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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier H
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2004-11-20, Collections de BAnQ.

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0 0 1 LE D E V 0 I H .LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 NOVEMBRE 2 LE DEVOIR International DIVERSITÉ CULTURELLE Pour une convention internationale Page 2 JEAN-GUY CHAPUT La SODEC et l’exportation culturelle Page 4 SOURCE MARIE CHOUINARD Marie Chouinard dans Le Sacre du printemps, 2003.¦à A JACQUES GRENIER LE DEVOIR Isabelle Boulay SOURCE ALLIANCE VIVAIILMS Une scène des Invasions barbares de Denys Arcand.Des succès obtenus de haute lutte dans un monde où la compétition fait rage les scènes du monde Le réalisme est de rigueur.Dans le secteur culturel, comme pour tous les autres domaines, en réalité, il ne faut pas seulement compter sur la qualité d’un produit pour espérer obtenir en retour une appréciation notable et, de ce fait, économiquement appréciable.Le bien culturel ne fonctionne pas en vase clos.Un regard jeté ailleurs permet de comprendre que le produit compte souvent pour une très faible proportion quand il est question d’évaluer avec pertinence son succès.Ainsi, en santé, dans le secteur des médicaments, si les grandes compagnies pharmaceutiques américaines consacrent plus de 30 milliards à la recherche, c’est au coût de 54 milliards qu’elles mènent leurs diverses campagnes publicitaires, où souvent le produit affiché à moins d’importance que le label commercial, répété quant à lui à outrance.A ce sujet, les dernières élections américaines ont été lourdes d’enseignement lorsqu’un Karl Rowe, le stratège qui manipule George W.Bush, a imposé la théorie selon laquelle le message, au contenu plus ou moins vérifié, valait plus qu’une confrontation basée sur les idées ou la qualité d’un candidat ‘ Dans un tel monde, les producteurs culturels québécois débarquent Normalement avec beaucoup d’enthousiasme.Succès québécois Les téléspectateurs québécois avaient l’impression que chacun d’entre eux était le récipiendaire, ce fameux soir du printemps dernier, quand Denys Arcand recevait un oscar, cette statuette qui allait chez lui s’ajouter sur une tablette déjà bien garnie.Il en va de même chez eux quand on raconte les succès des Lock et des Lepage.Certains auront aussi le goût de se dé- placer en librairie pour voir ces livres que la Courte Echelle ou Québec Amérique vendent à ce qu’on leur dit, à des millions d’exemplaires sur toute la planète.Quand aux plus «culturels» d’entre eux, ils ont déjà écouté les produits que mettent sur disques compacts les Effendi, Atma et Analekta de ce monde.D’autres fréquenteront les métiers d’art ou les boutiques en croyant que les produits d’Elena Verre d’art ou de Mosaika se retrouvent nécessairement sur tous les étals.Quant à nommer les produits que Forum 5 difiuse sur les écrans, là, il faut l’admettre, les films sont mieux connus par leur titre que par l’appellation de la maison de production fil faut du temps, et beaucoup d’argent, avant de devenir Disney).Tous ces succès, bien réels, sont toutefois obtenus de haute lutte, dans un monde où la compétition fait rage.La SODEC le reconnaissait la semaine dernière lors de la remise de ses prix d’excellence à l’exportation.Défis internationaux L’activité culturelle est loin d’être une spécificité propre à la seule société québécoise.Tous les pays industrialisés produisent des artistes.Trop même selon certains, dont François Colbert, expert en ce secteur rattaché à l’École des hautes études commerciales: «]e vais me faire lancer des tomates, mais je vais le dire tout de même.On affirme que les artistes sont pauvres et que cette situation est épouvantable.Ce n’est pas vrai.Dans tous les pays industrialisés, on produit au moins — et à ce sujet je pèse mes mots — dix fois trop d’entreprises culturelles et d’artistes, non seulement pour la capaçité du marché, mais aussi pour celle de l'Etat de soutenir tout ce monde-là, et pour celle