Le devoir, 13 novembre 2004, Cahier E
LE DEVOIR.LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 11 NOVEMBRE 2 0 0 4 Une version plus théâtrale Page E 3 Performance sur fond noir Page E 7 ULTURE CINÉMA FESTIVAL COUPS DE THÉÂTRE Derrière Nouvelle- France ODILE TREMBLAY Certains en parlent déjà comme du Titanic québécois, même si le surnom porte à confusion.Nouvelle-France, de Jean Beaudin, superproduction québécoise de 35 millions, coproduite avec l’Angleterre et la France, s’achemine-t-elle vers un iceberg et un naufrage?Ou bien la voix de Céline Dion à la fin du film et l’ampleur de la production sont-elles garantes du succès qu’a connu James Came-roq avec son Titanic?A vous de répondre dès vendredi prochain, quand Nouvelle-France sortira sur 80 écrans du Québec, avant de s’exporter ailleurs.Rappelons que Jean Beaudin, déjà approché dans un premier temps alors qu’il n’était pas libre, avait repris le projet au vol après le désengagement d’Yves Simo-neau.Le financement fut houleux, le tournage, parfois remis en cause.L’histoire, en partie adaptée de celle de la Corriveau (mais beaucoup moins au résultat final que sur papier), se heurtait au projet de Gilles Carie de faire une télésérie sur ce thème.Il fallut lui payer des droits.Une série de défis Nouvelle-France, tourné en deux langues, a requis une longue période de montage.Et puis Céline Dion, à l’horaire chargé, ne pouvait enregistrer la chanson au pied levé.L’action se déroule à Québec d'abord fies décors de la place Royale furent reconstruits en studio), à la fin du Régime français et au début du Régime anglais, avec la France qui abandonne sa colonie et l’Angleterre qui lui laisse sa langue et sa religion mais la met sous sa tutelle.Une jeune veuve libre et intrépide (Noémie Godin-Vigneau) paiera cher le décès de son second mari brutal, surtout étant donné son amour pour l’aventurier incarné par David La Haye.Jean Beaudin vous dira que, malgré le gros budget, il n’a pas eu assez d’argent pour filmer la bataille des plaines d’Abraham, avec chevaux et cavaliers.De toute façon, tourner en costumes d’époque et dans trois pays, avec Gérard Depardieu, Irène Jacob, Vincent Perez, Michael Maloney et Tim Roth à la distribution internationale, coûte un bras.Sans oublier la musique de Patrick Doyle (à qui on doit celles de Harry Potter et de Sense and Sensibility), la chanson écrite par Luc Plamondon, chantée par Céliii-ne.Un an de préparation, puis la logistique d’ensemble à gérer.Jamais le cinéaste de J.A.Martin photographe n’avait eu à composer avec des éléments aussi complexes.D se dit ravi d’avoir eu les moyens de se coller à pareille trame historique, en travaillant avec des acteurs français comme Depardieu (qui joue le curé), Irène Jacob (la maîtresse de l’intendant Bigot) et des Britanniques de la force de Tim Roth (William Pitt) et de Michael Maloney (le gouverneur Murray).La jeune comédienne Noémie Godin-Vigneau se déclare consciente que ce rôle est une grande chance dans sa carrière.Avant d’entier dans la peau de l’héroïne, elle a fait des lectures sur l’époque, sur la Nouvelle-France.«J’ai eu à Jouer un très beau personnage féminin, passionné, proche des Amérindiens, courageux dans une ville où plusieurs cultures se mêlaient -Depardieu?«Je n 'ai pas eu grand temps d’être intimidée Tu rencontres l’acteur le matin.Et dis 5h ou 6h de l'après-midi, tu Joues une scène très VOIR PAGE E 2 : BEAUDIN * NINNA UNDSTRÔM AFP Keiju, du chorégraphe et interprète Jyrld Karttunen Le théâtre jeunes publics offre un nouveau défi aux créateurs: celui des publics mixtes Le huitième festival Coups de théâtre propose une vingtaine de spectacles en dix jours: de l’opéra, de là danse, de la musique actuelle, de la vidéo.et du théâtre pour des publics âgés de 2 à 16 ans.Faut le faire, non?MICHEL HÉLAI K uand on demande à Rémi Boucher, directeur de Coups de théâtre, ce qui particularise la huitième mouture de son festival, il hé-’V*' site.Comme s’il ne savait pas vraiment par quel bout amorcer sa réponse.J Mi s, il plonge.El il parle de diversité.«La première chose qui me vient, c’est que peu de festivals proposent une programmation aussi vaste.Cette année, nous offrons des spectacles tant pour les enfants de deux ans — Glouglou, du Théâtre de Quartier — que pour les ados de 14 ou même 16 ans avec Keijo et Romances & Karaoké.Mais J’aurais pu tout aussi bien répondre en soulignant l’importance de l’intégration de plusieurs disciplines artistiques comme la danse, l’opéra, les arts visuels, la vidéo ou la musique contemporaine parce que la définition même du spectacle destiné aux Jeunes publics s'est considérablement enrichie au cours des cinq dernières années.» Des publics décuplés C’est indéniable: le théâtre jeunes publics a connu, ici et un peu partout, une évolution étonnante au cours de la dernière décennie.Et, oui, les cinq dernières années ont été pour le moins fulgurantes.Les textes, les productions et les compagnies se sont multipliés de fàçon quasi exponentielle et les circuits de diffusion se sont peu à peu ramifiés.Du même coup, les compagnies québécoises se sont mises à avoir un impact de plus en plus marqué sur la scène internationale: on ne compte plus les compagnies d’ici qui étendent leurs tournées à tous les continents, la majorité d'entre elles participent à des festivals un peu partout et plusieurs ont déjà conclu des accords de diffusion et de création avec des compagnies européennes.Il y a aussi que les publics se sont décuplés.Certaines compagnies s’adressent maintenant aux enfants dès la toute petite enfance — le festival Mélimôme en est le meilleur exemple — alors que d’autres visent les adolescents de fàçon spécifique.En fait, le spectre est tellement large de nos jours qu’il faut parler du théâtre pour les jeunes publics.La présente tenue des Coups de théâtre est en ce sens représentative des grands courants qui traversent le secteur.•C’est vrai, reprend Rémi Boucher.Mais pas de façon exhaustive puisqu’il aurait fallu programmer beaucoup plus de spectacles pour tenir compte de toutes les tendances.C’est pourtant un fait que les démarches correspondent un peu partout dans le vaste secteur qu’est devenu le spectacle pour l’enfance.La présence de la musique contemporaine et de la danse, par exemple, se retrouve autant ici qu’en Europe.Et notre spectacle d’ouverture — L’Année du lièvre, de la compagnie Stella den Hagg — repose sur une intégration marquée de plusieurs disciplines artistiques.Ici, on peut retrouver ce bouillonnement, ce goût d'explorer de nouvelles frontières, dans La Couturière, de Jasmine Dubé, qui plonge les enfants dans le monde des arts visuels et de l'installation.» Rémi Boucher soulignera aussi que Montréal est un endroit spécial où ce type de démarche et de proposition peut s’inscrire sans problème.«H y a une mixité des cultures ici, une curiosité pour ce qui se fait ailleurs qu’on ne retrouve pas toujours dans les très grandes villes comme Paris ou New York.Et on peut dire aussi que l’ouverture du public montréalais pousse les créateurs comme les organisateurs d’événements et de festivals à jouer sur la corde raide et à prendre des risques, à se dépasser.On peut toujours se permettre d'explorer puisque le public est prêt à recevoir ce qu’on lui propose.Disons que c’est stimulant.» VOIR PAGE E 3 : THÉÂTRE LE DEVOIR.LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 NOVEMBRE 2004 E 2 ?Culture * BEAUDIN / A SUITE DE LA PAGE E 1 intense, celle de la lettre, avec lui.» Elle est contente que la chimie ait fonctionné avec David La Haye.«Et puis, la petite Juliette Gosselin, qui joue ma fille, a été très proche de moi sur le plateau.Le fait d'être ensemble nous mettait dans une bulle protectrice.» Pour David La Haye, ce rôle du dernier amant romantique fut un défi.«Je n’étais pas certain d'avoir en moi les ressources romantiques du personnage, dit-il.Jusqu’ici, la plupart de mes rôles faisaient appel à mes défauts.Cette fois, il fallait que faille chercher en moi des qualités de droiture, d’honneur.Je possède, une éthique et c’est elle qui m’a guidé.» Jean Beaudin déclare avoir fait, par-delà l’ampleur de la production, un film d’intimité, une histoire d’amour à une époque troublée.«Le personnage campé par Noémie est celui d’une femme libre, et les femmes trop libres, même aujourd’hui, la société n’aime pas ça.Alors, à l'époque.» Soupçonnée de sorcellerie, puis de meurtre, sa peau ne vaudra pas cher.Jean Beaudin parle de Nouvelle-France comme d’un grand film ro- JACQUES GRENIER LE DEVOIR Jean Beaudin dirigeant Gérard Depardieu dans Nouvelle-France.mantique, une histoire d’amour à plusieurs volets.Amour de l’héroïne pour le bel aventurier François Le Gardeur, mais aussi pour sa propre fille de dix ans.«Le film montre trois générations de femmes: la mère silencieuse, aux yeux éloquents, la fille révoltée mais sans éducation et sa petite à elle, qui va à l'école et possédera les outils pour se développer.J’aime les films où l’on raconte des histoires, j’aime le cinéma d'acteurs.» Il trouve que tout est dans la distribution et qu’un film avec de mauvais acteurs ne peut QvnIbus Le corps di thèAtra L'tNTlW'TÉ d'Emma HACHE Prime à la création 2003 du Fonds Gratien Gélinas Avec Marc Béland .Jean Asselin et MarkHa Boies » SUPPLÉMENTAIRE Samedi le 20 nov.a 20 h DU 23 OCTOBRE AU 19 NOVEMBRE À 20 H Mise en scène .Francine Alepin Conception, décor, costumes et accessoires .Charlotte Rouleau Eclairages .Thomas Godefroid Architecture sonore Éric Forget Assistanat à la mise en scene et régie .Edithe Le Hesran ; Direction technique .Régis Guyonnet — FESTlUfll lESUOIESDUmilMI | à Espace Libre du 15 mars au 2 avril 2005 l'flllenwgne, ta France, le Québec on Billetterie (514) 521-4191 lîbre 1945, Fullum, Montréal © Frontenac Québec"" octobre au 13 novembre 2004 2*s# i' & * j-S jQWHÊÊÊÊItFlï fli / « Magistrale et mémorable.I A voir absolument.» - infoculuire.tr u tin drame pathétlco-comiqee (.) très intenee, trèi eerré.One brillante mise en scène de Dominic Champagne.I Celt è voir, n - Souredi et lien d’autre, Rldio Canada „ Dnr et tendre en même temps, (.) le premier texte de Christian Bégin tench.la cible.(.) las deux Interprètes sont à la hauteur de leur talent.À voir.» I — montheatre qc ca I „ Le, interprète, de Circn.mi>vlmu.| viennent nous chercher aime humour et i cyni*m« (.