Le devoir, 6 décembre 2008, Cahier E
LE DEVOIR, LES SAME DICE T I) I M A N C HE 7 DÉC E M B R E 2 O O 8 QC moment tenté par l’écriture autonu tique, c’est avant tout un conteur, la fois à fleur de peau et très ironiqut Dans le dernier tiers de sa discogru phie, il se fait plus philosophe.» Pratiquant le taï-chi, composite^ de musique méditative, Lou Reec reste capable de replonger dans U culture de rue et de mettre en scc ne des contes cruels aux réso nances intimes.Le Mond TRAVERSER LE FED Lou Reed Traduit de l’anglais par Sophie Couronne et Larry Debay Le Seuil Paris, 2008,500 pages CÉ0 # f m pes v -*’*1.•Sfê&fC.Lou Reed en spectacle aux Jeux olympiques de Turin en 2006 quatre albums studio ne connaîtra de succès public Dans les salons du Ritz, loin de la bohème du Chelsea Hotel, Lou Reed rappelle aujourd’hui le volontarisme de sa démarche d’origine.«J’ai très consciemment essayé de rapprocher le rock de.la littérature», explique-t-il.Dans les pièces et les livres, l’auteur a le droit d’écrire ce qui se passe réellement.Pourquoi la vérité des faits et des sentiments était-elle rejusée aux chansons?» A l’université de Syracuse (New York), il est impressionné par un de ses professeurs, le poète Delmore Schwartz.«Avec lui, fai étudié Yeats et Keats.La seule fois où fai compris Finnegan’s Wake de Joyce, c’est quand il nous l’a lu à haute voix.» Dans sa jeunesse, ce professeur, qui devait finir fou et alcoolique, avait connu des succès d’écrivain.«Quand j’ai lu sa nouvelle In Dreams Begin Responsibilities, j’ai été subjugué par la façon dont quelqu’un d’aussi brillant pouvait écrire aussi simplement, fai pensé que cette sobriété pourrait parfaitement se marier à une guitare.» Le théâtre et le cinéma seront d’autres sources d’inspiration.«La tirade de Brando parlant à sHi $._|toyi>lMJ‘c}V' Î5 $ {étudiants •» aiiu:; HnnscignomerUn ut réservation!:; (niU'M'i / irifoOlenom c i www.lencm.ca CINÉMA Pour dénoncer le difficile et l’inutile LA BATAILLE DE RABASKA Réalisation et scénario: Martin Duckworth et Magnus Isacsson.Image: Martin Duckworth.Montage: Michel Giroux.Musique: Robert M.Lepage.Québec, 2008, 80 min.ANDRÉ LAVOIE Les poètes sont parfois prophètes.Dans sa chanson Le Tour de file, Félix Leclerc craignait de voir l’île d’Orléans transformée en «parc à vidanges, [en] boîte à déchets, [en] US.parking».L’histoire donnerait-elle raison à celui qui disait que cet endroit pouvait nous aider à «supporter le difficile, et l'inutile»?Avec l'installation possible du terminal méthanier de Rabaska sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent près de Québec, l’inimaginable semble en bonne voie de devenir la triste réalité.Les cinéastes Martin Duckworth (Armé pour la paix) et Magnus Isacsson (Maxime, McDuff et McDo) ne pouvaient trouver meilleur leitmotiv pour leur dernier documentaire tourné en étroite collaboration, La Bataille de Rabaska.Interprétée avec bonhomie par Yves lambert, dont l’accordéon n’est jamais loin, la chanson symbolise une réelle inquiétude de voir s’implanter dans ce beau coin de pays une gigantesque horreur architecturale doublée d’une potentielle bombe à retardement Rabaska serait-il en somme le Mirabel du gaz naturel, une chimère dans le grand débat des besoins énergétiques des Québécois?C’est à cela qu’une poignée de citoyens de la municipalité de Beaumont ont dit un non retentissant ne soupçonnant pas qu’en 2004 ils s’engageaient dans une lutte où les élus, municipaux comme provinciaux, seraient rarement leurs alliés.Qu'une «big business» décide de passer le rouleau compresseur pour défigurer un paysage à des fins commerciales n’est malheureusement plus un objet de curiosité, ni même pour certains un prétexte à indignation.Ce que les deux réalisateurs tentent ici de cerner, c’est le poids des acteurs économiques, mais aussi leur influence sur les politiciens, portés au pouvoir par les ci- toyens, une donne que certains d’entre eux semblent oublier.C’est à cette dure réalité quYves St-I.au-rent, Dominique Chabot, Lise Thibault et d’autres supporters se heurtent, eux que rien ne destinait à porter des pancartes, à crier des slogans et surtout à tenir un discours où la ferveur militante s’appuie toujours sur une somme impressionnante de recherches.De 2004 à 2008, Duckworth et Isacsson ont observé avec uneréel-le sympathie un combat digne de David et Goliath, porté aussi par l’enthousiasme à la suite de l'humiliant recul du gouvernement Cha-rest à propos de la centrale thermique du Suroît (c’est d’ailleurs cette «bataille» qu’ils voulaient documenter, surpris qu’elle s’achève si vite!).Loin de bâillonner les défenseurs du projet dont le maire de Levis, un certain Jean Garon (pour mémoire: père de la loi sur le zonage agricole dans le premier gouvernement du Parti québécois!'