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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2004-12-24, Collections de BAnQ.

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V o L .X C V N ' 2 9 5 ?LE DEVOIR Le Viêt Nam flirte avec le père Noël Expurgé de ses tonalités religieuses mais exacerbé dans son caractère commercial, l’esprit de Noël tend à s’enraciner au pays d’Ho Chi Minh FABIEN DEGLISE Hanoi — L’image est étonnante.Rue Hang Bai, dans un grand centre commercial de la capitale du Viêt Nam, une jeune fille dans un costume tyrolien sourit aux passants, un plateau de dégustation de chocolats belges dans les mains.S est 11 heures.Sur les quatre étages de ce bâtiment qui jouxte le lac Hoan Kiem près de la vieille ville, les clients se promènent en scrutant ici et là les nouvelles télévisions à écran plat, les comptoirs de bijoux, de cameras numériques ou de consoles de jeux, évaluant les nouveaux arrivages de vêtements griffés et, pour les plus jeunes, s’agglutinant autour des vendeurs de saucisses enfilées sur des bâtons.Le tout sous le regard rassurant d’une centaine d’effigies du père Noël, au milieu des lumières de sapins artificiels scintillants décorés à l’occidentale, et au rythme des chants de Noël version musak diffusés dans les haut-parleurs.Dans ce coin de l’Asie où la neige n’est présente que sur les photos montagnardes accrochées aux murs des hôtels décrépits et où le catholicisme est plus que minoritaire, la scène, un brin surréaliste, est aussi incongrue que celle, improbable, de milliers de bouddhas s’emparant des rues com-_ merciales, des bureaux et des maisons de Montréal à l’approche de la fête du Têt, le nouvel an lunaire célébré en grande pompe par les Asiatiques au début du mois de février.Et pourtant, depuis le début de la semaine, cette scène ne cesse de se reproduire un peu partout dans la ville, dans les lieux touristiques, Les Vietnamiens y adhèrent parce qu’ils ont le goût de la fête et, pour eux, toutes les occasions de fêter sont bonnes AGENCE FRANCE-PRESSE VOIR PAGE A 8: VIÊT NAM Le règne d’ông Già Noël (père Noël en vietnamien) est certainement là pour rester.14 points d’avance pour louchtchenko Profondément divisée, rilkraine retourne aux urnes dimanche ALEKSANDAR VASOVIC Kiev — Une Ukraine profondément divisée et changée par la «révolution orange» se rend aux urnes ce week-end pour le «troisième tour» de la présidentielle dans la crainte que le bras-de-fer tourne à la violence si les résultats sont une nouvelle fois contestés par l’un des camps.Le candidat de l’opposition Viktor louchtchenko, bénéficiant d’un courant de sympathie croissant dans l’opinion, espère l’emporter haut la main.Il est donné gagnant avec 14 points d’avance sur son rival, le premier ministre prorusse Viktor lanoukovitch, selon un sondage publié hier.M.louchtchenko, un proeuropéen, est crédité de 51 % des intentions de vote alors que M.lanoukovitch VOIR PAGE A 8: UKRAINE REUTERS EEE3 INDEX «i -s oc M » Actualités .A4 Annonces.C7 Avis publics.D 5 Bourse.D2 Carrières.D 3 Décès.C 8 Économie.DI Éditorial .B4 Idées.B 5 Monde.A 7 Mots croisés.C 7 Météo.C 8 Perspectives.B 1 Rencontres.C 4 Société.B6 Nature.C8 L’ange du bonhomme W s Tremblay Odile Ce bonhomme de neige devait l’existence à trois gamins de dix ans qui l’avaient baptisé Edgar avant de l’abandonner tout croche sur son terrain vague.Il avait un bras plus gros que l’autre, le chapeau de guingois et rien pour plaire.Ses yeux en boutons de culotte asymétriques louchaient comme ceux d’un chat siamois.Son nez pointu était une carotte, dont les moineaux jouaient à grignoter le bout en le traitant d’épouvantail d’hiver.En guise d’adieu, ses géniteurs avaient cabossé la bedaine d’Edgar de quelques coups de pied, juste pour le plaisir de gigoter: «Quins toé!» Mais l’empreinte de leurs semelles laissait sur lui de vilaines taches.Puis, les garçons s’étaient envolés en même temps que les oiseaux, pépiant de concert Sans Léopold, le sculpteur-poète qui avait versé quelques mots gentils (mais pompeux) sur son berceau, ce bonhomme de neige n'aurait guère connu de douceur ici bas.«Qud beau fruit naïf du land art!», s’était exclamé l'artiste devant sa silhouette boudinée.Edgar aurait préféré un compliment moins abstrait mais, dans la vie, on attrape ce qui passe.Il avait remercié l’artiste et priç son trou.A l’âge vénérable de trois semaines, Edgar ne croyait déjà plus à grand-chose, même si Noël approchait et que les chi- mères scintillaient à pleines lumières des *-rues.Ce qui ne 1 empêchait pas de vouloir défendre sa vie éphémère contre vents et marées, malgré ses angoisses de météorologue amateur.Est-il besoin de rappeler que les variations de température sont, pour les créatures de son espèce, une question de vie ou de mort?Craignant le redoux, condamné à fondre tôt ou tard, Edgar flairait le vent à tout bout de champ, analysait la texture changeante des flocons de neige, regardait frissonner les passants d’un air satisfait Ouf! L’hiver serait froid cette année.Un sursis! En ce 24 décembre, le Tout-Montréal avait la broue dans le toupet et le vent dans les flocons.Humains et autos cavalaient en galop frénétique vers le magasinage de la onzième heure.Même les nuages couraient plus vite que d’habitude.Pour mieux lui donner le vertige et embrouiller ses prédictions météo.Quoi d’autre?Filant comme une flèche, une auto sauvage l’aspergea de sloche au calcium brûlante, sans daigner s’excuser.Les millions d’habitants de la ville avaient peur de ne pas arriver à Noël en même temps que le reste du monde, d’où leur agitation frénétique et mauvaise pour la santé.Lui seul demeurait immobilisé au sol.Souillé.Rageur.Incompris.Et désormais sans illusions.De fait la semaine précédente, un Inuit insensible à la morsure du froid, qui mendiait VOIR PAGE A 8: ANGE « Parole d’Inuit, jamais un monarque en costume rouge ne pourrait régner en terre arctique, assurait-il.Chez nous, même les ours, les renards, les sternes et les hiboux portent le costard blanc.» L’élite des affaires menace de boycotter le CHUM La collecte de fonds privés serait compromise si Québec implante l’hôpital au centre-ville KATHLEEN LÉVESQUE Ly élite du milieu des affaires se mobilise ef mena-r ce de ne pas participer à la collecte de fonds privés nécessaires à la construction du futur CHUM si le gouvernement du Québec décide d’en faire l’implantation au centre-ville, a appris Le Devoir.C’est une contribution financière d’au moins 200 millions de dollars, selon les estimations préliminaires du gouvernement, dont une large part pourrait ainsi échapper à Québec.Perdant de plus en plus prise sur ce dossier compte tenu des avis qui se multiplient en faveur de l’érection du CHUM là où se trouve l’hôpital Saint-Luc (1000 Saint-Denis), ces gens d’affaires ont lancé des appels au premier ministre Jean Charest.Face à un tel lobby, M.Charest aurait décidé d’appliquer les freins et de reporter à janvier le moment où il lui faudra trancher la question.Pour tenter un rapprochement, le ministre de la Santé, Philippe Conillard, aurait, selon des sources dignes de foi, tendu une perche aux défenseurs du projet d’implantation du CHUM dans la cour de triage du Cana dien Pacifique à ( hitremont Pour rendre cette option acceptable aux yeux du gouvernement, le ministre aurait posé trois conditions: diminuer le nombre de lits à 550 plutôt qu’à 700, reporter la construction d’un campus des sciences de la santé à une étape ultérieure et obtenir l’appui des quelque 1000 médecins du CHUM actuel.La sortie publique, lundi, d’un groupe de médecins et de chercheurs du CHUM aurait ainsi fait partie de la stratégie visant à donner du poids à la proposition de l’Université de Montréal d’intégrer le futur hôpital spécialisé à ses facultés de médecine, de médecine VOIR PAGE A 8.CHUM Le ministre Couillard aurait posé trois conditions pour l’érection du CHUM à Outremont JOYEUX NOËL Le Devoir ne sera publié ni demain ni lundi.De retour mardi.Bon congé.778313000696 JONES NEW YORK COLLECTION JONES NEW YORK SIGNATURE Semaine de Soldes d’après-Noël RECEVEZ jusqu’à DE RABAIS PLUS SUR MARCHANDISE SÉLECTIONNÉE OGILW 1307, rue Ste-Catherine ouest (angle de la Montagne) Tailles 4 à 16, Tailles 2P à 14P, Boutique au 2ièmeétage, Tailles 14W à 24W, Boutique au 4ièmeétage, Tél: (514) 842-7711 « LE DEVOIR WEEKEND DE NOEL 2 0 0 4 A 3 Les petits orteils f DU THÉÂTRE POUR VOIR A LA PAGE E5 Seconde chance pour un Palestinien menacé d’expulsion La Cour fédérale demande la révision de son dossier GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ Il était moins une pour le Palestinien Osama Saleh: alors qu’un ordre de déportation lui pend au bout du nez depuis quelques mois, un juge de la Cour fédérale a exigé la semaine dernière que son dossier soit revu par les agents qui font l’évaluation des risques avant renvoi (ERAR) au sein de Citoyenneté et immigration Canada (CIC).Cela ne certifie pas que M.Saleh pourra rester au pays plutôt que de retourner dans sa Cisjordanie natale, mais les défenseurs du réfugié ont maintenant bon espoir que l’ordre d’expulsion sera effectivement cassé.Dans sa première analyse, l’agent de l’ERAR affecté au dossier d'Osama Saleh avait déterminé qu’il n’y avait pas de risque précis à ce que M.Saleh retourne en Palestine.L’ERAR arrive tout au bout du processus de demande du statut de réfugié.C’est un der-pier rempart avant la déportation.A ce stade, il est très rare qu’une décision prise par la Commission de l’immigration et du statut de réfugié (CISR, où seul un commissaire juge un dossier, et il n’y a pas d’appel officiel ensuite) soit renversée: à l’échelle canadienne, le taux de refus des demandes d’ERAR avoisine les 97 %.Il ne reste alors aux demandeurs que la possibilité d’obtenir un sursis au renvoi, puis qu’une révision judiciaire faite par la Cour fédérale conteste les conclusions de l’ERAR, ce qui est précisément le cas dans le dossier d’Osama Saleh.Selon Robert Gervais, porte-parole de CIC, la situation est plutôt rare, mais pas anormale: un nouvel agent de l’ERAR reprendra sous peu le dossier, en portant une attention accrue aux détails soulevés par le juge.Dans le rapport de ce dernier, on peut lire que certains éléments présentés en cour n’étaient pas connus de l’agent de l’ERAR, et que ces éléments ajoutés permettent maintenant d’affirmer qu’un retour en Cisjordanie, zone hautement turbulente s’il en est, serait dangereux pour M.Saleh.«C’est la vie et la sécurité de cette personne qui sont en cause», écrit le juge.Des carences Pour l’avocat de Saleh, Stewart Istvanffy, spécialiste en droit de l’immigration et grand critique du système canadien, le cas Saleh illustre bien les carences de la CISR et «l’inutilité» de l'ERAR, qu’il juge être une «façade de système pour se donner bonne conscience aux yeux du monde».M.Istvanffy se dit content de la décision émise dans le cas Saleh; néanmoins, il aurait aimé que le juge se penche davantage sim les questions de droit international et de violation des droits humains dans les territoires occupés, des points que l’avocat a soulevés pendant son plaidoyer.«Cest dommage, parce qu'il n’y a toujours pas de jugement définitif pour clarifier la situation [des réfùgiés originaires de Palestine].[.] Le dossier Saleh est très fort, les preuves sont claires, mais à cause de la façon préjudiciable dont sont traités les Palestiniens à Montréal, il y a toujours un risque de retour.» Famille en attente Selon la Coalition contre la déportation des réfugiés palestiniens (CCDRP), les problèmes éprouvés par les Palestiniens qui veulent être admis au Canada sont monnaie courante.Les déportations vers les camps de réftigiés du Liban ou les territoires occupés n’ont jamais cessé, déplore la coalition, et ce malgré l’insécurité qui règne là-bas.Et même quand une personne reçoit le statut de réfugié, les soucis ne sont pas terminés, dit le groupe militant Cette semaine, la CCDRP a tenu un point de presse pour demander au gouvernement canadien de traiter d’urgence une demande que les autorités de l’immigration ont reçue il y a 10 mois.Youssef Ibrais, Palestinien de la bande de Gaza, a obtenu le statut de réfugié puis sa résidence permanente, après quoi il a rempli les formulaires pour faire venir son épouse et leurs quatre enfants, qui demeurent dans le camp de réfugiés de Khan Younes, dans la bande de Gaza Le problème, c’est que le délai de traitement des demandes est long.Une moyenne de 10 à 12 mois, précise Robert Gervais, délai qui peut s’étirer sur deux à trois ans selon les régions du monde et les circonstances.Mais si M.Ibrais demande aujourd’hui que le gouvernement accélère le processus, c’est que plusieurs bombardements ont eu lieu à Khan Younes depuis deux semaines.Les agences de presse ont rapporté la mort d’au moins 14 personnes à la suite des raids effectués par l’armée israélienne.Même l’école où vont les enfants de M.Ibrais a été bombardée.Six jeunes ont alors été blessés.Garder là-bas des gens qui seront assurément acceptés au Canada (il ne s’agit dans ce cas que d’une formalité administrative) est donc inacceptable, disent les groupes d’aide aux réfugiés.Le Conseil canadien des réfugiés a d’ailleurs dénoncé officiellement ce type de situation en juin.