Le devoir, 3 janvier 2009, Cahier E
L E I) E VOIR.L E S S A M E I) I 1 0 0 !t ?C cinéma |.C’est seulement la joie d'explorer J< ,U habi- tudes, car c'est le début de la mort.J'ai:r Iravcner des mondes.Tout ce qui peut réenchanter, c 'est bon à prendre.Je n’aime pas être dans des zonts trop connues», affirme celle qui carbure au risque.Car risque il y avait dans ce plongeon à l'aveugk dans In-L Les critiques le lui ont d'ailleurs âpre ment rappelé à Londres, jugeant même que l'actrice usîüt à outrance de son statut de star pour éconduire le public.De cela, Binoche rit.VOIR PAGE E 2: BINOCHE Libérez-vous des idées reçues -?ledevoir.com/abonnement.html ?- Le devoir .corn Abonnez-vous au Devoir et bénéficiez d’une multitude de privilèges ¦ À votre porte tous les ¦ 25 articles par mois ¦ Rabais j usqu’à 49 % matins dans les archives depuis sur le prix en kiosque ¦ Revue de presse person- 1!)92 ¦ LAgenda, le guide de la nalisée par courriel ¦ Accès à 100 % du contenu télévision et I >KI.SK.\ métropole PRÉSENTEMENT À L’AFFICHE! V O ALLEMANDE AVEC S‘ 'US-tltutS fHANCAIS EX-CENTRIS 'r,iLi7».v.faKaVÏI'lS \mi V O AUEMANI* [UÊ FORUM 22l OON9ULTM 1.63 1 miincMKmAinrs |Tf R CINÉMAS wooDmtN 10OUBT millionaire SssK \V JS Ü3 Métro Place des arts - Autobus 80/129 [ CINÉMA DU PARC ' 3575 Du Pnrc 514-281-1900 | C INEMA PARAIL 3 L E Depuis plus de 40 ans C PRIX INNOVATION DANIEL LANGLOIS FNC 7008 ù/~COUP DE CŒUR DU |URV IL UN CERTAIN REGARD CANNES 2008 'i Valse avec Bashir * » ARtFOLMAN, 87 min, v.o.hébraïque, s.-t.f 7e ciel (Cloud 9| l*i 1 ''~ ANDREAS DRESEN, V6 mm, v.o.allemande, s-t.t.À L’AFFICHE JUSQU’AU 8 JANVIER 20091 POUR CONFIRMER LES HORAIRES: WWW.EX-CENTRIS.COM ou 514-B47-2204 EX-CENTRIS 3536 bout.Saint-Laurent.Montréal.Québec.H2X 2V1 billetterie.514 847 2206 | courriel: paraUeleOex-centns.com I www.ex-centrfs.CDm MARK BUNCH Le narrateur Bill Maher et le réalisateur Larry Charles, du film Religulous gèreté pour livrer un contenu jugé lourd.Heureusement, même si Daniel Leconte, dans C’est dur d’être aimé par des cons, observait les déboires judiciaires d’un journal satirique, il s’en est tenu à une saine distance devant leurs démêlés avec des islamistes qui n’entendent pas à rire devant des caricatures de Mahomet.Les documentaristes québécois ne s’encombrent pas d’une approche résolument comique, surtout lorsqu’ils débarquent à l’étranger.Et plusieurs l’ont fait avec un humanisme et une grâce qui les honorent.Car c’est en tendant la main que Carlos Ferrand effectue dans Americano sa traversée du continent latino-américain, doublée d'une plongée dans ses racines familiales et politiques, autrefois homme du Sud maintenant enraciné plus au Nord.Avec la même discrétion exemplaire, dans Up the Yangtze, le jeune cinéaste Yung Chang observe un paysage en radicale transformation pour mieux souligner les changements profonds qui bouleversent la société chinoise.Comment se vit ce communisme à la sauce néo-libérale?Ce ne sont pas des économistes ni des politiciens à la langue de bois qui répondent à la question mais de simples paysans et des gosses de riches: choc culturel garanti.Et que dire du plaidoyer contre la torture de Patricio Henriquez dans Sous la cagoule sinon qu’il donne froid dans le dos, peu importe le pays où elle est pratiquée, et 1e : que nos démocraties bien-pensantes feraient bien de demeurer vigilantes?Plus que jamais essentiel, tant dans le paysage documentaire que dans celui de la politique américaine, Errol Morris poursuit sa démarche inimitable, à mille lieues des brûlots brouillons.Refusant de croire que l’authenticité du réel au cinéma repose sur une technique bâclée, ses films sont un plaisir pour l’œil autant que pour l’oreille.Après Philip Glass, le compositeur Danny FJlfman a reçu la tâche délicate d’enrober toutes les horreurs évoquées dans Standard Operating Procedure, la reconstitution des faits entourant les célèbres photos d’humiliations de la prison d’Abou Ghraib, à Bagdad.Si les nombreux acteurs de cette farce macabre livrent leur version des faits — les hauts gradés de l’armée américaine et les politiciens brillent par leur absence, une fois de plus —, ceux-ci prennent forme dans une esthétique à la fois séduisante (Morris est un cinéaste publicitaire prolifique) et sordide.Tout cela fut d’ailleurs reproduit dans un studio de Los Angeles, là, tient à