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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2008-11-22, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR LES SAMEDI 2 - E T » 1 M A X C 11 E 2 3 NOVEMBRE 2 O O 8 Des pirates somaliens, il y a un mois, sur le navire ukrainien Faina qui transportait de l’équipement militaire.IDÉES PHILOSOPHIE La bourse ou la vie Page B 6 Des millions à des firmes qui ne valent pas toujours leur pesant d’or Page B 5 -mucmr 3- iiiPK'' L’industrie maritime est en émoi Pris au filet des pirates somaliens Une police des mers?Personne, sauf peut-être le président Nicolas Sarkozy, n’ose affirmer que le renforcement militaire des forces navales suffira à venir à bout des pêcheurs somaliens transformés en pirates high-tech qui sévissent dans le golfe d’Aden.La paix en mer passe par la paix sur terre.Il y a bien dix ans que le Bureau maritime international (BMI) sonne l’alarme.La prise, fin septembre, du cargo Faina, le ventre rempli de chars d’assaut de conception soviétique, puis celle du superpétrolier Sirius Star, le week-end dernier, ont son- né le réveil.GUY TAILLEFER a planète se rend compte tout à coup de la stupéfiante efficacité avec laquelle à peine plus d’un millier de pirates s’y prennent pour terroriser l’industrie maritime mondiale dans le golfe d’Aden et au large des côtes somaliennes.C’est la souris qui tient le chat en échec.Par petits groupes, ils s’emparent en haute mer d’un gros chalutier qui fait office de «bateau-mère» et s’en servent pour abriter les trois ou quatre hors-bords ultra-rapides qu’ils lanceront sur leur proie le moment venu.Equipés de GPS, de radios et de téléphones satellitaires, ils peuvent attendre des jours que des navires passent par là.Ils repèrent un cargo un peu lent, au franc-bord plus étroit, vont coller leurs barques à la coque, accrochent leurs échelles, montent sur le pont.Une opération qui ne dure pas plus de 15 minutes.C’est le temps qu’il a fallu aux pirates pour prendre, il y a une semaine, le contrôle du Sirius Star, ce monstre gros comme trois porte-avions qui naviguait à plus de 800 kilomètres des côtes avec, dans ses cales, le quart de la production quotidienne de pétrole de l’Arabie Saoudite.Un coup fumant dont serait fier Barbe Noire, vu les dimensions du vaisseau.Jamais, d’autre part, un bâtiment n’avait été abordé aussi loin des côtes.L’opération demandait un haut niveau d’organisation et met donc en évidence que la piraterie est devenue un phénomène «incontrôlable», selon le capitaine Pottengal Mukundan, directeur du BMI, une organisation fondée en 1981 pour lutter contre la criminalité maritime.La piraterie dans la Corne de l’Afrique est apparue au début des années 90, avec la fin de la guerre froide.Elle a pris en 2003 les dimensions d’une industrie nationale florissante dans cette Somalie en proie à une inextricable guerre civile, débitée par les seigneurs de guerre et les chefs de clan.Elle est et de loin, le principal point chaud de la piraterie, devant les eaux du Nigeria et le détroit de Malacca, en Asie du Sud-Est où le phénomène a eu tendance à s’amenuiser.Depuis le début de 2008,94 attaques y ont été rapportées au BMI; c’est deux fois plus qu’en 2007.Les pirates ont réussi à détourner 39 navires.Une véritable mine d’on 90 % du commerce mariti- me mondial (soit 20 000 pétroliers, chimiquiers, navires de fret et bateaux de pêche par an) emprunte cette autoroute du golfe qui passe par le canal de Suez.Les rançonneurs, qui auraient amassé quelque 20 millions $ cette année fils en réclameraient 25 pour le seul Sinus), n’ont eu jusqu’à maintenant qu’à cueillir.11 est plus économique pour les armateurs de payer la rançon que de remplacer un navire.Une quinzaine de cargos et plus de 300 membres d’équipage moisissent actuellement dans les ports somaliens d’Eyl, de Hobyo ou de Harardere en attendant qu’aboutissent les négociations.Le Puntland Se partagent cette manne quatre ou cinq organisations dont les ficelles sont tirées par le clan des Majertim, qui règne sur le Puntland, celui des Habarjidir, des islamistes qui tiennent les deux tiers du pays, et l’organisation des Shebab, formée d’intégristes partisans du djihad d’al-Qaïda.Les pirates ont des antennes d’affaires à Dubai', Djibouti ou Mombasa.Ils ont des taupes dans les ports africains, soudoient les uns et les autres pour mettre la main sur les plans de route des navires.Où vont-ils chercher leurs kalachnikovs et leurs lance-roquettes?En Russie et dans les ex-pays de l’Est, grands fournisseurs d’armes illégales sur la planète.Leur royaume est le Puntland, une région du nord-est somalien qui s'est déclarée autonome en 1998.Pays mythique de la myrrhe et de l’encens, il est aujourd’hui celui de b piraterie et du trafic dimmigrants clandestins qui, par dizaines de milliers, tentent chaque année de rejoindre le Yémen, de l’autre côté du golfe.Un trafic qui a fait 1400 morts et disparus en 2007, selon le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés.«Les captures devenues hebdomadaires, le paiement des rançons par des armateurs soucieux de profits et de discrétion, ont boosté l’économie sauvage du Puntland, écrivait Le Nouvel Observateur dans un grand reportage publié fin octobre.Les fêtes sont somptueuses, les avions de khat se posent désormais près des ports, les pirates achètent des tonnes d’armes sophistiquées, des voitures de luxe, font construire et prennent une troisième femme, signe de leur nouvelle richesse.Même les instituteurs quittent leurs classes pour se proposer comme interprètes!» La pêche au thon La misère est un terreau fertile.Près de la moitié des huit millions de Somaliens ont besoin de l'aide du Programme alimentaire mondiale (PAM).Les millions de dollars rançonnés sont un cadeau du ciel pour les petits commerçants côtiers, qui ont vu l’industrie de la pêche s’effondrer il y a une quinzaine d’années.De cet effondrement des pêcheries et de la colère des pêcheurs somaliens est née cette piraterie des temps modernes.Les pêcheurs ont échangé leurs filets contre des AK-47 et s’en servent d'ailleurs parfois pour menacer les bateaux du PAM.Les eaux de cette partie de l’océan Indien abritent le tiers des ressources mondiales de thon.Sans Etat disposant de moyens pour patrouiller les eaux nationales, les Somaliens ont vu les bateaux de pêche VOIR PAGE B 2: PIRATES La guérilla des mers a l’avantage du terrain, pour ainsi dire l c S' V • ¦ W iWl^—jtv- .ÊÊtÊÊÊÊItÊt lÊrntÊÊmm ¦ SL wKBw 11 JASON R.ZALASKY AKP Cours intensifs de langue Que ce soit en anglais ou en français, nos cours vous permettront d’acquérir les compétences linguistiques et communicatives nécessaires pour vos objectifs professionnels et personnels.> Groupes restreints vous permettant de partager une expérience d’apprentissage unique avec des étudiants d’ici et d’ailleurs.> Cinq niveaux (de débutant à avancé).> Programmes menant au Certificat de compétence en anglais de McGill ou au Certificat de compétence en français de McGill.?Début des cours ; 19 janvier Pourde plus amples informations: (514) 398-1212 {programme d’anglais) ! (514) 398-1202 (programme de français) h fin.55^ McGill C«ntr« d'éducation parmananta LE DEVOIR.LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 NOVEMBRE 2008 B 2 « Ras-le-bol » Gil Courtemanche On peut facilement comprendre le «ras-le-bol» qu’exprimait cette semaine Pauline Marois.l>a campagne du Parti québécois ne lève pas.On fait du surplace.Les rares idées passent mal la rampe.On critique son image dans son entourage.Mais ce n’est pas de cela quelle parlait quand elle a exprimé sa colère.Elle en a marre d’être obligée de défendre le gouvernement de Lucien Bouchard, et elle a entièrement raison.Des décisions bêtes et draconiennes ont été prises à cette époque, du moins si on examine leurs effets rétroactivement, en particu-lier dans le domaine de la santé.La mise à la retraite massive d’infirmières et de médecins n’était pas l’idée du siècle, même si le contingentement était réclamé par le milieu de la santé.Le PQ de Lucien Bouchard voulait éviter un affrontement salarial avec les syndiqués du système de la santé pour arriver à cet objectif imbécile de déficit zéro, ce virage économique fondamental imposé au PQ par Lucien Bouchard et Bernard Landry.Pauline Marois notait pas ministre de la Santé à l’époque, elle était à l’Éducation.Que ces retours en arrière effectués par Jean Charest soient relayés aussi systématiquement par les médias a de quoi faire bondir et mettre en colère la plus gentille et la plus courtoise des dames.J’aurais aimé la voir en colère bien avant Car elle a entièrement raison.Lucien Bouchard a payé, le PQ a payé.Ils furent sanctionnés, et les Québécois ont élu Jean Charest il y a six ans pour mettre de l’ordre dans le système de santé.Elle a raison: ce sont les six ans de Jean Charest qu’il s’agit aujourd’hui de juger, et selon l’hôpital Sainte-Justine, le bilan Charest n’est pas brillant D y a six ans, le premier ministre a promis de réduire radicalement les achalandages dans les urgences et les délais d’attentes pour les interventions chirurgicales.Il y a un peu plus de deux ans, avec son sourire candide de manipulateur professionnel, il raffinait en d’autres termes la même promesse.Il y a quelque chose de fascinant dans le fait qu’un homme puisse toujours promettre la même chose sans jamais