Le devoir, 31 décembre 2004, Cahier A
ECONOMIE lanoukovitch débouté de toutes ses plaintes Page A 5 Ottawa soupçonne un nouveau cas de vache folle en Alberta Page C 1 LE DEVOIR V o l .X C V N ’ 2 9 8 ?W E E K E N I) I) U J O U R D E L ' A N 2 O Ü 5 1 8 $ ?TA X E s .2 .f> O $ Le cataclysme vu de l’espace •«jyr A'».¦vÿair-* IMAGKS SA I K1.UTKS REUTERS Des images satellites montrent la région de Banda Aceh, dans le nord de Sumatra, en Indonésie, avant et après le passage des tsunamis de dimanche.L’image de gauche a été prise en juin, celle de droite, avant-hier.La dévastation est totale.Hier, les autorités avançaient que 80 000 personnes ont probablement trouvé la mort à cet endroit, situé près de l’épicentre du séisme.Le bilan des victimes explose 125 000 morts Trois millions de personnes en danger Le bilan provisoire des victimes englouties par les tsunamis causés par le séisme ayant frappé l’Asie du Sud-Est dimanche a littéralement explosé hier.Cinq jours après la catastrophe, on recense désormais plus de 125 000 morts ainsi que des dizaines de milliers de personnes disparues.L’opération mondiale de secours en marche est maintenant engagée dans une véritable course contre la montre: en dépend en effet le sort de cinq millions de déplacés souvent privés d’abri, de nourriture et d’eau potable, prévient l’Organisa- tion mondiale de la santé (OMS).Hier, des répliques du tremblement de terre ont semé la panique chez des dizaines de milliers d’habitants des côtes de l’Inde, du Sri Lanka et de la Thaïlande.Au Sri Lanka, les villageois se sont réfugiés sur les toits et autres hau- teurs tandis que l’armée les appelait à rester vigilants, sans paniquer.Dans le sud de la Thaïlande, VOIR PACK A 6: VICTIMES ¦ Lire autres textes en pages A 2, A 3 et A 4 Les «pingres» rajustent leur aide Les 100 000 $ du gouvernement Charest ne sont qu’une goutte d’eau dans l’effort des pays occidentaux MALORIE BEAUCHEMI ADREES IjATIF REUTERS Samchai, un Thaïlandais de 33 ans, regarde un bûcher où est incinéré le corps de son frère à Ban Muan, à 130 kilomètres au nord de la station balnéaire de Phuket.Le tsunami a fauché le jeune homme de 21 ans pendant qu’il travaillait.Devant l’ampleur de la catastrophe et les accusations répétées de pingrerie, les puissances occidentales se sont empressées d’annoncer une augmentation substantielle de l’aide octroyée aux pays d’Asie du Sud-Est victimes des tsunamis meurtriers.Le Canada n’est pas en reste, avec l’annonce mercredi d’une aide supplémentaire de 36 millions de dollars, mais le Québec traîne la patte.Dès le deuxième jour après la catastrophe, le gouvernement de Jean Charest, par l’entremise de la ministre des Relations avec les citoyens et de l’Immigration, Michelle Courchesne, a annoncé une aide de 100 000 $ aux sinistrés de l’Asie du Sud-Est «Le Québec a été le premier à réagir», souligne Myriam Marotte, de la Croix-Rouge, division Québec.VOIR PAGE: A 6: PINGRES Brassage d’opinions : l’« effet» des Fêtes Les faiseurs d'opinions en tiennent compte C LAI RAN D RÉ E CAUCHY La rumba des fêtes de famille et des soupers entre amis donne lieu chaque année à un grand brassage d’opinions, alors que médecins et ouvriers d’usine, grands-mères et étudiants sont assis à une même tablée.«Est-ce que nous débouchons une bouteille ontarienne?», se de-mande-t-on avant de tergiverser sur la stratégie syndicale et les conditions de travail des employés de la SAQ.«Qu'est-ce que tu penses de la sentence de Guy Cloutier?», demandera un autre en se retournant vers son beau-frère avocat Entre la tourtière et la dinde, les Québécois prennent surtout des nouveDes de leur monde, mais discutent aussi de l’actualité récente, ce qui rend la période peut-être phis propice aux mouvements d’opinion publique.Un «effet des Fêtes» dont certains VOIR PAGE A 6: BRASSAGE La famille des sans-abri s’élargit A l’aube de 2005, les organismes de secours montréalais constatent une augmentation constante de l’itinérance MALORIE BEAUCHEMIN En cette période de froid hivernal, les centres qui viennent en aide aux sans-abri de Montréal sont débordés, mais le temps glacial n’est pas la seule cause de cet achalandage: à l’heure des bilans de fin d’année, il semble que le nombre d’itinérants à Montréal a augmenté en 2004.«L’itinérance à Montréal est en constante progression, martèle Djamel Bourtal, superviseur à la mission Old Brewery, qui offre un toit temporaire aux sans-abri.On s’en rend compte quand on voit le nombre de nouveaux clients qui ne sont jamais passés par chez nous.Par mois, il y a entre 75 et 150 nouveaux itinérants qui viennent dormir à la mission.» Les causes de cette augmentation sont multiples, selon lui, mais certaines données ne mentent pas.