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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier H
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2004-10-02, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES S A.MED ET DIMANCHE S OCTOBRE 2 O O I t» •i» LE DEVOIR I éducation PROFESSIONNELS Un ordre parachuté par le ministère peut-il parler au nom des enseignants?Page 2 ENSEIGNER EN 2004 Au cœur des enjeux sociaux et démocratiques Page 3 H \ l k L’école, ce n’est pas un temps de maternelle qui s’étire, qui s’évalue au seul fait que l’élève ne « décroche » pas, ni non plus un simple lieu d’apprentissage qui accommode par ses programmes les divers entrepreneurs d’une région donnée iV i 'I AGENCE FRANCE PRESSE ^F?Sr> 1 suffit d’avoir questionné de jeunes enfants pour savoir que la qualité de l’éducation ne se mesure pas au contenu de la matière, mais par l’évaluation de celle ou celui qui la transmet: «Puis, l’école, comment ça va?» — «J’ai une bonne maîtresse en mathématiques», «Mon prof de français est pas mal», et ainsi de suite jusqu’à la complétion de ce tour des matières.Une telle attitude chez l’enseigné perdure en fait jusqu’à l’université, car là seulement on réussit—et pas à coup sûr — à passer outre à la simple évaluation de l’enseignant pour faire sien le corpus d’un cours.Dire donc que le maître, par sa présence, sa faculté de convaincre, établit la nécessité du savoir, paraît ainsi tenir de l’évidence.Ainsi, partant donc d’une seule évaluation de l’enseignante et de l’enseignant pour donner une appréciation du système scolaire québécois, on serait obligé de conclure que le résultat obtenu pour ce secteur est tout simplement extraordinaire.C'est d’ailleurs le constat que pose une présidente de centrale, Johanne Fortier, de la Fédération des syndicats de l’enseignement, lorsqu’elle fait état de données recueillies à la suite de la tenue de divers sondages: «On voit que [les enseignants] sont très souvent proches du peloton de tête de la popularité et qu’ils se classent au deuxième rang, tout de suite après les infirmières.On est très bien perçus par la population et même beaucoup mieux que plusieurs autres catégories de professionnels.» Comment se fait-il alors que, depuis une décennie au moins, sur la place publique, continuellement, il se trouve un ministre, indépendamment du parti au pouvoir, pour déclarer qu’il s’impose de réformer tout le système scolaire?Un jour il faut augmenter la présence à l’école.Une autre année, les chargés de cours doivent livrer bataille pour obtenir une juste rétribution pour le travail accompli.Plus tard, les enseignants du niveau collégial, surtout s’ils ne sont pas rattachés au secteur technique, voient remettre en question la pertinence de tout leur enseignement Et les forums se succèdent où «tout est sur la table», comme si rien ne méritait d’être conservé de ce qui existe déjà, et corqme si tout changement, peu importe sa nature, ne pouvait qu’améliorer les choses.Serions-nous dans le secteur de la santé qu’il faudrait, dans l’application d’une telle logique, trouver normal que ce soit les membres du conseil d’administration d’un hôpital qui décident en fin de compte des processus à suivre pour mener à terme une opération en cours dans un bloc opératoire.Polyvalence Pourtant, quand on parle d’éducation, sont en jeu le présent et l’avenir de toute une société.L’école, ce n’est pas un temps de maternelle qui s’étire, qui s’évalue au seul fait que l’élève ne «décroche» pas, ni non plus un simple lieu d’apprentissage qui accommode par ses programmes les divers entrepreneurs d’une région donnée, leur évitant d’assumer les frais qu’occasionnerait la formation de leur personnel à des activités spécifiques.Au train où vont les réformes — celles réalisées, les autres projetées, les potentielles annoncées —, on pourrait croire que l’éducation est une donnée à contenu variable, supposant la présence d’enseignants polyvalents, s’accommodant de normes qui varieront bientôt d’une école à l’autre, et capables de mettre au pilori ce qui était hier un élément essentiel d’un programme.On les veut donc professionnels, devant rendre compte de leurs actes à