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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2004-12-24, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.WEEKEND DE N O È L 2 0 0 4 BANDE DESSINÉE Le dernier voyage de Peter Pan Page E 4 Une magistrale leçon de mise en scène Page E 8 SOURCE TÉLÉ-QUÉBEC V Souveraineté territoire MICHEL LAPIERRE *W* e 15 novembre 1947, Jacques Perron écrit à Pierre Baillargeon: «Les idées sont toujours * ?triviales, et les gens qui se battent pour elles sont le plus souvent des charretiers.» Ce n’est pas la doctrine qui l’attire, mais le territoire de l’imaginaire vers lequel il se dirige intuitivement Même si rien ne contrarie l’amitié qui lie les deux épistoliers, Perron constate que les idées qu’il échange avec Baillargeon les mènent chacun vers des continents littéraires opposés.En 1941, Pierre Baillargeon (1916-1967) et Jacques Perron (1921-1985), deux anciens élèves de Brébeuf, qui avaient bien entendu l’allure de jeunes bourgeois élitistes, ont entamé une correspondance pour traiter de l’émergence de la littérature dans une société que tous les deux jugeaient obscurantiste: la société canadienne-fran-çaise.Leur dialogue naissait sous le signe européen du néoclassicisme valéryea En 1948, Baillargeon, l’aîné et le maître, qui a fondé chez nous, avec Roger Rolland, la revue Amérique française, part tout naturellement s’installer en France.L’année suivante, Perron, le cadet et le disciple, qui a découvert le Québec profond en pratiquant la médecine auprès des illettrés de la Gaspésie, s’établit dans un bidonville canadien-fran-çais de la banlieue montréalaise, comme s’il allait dans le Far West Il évoquera même, en 1954, son «mépris de la France».«De l’arrogance est nécessaire à qui veut écrire», avouait Perron à Baillargeon dès 1941.H ne se doutait pas encore que, dans son œuvre littéraire souvent incomprise et dans sa pensée sousestimée, cette arrogance le conduirait à faire du bidonville, à partir duquel croîtra Ville Jacquestartier, un lieu privilégié de la modernité québécoise.Sous les apparences de propos artificiels que dicterait l’admiration béate de Valéry, d’Alain et de Giraudoux, Tenir boutique d’esprit, correspondance inédite (1941-1965), de Perron et de Baillargeon, constitue, par la profondeur et l’originalité des réflexions, un témoignage histo-riqpe irremplaçable.Edité par Marcel Olscamp et présenté par Jean-Rerre Boucher, «Nous devrions nous contenter d’un État semi- autonome de langue française dans une vaste fédération mondiale anglo- française.» ce livre, modèle d’érudition et de critique, permet de mieux comprendre une deuxième correspondance inédite qui, publiée simultanément, apparaît tout aussi importante que la première.Il s’agit de «Nous ferons nos comptes plus tard», recueil des lettres échangées entre Perron et André Major de 1962 à 1983.Grâce à In cie Hotte et à Major lui-même, nous sommes, une fois de plus, devant une édition très soignée.Déjà hostile au dogmatisme littéraire dans sa correspondance avec Baillargeon, Perron va plus loin dans ses lettres à Major.11 fait du relativisme politique le corollaire du relativisme esthétique.Au jeune écrivain qui l’interroge en 1962 sur l’imminence d’une révolution indépendantiste au Québec, Perron répond que la question est sans importance.«Se tenir au flanc d’une communauté humaine sans trop savoir si Ton est le parasite, l'assassin ou l'amant, c’est, explique-t-il à Major, une performance qui ne nuit pas à un homme.» En préconisant la libération nationale dès les années cinquante, Perron exprime une conviction très nuancée.Il préfère la lenteur d’un mouvement populaire à la soudaineté d’une révolution élitiste.«Les révolutionnaires, ceux qui sont attachés au français, écrit-il à Major en 1962, me semblent bien loin du peuple.» Ce dernier «ne se battra sûrement pas pour les œuvres de Saint-Denys Carneau», précise Perron.Pour ne pas que le fanatisme gâche l’idéal de la liberté, il ira jusqu’à déclarer en 1966: «Nous devrions nous contenter d’un État semi-autonome de langue française dans une vaste fédération mondiale anglofrançaise.» Ce propos candide tranche sur le jugement que Perron émettait en 1963 à propos des premiers terroristes du FLQ.«Leur mérite est incontestable», avouait-il à Major.Pour suivre les méandres de la vie, les opinions ferroniennes, paradoxales mais non contradictoires, se juxtaposent comme, dans le territoire intérieur de l’écrivain, la littérature rêvée se juxtapose au bidonville en ébullition qui devient la ville champignon, la Révolution tranquille au quotidien.Ville Jacques-Cartier, «un centre nerveux du Québec», proclamera Perron.VOIR PAGE E 2 : PERRON Bloc de zinc ayant servi à imprimer du matériel pour le Parti Rhinocéros fondé par Jacques Perron.¦HKHMNIM Edmond de Nevers 10,95$ ¦ 272 r 9,95 $ • 240 F.Martin Bias S*cr* «¦ Af»! 10,95 S- 256 P.(fFÎ; Féfalederc 9,95 $- 272 P.12,95 $.4*0 P Antane GérirvUn» Léo-Paul Desroswrs Modtcai Bcfcter 8,95$.192 p Faites le plein pour presque rien BIBLIOTHÈQUE QUÉBÉCOISE E 2 LE DEVOIR, WEEK END DE NOËL 2004 Livres LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE L’invention d’une tittérature LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Lorsque Derek Walcott obtint le prix Nobel en 1992 (après Saint-John Perse, en 1960, un autre poète antillais), rares étaient ceux qui connaissaient son nom.Joseph Brodsky jugea pourtant qu’il était alors «/e meilleur poète de langue anglaise».Celui qui fit ses débuts de poète à l’âge de 18 ans, lors de la publication de 25 Poems (1948), ne lut cependant reconnu qu’à partir de la publication, en 1962, de son recueil de poésie intitulé In a Green Night.En 1959, il a fondé le Trinidad Theatre Workshop — qu'il évoque ici en ces mots: «un théâtre d’Armée du salut pour semi-analphabètes, ambitieux, frustrés, dirigé par un metteur en scène [hiknèmeT ayant attrapé un “complexe de Christ”» — auquel il fournit près de vingt pièces de théâtre.Poète, dramaturge, essayiste, Derek Walcott enseigne la littérature à l’université de Boston, où il occupe la chaire de littérature anglaise.Un souffle épique «Quand le crépuscule illumine, comme un mi d’ambre sur une scène de théâtre, ces misérables cahutes de bois et de fermille rouillée qui encerclent nos villes, une tristesse théâtrale s’en dégage, car cette clarté, comme autrefois, dans l’enfance, le nimbe d’une lampe à pétrole, donne le signal Walcott est considéré comme le meilleur poète de langue anglaise du retour.La lumière, dans nos villes, conserve un rythme encore bucolique, et les dernières voitures qui rentrent semblent fuir les ténèbres qui montent des marigots des faubourgs, ou delà forêt voilée de pluie silencieuse.» Ainsi commence le premier texte de cette série de cinq essais qui s’échelonnent de 1970 à 1997.Essentiellement, au-dela de son exploration de la littérature et de l’histoire de ces descendants d’esclaves qui composent la majorité de la population antillaise — comme lui-même l’est par sa mère — Derek Walcott nous parle de son peuple, en butte à cette lutte contradictoire entre «l’esprit qui se voulait blanc et le corps qui était noir», mais avec un amour si grand, une plume si belle qu’en quelques mots il arrive à faire surgir la poésie au cœur même de cette misère pour la transfigurer et hii redonner sa noblesse: «[.] sur le village de pêcheurs, aux rues nues et décolorées, où tous les passants paraissaient givrés d’un sel de désespérance.» Des phrases comme celles-ci, il y en a beaucoup.Son parcours d’écrivain, qu’il relate en de nombreux passages, s’est souvent heurté à la difficulté de réinventer la langue de son île (Sainte-Lucie) en lui donnant une ampleur qu’elle ne pouvait atteindre en demeurant purement créole, «ü ne pouvait sortir de son assujettissement qu’en élaborant une langue qui aille au-delà de l'imitation, un dialecte doué du pouvoir de la révélation par l’invention de noms nouveaux pour les choses, un dialecte qui détermine son inflexion propre [.].La seule manière de recréer cette langue, c’était de participer de la torture de son articulation.» Le dernier texte qui compose ce recuefl est un vibrant hommage rendu au roman de Patrick Chamoiseau, Texaco, dont il loue la langue et les personnages, si vrais quTls deviennent des êtres qu’on peut presque toucher.Rappelons en dernier Heu, pour le plaisir de l’entendre à nouveau, comment, lors de la réception de son prix Nobel, Walcott célébra la culture métissée des Antilles: «Cassez un vase: l'amour qui en assemble à nouveau les morceaux est plus fort que l’amour qui, lorsqu 'il était entier, considémit sa perfection symétrique comme allant de soi.La colle qui en rejoint les morceaux en scelle la forme originale.Cest cet amour-là qui rassemble nos fragments africains et asiatiques, ces legs tout fendus dont la restauration révèle les cicatrices blanchies» Un grand auteur, à lire absolument CAFÉ MARTINIQUE Derek Walcott Traduction de l’anglais ppir Béatrice Dunner Editions du Rocher, coll.