une référence en soi, Graphie Films et la National Science Foundation.Le film démarre sur une séquence d’animation parmi les plus impressionnantes qu’on puisse imaginer, soit une reconstitution de la Terre telle qu’elle était lorsque son écorce a commencé à se solidifier.C’est pour ma part une scène que je ne pourrai jamais oublier en raison de sa vraisemblance et de l’incroyable voyage dans le temps qu’elle suggère.Et la suite est du même ordre.L’utilisation de l’animation pour expliquer la naissance ou les dessous, pourrait-on dire, des forces à l'origine de l’explosion d’un volcan sont une autre trouvaille de ce film, qui marie ainsi fiction et réalité dans une démarche pédagogique efficace et saisissante.Le film de Casey nous fait découvrir trois grandes forces naturelles, les volcans, les tremblements de terre et les tornades.On aurait aimé qu’il ajoute la quatrième parmi les plus dévastatrices: les inondations.On imagine que ce sera pour une autre fois! Mais si le réalisateur est particulièrement satisfait d’avoir filmé pour la toute première fois, prétend-il, la naissance d’une tornade, ce volet du film est beaucoup moins saisissant que les deux autres, tout particulièrement celui sur les volcans.Le film débute en effet à l’Observatoire volcanolo-gique de Montserrat, aux Caraïbes, où la caméra Imax était présente lorsque le volcan a explosé, en 1995, tuant 19 personnes qui avaient refusé d’évacuer leur petit village alors que les habitants de la ville elle-même ont été épargnés par l’annonce de l’éclatement imminent des entrailles de la montagne de La Soufrière.Les 25 secondes du tremblement de terre qui a détruit Izmit, en Turquie, en 1999, ont été fatales pour 25 000 personnes et en ont laissé 500 000 autres sur le pavé.Ces secondes mortelles sont aussi auscultées avec une minutie extrême par des chercheurs dont -,-— • - v'- .! îV ' '¦ X T • - SOURCE IMAX Dans Forces de la nature, les images, sur écran Imax, de l’explosion d’un volcan coupent le souffle aux spectateurs.l’objectif est de prévenir ce que pourrait bien être le sort d’Istanbul dans un avenir impossible à prévoir.On est fasciné de découvrir ici comment les chercheurs ont déniché sur les plafonds et les registres de réparation des mosquées — elles résistent à des siècles de secousses sismiques alors que tout s’effondre autour! — un portrait historique des secousses qui perturbent cette région depuis près de 800 ans.Ces données en ont ajouté beaucoup à la connaissance prévisionnelle, qui se base essentiellement aujourd’hui sur des appareils de haute technologie.Ce film, qui a nécessité dix ans de travaux, est presque passé à côté de son troisième volet, les tornades, que les cinéastes ont traquées en vain pendant des années pour en filmer la naissance.Mais la veille de leur départ, voilà qu’il s’en est annoncé une tout près d’eux et de leurs imposants camions de repérage, ce qui leur a permis d’assister à des scènes qui n’auraient jamais été filmées auparavant En tout cas, certainement pas en format Imax, lequel se retrouve ici prisonnier de son genre, si on peut dire.En effet, on regrette que le film n’ait pas compté plus d’images de ce qui se passe dans une ville aux prises avec le mégaphénomène, ce que d’autres ont déjà filmé avec des appareils fixes mais qu’on n’aurait probablement pas pu introduire dans le film à cause de son format particulier.Enfin, il est impossible de donner une idée de la valeur de la version française, qui sera disponible à compter d’aujourd’hui, parce que la présentation de presse a été faite en version originale.Mais à en juger par la rigueur du reste, on ne devrait pas y perdre au change et plutôt y gagner en compréhension dans ces matières techniques si on n’est pas parfaitement bilingue.Le Devoir SOURCE ALLIANCE ATLANTIS VIVAITLM Isabelle Blais et Stéphane Gagnon dans une scène du film Les Aimants, d’Yves Pelletier.LES AIMANTS Réalisation et scénario: Yves Pelletier.Avec Isabelle Blais, Sylvie Moreau, Stéphane Gagnon, Emmanuel Bilodeau.Image: Pierre Jodoin.Musique: Dumas et Cari Bastien.ODILE TREMBLAY On attendait l’ancien humoriste de RBO partout sauf dans les eaux de la comédie romantique.Or voilà quYves Pelletier, pour ses premiers pas de réalisateur, a pondu une amusante et charmante romance qui devrait ravir le grand public.Sur un air de marivaudage, avec des chassés-croisés à l’instar des comédies classiques, Les Aimants s’appuie sur les mécanismes traditionnels pour créer une fable amoureuse doublée d’une amusante satire sociale sur