la suite de n’importe quelle plainte, fondée ou non.On les veut mobiles, accourant là où on vient de décider d’une urgence, multifonctionnels, étant à la fois éducateurs et parents substituts.Et si un jour l’école fonctionne à la satisfaction des réformateurs, le mérite en reviendra sans doute alors à ses gestionnaires.Le 5 octobre a été décrété par l’Unesco Journée mondiale des enseignants.Pour la grande majorité des enfants et des parents, une telle reconnaissance va de soi.Pour ceux et celles dont on souligne le travail, une telle journée en est une de réflexion devant le sort qui les attend dans un monde en transformation.D’autres tairont tout simplement la chose, de peur de devoir rendre hommage à ces personnes qui empêchent que l’éducation ne devienne un simple produit, transformable selon les besoins immédiats, et un exercice perpétuellement variable.Pourtant, qui d’entre nous ne reconnaît pas qu’il ou elle est devenu ce qu’il est souvent grâce à cette présence devant le tableau noir?Normand Thériault ¦ *ÊtÊm I ¦' «• • -5 Réseau Université 1 n i t i a t i v e s Secondaire Collégial Recherche Palestine MuséoBus Page 2 Page 5 Page 4 Page 4 Boîte à lettres Page 4 '• ; % i T-* H 2 LE DEVOIR.LES SAMEDI 2 ET DIMANCHE 3 OCTOBRE 2004 JOURNEE MONDIALE DES ENSEIGNANTS Création d’un ordre des enseignants L’ordre divise, le ministre tranche «On voif mal comment un ordre parachuté directement par le [ministère de l’Education] pourrait prétendre parler au nom des enseignants» Le système d’éducation pourra-t-il s’adapter aux nouvelles exigences sans faire appel à la création d’un ordre professionnel des enseignants?Le débat se poursuit, en attendant que le ministre de l’Éducation tranche la question.JEAN-GUILLAUME DUMONT La création possible d’un ordre professionnel des enseignants provoque une telle discorde que cette promesse électorale est dans le «rouge», selon la classification du Comité de suivi des engagements électoraux du Farti libéral du'Québec.Pour obtenir le feu vert, le ministre de l’Éducation Pierre Reid devra imposer son projet contre la volonté d’une majorité de professeurs.Cette éventualité serait une grave erreur, estiment unanimement les intervenants du milieu de l'éducation.Si Pierre Reid réalise cet enga-ment électoral, il aura fait fi de deux avis lui recommandant certains préalables nécessaires avant la création d’un ordre des enseignants.Le premier, émis par Office des professions du Québec, pré conise dans l’immédiat une optimisation du système actuel.Le deuxième, celui du Conseil supérieur de l’éducation (CSE), suggère la création d’une commission indépendante qui étudiera pendant un an les moyens permettant la professionnalisation de l’enseigne- ment Les travaux actuels menés par le ministère de l’Éducation (MEQ) n’attendront pas, a-t-il fait savoir par voie de communiqué.Les syndicats n’ont pas attendu que Pierre Reid annonce ses couleurs pour s’opposer à la création d’un ordre professionnel des enseignants.Leur position s’appuie sur une pétition de 40 000 noms déposée à l’Assemblée nationale en décembre dernier.De plus, un récent référendum a révélé qu’une écrasante majorité (94,7 %) des enseignants participants sont contre le projet.Le directeur du Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante (CRIFPE), Maurice Tardif, admet que les ordres professionnels qui ont été imposés ont créé plus de problèmes qu’ils n’en ont résolus.«En effet, on voit mal comment un ordre parachuté directement par le MEQ pourrait prétendre parler au nom des enseignantes et des enseignants et servir leur cause.Immanquablement, un tel ordre serait compromis avec le pouvoir politique et, comme c’est actuellement le cas en Ontario, passerait aux yeux de la majorité des enseignants pour une courroie de transmission des politiques et des contrôles ministériels», écrivait-il en juin dernier dans un bulletin du CRIFPE.Le statu quo peut-il perdurer?Un ordre professionnel possède les pouvoirs requis pour garantir la protection du public et assurer la qualité des services offerts.Pour ce faire, il s’assure de la compétence et de l’intégrité de ses membres, surveille et réglemente l’exercice de la profession, reçoit les plaintes et sanctionne les manquements aux règlements.Selon les syndicats, cette structure est inutile et superflue car tous ces mécanismes existent déjà et sopt répartis entre le ministère de l’Éducation, les commissions scolaires et les syndicats.De plus, les syndicats tiennent résolument au statu quo car ils ne veulent pas qu’un ordre empiète sur leurs fonctions actuelles.