Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (8)

Références

Le devoir, 2009-02-21, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
; LITTERATURE > Étrange Michèle Plomer \ Page F 3 LITTERATURE Destin d'Albert Camus Page F 4 » NEWSCOM.COM Le capitalisme destructeur, entre Freud et Kepes Le contexte de la dernière année est troublant: la dissection, à Wall Street, d’une mécanique de profit que plusieurs apparentent à une structure pyramidale; l’émergence d’une récession mondiale; et, pour oien cimenter le gâchis, la mise à contribution massive de l’argent des contribuables pour éponger ce que plusieurs voient comme l’ultime dérapage d’un marché incapable de se contrôler.Des milliards partis en fumée pendant qu’une minorité d’acteurs, de banquiers et de courtiers cherchaient à maximiser les primes de fin d’année.FRANÇOIS DESJARDINS ace à la crise, Gilles Dostaler et Bernard Maris, coauteurs de Capitalisme et pulsion de mort, reviennent sur la force destructrice de l’argent à travers la pensée du psychanalyste Sigmund Freud et de l’économiste britannique John Maynard Keynes.Un ouvrage de grande qualité, déjà en deuxième tirage en France, qui suscite la réflexion sur ce qui fait tourner la machine et conclut en souhaitant l’avènement d’un modèle nouveau.«Jusqu’à l’automne dernier, on était à contre-courant du discours dominant», reconnaît d’emblée Gilles Dostaler, historien de la pensée économique à l’Université du Québec à Montréal et auteur de nombreux ouvrages sur Keynes.Les deux hommes se sont rencontrés il y a une dizaine d’années, en France, et leur projet est né il y a trois ou quatre ans, au moment où personne ne se doutait de ce qui s’en venait.«Mais avec la crise engendrée par les “supprimes” [les prêts hypothécaires à risque élevé], le discours « Dans la concurrence et l’amour de l’argent gisent les causes de la violence sociale » dominant a changé complètement.» Avec Bernard Maris, professeur d’université, auteur à’Antimanuel d’économie et directeur adjoint de la rédaction de Charlie Hebdo, Gilles Dostaler se sert du double prisme offert par Freud et Keynes pour se pencher sur le rôle de l’argent «comme fin en soi», avec toutes les conséquences que cela occasionne sur le monde et les relations humaines.La réflexion s'articule d'abord autour de la pulsion de mort découverte par Freud.Présente en chacun de nous, elle ferait en sorte que toute forme de vie éprouve un désir de mourir.Les auteurs précisent que son objectif, toutefois, est retardé par la pulsion de vie.Entretemps, il y a un détour, qui passe par l'accumulation de biens matériels et d'argent, purement et simplement.«Nous accumulons pour aller le plus tard possible vers la mort.» Autrement dit, le temps ne sert plus qu’à accumuler, avec toute la destruction que cela comporte.Ce qui n'est pas sans lien, disent-ils, avec les stratégies d’investissement spéculatives qui caractérisent désormais le système, ou ces bourreaux de travail qui ne vivent que pour raffiner les décimales du rendement, peu importe Je nombre d’heures qu’il faut y consacrer.La roue tourne sans cesse.On ne ferme jamais les livres, jamais il n’y a d’équilibre.«Ce qu’enseignent Freud et Keynes, c’est que ce désir d’équilibre qui appartient au capitalisme, toujours présent, mais toujours repoussé dans la croissance, n’est autre qu’une pulsion de mort, écrivent-ils.Détruire, puis se détruire et mourir constituent aussi l’esprit du capitalisme.Sur les marchés circulent des marchandises cristallisant le temps de travail des hommes, mais aussi de la souffrance, de la culpabilité et de la haine.» Chez Keynes, qui avait lu Freud, cette pulsion se traduit par l'amour de l’argent, qui selon lui est le «problème moral de notre temps».Car, selon les auteurs, «dans la concurrence et l’amour de l’argent gisent les causes de la violence sociale».Dans l’esprit de Keynes, la monnaie n’est pas un instrument neutre qui ne sert qu’à conclure des échanges.Selon lui, elle est plutôt l’objet d'un «amour irrationnel» qui est «le moteur du capitalisme».Il ne s’agit toutefois pas de «refonder le capitalisme, comme il est dit aujourd'hui un peu partout», disent les deux économistes.La référence à Nicolas Sarkozy, qui a répété ces mots sur plusieurs tribunes depuis l’automne, est évidente.11 faudrait plutôt «savoir si on peut dépasser un système fondé sur l’accumulation indéfinie et la destruction sans limite de la nature.Le virage vers une économie “environnementale” risque de n’ètre que le projet capitaliste peint en vert.[.] Il ne s'agit plus de refonder, mais de dépasser, de penser autre chose».L’objectif est louable.Or, s’il fallait trouver un seul point faible à ce qu’ont fait MM.Dostaler et Maris, il se trouve dans le travail d’édition, qui n’est pas de leur ressort.À plusieurs endroits, des virgules s’introduisent ici et là sans raison appareil-4 SOURCE INTERNATIONA!, MONETARY FUND John Maynard Keynes te.Par exemple, entre le sujet et le verbe.On pardonnera ces irritants, car le texte, par ailleurs, est d'une élégance sublime.Face à la crise, on serait tenté de poser la simple question suivante: est-il possible d’être optimiste pour la suite des choses?