.), les réalisateurs accordent tout de même une place plus grande à ceux qui se battent sans cabinet d’àvôcats puissant avec des moyens de'fortune mais une conviction immense.Dans sa superbe maison ancestrale, soutenu sans réserves par sa compagne Dominique et la présence vivifiante de ses jeunes enfants, Yves St-Laurent semble se transformer souvent en Don Quichotte, conscient toutefois qu’un terminal méthanier, c’est plus menaçant qu’un moulin à vent.L’homme ria rien de l’écolo romantique et tout du stratège pragmatique, étonné comme tant d’autres de llsolement dans lequel il est plongé face aux pouvoirs publics.Car en plus de montrer leurs petites victoires, les cinéastes ne cachent pas leurs grandes défaites, dont une manifestation imaginée gigantesque mais devenue un rassemblement confidentiel Ils interrogent aussi le fameux modèle québécois, égratignant au passage l'indépendance relative du Bureau d’audiences publiques sur l'environnement Loin d’appeler à la démobilisation, La Bataille de Rabaska prouve, de ffiçon éloquente, que le vieil adage demeure d'une cruelle actualité: -Si tu ne t’occupes pas de la politique.» Collaborateur du Devoir m % aSMBBBP ï r W P*”*T zt ( 'mmèk.f M tel; DE DÉMOCRATIE M AG M S I SAC SSBN «rf ‘ O N F Une manifestante contre le projet de Rabaska no merveille!!! .bien au-delà de ce qu'on attend d’un disque de Noël.Jp Une réussite complète » Cormier - Fréquence libre, Radio Canada W" «Bv L , fée deTraîchem dans l’univers du disque de Noël » \ Jean Beauchesnn - Journal do Québec 4.5I5 ».En conceit m /•>*« tir-» .— - - * 'l' '«y* a ; d CINÉMA LE DEVOIR, LES SAMEDI 6 ET D 1 M A N £ H E 7 I) É C E M B R E 2 0 OS K 7 CULTURE Un Woody tout autre CASSANDRA’S DREAM Realisation et scénario: Woody Allen.Avec Hayley Atwell, Colin Farrell, Ewan McGregor, Tom Wilkinson, John Benfield, Phil Davis.Image: Vilmos Zsigmond.Musique: Philip Glass.Montage: Alisa Lepselter.ODILE TREMBLAY Il était en soi révoltant que ,l’avant-dernier Woody Allen (précédant Vicky Cristina Barcelona) ait survolé nos écrans sans s’y poser.D’autant plus que nombreux sont les cinéphiles à voir tous ses films.Situation corrigée par l’Association québécoise des critiques de cinéma, qui entend s’impliquer régulièrement dans la promotion du film d’auteur, main dans la main cette fois avec les Eibns Séville et le Cinéma du Parc, qui présente le film avec des sous-titres français, forts bienvenus pour décoder l’accent cockney.Cassandra’s Dream clôt la trilogie londonienne du célèbre cinéaste binoclard new-yorkais, après Match Point et le moins réussi Scoop.Autant le préciser tout de suite: jamais un film de Woody Allen n’aura moins resserqblé à ses oeuvres précédentes.A un point qui trouble.Est-ce bien notre homme?Sa célèbre ironie ne paraît perceptible qu'à travers la musique de Philip Glass (une nouveauté), qui ponctue les moments forts avec des accords très accentués évoquant ceux du temps du muet.Par ailleurs, Woody s'attaque ici à un sujet qu’il voit collé à la tragédie grecque et aux grands romans russes, pour le poids de la faute, trop dure à porter.On évoque aussi tes tragédies shakespeariennes, sans 1e génie du grand Will, mais en songeant à lady Macbeth tentant en vain d’effacer le sang de ses mains.Ce milieu populaire britannique est étranger à Woody Allen, ainsi que l’accent cockney, comme s’il revisitait en mode mineur l’univers de Ken Loach et de Mike Leigh.Étrange objet filmique, témoignant toutefois du désir du cinéaste d’ex- plorer des terres vraiment nouvelles, sans tes répliques drôles et incisives qui ont fait sa marque.Oui, mais.Nous voici en compagnie de deux frères paumés: l’un, Terry (Colin FarreU), réparateur de voitures et joueur impénitent, bientôt enlisé dans les dettes; l’autre, lan (Ewan McGregor), arriviste qui, pour tes beaux yeux d’une actrice, veut quitter le restaurant familial pour brasser des affaires.Ils ont ensemble acheté un voilier au-dessus de leurs moyens, le Cassandra’s Dream, dont on devine d’entrée de jeu le destin tragique.Car en acceptant de «rendre service» à l'oncle d’Amérique (Torn Wilkinson, délicieusement inquiétant), livré au chantage d’un associé, les deux lascars franchiront la ligne du crime.Longtemps le film enlisera son action en des scènes longuettes et sans grand intérêt, profilant les amours et les ambitions de la fratrie, avec une caméra réaliste, des interprétations souvent chancelantes — Hayley Atwell dans la peau de l’ambitieuse Angela est une caricature de belle ensorceleuse.Heureusement, la tragédie creusera son lit, en faisant culbuter Cassandra’s Dream dans un registre noir où tes rouages psychologiques des personnages deviendront la matière du thriller.Car à l’heure où s’affrontent le cynique fan et le malheureux Terry, fou de remords (1e jeu de Farell devient plus solide en fin de piste), la partie est déjà jouée, le diable attend son butin et le cinéphile y trouve un peu son compte La dernière partie repose sur cette mécanique implacable d’un destin que tes dieux ont voulu dramatique.Sans juger ses personnages, Woody Allen tient lui-même le rôle du chœur grec qui observe l’agitation des protagonistes avant la chute.Mais le cinéaste, en ces eaux inconnues, y aura égaré son style et tout ce qui semblait collé à son univers de dialogues échangés comme des balles de ping-pong.Moins à l’aise ici, il pourrait être un autre cinéaste que lui.Bizarre! Bizarre! Et décevant, aussi.Le Devoir 1?ÏÏt Sean Penn dans le rôle de Harvey Milk, dans le film de Gus Van Sant SOURCE ALLIANCE Admirable portrait d’un militant rassembleur SOURCE CINÉMA DU PARC Ewan McGregor et Colin Farrell dans Cassandra’s Dream, de Wbddy Allen MILK De Gus Van Sant Avec Scan Penn, James Franco, Emile Hirsch, j[osh Brolin, Diego Luna, Alison Pill, Victor Garber.Scénario: Dustin Lance Black.Image: Harris Savides.Montage: Elliot Graliam.Musique: Danny Elfman.