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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier C
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2009-01-31, Collections de BAnQ.

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L fi DEVOIR.I, K S S A M EDI II I JANVIER fi T I) I M A N ( Il fi I fi fi V K I fi R > O (I f> IDÉES Bataille des plaines d’Abraham: jeux de guerre Page C 5 POLITIQUE Qui sort victorieux de la crise politique?Page C 3 4 PERSPECT VÏS NEWSCOM Qu est-ce qui justifie que les patrons gagnent jusqu’à 1000 fois plus que leurs employés?Les salaires de la démesure Si un patron vaut 50 millions par année, pourquoi un ouvrier ne réclamerait-il pas 50 OOO $, soit mille fois moins?Pourquoi certains journalistes reçoivent-ils davantage que les professeurs d’université qui les ont formés?Les barèmes de rémunération de notre société ont-ils encore du bon sens?l V " t ^ ij S**, vf % t w JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les employés doivent aussi pouvoir bénéficier des profits qu’ils aident à générer.Les salaires et les conditions de travail au Journal de Montréal frisent les sommets de la profession parce que cette publication rapporte très gros.STÉPHANE BAILLARGEON Le gros porteur collectif pique du nez?Le coucou va planter?Et puis après?La première classe s’en fout royalement et continue de bénéficier de privilèges scandaleusement avantageux.«La boîte a coulé, mais pouce / On va se la couler douce / La pilule, on va se la dorer/ J’ai le parachute.chut! doré», chante malicieusement Alain Souchon.La triste farce monumentale continue des deux côtés de l’Atlantique Nord.Selon des données publiées cette semaine par le contrôleur de l’Etat de New York, Wall Street a versé 19 milliards en primes à ses dirigeants en 2008.«C’est le comble de l’irresponsabilité.C’est honteux», a commenté le président Obama.En France, en dépit d’appels incessants des pouvoirs publics, les pratiques de 80 % des 120 plus grandes sociétés cotées en Bourse ne s’avèrent pas conformes aux «recommandations de retenue» diffusées cet automne par l’Association française des entreprises privées.Et ici?Le président démissionnaire de la Caisse de dépôt et placement du Québec, Henri-Paul Rousseau, a reçu 380 000 $ pour avoir démissionné en mai de son poste.Les deux années précédentes, en 2006 et en 2007, M.Rousseau empochait 1,9 puis 1,8 million en salaires et primes.Les résultats de la Caisse ne décevaient pas alors, mais les choix d’investissements faits sous sa gouverne vont probablement entraîner des pertes de 30 à 40 milliards, selon les experts.400 fois merci La vieille norme informelle de l’âge industriel dite du «un pour vingt» faisait qu’autrefois un patron ne bénéficiait généralement pas d’un salaire 20 fois supérieur à la moyenne de ses employés.L’écart entre le haut et le bas a commencé à se creuser dans les années 1980.Les 50 p.-d.g.les mieux payés du pays gagnaient déjà 104 fois le salaire canadien moyen en 1995 et 400 fois ce montant dix ans plus tard.En clair, en moins d’une journée, un superpatron canadien gagne autant que sop employé en une année.Aux Etats-Unis, quelques big boss ayant dépassé le seuil du «un pour mille» engrangent le salaire annuel d’un employé avant leur petit-déjeuner du jour de l’An.Les turboca-pitalistes ont siphonné le système avec un sans-gêne et une cupidité dignes des aristocrates de l’Ancien Régime.Les cent dirigeants les mieux payés du Canada gagnaient un salaire moyen de 10 millions en 2007, en hausse de 22 % par rapport à l’année précédente, Michael Lazara-dis, patron de Resarch in Motion, la compagnie du BlackBerry, a empoché 51 millions en 2007.«Les salaires de 40 ou 60 millions par année ne sont pas justifiés autrement que par la concurrence, du moins selon les patrons eux-mêmes», explique Robert Saucier, lui-même patron de Saucier conseil, une firme d’expertise en rémunération.Il ne juge pas un cas en particulier, mais l’arnaque au grand complet.«À mon avis, le grave problème est que patron, c’est le seul emploi pour lequel il n’y a pas de limites.Dans ma profession, on se demande jusqu’où payer pour attirer une personne qualifiée.Dans le cas de p.-d.g.de sociétés publiques inscrites en Bourse, on ne pose pas cette question.En ce qui concerne les entreprises privées, c’est une autre histoire.Leurs patrons sont payés raisonnablement et prennent de vrais risques, souvent avec leur propre argent d’ailleurs.» Pis, le spécialiste ne voit pas encore de changements significatifs à court terme dans l’habitude d’engraisser le patron comme cochon.Une étude publiée cette semaine par deux universitaires américains (Wages and Human Capital in US Financial Industry, 1909-2006) semble lui donner raison: il a fallu plusieurs années pour rééquilibrer les salaires des patrons après le krach de 1929.«Les salaires des hauts diri-* géants restent très élevés, dit M.Saucier.Il n’y a même pas d’indication que la situation va changer, ni même que la volonté est là de la changer.En tout cas, elle ne viendra pas des patrons eux-mêmes.» Et le Québec d’en bas?Le vulgum pecus trime pour des pinottes.Les dernières données disponibles (novembre 2008) établissent la moyenne hebdomadaire des salaires canadiens à 805 $ et ceux du Québec à 747 $, soit moins de 40 000 $ par année.Dans les services publics, le salaire grimpe à 1208 $; pour le commerce au détail, il chute à 503 $.Les cas-limites réservent des surprises.Le syndicat des professeurs de l’Université du Québec à Montréal réclame des augmentations d’environ 12 % sur trois ans quelques semaines à peine après que l’université a évité, sinon la faillite, du moins la tutelle à cause du bourbier financier créé par ses chantiers immobiliers.Pour- 4 quoi pas?Après tout, Roch Denis, le recteur responsable du fiasco, a empoché une prime de départ de 173 000$ en 2007.La direction du Journal de Montréal, en lock-out, prétend qu’un chef de pupitre de sa salle de rédaction reçoit 125 (XX) $ par année, pour 30 heures de boulot hebdomadaire, avec six semaines de congé annuel payées au tarif et demi.Les syndiqués en grève nient cette information, qui ferait d’eux des salariés mieux choyés que les titulaires de chaire de IIJQAM.