de l'entreprise privée de se servir d’eux pour faire de la commandite ou du mécé- nat.» Résultat d’une telle situation: tous les pays comptent sur l’exportation pour absorber la production, excédentaire chez eux, et ainsi garantir à leurs artistes un revenu décent Pourtant, rien n’est facile de ce côté-là.De «gros joueurs» sont déjà en place: on sait déjà qui envahit les écrans et les téléviseurs, inonde les ondes ou déborde sur Internet.Les Américains, et ils ne sont pas les seuls (que l’on pense aux Japonais et aussi aux Européens), interviennent en force en ces domaines.Afin de corriger cette situation où certains pays, normalement de culture anglo-saxonne ou asiatique, réclament une libéralisation totale des échanges, les pays de la francophonie d’abord, avec la complicité du Québec et du Canada, mènent une lutte pour l’adoption d’une convention internationale qui assurerait le droit, partout sur la planète, à la diversité culturelle.«D’ici 2 QUEBEC INTERNATIONAL PERSPECTIVES tin secteur fragile Sur la relation entre économie et culture Il est réducteur, et faux, d'opposer «vraie culture» et «similiculture» Le p.-d.g.du Cirque du Soleil, Daniel Lamarre, témoigne Les États-Unis accueillent 96 % de l’exportation culturelle canadienne MARC MÉNARD Un bien culturel est un bien symbolique qui, parce qu’il est porteur d’identité, de valeurs et de sens, ne peut pas être traité comme n'importe quel autre biea Ce point de vue, né de l’anthropologie et de la sociologie et abondamment repris par lUnesco, notamment, constitue un argument solide en faveur d’un traitement particulier à accorder aux biens culturels.Un argument qui devrait même largement suffire, pour peu que Ton considéré que le discours et l'analyse économiques ne doivent pas forcément primer sur les considérations sociales, politiques et culturelles.Néanmoins, à partir du moment où maintes activités liées à l’art et à la culture sont assujetties au jeu de l’offre et de la demande, et même aux forces de l’industrialisation, il y a forcément un discours écopo-mique qui peut et qui doit s’appliquer à la culture.Evidemment, l’artiste, le créateur ou l’auteur conserve une relative autonomie face au marché — ou, si on préfère, il peut garder une saine distance entre sa pratique culturelle et le monde économique.En effet, la motivation intrinsèque des individus, leur émotivité et leur impulsivité sont au cœur de la créativité et jouent un rôle vital dans la production comme dans la consommation des biens culturels.Mais si cette distance est réelle et même essentieDe à tout acte créateur, il serait en revanche réducteur de poursuivre le raisonnement jusqu’à opérer une distinction entre une «vraie culture», qui serait portée par de nobles valeurs et n’aurait pas été contaminée par la logique mercantile, et une «similiculture», au contenu décomplexifié et aux visées bassement matérielles, laquelle serait au contraire appauvrie par l’intrusion des règles du monde marchand et industriel.Ce point de vue non seulement est réducteur, il est faux.Même les activités culturelles les plus artisanales ou les plus expérimentales s’insèrent dans une logique économique dès lors qu’elles sont confrontées au jeu de l’offre et de la demande.Et même les activités culturelles les plus simplifiées ou les plus commerciales constituent bien de la culture, à partir du moment où n y a production et diffiision de sens.Inclure la dimension économique Pour de nombreux produits culturels, il existe donc une dimension économique qui est essentielle à leur production, à leur diffusion et à leur consommation.Et c’est cette dimension économique, nourrie et élargie par la marchandisation et l’industrialisation, qui a largement favorisé, à partir du XK' siècle et plus encore au XX' siècle, non seulement le développement fulgurant des industries culturelles, mais aussi la démocratisation de l’accès à la culture.C’est bien l’élargissement des marchés culturels, leur production et leur distribution de masse qui ont permis d’accroître la visibilité, la diffusion et la