«Nous ne voulons pas pratiquer un syndicalisme qui est uniquement versé dans la défense des droits individuels des enseignants.Nous voulons aussi d’un syndicalisme qui doit se préoccuper de questions pédagogiques et professionnelles, explique la présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSECSQ), Johanne Fortier.Nous pensons que c’est le meilleur moyen d’assurer tant la défense de nos droits qu’une amélioration de l'apprentissage des élèves.» En revanche, plusieurs sont en faveur d’un changement car ils ont relevé d’importantes lacunes dans la g»“tion actuelle de la profession.«Il serait avantageux pour le système d’éducation de s'inspirer de certains mécanismes professionnels, notamment au plan de l’évaluation de l’exercice individuel et de la discipline», conclut l’Office des professions dans un communiqué.«Le statu quo n’est pas souhaitable», ajoute le président du Conseil supérieur de l’éducation, Jean-Pierre Proubc.Des affirmations contradictoires Partisans et opposants de la création d’un ordre professionnel des enseignants sont divisés sur la nécessité d’une telle structure ou sur son impact.Les deux camps affirment tout et son contraire, au point où «nous avons souvent à déplorer la piètre qualité de l’information diffusée aux enseignants», remarque la présidente du Conseil pédagogique interdisciplinaire du Québec, Denise Gagnon-Messier.D’une part, Maurice Tardif affirme que les enseignants «n’exercent pas de contrôle professionnel sur leur profession.Ce contrôle est exercé par d’autres.Avant, c’était les curés, maintenant c’est exercé par des fonctionnaires et des bureaucrates syndi- caux».D’autre part, Johanne Fortier soutient que «les enseignants jouent un rôle très actif dans leur propre profession.Ils siègent à des comités consultatifs auprès du ministère, des comités sur la question de la formation des maîtres et sur la question d’agrément des programmes universitaires».Sur le plan de la discipline, Maurice Tardif déplore que les syndicats jouent un double rôle, celui de juge et partie.Entre la défense des intérêts professionnels et ceux des enseignants, ces derniers sont souvent prépondérants, estime-t-il.Un avis de la FSE-CSQ rappelle cependant que «la convention reconnaît d’abord que l’employeur peut prendre des mesures de nature disciplinaire ou administrative.[Si] la faute est en relation avec une mauvaise exécution du travail, [elle] peut conduire à une sanction ou à des mesures d’aide.» La formation continue ne fait pas non plus l’unanimité.«Est-ce que vous iriez consulter un médecin qui n’a pas ouvert ses livres depuis la fin de ses études, il y a 35 ans?, demande Maurice Tardif./e souhaite que le perfectionnement et la mise à niveau des enseignants soient constants.» Johanne Fortier réplique: «Il y a une pression qui s’exerce sur l’enseignant qui ne participerait à aucun perfectionnement et, de plus, le ministère veille au grain.» Un sondage réalisé en 1999 révélait que près de neuf en- seignants sur dix ont participé à au moins une activité de perfectionnement proposée par l’école, la commission scolaire ou le ministère.«Ce n’est pas encore systématique», rétorque Denise Gagnon-Messier.Vers un dialogue constructii?En 1996 et 1997, les premières enquêtes au sujet de la création d’un ordre professionnel ont révélé qu’environ huit enseignants sur dix y étaient favorables.«Les syndicats se sont fait prendre les culottes à terre avec ces sondages, parce qu’on n’en discutait pas à l’époque», explique Maurice Tardif Ils ont réagi en faisant une campagne de peur et de propagande.En moins de sept ans, l’opinion s’inverse complètement.«Quand on prononce les deux mots “ordre professionnel”, c’est immédiatement une fin de non-recevoir, comme si c’était un virus dangereux», regrette Denise Gagnon-Messier.