Le devoir, 6 décembre 2008, Cahier F
LE DEVOIR.LES S AM EDI (i ET DIMANCHE 7 DÉCEMBRE 20 0 8 GC HISTOIRE DE L’ART Hommage somptueux au peintre Francis Bacon Page F 12 ESSAI > Éloge de la science politique Page F 11 LIVRES CADEAUX Y Terre des hommes L’historienne Hélène-Andrée Bizier consacre un nouvel album de la grande famille québécoise à ses mâles, aux pères, aux fils et aux maris.«Je voulais montrer aux hommes d’aujourd’hui que leurs pères et leurs grands-pères étaient déjà beaux, coquets, vaniteux, éblouissants, mais aussi confiants, intrépides, laborieux, aimants et réservés.» STÉPHANE BAILLARGEON Voici la famille de Laçasse Rousseau et de Gabrielle Fafard photographiée le 12 mai 1937, devant la maison de Montmagny.Au premier rang, assises, les femmes, dont Marie Rousseau, née en 1917, doctoresse pédiatre, puis sa mère, elle-même fille d'un docteur en médecine devenu professeur de chimie.Il y a aussi la jolie Pauline, infirmière.À l’arrière, douze hommes endimanchés, les fils de la fière lignée.Tout à gauche, Philippe, né en 1921, militaire-parachutiste mort lors du débarquement de Normandie.Et puis Maurice, né en 1919, décédé le 17 septembre 1944 pendant la libération de la France, dont le drapeau pendouille au mur de la maison avec le Red Ensign.Viennent ensuite Thomas, père blanc, missionnaire en Afrique; André, fondateur de Rousseau-Métal, futur ministre du cabinet de Jean Lesage; Jacques, botaniste, ethnologue, puis directeur du Jar- 1.i», 8ï i HT" ' ’ j din botanique.Et ainsi de suite avec des professeurs et d'autres entrepreneurs.Le père de cette exceptionnelle maisonnée trône au centre.Laçasse (quel drôle de prénom.) Rousseau, né en 1873, industriel et manufacturier, se distingue par son habit de coupe, sa pose tranquille, sa belle tête blanche.Cet homme-lapin a de quoi être fier de la qualité exceptionnelle de sa fructueuse descendance.Des trésors de mémoires semblables, L’Histoire des hommes québécois en photos en accumule des centaines.ErüEants espiègles, adolescents inquiets, jeunes promis timides, étudiants choyés, prolétaires au boulot, travailleurs des champs, amants enjoués, pères de famille, vieillards au repos bien mérité, ils sont tous là.Cette passionnante panoscopie nationale sur fond de testostérone, on la doit à Hélène-André Bizier.Normal.Historienne bien connue du Québec populaire, vulgarisatrice enviée, elle a déjà donné Une histoire du Québec en photos et Une histoire des Québécoises en photos.Autre ment dit elle a déniché un formidable filon et l’exploite avec patience et passion.Qu’est-ce qu’on dit?Merci, tout simplement Surtout que ses albums commentés font des cadeaux de Noël très appréciés, lus et relus, contrairement à la majorité des autres beaux livres.Pour elle, la nouvelle production s’inscrit en fait dans la foulée de la série «Nos racines», réalisée avec Jacques Lacoursière entre 1979 et 1982.Le projet ambitieux, audacieux, a accouché de fascicules vendus partout, y compris dans les supermarchés.Au total, plus de cinq millions d’exemplaires des 144 documents trouvèrent preneurs.«Cette histoire populaire était très illustrée d’images 111 il ^ Br SOURCE FIDES provenant de notre patrimoine, des tableaux, des gravures et des photos, plus de 2000 au total, explique Mme Bizier.Ensuite, j'ai eu l’idée de raconter l’histoire avec les illustrations comme sources principales.J’ai essayé autour d’une histoire du Québec depuis les origines, mais ça ne marchait pas.Le mélange des gravures et des photos ne me plaisait pas.J’ai donc abouti à ce projet d’histoire centrée sur la photo, et même sur le regard des gens.Je voulais montrer des visages et raconter l’histoire avec ces présences réelles, senties, rapprochées.» Le philosophe Emmanuel Levinas a bien théorisé cette puissance évocatrice du visage.Le sujet s’y concentre et son individualité essentielle s'y retrouve.«Aussitôt que l’autre me regarde, il m’incombe d’assumer sa faiblesse, sa fragilité et sa vulnérabilité», remarquait-il.La phrase pourrait servir d’exergue à Une histoire des hommes québécois en photos.Des images chaudes Le premier ouvrage sur l’histoire générale a été conçu autour d'une chronologie à laquelle la fouineuse et son équipe ont accolé des photos.«J’ai trouvé des images chaudes, avec de l'âme.C’est comme ça je pense que j’ai bien illustré l’épidémie de grippe espagnole, la crise ou la Conférence de Québec.» Le surplus accumulé a servi à produire le tome sur les femmes.D a également permis d’orienter le travail du tome 3 consacré à leurs pères, leurs fils et leurs époux.«Je voyais tous ces hommes très travaillants que je ne connaissais pas.Mon père était sur ce modèle, cultivateur, menuisier, entrepreneur en construction, un archétype, un homme semblable à tous les hommes du Québec, dura l’ouvrage mais mystérieux et silencieux.Cest à lui et à tous les autres que ce livre rend hommage.» Ses ouvrages ont le charme nostalgique des albums de famille, ceux que l’on a tous déjà feuilletés en visitant mère-grand.Seulement, ceux de Mme Bizier embrassent le pays tout entier avec la puissance évocatrice conséquente.«Quelqu'un m’a raconté avoir apporté un de mes livres dans une maison de personnes âgées.Plusieurs souffraient de mutisme ou en tout cas ne parlaient plus, et le livre a délié leurs langues.» VOIR PAGE F 6: HOMMES i.’Tti-Sü «W \ If DUBUC MICHÈLE La famille de Laçasse Rousseau et de Gabrielle Fafard, photographiée le 12 mai 1937 devant la maison de Montmagny.¦ grands dictionnaires ¦ »ag« Définitions • Synonymes • Antonymes • Conjugaison • Cooccurrences • Analogies • Citations • Locutions • Familles • Anagrammes Et en prime, de puissants moteurs de recherche ultrarapîdes, dix guides linguistiques détaillés et le meilleur correcteur orthographique, grammatical et stylistique qui soit.Antidote : le remède à tous vos mots.www.antidote.info , ¦ ¦ i MULE DEVOIR SAMEDI DIMANCHE DECEMBRE IVRES CADEAUX KN APARTÉ Broyer du noir Jean-François Nadeau Quelques jours passés à Mexico, dans les environs du parc de Chapultepec, à marcher au hasard de rues grouillantes et sonores dont les noms seuls suffisent déjà à me faire rêver: Tolstoï, Poe, Hugo, Dumas, Homère, Dickens, Milton, Leibtniz, Goethe, Michelet, Ibsen.Même sur ce bitume bouillant, la littérature arrive à tracer son chemin.D’une rue à l’autre de ce quartier, on a vite l’impression que la vieille Mexico s’est tissée, depuis les origines aztèques de Tenochtitlan, à même toutes les histoires du monde, selon des assemblages disparates qui relèvent souvent du surréalisme.Darwin se promène volontiers ici au bras de Don Quichotte.Tout semble se tenir, même l’invraisemblable.Mexico a tout naturellement beaucoup fait rêver Antonin Artaud, André Breton, ou même Alan Glass, ce peintre-sculpteur québécois, exilé là-bas depuis des décennies, à qui le grand Musée d’art moderne, situé dans le parc Chapultepec, rend d’ailleurs ces jours-ci un hommage appuyé.Il y a