distribution des productions culturelles, les rendant accessibles à tous les publics plutôt qu’à une seule minorité de privilégiés.La culture, qu’on le veuille ou non, est donc soumise aux règles fondamentales de l’économie capitaliste.D’où la nécessité de procéder à une analyse économique de la culture et des industries culturelles.Malheureusement, la vision économique traditionnelle, dite néoclassique, qui est fondée sur les notions d’efficience des marchés concurrentiels et de rationalité des agents économiques, a peu à dire sur la culture.En effet, elle consiste à penser que le marché assujettit tous les biens, culturels ou non, aux mêmes forces de l’offre et de la demande.Cela constitue une vision appauvrie des marchés culturels et artistiques et une vision simpliste de l’être humain, réduit à un homo œconomicus hyperrationnel, égoïste, maximisateur de son utilité personnelle et dénué d’émotions.Alors que, dans la réalité, les individus ont des limites cognitives, éprouvent des émotions et peuvent être impulsifs, ce qui limite d’autant la portée d’une rationalité substantive sur leur comportement De plus, leur égoïsme peut être entravé par des normes sociales comme l’équité, la réciprocité ou l’altruisme.Enfin, il arrive souvent que les gens agissent en fonction de motivations intrinsèques fle désir d’un épanouissement personnel, le besoin de communiquer et d’échanger avec les autres, le besoin de conformité ou d’individualité, notamment) plutôt que des seuls stimuli extrinsèques que sont les prix ou les salaires relatifs.D est néanmoins possible de dépasser cette vision réductrice.Même d’un point de vue strictement économique, en effet, on peut démontrer qu’un bien culturel ne doit pas être considère comme n’importe quel autre bien.C’est du moins le constat que l’on peut dresser à la suite de l’examen d’un ensemble de travaux économiques récents.Caractéristiques des industries culturelles Le bien culturel parce qu’il constitue un bien d’information et un bien symbolique porteur de sens, possède un ensemble de caractéristiques qui le distinguent des biens matériels typiques de la révolution industrielle et qui font en sorte que les préceptes de l’économie néoclassique standard s'appliquent fort mal à sa situation.Mais la singularité économique des biens culturels ne tient pas tant à une dimension particulière qui serait totalement originale qu’à la présence d’un ensemble de caractéristiques, dont certaines sont d’ailleurs partagées avec d’autres biens d’information.C’est pourquoi les recherches théoriques sur l’économie de l'information, sur la croissance endogène tirée par le savoir et sur ce qui a été qualifié de «nouvelle économie» peuvent être invoquées pour nous permettre de mieux comprendre les particularités non seulement des biens culturels eux-mêmes, mais aussi des comportements économiques spécifiques qui en découlent D est important de faire la distinction entre les marchés culturels d’œuvres uniques et les marchés de biens culturels industrialisés.Si tous deux sont soumis aux lois du marché, dans le second cas, la reproduction de l’œuvre en multiples copies se caractérise par un investissement et une valorisation de capitaux importants, par une certaine mécanisation de la production et par la division du travail.Les biens culturels industrialisés, plus concrètement, possèdent cinq grandes caractéristiques: 1) une reproductibilité particulière, offrant des rendements d’échelle croissants; 2) l’importance du travail de création et un marché du travail atypique, caractérisé par l’importance de l’entrepreneur culturel (producteur ou éditeur) et la présence de deux types de travailleur culturel, d'un vaste réservoir de maind’œuvre et de deux formes de rémunération; 3) une offre en constant renouvellement d’où découlent la prolifération des nouveautés, l’obsolescence de phis en plus rapide des produits et des marchés de type «le gagnant rafle tout»; 4) une demande variable et imprévisible, caractérisée par une ignorance symétrique du producteur et du consommateur concernant