«Beaucoup d’hôpitaux réduisent le nombre de leurs lits, surtout en psychiatrie, affirme Djamel Bourtal.On voit les répercussions: les clientèles avec des problèmes psychiatriques augmentent.» Il cite des cas de schizophrénie, de dédoublement de personnalité, VOIR PAGE A 6: SANS-ABRI «On devient des décharges pour les hôpitaux.Les services sociaux ne sont pas bien conçus pour faire face à ça.» NORMAND BLOUIN LE DEVOIR Mario et Simon vivent dans un abri très précaire au centre-ville de Montréal.u.m- ¦ * ^Wi.• Bl ?£ Mn INDEX ^4 Actualités.A2 Annonces.C 5 Avis publics.C 6 Bourse.C 2 Décès.C 5 Économie.C 1 Éditorial .B 4 Idées.B 5 Monde.A 5 Mots croisés.C 5 Météo.C 6 Perspectives.B 1 Rencontres .D 4 Historique.B 6 Samedi.D 1 Sports.C 6 Bonne année ! Le Devoir ne sera publié ni demain ni lundi.De retour mardi.Bon congé ! i 778313000696 LE DEVOIR.WEEK-END DU NOUVEL AN 2005 TSUNAMIS MEURTRIERS L’eau avant les cadavres Pour contenir les épidémies appréhendées, il faut s’occuper de l’alimentation en eau potable d’abord.On s’occupera des morts ensuite.Des résidants de Banda Aceh, d’eau potable.DARREN WHITESIDE en Indonésie, font la file, un bidon à la main, afin de quérir un peu FRÉDÉRIQUE DOYON La désolation fait place à la crainte des épidémies.Aux images de cadavres en putréfaction amoncelés sur les rives, on associe spontanément l’émergence d’atroces maladies.Pourtant, ces morts ne constituent pas la première menace.«Le problème vient des eaux stagnantes, propices au développement de maladies telles le choléra et différentes formes de dysenterie», explique le Dr John Dick Maclean, directeur du centre des maladies tropicales de l’université McGill, qui a déjà vécu en Malaysia et en Indonésie.Même son de cloche du côté des organisations internationales, qui font de la distribution de l’eau potable la priorité, loin devant le «nettoyage» des dépouilles.Un responsable de l’Organisation mondiale de la santé prédisait même que les maladies allaient provoquer plus de décès que ceux causés par les raz-de-marée.Des villages entiers ont passé les trois derniers jours sans eau potable, les systèmes d’évacuation des eaux usées et de l’eau potable s’étant emmêlés.Les diverses formes de diarrhée provoquées par la consommation d’eau souillée constituent la première source d’inquiétude.La plus simple et la plus commune de ces diarrhées entraîne un état de déshydratation qui peut être mortel.Des cas sont déjà signalés, notamment au Sri Lanka.«Le plus grand impact sera sur les enfants, qui deviennent plus vite déshydratés, surtout ceux qui n’ont pas l’âge de demander à boire, a indiqué le Dr Maclean.Les risques de mort par diarrhée sont de 10 à 20 fois plus élevés chez les enfants.Les enfant comptent pour 90 % des cas de décès attribuables à la diarrhée dans, le monde.» La dysenterie peut se présenter sous forme de fièvres et de diarrhées sévères.Un type plus aigu entraîne aussi des « Le plus grand impact sera sur les enfants, qui deviennent plus vite déshydratés, surtout ceux qui n’ont pas l’âge de demander à boire.Les risques de mort par diarrhée sont de 10 à 20 fois plus élevés chez les enfants.» pertes de sang et de selles.La consommation d’eau et de nourriture contaminées entraîne aussi le choléra, qui cause des vomissements et des diarrhées aiguës et dont le taux de mortalité effraie davantage, atteignant de 3 à 4 %.Les eaux stagnantes, plus que fréquentes sur ces terres submergées par les tsunamis, favorisent la reproduction des moustiques porteurs d’autres maladies.«D’ici quelques semaines, on peut prédire l’éclosion de la malaria [ou paludisme], dont le parasite est transmis par les piqûres de moustiques, a souligné le Dr Maclean.La bonne chose, c’est que les vagues salées des raz-de-marée ont tué les larves des moustiques.Mais il suffit qu’il pleuve [ce qui est le cas en Indonésie et en Malaysia] pour que les larves surgissent de nouveau.» La malaria cause des fièvres, des frissons, de la fatigue, des courbatures, des migraines et des troubles digestifs.Relativement facile à traiter (par comprimés), elle peut entraîner la mort dans 2 à 5 % des cas s’il n’y a aucun traitement, un taux qui grimpe à 15 % dans le cas de la dengue, dont le virus est lui aussi transmis par les moustiques et qui cause des douleurs musculaires, des nausées et des fièvres tout en pouvant aussi dégénérer en hémorragies.Quand peut-on parler d’épidémie?«Il existe plusieurs définitions, a répondu le médecin, et tout dépend des régions.Généralement, c’est lorsque le nombre de cas double.» Le Dr Maclean craint d’ailleurs que l’aide médicale n’arrive trop tard.Sur le terrain, on déplore déjà que l’aide parvienne au compte-gouttes.Le médecin fait toutefois confiance à la Croix-Rouge, spécialisée dans la réponse aux désastres.«On n’a pas beaucoup d’expérience de catastrophes de cette ampleur, alors on peut seulement espérer.» Le Devoir En collaboration avec MAISON ETHIER Les plus grands manufacturiers écoulent leurs surplus de 2004 DECOR-REST NatlUEi ffl bhcrmoq NAUTICA LA-Z-BOY e,^>| Thermadar Dayman ashley îâûPv ETWuseR.