démontrer l’ombre d’un début de réalisation de sa promesse, et que cela ne provoque aucune récrimination ni colère.Jean Charest refait la promesse d'il y a six ans, et cela passe mieux que le message du PQ.?Plus profondément le «ras-le-bol» de Mme Marois vient peut-être du fait qu’elle sent bien que le PQ a perdu son âme.Empêtré dans son approche de l’indépendance, le parti a choisi une sorte de slogan à la Daniel Johnson, «l’indépendance si nécessaire, mais pas nécessairement l’indépendance».Obnubilé par l’échéance et les manœuvres référendaires, le parti ne réfléchit plus sur la société québécoise et est incapable de proposer une définition, un projet cohérent.On s’est installé dans le jeu de Lego.Assemblez les morceaux comme vous voulez, ça donnera toujours quelque chose.De la part des libéraux et des adé-quistes, cela ne surprend pas.De la part du PQ, cela désole.Cette boîte à idées qui a révolutionné le Québec semble dépourvue de souffle et d’imagination.Il est intéressant d’entendre Mme Marois avouer qu’elle a souvent les mêmes idées que les libéraux.Autre ras-le-bol: le mien personnel.Entendre le Mario national qui veut redonner de la dignité à la politique, déclarer qu’il faut sortir les politiciens des grands projets.Non, Mario, les grands projets doivent être des décisions politiques, et les politiciens doivent en assumer la responsabilité.C’est pour cela que les élections existent, pour virer des politiciens qui ont raté des grands projets.Mario, cela s’appelle la démocratie, Tes experts, comment on va les congédier s’ils font des conneries?Curieux que cet homme qui, tout petit, voulait renouveler la politique ne trouve d’autres voies que celles de George Bush ou de Ronald Reagan, comme s’il ne voyait pas le désastre américain provoqué par la non-intervention politique qui nous mène tous au bord du gouffre.Il faudrait fréquenter un peu plus Radio-Canada, M.Dumont et un peu moins TVA.Comme on dit à Télé-Québec: «Ça manque à votre culture.» Dernier ras-le-bol, finalement Celui des électeurs, des citoyens, de vous et de moi.Nous trouvons ces élections inutiles, à un tel point qu’une portion considérable de l’électorat annonce qu’elle n’ira pas voter.Les partis, au lieu de défendre l’importance des élections, ont tous pris des mesures pour en minimiser la présence.Moins d’affiches, petites affiches, toutes recyclables.les partis s’excusent presque de faire campagne.Ils sont contrits de déranger les électeurs si souvent, comme si la politique était une maladie, comme si le choix d’un avenir était une tâche pénible et emmerdante.D’autres solutions pour la «crise» auraient été préférables, j'en ai parlé la semaine dernière.Mais ne refusons pas le plaisir et le droit de choisir, la responsabilité de changer le cours des choses.lœ ras-le-bol populaire à propos des élections ressemble étrangement à la désaffection électorale qu’ont,connue les Américains ces 40 dernières années.A force de se faire dire que le gouvernement créait tous les problèmes, ils ont cru les politiciens et ils ont cessé de voter.Il semble que nous en soyons là aujourd’hui, et c’est une grande tristesse, car ce Québec dont nous proclamons la fierté, il s’est fait aussi avec des élections dont personne ne voulait Vous souvenez-vous de 1976?H i/ Jean Charest JACUUKS NAIIliAU I V.DEVOIR PERSPECTIVES : /: ï-r';;; su h i **»•«*« » * MH r Ji H il I! A dU* * ' P ^ ' • mm 1 mms." wm "I ¦ '.V: '.y& : &$$$ GEORGES GOBET AFP Depuis 2002, une dizaine d’éoliennes font partie du paysage du village d’Avignonet de Lauragais.Le paysage français est-il menacé ?L’éolien devient pomme de discorde L’ancien président Valéry Giscard d’Estaing est parti en guerre contre leur multiplication CHRISTIAN RIOUX Paris — La commune de Gumières, dans le département de la Loire, est connu pour son église du XV‘ siècle et sa cascade où coule une paisible rivière.Pour le reste, ce village de 250 habitants n’avait jamais fait parler de lui lorsque, au début du mois, un inconnu a déboulonné un mât de 80 mètres qui s’est effondré.Même si l’enquête n’a pas donné de résultat, on soupçonne l’auteur de cet acte de sabotage d’en vouloir aux éoliennes qui pourraient bientôt s’installer dans la région.Ce mât avait en effet pour fonction de mesurer la force et la direction des vents afin de permettre l’installation d’un parc d’éoliennes.Considéré jusqu’à tout récemment par la majorité des Français comme une énergie sans problème, l’éolien est en train de Revenir une véritable pomme de discorde.A Melgven, en Bretagne, on se chicane devant les tribunaux depuis cinq ans pour trois éoliennes de deux mégawatts chacune mesurant 118 mètres de haut L’organisation Vent de