la valeur des produits, par des effets de réseau d’origine psychosociologique du côté de la demande (effets de contagion sociale) et par un risque élevé du côté de l’offre; 5) un caractère prototypique qui s’explique par Tunicité de chacun des biens, qui sont ainsi faiblement substituables les uns aux autres.Ces différents traits des biens culturels expliquent l’existence de rendements croissants à la fois dans la production et dans la demande, ce qui se traduit par des comportements économiques particuliers de la part des producteurs.La différenciation des produits (la capacité de lancer constamment de nouveaux produits) , la multiplicalion des versions (la capacité d’offrir des versions différentes d’un même produit) et la discrimination des prix fia capacité de fixer différents prix pour un même produit, décliné ou non en différentes versions) deviennent alors des traits essentiels de la concurrence et de la capacité des producteurs à récupérer leurs investissements et à dégager des profits.Du point de vue global, par contre, la structure de coût et les marchés de type «le gagnant rafle tout» se traduisent par le paradoxe suivant une multiplication des produits et des entreprises, d’un côté, la concentration des ventes sur un petit nombre de produits et la concentration des entreprises, de l’autre.L’«effet de faille», essentiel à la mise en place d’un certain nombre de stratégies de gestion du risque et de maximisation des possibilités de succès, rend particulièrement difficile la survie des petits producteurs, plus encore s’ils œuvrent dans des marchés eux-mêmes réduits.Extraits de Éléments pour une économie des industries culturelles, un livre de Marc Ménard, prochainement publié par la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC).VICTOR PILON Michel Lemieux et deux personnages virtuels dans Anima, une production de 4D art Même les activités culturelles les plus expérimentales s’insèrent dans une logique économique dès lors qu’elles sont confrontées au jeu de l’offre et de la demande.INTERNATIONAL QUÉBEC CULTUREL 0E CAHIER SPÉCIAL EST PUBLIÉ PAR LE DEVOIR Responsable: NORMAND THÉRIAULT nùiprianlloli’dcvojr.ca 2050.tuf dr Bleury.9'éla^p.Monlrdal (Qurber) HAA AMI).Tri.: (514) 9K5-33S3 rrdacltonoledevoir.com FAIS CE QUE DOIS SOURCE CIKQUK DU SOLEIL Le p.-d.g.du Cirque du Soleil, Daniel 1-amarre.On chante sur tous les toits que la culture québécoise brille à l’étranger et qu’elle rapporte pas mal de gros sous.Mais des petites crises comme celle qui perturbe actuellement la diffusion internationale de la danse viennent rappeler toute la fragilité de cette économie distincte.Regard sur l’état de l’exportation culturelle avec le président-directeur général de l’entreprise la plus rayonnante de la province, Daniel Lamarre du Cirque du Soleil (CS), qui a présidé la cérémonie de remise des prix SODEC.FRÉDÉRIQUE DOYON Notre culture s’exporte bien, très bien merci.Le p.-d.g.du CS, qui a souvent l’occasion de brasser des affaires culturelles aux quatre coins de la planète, est le premier à n’en pas douter.«/Va suis convaincu.Avec sept millions d'habitants, on est un petit marché; des ambitions plus larges appellent l’exportation.En plus, il y a des secteurs culturels où l’on est clairement meilleur que d’autres peuples.» Un exemple?«Nos musiciens, on le constate à travers le casting.» Une étude de Commerce international des arts de la scène (CI-NARS) menée en 2001 révélait que les entreprises de cette catégorie culturelle ont réalisé des ventes d’un quart de milliard en 1998-99, soit près du quart de la valeur totale des exportations culturelles canadiennes.«Nous formons une industrie au même titre que le textile ou l'informatique», avait alors plaidé le p.-d.g.de CI-NARS, Alain Paré.Grands et petits Mais, nuance.L’évaluation tombe à 32 millions si l’on retire les trois gros joueurs que sont le Cirque du Soleil, l’Orchestre symphonique de Montréal et les Productions Feeling de Céline Dion.Il y a bel et bien une marge entre l’exportation de l’industrie culturelle et les compagnies artistiques.Les OSBL du milieu artistique auraient-elles quelque chose à apprendre des entreprises culturelles?