«Mes jeunes n’ont pas à vivre ce que j’ai vécu», estime Youssef Ibrais.A la CIC, Robert Gervais relativise la situation: «Ce sont des dossiers prioritaires, dit-il.Mais tous les réfugiés évoquent un sentiment d’urgence pour leur famille.On ne peut pas aller plus vite.» Le Devoir } Bérard SERVAIS Abel ARSLAN 1 AN Baa fgl Les OmÉGA-3 pour guérir 320 pages —18,50 $ L'espoir d'une meilleure Qualité de vie.JOYEUX NOEL à tous nos clients 0 ^ \mm rejstaiiron/s tout.sau/fes) cœur* ùriaé&t 4652, boul.Décarie, Montréal 514-484-8332 www.themrfixit.com DEPUIS I 9 s 3 POUTIQITE iXXA HUE CATHCAKT.CENTRÉ-VILLE | MONTRÉAL (514) 866-3876 ROLEX Vente et service Convention collective : les cols bleus iront en appel ANTOINE ROBITAILLE Le syndicat des cols bleus a annoncé hier qu'il porterait en appel le jugement qui a validé mercredi la sentence de l’arbitre Gilles Lavoie, qui fait office de première convention collective des cols bleus de l’île de Montréal.Du même souffle, le président de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) Henri Massé a solennellement demandé au maire de Montréal de mettre la sentence arbitrale de côté, de faire fi des recours judiciaires et de retourner à la table de négociation.Mais la Ville de Montréal, en après-midi hier, par la voix de son directeur des relations professionnelles Jean-Yves Hinse, a refusé comme par le passé cette proposition du syndicat des cols bleus.M.Hinse a précisé que la Ville est toutefois prête à négocier les 17 points que la sentence Lavoie prévoit renvoyer au niveau des arrondissements, comme la sous-traitance, les affectations, les horaires de travail, les vacances et les heures supplémentaires.De plus, M.Hinse a dit que la Ville est prête à débattre du remplacement de certaines des quelque 800 lettres d’entente annulées par l’arbitre.Déception A propos de la décision rendue mercredi par le juge Maurice La-gacé, qui a refusé d’invalider la sentence arbitrale Lavoie comme le demandaient les cols bleus, le président du syndicat Michel Parent s’est dit «amèrement déçu».Rappelons que le juge Lagacé, sur un ton cinglant, a reproché aux cols bleus d’avoir adopté, depuis le début des négociations avec la Ville, un «plan de match» transpirant l’intransigeance, stratégie qui a conduit à «piéger l’arbitre».Le juge soutient que, malgré tout, l’arbitre a réussi à rendre la «décision la plus équitable» possible.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le président du syndicat des cols bleus, Michel Parent, en compagnie d’Henri Massé.M.Parent estime toutefois que les cols bleus ont des «points de droit forts» que le juge Lagacé n’a pas voulu voir.Premièrement, la convention devait avoir une durée d’au plus trois ans, comme le Code du travail le prescrit, «alors que l’arbitre en a défini une pour six ans».Sur ce point, le syndicat s’est dit prêt à aller jusqu’en Cour suprême et ce, «même si la Ville mettait aux poubelles la sentence», parce qu’il faut selon lui éviter à tout prix quelle fasse jurisprudence.Deuxièmement, le syndicat prétend que, selon la charte de la Ville, «aucun employé ne doit subir de baisse de traitement à la suite de la fusion»-, or, au dire du syn- dicat, «des centaines de membres risquent de perdre des milliers de dollars par année».Henri Massé fait remarquer que les autres groupes d’employés ont eu 11,7 % d’augmentation: «Pourquoi les cols bleus devraient-ils se contenter de 2,6 %?» Les cols bleus «se sont fait voler» dans ce processus, a affirmé M.Massé, «et le maire le sait très bien».Le conseiller au SCFP Michel Fontaine a déclaré: «Rgarde, ils n’ont pas le droit de spolier comme ça nos membres», ajoutant ensuite que le régime d’assurance des cols bleus était en faillite en raison de la sentence lavoie.Devant le refus de la Ville de jeter au panier la sentence arbitrale, les cols bleus vont-ils passer en mode «moyens de pression»?les porte-parole du syndicat ont répété hier ce qu’il disent depuis plusieurs semaines: que la sentence, de toute façon, était «inapplicable» et instaurait un climat de travail «insupportable pour nos membres», fondé sur le «non-respect catégorique des employés cols bleus».Ces derniers, actuellement, «se contiennent» et rendent malgré tout les services à la population.«Pendant le travail, il est difficile d'exercer des moyens de pression, mais il y a un paquet de choses que vous pouvez faire en dehors de ces heures», a toutefois indiqué M.l’arent Le Devoir E N Caroline Montpetit honorée La journaliste du Deroir Caroline Montpetit a reçu le prix journalistique d’Amnistie Internationale, section canadienne-française, dans la catégorie presse écrite, pour son BREF article «La dot ou la vie - Le scandale des jeunes mariées brûlées vives en Inde», paru dans l’édition du mois de septembre de La Gazette des femmes.Mme Montpetit a réalisé ce reportage à la suite d’un voyage en Inde, l’hiver dernier.La distinction lui sera décernée officiellement en mai prochain.- Le Devoir Centre Rockland (Montréal) • Promenades de La Cathédrale (centre-ville) Galeries Laval (Laval) • Place Portobello (Brossard) www.linenchest.coi OGILVY monsieur SOLDE du lendemain de Noël 26 décembre!27 décembre de 13 h à 17 h I de 10 h à 18 h DE RABAIS SUR UNE SÉLECTION DE AIGLE > BISON • CUTTER & BUCK - DORMEUIL HÔRST - NAUTICA - PAUL & SHARK Complets - Vestons sport Pantalons sport et habillés Chemises de ville - Cravates Chemises sport Chandails Paletots - Parkas - Cuirs Chapeaux - Casquettes - Foulards Chaussures osa 15"/» à 330/" sur toute la marchandise en magasin NOUVEL ESPACE HOMME AU 41‘ STE-CATHERINE ET DE LA MONTAGNE, MONTRÉAI TÉL.:(514)845-4742 — WWW.OGILVYCANADA.COM LE DEVOIR, WEEKEND DE NOËL 2 0 0 4 A 4 ?LES ACTUALITES- SOURCE UCL Dix étapes pour passer de la pulpeuse Marilyn Monroe à la froide Margaret Thatcher.Marilyn ou Thatcher ?Des chercheurs percent le mécanisme de la reconnaissance des visages L’une est de fer, l’autre toute en rondeurs suggestives.Entre l’ancienne première ministre britannique Margaret Thatcher et l’icône américaine Marilyn Monroe, un fossé en apparence infranchissable se creuse.Pourtant, en faisant le pont entre ces deux visages bien connus, une petite leçon de physionomie s’est transformée en une étonnante découverte scientifique qui a permis de lever le voile sur la manière dont le cerveau reconnaît un visage.LOUISE-MAUDE RIOUX SOIICY Mettre un nom sur un visage: l’opération, répétée plusieurs fois par jour, est devenue anodine, à quelques exceptions frustrantes près, quand un nom reftise soudain de sortir des limbes de notre cerveau engourdi.Mais derrière ce blocage momentané, il y a tout un mécanisme que des scientifiques britanniques viennent à peine de percer.Les scientifiques savaient que certaines régions du cerveau étaient en cause, mais ils ignoraient de quelle manière et dans quel ordre.Des chercheurs de l’University College London (UCL) ont dénoué le mystère en mettant au jour un procédé en trois étapes, la première s’attardant aux traits physiques, la deuxième départageant le connu de l’inconnu et la dernière retraçant l’information recherchée.Le procédé retenu par l’équipe de Pia Rotshtein pour décrypter le phénomène est aussi ludique qu’efficace.In chercheuse a en effet soumis des gens à une succession de clichés photographiques montrant la transformation d'une personne connue à une autre.En tête de ce drôle de panthéon, la transformation de la «Dame de fer» en la plus mythique des bombes sexuelles américaines, mais aussi celle du dernier James Bond, l’acteur Pierce Brosnan, en.Tony Blair! La transformation progressive du visage d’une personne à l’autre a révélé que notre cerveau est infatigable et ne souffre aucune ambiguité.«Notre étude a démontré que le cerveau essaie de nous forcer à épingler un nom sur un visage, même s’il a l’allure d’un mélange entre deux personnes que nous connaissons.Un visage composé à 60 % de celui de Marilyn Monroe et à 40% de celui de Margaret Thatcher sera perçu comme étant le côté plus sexy de Margaret Thatcher», raconte Pia Rotshtein.Publiée dans l’édition en ligne du Nature Neuroscience, cette étude britannique a montré que la reconnaissance d’un visage est un procédé réglé comme du papier à musique.Mis devant une succession de clichés se déroulant au gré de la transfonnation de Maggie en Marilyn, par exemple, les sujets avaient tendance à opérer le changement d’identité d’un seul élan, aussi soudain que tranché, a montré une analyse au scanner.Les chercheurs ont aussi confronté leurs sujets à trois paires de clichés.Dans l'une de ces paires, les deux photos étaient identiques et représentaient Margaret; dans une autre, les deux photos étaient légèrement différentes mais conservaient les caractéristiques de Maggie; dans la dernière paire, un premier cliché présentait une photo de Maggie et une autre de Marilyn.Trois étapes C’est ainsi que l’équipe britannique a pu retracer tout le processus de l’identification, qui se fait en trois étapes bien distinctes, dans trois régions dif- férentes.«Quand un visage dans une foule suscite chez vous un sentiment obsédant vous signalant que vous connaissez cette personne, une partie de votre cerveau fait une association entre ce visage et des souvenirs emmagasinés, encourageant une autre section à essayer de mettre un nom sur ce visage», explique Mme Rotshtein.L’analyse au scanner a ainsi permis de voir que le gyrus occipital inférieur, une région située à l’arrière du cerveau, était particulièrement sensible aux légers changements physiques dans le visage alors qu’il relève les moindres détails, par exemple le nombre de rides.Une autre région, celle du gyrus fusiforme droit, localisé derrière les oreilles, était pour sa part plus active quand les images changeaient l’identité des visages qui défilaient sous les yeux des patients.C’est cette région qui permet la comparaison entre les images soumises et notre banque de souvenirs emmagasinés, suscitant chez nous un sentiment de familiarité qui nous indique que cette personne nous est bien connue.La dernière région mise en action est celle du cortex temporal antérieur, connu pour emmagasiner les traits des gens que nous connaissons et qui semble essentiel au processus d’identification.D’ailleurs, cette région était très active quand les célébrités étaient connues des sujets alors qu’elle l’était à peine quand un sujet ignorait l’identité de la personne.«Notre cerveau dispose de mécanismes intégrés pour “lire” les visages.Quand vous revenez à la maison pour Noël et que votre mère vous étudie alors que vous passez le seuil de la porte, une partie de son cerveau analyse différents éléments de votre visage (vos joues sont-elles rondes, avez-vous l’air bien?) alors que d’autres sections de son cerveau comparent cette image à celles qu’elle a en mémoire, ce qui l’amènera à déclarer que vous avez pris ou perdu du poids», illustre Mme Rotshtein.Si l'une ou l’autre de ces étapes est brisée, ce qui arrive notamment avec certaines formes de démence, une personne peut perdre son habileté à reconnaître les autres.D’où l’importance de cette étude, qui pourrait conduire à des interventions plus efficaces auprès des gens qui souffrent de prosopagno-sie — ou agnosie visuelle —, une condition rare caractérisée par l’impossibilité de reconnaître des personnes connues au seul moyen de la perception visuelle de leur visage.Cela est d’autant plus intéressant que ces travaux peuvent également trouver une application dans d’autres domaines.Des études précédentes ont en effet montré que des autistes et des épileptiques ont aussi du mal avec cette habileté souvent tenue pour acquise.Une piste que Jon Driver, professeur à l’Institute of Cognitive Neuroscience, affilié à l’UCL, et chercheur associé pour cette étude, trouve très stimulante.