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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier D
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2004-10-06, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LE MERCREDI 6 OCTOBRE 2 0 0 4 Le devoir Environnement QUÉBEC Toutes les minutes, 22 tonnes de déchets s’accumulent sur le territoire PageS \\ \ Matières r E S I D U E L L E S HABITATION Une maison écologique pour aujourd’hui.et demain Paged Un lourd PETER JONES REUTERS • % •: "'t*! JL Au Québec, par citoyen et par jour, ce sont trois kilos de matières diverses qu’il faut transformer! ritage Le propre des pays riches est de pouvoir compter sur des ressources en apparence inépuisables, et aussi de permettre à ses citoyens d’avoir accès à tout ce qui peut répondre à leurs diverses demandes en produits et services.En langage économique, cela se traduit par une équation où l’évaluation de la richesse collective s’établit en fonction du nombre d’objets consommés.Apparaissent d’ailleurs signifi-catife les propos tenus par un président américain quand il demanda à ses commettants, à la suite des événements d’un certain mois de septembre, de «revenir à la vie normale».Comment?En prenant à nouveau d’assaut les centres d’achats, favorisant ainsi une reprise de l’économie tout en satisfaisant ce qui se semble être chez eux un besoin «naturel'».Toutefois, avant de jeter la pierre à leurs voisins du sud, les habitants de l’outreTtf parallèle devraient avoir en mémoire une statistique troublante.Selon une donnée recueillie aux fins d’une étude commandée par la Fédération canadienne des municipalités, les Cana-diens sont per capita les deuxièmes plus grands producteurs de déchets au monde, la palme dans ce secteur revenant à l’Arabie Saoudite! Quant aux Québécois, ils ne sont pas en reste avec une production annuelle d’une tonne et demie de déchets divers.Société distincte Dans ce «joyeux» monde des matières résiduelles, les Québécois ont cependant le beau rôle.Ils consomment, certes, mais ils recyclent aussi: jusqu’à 965 kg annuellement L’aventure du recyclage a débuté en 1990.Certains auront en mémoire le temps d’une opposition aux «cinq cennes», cette surcharge demandée lors de l’achat d’une bouteille de boisson gazeuse ou de bière.Puis vinrent les 5 $, déboursé additionnel imposé à l’achat d’un pneu.Toutes ces mesures étaient mises en place car le Québec se dotait alors d’un organisme dont la vocation était d’initier sur le territoire diverses actions qui devaient un jour mener à un recyclage de toutes “ces choses qui, jusque-là, se retrouvaient enfouies ou déposées dans le paysage québécois.Après les premières protestations habituelles, l’opération est devenue un fait accepté par tous.Comme le relate Factuel président-directeur général de Recyc-Qué-bec, cet organisme chargé de jouer un rôle centralisateur dans le secteur, avec les années, «on s’est rendu compte que le fait de remplir des trous avec de la matière résiduelle pouvait être néfaste pour la nappe phréatique, en plus d’incommoder de plus en plus les voisins».Ainsi au Québec, on recycle.Certains pionniers ont d'ailleurs su tirer profit de cette mesure en étant des initiateurs, voire des visionnaires.Cascades inc.affiche ainsi des revenus annuels de plus de quatre milliards, une énorme réussite dont s’enorgueillit le iils de celui qui, dans les années 1950, lançait une collecte de rebuts: «Au départ, raconte Alain Lemaire, l’actuel p.