«Le débat s’est beaucoup polarisé, [si bien que] les détails et les moyens font oublier les fins poursuivies», déplore Denise Gagnon-Messier.La solution passe donc par la concertation des acteurs du milieu de l’éducation dans un «espace de débat constructif» comme celui de la commission indépendante proposée par le CSE.Le CPIQ juge cette voie «prometteuse» et demande au ministre de la reconsidérer.La réforme au secondaire et les enseignants Déjà septembre 2005! «Il faut que l'information sorte rapidement» Le ministre de l’Éducation, Pierre Reid, déposait le 11 février dernier le «Programme de formation de l’école québécoise», qui sera obligatoire au premier cycle du secondaire à partir de septembre 2005.Le document de 558 pages avait pour objectif de démystifier la réforme au yeux de la population mais, surtout, des enseignants.La «bible» de la réforme a-t-elle vraiment répondu aux questions de ces derniers?Plusieurs doutes semblent en fait subsister et certaines questions demeurent sans réponse à moins d’un an de l’implantation du programme.GENEVIÈVE OTIS-DIONNE La réforme au secondaire devait en premier Heu débuter en septembre 2004.Le ministère de l’Éducation a finalement décidé de la reporter d’un an afin de donner plus de temps aux enseignants pour se préparer, et pour que lui-même puisse clarifier ses attentes face aux commissions scolaires.Après plusieurs mois d’attente, le ministre Pierre Reid rendait public son programme de formation en février 2004, pro- gramme qui n’est pas définitif et qui devrait connaître de nouvelles modifications.La Fédération des syndicats de l’enseignement (FNEQ) et l’Association provinciale des enseignantes et enseignants attendent toujours cette fameuse version finale de la réforme et craignent que les enseignants ne manquent de temps pour la préparer.«Nous ne sommes pas dans une situation de freinage, tient toutefois à préciser Caroline Fenneville, secrétaire générale de la FNEQ, mais il faut absolument que l’information sorte Syndicat ^l'enseignement Ai région* Laval Le 5 octobre Une journée pour penser à nous.Une journée pour se féliciter entre nous.Une journée pour se solidariser autour des grands gestes de notre profession.Une.une seule journée mondiale des enseignantes et des enseignants pour ne pas oublier notre importance dans le développement des esprits, des corps, des sociétés et des pays de par le monde.Bonne Journée mondiale des enseignantes et des enseignants ! Le Syndicat de l'enseignement de la région de Laval www.sregionlaval.ca JACQUES NADEAU LE DEVOIE L’objectif central de la réforme est de réchapper du décrochage scolaire les jeunes qui ont des troubles d’apprentissage en matière de formation générale théorique et de favoriser la réussite de tous les élèves.rapidement et que les mécanismes de consultation soient clairs.Il ne faut pas oublier que, pendant ce temps, le moteur continue de tourner: les professeurs doivent actuellement donner leurs cours, encadrer leurs élèves, faire de la récupération avec eux et les évaluer.» Beaucoup de questions perdurent en effet dans le milieu en ce qui concerne les controversées «compétences transversales».Les méthodes d’évaluation des élèves ne semblent pas non plus tout-à-fait claires.Les enseignants aimeraient également recevoir une formation plus adéquate afin d’être prêts pour septembre 2005.«La dernière version de la réforme donne des idées, mais il va y avoir des chargements.On ne peut donc pas s’y fier à 100 %.Les enseignants veulent savoir ce qu’on leur demande de faire précisément avant de se présenter devant une classe de 35 élèves l’année prochaine», ex-pUque Mme Fenneville.Une réforme pour éviter le décrochage scolaire L’objectif central de la réforme est de réchapper du décrochage scolaire les jeunes qui ont des troubles d’apprentissage en matière de fondation générale théorique et de favoriser la réussite de tous les élèves.