«La prosopagnosie est une condition rare liée à un dommage à une ou à toutes ces régions.Cette personne doit alors se rabattre sur d’autres éléments comme la coupe de cheveux, les vêtements, la gestuelle ou la voix.Certaines personnes auront même de la difficulté à reconnaître leur épouse ou leur propre visage dans le miroir», explique-t-il.La prochaine étape pour le professeur Driver consistera à reprendre l’exercice avec des gens qui souffrent de problèmes similaires.Son but est ambitieux.Il aimerait bien trouver le moyen d’entraîner ces patients à utiliser les régions qui sont déficientes chez eux, un soulagement pour les proches qui doivent sans cesse les réapprivoiser.Le Devoir Benoît Labonté rejoint Tremblay ANTOINE ROBITAILLE Le président démissionnaire de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM), Benoît Labonté, fera en février le saut en politique municipale dans le parti du maire Tremblay, a appris Le Devoir de source sûre.M.Labonté a annoncé sa démission la semaine dernière de la présidence de la CCMM en indiquant qu’elle entrerait en vigueur le 4 février 2005 tout en ne révélant rien du «défi» qui l’attendait.Or, selon nos informations, M.Labonté se joindra à l’Union des citoyens de File de Montréal (TUCIM), le parti du maire Tremblay, qui a le vent dans les voiles à l’heure actuelle, notamment apres sa victoire aux élections partielles dans l’arrondissement Saint-Laurent Selon nos sources, M.Labonté voudrait œuvrer dans l’arrondissement Ville-Marie.Actuellement, l’UCIM n’y compte qu’une seule élue, et c’est Vision Montréal, le parti de Pierre Bourque, qui détient la mairie de cet important arronctissement M.Labonté le connaît bien, d’ailleurs, puisqu'il a été, dans les années 90, p.-dg.du World Trade Center Montréal.À la CCMM, M.Labonté a été le premier président «à temps plein» puisque ce n’était pas un poste permanent avant lui.Parce qu’il se montrait très actif dans le débat public municipal, notamment contre les défusions, les rumeurs de son engagement au niveau municipal courent depuis longtemps.Certains ont même cru en 2003 qu’il cherchait à fonder un nouveau parti municipal.M.Labonté est titulaire d’une maîtrise en science politique à l’Université de Montréal.Il a été conseiller spécial auprès de Paul Martin de 1993 à 1996, à l’époque où celukn était ministre fédéral des Finances.Le Devoir JEFF CHRISTENSEN REUTERS Selon Genetic Savings and Clone, des centaines de client ont déposé des tissus de leur animal dans la banque génétique de la société.iaâ&î m Pour 50 000 $US, une Américaine s’offre un clone de son chat Los Angeles — Une Américaine a payé 50 000 $US pour s’offrir un clone de son chat adoré, décédé en 2003, une première commerciale réalisée par une société californienne de biotechnologie désireuse d’ouvrir un marché selon elle prometteur.Le chaton cloné, Little Nicky, a été présenté le 10 décembre, huit semaines après sa naissance, à sa propriétaire, une femme du Texas dont seul le prénom, Julie, a été divulgué.«Je ne vois absolument aucune différence entre Little Nicky et Nicky [sa chatte décédée en septembre 2003 à l’âge de 17 ans]», a déclaré Julie, citée par la société Genetic Savings and Clone, basée à San Francisco.Nicky était considéré comme un félin si «beau» et «intelligent» par sa maîtresse quelle avait décidé de faire effectuer un prélèvement d’ADN de son vivant pour tenter de le cloner.Première société sur ce marché, Genetic Savings and Clone avait annoncé en février 2002 avoir réussi le premier clonage de chat domestique.Cet animal, surnommé «Ce» (pour Carbon copy), avait été créé par le transfert de l’ADN provenant d’une cellule de chatte adulte dans un ovule énucléé puis par l’implant de l’embryon dans une mère porteuse.Cette année, cinq clients ont signé un contrat de clonage, a indiqué Ben Carlson, un porte-parole.Des centaines d’autres ont également déposé des tissus de leur animal favori dans la banque génétique de la société.L’éthique et le bien fondé des objectifs de Genetic Savings and Clone sont mis en doute par des scientifiques et des associations de défense des animaux.Selon eux, un animal cloné a, en l’état des recherches, peu de chances de vivre longtemps.Agence France-Presse >*>» V- oies H1H Pour Elle 277, av.Laurier O.270-6154 Centre de Commerce Mondial 844-9125 LES ACTUALITES Born again ÆÊ a grand-mère s'appe-lait Elmire.i Ce nom semble aujourd’hui venu du fond des âges.Je ne l’ai pas beaucoup connue, mais son nom, pour moi, a toujours évoqué la myrrhe.Oui, la myrrhe.Comme dans l'or, l’encens et la myrrhe offerts à l'enfant Jésus par les Rois mages.Ou plutôt comme dans: •Mon chéri pour moi est un sachet de myrrhe: entre mes seins il passe la nuit» (Cantique 1,13).Je n’avais pas six ans et ne connaissais rien à l’Orient Mais je me doutais bien que cette résine odorante avait un irrésistible parfum d'érotisme.J’aurais bien passé la nuit entre les seins de ma grand-mère.Nous avions l’habitude de monter le sapin avec elle.Nous le faisions avec l’application de ceux qui manipulent un trésor.Je voulais connaître l’histoire de chaque figurine, de chaque boule.Celle-ci, recouverte de papier d'aluminium, avait été achetée pendant la guerre.Celle-là avait été cassée par un oncle parti vivre au bout du monde.E avait été petit et aussi maladroit que nous.Moi aussi, je casserais des boules.Il le fallait pour qu’il y ait des histoires à raconter.A travers les anecdotes se déclinait le parcours d’une famille, d’un coin de pays, d’un petit bout d’humanité.?Ma grand-mère n'a jamais visité la France.Ses Cantons-de-l'Est lui suffisaient amplement L’étranger, pour elle, c’était Lowell et Boston, où elle avait de la famille.Elle aurait certainement été outrée d’apprendre qu’à Marseille, on a interdit un concours de crèches.Elle aurait été encore plus scandalisée de découvrir qu’au nom d’une laïcité mal embouchée, on avait volé leur sapin aux étudiants de Lagny, à 28 kilomètres de Paris.L’affaire a commencé au début de décembre.Deux lycéennes ont invoqué la nouvelle loi sur l’interdiction du port du voile islamique à l’école pour exiger l’expulsion du pauvre conifère installé comme chaque année dans le hall d’entrée.Les étudiantes avaient la logique et la loi de leur côté.Pourquoi, en effet, une école assez intolérante pour bannir les croix, les kippas, les turbans et les voiles accepterait-elle un sapin de Noël ou une crèche?Elles auraient pu demander pourquoi les élèves avaient congé à Noël et à Pâques, pourquoi la cantine avait toujours servi du poisson le vendredi et pourquoi, pour se rendre au lycée, il fallait emprunter les rues Saint-Denis et Saint-Laurent Mais nos étudiantes étaient des modérées.Elles se sont contentées d’exiger l’application dans l’enceinte de l’école de l’esprit de la loi votée par les parlementaires français.Ce qui fut aussitôt fait Le pauvre conifère de 1 m 80 était bon pour le recyclage.Mais c’était compter sans ces étudiants férocement attachés à leurs coutumes primitives.Quelques-uns ont aussitôt élevé dans la cour un sapin hors la loi que leurs compagnons se sont empressés de décorer.Les filles sont arrivées au lycée avec des guirlandes autour du cou et des boules de Noël aux oreilles.Choqués de la décision du proviseur, des enseignants et des élèves ont réclamé qu’on leur rende leur arbre.Pour éviter la guerre de tranchées, un nouveau sapin a donc été dressé dans un lieu plus discret, la cantine, où les Christian Rioux élèves ont pu le contempler lors du traditionnel repas de Noël, pardon!, du repas «de fin d’année», comme le veut la nouvelle terminologie scolaire.Pour justifier le retour du paria, le proviseur s’est empressé d’expliquer que le sapin était •un objet païen» (sic) •bien plus ancien que le christianisme».On aura donc compris que si la loi française exclut les signes monothéistes, elle a le plus grand respect pour l’idolâtrie paiënnè.Rassurez-vous: le Québec n’est pas seul à sombrer dans le délire.E n’y a pas que les conseils municipaux de Toronto et de Montréal où le nouveau volapük a rebaptisé Noël «fête de la lumière».A Denver, les habitants ont dû manifester pour empêcher qu’un banal «Happy Holidays» remplace le traditionnel «Merry Christmas» lors d’un défilé annuel.Dans le nord de la France, à Coudekerque-Branche, les directeurs de maternelle ont refusé de distribuer aux gamins les traditionnels saint Nicolas en chocolat envoyés par la mairie.Les 1300 friandises ont été sucrées pour Élire disparaître la petite croix que portait sur sa tiare le généreux évêque de Myra, patron des écoliers.Dans l’enceinte par ailleurs «sacrée» de l’école française, les pauvres santons sont devenus ostentatoires.?On a beaucoup parlé cette année des bom-again Christians.J’en ai rencontré quelques-uns dans le sud des Etats-Unis.Mais ces iüu-minés ne m’ont jamais paru aussi insolites que ces étranges bêtes qui partent en courant devant le moindre crucifix.Contrairement aux traditionalistes religieux, les born-again de la modernité ne sont attirés que par le futur, donc par le néant Es n’en ont pas seulement contre la religion mais contre l’histoire.C’est pourquoi, dans leur quête de l’homme nouveau, ils s’acharnent à supprimer tout ce qui pourrait les rattacher d’une manière ou d’une autre à la tradition d’une communauté humaine, quelle qu’elle soit C’est ainsi qu’ils se sentent libres.Croyants ou pas, la question n’est pas là.Les religions millénaires ne sont plus, pour eux, que des vestiges encombrants de l’ancien monde périmés depuis longtemps.L’univers serait né, disent-ils, quelque part autour des années 60, celui de ma grand-mère se résumant pour eux à une gigantesque noirceur.On croit parfois que cette attitude tient de la trop grande tolérance dont nous ferions preuve à l’égard des autres religions.Je crois qu’elle tient plutôt à notre étonnante capacité à nous haïr nous-mêmes.Je dis cela en me rendant compte que si elle était encore de ce monde, ma grand-mère me trouverait bien présomptueux.Devant tant de mots, elle se contenterait de hausser les épaules en me disant surtout de faire attention à ne pas casser de boules.Et moi, je m’imaginerais posant ma tête entre ses seins.crioux&iledevoir.com EN BREF Alerte au soja Edmonton — La compagnie Kin-nikinnick Foods Inc.avise les consommateurs allergiques au soja de ne pas consommer les beignes au sucre blanc et à la cannelle et les beignes avec glaçage au chocolat de marque Kinmkin-nick, qui contiennent du soja alors que l’étiquette n’en Édt pas mention.La liste des ingrédients fait mention de protéines de pois alors qu’elle devrait faire mention de protéines de soja.Seuls les produits sur lesquels des étiquettes sont apposées sont touchés.Les produits en sacs préimprimés ont une liste d’ingrédients exacte et ne sont pas visés par le rappel.Les produits sont distribués partout au Canada et aux Etats-Unis.Le soja peut déclencher une réaction mortelle chez les personnes allergiques, qui devraient rapporter les produits au point de vente pour être remboursées.Aucun cas de maladie associé à la consommation de ces produits n’a été signalé.- PC Steve Moore n’envisage pas de poursuite au civil Toronto — L’avocat du hockeyeur Steve Moore, blessé lors d’un match de la Ligue nationale de hockey (LNH), affirme avoir demandé au procureur général de la Colombie-Britannique, Geoff Plant, d’ouvrir une enquête afin de déterminer pourquoi le plaidoyer de culpabilité de Todd Bertuzzi avait été accepté en l’absence de Moore au tribunal.En conférence de presse à Toronto hier, Tînt Danson a en outre laissé entendre que si Bertuzzi éprouvait vraiment des remords d’avoir agressé Moore, il se serait assuré de la présence de ce dernier en cour.Quant à lui.Steve Moore a indiqué qu’il n'envisageait pas •pour l’instant» d'intenter des poursuites civiles contre son agresseur.Le joueur de l'Avalanche du Colorado a insisté pour dire que sa priorité était de retrouver la forme.11 a précisé toujours souffrir de symptômes consécutifs à une commotion cérébrale.Il avait aussi subi une fracture au cou à la suite de l’attaque de Bertuzzi sur la patinoire de Vancouver, le 8 mars, pendant un match de la LNH.Mercredi, Bertuzzi a plaidé coupable à l’accusation de voies de fait ayant causé des lésions corporelles portée contre lui à la suite de l’incident.Le joueur étoile des Canucks de Vancouver a reçu une absolution conditionnelle, sentence qui pourrait lui permettre d’éviter de se retrouver avec un dossier criminel.L’avocat de Moore a dit n’avoir été mis au courant de la nature du plaidoyer que lundi et n’avoir été informé de la nouvelle date de l’audience qu’un jour avant ceUe-d, ce qui ne permettait pas à Moore de se rendre à temps à Vancouver pour les procédures.