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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2004-10-02, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 2 ET DIMANCHE 3 O C T O B R E 2 O O t THEATRE Cruels jeüx d’enfants chez Prospère Page E 3 DE VISU Tout le raffinement de l’Art déco au MBAM Page E 5 WARNER RECORDS CANADA Préparez vos bouchons, Metallica est à Montréal ce weekend puis à Québec au milieu du mois.Mais oubliez vos préjugés sur le groupe de heavy metal le plus populaire du monde, qui attire maintenant les filles, les vieux et les intel-los, comme la professeure américaine Deena Weinstein, l’autorité suprême de la «rockologie».«Je respecte trop le rock pour ne pas l’analyser comme il faut», dit-elle en entrevue au Devoir.STÉPHANE BAILLARGEON Lars Ulrich joue fort et vite; en fait, plus fort et plus vite que n’importe qui, ou presque, dans le très tonitruant cercle heavy metaL 11 peut aussi jouer au méchant, comme sur la photo de promotion reproduite ci-contre.Ken de plus normal pour le batteur de Metallica, band icône de la planète ropk.Fade In Black, comme le demande un hit du groupe.A vrai dire, sous la grimace se cache également un formidable collectionneur d’art moderne et contemporain.En tout cas, un des plus doués de la fraternité rock et pop, à peine surpassé par l’intello David Bowie.Fils d’un ex-champion de tennis danois, Lars Ulrich se passionne particulièrement pour les œuvres du mouvement européen Cobra, sabordé dans les années 1950.Ses artistes «cobristes», comme le compatriote Asger Jom et le Néerlandais Karl Appel, défendaient la spontanéité créatrice, les valeurs populaires et les expos en odeur de scandale, en somme, tout ce qu’il faut pour plaire à un millionnaire sulfureux.ü y a deux ans, M.Ulrich a soumis aux enchères new-yorkaises cinq de ses plus belles acquisitions, dont Profit /, un chef-d’œuvre de Jean-Michel BasquiaL La toile de 1982 a rapporté à elle seule sept millions de dollars canadiens, le tiers du total des profits de la grande soirée de braderie.Dans le récent et passionnant Some Kind of Monster, un documentaire sur la crise traversée par Metallica pendant la production de son dernier album, on voit le batteur-collectionneur sabler le champagne.Selon la rumeur, le chanteur James Hetfield et le guitariste Kiric Hammet auraient demandé le retrait de cette scène potentiellement choquante pour le noyau dur des fans du groupe, des gars à petits salaires qui se grattent maintenant l'entre-cuisses en se demandant comment on peut payer autant pour deux mètres carrés de graffiti.Low art et high art Culture de masse et culture d’élite.La tension créatrice séduit Deena Weinstein, professeure de sociologie de l’université De Paul, à Chicago, qui s’y reconnaît un peu, beaucoup, passion- nément Spécialiste du philosophe de la culture Georg Simmel, passionnée de Nietzsche et d’Ortega y GasseÇ elle est également une référence mondiale incontournable en matière de sociologie du rock.Avec son essai Heavy Metal.The Music and its Culture, elle a même donné ses lettres de noblesse au genre.Some kind of intellectual monster.«Je suis une spécialiste des théories sociologiques et philosophiques, ce qui peut être un peu difficile id, aux Etats-Unis, commente la professeure Weinstein en entrevue téléphonique.En même temps, j’ai toujours été fascinée par la puissance des médias de masse.Pendant mes cours, il y a plus de vingt ans, mes étudiants citaient parfois de belles phrases en m'expliquant qu’elles venaient de Pink Floyd, de Black Sabbath ou d'un autre groupe que je ne connaissais pas davantage.» Elle a vite fait ses classes.Ses étudiants lui ont fait entendre des tounes, souvent dans leur voiture, en la promenant dans Chicago.