Le devoir, 17 janvier 2009, Cahier B
I.K I) K V 0 I H K S S A M K I) I K T DIMANCHE 18 .1 A N V I E R 2 0 0 0 CC s wA.: IDÉES Qui en veut aux produits du terroir ?Page B 5 PHILOSOPHIE L’affaire Galilée: science vs religion Page B 6 PERSPECTIVES ! candidat i t i i i i h ms ¦w.m#vm m I Pi M* •« îéH m t* r &zi 3M I Ml *-;É.k.r j]Ë ¦ M * ^ .W ’ fli- ,vvy//‘ .V.JP • ^y ?k ¥' Vf Si*3 * ** président Obama Après l’euphorie de la victoire arrive la réalité du pouvoir MARIE-CHRI B O N Z O M STINE Washington — Après l’euphorie de la victoire de Barack Obama au scrutin présidentiel du 4 novembre et avant son investiture historique mardi en tant que premier président noir des Etats-Unis, les Américains et Barack Obama lui-même ont pris la mesure des réalités, non seulement les lourdes réalités de l’héritage laissé par George Bush, mais aussi ceUes relatives à la distance qui existe entre un candidat et un président La mesure des réalités, la distance entre l’ancien candidat à la Maison-Blanche et son futur locataire, les Américains les lisent sur le visage même de Barack Obama et dans sa rhétorique.Entre le début de novembre et cette mi-janvier, les traits de Barack Obama se sont tirés, quelques cheveux ont grisonné, les envolées idéalistes se sont tues, l’homme est devenu «réaliste et pragmatique», selon ses propres termes.Les Américains aussi.Leur enthousiasme envers leur futur président s’est quelque peu émoussé.Si la cote de popularité de Barack Obama se maintient, depuis sa victoire électorale, aux alentours de 80 %, selon les sondages d’opi- nion, de moins en moins d'Américains approuvent son action.Seulement 69 % aujourd’hui, d’après une étude publiée hier par l’agence Associated Press, contre 73 % le mois dernier.La soif de changement des Américains et leurs attentes envers la présidence Obama demeurent extraordinaires.Ainsi, 65 % pensent que Barack Obama sera un président «au-dessus de la moyenne».C’est 10 à 20 points de plus que pour les attentes qu’ils avaient formulées avant l’investiture de Bill Clinton et de George Bush.Confirmant la vague de changement qui a porté Barack Obama au pouvoir, 70 % des Américains jugent «très important» que leur nouveau président tienne les promesses qu’il a faites pendant la campagne électorale.De l’instauration aux Etats-Unis d’un système universel de couverture médicale à la fin de la guerre en Irak, le site Internet PolitiFact.com, émanation du quotidien américain The St.Petersburg Times, calcule que Barack Obama a fait pas moins de 510 promesses électorales.Près de trois fois plus que George Bush en l’an 2000 (177 promesses) et que Bill Clinton en 1992 (204 promesses), d’après le groupe de presse MeClatchy.VOIR PAGE B 2: OBAMA V m s® miH Améliorez vos perspectives de carrière.Une session d’information au cours de laquelle on présentera les programmes offerts au Centre d’éducation permanente se tiendra le 25 janvier 2009, au 688, rue Sherbrooke Ouest, salle 1041, à 14 h.?Programmes en études professionnelles et de gestion ?Programmes de développement professionnel ?Programmes de langues (français et anglais) ?Programmes de traduction Nos cours sont offerts en soirée ce qui vous permet de continuer vos activités régulières.¦ Pour de plus amples renseignements : www.mcgill.ca/conted McGill Centre d'éducation permanente « i ’'Tin rc At L K i> E V 0 I R , LES SAMEDI 17 E T I) I M A N C HE 18 ,1 A N V I E R 2 0 0 9 B 2 PERSPECTIVES La peur d’écrire ^4 Gil Coijrtemanche La semaine dernière, j’ai invoqué des problèmes réels de logistique pour expliquer à mes patrons que je ne pouvais écrire de chronique.C’était un demi-mensonge, ou une demi-vérité.J’ai déjà rédigé des chroniques malgré ce genre de problème.Je voulais parler de Gaza.Mais comment expliquer à son patron la peur d’écrire sur un sujet qu’on connaît, la peur de se tromper, celle de nuire ou de dériver?Alors, j’ai choisi le prétexte logistique parce que trop d’idées se bousculaient dans ma tète et que je ne parvenais pas à les mettre dans un ordre et un cadre qui faisaient un sens quelconque.Essayons.Il y a la démesure.Tout le monde s’entend.Et les bavures israéliennes qui ne sont pas des bavures.Mille morts, treize morts.On répète cette équation absolument fausse ad nauseam.La mort n’est pas mathématique et évaluable en chiffres.La mort est un abîme.Cinq millions de morts en République démocratique du Congo, cent mille pages de journaux de moins.Nous choisissons les morts qui nous obsèdent et les conflits qui nous importent.Dans ce conflit quasiment biblique qui pourrit le monde depuis des siècles, comme beaucoup d’autres, j’ai choisi le camp des «justes», comme dirait Camus.C’est la position la plus pénible, la plus complexe, la plus vulnérable.Car le «juste» se retrouve avec de curieux compagnons qu’il n’aime pas nécessairement.Le «juste» déplore le sort des réfugiés palestiniens tout en soutenant le droit d’Israël d’exister ep sécurité en même temps que l’existence d’un Etat palestinien.Mais il doit rappeler que ce sont les pays arabes qui ont déclenché