•La question est: pourquoi?Pour- ü ANDY CIARK REUTERS Mercredi, Bertuzzi a plaidé coupable à l’accusation de voies de fait ayant causé des lésions corporelles qui avait été portée contre lui.Le joueur étoile des Canucks de Vancouver a reçu une absolution conditionnelle, sentence qui pourrait lui permettre d’éviter de se retrouver avec un dossier criminel.quoi faire cela, pourquoi était-ce nécessaire?, a demandé M.Danson.Je crois que c’est quelque chose qui doit faire l'objet d'une enquête du procureur général de la province de la Colombie-Britannique Pour ma part, je trouve cette conduite disgracieuse, je crois que cela fait reculer les droits des victimes à l’âge de pierre et qu’il s’agit d’un affront à ce que le Parlement du Canada a apporté au Code criminel.» L’avocat de Moore à Vancouver a bien tenté d’obtenir un délai afin que le joueur puisse faire une dé- claration en cour.Le juge s’y est opposé, et la déclaration a été lue par la poursuite.Steve Moore a refusé de se prononcer au sujet de la sentence imposée à Todd Bertuzzi.E a toutefois dit avoir été déçu d’avoir été mis au courant de l’entente par les médias.Tint Danson a indiqué que son client n’avait eu aucune nouvelle de la Couronne avant vendredi dernier.•Steve ne passe pas de jugement sur la transaction en matière pénale, il ne passe pas de juge- ment sur la sentence, a déclaré l’avocat.Il demandait seulement à être entendu.J'ignore quel impact cela aurait pu avoir, mais il s’agissait d'une requête toute simple: "Avant de rendre un jugement, écoutez juste ce que j’ai à dire".» Geoff Gaul, porte-parole du procureur général de la Colombie-Britannique, a indiqué à une station de radio de Vancouver, MOJO FM, qu’il n’y avait pas là matière à enquête.Presse canadienne Des mécènes au secours des saint-bernard Genève — L’avenir des chiens sauveteurs du Grand-Saint-Bernard paraît assuré grâce à une fondation qui s’est engagée à continuer leur élevage et un ex-banquier privé genevois qui investira quatre millions de francs suisses (environ 2,36 millions de dollars) pour leur construire un musée.Les divers mécènes impliqués dans ce sauvetage, dont le créateur de la Fondation Pierre-Gia-nadda, Léonard Gianadda, ont signé hier une série de conventions à Martigny (Valais).Début octobre, les chanoines de l’hospice du col du Grand-Saint-Bernard (canton du Valais) avaient annoncé leur intention de vendre leurs fidèles compagnons à quatre pattes, un des symboles de la Suisse dans le monde, provoquant la consternation dans la région.L’élevage des saint-bernard sera désormais assuré par la Fondation Barry, du nom d’un chien sauveteur légendaire, né en 1800.Dirigée par Rudolf Thomann, président du Club suisse des saint-bernard, cette fondation sera créée en janvier 2005 grâce à la contribution financière d’une artiste bâloise.Un musée Une autre fondation a été établie hier dans le but de construire un musée dédié aux saint-bernard, qui devrait ouvrir ses portes au printemps 2006 dans l’ancien arsenal de Martigny.Sa construction, qui coûtera quatre millions de francs suisses, sera financée par Bernard et Caroline de Wattewille, qui se sont aussi engagés à couvrir un éventuel déficit d’exploitation durant dix ans.Ex-banquier privé à Genève, M.de Wattewille a expliqué son geste par la volonté de •préserver et faire vivre l’histoire de ce chien symbolique», la Ville de Martigny mettra des locaux et un parking à la disposition du musée.Plus de 10 000 visiteurs admirent chaque été le chenil du Grand-Saint-Bernard et sa vingtaine de chiens.Le supérieur de l’hospice, l’ab-bé-prévôt Benoît Vouilloz, s’est déclaré •soulagé» des solutions trouvées.Secouristes Devenus légendaires pour leur rôle de secouristes, les saint-bernard sont présents à l’hospice depuis le )ÔTP siècle.Mais faute d’argent et de temps, les moines, de moins en moins nombreux, disaient ne plus pouvoir s’en occuper.C’est au IX' siècle que saint Bernard de Menton lit construire l’hospice au sommet du col, à 2500 mètres d’altitude.Les moines y accueillent des pèlerins qui y trouvent logement et nourriture.Depuis le XVII'' siècle, des saint-bernard y sont dressés pour accompagner les voyageurs qui passent le col et les sauver s’ils se perdent dans la neige.Né en 1800, le chien Barry est resté célèbre pour avoir sauvé une quarantaine de personnes durant ses 14 années de vie.Agence France-Presse Meubles, .corn Sfepuia.30 an&, un nom &ano prétention.E M P 0 R I 0 LE SOLDE BOXING DAY JUSQU’À - 'd a 1 U doitection Lafitte MsuBUa au tafiet, finition coaeûte (luAAi diapenMeo.: dlamtm - cuisine.-wunoiee.téUuiaion JOYEUX NOËL ET BONNE ET HEUREUSE ANNÉE 1455 RUE REEL (LES COURS MONT-ROYAL) 514-282-0022 MeubUs swt nuAurve 9Upnodudion de meuMe& d’époque 8729, Hochelaga (5 min.à T en de Louà-H.Ldbmninc) $14.354.1030 • SAN» frais: 1.800.357.1030 • COURRIEL: infbm ¦ ¦ N DE NOEL OGILW )0 A 17H00 • Marchandises sélectionnées J | |__ V RABAIS PARTOUT EN MAGASIN LE DEVOIR, WEEK-END DE NOËL 2004 LES ACTUALITES Mauvais exemple e fais partie de cette génération qui a connu l’ancêtre de la SAQ, la Commission des liqueurs.Les succursales étaient rares et lugubres.Les quelques bouteilles de vin (en ce temps, le Mouton Cadet était un grand vin) étaient dissimulées à la vue du client.Quelques commis grognons s'affairaient lentement derrière un comptoir.Pour devenir commis à la Commission, on ne demandait même pas une septième année forte.Il suffisait de travailler pour l’organisation d’un député au pouvoir.C’était le temps du Qué-bérac en cruche.Ce n’était pas le bon temps.Depuis, cette miteuse organisation est devenue une enti eprise rentable, moderne et efficace.En fait, de tous les services gouvernementaux, c’est probablement celui qui a su le mieux évoluer en fonction des goûts et besoins de sa clientèle.En ce faisant, la SAQ a réussi à maintenir un haut taux de rentabilité démontrant que l’État, quand il s’y met, peut être un aussi bon entrepreneur que le secteur privé.Il faut bien sûr féliciter les diverses administrations qui ont procédé à ces virages et qui ont engrangé des milliards de dollars pour le fonds consolidé de la province, mais les employés de la SAQ ont aussi leur très grande part de responsabilité dans ce succès.Il y a une dizaine d’années, le client indécis qui voulait faire des découvertes ou encore celui qui désirait s’initier au vin se trouvait bien dépourvu s’il comptait sur le personnel de la SAQ pour le guider.On était encore à l’époque du commis et du caissier qui vendaient des bouteilles et non pas des produits.Aujourd’hui, tous les employés de la succursale que je fréquente (une succursale normale) sont des amateurs de vin.Les premiers à louanger le professionnalisme des employés sont les dirigeants de la SAQ.Ainsi, dans le Plan stratégique 2004 qui énonce les objectifs de croissance de l’entreprise, la direction se montre confiante de réussir à augmenter ses profits notamment à cause de la compétence de ses employés.On y souligne que, lorsque les clients achètent un produit plus cher que d’habitude, c’est dans 68 % des cas parce qu’ils ont sollicité l’avis d’un conseiller.Viennent, loin derrière, les critiques dans les journaux, les guides, etc.Voilà donc des employés qui contribuent directement au succès toujours croissant de l’entreprise en nous faisant dépenser plus.On aurait pu s’attendre à ce que le syndicat, à l’échéance de la convention collective, ait réclamé des augmentations salariales qui prennent en compte cette contribution à la performance de l’entreprise, d’autant plus que La Presse nous apprenait hier que ces travailleurs gagnent 30 % moins que leurs collègues ontariens.Ce ne fut pas le cas.Le syndicat a décidé de privilégier la protection d’un cadre d’organisation du travail qui avantage l’employé et ne pénalise pas vraiment l'employeur.Il a Les employés ont aussi leur très grande part de responsabilité dans le succès de la SAQ Gil Courtemanche choisi aussi de diminuer progressivement le nombre d’employés à temps partiel qui, à 69 %, est résolument trop élevé.La partie patronale veut prendre comme référence la situation qui prévaut dans le commerce au détail.C’est un argument fallacieux qui ne tient pas la route et qui illustre la volonté irréductible de ce gouvernement de modeler les activités de l’État sur les méthodes de gestion de l’entreprise privée.Le secteur du commerce au détail est une véritable jungle où régnent l’arbitraire, l'exploitation éhontée des travailleurs et une concurrence féroce.C’est d’ailleurs en invoquant cette concurrence que les patrons justifient les niveaux de rémunération et leur opposition à la présence de syndicats dans leurs entreprises.La SAQ n’a aucune concurrence réelle, elle jouit d’un monopole et sa croissance a été constante malgré ce qu’elle appelle un système contraignant qu’elle veut modifier radicalement.Bien sûr, cette souplesse de choix que veulent préserver les syndiqués peut donner lieu à des abus chez certains, mais les résultats financiers de la SAQ prouvent qu’elle s’en accommode fort bien.En fait, on a affaire à un employeur qui a décidé sans raison économique que tout ce qui concerne l’organisation du travail et l’aménagement des horaires relève d’une sorte de droit divin patronal.Et pour s’arroger ce droit, elle prend le risque de transformer ce groupe d’employés motivés et qui a développé un sentiment d’appartenance (phénomène rare dans le service public) en bureaucrates de la vente et en employés frustrés.Les critiques de la droite soulignent que les employés de l’État ne doivent pas jouir de privilèges indus.Nous ne parlons pas ici de privilèges, mais d’un cadre de travail souple et plus respectueux que l’entreprise peut se permettre sans grever davantage les ressources de l’État.Nous parlons ici en fait de la concrétisation, dans un lieu de travail qui lui appartient, d’un objectif officiel de ce gouvernement: la conciliation famille-travail et études-travail.Ce que le syndicat réclame, c’est que l’État applique dans ses propres services des politiques louables qu'il veut imposer à l’ensemble des employeurs du Québec.Parmi les devoirs de l’État il y a l’exemplarité, l’obligation de mettre en pratique les politiques qu’il préconise pour l'ensemble de la société.Jean Charest devrait le rappeler à Lucien Bouchard, qui devrait lui aussi être au courant de cette responsabilité.Rien ne va plus à la garderie Opus Incertum La directrice et trois éducatrices ont remis leur démission KATHLEEN LEVESQUE A la veille de Noël, la situation ne s’est guère améliorée à la garderie privée Opus Incertum où, après la menace du propriétaire de ne pas payer les employées durant les Fêtes, la directrice générale et trois éducatrices ont remis leur démission.Depuis un mois, l’atmosphère au sein de cette garderie située sur le Plateau Mont-Royal va de mal en pis.Le propriétaire Alberto Carvalhido avait d’abord décidé de ne pas rémunérer le personnel durant les jours de fermeture tout en empochant les subventions gouvernementales et la contribution parentale de 7 $ par jour par enfant Un vide juridique permet à M.Carvalhido d’agir de la sorte.Devant les intentions de l’homme d’affaires révélées par Le Devoir, la ministre déléguée à la Famille, Carole Théberge, est intervenue pour faire entendre raison à M.Carvalhido.Dans les jours qui ont suivi, celui-ci a avisé les éducatrices que la garderie resterait ouverte et qu’elles pouvaient être payées si elles acceptaient de traveller.Se sont ensuivies des frustrations de part et d’autre.Résultat trois éducatrices ont annoncé leur départ, au moins deux autres cherchent activement un emploi ailleurs et la directrice générale, Diane Morrissette, a aussi décidé de plier bagage.«Tout ça aurait pu être évité si le propriétaire avait fait preuve de jugement.Mais dans le contexte, des démissions étaient à prévoir.Avec le cabinet de la ministre qui a été incapable de raisonner M.Carvalhido, l’équipe s’est découragée», a affirmé au Devoir Marc Jarry, un des parents qui ont dénoncé la situation.Régie interne Au cabinet de la ministre Thé-berge, la situation qui prévaut à Opus Incertum est interprétée d’une tout autre façon.Le départ de travailleuses est un problème de régie interne, a rappelé hier l’attachée de presse de la ministre, Louise Bédard.«Pour nous, ce qui était important, c'était que M.Carvalhido paie ses employées et que personne ne soit pénalisé», a expliqué Mme Bédard, qui a qualifié de «satisfaisante» l’ouverture dont a fait preuve Alberto Carval- JIM YOUNG REUTERS Le premier ministre terre-neuvien, Danny Williams, veut faire connaître son mécontentement à la suite de l’impasse des négociations avec Ottawa sur les revenus des ressources extracôtières.Terre-Neuve retire ses drapeaux canadiens Saint John’s, T.-N.— Furieux de l’impasse des né gociaüons avec Ottawa sur les revenus des ressources extracôtières, le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Danny Williams, a ordonné hier le retrait de tous les drapeaux canadiens flottant sur les édifices provinciaux.