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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier F
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2004-10-09, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 OCTOBRE 2 0 0 4 LITTERATURE Des nouvelles exemplaires de Mélanie Vincelette Page F 3 ESSAI Relire Yves Thériault Page F 5 o ?Maudit littéraire! Le professeur Robert Yergeau publie un ouvrage colossal sur les rapports troubles entre les écrivains et le mécénat d’État « Demande de bourse oblige, les écrivains jouent le jeu, quel que soit par ailleurs leur courroux contre le pouvoir et les institutions» ILLUSTRATION: TI F argent Yergeau constate la logique souvent tordue qu’impose le pourtant nécessaire mécénat d’État à la canado-québécoise LOUIS CORNELLIER Est-il possible d’être pn écrivain à la fois subventionné par l’État et parfaitement libre?L’art peut-il faire bon ménage avec l’argent sans se dévaluer?Dans un ouvrage colossal qui a dû nécessiter des milliers d’heures de travail, le professeur de littérature Robert Yergeau explore cette problématique et tente «de démonter ne serait-ce qu’une partie de la “fournaise” étatique qui alimente en dollars la maison littéraire québécois?».Le mécénat d’Etat part du constat suivant: «Des projets des candidats à la confection finale des listes des boursiers, de la soumission de manuscrits à la réponse des éditeurs, dort dans les Archives nationales du Canada (ANC) et du Québec (ANQ) une histoire littéraire en friche d’une très grande richesse.Or cette vaste terra incognita n’a jamais intéressé les chercheurs.» Yergeau, lui, a choisi d’aller y fouiller afin d’en faire ressortir les enjeux à lp fois littéraires et institutionnels liés au mécénat d’État «Les écrivains québécois, note-t-Q, ont sans cesse entretenu un rapport conflictuel avec l’argent.» Ce fiment par exemple, les déboires financiers d’un Crémazie condamné à l’exü et au silence.Ce fut aussi Valdombre tempêtant contre l’argent mais aussi contre un gouvernement du Québec qui méprisait ses créateurs.Grignon lui-même affirmait avoir écrit Un homme et son péché pour dire son horreur de l’argent mais aussi parce qu’il crevait de faim.Phis frondeur, Yves Thériault ne se cachait p?s d’écrire pour l’argent et d’en solliciter auprès de ÎÉtat dont il dénonçait les règles de fonctionnement tout en acceptant de jouer le jeu, c’est-à-dire en forçant la note québécoise auprès du ministère des Affaires culturelles (MAC) et la note canadienne auprès du Conseil des arts du Canada (CAC).Il incarne d’ailleurs une loi à peu près universelle en la matière: «Demande de bourse oblige, les écrivains jouent le jeu, quel que soit par ailleurs leur courroux contre le pouvoir et les institutions.» Jouer le jeu, qu’est-ce à dire, au juste?L’enquête menée par Robert Yergeau est si vaste (presque tous les écrivains québécois des années 60 à 80 y passent) et couvre teljement d’éléments — rapports idéologiques des États fédéral et québécois, enjeux de l’évaluation par les pairs, pouvoir des fonctionnaires, histoire des jugements de valeur occasionnés par le mécénat d’État, enjeux institutionnels qui sous-ten-dent tout le processus — qu’il est impensable de tenter de la résumer en détail.On peut à tout le moins en faire ressortir quelques cas de figure.Double attitude Celui de la revue Liberté, entre autres, est intéressant Seç dirigeants, au début affirmaient que le mécénat d’Etat entravait la «véritable liberté d’expression».«Mais, ajoute Yergeau, à partir du moment où ils recevront régulièrement des subventions et qu’ils s’imposeront de plus en plus dans le champ culturel, ils seront bien obligés de changer de discours; dès lors, le retournement sera complet: loin de brimer la liberté, le mécénat d’État la favoriserait.Opportunisme idéologique?Réalisme tactique?» Les choses, à la limite, auraient pu en rester là, mais c’était compter sans Hubert Aquin, qui se scandalisera rapidement du fait que «le Conseil fédéral des arts exerce un holding financier et idéologique sur la revue Liberté».Aquin, qui a par ailleurs travaillé à Radio-Canada, à l’ONF et aux Editions La Presse, démissionnera de la revue, mais il se retrouvera à peu près seul.Victor-Lévy Beaulieu, dans une lettre de 1971, l’appuiera et affirmera renoncer, lui aussi, à l’argent du fédéral.L’année suivante, pourtant, il aurait reçu deux bourses du CAC.«A d’autres reprises, remarque Yergeau, Victor-Lévy Beaulieu allait cultiver cette double attitude: le donneur de leçons en public; le profiteur du système en privé.» Et lui, dans cette galère, ne sera pas seul.En 1967, par exemple, Pierre Maheu, directeur de Parti pris, demandait une aide à la publication au MAC et au CAC.Sa lettre de demande au MAC insistait sur la note québécoise alors que celle au CAC éliminait toute référence au Québec! Yergeau souligne aussi, au passage, la posture d’un Pierre Falardeau qui «accuse indistinctement tous les créateurs d’avoir pris place à bord du paquebot de l’autocensure qui vogue sur la mer du mécénat d’Êtat» alors que «lui-même a bénéficié, pour ses films, de subventions fédérales».Sans s’autocensurer, faudrait-il peut-être ajouter toutefois.