«Anatolia», 2004,153 pages Face à face à Haïfa GUY LAIN E MASSOUTRE Etait-elle une femme libre, cette Golda Myerson, mieux connue sous le nom de Golda Meir, premier ministre d'Israël à la stature, tant physique que politique, si imposante?Qu'elle ait eu un amant arabe, Albert Pharaon, Palestinien vivant au Liban, relève, de prime abord, de la pure fiction.Le journaliste-écrivain, juif libanais, Sélirn Nassib le raconte dans son roman.Un amant en Palestine.C’est pour le moins étonnant L’affaire semble bien documentée: il y a eu le double témoignage du pétit-fils et de la nièce de Pharaon.L’affaire remonte aux années 20.Dans l’entourage de Golda Meir, on semble tout vouloir en ignorer.C’est que l’histoire, sauf à accepter les détours d’une humanité imprévisible, est plutôt incroyable.Dans cette affaire, on passe sans transition de l’ambiance de garden party à celle du champ de guerre.L’ouvrage de Nassib est pourtant séduisant.De Golda Meir, il trace un portrait net: celui d’une femme volontaire et puissante, arrimée à un sol, comme on le sait, toujours déchiré entre deux nations.Mais comment ne pas l’imaginer, celle qui, née dans le ghetto de Kiev, a grandi librement à Milwaukee?Celle qui organise à onze ans son premier meeting?Celle qui, bien en chair, aura maintes amours et amants, et dont la passion la plus connue est, sans contredit, te volonté politique de bâtir l’Etat juif?Pharaon, banquier de second plan, incarne un pan secret privé, du rêve sur ces terres.Un amour trahi, impossible, parce que sans partage ni reconnaissance de ce qui les distingue.Cet épisode paradoxal met en scène moins des idées que des êtres.Rêves sionistes, désirs et pulsions s’y bousculent dans la construction d’une réalité qui refuse le compromis, l’harmonie.Chacun fait le siège de l’autre et monte à l’assaut pour dominer personne ne triomphe dans un tel danger.Mais les camps en ressortent du moins sous le regard de Nassib, sensible à cet amour paradoxal, un peu moins tranchés.UN AMANT EN PALESTINE Sélirn Nassib Laffont Paris, 2004,225 pages SUITE DE LA PAGE E 1 Ce ne sont pas les idées qui comptent, mais la manière de les exprimer, croit-il avec Baillargeon.Les idées pures conduisent au fanatisme ou à la lâcheté.Conscient de l’incertitude de l’avenir du Québec, PERRON Perron ne cherche pas à imposer son angoisse.«Je semis seul que cela ne me démngemit pas», écrit le militant à Major en 1962.Le Québec libre est en lui.Le territoire intériorisé par l’écrivain est déjà réel et certain.Pour Perron, au prix de la hantise du suicide, la confirmation LIBRAIRIE BONHEUR D’OCCASION Livres d’occasion de qualité Livres d'art et de collections Canadians Livres anciens et rares Littérature Philosophie Sciences humaines Service de presse Achetons à domicile 514-522-8848 1-888-522-8848 4487, me De La Roche (angle Mont-Royal) bonheurdoccasion@bellnet.ca NOUS NOUS DÉPLAÇONS PARTOUT AU QUÉBEC, POUR L’ACHAT DE BIBLIOTHÈQUES IMPORTANTES.politique de la délivrance reste tragiquement superflue.TENIR BOUTIQUE D’ESPRIT Jacques Perron et Pierre Baillargeon Lanctôt Montréal, 2004,152 pages « NOUS FERONS NOS COMPTES PLUS TARD » Jacques Perron et André Major Lanctôt, Montréal, 2004,128 p.Des profondeurs insondables Suzanne Giguère ans la vie il y a des gens qui un £ # jour se lèvent et s’en vont.Parce ^ ^ que leur voix sonne faux et qu’ils ne savent pas ce qu’ils font là.» Michèle Trock abandonne un soir sans explication tous ceux qu’elle aime.Elle borde ses deux fillettes, leur lit Le Petit Poucet et disparaît dans la nuit.Sans laisser de traces.Le premier roman de Diane-Monique Daviau, Une femme s’en va, parle de la douleur de vivre, obscure, cachée dans «des profondeurs insondables».Celle qui paralyse et dépossède.En abordant le difficile sujet de l’absence de la mère, la romancière ose remettre en cause l’instinct maternel.Combien de femmes se reconnaîtront dans l’aliénation de Michèle Trock?Nouvelliste reconnue pour ses exigences stylistiques aiguës, Diane-Monique Daviau signe avec ce roman une œuvre psychologique d’une rare finesse.S’il est vrai que «le verre n’est jamais si bleu qu’à sa brisure», comme l'écrit Aragon, la romancière conduit le lecteur vers cette teinte plus intense, et ce, à travers des dédales narratifs et une architecture narrative en constante métamorphose, dans une histoire où il y a peut-être autant de mystère que d’énigmes.L’instinct maternel Quinze aimées ont passé.Quinze années d’incompréhension, d’inquiétude, de colère, de chagrin, de ressentiment, d’attente, sédimentés.Quinze années pendant lesquelles Louis, Annie et Marie-Céleste ont échafaudé des scénarios, ressassé des questions, essayé de comprendre.Michèle revient auprès des siens, après avoir vécu tout ce temps à Munich.Avec le désir de «reprendre la vie là où, en une fraction de seconde, elle s’est déchirée un jour».Elle essaie de s’expliquer.Elle n’a jamais voulu les abandonner.«En moi, quelque chose se préparait, s’accumulait, et puis, quelque chose a fait déborder le vase.D’un seul coup.Quelque chose a basculé en moi.Pendant les années qui ont suivi, ma vie s’est retrouvée en veilleuse.Au point mort.Jusqu’à ce qu’un autre genre de douleur me traverse et me fasse basculer de nouveau.» Après l’incendie de son appartement, où elle a été mutilée physiquement, elle est envahie par un violent désir de revoir son mari et ses filles.Pour essayer de s’expliquer et de demander pardon.Que se passe-t-il quand des êtres qui se sont perdus de vue pendant des années, qu’un pan de leur vie s’est dérobé, se retrouvent?La romancière creuse la question.Les voix narratives s’enchevêtrent, la chronologie se bouscule, l’écriture mouvante, émouvante, suit les contours des désordres intérieurs des personnages.Quand elle vivait en Allemagne, il arrivait à Michèle de penser aux enfants et à Louis, de pleurer un peu, «mais comme on pleure en regardant un film triste».Puis les images s’estompaient, «quelque chose de neutre et de vide» prenait toute la place, et Michèle Trock s’endormait ou s’en allait marcher dans la ville, errer dans la grande gare de Munich.Désemparé mais compréhensif, Louis sait que les labyrinthes renvoient de terrifiants échos.Aussi il a choisi de ne pas vivre avec les fantômes du passé.Michèle fait encore et toujours clairement partie de leurs vies.Il pense qu’il ne faut rien précipiter, qu’il ne faut pas la brusquer.Sa femme doit «affronter ses ténèbres et avancer dans sa propre nuit.L’œuvre d’une vie, la seule qui compte, au fond».Louis a eu du mal à traverser les adolescences respectives de ses filles, révoltées par le départ de leur mère.Lors d’une discussion, il tente de leur faire comprendre que l’instinct maternel est une invention, que leur mère n’est pas moins maternelle.«Les mamans ne viennent pas au monde avec ce réflexe-là, cette espèce de don.Elles le développent, tout simplement.On dit que c’est plutôt appris, c’est acquis.Ça leur est enseigné, montré, transmis par leur éducation, parles jouets qu’on leur offre, les rôles qu’on leur fait jouer, les tâches qu’on leur réserve.» Ton absence, mon chagrin Annie la cadette se fait provocatrice quand elle parle de sa mère.Elle soutient qu’elle n’a jamais eu besoin d’une mère, qu’elle s’est très bien passée d’elle.En réalité, elle avoue qu’elle s’est fait du souci: «elle était dans mon cœur tout ce temps».Combien de fois elle a repassé dans sa tête la dernière soirée ensemble, sans découvrir aucune piste, aucun indice.Aujourd'hui, à l’âge de dix-huit ans, elle comprend que «c’est peut-être vrai que l’amour rend aveugle.L’amour qu’on reçoit sans condition rend peut-être aveugle, et sourd, ata tourments de l’autre».Marie l’ainée, plutôt mélancolique et colérique, a tenté d’apprivoiser l’idée de la disparition de sa mère en lui écrivant «des lettres folles et sans boussole» qu’elle glissait dans des bouteilles à la mer.