«C’est une gifle en plein visage.Je n’ai pas l’intention de déployer ce drapeau à nouveau dans la province», a lancé M.Williams, en colère, lors d’une conférence de presse à Saint John’s.Le premier ministre a continué de cracher son venin contre le gouvernement fédéral, un jour après avoir rompu les négociations entreprises avec Ottawa dans le but de s’entendre au sujet des revenus extracôtiers.M.Williams a accusé le ministre fédéral des Finances, Ralph Goodale, d’avoir été de mauvaise foi lors des discussions ayant eu lieu mercredi soir à Winnipeg.«Il me semble aussi que nous ayons été traînés au Manitoba afin de nous punir, bien franchement, de nous mettre dans l’embarras, de nous renvoyer chez nous la queue entre les jambes», a-t-il affirmé.M.Williams avait déjà fait savoir qu’il ne poursuivrait pas les négociations au-delà de Noël.La séance de mercredi était la dernière entre le premier ministre de Terre-Neuveet-I-abrador, son homologue de la Nouvelle-Écosse, John Hamm, et M.Goodale.Les pourparlers visaient à repenser la façon dont les deux ordres de gouvernement se partagent les revenus des ressources pétrolières extracôtières.Présentement, les provinces ne gardent que 30 % des recettes pétrolières, alors que 70 % des redevances sont perçues par le gouvernement fédéral.Terre-Neuve-et-Labrador et la Nouvelle-Écosse tentent depuis longtemps de revoir la façon dont les revenus des exploitations pétrolières extracôtières sont dé duits des paiements de péréquation.Pour chaque dollar perçu par les provinces en recette pétrolière, leurs paiements de péréquation sont réduits.La Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve veulent exclure les redevances pétrolières du calcul de la péréquation.Bien que M.Goodale ait affirmé que les provinces pourraient conserver 100 % des revenus du pétrole pour la durée du nouvel accord, qui durerait 16 ans, M.Williams a soutenu que sa province commencerait à perdre une partie des sommes dès la cinquième année de l’entente.Presse canadienne hido.«C’est un monsieur qui s’occupe bien de sa garderie.Il était d’ailleurs chamboulé par les événements», a-t-elle indiqué.Cette dernière a toutefois ajouté que le gouvernement surveillera la situation de près.Mais pour Marc Jarry, l’intervention gouvernementale se résume à un échec.Lui-même a décidé d’inscrire le plus jeune de ses enfants dans une autre garderie et l’aîné pourrait bien rester avec maman qui sera bientôt en congé de maternité à la maison jusqu’à son entrée scolaire.La ministre Théberge a l’intention de procéder à une révision complète de la Loi sur les centres de la petite enfance et autres services de garde à l’enfance.Le Devoir Le site d’un « miracle » de Jésus aurait été retrouvé Jérusalem — Des archéologues ont exhumé à Jérusalem une zone pavée et une canalisation d’eau sur le site d’un réservoir où, selon certains chrétiens, Jésus aurait permis à un aveugle de recouvrer la vue, ont déclaré hier les services israéliens des antiquités.Cette découverte leur permet de se faire une meilleure idée de ce à quoi pouvait ressembler la piscine de Siloé voici près de 2000 ans et laisse penser qu’elle était destinée aux bains rituels et n’était pas une citerne, comme certains le pensaient.«Nous l’avons exhumée et datée avec me grande précision, grâce à des pièces de monnaie retrouvées dans le mortier qui a servi à la construction de la piscine», a expliqué à Reuters Roni Reich, de l’université de Haïfa, qui a participé aux fouilles.Une large volée de marches a été mise au jour, menant vers le site.Une canalisation achemine l’eau vers la piscine de Siloé, mentionnée dans le Nouveau Testament comme l’endroit où Jésus a réalisé un miracle.Un aveugle Jésus, selon le Nouveau Testament, voyant un aveugle de naissance, lui appliqua de la boue sur les yeux et lui dit: «Va te laver au bassin de Siloé.» Le mendiant s’y rendit et, quand il revint, il voyait Le site se trouve près de la vieille ville de Jérusalem, dans la partie Est conquise par Israël durant la guerre dite «des Six-Jours» de 1967 et annexée depuis lors.t'UOMO L’élégance au masculin.27 AU 31 DECEMBRE 2004 50% DE RABAIS w — SUR TOUTE LA MARCHANDISE CARRÉ WESTMOUNT ^ (514)846-0290 Cancer ne rime pas avec discrimination LOU1SE-MAUDE RIOUX SOUCY Une étude de l’Université Laval est venue poser un baume sur les inquiétudes des 5700 Québécoises qui ont appris cette année qu’elles avaient un cancer du sein.Une équipe de chercheurs de la Faculté de médecine a en effet déboulonné la croyance populaire voulant que les femmes qui ont eu un cancer du sein soient phis souvent victimes de discrimination au travail que les femmes n’ayant jamais eu de cancer.Un petit baume, certes, mais bien réel Rendue publique hier par sa directrice, Elizabeth Maunseü, l'étude québécoise est la première à s’attacher à cette question qui avait soulevé la controverse dans plusieurs articles scientifiques.On y décrivait des cas bien particuliers où la discrimination était flagrante.Mais voilà, aucune étude popula-tionnelle n’avait tiré au clair cette hypothèse, qui, avec le temps, avait pris les allures d'idée reçue.«Ces quelques cas ne disaient pas s'il y avait ou non un excès dans la population à cause du cancer du sein», explique Mme Maunseü, qui a choisi la voie de l’étude popula-tionnelle, la seule capable de démêler l’écheveau.«Ce qui est difficile, c’est qu’il faut un échantillon diversifié pour que nos résultats soient valables.On a donc pris des femmes à la grandeur du Québec, toutes âgées entre 20 et 59 ans.» L'équipe a comparé l’évolution de la situation d’emploi de 646 travailleuses durant les trois années qui ont suivi le diagnostic de cancer du sein à ceüe d’un groupe témoin de 890 travailleuses présentant des conditions d’emploi similaires.Conditions similaires Chez les femmes qui occupaient un emploi au terme des trois années de suivi, les conditions d'emploi — notamment la rémunération, la proportion de travaiüeuses à temps partiel, le nombre d’heures travaiüées ou le taux de syndicalisation — étaient similaires dans les deux groupes.L’âge moyen de la retraite pour les deux groupes était le même, soit 54 ans.Mieux, le pourcentage de femmes congédiées pendant cette période était identique pour les travailleuses des deux groupes, soit 1,5 %.Enfin, même si 21 % des femmes ayant survécu au cancer n'avaient phis d'emploi contre seulement 15 % chez ceües du groupe témoin, une forte majorité de survivantes sans emploi ont rapporté avoir elles-mêmes pris la dérision de cesser de travaifler.«Il se peut que des femmes vivent des moments difficiles à leur retour au travail et qu ’elles en attribuent la cause au fait d’avoir eu un cancer du sein, reconnaît Elizabeth Maunseü.Cependant, les mesures objectives utilisées dans notre étude permettent de constater que cette maladie n’entraîne généralement pas de discrimination sous forme de changements négatifs ou involontaires dans la situation de travail.» La discrimination au travail n’est qu’une des nombreuses croyances touchant la vie après un cancer du sein.Depuis dix ans, Elizabeth Maunseü et son équipe ont réalisé de nombreuses études qui ont réfuté certaines de ces croyances, notamment celles qui touchent la baisse de la quaüté de vie et la détérioration de la vie amoureuse après un cancer du sein.«Dans une autre étude, huit ans après le diagnostic, on a évalué la qualité de vie des femmes et il est apparu que celle-ci était sensiblement la même pour les deux groupes à l’exception d’un aspect, celui de la sexualité, souvent en raison de la médication.» Pour la chercheuse, il est essentiel de diffuser aussi largement que possible ces nouvelles informations afin de rassurer les femmes qui ont eu un cancer du sein et de changer les croyances populaires quant aux conséquences négatives de cette maladie sur la qualité de vie.«C’est une bonne nouvelle pour les femmes Ça va leur donner confiance à leur retour, mais aussi lors du diagnostic puisque cela va leur permettre de moins s'inquiéter pour leur travail, sachant que le retour se fuit généndè- ment Wèn», juge4-eüe.Selon la chercheuse, il y a là la preuve que notre société est capable de gérer cette situation avec l'intelligence et la sensibilité necessaires.Le Devoir LE DEVOIR.WEEK E X D DE NOEL 2 0 01 A 7 E MONDE Vladimir Poutine défend la zone d’influence russe Le président met en garde contre la déstabilisation de l’ex-URSS et promet de poser des questions à M.Bush A VV f' ALEXANDER NATRUSKIN REUTERS Le maître du Kremlin n’avait pas l’esprit à la fête.Irak: un kamikaze aurait frappé à Mossoul Bagdad — Quatre soldats américains et huit Irakiens ont été tués hier à travers le pays, où se pose désormais la question de la sécurité des bases américaines après une attaque meurtrière à Mossoul menée, selon un général américain, par un kamikaze vêtu d’un uniforme de l’armée irakienne.Trois marines ont été tués dans la province rebelle d’al-Anbar, à l’ouest de Bagdad, a annoncé un porte-parole militaire sans préciser les circonstances de ces décès.Auparavant, l’armée avait annoncé qu’un de ses soldats avait été tué et deux aut es blessés dans l’explosion d’ui.e oombe à Bagdad.Ces soldats sont les premiers militaires américains à trouver la mort en Irak depuis l’attaque contre la base de Mossoul qui a fait mardi 18 morts américains, dont 14 GFs, ainsi que quatre membres des forces de sécurité irakiennes.Déguisement L'attentat, dans lequel 72 autres personnes ont été blessées, dont 51 soldats américains, semble avoir été commis par un homme déguisé en militaire irakien, a déclaré hier à CNN le général américain Carter Ham, responsable des forces de la coalition à Mossoul.«Ce n’est pas certain à 100 % mais il semble qu’un individu portant un uniforme militaire irakien, peut-être avec une veste comportant un explosif était dans le réfectoire et a actionné son mécanisme, provoquant la tragédie», a précisé le général Ham, interrogé depuis l’Irak.Dans un premier temps, les autorités américaines avaient parlé d’une attaque à la roquette.L’attentat, le plus meurtrier contre des soldats américains en Irak depuis l’annonce de la fin des opérations militaires d’envergure, le 1" mai 2003, a été revendiqué par le groupe Ansar al-Sunna, lié au réseau terroriste al-Qaïda d’Oussama ben Laden, qui a parlé d’une «opération martyre».Interrogé sur les mesures de sécurité à l’entrée du réfectoire, le général Ham a répondu qu’«i7 n’était pas inhabituel pour des soldats ayant fini une mission d’avoir encore leur gilet pare-balles, d’entrer dans le réfectoire pour avoir un repas, de le manger rapidement et de retourner à leur mission».«H est très difficile d’imaginer que [cet attentat] soit l’œuvre d’un seul individu.» Sa préparation a peut-être pris plusieurs jours, «et il s’agit probablement d’une action bien coordonnée plutôt que l’acte d’un individu isolé», a estimé le général.Agence France-Presse EN BREF Un abri de prestige Londres — Le Dôme du Millenium de Londres, bâtiment futuriste peu exploité depuis son inauguration en janvier 2001, a été transformé en centre d’accueil pour les sans-abri à partir d’hier et pour une semaine, a annoncé l’organisation caritative Crisis.Entre les 23 et 30 décembre, le Dôme comprendra, outre les structures d’accueil élémentaires, un centre médical et un chenil pour les animaux des sans-abri.Le Dôme, installé dans le quartier de Greenwich au bord de la Tamise pour célébrer le passage au nouveau millénaire, est resté longtemps fermé, faute d'une utilisation.régulière.-AFP Moscou — Le président russe Vladimir Poutine a mis en garde hier, dans une allusion transparente à l’Ukraine, contre des «révolutions permanentes» pouvant plonger l'espace ex-soviétique dans des conflits «à la yougoslave», tout en adressant des critiques voilées aux Etats-Unis.Par ailleurs, il a saisi l’occasion de sa grande conférence de presse annuefle pour justifier la nationalisation de fado du groupe pétrqlier loukos en soulignant que l’Etat avait utilisé «des mécanismes légaux de marché» pour assurer ses intérêts.Interrogé sur la décision — ignorée par Moscou — d’un tribunal américain demandant une suspension de la vente des actifs de loukos, il l’a qualifiée ^«inadmissible du point de vue du droit» et d'«un non-resped de la courtoisie internationale».L’affaire ukrainienne est revenue à plusieurs reprises dans les questions concernant la politique étrangère et s’il n’a plus attaqué frontale-ment l’Occident comme il l’avait fait au début du mois, M.Poutine a dénoncé les «méthodes hors-la-loi» utilisées dans la lutte politique et qui risquent, selon lui, de «plonger l’espace post-soviétique dans des conflits sans fin».Le président russe a parlé de «révolutions roses ou bleues», dans une allusion à la fois à «la révolution de la rose» qui a placé le pro-occi-dental Mikhaïl Saakach-vili aux commandes en Géorgie et à la «révolution orange» qui est sur le point d’offrir le pouvoir en Ukraine à Viktor louchtehenko.Et il a évoqué plusieurs fois le «modèle yougoslave», insistant sur le fait qu’il excluait un tel scénario de «dislocation» pour «l’espace postsoviétique».Le rôle présumé des Etats-Unis dans l’évolution de l’Ukraine a été abordé au conditionnel, sans cacher toutefois les appréhensions de Moscou et les soupçons de voir Washington chercher à «isoler», voire à «ébranler» la Russie.Interrogé sur l’idée, évoquée par le président polonais Aleksan-der Kwasniewski, selon laquelle Washington préférerait une «Russie sans l’Ukraine», M.Poutine s’est demandé si cela avait été dit «pour exprimer le désir de limiter les possibilités de la Russie de développer ses relations avec ses voisins, d’isoler la Russie».