la première guerre en Israël, guerre qui fut en partie responsable de l’exode palestinien, de la radicalisation de son nationalisme et surtout de la mise en tutelle par des pays arabes des mouvements de libération palestiniens.Le «juste» doit dénoncer Israël pour les exactions, les colonies illégales, le mépris des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, mais il ne peut taire l’occupation d’une partie du Liban par le Hezbollah, l’émergence de l’extrémisme islamiste, le rôle pervers dans le conflit de l’Iran et de la Syrie, l’encouragement de l’Arabie Saoudite aux mouvements extrémistes.Il doit se demander si Israël ne souhaite pas plus la paix avec les Palestiniens que, ne le font les principaux pays arabes, hormis l’Egypte et la Jordanie.Puis, le «juste» est confronté à la douloureuse question cje la responsabilité, de l’intention criminelle des Etats ou des acteurs.Est-ce que Israël a décidé de tuer de façon systématique des enfants et des civils, décidé froidement de bombarder les installations de l’ONU, de faire mourir les gens de faim ou de froid dans la bande de Gaza?Si oui, le calcul du gouvernement serait le suivant: remporter les prochaines élections et faire prendre conscience aux habitants de Gaza que le Hamas ne peut leur apporter que douleur et souffrance.Mais il faut en même temps poser une autre question: est-ce que le Hamas a repris les tirs de roquettes sur le sud d’Israël pour provoquer une réaction violente et brutale de Tel-Aviv, espérant assurer encore plus son emprise sur le petit territoire étranglé et exsangue?Car si Israël possède le pouvoir de détruire, de raser Gaza, le Hamas n’a aucun pouvoir militaire réel.Il ne peut qu’égratigner, exacerber, nuire.Les appels à la guerre sainte sont des complaintes d’illuminés qui tiennent une population en otage.Treize morts contre mille.Tel est le bilan de la glorieuse aventure du Hamas dans la destruction d’Israël.Je n’excuse pas Israël, je crois que ce gouvernement est coupable, comme l’a déjà dit Louise Arbour, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.Mais dans sa folie suicidaire, le Hamas fait pire.Il provoque volontairement le meurtre de ses concitoyens.De toute manière, dans le prêche islamiste, cela augmentera le nombre de «martyrs», doivent se dire ses dirigeants.J’ai souvent écrit que la pire erreur commise au cours des dernières années dans ce conflit avait été de rejeter le Hamas après son élection, de refuser de négocier avec lui et d’avoir tenté de ne négocier qu’avec le pouvoir pourri de l’Autorité palestinienne.Je le crois encore.Isoler ainsi la plus démunie des populations palestiniennes créait les conditions de l’extrémisme, créait un terreau favorable aux comportements suicidaires.Cela ne justifie pas pour autant l’action du Hamas aujourd’hui, même s’il accepte dans les jours qui viennent de signer une trêve.Le Hamas n’u pas fait campagne en promettant la guerre sainte et le terrorisme.Il dénonçait la corruption des héritiers d’Arafat, promettait cjes écoles et des hôpitaux qui fonctionnent, un Etat de droit.Voilà pourquoi le 1 lamas a été élu.Puis, le parti a usurpé son mandat et consciemment entraîné Gaza dans l’enfer qu’on connaît aujourd’hui avec l’accord opportuniste de politiciens israéliens en campagne électorale.Quand on mesure mathématiquement les tragédies, le coupable est généralement celui qui tue le plus.Mtiis plus j’y pense, plus je crois que, s’il existait un tribunal international chargé de juger les crimes commis dans ce conflit, il y aurait deux accusés à la barre, chargés des mêmes crimes contre l'humanité: Israël et le Hamas.FADI AROURI RKUTKHS Dans le conflit au Proche-Orient, les deux parties ont des torts.t Evaluation foncière La «désuétude économique» fait trembler les villes du Québec Le jugement en faveur de Domtar dans son conflit avec Windsor pourrait faire perdre jusqu’à 30 millions aux municipalités LA PRESSE CANADIENNE Outre Windsor, Thurso, Donnacona et Shawinigan sont aux prises avec la question de la «dévaluation économique».Le jugement rendu en décembre par le Tribunal administratif du Québec, qui a fait chuter de 30 % l’évaluation foncière de l’usine de Domtar à Windsor, a créé une onde de choc dans le milieu municipal québécois.Une douzaine de municipalités, en attente d’une décision du Tribunal sur le même enjeu, craignent maintenant de subir le même sort que Windsor.JEANNE CORR1VEAU Au cœur du litige qui oppose la municipalité de Windsor à Domtar: la notion de la désuétude économique causée par la crise qui frappe l’industrie des pâtes et papiers.Le Tribunal administratif du Québec (TAQ) s’est rendu aux arguments de la papetière pour accréditer la thèse de désuétude économique et décréter une baisse substantielle de l’évaluation foncière.Ce précédent, qui fait trembler les municipalités, a incité la ministre des Affaires municipales, Nathalie Normandeau, à intervenir dans le dossier.Une baisse de 30 % de la valeur foncière de l’usine Domtar équivaut à un manque à gagner annuel de 900 000 $ pour la municipalité de Windsor, en Estrie.A cela s’ajoute un remboursement de 2,5 millions que devra verser la Ville à l'entreprise pour les taxes payées en trop.Pour la municipalité de 5300 habitants, le coup est dur à encaisser, d’autant plus que la papetière contribue à hauteur de 42 % à l’assiette fiscale de cette ville.La riposte de la municipalité n’a pas tardé.Lundi dernier, le maire Malcolm Wheeler a annoncé que la Ville s’adresserait à la Cour du Québec pour tenter de faire renverser la décision du TAQ.Branle-bas de combat aussi chez la ministre Nathalie Normandeau, qui s’est portée au secours de Windsor en promettant de financer les frais juridiques de la municipalité jusqu’à concurrence de 200 000 $.