beaucoup de rêves dans les rues de Mexico.Et les rêves, ici, ne semblent pas mourir.De retour à Montréal, à l’aéroport, ce sont d’abord les photos-montages, habiles de Guy Glorieux, accrochées le long d’un interminable corridor, qui vous accueillent.Parlant de photos, il faudrait en prendre une, un jour prochain, de la file d’attente qui serpente devant les douaniers de cet aéroport Une dizaine de rangées au moins.Quatre-vingts personnes par rangée au minimum, qui attendent patiemment comme des moutons, que sept ou huit fonctionnaires les laissent enfin passer, après souvent une heure d’attente interminable: ce serait là une bien jolie photo documentaire de notre vie moderne en commun.Une fois que vous êtes enfin sorti de là, la première affiche qui vous tombe sous les yeux proclame ceci: «L’économie d’abord».Est-ce le programme de l’aéroport de Montréal?Mais non.Plutôt les mots qui dominent une campagne électorale qui ne vole pas haut.Retour à Montréal donc.Saint-André, Saint-Joseph, Saint-Urbain, Saint-Antoine, Saint-Gabriel, Saint-Laurent, Saint-Paul, Sainte-Catherine, Saint-Denis, Saint-Jacques.La radio annonce que Stéphane Dion pourrait devenir premier ministre.Le surréalisme n’a pas élu domicile seulement à Mexico, il faut croire.Ces jours-ci, on sent que toute la vie politique canadienne pourrait, Gros-Jean comme devant, se tailler une belle place dans une anthologie moderne de l’humour noir.C’est à Verdun, dont le nom provient du premier concessionnaire des lieux en 1670 — un homme né à Saverdun en France —, que les choix électoraux pour l’élection du 8 décembre me semblent les plus joliment portés par la figure des heureux candidats.Grâce aux affiches électorales qui ajoutent à la laideur des poteaux de téléphone, on apprend que le candidat de Mario Dumont, peu suspect d’être de gauche, se nomme Moscou; celui du Parti vert est un certain Beausoleil; et l’astre électoral du Parti québécois s’appelle Langlais.Tout ce beau monde, aux patronymes bien de circonstance, s’oppose au candidat libéral sortant, Henri-François Gautrin, un ancien chef des néo-démocrates.De néo-démocrate à libéral donc, tout comme Bob Rae, mais en plus local.Le principe reste le même: peu importe désormais les revirements de veste, puisque la tendance générale de notre époque est à «l’économie d’abord».Nous voilà donc tous en voie d’enfourcher ce gros animal politique de l’économie apprêté à toutes les sauces, une bête qui donne l’impression, en définitive, qu’on nous prend pour des jambons.Faut-il vous dire que l’envie d’aller voter ne m’est pas exactement revenue en rentrant à Montréal?J’avais surtout hâte de replonger dans la lecture du dernier livre de l’historien Michel Pastourneau: Noir, histoire d’une couleur.Il y a longtemps que Pastourneau plaide pour une histoire européenne des couleurs.Ses travaux, qui relèvent d’une grande érudition, sont souvent passionnants et de lecture fort agréable, sans pour autant convaincre tout à fait de la solidité d’une tçlle histoire.Mais avec Noir, histoire d’une couleur (Editions du Seuil) Pastourneau s’avère vraiment renversant.Que signifient les ténèbres, l'anarchisme, le cinéma, la photographie et la peinture sans qu’on réfléchisse d’abord sur l’univers du noir, cette couleur qui absorbe toutes les autres?Pourquoi lit-on grâce à de l’encre noire plutôt que rouge, bleue ou verte?La peau noire, vraiment?Et l’association de la mort avec cette couleur, pourquoi?Ces questions, et bien d’autres, Pastourneau les traite avec une érudition brillante qui fait de son nouveau livre un pur délice de lecture.Est-ce simplement parce que mes pupilles sont trop dilatées par le soleil du Mexique que je vois tout en noir depuis ce retour au pays natal?jfnadeau@ledevoir.com COLLECTIONS Quand la taverne était galerie d’art SYLVAIN CORMIER C> est un livre de reproductions d’affiches publicitaires.D’affiches publicitaires pas ordinaires.Des affiches d’un type qui n’a existé qu'ici, au Québec.Des années 20 aux années 40, elles ornaient les murs de nos tavernes, exaltant nos bières.Toutes de même format panoramique, toutes insérées dans le même type d’encadrement de bois, toutes à l’enseigne de brasseurs québécois de la première moitié du XX" siècle: Frontenac, Boswell, Back Horse, Dow, Champlain, Molson.Et toutes magnifiques.Page après page, on s’étonne, on s’émerveille.Parfois c’est le sujet qui frappe: le fameux dirigeable R-100 survolant Montréal, entre une Dow et son slogan; une voiture de livraison de la Black Horse, avec le pont Jacques-Cartier en arrière-plan; un chanteur en chemise à carreaux chantant Alouette, une grosse Frontenac dans une main, un décapsuleur dans l’autre.Parfois c’est le gag qui amuse: celled, très bédé dans le genre, où un monsieur téléphone à sa femme pour lui dire que «les chemins sont mauvais» et qu’il arrivera en retard, alors que derrière lui une tablée festive lance un «Garçon! Quatre autres Bosuiell!» tonitruant.Mais le phis souvent, quand on reste en pâmoison devant une affiche, c’est à cause des couleurs.Fabuleuses couleurs.Surtout les chromolithographies (gravées sur pierre, une couleur primaire par pierre).Plus spectaculaires encore, avec ces aplats de couleur pleine, sans trame notable, les sérigraphies: on dirait de la peinture à numéros élevée au rang d’art Pas difficile de comprendre que les collectionneurs les recherchent.Pas surprenant que Pierre Gagné ait voulu faire l’inventaire des affiches survivantes et les reproduire dans un beau livre.libraire spécialisé dans le livre de référence pour collectionneurs, Gagné en est venu à éditer ses propres ouvrages, par sens du patrimoine autant que par la force des choses.«R y a un besoin criant.Une affiche de taverne de la brasserie Dow SOURCE C0LLECT0PH1LE Les gens collectionnent, deviennent parfois des experts dans leur domaine, mais ce savoir ne se transmet pas.On a de bons livres sur les antiquités au Québec, mais très peu sur les objets de collection, peu ou pas de guides d’identification et de prix.» Véritable quartier général du grouillant petit monde des brocanteurs, antiquaires et collectionneurs, la librairie Collectophile du boulevard Henri-Bourassa à Montréal-Nord (www.librairiecollectophi-le.com) est le lieu par où l’info transite.Et ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd.«Cestpar recoupements entre collectionneurs que j’ai fini par me rendre compte des points communs entre ces affiches extraordinaires, et leur spécificité québécoise.Il n'y a pas de répertoire de ces affiches.Les brasseurs de l’époque ne sont plus en affaires, sauf Molson, et on n’a jamais trouvé trace de l'entente d’usage qui a permis ce format standard.» Un travail de bénédictin Pour que le livre soit de belle consistance, il a fallu ratisser large et chercher loin.