-d.g.de l’entreprise, on s'est lancé dans le recyclage de vieux linges, du vieux fer, elle recyclage du papier est venu par la suite.En fait, nous étions une famille de chômeurs qui voulaient s’en sortir et c'est ainsi que l’entreprise a démarré à Drummondville, en y faisant notamment la collecte des ordures ménagères, chose que l'on fait toujours.» Pour l’avenir Un success story ne doit cependant pas faire oublier les défis qui attendent les diverses sociétés de consommation.Au Québec, par exemple, le fait que l’on recycle, c’est tant mieux.Mais il faut voir à quelle hauteur: par citoyen et par jour, ce sont trois kilos de matières diverses qu’il faut transformer! Et ce n’est là que 60 % de tout ce qui prend la route du dépotoir ou du centre de recyclage.Sqrviendrait-il que les budgets de l’Etat soient réduits, que les entreprises réclament plus de profits, qu’on ne serait pas long à se plaindre que les opérations de recyclage sont trop onéreuses: une tonne recyclée revient à 100 $, contre 40 $ pour une tonne enfouie.Et même à l’heure actuelle, certaines matières — le styrofoam et divers plastiques — s’avèrent non réutilisables.Ce qui est donc en jeu, ce sont des comportements sociaux qui font accepter que le superflu apparaisse comme nécessaire: on voit ainsi des ordinateurs ayant peu d’années d’usure prendre le chemin de l'oubli, tout comme chaque jour les divers emballages s'accu-mulent, avec les sacs de plastique qui les ont transportés, dans les bacs verts: autant de «beaux» gestes souvent sans portée réelle.Que l’on enfouisse encore, c’est malheureux Que l’on recycle, c'est tant mieux.Que l’on consomme trop, c’est dangereux! Et dire que le gaspillage s’opère aussi dans ce qui ne laisse pas au sol de traces apparentes, comme les eaux usées et les divers rejets atmosphériques.Nous sommes donc loin d’une terre verte, bleue, et bientôt blanche, que l’on donnerait en exemple ou en héritage.Normand Thériault Que l’on enfouisse encore, c’est malheureux.Que l’on recycle, c’est tant mieux.CANADA QUÉBEC SOLUTIONS Produits toxiques Recyc-Québec Cansolv Page 2 Page 3 Page 2 Communautés métropolitaines Cascade et Solmers Page 5 i Page 4 MONTRÉAL Écocentres Éco-quartiers Page 6 t LE DEVOIR.LE MERCREDI 6 OCTOBRE 2004 D 2 ENVIRONNEMENT Normes canadiennes Les Canadiens, ces grands pollueurs A l’échelle planétaire, ils sont les deuxièmes plus grands producteurs de déchets per capita Au Canada, la gestion des matières résiduelles relève principalement des provinces et des territoires.Toutefois, les autorités fédérales détiennent plus qu’un simple droit de regard sur les allées et venues de celles-ci, particulièrement lorsqu’elles proviennent de l’extérieur des frontières canadiennes.En fait, Ottawa a le pouvoir d’interdire l’importation des substances jugées dangereuses pour la santé et la sécuri- .i-s.* .a vv„; ^ ANDREW WALLACE REUTERS :iÆ f M : % « JL 19 -.J.x'cxx ' ¦ if, v mm.i wli i km W4S& On estime que 130 camions traversent quotidiennement les frontières, afin d’acheminer les 3500 tonnes d’ordures ménagères de Toronto vers le dépotoir de la petite ville de Sumpter Township, dans l’Etat du Michigan.té de sa population.ULYSSE BERGERON Le directeur du Sierra Club, Daniel Green, explique que «si un pays arrive à la conclusion qu’il est impossible de garantir la santé et la sécurité de sa population en laissant rentrer une substance, un État a le droit d’interdire l’entrée de la substance dans son pays».Il cite par exemple la décision de la F rance, en 2001, d’interdire l’importation de l’amiante canadien.Une question se pose alors: l’importation de matières résiduelles, plus spécifiquement celles de nature dangereuse, repré-sente-t-elle un réel danger pour la population du Canada?«Oui, soutient M.Green, mais visiblement lés gouvernements du Québec et du Canada semblent prêts à en accepter l’impact.Autrement dit, pour eux, l’impact sur la santé et l’environnement est acceptable.Alors il faut que la société civile canadienne se lève et dise: pour nous ça ne l'est pas!» A ce chapitre, il note les récentes analyses de sols effectuées à l’usine Bennett Environnemental de Saint-Ambroise, qui ont confirmé la présence élevée de furane et de dioxine qu’aurait engendrée le traitement de sols contaminés.Ces résultats d’analyses servent aujourd’hui d’argument pour les organisations qui s’opposent à la mise en fonction de l’incinérateur de Belledune, au Nouveau-Brunswick, lequel pourrait d’ici quelques semaines obtenir son permis