«Si au moins quelqu’un savait où tu es?Si tu es encore en vie?» Trois cent soixante-cinq lettres et sept ans plus tard, elle se lasse d’écrire, de cette attente silencieuse continuellement déçue, de cette absence assourdissante.«Je suis désemparée, je dérive, je vais sombrer si ça continue», écrit-elle à l’âge de quinze ans.Habitée par la rage et le ressentiment, par «une grande douleur et beaucoup de souffrance», Marie commence à vingt ans une thérapie.Quant à Michèle, elle apprend à nommer sa douleur «La douleur ne sème plus la pagaille dans mon imagination, elle n ’a plus rien de l’épouvantail capable de provoquer en moi les terreurs que j’ai connues au début et qui étaient non seulement excessives mais, à vrai dire, tout à fait vaines.» Elle ne souhaite qu’une chose: «Apprivoiser toutes ses angoisses, c’est-à-dire ne plus jamais avoir peur de vivre».Un grand cru stylistique Conçu comme une enquête journalistique.Une femme s’en va avance par cercles concentriques où le sens tantôt apparait, tantôt nous échappe et se disperse.Les pièces du puzzle se mettent une à une en place et une réflexion finale donne un sens à l’ensemble du récit Au moment de son départ, Michèle Trock avait laissé trois livres sur sa table: Vart behov av trôst {Notre besoin de consolation est impossible à rassasier), du Suédois Stig Dagerman, La Faim, du Norvégien Knut Hamsun, et Les Cahiers de Malte Laurids Brigge, de Rilke.Trois romans troublants de lucidité qui parlent «de l’écart immense entre notre besoin de consolation et la possibilité de trouver ici-bas de quoi atténuer la douleur d’être vivant».Avant Une femme s’en va, Diane-Monique Daviau a fait paraître cinq recueils de nouvelles remarqués et un récit poignant, Ma mère et Gainsbourg.Dans un article paru danç Mots pluriels (n° 23, mars 2003) et intitulé «Ecrire pour trouver un lieu qu’on puisse habiter totalement», elle déclare: «Je suis follement amoureuse des mots depuisJqujqu^s.Lorsque j’ai commencé à écrire, fè bonheur, p etf instantané.La liberté que j’ai ressentie en écrivant se compare à celle qu’on doit ressentir quand pour la première fois de son existence on arrive à rouler à bicyclette et qu’on se sent roulant, fendant l’air, en équilibre sur cet objet très bizarre qu’est une bicyclette.Le monde m’appartenait enfin.» Rompue à l’écriture — elle a été critique littéraire pour Le Devoir, Liberté et Lettres québécoises — Diane-Monique Daviau nous offre, avec Une femme s’en va, un grand cru stylistique.Les nombreuses formes dialoguées donnent au roman une touche merveilleusement légère.Sans qu’il n’y paraisse, la romancière met de l'ordre dans le déferlement de mots choisis qui frappent la page, cachent et disent à la fois.L’écriture tantôt comprimée, remplie de dits et de non-dits, tantôt ruisselante de fraîcheur est portée par un souffle puissant.Un grand cru, vous dis-je! UNE FEMME S’EN VA Diane-Monique Daviau L’Instant même Montréal, 2004,228 pages YVETTIi ROUSSEAU ^ a réussite d’une vie 1 ImùK'tte O’Neil tj Yvette Rousseau t fc* VI* l Cette biographie raconte la vie d’une femme remarquable qui aura été tour à tour institutrice, fermière, ouvrière, syndicaliste, présidente de la Fédération des femmes du Québec, initiatrice avec le gouvernement du Québec de la création du Conseil du statut de la femme, et enfin sénatrice.À lire pour connaître cette figure importante qui a marqué l’histoire du Québec et du Canada.En vente chez votre libraire les éditions du remue-ménage GRANDE VENTE * île 26 décembre de 13 h à 17 h 20% de réduction sur tous les livres en librairie, à l’exception des revues et des livres scolaires *25% seulement sur les livres à prix régulier sur les bibles et les livres d’art 'aulines î LIBRAIRIE 4362, rue Saint-Denis (métro Mont-Royal) Montréal (Québec) H2J 2L1 Tél.: (514) 840-358S — téléc.: (514) 849-6791 ligne sans frais : 1-888-454-8739 Courrier électronique : llbpaul0paullnes.qc.ca ^ i % k « Je suis le méchant! » Entretiens avec André Brassard les mots oui frappent Brassard et des îus ÇYplosert en plein visage.le dernier vre (De»mère image) qui porte sa signature •uieversante illustration Andre Brassard est CAL> 4 LE DEVOIR.WEEK E N D D E X O Ë L Livres o o i K S BANDE DESSINÉE ESSAIS QUÉBÉCOIS Le dernier voyage de Peter Pan Le christianisme revisité Sixième et ultime tome de la série à succès signée Régis Loisel FABIEN DEC LISE auteur de bande dessinee Regis Loisel se f sent, par les temps qui courent, comme un voyageur qui vient de poser ses bagages après un long périple.Pas un Montréal-Chicoutimi en Firefly.Mais plutôt 14 années de vie passées à renouveler le mythe de Peter Pan.Rien de moins.Une aventure tout en vignettes et en phylactères qui vient de prendre fin il y a quelques semaines à peine avec la publication du sixième et ultinje tome de cette série à succès intitulé Destins (Editions Vents d’Ouest).La boucle est bouclée.Et le bédéiste — «Je déteste ce terme, dit-il.Ça sonne comme communiste ou véliplanchiste.C’est une famille de mot à la con!» —, qui descend désormais au terminus de cette «hexalogie», est soulagé.•Je ne le dis pas trop fort par contre, a-t-il expliqué cette semaine en entrevue au Devoir, car les gens pourraient penser que j’ai bâclé mon boulot parce que j’en avais marre après 14 ans.» Passer de l’autre côté de la couverture cartonnée de ce dernier chapitre suffit toutefois à se convaincre du contraire.Après Londres, Opikanoba, Tempête, Mains rouges et Crochet, Peter Pan y poursuit encore et toujours son envolée vers son destin.Dans son monde imaginaire, aux côtés d’une fée Clochette callipyge, d’un capitaine Crochet sombre et, cette fois-ci, d’une photo de femme que ses amis orphelins se transmettent pour mieux rêver.Les ingrédients sont connus.Et la tragédie de l’enfance, de même que les carences d’amour ou les sentiments torturés reviennent de nouveau hanter les protagonistes 4rès librement inspirés», peut-on lire en introduction, des personnages de James Matthew Barrie.Le tout dans une logique implacable enchâssée dans un découpage efficace scellé, lui, sur papier par l’auteur dans son scénario final un «17 juin 1997», se rappelle-t-il avec précision, comme s’il avait arrêté de fumer au même moment! •Ce n’est pas une histoire anodine, dit Loisel, qui a, depuis trois ans, déménagé ses pénates à Montréal.Peter Pan est un personnage qui reflète un certain malaise de l’enfance et même de la vie adulte, fai essayé autant que possible de mettre de l’émotion dans ces petits personnages, mais ce n’est pas toujours facile en bédé, parce qu’on travaille sur du papier.» L’objectif semble toutefois avoir été atteint comme en témoigne l’engouement suscité par cette série distillée au fil des ans depuis 1990.Deux cent mille exemplaires par chapitre en moyenne, des traductions en coréen, en portugais, en italien.le Peter Pan imaginé par Loisel fait mouche.•Sans doute parce que c’est un mythe qui se renouvelle de génération en génération», souligne-t-il.N’empêche, après 14 ans, la séparation entre le nouveau père et ce pauvre enfant risque d’être délicate à amorcer.Mais Loisel ne se fait pas de mauvais « Peter Pan est un personnage qui reflète un certain malaise de l’enfance et même de la vie adulte», explique Loisel sang pour autant.»Je suis content de me retrouver aujourd’hui devant rien, comme il y a 25 ans, lorsque j’ai débuté dans le monde de la bande dessinée», explique-t-il lorsqu’on s'inquiète pour lui.•Je suis neuf.» Neuf, mais aussi doué d’un nouveau talent, pourrait-il ajouter, puisqu’il arrive désormais à bien dessiner les pieds de ses personnages, jusque-là subtilement dissimulés par des stratégies de cadrage.