colère, née en 2001, fédère aujourd’hui plus de 300 associations françaises opposées aux éoliennes.Alors que les parcs éoliens devraient êtres multipliés par dix d’ici à 2020, atteindre 8000 éoliennes et produire 10 % de l’électricité, la recrudescence des protestations vient de forcer le ministre de l’Environnement, Jean-Louis Borloo, à encadrer plus sévèrement leur construction.Non seulement le nombre de protestataires croît plus rapidement que le nombre d’éoliennes, mais les opposants à cette source d’énergie viennent de se trouver un porte-parole prestigieux en la personne de Valéry Giscard d’Estaing.Malgré ses 82 ans bien sonnés et l’échec de sa dernière cause, la Constitution européenne, l’ancien président a décidé de partir en guerre contre la multiplication de ces moulins à vent dans toutes les régions de France.«Mais enfin, le paysage, c’est une de nos valeurs de référence.Dans 30 ou 40 ans, l’identité française sera beaucoup dans le paysage», déclarait-il le 12 novembre dernier lors d’un débat organisé à Paris par l’Institut Montaigne.Valéry Giscard d'Estaing cite l’exemple de l’Espagne qui, contrairement à la France, n’a pas protégé son littoral.«On voit le résultat!» dit-il.Les côtes y sont en effet bétonnées, alors qu’en France elles sont souvent demeurées sauvages.La rentabilité en question Mais les arguments des opposants ne sont pas seulement d’ordre esthétique.Ils sont aussi économiques.Selon une étude réalisée par Vincent Le Biez, il en coûterait 2 à 3 milliards d’euros de plus par année pour produire de l’électricité à partir des éoliennes plutôt qu’à partir du nucléaire, d’où la France tire 89 % de sa production.Cela représenterait 100 euros par foyer par année.Ces chiffres ont immédiatement été contestés par le Syndicat des énergies renouvelables qqi regroupe les industriels du secteur.«A terme, soutient l’ancienne ministre de l’Environnement Corinne Lepage, le surcoût de l’éolien sera pratiquement de zéro pour le consommateur par rapport aux autres énergies.» Le Biez n’hésite cependant pas à parler des «nouveaux rentiers» qui s'enrichissent grâce aux conditions extrêmement favorables que leur accorde le gouvernement, notamment un prix fixe très avantageux de rachat d’électricité par l’Électricité de France (EDF), équivalent français d'Hydro-Québec.Si ses chiffres sont contestés, le raisonnement de Le Biez l’est beaucoup moins.Avec Valéry Giscard d’Estaing, il affirme que, si la France est aujoûrdTiui obligée d’investir massivement dans l’éolien, c’est parce que l’Union européenne veut porter la part des énergies renouvelables à 20 % de la production européenne d’ici à 2020.Comme le nucléaire est un sujet politique éminemment délicat en Allemagne, en Autriche et au Danemark, les objectifs de l’Union n’ont pas été fixés en terme d’«énergies non productrices de gaz carbonique» mais d’«énergies renouvelables», ce qui exclut le nucléaire qui ne produit pourtant pas de gaz carbonique (CO,).«C’est une bêtise», s’exclame Valéry Giscard d'Estaing.Si ce choix est sensé pour l’Allemagne, qui possède surtout des centrales thermiques, il ne l’est pas pour la France, dit l’ancien président.«Les éoliennes représentent pour la France une option inutile et trop coûteuse.» Grâce au nucléaire (89 %) et à l’hydraulique (7 %), la France est déjà le champion européen des énergies qui ne produisent pas de gaz à effet de serre.Seules les centrales d’appoint (4 %) fonctionnent au gaz, au fioul ou au charbon et produisent du C02.Or, elles servent essentiellement à répondre à la demande en période de pointe.Un rôle que l’éolien ne serait pas vraiment en mesure de jouer, soutient Le Biez, dans la mesure où il n’est pas assez flexible.L’augmentation du parc d’éoliennes pourrait même, dit-il, forcer à construire de nouvelles centrales au gaz afin de faire face aux intermittences de la production éolienne.Belles ou laides ?Selon Anne Lauvergeon, présidente du directoire de la société française Areva —• le nqméro un mondial du nucléaire —, la Chine et les États-Unis sont sur le point de se tourner massivement vers cette énergie sans carbone.Face aux protestations croissantes, dit-elle, Areva ne construit plus de parcs éoliens terrestres préférant les construire en mer au large des côtes.Plusieurs experts, comme Corinne Lepage, estiment que l’investissement dans les éoliennes est tout de même utile puisqu’il permettra à la France de développer une nouvelle filière industrielle.Une autre «fausse bonne idée», estime Le Biez puisque, selon lui, la France arrive trop tard, après les Allemands, les Danois et les Espagnols.Cela n’empêchera pas EDF Énergies renouvelables de devenir le premier producteur d'électricité