États-Unis, 2008, 128 minutes.MARTIN BILODEAU Depuis l’échec injustifié de Finding Forrester, en 2000, Gus Van Sant, cinéaste à deux visages assumés, était retourné à ses premières amours (c/ My Own Private Idaho) et à son «moi» expérimental pour explorer à travers ses films la (dé)formation du moi, justement chez des adolescents (Elephant, Paranoid Park) et des jeunes adultes en détresse psychologique (Gerry, Last Days).Son treizième long métrage, Milk, biographie d’un conseiller municipal homosexuel de San Francisco assassiné en 1978 par un confrère homophobe, marque son retour à un cinéma plus consensuel et plus accessible, plus proche en fait des To Die For et Good Will Hunting, qui l’ont fait connaître auprès du grand public.De fait on devine que le caractère personnel du projet tient moins à la forme du film, simple, rigoureuse et classique, qu’au choix du sujet.Van Sant est ouvertement gai, et Milk a marqué l’histoire de cette communauté.Le film, conséquemment est très personnel.Trente ans presque jour pour jour après les faits (Harvey Milk et le maire de San Francisco ont été abattus par Dan White le 27 novembre 1978), 24 ans après le remarquable documentaire The Times of Harvey Milk signé Rob Epstein, Van Sant reconstitue, à la manière d’un feuilleton haut de gamme, les huit dernières années de vie de celui qui fut le premier élu ouvertement gai de l’histoire américaine.Milk (Sean Penn) a 40 ans lors-qu’en 1970 il quitte New York avec son amant Scott Smith (excellent James Franco) pour aller s’établir à San Francisco.Dans Castro Street, artère commerçante d’un quartier ouvrier pris d’assaut par la communauté homosexuelle, il ouvre un magasin d’articles de photographie.Plus qu’un commerce, 1e lieu devient rapidement le point de ralliement des militants gais, persécutés par les autorités policières et dénigrés par les groupes de droite religieuse, que Milk galvanise par son rêve d'obtenir un poste à la mairie.Le scénario du jeune Dustin Lance Black, élevé dans la religion mormone, décline les faits et les campagnes électorales (au nombre de quatre, Milk ayant perdu les trois premières) à la manière d’un long flash-back.Or, plus que le récit d’une ascension, Black et Van Sant font 1e portrait d’un homme fragile mais pugnace, une planète autour de laquelle gravitent plusieurs astres, chacun ayant la fonction d’en éclairer une face différente.Smith, qui l’épaulera dans sa lutte jusqu’à la onzième heure, fait resurgir son caractère engagé, avec tes sacrifices que ça suppose sur le plan intime.Cleve Jones (Emile Hirsch), que Milk va enrôler dans ses troupes, met en valeur son immense pouvoir de conviction.Jack Lira (Diego Luna), un Latino immature et efféminé, qui fut son dernier amant, met en évidence son charme, sa générosité et sa tolérance.Mais c’est à travers Dan White Gosh Brolin, très convaincant), ex-policier tourmenté, de droite et potentiellement gai au placard, que les talents de politicien et de stratège de Milk sont les mieux communiqués.Son inconscience aussi, ce qui explique la fin brutale et prématurée du personnage que Sean Penn, très en forme et visiblement convaincu de l’utilité de l’œuvre, défend avec la dernière énergie.Cela dit, et c’est paradoxal dans le contexte d’un film faisant le portrait d’un militant.Milk est la douceur faite film.Pas une plaidoirie, pas un réquisitoire, mais un por-trait.nuancé et fasciné, d’un homme qui a rêvé du pouvoir et qui a été piégé par lui.Le directeur photo Harris Savides, qui tient un rôle de premier plan dans l’œuvre de Van Sant (rappelez-vous la caméra en apesanteur à'Elephant), filme avec discrétion, son dispositif transparent, une attitude désinvolte devant une reconstitution d’époque sobre qui ne cherche pas à attirer le regard.Au montage, Elliot Gra- ANNE ROSEMARIE BILL TUNDE HATHAWAY DeWITT IRWIN ADEBIMPE MATHER ANNA DEAVERE et DEBRA ZICKEL SMITH WINGER •Une performance absolument éblouissante, des moments d’humour formidables.Très très bien maîtrisé, puissant” M*ic André-Insner, LA PRESSE .**&!**; k* /P NOMINATIONS B AUX FILM INDEPENDENT ^/SPIRIT AWARDS 8 ,7 Meilleur I ilm • Meilleur Itèalrsaretir B Meilleur l’TrmierStAnwio JÊ f.LE MARIAGE DE RACHEL (RACHEL GETTING MARRIED) UN FILM DE JONATHAN DEMME iM'.fa.rrét Sème SEMAINE ! V.O.AVEC SOUS-TITRES FRANÇAIS [CINÉMA DU PARCl(—r^c,^.MA——I | 3675 Ou Pure MA-Zei-IBOO 11 »-C CI.AP } XZ.\ ITT- Si'li'ïïïîrS rn consultez les quides-|s=£| |LE FORUM 221 horaires des cinémas Les Plouffe Fred Pellerin: comme Ce qu'il reste L'âge des ténèbres Cruising Bar 2 une odeur de muscle de nous mm»»»» 1499$ 2599$ Ci i.iuii Risn üi nous 2799S ÈT'l -, -rf?- F”.WÊNÊBRES • - r ïà 2799s 2499$ 376, Mont-Royal est • 380, Laurier ouest • 42, rue McGill ¦ 2008 Alfamte Vivolilm.Toits tir oift lessivés.Distribué eMhtsivemerrt ou Conodo pot A&ome Vivofilm.£¦ 2008 Les Films Seville ; En vigueur jusqu'au 2-1 décembre 2008 BOITE NOIRE LE CINÉMA DU MONOEl ham arrondit les angles et Danny Elfman faufile sa musique dans l’image, rendant l’une et l’autre indissociables.Seuls les grands du septième art sont capables de contrôler leur art avec tellement de finesse et de doigté qu’on ne sent plus l’effort ou la volonté qui est derrière.Van Sant et son équipe sont de ceux-là.Collaborateur du Devoir «Un pur divertissement!» The Gazette I served the king of England un Him de Jin' Menzel .s.t LT AFFICHE ! I CINÉMAS AMC 1 |le forum 22! V.O.AVEC SOUS-TITRES ANGLAIS ___________ ven.sam.dim: 12:20,15:20, 18:20, 21:25 tun.mar.mar.jeu.: 15:20,18:20, 21:25 ARCHAMBAULTSI Une compagnie de Quebecor Media PALMARÈS DVD Résultats des ventes : du 25 novembre au 1'" décembre 2008 PLANETARIUM UHMUSÉUMNATUREMONTRÉAL Un voyage dans le temps jusqu aux origines de nos traditions des Fêtes Spectacle pour tes 9 ans et plus Du 20 novembre au 4 * fermé le 25 décembre, le 1er janvier et les lundis sauf le 22 et le 29 