«Ils montaient le son très, très fort et j’ai tout de suite adoré ça.Ils frétillaient en m’enseignant quelque chose à leur tour.J’ai développé une passion.Et quand je suis passionnée Par quelque chose, je l'intellectualise.J’ai donc monté un cours.Le champ était vierge, excepté pour quelques produdions intelligentes de collègues britanniques.La sociologie est une disdpline très indisdplinée.Comme professeure de sociologie, en fiait, je peux faire ce que je veux.Mais je suis très exigeante.Je distribue plus de D et de F que tous mes autres collègues du département réunis.Mes cours sur le rock sont donc très courus, mais aussi très difficiles.J’ai même des étudiants qui me supplient de les laisser continuer à y assister après avoir échoué à l’examen de mi-session.» Oubliez la fan avec un Fh.D.La sociologue de la culture dit s’intéresser aux relations entre la culture et les formations sociales — la notion de forme se trouve au cœur de la théorie simmelienne des modèles d’association sociale.Dans le cas précis de la sousrr.L 1KA TROIS DECENNIES après avoir participé à l’enregistrement du mythique Bitches Brew avec Miles Davis, Dave Holland continue sur la route du jazz.Il nous revient avec les membres de son quintette: Chris Potter, Robin Eubanks, Steve Nelson et Note Smith.Cet habitué de Montréal participe à la série Jazz à l’année ce soir au théâtre Outremont, à 20h.En première partie, le pianiste Steve Amirault en duo avec le bassiste André Lachance.Comme les (joint* Le Conseil des arts présentent en tournée X Du 5 au 9 octobre 2004, 20h à L'ESPACE CHOREGRAPHIQUE 2022 rua Sharbrook* Est BILLETS 20$.étudiant(e)-alné(e) 15$ 514 525.2464 Québec"» m Fondation Jkan-Pikrrk Pkrr une chorégraphie de Hélène Langevin avec Jilia Carabinier Lépine Julie Mardi Manuel Rogaa Catbarine Viau Sifinad Watkins Collaborateur» : Linda Brunalla, Michel F.C8té, Michel Giroux et André Rioux M-gC-t.- lih IjplaoR de I» cultureBoteniont-Pptite-Ptrie (5)41 872-1730 17 act.- 14h Théétre du Brand SuuH______________________isut 367-5000 30 oct.14h Meieoe de le cetture Fronfeuc (514) 872-7B82 1300V.-Hh MiilQB de le celture Pletem-Mont-Rovei 1514) 872 2266 www.bougedela.org 4 LE DEVOIR.LES SAMEDI 2 ET DIMANCHE 3 OCTOBRE 2004 E 5 4 yesùffx.1200.ru* cM Bl*ury (m*tro PI*o*-cM*-Art») Tél.(514) 861-4378 wwwgaau.rwt TU 01 *1 ATI VITl du 15 septenu frère Jf Confessions de formes et de couleurs (hall et salle Custeau) Quand Art déco rimait avec raffinement Jusqu’à la mi-décembre, le Musée des beaux-arts de Montréal Présente une exposition consacrée au designer français Jacques-Émile Ruhlmann (1879-1933) MARIE CLAUDE MIRANDETTE Jacques-Émile Ruhlmann, figure de proue de l’Art déco rendu célèbre grâce à l’exposition des Arts décoratifs de Paris en 1925.Tout en élégance sobre et en raffinement délicat malgré le faste et la richesse des objets exposés, l’aménagement des salles, signé Christine Michaud (le MBAM lui doit, entre autres, le design de Hitchcock et de Tana-gra), est exemplaire de ce que doit être un design au service des œuvres.Ça change du clinquant auquel le musée et d’autres institutions nous ont malheureusement trop souvent habitués.La présentation s'ouvre sur une petite salle intimiste toute de jaune peinte où se dresse, tel un oriflamme, le chef-d’œuvre consacré de l’artiste: La Desserte, dite «Meuble au char» (c.1921), une pure merveille en ébène de Macassar, en acajou, en ivoire et en marbre.Puis une enfilade de salles, aux murs et aux cimaises arborant de riches teintes de beige oranger, de gris-vert, de bleu-gris, de bleu nuit et de rouge brique, propose un itinéraire privilégié à travers la flamboyante carrière de cet autodidacte.Issu du milieu de la décoration (l’entreprise paternelle faisait dans la peinture, le papier peint et la miroiterie), Ruhlmann réalise ses