«Ce jugement est préoccupant dans la mesure où il pourrait constituer un précédent et faire office de ju risprudence», a déclaré la ministre.Le ministère a d’ailleurs recensé 75 bâtiments à vocation unique au Québec susceptibles de faire l’objet de demandes de baisse d’évaluation en raison de la désuétude économique.Les pertes potentielles pour les municipalités québécoises pourraient atteindre 30 millions, a confié la ministre.Si, depuis quelques semaines, les projecteurs sont tournés vers Windsor, cette municipalité n'est pas la seule à devoir composer avec une entreprise des pâtes et papiers qui cherche à faire baisser la valeur foncière de ses installations.AThurso, Papiers Fraser réclame une dévaluation de 35 % de son usine et le litige s’est retrouvé devant le TAQ, mais aucune décision n’a encore été rendue.À l’origine, l’entreprise souhaitait ob- tenir une baisse de 52 % de la valeur de ses installations avant de réviser sa demande à 35 %, relate Mario Boyer, directeur général de cette municipalité de 2500 habitants.L’enjeu est de taille pour Thurso puisque l’entreprise assume 45 % des revenus en taxes de la Ville.Un gain de Papiers Fraser entraînerait une hausse de 500 $ du compte de taxes des propriétaires de maison dont la valeur est de 100 000 $ et qui paient actuellement 1380 $, estime M.Boyer.Désuétude économique La contestation du rôle d’évaluation par les entreprises ne constitue pas une nouveauté dans le monde municipal, mais c’est le recours à la désuétude économique comme argument juridique qui est récent.Dans sa cause contre Windsor, Domtar a invoqué la crise qui frappe l’industrie des pâtes et papiers ainsi que les effets de la concurrence mondiale sur les activités de son usine.Le maire de Windsor estime toutefois que la désuétude économique ne devrait pas s’appliquer dans le cas de l’usine de Domtar.«C’est une usine plus moderne et l’entreprise fait des profits sur une base régulière.Une désuétude économique n’est pas applicable dans tous les cas de la même façon», croit Malcolm Wheeler.De son côté, le directeur général de la Ville de Thurso soutient que la notion de désuétude économique ne devrait pas être prise en compte dans l’évaluation foncière.«Quel est le lien entre les problèmes d’une entreprise à faire des affaires et une bâtisse qu’on évalue à des fins de taxation municipale?Quand ils faisaient beaucoup d’argent, ils ne nous ont pas dit qu’il y avait une plus-value à leur propriété», fait valoir M.Boyer.«Si on transposait ça au résidentiel, est-ce que ça voudrait dire qu’on devrait baisser l’évaluation de la maison de quelqu’un qui éprouve des difficultés?On évalue des bâtisses pour avoir des sources de revenus», poursuit-il.Malgré tout, certaines entreprises ont par le passé réussi à conclure des ententes avec les villes.C’est le cas de Tembec et de Papiers Fraser, qui ont négocié une baisse de 10 % de la valeur de leurs usines à Temiskaming et à Gatineau.Mobilisation En 2007, Thurso se sentait un peu seule dans son combat, mais un appel lancé à la ronde lui a permis de constater que plusieurs municipalités au Québec étaient aux prises avec les mêmes problèmes, dont Windsor, Donnacona et Shawinigan.Avec l’aide de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), un comité de travail a été mis sur pied et une étude a été réalisée sur la désuétude économique des usines de pâtes et papiers afin d’éclairer les municipalités qui font face à une contestation de la part d’entreprises de cette industrie.Vingt et une municipalités ont participé financièrement à cette étude, parmi lesquelles Baie-Comeau, Lebel-sur-Quévillon et Amos, qui ont toutes des dossiers en litige devant le TAQ.Les villes ont depuis trouvé une alliée de taille puisque la ministre Normandeau, en plus de soutenir financièrement la bataille menée par Windsor, a institué une révision des paramètres utilisés pour mesurer la désuétude économique.Lundi dernier, la ministre a déclaré que, tout en reconnaissant le caractère inhabituel de l’intervention du gouvernement dans le litige qui oppose Windsor à Domtar, l’aide financière de Québec visait à envoyer le «signal», non seulement aux villes mais également aux entreprises du Québec, qu’«t7 y a des limites à contester l’évaluation foncière».On ignore si le TAQ attendra le résultat de l’appel demandé par Windsor pour statuer sur les autres litiges portés à son attention.En attendant, le monde municipal retient son souffle.Le Devoir « Quel est le lien entre les problèmes d’une entreprise à faire des affaires et une bâtisse qu’on évalue à des fins de taxation municipale ?» 