«Doit-on, demande l’essayiste, distinguer entre deux catégories de boursiers: ceux qui travaillent pour la juste cause de l'indépendance seraient justifiés d’aller chercher là où il se trouve, fut-ce chez l’ennemi, l’argent qui permettra de la faire avancer; et les autres, carriéristes de tout acabit?» Sans vraiment porter de jugement, Yergeau constate au moins la logique souvent tordue qu’impose le pourtant nécessaire mécénat d’État à la canado-québécoise.VOIR PAGE F 2 : YERGEAU Francine Ouellette Vf» net r»e OoellfTte Au nom du père et du fils Le sorcier I r «11m inc Ouellette au hum mnint 11 uu ut •» A II w>-i .l’Iii'.lfMi*1 tl*‘ jt"f ."01! ii‘,i .1 il M.ii ml , I : ut.h h- i lu.!M|i- , ,l i )• , ’ , |(, | J ultiiii .tilion i.li's Pijÿ'» il en Man! 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C'est sans parler des dizaines d’écoles secondaires et primaires qui s’en passent également.Mais pendant ce temps, les bibliothèques publiques tentent également d’assumer le nécessaire lien entre le public et les livres.La semaine du 17 au 23 octobre est celle des bibliothèques publiques.C’est l’occasion de les célébrer, d’apprendre à les connaître, de les apprivoiser.Selon les données publiées dans le rapport de l’Observatoire, les bibliothèques publiques du Québec ont connu jusqu’en 2001 une hausse de leur fréquentation, mais une légère diminution des prêts enregistrés.Les auteurs du rapport avancent que cette baisse pourrait être attribuable aux tarifs imposés.Les villes qui n’imposent pas de tarifs aux usagers voient en effet le nombre de leurs abonnés doubler.Le rapport précise aussi que la tarification touche les villes les plus petites du Québec, donc que «plus on s’éloigne des grands centres, plus on risque d’avoir difficilement accès au livre, à la lecture et à l’information».Mais cette piètre performance en matière de prêt au Québec pourrait aussi être liée au faible nombre de bibliothécaires qui y œuvrent (trois fois moins nombreux qu’en Ontario).Par ailleurs, les bibliothèques publiques du Québec offraient en 2001 2,36 livres par habitant, ce qui est mieux que les années précédentes mais toujours en dessous de la norme de trois livres par habitant visée par la politique de la lecture de 1998, que le gouvernement libéral a délaissée en arrivant au pouvoir.Le rapport indiquait enfin que les bibliothèques publiques étaient sous tension, d’abord parce qu’elles ont des difficultés financières, ensuite à cause de la complexité croissante des demandes de leur clientèle, puis parce qu’elles doivent s’ajuster aux fusions et aux défusions.Parmi les municipalités du Québec qui auraient pu faire mieux pour soutenir leurs bibliothèques, le rapport mentionnait les villes de Charlesbourg, de Sherbrooke, de Sainte-Foy, de Saint-Hubert et de Beauport.Un projet-pilote Mentionnons qu’en général, les bibliothèques publiques du Québec bénéficient d’un financement par habitant de 34 % inférieur à celui de l’Ontario.Et que dans l’ensemble du Canada, le Québec se classe sixième sur neuf en ce qui a trait à la qualité de son réseau de bibliothèques publiques, tout juste avant le Manitoba, le Nouveau-Brunswick et Terre-Neuve-Labrador.Ajoutons enfin tristement que 38 % des femmes et 58 % des hommes québécois disent ne jamais lire de livres, et on pourra conclure qu'on est loin des attentes qu’on pourrait avoir envers une société scolarisée, qui en plus se dit culturelle.Mais en dépit de tout cela, il reste des gens qui croient au pouvoir des livres et qui tiennent ce réseau à bout de bras.La Semaine des bibliothèques publiques se déploiera cette année «sous le signe de l’évasion et de la convivialité».Les organisateurs en profiteront pour lancer un projet-pilote, par lequel 12 bibliothèques serviront du café en même temps que des livres à lire.La porte-parole de la Semaine des bibliothèques publiques sera cette année Micheline Lanctôt L’événement mettra les femmes à l’honneur, celles-ci comptant pour les deux tiers des abonnés des bibliothèques publiques.Il faut encore espérer qu’elles arrivent à transmettre ce goût autour d’elles.Le Devoir Les bibliothèques publiques du Québec bénéficient d’un financement par habitant de 34 % inférieur à celui de l’Ontario 9 î & JACQUES GRENIER LE DEVOIR Le Château Dufresne sera l’hôte d’une vaste exposition sur la littérature jeunesse en avril prochain.3 «la.RilSâ 'WWW CAROLINE MONTPETIT Le projet «Montréal, capitale mondiale du livre» aura une antenne jeunesse dans les salles d’exposition du Château Dufresne, situé à proximité du Stade olympique.Communication jeunesse, cet organisme voué à la lecture auprès des jeunes, organise en effet une vaste exposition sur la littérature jeunesse au Québec, qui prendra place au Château Dufresne du mois d’avril au mois d’août 2005.Le projet vise à attirer les clientèles scolaires durant l’année, puis les clientèles familiale et touristique en juillet et en août.L’exposition occupera plusieurs salles du Château et pourrait compter des ateliers de création, une animation qui comptera sans doute des lectures et des soirées de contes, ainsi que, peut-être, un illustrateur en résidence, qui pourra à la fois répondre aux questions du public et produire une œuvre.Un volet de l’exposition sera consacré à l’Allemagne, où l’on trouve notamment la bibliothèque de la littérature jeunesse de Munich.L’exposition montée par Communication jeunesse à Montréal sera d’ailleurs itinérante.Elle doit faire une première escale à la bibliothèque Gabriel-le-Roy, à Québec, et prendre ensuite, en 2006, le chemin de l’Allemagne.Le Québec et l’Allemagne se promettent d'ailleurs des échanges d’écrivains, et peut-être aussi des résidences d’écrivains.