«Ces affiches sont rares, on comprend pourquoi.Le cadre standard permettait d’en changer, et on jetait donc à mesure les précédentes.Alors on n’en voit pas souvent dans le marché de la collection.Et celles qu’on retrouve sont éparpillées.Il n’y a pas UN grand collectionneur d’affiches de taverne au Québec.Il y a des collectionneurs de tout ce qui est Dow, ou Black Horse.Il y a les collectionneurs de sport.Ry a l’intérêt pure- ment esthétique, notamment pour les scènes champêtres, les plus remarquables sérigraphies.Peu de gens en ont plusieurs.Et le plus souvent, elles sont endommagées.» Patiemment, moitié détective et moitié bénédictin, Gagné a retrouvé la trace de 255 de ces œuvres d’art publicitaire, qu’il a baptisées lui-même «affiches de taverne», faute d’appellation connue.«On peut bien imaginer qu’il y en ait eu aussi quelques-unes dans les magasins généraux.R faudrait des photos prises à l’intérieur de ces établissements, sur lesquelles on verrait ces affiches encadrées.Tout l’historique reste à établir.Mais au moins, maintenant, on peut en voir plusieurs au même endroit, constater que le Québec de ce temps-là ne manquait pas de grands illustrateurs, on peut aussi comparer les affiches quant à leur rareté et leur valeur.» Ça fait ça de fait, quoi.Le livre s’ajoute aux quelques autres du petit rayonnage local, celui de Gagné sur les bouteilles de boisson gazeuse du Québec, celui tout récent de Maurice Richer sur les cruches marchandes, etc.«Ce ne sont pas les objets de collection qui manquent chez nous: ce sont des auteurs pour en parler!» Le Devoir AFFICHES DE TAVERNE DU QUÉBEC Pierre Gagné Collectophile Montréal, 2008,258 pages Des livres à offrir.Flammarion 50 photos de personnalités et les astuces d'une grande photographe.f et à s’offrir.Flammarion Simple l'essentiel UÜftiR Louis François Marcotte a son émission Le goût de Louti, deux restaurants, des chroniques A la radio et h la télé, Ses recettes lui ressemblent : elles sont t # simples, séduisantes et étonnantes.Cuisiner, ça s apprend I Marie Breton et Isabelle Lmond, triple lauréates du prix Or de Cuisine Canada, proposent * des rudiments de teihniques culinaires et 100 recettes attrayantes et variées.< Ce sont surtout nos possessions qui nous attirent des ennuis, Se délester des possessions super flues, c'est aussi se délester des problèmes.Par l'auteur de L'Art de l(nimplUllé.Immenses succès populaires, A la dl Umbel PAMA II (IIIRA sont offerts avec un carnel souvenirs d'i spacjne, lAI’A'., ipii comprend /recettesd'ainnse bouches.L'ATUS MONDIAL OU VIN Véritable » bible du vin », cet ouvrage présente le monde du vin et de la vigne (histoire, climat, cépages, fabrication, conservation, dégustation,.)ainsi que les régions viticoles du monde r L E DEVOIR, LES S A M EDI (> E T I) I M A N C II E 7 I) É ( E M B R E 2 0 0 8 LIVRES CADEAUX BEAUX LIVRES Cinquante ans d’histoire PAUL CAUCHON Trouver 300 images pour raconter 50 ans, c’est un défi assez considérable.Mais ce volume publié chez Albin Michel parvient à remplir la commande de façon brillante.D faut dire qu’on a exclusivement utilisé les photographies d’une des plus grandes agences de photo du monde, Magnum, créée en 1947 par de prestigieux photographes.Le concept est donc très simple: raconter les faits marquants qui se sont produits dans le monde de la fin de la Deuxième Guerre mondiale à aujourd’hui, par ordre chronologique.Le livre présente de petits textes et des citations de personnalités célèbres.Mais il est surtout constitué d'une formidable collection de photographies.On ne se contente pas de photos de personnalités célèbres ou de photos d’actualité «dure».On y tait une large place aux photos qui illustrent aussi les faits de société, les styles de vie et l’évolution des mœurs (premiers bikinis, premiers FERNANDINO SCIANNA / ALBIN MICHEL Le couronnement de Bokassa, en République centrafricaine, le 5 décembre 1977 hippies, danse aérobic au début des années 80, soirées raves, premiers ordinateurs, et ainsi de suite).L’ouvrage se termine d’ailleurs par quelques photos qui illustrent non pas des événements spécifiques, mais plutôt de grands enjeux actuels, comme le réchauffement climatique, la malbouffe, la mondialisation ou les énergies alternatives.Autre qualité de cet album: malgré le nombre relativement réduit de photos, et bien qu’on aborde des sujets fort connus, on a trouvé le moyen d’inclure des clichés rarement vus.Par exemple, ce Jack Kerouac capté dans un beat party en 1959.Ou cette photo des Beatles en pleine course sur un quai de gare.Une de mes préférées, qui symbolise à elle seule un choc des générations, un choc de culture et un changement historique: une photo de mode de 1990, à Budapest, avec des mannequins installés autour des restes d’une énorme statue détruite de Staline.Le Devoir CES IMAGES QUI NOUS RACONTENT LE MONDE Eric Godeau Albin Michel, Paris, 2008,256 pages LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE Une chute, une %$! de chute CHRISTIAN DESMEULES Le «mensonge vital», c’est la roche friable sur laquelle repose souvent l’équilibre de toute une vie.On avance, les jours succèdent aux jours, on fuit les miroirs et le moindre doute est balayé aussitôt sous le tapis.Un tapis qui, étrangement, devient de plus en plus moelleux.Et jusqu’à ce que la crise éclate pour révéler l’étendue de l’illusion, tout un travail de l’ombre a eu lieu.Honte et dignité, le premier roman traduit en français de Dag Solstad, auteur norvégien de premier plan, est l’histoire d’une terrible et tardive épiphanie.Elias Rukla est professeur de littérature norvégienne dans une école secondaire d’Oslo depuis vingt-cinq ans.Migraineux et «un soupçon soûlographe», il a épousé la femme «indescriptiblement belle» de son meilleur ami, un ancien étudiant de philosophie marxiste qui a tout laissé derrière lui il y a longtemps — philo, femme, enfant, Norvège — pour aller s’enrichir aux Etats-Unis.Devant l’hostilité en bloc des élèves de sa classe («structurelle», pensera-t-il), le quinquagénaire a l’habitude de se sentir comme un dompteur de fauves dans une cage.Mais un jour, une illumination l’ébranle pendant qu’il donne un énième cours sur Le Canard sauvage d’Ibsen.L’une des pièces les plus importantes du dramaturge norvégien, qui explore les antagonismes entre vie et pensée, art et compromis, l’écart entre les grands idéaux de jeunesse et la réalité d’un quotidien imparfait Immédiate conséquence: l’enseignant pète un plomb après ce cours en sortant de l’école, s’acharnant comme un fou contre un parapluie qui refuse de s’ouvrir.Une crise qui déclenche aussitôt un flot de souvenirs et des constats radicaux à la lumière de sa nouvelle compréhension de la pièce d’Ibsen: amitiés de circonstance, vigueur d’antan, idéalisme contagieux.La douloureuse prise de conscience d’une âme emprisonnée qui découvre quelle n’a jamais vraiment vécu.Dag Solstad a su injecter subtilement au cœur de son propre roman ce qui constitue sans doute l’essence même de l’ultime pièce d’Ibsen, qui souligne la forte part d’aveuglement volontaire et d’esprit de compromis qui guide beaucoup d’existences.Pour Elias, le constat est accablant atomisation sociale, incommunicabilité, vacuité du discours médiatique, échec d’un certain idéal démocratique, esclavage généralisé, mensonge amoureux.Rien ne trouve plus grâce à ses yeux.L’éclat de la vérité qui éblouit le héros amer de Honte et dignité ne l’entraîne pas dans l’une de ces chutes dont on peut se relever en époussetant son pantalon.Non.Il s’agit d’une débarque exemplaire qui l’éjecte dès lors «purement et simplement» de la société.