«Ce qui est très important, c'est de proposer quelque chose d’unique pour se distinguer non seulement sur le marché québécois, mais aussi sur la scène internationale», indique M.Lamarre, reconnaissant la plus grande ampleur du défi pour les secteurs plus «nichés» comme la danse, ac- tuellement fragilisée à ce titre.«Guy Laliberté a réussi à mettre autour d’une table des artistes de nationalités différentes; il en résulte une création enrichie à saveur très internationale.Il ne faut pas dénigrer les OSBL pour autant; les formes artistiques ne se prêtent pas toutes à l'autonomie financière.» L’entreprise solaire a elle aussi débuté en tant qu’organisme sans but lucratif avant de faire le saut du côté business.L’écosystème de la diffusion internationale demeure fragile pour les uns et les autres.Même une compagnie comme Ex Machina de Robert Lepage, dont 80 % des revenus sont générés à l’étranger, a été ébranlée par l’annulation des spectacles de la Saison du Québec à New York, dans la foulée des attentats du 11 septembre.L’édition conquérante Bien qu’on y retrouve les têtes d’affiche les plus médiatisées, les disques et spectacles ne constituent pas l’unique visage de l’exportation culturelle, ni le plus lucratif.Le cinéma et la production télévisuelle, le livre, les métiers d’art, le multimédia s’exportent aussi.Selon Patrimoine canadien, qui organisait au début de l’année un forum sur les entreprises de la culture, l’édition a fait un bond fulgurant au cours des dernières années, passant de 580 millions en chiffre de ventes étrangères en 1996 à 1,1 milliard en 2002.«Voilà un milieu où des entrepreneurs ont défini de manière très claire un marché qui n’était pas bien servi à l’international», renchérit M.La-iparre.Il évoque l’exemple des Editions de la Courte Echelle, lauréates du Prix d’excellence de la SODEC pour le Livre, qui se sont déniché un filon distinct selon une approche très originale, augmen- tant leur p;u't de marché à l’étranger d’année en année.«Un élément essentiel pour qui veut réussir en exportation, c'est de savoir clairement, dès le départ, qu'on vise le marche international.Il y a une très grande différence entre un succès grand public au Québec et à l'international.Dans le premier cas, on parle très souvent de succès local.Un succès international est très souvent niché, et n’est pas nécessairement un produit grand public au Québec.» Le p.-d.g.cite l'exemple de Sol-strdm, production télévisuelle qui contribue à bâtir la notoriété du CS à l'étranger.«Nos relations avec les réseaux de télévision à travers le monde ont beaucoup contribué à notre succès», indique M.1 amarre, rappelant que les émissions acquises et diffusées par la RAI Oa chaîne publique italienne) ont donné lieu à la tournée actuelle du CS dims la péninsule.Enfin, dernière illusion à corriger au sujet de la vente des biens culturels à l’étranger, c’est qu’ils prennent surtout le chemin des Etats-Unis, qui aspirent 96 % de l’exportation globale du pays.L’Europe et l’Asie accueillent donc un maigre 4 % de nos biens culturels.L’entreprise solaire en est encore une fois l’exemple avec ses cinq productions permanentes (si Ton compte le nouveau spectacle Kâ, mis en scène par Robert Lepage, qui débute à la fin du mois) au pays de George Bush.Ce qui n’empêche pas le CS de songer à s’installer à demeure également à Tokyo, Ixmdres, Paris, Berlin ou New York.Fondé en 1984 avec 73 employés, le CS en compte désormais 3000 disséminés à travers le monde.Plus de 42 millions de spectateurs ont vu la troupe depuis. LF.DEVOIR.LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 NOVEMBRE 2 0 0 1 QUEBEC INTERNATIONAL Diesel marketing communication Conquérir le monde à partir de Montréal ! «Nous nous définissions comme des gens qui font de la création commerciale» La firme de publicité Diesel marketing communication vient d’accomplir un bel exploit en remportant à elle seule le tiers des prix remis lors du concours pancanadien des «Cassies» (pour «Canadian Advertising Success Stories»).Ces prix récompensent les campagnes publicitaires canadiennes ayant enregistré les meilleures performances.CLAUDE LAF LE U R Avec six prix reçus à ce concours canadien d’agences publicitaires , Diesel en a obtenu plus en une année que toute autre agence canadienne dans l’histoire du concours.Soulignant que neuf des 18 Cassies ont été remportés par des agences québécoises, la direction de Diesel considère qu’il s’agit là d’une importante victoire pour l’ensemble de l’industrie d’ici.