(@) /liiiKG BOSCH Kl*cH*nAlcï intenant >.üllîiIE -T m» rf-ii 11 rdès maintenu jusqu'à épuisement V des stocks ductions jusqu'en bas du prix coûtant ! 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d’augmenter rapidement Seulement deux des quatre Canadiens dont le décès a été confirmé ont été identifiés.Les deux victimes en question sont québécoises.Il s’agit de Mathieu La-fond, 28 ans, originaire de Repen-tigny, mort sur l’île touristique de Fhukef en Thaïlande, et de Gilles Bouchard, 57 ans, qui habitait Hawksbury, en Ontario, mais qui était originaire de Maniwaki, décédé en Thaïlande.Presse canadienne Le Canada a annoncé un moratoire sur le remboursement de la dette des pays ravagés par le passage des tsunamis en Asie du Sud.L’annonce a été faite hier par le ministre des Affaires étrangères, Pierre Pettigrew, tout juste rentré de vacances pour coordonner les efforts humanitaires du pays.Le moratoire entrera en vigueur dans un avenir rapproché, a-t-D précisé.«Ainsi, nous ne nous attaquons pas seulement à la crise, nous apportons notre soutien à la reconstruction de ces pays.» La dette de l’Indonésie est la plus considérable, à 588 millions de dollars.Les autres pays endettés sont le Sri Lanka, la Thaïlande, l’Inde, le Kenya, la Malaysia, les Maldives et la Birmanie.Une unité de reconnaissance composée d’employés de la Défense et des Affaires étrangères ainsi que de professionnels de la santé était en route vers le Sri Lanka jeudi afin d’évaluer l’appui supplémentaire que pourrait fournir le Canada.L'unité se rendra ensuite en Indonésie.Certaines demandes des pays sinistrés sont plus singulières et ne cadrent pas avec les fournitures habituelles en cas de désastre.Par exemple, la Thaïlande a demandé des psychiatres et des conseillers pour assister les touristes occidentaux traumatisés.Or, jusqu’à maintenant les gens sur place ont un urgent besoin d’argent, c’est ce qui est le plus utile, a indiqué le ministre.Un autre coup de pouce du Canada Le ministre de la Défense, Bill Graham, a pour sa part fait savoir que des employés des Affaires étrangères et de l’Agence canadienne de développement interna-*, tional (ACDI) sur place travaillent littéralement sans relâche depuis le passage des tsunamis.M.Graham a par ailleurs affirmé que le premier ministre Paul Martin, en vacances au Maroc, devait parler au président Geoige W.Bush plus tard jeudi pour offrir de l’aide supplémentaire au groupe de pays mobilisés pour organiser les secours internationaux.Le fédéral a jusqu’à maintenant débloqué 40 millions de dollars.D oeuvre de concert avec des organismes humanitaires comme Vision mondiale et Médecins sans frontières.Deux avions cargos ont aussi acheminé des secours.Outre le soutien financier et logistique à l’aide humanitaire, le Canada ouvre ses portes à des milliers de victimes des tsunamis meurtriers en accélérant le processus d’étude des demandes d’immigration formulées par les personnes comptant de la famille au pays, comme le rapportait le Globe and Mail hier.Cette mesure pourrait permettre à 5000 nouveaux arrivants de s’installer au Canada, selon une estimation, alors que ceux qui sont devenus des sans-abri à la suite de la catastrophe téléphonent à leurs proches canadiens afin qu’ils se portent à leur secours.Presse canadienne 4 LE DEVOIR.WEEKEND DT N O l’ Y E L A N 2 O O r> A 3 SDNAMIS MEURTRIERS RKIITERS Une femme étouffe un cri d’horreur après avoir vu les corps de victimes des tsunamis à Krabi, en Thaïlande.L’équilibre mental à reconstruire Après avoir trouvé un endroit pour dormir et manger un peu, la plupart des survivants plongent dans un profond état de choc ALEC CASTONGUAY Les tsunamis dévastateurs qui ont fauché plus de 125 000 vies en Asie du Sud-Est auront des conséquences «inimaginables» sur la santé mentale des populations touchées, selon les psychologues consultés par Le Devoir.Foudroyé par une catastrophe naturelle de cette ampleur, l’être humain doit d’abord se concentrer sur ses besoins primaires avant de constater péniblement que son esprit, ses émotions et ses repères sont tout aussi démolis que le paysage alentour.«Les conséquences d’un tel désastre qui touche des millions de personnes dans plusieurs pays sont inimaginables», soutient Angela Dupont, psychologue clinicienne à Montréal.«Lors d’une catastrophe comme celle-là, les gens touchés souffrent d’angoisse, d’impuissance, ils perdent leurs repères, ils sont dépossédés.Us ne comprennent pas ce qui se passe.Le stress post-traumatique est énorme et intense.C'est une grande détresse mentale.» Parcourant les hôpitaux et les centres d’hébergement du Sri Lanka, un des pays les plus affectés par les raz-de-marée avec plus de 20 000 morts et un million de déplacés, Hemamali Perera est estomaqué par ce qu’il voit Enseignant la psychologie médicale à la faculté de médecine de Colombo, il décrit une population déboussolée, secouée par les événements.