«Si vous enlevez le mensonge vital à un homme ordinaire, vous lui enlevez aussi le bonheur.» (Ibsen) Collaborateur du Devoir HONTE ET DIGNITE Dag Solstad Traduit du norvégien par Jean-Baptiste Coursaud Les Allusifs Montréal, 2008,186 pages Mensonge mensonge de Fart, de Famour Danielle Laurin n ne sait pas où on va mais on y va.On pourrait dire ça des Pélicans de Géorgie.Déroutant.Désarçonnant, ce douzième roman de Jacques Folch-Ribas.Mais envoûtant Brillant Il faut simplement accepter de plonger.Sans tout comprendre d’emblée.E faut accepter que le mystère plane.Que demeure une part d’inexpliqué, jusqu’au fil d’arrivée.Et même apres, une fois le livre refermé.D faut accepter d’être dépassé.Comme le narrateur lui-même l’est dans cette histoire à tiroirs.Dépassé par l’amour, d’abord et avant tout A-t-on jamais fini d’en faire le tour?Pas Jacques Fbl-ch-Ribas, en tout cas.Qui continue, à 80 ans, de se questionner là-dessus dans ses romans.Sur l’amour, ses secrets, son mystère.Autre filière de ce vieux routier de l’écriture maintes fois honoré, par ailleurs critique littéraire, architecte et historien d'art la beauté.La beauté des formes, des couleurs.La beauté des paysages.Des corps.Des femmes.Voyez ce passage dans Les Pélicans de Géorgie, tandis que le narrateur file en taxi, avec au volant une femme, une Noire, nommée Ada: «Je ne vis rien d’Atlanta, j’étais fasciné par cette Ada noire, le mouvement de ses cheveux qui dévoilait une nuque cuivrée, le profil perdu de trois quarts arrière, avec cette pommette saillante qui se perdait vers le coin d’une lèvre, la ligne qui joignait très vite celle d’une narine gonflée puis s’égarait, s’évanouissait.» Cette Ada noire du sud des Etats-Unis, par ailleurs prostituée, le narrateur, qui est Blanc, Français, et peintre de métier, tentera d’en faire le portrait En vain.Comment capturer la beauté?Encore faut-il savoir garder ses distances: «Du jour où le désir a surgi entre nous, vous ne pouviez plus être mon modèle parce que vous n’aviez plus d’âme à dévoiler, je ne pouvais plus vous dessiner ni vous peindre parce que je ne savais plus mentir.Seul le mensonge mérite l'intérêt.Voire le plaisir Voire l’amour.» Mensonge de l’art, mensonge de l’amour.C’est peut-être ça, le sujet des Pélicans de Géorgie, finalement?Tandis qu’on se perd dans un récit qui en emmène un autre qui en emmène un autre et ainsi de suite, tandis qu’on erre dans des dialogues savants au langage parfois suranné qui prennent des allures de traités, ou de plaidoyers, on cherche le fil.Mais commençons par le début Un peintre, autrefois architecte, qui gagne sa vie comme faussaire et vendeur d’œuvres d’art débarque à Atlanta.Où il fait la rencontre d’une certaine Ada.Mais il ne reste pas.C'est Savannah qui l’attire, «la ville la plus belle de Géorgie».Là vit un collectionneur d'art bourré aux as.Avec qui il fera des affaires d’or.Voilà pour le contexte.Pour le reste, c'est bel et bien d’une histoire d’amour qu'il s’agit Une histoire qui a mal tourné.Qui resurgit du passé.En la présence d’une certaine Marie, patronne d’un bar topless à Savannah.E l’a connue à Paris, une vingtaine d’années auparavant Alors qu’ils étudiaient tous les deux l’architecture.Le coup de foudre, histantané.Pour lui.Pour elle, on ne sait pas trop.«Marie était un mystère, elle refusait d’écarter un voile, d’ouvrir la moindre porte, ü y a toujours l’un des deux qui aime plus que l’autre ou du moins, dans le meilleur des cas.qui aime le premier.Je crus que c’était moi.» Ça n’a pas duré.Elle est partie, l’a quitté du jour au lendemain.Elle a pris l’avion pour les Etats-Unis, aux bras d’un pasteur américain.laissant derrière elle son amoureux éconduit tout éberlué.Ces pages-là, celles qui décrivent l’amour blessé, et la descente aux enfers qui a suivi, la plongée dans l’alcool, l’engourdissement de tous les sens, la tristesse sans fond, le mépris profond de soi-même.ces pages-là sont les plus fortes, les plus désespérées, les plus belles du roman.Ce qui séduit aussi, c’est cette façon qu’a Fauteur de décrire l’éfat d’apesanteur du narrateur.Quand, 20 ans plus tard, tout lui remonte au travers de la gorge.Alors qu’il est en face d’elle, cette femme qui l’a trompé, qui l’a trahi.Qu’il aime encore?Encore aujourd’hui, il ne sait pas vraiment qui est cette Marie.Mais au fil de ses rencontres, à Savannah, au gré des cuites qu’il multiplie avec des inconnus, il en apprendra de plus en plus.Tortueuse à souhait, la vie de cette croqueuse d’hommes, depuis son départ de Paris.Mariage avec le pasteur américain, puis veuvage.Quelques amants.Dont l’un fou amoureux d’elle, mais éconduit une fois désargenté.Enfin, remariage, avec un vieux prof d’université.qui a fini assassiné.Ce qui donne au roman des allures d’enquête.Où se mêle un vieux policier à la retraite.Qui sème le doute dans la tête du narrateur.Et dans la nôtre.Au bout du compte, l’ambiguité demeure.On ne sait pas la vérité.Mais peu importe, «la vérité est une conviction qui a réussi», comme l’écrit si justement Jacques Folch-Ribas.Collaboratrice du Devoir LES PÉLICANS DE GÉORGIE Jacques Folch-Ribas Boréal Montréal, 2008,152 pages 400 ans de relations d’exception Somï Ut (EWïMr- df Serge ]oy*l e\ Paul-André Linteau FRANCE-CANADA-QUÉBEC 400 ans de relations d'exception Sous la direction de Serge loyal et Paul-André Linteau LA IUT AILLE DE L’IMPRIME » Léic du pagirt ?frtfi'iinhpir LA BATAILLE DE L’IMPRIMÉ à l'ère du papier électronique Sous la direction d'Éric Le Ray et jean-Paul Lafrance Les Presses de l’Université de Montréal Université rm www.pum.umontreal.ca de Montréal ARCHAMBAULT Une compagnie de Québécor Media PALMARÈS LIVRES -Résultats des ventes: du 25 novembre au V décembre 2008- B ROMAN OUVRAGE GENERAL UNMOttDESAttSFM Ken Follett (Robert Laffont) LES PtUERS DE LATERRE Ken Follett (Livre de Poche) MILLEMUM T.1, T.2 et T.3 Sbeg Larsaon (Actes Sud) U GLORIEUSE HISTOIRE DES CANAOiEnq P.Bruneau / L Normand (de l’Homme) IV WARIWULF T.1 : LE PREMIER DES RAjA U Bryan Perro (Intouchables) R TERREUR A THACADIE Kathy Reichs (Robert Laffont) t» 1 LE DIXIÉME CADEAU Jane Johnson (Libre Expression) Hj LES FUES TOMBÉES U| Micheline Lachance (Québec Amérique) SEXE, DIAMANTS ET PLUS SI AFFMtTÉS.Lauren Weisberger (Fleuve Noir) LES PORTES DE QUÉBEC D 3: LE PRIX.Jean-Pierre Charland (Hurtubise HMH) L'ÉPÉE DE VÉRITÉ T.8 : L'EMPIRE DE.Terry Goodkind (Bragelonne) JEUNESSE FASCHUmON T.2 : TENWnON Stephenie Meyer (Hachette Jeunesse) Q LE JOURNAL D'AURÉUE LAFLAMME T.5 India Desjardins (Intouchables) VISIONS T.1 s NE MEURS PAS U8EUJIU Linda Joy Singleton (ADA) «MO, LE DERNIER SHAMAN U Lise Baucher (Michel Qulntln) LEOMSE12 Mario Francis (Intoucbablas) E HARRY POTTER ET LES RELIQUES DE.J.K.Rowling (Gallimard-Jeunesse) LE CUIR DES DISEUSES.XI Dottl Enderte (ADA) U DK» DES FILLES 2009 Collectif (Fleures) SÉIU1:LE LIVRE DES «EUX D- Mitlvat / C, Pelletier (Pierre Ttsseyre) PAKKM.T.10 : LE MARIAGE DE U.Maxime Roussy (Marée Haute) L'ART DE LA MÉDITATION Matthieu Ricard (Nil) PARCE QU’ON A TOUS DE LA WSITE Ricardo Larrtvée (La Presse) IV LE GUIDE DU VIN 2009 Michel Phaneuf (de l’Homme) US ILLUSTRES CANADIENS Collectif (H.B.Fenn) g SIMPLE ET CHIC L.