«Les Cassies sont particulièrement significatifs parce qu’il s’agit d’un concours basé sur les résultats obtenus parles campagnes, explique Jean-François Bouchard, président et associé principal chez Diesel marketing communication.C’est donc un concours d’efficacité qui va plus loin dans l’évaluation du travail réalisé [que les autres concours].» En effet, lés prix Cassies sont attribués sur la base des résultats quantitatifs obtenus par une campagne publicitaire, autrement dit sur le fait qu’un «bon travail génère de grands résultats».Ainsi, en plus de soumettre la publicité réalisée, l’agence doit faire la démonstration des résultats obtenus pour son client.«Il ne s’agit donc pas simplement de célébrer la création, mais les résultats obtenus grâce à cette création, commente M.Bouchard.Le fait que Diesel ait gagné six Cassies est sans précédent et, puisque le Québec en a remporté neuf, nous sommes donc très très fiers d’avoir contribué à démontrer que, à l’échelle du Canada, l’industrie québécoise en est une de qualité!» Mais l’aspect le plus remarquable de ce succès pourrait bien être le fait que Diesel est une très jeune agence de marketing: fondée en 1993 par deux jeunes étudiants, elle n’existe pratiquement que depuis cinq ans! «Nos origines sont un peu particulières, avoue Jean-François Bouchard, dans la mesure où Diesel a été fondée de façon atypique.» Expliquant qu’habituellement toute nouvelle agence est créée par des personnes qui ont 10,15 ou 20 ans d’expérience dans des agences traditionnelles, il rappelle que, dans le cas de Diesel, son comparse et lui ont souhaité créer une agence non tradition- * nelle.«J’étais étudiant en droit,.dit-il, ce qui est un peu paradoxal, alors que mon associé Fhilippe [Meunier] étudiait en design.» Néanmoins, il insiste pour dire que «plus important encore est le fait que très rapidement se sont joints à nous des associés qui sont venus nous “complémenter”.Autrement dit, ce ne sont pas réellement les deux fondateurs qui ont fait Diesel, mais bien l’équipe telle qu’elle existe aujourd’hui».Le président de Diesel s’empresse aussi de souligner que la plupart de ces associés n’ont jamais mis les pieds dans une agence.«On a par conséquent développé une vision singulière sur notre industrie, ce qui fait que Diesel se distingue des autres boites canadiennes.» Par ailleurs, l’émergence de l’agence s’est faite au cours des cinq dernières années seulement.«Je dirais qu’au cours des cinq premières années [d'existence de Diesel], on a appris notre métier, alors que dans les cinq dernières, on a commencé à atteindre une cadence bien alignée avec nos objectifs», relate-t-il.SOURCE DIESEL MARKETING L’affiche de Zumanity, un spectacle du Cirque du Soleil, est une création de Diesel marketing.Création et design Le fait est que Diesel se positionne avantageusement dans le monde de la publicité en réalisant des campagnes qu’on a tous vues.Ainsi, c’est à cette agence qu'on doit les belles publicités télé de Gaz Métro montrant des flammes bleutées dansant selon des rythmes enjôlants.C’est aussi à elle qu’on doit l’amusant slogan de Réno-Dépôt: «Si ça existait, on l’aurait!» ainsi que la récente campagne de Loto-Québec nous invitant à «être gentil avec ceux qui achètent des billets de 6/49.» «Nous nous définissons davan- tage comme des gens qui font de la création commerciale plutôt que de la publicité, précise M.Bouchard, car nous faisons plutôt de la communication-marketing.on fait donc bien davantage que de la publicité!» C’est ainsi que la moitié des activités de Diesel relève de domaines autres que la publicité télévisée ou traditionnelle.