«Je le suis modérément, dit M.Dostaler.Les événements vont forcer des changements.Il n’y a pas seulement la crise économique, il y a la crise écologique.Peut-être que les sociétés vont comprendre qu’il faut des changements à l’interne, mais aussi à l’échelle mondiale.» Le Devoir CAPITALISME ET PULSION DE MORT Gilles Dostaler et Bernard Maris Albin Michel Paris, 2009,168 pages j «Ce qu’enseignent Freud et Keynes, c’est que ce désir d’équilibre qui appartient au capitalisme, toujours présent, mais toujours repoussé dans la croissance, n’est autre qu’une pulsion de mort» SOURCE INTERNATIONA! PORTRAIT CAI EERY Sigmund Freud ’fffjPfll fi 4 « Ut ¦!-.tnzfllc Ut ¦c c Ut • ¦c c V 2 L E DEVOIR.LES S A M E l> I 21 E T DIMANCHE 22 FÉVRIER 2 O (I 9 LIVRES La résistance par les livres La collection de l’Institut canadien de Montréal est exposée à la Grande bibliothèque On prône aujourd’hui la lecture comme remède au retard scolaire.On enseigne désormais l’existence de différentes religions à l’école.Pourtant, comme en témoigne une exposition sur la collection de l’Institut canadien de Montréal, présentée à la Grande Bibliothèque, il fut un temps pas si lointain où l’Église catholique exerçait une mainmise sévère sur les lectures des Québécois.CAROLINE MONTPETIT Œuvres de Voltaire, d’Alexandre Dumas, de Rabelais ou du socialiste Eugene Sue.On a peine à croire qu’elles étaient interdites d’accès au Québec il y a quelque 150 ans.C’est pourtant ce que met en lumière l’exposition des documents marquants de l'Institut canadien de Montréal, présentée dans l’aire d’exposition de la Collection nationale, à la Grande Bibliothèque, à Montréal.Bibliothèque et Archives nationales du Québec a en effet acquis la collection de l’Institut canadien de Montréal de l’Institut Fraser-Hickson, en 2006.Cette collection a une importance majeure dans lliistoire culturelle du Québec.Fondé en 1844, l'Institut canadien de Montréal s’était donné pour but d’offrir un accès élargi au savoir et à la culture.«Faut-il que nos bibliothèques deviennent des moyens de réaction ou d’amoindrissement intellectuel?», lançait Louis-Antoine Dessaules, qui fut président de l’Institut.Doté d’une bibliothèque et d’une salle de lecture, l’Institut s’est rapidement attiré l’opprobre du clergé, de MBr Bourget en particulier, en guerre contre les «mauvais» livres, indexés par l’Église catholique.Après un long combat au cours duquel les membres de l’ICM se- i» tf.rl.ini>ii.où rapt* MfutAsiKia !*.u, , in vrai, > iD*ptrtr (!gH «rntu «u trmut la telle tr.r.ci .Mte 1»« cm) :iea».pit* u jtuae» jra* it «Ml» (Min topwuje, au ibi, aiiraiMircB é( b BÙMVlrf 4e Jeter to* «tses «| «toâdrece Injtet,.: .JACQUES NADEAU LE DEVOIR Une partie de l’exposition sur l’Institut canadien de Montréal ront excommuniés (on interdira même durant un certain temps l’inhumation de l’un de ses membres, Joseph Guibord, en cimetière catholique), le clergé aura d’ailleurs raison de l’Institut qui fermera ses portes en 1880.«L’Institut canadien de Montréal nous paraît aujourd’hui un siècle en avance sur son temps», peut-on lire au-dessus des œuvres exposées à la Grande Bibliothèque.Points de vue différents La collection témoigne en effet d’une volonté de présenter aux usagers de la bibliothèque des points de vue différents les uns des autres et d’animer ainsi le débat.On y trouve un exemplaire du Coran et un livre sur le bouddhisme.On y présente l’histoire du Canada vue par François-Xavier Garneau ou par Bibaud, qui en ont pourtant des visions divergentes, le second étant beaucoup plus favorable que le premier au Régime britannique.On trouve aussi des oeuvres de Jean-Jacques Rousseau et d’autres qui les critiquent.La collection présentée par Bibliothèque et Archives nationales du Québec présente des livres offerts à l’ICM par le prince Napoléon et par Aiuæ Ékùnc Ciiohc Mon frère llsau Anne Élaine Cliche Mon frère Êsaü roman, 240 p., 25 î Une sœur cherche son frère jumeau, peintre célèbre dont le nom, Ésaü, est à lui seul une énigme.La recherche se fait à la fois dans t’espace géographique du territoire natal et dans l’espace métaphysique de l’enfance et de l’écriture.Qui est Ésaü?Un assassin en puissance?La part la plus obscure du monde?Un frère ennemi?roman, 304 p„ 23 $ André Pronovost Plume de Fauvette André Pronovost, avec un doigté qui l'apparente à Marcel Pagnol par l’humour, le ton et l’humanité nous présente le petit monde du Bord-de-l’Eau, là où chaque individu joue le rôle principal.De grands drames s’y jouent qui ont des conséquences planétaires, rien de moins.„„„ 1781, rue Saint-Hubert, Montréal (Québec) H2L 3Z1 Al Mi Téléphone : 514.525.21.70 «Télécopieur : 514.525.75.37 niXlu ur Courriel : info@xyzedit.qc.ca • www.xyzedit.qc.ca Louis-Joseph Papineau, fervent défenseur de l'Institut.Le combat de l’Église contre l’ICM occupe une place importante dans l’exposition.En 1858, par exemple, 138 membres de l’ICM quittent le navire, sous les pressions de l’Église, et fondent l’Institut canadien-français de Montréal, qui se garde de diffuser des livres décrétés «immoraux» par l'Église.En 1870, ap-prend-on, 13 % des livres de Î’I,CM étaient mis à l’index par l’Église catholique.Parmi eux, on compte les 10 ouvrages les plus empruntés à la bibliothèque de l’ICM.Après la fermeture définitive de l’Institut, en 1880, la collection de livres est donnée à l'Institut Fraser-Hickson, qui la conservera jusqu’en 2006.Durant cette période, elle est peu fréquentée par la population francophone de Montréal.La collection actuelle compte plus de 1380 titres, soit environ la moitié de la collection initiale.Le Devoir ¦ L’exposition a lieu dans l’aire d’exposition de la Collection nationale de la Grande Bibliothèque, jusqu’au 9 août 2009.ROMAN QUEBECOIS Sur la route des maîtres Sous un zeste