«C’est à Montréal que je me suis perfectionné, raconte Loisel, qui n’a jamais caché par contre sa podophobie.Tous les mercredis soir, j’organise des séances de modèle à dessiner Des pieds, il a fallu que j’en dessine beaucoup.D’ailleurs, ceux de Clochette dans Destins sont inspirés des pieds de mon coloc d’atelier.» Pas de doute donc, la technique a été assimilée.Et elle devrait être de nouveau éprouvée dans la nouvetie aventure que le bédéiste aimerait bien faire vivre sur papier dans les prochaines années: une histoire d’amour, sur l’eau, avec des bateaux rouillés.«C’est une vieille histoire à laquelle je pense depuis longtemps», résume-t-il.Sans en dire plus.Le Devoir PETER PAN Tome 6: Destins Régis Loisel Vents d’Ouest, 2004 48 pages Le bon mot ou le dico qui rend doucement fou.MARIE CLAUDE MIRANDETTE Vous raffolez des mots et de la bonne chère?Vous êtes épris de la langue autant que de la gastronomie?Ce livre est pour vous, et pour moi, et pour tous les fins gourmets amoureux du français.En 2000 produits et 1000 recettes, la gastronomie de A à Z comme vous en avez secrètement rêvé sans oser l’avouer tant l’adjonction de ces deux vices semblait péché inavouable, voire mortel! Un dico, oui, par ordre alphabétique, ça va de soi, où l’on découvre des tas de choses étonnantes, épatantes et «instruction-nantes», pour reprendre le mot de France Galles.J’y ai appris que ce que l’on désigne ici comme cerise de terre est une cousine de la lanterne chinoise et se nomme co-queret, mais est aussi désigné comme «amour en cage».Cé ti pas beau, le français, non?J’y ai consulté le plus complet des tableaux sur les additifs alimentaires jamais vu dans un ouvrage de vulgarisation.et j’ai eu un peu peur en constatant de visu le nombre de produits «douteux» quant à leurs effets sur la santé que l’on trouve en vente libre sur le marché, sans compter les franchement dangereux qui y ont autrefois déferlé! Deux types d’entrées: les longues et les courtes, qui renvoient généralement à d’autres, plus copieuses.Chaque notice longue comporte une panoplie de renseignements clairement identifiés par un système de pictogrammes simple et clair.On y trouve des conseils sur l’achat des produits, leurs caractéristiques nutritionnelles, la façon de les conserver, de les parer et de les cuire, sans compter quelques suggestions de présentation et des recettes de base.Le bonheur, quoi! Attention, le plaisir croît dangereusement avec l’usage, au point de se retrouver facilement pris au piège du labyrinthe sans fin que constitue chaque dictionnaire qui use d'un système de renvois.Si bien qu’on sait quand on l'ouvre, jamais quand on le referme.La dernière fois que je me suis ainsi perdue de mot en mot, c’était quand j’ai reçu en cadeau le Dictionnaire historique de la langue française (Editions Le Robert).Ça ip’a pris une semaine à en revenir! A utiliser avec précaution, donc, un gramme à la fois.LE DICO DE MA CUISINE Centre d'études, de recherche et de documentation gastronomique Minerva Paris, 2004,928 pages Paul-Emile Roy.en plus d'être un ardent militant souverainiste, est un essayiste persévérant.La vie avec la pensee, chez lui.est une seconde nature.Ses essais ne sont pas de ceux qui font l'événement, mais on y retrouve une demarche réflexive honnête et soutenue sur les fondements de la culture occidentale et sur leur inscription dans le monde actuel.Revisiter le christianisme, son plus récent ouvrage, poursuit dans cette veine.Dans la lignée des historiens français Rene Rémond et Jean Delumeau et du sociologue Jacques Grand Maison, Roy se désole du faux procès réservé au christianisme depuis quelques années et du fait que l’hu- L o manité «croit pouvoir se Corn passer de l'inspiration qui Ta animée».Le christianisme, plaide-t-il, «a fait l’Occident», et le vide par lequel certains tentent de le remplacer n’engendre que du désœuvrement.«Ce n ’est pas tellement, écrit-il, que Dieu soit absent, c’est nous qui sommes absents à Dieu et à nous-mêmes.» Selon Roy, la spiritualité, une démarche à l’intérieur de laquelle •amour et connaissance s'interpénétrent», est nécessaire à l'homme puisque cette expérience, comme l’écrit le père de Lubac, procède de la conscience de l'inadéquation de l'homme à lui-même.Aussi, croit-on pouvoir se passer de la spiritualité qu’elle rapplique sous forme d’ersatz (sport-spectacle, vedettariat, sensationnalisme médiatique, drogues) qui n’en offrent que de misérables succédanés.Les grandes religions, en ce sens, fournissent des balises qui évitent à la spiritualité de s’égarer.La critique de la religion, cela étant, reste nécessaire afin d’éviter que l’institution n’étouffe la spiritualité, mais «le problème, évidemment, écrit Roy, c’est de distinguer la critique qui veut défendre l’esprit religieux de celle qui veut l’anéantir».L’erreur de la négation rationaliste de la religion, par exemple, «c’est que non seulement [elle] refuse l’existence de Dieu parce qu’il dépasse la raison, mais [elle] refuse l’existence de l’inconnu qui est absolument indissociable de notre existence».«Message de libération» doublé d’un «principe de contradiction» à l’égard d’un monde qu’il accueille avec une «intransigeance radicale», le christianisme ne peut, évidemment, s’accommoder de certains phénomènes de notre époque qui se fondent sur le refus de son message.Le culte du néolibéralisme, l’acceptation du développement technologique autonome, le relativisme postmoderne et le grégarisme actuel heurtent de front la conscience chrétienne qui plaide UN QUEBEC EN MAL D’ENFANTS La médicalisation de la maternité, 1910-1970 Denyse Baillargeon UN OUÉBÊC EN MAL D’ENFANTS à Le Québec du début du XX' siècle présentait les taux de mortalité infantile les plus élevés du monde occidental.Comment les médecins sont-ils parvenus à convaincre les femmes de la nécessité de les consulter au moment de l’accouchement et durant la grossesse ?Pourquoi et à quelles conditions celles-ci ont-elles choisi de suivre leurs prescriptions ?Denyse Baillargeon révèle ici toute la complexité d'un phénomène qui a profondément transformé la maternité et la société québécoise.En vente chez votre libraire les éditions du remue-ménage l’absolue dignité de l’humain, la reconnaissance actualisée du bien et du mal et le caractère sacrée de la personne.On comprend.alors, que l'esprit de l'époque s’acharne à discréditer un message qui le contredit.•On trouve chez l'homme moderne — en a-t-il toujours été ainsi'1 — une espèce de rivalité avec Dieu, un sentiment clair ou confus que.si un être supérieur à l’homme existe, ce dernier est menacé.humilié, nié», constate l’essayiste.Pourtant, ajoute-t-il, •dans la mesure où la reconnaissance de Dieu ifj s'affaiblit, le sens de la dignité de l'homme, de la grandeur de l'existence humaine tend à se perdre».a i « 11 importe donc, se- ellier Ion lui, de s’atteler à «formuler un discours qui soit fidèle au message chrétien et qui soit en même temps intelligible à l’homme d'aujourd’hui».Il importe, aussi, de renouer, contre une certaine vulgarité propre à notre époque, avec un sens de l’ascèse qui n'a rien à voir avec le masochisme, mais plutôt avec cette attitude de renoncement positif dont parlait Eliade en affirmant que «rien de grand ne se fiait si on ne renonce pas à certaines limites, si on n’opère pas un choix en vue d’une fin».Pour bien se faire comprendre, Roy suggère cette analogie avec le sport: «L’athlète s’entraîne, s'impose une discipline, des exercices pénibles et fatigants, non parce qu 'U n ’aime pas le sport, mais bien au contraire parce qu’il l’aime et veut effec- tuer des performances remarquables.» Une saine spiritualité ne saurait en exiger moins et l’art, dans cette demarche, vient épaider l'indispensable relais religieux, dans la mesure où son caractère d’expérience spirituelle n’est pas gommé par l'obsession formaliste.Mais la religion, ne manquera-t-on pas de soulever, n'est-elle pas la cause de certaines des pires violences contemporaines?Des esprits tordus, on ne le sait que trop, s’en servent comme prétexte, mais il s'agit, dans le cas du christianisme à tout le moins, d’une trahison, d’un détournement de sens: •Quand des chrétiens se livrent à des actes de violence et de persécution.ils ne peuvent le faire en se réclamant du message évangélique Leur conduite ne prouve pas que le christianisme est brutal, mais qu’il n'a pas réussi encore à civiliser ces barbares qui en font partie.» Bossuet affirmait que, s’il fallait attendre, pour parler de Dieu, d’avoir trouvé des paroles dignes de lui, on n’en parlerait jamais.Il faut donc, écrit aujourd'hui Paul-Emile Roy, «se résigner à en parler maladroitement».En assumant cette maladresse avec modestie et détermination, il nous offre une parole croyante et raisonnée qui porte.lou iscomell ierjaparroi nfo.net REVISITER LE CHRISTIANISME Paul-Émile Roy Novalis Montréal, 2(X)4,132 pages Une nonne allume des cierges Jérusalem.REIHNAim KRAUSE REUTERS dans l’église du Saint Sépulcre, à Les pékinois de monsieur Chang '< La souflrance et la proximité fie la mort pourraient rendre crnel le plus bienveillant des êtres.Un qualifrcatit qu'on n'accolerait sûrement pas à la narratrice des - xh .