préciser le cinéaste avec ironie, où fui tourné la sitcom I Love Lucy.Pas besoin d’aller loin de chez soi pour entreprendre un voyage risqué, et revenir avec des souvenirs politiquement embarrassants.Collaborateur dit Devoir ¦e / c , 614 I.K I) K V U I H .LES S A M E I) I E T I) I M A N < Il E I .1 A \ \ I E H > Il (I II ICentris ^ EX-CENTRIS.COM / 514.847.2206 VALSE AVEC BACHIR / ALI FOLMi 13h00 - T7h20 - 21h05 BILANS Après le chaos ODILE TREMBLAY En 2009, sera lancé sur les écrans The Road de John Hillcoat, adapté de l’extraordinaire roman de Cormac McCarthy, une des œuvres postapocalyptiques les plus poignantes et sans espoir qui soit.Le film devait sortir en 2008, mais la post-production dura plus longtemps que prévu.Thème choc de l’année qui vient de s’écouler (et des prochaines, sans doute), les films abordant l’après-fin du monde ont été ces douze derniers mois si nombreux qu’on peut parler d’obsession collective.Les lendemains du 11-Sep-tembre, avec leurs guerres, leurs graves dérives écologiques — réchauffement climatique, épuisement des matières premières, etc.— suscitent l’angoisse: l'utopie n’est plus à la mode depuis des lunes et a été remplacée par la contre-utopie, celle des futurs atroces, appréhendés en chœur.Secret de polichinelle, les productions hollywoodiennes servent souvent d’outils de propagande.Certains, en haut lieu, veulent-ils préparer la population au pire?Dans le pire des scénarios post-apocalyptiques, on pourrait le craindre.Quand Disney se met de la partie, ça chauffe au Sommet.Encore que dans le cas de la charmante animation Wall-E d’Andrew Stanton, après la destruction terrestre, des robots parviennent à sauver une fleur, espoir d’une renaissance future, et le happy end est de la fête noire.Faut pas non plus décourager totalement les foules.Ratés Des films sur le sujet, il y en a eu plusieurs, certains ratés.M.Night Shyamalan nous a offert The Happening: un mal mystérieux, entraînant des suicides çollectifs, frappait l’est des Etats-Unis avant de s’étendre ailleurs.Allégorie de la pollution qui tue, ce film lançait un signal d’alerte écologique non masqué.Remake d’un film de 1951 signé Robert Wise, The Day the Earth Stood Still de Scott Derrickson a modifié la donne originale pour y insérer des considérations écologiques, même si la catastrophe est d’abord causée par l’arrivée d’un extraterrestre (Keanu Reeves) qui entend sauver la terre en sacrifiant au besoin les humains qui la bousillent.Le très mauvais Disaster Movie de Jason Friedberg s’est voulu une comédie parodique sur le thème de toutes les catastrophes et ne parvint qu’à surfer sur le cauchemar planétaire, sans rien en tirer.Mais là aussi, l’obsession collective du futur en délire a fait son nid, comme dans I’m a Legend de Francis Lawrence, avec ses survivants assoiffés de sang.Côté œuvres de haut niveau, L’utopie n’est plus à la mode, elle a été remplacée par la contre-utopie Blindness, production internationale du Mexicain Fernando Meirelles, basée sur le roman du nobélisé José Saramago, aborde par la bande ces lendemains qui déchantent après une catastrophe (ici une épidémie de cécité collective).Le grand écrivain portugais Saramago avait écrit son roman en 1995.Il n’est pas innocent que celui-ci ait été adapté au cinéma en 2008, avec son cortège de dérapages comportementaux.En général, l’univers postapocalyptique éveille dans ces films (surtout lorsqu’ils sont tirés de romans) les pires instincts chez l’homme: dictatures minables, persécution des faibles, pillage, viols, etc.L’humanité retourne très vite à l’état sauvage.«Je ne sais pas de quoi sera faite la troisième guerre mondiale, avait dit en substance Einstein, mais je sais que la quatrième se fera avec des pierres et des bâtons.» Le cinéma — après la littérature et le théâtre — lui donne aujourd’hui raison.Le Devoir Il JS .T-?