«L’économie change et certains syndiqués ne veulent pas s’adapter, ne serait-ce que pour assurer la survie de leur entreprise, commente encore M.Saucier.Un journaliste du Journal de Montréal vaut-il 86 000 $ par année quand un autre fait le même travail pour la moitié de ce montant?Le syndicat évoque la qualité du travail.Je ne suis pas sûr que la différenee soit si marquée dans le produit final fourni.» N’empêche que les employés * I doivent bien aussi pouvoir bénéficier des profits qu’ils aident à générer.Les salaires et les conditions de travail au Journal de Montréal frisent les sommets de la profession parce que cette publication rapporte gros, très gros même.Le conflit de travail tranchera pour l’avenir.Le professionnel du marché de l’emploi, lui, observe que les salaires ont tendance à se stabiliser, autour de certains échelons.A expérience égale, au sommet de l’échelle, un emploi nécessitant une formation secondaire devrait recevoir de 35 000 $ à 40 000 $, un emploi de technicien (avec un diplôme collégial), de 50 000 $ à 60 000 $ et un emploi professionnel (avec un bac-calauréat ou une maîtrise), entre 70 000 $et 80 000$.La professeure Julie Cloutier, de l’Ecole des sciences de la gestion de l’UQAM, introduit une variable subjective dans ces barèmes chiffrés.«Le salaire se fixe à partir d’un système dévaluation prenant en compte la qualification, l’expérience, les responsabilités et les performances exigées pour un poste, dit la spécialiste de la justice organisationnelle.Mais un salaire juste dépend aussi de la perception des individus.Quand les gens se sentent injustement rémunérés, ils peuvent réduire leurs performances ou quitter leur emploi, ce qui s'avère nuisible pour leur entreprise.» Ui professeure note que peu d’études s’intéressent aux perceptions et aux effets des disparités de revenus entre les dirigeants et les salariés.«La situation n'est pas encore assez documentée.D’ailleurs, les employés ont plus tendance à se comparer aux postes proches: au supérieur immédiat et aux subordonnés.» Les vieux marxistes avaient des concepts pour décrire ces réalités: la lutte des classes, la conscience de classe, l’aliénation aussi.Mais Marx est mort, les patrons de la spoliation peuvent dormir tranquilles et vogue la galère.Le Det'oir t « Les salaires de 40 ou 60 millions par année ne sont pas justifiés autrement que par la concurrence, du moins selon les patrons eux-mêmes» t 1 C 2 L E I) E V OIK, L E S S A M E I) I 3 1 .1 A N V 1ER E T 1> I M A X C II E I ' " E Ê V R I E R 2 0 0 9 PERSPECTIVES X U Xli kJl Uvll V Jjk) Le budget qui n’a pas fait d’une pierre deux coups Les conservateurs ont ciblé la crise économique, mais pas la crise écologique La médiocrité Gil Courtemanche n écrivant cette chronique, je pense à mes confrères qui malheureusement sont condamnés depuis vingt ans à couvrir la politique canadienne et québécoise.C’est un peu comme regarder couler un long fleuve tranquille, retrouver chaque semaine les mêmes mots, les mêmes redondances.Une sorte de monotonie placide et distraite qui semble dire que nous évoluons en dehors du monde et de ses turbulences.L’imagination et l’audace sont disparues de la vie politique depuis vingt ans, depuis Mulroney en fait.Je ne pensais jamais que je lui ferais un tel compliment.Peu importe nos positions personnelles, il faut admettre que l’accord de libre-échange, le Lac-Meech et le référendum sur l’entente de Charlottetown proposaient une vision de l’avenir et du pays.Dans ces propositions existaient un engagement, un pari, une vision.Depuis, se sont installés les comptables et les gérants, les vendeurs d’assurances et d’autos d’occasion, satisfaits d’être premiers ministres ou ministres.La politique canadienne est d’une pauvreté et d’une médiocrité sans nom.En fait, elle n’est plus que politicienne.En décembre souffla un vent de fraîcheur, tellement plaisant qu’il ranima mon intérêt pour ces gens qui gesticulent à Ottawa.Devant un gouvernement minoritaire qui tentait au nom de la crise un véritable coup d’Etat, en suspendant des droits démocratiques, le financement Harper public des partis politiques, et , , qui ne proposait rien de redevient concret pour sortir de la crise, «urtont l’opposition s’est levée et a dit non.L’opposition, faut-il le rap- le redoutable P6'61"- c’est la très grande majorité des citoyens canadiens.Stratège Cette idée de coalition était ., .comme ime jolie averse durant qui réussit ia canicule, intelligente, auda- de is cieuse et imaginative.Elle nous ^ sortait des carcans parlemen- trois ans taires habituels et nous ouvrait les portes du compromis, du à kidnapper consensus national porté par les élus majoritaires.Voilà, nous le pays entrions dans la véritable poli- tique qui est le monde des choix et des risques, de la prise de responsabilités.Je n’y ai jamais vraiment cru, mais l’épisode était passionnant d’autant que le gouvernement Harper décidait de suspendre la démocratie pour sauver sa peau.Partout, ce déni absolu de la démocratie aurait outré non seulement les partis, mais aussi les foules.Mais pas chez nous, la dinde attendait tranquillement, le nouveau chef libéral se mettait à calculer et les conservateurs, heureux de ce répit demandèrent à leurs fonctionnaires de rédiger un budget qui ne plairait peut-être pas à tout le monde, mais qui plairait suffisamment aux libéraux.Dans cet espace de temps, tout rapport à la démocratie et surtout à la sortie de la crise disparaît L’objectif du gouvernement n’est pas d’être démocratique ou de sauver le pays, son seul objectif est de survivre.Pour survivre, on pouvait penser que Harper aurait frappé un grand coup, proposé un projet mobilisateur, engagé des réformes fondamentales.Nenni.Certain que la coalition est morte parce que finalement elle n’est pas dans les moeurs, Harper redevient le petit comptable de province qu’il est et surtout le redoutable stratège qui réussit depuis trois ans à kidnapper le pays.Les libéraux acquiescent.La politique politicienne reprend tous ces droits qui sont tous nos droits.Pour la crise, on verra.Alors, pensons aux prochaines élections, pas à l’économie canadienne, pensons à certains secteurs de l’économie où les votes sont concentrés.Cela donne un budget en forme de macramé, totalement dépourvu d’épine dorsale et d’objectif global, qui cible des clientèles électorales plutôt que des objectifs économiques.Première clientèle: les fidèles conservateurs, pour qui la réduction des impôts, même si elle ne leur rapporte que cent dollars par année, ressemble à un verset de la Bible.C’est avec ce genre de raisonnement que des Etats et des villes aux États-Unis sont parvenus au bord de la faillite et ne peuvent plus assurer les services essentiels.Deuxième clientèle, l’Ontario, car dans ce budget on concède les provinces atlantiques et le Qué bec à l’opposition.L’automobile sera sauvée, mais pas les forêts, qui ixmrtanl génèrent plus d'emplois mais moins de votes stratégiques.La culture, on s’en fout.Cela ne marche qu'au Québec et on vient de faire une croix sur le Québec.Même chose pour la péréquation, le fédéralisme d’ouverture, c’était bien dans le temps où on pensait que les conservateurs pouvaient remplacer les libéraux dans la Belle Province, mais cette époque est passée.Jean Charest peut bien japper, on s'en fout et, de toute manière, il n’a jamais fait rien d’autre que japper puis rentrer dans sa niche.L’environnement, parlons-en.Pour un conservateur, la