0BAMA SUITE DE LA PAGE B 1 Mais parce qu’il a plus promis que ses prédécesseurs, la puissance des aspirations du peuple américain est une épée à double tranchant pour Barack Obama.En même temps qu’elle lui fournit un ascendant considérable sur le Congrès pour pouvoir faire adopter ses projets de loi et ses réformes, elle prédispose à la déception.De fait, Barack Obama s’apprête à diriger un gouvernement qui a déjà déçu de nombreux Américains, un gouvernement qu’il a choisi et qui est mieux accueilli par le Parti républicain que par certains de ceux qui ont voté pour lui.«Cette situation était inévitable», indique au Devoir Alfred Defago, ancien diplomate et professeur de relations internationales à l'Université du Wisconsin.«Obama a déjà déçu l’aile gauche de son parti, mais c'était très prévisible car, peu à peu, il s’est orienté vers le centre; c’est pour cela qu’il a gagné et je m'attends à ce qu’il reste au centre», explique M.Defago.Le dossier irakien L’évolution vers le centre est particulièrement notable et troublante en ce qui concerne l’Irak.En juillet dernier, le candidat Obama convoquait une conférence de presse pour dire sans équivoque: «Je veux mettre fin à la guerre.» Il avait alors indiqué que, s’il était élu, les troupes américaines quitteraient l’Irak dans les 16 mois qui suivraient son entrée à la Maison-Blanche.Aujourd’hui, le futur président Obama se borne à déclarer ceci: «Je continue à croire que 16 mois est le bon calendrier, mais je vais écouter les recommandations des chefs militaires.» Et sa future secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, ne s’engage qu’à «retirer les troupes de combat des villes et des villages irakiens d’ici juin».Du reste, aucun des ministres réunis par Barack Obama n’est proche du mouvement contre la guerre et ne prône un retrait immédiat d’Irak.Joseph Biden, qui sera le vice-président de Barack Obama, a ainsi voté en faveur de l’invasion de l’Irak en 2002, tout comme Hillary Clinton.I/' seul partisan d’un retrait immédiat d’Irak que Barack Obama ait désigné à un poste ministériel, le gouverneur du Nouveau-Mexique Bill Richardson, a été relégué dans un ministère, celui du Commerce, où il n’avait aucune chance d’influencer la politique irakienne du nouveau président et a dû se désister en raison d’une enquête pour corruption qui le vise.Par ailleurs, la décision de Baraçk Obama, sans précédent dans l’histoire des Etats-Unis, de conserver le ministre de la Défense de son prédécesseur, Robert Gates, déçoit profondément les démocrates, non seulement l’aile gauche du parti et le mouvement antiguerre, mais aussi les modérés, qui déplorent le fait qu’en gardant un républicain au Pentagone, Barack Obama alimente le préjugé, issu de la guerre du Vietnam, selon lequel les démocrates n’ont pas de crédibilité quand il est question de la chose militaire.«Robert Gates demeurant ministre de la Défense, Obama devrait peut-être changer son slogan et parler plutôt de la “continuité dans laquelle on peut croire”», lance Amy Goodman, la présentatrice de l’émission radio et télé Democa-cry Now!.«Obama ne laisse aucun doute sur le fait qu’il a l’intention de commencer son mandat sur le pied de guerre», regrette cette commentatrice de gauche.La distance entre le candidat et le président est également marquée dans le dossier de Guantanamo.Lors de la campagne, le candidat Obama avait promis de «fermer Guantânamo».Aujourd’hui, le futur président souligne que fermer la prison tant décriée «va prendre un certain temps».«C’est plus difficile que ce que les gens pensent», explique-t-il.Les centristes satisfaits L’équipe économique formée par le futur locataire de la Maison-Blanche contraste aussi avec différents engagements pris par le candidat Obama, qui promettait de «changer le ton du discours à Washington» et de composer un gouvernement qui exclurait les «lobbyistes» et placerait les intérêts de l’Américain moyen en priorité.Comme son équipe de sécurité nationale, l’équipe économique de Barack Obama satisfait plus les républicains et les centristes du Parti démocrate que la gauche de l’échiquier politique américain.En effet, si Obama a nommé au ministère du Travail une amie des syndicats, Hilda Solis, il a choisi, en Timothy Geithner et I xiwrence Summers, des membres du sérail mondialiste et libéral pour occuper les postes beaucoup plus prestigieux et puissants de ministre des Finances et de conseiller présidentiel pour les affaires économiques.«Comme le Parti républicain, le Parti démocrate a lui aussi, malheureusement, beaucoup de liens avec les milieux d’affaires et on le voit dans cette équipe économique d’Obama», remarque Howard Zinn, historien et pacifiste américain.