¦ cynique et douée pour le sarcasme.{, ,] Ses commentaires irrévérencieux et sa lanque acide évitent la mièvrerie ou le pathos qui auraient pu teinter un pareil récit, tout en procurant un plaisir certain au lecteur.« œ> (514) 524-5558 terne bcrJerl ine ?rinconvénient no 19 ' iïüjj'î dajjj zï mïmïvj deux essais de .Milan Kundera et François Ricard et la nouvelle chronique de Serge Bouchard www.inconvenient.ca LE DEVOIR, WEEK NOËL 2 0 0 4 E 4 ?r END Livre Et bien chantez, D E s ^- maintenant ! La mode est une dame charmante, très agréable à recevoir à sa table, mais ni seule ni trop souvent Sa nature volage ne l’empêche pas d’avoir parfois d’excellentes idées, plutôt de les conserver très longtemps.Disons qu’elle manque de suite dans les idées et de goûts personnels aux racines profondes.Faut jouer avec elle, tendre l’oreille à ses propos, sans embrasser son inconstance, ni suivre tous ses caprices.Prenez cet engouement pour les chorales cette année dans la foulée du film Les Choristes de Christophe Barratier.En France, les manécanteries, telle la Maîtrise des Petits Chanteurs à la croix de bois, qui connut au cours des décennies 40 et 50 des heures de gloire, semblaient depuis longtemps assez dépassées.Elles ont désormais la cote à l’école.Dans les banlieues multiethniques de l'Hexagone, une jeunesse de toutes couleurs et origines abonnée au langage moitié beur, moitié verlan s’est entichée de polyphonie religieuse ou profane.Qui l’eut cru?Au-delà de la beauté réelle des chants angéliques des Choristes que, grâce au disque, les enfants connaissent par cœur, le contexte du Hlm participe à l’engouement.Ce décor d’école de réforme où des enfants abandonnés, souvent maltraités, trouvent leur rédemption par la grâce du chant, rencontre un écho dans le cœur des enfants.Tous les petits se sentent incompris quand les adultes font la loi.L’effet Choristes a gagné le Québec.Il y a toujours Odile Tremblay Wk I eu des chorales chez nous comme en France, mais ça explose.Un phénomène assez «out» est devenu «hot».Pour combien de temps?Mystère.Mais profitons-en.Mode pour mode, celle-là est bien jolie.Du coup, mon penchant pour les chœurs, jugé longtemps suspect par les oracles du bon goût, se voit réhabilité.Le vent a beau souffler dans ma cour, je persiste à trouver les vogues bien frivoles, même quand elles ont bon goût.Sur mes écouteurs, des voix angéliques entonnent depuis belle lurette des airs profanes ou sacrés, a capella ou flanqués d’un accompagnement instrumental.Qu’elle vocalise en italien, en patois, en français ou en anglais, la voix humaine demeure mon instrument préféré.Question de velours, d’émotions véhiculées, extraites sans doute de l’âme, une substance bien mystérieuse dont même le violon, si mélancolique, ne peut reproduire les accents profonds.En ce moment précis, sur mon ordinateur de bureau, en écrivant ces lignes, j’écoute le Noël autour du monde des Petits Chanteurs du Mont-Royal: Les anges dans nos campagnes, O Tannenbaum\ Dormi, dormi, o bel Bambin!: etc.Une vingtaine de chants de Noël en huit langues me bercent comme un roulis délicieux en me faisant croire que l’harmonie existe quelque part en ce bas monde.La Maîtrise des Petits Chanteurs du Mont-Royal aura bientôt 50 ans.Elle en a vu passer des modes et des courants d’indifférence, ce qui ne l’empêche pas de chanter dans la tempête ou l’accalmie.Le bon côté de ces tendances volatiles, c’est qu’elles ouvrent parfois des portes sur des mondes inédits pour plusieurs, en suscitant des découvertes, peut-être même des vocations.Un tas d’enfants d’ici et d’ailleurs n’auraient jamais tendu l’oreille à ces beaux chants-là, sans Les Choristes.Espérons juste qu’ils ne laisseront pas le prochain vent du jour emporter les bouquets de leurs voix comme des feuilles mortes.Après les Jeux olympiques de Montréal, un tas de petites filles rêvaient de devenir gymnastes sur les traces de Nadia Comaneci et des vocations d’athlètes ont vraiment poussé sur ce terreau-là.Faut pas cracher sur les courants qui passent Ceux-ci ratissent des passions futures au passage.L’ennui avec les chorales enfantines, c’est que les meilleures et les plus prestigieuses d’entre elles ne sont destinées qu’aux garçons.Il y a une vraie discrimination là-dedans.En général, derrière les traditions d’origine religieuse se profilent des vieilles structures sexistes difficiles à faire disparaître.En voyant les chorales pousser dans le sillon du film de Barratier, je me suis dit que la mode rattrapait tôt ou tard nos dadas les plus personnels.D suffit pour ça de demeurer immobile, de cultiver ses goûts particuliers, a la manière de la montre arrêtée qui indique l’heure juste deux fpis par jour.Le dandy de la Belle Epoque Boni de Castellane répondait, il me semble, à qui lui demandait où il trouvait ses étonnants chapeaux: «Je ne les trouve pas, je les garde.» Parfois, ça irrite de voir la mode rejoindre nos engouements pour danser avec eux quelques petits pas en cadence.Ces piétinements collectifs dans nos terres d’élection sont une forme d’agression intime, mais patience! La cohue ne durera qu’un temps.De nouvelles recrues, transportées par le vent de la mode, auront rejoint les rangs des amateurs fervents d’une forme d’art Alors, plutôt que d’apercevoir surtout des têtes blanches aux spectacles des Petits Chanteurs dans une église ou ailleurs, on rencontrera aussi de nouvelles jeunes recrues laissées sur notre plage par la dernière marée.otremblay@ledevoir THRILLER ESSAI Judas, le bien-aimé MARIE CLAUDE MIRANDETTE La tranquille petite ville de Pretoria, dans le New Jersey, est secouée depuis quelques mois par une série de meurtres commis par un récidiviste faisant preuve d’une rare cruauté.Après avoir violé, tailladé et torturé ses victimes, il les éviscère puis les recoud.Chaque fois, il laisse sur leur cadavre un signe distinctif, une signature qui s’apparente à un 0 (pi) souligné.Défiant la police, le meurtrier, Vincent Tindo, un brillant et richissime informaticien mais surtout un prodige sans pareil dans l’art de filer sans laisser de traces, attire dans un guet-apens l’inspecteur John Matthews, du FBI, profileur spécialiste ès serial killers.Question dç corser la traque et de s’amuser un peu au jéu du chat et de la souris, il se dévoile juste assez pour que Matthews soit en mesure de le reconnaître, sans toutefois lui donner les preuves nécessaires pour le coffrer.L’affaire, déjà pas simple, prend un tournant personnel quand le tueur s’en prend à l’ex-femme de Matthews, ce qui oblige le FBI à le laisser sur la touche.Au bout de quelques semaines, un collègue le rappelle in extremis; Tindo menace de tuer la fille et la femme dudit collègue si l’inspecteur Matthews ne reprend pas du service.Notre tueur sait ce qu’il veut et il entend montrer que c’est lui qui tire les ficelles.Le récit, jusqu’alors essentiellement policier, verse dès lors dans le fantastique religieux, où se côtoient allègrement l’apocalyptique et l’antéchristique sur fond de Deep South américain.Cette énième histoire de tueur récidiviste n’est pas sans son lot de clichés (un tueur démentielle-ment intelligent qui s’amuse à défier les flics, des extraits de musique heavy metal satanique, etc.), d’invraisemblances (des policiers d’expérience qui traquent un mec dans un resto mais oublient de surveiller la porte arrière, une trame temporelle confuse) et de lieux communs (le combat entre les forces du Bien et du Mal au cœur de