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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2008-12-13, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR, LES SAMEDI IS ET DIMANCHE II DECEMBRE 2 O O 8 ETHNOLOGIE L’homme du Nord et le monde de Tivi Etok Page F 4 HISTOIRE > Des origines de Québec à nos jours en 4500 pages! Page F 2 UVRESCADEA X Ernest Dominique, À contre-courant, 2007 Kenojuak Ashevak, The Enchanted Owl, 1960 : /'.«y LA VIE AÏAJT LES HOMMES CAROLINE MONTPETIT 1 voudrait faire de l’épinette noire l’emblème du Québec.Elle est, dit-il, tellement plus fréquente sous nos latitudes que le bouleau jaune, pourtant choisi pour nous représenter.C’est que Serge Bouchard aime le territoire québécois et teux qui le peuplent.Il est aussi un peu animiste, prêtant aux êtres et aux choses une vie invisible aux autres mortels.11 vient de consacrer un deuxième livre aux animaux de nos forêts.Çe sont les Confessions animales.Bestiaire II, publiées aux Editions du Passage.«En fait, c’est une autobiographie», dit en riant l’anthropologue, attablé dans un café de Montréal.D se reconnaît en effet autant dans le hibou que dans le ouaouaron, même s’il aurait plutôt tendance à choisir comme totem l’ours ou l'oiignal N'a-t-il pas déjà écrit un livre intitulé L’homme descend de l’ourse?«J'occupe les bois imaginaires, le fond des fonds noires qui n’existent que dans vos peurs.Je suis le souvenir profond de vos plus anciennes terreurs, le tueur des tueurs, Maskhinongé», écrivait-il au sujet de l'ours noir dans le premier tome des Confessions animales.Serge Bouchard aime par-dessus tout sillonner le Québec, de la taiga à la toundra, en passant par les forêts lauren-tienne et boréale.Il lui arrive aussi, à lui qui a fait un doctorat sur les camionneurs, de garer son auto en plein bois et d’attendre tout simplement, en silence, que surgisse un ours ou un écureuil, voire un loup.Mais cet ouvrage prend en fait sa source très loin dans le travail de l’anthropologue, alors qu’il effectuait sa thèse de maîtrise auprès des Innus du Labrador, sur le savoir animal des aînés.«Ces gens-là étaient des savants», se souvient-il, ajoutant cependant que cette sagesse se perd peu à peu, au profit de la télévision et de la mondialisation culturelle tous azimuts.«Nos générations sont en train de se dissocier du territoire, de jacouks urenikr n: dkvoik Serge Bouchard l’espace, de la géographie.Nos enfants connaissent une Joule de choses et pourtant ils ne connaissent pas nos animaux», dit-il.Tout né à Pointe-aux-Trembles qu’il soit, le jeune anthropologue avait au départ la fibre animiste, une sorte de nostalgie de la vie avant les raffineries de pétrole et même de la vie avant les Blancs.«J’ai toujours aimé faire les choses et les objets.Je suis comme cela dans la vie.Je suis un père comme cela.Avec les enfants, je fais parler les arbres.C’est un jeu», dit-il.Enfant, il se souvient aussi d’avoir interrogé sans relâche ses manuels scolaires, qui ne donnaient de l’histoire que la version tronquée des conquérants.Déjà, il voulait en savoir un peu plus sur les Algonquins ou les Iroquois.Son Bestiaire s’inspire tout autant des mythologies amérindiennes universelles que de ses expériences et connaissances personnelles.11 s’y livre à un joyeux patchwork mê- lant science et poésie, histoire et mythologie, sagesse et folie.Ainsi le ouaouaron se voit-il consacré bête de sexe et le raton laveur, patrouilleur de nuit La morue pleure ses dimensions perdues et le grand héron bleu assiste à la parade du monde, quand le soir tombe dans l’étang.On y trouve beaucoup de vrai et beaucoup de faux, et de magnifiques illustrations tirées des œuvres de différents artistes, dont plusieurs autochtones.«Je ne me suis mis aucune contrainte», raconte-t-il.Cette liberté, c'est aussi celle de ces animaux sauvages qui sont de plus en plus méprisés, négligeables qu’ils sont devenus dans l’économie imposée par lliomme.«Tout le débat sur la forêt ne porte que sur la valeur de l’industrie forestière et sur la conservation de la ressource.Or la pire insulte que vous faites aux animaux, c’est de les appeler des ressources», s’offusque-t-il.Les animaux ont pourtant beaucoup donné leur peau dans la construction de la société québécoise telle qu’on la connaît aujourd’hui: le castor par exemple, dont la fourrure a été le fondement de l’économie des débuts de la colonie.Sans parler de la morue, qui a «nourri l’Europe en des temps religieux et difficiles», comme l’écrit Bouchard.Qu’elle est longue, l’histoire du monde qui serait contée si les animaux parlaient! Il ne manque souvent qu’un peu d'écoute et beaucoup de fantaisie pour les entendre.Serge Bouchard le sait, lui qui pourrait leur donner de nouveau la parole dans un troisième tome de ses Confessions animales.On y trouverait des reptiles, des oiseaux et d’autres membres ignorés du fabuleux bestiaire québécois.Le Devoir CONFESSIONS ANIMALES Bestiaire, tomes 1 et 2 Editions du Passage Montréal, 2008,128 pages et 135 pages i LE DEVOIR.LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 DÉCEMBRE 2008 F 2 LIVRES CADEAUX ARTS VISUELS HISTOIRE Pauline Boutai : une vie d’artiste au Manitoba PAUL BENNETT A Etre une femme et mener une vie d’artiste au Manitoba dans la première moitié du XX' siècle n’allait vraiment pas de soi.C’est pourtant ce que réussit Pauline Boutai (1894-1992) en poursuivant parallèlement une triple carrière dans l’illustration commerciale, les arts visuels et le théâtre, et ce, sans avoir à s’exiler comme le fit à la même époque une autre artiste de la communauté francophone de Saint-Boniface, Gabriel-le Roy.L’enracinement et l’engagement indéfectible de Pauline Boutai envers la société franco-manitobaine n’auront toutefois pas aidé à faire connaître son œuvre en dehors des frontières de son coin de pays.Née en Bretagne dans une famille de maîtres verriers, Pauline Le Goff émigra avec sa famille au Manitoba en 1907.Très vite elle montra des dons pour le dessin, qu’elle exploita d’abord comme dessinatrice de mode pour le catalogue Eaton, puis comme illustratrice pour divers journaux et revues.Passionnée de théâtre, elle épouse Arthur Boutai, journaliste mais aussi animateur du Cercle Molière, la seule troupe francophone professionnelle de l’Ouest canadien.Pauline Boutai se mettra alors à la conception de décors et de costumes.L’ouvrage bien documenté et généreusement illustré que,lui consacre Louise Duguay aux Editions du Blé suit à la trace le parcours exceptionnel pour l’époque de cette femme très engagée dans la vie culturelle de sa communauté et d’une artiste trop accaparée par sa passion du théâtre pour se dédier à plein temps à sa vocation de peintre.Pauline Boutai n’hésitera pas cependant à effectuer plusieurs séjours à Paris et à Provin- f fcfcMH&PtlglMV PAULINE BOIT Destin (Partis#; cetown, aux États-Unis, pour perfectionner son art Même si son œuvre demeure de facture traditionnelle, parce que trop souvent conditionnée par les commandes et par la nécessité pour l’artiste de gagner sa vie, elle témoigne du savoir-faire d’une portraitiste hors pair et d’une coloriste accomplie.Durant sept décennies, Pauline Boutai put peindre et dessiner sans relâche tout en vivant de son art, dans un contexte de relatif isolement.Ses expositions retinrent toutefois l’attention de critiques aussi réputés que Clément Greenberg.A une époque où les femmes étaient reléguées à la vie domestique, Pauline Boutai, comme son amie Gabrielle Roy, choisit de poursuivre une vie d’artiste.L’ouvrage de Louise Duguay permet de suivre l’itinéraire d’une femme remarquable, dont la vie et l’œuvre méritent d’être mieux connues.Le Devoir PAULINE BOUTAI Destin d’artiste Lmiise Duguay Éditions du Blé Saint-Boniface, 2008,268 pages ¦¦ odyssée de l’espoir SCHmitt Albin Michol Québec de fond en comble CAROLINE MONTPETIT Tout l’été, on a parlé de Québec.Et les publications consacrées à la belle capitale, à l’occasion de son 400 anniversaire, se sont succédé.Void que l’Institut national de la recherche sdentifique (INRS), qui se livre depuis plus de 25 ans à un vaste chantier sur l’histoire régionale du Québec, lui consacre trois bons tomes de sa collection.La ville de Québec y est donc scrutée à la loupe, de l’histoire de sa géographie à sa démographie, en passant par celle de ses mœurs et de sa culture, comme l’ont été avant elle les régions de la Mauride, des Cantons-de-TEst et de Charlevoix, par exemple.Il faudra du temps pour lire ce pavé, qui veut intéresser le grand public et qui est aussi disponible en format allégé.Mais celui qui s’y penchera y découvrira une foule de détails méconnus jusquld sur la vieille ville.Le chercheur Fernand Harvey, qui a travaillé au volet culturel du projet explique par exemple que la ville de Québec doit en partie sa tradition musicale aux militaires des régiments britanniques, dont plusieurs étaient musidens avant leur arrivée en Amérique.«Par la suite, toute cette tradition musicale a perduré, s’est francisée, et se poursuit aujourd’hui avec les Violons du Roy, par exemple», explique-t-U.Côté littérature, on signale la présence de l’école littéraire de Québec, qui a réuni notamment les Octave Crémazie et Pamphile Lemay.«C’était une littérature assez patriotique et moralisante», raconte M.Harvey.Le clergé avait en effet un ascendant majeur sur le milieu littéraire de l’époque.«Il fallait que ce soit des oeuvres du terroir qui prônent les valeurs nationales et chrétiennes», ajoute-t-il.Au point que Jean-Charles Harvey, lorsqu’il a écrit le roman Les Demi-Civilisés au début du XX' siècle, mis à l’index par l’Église, a dû INRS SOURCE BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES CANADA Village huron de La Jeune Lorette, près de Québec, vers 1807, par George Heriot quitter son emploi à Québec pour aller vivre à Montréal.