l’incommunicabilité.Le ressort principal des Aimants repose sur son duo contrasté de personnages féminins.Les deux interprètes principales, Isabelle Blais, au visage angélique, et Sylvie Moreau, dans un rôle de sensuelle qui ne s’embarrasse pas trop de scrupules, sont vraiment aux antipodes l’une de l’autre.Dans ce scénario tissé de substitutions apparaît Julie, une granola idéaliste (Isabelle Blais) qui vient s’installer chez Jeanne, sa sœur rouée et menteuse (Sylvie Moreau).Cette dernière quitte, ni vu ni connu, un ennuyeux fiancé pour une escapade avec son ex Manu (Emmanuel Bilodeau).De toute façon, pour cause d’horaires inconciliables, Jeanne ne communiquait avec le fiancé en question que par de petits mots collés aux aimants du frigo.La tendre Julie modifiera la teneur des messages en mots doux pendant qu’un allié du fiancé, le beau Michel (Stéphane Gagnon), fera de même pour couvrir son ami empêtré dans une liaison parallèle.Tout le monde ici porte un masque.Les gags s’articulent autour des malentendus et des incompréhensions qui en décou- lent, jusqu'à la victoire de l’amour, comme cela est de mise dans les contes et les comédies molié-resques.De fines images se collent à l’action, comme ce parallèle entre l’appartement de Vermeer et celui des protagonistes, qui permet à IsabeUe Blais de prendre joliment la pose et le bandeau de La Jeune Fille à la perle.Les situations sont plus éloquentes que les dialogues, somme toute assez simples.Chacun, chacune surtout, incarne un type.Isabelle Blais apporte sa luminosité et sa grâce à un personnage comique à force de nàiVeté.Faute d’avoir l’habitude de faire rire, elle démontre parfois trop de délicatesse dans cette veine pour pouvoir faire porter tous ses punchs, mais le personnage de candide lui va comme un gant Sylvie Moreau est habituée aux types de rôles charnels et un brin vulgaires (on lui souhaiterait d’hériter plus souvent de contre-emplois).Cela étant, elle excelle dans le genre, ancrée dans une puissance charnelle.On se demande comment ces deux femmes peuvent être sœurs, mais le débalancement crée le mouvement.En guise de décors, peu d'extérieurs, mais l'appartement des chassés-croisés, cœur palpitant de ce vaudeville, devient une scène vraiment tendre et loufoque, où l’action ne faiblit jamais et où les nœuds de l’histoire demeurent bien attachés.Le cinéma québécois fourmille de femmes fortes et d’hommes plutôt mous.En ce sens, Les Aimants se colle à cette veine classique, Jeanne et Julie tirant les ficelles de ces jeux de l’amour et du hasard, étoiles devant lesquelles les hommes semblent être des satellites en orbite.Stéphane Gagnon compose un adorable jeune premier romantique et Emmanuel Bilodeau possède le bon profil dti faux dur, mais les acteurs, faiblesse du scénario, demeurent vraiment dans l'ombre des personnages féminins sans pouvoir de porter tout seuls.Cela étant, Yves Pelletier a réussi à brosser un délicieux conte romantique, rempli de charme et d’amusants clins d’œil à l’air du temps, qui ne déclenche pas de gros rires mais un sourire attendri qui reste collé au visage tout au long de cette attachante comédie.4 • Le Devoir EN BREF Une nuit de cinéma d’horreur Christal Films organise une nuit de cinéma d’horreur, baptisée Montreal’s Midnight Madness, le 23 octobre.L’événement se déroulera au cinéma Impérial de 22h à 6h le matin.Quatre films seront proposés au public pour l’occasion: Saw, présenté en avant-première dans sa version non censurée,/«-O», du Japonais Takashi Shimizu, le film gore House of 1000 Corpses de Rob Zombie ainsi que Cabin Fever à.’Eü Roth.Les quatre films seront en version anglaise.- Le Devoir La Régie du cinéma rend hommage.La Régie du cinéma et le ministère de la Culture et des Communications ont dévoilé hier une plaque commémorative en l’honneur de Pierre Saucier, André Guérin et Jean Tellier, trois pionniers de la liberté d’expression au cinéma.André Guérin est arrivé à la tête du Bureau de la censure en 1963, où il a été chargé de mettre en place le Bureau de surveillance du cinéma, devenu la Régie du cinéma en 1983.Secondé de Pierre Saucier et Jean Tellier, il a œuvré pour mettre fin au système de censure imposé à l'industrie cinématographique depuis 1913 en le remplaçant par un système de classement des films.Ce travail vaut désormais aux trois hommes d’être considérés comme des défenseurs de la liberté d’expression au Québec.