premiers croquis vers 1900.Jusqu’en 1914, il fait lentement mais sûrement sa marque comme dessinateur de papiers peints et de textiles d’ameublement puis de luminaires, ce qu’exemplifie la seconde salle de l’exposition.Réformé, il saisit sa chance au vol pour se métamorphoser en concepteur de mobilier et en artiste-ensemblier (on préfère aujourd’hui le terme designer d’intérieurs) en travaillant, notamment, pour les magasins Le Printemps.Une première rétrospective La grande période de Ruhlmann, si elle s’avère brève, pullule de réalisations glamour.Entre 1925, année de la consécration, et 1933, qui voit l’artiste disparaître prématurément, se succèdent nombre de grands projets pour des personnalités en vue, en plus du vulgus des ateliers Ruhlmann (fondés en 1925).Ce que traduit bien la présentation en reconstituant, grâce à d’habiles «tableaux», quelques salons, chambres et bureaux réalisés qui pour le directeur du Daily Mail, lord Rothermere, qui pour Georges-Marie Haardt, directeur chez Citroën, ou encore le maharadjah d'Indore.Une grande salle, entièrement dévolue au pavillon du collectionneur (1925), est à couper le souffle.Outre les meubles, les textiles et les papiers peints signés Ruhlmann, des sculptures de Joseph Bernard et d’Alfred Janniot, réalisées expressément pour ce haut lieu de raffinement, habitent la salle pour mieux en traduire l’exquis raffinement.Ailleurs, quelques œuvres de Van Dongen, de Picasso et de Renoir ont judicieusement été mises à contribution afin de recréer les atmosphères d’époque.Autre point fort de l’exposition: la salle du ministère des Colonies au Musée des Colonies, inaugurée en 1931 et où exotisme et goût du luxe se marient, clôt un parcours riche en plaisirs esthétiques.VERNISSAGE Du 3 au 21 octobre ANDRÉ MICHEL rf a GALERIE Linda Verge * 10 |‘>.AVFNUE nts F R A B ! FS Ql f HEC (418) 525-8.193 wvt'.v.g.ilcricl irtdavcrgc.i.i D * * J - ., f ivinnivi Billancourt10™ P°Ur 6 ,- Vers 1919- Encre de Chine sur tissu enduit d’une préparation blanche, 45 x 75 cm.Musée des Années 30, Boulogne- Outre les artefacts signés Ruhlmann, nombre de dessins et de photographies anciennes permettent de rendre justice au talent incomparable de cet artisan, mais aussi de suivre le développement de sa pensée, depuis l’idée première jusqu’à l’objet incarné.Néanmoins, le didactisme de l’exposition (vitrine présentant les divers placages et essences de bois utilisées pour la réalisation du mobilier, entre autres) ne gène en rien l’appréciation des œuvres et de la splendeur de la présentation.Il faut souligner aussi le catalogue, qui regorge de textes savants Élisant le point sur l’artiste, sur ses ateliers, .mais aussi sur sa présence aux États-Unis et son influence au Québec et au Canada.Une belle réussite! Cette exposition est la première rétrospective consacrée à Ruhlmann en Amérique; elle s’avère aussi la toute première collaboration entre deux institutions: le MBAM et le Metropolitan Museum of Art de New York, qui ont organisé conjointement la présentation nord-américaine avec le Musée des Années 30 de Boulogne-Billancourt.Le directeur du MET, Philippe de Montebello, était présent lors de l’inauguration montréalaise et en a profité pour gratifier les amateurs d’une conférence sur l’importance et le rôle des musées.Et pour souhaiter que cette première ne soit pas un uni-cum.On n’est pas contre, bien au contraire! RUHLMANN: UN GÉNIE DE L’ART DÉCO Jusqu'au 12 décembre Musée des beaux-arts de Montréal Pavillon Jean-Noël Desmarais La grande période de Ruhlmann pullule de réalisations glamour EVALAPKA ARAPACIS «Sculptures et reliefs en céramiques» 2000 - 2004 du 15 septembre au 16 octobre GALERIE BERNARD 3986 rue Saint-Denis, Montréal (Québec) H2W 2M2, Tél.: (814) 277-0770 Horaires de la Oalerle: mercredi de llh à IThSO leudl et vendredi de 1 Ih à 20h samedi de 12h à 17h Yu Xiaoyang Vernissage «Lumières de Chine au quotidien» DIMANCHE 3 OCTOBRE 2004 L'exposition se poursuivra jusqu'au 21 octobre Galerie Clarence Gagnon 1108, avenue Laurier Ouest, Outremont Tel.: 514-270-2962 FRANÇOIS VINCENT Œuvres récentes BERTRAND CARRIÈRE «Caux» Photographies Exposition jusqu'au 16 octobre GALERIE SIMON BLAIS 5J?0 bout Saint-Laurent H2ÎISI 5I4 8491185 Ouvert du mardi au vendredi !0h à 18h samedi lOh a I7h Caroline Bussières vous invite à son exposition performance «L'Envolée» du 7 au 11 octobre 04 vernissage 7 oct.de 19h à 21h performance à 20h avec Hélène Élise Blais au piano.Galerie Espace 4844 Bout Saint-Laurent, Montréal 524-938-8343 ouvert de llh i 19h tous les jours - g m SOURCK MBAM r Ni -,*r i.>3*308 1^: La Desserte, Aite «Meuble au char» (quatre pieds), vers 1921.Placage d’ébène de Macassar, acajou, ivoire, plateau de marbre porter, 109 x 228 x 50 cm.Musée d’art moderne de la Ville de Paris.La maison de la culture Côte-des-Neiges présente Traversée Provisoire installation de Marie-Josée Laframboise L’exposition se poursuit jusqu’au 10 octobre 2004 Performance dansée de Marie Béland accompagnée de Frédérick Gravel Le 10 octobre à 14 h 00 La table du corps de Caroline Boileau L’exposition se poursuit jusqu’au 17 octobre 2004 Maison de la culture Côte-des-Neiges 5290 chemin de la Côte-des-Neiges Montréal Heures d’ouverture : mardi, mercredi de 13hà 19h Informations : (514) 872-6889 jeudi, vendredi de 13h à 18h www.ville.montreal.qc.ca/culture samedi et dimanche de 13h à 17h «< r ; * ?* • * # * • » * » • j t i t i i i i !> LE DEVOIR.LES SAMEDI 2 ET DIMANCHE 3 OCTOBRE 2004 E (i -• |)e Vise •- Des contenus raréfiés AGORA: LE DOMAINE PUBLIC Lâ Biennale de Montréal 250, rue Saint-Antoine Ouest Entrée par la ruelle des Fortifications Jusqu’au 31 octobre BERNARD LAMARCHE Avant même l’ouverture de la Biennale de Montréal, on a entendu Claude Gosselin, son fondateur et directeur artistique, s’inquiéter du manque de financement public qu’il reçoit, des compressions — comme tout le secteur culturel, faut-il le rappeler — et du sort de sa brave petite équipe.Ces conditions donnent une quatrième Biennale de Montréal réduite et édulcorée, qui a dû reporter à plus tard une partie de son programme.Mais tout cela n’explique pas que l’édition courante repose sur des choix éminemment discutables, qui débouchent, au bout du compte, sur un contenu raréfié.La Biennale de Montréal a dû faire son deuil de noms prestigieux déjà annoncés, qu’elle entendait faire parader à Montréal, dont le bureau d’architectes montréalais Saucier et Perrotte ainsi que l’artiste mexicain Gabriel Orosco.Encore, deux projets ambitieux ont dû être reportés au printemps faute de fonds.Le Fight Club du Français Didier Faustino, sorte de micro-place publique, et la Feuille d’érable bleue de West 8 (Rotterdam), un immense monolithe de bois de chauffage fendu en son centre pour laisser entrer les gens, verront peut-être le jour, si le financement le permet.Ces absents permettent de cibler la nature des interventions retenues pour cette édition de la Biennale portant sur l’art public.Cet art dans le public ne peut plus se réduire, comme ce tut le cas autrefois, à planter dans l’espace public des œuvres qui s’imposent sans souci d’intégration.Par contre, ces deux œuvres reportées, de même que celle qui fait office de héraut de la Biennale, soit la fontaine de l’artiste-vedette de l’événement, Armand Vaillancourt, construite en 1971 à San Francisco’ (seule pièce de l’artiste qui soit reproduite dans le programme), tiennent toutes de l’ancienne pratique de la sculpture publique, presque intolérable aujourd’hui, consistant à s’imposer et à en imposer au