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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier H
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2004-10-16, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 OCTOBRE 2 0 0 4 LE DEVOIR Culture et société L E S A R T S LISE BISSONNETTE «Sans les grandes institutions, il n’y aurait pas de développement culturel possible» PageS ET LA VILLE ANSE-À-BEAUFILS Reconvertir un bâtiment de pêche en havre culturel Page 4 l ' «r i." • Canada Limitée Xi m % ou ve aux Les arts et la ville propose, pour une dix-septième lois, toujours sur une base annuelle, une réfiexion sur l’avenir des villes Les élus municipaux sç déplaceront vers Montréal la semaine prochaine.A l’agenda; art, culture, patrimoine et aussi tourisme.Certains maires et autres édiles viendront donc pour témoigner d’expériences passées, d’autres pour apprendre.Pourtant, leur séjour en métropole québécoise n’est en rien un rendez-vous obligatoire, nul ministre ne l’ayant imposé et aucun nouveau subside potentiel n’étant à la dé.La rencontre est convoquée par un organisme indépendant, Les arts et la ville, qui, pour une dix-septième fois, toujours sur une base annuelle, propose une réflexion sur l’avenir des villes.Si la première fois, en 1987, le propos était fort simple, à savoir mettre en relation responsables de ville et représentants du milieu culturel, le discours a évolué avec les ans.Divers ateliers proposeront ainsi une réflexion sur des réalisations passées et souvent ce seront des représentants des villes qui se donneront pour mandat de convaincre leurs pairs du bien-fondé de la mise en place d’un programme culturel fort, de l’établissement d’une politique du patrimoine ou de l’érection d’une biblio-tbèque et d’une salle de spectacle.Regards vers l’Est Qui assistera au colloque découvrira ainsi que l’Est du Québec, du Bas-du-Fleuve à la Gaspésie, se donne avec fierté en exemple.Sommes-nous à Rivière-du-Loup que la mise en place d’une politique du patrimoine semble aller de soi: «Les citoyens se présentaient de plus en plus souvent au conseil municipal avec des questions concernant le patrimoine, raconte Denis Boucher, responsable de cette politique à la ville.Devant autant d'intérêt, les élus municipaux ont com- pris qu’il était temps d’agir.» Allons-nous à Rimouski qu’un maire justifie son programme de financement de la bibliothèque de sa ville, et ce pour un demi-million de dollars annuellement «Une municipalité, insiste Michel Tremblay, qui est aussi président de l’Union des municipalités du Québec, se doit de se doter d’un plan de match en matière de culture afin d’établir les paramètres d’intervention par le biais de gestes au quotidien.La ville, à titre d’administrateur public, a le devoir d’apporter un soutien aux différents organismes cul turels œuvrant sur son territoire.» Quant à la mairesse de New Richmond, rien ne la fera démordre d’avoir érigé une salle de spectacle, une de ses nombreuses initiatives culturelles, quitte à devenir par la suite son promoteur et principal bailleur de fonds: «fl est question à New Richmond d’un développement culturel asymétrique, informe Nicole Appleby, c'est-à-dire que le conseil municipal a établi une stratégie de développement économique à l'intérieur de laquelle la culture est vue non pas comme un axe de développement en soi, mais comme partie prenante de l’ensemble des secteurs de développement de la ville.» Arrêts locaux Ces initiatives ne sont pas isolées sur le territoire québécois.Dans la ville du coprésident de l’association Les arts et la ville, celle de Jean Perrault, c’est d’un réaménagement global dont on fait état pour Sherbrooke, une réalisation de l’artiste Melvin Charney.À Trois-Rivières, une ville phare pour ses réalisations passées dans le secteur culturel, que ce soit en art ou en poésie, entre autres secteurs d’intervention, on pousse encore plus loin la réflexion: «fl faut sortir des modèles traditionnels qui consis- tent à attendre que l'État s’occupe du financement de la culture, déclare Michel Jutras, qui œuvre là comme directeur des arts et de la culture, car ce schéma est en train de disparaître.» Même les municipalités régionales de comté, les MRC, se veulent des promoteurs de culture.Le recours au programme «Villes et villages d’art et de patrimoine», mis en place par le ministère de la Culture et des Communications, permet des initiatives dont se réjouit la préfète de Drun> mond, Réjeanne Côté-Charpentier «L’embauche de notre agent culturel a été plus qu’importante: ce fut une nécessité.» Et ainsi de suite.Toutefois, beaucoup reste à faire avant de vraiment rattraper le retard du Québec dans la mise en place d’une véritable politique nationale de la culture.Parlant ainsi au nom de ces grands centres urbains — les «favorisés» du système au dire des municipalités de plus petite taille —, Danielle Sauvage, du Conseil des arts de Montréal, y va même d’un cri d’alarme, encore stimulé par les exemples déposés à un autre colloque, celui tenu la semaine dernière dans le cadre des Entretiens Jacques-Cartier et portant sur la revitalisation urbaine: «On fait pitié par rapport aux villes européennes! Pour une cité comparable à Montréal, les Européens dépensent entre 7% et 20% de leurs budgets pour la culture.Ici, je pense que l'on se rapproche plus de 1 %.» Pourtant, l’organisme Les arts et la ville peut être fier de son bilan.Et ce n’est pas par hasard que leur rencontre, projetée à l’hôtel Gouverneur de la Place Dupuis, parle non seulement d’agir, mais d’«interagir»: les municipalités ont compris que la culture est un outil puissant, un complément naturel du paysage et des citoyens qui y habitent Normand Thériault REVITALISATION TOHU Page 2 ART Melvin Charney Page 3 TOURISME Virage culturel Page 4 FINANCEMENT Villes et MRC Page 5 PATRIMOINE Politique Page 6 / DEVOIR SAMEDI DIMANCHE OCTOBRE 2004 LES ARTS ET LA VILLE « Uchronie », dites-vous ?Pour «unepolitique des temps urbains» Le temps manque.La vie contemporaine, particulièrement celle en milieu urbain, ressemble de plus en plus à une course effrénée.Une réalité essoufflante qui pousse les différents secteurs d’activité à s’adapter.À quand une politique des temps urbains qui permettrait l’harmonisation des services au rythme de la population qu’elle dessert?ULYSSE BERGERON n vit 24 heures sur 24.Les “brookers" des Bourses, par exemple, travaillent jour et nuit.Il n’y a plus de décalage horaire à ce : niveau-là.Le capitalisme mondial '¦fonctionne 24 heures sur 24.Ce qui fait que nous, on est obligés de s’adapter à cette réalité», constate Michel de la Durantaye, du département de sciences du loisir et de la communication sociale de l’UQTR Un spécialiste de la question, Paul Virilio, qualifiait à’«uchronie» cette anarchie temporelle où se mélangent, sans réelle cohésion, les différents horaires i qui rythment la vie des sociétés contemporaines.Un terme peu médiatisé qui, selon M.de la Durantaye, représente assez bien la réalité du XXL siècle.L’«uchronie» se caractériserait par une absence de temps dominant.«Chacun a ses propres rythmes.On est dans une diversité de cycles et de rythmes: celui des familles, des organisations de travail, des besoins individuels, etc.» Pour une politique des temps urbains «Ce qu'il faudrait, c’est une politique des temps urbains.Il faudrait que les villes et les partenaires — c'est-à-dire les entreprises et les institutions — se coordonnent» au-delà des secteurs qui leur sont propres.Car, comme le souligne M.de la Durantaye, il s’agit «avant tout d’un problème de coordination des horaires», citant en exemple ceux des institutions scolaires, municipales ou bureaucratiques qui Trouver un équilibre entre les besoins individuels des consommateurs de services et de ceux qui les offrent ne sont plus nécessairement adaptés à la vie moderne.«Entre la mondialisation économique qui fonctionne 24 heures sur 24 et la vie individuelle des uns et des autres, il y a tout un problème pour les décideurs publics afin d’harmoniser ces différents horaires», admet-il, ajoutant qu’W/ y a des limites à la multiplication des heures d’ouverture comme solution.On risque de brûler la main-d’œuvre».Donc, il s’agit bel et bien de trouver un équilibre entre les besoins individuels des consommateurs de services et de ceux qui les offrent Car s’il ne faut pas «brûler la main-d’œuvre», comme le mentionne M.de la Durantaye, il faut également respecter la qualité des gens qui assurent le maintien et l’offre de ces services.D’où la nécessité «de mettre un peu d’ordre dans cette “uchronie”, cette anarchie des temps».Pour démontrer que ce défi ne relève pas de l’utopie, le spécialiste s’appuie sur plusieurs exemples d’harmonisation des temps qui ont été développés en Europe.En Italie, à Naples plus spécifiquement, deux mesures ont été prises: la première concerne la vie nocturne, avec une augmentation de l’offre culturelle et l’ouverture de lieux pour les jeunes 24 heures sur 24.Aux Pays-Bas, les résidants d’Amsterdam élisent un «maire de nuit» qui assure désormais la gestion des activités nocturnes.La municipalité de Grenoble est à harmoniser actuellement les horaires de ses 14 bibliothèques.Certaines villes d’Espagne, pour leur part, ont prolongé l’ouverture des centres sportifs