«L'état de stress est gigantesque, des milliers de gens sont dans un délire total», a-t-il dit au Los Angeles Times.«Ij’s gens sont en détresse psychologique, plusieurs sont incapables de parler, incapables de comprendre l’impact de cette catastrophe sur leur vie.» Après avoir trouvé un endroit pour dormir et manger un peu, la plupart des survivants plongent dans un profond état de choc.«Les gens sont devant le néant, ils n’ont plus de carte pour naviguer dans la vie.Quand tu as perdu ta femme et tes enfants, en plus d’une partie de tes amis, tu fais quoi?Tu commences par où?L'existence est composée de normes et, quand elles disparaissent, c’est terrible», souligne Donald Taylor, professeur de psychologie sociale à l’université McGill.Pour donner un sens à leur vie, les survivants vont tout naturellement se rapprocher, se parler et se serrer dans leurs bras, même s'ils ne se connaissent pas.«On a besoin de contacts humains dans ces circonstances, il faut reconstruire nos balises, comprendre ce qui arrive et se sentir un peu en vie», poursuit Donald Taylor.Les tsunamis ayant frappé avec-une force incroyable des pays pauvres et chauds, les morts doivent être enterrés rapidement afin d’éviter l’éclatement d’épidémies.Les fosses communes s’emplissent vite et les familles n’ont souvent pas le temps de prier ou même de voir leurs proches décédés.Il s’agit d’un obstacle psychologique de taille pour commencer un deuil.l.a douleur pour les survivants sera donc très vive, et ce, pour longtemps, souligne Angela Dupont «Certains survivants vont revivre sans arrêt le moment fatal d’un proche, d’autres vont tout oublier, comme un black-out total dans leur esprit.Iss enfants vont souvent régresser dans leur évolution, arrêtant de parler pour un bon moment.D'autres versent carrément dans la folie et sont irrécupérables.La culpabilité du survivant sera très forte.Cela fait partie de Thorreur qui va durer des années.» Irs gens près des victimes, ceux qui ont vu mourir des être chers, restent accrochés à des événements précis, comme un déraillement de train, une vague, des cris, des pleurs, des odeurs ou des visions pénibles.Le cerveau colle à cet instant et ne s’en détache plus, comme l'épicentre d’un traumatisme qui démolit tranquillement l'esprit.Tout est à refaire et, dans ces pays défavorisés, l’aide psychologique n’est pas très présente, ce qui risque de nuire aux populations locales pendant de longues années.Heureusement, «la noblesse de l’humain et les mouvements du cœur» sont au rendez-vous dans ces moments pénibles, dit Angela Dupont «Il se crée spontanément des lieux de parole, des endroits pour faire sortir du système ce traumatisme extrême.Il faut redonner un sens à la vie.» Le Devoir « Quand tu as perdu ta femme et tes enfants, tu fais quoi?Tu commences par où ?» EN BREF Un site Internet pour les familles inquiètes Paris — Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a mis en place un site Internet pour permettre aux familles de localiser leurs proches qui se trouvent dans les zones touchées par les raz-de-marée en Asie.Ce site (http://uiww.icrc.org/familylinks) destiné à restaurer les liens entre les familles séparées permet aux proches inquiets de consulter les listes de noms établies par la Croix-Rouge.Les survivants peuvent également s’inscrire pour faire apparaître leur nom sur la liste et donner de leurs nouvelles.- AP Les artistes de la Galerie Éric Devlin déplorent la disparition d'un des artistes des plus indépendant et rigoureux du Québec.Edmund Alleyn (1931-2004) galeriericdevlin **** 1407, Saint-Alexandre, Montréal (Québec) H3A 2G3 T 514 866 6272 F 514 866 7284 www.galerlerlcdevlin.com Bonne et heureuse année à toute notre clientèle HONSIIUR • MIITIR .A'meet renfxuironet tout.'iait/fea cucum ôrisésJ 4652, bout.Décarie, Montréal SI4-484-8332 www.themrfixit.com DEPUIS 1953 '*>' Résultats oi Ü m épAt légal; Bibliothèque nationale du Québec ?LES ACTUALITES- VICTIMES SUITE DE LA PAGE 1 les sirènes d’alerte aux tsunamis ont fait se vider immédiatement les plages pour, au bout du compte, quelques petites vagues.Les 12 pays directement touchés par la tragédie continuent d’évaluer les dégâts.Selon l’OMS, ü faudrait 40 millions $US pour fournir à très courte échéance eau potable, installations sanitaires et soins médicaux aux millions de personnes devenues incapables d’assurer leur survie.Une évaluation qui demeure approximative: l’étendue exacte du désastre humain reste en effet inconnue, et les organisations humanitaires redoutent que le pire soit encore a venir, avec la propagation d’épidémies de dysenterie, de paludisme, de dengue, de choléra, de typhoïde et d’infections respiratoires.Face à l'ampleur de la catastrophe, la mobilisation internationale est sans précédent Quelque 500 millions $US d’aide ont déjà été promis par différents gouvernements, dont le Canada, qui envisagent aussi d’alléger la dette des pays ravagés.Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, s'est déclaré «satisfait» de la réaction des gouvernements hier.Les ONG continuent d’acheminer du matériel de secours dans la région malgré les très grandes difficultés d’accès.La Banque mondiale a annoncé qu’elle allait débloquer 250 millions de dollars d’aide aux sinistrés des raz-de-marée.Mais malgré cela, les efforts restent très en deçà des besoins puisque l’ONU a demandé une aide de plus de 1,6 milliard $US.Les dégâts infligés par la catastrophe sont estimés à 14 milliards $US.Tensions chez les donateurs Parmi les pays donateurs d’aide, des tensions sont apparues apres l’annonce mercredi par le président américain George W.Bush que les États-Unis, l’Australie, le Japon et l’Inde allaient prendre la tête d'une coalition pour coordonner les secours, un rôle habituellement dè volu à l’ONU.Hier, le président Bush a également an-nopcé qu’une mission d’experts, dirigée par le secrétaire d'État Colin Powell, se rendra en Asie dimanche pour évaluer les besoins des populations sinistrées après le violent séisme qui a frappé une partie de la région.Tandis que le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi proposait dans la journée une réunion spéciale du groupe des pays les plus industrialisés (G8) pour organiser l’aide, le chef de la diplomatie américaine Colin Powell évoquait une conférence des donateurs, qui pourrait avoir lieu la semaine prochaine.Mais après un entretien avec le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, M.Powell a pris soin de préciser que «les Nations unies auront la responsabilité de mener les efforts internationaux» Ces efforts ne sont pas faciles.L’ONU reconnaît que la distribution de l’aide humanitaire se heurte a l’insuffisance des moyens sur le terrain.«Nous faisons très peu de choses pour le moment», a reconnu Jan Egeland, coordonnateur des efforts de secours à l’ONU.«R faudra peut-être de 48 à 72 heures supplémentaires pour être en mesure de répondre aux dizaines de milliers de personnes qui auraient aimé bénéficier de cette aide aujourd’hui — ou hier, plutôt», a-t-il ajouté, «fe pense que la frustration va croître dans les jours et les semaines à venir.» Fosses communes Pendant ce temps, le bilan s'alourdit L’Indonésie a confirmé hier près de 28 000 morts supplémentaires sur les côtes de Sumatra, où des villages inaccessibles, cernés de falaises, ont reçu des vivres par largage aérien.Elle, proche de l’épicentre du tremblement de terre initial, a été submergée par les tsunamis.On y dénombre 80 000 morts au total.Environ 60 % de Banda Aceh, à la pointe nord, est détruite, affirme l’UNICEF, et 185 kilomètres de la côte nord-ouest, semée de villages, sont inondés.Des corps gonflés en décomposition jonchent les rues sous la chaleur tropicale, dans une odeur pestilentielle.«Tout s’est écroulé ici.Même le gouvernement s’est écroulé.Les hôpitaux, les services médicaux sont débordés», constate le chirurgien général des armées, le général Achmad Hiayat Les déplacés se comptent en centaines de milliers dans cette région.Déjà traumatisés, ils ont dû affronter des répliques sismiques dans la nuit.Mais surtout la plupart d’entre eux n’ont pas pu recevoir d’aide internationale en raison de la coupure des routes et d’une grave pénurie d’essence.Affamés, certains ont commencé à fouiller la couche de boue pour trouver des noix de coco ou du riz.Tant bien que mal, les autorités indonésiennes s’appliquent à disposer le plus rapidement possible des cadavres dans des fosses communes creusées à la hâte afin d’éviter les épidémies appréhendées.La police et l’armée surveillent les magasins pour éviter les pillages tandis que les habitants sont réfugiés dans les mosquées, les écoles et les bâtiments publics.Des dizaines de médecins sont arrivés à Sumatra.La province d’Aceh, théâtre d’une guerre séparatiste depuis 26 ans, est rouverte aux organisations huma- nitaires et aux journalistes étrangers depuis lundi.Au Sri Lanka, les autorités évoquaient 2000 morts supplémentaires, soit un total d’au moins 24 743, près de 5000 disparus et un million de personnes réfugiées dans des écoles et des etablissements religieux.L’Inde déplorait de son côté au moins 7368 morts et jusqu’à 10 000 personnes portées disparues, dans la boue et la végétation dense des îles isolées d’Anda-man et Nicobar.Certains rescapés affirment n’avoir pas mangé pendant deux jours ou avoir dû se nourrir des crocodiles amenés par les flots.L’aviation a effectué des missions de reconnaissance et évacué plusieurs centaines de personnes.Quant à la Thaïlande, ses autorités craignaient que le bilan n’atteigne les 7000 décès, contre 2400 déjà recensés, avec la découverte de phis de 3500 cadavres dans la province méridionale de Phang Nga.Plus de 6000 personnes sont portées disparues.Les tsunamis ont aussi frappé la Birmanie (90 morts, selon l’ONU), les Maldives (75), la Malaysia (66), le Bangladesh (2) eL en Afrique, la Somalie (132), la Tanzanie (10) et le Kenya (1).