«Le programme met l’accent sur l’engagement des élèves dans une démarche d’apprentissage les rendant aptes à interagir avec le monde qui les entoure, peut-on lire dans les do-cqments officiels du ministère de l’Éducation.De plus, le programme fait appel à l’expertise du personnel éducatif et à sa mise en commun.Il encourage le travail d’équipe et l’interdisciplinarité afin de créer des environnements efficaces pour l’apprentissage et l’évaluation.» Le programme de formation présente une structure similaire à celle du programme de formation du primaire, et comporte 19 programmes disciplinaires issus de cinq domaines d’apprentissage: langues: mathématique, science et technologie: univers social; arts; développement personnel.Le document comporte un chapitre sur les «compétences transversales», qui sont décrites comme suit «Le programme repose sur le développement des compétences de l'élève, c’est-à-dire sur l’utilisation efficace de ses connaissances afin de réaliser des tâches et des activités réelles.En fait, il permet à l’école d’aider l’élève à faire face aux transformations de la société et l’amène à participer activement à son apprentissage.» Des précisions, s’il vous plaît! Mme Fenneville souUgne que les enseignants sont prêts à travailler avec les compétences transversales, mais qu’ils aimeraient bien savoii; comment ils vont se répartir la tâche! «Les compétences transversales, ce n’est pas tous les enseignants qui vont les évaluer et elles ne seront pas toutes évaluées en même temps.Ça va de plus demander une concertation entre les enseignants de même niveau ou de même cycle pour définir qui s’occupe de quelle compétence transversale et à quel point afin d’éviter les répétitions ou, pire, les lacunes.» Mme Fenneville se demande comment les enseignants vont bien trouver le temps de s’asseoir ensemble pour discuter de cette problématique.«C’est sûr qu'il y a des journées pédagogiques cette année, mais elles portent aussi sur ce que nous sommes en train de faire présentement.La surcharge de travail qu’il risque d’y avoir dans les mois à venir inquiète beaucoup les enseignants.» Mme Fenneville ajoute: «Les enseignants veulent savoir comment on va devoir fonctionner quand on fait de l’amalgame de disciplines.Comment transmettre des savoirs que je juge essentiels dans ma discipline au travers d’une approche multidisciplinaire?» Selon elle, il serait possible de répondre aux questions des enseignants en leur offrant une formation adéquate, ce qui n’est pas le cas présentement «Le ministère nous dit “on a mis beaucoup de sous pour la formation”, ce qui n’est pas faux.Mais quel type de formation peut-on donner aux enseignants quand les versions finales ne sont pas sorties?» Elle constate que très peu d’enseignants au Québec ont suivi une formation jusqu’à maintenant et que ceux qui ont pu en bénéficier la considèrent incomplète.Un autre aspect qui inquiète les enseignants est la façon dont ils devront évaluer les élèves.«Comment évalue-t-on les compétences transversales et comment doit-on rendre compte aux parents des résultats?A quoi vont ressembler les bulletins?On ne le sait pas encore.» En dernier lieu, il y a les outils pédagogiques qui devront être utifi-sés pour la réforme et qui sont à l’heure actuelle inexistants.«Il est vraiment temps que l’information sorte et que les programmes finaux voient le jour.Il faut, de plus, poursuivre et augmenter les efforts de formation», déclare Mme Fenneville.Malgré le manque d’informations que déplorent les enseignants, elle ne pense pas qu’il sera nécessaire de reporter la réforme.Celle-ci devra cependant être implantée graduellement et le rythme des enseignants devra être respecté.Elle suggère d’ailleurs une réduction de leurs heures de cours en septembre afin qu’ils puissent réellement prendre le temps d’implanter la réforme adéquatement Elle mentionne également la possibilité de Hbérer complètement un enseignant de ses cours pour la rentrée 2005 afin qu’il puisse suivre une formation complète et transmettre des informations aux autres enseignants.Ces décisions relèvent cependant du ministère de l’Éducation, qui tarde à répondre aux questions des personnes qui seront les principaux artisans de la réforme: les enseignants.La FEUQ salue le travail des enseignantes et enseignants du Québec! '' £ >• Nous enseignons avec fierté et espoir ! A Alliance des professeures et professeurs de Montréal (CSQ) LE DEVOIR.LES SAMEDI 2 ET DIMANCHE 