éolienne au Québec.La filiale d’EDF est en effet le principal actionnaire du consortium Saint-Laurent Énergie qui a remporté au printemps 954 des 2000 MW offerts par l’appel d’offres d’Hydro-Québec.Les opposants aux éoliennes prêchent néanmoins pour un développement modéré de cette énergie permettant simplement de diversifier les sources.Quant au débat esthétique, il est loin d’être terminé.Dans un rapport de l’Académie des beaux-arts publié l’an dernier, le président du Syndicat des énergies renouvelables André Antolini avait affirmé que «les éoliennes ne défigurent pas le paysage, elles figurent le développement durable.Voilà ce qui les rend acceptables, acceptées.et belles».L’argument n’a pas empêché l’Académie de conclure que «les éoliennes, machines de 150 mètres de haut, sont en contradiction avec la tradition française qui a toujours consisté jusqu'à présent à harmoniser l’architecture, même insolite, avec le paysage en respectant son échelle».Réorientation ou mesure de diversion?Alors que les éoliennes suscitent la polémique, le ministre Jean-Louis Borloo a soudain mis l’emphase sur l’énergie solaire.Dans ce domaine, la puissance doit passer de 18 MW à 5400 MW en 2020.D’ici à 2011, chaque région aura donc sa centrale solaire.Des centrales silencieuses et qui ne déparent pas le paysage.Correspondant du Devoir à Paris « Les éoliennes ne défigurent pas le paysage, elles figurent le développement durable.Voilà ce qui les rend acceptables, acceptées.et belles » PIRATES SUITE DE LA PAGE B 1 étrangers venir embarquer leurs poissons.Il y avait en ce sens une certaine ironie à voir cette semaine le président Sarkozy s’emporter contre les corsaires qui venaient d’attaquer au lance-roquettes un thonier français, le Drennec, à 750 kilomètres des côtes, dans une zone fréquentée par une cinquantaine de thoniers français et espagnols.Au-delà de la nécessité de dépêcher des navires de guerre pour tenter de chasser les pirates, il ne serait donc pas bête de Créer une force maritime de protection des pêcheries somaliennes, sous les auspices de l’ONU ou de l’Union africaine, font valoir des experts de la question.En attendant, l’Inde, le Japon, la Russie, l’Union européenne — qui prendra en décembre le relais de la flottille envoyée par l’OTAN —, le Combined Task Force 150, qui réunit sous le chapeau américain des marines nationales dans le cadre de la «guerre contre le terrorisme», se mobilisent tout à coup contre les pirates.L’Union africaine a réclamé l’envoi de Casques bleus en Somalie: l’ambassadeur russe à l’OTAN avance qu’une force terrestre internationale pourrait être envoyée pour nettoyer la côte somalienne de ses «nids de pirates».Un détour La guérilla des mers a l'avantage du terrain, pour ainsi dire: une surface immense de trois millions de kilomètres carrés impossible à contrôler.Paniqué, l'un des plus importants armateurs au monde, A.P, Moller-Maersk, a annoncé qu'il dérouterait une partie de sa flotte marchande pour lui faire faire le détour par le cap de Bonne-Espérance, en Afrique du Sud.Frontline, le plus gros annateur indépendant de pétroliers dans le monde, songe à faire de même.L’industrie de la sécurité en profite de son côté pour faire mousser ses produits devant l’évidence que les armateurs se prémunissent fort peu contre les flibustiers: haut-parleurs ultra-puissants, clôtures électriques le long des coques, systèmes de détection à longue portée.JASON R.ZAIASKY AFI’ Des pirates somaliens, qui ont détourné le Faina, se sont rendus à terre au début d’octobre.MMi , r v.:¦ iémsmsjé "Tt* • mijq ¦ y, I 'J''r'fi Rien de tout cela n’empêchera la piraterie somalienne de continuer de croître.«Vous pouvez avoir toutes les marines du monde déployant là-bas tous les navires, cela ne résoudra pas le problème», déclarait cette semaine le porte-parole du Pentagone, Geoff Morrell.L’extension maritime de l’anarchie qui se déploie depuis 17 ans sur la terre ferme souligne à larges traits, dit-on sur tous les tons, la nécessité d'en arriver enfin à un règlement politique en Somalie.Les militants des Tribunaux islamistes et le gouvernement intérimaire installé de peine et de inisère à Mogadiscio, soutenu par l’armée éthiopienne avec la bénédiction des États-Unis, guerroient depuis la fin de 2006 sur le dos des civils.Dans les circonstances, la seule solution qui donne quelque espoir tient à un accord de partage de pouvoir, négocié avec l’aide des Nations unies, entre le «gouvernement» et la frange modérée des islamistes.Ce qui suppose que leur aile radicale soit marginalisée.Washington, qui craint comme la peste que la Somalie ne se transforme en sanctuaire du terrorisme international, ne se sent