l’Amérique profonde), qui sont autant de pièges inhérents à un premier roman.PT les deux auteurs ne parviennent pas à s’extirper suffisamment de leurs mo-dèles — ça hume indéniablement les Stephen King, Dean Koons, Angel Heart et autres X-Files — pour cheminer dans leur voie, leur style propre.Les personnages et l’intrigue sont par trop «paroxystiques» pour que tout ça soit crédible; tout est, dans cette histoire, truffé de superlatifs au point d’en devenir banal.A trop vouloir en mettre, il arrive qu’on gâche la sauce.Un talent de conteur Nonobstant ces «péchés de jeunesse», qu’une bonne direction littéraire corrigerait assez facilement — on aimerait savoir pourquoi le duo a choisi cet éditeur qui n’a pas de collection de littérature de genre et qui n’est pas reconnu dans ce domaine, sinon pour quelques rares auteurs en traduction — force est de constater que ces deux Québécois ont un certain talent de conteur et qu’ils parviennent à instaurer et à maintenir un climat, une tension et un rythme efficaces.On se demande aussi pourquoi l’éditeur a tablé sur un premier roman pour sa rentrée littéraire de l’automne, créant par le fait même des attentes démesurées et une pression inutile qui risquent de tuer dans l’œuf des auteurs qui ont besoin d’espace et de temps pour trouver leur créneau.Du potentiel, certes, mais encore trop vert et mal aiguillonné.Bon joueur, on attendra la suite pour juger.ÉVANGILE DE JUDAS Robert Leroux et Patrice Lavallée Laffont Paris, 2004,308 pages O O en O u.O < s UJ Un vendredi du mois d'août Antonio D Alfonso est a la tète des Editions Guernica a Toronto Peut-être est-ce grâce a cet éloignement du Quebec que D Alfonso parie si bien de la métropole provinciale?Son roman ( .d ?¦ lait la navette entre Montreal et Toronto et il arrive à tirer une essence particulière des deux villes Une saveur sans ieelle amertume, a mi-chemin entre l'extase et la mélancolie • Terrorisme international au Canada?BRIAN MYLES Le Canada est devenu le complice officieux du terrorisme international, le pays de ralliement de toutes les grandes organisations extrémistes, dont al-Qaï-da, les Tigres tamouls et le Hezbollah.Les fous de dieu y sont libres de planifier leurs sombres complots assassins en raison du laxisme des policiers et de l’indifférence des politiciens.Scénario apocalyptique pour un film d’anticipation de série B, à l’affiche pour un maigre week-end pendant les Fêtes?Que non! C’est la thèse avancée le plus sérieusement du monde par l’auteur et journaliste d’enquête Stewart Bell dans Terreur froide, un ouvrage tradyit de l’anglais à l’automne aux Editions de l’Homme.Bell, reporter au National Post, assure la couverture des affaires de sécurité nationale depuis 1998.Son ouvrage est basé sur des documents (confidentiels et non classifiés) du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) et autres agences d’espionnage dans le monde, des transcriptions judiciaires de causes célèbres, des articles de presse et sa propre expérience sur le terrain dans une vingtaine de pays, dont l’Afghanistan, le Pakistan, l’Inde, Israël et le Liban.L’homme présente de crédibles états de service; des extraits de son livre ont même fait l’objet d’une publication dans l’édition canadienne du non moins crédible magazine Time.Les faits qu’il rapporte sont justes, pour autant que l’auteur de ces lignes ait pu les vérifier.Il ne crie pas au complot ce qui le distingue en se sens des prophètes de la machination à la Thierry Messan.Bell offre seulement une analyse alarmiste de faits et gestes commis par une poignée de terroristes bien réels, qui ont «opéré» à partir du Canada, à commencer par Ahmed Ressam, arrêté à Seattle en possession de fortes quantités d’explosifs à quelques jours du passage à l’an 2000, ou encore Fateh Kamel, un vétéran de la guerre d’Afghanistan et membre du Groupe islamiste armé (GIA), emprisonné en France.Des mots forts Selon Bell, les terroristes ne s’installent pas au Canada par hasard, et leurs actes ne sont pas l'expression d’un fanatisme isolé.Les grandes organisations terroristes choisissent le Canada comme base opérationnelle.Avec ce livre, il dénonce «l'indolence de nos dirigeants politiques, qui n’ont rien fait pour stopper cette invasion».Les mots sont forts, et ils le resteront tout au long de l’ouvrage.Al-Qaïda «a fait du Canada son quartier général».Les politiciens boudent l’information acheminée par Stewart Bell froide La filière canadienne du terrorisme international lÆ.tJSg'WS: leurs services de renseignement, forçant ces agences à mener deux guerres: l’une contre le terrorisme, l’autre contre les politiciens qui nient l’existence du problème pour éviter un resserrement de la sécurité aux frontières et les entraves au libre-échange qui en découleraient.Le Canada est «le tremplin» des organisations terroristes, une base à partir de laquelle ils peuvent disséminer la terreur dans le monde entier.Un début d’explication est fourni dans un rapport de la GRC cité en conclusion: 17 % de la population canadienne est d’origine étrangère, contre 9 % aux Etats-Unis, fai- sant en sorte que «le Canada est plus vulnérable [au recrutement terroriste] que d’autres nations développées».Il ne vaut pas la peine de rappeler que les 19 auteurs des attentats du 11 septembre 2001 sont entrés aux Etats-Unis légalement, sans passer par le Canada, pas plus qu’il est pertinent de souligner qu’aucune machination infernale n’a été éventée au pays depuis l’arrestation de Ressam.Ce serait de la mauvaise foi.Terreur froide aborde pourtant des questions essentielles sur l’attitude désinvolte du Canada en certaines matières.Comment se fait-il que les Tigres tamouls peuvent encore recueillir des fonds au pays alors que l’organisation a orchestré de nombreux attentats meurtriers en Inde?Comment le ministère de l’Immigration et de la Citoyenneté a-t-il pu perdre complètement la trace de demandeurs du statut de réfugié algériens comme Ressam?Bell riy.ré-1 _ pond guère, se contentant de crier au loup.Il ne pourrait y avoir meilleure transposition littéraire du son strident d’une sonnerie d’alarme que Terreur froide.Le Devoir TERREUR FROIDE Stewart Bell Editions de l’Homme Montréal, 2004,332 pages Souvenirs de Lanaudiere VITRINE DU DISQUE 106, -m- , ’ ' {; * r Yundi Li lAJt SCHLRZI ; I MI'RO CHOPIN Les Quatre Scherzos.Impromptus n° 1 à 3.Yundi Li (piano).Deutsche Gramophon 474 5162.On retrouve ici Yundi Li dans une partie du programme de son concert de l’été 2004 à Lanau-dière: les Scherzos de Chopin.L’écoute domestique en est infiniment plus reposante, puisque le concert du jeune pianiste chinois, vainqueur du Concours Chopin en 2000, avait été fortement perturbé par la pluie.Le disque confirme que Yundi Li ne doit pas être confondu avec son compatriote Lang Lang.Autant chez ce dernier tout est fabriqué, autant Yundi Li intéresse, voire captive, par sa quête du mouvement et sa conscience sonore.Son jeu est très physique, un physique qui met en œuvre l’ensemble du corps: on l’a vu à Lanaudière et on le sent parfaitement dans le poids des déchaînements du 2e Scherzo.Yundi Li ne «tape» donc pas; par rapport à son piano, il est en quelque sorte un «extracteur de sonorités».Si évidemment il serait stupide d’oublier les anciennes gravures des Scherzos, et surtout celle, chez le même éditeur, d’Ivo Pogorelich, il faut reconnaître à Yundi Li le mérite de s’ancrer positivement grâce aussi à la finesse de ses nuances, à sa concentration et à la fluidité de son jeu.dans le paysage discographique international.Christophe Huss BEETHOVEN Triple Concerto.Fantaisie chorale.Rondo en si bémol pour piano et orchestre.Pierre-Laurent Aimard (piano), Thomas Zehet-mair (violon), Clemens Hagen (violoncelle).Chœur Arnold Schoenberg, Orchestre de chambre d'Europe, direction.Nikolaus Harnoncourt Warner 2564 60602-2.C’est dans les vieux chaudrons qu’on fait les meilleures soupes.La nouvelle équipe classique reconstituée par Warner (Rachlin, Hope, Beaux-Arts Trio, Oramo, Lugans-ki) n’a jusqu’à présent guère témoigné de l’aura et de la prestance de l’ancienne.Aussi est-on heureux de constater que le nouveau contrat d’exclusivité de Nikolaus Harnoncourt avec BMG ne semble couvrir que ses prestations avec le Philharmonique