d’humour, Patrice Martin lance une pique contre les dédales bureaucratiques du système capitaliste SUZANNE GIGUÈRE Fonctionnaire et aujourd’hui politicien — il est conseiller municipal à la Ville de Gatineau —, Patrice Martin a souvent croisé Kafka dans son milieu de travail.Celui-ci lui a inspiré l’étonnante histoire de P, un employé de bureau modèle.Modèle?Au début du roman, tout au moins.A la manière des maîtres fantastiques, Italo Calvino, José Luis Borges et Paul Auster dans sa trilogie new-yorkaise, le romancier nous conduit dans les méandres cérébraux de son personnage dans un astucieux roman dont les multiples récits s’interpellent et s’emboîtent à la façon des poupées gigognes.Imaginaire labyrinthique R se voit confier une importante mission: aller chercher le chapeau de Kafka que son patron, à la tête d’une importante société new-yorkaise, vient d’acquérir dans une vente aux enchères.La mission se révèle plus ardue que prévu.Avant d’entrer dans l’immeuble des douanes, P a un drôle de pressentiment il n’en sortira pas indemne.Coincé dans l’ascenseur, il subit les insolences d’un superviseur de firme spécialisée en gestion d’ascenseurs qui s’affaire à lui expliquer, au bout du fil, la méthodologie des dernières études faites dans le domaine des pannes d’ascenseur.Après les défaillances mécaniques de l'ascenseur, P.est confronté à d’autres embûches: des écriteaux aux messages ambigus, voire mensongers, et le cadavre aussi imprévu qu’encombrant d’un agent de sécurité.H perd le contrôle, se met à avoir des idées saugrenues, lui qui a toujours été rationnel, réfléchi, prévisible.Il faut dire qu’il s’est mis à lire une nouvelle de Borges à la suggestion d’une femme rencontrée au cours de sa mission et plus La Librairie Monet et Mémoire d’encrier vous invitent à l’événement de l’égalité des raCCs humaineS - Hommage à Anténor Firmin et aux grandes voix de la diversité.Dimanche 22 février 2009 C&K) De 14h à 17h À la Libraire Monet (Galeries Normandie) 2752.rue de Salaberry Montréal H3M IL3 SOURCE XYZ Patrice Martin tard, au poste de police, une nouvelle de Calvino.Cette expérience littéraire opère en lui un changement fondamental.Il faut savoir qu’avant de dormir, P lit tous les soirs, invariablement, un manuel de perfectionnement et qu’il n’a jamais cru bon acheter un livre de fiction pour le plaisir de lire.La littérature serait-elle subversive?«E se sent de plus en plus lié à ces petites histoires de rien.Lui qui a toujours dénigré les gens qui perdaient leur temps à lire de la fiction.E se sent tout à coup interpellé par ces textes étranges qui, à première vue, ne riment à rien mais qui, petit à petit, modifient sa façon d’aborder les choses.» L’histoire de P.se retrouve au centre de deux autres récits.Dans le premier, un écrivain rêve de faire lire son manuscrit (une histoire de chapeau et de fantômes d’écrivains) à Paul Auster et dans le deuxième, Kafka, Borges et Calvino se racontent des histoires durant le trajet en auto qui les mène à un colloque sur l’écrivain comme personnage.Seront-ils condamnés à errer pour l’éternité sur les routes de la Nouvelle-Angleterre entre New York et Montréal?Derrière ce roman amusant et léger se dégage une conception séduisante de la littérature où imagination et réalité travaillent main dans la main.Imaginaire labyrinthique, jeux de miroirs, pe- tits clins d’œil à de grands écrivains du XX‘ siècle, mises en aby-me, parenthèses qui finissent par former une autre histoire, Patrice Martin n’hésite pas à se servir de la littérature comme d’un matériau ludique.Ce qui ne l’empêche pas d’intégrer à la trame narrative des pages de la grande histoire, telles l’arrivée d’Hitler comme chancelier du Reich en 1933, la fin de la Longue Marche de Mao en 1935, ou encore l’incident déterminant dans lq lutte contre la ségrégation aux États-Unis (allusion à Rosa Parks, la première femme noire qui refusa de laisser son siège à un homme blanc dans un autobus).Le Chapeau de Kajka, premier roman de Patrice Martin, nous permet de savourer l’humour, la précision de la verve et l'intelligence de l’auteur.Libre à chaque lecteur de reconnaître dans ce «jardin aux sentiers qui bifurquent» notre époque où le regard d’autrui et le jugement qui l’accompagne déterminent nos moindres gestes et, sous l'humour, une pique contre les dédales bureaucratiques du système capitaliste.Collaboratrice du Devoir LE CHAPEAU DE KAFKA Patrice Martin XYZ éditeur, coll.«Romanichels» Montréal, 2009,138 pages Patrice Martin Le chapeau de Kafka XYZ SODEC Québec MÉMOIRE A dencrier” 1^ I^his-t nous réinventons Série de la Place des Arts LbStudio lUtémirer Lundi 2 mars • 19H30 À la Cinquième Salle de la Place des Marie Tifo lit Lise Tremblay Chicoutimi, à la fin des années 1960.Une jeune fille rêve de tourner le dos à sa petite vie, à sa petite ville.C’est la toile de fond de La sœur de Judith.En prêtant sa voix à cette enfant, Marie Tifo renoue avec la langue et la musicalité de son coin de pays.Une coproduction Les Capteurs de mots Place des Arts Québec xt Entrée: 15 S'Étudiants : 10 S* •Taxes incluses.Frais de service en sus.Commanditaire fMÀa.514842.2112 * 1866842.2112 laplacedesarts.com 501 réalisateurs Tout le génie du 7e art réuni en un seul volume! (Mi GROUPE LIBRBX Une compagnie de Québécor Media groupelibrex.com RO n a nnuii'mm "“HSIKI»— |C C • KMC Hc MIC n ^ T) Tl -LJ.