au cœur de Tradition d'excellence, expression de la créativité et de la vitalité acteurs du milieu culturel et partenaires de notre développement.Drummondville, une force d'avenir.avec vous ! Ville de DrunimondvIUe et socioculturels jusqu’à une heure du matin.Résultat les élus ont remarqué une chute de 25 % du taux de délinquance.Et finalement, la municipalité de Belfort a créé un service de garde d’enfants à domicile, par du personnel qualifié, pouvant convenir à des horaires atypiques.En comparaison à tout cela, le Québec fait figure de parent pauvre, confie M.de la Durantaye.Il y a bien le concept de «conciliation travail/famille», fortement médiatisé depuis quelque temps, qui traduit une certaine préoccupation liée à la concordance des temps.Toutefois, souligne le spécialiste, le Québec «est très en retard et ce n’est pas parce que sçn rythme est différent des autres États; il est aussi rapide».Difficultés des institutions culturelles traditionnelles Et le secteur culturel, comment s’adapte-t-il à cette réalité?En fait, les services liés aux activités culturelles réagissent de deux façons distinctes à T«uchronie», note le professeur de UQTR.Limitées par les moyens financiers mis à leur disposition, les institutions plus «traditionnelles» — musées, bibliothèques, opéras — peinent à suivre le rythme effréné et chaotique d’aujourd’hui.Elles seraient présentement décalées, selon M.de la Durantaye, et arriveraient très difficilement à répondre aux besoins de la population.D’un autre côté, l’industrie de la culture, définie comme le secteur des communications et des grandes entreprises culturelles, «est pour sa part bien adaptée.Si vous prenez l’exemple de l’industrie des médias de masse et des nouvelles technologies de l’information et des communications, ça fonctionne presque sans arrêt»: chaînes de nouvelles et programmation continue ou ouverture des salles de cinéma jusqu’aux petites heures du matin.Cette réussite d’harmonisation des entreprises culturelles s’expliquerait principalement par le fait que celles-ci restent branchées sur l’offre et la demande, fait remarquer M.de la Durantaye.Intégrées au secteur commercial, «elles sont dans une certaine mesure obligées de suivre ces cycles-là, ces rythmes-là.Elles sont en quelque sorte dans l’obligation de s’adapter à cette “uchronie”».Revenant finalement sur l’importance pour le Québec de se doter d’une politique des temps urbains, Michel de la Durantaye souligne que la mise en place d’un tel encadrement doit partir d’une écoute réelle et approfondie des besoins de la population.«Il faut arriver à développer une approche participative démocratique.Les politiques des temps urbains, c’est une négociation entre les partenaires commerciaux, les groupes sociaux, la société civile, les familles et les individus.Cela ne peut pas se faire du haut vers le bas, des autorités vers la Population.Cela doit partir du bas: des quartiers et des arrondissements, par exemple», conclut-il.LES SAISONS ET LES TEMPS DE LA CULTURE Jeudi le 21 octobre à 13h30 Hôtel Gouverneur, Place Dupuis Un modèle à suivre Revitalisation de l'arrondissement Saint-Michel Depuis une dizaine d’années, les milieux culturels montréalais témoignent d’un véritable engagement à l’endroit de la ville.Avec sa triple mission culturelle, environnementale et communautaire, la TOHU — la Cité des arts du cirque — est assurément l’une des formes les plus achevées de cet engagement.et un formidable exemple à suivre.MYLÈNE TREMBLAY Tous les politiciens, spécialistes, gens d’affaires, artistes, consultants et participants réunis au colloque «Villes de culture, villes d’avenir les responsabilités culturelles des grandes agglomérations urbaines», présenté dans le cadre des Entretiens Jacques-Cartier, ont pu le constater de visu: les projets culturels sont au cœur même du développement socioéconomique urbain.Le lieu de rencontre en était d’ailleurs la preuve tangible: érigée sur le pourtour d’un ancien site d’enfouissement, la TOHU participe activement à la réhabilitation et à la revitalisation du quartier qui Ta vue naître.Depuis son ouverture, cet été, dans le pôle culturel du Complexe environnemental de Saint-Michel (CESM) — l’ancienne carrière Miron remplie aujourd’hui de près de un million de tonnes de déchets! —, l’organisme sans but lucratif contribue à panser graduellement les plaies de la ville.«Partout en Amérique du Nord, on constate qu’en développant nos centres-villes, on se trouve à “rencontrer” nos plaies.Et nos plaies, ce sont nos sites d’enfouissement, nos autoroutes.L’idée est de trouver les objets de mobilisation pour que ces plaies deviennent des cicatrices dont on peut être fier», a lancé Charles-Mathieu Brunelle, vice-président exécutif et directeur général de la TOHU lors de son intervention intitulée «La culture comme modèle d’intégration et de revitalisation urbaine».Pour la TOHU, l’objet de mobilisation allait de soi: faire coexister sous un même chapiteau le cirque, l’humain et l’environnement.En fait, c’est d’abord l’engouement étincelant créé par le Cirque du Soleil pour cette forme d’art de la scène qui a mis le feu aux poudres.«Le fait d’avoir un élément culturel ouvert sur sa communauté d’accueil et sur l’environnement a été le moyen de guérir certaines plaies.» Genèse d’une cité Pour la petite histoire, la Cité des arts du cirque a débuté en 1997, à l’ouverture d’un bâtiment du Cirque du Soleil dans le quartier Saint-Michel.C’était en quelque sorte le préambule d’un grand rêve, celui de faire de Montréal une capitale internationale des arts du cirque.Deux ans plus tard, les premiers états généraux d’En piste — le rassemblement national des professionnels, des entreprises et des institutions du secteur circassien — allaient mettre en relief la nécessité de développer un projet structurant allant de la formation à la diffusion des arts du cirque.Résultat en 1999, la Cité des arts du cirque, l’organisme voué à la réalisation dp ce projet voyait le jour sous l’égide d’En piste, de l’Ecole nationale du cirque de Montréal et du Cirque du Soleil.À l’été 2004, la Cité, rebaptisée TOHU pour évoquer «le bouillonnement des idées et des gestes, le désordre précurseur du renouveau ou encore le tumulte de la grande ville» ouvrait enfin ses portes aux artistes de la relève et au public.L’«ouvrage» niché à l’ombre du boulevard Métropolitain, comprenant une salle de spectacle circulaire, une salle d’exposition et un hall d’entrée, fait aussi office de pavillon d’accueil au CESM.«On a décidé que ce projet serait le premier bâtiment véritablement “vert” à Montréal, a indiqué Charles-Mathieu Brunelle.On s’est dit qu’il fallait absolument que le bâtiment respecte les accords de Kyoto, qu'il s’inscrive en continuité avec les partenaire?qui habitent autour de nous», soit le centre de tri EcoCentre de Saint-Michel, le Centre d’expertise sur les matières résiduelles et l’entreprise Gazmont, qui trans- TOHU évoque «le bouillonnement des idées et des gestes, le désordre précurseur du renouveau ou encore le tumulte de la grande ville» forme le méthane du dépotoir en électricité et alimente le système de chauffage de la TOHU.Rencontre du cirque et de l’humain Soucieuse du contexte environnemental dans lequel elle évolue, la TOHU allait ajouter un autre volet à sa mission: l’humain.Car, faut-il le préciser, le quartier Saint-Michel est celui qui affiche le taux de scolarité et le revenu moyen des ménages le plus faible des 27 arrondissements de la ville.C’est aussi le quartier détenant la plus forte concentration multiculturelle de Montréal «On a décidé 'd'inscrire la revitalisation du quartier Saint-Michel dans notre mission, a ajouté M.Brunelle.On s’est demandé quel pouvait être l’impact que ce projet de 73 millions de dollars pouvait avoir sur la communauté.» La première retombée se devait donc d’être locale.«Depuis cinq ans, certains d’entre nous siègent à des comités communautaires comme “Oser Jarry”pour veiller à la planification urbaine de façon concertée et réfléchie et privilégier certains types de projets d'économie sociale.On veut stimuler la venue du commerce équitable, de logements coopératif, bref, différents projets qui cadrent bien avec notre mission», a souligné M.Brunelle, rencontré à la sortie du colloque, dans le hall inondé de lumière et de monde.Le vice-président a ainsi laissé entendre qu’il y aurait une éventuelle collaboration entre un CPE et le Cirque du Soleil et l’arrivée d’un CLSC dans les environs du Complexe environnemental.«On se sert de notre influence pour susciter des initiatives autonomes, de la rue Jarry jusqu’au boulevard Saint-Michel.Mais on n’est pas des promoteurs immobiliers», a précisé l’ancien directeur de la Cinémathèque québécoise.L’employabilité est aussi inscrite à l’agenda de ce chantier de revitalisation urbaine.Toutes les personnes qui travaillent à l’accueil résident ainsi dans le quartier.«Avant l’expertise, on regarde d’où vient la personne.On voulait absolument donner le signal que ce projet est pour la population locale, qui, comme l’arbre, grandit de son centre vers l’extérieur» Id, ü est davantage question de communication que d’intégration.Créer des rituels La première phase d’infrastructure étant en partie complétée, la dté humaine reste maintenant à bâtir.C’est ce que Charles-Mathieu Brunelle appelle la phase $ «empowerment».