et le Concentus Musicus de Vienne.Ceci nous vaut de trouver chez Warner cet excellent disque Beethoven, complémentaire de ceux déjà enregistrés par le chef autrichien.Harnoncourt et ses solistes sont bien avisés de s’écarter de la joute instrumentale que l’on a trop souvent entendue dans le Triple concerto.Ils établissent un dialogue doublement chambriste: celui du trio en tant que tel et celui du trio face à un orchestre très finement dirigé.C’est très exactement ce que le grand Kurt Sander-ling faisait dans le Double concerto de Brahms, ce dont le disque n’a hélas jamais témoigné.Les petits bémols sont assez habituels, avec cette petite tendance à la coquetterie dans le Beethoven d'Harnoncourt (cf.Finale), réserve très mineure face à la véritable et juste relecture de la partition.La Fantaisie chorale est très présentable, vocalement luxueuse, mais sans l’élan et l'état de grâce absolu de la version Kssin-Abbado un soir de 31 décembre à Berlin (DG).On y retrouve le piano un peu sec et court d’Aimard tel qu’on l'avait entendu cet été à Lanaudière.C.H.P o l* THE CAPITOL ALBUMS VOL 1 The Beatles Capitol (EMI) Le débat fait rage, comme on dit chez les dentistes.La critique a la dent dure et même les fans ont la molaire branlante.Qu’est-ce donc que cet objet?Rien d'autre qu’un matriçage audionumérique des quatre premiers albums des p’tits gars de Liverpool, tels que parus en Amérique du Nord à l’enseigne de Capitol.En versions mono et stéréo.Pourquoi s’en formaliser?Parce que c’étaient des disques bâtards.Pour faire plus de sous, Capitol avait eu l’idée croche de redistribuer le contenu fort généreux des albums conçus par les Beatles et leur réalisateur George Martin: on retrancha quatre chansons ici, deux là, on ajouta les faces A et B des 45 tours (absents par principe des albums originaux) et hop! On fit quatre disques avec deux.La tarte était la même, mais avec plus de pointes.Pire, on bidouilla du faux stéréo (doublage de la source mono avec délai) quand les mixages stéréo n’étaient pas disponibles: c’est pourquoi les versions «américaines» d’/ Feel Fine et She’s A Woman, par exemple, sont noyées d’écho.Quand vint au milieu des années 80 l’ère du CD, les Beatles et Martin rectifièrent: même catalogue partout, mono partout pour les premier albums.Depuis, on grogne chez les Ri-cains: et nos albums à nous?Les voilà, reproduits à l’identique et insérés dans un boîtier pas beau, assorti d'un livret mmgre en infos.A prix prohibitif.À rejeter?Ça dépend.Demandez à un fortuné qui a le coffret de jouer à la suite les versions mono et stéréo des Things We Said Today, Tell Me Why et autres Not A Second Time.J’en témoigne: c’est le jour et la nuit Les mixages stéréo sont fa-bu-leux.tellement ils vous enveloppent et vous remplissent les oreilles.Certes, par fidélité à l’intention des Beatles, les version mono devraient primer.M’en fous, c’est trop riche en stéréo.Sylvain Cormier LE DEVOIR.WEEKEND DE NOËL 2 O O 4 K r> Culture MÉDIAS Hommage à l’oiseau de nuit La radio de Radio-Canada consacre une émission de quatre heures à ce fou génial de Guy Maufette MUSIQUE CLASSIQUE Histoires de Nativité PAUL CAUCHON Quatre heures autour de, et avec, Guy Maufette.Au lendemain de Noël, dimanche le 26 en après-midi, la radio de Radio-Canada offre un cadeau riche à ses auditeurs.Quatre heures avec un magicien du micro, comédien, poète, réalisateur, animateur, un hommage à la hauteur d’un homme qui a profondément marqué la radio, et dont la douce folie poétique a ravi les auditeurs pendant des années.L’hommage n’est pas biographique: après tout Guy Maufette est vivant, à près de 90 ans, mais il n’a pas participé directement à cette émission spéciale.Il ne s’agissait donc pas de raconter son parcours, avec toutes les dates et les titres des productions auxquelles il a participé.Il s’agit plutôt d’une promenade autour de son œuvre et de son influence.Pour l’occasion, Joël Le Bigot a rassemblé récemment dans un studio, pendant deux heures, les deux premières heures de cette émission spéciale, quelques amis de Guy Maufette comme Françoise Faucher, Huguette Oligny, Alain Stanké, Gilles Pelletier et Solange Lévesque, qui racontent des anecdotes, soutenus par le piano de Jean Marchand.Et le fils de Guy Maufette, Loui, est également présent pour lire des textes de son père, le tout entrecoupé d’extraits d’archives.C’est à la fois tendre, drôle, émouvant, éparpillé, improvisé et structuré, à l’image du Cabaret du soir qui penche, l’émission phare que Maufette a animé pendant des années.Tous racontent à quel point Guy Maufette est un homme hors normes, qui échappe aux catégorisations.D’abord comédien dans les années 30, il devient rapidement réalisateur de radio à la toute jeune Radio-Canada des années 30, où il réalise en 1939 l’ancêtre de tous les ra-dioromans, et donc des téléromans actuels, Un homme et son péché, inventant un univers sonore pour faire vivre, pour la première fois, un roman à la radio.On n’en finirait plus d’énumérer ses trouvailles sonores, comme celle de faire résonner la voue de François Bertrand dans un piano à queue pour lui donner plus de profondeur! Comme directeur de comédiens, il pouvait être très surprenant.»// dirigeait les comédiens de façon impressionniste, raconte Françoise Faucher: “C’est bien, disait-il, mais pouvez-vous le refaire en mauve”?» Poète et conteur, il avait la passion des mots et transformait la vie quotidienne avec ses enfants en une suite d’émerveillements poétiques, comme le raconte son fils Loui.Fantaisie et pirouettes L’émission aborde aussi sa longue carrière comme comé- SOURCE RADIO CANADA Guy Maufette était un homme hors normes, qui échappait aux catégorisations.dien, son rôle comme défenseur de la chanson française et québécoise, et comme découvreur de talents, sa découverte la plus impressionnante étant probablement celle de Félix Leclerc.Alain Stanké, qui l’accompagne régulièrement dans ses promenades, prend soin ces temps-ci de noter dans un carnet ce qu’il lui raconte.Dans cette émission spéciale, Stanké fait lecture de quelques-unes des réflexions impromptues de Guy Maufette.Dont celle-ci: «Tu sais, ce qui est triste à mon âge, c'est que parfois, j’oublie ce dont je ne me souviens plus.» Solange Lévesque, journaliste collaboratrice au Devoir qui a travaillé avec Guy Maufette, raconte comment Maufette préparait ses émissions, et elle propose aux auditeurs un document sonore rare: un matin, Guy Maufette était de passage à Radio-Canada par hasard, et l’animateur d’une émission, Le Comptoir du disque, était absent.L’équipe est prise de court, on demande à Maufette s’il ne pourrait pas remplacer temporairement l’animateur.Guy Maufette s’exécute, prend le micro, et se lance dans une étonnante improvisation, fredonnant des airs de chansons, racontant ce qui lui passe par la tête sans perdre le fil de son histoire, s’en tirant par l’humour, la fantaisie et les pirouettes langagières qui faisaient sa marque.La troisième heure de cette émission spéciale est la reprise d’une entrevue d’une heure accordée par Guy Maufette à Robert Blondin en 1986.Le terme «entrevue» n’est pas exact: l'émission consiste plutôt en une suite de commentaires personnels, de mots d’esprit et de réflexions poétiques autour d’extraits d’archives.A Blondin, Guy Maufette avoue avec candeur «avoir toujours souffert de ne pas être pris au sérieux».«Toute ma vie mon moteur a été la timidité, l’angoisse, la peur, ajoute-t-il.C’est ce qui m’a donné des ailes.» Robert Blondin lui demande s’il joue d’un instrument de musique.«De la parlotte», répond Maufette.