••)•»-Métf0 « Le premier texte de théâtre du comédien 1 [Christian Bègln).Uent du 1 i (.) relève Ici du tour do force.Drainvtlle (.) fa» 1» prouve do l étendu considérable de mon talent.)> Voit .Vît, Avec CHRISTIAN BÉGIN et MARTIN DRAINVILLE Texte CHRISTIAN BÉGIN Mise en scène DOMINIC CHAMPAGNE I Ut* copratfwctton Ou TWéWt ¦ OC, LE DEVOIR I Théâtre d*Aujourd'hui IROX ru*S*ft(-0*n»( •'f k!*o»n**Hom m r#g*o*Dcm (Sim a (QuMk.) “.ta im 282-3900 être récupéré au montage.Pour lui, Nouvelle-France s’adresse avant tout à une large audience.Jean Beaudin a aimé décrire une période charnière de notre histoire.«C’est le moment où tout a basculé, dit-il.L’intendant Bigot est parti en France en emportant la caisse: 30 millions.La monarchie française a préféré dépenser pour ses réceptions à Versailles plutôt que pour les “quelques arpents de neige” dont parlait Voltaire.L’Angleterre a été d’abord très dure avec la Nouvelle-France, incendiant toute la côte.Cet épisode est mal connu et j’espère que le film éclairera un pan de notre histoire.» Le Devoir THEATRE Damien Bouvet souligne que son rêve est de jouer ses spectacles dans des pays de langue et de culture étrangères SUITE DE LA PAGE E 1 Au cœur de cet engouement pour le théâtre jeunes publics, on trouve aussi le fait que les spectacles sont conçus pour un public «mixte».«Mixte» parce que composé des enfants et de leurs parents ou accompagnateurs de tout type.«C’est un nouveau facteur intéressant, reprend Rémi Boucher.C’est un véritable défi pour les créateurs, qui ne peuvent faire abstraction de cette donnée de base.On remarque ainsi que les productions jouent de plus en plus sur de multiples niveaux révélant des couches de sens différentes selon les spectateurs.C’est la marque d’une grande intelligence artistique et ça fait évoluer le rapport au théâtre.Ce qui permet des propositions artistiques étonnantes, celle de Damien Bouvet, par exemple.» Damien Bouvet sera de ces huitièmes Coups de théâtre avec Chair de papillon, un spectacle qui s’adresse aux enfants de neuf ans et plus et qui sera aussi présenté à Québec, à Sherbrooke, au Bic et à Terrebonne dans le volet décentralisation du festival.Boucher en parle avec tellement d’enthousias- Un thriller théâtral où miroirs et vidéo fragmentent et distorsionnent le récit pour livrer un cauchemar ludique et éclaté, un dérapage à la David Lynch.SUPPLEMENTAIRES 24, 25 et 27 nov- Provincetown Playhouse juillet 1919, l’avais 19 ans juillet 1919, j’avais de Normand Chaurette 16 AU 23 NOVEMBRE 2Q04 Présenté à La Station C 16 au 23 novembre à 20h30 21 novembre à 15h 1450 Ste-Catherine Est, Montréal PRE-VENTE 15$ au Renaud-Bray 1155 Ste-Catherine Est.20$ à la porte Infos: 514.527.1456 Texte : Normand Chaurette Mise en scène, scénographie, vidéo : Carole Nadeau Avec : Martin Bélanger, Christian Brisson-Dargis, Steeve Dumais.Éric Forget.François Marquis Direction technique : Louis-Philippe St-Amault Régie : Marie Larocque Son : Jean-Sébastien Durocher fugues Québec ¦ LE DEVOIR GO directement d'Espagne COMPAGNIE C/\ r^/mCHE Flamenca En vedetlc SOLEDAD BARRIO Lauréate du New York Dance & Performance Award 12 représentations 25 novembre au 5 décembre «J \ s «Du flamenco jusqu’au plus « J profond de l’être* La Presse «.Madrid troup has the power to thrill.» Toronto Star 5240 ave.du Parc (coin Fairmount) Montréal Infos et billetterie: KOLA NOTE: (514) 274-9339 www.kolanote.com ADMISSION: (514) 790-1245 Les Productions Nuits d’Afrique.des spectacles \toute l’année.www.festivalnuitsdafrique.com îf»> LF DEVOIR m CHOM s ¦?I mi 96 —1)1-7400 .% /ore i ülb fepomU,-.O» ( ,5UI OU a Meredith Hall : soprano Sylvain Bergeron : guitare baroque, luth Martine Chiasson : violon, nyclrel-liarp Patrick Graham : percussions r'.__________ I, Rohin G renon .harpes Élise Guay : flûtes, cornemuse Betsy- MacMillan : viole de iamhe Nucci chante mieux que James Morris et Barbara Frittoli ne cède en rien à Renée Fleming.Du point de vue technique, les éditeurs TDK et BBC-Opus Arte présentent souvent une plus-value par rapport à leurs concurrents.L’événement de la rentrée L’année 2004 de l’éditeur Ar-thaus ayant été bien calme, c’est chez Opus Arte que paraît l’événement de la rentrée, Les Troyens par John Eliot Gardiner, monumental spectacle enregistré au théâtre du Châtelet à Paris en 2003 à l’occasion du bicentenaire de la naissance de Berlioz, et diffusé alors (on croit rêver!) en direct par la télévision publique en France.La production de Yannis Kokkos est simple et juste, la distribution tient le choc, électrisée par la direction musicale de John Eliot Gardiner.Le DVD, qui présente une vraie captation en multicanal, est enrichi par un documentaire permettant au mélomane de mieux cerner l’œuvre et la production.Bref, c’est un modèle.Le même éditeur a publié dans la même qualité les excellentes Boréades de Rameau, diffusées récemment par Artv.Jean-Philippe Rameau est le compositeur du fleuron du catalogue TDK, Platée.Mais on attend encore sa diffusion au Canada.On se repliera donc, mais sans regrets, sur deux autres spectacles de grand luxe, captés en 2002: Simone Boccanegra de Verdi par Claudio Abbado à Florence et Les Contes d’Hoffmann d’Offenba-ch de l’Opéra de Paris, dans une mise en scène lumineuse (le théâtre est sur scène.) du Canadien Robert Carsen.Pour ce dernier DVD, évitez la piste multicanal, anémique, et écoutez la représentation en stéréo.Un dernier mot: TDK semble également décidé à nous permettre de revivre des moments historiques.Paraissent en ce moment même, en Europe, une Carmen dirigée par Carlos Kleiber et le fameux Trouvère de Verdi par Karajan, deux spectacles donnés à l’Opéra de Vienne à la fin des années 70.On espère les voir bientôt sous nos deux.Trois choix Berlioz: Les Troyens.Susan Graham, Anna Caterina Antonacci, Gregory Kunde, direction: John Eliot Gardiner.BBC-Opus Arte OA0900D.Offenbach: Les Contes d’Hoffmann.Neil Schicofi, Bryn Terfel, Su saune Mentzer, Désirée Rancatore, etc., direction: Jesus Lopez-Cobos.TDK DV-OPLCDH.Verdi: Otello.Pladdo Domingo, Léo Nucci, Barbara Frittoli, direction: Riccardo Muti.TDKDV-OPOTEL Egalement recommandables: Les Boréades de Rameau (BBC-Opus Arte), Simone Boccanegra de Verdi CTDK) et Samson et Dalila de Saint-Saëns (DG).Faulkner n’a jamais mieux roulé TRAIN DE VIE Stephen Faulkner et les Cheminots La Tribu (Sélect) Ah! Comme on est content que Stephen Faulkner soit depuis bientôt trois ans à La Tribu.Cela signifie qu’il peut mener carrière au heu de perdre sa vie à se trouver un domicile fixe, et qu’on a donc régulièrement des disques de lui.Moins de deux ans après Capturé vivant, l'album de son show solo au Cabaret, après la réédition simultanée l'an dernier de trois disques devenus introuvables, le revoilà avec un plein album de nouvelles chansons, à trois reprises près.C’est un grand événement.Stephen Faulkner, on ne le dira jamais assez, est notre Townes Van Zandt, notre Gram Parsons, notre Roger McGuinn, notre troubadour de racines par excellence.Qui plus est, le revoilà sur ses rails country-rock, après la récréation quasi jazzy de Tessons d’auréole.Pourquoi?Chez Faulkner, tout est affaire de circonstances et de rencontres.D aurait très bien pu continuer dans la voie jazz en compagnie du claviériste Thüryn Von Pranke, mais il s’est trouvé que ce bambo-chard de Stephen a rencontré à l’occasion d’un spectacle sur la grande scène extérieure des FrancoFolies de Montréal, en 2003, des musiciens qui l’ont allumé pas à peu près: Eloi Painchaud, Dominique Lanoie, du beau monde avec plein de guitares qui redonnaient à sa musique tout ce qu’il n’a jamais cessé d’aimer du country-rock des Flying Burrito Brothers, Byrds et autres Manassas.Faulkner s’est donc relancé corps et âme dans cette direction-là Si l’on peut regretter l’abandon du filon jazz, le plaisir de remonter dans «le train maudit» (titre d'une chanson de l’album Caboose, paru en 1992) n’est pas petit Enthousiasmé, Faulkner a même baptisé cette nouvelle équipe de soutien: bonjour les Cheminots.Avec une loco ainsi bichonnée, il n’avait plus qu’à laisser défiler ses road-movies aux titres parlants, les Samedi soir à Disraeli, Du gaz dans mon char (avec picking très Stephen Stills), Cowboy de ville et Karaoké («Si tout le monde jouait dans l’orchestre / Y aurait pu un chat sur la piste de danse [.] Qu’est-ce qu’ils ont tous à vouloir chanter?»).De si bon train, il a même embarqué en chemin la chère Mommy de Gilles Richer et Marc Gélinas, qu’il chante depuis longtemps en spectacle (le plus grand texte sur la perte d’identité jamais écrit), ainsi que Sur la route de Memphis, authentique «vieille toune d’Eddy Mitchell» du genre qu’évoquaient déjà Plume et Cassonade au temps de Pommes de route.Faulkner a de le suite dans les idées.iîs tiuimti Mais bon train ou pas, ce sont les ballades, au piano ou a la guitare, qui donnent le meilleur de Faulkner: la reprise d’Au bord du canal, méconnue de Ferland, est une redécouverte majeure.Et il y a au moins une immortelle en puissance: la chanson s’intitule Aime-moi et elle est terriblement belle, à la fois implacable énumération des malheurs du monde et hymne à l’amour.«Aime-moi, le temps file entre nos doigts / Aime-moi, demain nous ne serons plus là.» Puissiez-vous être des milliers à lui signifier que vous les aimez, ses chansons et lui.Sylvain Cormier CLASSIQUE VIOLONISTES CHEZ DG Elgar: Concerto pour violon.