À la fin du XK siècle et au début du XX', Québec connaît d’ailleurs une période de déclin au cours de laquelle certaines élites, notamment l’élite anglophone du milieu des affaires, quittent la ville, ajoute-t-iL La vie culturelle de Québec a connu un regain important autour des années 1980, regain qui n’a pas failli depuis.Selon Fernand Harvey, l’image de Québec comme ville blanche, francophone et catholique s’efface tranquillement pour laisser place à de nouvelles couleurs, même si l’immigration y est toujours bien inférieure à celle de Montréal.Le monde du théâtre, notamment y est très dynamique, avec les théâtres de la Bordée et du Trident sans parler des activités de Robert Lepage, qui y a inauguré la Caserne Dalhousie, son centre de production.Québec est donc la dix-neuvième région du Québec à être explorée par les chercheurs de ce vaste chantier dirigé par Normand Perron.L’équipe travaille présentement à trois autres projets, portant respectivement sur les régions de Lanaudière, de Montréal et du Centre-du-Québec.Une autre vision L’idée de départ visait à offrir une autre vision de l’histoire du Québec, trop souvent concentrée sur les grands centres urbains que sont Montréal et Québec.On y trouvera donc une foule de données démographiques, économiques et sociales, retraçant les hauts et les bas de chacun de ces secteurs depuis leurs origines.«Il y a 30 ou 40 ans, quand on parlait de l’histoire du Québec, on ne parlait que de Montréal et de Québec, dit M.Perron.L’histoire des régions, c’est comme si cela n’existait pas.Ce projet nous permet de documenter de façon importante l’histoire des régions, avec leurs dynamismes, leurs problèmes, leurs transformations.» Ainsi, on découvre que le monde hospitalier s’est développé depuis longtemps hors des grands centres que sont Montréal et Québec.Ou que le phénomène des fusions et des décisions est loin d’être l’apanage de nos derniers gouvernements, puisqu’il s’est produit de façon régulière dans l’histoire.Ce faisant Normand Perron espère, sinon «réécrire l’histoire», tout au moins «la nuancer» avec une lecture plus fine de ce qu’a vraiment été le Québec, des Amérindiens à aujourd’hui.Pour ce faire, les historiens, géographes et autres spécialistes qui ont participé aux projets se sont livrés à un travail de moine.Ils ont épluché les archives municipales comme celles des journaux locaux.Us ont aussi consulté les «cahiers de prône», ces notes que les curés prenaient et inscrivaient dans leur cahier.«Dans une société comme celle du XIX siècle, le téléphone n’existait pas.Les nouvelles circulaient souvent à la porte de l’église et dans le sermon du curé», explique M.Perron.Les chercheurs s’inspirent aussi beaucoup de photographies ou de tableaux d’époque.D s’agit donc d’un travail de collecte considérable, qui exige chaque fois plusieurs années d’étude.Dans le cas des trois tomes portant sur la région de Québec, il a fallu une dizaine d’années à l’équipe pour terminer l’ouvrage.On peut consulter certains articles de l’ensemble de cette somme documentaire sur, le site unmencyclobec.ca.Le Devoir HISTOIRE DE QUÉBEC ET DE SA RÉGION Marc Vallières, Yvon Desloges, Fernand Harvey, André Héroux, Réginald Auger, Sophie-Laurence Lamontagne, avec la collaboration d’André Charbonneau Les Presses de l’Université Laval Québec, 2008,2527 pages EN BREF Arthur Buies dans Liberté Perron L’État du Québec à la télévision 2009 La revue Liberté consacre son plus récent numéro au grand Buies, marginal lumineux des lettres québécoises au XK' siècle.«R y a quelque chose d’incongru, si ce n’est d’humiliant, dans le fait d’avoir à présenter Arthur Buies dans une revue culturelle québécoise», écrit Pierre Lefebvre, rédacteur en chef de Liberté, en guise de présentation.Oui, pourquoi encore tant de silence, dans les écoles, partout, au sujet de cet homme libre et unique?Peut-être parce que, tout comme en son temps, sa lecture n’est pas propre à soutenir la torpeur ambiante.- Le Devoir Le Pays natal de Jacques Perron, un documentaire réalisé par Jean-François Blais, sera présenté ce dimanche 14 décembre à 22h30 à la télévision de RadioCanada.Documentaire très classique, sorte d’hommage ému à cet écrivain qui ne cesse de trouver de nouveaux admirateurs, Le Pays natal de Jacques Perron met à contribution Madeleine et Paul Perron, le biographe Marcel Olscamp et la spécialiste Ginette Michaud.Tout cela est rehaussé par la présence de JeanClaude Germain, de Fred PeDe-rin, des Zapartistes et du chanteur Daniel Boucher.Une façon agréable de découvrir un monument de la littérature québécoise.- Le Devoir C’est un annuel.Un incontournable.«Tout ce qu’il faut savoir sur le Québec d’aujourd’hui», prétend l’équipe de rédaction de L’Etat du Québec.Peut-être pas.Mais quand même beaucoup de ce qu’il conviendrait de savoir.Les débats, la politique, la société, l’histoire, le territoire, la langue, le monde, avec les contributions de plusieurs spécialistes et journalistes, dont Michel Venne, Solange Lefebvre, Chantal Bouchard, Denis Lessard, Michel David, Ghislain Picard, Paul Cauchon, Stéphane Baillargeon, Kathleen Lévesque, Isabelle Porter.Le livre vient de TOUT Ci QU'IL FAUT SAVOIR SUR LE QUEBEC D'AUJOURD'HUI Lv portiait social du Quebec d'aujoutd'lwi par Smiun Lan/lcis n paraître chez Fides, sous la direction de l’Institut du Nouveau Monde.- Le Devoir BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES NATIONALES DU QUÉBEC et le FESTIVAL INTERNATIONAL DE LA POÉSIE de Trois-Rivières vous invitent à assister à la deuxième des quatre soirées de lecture À l’Auditorium de la Grande Bibliothèque le dimanche 21 décembre à 19 h 30 Poésie et jazz Quatre saisons, quatre couleurs, quatre lumières avec les poètes Kim Doré, Louis-Philippe Hébert, Mona Latlf-Ghattas et Pierre Nepveu et l’accompagnement musical du IHo Daniel Lessard Entrée libre 475, bout De Maisonneuve Est, Montréal www.banq.qc.ca Bern-UQAM 514 873-1100 ou 1 800 363-9028 Bibliothèque et Archives nationales Québec E3 ca CS ES * V LE DEVOIR.L ES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 DÉCEMBRE 2 0 0 8 LIVRES CADEAUX Hommage à la vie Danielle Laurin Pas de «je».Pas d’autoflagellation.Pas de famille-je-vous-hais, de dégoût des autres et de soi-même.Radical comme changement, pour qui a lu les livres précédents de cette au-teure de 36 ans.Mélikah Abdelmoumen l’avait dit pourtant Quand son roman Alia-à paru, il y a deux ans.Qu’elle en avait assez de se morfondre dans l’autofiction.Qu’il lui fallait trouver un autre ton, une autre voie.Alors là! Un roman, un vrai, Victoria et le vagabond.Avec des personnages incarnés, attachants.Qui se débattent avec leur passé, leur présent.Qui passent à travers toute la gamme des émotions, vibrent intensément.Le genre de roman pour qui aime se faire raconter des histoires.Avec des jeux dans le temps, toutes sortes de chassés-croisés, de rebondissements.Et beaucoup, beaucoup de sensibilité, d’humanité.Trois personnages vont se rencontrer.Une vieille dame de 93 ans, marquée par la guerre, le deuil.Un acteur dans la fleur de l’âge, au faîte de sa gloire.Et une jeune femme rêveuse, qui débarque à peine dans le monde du cinéma.L’action se passe à Lyon.Où vit depuis toujours la vieille.Son nouveau voisin, l’acteur en question, l’a prise sous son aile.Lui, détaché du monde, méfiant, pour qui la célébrité est synonyme d’isolement.Ensemble, ils passent des heures à se faire du bien.Et à parler de cinéma.De Charlie Chaplin, en partial- VICTORIA et LE VAGABOND lier.Que la dame a connu autrefois.Et qui a, en quelque sorte, changé sa vie.C’est par bribes qu’on découvrira la jeune femme qu’elle a été.Et la veuve qu’elle est devenue, à cause de la guerre, de la Shoah.De Klaus Barbie, en particulier, ex-chef de la Gestapo lyonnaise.Par bribes, aussi, qu’elle dévoilera comment son fils adoré est mort d’une sale maladie.Et comment sa meilleure amie l’a trahie.Tout ça sans vouloir s’apitoyer, s’appesantir.Tandis qu’on l’écoute se confier à son voisin, qu’ils deviennent amis, une autre figure entre en scène.La jeune femme rêveuse, qui débarque à peine dans le monde du cinéma.Il va se passer quoi, vous croyez?Une histoire d’amour, oui.Une grande et belle histoire d’amour, passionnée, intense.Qui donnera lieu à des pages d’une sensualité coulante.Mais il y aura des complications.Bien sûr.Des malentendus, des portes qui claquent De l’entêtement, de la culpabilité.Des blessures, des morsures.De la peine, beaucoup.Jusqu’à ce que.Inutile d’en dire plus là-dessus.Mais ça pourrait faire penser à un roman d’Anna Gavalda.A Ensemble, c’est tout, tiens.Pas seulement pour l’histoire d’amour.Pour l’histoire de la vieille dame, solitaire.Pour l’entraide, le mélange des générations, aussi.Pour l’empathie.Pour les bons sentiments, diront certains.Tant pis.Aussi bien, il y a du Chaplin là-dessous.Beaucoup.Pas seulement parce qu’on voit ses films défiler, son génie porté aux nues.Mais parce que son approche même du cinéma, sa philosophie de la vie sont mises en avant.«La vie est tragique lorsqu’elle est vue en gros plan, mais elle devient parfois comique quand on la montre en plan large», disait le cinéaste.Justement Les gros plans alternent avec les plans larges, dans Victoria et le vagabond.Il y a de bien belles choses dans ce roman.Il y a Mélikah Abdelmoumen un souffle, une vision.Une profondeur.Et des sourires en coin, des fous rires, de la légèreté, aussi.11 y a cette façon qu’a l’auteure d’entremêler la vie de chacun, de nous aspirer dans leur histoire, comme au cinéma.Malgré quelques longueurs, quelques détails en trop dans la description, on ne s’égare pas.Elle sait où elle va, cette romancière québécoise installée à Lyon.Elle s’attaque à plusieurs sujets de front, elle en mène large, d’accord.La solitude des vieux, leur détresse.La maladie, la mort In Shoah, la ségrégation raciale.Tout y passe.Mais tout se tient.On est là devant des êtres hu- ANN1K MH DE CARUFEL LE DEVOIR mains contraints de replacer les choses à leur place.De relativiser leur petit moi, leurs grands tracas.Pour regarder la vie, les autres et soi-même en face.Elle nous ébranle, Mélikah Abdelmoumen.Et nous fait rêver, nous émeut Un vrai roman, Victoria et le vagabond.Oui, un vrai, un grand roman.Collaboratrice du Devoir VICTORIA ET LE VAGABOND Mélikah Abdelmoumen Marchand de feuilles Montréal, 2008,282 pages POLARS La nouvelle Europe portrait de société.Sombre même.Mais poignant, MICHEL BÊLAI R Comme toute?les capitales européennes, Edimbourg vit au rythme de la mondialisation avec ses mêmes omniprésentes fermetures d’usine, ses «rationalisations», ses petits criminels ordinaires is- Pas jojo sus des quartiers pauvres et même ses flux comme de réfugiés qui arrivent de partout, légalement ou non.Ici, plus ou moins entassés dans la même «cité» délabrée en attente d’un statut officiel, ou pire, parqués dans une ancienne prison où ils attendent d’être «rapatriés», ils • sont kurdes, asiatiques VTdl* ou africains.Et comme si leur vie n’était pas déjà difficile et leur survivance précaire, il se trouve bien sûr des salauds pour les exploiter encore davantage, comme l’inspecteur Rebus et sa collègue Siobhan le découvriront à petites doses à la suite d’un meurtre sanglant qui vient d’être commis là.