rassuré que par la voie militaire.Le Devoir {- t LE DEVOIR .LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 NOVEMBRE 2 O O K B B PERSPECTIVES SITUATION ÉCONOMIQUE DIFFICILE En attendant les turbulences Ottawa a l’intention de donner un coup de pouce à l’économie, qui ne peut que subir les contrecoups de la récession américaine wËÊsm, Stephen Harper et Michaëlle Jean peu après la lecture du discours du Trône Les conservateurs doivent maintenant admettre ce qu’ils s’entêtaient à ne pas envisager pendant la campagne électorale: le Canada ne pourra pas échapper au déficit en 2009, mais aussi probablement en 2010.En attendant l’énoncé économique de la semaine prochaine, pour lequel le gouvernement a déjà réduit les attentes au minimum, il est difficile de voir comment Stephen Harper naviguera à travers la mer d’incertitudes que devra braver le Canada au cours des prochains mois.ALEXANDRE SHIELDS T * économie du Canada, à l’instar de la popula-« J_y tion, est forte et résiliente», clamait jeudi le premier ministre Stephen Harper, en précisant les éléments du discours du Trône destinés à lutter contre la crise économique.«En travaillant ensemble dans l’intérêt du Canada, je suis convaincu que cette période d’instabilité économique mondiale, une fois surmontée, nous aura rendus plus farts, plus efficaces et plus unis que jamais.» Le chef conservateur avait effectivement tout intérêt à se poser en leader résolument optimiste, d’autant plus que la même journée, le directeur parlementaire du budget.Kevin Page, révélait finalement ce que plusieurs voyaient déjà poindre à l’horizon: un déficit Un mot banni des livres du gouvernement fédéral depuis maintenant une décennie.Dans un document d’une quarantaine de pages, qui fait la synthèse des travaux d’économistes du secteur privé, M.Page conclut que le fédéral devrait réussir à équilibrer ses finances cette année en dépit du ralentissement économique mondial, mais qu’il s’achemine vers une série de déficits «modestes» par la suite.Ainsi, à moins d’un revirement de situation, le manque à gagner oscillerait entre 4 et 14 milliards pour l’année fiscale débutant le 1er avril prochain.Ottawa serait à nouveau dans le rouge en 2010-2011, avec un déficit d’au moins 1,4 milliard.Les prévisions les plus encourageantes ne prévoient pas de retour à l’équilibre budgétaire avant 2012-2013.Kevin Page attribue la précarité actuelle des finances publiques canadiennes aux «décisions politiques antérieures» plutôt qu’au ralentissement économique.Le PEB a en effet crû plus que prévu au cours des derniers mois.Tel qu’anticipé, la baisse de la TPS et la réduction de l’impôt des sociétés, instaurées par le gouvernement de Stephen Harper, ont toutefois privé Ottawa de milliards de dollars au cours des dentiers mois.Un constat que fait aussi le professeur au département de sciences comptables et fiscalité de l’Université de Sherbrooke, Luc Godbout «La baisse de la TPS a eu un impact, estime-t-il.L’idée de la baisser n’était pas bonne, parce qu 'on se prive de revenus de six milliards de dollars [par année].» Autre décision à prendre en considération, selon lui: l’abolition de la «réserve pour prudence» instaurée à l’époque par Paul Martin.Pourtant, rappelle le fiscafiste, les conservateurs ont dégagé pas moins de 37 milliards de surplus dans leurs différents budgets, des sommes dirigées vers le paiement de la dette.Il considère enfin que le budget de l’hiver dernier ne prévoyait «presque pas de marge de manœuvre», alors que les signes de ralentissement économiques étaient palpables au sud de la frontière.Pour les partis d’opposition, ce déficit appréhendé démontre l’incompétence des conservateurs en matière d’économie.Le ministre des Finances, Jim Flaherty, qui présentera son énoncé économique jeudi prochain, a toutefois refusé de dire si les prévisions de M.Page s’apparentaient à celles de son ministère.D a simplement laissé entendre que des déficits ponctuels n’étaient pas à écarter.Le ministre a dit qu’ü espérait présenter un budget équilibré pour cette année et les années à venir, mais qu’il ne le ferait pas de manière «artificielle».Déficit bénéfique Quoi qu'il en soit le directeur parlementaire du budget qui se targue d’être neutre, refuse de voir un déficit conjoncturel comme un «problème».Il soulignait d’aiÜeurs jeudi que les baisses d’impôt ont généralement un effet «stimulant» sur l’économie.