(+ Vaughan Williams: The Lark Ascending).Hilary Hahn, Orchestre symphonique de Londres, Colin Davis.DG 474 504-2.Tchaikovski et Korngold: Concertos pour violon.Anne-Sophie Mutter, Orchestre philharmonique de Vienne et Orchestre symphonique de Londres, André Previn.DG 474 515-2.Plus encore que l’excellent Ilya Gringolts dans des concertos de Prokofiev (le 1er) et Sibelius (un CD recommandé) et, surtout, Gi-don Kremer, qu’on ne suivra pas dans les élucubrations musicales de son «Kremerland», l’actualité violonistique chez DG se focalise sur la fascinante juxtaposition de deux disques marquants, exposant deux styles radicalement opposés.Chez Hilary Hahn, tout est pureté de ligne, classicisme sublimé, émotion intérieure et profonde, le tout chanté sur des phrases longues, flexibles et scrutées dans le moindre détail.Ce qui est toujours aussi étonnant chez Hilary Hahn, c’est cette capacité de faire de chaque instant un moment de musique (et non «de violon») intelligemment intégré dans un continuum musical.Le jeu est d’une sculpturale beauté, comme le confirme un VOIR PAGE E 5: HAHN PIGEONS INTERNATIONAL reprend sa dernière création théâtre danse 3S0IRS SEULEMENT! I Z |l «Le langage chorégraphique de la créatrice s’est encore affiné, affirmant toujours plus sa singularité en devenant plus diversifié, plus éclaté.Rarement Paula de Vasconcelos aura su fondre la forme et le fond de son propos de manière aussi juste et assumée.Encore.» PIERRE Thiseault, Ici « .les trop rares cérémonies orchestrées par Paula de Vasconcelos font de la scène un stupéfant microcosme de notre monde.Amalgame chatoyant de danse et de théâtre, de bruit et de silence, de souffrance et d'allégresse, sa onzième fait pas exception à la tradition.» Christian Amalgame chatoyant uit et de silence, de H onzième création ne K n Saint-Pierre, Voir I ^¦rT*T,J Conception+mlseenscène+chorëgraphies.PauladeVasconcelos/Lumières.MichelBeauIieu Musiquesonginales.SamShalabi.MitchenAkiyama/A$sistantsDëcorCostumes.StéphaneLongpré AnneMarieVeevaete/Interprétation.MHeneAzze+MonicaGanBernardMartin+IgorOvadis MarcelPomerlo+PaulAntoineTaillefer+AnitaSharmaJeannleVandekerkhove+AudreyVanHerck CanrinedeVasconcelosTaillefer/MusIciens.GuinaumeElz’lini+GenevièveHeistek+SamShalabi '£MVE5YXa (ONE Clnqultm» 8«ll» Place des Arts I SM 842.2112 1 8«S *42.2112 pdi.ac.ea Réaaau Admiaalon ai* TKM24S 17-18-19 NOVEMBRE 20h30 < LE DEVOIR.LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 NOVEMBRE Bloc-notes acsù/ ATELIERS DE DANSE y ' manko tanabe église du Gesù 4 dimanches de NOVEMBRE 7.14 21 et 28 /// INSCRIPTIONS : 514-861-4378 www.gesu.net/// m.Funambules des quat’zarts Ce n’est pas qu’on veuille vous déprimer, mais novembre parait sinistre et le moral des troupes culturelles semble bien à plat Au rythme où tombent les feuilles, on regarde vaciller ou s’écrouler à Montreal des pans entiers de notre paysage artistique.Des fleurons de la danse contemporaine tels la Fondation Jean-Pierre-Per-reault et La La La Human Steps, un vieux théâtre au long cours comme le Rideau Vert ou Cinéma libre, une des rares maisons parallèles de diffusion des films indépendants, mordent la poussière.Problèmes de gestion, fragilité endemique du milieu de la culture: ceci expliquant cela et son contraire, yTà que tout bat de l’aile.A croire que seuls les acrobates et les funambules assez souples pour sauter d’un art à l’autre pourront continuer à créer au milieu des débâcles, en changeant de médium à chaque coup du sort Un œil devant l’écran, une main à l'écritoire, un pied dans la contredanse, l’autre au théâtre: essayez, juste pour voir.Athlètes de la culture requis.La polyvalence en art était déjà une école de liberté et de culture, la voici devenue synonyme de créativité.Demain, elle rimera avec survie.Il fut un temps où certains taxaient Jean Cocteau et ses pareils de touche-à-tout sur un ton condescendant Plus maintenant Les mutations vers lliomme-orchestre sont appelées à devenir dominantes, comme, dans la théorie de l’évolution darwinienne.A telle enseigne qu’on va faire un tour du côté des Odile Tremblay créateurs protéiformes, les futurs miraculés de la culture, survivants des cataclysmes.Dans la cour de François Girard, par exemple.Déjà qu’à travers ses films et ses documentaires, le cinéaste du Violon rouge jonglait avec tous les arts.On le retrouve de plus en plus derrière une mise en scène de théâtre et d’opéra, une installation de musée.L’autre soir, je suis allée voir son adaptation du Procès de Kafka au TOM, trop burlesque au goût des uns.Moi, ça me plaisait qu’Û accentue les côtés comiques du Procès.L’œuvre exhale une telle angoisse que nul n’échappe de toute façon à sa mécanique infernale, même en riant jaune.Le cinéaste du Violon rouge fricotait cette fois-ci avec la littérature et le théâtre, retournant au roman pour en tirer sa pièce, oubliant les adaptations théâtrales précédentes, cherchant Kafka entre ses lignes.Au TNM, chaque chapitre du Procès de Kafka est projeté sur un écran transparent au cours des chan- gements de décor.On revient aux mots, qui nous ramènent à leur tour sur scène, devant la grande horloge.Et Alexis Martin possède une tète si parfaite de K, cet homme prisonnier de l'engrenage de procédures occultes, coupable d'un crime inconnu.Allégorie de notre monde d’arbitraire et d'incommunicabilité que ce Procès.Peut-être avons-nous tous des tètes de K., après tout Au fond, si François Girard n’est jamais en panne de projet c’est en tant que bateleur de la culture qui bondit sur sa branche d'art en art.On verse une larme sur un lot de jeunes cinéastes enfermés dans leur monde clos, prives d’appel d’air, faute de culture générale.C’est qu’ils auraient mieux fait de fréquenter aussi le théâtre de Maheu.de regarder bondir les danseurs de La La La Human Steps quand il en était encore temps, de lire Kafka ou de courir à l'opéra pour se mettre au parfum des correspondances.A propos d’opéra, Ariane à Naxos, de Richard Strauss, ces jours-ci à la Place des Arts, érige lui-même un pont entre l’art et les variétés.A voir, vraiment.Ce sera toujours ça de pris.Robert Lepage avait déjà capté le courant multiforme.Tout comme le cinéaste d’animation Pierre Hébert, dernier lauréat du prix du Quebec Albert-Tessier.Retraité de l’ONF, au lieu de se la couler douce ou de pleurer sur l’âge d’or englouti de l’ONF, on le voit monter sur de petites scènes avec- un musicien pour présenter ses performances sur fond de pellicule gravée, en dessins, en musique, en éclairant les soubresauts politiques de notre temps troublé.Même les jeunes chanteurs de Loco l-ocass, qui mêlent le rap à la littérature, s’envolent plus haut que les autres groupes hip-hop parce qu'ils sont capables de passer d îme sphère à l'autre.Vous me direz que le multimédia s'est nus à cette ecole polymorphe depuis longtemps.Mais tant qu'il ne fait que s’inscrire dans une mode, il ne féconde rien.Seuls ses créateurs vraiment passionnés par les arts et virtuoses des correspondances font désormais œuvre de vraie résistance.Moi, en t;uit qu’observatrice de la scène culturelle, je sais que je serai appelée à suivre de plus en plus les créateurs sans ghetto, ceux qui écrivent un livre, une pièce, un scénario, jouent de la flûte et dirigent des acteurs en même temps ou tour à tour.Ils auront même le droit de se casser un peu la gueule au passage, comme Wajdi Mouawad avec son adaptation cinéma de sa pièce Littoral.I,es changements de matériau, après tout, réclament quçlques petits ajustements.A voir des artistes sauter à cloche-pied entre les disciplines, je me dis que la création va continuer à vivre, même si les gouvernements aveugles et notre société frivole lui coupent les vivres et lui tirent le tapis sous les pieds.Maigre elle et malgré eux.otremblaytgùlcdevoir.com HAHN SUITE DE LA PAGE E 4 Lark Ascending extatique, conforme à l’interprétation qu’en donna la violoniste à Montréal.Aux antipodes, Anne-Sophie Mutter interprète Tchaikovski et Korngold avec une rage féline.Elle superpose sa volonté à celle des compositeurs pour animer la musique et aller titiller l’auditeur.Cette manière d’accaparer la musique pour la théâtraliser, voire l’érotiser, me fait penser à une version «trash» de l’art d’un Bronislaw Huber-man.Mutter est une violoniste hors normes pour se jouer ainsi (en public!) du Finale du Concerto de Tchaikovski.Alors que le disque de Hilary Hahn m’apparaît consensuel, celui de Mutter divisera les auditeurs en fonction de leur sensibilité.Certains le trouveront torride, d’autres, erratique.Mon principal reproche allant au son du violon avec sourdine dans le mouvement lent du Tchaikovski.Êtes-vous davantage attiré par Sharon Stone dans Basic Instinct ou Michelle Pfeiffer dans Les Liaisons dangereuses?Ce petit indice devrait vous aider à choisir! Christophe Huss NAGANO ET BERNSTEIN Bernstein: Mass.Jerry Hadley (ténor), Pacific Mozart Ensemble, Chœur de la Radio de Berlin, Chœur d’enfants de la cathédrale de Berlin, DSO Berlin, direction: Kent Nagano.Harmo-nia Mundi 2 CD HMC 901840.41 (distr.SRI).L’automne discographique de Kent Nagano est marqué par deux nouveautés: Mass de Bernstein chez Harmonia Mundi et Der Konig Kandaules, ultime opéra de Zem-linsky, dont Andante édite l’enregistrement public réalisé à Salzbourg en 2002.Ce dernier album n’étant pas encore disponible au Canada, concentronsnous sur cette «pièce de théâtre avec choristes, musiciens d’orchestre et danseurs» créée en 1971.Garde-t-elle toute son actualité, comme le prétend l’éditeur, ou est-elle un patchwork typique des années hippies devenu anachronique aujourd’hui?Mass est une sorte d’éruption sonore au carre- WIASS» KENT NAGANO four de toutes les musiques (classique, rock, jazz, musical) et toutes les religions.C’est un peu comme si Bernstein, avec sa générosité et des bras infinis, voulait tout embrasser, entre trivialité et spiritualité.Mass désarçonne assurément l'auditeur, mais j’observe qu’à chaque réécoute l’œuvre, bien loin de s’épuiser, se révèle davantage, ouvre de nouvelles perspectives.Mass est évidemment connu des amateurs par l'enregistrement de l’auteur (Sony).Nagano fait revivre la composition en faisant exploser les épisodes brillants et exaltés Içf.