décembre museumsnature.ca 514 872-4530 Montréal CÉUNE SUR US PLAINES CRUISING BAR 2 VUkU-E MPI MATCHS MÉMORABLES DANS L’HISTOIRE DES CANADIENS HANCOCK g 24: REDEMPTION FRED PELLERIN Comme une odeur'de muscles PASSE-PARTOUT Coffret 5 EW QUÉBEC 1808-2008 SOUVENIRS DU 400* ANNIVERSAIRE PLANÈTE TERRE Série complète LOUIS-JOSÉ H0U0E Le show caché LAURENT FAQUIN Tout est relatif LES BOTS Saison 1 KONG FU PANDA SHAKES & ARROWS UVE MICHEL BARRETTE HI! Ha! Tremblay: 25 ans minimum! CWCK'N SWELL Les ChlcK'n Swell en spectacle DON JUAN Spectacle intégral ROCK ET BELLES OREILLES Les Bye Bye 2006 et 2007 POLAR EXPRESS 3D L K DEVOIR, L ES SAMEDI li ET DIMANCHE H S * » iH MILK /CUSVAN SANT ,T Mi e x Ce n t r is EX-CENTRIS.COM / S14.847.2206 13h05 1Sh30 IShOO 20hB0 Un no man’s land où tout arrive ELLE VEUT LE CHAOS Réalisation çt scénario: Denis Côté.Avec Eve Duranceau, Normand Lévesque, Laurent Lucas, Nicolas Canuel, Réjean Lefran-çois, Olivier Aubin, Lesya Samar.Image: Josée Deshaies.Montage: Sophie Leblond.ODILE TREMBLAY Couronné du prix de la mise en scène au dernier Festival du film de Locarno, Elle veut le chaos SOURCK N1HIL PRODUCTIONS Une scène du film Elle veut le chaos, de Denis Côté est dans le droit fil des films précédents de Denis Côté.Ce n’est pas à lui qu’on peut reprocher de chercher à devenir commercial, en courtisant le grand public.Au contraire, le cinéaste a retranché de ce scénario les éléments explicatifs qui auraient fait comprendre sur quel passé le présent s’arrime.Privé de repères, le spectateur doit imaginer, supputer.Rien de formaté, mais une position radicale, démesurément avec ce scénario réduit à trop d’énigmes, mais une démarche respectable, susceptible toutefois de ne séduire que les cinéphiles avertis.Après Les États nordiques et Nos vies privées, avant Carcasses qu’il livrera aux prochains Rendez-vous du cinéma québécois, le cinéaste québécois venu de la critique revisite encore un des coins perdus du Québec, no man’s land où tout peut arriver et où tout arrive, de lait Mais son style a changé.Lui qui semblait abonné à une caméra à l’épaule donnant parfois le tournis a privilégié ici plusieurs plans fixes, des cadrages à la précision maniaque et des plans séquences nombreux.Le noir et blanc ajoute aussi au côté décalé du film, en lui offrant en prime une sorte de poésie de l’étrange.Cette mise en scène impeccable méritait bien son prix, les interprétations sont solides, mais les c SÉLECTION OFFlCtaf LES RENCONTRES MTERHAnONMJIS DU DOCUMENTAIRE OC MONTRÉAL 2008 > la BATAILLE de RABASKA UN FAN 0t MAGNUS ISACSSON «T NARTIN DUCKWORTH Des etepyen» ckt frowwttMr fui mro.k ckrnv vteé?I t «Un film bouleversant!» Catherine lachaussée.RadioCanada «Clairement engagé, le film résume la situation de façon concise et convaincante.» - Kevin Lafoiest.Voir «.un portrait touchant du visage des militants et des enjeux environnementaux québécois.» - Frédéric Towner Sarault, Alternatives www.onf.ca/labataillederabaska I! «IISATI N MAGNUS ISACSSON I F MARTIN DUCKWORTH l'.l '.l MARTIN DUCKWORTH HWSEIT S IN MAGNUS ISACSSON M' NTAC.F IMAC.i MICHEL GIROUX M WÎAGE & 'N ANDRÉ CHAPUT i .UC TCUIi EXÉCUTÉ YVES BISAILLON PfiOOUCTEUfl JOHANNE BERGERON 1 C'.ur.'cnoN re1 office national ou hlm ou canada PRESENTEMENT À L’AFFICHE oSHTi CINÉROBOTHÈQUE [CARTIER- QUÉBEC - CINÉMA- CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS TOUJOURS #1 PARTOUT AU CANADA! «LA ROMANCE LA PLUS EXTRAORDINAIRE DEPUIS TITANIC.» |i: Lmily ChrtatlMUHMl.HOLLYWOOD.COM « DIABLEMENT EFFICACE ET I KRISTEN STEWART CRÈVE L'ÉCRAN: UNE ÉTOILE EST NÉE!» More Cauwivi.I A PRESSE «ON ATTEND DÉJÀ U SUITE AVEC IMPATIENCE! » Sonio HnrfntL LA PKESSK + + + + «ÉPIQUE ET SEXY! SÛREMENT LE FILM LE PLUS COOL DE L'ANNÉE! Shown I tlw.inh.FOX-TV A VOIR ET REVOIR! Forl IHtimon.WIKEI ESS MAGAZINE L .•'•.J wilidit I r .la fascination / vumioii friinviilM .k 1 WHIG HT www.fasdnatlon-lcfilm.com PRÉSENTEMENT A L’AFFICHE! ææLEl» 1 tons pas toujours bien mariés entre tentative du burlesque et drame pur font boiter le scénario.L’humour noir peine à s imposer.Nous voici dans un village perdu, au bord d’une autoroute qui doit bien mener quelque part Des malheurs sont survenus, des crimes peut-être.Lesquels?Mystère.La belle du lieu, Coralie (Eve Duranceau), doit accepter le départ de sa mère dans un institut psychiatrique, aux côtés d’un père dépassé (Normand Lévesque).Les voisins, Spazz (Nicolas Canuel), Main (Réjean Lefrançois) et Pic (Olivier Aubin) , sont des petits bandits minables.Ils ont même fait venir deux jeunes Russes pour les prostituer, mais la place manque de clients et l’ennui se conjugue aux forfaits divers, et parfois sanglants, de cette joyeuse bande.Un ancien amant de Coralie, sorti de prison, tente de la reconquérir (Laurent Lucas, toujours délicieusement inquiétant).Denis Côté est un bon directeur d’acteurs et sa cohorte de truands tient la route.Eve Duranceau, remarquée dans Bluff et Le Banquet, maîtrise avec souplesse son personnage entre deux eaux, muse noire, paumée, perdue.L’atmosphère du film est pesante, figée, énigmatique, avec des scènes intéressantes, surtout en dernière partie quand le grand chaos sanglant offre des images d’une insolite désolation.Mais les errements des jeunes Russes fascinent aussi, atterries dans un univers en décomposition qui avale ses habitants.L’histoire est pourtant tellement tissée d’ellipses qu’elle peine à captiver.Tout est au poste pour offrir un univers noir solide, sinistre et troublant, sauf que la sauce, trop diluée, trop éthérée, laisse le spectateur en plan.Sans prendre ce dernier par la main, le cinéaste aurait sans doute gagné à offrir quelques repères aux personnages, dont on sent la détresse, dont on voit les errements et les débâcles, mais qui manquent de chair autour des os.Le Devoir ENTRETIEN L’art d’entrer dans le rêve de l’autre ANDRE LAVOIE Nous avions causé autour d’un mauvais café à Karlovy Vary, en République tchèque, à l’été 2005, et en octobre dernier, lors du Festival du nouveau cinéma, j’éprouvais le même plaisir à retrouver Yolande Moreau, une actrice (belge d’origine et vivant aujourd’hui en Normandie) qui sait tout autant émouvoir que faire rire i]Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, Un honnête commerçant, etc.), toujours prête à relever de nouveaux défis.