nature ne devrait pas exister.Elle nous complique la vie.Si Harper pouvait interdire la neige, il le ferait pour épargner les coûts du déneigement.Mais il a besoin de tous ces sièges en Alberta; il donne donc quelques subventions aux pétrolières pour qu'elles continuent à polluer les nappes phréatiques.Bien sûr, les pétrolières ont un besoin important de subventions.Dans un pays démocratique, on s’attend à ce que le gouvernement tente de résoudre la crise économique.On imagine que c’est sa fonction et son objectif.Mais il n’y a rien de cela dans ce budget, juste une carte électorale, des comtés, des votes.On aurait souhaité un peu d’imagination et d’audace.On n’a eu droit qu’à la médiocrité et au calcul politiciens.Le plus Iriste dans tout cela, ce n’est pas la médiocrité de Harper, c'est qu’lgnatieff en soit satisfait.Le budget Harper dévoilé cette semaine traduit un choix idéologique qui distingue le Canada des autres pays de l’OCDE.En effet, il cible une seule crise, la crise économique, alors que partout ailleurs dans le monde on tente de faire en sorte que l’argent du public investi dans la relance serve aussi à résoudre la deuxième crise qui menace la planète: la crise écologique.LOUIS-GILLES FRANCŒUR Le budget conservateur prévoit des investissements tout au plus marginaux à des fins environnementales.Selon le NPD, les vraies solutions environnementales de ce budget représentent tout au plus 15 des 40 milliards annoncés.Mais ce budget n’assigne aucun objectif de protection environnementale précis, contrairement à celui du président Obama, tout comme il ne prévoit pas un sou pour la protection des écosystèmes marins, la protection des ressources hydriques, l’agrandissement des parcs nationaux et des sanctuaires d’oiseaux migrateurs, etc.Tout au plus, le budget prévoit 75 millions pour la réfection des routes et campings des parcs fédéraux.Pis que tout, le budget prévoit la levée des contrôles environnementaux fédéraux pour les projets de 10 millions de dollars ou moins, ce qui indique que les règles d’évaluation habituelles auraient écarté ou retardé plusieurs projets des conservateurs en raison de leurs impacts environnementaux, un processus perçu comme un obstacle plutôt que comme une clé maîtresse du progrès.Ottawa préfère s’en remettre ici à des processus provinciaux où la consultation publique est minimale ou à des règles d’évaluation pipées, qui assurent un feu vert quasiment automatique aux projets gouvernementaux, ce que réclament en sourdine les milieux municipaux, qui rêvent d’envahir à nouveau les milieux humides et naturels.En retour, les conservateurs savent qu’ils vont se faire de nouveaux alliés dans plusieurs régions.Priorité à l’automobile Les transports illustrent mieux que tout l’absence de vision intégrée des conservateurs en matière d’économie, d’environnement et de climat Ainsi, le budget accorde 2,7 milliards pour la seule année 2009 aux constructeurs d’automobiles, mais seulement 200 millions par année sur cinq ans aux infrastructures vertes, soit aux transports en commun.C’est cinq fois moins que ce qui serait nécessaire pour rattraper l’avance des États-Unis dans ce domaine, a calculé Transport 2000 Québec.Les villes canadiennes ont pourtant établi qu’il leur faudrait entre 24 et 31 milliards sur cinq ans pour répondre à leurs besoins les plus criants.Une étude de la Chambre de commerce de Montréal a par ailleurs démontré que les dépenses en transports collectifs génèrent deux fois plus de retombées économiques que dans le secteur de l’automobile.En plus, elles font épargner annuellement aux seuls Québécois 600 millions par année tout en assurant un retour de 45 % sur les investissements publics aux deux gouvernements et en réduisant la balance des paiements du pays.Un investissement massif dans les transports collectifs était d’autant plus impératif que les transports sont responsables de 40 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) au Québec et d’environ 25 % à l’échelle canadienne.Certes, le budget fédéral prévoit un fonds de restauration des infrastructures de quatre milliards sur deux ans.Mais ce programme n’accorde aucune priorité aux projets de transports en commun qui tenteraient de s’en prévaloir.Ce programme risque fort de financer plutôt une - .ir 'îV / .tV k 'À m.il W r MU JACQUES GRENIER LE DEVOIR On se rend compte à quel point la politique des conservateurs handicapera le développement technologique de notre industrie «verte», aujourd’hui laissée pour compte.augmentation des émissions de GES et nombre de projets destructeurs d’écosystèmes en multipliant les routes et autoroutes tout en intensifiant l’étalement urbain.Enfin, ce budget ne prévoit aucun déblocage du projet de train à haute vitesse entre Québec et Windsor, qui fait pourtant l’objet d’un consensus croissant à cause de la place marginale occupée par le transport des humains et de la vétusté technologique des trains de passagers sur nos réseaux ferroviaires.Pas d’énergies vertes C’est au chapitre du développement des énergies vertes que le budget Harper se démarque le plus de celui du président Obama, qui entend orienter la relance économique vers l’atteinte d’objectifs sociaux et environnementaux et non simplement enrichir des pirates de fonds publics en habits rayés.Aux États-Unis, le président Obama entend investir près de 60 milliards pour créer 500 000 emplois dans les énergies vertes, d’abord dans les économies d’énergie, où l’aide gouvernementale atteindra 30 % des investissements, et ensuite dans les productions solaire, éolienne et géothermique, qui devront doubler leur production d’ici trois ans.En comparaison, les conservateurs investiront 1,6 milliard en deux ans dans les «énergies vertes», un vocable qui dissimule près de 300 millions dans la restauration du réacteur nucléaire de Chalk River et qui prévoit près d’un milliard à divers titres pour le captage et le stockage du carbone même si la technologie est loin d’être au point.Quant aux pétrolières, elles récupèrent sur le plan fiscal l’amortissement accéléré, ce qui refilera près de la moitié de la facture de leurs nouvelles installations aux contribuables.Le budget Flaherty prévoit d’améliorer l’efficacité énergétique de 200 000 maisons au Canada, mais avec un remboursement de 15 % des investissements, plusieurs doutent qu’il suscite les investissements prévus.Le programme de rénovation des maisons, pour sa part, n’est pas axé sur les économies d’énergie.Il pourra donc servir à augmenter la facture d’énergie des bâtiments, maisons et chalets, qu’on pourra agrandir de façon disproportionnée en partie aux frais des contribuables.A contre-courant Par habitant, selon la Coalition pour un budget vert, les 1,6 milliard de dollars consacrés à des solutions vertes aussi douteuses que le nucléaire et le captage du carbone