d’opération et accueillir les sols contaminés américains.Gros volume On estime que, en 2000,1,1 million de tonnes de déchets dangereux ont été traités et éliminés au Canada.Une étude du chercheur torontois Mark S.Windfield démontre que le nombre de déchets toxiques importés au pays entre 1993 et 1999 a augmenté de près 500 %; il serait passé de 71 725 tonnes à 333 147 tonnes.Pourtant, au fil des années, le Canada s’est doté de lois et de règlements afin de contrôler le transport des matières résiduelles entre les provinces et les pays: la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (LCPE), le Règlement sur l’exportation et l’importation des déchets dangereux, le Règlement sur l’exportation de déchets contenant des BPC, le Règlement sur les préavis d’exportation de la Loi sur le transport des matières dangereuses et, finalement, le Règlement sur l’immersion de déchets en mer.Dans chacun des cas, les normes mises en place encadrent — sans toutefois empêcher — l’entrée au pays des déchets dangereux.Comme le stipule la LCPE, le Canada a la permission de respecter ses engagements internationaux en vertu de l’ALENA et de la Convention de Bâle du Conseil de l’OCDE sur le contrôle des mouvements transfrontaliers de déchets destinés à des opérations de récupération.L’importation au Canada de matières résiduelles est illégale à moins que celles-ci y soient acheminées «à des fins de valorisation», déplore le directeur du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets, Karel Ménard.S’il est interdit ici d’importer des déchets de l’étranger à des fins d’enfouissement, certaines municipalités canadiennes n’hésitent pas à exporte^ leurs déchets domestiques aux Etats-Unis.C’est le cas de Toronto, qui pourrait bien être aujourd’hui considérée comme la ville-reine de l’exportation dans ce secteur d’activité.On estime que 130 camions traversent quotidiennement les frontières afin d’acheminer les 3500 tonnes d’ordures ménagères de la métropole vers le dépotoir de la petite ville de Sumpter Township, dans l’Etat du Michigan.Émissions de C02 Mais voilà qu’au-delà des polémiques qui gravitent autour de l’importation et de l’exportation de matières résiduelles, plusieurs environnementalistes soulèvent le problème de la pollution engendrée par le transport des déchets.Une étude américaine avançait récemment qu’un camion sur six était destiné à la collecte des ordures.M.Ménard rappelle, à ce sujet, que l’émission de C02 est en soi «une forme de piatière résiduelle».A ce sujet, le bilan de la ges- tion environnementale au Canada dévoilé la semaine dernière par l’OCDE est critique.On y note, entre autres, qu’entre 1990 et 2000, les émissions de C02 ont augmenté de 10,1 % pour chaque citoyen, ce qui représente plus du double de la moyenne des pays membres de l’OCDE, qui se situe à 4,8 % — un pourcentage qui dépasserait les émis-sion$ par habitant enregistrées aux Etats-Unis.La Fédération canadienne des municipalités (FCM) publiait également la semaine dernière une étude {L’empreinte écologique des municipalités et des régions canadiennes) dans laquelle elle soutenait que, si tous les habitants de la planète consom- maient autant que les Canadiens, il faudrait quatre autres Terres pour supporter l’humanité.L’étude avance que, à l’exception des citoyens de l’Arabie Saoudite, les Canadiens sont, à l’échelle planétaire, les plus grands consommateurs — et, par conséquent, producteurs de déchets.Les dernières statistiques canadiennes portant sur la production de matières résiduelles sont également frappantes: 31 millions de tonnes de déchets non dangereux sont produites annuellement.La Nouvelle-Ecosse reste la province canadienne qui élimine la plus faible quantité de déchets non dangereux par habitant (459 kg), tandis que le Québec enregistre la plus forte quantité (936 kg).Le nombre de déchets toxiques importés au Canada entre 1993 et 1999 a augmenté de près 500 % Cansolv Technologies inc.Mettre fin aux pluies acides «Les compagnies considéreront l’avantage économique seulement lorsqu’elles seront forcées de tenir compte de l’environnement» Les raffineries de pétrole, les centrales thermiques et autres papetières disposent maintenant d’un outil de pointe pour éliminer les rejets de leurs usines dans l’atmosphère qui sont à la source des pluies acides.La société québécoise Cansolv Technologies inc.