«C’est l’appropriation du pavillon d’accueil et de la salle de spectacle par la population.On veut permettre aux gens du quartier de prendre en charge des ateliers pour assurer la programmation et la tenue d’événements.» Tout cela dans le but de créer un rituel.La TOHU en est à la prémisse d’une réflexion sur le plan de la programmation et des activités.L’organisme mène présentement trois programmes de front qui lui semblent particulièrement prometteurs.D y a d’abord celui de prévention au décrochage scolaire à l’école Louis-Joseph-Papineau, où les étudiants de la première à la quatrième secondaire peuvent se familiariser à différentes expériences professionnelles.«Des jeunes sont venus, pendant la construction du bâtiment, rencontrer des architectes, des ingénieurs, des professionnels de tout acabit pour avoir une idée de la réalité d’un métier.Certains m’accompagnent parfois lors de conférences et je leur laisse même la parole.Dans les semaines à venir, on va travailler sur un programme où ils vont pouvoir témoigner de leur expérience en profondeur.» Autre forme d’intervention, la falla, ce fabuleux feu de joie qui a attiré environ 5000 résidants du quartier et sur lequel dix jeunes ont travaillé.«Le travail de la préparation de la falla s’est tenu pendant des mois avec des groupes communautaires, a expliqué M.Brunelle.On a donné des ateliers qui ont même permis q des mères de s’impliquer en cousant des costumes.A partir du mois de janvier, on va développer ce principe d’ateliers permanents dans le quartier qui permet un transfert d’expertise.» D semble que l’effet boule de neige se produit à fond.Petit à petit, l’événement devient plus inclusif de nouveaux rituels prennent forme.«C’est un travail de longue haleine qui est à la base de notre intervention dans le quartier», a conclu M.Brunelle.pour la culture La littérature.La* art* visual*.La muslqua.Las arts da la seèna.La chant choral.À Laval, depuis déjà 40 ans, la culture s'exprime et rayonne.Et le meilleur est encore à venir, www.vllla.laval.qc.ca I ans d'avenir mat ' une bibliothèque pour tous Visitez l'exposition Gaston Miron.Les métamorphoses du poème Du 20 octobre au 23 décembre 2004, du mardi au samedi de 9 h à 17 h, à Pëdifice Saint-Sulpice situé au 1700, rue Saint-Denis à Montréal Entrée gratuite Bibliothèque nationale /-'v » ¦ CH C3 Quebec » e* ? LE DEVOIR.LES SAMEDI IR ET DIMANCHE 17 OCTOBRE 2 0 0 4 • LES ARTS ET LA VILLE • 17e colloque Les arts et la ville Echanger pour créer «Sans les grandes institutions, il n'y aurait pas de développement culturel possible» Pendant que les chanteurs, comédiens et artistes de cirque québécois se font applaudir sur les plus grandes scènes du monde, des régions québécoises entières réclament des infrastructures et des productions culturelles de qualité.Une situation que des échanges réels entre les institutions culturelles des grandes villes et celles des régions pourraient changer.Interagir?Voilà le thème du 17' colloque Les arts et la ville qui se tiendra pour la première fois à Montréal du 20 au 22 octobre prochain.Une invitation à échanger pour créer.par-delà les préjugés.GUYLAINE BOUCHER T~V e plus en plus, on juge les « LJ gens et la qualité des productions culturelles par leur capacité à exporter en France, en Grande-Bre-’ tagne ou au Japon, par exemple.Jamais ou rarement on parle du rayonnement qu’ils peuvent avoir à l’échelle territoriale et du rôle qu’ils peuvent jouer dans le développement culturel des régions.Nous sommes dans l’ère de la mondialisation.Cest i bien, la Bibliothèque na-‘ 1 tionale elle-même a annoncé avec grande fierté ses collaborations avec la Bibliothèque nationale de i France et celle d’Alexandrie, mais il ne faut pas > non plus perdre de vue les échanges qui peuvent être faits au Québec.Un certain équilibre doit être préservé.» \ Lise Bissonnette est présidente-directrice générale de la Bibliothèque nationale du Québec T.et coprésidente de l’organisme Les arts et la ville.Comme d’autres acteurs du milieu culturel québécois, elle est convaincue de l’importance ?d’une diffusion accrue des productions culturelles québécoises par-; tout sur le territoire.j Rare occasion de rassemble-' ment conjoint pour les élus municipaux, les fonctionnaires et les ar-' listes, le colloque Les arts et la ville 1 a choisi d’aborder la question de front.«Peu importe le sujet qui est abordé, dès que des gens des régions et des gens des grandes villes, comme J Montréal, s’assoient autour d’une ' même table, on en vient rapidement 1 aux mêmes idées arrêtées.Les uns reprochent aux grandes villes les atti- ¦ tudes trop assurées, les autres leur ¦ manque de dynamisme.Nous avons voulu débattre de cette question et, peut-être, parvenir à trouver des terrains communs sur lesquels il serait possible de construire des choses solides Le défi est grand, mais il existe déjà plusieurs expériences positives qui nous permettent de croire que c’est possible», affirme la coprésidente de l’organisme.De fait, la programmation entière du colloque étaye la théorie par de multiples exemples concrets d’échanges et de collaboration entre villes et régions, ou encore entre artistes et élus.Des exemples qui ont pris racine au Québec comme ailleurs.Le rôle des institutions nationales Lise Parce qu’elles sont Bissonnette de taille plus imposante et qu’elles peuvent souvent compter sur des ressources plus importantes, les institutions nationales sont souvent mises à contribution.Pour Lise Bissonnette, l’équation est simple.«Sans les grandes institutions — incluant toutes les institutions culturelles susceptibles de rayonner en dehors de leur région immédiate et non pas seulement les institutions d’Etat — il n’y aurait pas de développement culturel possible.Ce sont elles qui souvent vont provoquer le changement en faisant des représentations, en soutenant les développements technologiques ou encore en aidant les autres établissements culturels de diverses façons.Elles sont des institutions phares, qui ont une intervention territoriale.» Au Québec, les cas du Musée de la civilisation et de la Biblio- thèque nationale sont notamment cités en exemple pour leur rôle à l’échelle provinciale et seront au cœur de l’un des ateliers offerts dans le cadre du colloque.Expositions itinérantes, soutien technique aux activités culturelles en région, formation, financement de certaines activités nationales, du point de vue de la présidente-directrice générale de la Bibliothèque nationale du Québec, leurs interventions sont nombreuses, et surtout, porteuses de sens et de changement.«Au moment de sa création, la Grande Bibliothèque du Québec était d’abord et avant tout un bâtiment imposant, situé à Montréal.Avec le temps et dans la fusion qui s’est orchestrée avec la Bibliothèque nationale, nous avons fait beaucoup d’efforts Pour que notre rôle s’inscrive au niveau territorial.Tout cela s’est traduit de différentes façons.Lune des actions les plus probantes est assurément la mise en place d’infrastructures technologiques qui permettront à tout le monde dans les bibliothèques publiques du Québec de travailler en réseau.C'est majeur, et surtout, c’était impensable il y a quelques années à peine.Nous en parlerons dans le cadre du colloque, de cela et de bien d’autres choses.» Optimiste face à l’avenir, Lise Bissonnette voit d’ailleurs dans la multitude de thèmes abordés le signe que le développement culturel intéresse les différents acteurs politiques des régions.«Avec à peine le quart des villes ou villages québécois qui ont une véritable politique culturelle, il y a encore beaucoup de travail à faire, mais déjà, un certain changement est perceptible.Par exemple, les développements que connaît actuellement le réseau des bibliothèques publiques et les projets de qualité qui sont en cours se font tous, ou presque, dans des villes ou villages qui ont une politique culturelle.R y a donc un lien.RJaut continuer à parier de culture et favoriser les rapprochements entre les régions et les centres urbains.C’est essentiel.» LES ARTS ET LA VILLE Mercredi 20 octobre Maison de la culture Frontenac Jeudi et vendredi 21 et 22 octobre Hôtel Gouverneur, Place Dupuis Entretien avec Melvin Charney L’œuvre vivante «Les usines ferment, les musées ouvrent» On pourrait qualifier ses œuvres de «land art», mais il préfère dire qu’il fait du «city art*.Il est vrai que l’homme est un grand amoureux des villes.Et son œuvre se dresse au cœur de cet espace surpeuplé et bruyant, en perpétuel mouvement, cette célébration continuelle de la vie.Place à Melvin Charney.CAROLINE MONTPETIT Dans la ville, il y a tout cet espace imaginaire, cet espace passé et futur autour duquel construisent les architectes.Les villes sont tout entières des traces de l’histoire, leurs lieux portent le sceau des ententes sociales, des non-dits, des connotations.Et pour Melvin Charney l'architecte, photographe, professeur et artiste en art visuel qui aime s’imprégner de la culture des espaces, eües sont une terre d’élection pour travailler.Ses traces de la vie dans la ville, Melvin Charney est arrivé à les déchiffrer «après tant d’années de travail», dit-il.Peut-être un peu à la manière d’un historien ou d’un ethnologue.Lorsque je l’ai rencontré, l’homme, qui fut lauréat du prix Paul-Emile-Borduas en 1996, venait de participer à l’inauguration de l’espace urbain qu’U a conçu au centre-ville de Sherbrooke, au bord de la rivière Magog.Un projet de plus de trois millions de dollars.Celui-ci compte notamment une place publique, et veut permettre aux Sherbrookois de se réapproprier les berges de la rivière Magog et de la rivière Saint-François.C’est là que, au XDC siècle, s’élevaient les moulins et les premiers édifices commerciaux de Sherbrooke, ville industrielle.