«Ce sont des gens qui se situent dans la constellation de la banque Goldman Sachs, ils ne représentent pas le changement», poursuit-il.Pour lui, le gouvernement formé par Barack Obama est, comme les précédents gouvernements américains depuis les années 60, issu du fameux «complexe militaro-industriel», cette collusion entre milieux politiques, milieux d’affaires et milieux militaires contre laquelle le président Eisenhower, pourtant un ancien général et guerrier, avait mis en garde dans son discours d’adieu en 1957.«Pendant sa campagne, Barack Obama avait dit qu’il voulait “pas seulement mettre un terme à la guerre en Irak, mais changer l'état d’esprit qui nous a apporté la guerre en Irak”; or il n’est jamais allé plus loin», déplore Howard Zinn.En marge de son évolution personnelle et politique depuis sa victoire électorale, Barack Obama a dû revoir à la baisse les ambitions de son programme devant l’ampleur d’une récession qui fait de la crise actuelle la plus grave aux Etats-Unis depuis la Grande Dépression de 1929.«Nous ne pourrons pas faire tout ce dont nous avions parlé durant la campagne présidentielle au rythme prévu», a-t-il reconnu le 11 janvier, avant de prévenir les Américains de la nécessité de faire des «sacrifices».Lui qui avait promis de créer des millions d’emplois, de relancer l’économie, de protéger l’environnement, voire de «changer le monde», admet désormais que «rien de tout cela ne viendra facilement, étant donné la gravité des défis qui se présentent à nous».«Obama est engagé dans un numéro de haute voltige qui est très risqué car c’est lui qui a créé ce sentiment d’espoir», estime le professeur Alfred Defago, qui a voté pour M.Obama mais prédit que les Américains jugeront sur pièce.«Les Américains vont donner à Obama un certain temps, plus que les 100 jours habituels pour la période de grâce, mais si, à la fin de l’année, ils ne voient pas de lueur au bout du tunnel, la situation deviendra dangereuse pour Obama sur le plan politique», pense en effet M.Defago.Collaboration spéciale « Nous ne pourrons pas faire tout ce dont nous avions parlé durant la campagne présidentielle au rythme prévu » c» MK «C 'eue MK T C MT ‘ me I.K I) K V 0 I H .I, K S S A M K I) I 17 lî T I) I M A N (' Il K I « .1 A \T V I K R 2 0 0 9 EDITORIAL IJ£ BUDGET DU 27 JANVIER Encore loin d’un consensus Ce fut la semaine des listes d’épicerie en vue du prochain budget fédéral.Chacun avait la sienne, les maires des municipalités, les Premières Nations, les organisations socio-économiques, les premiers ministres provinciaux.Reste maintenant au gouvernement Harper à faire ses choix.Ils seront éminemment politiques.-«•- » es attentes exprimées en prévision d’un budget n’auront jamais été aussi élevées.L’effort que se prépare à faire le gouvernement fédéral pour affronter une crise financière et économique d’une ampleur exceptionnelle sera sans précédent.Chacun veut avoir sa part d’un gâteau qui n'aura jamais été aussi gros.A dix jours de la présentation de ce budget, le gouvernement Harper se garde bien toutefois de préciser la nature et l’ampleur des mesures qu’il contiendra.la seule chose certaine est le retour aux déficits.Pour l’exercice financier 2009-10, le déficit pourrait atteindre, voire dépasser les 30 milliards.Outre les mesures de soutien à l’économie à venir, le gouvernement devra assumer une baisse de revenus conséquente à la diminution de l’activité économique.Les choix du gouvernement seront éminemment politiques.Ce budget n’est pas seulement un budget de crise économique, mais avant tout un budget de sortie de crise politique.L’enjeu principal de la journée du 27 janvier est la survie du gouvernement.S’il ne recueille pas l’appui d’au moins un parti d’opposition, les conserva-^ ¦ ».teurs seront défaits.Suivra le déclenchement d’élections ou la mise en place d'un gouvernement de coalition dirigé par le libéral Michael Ignatieff.Dans ce cas, ce pourrait même être la fin de la carrière politique du premier ministre.Le premier ministre n’entend pas laisser ses adversaires rédiger son budget à sa place, mais le prix à payer pour la survie de son gouvernement est clairement la recherche d’appuis, qui ne peuvent venir que des libéraux.Michael Ignatieff pose ses conditions.Dans une entrevue accordée au Devoir cette semaine, il a invité les conservateurs à mettre l’accent sur l’aide aux personnes vulnérables et sur la création d’emploi et à laisser de côté les baisses d’impôt généralisées qu’ils envisagent pour la classe moyenne.Pas plus qu’il n’a voulu admettre que l’énoncé économique et financier du 27 novembre qui a ouvert la crise politique actuelle était une erreur, Stephen Harper semble tenté de jouer son va-tout.Il tient à ces baisses d’impôt.Encore hier, il répliquait qu’un programme de mesures économiques équilibré doit inclure la classe moyenne, qui est essentielle pour relancer la consommation.S’il est défait et que des élections suivent, il espère que la classe moyenne se souviendra qu’il voulait réduire ses impôts.Toutes les demandes et suggestions qui sont faites au gouvernement ne pourront être