• Mais il leur faudra du temps, béaucoup de patience aussi et de persévérance et de chance.Sans compter plusieurs autres crimes violents avant de pouvoir éliminer les fausses pistes et établir un lien entre une bizarre affaire de «faux squelettes» trouvés sous une dalle de béton, la disparition inexpliquée d’une adolescente et le milieu des escrocs et des truands professionnels sans scrupules.A travers tout cela, c’est la nouvelle Europe qui se profile, amorale à l’image du monde tout entier, prête à tout et à rien comme partout ailleurs.Brrrrrr.Pas jojo comme portrait de société.Sombre même.Mais poignant, vrai.Tout cela prenant forme autour de la ville d’Edimbourg, décrite partout comme un véritable personnage au même titre que Rebus et Siobhan, qui ont considérablement mûri depuis le temps qu’ils écument les bas-fonds de la capitale écossaise.Ici, au milieu de leurs collègues blasés ou carriéristes, relégués par manque de budget à des bouts de corridor depuis la fermeture du Commissariat principal, ils arriveront tous deux à dépasser le cynisme ambiant et à boucler cette triste et difficile affaire.Indiscutablement, voilà un des meilleurs Rankin que l’on puisse lire.Le Devoir FLESHMARKET CLOSE Ian Rankin Traduit de l’anglais (Écosse) par Daniel Lemoine Le Masque Paris, 2008,475 pages Nathalie ELLIOTT MON PREMIER DICTIONNAIRE FRANÇAIS ILLUSTRÉ 1200 pages-42,45$ ISBN 978-2-7601-5974-7 GUÉRIN, éditeur Itée 514-842-3481 caaeau méai pour les éièues En vente sans toutes les linrairies La tarification est indiquée sous réserve de modifications.« L’amour et l’art sont deux choses des plus estimables; sans elles, la vie ne serait pas très drôle> Alfred Laliberté Les Pensées et réflexions constituent un recueil de 1153 aphorismes, maximes ou considérations sur les grandes questions communes à tout homme qui s’interroge sur le sens de la vie, le mystère de la mort, le passage du temps ou encore la complexité des êtres humains.BEAUX LIVRES Les écrivains et l’argent LOUIS CORNELLIER En 2004, dans un volumineux essai intitulé Art, argent, arrangement (Editions David), le professeur de littérature Robert Yergeau analysait les rapports entretenus par une foule d’écrivains québécois avec le mécénat d’ÉtaL Il remet ça, cette saison, en publiant un luxueux Dictionnaire-album du mécénat d’Etat, qui «synthétise et prolonge» son précédent essai, tout en lui ajoutant des documents iconographiques.Yergeau s’intéresse au «jeu des acteurs dons le théâtre d’ombre du mécénat d’Etat bicéphale canado-québécois».Il se demande, par exemple, si les bourses et subventions accordées aux écrivains peuvent limiter la liberté créatrice.Il dévoile l’écart qui existe souvent, dans cet univers, «entre les attitudes publiques et les comportements privés de certains écrivains et intellectuels», fi souligne l’obscurité volontairement entretenue par le Conseil des arts du Canada (CAC) et le ministère des Affaires culturelles du Québec (MAC) quant à leur système d’attribution de bourses et montre que certains écrivains ajustent leur discours en fonction de l’organisme sollicité.Yergeau se penche, notamment, sur la posture paradoxale de certains écrivains soi-disant subversifs mais nourris aux mamelles de l’État «Le CAC, note-t- il, aurait déposé douze bourses dans la gibecière de Denis Vanier, tandis que le MAC l’en aurait gratifié de huit.Le poète de la marginalité la plus intransigeante a entretenu un commerce intense avec le mécénat d’Etat.» Au sujet de Nicole Brassard, l’essayiste dira qu’elle «symbolise la caricature exacerbée de l’aporétique couple de la subversion et de la subvention».Yergeau montre aussi que des revues militantes des années 1960, comme Parti pris et Liberté, se faisaient bien québécoises aux yeux du MAC et plutôt canadiennes-françaises aux yeux du CAC à l’heure de demander un appui financier.Que penser, de même, de l’attitude d’un Miron qui, en 1985, accepte le prix Molson (50 000 $), «créé en 1963 dans le but de renforcer l'identité culturelle canadienne dans une volonté manifeste de promouvoir l’unité nationale»?De l’attitude d’un VLB qui annonce, en 1971, refuser toute aide du CAC mais qui reçoit quelques bourses de cet organisme dans les années suivantes?Il faut bien manger pour pouvoir écrire, répondront les esprits généreux.Le Dictionnaire-album du mécénat d’Etat n’est pas un pamphlet et repose sur un très solide travail d’enquête.Son auteur ne dénonce pas le principe de l’aide étatique aux écrivains ni ceux qui en bénéficient.Il illustre simplement les paradoxes que ce mécénat susci- te dans un pays où il provient de deux têtes dont les objectifs se font concurrence.Il est impossible de ne pas noter, cependant, que la publication d’un ouvrage aussi décapant en format «beau livre» a quelque chose du pavé dans la mare.Collaborateur du Devoir DICTIONNAIRE-ALBUM DU MÉCÉNAT D’ÉTAT Robert Yergeau LeNordir Ottawa, 2008,208 pages ARCHAMBAULT SR Une compagnie de Québécor Media PALMARÈS LIVRES ROMAN UN MONDE SANS FIN Ken Follett (Robert Laffont) VOUS QUI CROYEZ ME POSSÉDER Denis Richard (Michel Lafon) MflJlMUMl 1,12*113 Stteg larsson (Actes Sud) ¦1 WARIWULF T.1 : LE PREMIER DES RÀjA Bryan Perro (Intouchables) LA TRAVERSÉE DE LA VUE Michel Tremblay (Leméac) LES F1UES TOMBÉES Micheline Lachance (Québec Amérique) TERREUR À TRACADtE Kathy Relchs (Robert Laffont) CONTES DE VILLAGE - COFFRET Fred Pellerln (Planète Rebelle) M U DDUâK CADEAU Jane Johnson (Libre Expression) GIN TONIC ET CONCOMBRE Rafaële Germain (Libre Expression) JEUNESSE LES CONTES DE 8EEDLE U BARDE J.K.Rowling (Gallimard-Jeunesse) FASCINATION Stephenle Meyer (Hachette Jeunesse) LE JOURNAL 0‘AURÉlff LAFIAMME T.S India Desjardins (Intouchables) ¦V VISIONS T.1 : NE MEURS PAS UBELLULE U Linda Joy Singleton (ADA) OUVRAGE GÉNÉRAL U GLORIEUSE msnmE DES CANAOeq P.Bruneau / L Normand (de l'Homme) I LEOMST.12 Mario Francis (Intouchables) HARRY POTTER ET LES RELIQUES DE.I J.K.Rowling (Gallimard-Jeunesse) UE DK0 DES FUIES ZOOB Collectif (Fleunis) Au matin Linda Amyot a l'oeil sismographe.Avec Au rrkitin, elle arrive à rendre compte avec beaucoup de finesse des infimes soubresauts qui précèdent les ruptures.Délicate el allusive, elle injecte dans son petit roman tout ce qu'il (aut de questions impossibles pour qu'il continue à nous hanter.» - Christian Desmeules, Le Devoir « Un petit moment rte bonheur ! Linda Amyot possède une écriture sensible èt lluide qui touche droit au cœur, - Marie-Josée Demers, MW3.5 LE CLUB DES DISEUSES.T.1 Doth Enderle (ADA) KMO, U DERNIER SHAMAN Use Bauchsr (Michel Qulntln) JE JOUE A TOC TOC TOC: ANIMAUX.Carole Tremblay (Imagine) LA FROUSSE AUTOUR DU MONDE Bruno Blanche! (La Presse) PARCE QITOH A TOUS DE U VtSTTE Ricardo Larrivée (La Pressa) IV L'ART DE LA MÉDITATION Matthieu Ricard (Nil) LES ILLUSTRES CANADKHS Collectif (H.B.Fenn) U GUIDE DU VIN 2009 Michel Phaneuf (de l'Homme) I!1 SIMPLE ET CHIC H L.-F.Marcotte (Flammarion Québec) LE GUIDE DE L’AUTO 2009 Denis Duquel / Gabriel Gélinas (Trécarré) BISTRO Jean-François Plante (De T Homme) PLEIN DE SANDWICHES D’ICI Fédération des producteurs.(de l’Homme) ANGLOPHONE TWILIGHT T.4: BREAKING DAWN Stephenle Meyer (Signet) THE TALES 0F BEEDLE THE BARD J.K.Rowling (Bloomsbury) WORLD WITHOUT EHO Ken Follett (Signet) VV HONOURED CANADIENS Andrew Podnleks (H.B.Fenn) THE APPEAL John Grisham (Dell) 1 PILLARS OF THE EARTH Ken Follett (Signet) THE PAGAN STONE : THE SKN OF.Nora Roberts (Jove) REMEMBER ME?Sophie Kinsella (Bantam Books) 1^ JUST AFTER SUNSET Stephen King (Scribner) BRISINGR INHERITANCE T.3 Christopher Paollnl (Knopt) carte-cadeau SEPTENT K ION.ql .< a Membre de l'Association nationale des éditeurs de livres “ o LU ?— t/> .OO cï UJ «J (514) 524-5550 lemogc^lemeac.con» Québec îî cï \ Du plaisir à la carti M« HAMBAUlXv» LE DEVOIR.LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 DÉCEMBRE 2008 F 4 LIVRES CADEAUX "" 1 ¦¦¦!