À Montréal, l’atelier de Melvin Charney est situé au dernier étage d’un édifice qui fut bâti en 1893 par les frères Maxwell, ceux-là mêmes qui ont dessiné le premier édifice du Musée des beaux-arts de Montréal.L’édifice, qui s’élève rue Notre-Dame, était autrefois une banque, et Melvin Charney s’amuse à préciser qu’il y fait quelquefois de la comptabilité.Engagement L’art dans la ville, «c’est un moyen de communiquer avec les gens qui y habitent», soutient-il.D faut dire aussi que, pour Melvin Charney, toute forme d’art est un acte d’engagement.À ce chapitre, certaines de ses œuvres frappent le spectateur comme un coup de poing, le replaçant brusquement au beau milieu de sa propre réalité, loin des explications savantes ou du cadre sécurisant des musées.«Les usines ferment, les musées ouvrent», avait-il d’ailleurs donné pour titre à une œuvre présentée lors de l’inauguration du Musée d’art contemporain, en 1992.En 1990, c’est lui aussi qui signait un monument national dédié aux droits de la personne, à Ottawa, monument qu’il a inauguré en compagnie du Dalaï Lama du Tibet Le monument frit face à un monument érigé à la mémoire des morts de la Seconde Guerre mondiale, et cette proximité a inspiré à Charney ces mots: «La mort est une fin, et la représentation d’un monument aux morts de la guerre peut être finale.La défense des droits de la personne est elle-même une oeuvre en devenir.» JACQUES GRENIER LE DEVOIR ¦ *sr Melvin Charney dans son atelier, situé au dernier étage d'un édifice qui fut bâti en 1893 par les frères Maxwell, ceux-là mêmes oui ont dessiné le premier édifice du Musée des beaux-arts de Montréal.En entrevue, l’artiste soutient que ce qui préfère par dessustout c’est une œuvre que les foules de la ville apprécient sans se douter qu’il s’agit véritablement d’une œuvre d’art Ce sont ces œuvres qui finissent par faire partie de notre quotidien.Sur une photo, l’artiste observe d’ailleurs avec satisfaction les couples d’amoureux, les étudiants qui défilent dans le jardin qu’il a conçu pour le Centre canadien d’architecture, à Montréal.«Si je prends le jardin du Centre canadien d'architecture, cela engage bien les alentours.Tous les rapports établis, les objets que l’on voit là, on les voit dans les alentours.Les gens y trouvent des points de repère.» L’œuvre extérieure, contrairement à celle qui est conservée dans un musée, force l’artiste à réfléchir constamment sur son milieu, l’oblige à être un fin observateur de l’activité urbaine.Travailler de cette façon, c’est travailler avec une œuvre vivante.Ce regard sur la vie qui bat n’est pourtant pas aussi naturel qu’on le pense en urbanisme.Interrogé sur la façon dont ont été aménagées les berges du Saint-Laurent au fil des âges, Melvin Charney a cette réflexion intéressante: «Depuis toujours, à Montréal comme ailleurs au Québec, les maisons et les édifices ont tourné le dos au fleuve.Maintenant que la nature est morte, avance-t-il, l’homme sent soudain le besoin de la regarder.» Pourtant, l’art urbain, comme le pense Melvin Charney, a pour principal acteur la ville elle-même au sein de laquelle il s’érige, et ceux qui lui donnent son ultime dimension, ce sont les gens, vous et moi, qui en fréquentent les alentours.Modello 2004-2006 Alexandre Castonguay Pascal Grandmaison Adad Hannah une co-production du Musée d’art urbain et du Musée d’art de Joliette Musée d'art urbain tir ¦ Pascal Grandmaison cherricr 9 Pascal Grandmaison de ia commun! 9 Café Cherrier façade nord © Marché Bonsecours façade sud ^Vieux-Port de Montréal esplanade MUSÉE D'ART DE JOLIETTE OOO Alexandre Castonguay /Adad Hannah Renseignements:(su,) 284 4936 17e colloque de la coalition les et la Interagir Du 20 au 22 octobre 2004 Hôtel Gouverneur, Place Dupuis Montréal Animé par : Myra Créé et Guy Sioui Durand, sociologue et critique d’art Programme complet disponible au www.arts-ville.org ville Plus de quarante intervenants Pierre Curzi, président., Union des artistes Francine Senécal, v.-p.du comité exécutif, Ville de Montréal Lise Bissonnette, p.-d.g., Bibliothèque nationale du Québec Armand Vaillancourt, artiste Michel Tremblay, maire, Ville de Rimouski et président de i'UMQ Charles-Mathieu Brunelle, d.-g.de la TOHU, la Cité des arts du cirque Colette Brouillé, d.g.Rideau Bastien Gilbert, d.g., RCAAQ Alexander Reford, d.g.Jardins de Métis Simon Brault, président, Culture Montréal Anne Depuydt, échevine, Watermael-Boitsfort (Région Bruxelles-Capitale) Claire Simard, d.g., Musée de la civilisation Julie Lebel, chorégraphe Pierre Bellerose, v-p., relations publiques, recherche et développement, Tourisme Montréal Pierre Vachon, maire, municipalité de Palmarolle Philippe Drolet architecte, paysages éphémères, Montréal Jean Perrault maire, Ville de Sherbrooke et plusieurs autres .Quelques-uns des thèmes au programme • La circulation des artistes et des productions culturelles au Québec • L'apport des artistes au développement des collectivités • Dialogue entre élus, artistes et organismes culturels • Les institutions nationales et le développement local • L'animation des espaces publics : l'art éphémère Pour plus d'informations : Tél : (418) 691-7480 Téléc.(418) 691-6119 Courriel : infoOarts-ville.org Nos partenaires L E ARTS V I L L E Montréal Cultun •t Communications Québec n a ¦ ^ ¦ Patrimoine Canadien ¦w ¦ canadien Heritage Or», des architectei du Québec ?LE DEVOIR Lr@Q UNION DE S MUNICIPALITÉS DU QUÉBEC Télé-Québec F VAtlTt S ARTS RU CIRQUK LES MEMBRES DU RÉSEAU LE DEVOIR.LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 OCTOBRE 2004 H 4 * LES ARTS ET LA VILLE * TOURISME Prendre le virage des richesses culturelles « Soutenir la création artistique » En région tout comme dans les grands centres urbains, l’industrie touristique n’échappe pas aux cultures afférentes aux communautés et aux institutions en place, d’hier à aujourd’hui.Les visiteurs de passage aspirent à découvrir et à prendre connaissance, lors de leurs séjours plus ou moins prolongés, des diverses réalités culturelles inhérentes aux gens et aux lieux.Le tourisme culturel a pris forme.LINDA TURGEON / TOURISME QUEBEC Selon Tourisme Montréal, la métropole québécoise se vend d’abord en tant que produit culturel.RÉGINALD HARVEY Il est reconnu que, dans les grands pôles urbains comme Montréal, le tourisme s’appuie largement sur la culture, qui se manifeste sous différentes formes.Pierre Bellerose, vice-président aux relations publiques auprès de Tourisme Montréal, souligne que des villes comme Québec et Montréal vendent d’abord et avant tout ce produit culturel: «Seuls quelques événements sportifs, le Casino et la Ronde ne sont pas à saveur culturelle dans la métropole; encore là, chez le Canadien de Montréal, je dirais même qu’il y a un élément de culture qui transpire, en raison du volet historique de cette équipe: c’est une sorte de temple du hockey, qui abrite la plus vieille formation.» Il précise: «Il y a cinq ou six gros intervenants qui ne se reconnaissent pas dans le vocable de “tourisme culturel”; pour les centaines d’autres, c’est le contraire.» Il en va autrement en région, pour la raison suivante: «La différence, c’est qu'ils disposent effectivement de l’environnement et de sites naturels, ce qui fait que la culture est moins dominante.Quant à Montréal et à Québec, le culturel, c’est essentiellement ce qu'on est et ce qu ’on vend.» Les axes et leur rayonnement Le vice-président, qui est également responsable de la recherche et du développement de produits, cerne les trois grands pôles traditionnels autour desquels s’articulent les activités touristiques à Montréal, soit les grands musées, les festivals majeurs et tout ce qui gravite autour du patrimoine: «C’est vrai depuis que Tourisme Montréal, qui est une vieille organisation, existe, soit depuis 1919.Il n’y avait pas de festivals au début, mais le Musée des beaux-arts et le patrimoine religieux existaient déjà.» Aujourd’hui, tout le volet sur la façon de vivre des gens, tout l’aspect de la culture québécoise et montréalaise se sont ajoutés à ces axes de rayonnement: «Ce mode de vie fait maintenant partie de la définition du tourisme culturel.» Par surcroît, l’organisme s’efforce de promouvoir depuis quelques années les arts d’interprétation, bien que ce marché soit plus difficile à saisir et à capter en raison principalement du caractère saisonnier et variable des manifestations qui se déroulent En ternies de développement, Pierre Bellerose met l'accent sur la consolidation des trois grandes familles évoquées: «Il faut s’assurer que les investissements se poursuivent dans le Vieux-Montréal et il existe des problématiques spécifiques aux grands événements pour des raisons de commandites.On doit s’assurer que ces manifestations d’envergure