«A entrer dans le rêve de l’autre», tient-elle à préciser, sachant ce qu’il en coûte de les fabriquer pour le cinéma après la réalisation d’un premier long métrage, Quand la mer monte, puisant à même ses expériences de comédienne en tournée et son regard candide sur la vie.Reconnaissance et responsabilités C’est cette même candeur qu’eDe met au service d’un des plus beaux personnages qu’elle a incarnés à l’écran, celui de Séraphine de Senlis, femme de ménage le jour et peintre la nuit Dans le film que lui consacre le réalisateur Martin Provost cette arüste au destin à la fois banal et tragique, née en 1864 et morte (de faim.) à l’asile psychiatrique en 1942, ne connaîtra de son vivant qu’une gloire éphémère, alimentée par le collectionneur d’art allemand Wilhelm Uhde (Ulrich Tukur).Les soubresauts de l’Histoire (deux guerres mondiales, la crise économique de 1929) et une santé mentale chancelante, héritée d’une enfance misérable, d’une éducation stricte chez les religieuses et d’un labeur harassant chez des bourgeois de province, ne feront qu’accélérer ses crises mystiques et ses pulsions créatrices avant une totale alxlication.Longtemps abonnée aux petits 'wmm wWSè - v,: .« ¦ 4’ • iPfill iii il '•îrli, È léopordd'orgent /Mentionspéciale\ / Gagnant \ | Prix de la mise en scène g g Jury Jeunesse B H Mej||eür film ronudien f, Y Locarno 2008 j?\ Locarno 2008 / flCFA Moncton 2008 « Denis Côté est un incontestable filmeur.» Olivier Séguret, Libération EVE DURANCEAU i NORMAND LÉVESQUE I LAURENT LUCAS NICOLAS CANUEL I RÉjEAN LEFRANÇOIS I OLIVIÉR AUBIN ELLE VEUT LE CHAOS r UN FILM DF DENIS CÔTÉ , NIHIlPRODUCTIONS , LESYA SAMAR | CATHERINE EROFEEVA i MARC PAQUET ! MARIE-CLAUDE LANGLOIS i CATHERINE BÉGIN i v JOSÉE DESHAIES ! FRÉDÉRIC CIOUTIER ! SOPHIE LEBLOND ’ STÉPHANIE MORISSETTE | i SYLVAIN CORBEIl ! DENIS CÔTÉ Cl ptitllciputlon flnnnciùru dù Hu«ii>cS8 (îîhadïï A L'AFFICHE EX-CENTRIS }S)6, bout.Salnt-U uront, Mtl Bllletterla ($14) 847-1906 ARALL f MA L E I 13 icinéma ‘Seau&e*] I 2396, Beaubien E.721-6060 | tous les jours: 13:00 -15:10 • 17:15 -19:20 sauf lundi: 15:10-17:15-19:20 tous les jours: 16h45 -19h -CINÉMA- LE CLAP tous les jours: 12h40 - 15h - 19h10 - 21H30 ÔT* « Magnifique! » ?-1, R»chel Haller, ICI Jean-Baptlita Moraln.LES INROCKUPTIBLES m Eldorado un film de Bouli Banners i jtfU11'1 R RÉS ENTE ¦VIENT' A L’AFFICHE j ex-centris ] tas:sr.-sr ( aï|ï*.| [~nccLA~F tous les jours: 13h tous les jours: 17h20 SOURCE FILMS SEVILLE L’actrice belge Yolande Moreau joue la Séraphine de Martin Provost rôles de composition «hauts en couleur» destinés «à jaire marrer la galerie» — elle est très connue en France pour une série télévisée satirique intitulée Les Oiiens —, Yolande Moreau savoure le plaisir d’être sollicitée pour des rôles comme celui de l’émouvante Séraphine.«On ne serait Pas venu me chercher si je n’avais pas tourné Quand la mer monte, sou-ligne-t-elle.Il y avait une peur que je sois trop comique ou trop liée à l'image de la série Les Chiens.Évidemment, ça nie fait plaisir.» A cette reconnaissance s’ajoutent bien sûr des responsabilités, dont celle de servir une héroïne qui n’est pas que le fruit de l’imagination d’un scénariste.«Lepoids est moins fort que d’aborder Edith Piaf, souligne avec modestie l’actrice.En même temps, il y a une pudeur d’incarner quelqu’un qui existait, tout simplement.On ne peut pas entrer dans le personnage de plain-pied en disant: je vais faire comme ci ou comme ça.Même lorsqu’il est temps de travailler la voix, on se demande si c’est la bonne, surtout que chanter fait partie du personnage.Mais pour tous les rôles c’est pareil: on cherche toujours ailleurs et, après, on revient toujours vers soi.» Car l'actrice a elle aussi connu ses moments mystiques à l’adolescence, ainsi qu’un goût pour la peinture, vite délaissée pour la comédie.Même à Séraphine de Senlis était une contemporaine de Picasso, de Braque et d’Henri Rousseau dit le Douanier (des peintres dont Wilhelm Uhde s’était entiché), notre méconnaissance de l’artiste prouve bien qu’elle n’a pas connu le même sort.Le film de Martin Provost contribuera sans aucun doute à la sortir de l’ombre, mais cela ne peut effacer les revers de fortune ni les ta- bous d’une époque, celle où toute forme de folie était autant un mystère qu'une menace.Sur son comportement, Yolande Moreau refuse de jouer à la psychologue.«Je me garderais bien d’avoir des certitudes.Je pense que c’est quelqu’un qui a connu d’énormes souffrances et a trouvé dans la peinture une forme d’exutoire.Quand le collectionneur n’arrive plus à la soutenir à cause de la crise de 1929, elle l’interprète comme un nouvel abandon.» Et si elle avait vécu à notre époque?