«Il y a plus d'argent dans les poches des gens quand vous faites des baisses, que ce soit de la TPS ou d'autres impôts», faisait-il valoir.Tous les économistes consultés par Le Devoir, à l’instar de ce qui se dit et s’écrit depuis quelques semaines, considèrent eux aussi qu’il n’y a rien de dramatique à ce qu’un gouvernement enregistre un déficit dans qn contexte économique difficile.Reste à voir ce que l’Etat fait pour corriger le tir, c’est-à-dire pour faire redémarrer la machine économique.Réuni la fin de semaine dprnière à Washington, le conclave du G20 a invité les Etats à mettre la main à la poche pour aider à la relance planétaire.Dans le discours du Trône lu mercredi par la gouverneure générale Michaëlle Jean, les conservateurs ont justement réaffirmé leur volonté de donner un coup de pouce à l’économie canadienne, qui ne peut que subir les contrecoups de la récession américaine.Rien n’a toutefois été chiffré jusqu’à présent, et il n’est pas certain que les mesures le seront jeudi prochain.Le gouvernement Harper entend, par exemple, fournir un soutien aux industries en réduisant les tarifs applicables aux importations de machinerie et d’équipement en prolongeant le crédit d’impôt à l’exploration minière et en élargissant le soutien offert en matière de commercialisation à l’échelle internationale des produits forestiers.Les conservateurs disent aussi vouloir aider les petites entreprises en haussant leur seuil d’imposition, en ajustant l’exonération cumulative des gains en capital par rapport à l’inflation, et en créant un nouveau fonds de capital-risque pour les entrepreneurs.On compte également encourager l’investisse ment dans les mines d’uranium et le transport aérien grâce à la hausse du seuil fixé aux investissements étrangers.Ottawa restaurera de plus le financement des organismes canadiens de développement économique régional.Les infrastructures Par ailleurs, le texte lu par Mme Jean souligne l’importance qu’il y a à accélérer la distribution des sommes prévues dans le Fonds Chantiers Canada, soit 8,8 milliards, une idée saluée par la Fédération canadienne des municipalités.Cette dernière rappelait que, en raison «des délais administratifs, très peu de projets ont pu être réalisés jusqu’ici à l’aide du Fonds [.] annoncé dans le budget fédéral de 2007, laissant dans ce Fonds près de trois milliards inutilisés».«Investir dans les infrastructures est une mesure reconnue», soutient sans hésiter M.Godbout, à l’instar de plusieurs autres spécialistes des questions économiques.Il se montre toutefois plus prudent face à la volonté des conservateurs de venir en aide au secteur automobile.«Il ne faut pas prolonger une lente agonie, surtout si l’entreprise va fermer dans trois ans.S’il n'y a plus de perspective, il n’y en a plus».En ce qui a trait au secteur manufacturier, que M.Harper dit vouloir épauler, François Dupuis, vice-président et économiste en chef du Mouvement Desjardins, précise: «Nous sommes très tributaires de ce qui se fera chez les Américains, où les données sont tellement mauvaises.Il ne faut donc pas donner de l’aide pour donner de l’aide.Il faut un plan à moyen terme.» Selon lui, «le gouvernement va davantage bouger au prochain budget, en février ou en mars.Et il fait bien d’attendre de voir la situation évoluer, parce qu'il faut éviter les mesures précipitées».Surtout, précise M.Dupuis, qu’Ottawa a déjà posé certains gestes, comme le fait de garantir les prêts interbancaires.On a aussi travaillé à maintenir la disponibilité du crédit à long terme au Canada en se donnant les moyens, par l’entremise de la Société canadienne d’hypothèques et de logement, de racheter jusqu’à 75 milliards de blocs de prêts hypothécaires assurés par cette même société.Mesures efficaces Parmi les autres solutions intéressantes pour limiter les dégâts, M.Godbout estime que le fédéral pourrait fournir aux entreprises une forme de «crédit d'impôt à l’investissement».On peut ainsi «aider les entreprises du secteur industriel en général à renouveler leurs équipements pour qu’elles soient plus productives et surtout plus compétitives.Elles seraient donc en meilleure posture lors de la reprise».Québec a déjà mis en place une mesure semblable.EL pour donner un peu de répit aux particuliers, il propose d’instaurer un «crédit d’impôt à la rénovation».Chose certaine, comme le rappelait M.Flaherty jeudi, en parlant de son prochain énoncé économique, «vous ne devriez pas vous attendre à de nouvelles mesures fiscales, à part les baisses d’impôt déjà prévues et qui sont maintenues en dépit de la suggestion de certains qui voudraient qu’on les annule».Car, si le seuil psychologique du déficit est pour ainsi dire franchi, on ne sait toujours pas si le pays plongera en récession, et encore moins de quelle ampleur celle-ci pourrait être.Selon M.Dupuis, «il n’est pas impossible qu’on se retrouve en récession technique».Néanmoins, cela n’aura sans doute rien à vofr avec la tempête que traversent présentement les Etats-Unis, où est née la crise.Et même si le mot «récession» fait peur, les consommateurs canadiens semblent «paradoxalement» maintenir leur niveau de consommation, selon ce que constate M.Hogue.Le test du temps des Fêtes fournira d’ailleurs un bon indicateur de leur confiance, ajoute-t-il, car «la situation est pire qu'avant les élections fédérales.Les enjeux sont connus, mais il reste à avoir des chiffres un peu plus précis» afin de mesurer l’ampleur de la crise à venir.