-''”' PIXAK Wall-E d’Andrew Stanton: après la destruction terrestre, des robots parviennent à sauver une fleur, espoir d’une renaissance future, et le happy end est de la fête noire.Une scène de 77ie Wrestler, avec Mickey Rourke Le cœur des hommes MARTIN BILODEAU La grande majorité des films étant réalisés par des hommes, personne ne s’étonne que la majorité d’entre eux parlent d’eux.Des hommes, s’entend.Ce que leurs films nous disent, par conséquent, est souvent révélateur de leur état, de leur humeur.Car qui peut prétendre échapper à son temps?Ainsi, de Rambo, qui a ouvert le chemin en janvier, à The Wrestler, qui fermait la marche la semaine dernière, le cortège mâle de 2008 est apparu blessé, humilié, refoulé, impuissant, en proie à sa mauvaise conscience.Même James Bond avait mal à l’âme.Batman, en pleine crise existentielle, découvrait que son Joker est une carte maudite.Les bonnes actions WIron Man, ex-marchand d’armes, visaient sa propre rédemption morale, et le Hancock désabusé de Will Smith cherchait la sortie.Va pour le ciel.Ici-bas, l’homme terrestre se cherchait, et malgré ses victoires morales, les happy-ends se sont faits rares.On se souviendra longtemps du père ouvrier de La Graine et le Mulet, d’Abdellatif Kechiche, resté en périphérie de son rêve, ou du prof sexagénaire du magnifique Visitor de Torn McCarthy, qui à la fin du film perd plus qu’il ne gagne après s’être ouvert aux autres pour la première fois de sa vie.Dans le même ordre d’idées, Les Toilettes du pape n’auront pas enrichi le père de famille qui a tiré la chasse sur ses économies dans le film de l’Uruguayen César Charlone, ni la création libéré le dramaturge de ses démons dans Synecdoche, New York, le beau délire de Charlie Kaufman.Ce dernier personnage était, comme une foule d'autres hommes fragiles se mouvant à 24 images par seconde, humilié par une femme.En l’occurrence la sienne, jouée par la formidable Catherine Keener, qui en productrice de studio a aussi mis à genoux Robert De Niro dans What Just Happened, juste avant que Meryl Streep ne réduise à l’impuissance le bon prêtre de Doubt, joué par Philip Seymour Hoffman.Pareillement, une mère castratri- ce et une femme fatale n’ont fait qu’une bouchée de Clovis Cornillac et Yvan Altai dans le très freudien Serpent, alors qu’une fatalité similaire, invalidée au dernier acte, s’abattait sur Danny Boon et Kad Merad dans le super-succès Bienvenue chez les Ch’tis.Chez Arnaud Desplechin, en grande forme, notre affection allait au frère qui, mis au ban par sa sœur et mal aimé par sa mère, est revenu parmi les siens le temps A’Un conte de Noël, comme elle allait au mari battu comme plâtre par sa femme dans L’un contre l’autre, de l’Allemand Jan Bonny.Chez nous, alors que Michel Côté se laissait humilier de toutes les façons imaginables par ses partenaires dans Cruising Bar 2, Roy Dupuis se débattait avec une démone capitaliste dans le sous-estimé Truffe, de Kim Nguyen.Le mâle québécois se porte aussi mal que celui d’ailleurs, qu’on se le dise.Ainsi, on a vu cette année un lâche imposteur prendre la poudre d’escampette (Papa à la chasse aux lagopèdes), un boxeur payer de sa vie le crime d’un autre (La Ligne brisée), un courageux Déserteur tomber sous les balles et, au sommet de la pile, cinq ados tirer leur révérence dans le beau et bien nommé Tout est parfait, sorti quelques semaines à peine après que Heath Ledger a fait le saut de l'ange, trois mois avant l’apparition sur nos écrans de Paranoid Park, de Gus van Sant, qui parlait lui aussi de l'ado masculin dans l’impasse.Impasse.C'est le mot clé de beaucoup de destins au masculin, que Mickey Rourke, vestige des années 80, vient de cristalliser dans le très puissant Wrestler de Darren Aronofski, où la biographie du personnage, et en grande partie celle de l’acteur, se lisent partout sur son corps boursouflé et meurtri, devenu une sorte de livre dont les vêtements seraient la jaquette.Aucun homme, cette année, n’a fait aussi mal à voir, ni n’a été aussi émouvant dans l'épreuve.De lui, et de beaucoup d’autres, on se souviendra.Collaborateur du Devoir v C Ht SS* C • C y C Cherchez la femme FRANÇOIS LÉVESQUE Le cinéphile enthousiaste a certainement déjà senti un froid chatouillement lui parcourir l’échine lorsque se trouvant devant l'inévitable question «Quel est ton film préféré?».Il y en a rarement un seul et le palmarès reflétera volontiers l’état d’esprit du sujet, voire son humeur du moment.Même si leur ordre change et que certaines nouveautés s’y ajoutent parfois, mes films favoris ont tous en commun de mettre en avant des rôles féminins forts, défendus par des actrices inspirées.Ce bilan thématique de l’année cinéma 2008 est donc pour moi une source de réjouissance, cette sensibilité particulière de ma cinéphilie ayant été maintes fois choyée.Femme indépendante On doit au