«Nous espérons accueillir des artistes allemands ici, tandis que l’Allemagne nous rendra la pareille une fois là-bas», dit Johanne Gaudet, directrice de Communication jeunesse.Essor considérable La littérature pour la jeunesse a connu un essor considérable au cours des trente dernières années.«En fait, les spécialistes disent que la littérature jeunesse a débuté dans les années 20, 30 et 40», précise Mme Gaudet.Mais c’est dans les années 70 que le genre se précise, notamment avec l'avènement des Edi- tions du Tamanoir, qui sont devenues depuis La Courte Échelle.L’organisme Communication jeunesse, carrefour du milieu, a été fondé en 1971.Pour illustrer la prolifération de livres jeunesse à laquelle on a assisté depuis cette date, Mme Gaudet mentionne qu’en 1971, l’organisme avait recensé dix livres québécois conçus spécifiquement pour la jeunesse alors que, l’an dernier, il en dénombrait 458.Le Devoir Les poètes de rAmérique française Proposent Un récital de Pierre Nepveu Un poète des éditions Le Noroît Avec Robert Huard, basse Nathalie Tremblay, piano Une présentation de Guy Cloutier Mardi 12 octobre Maison de la culture Plateau Mont-Royal 465, av.du Mont-Royal K., Montréal (514) 872-2266 EXCEPTIONNELLEMENT Mercredi 13 octobre Chapelle du Musée de l’Amérique frauyaise-2.Côte de la Fabrique, Québec (418) 692-2843 LIBRAIRIE BONHEUR D’OCCASION Livres d’occasion de qualité Livres d'art et de collections Canadiana Livres anciens et rares Littérature Philosophie Sciences humaines Service de presse Achetons à domicile 514-522-8848 1-888-522-8848 4487, rue De La Roche (angle Mont-Royal) bonheurdoccasion@bellnet.ca NOUS NOUS DÉPLAÇONS PARTOUT AU QUÉBEC, POUR L’ACHAT DE BIBLIOTHÈQUES IMPORTANTES.Olivieri librairie » b i s t r OLIVIERI Au cœur de la littérature Jeudi 14 oct.à 19 heures Places limitées Billets en vente à la librairie 5 $ 5219 Côte-des-Neiges Métro Côte-des-Neiges 739-3639 t SUITE DE LA PAGE F 1 Une autre aporie créée par ce système est celle «du couple antinomique de la subversion et de la subvention».Denis Vanier, par exemple, a reçu douze bourses du CAC et huit du MAC.Ainsi, «le poète de la marginalité la plus intransigeante a entretenu un commerce intense avec le mécénat d’Etat.Comment ne pas interroger cette posture paradoxale?».Que dire aussi de Nicole Brassard, «cette propagandiste de la subversion» qui a «accepté toutes les couronnes que l’institution littéraire a tressées sur sa tête de résistante, no- Causerie avec Denys Arcand À l'occasion de la parution de L’Ange exterminateur, biographie de Denys Arcand écrite par Réal La Rochelle, publiée aux éditions Leméac Animateur Réal La Rochelle professeur et critique de cinéma, également spécialiste d’opéra.Petite « Ceux et celles (nombreuses, il va sans dire)) qui ont apprècie'le premier roman de Maxime Mongeon retrouveront dans fVMr l'intelligence et la sensibilité propres à cet écrivain.- Maxime Mongeon est un autem de talent et il sait mener un livre sans laisser le lecteur sur le seuil de la porte.On le suit, on le ctoit.¦> Yergeau tammentson intronisation à l’Académie des lettres du Québec, la présidence de la Commission du droit de prêt public, les prix et les bourses?Je l'ai dit; je le répète: le pouvoir, c’est toujours les autres, même et surtout quand on est en plein dedans».Ce pouvoir institutionnel, dans les années 60 et 70, avait aussi des noms qui étaient ceux de quelques fonctionnaires culturels (Naïm Kat-tan) et ceux des membres habituels des «académies invisibles» chargées d’évaluer les projets, c’est-à-dire, entre autres, Jean Éthier-Blais, Gilles Marcotte et Jacques Brault Robert Yergeau ne se fait pas d’illusions.Il se doute bien que son enquête, éclairante mais douloureuse, sera mal accueillie.On l’accusera probablement de mépriser ceux dont il parle et de ne pas saisir qu’il n’y a pas de honte à être subventiopné puisque, sans ce mécénat d’État, le «champ de production restreinte» serait condamné.Le projet de Yergeau, pourtant, ne vise pas vraiment à juger ou à dénoncer mais à mettre en lumière une logique dont il s’agit de ne pas être dupe: «Mais tenter de mieux comprendre les enfeux de l’art et de l’argent à l’aune du mécénat d’État ne représente pas une façon d’instrumentaliser ni de réifier les écrivains.Au contraire, même.C’est mesurer, de la manière la moins inexacte possible, ce qui, d’Octave Crémazie à Hélène Manette, constitue les grandeurs et les misères de la vie littéraire, rendant du même coup plus admirable, parce que plus réel, le