«Je ne pense pas que ce soit lç sens de la politique des Etats-Unis», a-t-il toutefois ajouté, tout en annonçant que lors de sa prochaine rencontre avec le président George W.Bush, prévue en février en Slovaquie, il «lui poserait cette question».«S’il en était ainsi, on comprendrait mieux les positions [américaines] sur la Tchétchénie [.], cela voudrait dire qu’on y crée des conditions pour ébranler la Fédération russe», a encore dit M.Poutine.Il a envoyé une pique au chef de l’État polonais, déclarant que ses propos faisaient penser à «une déclaration non pas d’un président en exercice, mais d'un homme qui cherche un emploi parce que son mandat est sur le point d’expirer», dans une allusion aux projets prêtés à M.Kwasniewski de briguer un poste intemationaL Concernant le candidat pnHxri-dental à la présidence ukrainienne Viktor louchtehenko, qui a exprimé l’intention de réserver à Moscou, en cas de victoire, sa première visite à l’étranger, le président russe a dit qu’il le connaissait et avait une «bonne relation» avec lui.«Nous travaillerons avec le président élu quel qu'il soit», a réaffirmé M.Poutine.D n’en a pas moins mis en garde contre «l’entourage» de M.loucht-chenko, souhaitant qu'il n’ait pas recours «à des slogans anti-russes et, disons, sionistes», sans préciser la signification quil souhaitait donner à ce dernier mot, compris comme voulant dire «antisémites» par les journalistes présents.Agence France-Presse Ukraine: Sébastopol la russophile craint une arrivée de l’OTAN SIMON OSTROVSKY Sébastopol — Sébastopol (Crimée, sud de l’Ukraine) est célèbre pour abriter la Flotte russe de la mer Noire.Mais les habitants de cette ville russo-phone et russophile craignent que la Flotte ne doive déménager si l’opposant Viktor louchtehenko remportait dunanche le scrutin présidentiel.Une base russe de sous-marins, cachée sous une montagne, avait été construite tout près de Sébastopol à l’époque soviétique pour résister à une attaque nucléaire.A l’approche de la victoire probable d’un candidat prônant l’intégration du pays à l’Union européenne et l’Otan, on craint un autre type de coup de grâce pour les restes de la puissance militaire russe en Crimée.Juste à l’extérieur de Sébastopol, à Balaklava, un réseau de tunnels inondés, qui avait jadis abrité des sous-marins porteurs de missiles nucléaires, est devenu une attraction touristique.Mais dans la ville même, la Russie loue encore des docks pour sa Flotte de la mer Noire et les habitants, en majorité russes, ne veulent pas voir celle-ci partir.«La Flotte défend notre ville, dit Maxime, un étudiant de 20 ans qui garde plusieurs tentes montées pour la campagne électorale du candidat pro-russe Viktor lar noukovitch.Je ne veux pas voir ici de bateaux américains ou turcs.» La Flotte russe de la mer Noire était à l’origine de la fondation de Sébastopol.Elle en est devenue depuis une partie intégrante.La base permet aux navires russes de patrouiller dans les eaux de la Méditerranée et du Proche-Orient, mais lorsque le bail expirera en 2017, une Ukraine pro-atlantique pourrait ne pas le renouveler.Fondée par l’impératrice Catherine pour abriter la flotte russe après l’annexion en 1783 de la Crimée, jusqu’alors turque, Sébastopol a été et reste une ville majoritairement russe, Du temps de l’URSS, c’était une ville militaire fermée.Même les habitants des autres villes de Crimée ne pouvaient y entrer sans exhiber un permis spécial.Et après que Nikita Khrouchtchev eut cédé la Crimée à l’Ukraine en 1954, Sébastopol a continué à être administrée depuis Moscou.Aussi les promesses de lanoukovitch de faire progresser l’intégration avec la Russie sont-elles bien accueillies dans le sud et l’est de l’Ukraine, alors qu’une victoire d’louchtehenko y serait considérée comme une catastrophe.«Oui, louchtehenko est un bon économiste et un bon banquier, et si seulement ce salaud n 'était pas prooccidental, je pourrais presque voter pour lui», marmonne Viktor, ancien sous-marinier de 56 ans.Quatre-vingt-neuf pour cent des habitants de Sébastopol ont voté pour lanoukovitch lors du dernier tour le 21 novembre, annulé ensuite par la Cour suprême en raison de fraudes massives.A la veille du scrutin de dimanche, louchtehenko a cherché à se concilier ne serait-ce que certains habitants de ce bastion pro-russe où les drapeaux russes sont plus nombreux sur les toits que les couleurs ukrainiennes.Lors d’un débat télévisé avec son concurrent lundi dernier, le chef de l’opposition a assuré qu’il n’existait aucun plan pour «mettre Sébastopol à genoux», contrairement à ce que prétendent des sympathisants d’lanoukovitch.Agence France-Presse L’Ukraine et l’affaire loukos ont été abordées en conférence de presse Les deux camps ivoiriens sont coupables d’exactions THOMAS HOFNUNG C* est un rapport de l’ONU qui aurait pu s’intituler Le Livre noir de la Côte-d’Ivoire.Ce document d’une centaine de pages, dont Libération s’est procuré une copie, fournit un éclairage inédit et approfondi sur les violations des droits de l’homme commises dans cette ancienne colonie française depuis le 19 septembre 20P2 (date d’une tentative de coup dEtat contre le président Laurent Gbagbo) jusqu’au 15 octobre 2004.Le cauchemar ivoirien y apparaît dans toute son horreur massacres, charniers contre charniers, tortures et viols généralisés, enfants soldats, «escadrons de la mort» et agissements au grand jour des milices.Des exactions massives ont été commises contre les populations civiles, aussi bien au Nord — contrôlé par les rebelles — qu'au Sud — en zone gouvernementale.Au vu et au su des soldats français de la force Licorne et des Casques bleus de l’ONU, dont le mandat prévoit pourtant de protéger les civils et dont l’action peut légitimement être mise en doute.Ce rapport, qui n’a pas encore été rendu public mais qui a déjà filtré dans la presse ivoirienne, a été rédigé par une commission d’enquête composée de cinq membres (une avocate mauritanienne, une autre tunisienne, un universitaire congolais, un magistrat portugais et un avocat djiboutien).Son travail pourrait servir de base au comité de l’ONU chargé d’élaborer une liste de personnalités ivoiriennes faisant obstacle à la paix et à ce titre, susceptibles d’être frappées par des sanctions.Adoptée le 15 novembre, la résolution 1572 prévoit le gel de leurs avoirs financiers et une interdiction de voyager à l’étranger.Une annexe gardée secrète cite les noms des auteurs présumés de ces exactions.Selon une source diplo- matique, ils seraient près de 200.«Un tel document pourrait servir de base aux incriminations et aux poursuites éventuelles devant la justice internationale», indique par ailleurs la commission, qui recommande la saisine de la Cour pénale internationale par le Conseil de sécurité.Signés dans.la banlieue parisienne en janvier 2003, les accords de Marcoussis prévoyaient la création d'une telle commission.Mais, curieusement, il aura fallu que le chef de l’État ivoirien, lui-même soupçonné de couvrir des violations massives des droits de l’homme, insiste à plusieurs reprises auprès de Kofi Annan pour qu’elle voie finalement le jour, en mai 2004.Gbagbo reprochait jusque-là à la communauté internationale d’avoir seulement enquêté sur les escadrons de la mort sévissant à Abidjan contre des proches de l'opposition, et sur la répression sanglante qui a suivi une marche de l’opposition en mais 2004.Dans ces deux affaires, l’ONU a déjà rendu des rapports mettant sévèrement en cause les plus hautes autorités de l’État.Autrement dit l’entourage direct du président.Cette fois, la balance est, d’une certaine manière, rétablie: la population y apparaît prise en étau entre les deux camps, abandonnée à eDe-même, sans espoir de salut La commission de l’ONU a enquêté deux mois en Côte-d’Ivoire (juillet-août).Ses membres assurent avoir circulé librement grâce aux instructions données par le chef de l’État comme par les chefs rebelles.Partout dans le pays, ils ont multiplié les découvertes macabres, affirmant dans leur rapport avoir trouvé de nouveaux charniers, dans plusieurs localités.Ils se gardent néanmoins de fournir la moindre estimation du nombre de victimes.Libération Libération des otages français Polémique entre Julia et le gouvernement Paris — Au lendemain du retour à Paris des deux exotages d'Irak, une violente polémique a éclaté entre le gouvernement et le député UMP Didier Julia, qui avait mené en septembre une opération de libération infructueuse.Une demi-heure après avoir posé le pied sur le sol français, l’un des deux journalistes, Georges Malbrunot, avait dénoncé mercredi soir le rôle joué par Didier Julia.«Je suis scandalisé par le comportement de la personne que vous citez, c’est jouer contre la vie de deux compatriotes, ça ne mérite que le mépris», avait-il lancé à la presse.Hier, plusieurs personnalités de la majorité ont accusé Didier Julia d’avoir menti et l’ont menacé d’une exclusion du groupe UMP de l'Assemblée et d’autres procédures.«H y a des gens qui n 'ont pas fait preuve de responsabilité ni d’esprit civique ].] Il faudra en effet qu’ils répondent à des questions qui sont posées.Il faudra obtenir des réponses», a dit le ministre UMP des Affaires étrangères, Michel Barnier, sur F rance Inter.Didier Julia a violemment répliqué.«Ce n ’est pas parce que nous avons un ministre complètement nul qui veut couvrir son incompétence en me prenant comme bouc émissai- re que je n'aurais plus confiance et lions mon mandat et dans ce que je fais», a-t-il dit sur RTL Didier Julia, député proche du lobby pro-irakien en France sous Saddam Hussein, avait pris la tête en septembre d’une mission présentée comme officieuse et visant à libérer Christian Chesnot et Georges Malbrunot, capturés le 20 août.11 était aidé d'un ancien militaire, Philippe Brett, président de l’OFDIC (Office français pour le développement de l'industrie et de la culture), autre emanation du lobby pro-irakien, iiinsi que d’un autre homme, Pierre-Girard llautbout.Fm septembre, les trois hommes avaient affirmé avoir rencontré les otages en Irak.Hülippe Brett avait même dit être en leur compagnie en direct sur une radio, le 1" octobre.Alors que le député attendait en Syrie, la mission avait finalement capoté le 1" octobre et Didier Julia avait imputé son échec à une intervention année américaine lors du transport.Cette version des faits a été démentie par les deux ex-otages, qui ont expliqué n'avoir jamais vu Philippe Brett, a rapporté Michel Barnier.Philippe Brett n’aurait même jamais pénétré en Irak à l’époque des faits.Reuters Karzaï congédie quelques chefs de guerre Kaboul — Le président afghan Hamid Karzaï a écarté plusieurs chefs de guerre régionaux de son nouveau gouvernement, dont la liste a été présentée hier, et remplacé ces rivaux par des personnalités plus à même de gagner la confiance des créanciers occidentaux de Kaboul.Au pouvoir depuis trois ans, Karzaï, un Pachtoune, a été offi ciellement confirmé dans ses fonctions il y a un peu plus de deux mois, au terme des premières élections démocratiques de l'histoire du pays.Comme prévu, il a choisi de se séparer de son ministre de la Défense Qasim Fahim, avec lequel il s’était brouillé lors de la campagne présidentielle.Tadjik de souche et appartenant à la faction Panjsheri, Fahim était un commandant de l’Alliance du Nord qui a résisté contre les talibans avant de participer avec les Américains fin 2001 à la reconquête du pays.D est remplacé à la Défense par le Pachtoune Rahim War-dak, ancien général formé par l’armée américaine et qui était vice-ministre de la Défense dans le gouvernement intérimaire.Haut dirigeant de l'Alliaqce du Nord, l'ancien ministre de l’Éducation Younès Qanuni, arrivé deuxième de la présidentielle, ne figure pas non plus dans le nouveau gouvernement, ce qui constitue une surprise puisque beaucoup s’attendaient à ce que Karzaï le garde à ses côtés.