cinéma indépendant américain l’une des compositions les plus humaines de l’année, celle de Melissa Leo, dans Frozen River, qui invite à reconsidérer l’expression «trailer trash».Julianne Moore trouve quant à elle, dans Savage Grace, son rôle le plus risqué.La rousse beauté est magistrale en mère incestueuse.Snow Angels, œuvre discrètement bouleversante, prouve que Kate Backin-sale peut non seulement jouer mais aussi émouvoir.Côté documentaires, la mythique Patti Smith intrigue et fascine dans un saisissant portrait impressionniste, Patti Smith: Dream of Life.Femme de Hollywood Moins «pâmante», la récolte commerciale.Remake mal avisé d’un film de 1939, The Women n’a suscité que peu d'intérêt, un sort mérité.Sex and the City, sans la vivacité de la série, et Mamma Mia! ont amassé de gros sous.Mais encore?Considérant les talents impliqués, deux grosses déceptions.Heureusement, Doubt permet à Meryl Streep de terminer l’année sur une bonne note.En mère supérieure intransigeante, elle fait flèche de tout bois.Femme d’ici Plus près de nous, Louise Marleau incarne elle aussi, avec beaucoup de justesse, une mère supérieure dans le très touchant Ce qu’il faut pour vivre (un casting inspiré, quand on a vu L’Amour humain).Beau doublé pour Céline Bonnier qui, dans le déjanté Truffe, compose une héroïne posée mais pugnace, et, dans le plus classique Maman est chez le coiffeur, prête vie aux aspirations de toute une génération de femmes.Un enjeu auquel fait écho C’est pas moi je le jure, où Suzanne Clément, craquante et vraie, est également en quête d’émancipation.De son côté, l’imprévisible Jeanne Crépeau s’est mise en scène dans la ludique autofiction Suivre Catherine, parce qu’on n’est jamais si bien servi que par soi-même.Femme du monde Riche et parfumée, la fournée internationale.Délice Palo-ma, c’est la consécration de Biyouna, c’est Anna Magnani et Melina Mercouri ressuscitées.Muse tardive, monument fragile: on a hâte de la revoir.Dans le luxuriant Angel, Romola Garai étonne, agace, séduit, marque.Irina Palm donne à Marianne Faithfull un premier rôle inattendu; sa force tranquille convainc.En Bangladaise expatriée à Londres, Tannish-tha Chatterjee est, dans Brick Dîne, sobre et émouvante.L’envoûtante Hiam Abbass se bat pour le respect de ses droits dans Les Citronniers et, ailleurs, pour ceux de son fils dans The Visitor, deux longs métrages d'un bel humanisme.Tour à tour drôle et cruel, Un conte de Noël met en valeur une distribution uniformément solide où se démarquent toutefois Catherine Deneuve, en mère distante mais moins glaciale qu’elle ne le laisse paraître, et Emmanuelle Devos, en belle-fille désinvolte mais fine observatrice.Il y a longtemps que je t’aime oppose Kristin Scott-Thomas et Elza Zylberstein en sœurs hantées par le passé de la première.Au rayon des biographies, Yolande Moreau trouve, dans Séraphi-ne, le rôle de sa vie; idem pour Sylvie Testud, mémorable en Sagan, film qui l’est cependant un peu moins.Remarquez la quantité, et surtout la qualité, de rôles dévolus à des femmes mûres.En espérant qu’il s’agit là de l’amorce d’une tendance lourde.Collaborateur du Devoir CINÉMATHÈQUE QUÉBÉCOISE PROGRAMMATION HIVER 2009 GAGNANT PRIX D'INNOVATION GAGNANT MEILLEUR FILM INDEPENDAMT GAGNANT' nui AWARDS PRIX DU PUBLIC L WARSAW INTERNATIONAL .St FILM FESTIVAL .I f GAGNANT 1 F MEILLEURE RÉALISMION PRIK DU JURY TOKYO EXPERIMENTAL FILM FESTIVAL PALME D’OR U FILM DE CANNES GAGNANT ^ 6 PRIX ISRAEU HLM ACADEMY AWARDS MEILLEUR FILM - RÉALISATEUR DIRECTION ARTISTIQUE .MONTASE - SCÉNARIO - SON A ?«UN FILM BOULEVERSANT.» -LA PRESSE DÈS JANVIER: JULIETTE BINOCHE : HOMMAGE CINÉMA EN 9 FILMS ET EXPOSITION PORTRAITS IN-EYES L’UNIVERS DE JACQUES DEMY EN 30 FILMS DÈS MARS : SUR LES ROUTES : 11 «ROAD MOVIES» ET EXPOSITION ROAD RUNNERS PROGRAMMATION COMPLÈTE WWW.CINEMATHEQUE.QC.CA CINlMATHtQUtl 335, boul de Mnisontiei (métro Hcnl UUAM) québécoise] « SUPERBE ET BRILLANT : UNE PERLE !» - CE JOURNAL DE MONTRÉAL PRÉSENTEMENT A E AFFICHE ! CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS «ET LE MIRACLE SE PRHBUIT : A NE MANQUER SOUS AUCUN PRÉTEXTE ! -STUDIO MAGAZINE VALSE BACHIR ‘cnr c c ¦C C y C, c C (RC K l K l> K V I A E T I) I M A N C HE 4 ,1 A N V I E R 2.0 0 !l LIVR.ES Le renouveau pédagogique encore sur la sellette Louis Cornellier Je ne suis pas un partisan à tous crins du