«On travaille notamment en design — c’est-à-dire qu’on développe des identités visuelles pour différentes compagnies, précise M.Bouchard.On travaille aussi en marketing interactif, c’est-à-dire toute l’utilisation des nouvelles technolo- gies multimédias, et on travaille en marketing relationnel, c’est-à-dire à l’aide de bases de données.Tout cela fait en sorte que notre offre de services est plus moderne que ce que proposent les agences traditionnelles.» Trop d’agences, estime-t-il d’ailleurs, sont obnubilées par un seul moyen de communication: la publicité.«La plupart des agences prétendent faire ce qu’on appelle de la communication intégrée, en intégrant différents moyens de communication allant du marketing direct à la publicité, précise M.Bouchard.Mais dans les faits, 90 % de leurs revenus proviennent de la publicité traditionnelle à la télé, à la radio et en affichage.» «Par contre, poursuit-il, chez Diesel, voilà ce qu’on essaie de changer en intégrant beaucoup de technologie dans ce qu’on fait.Chez nous, la publicité (la communication de masse) représente 50 % de nos revenus, alors que la communication personnalisée compte pour l’autre 50 %.Je ne dis pas que nous sommes les seuls à faire cela, mais c’est plutôt rare.» Cette caractéristique représente, aux yeux de l'associé principal de Diesel, «50 % de l’explication de ce qui nous distingue».Quant à «l'autre 50 %», il proviendrait du fait que les associés de l’entreprise se définissent avant tout comme des artisans.«Tous nos associés — de même que tous nos employés — ont les deux mains dans ce qu’on appelle le “produit”, explique-t-il.De plus, on cherche toujours à atteindre des standards de qualité internationaux, et c’est ce qui fait que Diesel se distingue tant.» Avantage Montréal «Notre but, c’est de faire la démonstration que nous sommes une excellente agence canadienne qui s’adonne à être basée à Montréal, poursuit Jean-François Bouchard, et que, par le fait même, nous avons la chance de connaître les deux cultures canadiennes.» Il considère en fait que Montréal est «une merveilleuse plateforme» pour travailler dans l’ensemble,du Canada, de même qu’aux États-Unis et en Europe.«Ici au Québec, on a une culture très riche et singulière, remarque-t-il, puisque nous nous trouvons à la rencontre de la culture européenne et nord-américaine.» Diesel a par conséquent des clients à Montréal, Toronto, San Francisco, Las Vegas, Boston, Philadelphie et Paris.«Ce qu’on cherche à démontrer, c’est qu’une agence de Montréal peut très bien réaliser des mandats nationaux et internationaux à partir de son bureau d’ici, précise-t-il encore.«Remarquez, au passage, que nous ne sommes pas les seuls à faire cela, car plusieurs agences québécoises l’ont fait avant nous et le font actuellement.» C’est ainsi que Diespl réalise plusieurs mandats aux États-Unis et en Europe.«Et quand je parle de mandats internationaux, il ne s'agit pas de mandats provenant, par exemple, d’une firme américaine pour des besoins canadiens, mais bien du mandat d’une société comme MGM pour de la promotion à Las Vegas.Et c’est exactement ce que nous faisons!» Jean-François Bouchard rappelle enfin que l’industrie d’ici a été fondée sur le fait qu’il était nécessaire de créer des publicités adaptées aux spécificités québécoises.«C’est encore vrai aujourd’hui, dit-il.Mais dans notre esprit, nous considérons que cette singularité est une matière première fort intéressante à exploiter lorsqu’il s’agit de travailler sur des marchés étrangers.D’ailleurs, le Cirque du Soleil a amplement démontré ce fait, tout comme Denys Arcand, Robert Lepage, etc.Ainsi donc, conclut-il, ce qu’on espère faire ici à Diesel, c’est de contribuer modestement à cette démonstration!» Porte par ses artistes, ie Québec rencontre le monde JIlpP Mi .£ v » i [i y m h life 9 w >7 ?* * 9 /S V %[ % « î .! 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