retenues.Mais l’idée d’un bras de fer avec l’opposition n’est pas acceptable.Prolonger la présente crise politique ne pourra qu’aggraver la situation économique.L’important à ce moment-ci devrait être de mobiliser toutes les énergies, à commencer par celles des provinces, qui par leurs budgets contribueront aussi à la relance de l’économie.Puis, de faire porter les efforts là où l’impact immédiat sera le plus grand et les bénéfices à long terme certains.A cet égard, investir dans les infrastructures paraît une meilleure recette que des baisses d'impôt.Les premiers ministres des provinces sont à ce sujet du même avis que Michael Ignatieff.Sauf que Stephen Harper ne les écoute pas plus qu’il n’écoute le chef libéral.Cet homme a la tête dure.Très dure.Ce qu’a aussi réalisé hier Jean Charest, dont les revendications sur la péréquation ont été tout simplement rejetées.(VI Bernard Descôteaux bdescoteauxfàtede voir, com CAISSES DE RETRAITE Pourquoi ce privilège ?jÊKk • r : K V 0 I R .L K S S A M EDI I 7 E T I) I M A N C H E I « JANVIER 2 0 0 !) PHILOSOPHIE LE DEVOIR DE PHILO L’affaire Galilée: science vs religion L’Église souhaite renouer le dialogue avec la science.Mais la religion peut-elle encore prétendre renseigner la science ?Deux fois par mois, Le Devoir propose à des professeurs de philosophie, mais aussi à d’autres auteurs passionnés d’idées et d’histoire des idées, de relever le défi de décrypter une question d’actualité à partir des thèses d’un penseur.Auourd’hui, pour souligner l’Année mondiale de l’astronomie, Pierre Chastenay se demande comment Gallilée réagirait aux excuses des papes à son égard.•V xVy* INTERNATIONAL PORTRAIT GALLERY Il y a près de quatre siècles, Galilée écrivait: «Si l’Écriture ne peut errer, certains de ses interprètes et commentateurs le peuvent, et de plusieurs façons.» Avec 400 ans d’avance, le scientifique aura ainsi été plus perspicace que les responsables de l’Église! PIERRE CHASTENAY Astronome au Planétarium de Montréal, l’auteur anime depuis l’an passé l’émission Le Code Chastenay, à Télé-Québec.Il est le porte-parole québécois de l’Année mondiale de l’astronomie 2009, qui célèbre le 400 anniversaire de la première utilisation du télescope par Galilée (www.planétarium, montreal.qc.ca/ AMA2009).Le 21 décembre dernier, le pape Benoît XVI rendait hommage à l’astronome et physicien italien Galileo Galilei (1564-1642), soulignant que lui et d’autres savants avaient permis aux fidèles de mieux comprendre et «contempler avec gratitude les œuvres du Seigneur».Seize ans plus tôt, en 1992, le pape Jean-Paul II avait lui aussi voulu faire amende honorable en réhabilitant le savant et en qualifiant de «tragique incompréhension mutuelle» Te procès que lui avait intenté le tribunal de l’Inquisition en 1633.Rappelons qu’à l’époque, on avait reproché à Galilée sa remise en question de la physique d’Aristote et du géocentrisme de Ptolé-mée, çlevés au rang de dogmes par l’Église catholique lors du Concile de Trente (1545-1563).Menacé de torture et d’emprisonnement, forcé de se récuser, Galilée sera finalement condamné pour hérésie et assigné à résidence jusqu a sa mort, en 1642.L’épisode tragique du procès de Galilée est considéré par plusieurs comme l’acte de naissance de la science en tant qu’activité intellectuelle distincte et indépendante de la philosophie et de la religion, fondant sa propre méthode pour interroger la nature et usant de ses propres codes.La science est donc née d’une scission et les échos de cette violente séparation se font encore entendre aujourd’hui.Si Galilée, père de la physique, l’un des premiers savants «modernes», revenait parmi nous, comment réagirait-il face aux actes de contrition des papes Jean-Paul et Benoît?Que penserait-il du rôle respectif de la science et de la religion dans nos tentatives pour comprendre la nature et le fonctionnement du monde qui nous entoure?Un homme de son temps Galilée était un homme de son temps, très certainement croyant.Il est, en effet difficile de croire que le but des recherches du savant italien ait été de miner la crédibilité de l’Église ou de saper son autorité morale et spirituelle.Mais Galilée n’en était pas moins un savant avide de vérité, cette vérité toujours perfectible qui trouve sa source dans l’observation patiente de la nature.Au nom de cette vérité et contre l’avis de ses contemporains qui entendaient lui dicter comment et quoi penser, il s’est donc permis de remettre en question les opinions et les croyances de son époque.N’écrivait-il pas à la grande-duchesse Christine de Lorraine, en 1615, que «l'intention du saint-esprit est de nous enseigner comment on va au ciel, et non comment va le ciel»?Cette distinction fondamentale entre la foi et la raison, Galilée l’a mist' en pratique en soumettant les idées et les théories — les siennes et celles des autres — aux tests de l’expérimentation et de l’observation objective de la nature.C’était une innovation, à une époque où les discours des Anciens (Aristote.Ptolémée) et les bulles papales pesaient plus lourd dans la balance que ce qu’on percevait du monde extérieur.La métaphysique d’Aristote fut une des premières victimes de cette nouvelle «méthode scientifique» avec laquelle Galilée entreprit d’interroger la nature pour en percer les secrets.Prenons la théorie de la chute des corps en guise d’exemple: selon Aristote, les objets lourds P.DIONNE.TÉLÉ-QUÉBEC Pierre Chastenay: à son époque, on avait reproché à Galilée sa remise en question de la physique d’Aristote et du géocentrisme de Ptolémée, ('levés au rang de dogmes par l’Église catholique.