renouveau pédagogique.Je suis d’accord, par exemple, avec l’essayiste anglo-montréalais David Solway quand il écrit, dans Le Bon Prof, que la «seule structure scolaire viable est composée d’élèves, de professeurs et de personnel de soutien assistés par une équipe administrative maintenue au strict minimum».Je partage avec lui l’idée que la meilleure réforme de l’éducation possible serait celle qui augmenterait le nombre d’enseignants dans le réseau scolaire, réduirait le nombre d’élèves par classe et limiterait «cette prolifération insensée d’administrateurs».Comme Solway, je pense que les «techniques» pédagogiques ne sont jamais garantes de la substance et que «le meilleur enseignement se fait toujours a cappella», c’est-à-dire sans recours à des gadgets technologiques.Je considère, cependant, qu’on en met beaucoup sur le dos du renouveau pédagogique.Quand Solway affirme que, en matière d’éducation, «nous nous trouvons en état d’urgence, au bord même de la crise» et qu’il se demande s’il ne vaudrait pas mieux «abandonner le Titanic avant qu’il ne soit trop tard», je pense qu’il s’emporte.S’il est vrai que l’éducation, d’une certaine manière, est «un échange spirituel qui transforme la personnalité et accroît l’expérience du monde du sujet» et que, en ce sens, elle ne saurait se réduire à des «techniques» ou à méthodes pédagogiques, il n’en demeure pas moins que la réflexion sur la meilleure manière de réussir cette mission essentielle reste nécessaire.L’insignifiant appel au «bon sens», au moins cinq fois réitéré par Solway dans Le Bon Prof ne suffit pas.S’approprier les savoirs Au secondaire, j’ai réussi mes cours de mathématiques haut la main.J’ai eu de bons profs, qui m’ont alors enseigné les connaissances inscrites au programme.Aujourd’hui, sauf un vague souvenir attendri de l’atmosphère de ces classes, il ne me reste strictement rien de ces cours.La raison en est bien simple: je ne me,suis jamais, par la suite, réapproprié ces savoirs.A l’inverse, j’ai la prétention d’assez bien connaître la langue française et l’histoire du Québec.J’ai eu, dans ces matières aussi, de bons profs, mais ceci n’explique pas cela.Si je maîtrise à peu près ces domaines, c’est que je me les suis réapproprié par la suite, en les pratiquant.Ce constat constitue un des points de départ du renouveau pédagogique.A quoi bon, en effet, mettre tout l’accent sur la transmission de connaissances si c’est pour voir les élèves les oublier une fois le cours réussi?Les anciens cours d’histoire du Québec de 4 secondaire, par exemple, étaient plutôt riches en connaissances.Combien de ceux et celles qui les ont suivis, même avec de bons profs, s’en souviennent aujourd’hui, si ce fut là leur seul contact avec cette matière?Le virage vers la notion de compétences, au fond, souhaite améliorer cette situation.En obligeant l’élève à incarner des connaissances, à mettre des savoirs en pratique, on vise à lui permettre de vraiment se les approprier.Mon frère aîné enseigne au primaire.Dans le domaine de l’univers social (géographie, histoire et éducation à la citoyenneté), il doit notamment traiter des sociétés iroquoienne et algonquien-ne vers 1500, afin de développer la compétence «s’ouvrir à la diversité des sociétés et de leur territoire» et, accessoirement, la compétence «lire l’organisation d’une société sur son territoire».Il pourrait donner un cours magistral, faire un petit test et évaluer le tout.Cela aurait sa perti- nence.Il a plutôt choisi, dans l’esprit du renouveau pédagogique, de réaliser un projet qui vise à reconstituer, sous forme de maquettes, un village iroquoien et un campement algon-quien.Les savoirs sur ces sociétés — présentés en classe — se sont donc incarnés dans une réalisation concrète qui a exigé un engagement de la part des élèves, très motivés par ce défi.C’est de ce genre de choses qu’on se souvient 20 ans plus tard.Quant à mes maths.Pour une saine critique Je considère sain, je le redis, qu’on soumette le renouveau pédagogique, comme tout le reste, à l’épreuve de la critique.Je souhaiterais, cependant, qu’on le fasse avec les nuances qui s’imposent.Les collaborateurs de l’ouvrage collectif Contre la réforme pédagogique, dirigé par Robert Comeau et Josiane Lavallée, ne s’embêtent pas assez avec ces précautions.Quand Comeau et Lavallée déplorent que le nouveau programme d’histoire