représentent un investissement de quatre fois inférieur à l’effort autorisé par le Congrès étasunien cette semaine.Mais d’un point de vue économique, l’investissement planifié par le président Obama étant 37 fois plus important, il attirera de l’autre côté de la frontière même les investisseurs d’ici, puisque c’est là que se concentrera la masse critique continentale, Et ce n’est pas assez, selon les entreprises et les syndicats de la construction des États-Unis, qui ont réclamé avec les écologistes de pouvoir optimiser l’efficacité énergétique de 50 millions de bâtiments d’ici 2020 et, à court terme, d’en moderniser quatre millions en deux ans avec un budget gouvernemental de 20 milliards! On se rend compte à quel point la politique des conservateurs handicapera le développement technologique de notre industrie «verte», aujourd’hui laissée pour compte, quand on sait que le Japon y investira de son côté un trillion (mille milliards) d’ici 2020 pour y créer 2,2 millions d’emplois adaptés .aux défis technologiques du XXI' siècle, notait Équiterre en réaction au budget.La Corée du Sud s’est pour sa part dotée d’un plan vert budgétaire de 36 milliards pour créer 140 000 emplois de haut niveau en 12 mois.Le dernier budget fédéral met aussi la hache, en ne renouvelant pas son enveloppe, dans le programme ecoENERGY, qui devait financer des projets de production d’énergie verte déjà tout fin prêts à produire 1500 MW grâce à des investissements privés de 3,5 milliards.De plus, le non-renouvellement du programme de soutien à la production éolienne, qui fournissait antérieurement 1 C du kWh, va tout particulièrement frapper le Québec, où 3000 MW sont en chantier.Le Devoir Les milliards réanimeront-ils l’économie?Entre la théorie et la pratique, il y a parfois un gouffre.À la lecture du budget fédéral, dans lequel Ottawa nappe l’économie d’une généreuse couche d’argent public pour combattre la récession et relancer la croissance, des économistes ont eu un doute.Et si ça ne fonctionnait pas comme prévu?FRANÇOIS DESJARDINS Mis au pied du mur par les partis d’opposition, les conservateurs ont ouvert les vannes plus grandes que grandes dans leur dernier budget.Au total sur deux ans, Ottawa prévoit un électrochoc de 40 milliards, dont 12 milliards pour les infrastructures et 13 milliards pour les travailleurs et les contribuables.Sans compter le soutien aux sociétés de financement pour s’assurer que le crédit coule à flots.Cela, croit Ottawa, devrait ajouter 1,6 % à la croissance en 2009 et 2 % d’ici la fin 2010.Or ce genre de résultat est loin d’être garanti, préviennent certains experts.«Les attentes quant au pouvoir réel d’un plan de stimulation sont trop élevées», dit Derek Burleton, qui dirige la recherche économique à la Banque TD.«On place de grands espoirs sur les épaules du gouvernement, et je pense que le vrai stimulant viendra du Sud, lorsque l'économie américaine va reprendre son élan.Quelle part de ces 40 milliards va vraiment alimenter l'économie, et ce dans un contexte où celle-ci est à son plus faible?» Selon lui, l’impact du plan de relance d’ici la fin de 2010 ne sera que de 1 %, soit la moitié moins que les attentes d’Ottawa.La pièce maîtresse du plan économique est l’aide prévue pour les infrastructures, qui compte sur la contribution financière des provinces et des villes.Devant les sommes annoncées, la Fédération québécoise des municipalités (FQM) s’est réjouie.En signalant, toutefois, que même les plus belles intentions du monde peuvent échouer au test du réel.«Devant l’ampleur de la crise et les risques que celle-ci fait planer sur l’ensemble des régions, la FQM plaide pour que les sommes additionnelles annoncées soient rapidement disponibles sur le terrain», a indiqué le regroupement dans sa réaction au budget.En gros, a dit la direction de la FQM, Ottawa et Québec doivent s’entendre le plus vite possible sur les projets qui recevront l’argent et sur les modalités.«Far le passé, nous avons été souvent témoins de démêlés qui retardaient la mise en œuvre de l’aide, comme c’est le cas pour l’entente administrative concernant Chantiers Canada, qui n’a toujours pas été signée entre le Canada et le Québec alors qu’il s’agit d’un dossier réglé dans plusieurs autres provinces», a dit son président, Bernard Généreux.Il est de notoriété publique que les villes, notamment Montréal, sont très loin d’avoir été impressionnées par Chantiers Canada, un programme de 8,8 milliards sur sept ans que plusieurs critiquent en raison de sa lourdeur administrative.Les 12 milliards du plan Flaherty viendraient s’ajouter à cette somme.Contraction soudaine Si tout se déroule comme prévu, Ottawa, qui se base sur les projections d’économistes du secteur privé, croit que l’économie canadienne va se contracter de 0,8 % cette année.La récession a commencé au quatrième trimestre de 2008 et va s’étendre sur trois trimestres, selon le « Le vrai gouvernement.Ces perspectives n’ont rien à voir avec la croissance de 0,3 % stimulant qu’Ottawa prévoyait en novembre der- nier.Une fois le malaise passé, en 2010, viendra du l’économie profitera des coups de pou-o , , ce du budget et de l’amélioration du SUU, lorsque contexte mondial pour bondir de 2,4 %, l’économie Pense 0ttawa- «Le budget devrait atteindre, et même américaine dépasser, l’objectif de mettre fin le plus rapidement possible à l’actuelle récession, a va reprendre estimé l’équipe d’économistes du Mou-/, vement Desjardins.Ne pas injecter assez son élan» d’argent aurait eu des conséquences - Derek beaucoup plus dommageables que d’en injecter trop.Cependant, le travail ne Burleton, s’arrête pas là.Il faut maintenant faire le Banque TD nécessaire pour mettre en branle rapidement toutes ces bonnes intentions.» Même advenant le décaissement rapide des montants d’argent, il y a un autre point d’interrogation: la capacité des provinces et des villes à financer leur part du programme.Au Québec, où les finances n’ont rien de reluisant, la contribution à un gros programme d’infrastructures forcerait-elle le gouvernement à faire des compressions ailleurs?VOIR PAGE C 3: EFFET 1 ¦ C LE DEVOIR.LES SAMEDI 31 JANVIER ET DIMANCHE I E E V R 1ER 2 O O !) PERSPECTIVES (' 3 ÿiïalï >.%* BI.AIR GABLE REUTERS «Avec le recul, on dira que Michael Ignatieff a commis sa plus grande erreur le 28 janvier 2009 en refusant de devenir premier ministre du Canada», a affirmé une source conservatrice.Qui sort victorieux de la crise politique ?Certains donnent encore deux ans aux conservateurs, alors que d’autres estiment qu’Ignatieff a gagné la bataille L’adoption du budget Flaherty assure une sortie de crise politique à Ottawa.Pendant que la poussière retombe sur la coalition, les partis tentent de se repositionner.Qui en sort gagnant?ALEC CASTONGUAY Ottawa — Les stratèges politiques de chaque parti tentaient cette semaine de soupeser les conséquences de cette crise politique qui prend fin.En à peine deux mois, une coalition controversée a vu le jour pour finalement mourir, le Parti libéral du Canada a changé de chef, Stephen Harper a failli perdre le pouvoir et a dû convaincre la gouverneure générale de lui sauver la vie.Beaucoup de rebondissements qui prendront encore un peu de temps à être digérés.Mais à première vue, le Parti conservateur, même amoché, semble sortir gagnant de cette partie de bras de fer avec l’opposition.