«Ok aurait peut-être fait plus attention à sa peinture», affirme l’actrice, sans conviction.Celle que l’on verra bientôt dans le prochain Jean-Pierre Jeunet (Micmacs à tirelarigot) et avec un peu de chance dans un petit film délirant mâtiné d’humour belge intitulé Louise Michel, de Benoît Delépine et Gustave de Kervern, où elle interprété une transsexuelle s’amourachant d’un.transsexuel (Bouli Lanners, qu’on peut découvrir présentement dans Eldorado), reçoit depuis quelques mois des accolades délirantes de la presse française pour son interprétation.Yolande Moreau, qui sait faire le clown mais pas la grosse tête, tient à calmer les ardeurs de ceux qui la voient déjà,en nomination pour un César.«Je me refuse à y penser, dit-elle toutefois avec une fierté non dissimulée.Disons que je fais mon plein d’ego pour Oliver!» Avant cela, nous ferons le plein de couleurs et d’émotions en suivant les pas, les drames et les coups de pinceau de la généreuse Séraphine.Collaborateur du Deixiir Séraphine prendra l’affiche à Montréal le vendredi 12 décembre.www.cinemaduparc.com / 48S POUR 10 FILMSI ?À NC PAS MANQUER CETTE SEMAINE woodyauen Vicky Cristina Barcelona LE RÊVE DE rachelgettings" CASSANDRA brésiuens MARRIED £2 Métro Place des arts - Autobus 80/129 r CINÉMA DU PARC ' 3575 Du Parc 514-281-1900 ¦ COUP DE CŒUR TOTAL ! Martin Pwr/ost adore la simplicité et Séraphine est aisément sa plus belle pièce d'orfème.Lumineux et bouleversant.ici INSPIRÉ f Un très beau film aux scènes magnifiques, brillamment interprété.LE DEVOIR ’ TORCOTOINTBIlNAnONALflLMFErMl HSnVAL DU NOUVEAU CINÉMA SFJ K.TJ! Z» i JFHOEIJY Yolande Moreau Ulrich Tiikar un ntm dv Martin Provost «f- Anne tiennent Geneviève Mnich Nico Rogner Adélaïde Leroux www J-eraphine-lefilm 4:0m V-Qi, '"““R •*" MW "fi MMNMM «H EP r,-— .COT .‘«vS g PRÉSENTEMENT À L'Af FICHE?rTecLA^"! CCN8UITT7 LFS 0UI0f8-M0HAIRES IXSOHtM A L'AFFICHE PARTOUT DANS LES CINÉMAS DÈS LE 12 DÉCEMBRlll / r -1 MEILLEUR ORI 41^8 LE DEVOIR, LES SAMEDI ET DIMANCHE 7 DÉCEMBRE 2 O O 8 E î) DE VISU ¦ ¦ ¦¦ ¦ - jf-v ' BÜ iiiÊflSSti V >' Une vue partielle de l’exposition De Groot au centre B-312.PHOTO DAVID JACQUES ,1' Finir en poussière Depuis trois semaines, l’artiste Raphaëlle de Groot procède à la destruction méticuleuse et systématique d’artefacts issus de ses projets antérieurs LE MOMENT DÉ LA DÉPRISE Raphaëlle de Groot 372, rue Sainte-Catherine Ouest, Montréal, espace 403 Jusqu’au 13 décembre MARIE-ÈVE CHARRON Le centre B-312 a des airs de chantier.Ce qui étonne dans ce chantier, c’est moins le fait qu’il s’agisse d’un travail laissé en sus-pops que la délicatesse de l’opéra-tjj>n qui est menée.Depuis trois semaines, l’artiste Raphaëlle de (J-root procède à la destruction méticuleuse et systématique d’arte-fScts issus de ses projets anté-rljr'urs.L’entreprise de délestage a qitëlque chose d'équivoque qui oscille entre la recharge poétique de débris et l’effacement délibéré dune production artistique.Un art de la trace J Depuis dix ans, Raphaëlle de Groot met en place une pratique rnultidisciplinaire qui emprunte lés formes de l’installation, du dessin, de la vidéo et de la perfor-tfiance.Fondée sur le modèle de l'enquête, de l’archivage et de la rencontre, sa démarche se révèle à; travers un souci constant d’insertion dans des communautés (travailleurs d’une usine textile, religieuses, aides familiales) et de remise en question de la figure (Je l’artiste (son rôle, son statut).A l’intersection de ces deux com-fjosantes découle un art souvent fragile et éphémère, de surcroît fragmenté et dispersé, qui pose ^’emblée des problèmes de conservation et d’exposition.L’art de De Groot est un art de la trace, un art indiciel par ailleurs difficilement détachable du contexte qui l’a vu naître.Le projet en cours à B-312 s’ins-erit dans cette perspective tout en laissant entrevoir qu’il s'agit d’une étape charnière pour l’artiste.Comment percevoir autrement cette exposition annoncée comme étant «le moment de la déprise»?De Groot a ouvert dans l’espace de la galerie la valise qui l’accompagne dans ses déplacements (^artiste.L’atelier de De Groot tient dans cette valise, symptôme 4rèré d’un art nomade qui, defac-t», est généré au fil des lieux investis et des rencontres nouées.I,a yhlise contient les objets et artefacts utilisés lors de performances, un fatras de tissus, de ifrothèses, de pâte de sel, de mousse, de cheveux artificiels et ({e masques de papier.* Tout cet attirai] soigneusement dfingé doit pourtant finir en pous-^èfe.LA est l’instruction pour le moins radicale que s’est donnée l’artiste, le temps de son passage à B-312.Depuis déjà un an que ce geste ultime est préparé par De Groot.Devant l’accumulation d’objets, de traces et d’artefacts liés à sa pratique, alors qu’elle est de plus en plus amenée à se déplacer, elle a utilisé, comme elle le dit bellement, «ses retailles de temps» pour faire le tri et renoncer en partie au contenu de ce singulier bagage.Dans la galerie, autour de la valise encore pleine, l’artiste a disposé en tas les différentes ma- L’art de De Groot est un art de la trace, un art indiciel par ailleurs difficilement détachable du contexte qui Ta vu naître tières, révélant la progression du travail qu’elle exécute toutefois en l’absence du public.Les matériaux sont découpés méthodiquement, à la scie et aux ciseaux par exemple, pour ensuite être pulvérisés au mélangeur électrique, jusqu’à devenir de volatiles particules colorées.Personne ne verra l’artiste au travail, mais chacun pourra deviner l’acharnement sous-jacent