Étrangers Les touristes étrangers ont également payé un lourd tribut aux tsunamis.Au moins 243 ont péri et plusieurs milliers sont recherchés, selon leurs gouvernements, et la Thaïlande faisait état de 473 personnes de 36 nationalités dont le décès aurait été confirmé dans les stations balnéaires du sud du pays.Cette situation a d’ailleurs créé un problème particulier autour des cadavres dont la décomposition est avancée.Les étrangers souhaitent en effet les conserver pour permettre leur identification alors que les autorités préfèrent les enterrer ou les incinè rer pour des raisons sanitaires.Ces difficultés d’identification expliquent aussi le flou entourant le sort de nombreux touristes.Alors qu’environ 7000 étrangers sont portés disparus ou n’ont pas donné de nouvelles (dont 1500 Suédois, 700 Norvégiens, 1000 Allemands et 700 Italiens), seules quelques centaines de morts ont été confirmées par les ambassades respectives.La Suède est particulièrement affectée (44 morts confirmées), ainsi que l’Allemagne (33), la Grande-Bretagne (28), la France (21), la Norvège (20), l’Autriche (20), l’Italie (14) et les États-Unis (14), selon des chiffres fournis par les autorités.Le Devoir D’après Associated Press, l’Agence France-Presse et Reuters PINGRES SUITE DE LA PAGE 1 Or les gouvernements de l’Ontario et de la Colombie-Britannique ont annoncé hier l’octroi d’une aide substantielle, respectivement de cinq et huit millions de dollars.«Quand on regarde l’ampleur de la catastrophe, 100 000 $, c’est bien peu, c’est trop peu, c’est minime, critique la députée péquiste de Prévost, Lucie Papineau.Je souhaite de tout cœur que le gouvernement du Québec révise sa position.Surtou j que nous, comme pays riche, on pourrait faire plus.À côté des cinq millions en Ontario, c’est comme donner 25 sous par rapport à 1000 $ à quelqu’un qui est dans le besoin.» Au bureau du premier ministre du Québec, on répond qu'il n’y a «pas d’aide supplémentaire» de prévue, explique l’attachée de presse de Jean Charest, Marie-Claude Champoux.Au ministère des Relations internationales (MRI), la position n’a pas changé depuis le début de la semaine.«Pour l’instant, on reste sur les 100 000 $ annoncés mardi.Les Québécois ont contribué par leurs impôts et leurs taxes; si certains désirent le faire plus amplement, ils peuvent le faire par la Croix-Rouge directement», affirme Amélie Blondeau, de la direction des communications du MRI.Fortement critiqué pour sa lenteur à réagir, le gouvernement canadien a par ailleurs révisé mercredi à la hausse le montant remis aux organismes venant en aide aux sinistrés des tsunamis.Les dons offerts par Ottawa se chiffrent maintenant à 40 millions de dollars.Mais c’est contre les États-Unis, première puissance mondiale, que la critique a été la plus sévère.Le quotidien français Le Figaro a ridiculisé, hier, la déci- sion initiale du président Bush de consacrer 15 millions $US à la tragédie.«Quinze millions de dollars, c’est moins de la moitié des ventes quotidiennes d’aliments pour chiens et chats aux Etats-Unis.C’est dix fois moins que le coût d’un jour de guerre en Irak pour l’armée américaine», écrit le quotidien, reconnu pour ses positions conservatrices.A l’intérieur même des États-Unis, les critiques se sont multipliées, notamment de la part du très influent quotidien New York Times qui, dans un éditorial, affirme espérer «que le secrétaire d’État Colin Powell a été personnellement embarrassé» d’annoncer une aide de 15 millions $US deux jours après une tragédie «qui coûtera des milliards».Un montant qui représente, selon l’éditorialiste, «moins de la moitié de ce que les républicains prévoient pour célébrer l’assermentation du président Bush» en janvier.L’annonce faite mercredi d’une aide supplémentaire totalisant 35 millions SUS n’a pas fait taire les critiques.