parcours des écrivains.» Un livre sévère mais nécessaire et courageux.louiscornelliertiiparroinfo.net ART, ARGENT, ARRANGEMENT Le mécénat d’État Robert Yergeau David Ottawa, 2004,632 pages Félicitations à Luc Desaulniers Professeur à i'ilniversité du Québec à Rimouski Lauréat du Prix du ministre de l’Éducation pour son ouvrage didactique NaviSim SPPUQAR Syndicat des professeurs et des professeurs de f Université Ai Québec à Rimouski •»'-V > Stéphane Despabe.314) 5?4 5558 >en>eAC(' C!I> 632 pages — 25 $ Art, argent, arrangement : Le mécénat d État par Robert Yergeau La face cachée de l’histoire littéraire du Québec depuis les années soixante révélée dans un essai percutant.Al Les Id Les Éditions avid (613) 830-3336 wwwI.sympitko.cA/ciUHkl LE DEVOIR.LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 OCTOBRE 2004 F Pur délire oracio Castellanos Moya a écrit une dizaine de romans et d’es-¦tais.Né au Honduras, il a passé la majeure partie de sa vie au Salvador.Son activité journalistique et politique l’a contraint plusieurs fois à s'exiler, n a longuement résidé au Canada, puis au Costa Rica et au Mexique, où il vit aujourd’hui.En tant que journaliste, il a été, outre correspondant de divers organes de presse latino-américains, le directeur du premier hebdomadaire de l'après-guerre au Salvador, Primera Plana.Un premier roman.Le Dégoût, paru l’an dernier à la maison des romans miniatures Les Allusifs, nous révélait l’époustouflante maîtrise du monologue intérieur, l’écriture nerveuse et l'humour au vitriol de cet écrivain.La Mort d’Olga Maria confirme la puissance d’une parole démesurée, excessive, derrière laquelle se profile un témoignage impitoyable sur la difficulté d'établir la vérité dans la société corrompue et opaque du Salvador de l’après-guerre civile.Long soliloque Entre 1979 et 1992, la guerre civile a fait plus de 80 000 morts.L’action du roman se situe après la signature des accords de paix entre le gouvernement et la guérilla marxiste du FMLN (Front Fa-i abundo Marti de libération nationale), convertie en parti politique à la fin de la guerre.Le pays connaît des années de récession, d'instabilité sociale, de délinquance et de criminalité.Au sein de la minorité possédante (oligarchie et militaire) dont font partie Olga Maria et son amie Laura, chacun manœuvre pour soi-même sur un fond d’opportunisme politique, de scandales financiers et de narcotrafic.Le paysage politique et social planté (documentaire), le romancier donne libre cours à son imagination (fiction) en dessinant le portrait caricatural de Laura Rivera, une bourgeoise mondaine, superficielle, anticommuniste, anticléricale et totalement obsédée par les beaux garçons qui «lui mettent Veau à la bouche».Son mariage avec Alberto, faut-il le préciser, a été désastreux.Au lit, affirme-t-elle, elle devait toujours prendre l’initiative: «Je te jure que j’ai toujours dû mener la danse: il restait couché dans le lit, en tee-shirt, chaussettes aux pieds, comme une grosse planche.Il disait, bien sûr, que s’il enlevait son tee-shirt et ses chaussettes il prendrait froid.Une calamité.Je ne sais pas si tous les financiers font autant de chichis.» La narratrice (Laura) s’adresse dans un long soliloque à une inter- 1 locutrice invisible.Elle n'arrète pas de parler à propos de tout et de rien, mêle ragots et élucubrations, dit le maximum de mots en un minimum de temps, ne reprend pas une seule fois son souffle.La légèreté et le rirç demeurent A San Salvador, Olga Maria est assassinée devant ses deux fillettes.Le meurtrier, un ancien militaire, est arrêté.Il refuse de collaborer, l’enquête piétine, s’enlise.Suzanne «H va se passer avec l’as-Giguère sassinat d'Olga Maria ce qui se passe avec tous les assassinats dans ce pays: les autorités ne trouveront rien et les gens oublieront l’affaire.» Laura décide de mener sa propre enquête.Elle croise sur son chemin un flic fouineur et intrigant Handal (nom véridique d’un des dirigeants historiques du FMLN et du parti communiste sahadorien), un détective privé et une journaliste opportuniste.Tous les trois embrouillent l’enquête plus qu’ils ne l’éclaircissent Docu-fiction Le lecteur est entraîné dans un dédale d’hypothèses bizarres, de soupçons et de déductions formulés par Laura.Une à une, les pièces du puzzle commencent à s’emboîter.Olga Maria, pour répondre aux infidélités de son mari, avait pris quelques amants: un artiste hypersensible, instable, à moitié communiste, un député du Parti au pouvoir, riche commerçant de coton et futur candidat à la présidence de la République, et quelques autres.Chacun avait des motifs pour l’éliminer.L’histoire avance par cercles concentriques.Un fil permet de démêler l’écheveau noué d’intrigues: «quelque chose qui semblait l’escroquerie du siècle».Comme dans Le Dégoût, Horacio Castellanos Moya surprend le lecteur aux dernières pages de son récit avec une subtilê mise en abîme qui éclaire à rebours tout le roman et sa construction.Dans ce pays qui rend fou, les individus doivent fragmenter leur personnalité pour survivre, au risque de s’anéantir dans le ressassement obsessionnel ou la schizophrénie.La