(CTI) a en effet élaboré un procédé permettant non seulement de piéger les émissions gazeuses de soufre, mais aussi de récupérer le S02 sous une forme à valeur marchande.Coup d’œil sur un produit à l’avenir prometteur.MYLÈNE TREMBLAY Chaque mois, Cansolv Technologies inc.reçoit entre 25 et 30 demandes d’information pour l’installation de ses imités de récupération de dioxyde de soufre.Bientôt, la PME sise à l’angle de l’avenue Christophe-Colomb et du boulevard Métropolitain pourrait bien voir ce nombre exploser.«Au fur et à mesure que les gouvernements hausseront les normes environnementales.les compagnies seront forcées défaire de la récupération et d’utiliser notre technologie», prévoit Marcel Ayotte, président de CTI.Pour l’heure, l’utilisation du procédé se fait principalement en Europe et aux Etats-Unis, où la réglementation en matière d’environnement est beaucoup plus sévère qu’au Québec.On retrouve ainsi ime unité de récupération dans la raffinerie de pétrole de la société ConocoPhilips en Californie, une autre dans l’usine d’incinération de produits sulfurés de la société Bayer en Belgique, et bientôt deux autres aux Etats-Unis, ime en Inde et une encore en Chine.Au Québec.seule la société Noranda, une usine de production d’acide sulfurique à Valleyfield, se prévaut des services de Cansolv.Pur recyclage Récipiendaire du Prix canadien d’innovation en développement durable 2003, deux fois finaliste aux Phénix de l’environnement dans la catégorie «Entreprise exportatrice de produits, de technologies ou de savoir-faire liés à la protection de l’environnement», Cansolv Technologies inc.a la ferme intention de se positionner comme un fournisseur à l’échelle mondiale de produits et de services spécialisés destinés aux multinationales de l’industrie lourde — raffineries de pétrole, usines d’affinage de métaux, usines de production d’acide sulfurique, papetières, usines d’incinération, centrales thermiques au charbon, etc.Le but de l’entreprise: traiter les émissions de dioxyde de soufre (SOT, les oxydes d’azote et le gaz carbonique (C02) crachées par les usines, qui sont en grande partie responsables des pluies acides, du smog et de l’effet de serre.«On travaille à l’élaboration de technologies offrant une gamme complète de produits de recouvrement des émissions dangereuses pour l’environnement», précise Marcel Ayotte.Brevetée en 1989 par Union Carbide Corporation, rachetée en 1997 par CTI et mise au point par cette dernière, la technologie d’épuration du SO, est la seule à être commercialisée pour le moment.Le procédé de recyclage du C02 n’a pas encore fait ses preuves sur le marché, tandis que celui visant à capturer le mercure est toujours en chantier.Le procédé de recouvrement du SO, est relativement simple.Il consiste à sélectionner, dans un premier temps, le dioxyde de soufre (S02) dans les écoulements d’air contaminé.Un procédé de régénération récupère ensuite le SO, sous une forme qui peut éventuellement être vendue en tant que sous-produit ayant une valeur.«H n'y a pratiquement pas de création de déchets», lance Marcel Ayotte.De façon plus sys-téntntique, l’installation de l’unité se présente sous la forme de deux tours, l’une d’adsorption, l’autre de désorption.Par exemple, les gaz s’échappant d’une raffinerie de pétrole s’infiltrent par le bas de la première tour et sont captés par un liquide absorbant à base d’amine.Le composé chimique voyage ensuite vers la seconde tour où il est chauffé à l’aide d’un bouilleur.Du SO, pur se dégage alors de la solution d’amine, prêt à être envoyé à toute usine utilisant le SO, en tant que produit Facteur coût CTI ne s'occupe que de la vente du procédé sous licence aux compagnies, qui doivent veiller à installer le système à proximité de l’usine hôte et à l’opérer.