(I I- l1- 0 K V () I K • LES S A Al K I) I 21 ET DI M A .V < HE 22 E É V II I E II 2 (I 0 il F 3 LITTERATURE La fille du train, Poissonne et le suicidé Son père est britannique, sa mère, acadienne.Elle est née à Montréal, vit en Chine.Et elle écrit des livres atypiques, inattendus, qui sortent allègrement des sentiers battus.Son nom: Michèle Plomer.Danielle Laurin lie est sortie de l’ombre en 2007, avec Le Jardin sablier.Prix Alfred-Desrochers, mention spéciale du jury au prix Anne-Hébert.Et présentement finaliste au Grand Prix de la relève Archambault Dans ce petit bouquin de moins de 100 pages, elle rendait hommage.au jardinage.Tout simplement Dans la sobriété, le dépouillement Mais de façon très personnelle, en même temps.Intimité.C’est peut-être le mot clé.Celui qui sied aussi au deuxième livre de Michèle Plomer.Très différent, pourtant.Plus dépaysant, assurément.Plus proche du véritable roman que le précédent, aussi.Quoique.On dirait un carnet d’observation, par moments.Observation du monde, de soi.Chronique du temps qui passe, qui change.Réflexion sur qui on a été, qui on est devenu, qui on pourrait devenir, peut-être.Réflexion sur qui sont les autres pour nous, surtout Et sur qui nous sommes pour eux.Comment ça marche, finalement, les relations humaines?Qu’on soit à Montréal ou à Hong Kong?Le titre: HKPQ.Pour Hong Kong EQ.Parce que dans le livre, la narratrice, une Québécoise, vit à Hong Kong.Parce que même à Hong Kong, le Québec la poursuit Ce qui s’y est passé avant son départ du moins.Dès le début, on sait qu’elle va revenir ici.Dans des circonstances bizarres, inquiétantes.On sait tout de suite que la police s’en est mêlée.Pourquoi?Que s’est-il donc passé?C’est ce que la narratrice va nous expliquer.Mais sans en avoir l’air.En prenant son temps.En tissant sa toile.En parsemant son récit d’étrangetés, d’événements sans lien apparent.D’abord, il y a le train.Ou plutôt, une rencontre fortuite dans le train pour Canton.Celle d’une jeune femme en fuite.«Elle retenait son souffle comme quelqu ’un qui a perdu ses clés ou la bague de sa grand-mère.» On a l’impression de la voir vraiment, cette Clii-noise affolée, qui tourne le dos à son passé.Avec «ses mains rouges, écorchées am ongles et aux jointures», ces mains «qui travaillaient depuis longtemps dam l’eau savonneuse».Subitement, avant de disparaître, elle ya remettre à la narratrice, qu’elle ne connaît ni d’Eve ni d’Adam mais qu’elle appelle «grande sœur», une lettre.Une lettre pour sa mère portée disparue après une terrible inondation.Une lettre dans laquelle elle raconte qu’elle part refaire sa vie avec son amoureux, qu’elle n’en peut plus de travailler comme bonne dans une maison ir - \M)RK R Michèle Plomer de riches où la dame des lieux se croit tout permis, qu’elle a même dérobé à celle-là un de ses coljiers.Et voilà.Etrange, comme situation.Que faire avec cette lettre?La narratrice la garde comme un bijou, la porte sur son cœur, la relit constamment.Even-tuellement, elle croira apercevoir, dans les rues de Hong Kong, une silhouette qui pourrait être celle de la jeime femme du train.Ça ira plus loin.Il y aura de nouveaux développements.Qu’on taira ici.Mais qui auront un impact de taille sur la vie de la narratrice.Elle, entretemps, se sera acclimatée tant bien que mal à sa nouvelle vie.Enfin il n’est plus la.Enfin il est mort.C’est terrible à dire, mais elle est soulagée de savoir que l'homme qui lui empoisonnait l’existence au Québec s’est suicidé.C’est d’ailleurs tout de suite après l'autopsie qu’elle a décidé de s’exiler.Mais rien à faire, on dirait qu'il la pourchasse.Non seulement il s'immisce constamment dans ses pensées, mais cette ombre, là, qui vient de passer, ce ne serait pas lui?Donc, la fille du train.Et l’homme mort qui lui en a fait baver.Mais est-il vraiment mort, celui-là?Ça fait deux.Deux phénomènes bizarres dans sa vie.Il y en a un troisième: un poisson quelle a adopté à son arrivée à Hong Kong.Ou plutôt, une poissonne.Appelée justement «Poissonne».Avec qui la narratrice dialogue dans la solitude de son mini-appartement Qui lui parle, elle aussi, oui, oui.Qu’elle a fini par considérer comme son enfant.Tout un phénomène, en effet: Poissonne s’avérera appartenir à une espèce rare, très, très chère, recherchée pour ses pouvoirs supposément aphrodisiaques.Croyez-le ou non, Poissonne, la fille du train et le suicidé, tout ça va se recouper.Pour mener au dénouement que l’on sait retour au Québec, de façon cavalière.Et nous?On va en redemander.Collaboratrice du Devoir HKPQ Michèle Plomer Marchand de feuilles Montréal, 2009,225 pages LITTERATURE: QUEBECOISE Chansons du désespoir tranquille CHRISTIAN DESMEULES La trouvaille est belle.Nicolas Charette, dans la quinzaine de nouvelles de Jour de chance, témoigne d’une plume extrêmement sensible aux hésitations et aux oscillations de ses personnages, à leurs fêlures les plus intimes.Dans le même registre, attentif aux silences et aux moments apparemment ordinaires de la vie, il faut penser à Raymond Carver, aux nouvelles de Hemingway, à celles de Tchékhov peut-être.C’est-à-dire à des histoires courtes portant une attention particulière à certains détails qui savent mettre en relief l’état d’esprit des personnages.Le plus souvent: désarroi, doute, amertume, solitude.Tout un volet, immense et silencieux, de la condition humaine.Cette première œuvre insuffle ainsi la vie à des moments saisis dans des univers souvent très éloignés les uns des autres.Au hasard d’une visite à New York, un homme lutte contre le démon du jeu qui l’habite encore (Ozzman75), tandis que Mise en forme nous révèle