«Stephen Harper a été obligé de piler sur son idéologie pour produire un budget qui ne lui ressemble pas, mais il est encore au pouvoir.C’est le plus important.Il achète du temps», affirme Réjean Pelletier, politologue à l’Université Laval.Dans les rangs conservateurs, on affirme avoir poussé un soupir de soulagement cette semaine.Et certains se frottent les mains en voyant le nouveau chef libéral, Michael Ignatieff, suivre le même chemin que son prédécesseur en soutenant les politiques conservatrices.«Avec le recul, on dira que Michael Ignatieff a commis sa plus grande erreur le 28 janvier 2009 en refusant de devenir premier ministre du Canada», a affirmé une source conservatrice qui est témoin quotidiennement de l’action parlementaire à Ottawa.Selon ce conservateur de longue date, en s’aliénant ses alliés blo-quistes et néodémocràtes, Michael Ignatieff a assuré aux conservateurs encore deux années de pouvoir.«Quand les libéraux vont augmenter leurs appuis en Ontario grâce à Ignatieff, qui va en pâtir si ce n’est le NPD?Alors, Jack Layton ne voudra pas d’une campagne électorale et va se chercher une raison de ne pas voter contre Ste- phen Harper en même temps que les libéraux.» Le PLC a besoin des deux autres partis d’opposition pour défaire le gouvernement Harper.Même chose pour le Bloc québécois, qui voudra choisir son moment pour aller aux urnes.«Une fois, c’est le NPD qui va plier, l’autre fois, c’est le Bloc.On a encore deux ans de gouvernement devant nous», pense-t-il.Au sein du gouvernement Harper, on affirme ne pas vouloir embarrasser Michael Ignatieff comme ce fut le cas avec Stéphane Dion.«On veut s’occuper de l’économie et mettre la parti-sanerie de côté.Les stratégies pour avantager le Parti conservateur, c’est pour plus tard.L’affrontement reviendra, mais pour l’instant, le Parti libéral a fait un choix responsable en appuyant le budget», affirme un stratège conservateur dans une tirade qu’on n’a pas souvent entendue chez les troupes de Stephen Harper.La grogne de la base Mais à plus long terme, le Parti conservateur a-t-il fait une gaffe en produisant un budget aux accents libéraux?Depuis mardi soir, la base du parti se déchaîne sur les blogues et les tribunes publiques.«Harper a vendu son âme pour survivre.Il a fait trop de concessions dans le budget et il va en payer le prix aux prochaines élections», tranche Tasha Kheiriddin, active au sein du mouvement conservateur depuis 20 ans et spécialiste du conservatisme en Amérique du Nord à l’université McGill.Selon elle, plusieurs conservateurs vont rester chez eux à la prochaine élection pouf protester, comme on l’a vu aux Etats-Unis avec John McCain.«Le plan de relance ne fonctionnera pas, l’économie va se détériorer encore plus et les libéraux vont avoir beau jeu de tout mettre sur le dos du gouvernement.Harper a choisi une mauvaise stratégie.» Tasha Kheiriddin estime que le premier ministre aurait dû produire un budget plus conservateur, quitte à laisser la coalition prendre le pouvoir.«Le Parti libéral et le NPD, ç’aurait été un désastre, et Harper serait rentré majoritaire aux prochaines élections», dit-elle.Plusieurs figures de proue du mouvement conservateur au pays abondent en ce sens.Le politologue Tom Flanagan, l’ancien président de la National Citizen Coalition Gerry Nicholls et l’ex-ministre Monte Sol-berg ont tous critiqué ouvertement le budget.Réjean Pelletier tempère toutefois cette frustration, qu’il juge passagère.«Il n’y a aucun autre parti à droite de l’échiquier politique.Et Harper est tellement fort dans l’Ouest qu’une légère baisse de ses appuis ne changerait rien.En Ontario, il a marqué des points.» Et cette province est le prochain grand champ de bataille électoral.Un bon coup libéral?Les penseurs de la droite estiment que Michael Ignatieff a maintenant l’avantage du terrain.«Il avait besoin de temps pour rebâtir son organisation et amasser de l’argent.Il a gagné la bataille», estime Tasha Kheiriddin.Plusieurs libéraux auraient cependant aimé que leur parti se tienne debout et renverse le gouvernement Harper.Le lieutenant québécois de Michael Ignatieff, Denis Coderre, en convient, «C’est sûr que des gens sont choqués, mais on n’avait pas le choix, dit-il.Les électeurs ne nous auraient pas pardonné une nouvelle crise politique en pleine récession.La raison d’Etat devait primer.» Le PLC ne voulait pas remettre son sort entre les mains de la gouverneure générale, Michaëlle Jean.«Et si elle refuse la coalition et qu’on se ramasse avec des élections de 300 millions en pleine crise économique, on fait quoi?», lance Denis Coderre.Réjean Pelletier estime lui aussi que le Parti libéral a bien joué ses cartes.«Ignatieff n’a pas la même image molle que Dion.Et les circons- « Harper a vendu son âme pour survivre.Il a fait trop de concessions dans le budget et il va en payer le prix aux prochaines élections.» tances ne sont pas les mêmes.Le fait de laisser passer le budget ne lui nuira pas trop.» Le NPD perdant La fin de la coalition a rapidement démontré que le Parti libéral est redevenu une cible de choix pour le Bloc québécois et le NPD, qui constatent la popularité de Michael Ignatieff dans les sondages.Le parti de Jack Layton a même lancé une série de publicités à la radio pour dénoncer le chef libéral et affirmer que le NPD est le seul parti en mesure de se tenir debout contre Stephen Harper.«Maintenant que Harper et Ignatieff travaillent ensemble, on va les attaquer tous les deux», a affirmé Jack Layton.Rien d’étonnant à cela, selon le politologue Réjean Pelletier.«Le NPD est le grand perdant de cette crise.Il se voyait déjà au pouvoir pour la première fois de son histoire.Il perd une belle visibilité.Maintenant, les libéraux remontent et ça va leur causer des ennuis en Ontario», dit-il.Par ailleurs, les analystes estiment que le Bloc québécois s’en tire bien, notamment grâce au budget.La diminution de la péréquation, la création d’une agence pancanadien-ne des valeurs mobilières et le maintien des compressions en culture sont autant d’arguments utiles pour le Bloc, qui continue de profiter de l’animosité entre les gouvernements Charest et Harper.Par contre, un nouvel adversaire s’ajoute, ce qui oblige à ajuster la stratégie.Le Parti libéral monte au Québec, alors que le Parti conservateur poursuit sa chute.C’est pourquoi le Bloc dénonce l’appui de Michael Ignatieff à un budget «anti-Québec».Le Parti libéral, quand vient le temps de choisir entre le Canada et le Québec, choisit toujours ses amis ontariens, affirme déjà Gilles Duceppe.Tasha Kheiriddin croit que le chef bloquiste fait bien de revoir sa stratégie.