-F.Marcotte (Flammarion Québec) PION DE SANDWICHES D’ICI Fédération des producteurs.(de l’Homme) NANETTE WORKMAN: ROCK'N ROMANCE N.Workman / M.Bolduc (Libre Expression) R[ LE GUIDE DE L'AUTO 2009 Denis Duquel / Gabriel Géiinas (Trécarrc) KILO CARDH) Huot / Lavigueur / Bourgeois (de l'Homme) ANGLOPHONE TWHJGHTT.4: BREAKING DAWN Stephenie Meyer (Signet) WORLD WITHOUT END Ken Follett (Signet) PILLARS OF THE EARTH Ken Follett (Signet) I THE APPEAL John Grisham (Dell) HONOURED CANAOKHS Andrew Podnleks (H.B.Fenn) B THE PAGAN STONE : THE SIGN OF.Nora Roberts (Jove) } REMEMBER MET Sophie Kinsella (Bantam Books) BRISINGR INHERITANCE T.3 Christopher Paolini (Knopf) DOOBU CROSS James Patterson (Vision) A THOUSAND SPLENDID SUNS Khalsd Hosselnl (Penguin Books) carte-cadeau Roland GODIN 'Coffret fW* ISBN 978-2-7601-6934-0 r Vente ferme, aucun droit de retour Jusqu’à épuisement des stocks DICTIONNAIRE ENCYCLOPÉDIQUE DES mOTS CROISÉS COFFRET DE 8 TORIES Cadeau lUéaipour les cruclueroistes GUÉRIN, éditeur liée El) U8llt8 0888 tDUtBS 188 IIDralrlBS 514-842-3481 La tarification est indiquée sous réserve de modifications.\ Du plaisir à la carte ARCHAMBAULT?» La lenteur du monde Michel Fléau se voue depuis plusieurs années, avec une remarquable constance, au déchiffrement de sa présence dans l’univers.Rachel Leclerc, Lettres québécoises Un recueil dépouillé et teinté d’une grande maturité.La lenteur du monde est hautement imprégné d’une préoccupation mystique.Biaise Gaulin, Québec français Une poésie sobre, extrêmement efficace.D'une grande beauté.Guy Marchamps, Le libraire Fléau maîtrise l'art de décrire l'instant, l'éveil et le cycle naturel de la vie qui se déploie au gré des saisons.Ghislain Desjardins, Journal Voir fc «Je prends plaisir à lire I Michel Fléau, un très grand 1 poète qui exprime des 1 ¦ choses profondes».Gilles Vigneault cité dans Le libraire /ej*llH xhA** 2'1 TIRAGE www.editionsdavid.com lnfo«odltlonsdavid.com (613) 830-3336 Jl Les Éditions !» T—\ • i \ David ^ J» ¦ * J-y y F 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 DÉCEMBRE 2008 LIVRES CADEAUX L’avidité du monde Louis Hamel Il y a des matins qu’on ne sait pas trop par quel bout prendre, tellement tout ce qui arrive, livres, actualité, semble soudain se confondre en un seul et même vaste Problème.On se surprend alors à trouver à l’immigrant haïtien piétiné à mort aux portes du Wal-Mart, et aux 150 millions d’oiseaux migrateurs qui seront sacrifiés aux ambitions pétrolières des potentats albertains, un petit air de parenté.Fuligu-le à tête rouge contre redneck: encore une bataille inégale.Et se comparer ne console pas toujours.Les Etats-Uniens ont sagement renvoyé à sa Frontière une Sarah «Drill’er» Palin et son robuste optimisme taillé à la hache et à coups de .300 Magnum.Ici, nous sommes pris avec le vassal à peine mieux dégrossi des barons de Cal-gary.Pendant que Barack Obama compose sa coalition de temps de crise selon un principe d’inclusion paraissant faire fi des vieilles rivalités idéologiques, au nord du 45' parallèle la simple idée d’une alliance d’intérêt national qui pourrait pencher à gauche semble donner des boutons à nos cow-boys de la toundra, comme si les hydrocarbures poly-aromatiques qu’ils consomment avec leur eau potable n’allait pas leur causer assez d’ennuis de santé comme ça.11 y a deux manières d’envisager la solide veine catastrophiste qui colore en ce moment les «produits» de l’industrie de l’info-spectacle: 1) l’humanité a toujours aimé jouer à se faire peur; la preuve, déjà à Londres, au XK' siècle, bla-bla-bla; 2) les mauvaises nouvelles disparaissent à mesure que leur potentiel médiatique faiblit et que l’industrie qui les génère passe à autre chose, mais la réalité qu’elles décrivent, elle, demeure.Ainsi, comme le rappelait récemment LouisGilles Fran-cœur, ce n’est pas parce que nous avons cessé de parler des pluies acides que le problème n’existe plus.Usé par quelques années passées sous le feu des projecteurs, le thème a simplement été tassé par de plus gros joueurs.Surpêche et Déforestation, eux-mêmes éventuellement écrasés dans la bande par ce véritable goon des mauvaises nouvelles qu’est Réchauffement climatique.D’une manière symptomatique, aujourd’hui, ce n’est plus notre petit lac à truites du nord de Mont-Laurier qui est menacé d’acidification, mais ultimement l’océan tout entier.Et nous avons perdu le droit à l’innocence, celui de penser, devant l’immensité de la mer: impossible, puisque la fantomatique morue atlantique et l’immense banc de matière plastique à la dérive dans le sud-ouest du Pacifique sont là pour nous rappeler que plus aucun recoin de la planète bleue n’est désormais à l’abri de nos vigoureux appétits.rT- JjF IN Que faire?Pour commencer, on pourrait tenter d’en finir avec l’hypocrisie congénitale du mythe écologique par excellence, celui des générations futures.Oui, assez d’abstraction, quand la pollution par le bruit par les produits au rabais chez Canadian Tire et par la bêtise humaine en général, c’est aux portes de la vie quotidienne qu’elle frappe.Faites comme moi, balancez-vous comme de l’an 40 du sort des générations futures et commencez plutôt à vous demander pourquoi ne pas essayer de rendre le monde plus vivable dès maintenant?Réponse: parce que moi, j’ai ma liste de cadeaux de Noël à budgétiser et, de toute façon, les générations futures vont s’en occuper.Elles vont si bien s’en occuper que les descendants de la future génération que, en ce moment même, vous êtes à engendrer organiseront probablement un éco-tribunal de Nuremberg pour juger la conduite criminelle de ceux d’entre nous à qui la science aura permis d’atteindre l’âge de Mathusalem.L’autre jour, je suis allé m’acheter des bobettes chez Sears.La caissière a examiné un des articles et m’a informé que le «spécial deux pour un» ne s'appliquait pas à celui-là.Je n’avais qu’à aller remettre l’article en place et à choisir deux autres paires pour le prix d’une.Mais je venais déjà de passer vingt minutes devant ce foutu rayon des bobettes et j’avais l’impression d’avoir étudié toutes les combinaisons possibles.Deux des sous-vêtements qui se trouvaient sur le comptoir