¦ — | , | | , I—— SS LA PETITE CHRONIQUE Aragon sous influence Hommes Pendant que je parcourais la mer Arctique sur les traces écrites de John Muir, fondateur du Sierra Club, quelqu’un m’a présenté Tivi Etok au Salon du livre de Montréal.Débarqué de la baie d’Ungava pour faire la promotion de son bouquin, monsieur Etok, 79 ans, semblait beaucoup moins blasé que Réjean Tremblay, tandis qu’il souriait de toute sa face ronde et rose de lutin malicieux, assis derrière une pile de livres dans le stand de son éditeur et entouré de son petit clan.Les souvenirs consignés dans les ouvrages respectifs d’Etok et de Tremblay sont, je n’en doute pas, très différents.J’ai repensé à lui ce matin (à Tivi, pas à Réjean, dont la rubrique mondano-sportive a réinventé le journalisme de vestiaire aussi sûrement que Patrick Roy, l’art de garder les buts).J’ai repensé à Tivi quand je tirais et poussais sur mes bacs à ordures, le bleu et le noir, dans l’espoir de les décoller du banc de neige où ils étaient enlisés ce matin.Tout était blanc autour de moi, et doux et silencieux, tandis qu’une neige aussi légère que du pollen de pissenlit emplissait le ciel de laine grise dans sa descente étouffée.Et lorsque, oublieux un instant de la beauté, revenant aux affaires de la petite rie, j’ai laissé un juron s’échapper de l’enclos de mes dents, j’ai essayé, pour me reprendre, de m’imaginer en train de construire un igloo par moins 50 degrés Celsius avec pour seul outil un couteau et aucun Canadian Tire en vue dans un rayon de 5000 kilomètres.Rien d’autre que la toundra à perte de vue et la nuit polaire qui s’avance.Je me suis ressaisi et les bacs ont pris le bord du chemin.La vie et l’art d’un aîné inuit, tel est le s#us-titre que porte l’ouvrage de Tivi Etok.Un objet trilingue, qui donne préséance à I’inuktitut, puis au français devant l’anglais.Et doté d’une iconographie de toute beauté, mêlant les documents d’époque, les photos de paysages à couper le souffle et les reproductions d’œuvres signées de la main de ce même monsieur Etok, en qui le du Nord chasseur s’est un jour doublé d’un artiste (dessin et lithogravure).Un tel volume, c’est bien certain, ne déparerait le pied d’aucun sapin dé Noël, même si ce n’est pas là mon propos (parmi les histoires d’horreur de Noël, celle de ces petits rennes qui, emprisonnés au Centre Laval, ruminant sous les néons leur poignée de moulée, rêvent sans le savoir de la vallée de la Kuuruijuaq).Le récit de la rie de Tivi Etok, de son art et des légendes qui l’habitent, tel que recueilli par des tiers, forme la trame principale de ce livre dont le contenu, pour quiconque connaît le moindrement l’univers de ceux qu’on appelait autrefois «esquimaux», risque de s’avérer prévisible.Avec des titres de chapitre comme «Devenir chasseur», «Au bord de la famine», «Les ravages de l’alcool», on devine bien que les pages que nous allons lire ne vont pas forcer Lévy-Strauss hors de sa retraite demain matin.Pour ma part j’ai trouvé fort intéressant de recouper certaines des informations contenues dans cet ouvrage avec d’autres tirées du journal de navigation de John Muir dans l’Arctique.Pendant ses pérégrinations à travers le détroit de Behring et au-delà, Muir s’est intéressé, bien autant qu’aux plantes et aux formations glaciaires et géologiques, aux locaux dont les kayaks et les umiaks venaient sans cesse croiser la route du Corwin, quand ils ne prenaient pas d’assaut le pont du navire, de la manière la plus pacifique qui fiât pour commercer.J’aime cette position de lecteur qui me permet d’organiser, en croisant deux lectures, une autre Rencontre, au-dessus de toutes les rencontres passées.John Muir, décédé en 1914, et Tivi Etok, né en 1929.L’un dirige vers le Nord sauvage le regard personnel et plein de bienveillance d’une science qui repose essentiellement sur l’observation et n’a pas encore l’arrogance de se prendre pour un mode de pensée.L’autre est un homme qui, au seuil du troisième millénaire, reste profondément immergé dans le vieux monde des croyances, des rituels et du 4a i*ia A if^t frir'kfrr'V'j» LF MONOF OC/thR WCWl fl OF TIVI ETOK l>«n l AKTPi/NAINf iNUlT tw# t .rc ANp am o# an mon wjr» mythe.Et parlant de mythe, celui dit du «bon sauvage» fait peser une menace constante sur l’objectivité du Blanc qui discourt sur les autochtones.A son tour, l’aborigène qui prend la parole est parfois porté à exagérer les effets de style Eés à ce que le Chippewa Gerald Vizenor a appelé «le thème conventionnel de la victimisation tragique».Un des mythes courants à propos des Amérindiens et des indigènes en général est celui de l’autochtone «naturellement conserva-tionniste».Déplorant les ravages du fusil à répétition, Muir écrit «Ils se font une règle de tuer tout animal qui passe à leur portée, sans la moindre pensée pour la disette future [.].D’ailleurs, sont-ils sans doute animés par un plaisir instinctif de tuer dont leur existence dépend, et ces tueries en masse ne doivent-elles être considérées que comme l’excès d’une chose bonne.» Certains éléments du récit de Tivi Atok confirment l’existence de cette mentalité.Ainsi, quand il parle de la chasse aux phoques: «•[.] üy en avait tellement que nous n'avions pas assez de munitions pour tous les capturer.[.] De nombreuses carcasses avaient été abandonnées aux chiens sur la grève.» Autrement dit l’équilibre que des millénaires de précarité ont installé entre l’Inuit et son environnement n’était pas dû à une quelconque retenue d’ordre moral, ou à une science écologique infuse, mais bien à une simple question de possibilités techniques.En Alaska, les Américains durent prohiber la vente de carabines à répétition aux natifs pour protéger les grands troupeaux de caribous.Quant au virus du commerce, il semble avoir existé bien avant l’arrivée des Blancs.Observant l’intense activité commerciale qui, des comp- toirs russes aux villages tchouktches de Sibérie à ceux, inuits, de la mer Arctique et jusqu’aux autochtones de l’intérieur des terres aussi loin que l’embouchure du Mackenzie, forme un circuit de mille milles dont lUe de Diomède, au milieu du détroit de Behring, est le centre, Muir constate: «Les marchands de Diomède sont d'authentiques intermédiaires, et leur village, une maison de commerce à mi fem-UCMM Pww c** 505, lu* CW t If.nia 5*v*« -Çatheiifta Muéta# (QwMwci Mono va < Owov > WLÎC9 rttxiM t« Ta* {514| M?WS’ w_______SPÉCIMEN i Dollar* $ __ Hum dftpanwr 100,** doH*r% Chèque-cadeau 0000 Toute l'équipe du Parchemin vous souhaite un $ Le cadeau idéal.puisqu'il laisse le choix! 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La Tate Modem de Londres continue la présentation des œuvres tardives de Mark Rothko jusqu’à la fin de janvier.Au milieu des années 1960, ses toiles du genre Color Field se vendaient 10 000 $.Le 15 mai 2007, White Center trouvait preneur aux enchères pour 65 millions, le plus beau coup de marteau pour un tableau de l’après-guerre.Rothko a la cote, à tout point de vue.Ce beau livre reprend un riche catalogue publié à l’occasion de l’exposition Mark Rothko présentée à Rome au Palazzo delle esposizioni entre octobre 2007 et janvier 2008.La sélection déborde largement la colériques) et les réponses de ceux qui se font M ?# la vengeance du Amu» couvre la période 1%3-1964 qui est occultée dam le roman de Puzo comme dam les films de Coppola.\ siirNcr Nora Roberts est indiscutablement la plus ainuv des auteurs de littérature feminine aituek L K DEVOIR, LES SA M EDI 13 E T D I M AN CUE 14 I) E C E M B H E 2 0 0 8 V s LIVRES CADEAUX LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE LITTÉRATURE FRANCOPHONE Charles Gill, la voix d’un Québec occulté MICHEL LAPIERRE Voici le boulevard Saint-Laurent, à Montréal, en 1911.Charles Gill y observe une foule disparate, formée, selon lui, de gens «hostiles à notre étoile».Le Canada français est représenté là, précise-t-il, «surtout par ses prostituées de douze ans et ses jeunes ivrognes».La langue anglaise triomphe.«Ecrivains canayens», auteurs sans public, il ne vous restera, pensera-t-il, qu’à signer «un Requiem» et à connaître au bordel «l’extase du verrat»1.Dès 1969, dans la première édition des lettres du poète et peintre Charles Gill (1871-1918), fils d'un juge et petit-fils du sénateur Louis-Adélard Senécal, magnat du chemin de fer, l’érudit Réginald Hamel savait qu’il avait déniché des documents exceptionnels.Les textes tranchaient brutalement avec le ton compassé de ce que l’on appelait, avant la Révolution tranquille, la littérature canadienne-française.Malgré son patronyme britannique, Gill, natif de Sorel, se récla- mait, en employant l’expression de l’époque, de «notre race».Son ancêtre paternel, un protestant de la colonie anglaise du Massachusetts fait prisonnier, dès l’enfance, par les Abénaquis, à la fin du XVIP siècle, s’était assimilé à la société catholique de la Nouvelle-France.Gravement malade, Hamel, historien de la littérature né en 1931, a tenu à publier, avec l’aide de sa femme Herrette Méthé, une Nouvelle Correspondance de Gill.En réalité, il s’agit d’une édition, large ment augmentée d’inédits et de savants commentaires, de l’ouvrage qu’il avait fait il y a presque 40 ans.On ne peut douter de l’importance des lettres de Gill au poète Louis-Joseph Doucet qui, comme lui, a été membre de l’Ecole littéraire de Montréal.On y lit «Le destin nous a fait pousser comme un citron du nord dans un pays monstrueusement hostile aux arts et à la pensée.» Les considérations sur le sort d’une littérature de langue française dans un Québec rongé par l’anglais, «langue des vainqueurs», auraient quelque chose de banal si, à l’instar du jésuite Joseph-Papin Archambault, fondateur à Montréal en 1913 d’une ligue des droits du français, l’épistolier s’inspirait d’une religiosité catholique et nationale.À l’opposé, Gill manifeste un érotisme et un sans-gêne exacerbés.«Nous sommes une race foutue», écrit-il en 1914 à Doucet.Ce qui doit s’interpréter au vieux sens littéral.La race, c’est la femme que le poète possède sexuellement, maîtresse ou, le plus souvent, prostituée.