force de La Mort d’Olga Maria, à mi-chemin entre le documentaire et la fiction, repose sur l’humour sous-jacent incisif et l’écriture torrentielle qui dévale et engloutit tout sur son passage.L’excellence de la traduction qui jamais ne s’essouffle rend compte de ce «pur délire».LA MORT D’OLGA MARIA Horacio Castellanos Traduit de l’espagnol par André Gabastou Les Allusifs Montréal, 2004,160 pages Lib e r Jacques Senécal Manières de dire, manières de penser Initiation à la réflexion critique sur les lieux communs MANIERES DE DIRE MANIERES DE DENSER 156 pages, 22 dollars ¦ ITTERATURE NAM LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE L’amour sans fard et sans pitié Onze nouvelles exemplaires de Mélanie Vincelette CHRISTIAN DESMEULES Elle a la phrase alerte, les mots pour le dire, le ton juste.Avec juste ce qu’il faut de détachement Et si peu d’illusions quant à l’amour il va, il vient il se fait attendre ou il ne se pointe jamais.L'œil et la plume bien aiguisés, elle épingle sans fard et sans détour nos faillites les plus intimes.Née à Montréal en 1975, Mélanie Vincelette est l’auteure d'un premier recueil de nouvelles plutôt bien accueilli par la critique.Petites géographies orientales, publié chez Marchand de feuilles (2001) dont elle est l’éditrice.Plusieurs de ses textes ont été publiés dans diverses revues littéraires au Québec comme à l’étranger.Elle fait partie de ces jeunes écrivains, estime-t-on chez Le-méac (son nouvel éditeur), qui •apportent un souffle nouveau à notre paysage littéraire» — et qui commencent à remplir déjà fort bien leurs promesses.Cette fois encore, ce sont des nouvelles tout en finesse et en sensibilité.Des personnages enfermés dans leurs frustrations, leur incapacité, leurs déceptions systématiques.Des amoureux silencieux et médusés, «jaloux de la vraie vie».Des gens souvent sans courage.Une radioscopie en douce de l’infidélité amoureuse.Et parfois aussi un peu de cet Orient lointain et bigarré qui nourrissait déjà une part importante de son œuvre.Comme dans cette autopsie d’une rencontre mort-née entre une journaliste québécoise et un photographe japonais: «Dans ce marché rempli de geishas perchées sur leurs sabots de bois, j’aperçois ton ombre au tournant d’une échoppe et dans ma main, il y a mon cœur en éclats.Je te vois à tous les coins de rue.J’ai ton image imprimée sur la rétine» (Qui a tué Magellan?).Sous ce thème plutôt souple, on trouve ainsi un peu de tout: un homme se décompose au souvenir d’une femme disparue (Juliette Guerre)-, une jeune femme amoureuse d’un homme marié qui pourrait être son père et dont elle vient d’avoir un enfant, son «petit péché tout rose», se retrouve seule avec ses craintes et son Z Mélanie Vincelette amour (Cassandre) ; un honune timide est amoureux de sa jolie voisine qui le considère comme une quantité négligeable (La calvitie du geai bleu).Il y a le propos, bien sûr, mais il y a aussi la manière.Et c’est là que le talent s’emboîte vraiment.En virtuose de l’incipit, Mélanie Vincelette sait comment s’assurer l’attention de son lecteur.Quelques exemples de premières phrases bien envoyées?«Les Ivoiriens d’Abidjan aiment manger des chauves-souris avec de la confiture de groseilles.Gabriel Contamine, lui, aime manger des petits pois Le-Sieur, le vendredi soir, assis devant la télé» (Les cinq postulats d’Eucli-dé).«Aimer Juliette Guerre était comme aimer une rivière de mercure, une dune de sable, une hyène» (Juliette Guerre).«Mon frère est né dans un pot d’épices à steak» (Un bœuf sur la langue).«On devrait toujours avoir une petite bouteille de whisky sur soi en cas de morsure de serpent» (Maîtresse des sorbets).Cette vivacité très forte, à laquelle s’ajoute un art de l’énumération florissante, confère à ses phrases quelque chose d’étonnamment dense et léger à la fois.Avec concision, l’écrivaine dessine le contour des choses et des êtres, habile à cerner l’accessoire jusqu’à ce que se dégage l’essentiel.Un coin de ciel bleu aperçu dans un süence embarrassant, un Hénoch Jédésias ou Les mystères de New York Hénoch Jédésiasi | ^ .« B |l,es mystères de New York | Alftxtl M- rrnti par Alfred Mercier Édition critique établie et présentée par Reginald Hamel Un roman inédit du plus grand auteur louisianais du siècle dernier, présenté dans une édition critique établie par le célèbre historien littéraire Reginald Ilamcl, dont Alexandre Dumas père, tenta d’acheter le manuscrit afin de le faire publier sous son nom.367 pages, 24,95$ Les chemins retrouvés de § a Ltèci/EEe, 9w 'J par Ismine Toussaint Témoins d’occasions au Québec Par des témoignages exceptionnels d’amis, de journalistes et de spécialistes de l’oeuvre de Gabriclle Rtrs, Ismi-nc Toussaint nous dévoile un autre visage de la femme de lettres, à la fois familier et inconnu.536 pages.39.95$ Isntèm: Ttm**«int 1 Le* chemins retrouve» de filon ; TétacKt» 4'«.