profitent de l’environnement économique et poli- tique requis pour poursuivre leur croissance.Dans le cas des grands musées, dans un contexte difficile, il faut veiller à ce que leurs projets se réalisent tout de même.» Sur un autre plan, il apparaît tout aussi nécessaire d’intervenir de la façon suivante: «On doit continuer de soutenir les joueurs moins expérimentés en tourisme.Pour ce faire, un des outils, c’est la vitrine culturelle, qui va profiter à des plus petites institutions; celles-ci n'ont pas les moyens de mettre en place des équipes aptes à leur procurer pignon sur rue dans un endroit central.» Pierre Bellerose convient enfin du fait que les intervenants sont nombreux dans cette industrie très fragmentée.Tourisme Montréal s’applique donc à coordonner les efforts de tous et chacun pour s’assurer de la cohérence de cette dernière.Du côté culturel, il n’existe cependant pas d’organisme qui chapeaute comme tel l’ensemble des nombreux secteurs d’activité, et il est difficile de dénicher un interlocuteur privilégié à qui s’adresser pour coordonner l’action.Tourisme Montréal a trouvé cette solution pour rapprocher les deux mondes: «On a formé un comité culturel consultatif pour nous indiquer si on est dans le champ ou sur la bonne voie.Dans ce but, il faut asseoir plusieurs personnes autour de la même table puisqu’il n’y a pas un organisme spécifiquement chargé des actions promotionnelles qui pourrait servir de répondant unique.C’est un problème qui n'est pas insurmontable, mais qui est compliqué.» Du côté des régions Directrice-générale du Conseil de la culture de la Gaspésie et des îles-de-la-Madeleine, Annie Chénier fournit au départ cette définition du tourisme culturel: «C’est un des éléments de cette réalité, qui fait en sorte que le voyageur consomme ou achète un produit culturel.On parle de musées, de spectacles, de festivals, d’expositions et de tout le reste.» Elle pose le constat suivant sur la mission du Conseil: «On adhère très peu à la position de Tourisme Québec selon laquelle le tourisme culturel serait un pléonasme parce que, dans tout acte touristique, on pose un geste culturel.Il est certain que, pour un organisme comme le nôtre, qui est formé de membres qui sont des artistes, des artisans et des organisations culturelles, on préfère de beaucoup mettre en valeur directement le potentiel de notre région plutôt que l’acte de découvrir celle-ci.» Il n’en demeure pas moins que les membres profitent des retombées du tourisme dans ce milieu culturel diversifié: «Dans ce sens-là, on fait davantage référence au voyageur qui, durant son séjour, consomme un produit à caractère culturel.» Pôles d’attraction et moyens d’action Les arts de la scène occupent une place de choix quant au nombre des attraits offerts aux visiteurs, comme Annie Chénier le mentionne: «La clientèle vient consommer le produit nature de la Gaspésie et, en fin de soirée, elle manifeste son intérêt pour les artistes et leurs spectacles.» Les arts visuels et les métiers d’art sont aussi fortement mis à contribution dans le rayonnement culturel de la région, qui dispose d'un bassin d’une centaine d’artistes et d’artisans — de nombreux ateliers et studios parsèment le secteur de Percé.Le patrimoine figure lui aussi comme un des points d’attraction non négligeable: «On a un caractère multiethnique différent de celui de Montréal, qui relève de l’Histoire.On parle des Acadiens dans la baie des Chaleurs, mais il y a également une souche de Loyalistes au même endroit.» Il existe quelque 60 lieux considérés comme patrimoniaux dans le pourtour de la Gaspésie.La stratégie pour assurer la visibilité de cet éventail d’attraits est en grande partie basée sur la commercialisation et sur la promotion.A ce sujet, la directrice préfère parler d’objectifs, sous l’angle de produits à améliorer, plutôt que d’axes de développement Ce sur quoi elle émet cette observation: «Il est certain que tous nos objectifs, sans exception, rencontrent ceux de Québec Maritime et de l’Association touristique (ATR), parce que ce sont eux qui préparent les grands plans de marketing en matière de tourisme.» Annie Chénier n’en considère pas moins qu’il faut travailler très fort dans le sens de la concertation, pour assurer une cohérence au tourisme culturel.Elle cite un exemple à ce sujet: «Notre plus grand projet, qui est de l’ordre de 250 000 dollars par année, porte le nom de ‘T’erre d’accueil et de culture”; il constitue une sorte de calendrier culturel appelé “La Gaspésie sous toutes ses cultures”.Il y a 20 partenaires financiers différents à l’intérieur de celui-ci.C’est tout un casse-tête pour une organisation comme la nôtre, qui est sans but lucratif et dont le mandat premier est de soutenir la création artistique.» L’INTERACTION AU CŒUR DU TOURISME CULTUREL Jeudi le 21 octobre à 15h30 Hôtel Gouverneur, Place Dupuis Une reconversion à la gaspésienne « Trois mois avant l’ouverture officielle, le tracteur était encore sur la scène » Le havre de pêche de l’Anse-à-Beaufils, amarré à vol d’oiseau du village de Percé, profite depuis quelques années d’un regain de vie grâce à la reconversion d’un bâtiment de pêche en un havre culturel.Portrait de d’inspiration anglo-normande passé halieutique et au présent THIERRY HAROUN Le village de l’Anse-à-Beaufils, muré entre sa rivière et sa plage d’agates — ayant reçu la visite de l’écrivain surréaliste André Breton en 1944, amateur de ces gemmes qu’il disait être des pierres aux habits d’Arlequin —, a longtemps joui d'une intime relation avec la pêche à la morue.Le déclin de cette espèce, causé notamment par la surpêche étrangère (Portugais, Espagnols et autres matadors de l’Atlan- la renaissance d’une bâtisse qui se conjugue à la fois au culturel.tique-Nord), a stigmatisé les bâtiments qui servaient autrefois à sa transformation (séchage, salage, entreposage, emballage, etc.).Le cas qui nous intéresse est notable.André Boudreau est à l’origine de la reconversion d’un témoin bâti, datant de 1928, mieux connu aujourd'hui sous le vocable de «La Vieille Usine de l’Anse-à-Beaufils: havre culturel».Désaffecté et orphelin de la pêche depuis 1985, le bâtiment dans lequel nous a reçu M.Boudreau était en proie à un dépéris- $ w 60 montreal voit , grand métamorphose d'une ville en métropole de.l'avenir .oft OC dès te tobre wHJ! l'Expo 67, la Place Ville-Mar te, la ndce PotKivfrtiura.le métro, le pont Champlain, le ponMunnel louis Hippclyte la Fontaine, les giapdes autoroute^ et plus encore 1 Redecouviez Montreal à traveè des maquettes originales, des Films, dos vidéo!) «t des témoignages photographiques.jourpaLs^uei; ou d'acteurs importants de I époque iiiilISll » ' 1 lin n ¦ CCA Centre Canadien d'Architecture 1920, rue Balle, Montréal E3 (juv Concordia 514 939 7026 www.cco.qc.co Oliver! do mercredi au dimanche, 10 h à 17 h ; ,,, lo leudi, 10 h à 21 h Entrée libre le jeudi soir de 17 h 30 à 21 h Montreal ARCHIVES LE DEVOIR B H SI HR La Vieille Usine de l’Anse-à-Beaufils, aujourd’hui convertie en havre culturel.sement manifeste avant que la communauté locale ne le reprenne en main il y a quelques années.«En fait, ma femme Lison et moi, nous nous sommes levés au beau milieu de la nuit, le 1” janvier 1998, pour mettre sur papier les grandes lignes de la revitalisation de ce bâtiment dont le toit coulait; d’autant qu’on pouvait, à certains endroits, voir à travers les murs tellement la structure extérieure dépérissait», relate André Boudreau.«Nous avons fini par obtenir la permission de visiter le bâtiment.Ma femme et moi avons profité de cette première visite pour le parcourir de long [33 m] en large [17 m] sur les deux étages, de manière à mettre en perspective les espaces disponibles et ainsi établir les différents volets que nous comptions leur consacrer, tels que la salle de spectacles, le bar et les ateliers.» Dans les semaines qui suivirent cette première rencontre avec l’imposante structure de bois, «nous avons élaboré plus en détail les plans et devis de même que le plan d’affaires».Vint par la suite un moment charnière, comme l’explique M.Boudreau.«Il nous fallait bien trouver de l’argent pour financer le travail à venir.Ainsi, j’ai fait le tour du village et de la région, allant de porte en porte avec mon plan d’affaires à la main afin de solliciter l’aide financière d’un peu tout le monde.» présente du 15 octobre au 14 novembre MICHEL DE BROIN LAURENT GAGNON du 19 novembre au 19 décembre DANIEL CORBEIL JARMO KALLINEN itniissagt.It 19 nor.à 20b Du imTcredi au dimanche de I2h à l*Th S80, < ôte d'Abraham, (^htêbet 118-618-2075 Une virée qui s’est avérée heureuse puisque 49 personnes ont décidé de faire cause commune pour sauver la bâtisse.«En tout, j’ai amassé 125 000 dollars, ce qui a servi de mise de fonds.» Fort d’une jolie cagnotte et de l’appui de 49 actionnaires, André Boudreau obtient gain de cause auprès de la Ville de Percé, qui consent à céder le bâtiment à l’organisme nouvellement constitué pour la somme symbolique de un dollar.Mort de l’étude L’étape suivante consistait à cumuler les subventions susceptibles de mettre en branle la reconquête de la vieille usine par le biais d’une revitalisation de fond en comble.Pour ce faire, M.Boudreau a réuni autour d’une même table les différentes instances économiques de la région et autres grosses pointures politiques aptes à délier les cordons de la bourse.Cette rencontre au sommet prendra les allures d’un imbroglio administratif.