«Nous fournissons aux compagnies un design, une licence et l’absorbant.C’est à elles de construire le modèle et de le faire fonctionner», dit M.Ayotte.H fait remarquer que, très souvent les sociétés qui s’intéressent à la technologie Cansolv disposent déjà d’une usine d’acide sulfurique.«Le procédé leur permet de réutiliser un produit normalement rejeté dans l’air et d’augmenter leur production.» Ainsi, les avantages d’un tel produit sont d’ordre tant écologique qu’économique.«Mais les compagnies considéreront l'avantage économique seulement lorsqu'elles seront forcées de tenir compte de l’environnement», commente le président.Car il fout dire que les coûts d’installation du procédé peuvent en décourager plus d’un.Selon la quantité de S02 et le volume de gaz à traiter, lé diamètre des tours peut varier de 16 pouces à 40 pieds et présenter des frais allant de un million à.20 millions de dollars.«Les coûts d’utilisation du procédé demeurent compétitif, soutient Marcel Ayotte.Il est inférieur de 15 % à 25 % à celui des procédés conventionnels.» Mieux encore, la technologie Cansolv a démontré la capacité de fournir des résultats supérieurs à ceux des procédés existants, ce qui lui a valu rien de moins que k mention américaine de Best available com- ü!.« CLARO CORTES REUTERS Cansolv Technologies inc.compte faire valoir son expertise auprès des raffineries de pétrole qui souhaitent être conformes aux nouvelles réglementations du Clean Air Act (loi sur l'assainissement de l’air).mercial technology (BACT).Traitement complet Autre avantage significatif, selon le président: le procédé CTI génère très peu de sous-produits indésirables, contrairement à certains procédés tels que le gypse synthétique utilisé dans les centrales thermiques.«C’est un avantage majeur lorsque l’on sait qu’à elles seules, les centrales thermiques ont produit 36 millions de tonnes métriques de gypse synthétique, dont à peine 7,1 millions de tonnes ont trouvé un dé- bouché sur le marché.Le reste doit être enfoui, ce qui génère d’autres coûts.» Cansolv Technologies inc.compte maintenant faire valoir son expertise auprès des raffineries de pétrole qui souhaitent être conformes aux nouvelles réglementations du Clean Air Act Coi sur l’assainissement de l’air).La direction entend aussi mettre le cap sur le secteur de l'affinage des métaux, qui a récemment repris de la vigueur, et sur celui des papetières, et des usines d’incinération de produits sulfurés.Quant au segment des centrales thermiques, Cansolv se frotte les mains devant les chiffres: il existe 1024 centrales thermiques au charbon aux Etats-Unis seulement.Un bémol toutefois, selon Marcel Ayotte: les propriétaires de ces centrales sont réfractaires aux nouvelles technologies.Qui plus est, lesdites centrales requièrent de gros systèmes très dispendieux.«Il faudra du temps pour faire évoluer les mentalités, estime-t-il.Mais dès que les normes seront plus sévères, elles n’auront plus le choix.» LE DEVOIR.LE MERCREDI « OCTOBRE 2004 1) 3 ENVIRONNEMENT Québec L’objectif : recycler 65 % de tous nos déchets d’ici l’an 2008 «Ily aurait environ 85 % des choses qu’on jette qui seraient réutilisables» La quantité de déchets que les Québécois produisent chaque année est véritablement phénoménale: plus de 11 millions de tonnes, ce qui équivaut à 22 tonnes toutes les minutes, ou à une tonne et demie par personne! Qui plus est, ce tonnage tend à augmenter d’année en année, la production de déchets étant passée de 1,02 à 1,51 tonne par année par personne AGENCE FRANCE PRESSE Certains types de plastique sont très en demande, notamment les bouteilles de boisson gazeuse.llSifeS m % entre 1988 et 2002.CLAUDE LAFLEUR Depuis 15 ans, d’importants efforts ont été faits pour en recycler le plus possible.C’est ainsi que la quantité totale récupérée pour l’année 2002 correspond à 47 % de l'ensemble des matières résiduelles pouvant être mises en valeur, alors que l’objectif est de 65 % pour l’année 2008.