«Elle bande à la moindre alerte, raconte-t-il, elle bande du bouton et de toute la vulve, et des seins qui frémissent alors et dont l’extrémité se contracte.» GUI a conçu le plan d’une épopée qui avait le Saint-Laurent pour cadre.Du vaste projet il ne subsistera que des vers comme ceux-ci: «Le Cap Eternité fait dire à l’Océan / Qu’un empire ef/ùcé de la mémoire humaine /A rendu sa grandeur éphémère au néant.» Ce passage un peu ampoulé, la correspondance du poète le rend bouleversant La gloire que Gill visait, en rêvant d’un immense poème qui chante, avoue-t-il à Doucet «ma patrie blessée à mort», ne se concrétise pas, car le projet échoue.Pour l’épistolier, il ne reste plus que «l’omnipotent cul».Cela lui permet d’écrire: «Homme perdu, j’ai recherché les filles perdues; désespéré, je me suis rapproché des désespérées.» Dans le Québec d’autrefois, qu’une tradition tenace tient pour étranger au plaisir charnel, Gill a résisté à l’étouffement politique et culturel par la débauche au cœur d’une ville où, à ses yeux, «la prostitution côtoie le crime et l’hôpital».Est-ce si fou de croire, comme le poète l’insinue, que l’on doit ainsi lutter contre l’aliénation collective parce qu’elle porte en secret le nom physique et terrible de castration?Collaborateur du Devoir NOUVELLE CORRESPONDANCE Charles Gill Guérin Montréal, 2008,444 pages LTITÉRATURE CANADIENNE Tecia Werbowski en rafales CHRISTIAN DESMEULES Ct est la découverte de l’œuvre de Nina Berberova, semble-t-il, qui aurait amené Tecia Werbowski à l’écriture.C’est donc dire que ses premiers livres, elle les doit doublement à Hubert Nyssen, véritable découvreur de l’écrivaine russe chez Actes Sud.C’est lui «qui a fait une écrivaine de moi», reconnaît cette auteure de romans sensibles et minia- CD CD ü Le miel d’Harar « On perçoit souvent l’islam comme une religion monolithique et pourtant, elle est loin de l’être.Sa diversité est attestée dans f.e mie/ d'Hamr, de Camilla Gibb, l’histoire exceptionnelle de Lilly, orpheline anglaise élevée au Maroc par un mystique soufi ” - Martine Desjardins, iaclualilé « Gibb donne une voix à Lilly, un personnage hors pair.L’étrangeté de cette voix et la nature insolite de ses aventures nous poussent à lire ce roman.1 - David Homel, La Presse x E (514) 524-5558 leineac@lemeac.com Québec S tures — parfaitement berbero-viens, pourrait-on dire.Les Allusifs reprennent ainsi coup sur coup les trois premiers romans de Tecia Werbowski parus chez Actes Sud entre 1995 et 1999: Le Mur entre turns, L’Oblomova et Hôtel Polski.Trois courts romans au doigté délicat de la romancière anglophone d’origine polonaise, qui partage depuis quelques années son temps entre Montréal et Prague.Dans Le Mur entre nous, une rescapée de l’Holocauste organise une patiente vengeance contre une femme qui a volé le manuscrit de sa mère morte au ghetto de Varsovie au cours de la Seconde Guerre mondiale.L’Oblomova, version féminine du héros d’un roman de Gont-charov qui est devenu, dans la culture populaire russe, l’archétype de l’homme paresseux et médiocre, est un bref éloge de la paresse et de l’élasticité du temps.Un peu plus sombre, Hôtel Polski revisite lui aussi la mémoire doulou- reuse de l’Europe.Eva Price, 46 ans, fille de Polonais née à Montréal, reçoit un jour une lettre d’Allemagne, adressée à sa mère morte depuis cinq ans.Elle découvre qu’un soldat allemand et sa mère auraient eu une liaison pendant l’année 1943 à l’hôtel Polski, à Varsovie, où les nazis attiraient les juifs fortunés.Au cours d’un bouleversant voyage de quelques jours à Varsovie, elle fera la rencontre du fils de l’homme qui aurait sauvé la vie de sa mère.Collaborateur du Devoir LE MUR ENTRE NOUS, L’OBLOMOVA et HÔTEL POLSKI Tecia Werbowski Traduits de l’anglais (Canada) par Martin Gipet, Elizabeth Van Wilder, Christine Le Bœuf Les Allusifs Montréal, 2008,64,56 et 80 pages Alire, Librairie indépendante agréée 450.679.8211 | Place Longueuil ¦£w -ic cessible à toi ¦ Et tant d’univers à découvrir! „ " *T^"i Sur les traces de Segalen GEORGES LEROUX Médecin de la marine française, Victor Segalen voyagea beaucoup.De la Polynésie, il rapporta les carnets de Paul Gauguin et un roman, Les Immémoriaux, publié en 1907, qui le consacra comme écrivain.Mais son œuvre demeure marquée par ses trois voyages en Chine.Parti soigner les malades de l’épidémie de peste en Mandchourie, il s’installa à Pékin en 1910, et c’est là qu’il put se consacrer aux livres qui le rendirent célèbre, surtout Stèles, un recueil de poèmes dont la première édition parut en 1912.Ces poèmes forment le cœur des quatre méditations que consacre à l’œuvre de Segalen l’écrivain français d’origine chinoise François Cheng.Méditations, et non études, car il s’agit d’une rencontre d’abord contemplative.Cette rencontre de deux écrivains peut se décrire comme l’accomplissement d’un cycle: Segalen aima la Chine comme aucun écrivain avant lui; il en apprit la langue, il en étudia l’art et l’architecture et il y découvrit les principes d’une esthétique qu’il jugeait indissociable tout autant qu’universelle.Pour la Chine, il avait tout quitté.La connaissance qu’il souhaitait était celle d’une altérité reconnue et respectée dans sa différence substantielle, et il proposa de nommer «exotes» ceux qui, pour accéder à la vérité de la différence, se montrent prêts à se défaire, fût-ce pour un temps limité, de leur identité.Cette esthétique suppose donc un décentrement: parti à la rencontre de la Chine ancienne, qu’il pouvait espérer retrouver préservée, il découvrit un au-delà de toute culture singulière.Pour François Cheng, qui accomplit à travers lui un pèlerinage à rebours vers les lieux de sa culture d’origine, cette découverte repose sur une hospitalité poétique: l’exote ne peut être qu’un hôte, qui a su reconnaître le fondement de l’hospitalité pour le poème, fl écrit donc en direction de Segalen, dans une pariaite réciprocité.Accéder au divers C’est ainsi que François Cheng invite son lecteur à refaire les voyages chinois de Segalen, en exploitant notamment son admirable correspondance, mais surtout en relisant Stèles.Organisés selon le découpage d’un espace mythique, ces poèmes rendent hommage à une culture de l’harmonie et du macrocosme.Avec Segalea Cheng refait l’ascension des monts sacrés, il s’abandonne à la turbulence des fleuves et il retrouve avec lui cette science des sites où la géographie symbolique des contrées vient nourrir la vision poétique d’un monde englobant Personne ne pouvait exprimer mieux que François Cheng la richesse du voyage de Segalen, personne ne pouvait en restituer avec autant de profondeur l’éthique particulière: devant ces sites, Segalen fut en effet beaucoup plus qu’un contemplatif à la recherche des mystères de l’exotisme, il fut au contraire le poète de ce qui attend le visiteur sur tous les sites où le réel menace de faire illusion: l’appel de l’ailleurs, le vide, l’inaccessible qui fait désirer un inconnu plus réel que tout ce qui semble disponible.Cette épreuve du manque, qui fait de tout vrai voyage une expérience spirituelle, a conduit Segalen à évoquer un Dehors et un Multiple absolument hors d’accès.Dans sa lecture, François Cheng, prenant appui sur son propre «exotisme» de Chinois expatrié en Europe, suggère que dès sa jeunesse Segalen avait renoncé à toute identité: en lui, El pouvait reconnaître, dans son désir de voyage, non seulement un «autre homme», mais un autre passé, une autre «antiquité», c’estèdire une autre origine.Très tôt dans ce livre, nous sommes donc mis en présence d’une sorte de réverbération: parlant de Segalen, Cheng ne peut éviter de dire ce qui kit et demeure son propre voyage.Qui, par ailleurs, mieux qu’un poète peut pénétrer dans la langue de Segalen, pour en exposer le souffle et le rythme si particuliers?Dans sa syntaxe active, pleine d’interpellations emphatiques, cette écriture ne s’entend que si on accepte d’y reconnaître le style même des poètes chinois.Cheng parie d’un livrèespace et rappelle que Stèles fut même publié selon les règles de la reliure pliée et avec la calligraphie des idéogrammes relatifs à chaque ensemble.Segalen n’a donc pas, comme on le lui reproche parfois, inventé une Chine mythique pour accommoder sa poétique, il l’a au contraire absorbée jusque dans le souffle même de son écriture.Cela, Cheng le montre dans le détail.«Lorsqu’il est arrivé en Chine, écrit-il, il s’est reconnu.» C’est cette reconnaissance que peut mesurer dans sa lecture un poète chinois, capable d’identifier autant les formes que les thèmes.Ainsi donc, parti sur les traces de œ poète, voyageur initiatique, Cheng retrouve ce qui le constitue et en arrive à ce point où la philosophie taoïste du voyage devient leur commune éthique: dans un texte intitulé Homo viator, il suggère que tout voyage authentique est «la transmutation d’un voyage qu’on a déjà fait en soi, un soi qui cherche à se transcender en vue d’un dépassement, d’une réconciliation».C’est cette conviction qui inspire le poème Ultime voyage, que Cheng place comme une stèle sur l’œuvre de Segalen et qui clôt ce très beau livre.L’UN VERS L’AUTRE En voyage avec Segalen François Cheng Albin Michel Paris, 2008,181 pages HihwSfm Roland G0DIN DICTIONNAIRE ENCYCLOPÉDIQUE DES mors CROISÉS COFFRET DE 8 TOMES 'Coffret 90 $ ISBN 978-2-7601-6934-0 * Vfente ferme, aucun droit de retour Jusqu'à épuisement des stocks cadeau idéal pour les cruciverbistes guérin, éditeur itée En uente nans toutes les HDralries 514-842-3481 La tarification est indiquée sous réserve de modifications.JULES Kumuid us tn'llt,.L LIVRES NEUFS À VENDRE F leseditionsdelabagnole.com (Oy\ encourue le covolKtra^e.) KLAXON Daniel Laverdure Les défis de Jules Illustrations de Guillaume Maccabée Mireille Messier Une Charlotte au chocolat lllustralionsde Benoit Laverdière Jennifer Tremblay Sacha et son Sushi Illustrations de Fabrice Boulanger U lifférctL Mre a 'io cari GAZOLINE S Sonia Marmen Guillaume Renaud Il faut sauver Giffard! (tome 2) toman historique ¦J Marc Auger |F L’écuyer deValbrume «*! La nuit des Ogres ‘ Itomet) 1 ^ roman hnlnsy Sylvain Hotte Le chagrin des étoiles mman f.wtnsy PARKING Benoit Bnuthillette La Mue du serpent de terre nnvolln pnliciôlu lenniler Tremblay La liste Pierre Labrie i.u niuti du Le vent tout orjxnit l«-rfrr.nl«pir I » « riMrww* *.LA BATAILLE DE L'IMPRIMÉ à l'ère du papier électronique Sous la direction d'Eric Le Ray et Jean-Paul Lafrance Les Presses de l'Université de Montréal www.pum.umontreal.ca Université de Montréal Géographie variable AMÉLIE GAUDREAU Les atlas sont une espèce en voie de disparition depuis qu’internet, et tout particulièrement le monstre tentaculaire Google, offre aux géographes amateurs toutes sortes d’outils afin d’observer notre planète.On peut maintenant situer sa maison sur une mappemonde en trois dimensions ou encore calculer la distance entre nos deux centres commerciaux favoris.Malheureusement, ces outils servent rarement à élargir notre vision