3 OCTOBRE i»0 O 4 JOURNEE MONDIALE DES ENSEIGNANTS H :i démocratiques et de bien d'autres sujets variés» ENSEIGNER EN 2004 Au cœur des enjeux sociaux et «Leur parler de monnaie, de Varchitecte Santiago Calatrava Le 5 octobre est consacré Journée mondiale des enseignants, eux qui inspirent encore confiance et crédibilité aux parents et aux sociétés, qui leur confient l’immense responsabilité et la lourde tâche d’éduquer leurs enfants — aussi bien dire d’assurer grandement la suite du monde.En contrepartie, le sens profond de la mission des profs surnage péniblement dans la tourmente des remises en question fréquentes dont ils font souvent les frais à l’intérieur même du milieu de l’éducation.Qu’est-ce qu’enseigner en 2004?La présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ) et une enseignante du primaire témoignent.' -‘y • - ¦i.PASCAL CîEORGE AGENCE FRANCE-PRESSE Sur le plan personnel, il est impensable de mettre de côté la relation affective qui s’établit entre les élèves en bas âge et leur professeur, qu’ils entourent avec empressement.RÉGINALD HARVEY Invitée à tracer les contours majeurs de la problématique dans laquelle évolue l’enseignant québécois, Johanne Fortier, la présidente de la Fédération, met l’accent sur le fond de la question: «C’est une très grosse mission.On ne parle pas seulement d'instruction mais d’éducation, donc de développer des citoyens responsables et critiques.C’est une mission sociale qui est fondamentale.Nous sommes placés au coeur des enjeux sociaux de démocratie d’une société.Celle-ci va vivre en paix et sera plus démocratique parce qu’elle renfermera des citoyens qui vont participer et s’intéresser à la chose publique, à la dimension politique de la vie en société.Ces valeurs se transmettent par le biais de l’école.» Malgré cela, Mme Fortier souligne le caractère paradoxal que revêt la perception des uns et des autres envers la profession d’enseignant.Elle s’appuie sur un récent avis du Conseil supérieur de l’éducation et sur les sondages pour poser ce constat: «On voit que [les enseignants] sont très souvent proches du peloton de tête de la popularité et qu’ils se classent au deuxième rang, tout de suite après les infirmières.On est très bien perçu par la population et même beaucoup mieux que plusieurs autres catégories de professionnels.» Qui plus est, les gens qui ont des enfants d’âge scolaire font preuve d’une plus grande confiance encore envers ce groupe de travailleurs.D en va autrement sur le terrain même: «Les enseignants vivent de l’intérieur comme une sorte de sous-évaluation de leur travail.Plusieurs hypothèses peuvent être avancées à ce sujet et je me pose les questions suivantes: est-ce que le discours des dirigeants, par exemple au ministère de l’Éducation, en est un qui soutient suffisamment ceux-ci dans leur travail?Est-ce que cela émane des nombreuses critiques relatives à l’école?Est-ce que la critique provient au premier chef des enseignants eux-mêmes, comme il nous arrive de le vivre souvent?» Elle résume: «Vaste est la mission, en comparaison avec les moyens en place, et il est possible que l’on ressente un sentiment d’échec par rapport à cela.Nous avons une reconnaissance professionnelle dans la société, mais on se sent fréquemment sous-valorisé, au niveau de la profession elle-même, de la Part du milieu.» Sur le plan professionnel et personnel Il est beaucoup plus exigeant d’enseigner en 2004 parce que la tâche s’est grandement complexifiée, notamment sur le plan de la formation de base, qui s’est largement diversifiée et est passée de trois à quatre ans.La présidente relève un autre point: «Je dirais que la nécessité de se perfectionner existe sur une base continue dans la profession.Des statistiques des années 2000 indiquent que, sur deux années, 88 % des enseignants ont suivi une formation.» La réforme se montre elle aussi accaparante et elle vient ajouter aux exigences et à la complexité du travail.S’ajoute encore le tait que les enfants d’aujourd’hui baignent dans les nouvelles technologies, et évoluent dans une société à l’intérieur de laquelle l’instantanéité occupe une place de premier plan.Les professeurs interviennent auprès