du secondaire néglige l’histoire nationale, ils lancent un débat important.Quand ils contestent l'introduction de l’éducation à la citoyenneté dans le programme d’histoire, ils sont moins convaincants.Ils craignent, expliquent-ils, que l’histoire soit mise au service du présent.Ne l’est-elle pas, pourtant, depuis ses origines?N’est-ce pas toujours à partir du présent, et pour l’éclairer, qu'on écrit l'histoire?Pourquoi, pourrait-on demander, la connaissance historique, sinon, comme le suggère une compétence du programme, pour «comprendre le présent à la lumière du passé», c’est-à-dire pour comprendre que notre présent ne serait pas ce qu’il est sans notre passé?Admettons qu’il y a là un débat, mais pas de motif de faire le procès de la réforme.Plusieurs collaborateurs de cet ouvrage, notamment les membres du Collectif pour une éducation de qualité, insistent sur la nécessité de la transmission des connaissances, laissant ainsi entendre que le renouveau pédagogique l’aurait abandonnée.Je note pourtant, dans le Programme de formation de l’école québécoise (enseignement primaire, version mise à jour en mai 2008), la présence de pages pleines de «savoirs essentiels» qui ne sont rien d’autre que des connaissances (souvent assez savantes).Dans le domaine de l’univers social, par exemple, on suggère d’aborder l’influence de personnages comme Champlain, Maisonneuve, Talon, Frontenac, Jean Lesage et René Lévesque.En français, contrairement à ce qu’affirme Jean-Claude Corbeil dans Contre la réforme pédagogique, la liste des «savoirs essentiels» en matière de ponctuation, de syntaxe et de règles d’accord est garnie et assez détaillée.Ma belle-sœur, qui enseigne le français au secondaire, m’assure que l’enseignement systématique de la langue est la norme, dans les manuels et en classe.Le renouveau pédagogique a eu ses idéologues radicaux qpi ont nui à sa compréhension et à son accueil.A elle seule, cette réforme ne fera pas de miracles.Certaines des mesures évoquées par Solway et citées dans l’introduction de ce texte restent nécessaires.C’est ce combat collectif qu’il importe désormais de mener.LE BON PROF Essais sur l’éducation David Solway Traduit de l’anglais par Yolande Amzallag, Christine Ayoub et Emmy Bos Bellarmin Montréal, 2CX)8,288 pages CONTRE LA RÉFORME PÉDAGOGIQUE Sous la direction de Robert Comeau et Josiane Lavallée VLB Montréal, 2008,320 pages louisco@sympatico.ca ALAIN JOCARI) AGENCE FRANCE PRESSE François Cheng, à la fois poète, écrivain et calligraphe chinois.Le grand art des Song GEORGES LEROUX Connu d’abord comme écrivain, François Cheng n’a cessé d’étudier la peinture chinoise.Son livre sur Chu Ta, un peintre calligraphe du XVII siècle, devenu moine sous le nom de Chuanqi (Le Génie du trait, Phébus, nouvelle édition, 1999) est vite devenu indispensable à ceux qu’intéresse l’esthétique bouddhiste.Une des conséquences de l'introduction du bouddhisme en Chine fut en effet le renouvellement de la peinture de paysage: depuis les Tang, qui régnèrent de 618 à 907, cet art s’est développé en se fondant sur une éthique des vertus de l’ascèse et de la contemplation de l’harmonie de la nature.Dans son étude, magnifiquement illustrée, de la peinture des Song (960-1279), François Cheng revient sur ces fondements, alors qu’il commente une cinquantaine de chefs-d’œuvre de cette riche période.11 n’est pas toujours facile de distinguer les traits propres au bouddhisme et ceux hérités des vieilles traditions taoïstes de la Chine impériale.Se concentrant surtout sur la peinture de fleurs et d’oiseaux, cette étude de la peinture sur soie cherche le point de rencontre entre les traités d’esthétique et les œuvres.I-es artistes étaient nombreux à la cour des Song, et chacun apporte un style particulier, mais tous se situent sur un spectre qui va du genre très libre au style dit «appliqué».L’époque s’ouvre avec l’héritage du grand Huang Quan, dont François Cheng montre l’influence sur toute la période.Mais c’est sous le règne de l’empereur calligraphe Hui-zong et des artistes réunis autour de lui que le style des artistes Song prend forme.Comment le définir?D’abord par une attention minutieuse portée au détail de la vie animale, l’artiste cherchant à saisir le rapport unique de chaque mouvement à l’ensemble de la vie de la nature.Les oiseaux de toutes espèces engendrent ici