«Nous sommes dans l’antichambre d'une période très difficile, dit quant à lui M.Dupuis.Est-ce qu’on va l’atteindre?On verra.» Le Devoir « Il ne faut donc pas donner de l’aide pour donner de l’aide.Il faut un plan à moyen terme.» PAKISTAN Islamabad fait la cour aux puissants chefs tribaux pour lutter contre les talibans MATHIEU MABIN Islamabad — Ils sont armés comme les groupes talibans, en ont l’allure, la langue, et leur approche de l’islam est parfois tout aussi radicale.Pourtant les tribus du nord-ouest du Pakistan viennent récemment de s’allier au pouvoir d’Islamabad pour combattre les insurgés talibans, pakistanais et afghans, et les militants des réseaux d'akQâïda.Drôles de milices tribales qui s’appellent Salarzai, Chamang ou encore Uthmankel, et se partagent les territoires dits des Fata (Federally Administrated Tribal Areas), dans la zone pakistanaise régie par une mosaïque de droits coutumiers et qui, depuis la création du Pakistan en 1947, échappe à l'autorité des gouvernements successifs.C’est là, au cœur de ces massife escarpés, que les talibans afghans ont trouvé refuge depuis la chute du régime de Kaboul en 2001.Depuis, sont apparus aussi les talibans pakistanais, dont le principal leader est Baitul-lah Mehsud.Selon Washington, ils y côtoieraient les réseaux d’al-Qâïda, notamment dans le Waziristan, tout proche de la frontière afghane.Mais, pour certains chefs tribaux qui jusqu’alors exerçaient leur pouvoir en toute quiétude, cette cohabitation forcée est vécue comme une intrusion, surtout depuis que l’armée pakistanaise a lancé au mois d’août une vaste offensive visant à déloger les insurgés.Cette guerre qui se joue sur le territoire des tribus contraint leurs chefs à s'engager d’un côté ou de l’autre.Quelque 120 000 soldats, de l’artillerie et des hélico- ptères harcèlent désormais quotidiennement ceux que les officiers pakistanais qualifient pudiquement de «militants».Au cours des dernières semaines, la balance a penché en faveur d’Islamabad.Ce qui a valu aux «traîtres» d’être frappés par une série d’attentats meurtriers revendiqués par les talibans.Arsenal Dernière alliance en date, la tribu des Mullagori, qui tient la légendaire passe de Khyber, un col par lequel transitent l’essentiel des marchandises qui alimentent l’est de l’Afghanistan et notamment les forces de l’OTAN.Mais celui qui recueille l’essentiel des efforts des émissaires militaires envoyés par Islamabad reste le mollah Nazir, chef incontesté des Ahmedzai Wazir et ennemi juré du taliban Baitullah Mehsud.Si ces tractations aboutissent à une alliance, les hommes du mollah Nazir deviendront à leur tour des lashkars, c’est-à-dire des iniliciens à la solde du gouvernement pakistanais.Ils bénéficieront alors de la bienveillance du ministère de la Défense.Même si ce dernier dément fournir des armes de guerre aux tribus ralliées, il peine à expliquer l'apparition soudaine de véritables arsenaux chez les miliciens.L’administration n’est d’ailleurs pas davantage capable de donner le nombre de ces combattants ralliés à l’armée pakistanaise.On sait seulement qu’on peut compter jusqu'à 200 guerriers par village.Officiellement leur mission se limite à de la «défense passive», c’est-à-dire la protection des agglomérations et de leurs abords.Mais, en réalité, l’année pakistanaise les em- ploie pour tenir les zones arrachées à l'influence des insurgés.«Grâce à notre supériorité militaire, on peut reprendre le terrain aux talibans, explique un officier des Rangers, mais s’il n’est pas tenu, il faut recommencer chaque semaine.» Pour Islamabad, «l’engagement spontané de ces habitants contre les ennemis du Pakistan» est donc un renfort précieux, comme aime à le rappeler le président Asif Ali Zatdari.Pour le chef de l’Etat, veuf de Benazir Bhutto, élu en septembre, la mobilisation des tribus est également un gage supplémentaire de la volonté de son pays de lutter contre le terrorisme aux côtés de ses alliés américains.Du côté de l’état-major des forees années pakistanaises, l’engagement de ces miliciens est présenté comme tactiquement décisif.«lœur connaissance du terrain est un atout p
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