«Les matières résiduelles, c'est tout ce qui reste après la consommation, explique Robert Lemieux, président-directeur général de Recyc-Québec.C’est évidemment tout ce qu’on met dans nos poubelles et dans nos bacs verts.Mais c’est aussi les produits “post-consommation” tels qu’une vieille télé, un vieux poêle ou un réfrigérateur et dont il ftiut faire quelque chose,.» M.Lemieux dirige la société d’Etat créée en 1990 afin justement de favoriser la récupération et le recyclage de tout ce qu’on jette.L’irrécupérable.En principe, tout serait recyclable! «On calcule qu’il y aurait environ 85% des choses qu’on jette qui seraient réutilisables, dit-il.Quant au 15 % qui reste, il pourrait être possible de le récupérer et de le recycler mais, ou bien on ne dispose pas pour le moment des technologies nécessaires, ou bien les coûts seraient prohibitifs.» Un bel exemple de la difficulté de recycler certains matériaux est offert par les appareils électroniques — les téléphones cellulaires, les ordinateurs, etc.— qu’on jette de plus en plus fréquemment Pour l’heure, il est possible d’extraire les métaux précieux des circuits électroniques de ces appareils mais le reste — en bonne partie du plastique, du verre et des matériaux synthétiques — est pratiquement irrécupérable.Il y a en outre des matériaux aussi simples que le styrofoam et les sacs de plastique dont on ne sait que faire.D’une part, on ne dispose pas d’une technologie permettant de recycler le styrofoam alors que les sacs de plastique ne sont que «du vent», c’est-à-dire qu’il faudrait en frire fondre des quantités phénoménales pour obtenir suffisamment de plastique.Par conséquent, ces produits fort abondants se retrouvent tout bonnement dans les sites d’enfouissement .et le récupéré Par contre, relate Robert Lemieux, on parvient à recycler presque entièrement les verres, le papier et l’aluminium.«Le verre a longtemps été un problème, dit-il, puisqu’on ne savait qu’en faire, sinon l’expédier vers l’Italie ou l’Amérique du Sud.Toutefois, aujourd’hui, l’industrie québécoise utilise tout le verre collecté.Les verres colorés sont entre autres transformés en laine minérale alors que les verres transparents servent à faire de nouveaux récipients.» Qüant aux papiers usagés, la situation est encore plus intéressante puisque l’industrie québécoise en manque et doit même en importer.«Les papetières souhaiteraient en avoir davantage, indique M.Lemieux.Le papier et le carton se recyclent facilement, la demande est bonne et les prix sont en hausse.» Nos entreprises en importent même plus de un million de tonnes des Etats-Unis ou d’ailleurs au Canada.Quant aux plastiques, tout dépend de leur nature, certains types étant même très en demande, notamment les bouteilles de boisson gazeuse.«Aucun problème non plus pour l’aluminium, indique le p.-d.g.de Recyc-Québec, puisqu’il faut 95 % moins d’énergie pour faire une canette à partir d’aluminium recyclé plutôt qu'avec de l’aluminium d'origine.» Par contre, si la demande dépasse l’offre pour certains matériaux, la situation pourrait changer le jour où l’on parviendra à tout récupérer ce qu’on jette.«Quand on aura doublé ou triplé la quantité de verre récupéré, aura-t-on toujours un marché pour le recycler?, dit-il.Il faut donc toujours aider le développement de l’industrie et du marché afin d’éviter que, éventuellement, l’offre dépasse les capacités de recycler.» Par conséquent, Recyc-Québec s’applique sans cesse à travailler de concert avec différentes entreprises pour se donner les outils et les technologies nécessaires.L’objectif visé par la société d’É-tat est de parvenir à recycler 65 % de tous nos déchets d’ici l’an 2008.Or, en 2002, on en recyclait 47 % alors qu’on ignore les progrès réalisés depuis.