la faible confiance en lui d’un adepte de musculation.Plus loin, un travailleur de la construction à l’équilibre fragile, alcoolique en rémission, doit se résigner à voir sa fille adolescente devenir une femme (Une mince affaire).Jour de chance, c’est aussi une querelle de couple qui s’éternise sur fond de match de hockey (Bébé Lindros) ou l’agonie définitive d’une histoire d’amour, symbolisée par un rôti de bœuf carbonisé baignant dans l’eau sale de l’évier: «Il y avait leur histoire qui manquait d’air et qui poussait de l’intérieur, contre son ventre, ses côtes et sa poitrine.Il y avait ce monde qu’il gardait captif depuis toujours, ce petit rêve au fond de son âme» (Tu sens le bœuf).Dans Ma mère sent bon, qui est peut-être l’une des nouvelles les plus fortes du recueil, un homme se souvient avec éditions Liber Philosophie • Sciences humaines • Littérature Andrée Lajoie Vive la recherche libre! Les subventions publiques à la recherche en sciences humaines et sociales au Québec 224 pages, 24dollars beaucoup de tendresse, à la mort de sa mère alcoolique, de son enfance malheureuse, des confidences tardives qu’elle lui a faites et de leur lente réconciliation.Il se souvient ainsi que, vers l’âge de dix ans, il s’était mis à faire de la musculation pour pouvoir un jour lui régler son compte: «Elle avait éclaté de rire en regardant mon frère, qui ne disait rien et qui buvait sa bière à petites gorgées, les yeux vitreux et égarés.Puis elle avait calé trois grosses gorgées et s’était retournée vers moi.— T’as ben beau t'essayer, mon p’tit crisse! Tas ben beau.qu’elle m’avait dit.» Une troublante histoire de fragilité et de pardon.On y trouve aussi, sans trop s’en étonner, une vision du couple impitoyable, embrouillée de lourds silences, de guerres domestiques, d’échecs en puissance.Jour de chance, à ce chapitre, distille de troublants accents de vérité.Même si on ne lit pas pour retrouver le réel, pas forcément, lorsqu’on le rencontre avec autant d’acuité au détour d’une page, il faut savoir reconnaître que cet «effet» est avant tout le fruit patient d’un travail d’écriture et d'observation hors de l’ordinaire.Avec beaucoup de subtilité et de savoir-faire, l’écriture de Nicolas Charette parvient à se glisser sous les apparences.Le livre refermé, on pourra penser à cette phrase de Tho-reau: «La plupart des hommes mènent des vies de désespoir tranquille et vont à la tombe avec cette chanson encore en eux.» Cette chanson un peu triste, rien qu’un peu, Nicolas , GarV devnere soi Les livres qui ne circulent pas meurent L'fOUNGE 707 £1 713 MONI-ROyAL ESI ©MONÏ-RO/AL, 514-523-6389 éditions Liber Philosophie • Sciences humaines • Littérature «Voix psychanalytiques» Luiz Eduardo Prado de Oliveira Les pires ennemis de la psychanalyse Les pires ennemis de la psychanalyse 232 pages, 24 dollars • • 't ¦ Charette, qui n’a pas encore trente ans, la connaît à l’évidence par cœur.Collaborateur du Devoir JOUR DE CHANCE Nicolas Charette Boréal Montréal, 2009,232 pages ARCHAMBAULT.) Une compagnie de Québécor Media PALMARÈS LIVRES ROMAN LE SHACK W.Paul Young (Le Jour) Q LES FIUERS DE U TERRE Ken Follett (Livre De Poche) B LEUSEUR Bemhard Schlink (Gallimard) IV MILLENIUM T.1, T.Z et T.3 U Stieg Larsson (Actes Sud) UN MONDE SANS FIN Ken Follett (Robert Laffont) ÊTES-VOUS MAflIËE À UN PSYCHOPATHE I Nadine Bismuth (Boréal) VILLA NUMÉRO Z Danielle Steel (Presses de la Cité) FORTERESSE DIGITALE Dan Brown (Livre De Poche) MIUE MOTS D’AMOUR T.$ Collectif (Impatients) LE RENARD BLEU Yves Beauchemin (Fides) JEUNESSE FASCINATION T.Z: TENTATION Stephenie Meyer (Hachette Jeunesse) VISIONS T.1 : NE MEURS PAS UBELLULE Linda Joy Singleton (ADA) L'APPRENTI ÉPOUVANTEUR T.S:.Joseph Delaney (Bayard-Jeunesse) ILES CONTES DE BEEDLE LE BARDE J.K.Rowling (Gallimard-Jeunesse) CŒUR D'ENCRE Cornelia Funke (Gallimard-Jeunesse) LE ROYAUME DE LA FANTAISIE Geroninto Stilton (Albin Michel) LE CLUB DES DISEUSES.T.1 Dotti Enderle (ADA) JE T'AIMERAI TOUJOURS Robert Munsch (Firefly) LE JOURNAL D’AURËLIE LAFLAMME T.B India Desjardins (Intouchables) LES SANG-BLEU Melissa De La Cruz (Albin Michel) carte-cadeau A ARCHAMIWULUI OUVRAGE GÉNÉRAL LA SANTÉ PAR LE PUUSIR DE BIEN.Richard Béliveau / Denis Gingras (Trécarré) LA BIBLE DES ANGES Joane Flansberry (Dauphin Blanc) KILO CARDW Isabelle Huot (de l'Homme) VI LE GUIDE DE LA M0T0 Z009 Bertrand Gahel (Mcg) LES RÊVES DE MON PÈRE Barack Obama (Points) N’ARRÊTEZ JAMAIS DE DANSER Gordon Livingston (Marabout) R MAIGRIR PAR U COHÉRENCE CARDIAQUI U) David 0'Hare (Souccar) LES RÊVES DE MON PËRE Barack Obama (Presses de la Cité) L’AUDACE D’ESPÉRER Barack Obama (Presses de la Cité) L’ART DE LA MÉDITATION Matthieu Ricard (Nil) ANGLOPHONE BREAKING DAWN V.4 : TWILIGHT Stephenie Meyer (Little.Brown Books) CONFESSIONS OF A SHOPAHOLIC.Sophie Kinsella (Dell) REVOLUTIONARY ROAD (MTI) Richard Yates (Vintage) ^1 REMEMBER MET Sophie Kinsella (Bantam Books) THE ROAD Cormac McCarthy (Vintage) WORLD WITHOUT END Ken Follett (Signet) WATCHMEN Alan Moore / Dave Gibbons (H.B.Fenn) THE APPEAL John Grisham (Dell) Mj THE ASSOCIATE John Grisham (Doubleday) THE TALES 0F BEEDLE THE DARD J.K.Rowling (Bloomsbury) Du plaisir à ia carte ¦’C ¦ rrrr^T L E I) E V (HR.L E S S A M E I) 1 2 1 E T I) I M A N C HE 2 2 F É V R 1 E H 2 0 0 !) LITTERATURE La faute à Hemingway Louis Hamelin LH exploration de l’âme criminelle a don-^ né plus d’un grand livre à la littérature américaine, De sang froid et Le Chant du bourreau, notamment.Et si la