«C’est clair qu’au Québec, la prochaine bataille sera entre le Bloc et le Parti libéral.» Avec la collaboration d’Hélène Buzzetti Le Devoir EFFET SUITE DE LA PAGE C 1 «Disons qu’Ottawa contribue deux milliards et s’attend à ce que Québec injecte un milliard, dit Dale Orr, économiste au groupe de recherche privé Global Insight.Plutôt que de plonger dans un déficit d’un milliard, Québec choisirait probablement d’investir 500 millions à partir d’un déficit et de trouver des programmes dans lesquels il pourrait réduire ses dépenses de 500 millions, comme en santé ou en éducation.» Bref, plus d’infrastructures et moins de services.«A ce moment-là, il faut voir quel est l’effet net sur l’économie.», dit-il.Selon lui, Ottawa vise trop haut en croyant que son plan de relance va ajouter 2 % à la croissance économique d’ici la fin de 2010.«Ça, c’est si tout va comme sur des roulettes.» Il faudrait plutôt viser 1,5 %, selon ses projections.Les multiplicateurs Au cœur du débat figure ce que les spécialistes appellent «l’effet multiplicateur», selon lequel tout investissement tend à faire boule de neige.Les dépenses en infrastructures, selon Ottawa, auront en 2009-10 un effet multiplicateur de 1, ce qui signifie que chaque dollar dépensé générera un dollar en production réelle.L’an prochain, ce sera 1,5.En comparaison, les allègements fiscaux à l’intention des contribuables auront cette année un multiplicateur de seulement 0,4.Personne ne remet en question ces chiffres, mais on doute de la vitesse à laquelle l’effet va se faire sentir.«La baisse d’impôt telle qu’ils l’ont décidée, c’est la bonne façon de faire, mais un gouvernement n’a pas a gonfler un déficit pour ça», dit Luc Godbout, professeur de fiscalité à l’Université de Sherbrooke.Il n’est pas le seul à douter de la pertinence d’un tel allègement fiscal pour stimuler l’économie, entre autres parce que aucun montant significatif n’apparaîtra dans les poches des contribuables.Quoi qu’il en soit, le plan de relance économique va plonger Ottawa dans un déficit de 64 milliards au cours des deux prochaines années et de 83,8 milliards si on ajoute les deux années suivantes.Prochain surplus: 700 millions, en 2013-14.«C’est vraiment un très petit excédent», dit Dale Orr.Les projections ne sont pas déraisonnables, selon lui, mais les risques pèsent lourd.«N'importe quel petit soubresaut entraînerait un déficit pour cette année-là.Tout ce qu ’il faudrait, c’est un cours du pétrole à peine inférieur aux prévisions, ce qui réduirait les profits des compagnies, ou des taux d’intérêt un tout petit peu plus élevés, ce qui augmenterait les frais de service de la dette, ou les États-Unis qui prennent plus de temps que prévu à reprendre leur élan.» Le Devoir Chacun pour soi Michel David Tous ceux qui y ont goûté vous le diront: une grève — ou un lock-out — peut être une expérience très éprouvante.Cela fait néanmoins partie de la vie dans une société démocratique.Il arrive que certains conflits de travail marquent un tournant pour l’ensemble d’une collectivité.Au Québec, la grève de l’amiante (1949), celles des mineurs de Murdochville (1957) ou des réalisateurs de Radio-Canada (1958) entrent dans cette catégorie.La société québécoise est beaucoup plus complexe qu’à l’époque où Radio-Canada exerçait une véritable hégémonie sur les ondes, de sorte que le conflit au Journal de Montréal, même s’il devait s’éterniser, ne sera sans doute pas aussi marquant.Il pourrait toutefois avoir un effet déterminant sur la façon de traiter l’information au Québec et, conséquemment, sur la qualité de notre vie démocratique.Chacun a le droit de choisir son camp.À son habitude, Gilles Proulx a exprimé sa position sans mettre de gants blancs.«Pour moi, le syndicat constitue un groupe d’enfants gâtés.La salle de rédaction est la mieux rémunérée au Québec et, même avec les demandes de l’employeur, ils conservent une des meilleures conventions collectives en Amérique du Nord.» Jusqu’à nouvel ordre, M.Proulx continuera donc de signer une chronique de voyage.Joseph Facal maintient aussi sa collaboration, mais pour d’autres raisons.S’il avait un litige avec la direction du Journal, le syndicat ne ferait rien pour lui, et si ce dernier fait des gains, lui-même n’en bénéficiera aucunement Bien que cette dernière hypothèse relève de la fiction, le raisonnement se tient.J’ai toutefois du mal à saisir comment il peut prétendre ne pas s’en laver les mains.?Indéniablement, les conditions salariales offertes au Journal sont très avantageuses, en particulier vues du Devoir, et il serait naif de penser que les grévistes ne cherchent pas à les conserver.Il est également exact que le monde de l’information est en profonde mutation et que les médias, en particulier la presse écrite, doivent s’adapter aux nouvelles réalités, mais cela ne peut se faire que dans la concertation.Bien entendu, s’il s’agit simplement d’un prétexte pour augmenter la rentabilité de l’entreprise, c’est une autre affaire.Chez Gesca, les parties ont réussi à s’entendre.Dans une telle situation, la neutralité n’est pas une option.Certes, un collaborateur qui renonce à sa pige se prive d’un revenu sans empêcher pour autant la publication du journal.En revanche, s’il continue d’y expédier ses textes, il contribue à le rendre plus attrayant et renforce ainsi la position de l’employeur.Cela équivaut à franchir un piquet de grève.On peut difficilement en faire reproche à celui dont c’est le gagne-pain, mais ce n’est certainement pas le cas de Bernard Landry, dont la position ultralégaliste relève dp sophisme pur, pour ne pas dire de l’hypocrisie.A l’évidence, Québécor viole à tout le moins l’esprit de la loi antibriseur de grève que M.Landry a lui-même votée à l’époque où il était membre du gouvernement de René Lévesque.Si l’entreprise était si certaine de son bon droit pourquoi le journal serait-il monté à Toronto?Un membre de la rédaction du journal gratuit 24 heures, également propriété de Québécor, a préféré renoncer à son emploi plutôt que de voir Le Journal de Montréal utiliser le fruit de son travail.Peu importe, d’ici à ce que la Cour suprême se prononce sur le jugement rendu en décembre dernier par la Commission des relations de travail, qui a reconnu Québécor coupable d’avoir utilisé des briseurs de grève durant le récent lock-out au Journal de Québec, les lecteurs du Journal de Montréal auront le bonheur de lire la prose de M.Landry pendant encore plusieurs années.Il est remarquable que les premiers à avoir mis fin à leur collaboration