tombaient déjà sous le coup de la réduction.J’étais fatigué.L’idée de retraverser tout le magasin pour me replonger dans l’indécision et la palpation de marchandises me rebutait profondément.Et j’ai dit: «Non.Je vais prendre celles-ci.» La dame m’a regardé d’une drôle de façon.Je pouvais entendre la petite machine à calculer dans sa tête.Même que moi aussi j'étais un peu gêné.J’avais perdu quelques dollars par ma propre faute.Au rayon des bobettes, lever le nez sur la carotte.Mais quel âne! Une sorte de Jean Lemire du XIX' siècle Cinq heures du matin.Pendant que, aux Etals, le jeune Damour, qui est noir mais ne se considère pas comme un esclave parce qu’il a le droit de vote, se fait passer dessus par 2000 amateurs d’aubaines, je lis, assis à la grosse table de chêne qui me suit depuis la rue Parthenais, le Journal de voyage dans l’Arctique de John Muir.Muir (1838-1914) est une sorte de Jean Lemire de la fin du XK siècle.Il ne fait pas d’aussi belles métaphores que le chroniqueur de La Presse, mais sa puissance descriptive est considérable.John Muir est aussi le père du Sier- ï mm Ll fARUIN IMMOKTH I t 114 photographies rie sculptures funéraires, 144 p.— 29,95 $ chacune accompagnée d'un texte poétique.AETERNA Le jardin des immortelles Textes et photographies NSflCV VickGTS Poussez la grille d’Aeîerna.Le jardin des immortelles, et découvrez un univers poétique à fleur de terre, où se dressent des sculptures funéraires d’une grande beauté.Dans ce théâtre silencieux, prêtez l’oreille aux voix oniriques, nostalgiques et chimériques d’êtres figés dans le reflet et la chaleur des mots, comme des vigiles dans la nuit.a Los Éditions l David www.editionsdavid.coni inlofàcditionsctavid.COm (6)3) 830-3336 POÉSIE ra Club.Glaciologue autodidacte, il fut un de ces grands naturalistes d’avant l’ère de l’hyper-spécialisation, un de ces esprits aristotéliciens frottés de grec et de latin, de chimie, de botanique et de géologie, qui parcouraient, l’herbier au dos, les régions sauvages à une époque où subissaient des territoires à explorer, où la complexité des liens tissant le monde vivant restait à dévoiler.Moins connue, ici, que celle de l’expédition Franklin, la tragédie de la Jeannette défraya, autour de 1881, la chronique de San Francisco et d’ailleurs.Le navire parti explorer les eaux circumpolaires était porté disparu dans la mer de Behring.Les bâtiments qui, comme les baleiniers qui écument déjà ces parages, s’aventurent près du pack fia banquise morcelée et mouvante) qui ceinture la mystérieuse Terre de Wran-gel, sont parfois broyés entre les glaces.Et tant qu’à monter une expédition de secours, autant prendre à bord un ou deux naturalistes.Muir sera du voyage du Corwin.Son récit, d’abord paru en 1917, mélange les lettres qu’il expédiait à un quotidien de San Francisco et des extraits de son journal de bord.Un gênant problème de notes en bas de page, dans la présente édition chez Corti, n’empêche pas cette lecture d’être aussi instructive que passionnante, un absolu incontournable pour l’amoureux du Nord et de ses épopées.Autant que chez Thoreau, on voit poindre chez Muir le début de cette sensibilité qui caractérise aujourd’hui le regard (les actes, c’est autre chose) de l’homme moderne sur la nature sauvage.On a l’impression qu’à travers lui les sciences naturelles, au moins en ce qui concerne les êtres à plume et à poil, émergent peu à peu de leurs réflexes de collectionneur et d’une méthode, disons, muséale (celle d’un Audubon récoltant ses spécimens à coups de fusil) pour embrasser le vivant Et la raison de ce changement évidente, tient dans la profonde empathie avec laquelle Muir observe le massacre qui fait déjà rage autour de lui.1881: les baleines .se font plus rares.Les morses se laissent stupidement bastonner.Le calvaire des ours polaires, canardés à bout portant par une meute humaine excitée, ne fait que commencer.Nous sommes les générations futures de John Muir.Collaborateur du Devoir JOURNAL DE BORD DANS L’ARCTIQUE John Muir Traduit par André Fayot José Corti Paris, 2008 Le poids du monde chez Kim Doré HUGUES CORRIVEAU Maniérisme le diable se présente comme un petit traité de la pesanteur qui fait tomber les objets, le corps et l’âme.Cette aspiration vers le bas, la poète en fait le centre de son recueil pour mieux en contourner l’effarement :«[.] personne/ n’a vu que ça tombait quelque chose de vivant/s’est faufilé aller-retour il fallait poser les mains/comme uneépuisette [.] ».Le geste de cueillir l’âme des vivants afin d’atteindre à une sorte de frêle espérance.Un enfant mort-né, comme s’il s’agissait du diable lui-même, surgit enfanté dans le présent Vision d’apocalypse, image qui évoque l’immense La route de Cormac McCarthy :«(.] marie ramasse les déchets/après la naissance se relève et marche/ très vite sans laisser d’empreinte/ ce matin le soleil carbure aux virus ».L’œuvre commence ainsi dans les miasmes glauques d’après les désastres.Les paysages de Jérôme Bosch en fond de scène, les Caprices noirs de Goya, l’esprit gothique des groupes actuels, toutes ces représentations innommées mais fugaces traversent l’esprit Le recueil de Kim Doré est de ceux qui irradient le souffre, l’œil bien ouvert sur la démesure des catastrophes.Il faut s’accrocher.Le style en est complexe mais intense, la clarté ri obscure que les mots nous renvoient à notre propre misère d’être.Elle précise :«[.} je suis / de mon temps un corps dévié / on voit tout à travers déluge / autour de nous et rien à l’intérieur/ dans l’intervalle des rats dehors / et l’enfer [.]».Le tunnel sans fin de vivre s’obstrue.La filiation de grand-mère à mère à fille vacille dans la perplexité du temps présent : « Ce n’est pas cruel, ce n’est pas fuir.Je suis l’enjant sage qui enterre ses yeux sous le premier arbre pour ne pas se salir, ne pas pleurer, arrêter de faire dire des choses à ses dessins ratés.» Recueil d’une efficacité rare qui a l’audace du noir et des démons que nous portons parfois au cœur du vivant Collaborateur du Devoir MANIÉRISME LE DIABLE Kim Doré Editions Poètes de brousse Montréal, 2008,72 pages LA PETITE CHRONIQUE La douceur des choses ans Arle, où ^ ^ mW sont les Alis-^ ^ cams.» Qui lit le poème qui commence ainsi et n’en est pas charmé ne connaît rien à la littérature.Pourtant, Paul-Jean Toulet qui en est l’auteur, est un presque inconnu.Aussi la biographie que lui consacre Frédéric Martinez est-elle plus que bienvenue.Ayant pour titre Prends garde à la douceur des choses, cette «vie en morceaux» nous fait entrer dans l’intimité d’un fils à papa, d’un opiomane, d’un amateur de femmes et, c’est ce qui nous intéresse, d’un magicien du mot Né à Pau, il chantera les charmes du Béarn.Quelques années plus tard, l’île Maurice lui servira de paradis.Etudes non achevées, timides essais pour entrer dans le monde des lettres.Toulet devient une figure du Paris 1900.Ami de Curnonsky, il tâte du journalisme, fréquente Alphonse