«Les moudjahidines ne.sont pas représentés comme ils l’espéraient.Ceci pourrait entraîner de violentes réactions», a noté Hamidullah Tarzi, un ancien ministre des Finances.Karzaï' a en revanche nommé ministre des Femmes Massouda Ja- lal, qui était la seule femme parmi les 18 candidats à l’élection.Une autre femme a reçu un portefeuille ministériel.Et une troisième doit entrer au gouvernement dans un mois, a précisé un responsable.Conformément à la nouvelle Constitution, les ministres doivent être diplômés.Et les chefs de guerre ne ix-uvent plus prétendre à un poste ministériel du seul fait qu’ils ont eu des responsabilités militaires dans la victoire contre les talibans.Karzaï avait été contraint d’inclure les puissants responsables régionaux dans le gouvernement intérimaire pour tenter d’apaiser la situation après 25 années de guerre.le président a par ailleurs décidé de créer un nouveau ministère chargé de la Lutte contre les stupéfiants.Il a été confié à l’ingénieur Habidulfah Qaderi.Le docteur Abdullah Abdullah, également membre de la faction Panjsheri, conserve de son côté les Affaires étrangères.Mais l’ancien ministre des Finances, Ashraf Gha-ni Ahmadzaï, un ancien responsable de la Banque mondiale qui possède la.nationalité américaine, a été remplacé par un homme également très expérimenté, l’actuel gouverneur de la Banque centrale afghane AnwaruFHaq Ahadi.Karzaï a décidé que les ministres ne pouvaient avoir une double nationalité.En vertu de cette règle, le ministre de l’Intérieur Ali Ahmad Jalali conservera son poste s’il renonce à son passeport américain.Figure légendaire de la résistance afghane, l’ancien gouverneur de Herat Ismail Khan obtient de sop côté le ministère de l’Eau et de l'Energie.Reuters Le torchon brûle entre Riyad et Tripoli Riyad — La tension est montée d’un cran entre la Libye et l’Arabie .Saoudite qui, après avoir rappelé son ambassadeur à Tripoli a, dans sa presse officielle, traité hier le dirigeant libyen Muammar Kadhafi de «fou».Le ministre saoudien des Affaires étrangères Saoud al-Fayçal a annoncé mercredi le rappel de l’ambassadeur saoudien en Libye et l’intention de Riyad d'expulser le chef de la représentation diplomatique libyenne.Le prince Saoud a parlé d’un «complot libyen concernant le royaume», en allusion à des accusations d’implication de la Libye dans un plan pour assassiner le prince héritier saoudien, qui dirige de facto le royaume.Fm juin, le quotidien à capitaux saoudiens Asharq al-Awsat avait affirmé que quatre Saoudiens, membres présumés d’al-Qaïda, avaient été recrutés par la Libye pour assassiner le prince héritier Abdallah ben Abdel Aziz.Agence France-Presse y 160 pages -16,50 $ MAC LES PRIÈRES D'URE MÈRE mânes d'un aulne âge.Pniènes de touiouns.Les éditions LA PENSEE inc.(514)848-9042 En venin nans tomes les iiDriines CTUALITES VIÊTNAM UKRAINE SUITE DE LA PAGE 1 obtiendrait 37 % des suffrages, selon ce sondage de l’Institut de recherche sociologique et du Centre de monitoring soda! réalisé mardi dernier auprès de 2035 personnes issues de toutes les régions d'Ukraine._ À trois jours du scrutin, les services de sécurité ukrainiens ont démenti hier toute implication dans le mystérieux empoisonnement à la dioxine du chef de l’opposition, Viktor louchtchenko.Dans un comnjuniqué publié sur Internet, le Service de sécurité d’Etat affirme n’avoir -aucun lien avec la détérioration» de la santé du candidat réformateur.Il ajoute «ne pas avoir obtenu un seul document officiel qui pourrait apporter (.] une base pour déterminer le moment, le lieu ou le fait de l’empoisonnement».M.louchtchenko pense avoir été probablement empoisonné lors d’un dîner, le 5 septembre, avec le chef des services de sécurité, Ihor Smechko, et son adjoint, Volodimir Satsiouk.Les deux hommes nient toute implication.La dioxine a défiguré le candidat réformateur mais ne l’a pas empêché de continuer à faire campagne.Le parquet et une commission parlementaire spéciale ont ouvert une enquête sur l'affaire et les services de sécurité se sont dits prêts à participer aux investigations.Ce dossier et les rumeurs sur le risque de troubles le jour du vote ont exacerbé les tensions à l’approche du «troisième tour» de la présidentielle, supervisé par quelque 8000 observateurs et mené en vertu de nouvelles règles électorales de lutte contre la fraude.La campagne a mis en évidence le clivage profond entre l'est du pays, industriel et russophone, favorable au candidat prorusse Viktor lanoukovitch, et l’ouest et le centre du pays, qui soutiennent majoritairement M.louchtchenko.Certaines régions de l’est ont brandi la menace d’une sécession en cas de victoire du candidat prooccidental.M.lanoukovitch a de son côté déclaré que si son rival était élu, il ne serait jamais considéré comme le président de l’ensemble du pays.Viatcheslav Astapov, porte-parole du bureau du parquet général, a annoncé que celui-ci était informé d'allégations sur des projets destinés à perturber le scrutin.Il a précisé que le parquet «réagira et prendra les mesures appropriées».M.louchtchenko a affirmé mercredi devant des milliers de partisans réunis sur la place de l’Indépendance à Kiev que des groupes se préparaient à gagner la capitale pour perturber le vote.Une allégation démentie par le camp lanoukovitch.«Le scrutin du 26 décembre ne sera pas une promenade de santé», a averti M.louchtchenko dans un discours en plein air marquant le premier mois de la «révolution orange».Il a appelé ses fidèles à se réunir après le vote, faisant écho à un appel similaire qu’il avait lancé après le second toqr du 21 novembre.A l’issue de l’élection, ses partisans avaient manifesté massivement dans les rues de Kiev pour contester le scrutin.M.lanoukovitch avait été déclaré vainqueur, mais l’élection avait ensuite été annulée par la Cour suprême pour cause de fraude électorale.Surfant sur la vague «orange» la couleur symbole de son camp, et le tollé suscité par la falsification du scrutin, M.louchtchenko fait désormais figure de grand favori alors que son rival paraît de plus en plus isolé.Viktor lanoukovitch, qui était considéré comme le candidat du pouvoir, a en effet été lâché par le président sortant Leonid Koutchma et semble de moins en moins soutenu par Moscou, le Kremlin se disant prêt à travailler avec louchtchenko.Associated Press Avec l’Agence France-Presse et Reuters LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9° étage, Montréal (Québec), H3A3M9 E3 Place-des-Arts Es sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514) 985-3360 Par courriel redaction@ledevoir.com L’agenda culturel Au téléphone (514) 985-3346 Par télécopieur (514) 985-3390 La publicité Au téléphone (514) 985-3399 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Par courriel avisdev@ledevoir.com Les avis de décès (Le Mémoriel) Au téléphone (514) 525-1149 Par courriel info@lememoriel.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Service à la clientèle et abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514) 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Enregistrement n* 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.SUITE DE LA PAGE 1 certes, mais aussi à la télévision d’Etat, dans les magazines et surtout dans les quartiers commerçants où les enfants, tuque du père Noël sur la tête, regardent passer les hordes de mobylettes bruyantes dans les rues d’Hanoi, entourés de peluches ou d’automates à l’image du gros joufflu bedonnant •Noël, c’est nouveau ici, constate Claude Potvin, un Québécois expatrié au Viêt Nam depuis une dizaine d’apnées.Mais depuis deux ans, cela va en s’accentuant » A l’occidentale, pas de doute.Pris depuis le milieu des années 90 dans une logique incroyable de développement et surtout d’ouverture sur le reste du monde, le Viêt Nam, qui jouit de la deuxième croissance économique au monde après la Chine, ne fait pas que laisser entrer sur son territoire toujours plus de touristes, d’investisseurs étrangers et de produits de consommation de masse dont la présence, il y a 10 ans à peine, était impossible à imaginer.Le pays fraye aussi par le fait même avec les valeurs de l’Occident Valeurs que le gros personnage tout de rouge vêtu, inventé dans sa version contemporaine par Coca-Cola en 1930, vient à l’approche du 25 décembre cristalliser.Même si, dehors, le soleil, les 26 degrés et l’humidité ambiante rendent improbables les balades en ski de fond comme le port de la tuque, de gants et d’encombrants manteaux isothermes.«C’est principalement commercial, résume Tan, une Vietnamienne dans la fraîche quarantaine.Les Vietnamiens y adhèrent parce qu’ils ont le goût de la fête et pour eux toutes les occasions sont bonnes pour fêter.Mais c’est encore timide.Noël ne va pas rentrer dans nos coutumes familiales.Sauf peut-être chez les jeunes qui sont très perméables aux messages qui viennent de l’extérieur.» Les grandes multinationales américaines, coréennes, japonaises, singapouriennes ou australiennes qui assoient doucement leur présence dans ce marché naissant et dynamique l’ont sans doute bien compris, elles qui avancent en cette fin d’année occidentale à côté du père Noël pour faire mousser leurs marques et induire chez les consommateurs d’ici ces drôles de comportements grégaires qui remplissent les centres d’achat depuis des décennies à l’autre bout de la planète.«Soyez belle le soir de Noël», annonce le fabricant de produits cosmétiques Clinique dans les pages de Dep (en français, beauté), sorte de Elle Québec version vietnamienne.Le publireportage sur papier glacé y côtoie un dossier sur la fête de Noël à travers le monde, une photo de 10 pères Noël clavardant dans un café Internet (un sport national chez la jeunesse d'Hanoi) et une section pratique enseignant l’art de la décoration d’une maison sur le thème de Tombe la neige, chanson d’Adamo qu’étrangement tout bon Vietnamien qui se respecte sait fredonner dans son salon ou chanter dans les nombreux karaokés de la capitale.Croissance fulgurante Expurgé de ses tonalités religieuses mais exacerbé dans son caractère purement commercial, l’esprit de Noël tend donc à s’enraciner au pays d’Ho Chi Minh, des rizières spr plateau et des sourires à profusion.Et le règne d’Ong Già Noël (père Noël en vietnamien) est certainement là pour rester.C’est que depuis l’entrée en vigueur des réformes économiques, appelées ici le doi moi, le Viêt Nam se transforme désormais à une vitesse hallucinante.Et les changements qui affectent la société sont visibles à l’œil nu, après huit mois d’absence à peine, dans les rues d’Hanoi où lés magasins, traditionnellement chaotiques, laissent de plus en plus place à des commerces de produits importés avec devanture SUITE DE LA PAGE 1 des trente-sous sur le macadam, lui avait confié une vérité que peu d’humains de petite taille semblaient connaître: le père Noël n'existe pas.«Parole d’Inuit, jamais un monarque en costume rouge ne pourrait régner en terre arctique, assurait-il Chez nous, même les ours, les renards, les sternes et les hiboux portent le costard blanc.C’est la seule tenue acceptée sur la banquise.» L’homme du Nord lui avait alors vanté la douceur d’un éden givré par-delà les lacs, la forêt boréale et les .mines, en un pays de glace nommé toundra.À chacun ses paradis.Edgar se prit à rêver aux terres nordiques aux habitants immaculés où les bonhommes de son espèce ne fondent jamais.Pourquoi donc avait-il été conçu quelques méridiens trop bas, en un monde boueux peuplé d’imposteurs?Dans sa ville crottée, de vieux clowns barbus, hôtes diurnes des centres commerciaux, enregistrés sous le nom de père Noël, prétendaient venir de «là-haut».Edgar les voyait rentrer chez eux le soir, après le service, affalés sur des coussins de traîneaux tirés par des rennes à mine lasse.De toute évidence, ces tenues rouges, peu salissantes, camouflaient les giclées de boue sur leurs manteaux pendant ces déplacements nocturnes.«Leurs costumes trahissent une basse nature terrestre.Impossible de s’y tromper!», trancha l’Inuit avant de plonger dans sa bouteille pour n’en plus sortir.On a beau être un bonhomme aspergé et asymétrique, un cœur gelé dur peut battre sous un corps de neige sale.Plus il brunissait à cause des mauvais soins des pneus gicleurs, plus Edgar appréciait les êtres de blancheur les elfes, les fées, les fantômes, les étoiles.Les anges, surtout.Il ne faut jamais désespérer, surtout durant le temps des Fêtes, quand les créatures les plus saugrenues et les plus affectueuses surgissent de l'ombre.Deux jours plus tôt, une silhouette séraphique ficelée au toit d’un 4X4 lui avait fait un effet bœuf.Certains esprits terre-à-terre auraient vu en elle une figurine de papier mâché, garantie pur kitsch de plate-bande.Pas notre Edgar.Depuis cette rencontre inopinée, il caressait en pensée le beau visage délicat, l’ovale de l'auréole, imaginait toute une romance avec la merveilleuse apparition.Celle-ci lui avait décoché au vol un regard enjôleur et lancé un rendez-vous pour la nuit de Noël, entre deux crachotements du véhicule.Edgar était plein de boue et l'ange immaculé.C’est dire le charme de ce dernier.Le gros ballot mal rabiboché s’ennuyait tout seul.Rivés à leurs ordinateurs, peu d’enfants prenaient encore le temps de fabriquer avec art et amour des bonhommes de neige en série.Privé de compagnon de jeu à son image, fabriqué à la va-vite, Edgar était voué aux amours contre-nature.Si le père Noël et ses clones se révèlent comme on l’a démontré ci-dessus, d’affreux imposteurs, les clinquante et planchers blancs régulièrement net- .toyés.Histoire de satisfaire les nouveaux besoins d’une population qui, après des années de pauvreté : et de restrictions, goûte enfin aux plaisirs de l’opulence et de la consommation de masse.