littérature, toutes les littératures regorgent en général de victimes, les chefs-d’œuvre prenant pour objet les conséquences du crime viennent moins spontanément à l’esprit.Lorsque sa femme fut violée et assassinée par des voyous londoniens, Anthony Burgess réagit en imaginant L’Orange mécanique.Si on élargit la notion de crime à la guerre, alors on a Le Choix de Sophie de Styron et tous ces récits de survivants des camps, puis Le soleil se lève aussi d’Ernest Hemingway, dans lequel le héros traîne une blessure de guerre «dans le bas du corps», comme on dit: dans le mille de la virilité.Les romans qui traitent en parallèle de la psychologie des assassins et des blessures physiques et morales infligées à leurs victimes directes comme aux proches de celles-ci semblent plus rares.Le souci d’équité, dans ce domaine, serait plutôt l’exception.Je n’ai pas vu le film de Villeneuve, mais le lendemain de la première, au Midi quinze à Radio-Canada, un auditeur qui voulait parler de Marc Lépine (son passé, ses origines) s’est fait sèchement raccrocher au nez.Le monstre est resté le monstre et tout le monde, il est content.Dans L’Affaire homme, un recueil de textes paru en 2005, Romain Gary y allait peut-être un peu fort quand, à l’appui d’une citation de Bob Kennedy, il attribuait (au moins en partie) aux livres de Hemingway le culte des armes à feu qui prolifère aux Etats-Unis.C’est concéder beaucoup de pouvoir à la littérature dans un pays où la notion de liberté individuelle armée fait l’objet d’un amendement à la Constitution, une nation qui a offert au monde son mythe de la Frontière.Gary visait sans doute plus juste en liant amour des armes et refoulement sexuel.Sans parler du cas Lépine, patent à cet égard, l’image de tueur solitaire qui nous hante ressemble aux photos de lui-même diffusées sur le Net par le tireur de Concordia: ses poses armées suggestives, son culte phallique affirmé.C’est pourquoi l’idée que le meurtre en série puisse être le fait d'un couple, et j’ose ajouter: le résultat de l'amour, peut choquer.Que dis-je, c’est un véritable scandale, au sens originel de ce mot: une pierre d’achoppement.Et oubliez Bonnie et Clyde, qui n’étaient après tout que d’honnêtes gangsters gagnant leur vie en pillant d’autres bandits appelés banquiers.Les événements authentiques dont s’est inspirée Liza Ward pour écrire son roman superbement intitulé Outside Valentine (et merci à l’éditeur français d’avoir respecté, ici, l’intégrité de la langue étrangère, car allez donc traduire ça sans verser dans la sentimentalité de gare: Autour de Valentine?), ces événements, donc, sont les mêmes qui avaient inspiré à Terrence Malick, si je ne m’abuse, un mémorable premier film, avec un Martin Sheen effrayant de précocité qui cas- se du cul-terreux comme pour déjà se préparer à la psychopathie tranquille du Vietnam.Le Natural Born Killers d’Oliver Stone vient peut-être aussi de là.Résumons l’intrigue: une adolescente qui se rebelle, s’ennuie, un gaillard du voisinage qui chasse le lapin au bout du terrain familial et dont elle s’éprend.Elle a 14 ou 15 ans, et lui 19, je crois.Lorsque le beau-père veut chasser le vaurien et mettre un terme à la relation, l’adolescent échappe soudain à son âge: son arme fait de lui un homme, sa tendance à ne percevoir aucune frontière entre le monde extérieur et son désir immédiat fait de lui un enfant de deux ans.Il élimine la source de contrariété: madame, monsieur, et la petite sœur aux couches.Et c’est le point de non-retour, le pas irréversible que franchit Lolita: elle va suivre celui qui vient de la faire orpheline.C’est l’amour.Et c’est le thème étasunien ou étasuniversel de la cavale sanglante, car le calvaire des braves habitants de cette Grande-Banlieue-du-Milieu-de-la-Périphérie-de-Nulle-Part, écrasés devant leurs téléviseurs, ne fait que commencer, et que de dégâts infligés par l’innocente carabine .22 de mes 14 ans! C’est un Sur la route avec des cadavres, la quête spirituelle en moins.Dans le livre comme dans la vraie vie, John Starkweather a connu le sort des douteux héros de Truman Capote: le forfait séjour dans l’Allée de la Mort et chaise électrique.Caril Ann, la gamine, sa complice, s’en tire bien entendu, c’est-à-dire qu’elle évitera au moins le haut-voltage, car ce n’était pas son doigt sur la gâchette et il est bien connu que la violence est un phénomène C est un Sur la route avec des cadavres, la quête spirituelle en moins essentiellement mâle, voire, aux États-Unis, un peu nègre sur les bords.Un grande partie de la fascinante entreprise de fouille psychologique que met en œuvre ce livre tourne donc autour du sujet suivant: dans quelle mesure l’amour, valeur suprême, quoique multiforme, de nos sociétés, peut-il justifier le crime, même l’horreur, fût-ce par l’effet d’un entraînement passif.Schématisé, le problème se pose d’une manière assez simple: boy meets girl; boy loves girl; girl loves boy; boy kills everybody; girl.Oui, girl quoi, exactement?Ces meurtres en série la dégoûtent, n’en doutez pas.Mais en éliminant obstacle après obstacle à sa liberté, ils font très bien son affaire, finalement.Je parlais de scandale, le voici: ce que dit ce livre des dangers de la combinaison amour-arme chez les nerds et les rejects de toutes engeances est peut-être moins épeurant que ce qu’il nous montre de l’âme féminine.Cette ambivalente passivité que Sartre appelait mauvaise foi et qui, flirtant avec sa limite dans Outside Valentine, fauche une vie innocente