Allais, écrit des livres qu’il ne signe pas et devient même le nègre de Willy, se ruine la santé en buvant et en recourant à l’opium.Serions-nous à ce point attiré par son destin s’il n’était l’un des plus délicieux poètes de la langue française?Pas sùr.Il a écrit des romans à l’écriture précise qui méritent d’être lus même s’ils sont parfois empreints d’une in- GtU.ES Archambault UNE VIE RICHE ET PEU BANALE 1ÎK M iS ‘ Dans un style très vivant, Danielle Brault retrace la vie pleine de rebondissements de Joseph-Émile Vanier qui a contribué à bâtir Montréal au tournant du xxc siècle.Cet homme d’affaires hors pair, en avance sur son temps au niveau professionnel et aux mœurs parfois dissolues au niveau personnel, est un personnage étonnant, plus grand que nature.ISBN 978-2-89448-544-6, 712 pages, 37,95$ quiétante misogynie et d’un antisémitisme gênant.Mon amie Nane et La Jeune Fille verte sont des romans écrits allègrement et pourtant finement ciselés.Il n’empêche que, si on relit Toulet, c’est surtout à cause de ses Contrerimes, qui constituent l’essence de son œuvre.Rarement la langue française a-t-elle chanté ^ avec tant de légèreté, une légèreté dans laquelle, au reste, la tristesse et la profondeur ont leur juste place.Maintenant que les Œuvres complètes de Toulet dans la collection «Bouquins» sont indisponibles, courez vous procurer Les Contre-rimes.Vous ne le regretterez pas.Si l’essai de Frédéric Martinez, tout solidement documenté qu’il est, prend parfois l’allure d’un témoignage d’admiration, le Barbey d’Aurevilly de Michel Lécureur est une biographie plus traditionnelle.On peut en discuter, mais pour moi la figure de Toulet paraît plus énigmatique que celle du «connétable des lettres».Le Normand, dont on s’est longtemps demandé s’il pouvait justement revendiquer des origines de noblesse, n’a certes pas connu auprès des femmes les succès que Toulet a accumulés.A vrai dire, bon nombre de ses attitudes prêtent à sourire.Son insistance à faire figure de dandy, dépensier à la façon de Toulet, la pose de tombeur qu’il affectionne alors que la fréquentation assidue des lieux où l’on boit est nettement plus probante, tout cela nous le rend moins fasci- nant.Alors que Toulet paraît glisser sur les événements, Barbey s’appesantit.Il faut dire qu’il n’est pas plus heureux en amour qu’en littérature.Il peine à faire éditer ses romans, il va d’un journal à l’autre, tantôt royaliste tantôt républicain.Trop indépendant pour se joindre à un parti, il a toujours rêvé de faire de la politique.Il aurait aimé être riche et dépenser sans compter.S’il aime Balzac, s’il a une tendresse pour Stendhal, il attaque Flaubert.Avec Une vieille maîtresse, il mécontente les catholiques, lui dont le maître à penser est Joseph de Maistre.Il y a beaucoup à apprendre dans cette biographie fouillée, remplie de détails inédits ou non, sur ce qu’était le Paris des journaux et de l’édition au XK siècle.Collaborateur du Devoir PRENDS GARDE À LA DOUCEUR DES CHOSES Frédéric Martinez Tallandier Paris, 2008,350 pages LES CONTRERIMES SUIVIES DE NOUVELLES CONTRERIMES Paul-Jean Toulet GF Flammarion Paris, 2008,285 pages BARBEY D’AUREVILLY, LE SAGITTAIRE Michel Lécureur Fayard Paris, 2008,523 pages Jacques LAMARCHE MAURICE RICHARD ainum souuemr Septentrion.qc.ca Membre de l’Association nationale des éditeurs de livret- 144 pages - 30,85 $ ISBN 978-2-7601-5756-9 GUÉRIN, éditeur liée 514-842-3481 Cadeau Idéal pour les amateurs En uente dans toutes les IIDralrles La tarification est indiquée sous réserve de modifications.-UH' CAV\!HMtN*'l MH.ANC't»0«.fcuv yi> 1 " IHH.I tk?UtUptlC Bibliothèque et Archives nationales du Québec vous donne rendez-vous aux is littéraire de Rencontre avec l’écrivain Stéphane Bourguignon animée par Aline Apostolska D'abord connu dans le milieu de l’humour, Stéphane Bourguignon est l’auteur des deux téléséries à succès La vie, la vie et Tout sur moi, en plus d'avoir publié quatre romans fort remarqués.Les Midis littéraires de la Grande Bibliothèque, une série de conversations avec des écrivains d’ici et d’ailleurs.à l’Auditorium de la Grande Bibliothèque e mardi 9 décembre 2008 le 12 h 30 à 14 h 475, bout De Maisonneuve Est, Montréal Berri-UQAM Renseignements : 514 873-1100 ou 1 800 363-9028 Entrée libre www.banq.qc.ca Bibliothèque et Archives nationales Québec»» I.E DEVOIR.LES SAMEDI « ET DI M A N G II E I) E C E M B R E 2 O O 8 k r> LIVRES CADEAUX PHOTOGRAPHIE Philippe Forest explore les photographies d’Araki ARTS VISUELS La minute de gloire de la pochette d’Andy Warhol mSÈSsm SOURCE MB AM / COLLECTION PALI.MARECHAL Pochette du disque de John Lennon Menlove Ave., 1986 GUYLAINE MASSOUTKE Comment conjuguer art et littérature, intelligence et beauté, texte et sensibilité?Faudra-t-il toujours penser qu’il n’y a dans ces mariages qu’artifice et duplicité?Et pourtant, puisqu’il en est la preuve vivante sur papier, l’essai s’intitule Arafa' enfin.L’homme qui ne vécut que pour aimer.In signature de Philippe Forest, après le magnifique récit romanesque Sarinagara, en 2004, suivi de deux essais dirigés également vers la culture japonaise, garantit la lecture libre, rêvée, des images crues, un jour captées dans l’archipel asiatique.Le photographe Araki — No-buyoshi Araki, né à Tokyo en 1940, est un artiste contemporain célébré mondialement — livre donc sa magie, sous la plume esthète de Forest Trente et une images sont accompagnées de 217 notations, selon les hasards du portait éclaté.Tout ici réflé-chit, la tête pensante comme les lentilles de l’appareiL Mais tout est aussi plus vicieux.On semble y célébrer un festin cannibale.Le regard compose, puis l’œil vorace mange le spectacle, apprêté pour se lire.Eût-il dû chercher plus loin, pour traverser la distance, l’apparition, le flottant que Forest l’eût entrepris, pourchassé et livré ligoté.Mais Araki Ta exposé, avec cette extase de la mélancolie qui étale la jouissance froide de corps alanguis.Aussi Forest a-t-il décidé de nous introduire au rituel.Evitant de se tenir sous l’angle sadomaso, il brosse des pans d’histoire de cette langue nipponne inconnue, de ses fictions intestines, de ses estampes et dessins, de ses haikus.Impudeur en effigie , La souffrance apparaît indissociable de la beauté.Exaltation, illusion, évanescence, l’expérience amoureuse s’étend dans la zone inépuisable du désir infini.Et aussitôt reconnu, survient watakushi-shôsetsu, littéralement «le roman du je», l’intime.Dans ce faux naturel, qui dérive d’une culture an- cienne, l’insolite du réel dépeint s’illustre à nouveau.Forest s’en donne à cœur joie; on dirait qu’il marche dans un champ de neige.Lui qui écrit des autofictions, qui font signe à tout ce qui porte le deuil, qui sont toutes empreintes d’un creux d’être essentiel a trouvé son maitre, le très sophistiqué Araki.La mort fleurie, entourée de blanc et d’espace évidé, ou le sexe obscène mais terriblement objectivé, distancé, ou encore la nudité plastique, clinique, des femmes aliénées, mutilées, emballées comme des poupées sous l’objectif d’une théâtralité revue par lé design, documentent Tal-bum de ces portraits d’Araki.Il est lui-même sur certaines photos, en pose d’excuse.Et il y a la couleur parfaite, la chair blanche, les rouges, les noirs, des turquoises superbes.Ses fleurs, ses kimonos, ses porte-jarretelles.A Charleroi, en 2006, on a lancé des cocktails Molotov sur l’affiche du musée qui présentait Araki, simplement nu.C’est dire qu’il affiche l’impudeur et l’exhibition tranchantes.Le surréalisme n’est jamais loin.