***è«*n A.KrvuuMIW Wt «u*e EN VENTE PARTOUT Stanké ^ n ouitcut Mtüu © MATHIEU TEU.IEK t-shirt qui ondule au vent sur une corde à linge.Une main qu’on effleure.Et c’est la tristesse infinie et programmée de l'amour avorté qui s’insinue entre les lignes.Car l'amour, n'est-ce pas, «est un châtiment par lequel nous sommes punis de ne pas avoir pu rester seuls».Avec un talent indéniable, des choses à dire sans faire de bruit, Mélanie Vincelette s’impose comme une nouvelliste de premier plan avec ces portraits instantanés et sensibles d’hommes et de femmes qui tombent de haut ou ne s’envolent jamais bien loin.Drôle ou triste, parfois sans pitié, l’écriture impressionniste de Qui a tué Magellan?ne pourra laisser personne indifférent.De vraies nouvelles réjouissantes.QUI A TUÉ MAGELLAN?ET AUTRES NOUVELLES Mélanie Vincelette Leméac Montréal, 2004,124 pages ÉCHOS Le livre en Estrie Le Salon du livre de l'Estrie ouvrira ses portes du 14 au 17 octobre prochain, sous le thème «Osez le livre».C'est la 26' édition de ce salon, qui a été fondé par l’Association des auteurs des Cantons-de-l’Est en 1978.Jean-Claude Germain en sera cette année le parrain d’honneur.Le gros des activités se tiendra au Centre culturel de t’Université de Sherbrooke.Mais on prévoit aussi une tournée pré-salon dans les ecoles, ainsi que des expositions et des rencontres avec les écrivains, notamment au bar Le Loubard de Sher-brooke, ou encore à la Maison des arts et de la culture de Brompton.Pour renseignements: Gérald loBIfjnr / , i ¦ - - (514) 524-5558 leroeac^leméac tort Pierre Vadeboncœur Isabelle Daunais Michel Morin Lakis Proguidis Jean Bédard Gérald Boutin Bernard La Rivière Georges Leroux Monique LaRue Pourquoi’ réformer les cégeps ?rinconvénient no 18 www.mconvenient.ca t 1 LE DEVOIR.LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 OCTOBRE 2004 F 4 4P Littérature LITTÉRATURE ANGLAISE Quelle vie ?JOHANNE JARRY TV 4" on enfant ne gaspillera pas ^IVl son énergie à lutter contre le destin», décrète la mère de Nazneen en refusant de laisser transporter son bébé naissant (en danger de mort) à l’hôpital.Plus tard, on rappelle souvent à la petite survivante comment elle a été confiée à son destin.Une fois la petite sauvée, on agit de manière à ce que s’accomplisse son destin de femme bangla-daise: à seize ans, elle est mariée à un quadragénaire, avec qui elle devra vivre en Angleterre.Sa sœur Hasina, plus rebelle, refuse qu’on l’empêche de choisir qui aimer, elle s’enfuit donc de la maison paternelle avec celui qu’elle veut épouser, laissant sa sœur affronter seule les voies de sa destinée.Dans le quartier de Brick Lane où vivent «trots virgule cinq Bangla-dais par pièce», Nazneen ressent une double étrangeté: être la femme d’un inconnu et vivre dans un i dont elle ignore les codes et la ue.Mais, bonne nature, même à Nazneen ne trouve aucun charme à son mari Chanu, elle apprécie qu’il ne la batte pas, comme le fait le mari de sa sœur Hasina qui, désenchantée de l’amour, lui écrit iqu’elle doit quitter le domicile conjugal et s’installer en ville où elle pourra travailler.Nazneen voudrait que son mari aide sa sœur mais, selon lui, Hasina doit assumer les conséquences de ses actes: respect des traditions ou lâcheté?Pendant qu’Hasina gagne sa vie en usine, Nazneen devient mère d’un petit garçon, le centre de sa vie, autour de laquelle gravitent quelques femmes de l’édifice où ils habitent, microcosme d’une communauté qui tente de se tailler une place dans la société anglaise.Certaines femmes, comme Razia, veulent feüre de l’Angleterre leur pays.Elles apprennent l’anglais à l’université, délaissent le sari pour porter des vêtements occidentaux; elles adoptent les mœurs des Anglais, s’intégrent au paysage.D’autres, comme.mari de Nazneen, maintiennent les liens avec le Bangladesh grâce à la nourriture, à la littérature et aux coutumes qu’ils se font un devoir de transmettre à leurs enfants.Mais chez lui, cet attachement au pays n’est pas synonyme de fermeture.Amoureux inconditionnel de la littérature anglaise, Chanu est un homme curieux qui valorise le savoir, empile les diplômes, espérant toujours obtenir la promotion à la hauteur de ses compétences.On découvre à travers ce personnage, souvent traité grossièrement par son entourage, comment sa soif de connaissance lui permet d’être plus ouvert et perspicace.et ce malgré son manque d’éclat et ses nombreux échecs.Les projets de Chanu ne débouchant pas sur les succès (financiers) espérés, Nazneen réussit à le convaincre qu’eDe peut travailler à la maison.C’est ainsi qu’elle rencontre Karim, jeune musulman engagé qui tente (avec encore plus de ferveur après les événements du 11 septembre) de calmer les esprits enflammés de quelques musulmans tout en défendant les valeurs religieuses des siens.Mais pour Nazneen, Karim, c’est le dés sir, désir auquel elle s’abandonne avec puis sans culpabilité, jusqu’à en tomber malade.Sept mers et treize rivières, premier roman de Monica AH fort bien accueilli lors de sa parution en anglais, pourrait se lire en écho à LE-quilibre du monde, où l’écrivain Ro-hinton Mistry introduit le lecteur à tous les aspects qui composent la réalité indienne.Monica Ali a concentré son récit sur des personnages de l’exQ, qui vont donner naissance à des enfants qui adopteront la culture de leur pays d’adoption ou qui reprendront le chemin de celui de leurs parents.La