«Half of the People» du Gloria et Gospel-Sermon) , mais en passant parfois mécaniquement (il dirige ça comme Les Noces de Stravinski) à côté de la force d'incantation, ne serait-ce que parce que le célébrant, Jerry Hadley, est plus plicé qu’Alan Titus.La principale différence réside cependant dans la mise en scène sonore, beaucoup plus poussée que chez Bernstein, qui différencie énormément la bande enregistrée et l’action «réelle».En fait, les deux versions sont complémentaires.C.H.E C T H O PIÈCES D’IDENTITÉ Nathalie Lessard et ses Têtes de contre Terra Firma Vous ne le saviez peut-être pas mais du Nelligan, ça se danse.Sauf que la mise en musique de textes littéraires est une entreprise pour le moins périlleuse.Or Nathalie Lessard et ses Têtes de contre y sont une nouvelle fois parvenus sans égratignures.Après l’album Tout un chacun (1999) dédié à Gaston présent LES VIOLONS DU ROY LA CHAPELLE DE QUÉBEC Dirtcttur artistique et musical Bernard t.abodie Robert King î et ia tête des musiciens0 I ^Nicole Trotier, Pascale Giguère, Noëllo Bouchard, Angélique Duguoy, Pascale Gagnon, Moud Langlois, Michelle Seto, véronique Vychyti! violons 1 _Jean-louis Blouis alto _Benoit Loiselle, Sylvain Murray violoncelles .Dominique Girard contrebcssr .Richard Paré orgue ^sovs la direction de.Robert King J2Q novembre 2004, 20h Salle Pollack, Université McGill ¦ 550, Sherbrooke Ouest, Montreal Billetterie: (SU) 844-2172 ou sans frais: 1 844 844-2172 www.violonsduroy.com «n coUoboratan avec Miron, ils nous reviennent avec un collage des œuvres d’une quinzaine de poètes (Pierre Perrault Michel Garneau, Réjean Ducharme, Leonard Cohen, Marc Favreau, Paul-Émile Borduas et Hubert Aquin, entre autres).Appuyée par François Thibault à la réalisation ainsi que par une belle brochette de musiciens (André Daneau, Steve Normandin, Todd Picard, Ivy, Philippe Brière, Philippe Mius d’Entremont), Lessard ne se contente pas de réciter des poèmes sur un fond musical, elle leur donne une seconde vie en les mettant au service de l’ensemble par des découpages et des combinaisons inventives.J’ai particulièrement aimé cette Pièce d'identité, où Nelligan, Félix Leclerc et lord Durham se croisent dans un amalgame de folklore et de musique techno.Sa relecture des premières pages de L’Avalée des avalées est également fort bien sentie.Très théâtrale dans ses interprétations, la chanteuse a la vont grave et la folie tendue d’une Brigitte Fontaine.Ses poèmes sont maîtrisés et traités avec goût et audace.Bref, voilà un album à la hauteur des œuvres auxquelles il rend hommage mais qui exige une écoq-te attentive, voire laborieuse.A écouter quand vous êtes en forme.Isabelle Porter OMR Side Effects (Fusion lïï) Il y a des albums qu’il est préférable de ne pas écouter à bicyclette, en marchant dans la rue ou encore lorsqu’on essaie de se concentrer sur une tâche ardue.Side Effects, de la formation française OMR, en fait certainement partie en raison de l’univers planant et intrigant qu’il génère.Et qui finit à la longue par faire perdre le sens du réel.Virginie Krupa et Alex Brovelli ne peuvent que se réjouir de cet effet secondaire et exhiber fièrement cette première galette qui vient pour une fois insuffler un vent de fraîcheur sur la scène électronique francophone.On ne peut d’ailleurs pour cela que remercier le magazine français Les Inrockuptibles d'avoir fait émerger ce duo à travers son concours baptisé CQFD.C'est qu’en dix compositions, OMR s’affirme avec des titres envoûtants aux lignes harmoniques délicates et élégantes que la vont cosmique de Mme Krupa viennent au finale rehausser.Les saveurs sont douces, les contours sobres, transportant l’auditeur tantôt dans un album de Propaganda (Extension), tantôt dans celui d'une Suzanne Vega (The Door) ou de Garbage (Addict).Tout en nuance et en originalité.Fabien Deglise Hydro loL Ouét 1 «.S,Th" I Musica 'EMBUAI DE ESPACE ^MUSIQUE présente ; • • • SU-1 wMm&rU:, u " % Montreal, cité de la musique 2004 Lundi, 22 novembre, 20 h Programme Debussy et Ravel E Billets : 30 $.25 5 12 flétudiants), taxes et redevance en sus || en vente à la Place des Arts : 842-2112 Renseignements Pro Musica, 514-845-0532 www.promusica.qc.ca Neuf concerts exceptionnels présentés sur les ondes d’Espoce musique et dans 25 pays Salle Wilfrid-Pelletier Place des Arts 514 842.21 12 1 866 842.21 12 www.pda.qc.ca Réseau Admission 514 790.1246 m Changez - v ÿ ' A .ET SON IDOLE lit ESPACE 'tSf MUSIQUE KORNDORF THE SMILE OF MAUD LEWIS (ŒUVRE CANADIENNE) MOZART CONCERTO POUR VIOLON N 5 TCHAÏKOVSKI SYMPHONIE N° 5 TANIA MILLER, CHEF CAITLIN TULLY, VIOLON LE LUNDI 29 NOVEMBRE À 19 H 30 CONft RINCE PRE.CONCERT GRATUITE A 18 H (0 Théâtre Maisonneuve Place des Arts 514 842.21 12 1 866 842.21 12 www.pda.qc.ca Réseau Admission n i 790 174?» 100,7 FM A Orchestre Métropolitain riu Grand Montreal Yannick Nom Séguin RCI# TOURISME Qutnrx -= LE DEYÜIK EZas .LE DEVOIR Montréal® m AIR CANADA @ I BANQUE I NATIONALE Québec îîî Il Dhnll; LE DEVOIR.LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 NOVEMBRE 2004 Champ de diodes POD (Wind Array Cascade Machine) Steve Heimbecker Oboro 4001, rue Bern, espace 301 Jusqu’au 11 décembre BERNARD LAMARCHE Steve Heimbecker est considéré comme un pionnier dans l’art sonore au Canada.Pourtant, sa nouvelle installation, une première montréalaise, est parfaitement silencieuse.Terriblement silencieuse, même.Grâce à des moyens relativement simples, elle traduit à distance des inflexions au pouvoir évocateur fantastique, celles du vent.Rien ne bouge dans la galerie, seules quelques lumières scintillent.En pleine noirceur, 64 pôles sont disposés en galerie, comprenant 2880 diodes électroluminescentes passant du vert profond au rouge, selon l’intensité.du vent.Tout est parfaitement calme dans la galerie toutefois, rien ne bouge.Pour répondre à ce champ de lumières, 64 capteurs de mouvements, sur le toit de la Fondation Langlois, à Montréal, enregistrent les fluctuations du vent (la Wind Array Cascade Machine, un système télématique de cartographie environnementale et de diffusion en réseau).C’est donc moins des intensités sonores que signalent les diodes que cedes de la vélocité des courants d’air.La pièce a déjà été montrée au Musée d’art contemporain Kias-ma à Helsinki, en Finlande, dans le cadre d’ISEA 2004.L’idée que le vent de Montréal puisse souffler sur Helsinki n’a rien de banal.Ainsi, l’échange d’information au-delà des contingences physiques peut gagner des registres poétiques.Ainsi, la pièce relie deux points distants par Internet, proche de plusieurs autres œuvres en ce moment sur la planète cyber (en cela, elle témoigne d’une collaboration entre la Fondation Langlois et Oboro).A l’opposé de la plupart de ces œuvres, toutefois, POD relaie non pas une masse complexe d'information sur un canal, mais autant de petites informations simples sur une myriade de canaux, offrant comme un point de résistance.Par contre, son matériau est porteur de belles évocations.Ces registres poétiques de la pièce sont particulièrement bien développés.Redressant sur des tiges verticales les diodes lumineuses .Heimbecker a créé un véritable champ ¦SP »,v.crt 7 i -r STEVE HEIMBECKER Soixante-quatre capteurs de mouvements, sur le toit de la Fondation Langlois, à Montréal, enregistrent les fluctuations du vent (la Wind Array Cascade Machine, un système télématique de cartographie environnementale et de diffusion en réseau).de diodes lumineuses ; on se retrouve devant un champ de blé étincelant, comme si un vent immatériel qu’on retrouve habituellement sur une console de son, Heimbecker a créé un véritable champ de diodes lumineuses; on se retrouve devant un champ de blé étincelant, comme si un vent immatériel traversait l’espace.Mais encore, cette référence naturaliste oscille avec une autre, autrement plus urbaine, alors que la représentation métaphorique du vent se transforme en la ligne des toits d’une ville virtuelle, avec ses tours dans la nuit L’effet est saisissant, offrant différents points de vue selon notre manière de nous déplacer dans l’espace.Ce qui reste, toutefois, c’est cette impression fugace que passe un courant de matière invisible, auquel on a retiré la matérialité pour ne conserver que le mouvement.Ne reste plus qu’à se laisser bercer.Le vernissage a lieu aujourd’hui, à 17h.?Depuis le temps qu’on en entend parler dans les officines du milieu des arts visuels, le fameux Laboratoire nouveau média d’Oboro, un projet dont l’idée a été lancée il y a près de 10 ans, est finalement ouvert.Afin de servir la création indépendante en vidéo, en son ou dans la production, par exemple, de DVD audio, ce studio de petite taille est disponible à coûts modiques, du moins si l’on se fie aux tarifs de l’industrie lourde.L’ensemble haut de gamme comprend un studio de 1000 pieds carrés, suffisamment grand pour s’ajuster aux petites productions.Un parc d’éclairage professionnel, des équipements audiovisuels complets de même que des services de diffusion en transit (streaming) garnissent le lot.Ce qui distingue ce studio d’autres en ville?D’abord, à cette échelle, la chose est une rareté.De plus, le studio comprend une régie multiphonie 5.1 (surround) et deux studios d’enregistrement Elle permet donc de combler les besoins criants de la communauté artistique montréalaise.Selon ce que nous en disait Daniel Dion, qui dirige cette nouvelle section d’Oboro, le lieu veut servir 4a recherche et la création fondamentales, loin des gros marchés commerciaux».Les ressources pourront être utilisées par l’ensemble des créateurs, que ce soit pour enregistrer un album où produire des DVD de haute qualité, un secteur en pleine ébullition.Le centre propose aujourd’hui à la population et à la communauté artistique une journée portes ouvertes où il leur sera possible de découvrir les lieux.Fait à noter, on a tout spécialement fait attention à ce que ces espaces soient agréables à fréquenter, afin de disposer les ar- tistes à la création.Une touche spéciale de design fait de ces lieux une belle réussite.Portes ouvertes à partir de midi aujourd’hui.Détails également sur le site .Le Devoir traversait l’espace « * » * ,'r » i ff: ?*• « ^ **+ o» " .