«L’extase stupéfaite et sereine qu’exprime le visage des femmes qu’il photographie donne au regard vide de celles-ci une profondeur tranquille où, sans horreur ni effroi, c’est tout le spectacle de la vie qui se réfléchit comme s’il s’agissait d'un rêve infiniment tendre.» Avec Forest, on se retrouve en compagnie d’analystes célèbres de la photographie: Bataille, Barthes, Roche, Jullien, Kristeva, Bertrand Dorléac, sans compter les spécialistes du photographe.Le chœur sensible et obsédé perpétue une beauté violente, fixée sous les arcanes de la désolation.Collaboratrice du Devoir ARAKI ENFIN L’homme qui ne vécut QUE POUR AIMER Philippe Forest Gallimard, coË.«Art et artistes» Paris, 2008,155 pages JÉRÔME DELGADO S > il ne devait y avoir au pied du sapin qu’un seul bijou, ce devrait être celui-ci.Un objet unique, aussi unique que peuvent l’être les multiples œuvres signées Warhol.Ce bouquin monstre, porté par la griffe du maître pop, est dédié à une part méconnue, sinon sous-estimée, de son œuvre.Et en plus, il est fait maison.Andy Warhol.Les pochettes de disques 1949-1987 n’est en réalité que le second tome du coffret lancé à l’occasion de l’exposition Warhol Live, dont le Musée des beaux-arts est en grande partie l’instigateur.Comme le premier tome n’est que le catalogue accompagnant Texpo (juste ça, avec ses 290 pages), on ne vantera ici que le volume exclusif aux disques.Aux disques?Non, aux pochettes.Il ne peut y avoir d’objet aussi peu valorisé que la pochette de disque.Elle est pourtant le premier trait de cette chose musicale, sa principale vitrine, censée la vendre, happer le mélomane.Sa traduction visuelle, matérielle.En d’autres mots, son meilleur résumé.Chez Warhol, dont la carrière est jalonnée d’expériences les plus diverses, la pochette de disque apparaît comme un liant, un emblème de son intérêt pour tout ce qui est industrie.De son premier contrat EN BREF Godbout et Malenfant académiciens L’Académie des lettres du Québec, fondée en 1944 par Victor Barbeau, accueillera lundi prochain deux nouveaux membres: Jacques Godbout, l’écrivain et cinéaste, et Paul-Chanel Malenfant, en 1949 (un concert de «musique mexicaine») à son dernier en 1987 (un gala pour la lutte contre le cancer), Andy Warhol aura illustré une cinquantaine de disques.Le volumineux document du MBA a ceci de précieux qu’il s’attarde à chacune écrivain et professeur.L’intronisation des deux nouveaux membres aura lieu lundi à 19h à la Grande Bibliothèque.- Le Devoir Pierre Caron chez Fides Les Editions Fides ont un nouveau directeur littéraire.Il s’agit des 51 pochettes — il porte d’ailleurs l’étiquette dorée de «catalogue raisonné».Chaque pochette a droit à sa page de gloire, quelle que soit sa notoriété historique ou publique.La banane illustrant le microsillon de Pierre Caron, qui œuvrera dans la catégorie des romans.Pierre Caron a déjà signé une quinzaine d’ouvrages et a été tour à tour journaliste, notaire et avocat.Il vient de publier un roman chez Fides: Letendre et l’homme de rien.La maison d’édition souhaite ainsi «accentuer sa production de romans québécois».- Le Devoir du Velvet Underground, la ferme1 ture éclair du Sticky Fingers des Stones ou la ballerine du Imc des cygnes de Tchaikovski sont sur un pied d’égalité.Chacune d'elles est commentée par un de leurs plus fervents admirateurs, Paul Maréchal.C’est lui, historien de Fart et conservateur d'une collection d’entreprise montréalaise, qui est derrière ce projet de pochettes.Une grande partie de celles exposées au MBA lui appartiennent La mise en pages, elle, met amplement en valeur la signature Warhol, les recto-verso de la pochette se suivant sur la même feuille.Le format du livre simule sinon le classique carré de la couverture cartonnée du disque.Ouvrage de référence, cet objet est autant un livre d’art que de musique.De l’histoire éclatée de la musique.D'une histoire de l'art, ou du design graphique, très particulière, rarement abordée, pour ne pas dire jamais.Il vaut à lui seul l’achat du coffret Warhol mis en vente rue Sherbrooke.Collaborateur du Devoir ANDY WARHOL Les pochettes de disques 1949-1987 Musée des beaux-arts de Montréal Montréal, 2008,242 pages ANNIL MH DE CARUFEL LE DEVOIR Jacques Godbout Lib|pire agréée Toujours de meilleurs prix1.Là où les tigres sont chez eux l-M B.De Roblès Les filles tombées Micheline Lachance Seul le silence RJ.Ellory RJ.EU Seul le silence Toute Ut richesse de (a langue française .I .A< 1 LA M 1 V '' Les Filles tombées Poil Robt RT 60 000 mots et 2009 toutes les évolutions les plus récentes de la langue française.À l'achat de 3 livres, obtenez .15% 20% 25% Un Bm Jpagrtwque.tous hantera longtemps de rabais sur le premier livre de rabais sur le deuxième livre * Ritournelle de la faim /./Vf.G.Le Clézio auteur gagnant du prix Nobel de littérature 2009 Ce que le jour doit à la nuit Yasmina Khadra 4ï 2009 40 000 noms propres; 2 000 photographies et reproductions, étymologie, cartes, tableaux et beaucoup plus.Bestiaire Éric Dupont de rabais sur le troisième livre * ERIC O U ROM! BEST! AIR.E khut ri RI KH RM LU I» I i ! UM Pensez cadeaux/ | Sur présentation de cette annonce seulement.Offre en vigueur jusqu'au 7 décembre 2008.IeRodert 600 000 traductions &ColliNs anglais-français / La grande librairie du Quartier Latin le Parchemin français-anglais avec mise en contexte pour chaque mot.,95 49,95 SBBBBL.La référence sur 2 T95 ! 29,95 ; Métro Berri-UQAM, 505 rue Sainte-Catherine Est, (514)845-5243 librairie@parchemin.ca www.parchemin.ca I Québec: quatre siècles d’une capitale La Grande Quête de Jacob Jobin #1 Dominique Demers PllilRoDERI '009 CD-ROM pour ceux qui souhaitent mieux écrire et s'exprimer en français.—.0000 llle Parchemin m'Mtn I Mmwhww M*- O Pimnf cfc» M* a*'-it»c«ffwMM c*i j?5 n» HmrAe-CtÊ+An* Omv, Muet»*1 Ju*e*rc) M.DMIMH iOMbac m.ta mx ta "H.- ; L,- ¦ ft .v gr Æsèi^a5fi't hommes 1001 VINS 1001 TABLEAUX Lb cancer du setn.ça les losclte aussi .v 'S :nt:r '! • VUS maltfonnnl Æmmui CLApmm?DOÜVILI K- 4m tZANNE AUR.RV NETTE images * HARO .O GAlîN'I s I II A S T I I N I l M ATH M l iinjvu i ri'in» à u conquête delà haute ville TRECAntU licTM ttMMM 2mB3W %LJM i / y ' ¦ < I 'Ah-, ÿtë.AKAtN ' •% ¦JmHËSslM ’.T# v y i y\.’ \S J*&SfâÊ!3m v / , r : .AsSSgfef'sll êiê^^ÈÉ VJlL TA < ¦ V-i î€jÉ l.r ( Jl
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