du monde et à mieux connaître les changements dans la carte politique de notre planète.Quant aux classiques mappemondes qu’on nous fait découvrir à l’école, elles placent bien souvent le monde occidental au centre et figent ainsi la conception que l’on se fait de la Terre, de ses continents et de ses mers, ainsi que des quelque 200 pays qu’elle compte aujourd’hui.Ce bel Atlas des atlas, produit par l’équipe du journal des journaux, le Courrier international, est un bien beau cadeau à s’offrir ou à donner à un amateur de géographie qui vous est cher.Ce magnifique ouvrage à la couverture très sobre nous permet de découvrir des régions «sensibles» du globe du point de vue de ceux qui les dirigent ou qui ont une certaine influence sur ce qui s’y déroule.Ainsi, on peut voir sur une même page comment la Chine, l’Inde et les indépendantistes tibétains dessinent les frontières du Tibet; sur une autre, comment l’Arabie Saoudite et la Russie conçoivent le conflit en Tchétchénie; et un peu plus loin, l’absence de Guantanamo Bay sur les cartes cubaines.Toutes ces cartes sont classées par continents et par régions, surtout des coins du monde marqués par des conflits plus ou moins mé- COÛrper 7 , 'A y ÿe.S ATLAS A** '¦ty- Lf MONDE «V* ¦’'* A- VU DAHLEUaS - ar : .J r- à* WIWUW» J ftp*/* diatisés et dont les frontières sont contestées.Elles sont toutes accompagnées de textes d’explication et bien souvent d’une traduction, puisque plusieurs textes sont écrits dans des langues «exotiques», telles l’arabe, le japonais, le russe, l’hébreu et le mandarin.La dernière partie de l’ouvrage est consacrée à des cartes d’autres époques et d’autres dimensions.On a ainsi droit à des mappemondes dressées par les Arabes et les Chinois au Moyen Âge, mais aussi à une carte du pays du magicien d’Oz, sans oublier celles qui illustrent de populaires jeux vidéo, comme Worid.of Warcraft.Dans un rayon plus sérieux (et démoralisant), on nous offre des cartes illustrant les prédictions de ce que sera la population mondiale, l’urbanisation, le climat et l’état de l’eau en 2050.En somme, voilà 200 cartes pour voir le monde différemment Le Devoir L’ATLAS DES ATLAS Le monde vt d’ailleurs EN 200 CARTES Courrier international et Éditions Arthaud Paris, 2008,192 pages STÉPHANE JEAN Géométrie des cataclysmes La violence recrute nos rêves.OtOMPTW DES CATACLYSMES Lto HfcftBjCs nouùj c : ueure’ ¦¦ LES HERBES ROUGES / POÉSIE 4 LEI) E VOIR, LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 DÉCEMBRE 2 0 0 8 F 1 I LIVRES CADEAUX BÉDÉ Des beautés au SYLVAIN CORMIER Ah! Ces dos toilés rouges! La texture! La couleur! Comment exprimer ça simplement?C’est beau, quoi.Vrai comme je vous le dis, ils sont fichtrement chic, ces «millésimés» de la collection du Lombard.Plus qu’avan-tageusement comparables aux rarissimes éditions originales que Rayrqond Leblanc, alors patron des Editions du Lombard et du Journal Tintin, avait eu la folie de sortir dans les années 50, alors que les concurrents du petit monde de la bande dessinée donnaient dans la couverture souple et les pages prématurément jaunies et fatalement volantes.Oui, c’était une folie, ces dos toilés, ces couvertures rigides plus épaisses que celles des Tintin de chez Casterman, et cette mise en couleurs grand luxe.Mais quelle admirable folie! Et quelle bonne idée de remettre ça! On les voudrait toutes ainsi, les rééditions, et pas seulement quand la boîte fête ses 50 ans.Et le fait est que la fête des 50 ans, c’était en 2006 et que, la passion des fadas de mon espèce pour les dos toilés rouges assurant un certain rendement, nous voilà fin 2008 et ça se poursuit de plus belle au comptoir des bédés immortelles.Aux Blake et Mortimer, Coren-tin, Pom & Teddy et autres Chick Bill de la cuvée anniversaire se sont donc ajoutés des héros de la deuxième époque bénie du Journal Tintin, cette fin des années 50 où, le nombre de pages augmentant, il avait fallu nourrir l’hedbo de nouvelles séries.Ainsi avait-on recruté de jeunes auteurs de talent, un Michel Greg créant Rock Derby, un Jean Graton vrombissant les premières Vaillante conduites par Michel Vaillant, et un certain.René Goscinny.Déjà scénariste de Lucky Luke, le futur papa d’Astérix afiait mener de front trois séries majeures: Oum-pah-Pah avec Uderzo (préfigurant la formule d’humour décalé qui ferait leur fortune), Strapontin avec Berck et Spaghetti avec Dino Attanasio.Moins connues, les aventures de Strapontin, le chauffeur de taxi parisien constamment lancé dos toilé rouge en course à l’autre bout du monde avec son vieux tacot, et les mésaventoures tout aussi désopilantes dou signor Spaghetti et de son cousin Prosciutto, qui n’en finit pious de loui causer les pires ennuis, méritent amplement la redécouverte, ce que permettent élégamment ces «millésimés», certes pas donnés mais de belle consistance: le Strapontin contient trois épisodes, le Spaghetti, quatre, et chaque volume est assorti d’un dossier de cinq pages illustré de couvertures Au Journal Tintin.Ma qué, chaque voloume est oune vrai bizou! A dos toilé! Rouze! On aurait tort de penser que Goscinny faisait là ses gammes: l'homme était déjà virtuose, roi du gag récurrent, du calembour atroce et de l’histoire parfaitement ficelée.Pourtant lue mille fois dans les pages de mes vieux numéros du Tintin belge, je goûte encore les épices de ce Spaghetti à Paris où, dans un car de touristes détourné par des gangsters, le guide touristique Prosciutto s’adresse aux passagers anglais dans un charabia incom- préhensible.Prosciutto: «WA-SHABASHA WAHSHABASHA BASH!,.» Spaghetti: «C'est de l’anglais, ça?.» Prosciutto: «No, ma il n’y a que les touristes et moi qui le savons.Moi, ze vais pas le dire à personne, et eux, personne ne les comprend!.» Dans ce volume de facture et de contenu pareillement exceptionnels, il n’y a pas que le dos toilé qui est rouge.Il y a à toutes les trois planches la tête de Spaghetti, que la stupidité de son frère de pizza rend fou furieux: «Ma ze vais le touer!» Il y a de quoi.C’est mourant.Le Devoir SPAGHETTI À PARIS René Goscinny et Dino Attanasio Collection du Lombard Bruxelles, 2008,136 pages STRAPONTIN ET LE TIGRE VERT René Goscinny et Berck Collection du Lombard Bruxelles, 2008,104 pages GOSCINNY - ATTANASIO Aâ PARIS ïüàm.ïŒOi COLlfC'flON DU LOMBARD LITTÉRATURE JEUNESSE Déplie-moi un livre Coucou bébé ! ANNE MICHAUD CAROLE TREMBLAY Lire un livre, c’est bien joli, mais pourquoi s’en contenter quand on peut aussi le tâter, le tirer, le déplier, l’ouvrir et soulever des bouts pour en découvrir les suppléments secrets.Ça tombe bien, ce ne sont pas les livres à manipuler qui manquent dans les librairies.Milan jeunesse a même toute une collection d'ouvrages animés qui s’enrichit d’année en année de nouveaux titres toujours aussi spectaculaires.Dans la récolte de cet automne, on trouve Le Parfait Manuel de l'explorateur, un guide illustré, sous le mode maintenant devenu un classique du genre, du fac-similé.Le pseudo-auteur, le très britannique sir Henry Hardcast-le, aurait terminé la rédaction de cet ouvrage destiné aux jeunes du début du XX' siècle à son camp de base en Himalaya alors qu’il chassait le yéti.Fort de ses expériences, il nous offre de sages conseils pour organiser des expéditions, que ce soit sur les mers, sous les mers, dans la jungle ou dans le désert, des trucs de survie au cas où les choses tournent mal, le portrait d’aventuriers célèbres et une lettre de recommandation à ses collègues pour le futur membre de la société des explorateurs intrépides que sera le lecteur quand il aura terminé la lecture de son manuel.Les nombreux dinosaurophiles seront servis à Noël.Ils ont le choix entre deux ouvrages sur les bestioles de leurs rêves.Dinosaures, chez Albin Michel, et Terribles dinosaures, chez Milan jeunesse.Dans l’un comme dans l’autre, on trouve des informations détaillées sur tous les modèles disponibles, du jurassique au crétacé.Dans les deux cas, on déplie, on soulève et on fait wa! quand les mâchoires des monstres se déplient en trois dimensions.L'effet est particulièrement réussi dans l’ouvrage publié chez Albin Michel, mais la mise en page et les textes me paraissent mieux adaptés à de jeunes lecteurs chez Milan jeunesse.Enfin, mon préféré, Comment devenir un vrai fantôme en 4 leçons.Il faut dire que je suis une fan de Jacques Duquennoy.Cet auteur-illustrateur a le chic pour s’adresser aux tout-petits avec un humour et une économie de mots remarquables, sans ennuyer les parents.Dans ce petit cours de fantômologie, il arrive à intégrer habilement les petits gadgets à son propos.Un fantôme découpé s’insère dans une fente pour illustrer comment on traverse les murs, des petits «magnets» de fantômes montrent comment faire de la lévitation et la finale, où le maître et son disciple se retrouvent sur une corde à linge après une chute accidentelle dans la cave inondée du château, est tout à fait irrésistible.Collaboratrice du Devoir Les livres qui ne ^ circulent pas devï'tn meurent iTounm 707 ET 713 MONï-ROm ESI ©MONÎ-ROm, 514-523.6389 STÉPHANE D’AMOUR La peinture Une centaine de tableaux de maîtres d’hier et d’aujourd’hui.LA PeiNTUfifc- .LES HERBES ROUGES / POÉSIE LE PARFAIT MANUEL DE L’EXPLORATEUR Textes de Dugald Steer, collectif d’illustrateurs Müan jeunesse, 28 pages (A partir de 8 ans) DINOSAURES Textes de Dylan M.Nash Illustrations de Bryn Barnard AJbin Michel, 24 pages (A partir de 10 ans) TERRIBLES DINOSAURES Textes de Robert Mash Illustrations de Stuart Martin Milan jeunesse, 28 pages (A partir de 8 ans) COMMENT DEVENIR UN VRAI PARFAIT FANTÔME Texte et illustrations de Jacques Duquennoy AJbin Michel, 25 pages (A partir de 3 ans) Vous avez des copains qui attendent un enfant?Offrez-leur La Bête, un album de souvenirs de bébés pas comme les autres.Oubliez les bébés joufflus, le rose nanane, le bleu ciel et les petits anges.Les illustrations de François Léveillé, dessinées au crayon, sont postmodemes et néanmoins très rigolotes.Quant aux textes d’Eve Dumas, ils sont teintés d’humour et d’une pointe de cynisme qui fera rire aux éclats les futurs parents et leur rejeton, lorsque celuki sera en âge de lire son album.Par exemple, à la page «Dans le monde», papa et maman écriront ce qui se passait dans le monde le jour de la naissance de bébé: qui gouvernait le pays; qui lisait le bulletin de nou-veUes de RadioCanada; contre quelle équipe le Canadien avait perdu; sur qui les journaux à potins s’acharnaient; quels navets étaient projetés dans les cinémas.