d’enfants avec lesquels ils entrent constamment en contact, ce qui suppose un engagement personnel.Mme Fortier en est bien consciente: «On travaille essentiellement avec des personnes humaines.On compose avec la réalité des salles de classe qui sont habitées par des élèves; nécessairement, tout le caractère émotif et affectif de la relation est très important, que ce soit au primaire ou au secondaire.» D’autres volets viennent s’ajouter sur le plan de l’investissement personnel: «On veut que les élèves réussissent et quand ils échouent, ça nous affecte dans notre travail.On participe aussi à toutes les activités parascolaires, dans le but de créer un climat intéressant avec les enfants, et nous sommes associés aux travaux des conseils d’établissement.» Une enseignante en action Joanne Camirand enseigne depuis 22 ans au primaire et au préscolaire.Présentement, elle exerce sa profession en première année dans une école publique de l’extrême Est de Montréal située dans un milieu économiquement favorisé.Les gens sont donc plutôt à l’aise et, dans la plupart des cas, ils sont propriétaires de leur maison.Ce statut social se répercute chez les enfants: «Ceux-ci possèdent une bonne culture générale et de bonnes habitudes de travail.Les devoirs sont faits, à de rares exceptions près.Les parents veulent ce qu’il y a de mieux pour leurs enfants et si on leur prouve que tel est le cas.ils turns appuient.» Sur le plan professionnel, l’enseignant ne peut plus déroger à la règle suivante: «Il faut être à l'affût de tout ce qui se passe.Même si les jeunes n'ont que six ans, je peux leur parler de monnaie, de l'architecte Santiago Calatrava et de bien d’autres sujets variés.Par le biais des projets que nous réalisons ensemble, mon objectif, c’est de les ouvrir à ce qui existe dans le monde.» L’approche personnelle Sur le plan personnel, il est impensable de mettre de côté la relation affective qui s’établit avec des élèves en si bas âge.Mme Camirand en témoigne: «Je les appelle mes petits raisins.Parfois j'ai l'air d’une grappe de ce fruit parce qu ’ils sont tous accrochés après moi quand je me présente en classe.Je ne peux pas non plus ignorer l’en- fant qui lient se jeter dans mes brus pendant que je fais mon épicerie, sous prétexte que l'école est terminée.• Une fois de retour à la maison, pendant la soirée, il lui est aussi impossible de ne pas effectuer des retours en arrière sur ce qui s’est passé durant la journée, ne serait-ce que pour se préparer à procéder à des ajustements pour le lendemain.Le rapport affectif prend une importance primordiale: «En première année, l'apprentissage demeure au niveau de l’affectivité parce que les enfants n’ont pas connu autre chose.C’est leur référence à eux.en tout premier lieu.* Les deux côtés de la médaille À propos des satisfactions que lui procure l’enseignement, Joanne Camirand se prononce: «J'enseigne en première année.Avec moi, les enfants partent avec peu (de connaissances] et j'ai la prétention de penser que je suis peut-être pour quelque chose dans le fait qu 'ils savent lire à la Jin de l’année.» Les regards intéressés des enfants la comblent aussi de joie et elle n’exercerait un autre métier pour rien au monde.Far contre, il est difficile d’effectuer constamment les mises à jour requises dans cette profession.Elle est déçue par certains aspects de la réfonne: «Quand j’ai vu le programme du ministère, je me suis dit que je ne serais jamais capable de l 'appliquer.C’est plein de trous!» Elle déplore particulièrement l’un des aspects de l’approche pédagogique: «J’ai l’impression qu’ils veulent obtenir un moule dans lequel entrent les enfants.On veut aller en chercher trop dans l’essence de ces derniers par le biais des compétences transversales.Ça m'agace énormément.On veut que les élèves soient coopérants et qu 'ils travaillent en équipe.» Elle prône le respect de l’individualité de chacun plutôt que cette forme d’«entrepreneuriat»: «Laissons les enfants être des enfants.D’autant plus que leur évaluation dans cette dynamique-là s’avère pénible.» Fédération des syndicats de l'enseignement (CSQ) Enseigner, c'est s’engager
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