après l’autre.Et le scandale va encore plus loin, car ce que nous dit Liza Ward, par la voix des victimes proches et éloignées du couple, prisonnières elles aussi du même désespoir femelle, emmurées vivantes dans le bonheur obligatoire de cet American way of life des années 50, terroir de leur noire éclosion, c’est qu’il faut comprendre Caril Anne.hamel in h/qsympatico.ca OUTSIDE VALENTINE Liza Ward Traduit de l’américain par Françoise Jaouën 10/18 Paris, 2008,440 pages LA PETITE CHRONIQUE Destin de Camus Il n'y a pas tellement longtemps on opposait à loisir Albert Camus à Jean-Paul Sartre.La plupart du temps à l’avantage du second.De l’auteur de La Peste, on répétait volontiers qu’il était un penseur pour jeunes gens à la mode.Il ne pesait pas lourd à côté du pape de l’existentialisme.Il en est bien autrement par les temps qui courent.Alors que la figure de l’intellectuel germanopratin souffre des excès de ses engagements libertaires et de ses diktats, celle de Camus grandit.Il est lu massivement grâce à ses romans, on lui voue un culte qui ne se dément pas.Dans Le Monde, édition du 26 décembre dernier, Olivier Todd évoque justement à son sujet le double épithète de «penseur et artiste».Dans la collection dite «Bibliothèque de la Pléiade» paraissent les tomes III et IV des Œuvres complètes.Patiemment composée, agrémentée de présentations fort éclairantes, cette édition est chronologique.On y trouve, tout genre confondu, les écrits de Camus qui s’échelonnent de 1949 à 1959.Tout n’y est pas de la même nécessité.Il s’agissait avant tout de donner une image globale de l’œuvre.Les pièces maîtresses en sont, sans Tombre d’un doute, L’Homme révolté, La Chute et Le Premier Homme.Si rien n’est indifférent dans l’œuvre d’un écrivain qui a marqué son époque à la façon de notre auteur, il est évident que L’Homme révolté occupe une place prédominante.Ca- Gilles Archambault Vous aimez les mots ?| Ateliers d’écriture pour tous les goûts.Inscrivez-vous sans tarder ! à Québec, Montréal, Laval, Longueuil, Repentigny, St-Antoine-de-Tilly et St-Jean-sur-Richelieu M FÉDÉRATION QUÉBÉCOISE DU LOISIR LITTÉRAIRE www.litteraire.ca info@litteraire.ca (514) 252-3033 1 (866) 533-3755 vieri librairie ?blstr Soirée festive jeudi 26 février à partir de 17 heures Informations et réservations : 739.3639 Réservation souper : 739.3303 Places limitées 5219 Côte-des-Neiges Métro Côte-des-Neiges RSVP : 514 739-3639 Bistro : 514 739-3303 Lectures Auteurs antillais, afro-américains, africains et québécois.par Normand Baillargeon Franz Benjamin Nicolas Dickner Dany Laferrière Maguy Métellus Christiane Pasquier Souper créole + Jazz Variations sur les recettes de Laferrière, Péan et Saint-Éloi.Avec la musique de Anthony Rozankovic du Ambulance Band et de Joe Trouillot, crooner haïtien.INC AGENCE FRANCE-PRESSE Albert Camus dans une attitude familière, cigarette aux lèvres, lisant un journal.mus, on s’en souviendra, prend ses distances d’avec le communisme, dont il dénonce les abus du goulag, à la différence de Sartre qui, tout en ne niant pas l’existence de ces atrocités, ne se refusait pas une alliance avec le PC.Pour un esprit aussi peu aguerri à la philosophie que le mien, impossible de ne pas être camusien.L’époque des idéologies paraît bien révolue et l’humanisme de l’auteur de L’Eté semble en comparaison autrement plus concluant.Si La Chute fascine toujours par son pessimisme désespéré, LA AEVUE DE LA NOUVELLE N° 97 ¦ Irritation Depuis 1985, X/Z.la revue de la nouvelle offre à ses lecteurs des textes inédits de nouvelliers reconnus ou des plus prometteurs.1 an/4 numéros (ttc) Individu Institution Canada 25 $ Canada 35 $ Étranger 35$ Étranger 40$ 2 ans/8 numéros (ttc) Individu Institution Canada 45 $ Canada 65 $ Étranger 65$ Étranger 75$ 3 ans/12 numéros |ttc) Individu Institution Canada 65$ Canada 95$ Étranger 95$ Étranger 110$ Visitez notre site Internet: www.xyzrevue.com BULLETIN D'ABONNEMENT Nom Adresse Ville [ode postal Téléphone tourriel Ci-joint O Chèque 0 Visa 0 MasterCard N" Expire le Signature Date RETOURNER À: MZ LA REVUE DE LA NOUVELLE 2065, rue Parthenais, bureau 404-B, Montréal |[|uébec|, H2K 3T1 Téléphone : 514,523.77.72 • Télécopieur : 514.523.77.33 Courriel : infoixyzrevue.com • Site Internet: www.xyzrevue.com les textes compris dans Actuelles II et III et dans les Chroniques algériennes n’ont évidemment plus la même acuité quelques décennies plus tard.C’est le sort que l’on réserve aux proses commandées par l’actualité, ce qui ne veut surtout pas dire qu’elles n’ont pas eu leur nécessité.Je ne connaissais pas les Carnets.Écrits dans les dix dernières années de vie de leur auteur, ils tiennent compte des lectures et des expériences d’un homme miné par la tuberculose, nobélisé en 1957, conscient de l’importance de sa responsabilité d’écrivain, pétri de doutes de tous ordres.Il y a aussi, dans ces Carnets, l’autoportrait d’un écrivain qui, tout en n’ayant rien d’un homme de lettres, devient le temps d’un voyage en Amérique du Sud représentant malgré lui d’une culture — l’occidentale et la française en particulier, dont il n’approuve pas toujours la teneur.Il se montre observateur amusé ou agacé, curieux ou désillusionné de terres à découvrir.Pour quiconque douterait de la simplicité essentielle d’un fils du peuple devenu porte-parole d’une génération, une preuve irréfutable.En plus de textes épars écrits dans une période relativement courte — dix ans — qui donnent une idée de la ferveur et du labeur d’un