À la page «Ton premier», ils noteront quand ont eu lieu le premier rot, le premier sourire édenté, le premier bye-bye, le premier mamama et le premier caca Jacques beauchesne des COOCCURRENCES 416 pages-44,90$ ISBN 978-2-7601-5841-2 GUÉniN, .lloo 514-R42-3481 Cadeau idéal pour les secrétaires En uanln Hans loulus las linralrms I il liiiihoithoiHJsl iiiilii|u6o îioiis (OiiOi vu lin liiiiililii .ilinii:.LU CO Mtfw Aloe ferox -• Ah lil d'une prose mystérieuse et gracieuse.Haasse investit la mémoire et la psychologie dans leurs rnanilestations les plus subtiles et les plus bizarre.{.] D on la force de cette imagination débordante, retenue en laisse par la seule maîtrise de la forme, une forme Ion-jours vivante et inventive, jamais prévisible.>* • Christophe Bernard.Ici (ô 141 lemoacAHemeac com Québec *î« dans le bain! Et que dire de la page intitulée «Ton p’tit nom», où les fiers parents dévoileront s’ils ont trouvé le nom de bébé dans une chanson country, dans un roman Harlequin, au générique d’un film torride, dans L’Auberge du Chien noir ou sur un panneau d’autoroute entre Québec et Chicoutimi! Pour les futurs pa- rents branchés qui aiment rigoler! Collaboratrice du Devoir LA BÊTE Texte d’Eve Dumas Illustrations de François Léveillée Les Editions de la Pastèque Montréal, 2008 Yasmina Khadra Ce que le jour doit à la nuit Khadra Ce que K jour doit à la uuil Élu meilleur livre de l’année par Lire Le titre-magnifique-est à l'image de ce superbe roman.Clin d'œil L'auteur des Hirondelles de Kaboul et de L’attentat s’est surpassé.Quel souffle! Elle Québec Dès les premières pages, on le sent.C'est un grand roman.Danielle Laurin, Le Devoir Yasmina Khadra nous donne encore une fois rendez-vous avec son écriture majestueuse.Manon Guilbert, Journal de Montréal Le nom de Camus n'est pas cité en épigraphe par hasard.Le Nouvel Observateur Julliard www.julliard.fr 605 F 12 LE DEVOIR, LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 DÉCEMBRE 2008 LIVRES CADEAUX musique Des guitares et des hommes HALFIN-IDOLS / DALLE • I ! I ' SYLVAIN CORMIER En juin, on m’a fait l’insigne honneur de m’inviter à quelques sessions d’enregistrement du nouvel album de Catherine Durand, le fort beau Cœurs ;g|| SOURCE FETJAINE / LA MARTINIÈRE La Gibson Les Paul Standard de Jimmy Page migratoires.J’y ai fraternisé avec Jocelyn Tellier, réalisateur de l’album, guitariste émérite et grand trippeux de guitares devant l’Eternel (ou devant la vitrine de chez Steve’s, c’est pareil).J’ai même gratté brièvement son Epiphone Casino, pareille à celle de John Lennon au temps de Get Back.Sacrée sensation.Ce n’est pas sa seule guitare d’époque.C’est un fortiche, Tellier, pour ce qui est de se procurer des guitares de l’âge d’or des guitares (les années 50 et 60 pour les électriques, avant pour les acoustiques).Il déniche des manches, des clés, reconstitue lui-même l’engin.Heureusement, parce que ce n’est pas donné, une guitare «vintage», comme disent les Français.Ça va chercher dans les beaucoup d’euros, comme disent encore les Français.Pas besoin de faire la conversion pour apprécier ce livre français de France qui nous présente les guitares légendaires de l’histoire du rock, ainsi que le guitariste légendaire associé le plus légen-dairement à chacune.Exemple: si je vous dis Fender Telecaster Esquire?Non, ce n’est pas le «trusty old axe» de Keith Richards.Lui, c’est la Tele-caster Custom.Nuance.L’Esqui-re revient de droit divin à Jeff Beck, décrète-t-on ici.Et la Fender Mustang?C’est feu Kurt Cobain qui s’échinait dessus.Et si je vous dis Hôfner?Bravo tout le monde, c’est en effet la marque de la basse violon de Paul McCartney.Il l’avait sur les Plaines.Paul McCartney et sa Hôfner Et la grosse Gibson J-200?C’est la belle acoustique de la belle Emmylou Harris.L’une des deux grandes filles parmi tous ces grands gamins.L’autre?k.d.lang et sa Taylor 814-CE.Ce n’est pas le premier bouquin du genre: celui-là se distingue par sa mise en page, très Webpage dans le genre, guitare sur la page de gauche, guitariste sur la page de droite, secrets de fabrication ici, titres à écouter là, reproduction de pochettes pertinentes en bas de page, gros plan du logo, détail du manche, etc.C’est très compartimenté, ça se lit par petits morceaux, au choix.Et ça se regardé, surtout On gratte avec les yeux, et on a de la musique plein la tête.Histoires de trouvailles En prime, l’ex-Téléphone Louis Bertignac et le bluesman Paul Personne racontent en préface leurs quêtes du Graal, pour le premier une Gibson SG rouge achetée au New Jersey pour 40 $ (moins de 30 euros!), pour le second une SG Junior blanche «avec un gros manche, équipée d’un tirant de cordes énorme».On en aurait pris plus, de ces histoires de trouvailles qui ressemblent à des histoires d’amour.Mais bon, c’est un livre de Français, et en bons Français, on ne jure que par les guitaristes anglais et américains.N’y cherchez pas les glorieuses Ohio des Chats sauvages, ou la Norman de Serge Fiori, fût-elle légendaire chez nous.Il y a la Selmer-Mac-caferri de Django, c’est déjà ça.Et l’Epiphone de Jocelyn Tellier.Le Devoir GUITARES ET GUITARISTES DE LÉGENDE Gilles Verlant PRÉSENTE DOM KlRIS Fetjaine / La Martinière Paris, 2008,128 pages BEAUX LIVRES Verte est ma maison La maison écologique à l’honneur ISABELLE PARÉ Construire mieux, bâtir vert, minimiser l’empreinte écologique de son habitat.Championne énergivore, la maison engloutit la plus grande part de l’énergie consommée par les individus.En France, l’habitation compte pour plus de 40 % de l’énergie globale consommée.Dans les prochaines années, il faudra donc repenser la façon de construire les maisons et d’y vivre.Heureusement, quelques précurseurs se sont déjà penchés sur la question et prouvent hors de tout doute qu’esthétisme et confort peuvent rimer avec construction écologique.Dans La Maison écologique, un choix d’avenir, Elizabeth Wilde brosse un portrait très complet, quoique très européen, des techniques de construction diverses offrant la plus faible empreinte écologique.Bois, pierre, paille, terre crue: les matériaux et techniques traditionnels reviennent en force pour permettre la création d’habitations saines et durables.Au-delà des nouvelles technologies permettant de viser l’autonomie énergétique, ce livre s’étend largement sur tous les aspects de la construction bioclimatique, destinée à minimiser les pertes énergétiques, notamment en exploitant l’énergie passive du soleil, l’exposition aux vents et les écrans naturels.Toits verts, murs végétaux, isolants naturels, énergies solaires et éoliennes, sys- belles maisons écologiques déploie un échantillon impressionnant de maisons intelligentes et vertes dont l’esthétisme n’a De la Finlande à l’Australie, la vague verte déferle sur le milieu de l’architecture tèmes de récupération et de traitement des eaux, La Maison écologique passe en revue tous les moyens qui s’offrent aujourd’hui pour rendre la maison moins énergivore.Preuve que la construction écologique peut aussi être source d’esthétisme et de créativité, Éco, les plus rien a envier aux constructions plus énergivores.De la Finlande à l’Australie, la vague verte déferle sur le milieu de l’architecture, et les prototypes d’habitation écologiques, parfaitement intégrés à leur environnement, se déclinent ici dans tous les styles, du plus futuriste, presque enfoui sous terre, au modernisme plus classique.Matériaux bruts, murs solaires, aération, exploitation de la lumière « Ouvrez ce livre, prenez le temps de le voyager.Ceci n’est pas un jeu ni un dépliant publicitaire.Ceci est un long poème, des images et des images, à propos du respect de la terre.» Serge Bouchard, préfacier Le pays dans le pn iriptyque.com TA: (514) 597-1666 Johanne Alice Côté.MÉGOT MÉGOT PETITE MITAINE nouvelles, 131 {>•.18 S « Chaque nouvelle de ce recueil m’a plongée dans un monde parfois glauque, parfois poétique, souvent hyperréaiiste et tourmenté, toujours brillamment décrit.L’eerirure de Johanne Alice Côté est précise, travaillée, die coule et m’enchante.Dix nouvelles, tiix univers, dix bonheurs de lecture.» Françoise Careil, /,e libraire „ ( Aletie Bok) ,tvci ia tic Mtreülo Ikrfiere Colette Boky Le chant d’une femme inné megot UOUV( À dualiste Prix littéraire des collégiens 17 70 /k ' fi X y Cou T n Bokv et Mirfilo BarhiLrf COLETTE BOKY Le chant d’une femme biographie, 344 p., 28 $ Une cantatrice exceptionnelle.«Une extraordinaire carrière» George Nicholson Un ouvrage remarquable enrichi de 60 photos.naturelle: la maison écologique se distingue par sa facture aérienne, lumineuse.De quoi inspirer les esthètes les plus rétifs.Un guide complet Enfin, Home Écolo Chic, en dépit de son titre qui ne veut pas dire grand-chose, se veut plutôt un guide complet des gestes à poser pour rendre l’intérieur de la maison plus sain et moins énergivore.Pièce par pièce, l’ouvrage recense les matériaux verts à préconiser et indique la façon de disposer et de choisir tapis, meubles, isolants, produits de nettoyage, peintures, pour éviter les émanations toxiques dans la maison et préconiser des matériaux durables.Des suggestions qui ont de quoi faire taire tous ceux qui jugent que l’habitation verte est synonyme de compromis sur le confort et la beauté.Le Devoir ÉCO, LES PLUS BELLES MAISONS ÉCOLOGIQUES; Elizabeth Wilhide Artémis éditions, 179 pages LA MAISON ÉCOLOGIQUE, UN CHOIX D’AVENIR Kristell Menez Édifions Rustica/FLER Paris, 2008,222 pages HOME ECOLO CHIC Oliver Heath Groupe Fleurus 2008,175 pages Jacques LAMARCHE MAURICE RICHARD Album souuenir 144 pages - 30,85 $ ISBN 978-2-7601-5756-9 GUERIN, éditeur liée 514-842-3481 caoedu idéal pour les amateurs En uenie dans toutes les lldraines La tanlication est indiquée sous réserve de modifications.