aient été le gardien de but Martin Brodeur et l’ancien entraîneur du Canadien Jacques Demers, auxquels il faut ajouter l’écologiste Daniel Green.Il est vrai que la pratique du hockey permet de cultiver l’esprit d’équipe et la solidarité, alors que dans un monde de requins comme le milieu politique, c’est plutôt la règle du chacun pour soi.Cela explique peut-être pourquoi le Canadien a remporté sa large part de coupes Stanley alors que le PQ tourne en rond.Lors du conflit au Journal de Québec, le ministre du Travail, David Whissel, s’était mis les pieds dans le plat en lui accordant une entrevue.Cette fois-ci, il a décidé de s’imposer un «devoir de réserve», comme tous les membres du gouvernement Charest.Les péquistes ont adopté la même position.Seuls les adéquistes continueront à donner des entrevues aux «cadres établis» du Journal de Montréal.he plus ahurissant est de voir le président de la Fédération professionnelle des journalistes, François Bourque, s’insurger contre ce boycottage, sous prétexte de ne pas créer un précédent qu’un politicien pourrait éventuellement invoquer pour refuser de répondre à un journaliste dont un article lui aurait déplu.Comment, M.Bourque ne s’est jamais vu refuser une entrevue?D’ailleurs, depuis quand les élus devraient-ils encourager les gens à contourner la loi?mâaviéKaledevoir.com L E I) E V 0 1 R .L ES SA M EDI 31 J A N V I E R ET DIMANCHE 1 FÉVRIER 2 0 0 9 EDITORIAL HIPPODROMES Scandale en piste Plus les renseignements concernant les discussions en cours entre le gouvernement Charest et Attractions hippiques du Québec viennent à nos oreilles, plus l’impression de scandale tourne à la certitude.Selon les calculs effectués par Le Devoir, dont la journaliste Kathleen Lévesque suit le dossier depuis des années, Québec serait sur le point de consentir un don de près d’un milliard de dollars à une société privée malgré la fermeture de l’Hippodrome de Montréal.L’affaire est tellement incroyable qu’il faut se demander à qui profitera tout cet argent en fin de compte.undi matin, Attractions hippiques du Québec (AHQ), contrôlée par le sénateur libéral Paul J.Massicotte, reviendra devant la Cour pour demander la reconduction de l’ordonnance qui la protège contre ses créanciers depuis juin dernier.AHQ est cette société en commandite entièrement privée à laquelle le gouvernement Charest a cédé les quatre hippodromes de la province, avec, en prime, des centaines de millions de revenus provenant de l’exploitation d’appareils de loterie vidéo (ALV) installés dans les salons de jeu et les hippodromes.Lors de l’acquisition des hippodromes, en 2006, le sénateur Massicotte s’était engagé par contrat à déménager celui de Montréal vers la Rive-Nord et à verser des bourses aux hommes de chevaux pour soutenir cette industrie en voie de disparition.Comme les salons de jeu n’ont pas rapporté les revenus prévus, le sénateur Massicotte a refusé de remplir sa partie du contrat Pour éviter la faillite et prendre le temps de convaincre les membres du gouvernement, AHQ s’est placée sous la protection du tribunal.Jusqu’à récemment, la ministre des Finances, Mme Jérôme-Forget, ne s’était pas montrée chaude à l’idée de sauver, encore une fois, une industrie d’une autre époque qui ne fait plus vivre que quelques centaines de personnes au service d’une poignée de millionnaires amateurs de chevaux de race.Or, selon les renseignements recueillis par notre journaliste, Québec serait sur le point de libérer le sénateur Massicotte de son obligation de gérer l’Hippodrome de Montréal, qui serait fermé.Désormais, il n’y aurait plus que trois petits hippodromes régionaux pour présenter des courses de calibre mineur, alors que celui de Montréal serait remplacé par un casino privé rebaptisé «Hippo club» abritant le nombre incroyable de 300 appareils de loterie vidéo et des écrans géants pour la rediffusion de courses disputées ailleurs dans le monde.Là où commence le scandale, ce n’est pas dans la décision de fermer l’Hippodrome de Montréal, puisque plus personne, ou presque, ne s’intéresse aux courses de chevaux.Le scandale vient de ce que malgré cette mort annoncée de l’industrie du cheval de course privée de son hippodrome principal, Québec s'engagerait par contrat, en notre nom, à donner sous diverses formes près d’UN MILLIARD de dollars en 25 ans en échange d’une douzaine de millions versés annuellement en bourses aux hommes de chevaux.Selon cette entente, même la Ville de Montréal abandonnerait ses droits de taxation sur ce casino privé.Devant des faits aussi troublants, posons deux questions.La première: qu’est-ce qui justifie de priver les services publics d’un milliard de dollars au profit d’un riche homme d’affaires dont le projet est aussi nuisible pour la société?la seconde: puisqu’il est incompréhensible qu’un gouvernement démocratique sacrifie autant d’argent pour un seul homme, qui d’autre au sein du gouvernement, du parti ou ailleurs profitera de cet incroyable contrat qui a toutes les apparences d’une arnaque?j-rsansfacondiledevoir.ca MANIFESTATIONS EN FRANCE La grogne Jean-Robert Sanspaçon LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE lO JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSPAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directrice de l'information JOSÉE BOILEAU Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires MANON BÉIAND CsMuilî 150*.“» •'v ^7 «AW*a# TfiÊOfWbA M**r$ K**»-*-!! uw Crt V'é'i Pûu?l£ Carnaval-'?LETTRES Les Plaines de la honte Ces fameuses Plaines, qui font pourtant partie de la terre ferme, sont en train de me donner le mal de mer.Devant cette reconstitution qu’on veut faire de la bataille qui a entraîné la défaite de mon peuple il y a 250 ans, je me sens comme un Noir américain à qui on annoncerait le projet d’organiser une mise en scène de l’assassinat de Martin Luther King.Mais Régis Labeaume, le phosphorescent maire de Québec, ne voit pas les choses du même œil.Avec sa légendaire finesse d’esprit, il qualifie tout ce débat de «radotage» et nous invite à changer de sujet.Et que ça saute! Faut penser aux touristes, bon sang! Ces célébrations vont en attirer des milliers! Pour remplir leurs restaurants et faire marcher leurs boutiques à souvenirs (made in China), il y a des gens à Québec qui seraient prêts, ma foi, à se rouler dans la boue ou à se baigner dans une fosse à purin.Après tout, comme le disait Charlie Brown, dans la vie, il n’y a pas que l’argent qui compte — il y a aussi les chèques! L’histoire et ses enseignements?On s’en fout.Le 400' de Québec?Une machine à piastres! Tout le monde dépense, tout le monde s’amuse.Le bon peuple aime ça de même.Parlant de peuple, on finit par croire que si personne à Ottawa, au sein du gouvernement Charest ou à l’Hôtel de Ville de Québec n’a pensé un seul instant que l’idée même de commémorer