< -Mb » * ï i* V * • î ’¦t * K ’ ¦» * *v m *4+ i* p> * * * * «r * - £ : * **2 ;s : :•?» * m v* *.y > "* *\v: » »*»•* *.» _ .i» * - -«i ^ « •B m *• * O ‘P » % * • i : * î * , l ?:! C JS * r* ~ ï • * t t Z l! i •t ** # é ¦ STEVE HEIMBECKER En pleine noirceur, 64 pôles sont disposés à la galerie Oboro, comprenant 2880 diodes électroluminescentes passant du vert profond au rouge, selon l’intensité.du vent sur le toit de l’édifice de la Fondation Langlois.Jean-Pierre Legault Q’ewekuna/Tenseurs Photographies Jusqu’au 28 novembre Centre d’art Amherst 1000, rue Amherst, local 104 B, Montréal.514 852-5338 Ouvert du mercredi au vendredi de 12 à 18h, les samedi et dimanche de 12 à 17h30 GALERIE BERNARD EDUARDO RODÀ Espace/Couleur/Matière Vivre avec l’art dans les formes géométriques Mercredi 17 novembre au Samedi 16 décembre 2004 Vernissage Mercredi 17 novembre, 17h à 20h en présence de l'artiste 3920 rue Saint-Denis, Montréal (Québec) H2W 2M2, Tél.: (614) 277-0770 Horaires ds la Salaria : mercredi de llh à 17h30 ______jeudi et vendredi de llh A 20h samedi de 12h A 17h_ E JEAN-SÉBASTIEN DENIS «Sous-bois» JULIE OUELLET «La décharge» Jusqu’au 20 novembre GALERIE SIMON BLAIS 5420 bn.il Saint Laurent H2T1S1 514.849.1165 Ouvert du mardi au vendredi lOh à 'isli.samedi KHi à 17h Jocelyne Alloucherie L'envers 15 octobre - 28 novembre 2004 191.rue Saint-Paul Québec, QC.G1K 3W2 418 692.7272 info@esthesio.com www.esthesio.com Socfrt* rwCTvrWIas Québec HH CS Kl Maja Vodanovic Oeuvres récentes Du 13 au 26 novembre Galerie Vuhntin rievalentin.com 14W Sherbrooke Ouest, Suite 200, Montréal, Q« • H3G 1U • (5t4) 939-0500 édition 15e Prix Albert-Dumouchel concours collégial et universitaire qui encourage la création et /'exploration des techniques de Iestampe C^_ Conseil qucbéitris ‘le l'eMAtnpe hommage à Albert Dumouchel édition 2004 lauréats 1989*2003 Vernissage de l'exposition et lancement du catalogue Remise des prix aux lauréats 2004 parmi les finalistes Jeudi le 18 novembre à 17h00 Exposition du 18 novembre au 11 décembre 2004 Gâterie Warren G.Rowers Gallery 4001 boul.de Maisonneuve ouest Montréal.Québec Info ; galerie (514) 931-8731 (3200), Conseil québécois de l'estampe (514) 525-2621 ou lnfotfcqe.qc.ca Ouvert du mardi au vendredi de 12h à 18h et le samedi de 12h à 16b Hélène Cenedese Victor Dim a Pierre Durette Catherine Girard-Bond Olga Kononova Daniel Lachance Justine Lebeau Mireille Nolet Armeno Simas JaniceTiefenbach Mariève Tessier *4 #r» trttrm Québec n Cl TOOT AUTOMH UQÀM 1J l’*}XTrm fh Qraga vielarts ¦MM Manai JHitlR LA MAGIE DU CRISTAL SWAROVSKI BONALDO la beauté n« suffi! P • i 2, le rayer (angle saint-Iaurent), Vieux-Montréal, qc t.514 287 9222 1.888.BONALDO www.bonaldo.ca ¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦i mmmmmn ( ( I LE DEVOIR.LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 NOVEMBRE 2004 E 7 e isr Performance sur fond noir SYLVIANE POIRIER Replis et articulations, vidéo de Manon De Pauw.REPUS ET ARTICULATIONS Manon De Pauw Galerie Sylviane Poirier 100, rue Amherst, espace 103 Jusqu’au 21 novembre BERNARD LAMARCHE Il n’y a pas très longtemps que l’artiste Manon De Pauw expose son travail en vidéo.De fait elle n’en est qu’à sa seconde exposition solo au Québec.Pourtant son travail, déjà, est difficile à ignorer.On retrouve actuellement une de ses pièces dans l’exposition Ils causent des systèmes, à partir des acquisitions récentes au Musée national des beaux-arts du Québec et à la galerie Sylviane Poirier, à Montréal, qui a rapidement décidé de lui faire une place dans son écurie.Et le triptyque vidéo actuellement en montre rue Amherst fait voir une belle assurance et confirme que personne ne s’est trompé à son sujet.Cela commence par trois points de suspension.Sur chacun des trois écrans, un petit cercle blanc, sur fond noir.Dès lors, on se dit que la pièce aura quelque chose de très pictural, que la peinture sera centrale dans ce vidéo en trois temps, qu’un jeu sur la planéité de l’écran vjdéo ne fait que commencer.A ce moment, on ne se doute pas que la surface noire sera bientôt une ardoise, tantôt un plan incliné, ou encore le plancher d’un atelier, bref, qu’elle sera non seulement un espace où toutes les projections de l’imaginaire pourront être supportées, mais aussi, malgré l’immatérialité de ce noir profond, une aire de travail bien tangible.Trois espaces de création ‘ L’ensemble prend de,s allures d’èxercices appliqués.A la suite de cette introduction, on voit l'artiste découper sa silhouette dans un papier noir sur un des écrans (rappelant le Matisse des papiers découpés), dessiner un cercle blanc avec une craie ou encore positionner une affiche sur laquelle on peut lire «Retenir son souffle» en lettres tout aussi noires que le fond d’accueil.De ces actions de départ, il en découle une série d’autres.Toutefois, on comprend que c’est toujours le corps de l’artiste qui est la mesure de toute chose.Le corps devient unité de mesure, alors que certains des mouvements esquissés par l’artiste proviennent du vocabulaire de la danse, notamment lorsque couchée au sol elle efface les lignes du cercle préalablement dessiné avec ses mollets et mime des mouvements habituellement réalisés à la barre fixe, transposés ici à l’horizontale (on y voit aussi une référence à Léonard de Vinci, mais ça, c’est une autre question).Autrement, pendant que le papier se fait découper sur l’écran de gauche, l’artiste s’installe au centre pour dessiner, au pochoir, des lettres qui formeront un énoncé à l’intérieur de la limite imposée par le cercle précédemment tracé.Sur le troisième écran, elle ajuste la feuille de papier pour que celle-ci soit alignée sur les angles de l’écran.Les transformations de chacun des tableaux rivent le regard sur place, chacune des actions ne pouvant être suivie sans rater des détails importants sur les autres écrans.Il résulte de ces performances un ballet dont il est intéressant de seulement suivre le rythme.L’artiste fait appel à des techniques propres à l’animation pour instaurer des sauts dans l’action, son corps se met à sautiller dans l’espace indistinct de la noirceur, glisse sur ce qu’on devine être un plan incliné (il le faut bien, mais on n’en est pas totalement certain), tourne autour du point blanc de départ, etc.Un sens du rythme bien maîtrisé engage le regard dans la durée.Et les lettres s’accumulent en une drôle de ronde, qui fait quelles se chevauchent: «choisir ses mots», «retenir son souffle», «rassembler ses idees».Une lois la première phrase écrite, l’artiste continue, effaçant les lettres pour faire place à d’autres.Et les jeux de blanc sur noir, ce noir qui relie les trois espaces de création, libèrent graduelle ment leur potentiel visuel.Ce qui retient dans cette exposition complétée par une autre projee tion et des images photographiques tirées de la bande een traie, c’est qu’elle met à contribu tion les plans narratifs et tonnels dans un amalgame où le statut de l’œuvre, au final, est mis en cause.En quelque soi te, les actions et la bande vidéo se disputent ce statut.C’est de cette façon, egalement.que l’artiste parvient dans cette œuvre à soutenir l’intéièt.La caméra et sa manière d’aplanir les espaces, de limiter les repères spatiaux, est admirablement exploitée par De Pauw.De plus, sa bande contient des moments de pure poésie, alors qu’au bout d’une courte lutte avec elle, elle étreint la feuille tie papier où est écrit «retenir son souffle».Partout dans ces bandes est distillé un discours méta, qui vient qualifier les ac lions de l’artiste au moment même où elles se produisent: mettre de l’ordre dans ses idées, s’organiser, etc.Et à la fin de la séquence avec la feuille de papier, la page complètement chiffonnée se transforme en un petit nuage qui semble flotter dans le vide de la noirceur.Et la boucle de se boucler.Chacune des bandes se termine comme elle avait commencé, lœs trois points de suspension viennent dire que toute cette gestuelle provient de l’abstraction, des espaces vides que l’artiste remplit de ses recherches.En cela, c’est une belle réussite.Ces trois points blancs, qui articulent à eux seuls tout l’espace de la vi déo, viennent aussi dire que, même si l’approche de Manon De Pauw est systémique, les pos sibilités de cette mise en scène sont illimitées.Le Devoir MÉDIAS Place à la radio jazz ! w ; * JACQUES GRENIER LE DEVOIR André Ménard, de Spectra, qui agit comme président et directeur artistique de Couleur Jazz, et Raynald Brière, le président de Radio-Nord.PAUL CAUCHON A près des années d’espoir, des xA-mois de retard, des attentes démesurées et encore des délais, on y est presque: Couleur Jazz, la fameuse radio jazz de Radio-Nord et de Spectra, doit entrer en ondes ce mois-ci à Montréal, au 91,9 FM.D’abord prévue pour cet été, puis pour le 20 novembre, l’entrée en ondes est maintenant fixée autour du 30 novembre.On ne peut pas dire que le bébé est prématuré! ; Un événement rare, puisque les nouvelles fréquences à Montréal sont accordées au comptegouttes.La dernière fréquence véritablement nouvelle dans la région montréalaise remonte à il y a quelques années, avec l’entrée en ondes de la radio classique de Jean-Pierre Coallier (on ne parle pas du changement de programmation de fréquences déjà existantes, comme l’ancien COOL devenu le «FM parlé» ou la transformation de la Chaîne culturelle en Espace musique).C’est aussi une étape majeure pour l’entreprise Radio-Nord, qui rêvait depuis plusieurs années de prendre pied à Montréal.Pour gérer cette croissance, Radio-Nord s’est trouvé en août dernier un président de grande expérience, Raynald Brière, qui venait de quitter la présidence de TVA mais qui a œuvré pendant 20 ans dans le domaine de la radio.«Radio-Nord a 55 ans d’histoire, explique Raynald Brière, et c’est une étape vraiment importante pour nous.» L’entreprise possède actuellement 12 stations de radio au Québec (ça lui en fera 13 avec Couleur Jazz) et quatre stations de télé en Abitibi et en Outaouais.S’appuyant sur la création de Couleur Jazz, Radio-Nord vient tout juste de présenter une demande pour une station exactement similaire à Québec, dans le cadre d’une audience du CRTC qui se tiendrait l’hiver ou le printemps prochain.Et Radio-Nord propose également de créer en Outaouais une station de type «rock urbain».