un catalogue très complexe, et leur légèreté rivalise avec leur concentration à l’arrêt.A cette esthétique, des maîtres comme Wen Tong vont adjoindre un art de l’encre pure, dont le thème sera d’abord la tige de bambou ou la branche d’arbre en fleurs.lœs al tistes de cette mouvance se rendent aux extrémités de la ressemblance, pour exprimer le principe du li.cette force interne qui est la «règle cachée de toute manifestation».Le concept est d’abord confucéen, mais comme Cheng le fait voir, il accueille aisément la pensée bouddhique de la nature: tout y est expression du cycle de la régénération et recherche de sérénité.Toute l’histoire de la peinture chinoise est imprégnée par l’esthétique des artistes de la dynastie des Song.François Cheng propose d’en décrire le principe essentiel comme l’expression du chant qui jaillit entre les êtres de la nature, et dont les oiseaux seraient les exemples les plus visibles: leurs appels et leurs réponses constituent cet «invisible tissu musical» qui les fait coexister dans une révélation unique, une «épi-phanie sans fin».Qu’on regarde en effet ce rossignol sur une branche de néflier, ou ces vols de grues sur des lacs parsemés de bambous, c’est toujours le même équilibre entre une vie fragile et l’ordre complexe qui la rend possible.I.a vulnérabilité de chaque être vivant est pour ainsi dire expliquée par son insertion dans un tout qui justifie chacun et expose sa fini-tude en même temps que sa beauté.Même les scènes où la mort s’annonce pour un animal ou pour l’autre ne présentent aucune souffrance, seulement une forme de consentement au souffle universel.Nous aimons dans cet art à la fois l’absence de sentiment, qui libère un espace de contemplation pure, et la présence dense de l’ordre naturel qui banalise la souffrance humaine en évitant de la représenter.Personne mieux que François Cheng ne pouvait décrire ces œuvres en y mettant en lumière une esthétique aussi éloignée des canons occidentaux.Comme il le dit en commentant une œuvre de Qui Bai Shi, un maître moderne de l’encre, représentant des fleurs de volubilis, comment comprendre un art où le rouge ne sert qu’à représenter l’éclosion d’un temps délivré des inquiétudes mortelles, alors qu’il est d’abord en Occident le sang et la mort?Collaborateur du Devoir D’OÙ JAILLIT LE VENT La Voie des fleurs et des OISEAUX DANS \A TRADITION DES SONG François CHENG, Paris, Phébus, 2(X)8 (première édition, 2(XXI).Les artistes étaient nombreux à la cour des Song, et chacun apporte un style, mais tous sc situent sur un spectre qui va du genre très libre au style dit «appliqué» Indifférence et non-ingérence Quatre siècles de relations entre la France, le Canada et le Québec STÉPHANE BAILLARGEON Si on causait de l’abandon quasi volontaire par la France de la Nouvelle-France?Au fond, malgré ce que raconte une certaine historiographie québécoise, bien réchauffée par les nationalistes, l’État français, royal ou républicain, n’a jamais cherché à conserver cette colonie et s’en est à peu près complètement désintéressée dans les décennies qui ont suivi la bataille des Plaines.Voilà une des hypothèses les plus déstabilisantes (et des plus stimulantes) examinées dans l’ouvrage France-Canada-Québec, publié en l’année du iOD anniversaire de l’installation de Champlain, lœ beau livre savant rassemble les analyses d’une douzaine d’historiens œuvrant des deux côtés de l’Atlantique Nord.Elles ont d’abord été défendues lors d’un colloque de l’Association interparlementaire Canada-France tenu en mars dernier à Paris, puis à Ottawa.D’où la codirection du travail mené par l’historien Paul-André Linteau, mais aussi par le sénateur Serge Joyal.D’où également la présence de certains précieux éléments des archives privées du sénateur dans la riche documentation iconographique de la publication.La question de l’attitude de la métropole entre le milieu du XVIII' et le milieu du XIX siècles est examinée dans le détail, sans flagornerie ni tabou, par l'historienne Françoise lœ Jeune, de l’Université de Nantes.Mme Le Jeune a eu la très heuristique idée de dépouiller les correspondances secrètes et autres mémoires concernant le Canada enfouis dans les archives du ministère des Affaires étrangères, à Paris.Les documents révèlent que le royaume avait à toute fin utile sinon abandonné, du moins négligé sa colonie boréale