«Ce n’est encore qu’une goutte d’çau», affirme le New York Times, en ajoutant que les États-Unis dépensent moins de 0,25 % de leur budget annuel en aide aux pays pauvres.La surenchère ne s’est pas fait attendre du côté de la France, qui a annoncé hier qu’elle était prête à doubler le montant de ses dons aux victimes des raz-de-marée en Asie, ce qui porterait l’aide promise par l'Hexagone à plus de 57 millions $US.La France essuyait ainsi des critiques provenant du patron de l'Agence américaine pour le développement (USAID), Andrew Natsios, qui avait déclaré mercredi que «le programme d’aide humanitaire de la France n’est pas si gros que cela».Désormais, c’est en millions, voire en dizaines de millions, que l’aide vient des gouvernements et de nombreuses organisations non gouvernementales (ONG) qui ont lancé des collectes de fonds partout dans le monde., En tête des pays donateurs se trouvent, outre les États-Unis, le Canada et la France: les Pays-Bas (36.8 millions $US), l’Union européenne (27 millions SUS), le Japon (39,5 millions SUS), le Royaume-Uni (29 millions $US), l’Australie (27,2 millions $US).Des pays connaissant de grandes difficultés économiques contribuent aussi, comme la Roumanie et le Cambodge, qui ont débloqué chacun plus de 40 000 $US.La Suède est le plus gros donateur actuel, avec 75 millions en aide «d’urgence initiale», mais son cas est particulier elle est l’un des pays occidentaux les plus touchés, entre 1000 et 4500 de ses ressortissants manquant toujours à l’appel Dès le lendemain de la catastrophe, lundi, l'accusation de «radinerie» ou de «pingrerie» à l’égard des puissances occidentales avait surgi, venant du responsable des questions humanitaires de l’ONU, Jan Egeland.Ce dernier avait alors souligné que plusieurs pays riches ne consacrent qu’environ 0,1 % ou 0,2 % de leur PNB à l’aide au développement au lieu du 0,7 % promis dans la déclaration du millénaire en 2000.Somme toute, les accusations et les critiques semblent avoir porté fruits.Washington a fait savoir qu’il était favorable à des mesures d’allégement de la dette de ces pays.L’Allemagne et la France, elles, ont proposé un moratoire sur la dette des pays les plus touchés, notamment l’Indonésie, idée qui devrait être examinée par le Club de Paris — groupe informel de créanciers publics formé de 19 pays — qui se réunira le 12 janvier.Selon la Banque mondiale, la dette extérieure publique des cinq pays les plus touchés par la catastrophe du 26 décembre s’élève à plus de 300 milliards de dollars.Le Devoir Avec AFP, Reuters et Libération BRASSAGE SUITE DE LA PAGE 1 faiseurs d’opinions essaient de tirer profit, ou à tout le moins de ne pas en faire les frais.Le président de Léger Marketing, Jean-Marc Léger, constate que les variations de sondage sont aussi importantes pendant les 10 jours de la période des Fêtes qu’au cours des deux mois de vacances estivales.«Les tendances s’accélèrent dans le temps des Fêtes et se confirment.Le niveau d’indécis devient beaucoup plus faible après», affirme le sondeur, qui prédit une perception plus négative du Parti québécois après la période des Fêtes, étant donné la tendance en ce sens observée dans son dernier sondage.Les festivités ne donnent donc presque jamais lieu à des renversements de tendance; au contraire, les Québécois cherchent à établir des consensus, poursuit le sondeur.Professeur de communications à l’Université de Montréal, André-A.Lafrance pense de son côté que l’opinion publique est fragilisée pendant les Fêtes, rendant les gens plus ouverts à entendre de nouveaux arguments.Les gens transfèrent leurs opinions de leur réseau de travail à celui de la famille et des amis.Au retour au travail, certains pourraient oser exprimer davantage des opinions différentes de celles généralement acceptées dans leur milieu de travail, sachant qu'elles sont répandues ailleurs.«Si je réalise qu’il y a plein de monde en faveur des mariages gais dans ma famille et qu’au bureau tout le monde est contre, peut-être que je vais en parler avec une nouvelle sécurité.Comme une abeille qui butine, je vais véhiculer certains arguments entendus dans ma famille», illustre M.Lafrance.L’opinion publique traverse donc une période de «turbulence», qui devrait se stabiliser seulement en février ou en mars, poursuit-il.Un effet calculé Les faiseurs d'opinions en général et les politiciens en particulier sont particulièrement attentifs à ce phénomène.«C’est un effet qui est toujours calculé», tranche Jean-Marc Léger, prenant pour exemple les traditionnelles entrevues de fin d'année des chefs d'État.«Rs essaient de donner un sens à ce qui s'est passé au cours des derniers mois.Rs savent que cette opinion-là.avant les Fêtes, est importante, parce que après cela va être pire», pense le sondeur, estimant que la décision de devancer l'envoi du chèque de soutien aux familles n'est pas étrangère à cette stratégie.A contrario, certains stratèges politiques peuvent aussi profiter de la distraction du public, tout à ses emplettes de Noël, pour «en passer des petites vites», croit de son côté André-A.Lafrance.Ancien chef de cabinet de Robert Bourassa, John Parisella se rappelle pour sa part avoir systématiquement fait la tournée des journalistes parlementaires vers la fin de novembre pour «essayer d’avoir un bon bilan de fin de saison».L'opération devait être achevée en décembre: «Robert Bourassa disait toujours que, quand décembre arrive, le monde est déjà dans les magasins.On essayait de faire le moins de vagues possible pour essayer d’éviter de créer des tendances lourdes», raconte l'ancien stratège politique, qui se souvient d’avoir entendu Brian Mulroney dire qu’un chef de parti dort toujours mieux le soir de Noël quand son caucus est derrière lui.Ayant pris du recul depuis qu’il a quitté les officines politiques en 1994, John Parisella pose maintenant un regard beaucoup plus détaché sur ce phénomène de communication.