romancière réussit à singulariser le développement de thèmes souvent exploités, plus partieuHèrement les passages concernant le choc des cultures, la passion érotique qui ébranle Nazneen et la résistance des femmes.Mais c’est surtout avec le personnage de Nazneen que la romancière incarne cette complexité en créant une entité féminine imprévisible, qu’on imagine trop rapidement privée de volonté.Une femme dont on mesure le désarroi en lisant les lettres qu’eDe échange avec sa sœur, correspondance dans laquelle Hasina détaille la vie diffkHe que hii inflige son statut de femme divorcée à Dacca et où Nazneen, pour ne pas l’inquiéter, écrit inlassablement que les siens se portent bien.Cette femme, réussira-t-elle à foire sa vie?Le roman de Monica Ali montre les chemins où elle s’engage en rêvant, contre son destin, d’être aussi gracieuse qu’une patineuse.SEPT MERS ET TREIZE RIVIÈRES Monica AH Traduit de l’anglais pqr Isabelle Maillet Editions Belfond Paris, 2004,464 pages LITTÉRATURE FRANÇAISE Les libertins de Pétrone, selon Pierre Combescot Pour souligner le 30e anniversaire de publication du best-seller S’aider soi-même de Lucien Auger, les Éditions de l'Homme ont decide de faire peau neuve a l'ancienne ‘collection GM et de regrouper sous la^banmère de leur toute nouvelle collection—~— les livres portant sur la communication et les relations interpersonnelles.N (VERS AIRE L (CATION _____ fvxt.-/ "'i:—¦ I.IM I f N A U (i f R tu Cl f.N A U 6 f.H S’AIDER SOI-MÊME VAINCRE SES PEURS Kl» m.S il - A H N jUJ U LA PERSONNE HUMAINE PETIT CODE DE IA COMMUNICATION Sues editions de] fiTCiT' L’HOMME IjLVts w w\\ etl Imrnmtvt om .wTolerance.ca Le webzine sur la tolérance www.tolerance.ca présente : ALEXANDRIE - MONTRÉAL : REGARDS CROISÉS Cosmopolitisme, tolérance et diversité .- réalité ou illusion ?Des écrivains montréalais originaires d’Égypte témoignent.Le dimanche 17 octobre 2004 Bibliothèque du Mile-End, 5434, avenue du Parc, Montréal, de 13 à 16 heures.En présence de : Maurice Élia, auteur notamment de Lunes bleues d’Alexandrie, critique de cinéma, Bernard Lévy, auteur notamment de La nuit des interrogations, critique d’art, directeur de la revue Vie des Arts, Victor Teboul, auteur notamment de La Lente Découverte de l'étrangeté, directeur du webzine Tolerance.ca et avec l’aimable participation de Mireille Galanti, présidente, chapitre de Montréal de l’Amicale Alexandrie Hier et Aujourd’hui.Causerie animée par : Osée Kamga, écrivain et critique littéraire, auteur notamment de La tourterelle noire.Au programme -.Récits, lectures d’extraits d’oeuvres, projection de diapositives, discussion avec l’assistance.Séance de signatures.Entrée libre, sans réservations.Également sur Tolerance.ca ce mois-ci : * Laure Waridel, pionnière du commerce équitable, par Frédéric Denoncourt * Torah, sionisme et anti-sionisme, la critique du livre de Yakov Rabkin, par Osée Kamga * Le Départ d'Égypte par Victor Teboul A DÉCOUVRIR SUR VOTRE ÉCRAN.Tolerance.ca se place au premier rang des engins de recherche les plus populaires.Informations : www.tolerance.ca L’événement «Alexandrie-Montréal : regards croisés» est organisé dans le cadre d’un projet réalisé É grâce à la contribution financière de Patrimoine canadien.Tolerance.ca remercie les responsables de la Bibliothèque du Mile-End pour leur aimable collaboration.GUYLAINE MASSOUTRE Marseille, an 99 ap.J.-C.Pierre Combescot loge là un personnage, un certain Lysias, narrateur fictif d’une histoire abracadabrante.Inspiré par une œuvre mystérieuse, Satiricon de Pétrone, écrit en 60 de notre ère, Ce soir cm soupe chez Pétrone raconte la vie du fameux auteur.Qui ne connaît ce classique de la littérature latine, cette œuvre codée, allégorique et lacunaire, dont des fragments énigmatiques nous sont parvenus?Rappelons l’époque.A Rome, Trajan marche vers l’apogée de l’empire.Du côté des mœurs, les derniers JuHoClaudiens — CaHgu-la, Claude et Néron — ont posé les jalons d’une joyeuse déconfiture.Pétrone, dans le Hcendeux Satiricon, c’est-à-dire «Histoires mêlées», la raconte.Avec une ironie et un art des jeux de langue quasi intraduisibles sont décrits des faits présumés, datant de vingt ans auparavant, au temps de Claude.Combien d’éditions de ce classique n’ont abouti qu’expurgées, les traducteurs et exégètes de Pétrone renonçant à relever les défis d’un style qui nécessiterait la foüe d’un Joyce croisée avec celle d’un Sade! Certains s’en sont inspirés, du Quo vadis?