des Amériques bien avant le traité de Paris du 10 février 1763.Paris n'en avait que pour ses îles esclavagistes et sucrières des grandes eaux chaudes du Sud.Quelques arpents de canne, quoi.Même les généraux britanniques noteront le piètre état de leur conquête nordique tout en soulignant son fort potentiel économique.Le général John Murray parlait de fortifications mal construites et aisément franchissables mais aussi de riches terres fertiles piètrement exploitées par un système archaïque.Par contraste, les philosophes français multipliaient les remarques hautaines et mesquines.Voltaire raillait ce pays enneigé «habité par des barbares, des ours et des castors».Mieux (ou pire, comme l’on voudra), lorsque l’occasion a été fournie de reprendre le Canada, le duc de Choiseul, ministre de Louis XV, s’y est catégoriquement opposé.La même politique d’indifférence et de non-ingérence fut appliquée par la suite au mopient de l'indépendance des États-Unis d’Amérique, des guerres napoléoniennes, puis des rébellions des patriotes.«S’interroger sur les “véritables” échanges entre la France et son ancienne colonie nous conduit à réviser les mythes mêmes sur lesquels une certaine histoire du Québec a été construite à des fins nationalistes», note la professeu-re Le Jeune dès le tout premier paragraphe de son texte, avant d’écrire au dernier: «Le bilan des échanges est mince en dépit de la démarche chaleureuse des Canadiens envers la mère patrie.L’engagement politique, moral et économique de la France envers le Canada était inexistant.» Les Franco-Québécois ont longtemps vécu et rejoué le traumatisme de l’enfant arraché à sa mère.Ne devraient-ils pas plutôt comprendre leur histoire comme celle d’un rejeton abandonné au voisin sans vergogne par une génitrice amorale?Si cette histoire était un roman de Victor Hugo, le Québec jouerait Cosette, les Anglos les Thénardier et la France incarnerait une sorte de Fantine, moins indigente que négligente.Les 150 années suivantes ont permis de lentement et sûrement modifier les rapports, notamment avec l’immigration d’un nombre considérable de religieux fuyant la France républicaine, venus renforcer l’ultramontis-me du «Tibet catholique des neiges».Les plus cyniques note ront encore une fois que l’Ancien régime a dévoyé sa colonie, que la République française a ensuite outragée derechef en déversant au Canada ses éléments les plus conservateurs.Une sorte de triangle dont témoigne le titre du livre n’a cessé d’évoluer en fonction des conjoncture binationales et internationales jusqu’à la récente maturité, fondée sur des liens réels et profonds.La lutte pour la diversité culturelle, la construction de la Francophonie et les échanges artistiques croissants entre la France, le Canada et le Québec cristallisent des rapports passés depuis à la non-indifférence, avec quelques pointes d’ingérence, du «Vive le Québec libre!» du général de Gaulle aux récentes déclarations sur l’inutile «division» du président Nicolas Sarkozy.Le Devoir FRANCE-CANADA-QUÉBEC, 400 ANS DE RELATIONS D’EXCEPTION Serge Joyal et Paul-André linteau.Presses de l’Université de Montréal, 2(X)8,319 pages \ ' s .iM |FRANCE-CANADA-QUfeBEC| Voyage interstellaire œil humain n’a pas souvent ! l’occasion de capter le détail de la beauté des planètes, lœ livre Planètes, Voyage à travers le système solaire, de l’astronome Giles Sparrow, publié chez Hachette pratique, comble cette lacune avec de nombreuses photos toutes plus éblouissantes les unes que les autres, par ailleurs souvent colorées artificiellement pour en faire ressortir les détails.A l’aide de reconstitutions rassemblées à partir de données connues sur notre système solaire, on y détectera, par exemple, différentes composantes de la Terre, de Vénus, de Mercure ou de Mars, en plus d’y glaner des informations générales sur ces planètes.Les amateurs s’intéresseront aussi au beau livre Poussières d'étoiles, de l’astrophysicien Hubert Reeves, réédité au Seuil, où l’on aborde à la fois les questions métaphysiques et les questions scientifiques liées à la connaissance et à l’exploration de l'espace et de l’univers.PIAN ÊTES, VOYAGE À TRAVERS LE SYSTÈME SOLAIRE Giles Sparrow Hachette Pratique Paris, 2008,225 pages POUSSIÈRES D’ÉTOILES Hubert Reeves Seuil, Paris, 2(X)8,193 pages v t v
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