«On pense que c’est sans doute un peu mieux, avance Robert Lemieux, mais nous n’avons pas de chiffres précis pour le moment.Je pense donc que l’objectif de 65 % pour 2008 est ambitieux.Je ne vous dis pas qu ’on ne l’atteindra pas, mais c’est un objectif très ambitieux.» À nous de jouer •Un citoyen produit environ une demi-tonne de matières résiduelles par année», indique M.Lemieux;-le reste, environ l’équivalent d'une tonne par personne, provient du secteur “ICI”— industries, commerces et institutions — et de celui de la construction.Or, ces deux secteurs s’en tirent mieux que nous, les citoyens!» Ainsi, le taux de récupération du secteur ICI est passé de 50 % en 2000 à 57 % en 2002, alors qu’on rapporte que la quantité des matières résiduelles dirigée vers les lilières de mise en valeur s'est accrue de 25,1 % entre 2000 et 2002, une augmentation en bonne partie attribuable au secteur de la construction, de la rénovation et de la démolition.M.Lemieux insiste donc pour dire que chacun d’entre nous a un grand effort à faire puisque, déjà, les entreprises et le monde de la construction enregistrent de meilleurs taux de récupération.Ainsi, la quantité de matières résiduelles récupérées dans le secteur municipal — en bonne partie ce que nous jetons — augmente depuis 1992, en moyenne de 11,8 % par année.Toutefois, ce taux est passé de 16 % en 2000 à 20 % en 2002.La quantité récupérée de papiers et cartons, d’électroménagers et de matières com-postables est principalement responsable de cette augmentation.Quant à la collecte sélective des matières recyclables (le bac de récupération), le taux de récupération n'était que de 26 % en 2002.«Il y a beaucoup de gens qui font des efforts avec leur bac, indique le p.-d.g.de Recyc-Québec, mais il y en a aussi beaucoup d’autres qui ne les font pas.Rappelez-vous simplement que, pendant que nous met-, tons à la poubelle nos journaux, un million de tonnes sont importées par nos entreprises québécoises!» Recyc-Québec Le Québec récupère la moitié de ses déchets En 1990, le gouvernement du Québec créait la Société québécoise de récupération et de recyclage, mieux connue sous le nom de Recyc-Québec.Cette société d’État devait «promouvoir, développer et favoriser la réduction, le réemploi, la récupération et le recyclage de contenants, d’emballages, de matières ou de produits, ainsi que leur valorisation dans une perspective de conservation des ressources».Retour sur une opération en voie de réussite.CLAUDE LAFLEUR Il n’y a pas si longtemps encore, même pas 15 ans, on expédiait pratiquement tous nos déchets au dépotoir.«Disons que, avant 1990, il se faisait peu de chose, relate Robert Lemieux, président-directeur général de Recyc-Québec, comme dans toutes les sociétés d’ailleurs, le Québec n’étant pas particulier à ce chapitre-là.On trouvait tout simplement un trou et on y enterrait nos déchets, sans plus de problème!» M.Lemieux s’empresse néanmoins de souligner qu’il se frisait quand même un peu de récupération, notamment en ce qui concerne le papier journal.«Je me rappelle que, lorsque j'avais 12 ans, dit-il, j’habitais Québec et j’allais porter les vieux journaux chez des gens qui les recyclaient.On allait aussi au marché afin d’y revendre les paniers de fraises et de tomates vides.On n’a donc rien inventé en 1990!» Prise de conscience Ce qui a changé au cours de ces 15 dernières années, c’est qu'on a pris conscience des impacts de l'enterrement des déchets, et surtout des inconvénients de vivre près des dépotoirs.«On s’est rendu compte que le fait de remplir des trous avec de la matière résiduelle pouvait être néfaste pour la nappe phréatique, en plus d’incommoder de plus en pires les voisins.» En frit, les agglomérations prenant de l’expansion, elles ont fini par rejoindre les sites d’enfouissement générant des protestations de la part des résidants qui clament «On ne veut pas voir ça chez nous!» «Tout cela nous a amenés à nous poser des questions, de poursuivre le p.