«Tout le monde était d’avis que c’était un beau projet, et ce, en vertu des plans et devis et du plan d’affaires que je leur ai présentés.» Mais il y avait un hic.«Les fonctionnaires m’ont signalé que l’obtention de subventions était conditionnelle à la réalisation d’une étude d'évaluation des travaux aux fins de rénovations.Je leur ai toutefois fait comprendre que ça leur incombait à eux de défrayer les frais de l’étude, ce qu'ils ont accepté de faire.» Les résultats de l’étude en question enfin déposés quelques mois plus tard seront accablants.«Comme je l’avais prévu, l’étude des experts en question reprenait pour l’essentiel ce que j’avais auparavant déposé devant lesfonc-tionnairgs, avec en ajout quelques statistiques sur le tourisme, bref des choses inutiles.Par contre — et tenez-vous bien! — l'étude prévoyait des coûts de rénovation de Tordre de.2,4 millions de dollars, ça n’avait pas de [bip] de bon sens.J'ai pris Tétude au bout de mes bras et je l'ai [bip-bip] à la poubelle!», se rappelle-t-il, un brin fâché.Après deux semaines de réflexion qui s’imposaient, André Boudreau reprend son bâton de pèlerin et ses plans d’origine, qu’il fera d’ailleurs certifier par une firme d’architectes.«Avec du gros bon sens, de la pression auprès des autorités et plusieurs appels téléphoniques» au cours d'une période s’étendant sur plusieurs mois, il réussit à arracher de l'un un budget discrétionnaire politique, de l’autre un montant de «50 000 dollars, et ainsi de suite».En fin de compte, les coûts liés aux travaux de rénova- tion avant l’ouverture officielle, le 16 juin 2000, se sont élevés à quelque 400 000 $au lieu des 2,4 millions proposés par l’étude, qui a terminé sa course au.recyclage.Ouverture officielle Comment peut-on concilier anciennes fonctions et nouveaux usages?«Quand on parle de rénovations dans ce cas-ci, ça comprend notamment le remplacement complet du revêtement extérieur et de la toiture, de l’isolation des murs et la réfection des planchers, c’est-à-dire l’alliage du ciment d’origine avec du bois neuf.» André Boudreau souligne que, si les travaux de réfection se sont déroulés rondement pendant un certain temps, l’achèvement des travaux, lui, a été plutôt ardu.«Trois mois avant l’ouverture officielle, le tracteur était encore sur la scène, laquelle s’appuie aujourd’hui sur la dalle de béton qui servait autrefois à trancher la morue.» Au cours des derniers mois de travaux, dit-il, «on a travaillé jour et nuit avec deux équipes qui se relayaient.En tout, on était une vingtaine de personnes, ce qui comprend les employés de l’entrepreneur en construction et quelques bénévoles de la région».Il y a peu, la Vieille Usine fermait les livres de sa cinquième année d’opération.Près de 40 spectacles ont été présentés dans la salle de spectacles de 130 places, à laquelle vient de se greffer un studio d’enregistrement professionnel qui fonctionnera à l’année longue.Avec lé recul, M.Boudreau se souvient particulièrement du passage de «Claude Gauthier, Claude Lé-veillée, Jean Lapointe, François Cousineau, Ariane Moffatt, Richard Séguin, Daniel Boucher et même George Dor, qui a donné un spectacle ici un mois avant sa mort».Dans son ensemble, le site de la Vieille Usine dispose en outre de plusieurs galeries d’artistes, d’échoppes d’artisans, d’ateliers d’arts plastiques fort appréciés des enfants, d’un service de restauration et de bar et d’un programme d’interprétation in situ de l’agate.Soulignons de plus que les visiteurs sauront apprécier les sentiers pédestres qui s’égaillent en forêt le long de la i> vière qui jouxte l’usine.LA RECONVERSION D’UN BÂTIMENT EN ESPACE CULTUREL: POURQUOI, POUR QUI ET COMMENT?Jeudi le 21 octobre à 15h30 Hôtel Gouverneur, Place Dupuis i LE DEVOIR.LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 OCTOBRE 2 0 0 4 H 5 * LES ARTS ET LA VILLE * FINANCEMENT Les nouveaux imprésarios «Les municipalités agissent maintenant comme des bailleurs de fonds dans le domaine culturel» Le domaine de la culture est généralement un de ceux qui viennent au dernier rang des priorités d’investissement gouvernementales.Pourtant, le développement touristique de plusieurs municipalités est directement lié à leur vitalité culturelle.L’argent destiné à financer les investissements est cependant plus ardu que jamais à recueillir.Mais de nouvelles avenues sont explorées.CHRISTIAN LÉVESQUE Le terme «culture» est à lui seul confondant qu’inclut-il?Uniquement les manifestations intellectuelles et artistiques?Ou aussi tous les comportements humains, les traditions et les coutumes qui façonnent les peuples?Au Québec, même en incluant toutes les définitions de cette notion, il est difficile de savoir combien les municipalités investissent dans le domaine culturel.C’est qu’il n’existe encore aucune statistique officielle pour démontrer l'ampleur des sommes al-Jouées.Si les municipalités doivent déclarer les sommes réparties selon les secteurs, les loisirs et la culture sont souvent confondus et mis dans la même catégorie.Le directeur général de l’Observatoire de la culture et des communications du Québec, Serge Bemier, affirme cependant travailler sur une nouvelle méthodologie de calcul qui permettra de mieux cerner l’action des municipalités.«Pour un grand événement comme le Festival de jazz à Montréal, les dépenses de police et de sécurité ne sont pas incluses dans les calculs, alors qu’ils représentent des sommes importantes», explique-t-il.Pour débuter, la nouvelle méthode ne cible que les grandes villes de 100 000 habitants et plus, mais pourra être appliquée à toutes les villes québécoises par la suite.Malgré cette lacune, le milieu culturel réclame plus d’argent Pour la directrice générale du Conseil des arts de Montréal, Danielle Sauvage, la situation est préoccupante: «On fait pitié par rapport aux villes européennes!, s’exclame-t-elle.Pour une cité comparable à Montréal, les Européens dépensent entre 7 % et 20 % de leurs budgets pour la culture.Ici, je pense que Von se rapproche plus de 1 %.» Mais le manque de données ne permet que des spéculations.Quoi qu’Û en soit, l’arrivée de Gérald Tremblay au poste de maire de Montréal a changé la donne: «Nous avons eu une augmentation du budget alloué à la culture, qui avait été gelé pendant dix ans, mais les besoins des organismes culturéts sont croissants et la relève artistique frappe fort à nos portes», explique Danielle Sauvage.Politiques culturelles Pour obtenir des subventions gouvernementales plus généreuses, les municipalités québécoises commencent à se doter de politiques culturelles.Mais la tâche n'est pas aussi aisée qu’on pourrait le croire: «Dans les régions, on parle sérieusement de culture depuis seulement cinq ou six ans», relate le maire de Saint-Séverin-de-Beauce et membre du comité exécutif de la Fédération québécoise des municipalités, Jean-Noël Ouellet.Le ministère de la Culture a cependant mis sur pied le programme «Villes et villages d’art et de patrimoine» afin de faciliter l’embauche d’agents culturels à travers le territoire québécois.Plus de 80 personnes sont ainsi responsables de l’élaboration de politiques culturelles et de la promotion de la culture.«C'est un véritable stimulant pour le développement culturel des municipalités, car il existe encore une certaine résistance dans les régions.Quand on parle de piste cyclable, cela passe beaucoup mieux que si on parle de culture», poursuit-il.La municipalité régionale de comté (MRC) de Drummond vient notamment de dévoiler publiquement sa politique culturelle, qui n’aurait pas vu le jour sans ce programme.«L'embauche de notre agent culturel a été plus qu’importante: ce fut une nécessité, car il possède la formation nécessaire et dispose du temps que nous n’avons pas», explique la préfète de la MRC de Drummond, Réjeanne Côté-Charpentier.Préfet de la MRC Robert-Cliche, Jean-Noël Ouellet affirme aussi que, grâce à la présence d’un agent, une première politique culturelle est sur le point d’être achevée dans son comté.«Cest le point de départ pour obtenir des subventions.Mais il faut aussi un effort commun pour rétablir le déséquilibre qui existe entre les régions et les grands centres comme Québec ou Montréal.» Avec une politique culturelle presque achevée, Jean-Noël Ouellet est persuadé que les choses iront plus rapidement «Notre MRC est relativement avancée par rapport aux autres, mais il reste énormément de chemin à faire avant de voir les supports financiers supporter [sic] plus activement les régions.» Malgré le fait que les municipalités plus peuplées attirent souvent plus d’argent pour les installations et événements culturels, la tâche n’est pas plus facile pour autant.Les milieux culturels demandent constamment plus d’argent que ce qui est disponible.Et Montréal ne s’est même pas encore dotée d’une politique culturelle! Une situation qui devrait cependant changer d’ici les prochains mois, assure-t-on.SOURCE CONSEIL DES ARTS DE MONTRÉAL Danielle Sauvage, directrice générale du Conseil des arts de Montréal.L’exemple de Trois-Rivières Traditionnellement, l’argent alloué au domaine culturel provient des divers niveaux gouvernementaux.Pour le directeur du Service des arts et de la culture de la Ville de Trois-Rivières, Michel Jutras, cette notion semble avoir atteint sa limite: «U y a une sorte de plafonnement des dépenses gouvernementales, dit-il.Les organismes se tournent de plus en plus vers les villes pour obtenir leur financement.Les municipalités agissent maintenant comme des bailleurs de fonds dans le domaine culturel.» En 1997, la Ville de Trois-Rivières a donc mis sur pied une société paramunicipale: la Corporation de développement culturel.Destiné à gérer les outils et les programmes culturels de la municipalité, l’organisme est intégré au Service des arts et de la culture de la Ville.