- Le Devoir Festival international du film de Vancouver Vancouver à l’heure du Québec MARTIN BILODEAU Vancouver — Vancouver, c’est loin.De Montréal, du Québec, géographiquement et culturellement.Si bien que l’écho du Festival international du film de Vancouver, qui se déroule jusqu’au 8 octobre dans la métropole de la côte Ouest canadienne, ne se rend pas souvent jusque chez nous.En étau entre le Festival de Toronto, qui monopolise l’attention nord-américaine, et le Festival du nouveau cinéma, qui accapare la nôtre, l’événement dirigé par Alan Franey donne, à distance, l’impression d’une formalité peu enthousiasmante, voire d’une nécessité patrimoniale canadienne de distribution des richesses.Or rien n’est plus différent de Toronto, ou de Montréal, que ce festival populaire qui attire une clientèle métissée issue de tous les groupes d’âges et dont la programmation, étonnamment, ne recoupe que très partiellement celle des autres.Diane Burgess, programmatrice de Canadian Images, n’était pas peu fière hier de me dire qu’elle a arraché à Montréal la première mondiale de Mémoires affectives, le thriller de Francis Leclerc qui assurera la clôture du Festival du nouveau cinéma.Idem pour Le Petit Jean-Pierre, le grand Perreault, documentaire que Paule Baillar-geon a consacré au regretté chorégraphe de Joe.Mais chez nous, qui le dit et qui l’a su?Par ailleurs, Diane Burgess a toujours donné sa place aux comédies québécoises, grasses ou pas.Cette année, elle présente Camping sauvage aux cinéphiles de Vancouver sur la foi du succès public qu'il a remporté chez nous.En effet, dans le ROC (rest of Canada) , on observe jalousement l’exception du cinéma québécois, tant couru par le public.Pour mieux comprendre le phénomène, vaut mieux voir les films, pense-t-on ici, à tort ou à raison.La section la plus courue du festival est toutefois celle consacrée aux cinémas de l’Asie de l’Est Nommée Dragons & Tigers et assemblée par Tony Rayns (en entrevue demain dans le cahier Culture), elle regroupe une cental ne de films de tout format de tout genre et de tout style, parmi lesquels on retrouve quelques-uns des plus beaux trésors de l’Orient J’ai pour ma part eu un vrai coup de cœur mercredi soir pour Tony Takitani, qui a valu au Japonais Ichl kawa Jun le grand prix du jury de Locamo.Tiré d’un roman de Murakami Haruki, ce film, construit comme une série de scènes brèves raccordées par des ellipses vertigineuses, suit le parcours d’un homme seul élevé par un homme seul dont il reproduit l’histoire sans le savoir.La parole économe, suppléée par une mise en scène qui éclate jusque dans sa retenue et par la musique de Ryuichi Sakamoto, tait la force de cette œuvre singulière qui nous habite longtemps après la fin delaprojedioa On verra The Adventures of Iron Pussy au Festival du nouveau cinéma, je le sais.Mais je ne peux m’empêcher de vous en parler maintenant tant le plaisir qu’il procure n’est pas de ceux qu'on tait en attendant le moment propice.Réali- sé en vidéo numérique par Michael Shaowanasai et Apichatpong Wee-rasethakul (dont le très beau Tropical Malady est également programmé id), cette comédie outrandère mixe les influences kitsch (mélos «hollywoodiens», tele novellas brésl liennes, Hawaii 5-0, amenez-en) pour raconter l’histoire d’une agente très spéciale des services secrets thaïlandais lancée dans une mission périlleuse à l’issue de laquelle elle se sera reconstitué une famille.C’est drôle, c’est bête et c’est fich-trement bien réalisé.J’aurais aimé en dire autant de Good Morning Beijing, suspense d’essai plus que d’art du chinois Pan Jiarüin, qui développe en parai lèle deux intrigues contemporaines (un homme cherche sa blonde disparue; une femme est kidnappée par des proxénètes) qui se percutent à la fin.J’ai eu plus de chance avec Tiventidentity, passionnant col lage de courts métrages commandés par l’Académie coréenne du cinéma à 20 cinéastes à l’occasion de son vingtième anniversaire.Des 20 films qui ont émergé, Rayns, venu Gésenter le film devant le public er, avouait avoir sévèrement sélectionné les dbc meilleurs.Des propos qui rejoignent ceux dans la bande-annonce du \ présentée avant chaque séance.A l’image: une scène de très mauvais cinéma au terme de laquelle on voit les programmateurs du festival assis dans une salle, qui rayent le titre de leur liste.En noir sur blanc, le message: ’Des milliers de films sont soumis.Peu sont choisis.* À Montréal, tout le monde ne sait pas que ce devrait toujours être comme ça.Suivez mon regard.Des producteurs du «Fabuleux destin d'Amélie Poulin» Intelligent, drôle et touchant.» — LA PRESSE-Aleksl K.Lepage
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