«Notre objectif, c’est de créer un corridor Gatineau-Montréal-Québec, de créer une masse critique pour développer un marché d’annonceurs nationaux», explique-t-il.Une formule à inventer Radio-Nord est propriétaire à 75 % de Couleur Jazz: elle apporte son expertise dans le domaine de la radio et Spectra, propriétaire à 25 %, apporte évidemment son expertise en matière de programma- tion jazz, puisque l’entreprise est maître d’œuvre du Festival de jazz de Montréal depuis 25 ans.Mais en matière de station jazz, «la formule est à inventer, explique André Ménard de Spectra, qui agit comme président et directeur artistique de Couleur Jazz.Les stations jazz actuelles au Canada sont plutôt de type “smooth jazz”, ce qui est un format particulier.Notre station cherche à inventer une nouvelle formule, très proche du type de programmation offert par le Festival de jazz de Montréal».Il faut donc prévoir une programmation plutôt éclectique, qui va flirter avec les musiques du monde et la chanson française jazzy, que ce soit Nougaro ou Sylvain Lelièvre, exactement à l’image du festival montréalais.La station s’adresse à tout le monde, mais les dirigeants savent que la cible moyenne de l’auditoire se situe autour de 40 ans.Couleur Jazz prévoit présenter une émission du matin de 6h à 8h30, avec différentes informations «essentielles» (nouvelles, sport, météo), une émission de retour à la maison de 16h à 19h, de longues plages musicales dans la journée, des soirées plus proches du blues, un palmarès jazz et musiques du monde le samedi matin, et ainsi de suite.André Ménard se fedt plaisir puisque de midi à 13h il sera lui-même en ondes avec Yves Laramée, pigeant dans sa propre collection de disques.Il faut dire qu’une bonne partie de la discothèque de la nouvelle station pige dans l’impressionnante collection de disques de Ménard, qui compte au moins 10 D90 CD.Denis Grondin est directeur de la programmation et Ralph Boncy, directeur musical.La radio est installée rue Laurier, à Montréal.Il avait été question qu’elle soit logée dans le Complexe Spectrum, un vieux projet de l’empire Spectra rue Sainte-Catherine, mais c’est un projet qui est sans cesse retardé.H reste donc à voir si le public sera-au rendez-vous.et si la station sera bien prête pour le 30 novembre.Pour Raynald Brière, Couleur Jazz s’inscrit dans la tendance lourde du monde de la radio: «La radio spécialisée va se développer de plus en plus, de la même façon que le monde de la télévision a été marqué par le développement de la télévision spécialisée, dit-il.Car les goûts musicaux des gens sont beaucoup plus variés que les formats standards actuellement offerts par la majorité des radios commerciales.» Le Devoir Radio-Nord vient de présenter une demande pour une station similaire à Québec = MAC MUSÉE D'ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL Québec ïï Du 11 novembre 2004 au 3 avril 2005 Michel Goulet Part de vie, part de jeu Musée d'art contemporain de Montréal 185, rue Sainte-Catherine Ouest Métro Place-des-Arts (514) 847-6226 www.macm.org Entrée gratuite les mercredis de 18 h à 21 h.•5> L * .1" 44- 0 «+.r».* 4" &—.-4-.4 «jU -41 • * 4* - 4- -v- * -i » ¦>- ?t % -4 -f * 4—.i -"i-4.4*-~ 4 *‘¦•“4"-.-j—?¦•'•*7 ^ | -jf‘x -j - j —4—i • -•‘j- *’4 *4"-f T T 1 T ?v «ta- 4 i—y-'-f1 4-4-4 f I 44-^-!-4* 4- f - * : b .LJ 4 *.» « ! -Afc-r~4~T- '4-4- f 4 A Photo; Richard-Max Tremblay N i LE DEVOIR.LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 NOVEMBRE 2004 y '/ EXPOSmONS aotvj .20 OCTOBRE au 15 DÉCEMBRE I Lucie Jolicoeur Côte / Glen LeMesuner / Marie Roberge / ^ ^ W m Khosro Berahmandi / Katée Monette ! Chantale Samtonge / fc 7 /// INFORMATIONS : 514-861-4378 www.gesu.net/// p ûm o ’K DEPUK OLTOTM) EST PARTI oejattonu Ffançae a s.-l f.-Ffanœ/Riissie.2003.102 mil (8) Lundi 15 novembre 19 h 30 Rien en commun Le cinéaste Roger Michell explore encore une fois un autre type de réalité avec Enduring Love MARTIN BILODEAU Il est vrai que son nom est moins connu que les titres de ses films.Il est vrai aussi que la critique se montre en général plutôt circonspecte à son endroit Or la meilleure comédie romantique britannique de la dernière décennie (Notting HUI), c’est lui qui l’a réalisée.La meilleure adaptation à ce jour d’un roman de Jane Austen (Persuasion), c’est également à lui qu’on la doit Même l’histoire de cul la plus dérangeante de la dernière année (The Mother) est l’œuvre de Roger Michell.Son septième long métrage, Enduring Love, prend l’affiche de l’AMC Forum ce week-end.Tiré du formidable roman Délire d'amour d’Ian McEwan, ce thriller psychologique oppose deux hommes qui n’ont rien en commun.Joe (Daniel Craig), écrivain et professeur d’université BCBG, vit avec sa conjointe (Samantha Morton) à Londres.Un jour où le couple pique-nique dans un pré, Joe se porte au secours d’un enfant prisonnier d’une montgolfière qui menace de s'envoler.Plusieurs hommes suivent son exemple et l’un d’eux perd la vie.Dès cet instant traumatisant, Jed (Rhys Ifans), qui faisait partie des secouristes, se lance à la poursuite de Joe, déclarant qu’il est amoureux de lui et prétextant que Joe partage ses sentiments.À mesure qu’il repousse Jed, Joe lutte contre la culpabilité qui, depuis l’accident, l’assaille.Si bien que son comportement, face à lui-même et face aux autres, devient de plus en plus étrange.«Sans le reconnaître, il se sent attiré par Jed parce qu'il pense que celui-ci possède certaines réponses aux questions qu’il se pose au sujet de sa responsabilité dans l’incident à l’origine de leur rencontre», m’expliquait Roger Michell lors du dernier Festival international du film de Toronto, où la première nord-amé- ï» » i» f» I» t» » i» » i» m » i» » » & i» Récital D’Orgue Organiste ÉDITH BEAUUEU Chapelle des Frères Maristes 14, Chemin des Patriotes Est St-Jean-sur-Richelieu (Iberville) (autoroutes 10 et 35) Dimanche le 14 novembre à 20 h 00 frEntrii /lirt - Projection tur term .Qèncerts de musique , mdeehmbv dSllega 24" saison piano Dorothy Flaldman Fraiberg violon Yukari Cousineau violon Julie Triquet alto Marie-Claire Cousineau violoncelle Vincent Bernard contrebasse Reuven Rothman Oeuvres de Mozart, Dvorak S Glinka jeudi 18 novembre, 20 heures Salle Redpath.Université McGill Entrée libre En vertu d’une entente avec la Fédération Améncane des Musiciens (A.F.M.).les compagnies de disques subventionnent en partie cet Mnement mustti ixxtf promouvoir la musw de ta Guide des Musioens du Québec -i ?ml NICOLA DOVE «Je ne me vois pas refaire chaque fois le même film», explique Roger Michell, le réalisateur de Enduring Love et de Notting Hill.ricaine d’Enduring Love a eu lieu en septembre dernier.«Ils sont deux vases communicants.Ils deviennent tellement liés, biologiquement, qu’ils ont besoin l’un de l’autre», poursuit le cinéaste, au demeurant peu loquace.«J’aimais bien cette idée de faire jouer deux personnages diamétralement opposés par deux acteurs qui, physiquement, ne sont pas vraiment dissemblables.Craig et Ifans sont tous deux blonds aux yeux bleus et, spirituellement, à mes yeux, ils représentent la face opposée d’une même pièce.Au beau milieu du film, le spectateur peut se demander lequel est le plus fou des deux», résume Roger Michell (prononcez «Michèle», à l’anglaise).Le poids des regards Le cinéaste de 47 ans s’est dit interpellé, en premier lieu, par la façon dont le livre de McEwan Rien n’est plus différent d’un film de Roger Michell.qu’un autre film de Roger Michell parle d’amour.Plus précisément du grand angle avec lequel il l’aborde, le titre original (Enduring Love) évoquant à la fois l’amour qui dure et l’amour qu’on endure.Tandis que Joe endure cet amour de Jed, il s’interroge sur la durée du sien auprès de Claire.«C’est un personnage intelligent, tourmenté, qui rationalise les choses.Il essaie de raccorder ses sentiments à ses théories, ce qui, pour lui, devient de plus en plus difficile à faire.» Natif d’Afrique du Sud mais Britannique jusqu’au bout des ongles et Londonien dans l’âme, Roger Michell, avant chaque film, travaille avec les acteurs.Pas tant, dit-il, à construire leurs rôles qu’à travailler l’architecture des scènes.«Je répète toujours seul avec les acteurs, dans une pièce éclairée par la lumière du jour.Dans cet espace, ils peuvent jouer sans autre témoin qu’eux-mêmes et moi.C’est important parce que, sur un plateau, les acteurs sont ceux que tout le monde regarde.C’est important pour moi de leur donner cet espace et deles délivrer, ne serait-ce qu’un temps, du poids des regards.» Ce poids des regards, Michefi n’en a que faire dans la vie.A preuve, rien n’est plus différent d’un film de Roger Michell.qu’un autre film de Roger Mi-chell.Le cinéaste s’étonne que, sur le plan formel, les critiques considèrent ses films comme étant très différents les uns des autres.En fait, il s’en amuse bien plus qu’il s’en étonne.«Chaque film est un prototype de quelque chose.Tous mes films ont leur sujet, leur esthétique, leur personnalité.» Le cinéaste reconnaît toutefois que du lot, Notting Hill constitue l’accident «C'est un bel accident, mais je dois préciser que ce n’est pas le film le plus emblématique de ma démarche.» Lui qui a fait suivre le tournage de Notting Hill par un film diamétralement opposé (en l’occurren-çe Changing Lanes, tourné aux Etats-Unis) voit d’un mauvais œil cette prolifération de comédies romantiques (Love Actually, Bridget Jones), manufacturées par ses confrères british à l’intention du marché américain.«Je ne me vois pas, comme eux, refaire chaque fois le même film», déclare ce père de famille enraciné dans le quartier de North London, où se déroule une partie de l’action à’Enduring Love.Les Etats-Unis, il a donné et il donnera encore, mais le climat de son pays, pour l’instant, lui convient mieux.«En Grande-Bretagne, j’ai fait en deux ans deux films qui me tenaient vraiment à cœur.Alors, on peut dire que je jouis là-bas d’une certaine liberté», répond-il à ma question, inévitable, sur ses envies d’aller s’établir à Hollywood.«Je ne pense pas que ce soit un cheminement naturel pour un cinéaste européen.» Michell sait surtout qu’au terme de courtes lunes de miel, ses compatriotes Neil Jordan, Stephen Frears et compagnie sont tous rentrés au bercail.Un rite initiatique et libérateur ENDURING LOVE De Roger Michell Avec Daniel Craig, Rhys Ifans, Samantha Morton, Bill Nighy, Susan Lynch.Scénario: Joe Oenhall, d’après le roman d’Ian McEwan.Image: Haris Zambarloukos.Montage: Nicolas Gaster.Musique: Jere,my Sams.Grande-Bretagne-Etats-Unis, 2004, 100 minutes.MARTIN BILODEAU Porter à l’écran et transformer en action un roman dont l’essentiel se joue entre les deux oreilles du personnage principal tient du défi.Roger Michell n’a pas eu peur de le relever.La chose est d’autant plus méritoire qu’il y parvient sans traces d’effort.Enduring Love, d’après le roman Délire d’amour d’Ian McEwan, est un thriller psychologique intense qui défile comme une cascade de moments clés et d’instants de grâce, certes oblitérés, par intermittence, par une musique trop appuyée et une direction artistique trop voyante.Michell (Rotting Hill, Changing Lanes) oppose dans ce film deux hommes, Joe (Daniel Craig) et Jed (Rhys Ifans), Tun professeur de lettres, porté par une foi rationnelle, l’autre un oisif illuminé par la foi de Dieu qu’il porte avec la ferveur d’un Jean le Baptiste.C’est d’ailleurs un amour divin que ce dernier voue à Joe, qu’il a rencontré lorsqu’ils ont tenté de retenir au sol une montgolfière dont un enfant était retenu prisonnier.Depuis, Joe a sur la conscience la mort d’un des secouristes et Jed alimente cette culpabilité, voire l’incarne par sa persévérance à suivre Joe