(1895-96) du Polonais Sienkiewicz à la version hollywoodienne de Leroy, avec Peter Ustinov et Robert Taylor.Fellini a ité son Satiricon.son tour, Combescot aborde cette œuvre en s’autorisant des H-bertés.De là vient un ouvrage aussi curieux que divertissant et sombre.Il ramène vers des temps horribles, d’une violence rare.Détonnant, tonique et tonitruant.Ce soir on soupe chez Pétrone masque un drame où luxe et sexe riment avec tristesse et où la furie des caractères s’alKe au goût du sang.Un monde à la dérive L’auteur prête sa voix à un gitan devenu vieux, Lysias, un Grec qui pourrait figurer chez Pétrone parmi les favoris de sa folle jeunesse marseillaise.Mais ce personnage est inventé, comme si le doute qui plane sur l’identité de l’écrivain latin attisait l’invention romanesque.Un certain Pétrone est à ce jour connu: il a été gouverneur de Bithynie, puis consul à Rome.Revenons au livre de Combescot.Là, Lysias établit une chronique où se confondent les pages du livre réel.Il se termine sur lé suicide de Pétrone, tombé en disgrâce trente-quatre ans auparavant.Qu’importe les fantasmagories de l’esprit picaresque, les débauches de thermes, les conversations épicées, les repas à surprises, les rituels liés à quelque vengeance, puisque Combescot relit l’œuvre satirique «au ramage élégant».Des êtres Hbidineux et cruels se partagent les honneurs de l’écriture: des «imperators dingos, assassins honorés du laticlave», des «partou-zards impuissants» de toutes catégories, patriciens, affranchis, mondains, faussaires, assassins à la solde, héros celtes, pédales vénales, prostituées, fieffées matrones et veuves chaudes apparaissent donc en succession Ces amis de Pétrone constituent ici une galerie haute en couleur.L’ambiance de pègre couronnée de lauriers est bien campée.L’argot salé des milieux Kbertaires joue un rôle de premier plan dont on saisit qu’il s’agit d’une mode et d’un tour contemporains.Combescot s’amuse, rieurs à ses côtés.La gauloiserie affranchie trouve id son maître! Mais, passé l’appel racoleur, l’anarchie plus que douteuse des outrances romaines fait frémir.Sexe, scandales, corruption, assassinats, persécutions, toutes les prévarications d’usage chez les tyrans font un mélange choquant avec l’insouciance qui préside aux plaisanteries scabreuses.Qu’on fasse revivre une période oubtiée, ses rites et ses lois, et pour cause, n’est pas inutile; qu’on se délecte du charabia de Suburre, le quartier chaud de Rome, est plus inquiétant Combescot est-il aussi savant que Pétrone lorsqu’il décrit son roman comme une «dérive aventureuse où trois gaillards du tri-mard, niqueurs de première [.] s’ingénient à filouter la vie»?Certes, l’ouvrage distingue les attraits malsains des formes humaines du désir, mais elle les chapeaute d’un voyeurisme égrillard.Ce roman a toutefois le mérite de créer une ambivalence.D suscite une aversion pour ces canailles huilées au cynisme insondable.Toujours prêts à quelque décharge immonde, le poison dans une main, le glaive tranchant dans l’autre, les faux amis de Petrone constituent le gratin infréquentable du pouvoir et de ses pompes.Ils déblatèrent en chemin, médisance id, calomnie là, potins variés aux saveurs mortifères, et ils cuisinent l’histoire.Mais, à retire Le Sexe et l'Effroi, l’essai de Pascal Quignard, on mesure les différences de point de vue.Combescot a id préféré l’orgie de vocabulaire XXX aux visions plus distantes et comparées de l’autre.Aucune entente sur l’affirmation de décadence ou pas; mais un point commun, le mystère d’un manuscrit à la rumeur faussement joyeuse: «S’y respiraient aussi la misère, la débine, la sueur, la soif et la faim», résume le narrateur de ce souper.Les relents de puanteur concernent bien l’art des puissants: entretenir la fronde pour mieux fomenter les grands crimes du désordre établi.Pour Combescot, Pétrone est un «anarchiste mondain», un pessimiste en attente «que tout explosât».Un poète?Combescot ne le dit pas.Trop d’humour et de morgue, peut-être, Pétrone?Brave et fataüste?Ce collecteur d’anecdotes et de boniments se cache en fait derrière les masques des carnavals que programment, à répétition, les cyniques du monde.CE SOIR ON SOUPE CHEZ PÉTRONE Pierre Combescot Grasset Paris, 2004,357 pages (Donneurs Les écrivains dans la ville Linda AMYOT Geneviève PICttÉ Karen RICARD Stefan PS EN AK Louis HAMEI ,t\ Brigitte CARON lean Paul DAOt 'ST Bruno ROY Olivier BOURQUE Andrée-A.MICHAUD Stanley PL AN Danielle DUSSAULT Jean Pierre GIRARD Louis CARON Elaine Tl RGËON Véronique MARCOTTE Guy MARCHAMPS José ACQUELIN Robert LÉVESQUE Claudine BERTRAND Micheline MORISSETTE Louise DUPRÉ Alain BEAI LD t Luc LAROCHF.LLE lean M.uv DESCENT Une ARSENAL! T Pierre PAQt EUE Louise DES1ARD1NS Suzanne JOLY Claude R.BLOU1N Claude DAIGNE AULT Nicole BROSSARD Cajetarv LAROCHELLE Bernard POZIER Louise BLOUIN France MONCEAU Michel CARNEAU (eau Eric RIOPEL Serge MONGRA1N Élise TU RCOTre Gilles CÔTES France BOUCHER Simone PIU/F.taure MORAL! Emilio FRANCESCLCCI Marianne HUBER 1 Christine BERTRAND André GIRARD Dominique C ORN Fil LIER Gilles lOBBXYN Danv TRKMB1 .A Y Yves VAIl LANCOl RT Manon MOREAl 1 Mène 1 X>R10\ Tout ce qui n'est pas donné est perdu 27 foyers d'écriture publique plus de 50 écrivain- e-s éÈh Cm**»* Québec • LE DEVOIR VENDREDI 15 octobre Lancement de « Au-delà du cliché » (20h30, Bar L'Interlude) Vigile d'écriture publique (de 20hÛ0 le i>endredi à 16h00 le dimanche, Bnr L'Interlude) Vernissage des photos de Baptiste Grisou (19h00, Librairie L’Ik mix trésors) SAMEDI 16 octobre Plus de SO écrivain-e-s dans 27 foyers d’écriture publique (131:00 à IbhOO) Activités parallèles: 300 citations en vitrine, flûtistes et échassiers, enfants-messagers, arbre de souhaits, pirojection du tilm
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