•Les lumières de Noël, ça étonne les étrangers, lance sur la terrasse d’un café Chan, un Français d’origine J vietnamienne revenu vivre au Viêt Nam depuis quatre ans, mais c’est un signe évident de l’amélioration des conditions de vie ici.» Vrai.Le «libéralisme rouge» à la sauce vietnamienne porte de toute évidence fruit Avec en trame de fond, une chute libre de la pauvreté, principalement dans les grands centres urbains, et une croissance des revenus des ménages d’un bout à | l’autre du pays.Chiffres officiels: le salaire moyen déclaré au Viêt Nam atteint aujourd’hui plus de 40 $US par mois, contre une misère il y a 10 ans à peine, poussant ainsi le marché des services et des biens de consommation courante dont la valeur cette année se chiffre à 246 milliards $US, en croissance de 18,6 % par rapport à l’an dernier, selon le ministère vietnamien du Commerce.•Le Viêt Nam devient un marché de consommateurs, dit Claude Royer, de Développement international Desjardins, basé à Hanoi.De plus en plus de richesse se crée, l’épargne augmente tout comme l'actif dans les banques coopératives, dont nous encadrons la mise en place ici.» Une nation optimiste Dans cet univers où les indicateurs économiques font sourire les investisseurs, les Vietnamiens en font tout autant devant la baisse constante du taux de chômage (8,3 % en 2004), la construction de maisons modernes et les étalages de machines à laver, d’aspirateurs et de lecteurs DVD de la rue Hai Bà Trung, qui les rendent plus qu’euphoriques.Selon un sondage réalisé par le Pew Research Center aux Etats-Unis, 69 % de la population du Viêt Nam estime que la vie est meilleure aujourd’hui qu’il y a cinq ans, et 98 % d’entre eux s’attendent même à un avenir meilleur pour leurs enfants.Des résultats uniques dans l’Asie contemporaine.Et forcément, un tel optimisme ouvre le cœur à la fête, même si le budget de la majorité de$ Vietnamiens reste encore serré.A quelques encablures de la gare, les marchands de paniers de Noël s’en frottent tout de même les mains, exposant depuis une semaine dans un même emballage bouteille de vin, paquet de biscuits, boîte de thé et paquet de cigarettes (!) pour faire le bonheur «des quelques originaux qui commencent à offrir des cadeaux à leur famille le soir de Noël», dit Phuc, un chauffeur de moto-taxi vietnamien dans la trentaine.La tendance est certes encore plus que marginale.Pour le moment du moins, à en juger par les nombreux habitants d’Hanoi chinant dans le grand centre commercial de la rue Bai Trieu qui a ouvert ses portes il y a deux semaines.Au programme: du rêve distillé sur cinq étages et l’accueil des visiteurs par une horde de ravissantes Vietnamiennes vantant les multiples fonctions des produits Samsung.Avec en prime, à côté du magasin Benetton, une ribambelle de jouets exposés provenant tous directement du véritable atelier du père Noël.situé à quelques centaines de kilomètre au nord, en Chine.Le Devoir Ce reportage a été réalisé en partie avec l'appui financier de l’Agence canadienne de développement international (ACDI).ANGE anges blancs habitent bel et bien «là-haut».Hors du firmament toutefois, n’en déplaise au credo populaire.Propulsés par des ailes puissantes, ils n’empruntent la voie aérienne que pour gagner leurs domaines du Grand Nord, dont ils sont, à vrai dire, les seuls véritables souverains.Une fois par siècle, au cours de la nuit de Noël, guidés par l’étoile polaire, les membres de leur diaspora s’envolent, comme des oies, à contre-courant des migrateurs classiques et des faux père Noël: vers l’Arctique et le froid.Minuit approchait à Montréal, et Edgar sentit courir sur sa neige le souffle terrifiant du redoux.Quelques gouttes de sueur chaudes, brunâtres, menaçaient son corps d’érosion.Il allait se liquéfier, perdre du volume.Déjà, son chapeau venait de tomber un cran plus bas sur ses yeux louches.Et si l’ange n’allait pas le reconnaître après sa cure d’amaigrissement, le rejeter.Il l’appela faiblement, refusant de perdre espoir, mais ses sens le lâchaient.C’est à peine s'il entendit les cloches sonner, leur ding! dong! çà et là couvert par une sorte de chant bizarre, répercuté en cri de ralliement séraphique.Un grand froufrou d’ailes s’éleva alors des quatre coins de la ville, comme le matin à cap Tourmente au départ des outardes.Deux magnifiques anges de cuivre quittèrent soudain les tourelles de la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours, au cœur de la Vieille Ville.Plus haut, un ar-çhange de bronze s’arracha à la statue de George Etienne Cartier face au mont Royal, abandonnant à jamais son protégé aux graffiteurs masqués.L'ange d’Edgar entendit aussi le signal devant son bungalow de Verdun.Il déplia ses ailes de papier mâché, s’éleva d'un coup comme ses confrères de plastique, de tôle ou de bois.Plutôt que de rejoindre son groupe à l’instant, il piqua toutefois rue Sherbrooke, où dégoulinait le bonhomme éperdu, le sauva in extremis du ruisseau en lui criant de s'agripper, puis le frotta d’une aile pour effacer la boue.Déjà la formation en V fonçait plein nord, accueillant les retardataires essoufflés.Mais les humains, trop occupés à déballer leurs cadeaux ou aveugles au surnaturel, ne virent pas s'envoler le curieux voilier.Au dos de son ange chéri.Edgar avait oublié jusqu’à l'existence du terrain vague où l’Inuit avait dû s’échouer dans sa bouteille.Il filait vers un paradis d'amour éternel peuplé d’ours blancs, de harfangs des .neiges, de séraphins en vocalises sur la banquise.A lui, l’immortalité arctique! Peut-on vraiment échapper aux contraintes de sa nature?Là est la question.Et si les bonhommes de neige devaient vivre en sursis, fût-ce sur une banquise.Sous le coup de l’ivresse ou de l’idéalisme.l’Inuit lui avait d’ailleurs caché une information capitale: là-haut, sous l’inexorable action du réchauffement climatique, la calotte glaciaire fondait goutte à goutte.Le Devoir CHUM SUITE DE LA PAGE 1 dentaire et de sciences infirmières.An moment de la conférence de presse, 124 médecins avaient signé une lettre d’appui à Outremont Ils seraient maintenant 197 à promouvoir la synergie, devenue un critère essentiel selon eux.Le Dr André Lacroix, chef du département de médecine du CHUM, avait alors ouvert la porte à ce que le projet prenne forme par étapes.L’important consiste davantage à ne pas rater l’occasion d’offrir à la population un hôpital d’envergure internationale sur un site permettant un développement Pour ce qui est de la réduction de 150 lits, cela équivaudrait à une économie de 60 millions sur la facture totale.Mais un hôpital de 700 lits sur un site unique fait déjà consensus depuis plusieurs mois.Début décembre, les membres du conseil d’administration du CHUM avaient unanimement adopté les paramètres du projet qui doit théoriquement voir le jour en 2010; les 700 lits sont un minimum incontournable pour les médecins, gestionnaires et professionnels.Globalement les conditions du ministre Couillard paraissent d’autant plus difficiles à respecter que la communauté des affaires fait face à une date butoir.Le gouvernement Charest aurait d’ores et déjà retenu la date du mercredi 5 janvier pour faire l’annonce de son choix, ce que n ignorent pas les gens d’affaires.Le temps est devenu un élément essentiel dans ce dossier.Au printemps dernier, le recteur de l’UdeM, Robert Lacroix, avait réussi à convaincre le premier ministre de lui accorder un délai pour lui présenter son projet en bonne et due forme.C’était au moment même où la commission Mulroney-Johnson s’apprêtait à rendre public son rapport, qui rejetait le site du 6000 de la rue Saint-Denis.M.Lacroix a présenté un premier projet pour un complexe hospitalo-universitaire en juin.Deux scénarios étaient alors sur la table.Dans les deux cas, la construction du CHUM n’était pas prévue sur la cour de triage mais juste à côté, là où s’élève le centre commercial Beaumont; seules les facultés universitaires étaient prévues sur le terrain du CP avec entrée du côté de la rue Beaumont Dès lors, le CHUM a reçu le mandat d’étudier avec diligence la proposition.Or, à la fin de septembre, le projet Outremont avait évolué.La reconfiguration complète des plans a forcé à une révision des études et commandé de nouveaux frais.Devant une telle valse de chiffres, le sous-ministre de la Santé a alors convoqué les représentants de l’UdeM et du CHUM 2010 (la division du CHUM qui dirige les travaux).Dès lors, les parties ont dû travailler ensemble, avec obligation de fournir en fin de parcours les résultats conjoints des études.Un comité de synergie a été créé mais deux comptes rendus ont finalement été remis au ministre à la mi-décembre, les positions étant irréconciliables.Depuis deux semaines, le gouvernement a entre les mains tous les éléments pour prendre une décision.Le comité interministériel, l’Agence de développement de réseaux locaux de services de santé et de services sociaux de Montréal et Daniel Johnson ont tous déposé leurs recommandations, qui seraient défavorables à Outremont Ce jeu de souque à la corde politique a également des relents de bataille de personnalités.D’un côté, on retrouve le recteur de l’UdeM, Robert Lacroix, dont la propension à court-circuiter les échelons de la hiérarchie gouvernementale pour s’adresser directement au ministre ou même au premier ministre hérisse les hauts fonctionnaires.De l’autre côté, le Dr Denis Roy, qui dirige le CHUM actuel, protège jalousement l’indépendance de son établissement face à l’UdeM.On dit qu’il craint une prise de contrôle de l’UdeM, qui rappelle d’ailleurs que le CHUM, c’est ni plus ni moins le Centre hospitalier de l’Université de Montréal.Mais la situation est fort différente dans la communauté anglophone, où c’est l’université McGill qui a donné naissance aux hôpitaux comme le Royîd-Victoria.Robert Lacroix s’est entouré de plusieurs hommes d’affaires pour mener à bien son projet II bénéficie notamment de l’appui de Paul Desmarais, de Power Corporation, qui a agi comme négociateur entre l’UdeM et le CP.Selon ce qu’a appris Le Devoir, le montant de la vente s’élèverait à 25 millions, soit cinq millions de plus que ce qu’avait prévu l’UdeM.Et alors qu’une entente a été signée pour l’acquisition de ce vaste terrain de 2,4 millions de pieds carrés (3,2 millions de pieds carrés en tenant compte du pourtour, qui peut être développé), les obstacles s’accumulent de-vaqt le projet Outremont A lUniversité de Montréal, on disait hier tout ignorer de ces développements dans le dossier.Le Devoir Un suspect interrogé dans l’enquête sur le vol du Cri à Oslo Oslo — Un suspect a été interrogé par la police jeudi dans le cadre de l’enquête sur le vol de deux chefs-d’œuvre du maître norvégien Edvard Munch, Le Cri et La Madone, survenu en août dernier au musée Munch d’Oslo, a-t-on appris de source policière.«Nous avons interrogé une personne durant la journée de mercredi, et elle demeure un suspect», a indiqué l’inspecteur Iver Stensrud, de la police d’Oslo.Le suspect, dont l’identité n’a pas été communiquée, est âgé de 37 ans et aurait été impliqué dans des vols de voiture par le passé.Les enquêteurs le soupçonnent d’avoir un lien avec la voiture utilisée par les voleurs pour s’enfuir du musée avec les deux tableaux.Selon l’avocat de cette personne, remise en liberté dès jeudi soir, son client a présenté un alibi solide, excluant toute participation au vol.Le 22 août dernier, des individus armés, le visage masqué, avaient dérobé deux chefs-d'œuvre d’Ed-vard Munch, dont Le Cri, après avoir fait irruption dans le musée Munch peu après l’ouverture de ses portes.Ds s'étaient ensuite enfuis à bord d’une voiture noire à bord de laquelle les attendait un complice.La police norvégienne n’a jamais reçu de demande de rançon après le vol alors que les deux chefs-d'œuvre d'Edvard Munch sont considérés comme trop célèbres pour être revendus.Agence France-Presse
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