partout, tout le temps.Car Jed est convaincu que Joe Taime en retour mais qu’il ne peut s’abandonner à lui parce qu’il est enchaîné à Claire (Samantha Morton).Comme son personnage principal, la mise en scène de Michell obéit à des intuitions très cérébrales.Afin de prolonger le vertige de la scène du sauvetage (remarquablement découpée par Nicolas Gaster), Michell multiplie les passerelles, les escaliers, les fenêtres panoramiques, bref, les mouvements en hauteur ou vers le haut D’où l’impression qu’on ressent tout au long du film, de le regarder depuis une montgolfière, comme si nous étions suspendus entre la terre et le ciel, entre Joe le rationnel, qui peu à peu perd pied, et Jed lilluminé, qui simultanément s’enracine.Rassurez-vous: au-delà de quelques symboles un peu trop visibles, Michell ne nous livre pas tous leurs secrets.En entrevue (voir ci-contre) comme dans ses films, le cinéaste ne cache rien mais ne dit pas tout.De façon presque clinique (un décor moins frigorifique aurait cependant communiqué le même message), il observe une série de réactions en chaîne, dont les sens se multiplient comme l’écho: l’impact de la folie de Jed sur Joe, l’impact de la déroute de Joe sur Claire, la réaction de celle-ci face au reste du monde, dont elle est en quelque sorte la garde-frontière, etc.Résultat: un véritable combat entre la raison et la déraison, avec crescendo dramatique culminant sur la mort des illusions et la naissance de nouvelles.En ce sens, l’expérience d'Enduring Love tient du rite initiatique et libérateur.Initiatique parce qu’il remplit sa promesse de transformer notre regard sur le monde, pendant et peut-être après le film.Libérateur parce que, comme dans la vie, beaucoup de questions demeurent sans réponses.NICOLA DOVE Rhys Ifans joue le rôle de Jed, dans Enduring Love.DANIEL LAVOIE COMÉDIES HUMAINES DAMIEL LA VOIE COM! DI! S l'UMAlMS «13 titres de haute tenue.,écriture brillante.,.wix irréprochable» - La Presse «Un véritable coup de cœur.ratralchlssant !» • Cité Rock Détente 107,3 FM «C’est fou le talent de ce grand gars» - Le Devoir «Un opus travaillé en détails et gui séduit dès la première Écoute» - TVA Salut bonjour! «Un disque de ce genre-là finit souvent par être un ami» - Le Figaro «Finement ciselé.quelle belle voix.Un très bon album»-CMC 730 m ï \ ; w ALBUM DISPONIBLE DÉS MAINTENANT MARMALOU^' Ml&QGn iNC «TuisivwctKin Ô SELECT EN SPECTACLE DU 17 AU 20 NOVEMBRE AU CORONA, MONTRÉAL DU 25 AU 27 NOVEMBRE AU CAPITOLE, QUÉBEC „ / BILLETS : (514) 931 2088 OU (514) 790 1245 / BILLETS : (418) 694-4444 OU 1 (800) 261-9903 Telemann g.ensemble de musique ancienne aux instruments d époque CLAIRE GUIMOND OlRtCTHlCF, AK*Tl?T IOUL les vendredi et samedi 19 et 20 novembre 2004 1 20h Salle Redpath.Université McGill le dimanche 21 novembre 20041 t4h Théâtre Paul-Desmarals du CCA SOLISTES: Matthias Mautc et Sophie Lartvlére flûtes à bec, Claire Guimond et Mika Putterman flûtes baroques.Jaap ter Linden, viole de gambe CHEF INVnf : Jaap ter Linden, violoncelle baroque Commanditaire principal K*ra rOOPOHATHN DU CANADA Renseignements et billetterie (514) 355-1825 ou arion@early-music.com Tarifs induces) régulier 30$ aînés 23$ étudiants 15S LE DEVOIR ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE LAVAL 2004.05 %EN Série « Carte blanche Desjardins » Histoire du soldat (version théâtrale] le 24 novembre 2004,20 h Maison des arts de Laval Jean-François Rivest, chef Frédéric Desager, mise en scène Julie Vincent, direction artistique-théâtre Paul Savoie, Éric Cabana, Sylvain Marcel, Julie Vincent et Pascale Oelhaes, comédiens VOLVO LAVAL Admission : 514 790.1245 Billetterie : 450 447.2040 Salle André-Mathieu, 475, bûut.de l’Avenir Laval LE DEVOIR.LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 NOVEMBRE 2004 E 9 "7l année pour le cinéma d'auteur! 7e 1 /*// distribution inc.7a rt a s\ mpatico.ca Daniel l{ouehard (51-1) 523-3004 4 Tl o m o e x Ce n t r i s hoiaiies S14 847 2206 www.ex-centris.com - 1- J > ' 1 SI- SOURCE CAPRI FILMS Carol Burnett dans Broadway: The Golden Age, de Rick McKay.' '* ¦- Oh lies beaux jours.BROADWAY: THE GOLDEN AGE Réalisation, scénario, image et montage: Rick McKay.États-Unis, 2004,111 min.ANDRÉ LAVOIE Ayant grandi en Indiana, le cinéaste Rick McKay ne connaissait de Broadway que les réclames qui tapissaient le New York Times.D lui suffisait de lire le nom d'une star pour s’imaginer aux premières loges, hurlant des bravos à Julie Harris ou à Ben Gazzara.Débarqué à New York au début des années 80, McKay croit depuis lors qu’il est né au mauvais endroit au mauvais moment: après «l’invasion britannique» personnifiée par Andrew Lloyd Webber (Cats, Les Misérables, etc.), le visage de Broadway s’est flétri, puis a vendu son âme à Walt Disney.Entre la fin de la Deuxième Guerre mondiale jusqu’à l’électrochoc causé par Hair, Rick McKay SOURCE CAPRI FILMS Le réalisateur Rick McKay.considère cette période comme l’âge d’or de Broadway, époque bénie où l’on croisait, sur scène et dans la rue, Tennessee Williams, Leonard Bernstein ou Bob Fosse.Pendant cinq ans, caméra numérique en main, il a rencontré une centaine d’acteurs, de metteurs en scène et de compositeurs pour leur soutirer quelques réflexions sur le lustre d’antan de ce territoire qui offre, à l’égal du West End londonien, le meilleur (et le pire.) du théâtre anglo-saxon.Porté par la nostalgie d’un temps qu’il n’a pas connu, McKay se présente à eux non pas en do-cumentariste appliqué mais en admirateur aveuglé par la lumière de tant d’étoiles, recueillant leurs propos comme des offrandes.Il est vrai que sa galerie possède du panache (Frank Langella, Kim Hunter, Charles Durning, Jerry Orbach, Angela Lansbury, Eli Wallach, etc.), mais cette avidité à accumuler les confidences semble l’avoir privé de tout discernement.Broadway: The Golden Age ressemble à ces interminables soirées de diapositives de voyage.Peu importe qu’ils débitent des lieux communs ou répètent tous la même chose, McKay leur accorde une place, souvent minime, question de leur prouver qu’ils n’ont pas perdu leur temps en sa compagnie.On ne pourra donc échapper à la rengaine sur ce bon vieux temps où tout ne coûtait rien, entre autres les places au théâtre, de la supposée camaraderie entre artistes et de ces hasards qui changent une vie, comme McLai-ne remplaçant Carol Haney à quelques minutes d’avis dans The Pajama Game pour se voir offrir, le soir même, un alléchant contrat à Hollywood.Il est vrai aussi que l’on s’amuse d’entendre Carol Burnett raconter qu’elle et ses compagnes de chambre se sont payé une robe, une seule, pour leurs auditions: la locataire du jour la remettait le soir au placard fraîchement nettoyée.Dans ce chapelet d’anecdotes émergent, à l’étonnement du cinéaste, trahissant ainsi une recherche superficielle, les actrices Laurette Taylor et Kim Stanley, dont plusieurs évoquent le souvenir, et l’influence, avec une sincère admiration.Taylor, dont le jeu était d’un naturel confondant, fut la première à défendre le rôle de la mère dans La Ménagerie de verre, Stanley, électrisante, faisait un malheur dans Bus Stop et certains affirment à mots couverts que Marilyn Monroe l’a imitée sans gêne au cinéma.Comme elles n’ont guère connu une brillante carrière à Hollywood, leur mythe ne persiste que dans les coulisses de Broadway.Dans un chapitre intitulé The Wild One, ils sont intarissables sur Marlon Brando, celui qui a réussi à régner sur tous les fronts avec la même suprématie.Le cinéaste a déniché un enregistrement sonore de la création d’Un tramway nommé désir alors que Jessica Tandy défendait le rôle de Blanche Dubois face à un Brando déjà entré dans la légende.Cet extrait d’archives et d’autres aussi fascinants (dont celui sur la production originale de West Side Story) représentent quelques moments de grâce dans ce concert de lamentations sur un temps révolu, et pour plusieurs, de moments de gloire à jamais disparus.RENCONTRES iNTERNATiONALES DU DOCUMEN1AIRE DE MONTRÉAL, 100 films / 10 jours / 20 pays Sélection internationale *** * Hommages Jean Rouch, Esther Valiquette^»J ^ ï Cl Cl _ rira Q Téléfilm Canada 5?< I K i( R Montreal 9 Rétrospectives j Bernard Émond, Claire Simon, Ron Mann USA : vérités et mensonges Tables rondes Projections-débats Classes de maître Doc amateur Renée Zellweger reprend le collier de Bridget Jones BRIDGET JONES: THE EDGE OF REASON Réalisation: Beeban Kidron, Scénario: Helen Fielding et Andrew Davies, d’après le roman d’Helen Fielding.Avec Renée Zellweger.Colin Firth, Hugh Grant Gemma Jones, Jim Broadbent James Faulkner, Celia Imrie.Image: Adrian Biddle.Musique: Harry Gregson-Williams.ODILE TREMBLAY Redonner vie à Bridget Jones n’était pas une mince décision pour l’actrice américaine Renée Zellweger.Dans un premier film, elle avait prêté vie à cette célibataire londonienne née sous la plume d’Helen Fielding, devenue emblématique des trentenaires gaffeuses et grassouillettes.Le public s'était attaché à son personnage en perpétuelle remise en question, qui s’analyse, se retrouve toujours à côté de ses pompes, mais découvre enfin l’âme sœur en la personne du bel avocat Marc Darcy (Colin Firth), le monsieur parfait Avec de nouveau l’accent britannique, engraissant ou plutôt gonflant comme un ballon, Renée Zellweger a repris le collier.C’est d’ailleurs son jeu et son personnage qui font rire et portent le film.N’eût été cette Bridget Jones qui se met les pieds dans les plats entre pleurs et minois pince-sans-rire, on s’ennuierait ferme, tant l’histoire est mal cousue et ses péripéties parfois carrément invraisemblables.Beeban Kidron a succédé à Sharon Maguire à la réalisation, et il s’en tire avec moins de succès, d’autant que la musique appuie chaque effet de sa grosse caisse.Courant à la suite de Bridget de Londres à la Thaïlande, en passant par les Alpes suisses, le spectateur s’essouffle un peu.Le scénario repose davantage sur une série de sketchs plus ou moins réussis que sur une vraie histoire qui se tient debout Le debut est bien longuet mais permettra à la demoiselle, devenue journaliste à succès, de perdre son amoureux (Colin Firth), après l'avoir soupçonne de la tromper avec sa belle adjointe aux jambes interminables.On a droit aussi au choc de leurs deux mondes, elle plus populiste, lui distingue.Rupture donc.L’action s'emballera quand notre journaliste-vedette