à l’exercice.En même temps qu’elle réduit les artefacts en poussière, minant ainsi leur valeur matérielle, l’artiste les arrache de leur ordinaire; De Groot tamise délicatement la poussière sur la surface d’une table blanche, à l’exemple d’une page vierge, de façon à générer des paysages abstraits chromatiques qui se matérialisent par de fines nuances.Une part de cette poussière a été à nouveau pulvérisée par l’artiste, ajoutant une autre étape de transformation, la matière tirant désormais vers un camaïeu de brun incarné par diverses textures.Alors qu’on la croyait aboutie, la séquence des opérations s’avère inépuisable.Au terme de l’exposition, l’artiste pourra récupérer la poussière, rendant ainsi son bagage enfin plus léger et, de toute évidence, pas plus futile pour au- tant.De même, elle reprendra sans doute les quelques mètres de papier blanc qui ont servi de surface de travail au sol, mais qui ont également retenu les traces du passage des visiteurs.Au fur et à mesure que les tas sont réduits en poussière, les empreintes diverses de chaussures se sont accumulées, pouvant ainsi confondre le regard: s’agit-il, au même titre que la poussière qui se trouve à côté, d’une saleté envahissante et superflue?Découvrir à tâtons Aux yeux de l’artiste, la poussière, comme les traces de pas d’ailleurs, semble porteuse de beaucoup plus.En 2000 et en 2001, elle réalisait Collecte de poussières, projet qui procédait à une lecture particulière du territoire (espace commercial vacant et square Cabot à Montréal) par archivage numéroté desdites poussières.Elle les prélevait sur place, tout comme les récits de passants que l’objet de la cueillette intriguait ou interpellait en écho à des souvenirs personnels.L’archivage était constitutif de la valeur des poussières en les inscrivant au sein d’une histoire.A B-312, il en va de l’histoire de l’artiste, des composantes de son atelier et de ses oeuvres qu’elle revoit patiemment au moyen d’un geste aussi vain (l’impossibilité de tout réduire en poussière) que fécond.A force JACQUES CLEMENT « RÉMINISCENCES FIGURATIVES >.Jusqu’au 20 décembre Galerie d’art Desjardins du Centre culturel de Drummondville 175 me Ringuet Drummondville Du lundi au samedi de 13hà I6h30 — 819477-5518 CS la Galerie d'art Stewart Hall 176, Bord du Lac, Pointe-Claire Du 6 décembre 2008 au 25 janvier 2009 Lumières sur les Cantons-de-L’Est Ballantyne - Blanchette - Davidson - Drouin James - King - Millington - Munro Rosengarten - Sorensen -Voyer Une exposition mettant en lumière les artistes contemporains des Cantons-de-L’Est Dans la Salle de Projet ; Apprivoiser le territoire sauvage Peinture historique des Cantons-de-l’Est VERNISSAGE : Dimanche 7 décembre, à 14 h Info:514 630-1254 www.ville.pointe-claire.qc.ca Daniel Oison Beside Myself / Hors de moi Commissaire André-Louis Paré JUSQU'AU 21 DÉCEMBRE 2008 EXPRESSION Centre d’exposition de Saint-Hyacinthe T 450.773.4209 www.exprossion.qc.ca "• e,xpression@0xpression.qc.G9 Galerie d'arts contemporains EXPOSITION IMPORTANTE ROY LERNER SPOLÈTE À MONTRÉAL VERNISSAGE SAMEDI LE 6 DÉCEMBRE DE 13H A 17H L'EXPOSITION SE POURSUIT JUSQU'AU 30 DÉCEMBRE 2140, rue Crescent, Montréal (Québec) H3G 2B8 Tél.: 514 843-6662 Téléc : 514 844-0419 artshowcase@videotron.net de ruiner la matière, celle-ci fait voir autre chose.Ouverte à Tin-détermination, l’entreprise s’avère aussi révélatrice pour l’artiste, qui a constaté les interventions de visiteurs dans son dispositif.Certains ont pris la liberté de passer les doigts sur le ténu tapis de poussière.D’autres l’ont ajouré par leur souffle, peut-être inspirés par la vidéo à l’entrée qui montre l’artiste gonflant un ballon blanc à l’aide d’une pompe.La membrane prend du volume jusqu’à éclater brusquement.L’action est fulgurante par opposition à la lenteur de la manœuvre érodant les artefacts.Dans les deux cas, comment retenir la profondeur de gestes aussi sommaires et fugaces?De là vient sans doute l’idée de réaliser un livre d’artiste au sujet du projet avec la collaboration de Johanne Jarry à l’écriture.L’ouvrage est toujours en cours de production et ne sera disponible qu’à la fin de l’exposition.En galerie, une version inachevée est déjà soumise à la consultation, tout comme des fragments de textes.«Le souffle, l'instable, les traces, les petits tas, je suis là pour l’instant», peut-on lire sans plus d’indication.Le projet force la découverte à tâtons, lui qui fait la différence à une échelle microscopique et qui semble parfois ne tenir qu'à un fil.Un fil aussi mince et discret que le cheveu épinglé au mur par l’artiste après l’avoir orné de poussières colorées.Collaboratrice du Devoir m LE MUSÉE NATIONAL DES BEAUX-ARTS DU QUÉBEC SALUE LA MÉMOIRE DE Musée national tics beaux-arts du Québec MGINAl DISPONIBLE e m Lemoyne en pièces détachées UNE MAISON QUI N’EST PAS UNE MAISON œuvres de Serge Lemoyne Chapelle historique du Bon-Pasteur, 100, rue Sherbrooke Est, jusqu’au 18 décembre.JÉRÔME DELGADO Le bouillant Serge Lemoyne (1941-1998) voulait faire de sa maison d’Acton Vale, à coups de pinceaux et de marteaux, une œuvre d’art L’opinion contraire de la municipalité, le temps perdu en cour et le cancer, finalement, l’en auront empêché.Dix ans après sa mort, voici qu’elle réapparaît, cette maison.En fragments, en planches de bois ou en blocs de béton, restes récupérés sur place après l’incendie qui l’a ravagée en 2000.Elle réapparaît sous la forme d’une exposition, gracieuseté d’un ami de l’artiste, François Gauthier.Une maison qui