-rr-^r7?T—FF-y • NOËL REVENEZ A L’ESSENTIEL FEREZ UN LIVRE! 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s’agit, explique-t-il, d’un essai politique sur le rôle d’un homme, de sa famille et de son entreprise durant près d’un demi-siècle.» On ne parle donc ni d’une biographie ni d’un pamphlet mais d’un solide portrait politique, réalisé à la varlope.Selon Philpot l’image «du minoritaire qui réussit à percer au sein d’un establishment anglais fermé» convient assez bien au Franco-Ontarien d’origine qu’est Desmarais, mais elle ne dirait pas tout Elle ne dirait pas, par exemple, que cette réussite a été à la fois encouragée et combattue par l’establishment canadien.Comme l’écrit Peter C.Newman, cité par Philpot, «pour les Canadiens français qui croient à la fois au fédéralisme et au capitalisme, Desmarais a valeur de symbole, car il prouve que l’on peut réussir à l’intérieur du système».Les bonzes du fédéralisme canadien feraient donc «jouer à Paul Desmarais le traditionnel rôle d’homme de paille», mais à deux conditions: qu’il fasse une profession de foi fédéraliste renouvelée et qu’il accepte son statut de «minoritaire prospère».Ainsi, quand Desmarais a voulu prendre le contrôle de la société de gestion torontoise Argus, en 1975, ou du Canadien Pacifique, en 1983, on lui aurait fait comprendre que ces gros morceaux n’étaient pas pour un Canadien français.«Il avait [alors] deux possibilités, écrit Philpot: abandonner ce credo politique et embrasser le credo collectif québécois incarné par le mouvement souverainiste, ou se résigner à accepter le Canada tel qu’il est et le Québec tel que le Canada veut qu’il soit [.].» Il a, comme on le sait, choisi la seconde option.La politique Philpot, qui dit avoir en main la version originale de l’entrevue accordée par Desmarais à l’hebdomadaire français Le Point en juin 2006 et qui aurait été, selon lui, caviardée par Power Corporation avant publication, s’en sert pour illustrer l’idéologie défendue par l’homme d’affaires.Il parle d'un ultralibéralisme «motivé par une rancœur contre la fiscalité canadienne et québécoise» et d’une hargne antisouverainiste et antisyndicaliste.Reagan serait son héros.Et, contrairement à d’autres hommes d’affaires plus prudents à cet égard, Desmarais ferait directement de la politique.Pour illustrer cela, Philpot évoque ses liens, amicaux ou professionnels, avec Daniel Johnson père et fils, Robert Bourassa, Jean Charest, Brian Mulroney, Jean Chrétien, Paul Martin et Nicolas Sarkozy.«Ayant un sens de la durée, explique le journaliste, il approche les gens quand ceux-ci traversent un creux dans leur carrière, sachant que tôt ou tard ils pourraient revenir en politique et lui être utiles.» Ce fut le cas, par exemple, avec Sarkozy, qui le lui rend bien au- La fortune de Paul Desmarais, président de Power Corporation, lui a permis de faire construire dans Charlevoix un important domaine qui compte plusieurs bâtiments gigantesques qui imitent le style architectural des grands domaines royaux français d’avant la révolution de 1789.jourd’hui en lui décernant la grand-croix de la Légion d’honneur et en appuyant le fédéralisme canadien.Les bonnes relations entre Jean Charest et le président de la France pourraient aussi s’expliquer, selon Philpot, par l’influence de Desmarais, qui souhaite ainsi «canadianiser» la relation France-Québec.Même René Lévesque aurait reçu une offre d’emploi de Power Corporation en 1973.«Heu- WT ’¦ ftiin h 11 »¦»— SHAUN BEST REUTERS Paul Desmarais, président du conseil du comité exécutif de Power Corporation, quelques minutes avant l’assemblée annuelle de la multinationale, en mai dernier.reusement, René Lévesque a refusé», rappelle Philpot Un «prédateur» Le journaliste tente aussi de démontrer que Paul Desmarais n’a jamais été un véritable entrepreneur.«Il a consacré sa vie, ex-plique-t-il, à la recherche de liquidités qui lui permettraient d’étendre son empire et de faire croître sa fortune en mettant la main sur des entreprises prospères ou celles qui pouvaient le devenir.» H se serait donc comporté en «prédateur» plutôt qu’en bâtisseur.Philpot résume le parcours financier de l’homme pour illustrer ce volet de son enquête.La démonstration est trop détaillée pour qu’on la rapporte ici, mais on en retient, entre autres, que, s’il s’est beaucoup enrichi en faisant des affaires au Québec, Desmarais, depuis vingt ans, nInvestit plus id, prétextant l’incertitude politique.Il n’aurait pas pour autant délaissé son activité idéologique, qui s’exprimerait dans la presse écrite québécoise, grandement concentrée entre ses mains.Philpot ajoute qu’il n’est pas surprenant que les pages éditoriales des quotidiens du groupe Gesca se montrent ouvertes à une plus grande place du secteur privé en santé puisque Power Corporation, par certaines de ses filiales, tait fortune en vendant des assurances dans ce domaine.En toute honnêteté, toutefois, l’essayiste aurait dû souligner que les pages d’information de ces journaux restent capables d’objectivité.Le 20 octobre dernier, par exemple, on pouvait lire dans La Presse, sous la plume d’André Noël, le solide compte rendu d’une étude qui dénonçait la (promotion de la privatisation des soins de santé par des groupes d’intérêts» par l’entremise de «sondages utilisés à des fins politiques».Souligner cela, toutefois, ne signifie pas accepter la troublante concentration de la presse qui règne au Québec et dans laquelle le groupe Gesca joue un rôle de premier plan.Il est difficile d’évaluer avec précision dans quelle mesure le pouvoir d’influence de la famille Desmarais et de l’empire Power Corporation «explique l’impasse politique dans laquelle se trouve le mouvement souverainiste québécois».Retenons cela comme une hypothèse à considérer.Retenons aussi que Robin Philpot, en ne craignant pas de tenter de percer «le secret cultivé par Paul Desmarais et ses fils», offre une courageuse contribution au débat public.lo u isco@sym patico.ca DERRIERE L’ETAT DESMARAIS : POWER Robin Philpot Les Intouchables Montréal, 2008,208 pages Robin Philpot Derrière l’État Desmarais : LE50NTOUCHABLES U Mifliel DftUlD LE PETIT MONDE DE SAINT-ANSELME iuiu (CnOIIIOUE BEI IMEEI lO) ISBN3Ï8-2-7K1I-HM-3 L’ENRACINEMENT wid.) {CHRONIQUE DES INNÉE! 10) ISBN 97S 2-7601 6739-1 LE TEMPS DES ÉPREUVES (modj (CHRONIQUE DE! RNNEEt 00) ISBN 978-2-7601-6866-9 LES HÉRITIERS ihooj [CHRONIQUE DE L'IN tOOO) ISBN 978 2 7601 -6690-9 chacun GUÉRIN, éditeur Itée 514-842-3481 Cadeau idéal pour les amateurs de récits mstormes En vente dans toutes les noraines La tarification est indiquée sous réserve de modifications Entrevues, dossiers, portraits, commentaires de lecture, actualités littéraires, le livre jamais lu.« Le célèbre magazine québécois Nuit blanche [.] guidera vos pas dans les livres écrits ou traduits en français et dans l'actualité littéraire d'ici et d'ailleurs.» Magazine Lire (France) Offrez-vous Quatre numéros par année et l'accès gratuit au site littéraire le plus complet au Québec www.nuitblanche.com |e m'abonne pour une période de Q 1 an (4 numéros) : 34 $ J Z ans (8 numéros) :56 î taxes incluses Nom .Prénom .Adresse .Ville .Province .Code postal .Tél.Courriel .Q Chèque à l'ordre de Nuit blanche ?Visa ?Master Card N° de la carte .Date d'expiration .Postez ce coupon à Nuit blanche, 1026, rue Saint-|ean, bureau 403 Québec (Québec) CIR 1R7 L'AMERIQUE LATINE la révolution tranquille UN INDISPENSABLE EN POÉSIE LOUISE PORTAL FRANÇOIS HÉBERT THOMAS BERNHARD JACQUES GRAND'MAISON JEAN-LOUH TRASSAR ARTHUR KOESTLER N 113 JANVIER, FÉVRIER.MARS 200«?« Nuit blanche est un magazine fort instructif.Quand on le lit, on en sort tellement revigoré.Que du beau, que du vrai.» François Bugingo, Sans détour, Radio-Canada Offrez-leur j'offre un abonnement en cadeau Q 1 an (4 numéros) : 34 $ Q 2 ans (8 numéros) : 56 î taxes incluses A Nom .Adresse .Ville .Code postal Prénom Province Tél.Facturer h : Nom .Prénom .Adresse .Ville .Province .Code postal .Tél.Courriel .?Chèque h l'ordre de Nuit blanche ?Visa ?Master Card N° de la carte .Date d'expiration .Postez ce coupon à Nuit blanche, 1026, rue Saint-|ean, bureau 403 Québec (Québec) CIR 1R7 ) «Un® savoureuse Une invitation à vivre intensément j tranche de LA CUISINE I patrimoine québécois.» Voir Plut d* 500000 •xempiairas vendu* ! ; jïï?l La cuisine raisonnée ESPACES-14,95$ —— En prime, un carnet pour écrire vos recettes personnelles [m.ISABELLE CLÉMENT Préface d'Arlette Cousture La vie est belle! 25 figures marquantes célèbrent la beauté du monde 136 PAC ES-24,95$ 11 6° opus d'une j : fabuleuse , collection consacrée aux ! plus belles mélodies de l'enfance ’ i; En cadeau 1 échelle de ^ croissance et calendrier HENRIETTE MAJOR, PATRICE DUBUC Chansons des quatre saisons LIVRE-CD 128 PACES • 24,95$ L’Histoire comme vous ne l’avez jamais vue ! ,.¦ ' -.: .f uïtnfcwoiti ow « C'est le livre que j’aurais voulu écrire ! » Sylvain Cormier Le Devoir La trilogie enfin complétée ! « Bien exploité, le concept de “livre-objet” fait de la lecture un jeu captivant.» L'actualité .xw Y'' iJML HÉLÈNE-ANDRÉE BIZIER Une histoire des hommes québécois en photos 288 PAGES-39,95$ M rr: HÉLÈNE-ANDRÉE BIZIER Une histoire du Québec en photos 320 PACES • 39.95S HÉLÈNE-ANORÉE BIZIER Une histoire des Québécoises en photos 336 PAGES • 39,95$ CARMEL DUMAS Montréal chaud / show Chronique libre d’une explosion culturelle 336 PAGES • 37,95$ «#«»«*«» _.___ Wavtofle*f3**£ BSS et U civil* en cbiffr#* Irtwrv-resp***** Un instantané I du Québec en mutation SirtMTO -¦4»0» par n ,0*800$ Sous la direction | de Miriam Fahmy Institut ou Nouveau Monde L’état du Québec 2009 Tout ce qu’il faut savoir sur le Québec d’aujourd’hui 648 PAGES - 29,95$ JOSÏUA fl
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