s’envolera en Thaïlande avec une copine pour un grand reportage.L’ex de Bridget, le beau Daniel (Hugh Grant), est à bord et la menace de toute sa séduction.Comment l’héroïne se retrouvera en prison avec la drogue d'un autre après avoir ingurgité quelques champignons et résisté aux avances de Daniel, tel est le clou du film.De gags en situations embar passantes, mal attifée, plus grosse encore que dans le premier film, plus naïve aussi, Renée Zellwe- ger-Bridget Jones parvient pourtant à rendre risible l’âme romantique de l'héroïne, et presque à faire avaler que de beaux mecs comme ça s'entretuent pour gagner ses faveurs.Certains gags sont drôles: Bridget sur des skis, Bridget en prison parmi les Thaïlandaises médusées, Bridget éclaboussée par une voiture ou tâchant de marcher sur de hauts talons.D’autres tombent à plat.Mais force est de constater que le personnage tient désormais tout seul et pourrait connaître une vie en clips, comme Mister Bean.Reste que le film lui-même, où les parents de Bridget, joués par Gemma Jones et Jim Broadbent, tiennent une place hélas beaucoup plus restreinte qu’autrefois, s’effiloche.Les autres rôles sont devenus des faire-valoir de Bridget.L'histoire n'a plus d'importance et le cinéma s'y transforme en simple support à un stand-up comic.Le Devoir SOURCE ALLIANCE ATIANTTS VIVAEILM Renée Zellweger-Bridget Jones parvient à rendre visible l'âme romantique de l’héroïne, et presque à faire avaler que de beaux mecs comme ça s’entretuent pour gagner ses faveurs.Montréal JT CAFE CAMPUS 1er décembre 2004, 20 h BILLETS — 20$ EN PRÉ-VENTE — 25$ A LA PORTE Admission 514-790-1245 / www.admission.com L’Oblique 514-499-1323 / 4333, rue Rivard Les Anges vagabonds 514-527-8174 / 1899, avenue du Mont-Royal Est Stanley Péan ! ¦ruai* Jay Atwill Martin Auguste Jean Beaudet Alain Bédard Alex Bellegarde Rémi Bolduc François Bourassa Didier Boutin Alex Côté Jean Derome Urbain Desbois Michel Donato Chet Boxas Jim Doxas Aaron Doyle Normand Guilbeault Ivanhoe Jolicœur Norman Lachapelle Serge Lavoie Richard Léveillé Zack Lober Frank Lozano Catherine Major Denis Mailloux François Marcaurelle Roberto Murray Charles Papasoff Joël Prenovault Sylvain Provost Yannick Rieu Georgi Stankov Pierre Tanguay Carole Therrien Dave Turner Jean Vanasse Virgo Karen Young Jean-Pierre Zanella ¦illMMUiliJM Jean-Paul Daoust José Acquelin Fortner Anderson Kim Doré î CAOMPUS LE QUAI DES Bl LION m)R Jit ESPACE MUSIQUE * 100.7“ U fl I U I 0 S LE PROMENTIEU LA LISTE"" 86 6338^3 E 10 LE DEVOIR, LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 NOVEMBRE 2004 Tl om ^ Il U m uj Une bouillie.d’une sidérante beauté THE POLAR EXPRESS (BORÉAL-EXPRESS) De Robert Zemeckis.Scénario: Robert Zemeckis, William Broyles Jr, d’après le livre de Chris Van ADsburg.Image: Don Burgess, Robert Presley.Montage: R Orlando Duenas, Jeremiah O’Driscoll.Musique; Alan Silves-tri, Glen Ballard.Etats-Unis, 2004,90 minutes.MARTIN BILODEAU The Polar Express aurait voulu confirmer l’hypothèse des spécialistes qui, depuis le 3 novembre, soutiennent que les Américains ont voté selon leur morale qu’il ne s’y serait pas mieux pris.Sous le couvert d’une frontière de l'animation à repousser et de la magie de Noël à prolonger au delà de l’enfance, le nouveau film de Robert Zemeckis se révèle être, comme ses précédents Forrest Gump et Cast Away, une profession de foi et une exhortation à croire au divin.Dans la première scène du film apparaît le lit de son petit héros, couvert d’un édredon rayé rouge et blanc, calqué sur le design du drapeau américain.Le ton est donné, et rien de ce qui suivra n’atténuera le parfum morâlo-patriotico-bonbon dans lequel Zemeckis a enveloppé son film d’animation, le premier qu’il réalise depuis Who Framed Roger Rabbitt?, en 1988.Tiré du très populaire livre pour enfants du même nom (signé Chris Van Allsburg), The Polar Express se présente pourtant comme une odyssée plutôt conventionnelle au pays de l’imagination d’un enfant endormi.Un enfant qui, en cette veille de Noël, cache mal son amertume devant la fatalité d’un père Noël qui n’existe pas.Au beau milieu de la nuit, un train s’arrête à sa porte et un contrôleur, qui a le visage de Tom Hanks, l’invite à monter à bord et à prendre la direction du pôle Nord.A bord du train: des enfants qui, comme lui, ont perdu la foi et qui, au terme de ce pèlerinage semé d’embûches, la retrouveront Je passe ici sur les archétypes agaçants qui sont du voyage, de même que sur les chevauchements obligés avec Le Magicien d'Oz et Harry Potter.Difficile toutefois d’en faire autant avec le scénario, qui manque singulièrement d’épaisseur.Si bien qu’entre le point A et le point B de film ne va guère phis loin), les scénaristes (Zemeckis en tête, et sûrement quelques psys et «logues» de tout acabit) ont procédé à un remplissage de périls redondants qui forcent le courage et d’embûches répétitives qui renforcent l’idéologie chrétienne du gamin en cette heure critique où il contemple l’abîme de la pensée autonome.Une question: pourquoi donner une telle poussée de croissance au cinéma d’animation si c’est pour l’ensevelir sous des histoires réactionnaires et rétros?Car progrès il y a, et le film devrait — pour cette raison, et c’est ce qu’il y a de plus embêtant — passer à l’histoire.En effet, le cinéaste a couvert de sen-seurs les visages d’acteurs, à qui il a ensuite fait jouer toutes les scènes du film.Les mouvements enregistrés ont ensuite été transférés par ordinateur dans des décors d’une beauté sidérante.Jamais avait-on vu dans un film d’animation une telle perfection dans les détails, notamment dans la texture de la peau, des matières, des tissus.Autre question: est-il possible de pousser des ah! et des oh! en avalant pareille bouillie?SOURCE ALLIANCE ATLANTIS VIVAFILM The Polar Express se présente comme une odyssée plutôt conventionnelle au pays de l’imagination d’un enfant endormi.Mon bikini, mon diamant, ma brosse à dents AFTER THE SUNSET (V.F.: COMPLOT AU CRÉPUSCULE) Réalisation: Brett Ratner.Scénario: Paul Zbyszewski, Craig Rosenberg.Avec Pierce Brosnan, Salma Hayek, Woody Harrelson, Don Cheadle.Image: Dante Spi-notti.Montage: Mark Hejfrich.Musique: Lalo Schifrin.Etats-Unis, 2004,97 min.ANDRÉ LAVOIE Brett Ratner rêvait sans doute de sable fin et de soleil couchant en acceptant de mettre en boîte After the Sunset, mais il caressait peut-être le désir secret de livrer un petit thriller aussi sexy qu’Ocean 's Eleven et dont la mécanique pourrait se comparer aux meilleurs films de David Mamet Nullement l’égal de Steven Soderbergh, Ratner, amateur de bagnoles (Rush Hour et Rush Hour 2), préfère rouler en toute tranquillité, profitant ainsi des beautés des Bahamas.C’est là qu’un célèbre cambrioleur, Max (Pierce Brosnan dans une version Club Med de James Bond), surnommé le «roi des alibis», a pris sa retraite avec sa complice Lola (Salma Hayek, qui laisse peu de parties de son corps à l’imagination.), jamais blasée d’être en vacances perpétuelles.Cellesci seront toutefois de courte durée puisque Stan (Woody Harrelson, tramant encore sa bouille d'ahuri), un agent du FBI, croit enfin pouvoir les pincer, après des années d’humiliations où, chaque fois, Max file entre ses doigts, emportant avec lui de somptueux bijoux.Dans un paquebot de luxe faisant escale dans leur De paradisiaque, un magnifique diamant ayant appartenu à Napoléon est à la vue de tous et Stan est convaincu que Max prépare un ultime coup d'éclat pour le dérober.Le cambrioleur repenti jure que non, mais on ne change pas si rapidement ses bonnes habitudes, d'autant plus que sa réputation le précède, ayant été contacté par un gangster des environs (Don Cheadle) pour profiter de ses services.Ce petit jeu du chat et de la souris l’amène à sympathiser avec Stan, toujours persuadé que Max, malgré les supplications de Lola, va tenter te tout pour le tout Visiblement devant comme derrière la caméra, tout le monde semble en vacances dans After the Sunset.Tant qu’à profiter des splendeurs du paysage, Brett Ratner ne se prive jamais de vertigineux panoramiques ou de plans d'inspiration cartes postales, encombrés de palmiers, de bikinis (ou les fils ténus qui en tiennent lieu) et de drinks exotiques aux couleurs aveuglantes.Devant pareil déballage, on est en droit de se demander si une intrigue quelconque ne serait pas cachée dans un cocotier.En frai> pant quelques coups, on découvre un scénario fard de mensonges qui réussissent à peine à méduser ceux à qui ils sont destinés et de gadgets pour permettre à Brosnan de ne pas oublier son passé d’agent secret de Sa Majesté.S’il ne s'agissait que des seuls «crimes» de Brett Ratner, on ne se donnerait même pas la peine d'alerter la police, car il est bien difficile de réinventer les tours de passe-passe du vol du siècle.La chose apparaît moins pardonnable quand le spectateur prévoit les coups et ne s’étonne guère de la duplicité de certains personnages, qui d’ailleurs cachent bien mal leur jeu.Et avis à toutes les féministes et tous les militants de la cause gaie: la représentation des femmes (Hayek n’arrive pas à se faire cuire un œuf mais se dénude avec la précision d’une stripteaseuse) et de l’homosexualité (Harrelson et Brosnan partagent le même lit et la même crème solaire, quiproquos qui, bien sûr, ne remettent jamais en cause leur virilité.) nous ramène à l’àge de pierre, ou des premiers James Bond, ce qui revient au même.Et une fois le crépuscule se faisant nuit sur After the Sunset, on ne rêvera que d’un long black-out pour se reposer de ce cinéma de vacanciers.« Un film extrêmement intéressant, extrêmement fort.» René Homier-Roy, C'EST BIEN MEILLEUR LE MATIN, Radio-Canada « Mouawad s'inscrit avec originalité dans la lignée des surréalistes québécois.» Sandra Martin, The Globe and Mail « Mouawad s'impose comme un cinéaste à surveiller.» Allan Tong, TIFF DAILY UNE PRODUCTION DE BRIGITTE GERMAIN LITTORAL « road movie québécois m de Wajdî Mouawad m À L’AFFICHE! CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS! ?« Olivier Assays a signé son plus beau film.» Florence Colombani, Le Monde ?« Assayas, dans son plus beau tour de passe-passe.» Arnaud Malherbe.L'Express « Une interprétation remarquable de Maggie Cheung.» Luc Perreault, La Presse PRIX D INTERPRÉTATION FÉMININE ® CANNES 2004
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.