étaient davantage attirés vers le sol que les objets plus légers; par conséquent, ils devaient tomber plus vite.A priori, cela semble évident.Mais est-ce bien le cas?Pour en avoir le cœur net, Galilée réalisa une série d’expériences rigoureuses sur la chute des corps, au cours desquelles il démontra que, contrairement à ce que professait le grand Aristote, l’accélération des corps en chute libre était indépendante de leur masse (lorsque la friction est négligeable).Deux boulets de canon de même diamètre mais de masses différentes, lâchés d’une certaine hauteur, arriveront au sol en même temps.Le géocentrisme de Ptolémée était un autre dogme que l’Église trouvait particulièrement commode.Comment ne pas croire que la Terre, berceau de l’humanité et lieu de la passion du Christ, était au centre de l’Univers?Quand Josué demande à Dieu d’arrêter le Soleil dans sa course (Josué 10,12-13), ne démontre-t-il pas que c’est l’astre du jour qui tourne autour de la Terre, et non l’inverse?Mais tout aussi plaisant et rassurant qu’il fût, le système géocen-trique montrait des failles gênantes dès le XVT siècle.Par exemple, l’assemblage complexe d’épicycles et de déférents (des cercles tournant sur d’autres cercles) qui, selon Ptolémée, transportaient les planètes autour de la Terre permettait de faire des calculs prévoyant leurs positions futures; malheureusement, les planètes n’étaient pas toujours là où elles devaient être! Des visions alternatives de l’univers astronomique commencèrent donc à circuler, dont la plus connue est bien sûr le système héliocen-trique de Nicolas Copernic (1473-1543).Publié peu de temps avant la mort du savant polonais, son livre De Revolutionibus Orbium Coeles-tium sème la controverse et est rapidement jugé hérétique puis mis à l’index par les autorités ecclésiastiques.Un demi-siècle plus tard, la controverse, loin de s’éteindre, enflamme au contraire les débats intellectuels en Europe.En 1609, dans cette atmosphère surchargée, Galilée, alors enseignant à l’Université de Padoue, entend parler d’une nouvelle invention attribuée au Hollandais Hans Lippershey (1570-1619), une lunette qui permet de voir des objets lointains comme s’ils étaient tout proches.Sans plan précis, mais avec de bonnes connaissances en optique et les fonderies de verre de Murano situées tout près, Galilée entreprend de construire sa propre lunette, qui s’avérera supérieure en qualité à tout ce qui existait à l’époque — un exploit remarquable en soi.Après avoir offert son «invention» au Doge de Venise en août 1609 (et, en homme avisé qu’il était, négocié au passage un poste permanent à l’université et l’augmentation de ses gages), Galilée pointa tout naturellement sa lunette vers la Line.Ce qu’il a vu allait changer à jamais notre vision de l’Univers et de la place que nous y occupons.Galilée a vu des montagnes et des cratères sur la Line, alors que l’on considérait jusque-là notre satel- lite comme une sphère sans défaut (vision aristotélicienne de la perfection des corps célestes).Pointant son instrument vers la planète Jupiter, Galilée eut la stuprise de découvrir quatre petites lunes en orbite autour de la géante.Comment des astres pouvaient-ils tourner autour d’im autre centre que la Terre?Observant Vénus pendant quelques semaines, il constata que la planète montrait des phases, comme notre Lune, en totale contradiction avec le modèle géo-centrique de Ptolémée.Le Soleil lui apparut couvert de taches sombres, contredisant une fois de plus la perfection aristotélicienne; qui plus est, ces taches se déplaçaient de concert sur la face de l’étoile, trahissant la rotation du Soleil sur lui-même.Si le Soleil était animé de rotation, pourquoi pas la Terre elle aussi?Les visions de la lunette Les contemporains de Galilée mirent d’abord en doute sa lunette et les visions qu’elle révélait, jugées fantaisistes et illusoires.Comment croire ce que nos yeux nous montrent lorsquç cela contredit les dogmes de l’Église et l’enseignement des Anciens?Heureusement pour Galilée, un voyage à Rome au printemps 1611 lui permit de présenter sa lunette aux savants de l’Église et de faire accepter ses observations par le puissant Collège pontifical, ce qui lui assura la caution du Saint-Siège en ce qui concerne la réalité de ce que le télescope permettait de voir.Par contre, les responsables de la Doctrine de la foi n’étaient pas prêts à accepter ce qui, pour Galilée, était la conclusion logique de ses travaux: la Terre n’est pas le centre du