«Nous étions dans une bféile; nous pensions que tout ce qu’on faisait, les gens en parleraient.» Il faut dire que le débat politique est aussi moins passionné.«La question nationale est moins polarisante.Les familles ont évolué et on assiste à une multiplication des centres d'intérêt», croit le communicateur, qui préside maintenant la firme BCP Jean-Marc Léger semble partager son point de vue: la politique n'arrive pas en tête du palmarès des discussions cette année.«Il n’y a pas de projet de société important ou de choses controversées.Les gouvernements sont en début de mandat et ne cherchent pas à séduire l’électorat.Rs essaient de moins provoquer.» André-A.Lafrance opine du bonnet: le scandale des commandites fait partie des causes déjà jugées pour le commun des mortels.«La commission Gome-ry n 'intéresse que le monde médiatique et politique.» La SAQ et Guy Cloutier Invité quelques jours avant Noël à faire ses pronostics sur ce qui animerait les discussions, Jean-Marc Léger misait dans l'ordre sur la sentence de Guy Cloutier, le lock-out au hockey et la grève à la SAQ.C’était évidemment avant les tsunamis, qui monopoliseront probablement l’attention au réveillon du jour de l’An.Un rapide vox populi réalisé par Le Devoir confirme généralement ses prévisions, quoique le hockey ne semble pas avoir délié les langues autant que l’affaire Cloutier et les relations de tra\ail chez le marchand d'alcool.Les analyses sur la guerre en Irak ont aussi figuré en tête de liste des échanges, mais n’ont pas donné lieu à de grands débats, les critiques étant largement partagées.Présence d’alcool oblige, la grève à la SAQ était un incontournable.Daniel a changé d'idée sur la pertinence de la tactique syndicale après le réveillon en famille.«Je pensais que la grève avant les Fêtes était une bonne tactique.J’ai réalisé que les syndiqués vont attendre longtemps.Je ne savais pas que les ventes allaient si bien et qu’ils économisaient autant sur les salaires», explique le fonctionnaire de 43 ans.Déterminée auparavant à ne pas franchir les piquets de grève, Louise a quant à elle vu sa conviction ébranlée par une discussion avec une nièce de 25 ans.«Elle m’a dit que c’étaient surtout des emplois d’étudiants et que, s’ils n’étaient pas contents, ils n’avaient qu’à changer d’emploi», explique la femme, qui dit mieux comprendre ceux qui franchissent le piquet de grève.La politique a aussi fait un peu jaser dans sa famille, juste assez longtemps pour que tous conviennent qu'ils étaient «déçus» par le manque de relève et le peu d’espoir de changement tous ordres politiques confondus.«Les plus âgé s’ennuyaient des Trudeau et Drapeau, les étudiants n’étaient pas contents des compressions dans les prêts et bourses, un autre, dans le milieu de la santé, était aussi mécontent», raconte la femme.Dans la parenté d'Yves.45 ans, la politique est cependant un sujet tabou depuis le référendum de 1995.«Le terrain est trop dangereux!» C'est plutôt la sentence de Guy Cloutier qui a été scrutée à la loupe.Les avocats ont expliqué l’état du droit en matière d’agressions sexuelles à des profanes convaincus que la sentence était trop clémente.Mais dans l’ensemble, les échanges ont surtout porté sur les projets de voyage, le travail, les événements heureux comme les fiançailles et les naissances.Pour ceux qui ont fêté depuis le 26, tous les autres sujets ont été balayés par la tragédie en Asie du Sud, presque tout le monde connaissant de près ou de loin quelqu’un en voyage dans la région.Le facteur V2 Pour ceux qui font l’actualité, journalistes, relation-nistes et autres politiciens, les Fêtes permettent de se confronter à la vraie vie, ce que M.Lafrance appelle le «facteur V2».«C’est rude, cela force à sortir de son monde fermé», explique le professeur, qui répète toujours à ses étudiants que les partys des Fêtes constituent le meilleur des «focus groups».Ce pouls permet aussi de réorienter les stratégies de marketing.Ainsi, par exemple, les remaniements politiques surviennent généralement dans les semaines qui suivent les vacances d’été ou de Noël.«On essaie de dire au peuple qu’il y a un nouveau départ», explique Jean-Marc Léger, rappelant que Jean Charest n’a pas fermé la porte récemment à un éventuel remaniement se contentant de préciser qu'il n'y avait pas de «plan de remaniement» pour l’instant A suivre dans les prochaines semaines! Le Devoir
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