spectateur.Les développements récents de l’art public privilégient des modes plus subtils, plus stratégiques, d’inscription dans la sphère publique.Ceci est vrai à un détail près toutefois.Bonnes comme mauvaises, absentes comme avérées, photographiques comme installatives, presque toutes les œuvres de la présente Biennale souscrivent à des modes participatifs.C’est à ce paramètre, crucial en effet, que se réduit essentiellement la proposition de la Biennale de cette année, une couche à vrai dire plutôt mince si l’on retient que l’art public récent a su se camoufler dans le mobilier urbain, se faire oublier pour mieux réserver des effets de surprise ou se métamorphoser en partie en esthétique relationnelle qui, pour résumer bêtement, préfère la planification des situations à la création d’objets.Entre quatre murs La première phase de la Biennale de Montréal, bien qu’elle traite du public, se retrouve presque entièrement confinée entre quatre murs, ceux de l’ancien édifice de la Gazette.Ce qu’on découvre sur ces cimaises laisse pour le moins perplexe.On salue le travail d’Ed Kosti-ner et ses Story-boards des «Domaines publics».Sur un mode qui favorise l’étalement de récits, ces suites photographiques traquent les villes anciennes pour en montrer les aires de flânerie, de regroupements plus ou moins fortuits, ou encore les comportements des foules, leur manière de s’agglutiner.Franchement compétentes, ces séries photographiques donnent le ton à ce qui s’annonce, à partir de cette première salle, comme une belle brochette.Or, par la suite, les choses se gâtent cruellement.Une fois dans l’ancienne salle d’imprimerie de l’édifice, fidèle à lui-même Armand Vaillancourt La Biennale de Montréal a dû faire son deuil de noms prestigieux déjà annoncés La Résonance du double Ginette Laurin 2004 =»MA6 Rencontre avec Giq Journées deter lurtn dans le i 26 soptémbre à 14 h.Musée d'art contemporain de Montréal 185, rue Sainte-Catherine Ouest info : (514) 847-6226 www.macm.org Prix d’entrée : tarifs du MACM V R T t O 0lirh#»n 1B 11 b till I lit » H ^ ||t$t BIENNALE DE MONTRÉAL Une œuvre de la série À Chicago, de Rajak Ohanian.o - touche à tout, s’éparpille et s’égare.Dans ce qui ressemble à une colossale brocante, on a droit à un éventail des avenues empruntées par l’infatigable artiste.Dès qu’on entre, d’authentiques arrimages, utilisés autrefois pour construire la Biosphère, transformés ici en instruments sonores, sont disposés sur une table.Tout près de marteaux qui servent alors de battants: ne reste plus qu’à sonner les cloches.Une fois passé un des larges dessins que Vaillancourt a réali- sés grâce à la participation de groupes d’enfants, le parcours devient procession.En de multiples «stations», on s’arrête devant un défilé d’œuvres qui correspondent chacune à une posture de l’artiste.Des dizaines d’origamis de métal, sorte de maquettes, rappellent le sculpteur.Un radeau de l’espoir, que l’artiste a déjà lancé sur les eaux du canal de Lachine, toutes voiles dehors, donne à l’artiste le statut de capitaine.«La pauvreté est une arme de destruction massive»: ces mots, dans la vitrine de l’édifice, en plein cœur du Quartier des affaires (l’affaire est un brin évidente), placés au-dessus d’une bannière reprenant le texte de la Déclaration des droits de l’homme, témoignent de l’engagement politique de Vaillancourt.Puis l'on croise une sorte de cercueil-brancardier, dont l’artiste s’est servi autrefois pour une performance publique (au fait, quatre jours après l’ouverture, les pièces n’étaient pas encore identifiées, ni datées, un manque flagrant).L'artiste brouille les domaines du privé et du public en aménageant plus loin une chambre à coucher qu’il entend utiliser.D’autres œuvres jonchent le sol, mais ce qui retient l’attention, c’est