À sa tête, nul autre que le responsable culturel de Trois-Rivières: Michel Jutras.«Ce n’est pas inhabituel dans le monde municipal de faire affaire avec une société paramunicipale pour administrer les infrastructures culturelles», explique-t-il.Et, selon ses dires, le modèle fonctionne très bien.D cite en exemple que, pour rentabiliser les deux salles de spectacles situées au centre-ville, son organisme a demandé (et obtenu) la gestion des stationnements situés aux alentours.En plus d’améliorer le service, les revenus obtenus sont directement réinvestis dans le monde culturel.Selon Michel Jutras, la Ville a bien compris les enjeux liés à la culture et soutient activement son développement.«R fout sortir des modèles traditionnels qui consistent à attendre que l'État s’occupe du financement de la culture, affirme-t-il, car ce schéma est en train de disparaitre.» Pourquoi alors ne pas s’être simplement tourné vers le financement privé?«Les mécènes qui investissent massivement dans la culture n'existent pas vraiment au Québec», répond-il.Et cela est d'autant plus vrai dans les ré gions éloignées, corrobore Jean-Noël Ouellet.Citant des données récentes du Conseil des arts du Canada, Danielle Sauvage explique que les sommes obtenues par le mécénat canadien se chiffrent à près de 4,9 milliards annuellement De ce montant, seulement 47,9 millions sont distribués au domaine de la culture.Moins de 1 % du total.«Et la culture arrive au dernier rang des catégories vers lesquelles les dons monétaires sont acheminés», souligne-t-elle.Pourtant, tant au niveau fédéral que municipal, le domaine de la culture est primordial pour permettre à la population de se retrouver collectivement.Cal'la culture, au même titre que la langue et le territoiré, constitue l’un des fondements de la notion de «peuple».Comme le résume bien Réjeanne Côté-Charpentier: «Un peuple sans culture, c’est un peuple qui ne vit plus!» LE POINT SUR LES MUNICIPALITÉS ET LE FINANCEMENT DE LA CULTURE: PERSPECTIVES D’AVENIR Jeudi le 21 octobre à 13h30 Hôtel Gouverneur, Place Dupuis « Pour une cité comparable à Montréal, les Européens dépensent entre 7 % et 20 % de leurs budgets pour la culture.Ici, l’on se rapproche plus de 1 %.» Québec une ville d’art et d’histoire ii h h h Ville de ¦ ¦ LL k -U-Jw La culture au cœur de nos communautés vitalité culturelle Le Québec fait preuve d’une impressionnante, fruit de la créativité de nos artistes et du dynamisme des acteurs socio-économiques qui, de plus en plus conscients du rôle que joue la culture dans la qualité de vie de leur communauté, se sont mis à chercher de nouvelles façons de promouvoir la danse, la musique ou le patrimoine, d’améliorer la diffusion des arts de la scène, de participer aux destinées des centres d’exposition et des musées, de prendre part, en somme, à lai de la culture.démocratisation Cet engagement fait d’eux de précieux partenaires, avec qui nous partageons : I® développement culturel libère le potentiel de créativité et d’innovation de nos collectivités.Parmi ces alliés, se trouvent de nombreuses municipalités locales et régionales qui ont conclu une entente de développement culturel avec le ministère de la Culture et des Communications.Ces ententes se sont avérées de rngigjffÊËmm aui nous permettent d’accompagner les élus dans leur quête constante d’une meilleure offre de services à la population et d’une participation accrue des citoyennes et des citoyens à l’épanouissement de la culture dans leur milieu.Je souhaite que ce 17e colloque des Arts et la Ville soit l’occasion d’explorer de nouvelles avenues pour nous mener vers une! A-4- A , La ministre de la Culture et des Communications, Line Beauchamp Québec SS é i LE DEVOIR, LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 1T OCTOBRE 2004 H 6 ?LES ARTS ET LA VILLE * tt SOURCE VILLE DE RIVIÈRE-DU-LOUP Le Manoir Fraser, à Rivière-du-Loup.PATRIMOINE L’humain, le bâti et le site La notion de patrimoine prend du galon au Québec.C’est du moins le cas sur le plan municipal puisque la Ville de Rivière-du-Loup s’est dotée en 2002 d’une politique du patrimoine et que la Ville de Montréal s’apprête à faire la même chose.PIERRE VALLÉE Un vent de culture souffle sur New Richmond et Rimouski «Jamais je ne parlerai en mal de Montréal car cette métropole est génératrice de culture de par sa force démographique» Si le geste de la création artistique s’effectue pour l’essentiel en vase clos, le rayonnement de la culture, lui, est à maints égards subordonné à l’espace que l’agora citadine est prête à lui accorder.Ainsi, comment la culture se déploie-t-elle dans la cité?Sous quel angle doit-on définir le rôle de la culture dans la cité et vice-versa?Qu’en est-il des interrelations entre les municipalités au titre des arts?Deux leaders régionaux répondent ouvertement à nos questions.La notion de patrimoine s’est considérablement élargie.Cela se remarque à la fois dans la politique du patrimoine adoptée par Ri-vière-du-Iomp et dans celle prévue par Montréal.La définition de ce qu’est le patrimoine ne se limite phis seulement au patrimoine architectural.Elle englobe aussi le patrimoine naturel, sites et paysages à préserver, tout comme le patrimoine culturel, par exemple les archives qui témoignent de l’histoire d’un lieu.Dans les deux cas aussi, cette politique du patrimoine ne cherche pas uniquement à circonscrire les actions et les interventions de la municipalité en matière de protection et de valorisation du patrimoine, mais aussi à impliquer les citoyens et à en faire des partenaires, qu’ils soient simples résidants, gens d’affaires ou promoteurs immobiliers.Rivière-du-Loup La Ville de Rivière-du-Loup est la première municipalité québécoise à se donner une politique du patrimoine.Une heureuse initiative, peut-on dire, puisque Rivière-du-Loup, grâce à cette politique, a été choisie comme «capitale culturelle du Canada» en 2003.Cette politique du patrimoine à Rivière-du-Loup a été mise en place, en quelque sorte, à la demande des citoyens.«Les citoyens se présentaient de plus en plus souvent au conseil municipal avec des questions concernant le patrimoine, explique Denis Boucher, responsable de la politique du patrimoine de Rivière-du-Loup.Devant autant d’intérêt, les élus municipaux ont compris qu’il était temps d'agir.» Le choix d’une politique du patrimoine plutôt qu’un plan d’action a été retenu parce que, d’une part, une politique permettait de donner à la municipalité une vision d’ensemble du patrimome et, d’autre part, les actions et les interventions subséquentes ne seraient plus des cas isolés, mais découleraient de cette politique.«Les gens de Rivière-du-Loup considéraient qu’une véritable politique du patrimoine était devenue une priorité», souligne Denis Boucher.En effet, Rivière-du-Loup vit présentement un «boom» économique et la municipalité connaît même une augmentation de sa population.Des industries s’y installent donc et de nouvelles résidences sont construites.«Le temps était mûr.H pillait limiter ou du moins encadrer le développement de façon à protéger nos acquis patrimoniaux.» L’intérêt des Louperivois pour le patrimoine ne date pas d’hier.Déjà, la municipalité protégeait certains quartiers et avait aussi revitalisé sa rue principale.C’est que Rivière-du-Loup a connu une époque économique florissante entre 1870 et 1880 lité de mieux circonscrire ses interventions ainsi que les règlements concernant la préservation du patrimoine.Mais, selon Denis Boucher, elle permet encore davantage: «Cette politique nous a permis de faire du patrimoine l’étendard et l’image de marque de notre ville.» Cette politique a aussi permis de poser des actions qui autrement n’auraient sans doute jamais vu le jour.«Comme on voulait favoriser la restauration et aider le citoyen à bien faire la chose, on a embauché un ethnologue afin de dresser une liste des artisans régionaux qui maîtrisaient encore les techniques d’autrefois.Non seulement cela nous a donné un répertoire, mais cela a même suscité l’arrivée sur le marché de nouveaux artisans.» Les drapeaux qui aujourd’hui ornent la toiture des maisons sont un autre exemple des actions découlant de la politique du patrimoine.«Mu-sieurs maisons à Rivièredu-Loup ont un mât sur le toit, explique Denis Boucher: cela découle d’une vieille tradition maritime.» La municipalité a mis sur pied un programme visant à réparer ces mâts et elle a fait concevoir un drapeau qui aujourd’hui flotte au-dessus de ces maisons.