monde, c’est plutôt le Soleil qui est au centre et la Terre, comme les autres planètes, tourne en orbite autour de lui.Devenu résolument co-pernicien, Galilée s’attirera aussitôt les foudres de lÉglise.Passons rapidement sur ses nombreux démêlés avec l’Inquisition qui menèrent à son procès et à sa condamnation en 1633.Demandons-nous plutôt comment interpreter l’attitude négative de l’Église face aux positions héliocentristes de Galilée.Il faut certainement voir dans le procès de Galilée une volonté de l’Église d’asseoir son pouvoir temporel sur des bases doctrinaires, surtout en ces temps troubles de schismes religieux.Giordano Bruno (1548-1600) a payé de sa rie son attitude de défiance face aux dogmes religieux de son temps.On connaît le sort qu’a connu Galilée, réduit à se récuser pour sauver sa vie.Crois ou meurs semblait être la seule ouverture au dia- logue de l’Église à cette époque.Heureusement, les choses ont bien changé en 400 ans et la réhabilitation de Galilée le montre bien.Dans un récent éditorial de l’Osser-vatore Romano, le père José G.Funes, directeur de l’Observatoire astronomique du Vatican, écrivait que «l’Eglise, d’une certaine façon, a reconnu ses erreurs.Elle peut peut-être faire mieux.On peut toujours faire mieux».Voilà qui est inusité sous la plume d’un ecclésiastique! Mais quelle erreur reconnaît ainsi le père Funes?Une lecture trop littérale de la Bible, tout simplement Rechercher dans les textes «révélés» des données ou des théories scientifiques mène rapidement à de graves dérives, dont certaines nous hantent encore aujourd’hui (pensons simplement au créationnisme).Lorsque l’Église s’est enfin décidée à reconnaître ses torts dans l’affaire Galilée (au terme d’une enquête qui aura duré de 1981 à 1992), le cardinal Poupard déclara, en présence du pape Jean-Paul II, que «certains théologiens contemporains de Galilée n’ont pas su interpréter la signification profonde, non littérale, des Ecritures».Nos propres limitations Cette déclaration ressemble étonnamment à ce qu’écrivait Galilée lui-même il y a près de quatre siècles dans une lettre à Benedetto Castelli: «Si l’Écriture ne peut errer, certains de ses interprètes et commentateurs le peuvent, et de plusieurs façons.» Avec 400 ans d’avance, le scientifique Galilée aura ainsi été plus perspicace que les responsables de l’Église! Tout en faisant son mea-culpa, l’Église souhaite évidemment renouer le dialogue avec la science.Pour faire mieux, comme l’écrivait le directeur de l’Observatoire du Vatican.Mais la religion peut-elle encore prétendre renseigner la science?Si Galilée revenait aujourd’hui, sans doute serait-il d’avis que la religion et la foi ne peuvent rien nous dire à propos du fonctionnement de la nature.Seule la science est en mesure de répondre à ces questions, bien que cela soit de manière imparfaite et partielle.Mais les imperfections et les limites de la science ne signifient pas pour autant qu’il existe un ensemble de connaissances accessibles uniquement par des voies spirituelles (par exemple, les causes premières et les finalités du monde).Les «révélations» des différentes religions à ce sujet ne se prêtent pas à une analyse scientifique (réfutabilité des hypothèses, soumission à l’expérience, répétitivité des observations) ou même parfois historique; elles demeurent des connaissances subjectives peu utiles pour comprendre la nature du réel.Ne faut-il pas plutôt voir dans les limites de nos connais- sances scientifiques actuelles un reflet de nos propres limitations, autant sensorielles qu’intellectuelles?En d’autres termes, ce n’est pas l’Univers qui est incompréhensible et mystérieux, c’est peut-être nous qui ne sommes pas outillés pour le comprendre! En arriverons-nous un jour à une compréhension globale de la nature, du fonctionnement de l’Univers et de tout ce qu’il contient, incluant son origine et sa finalité?Sans tomber dans un positivisme ou un scientisme naît nous disons: pourquoi pas?Galilée lui-même reconnaissait que ses travaux étaient préliminaires, se contentant d’avoir ouvert «l’accès à une science aussi vaste qu’éminente, dont mes propres travaux marqueront le commencement et dont des esprits plus perspicaces que le mien exploreront les parties les plus cachées».Après tout, la science n’a que quatre siècles; parions que l’avenir donnera raison à l’un de ses plus illustres fondateurs! ?Vous avez un commentaire, des suggestions?Écrivez à Antoine Robitaille: arobitaille@ledevoir.com.Du nouveau! Pour lire ou relire les anciens Devoir de philo et Devoir d’histoire; http://www.ledevoir.com/ societ e/devoir philo, ht ml#.Faites-vous du bien.Faites du bien aux autres.Pour plus de détails sur les forfaits d’abonnement et les programmes des Y du Québec, visitez yquebec.org.LES Y DU QUEBEC Ple.A Je VI>S Si le père de la physique revenait parmi nous, que penserait-il du rôle de la science et de la religion dans nos tentatives pour comprendre la nature et le fonctionnement du monde qui nous entoure ?
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