ce spectaculaire tableau abstrait (collectif?), tout au fond, avec un néon rouge évoquant la Grande Paix de Montréal en 1701.Aussi vaste, chargé, l’espace écrase totalement les œuvres.Les chants liturgiques qui baignent le tout transfigurent les œuvres.Le radeau est aussi appelé «la nef», une nef centrale qui s’efface pour donner au Grand Autel toute sa gloire.Dans le chœur se retrouve la majestueuse toile avec son néon rouge.Avec les cloches qui tintent à l’arrivée de nouveaux visiteurs, le portrait du sanctuaire .est complet.Censée être tournée entièrement vers le public, la participation et le tissu urbain, cette pro- duction se renverse pour ne servir qu’une visée: glorifier l’artiste, dont la tignasse blanche se retrouve dans les dizaines de portraits de groupes affichés au mur, d’une navrante banalité.Ainsi, à défaut de soutenir des œuvres difficiles à défendre tant elles sont inconstantes, la vitrine Vaillancourt met en relief une réalité incontournable: il y a longtemps que la production de Vaillancourt, qui roule sur son fond de commerce, ne sert qu’à alimenter son propre mythe.Portraits Passons rapidement sur le volet suivant de l’exposition, bien qu’il contienne les planches de l’excellent projet primé d’Eve Robidoux en hommage aux victimes du séisme de Chi-chi en 1999.En reprenant l’exposition C’est ma place!, qui a été en montre à la galerie Monopoli de l’édifice Belgo pendant quelques mois jusqu’à tout récemment, le directeur artistique fait preuve d’un désolant manque d’imagination.Plus loin, les erreurs s’accumulent.Une belle exposition des photographies de Rajak Ohanian ne sert que partiellement le propos de la Biennale.Les photographies monumentales de la série A Chicago, de la fin des années 80, sont savoureuses.Chaque prise de vue isole des passants hors de leur contexte, mais la présentation de l'ensemble, comme s’il s’agissait de planches-contacts, recrée de toute pièce une place publique.Ainsi les gens se retrouvent-ils isolés à même le partage d’un endroit.Par la suite, le volet Ohanian décroche parce qu’il saupoudre les extraits de sa production.Une série de portraits de gens célèbres, des portraits de gitans, ont plus à voir avec la photographie classique qu’avec l’art public.Inoubliable, cette autre série, L’Esprit de la forêt, tient de la tradition spirite de la photographie.Elle ne saurait être plus éloignée des questions urbaines.Le ratage le plus aberrant n’est même pas là: la série Portrait d’une PME rend les 32 portraits des employés d’une fabrique de tissu de Lyon, mais on ne présente ici que 18 images.On a choisi de garder des images qui ne servent en rien la Biennale pour tronquer une série qui devient insignifiante en conséquence.Et lorsqu’on sait que toutes les images ont été envoyées à Montréal, avec les frais de transport et d’assurance que cela implique, on se dit que, pour une Biennale aux prises avec des problèmes financiers, on ne regarde pas à la dépense.Le parcours se termine ensuite avec une véritable expérience, proposée par Will Alsop, l’éminent architecte.Un corridor démesuré, l’ancien débarcadère de l’endroit, a été transformé en un immense tableau dans lequel on s’engouffre et sur lequel tout un chacun peut peindre, comme un grafitteur.C’est peut-être par-là que l’on touche le plus à l’expérience de la ville et de la communauté.Il s’agit là d’un point d’orgue supérieur à un parcours qui ne le mérite tout simplement pas.Edition 2004 DU 7 AU 30 OCTOBRE Montréal La Galerie les Nouveaux Barbares 40Î2, rue Notre-Dame Ouest Démonstrations de diverses techniques Montréal Le Va-et-Vient, Bistrot Culturel 370?, me Notre-Dame Ouest %Du lundi au samedi Wnseigneinents : (514)937-3536 www.noMVfabxbarbar«5,c
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