n’est pas une maison, œuvres de Serge Lemoyne, présentée à la Chapelle historique du Bon-Pasteur, suit une précédente expo du même Gauthier sur le même Lemoyne, lancée au début de 2008 à Mont-Saint-Hilaire.Le premier volet de cette double commémoration d’un triste dixième anniversaire, intitulé Salut Lemoyne!, mettait cependant l’accent sur les œuvres des amis du peintre.D’une certaine manière, le deuxième volet corrige, précise l’hommage.CEuvre d’art, la maison de Lemoyne?La question, au cœur de la polémique de jadis, revient à l’esprit à la Chapelle historique, tellement le «linteau de porte», le «panneau vertical à fleur bleue» et autres «barreaux de balustrade» occupent une large place dans cette expo, empreinte, cela va de soi, de nostalgie.D’autant plus que, sur le balcon de cette jolie salle sous-utilisée, les photographies de la maison avant sa destruction, images de Louis-Philippe Myre, s’offrent comme des documents d’histoire.Les pièces fragmentées de la maison, présentées dans leur état presque brut, s’éloignent de l’œuvre d’art soignée et bien encadrée.C’est la touche Lemoyne, pour qui tout et rien pouvaient servir de canevas, et la question existentielle «est-ce de l’art ou non?» disparaît aussitôt venue.En réalité, l’expo dépasse ce seul cadre de monfrer la vie et la mort d’une demeureœuvre d’art Elle ré unit trente éléments, dont deux tableaux, des œuvres de la série «assemblages» et des dessins, tous portés, de manière directe ou oblique, par le thème de la maison.Dans ce contexte, les panneaux et blocs sur lesquels Lemoyne a fait dégouliner de la peinture prennent aisément leur valeur artistique.Malgré leur aspect primitif, ils trouvent leur cohérence dans l’écho que PHOTO LOUIS-PHILIPPE MYRE m Jfc -K //j ' fW-ai m**-;.¦ VL fin 'rjf i X% ¦ni» 3 V: r% m & i.i» AMOU-VM»» La maison de Lemoyne en été.avant l’incendie.semblent leur donner les «vraies» œuvres.Sans titre (série «La maison») , un des deux acryliques sur toile, avec sa composition évoquant vaguement les angles d’une architecture, en est la résonance autant formelle que narrative.Les assemblages, eux, avec l’intégration d’objets du quotidien, parfois même du quotidien d’artiste (pot de peinture, photo, pinceau), rappellent à quel point le travail de Lemoyne repose sur Iby-bridité créatrice, sur la puissance poétique de son regard.Sa maison, dans le fond, c’est l’art C’est son refuge à lui, cet être abonné, même mort à la margina- lité.Certes, il est reconnu et respecté.Nos grands musées possèdent leurs Lemoyne et plus personne ne remet en question sa place dans l’histoire de l’art québécois.Une maison qui n’est pas une maison est d’ailleurs le résultat d’une belle association entre les derniers anges protecteurs de l’ar- tiste, la Fondation Lemoyne et la galerie Orange, qui continue à vendre ses peintures.Mais y a-t-il déjà eu la grande exposition qui fait le bilan de son œuvre?Le temps passe et Serge Lemoyne tombe dans l’oubli.Collaborateur du Devoir Expositions * v'C ¦'Cl ' =7 ¦ CHRISTOPHER MANGIARACINA WMm.''V i - BEAUX-ARTS DES AMERIQUES 4928 rue Sheibrooke O.Montréal.QC 514.481.2111 www,collinslefebvrestoneberaer.com J * Or et Sel œuvres récentes de RENÉ DEROUIN du 27 novembre au 31 décembre ^ Galerie d’art Jean-Claude-Bergeron •A 150 rue St-Patrick, Ottawa (On) C613.562.7836 www.galeriejeanclaudebergeron.ca EXPOSITION Entrée libre Heures d'ouverture Mardi et mercredi 13 h à 20 h Jeudi et vendredi 13 hà 18 h Samedi et dimanche 13hà 17 h Vilkray Saint-Michel Parc Extervsion Montréal 4 décembre 2008 11 janvier 2009 Salle de diffusion de Parc-Extension Complexe William-Hingston 421.rue Saint-Roch SlPctrc 514 872-8124 Exposition présentée par la maison de la culture de Vllleray-Salnt-Michel-Parc-Extenslon avec la participation de monsieur René Donais, gagnant de la Biennale Voir Grand 2008, et de 10 grands artistes graveurs.Activités Samedi 6 décembre, 14 h : rencontre-démonstration sur différentes techniques en gravure Samedi 13 décembre, 14 h : débat sur la place de la gravure dans l’art aujourd'hui Le salle de diffusion de Parc-Extension sera fermée les 24, 25, 26 et 31 décembre ainsi que les t” et 2 janvier.i Marc Séguin, Bécasse 2003 ERNINI PIERRE VIVANTE Découvrez l'exposition BHRNINI f.T la naissance DU PORTRAIT SCULPTÉ DE STYLE BAROQJJE 28 novembre 2008 au 8 mars 2009 Bian Utraoro Bwomi, dit l» tetob.tortrM de Cost»m BormUl.1 S3 MHS MétaH).Musac tatou)» del tapto, nom Musée des beaux-arts du Canada Or?.imsee coninmtHiiwnt pat le Musse des beaux arts du Canada et le I Paul Getty Museum 380, promenade Susse*.Ottawa 1-800-319 ARTS www.beaux-arts.ca/bernini CBC 111 Radio-Canada ( (UVU Hï L’AGENDA /-N L’HORAIRE TÉLÉ, LE GUIDE DEVOS SOIRÉES V___________________________ J Gratuit dans Le Devoir du samedi Salle üfTHd-PiLKN Maison dos arts de Laval 1395.boulevard de la Concorda Orras! L entrée est libre La Maison des arts de Laval accueille jusqu’au 25 janvier 2009 les expositions Inuit et Les Enfants et l’art Inuit : une sélection de sculptures issue de la collection d’art Inuit Brousseau du Musée national des beaux-arts du Québec, à laquelle s'ajoutent une vingtaine de dessins et d'estampes réalisés par des artistes du Nunavik, de même que des dessins d'élèves de la région.Q 450 978-8000 ou www.vilte.laval.qc.ca n* lawu Lâ OoUMtton d'Nl MuX IkouMMurhj Hutte nMonal q$L Art inuit David Ruben Plqtoukun, Ours-chaman, 1985 MNBAQ, don de monsieur Raymond Brousseau Photo ; Patrick Allman J
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