la bataille des Plaines d’Abraham pouvait blesser le peuple québécois, c’est tout simplement parce que pour Ottawa, pour le gouvernement Charest ou pour le maire de Québec, le peuple en question n’existe tout simplement pas.S’il reste une graine de bon sens dans la tête de ces politiciens (et je pense avant tout à ceux d’Ottawa, car il s’agit d’un projet fédéral), ils contremanderont cette fête provocatrice.Sinon.on verra ce qu’on verra.Et j’y serai.Yves Beauçhemin Ecrivain Le 30 janvier 2008 Choisir la géothermie Hydro-Québec s’apprête à investir plus de huit milliards de dollars pour récupérer 1550 MW dans la construction de barrages sur la rivière Romaine, sur la Basse-Côte-Nord.Avant d’aller plus loin, il faut dire que si Hydro-Québec se voit toujours dans l’obligation de construire de nouveaux équipements de production, c’est pour répondre à la pointe hivernale, quelques jours dans l’année et quelques heures par jour.Hydro-Québec est invitée à utiliser 50 % de ce qu’elle s’apprête à investir sur La Romaine, pour faciliter la transition du chauffage tout électrique vers le système mixte, chauffage-climatisation, que constitue la géothermie.Pour celles et ceux qui l’ignorent, on utilise la température du sol pour chauffer en hiver et on fait l’inverse l’été pour climatiser.En convertissant les chauffages électriques pour le choix de la géothermie, le client économise de 60 à 70 % sur les coûts de chauffage.Hydro-Québec pourrait récupérer de 3000 à 4000 MW de puissance, permettant de reporter très loin les nouveaux besoins de production et utiliser les nouveaux MW dégagés pour développer ses marchés.Tout est question de volonté politique et d’ampleur du programme de conversion engagé.Une chose est sûre, c’est tout le Québec qui se remettrait au travail, et dans toutes les régions.La nouvelle industrie ainsi développée pourrait facilement exporter son savoir-faire.La géothermie peut à la fois relancer l’économie de toutes les régions du Québec et mettre un frein à l’endettement public.André Mainguy Longueuil, le 29 janvier 2009 lus d’un million de Français, deux millions selon les leaders syndicaux, ont manifesté dans les rues de la capitale et des villes de prorince pour exprimer la colère que leur inspire la crise économique en cours.Plus précisément, des milliers d’employés du public mais aussi du privé ont battu le bitume parce qu’ils en ont ras le bol d’être les premières victimes d’un marasme financier dont ils ne sont pas responsables.Organisées par les principales centrales, ces marches se sont caractérisées par l’addition de corps professionnels — magistrats, universitaires, chercheurs, etc.— aux fonctionnaires, travailleurs et autres.Et alors?Cette présence inusitée de juges ou de défenseurs des droits de l’homme traduit ou plutôt met en lumière le fort degré d'exaspération qui traverse tout le territoire.Pour l’heure, l’Elysée a adopté profil bas, le président Nicolas Sarkozy ayant fait savoir par voie de communiqué qu’il jugeait l’inquiétude des Français «légitime».Cela rappelé, le gouvernement, ainsi d’ailleurs que ceux de l’Allemagne, Espagne, Italie et autres, peinent à camoufler une crainte, à cacher une peur.Laquelle?Que cette grève d’un jour soit l’amorce d’une série de troubles sociaux débordant le territoire de la république.En effet, les responsables français ainsi que leurs homologues européens s’attendent à ce qu'après la révolte des étudiants grecs et l’écho qu’elle a eu un peu partout, après les heurts observés en début de semaine en Espagne et le défilé de banderoles de Paris à Marseille en passant par Dijon et Montpellier, après ces épisodes la grogne s’installe un peu partout et se traduise par des échauffourées de la Pologne au Portugal au cours du printemps.D'autant qu’il n’a échappé à personne qu’on assiste actuellement à une montée en puissance des syndicats défendant des positions beaucoup plus radicales que les organisations traditionnelles.Par exemple, en France, Solidarité Unitaire Démocratique (SUD) est bien implantée au sein de la SNCF.Or, ce syndicat se réclame du trotskisme, de l’anarcho-syndicalisme.Cela étant, parmi les motivations qui ont convaincu un million et plus de Français de descendre dans la rue, on retiendra le profond dégoût qu’ils éprouvent à l’endroit du monde financier.Plus exac-tement, ils se sont dits écœurés par le refus du gouvernement de légiférer sur les salaires et les bonus des banquiers et des chefs d’entreprises qui bénéficient des aides de l'Etat.11 faut savoir qu’à Paris comme à New York, il s’est trouvé des cadres de deux grandes banques ayant jugé légitime de percevoir des millions d’euros en prime.S’il est exact que les établissements financiers français sont moins intoxiqués par les subprimes que ceux des États-Unis ou du Royaume-Uni, il n’en demeure pas moins que leur performance s’est confondue avec extrême minceur.Bref, à Paris aussi, les banquiers ont manqué d’une retenue élémentaire, t ^ _ ¦' Serge Truffaut REVUE DE PRES Doutes budgétaires Manon Cornellier Il n’y en avait que pour le budget cette semaine dans la presse anglophone et pas un seul journal n’a approuvé le budget sans bémols.Le Winnipeg Free Press dit qu’il s’agit «d’un budget qui mérite d’être débattu, pas dé/aft».Sceptique à l’égard de l’intervention de l’État, le Calgary Herald estime que le gouvernement Harper a trouvé, avec ce budget «davantage politique qu’économique», un juste équilibre entre réductions d’impôt, mesures de relance et politique de renforcement du système financier.Le Vancouver Sun note que le budget a passé le test de la popularité auprès du public et qu’il a permis de restaurer une certaine confiance dans les conservateurs.Il reste maintenant au fédéral à prouver que sa bureaucratie est capable de mettre ce plan en œuvre rapidement.Le Victoria Times Colonist note tout de même que «la conversion de Harper aux déficits budgétaires est un signe de la sévérité de la récession et de la fragilité politique de son gouvernement».Les lacunes observées sont nombreuses.Le Vancouver Province en relève dans le volet sur les infrastructures.Paula Arab, du Calgary Herald, trouve gentil qu’on aide les gens à construire un patio mais pense qu’il aurait été plus utile de financer le logement social.Le Saskatoon Star-Phoenix estime que tous ces milliards «auraient sûrement pu viser un meilleur objectif national que celui de financer des rénovations de cuisine d’un océan à l’autre».Le manque de vision est un thème souvent repris.Le Globe and Mail déplore le manque d’investissements dans des mesures destinées à créer une économie moderne.Selon le Globe, il est prudent que le gouvernement dépense davantage maintenant, mais il «a aussi le devoir de dépenser judicieusement et avec imagination.Il n’y a que • • m _
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