«J’étais un caricaturiste verbal.» la quatrième heure de l’émission consiste en un montage d’extraits de différentes émissions présentées par Guy Maufette, principalement Le cabaret du soir qui penche.Les samedis de l’oiseau de nuit et Le retour de l’oiseau de nuit.Le Devoir L’OISEAU DE NUIT: HOMMAGE À GUY MAUFETTE Dimanche le 26 décembre de 14h à 18h, Première chaîne radio de Radio-Canada CHRISTOPHE HUSS Weinachtshistorie.l'-Histoire de la Nativité» est le titre du plus intéressant disque de musique classique de Noël paru en 2004.C'est le chef allemand Konrad Junghànel qui nous révèle cette œuvre de Johann Rosenmüller (1619-841 La parution est originale et révélatrice puisque la partition, redécouverte en 1999 à Berlin, était une sorte de chaînon manquant dans l’évolution de la musique sacrée dans l'Allemagne du XV1L siècle.Des générations précédant Johann Rosenmüller se détache le nom de Michael Prætorius (1571-1621).Le nom de Prætorius est très largement connu, aujourd’hui encore, dans les pays germaniques, car il est l’auteur d'un célèbre chant de Noël, Es ist ein Ros entsprungen (Une rose a éclos).Prætorius, fils de pasteur, est un grand nom de la musique sacrée au tournant du XVII' siècle.11 est celui qui expose l’austère musique luthérienne aux influences de l’Italie «afin que.partout dans notre patrie, la Germanie, la musique noble devienne de plus en plus jlorissante et parvienne à un niveau d'épanouissement et d'assimilation maximal».C’est Prætorius qui fusionne la tradition du choral protestant et le style concertant italien.Comme la peinture, comme l’architecture, la musique peut alors s’ouvrir à l’exubérance, aux affects et aux contrastes.Les instruments se mêlent aux voix et Prætorius utilise cette richesse pour célébrer la joie de la Nativité.Sa forme de prédilection est le motet ou le «concerto choral», voire, selon sa dénomination, des «concerts solennels de paix et de joie» en marge desquels il laisse d’importants traités.La musique de Prætorius est bien documentée au disque.Rosenmüller poursuit la voie ouverte par Prætorius.Lui aussi est tenté par l’Italie et son séjour, au cours de l’hiver 1645-46, l’encourage à apporter encore plus de couleurs.L’idée de Rosenmüller dans l’œuvre enregistrée par Junghànel a été de mettre en musique non pas un, choral luthérien, mais le second chapitre de l’Evangile selon Saint-Luc, avec un soliste ténor incarnant l’évangéliste, une soprano incarnant l’ange et un chœur incarnant la foule.Si la durée est brève (8 minutes), la forme ouvre la voie à des développements intéressants, ne serait-ce que par la présence d’un évangéliste.En effet il était communément admis qu’au milieu du XVII' siècle, en 1660, Heinrich Schütz avait inventé un nouveau type de récit musical.Sa Ge-burth Christi, in stilo recitativo fut en fait le fondement d’un «work in progress» qui aboutit en 1664 au chef-d’œuvre d’un compositeur de 79 ans: l’oratorio Historia der freuden- und gnadenreichen Ge-burth Gottes und Marien Sohnes, Jésus Christi, en bref, YHistoire de la Nativité.Schütz ne connaît pas le travail de Rosenmüller, puisqu’il écrit en préface de son Historia qu’aucune œuvre semblable n’a été publiée en Allemagne auparavant.Schütz et Rosenmüller exploitent tout ce que la polyphonie italienne a pu apporter à la musique sacrée allemande et développent un langage plus évolué dans le traitement du verbe et de sa représentation musicale.Cest là évidemment un chemin qui mène directement à Bach.U Histoire de la Nativité de Schütz est le premier exemple développé d’oratorio autour du thème de la Nativité.Il s’articule, autour du récit de l’évangéliste, en huit intermèdes à l’instrumentation développée faisant intervenir des anges, des bergers, des grands prêtres et même Hérode.Ces interventions rythment une action encadrée par deux chœurs (le premier a, hélas, été perdu).I.a Wei- lOMANN ROStNMUluR Weihnachtshistorie ti'Mi :tr de Vtvf Hiau rv oA the -VhIunIv KDNRAO |0NGH*\NtL nachshistorie de Schütz vient de recevoir, chez Zig Zag Territoires (distribution SRI) une nouvelle interprétation par l’ensemble Akadêmia, merveilleuse sur le plan vocal, mais fade instrumenta-lement, qui ne remet pas en cause la suprématie de gravures antérieures, telle celle de Paul McCreech chez Archiv.11 restera aux compositeurs du XVIlf siècle à travailler sur ce terreau.Ils introduiront le piétisme et chercheront à dépeindre le sentiment du chrétien par rapport à l’histoire qui leur est narrée.Pour ceux qui cherchent un répertoire de cette époque , une autre parution récente, un «Oratorio de Noël» (en fait un cycle de trois cantates pour les trois jours de Noël) composé en 1728 par Heinrich Stolzel, représente le meilleurs choix.Mais c’est évidemment Bach qui en tirera le meilleur parti, mêlant les inventions de Schütz et les préoccupations de son siècle dans son Oratorio de Noël Cela, c’est évidemment une autre histoire.À écouter / oÎ'm Prætorius: Musiques de Noël par le Hassler Consort (MDG), l’ensemble Viva Voce (BIS) ou, plus opulent Musica Fiata et la Capella Ducale (Sony).Rosenmüller: Histoire de la Nativité, lunghanel (HM).Schütz: Histoire de la Nativité.René Jacobs (Hanno-nia Mundi) ou «Vêpres de Noël» par Paul McCreesh (Archiv).Stolzel: Oratorio de Noël par la Handel’s Company (MDG).JANVIER 2005 X.-C LE THÉÂTRE DE QUARTIER ET LE THÉÂTRE D'AUJOURD'HUI PRÉSENTENT Les petits orteils Un texte de Louis-Dominique Lavigne Mise en scène de Lise Gionet Jusqu'au 30 décembre 2004 à 13h et 15h THEATRE D'AUJOURD'HUI 3900, SAINT-DENIS, MONTRÉAL INFOS.ET BILLETTERIE : (514) 282-3900 BANQUE , „ NATIONALE LE DEVOIR ^ QuébecS L mm "Figure, véritable gifle théâtrale du trio Charras, Hemleb, Lavant".de PIERRE CHARRAS MISE en SCÈNE : LUKAS HEMLEB AVEC DENIS LAVANT et VALÉRY VOLF UNE PRODUCTION DU THÉÂTRE VIDY-LAU SAN NE GazMétro la vie en bleu (514) 521-4495 * ADHISSIO» (514) 790 1245 * WWW.USINE-C.C0H USINTE Q 12 FÉVRIER 2005 JANVIER 2005 ONE TRILOGIE fa rno.ïï8 ^ ‘DORANT1 i "Une direction d’acteurs rigoureuse MENÉE AVEC SOUPLESSE ET PROFONDEUR, UNE MISE EN SCÈNE SOBRE ET FORTE"."Cest un véritable bijou que nous PROPOSE LA PROMENADE”.de ROBERT NALSER ADAPTATION ET MISE EN SCÈNE : JEAN-MARIE PAPAPIETRO avec PAUL SAVOIE ET ROCH AUBERT UNE PRODUCTION DU THÉÂTRE DE FORTUNE (514) 521-4493 * admission (514) 790-1245 * WWW.USINE-C.COM d’EDWARD bond mise en scène ARMAND DELADOËY UNE PRODUCTION DU CROCHET  NUAGES ET DE L’USINE C EN COPRODUCTION AVEC LE THÉÂTRE VIDY-lAUSANNE.I LE DEVOIR, WEEKEND DE NOËL 2 0 0 4 E 6 yesù Bienvenue à tous dans l'église du Gesù VENDREDI 24 DÉCEMBRE 21h30 : pour le concert de » la chorale du Gesù » 22h : messe de noêl présidée par P.Daniel LeBlond, s.j (provincial des Jésuites) _______________________1200, rue de Bleury.Montréal.____________ K \ ISU M11111 J I I I I i I iiiiiiiiiiiimiiiiil l llllll SOURCE MUSEE D'ART DF, JOI.IETTE Les objets-tableaux de Pellerin ne sont jamais présentés aléatoirement: ils sont arrimés avec soin à leurs murs respectifs, comme s’ils en étaient le prolongement naturel.La constance récompensée IA COULEUR D’OZIAS LEDUC Guy Pellerin Musée d’art de Joliette 145, rue Wilfrid-Corbeil Se poursuit jusqu’au 27 février 2005 JEAN-CLAUDE ROCHEFORT Le moins qu’on puisse dire, e’est que l’attribution du prix Ozias-Le-duc à Guy Pellerin tombe à point nommé.C’était même un peu écrit dans le ciel puisque, comme le souligne Johanne I-amoureux, la présiden- Jusqu’au 23 janvier Les Enfants et la magie de l’art naïf Robcil CAUCHON, Luc GUÉRARD.Yves du POIRIER, Claire LAB0NTÉ.Arthur VILLENEUVE et une sélection d'œuvres du Musée de Chai levoi» Commissaire : Madeleine ïïierrien, assistée de Julie Jalbert n Visite» commentées pout la famille les lundi 27, maitii 28 et mercredi 29 décembre, à 13 h 30.Centrée est libre Heures de visite Ou maidi au dimanche, de 13 h à 1?h.Le vendredi, de 9 h à 12 h et de 13 h à 20 h L’entrée est libre roOoc, île Rosai 10 Gauthier Collection Riveiin, Musée de Chartevoiv Une pfêseouuion du Musee des Enfants de Laval wwm ,ijdlêMWll0ieCûpBSI!SW1TBSUII8C^ilM:JIJMra6BSSWUISWII3llt www.equlnoxefflms.com BwsœwBrsaiiri (S g DES AUJOURD'HUI! ?SON otarTAL riMHOUt PLAVWM rroAcrrt.I-fAUtOM -, (-FAMOUS IVM-ERS-1 |-'AMOUS PCAvçns- ,-FAMOUS PU»rER8—-l MONTRÉAL ?11 PARISIEN eH [VERSAILLES ?! [POINTE-CLAIRE ?] fcARR.ANOWQNQN ?! M£aA-PlSX~ auzzo —* r— MtOA-eitx— ourzo —1 MÉOA PAJ*~ OUZZO —, r— MÉOA-PLE»- OUZZC —, p—FAMOUS PL*vens—n ILACORDAIBÉ ie7| NêCQUBCMTgW 14 ?] [TASCHEREAU 18 ?! [PONT-VIÂU 1g ?] [COLOSSUS UWU.?] -CINtMA ' .^ f—— ClMtPUEK 00*0W I — CilUSPLEX OOSOW——I f—-CM§Pl£X OOCO* ——i f—¦ MÉOA-PLEX' OUZZO ”1 liTiuirr*CHE >«iriT-BWUWO vniqillWlieiBBIWWvlICMFBWIDOWoilTllTBWEBOWWC t4^1 r^fïüitÂuTi ritSSaSoa-Ti raasasar ti [yjcToiwAvimTn rr^HwciimtsTl fiigwîS5*w 71 ô71 fsîntROMEv'T sassaEiTi rasagafi n raSaæm naasouin rirgarein I
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