«Le drapeau attire le regard et les gens se promènent en regardant vers le haut, ce qui leur permet de remarquer les détails architecturaux.» Montréal La Ville de Montréal étudie présentement un projet de politique du patrimoine qui en gros ressemble à celui de Rivière-du-Loup, dans le sens où il adopte lui aussi une virion englobante du patrimoine.Le projet cible trois types de patrimoine: le patrimoine naturel, donc les espaces naturels à protéger, le patrimoine culturel matériel, qui comprend autant le bâti que les documents historiques et le.patrimoine culturel immatériel, qui comprend les traditions et les manifestations culturelles qui témoignent du passé de Montréal.«Le patrimoine culturel immatériel est pour moi très important parce qu’il se rapproche du volet culturel, explique Francine Senécal, responsable des dossiers de la culture et du patrimoine à la Ville de Montréal.Ce concept fait sien le principe de l’ethnoculturalisme puisqu’il permet de souligner les traditions des diverses communautés culturelles qui ont contribué à faire de Montréal ce qu’elle est aujourd’hui.» Pour le moment la politique du patrimoine de Montréal est encore à l’étape de projet Un énoncé de politique a été remis à Mme Senécal au mois de février par Mme Gretta Chambers, présidente d’un groupe-conseil mandaté à cette fin.Présentement, les discussions vont bon train entre les divers intervenants municipaux.Suivront ensuite des consultations publiques où les citoyens et les organismes pourront faire des recommandations et des THIERRY HAROUN A mon avis, la culture, c’est l’expression citoyenne qui se traduit par le chant, la littérature et la musique, entre autres.La culture, c’est avant tout des femmes et des hommes qui s’expriment», pense Michel Tremblay, maire de Rimouski et président de l'Union des municipalités du Québec.•La culture, c’est l’identité même d’un peuple.C’est l’âme collective de la communauté qui, de fait, favorise son éveil, son développement et son épanouissement», croit pour sa part Nicole Appleby, mairesse de New Richmond, une ville de 4000 habitants sise au cœur de la baie des Chaleurs en Gaspésie.New Richmond Affublée de l’étiquette de ville industrielle avec ses 258 entreprises, dont sept concessionnaires automobiles et une usine de carton ondulé (la papetière Smurfit-Stone), New Richmond multiplie les efforts afin de se départir de cette étiquette commerciale en misant sur des axes de développement culturels à caractère.asymétrique! «Si vous me permettez l’expression, il est question à New Richmond d’un développement culturel asymétrique, c’est-à-dire que le conseil municipal a établi une stratégie de développement économique à l’intérieur de laquelle la culture est vue non pas comme un axe de développement en soi, mais comme partie prenante de l’ensemble des secteurs de développement de la ville», dit Mme Appleby.En clair, la culture, poursuit-elle, doit se retrouver au cœur de l’expansion de sa ville et «l’entité municipale doit en être le fer de lance en provoquant des choses à coups de petits gestes.Par exemple, nous avons initié la réalisation d’une galerie d’art et d’un marché public qui réunit sous un même toit les artisans qui, eux, s’approprient par la suite le projet».C’est donc par le truchement «de petits gestes comme ceux-là qu’on va réussir à changer ce mythe qui veut que New Richmond ne soit qu’une ville à saveur industrielle».La mairesse Appleby n’a pas manqué de souligner que New Richmond «s’est dotée, il y a deux ans, d’une politique culturelle.D’autant que, dans les prochaines semaines, on devrait— et je dis bien on devrait! — signer la première entente culturelle en Gaspésie avec la ministre de la culture [Line Beauchamp).De notre côté, tout est prêt», dit-elle, en ajoutant qu’il ne manque plus que le feu vert de Québec.De plus, elle insiste pour dire que New Richmond, où se côtoient des citoyens de souche irlandaise, écossaise, acadienne et jersiaise, notamment, «se classe parmi les premières villes au Québec en ce qui a trait au financement de la culture puisque nous y consacrons 75 dollars per capita, comparés à 30 dollars à l’échelle régionale».Un difficile voisinage Qu’en est-il des interactions entre les municipalités avoisinantes?Dans le cas de New Richmond, cette question mérite d’être soulevée en ce que sa salle de spectacle de 660 places, un équipe- nale.Eh bien, on s’est heurté à une fin de non-recevoir», se désole Mme Appleby.Pour pallier ce manque à gagner, le conseil municipal de New Richmond a sollicité l’appui du Mouvement Desjardins.Aujourd’hui, Mme Appleby n’est pas peu fière de dire que sa municipalité «assume seule», mais avec l’aide financière des Caisses Desjardins, les frais de gestion inhérents à la salle de spectacle.Autre preuve que les élus de cette ville gaspésienne, dont le sol a été foulé par les soldats de l’armée de Wolfe en 1760, ne sont pas à court d’idées: ces derniers mettront en branle d’ici deux ans un vaste programme de revitalisation du centre-ville de New Richmond, lequel programme, de surcroît, donnera une large place à son patrimoine bâti.Rimouski Rimouski n’a rien à envier aux grands centres.Son espace culturel est rempli à souhait par des événements et des organismes à vocation culturelle, telg que son Salon du livre, le Carrousel international du film, le Festi Jazz de Rimouski, l’Orchestre symphonique de l’Estuaire, le festival Rimouski en blues et le Conservatoire de musique et d’art dramatique du Québec Dans un contexte plus large, Michel Tremblay affirme que les régions du Québec se doivent de prendre leur place au sein de la communauté culturelle.«Jamais je ne parierai en mal de Montréal car cette métropole est génératrice de culture de par sa force démographique.C’est aux régions à se prendre en main et à développer un secteur culturel singulier.» Développer un secteur culturel singulier, soit, mais cela ne va pas sans l’appui inconditionnel des municipalités respectives.«Une municipalité se doit de se doter d’un plan de match en matière de culture afin d’établir les paramètres d’intervention parle biais de gestes au quotidien.La ville, à titre d’administrateur public, a le devoir d’apporter un soutien aux différents organismes culturels œuvrant sur son territoire.«Par exemple, notre bibliothèque municipale reçoit sur une base annuelle une aide financière de la municipalité de l’ordre de 500 OOO dollars.Ce n ’est peut-être pas payant en soi, mais cet organisme est à notre avis un impératif culturel qui est au service des citoyens.» Comment mettre à profit l’imar gination des artistes dans l’aménagement culturel de la cité?«Eh 1996, le sculpteur rimouskois Roger Langevin a présenté au conseil municipal, et ce, dans le cadre du 30(7 anniversaire de la venue du premier citoyen à Rimouski, une maquette appelé “Les Bâtisseurs”.J’ai été ravi par ce projet, dans lequel la Ville a d’ailleurs injecti 10 OOO dollars.Cette sculpture, qm est située dans le parc Beauséjour, est très appréciée par la population.En fait, nous, les élus, ne sommes pas des artistes de par nature, mais 11 y a au sein de notre communautl des créateurs qu’il faut appuyer et encourager à poursuivre leur travail», renchérit le maire Tremblay' MÉTROPOLE, VILLES ET VILLAGES: INTERRELATIONS MUNICIPALES n Mercredi le 20 octobre à 14h45 Maison de la culture Frontenac qui a laissé derrière elle une architecture résidentielle et commerciale plutôt raffinée qui mérite non seulement d’être protégée mais aussi d’être mise en valeur.«De plus, la ville est construite en escalier, ce qui fait que les différents quartiers offrent une vue sur le fleuve.Cest la raison pour laquelle notre politique du patrimoine inclut la protection des paysages.» Plus que la préservation La politique du patrimoine de Ri vièredu-Loup permet à la municipa- suggestions.«Le projet revient a nouveau au comité exécutif et la politique devrait être déposée devant le conseil municipal vers le mois de février ou de mars.» Il est donc top tôt, selon Mme Senécal, pour connaître et discuter des détails de cette politique.Par contre, certains principes sont connus.«Le patrimoine ne doit pas être perçu, tant par le citoyen que par le promoteur, comme un obstacle au développement.Au contraire, lé patrimoine représente plutôt une plus-value.» ment à caractère supralocal, voire un passage obligé pour qui s’intéresse à la chose culturelle, a, dans un passé récent, fait l’objet d’une bisbille intermunicipale.«Ce qui est arrivé, explique la mairesse, c’est que nous avons demandé aux municipalités voisines, soit Paspébiac, Nouvelle, Bonaven-ture et Carleton entre autres, de partager avec nous les frais d’opération de la salle de spectacle de New Richmond, un joyau culturel que nous mettons à la disposition de la communauté locale et régio- La Ville de Gatineau est fière d’accueillir le colloque Les Arts et la Ville les II, 12 et 13 mai 2005 ; ¦ l>.1.,1,.1 nous, ut culture cm une pas 1 h 1 1 iiuun itjuiue: * at - ta avec n c nous venez nous visiter I ;.ca/iesar iü»i .’ sksBUk : piæ 1 1 joindre, faites le , ( 1819) 243-2300, ou par courriel, artscuIturelettresùïMle.gatirieau.qc.ca.Sfeü » » «îlltpsll V.l!.-., V Gatineau clic sur l’art public à Montréal L.*Allt^J v.ville, montreal.qc.ca/artpublic vous propose un parcours à travers le génie de nos créateurs.Dés artistes de renom.* Des œuvres marquantes.Des circuits inspirants.! 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