-d.g.de Recyc-Québec.Ne pourrait-on pas faire les choses autrement?Ne pour-rait-on pas réfléchir pour au moins nous assurer qu’on ne cause pas que des problèmes?» Il y a peut-être aussi l'éveil au développement durable car, de plus en plus, on se dit qu’il ne faut pas juste penser à nous, mais également à l’avenir: «Quelle planète laisserons-nous à ceux qui nous suivront?, s’interroge M.Lemieux.Tout cela nous amène à nous dire qu’il nous faut faire mieux.» C’est donc dans ce contexte que se développe Recyc-Québec.«Notre organisme a essentiellement une seule mission: promouvoir, développer et favoriser la réduction, la récupération et le réemploi ou le recyclage des matières résiduelles, dit-ü.On doit donc en parler et favoriser l’essor et le développement d'une industrie qui rend possible la réutilisation et la valorisation des matières résiduelles.» De frit le recyclage a donné naissance à un véritable secteur économique qui crée des milliers d’emplois.Recyc-Québec, qui compte aujourd’hui 51 employés, relève du ministre de l’Environnement et est administré par un conseil composé de 11 njembres représentatifs du milieu.Cette société d’Etat doit s’autofinancer, car elle ne bénéficie pas de crédits budgétaires du gouvernement Tant à faire.«C’est énorme, ce qui se fiait en matière de recyclage, de lancer fièrement Robert Lemieux, mais tout ce qui reste à faire est énorme aussi!» De frit les données compilées par Recyc-Québec indiquent qu’on ne récupère même pas la moitié des déchets que nous générons.Pour illustrer le chemin parcouru, M.Lemieux cite le bel exemple de la récupération des pneus usés.Si durant des décennies on entassait un peu partout les vieux pneus, void que ceux-d sont maintenant systématiquement récupérés et recyclés.«On pourrait dire que chaque Québécois consomme l’équivalent d’un pneu par année, indique M.Lemieux On procède donc à leur collecte et ces pneus sont expédiés vers des usines qui les réutilisent pour fabriquer d’autres produits, notamment des tapis pour les gymnases et les étables.Je puis dire qu’on recycle à peu près tous les vieux pneus», précise avec satisfaction M.Lemieux Mais il faut en outre «corriger» les pratiques du passé, c’est-à-dire disposer des millions de pneus abandonnés.«R y a quelques années, on estimait qu’il y avait probablement 15 millions de pneus disséminés dans quelque 200 à 250 sites, rapporte M.Lemieux Mais en réalité, mena trouvé beaucoup plus et dans 650sites!» D prédse toutefois qu’environ 640 de ces sites auront été vidés à la fin de cet automne, et que déjà dix millions de vieux pneus ont été envoyés dans des cimenteries qui les utilisent comme combustible.«Il reste maintenant les gros sites, style Saint-Amable, et là m s’aperçoit qu’m a probablement beaucoup plus de pneus qu’on l’estimait.Nous prévoyons terminer la destructim de ces pneus en 2008, mais comme il semble y en avoir beaucoup plus qu’m pensait, ça risque de prendre un peu plus de temps.» Soulignant que Recyc-Québec a dû relever un gros défi pour parvenir à arrimer la quantité de pneus disponible avec ce que peuvent recycler les entreprises, M.Lemieux indique que «de plus en plus, nous arrivons à établir un équilibre entre ce que nous utilisons au Québec et les besoins de l’industrie.Ainsi, par exemple, l’industrie a maintenant vraiment besoin de vieux pneus, ce qui fait qu ’on arrive à un certain équilibre».Plan global Outre la préoccupation d’arrimer l’offre et les ca-padtés de recyclage, le grand «dossier» qui accapare Recyc-Québec est actuellement l’élaboration pour l'ensemble du Québec d’un plan de gestion des matières résiduelles.«Je puis dire que c’est une opération qui va très bien actuellement, déclare le p.-d.g.de Recyc-Québec.L’idée est que toutes les municipalités régionales du Québec, les deux communautés métropolitaines et les sept ou huit villes centres soient tenues de produire un plan de gestion de leurs matières résiduelles.Cette démarche les amène à réfléchir à ce qui se passe chez elles: qu’est
de

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