homme qui savait aussi rire, danser et s’amuser, on trouve également les textes de Requiem pour une nonne, d’après Faulkner, et d'Un cas intéressant de Dino Buzzati.L'univers inquiétant de l’auteur du Désert des Tortures devait être fascinant pour un homme se sachant aux prises avec la maladie.Pour expliquer les règles qu’il applique au travail d’adaptateur, Camus a ces mots qui disent tout sur sa manière: «Je n’ai jamais cru que l’adaptateur dût être le cheval d’un pâté dont l’auteur serait l’alouette.» Collaborateur du Devoir ŒUVRES COMPLÈTES TOMES III ET IA’ Albert Camus Gallimard, «Bibliothèque de la Pléiade» Paris, 2008,1481 et 1594 pages LIBRAIRIE BONHEUR D’OCCASION Livres d’occasion de Livres d’art et de collections -=*sd Canadiana Livres anciens et rares Bibliothèque de la Pléiade qualité Littérature Philosophie Sciences humaines Service de presse BD, livres jeunesse Achetons à domicile 514-522-8848 1-888-522-8848 4487, rue De La Roche (angle Mont-Royal) bonheurdoccasion@bellnet.ea NOUS NOUS DÉPLAÇONS PARTOUT AU QUÉBEC, POUR L’ACHAT DE BIBLIOTHÈQUES IMPORTANTES.Au cœur de la vie «Mélange de rythme, d’expressivité, de prose vigoureuse et lyrique, carrousel d’images poétiques, une réalité saisie abruptement, sans artifice.En quelques traits, l’auteur inscrit ses personnages dans un décor, embrasse un ensemble et suggère une atmosphère.Après deux romans, Éric Simard signe un recueil de nouvelles à la fois léger, dur et tendre sur la fragilité et la solidité de la condition humaine.» Suzanne Giguêue, Le Devoir Hamac.qc.ca » m MRC MPC MMfc Éric Mnutti ROMAN FRANÇAIS LE DEVOIR, LES SAMEDI 21 ET DI M A N (' ME 11 \ E V K I E H 1 (I (l !l K LIVRES HISTOIRE Les bouffonnades de Patrick Rambaud Les abus de pouvoir ont toujours généré, et surtout en littérature, de vives réactions.Si les gazettes font l’éloge des parvenus, les écrivains dénoncent les malotrus.Rambaud est un anti-Sarkozy à la plume trempée au vitriol.11 avait donné une première Chronique du règne de Nicolas Ier, l’an dernier, un pamphlet dont le carillon aurait pu réveiller un mort.GUYLAIXE MASSOUTRE A la manière décapante des moralistes classiques, voici l’hilarant Deuxième chronique du règne de Nicolas I".On le retrouve ici, dans son exercice de style brillant.Epoustouflant d’audace, en verve littéraire, sa parodie et sa caricature éclaboussent Sarkozy.Eclats de rire garantis.Le roi Nicolas I", la marquise La-garde, le duc de Vedjian, la baronne d’Ati ou la comtesse Bruni sont maintenant en selle.Il fouette la cavalcade et commente la course avec une morgue impayable.Egratignée, la politique française de mai à octobre 2007! Et il promet la suite de ses insolences, que personne ne souhaitera, après lecture, voir taire.Bouffonnades référencées Ce champion de la parodie et de l’humour caustique donne une leçon antimachiavélique, pour esprits libres.Certains, choqués, diront qu’il dépasse les bornes de la bienséance.Mais les paroles grossières du président, lancées en public, que voici retournées en boomerang, ont une saveur de raclée méritée.Tels les chroniqueurs célèbres du Canard enchaîné et les soixante-huitards de Charlie Hebdo et de Hara-Kiri, journal bête et méchant, moins la touche vulgaire, Rambaud file la métaphore royaliste, impériale à l’occasion.Il stigmatise ainsi les tics physiques, langagiers, comportementaux et mentaux du président français, ainsi que les travers de sa cour.Ce président si friand de présence médiatique, maniant lui-même l’extincteur au moindre feu, n’a-t-il pas évincé ses ministres pour s’occuper personnellement de tout?Ne se vante-t-il pas d’avancer dans tous les dossiers sans concertation?Il prête le flanc à un exercice de démolition.Pas de quartier.La colère tous azimuts incendie.La France est-elle gouvernée?Est-elle gouvernable?On se le demande, tant le défoulement fourbit une ambiance insurrectionnelle, propre à réjouir les esprits malins.L’air bravache de Rambaud double un opposant sérieux.Inspirée par «Notre Incommensurable Leader» malgré lui, la littérature ricaneuse retrouve ses lettres de noblesse.On pense Chamfort et Saint-Simon revenus.Faucon au poing, Rambaud chasse la morosité.« Un Très Émoustülant Souverain » Dédramatiser la crise et l’angoisse patentes en France, est-ce le but?La conjoncture difficile favorise les humoristes, les guignols et les écrivains burlesques.Mais personne n’oublie le fond du problème social, la grogne qui défile.En placer la Responsabilité si haut dans l’État, en ce représentant du peuple, n’est possible que si cet élu prête flanc à la galéjade, à la dérision et à la déception générale.Que penser d’un président qui qualifie ses propres ministres de «nullité»?Rambaud n’a pas attendu la publication des instituts de sondage pour libérer son fiel.Empereur du baratin et de l’esbroufe, «Notre Trésor National Vivant» utilise trop de bêtise, de vulgarité et d’ignorance pour contenir l’impatience générale, signant le mépris monomaniaque qu’il voue à ce et à ceux qu’il représente.La satire est plus nuancée dans le portrait de Caria Bruni, présentée comme la réparatrice des omnigaffes, au milieu des pantins interchan- BENOIT TESSIER REUTERS Le président français Nicolas Sarkozy geables aux commandes internationales.Le conseiller Attali reçoit une volée de bois vert.Mouammar le Cruel, Johnny Walker Bush, la princesse Rama, le prince Jean , la baronne d’Ati donnent la répartie à une comédie tricolore qui met en scène «Notre Electrique Majesté», «Notre Phosphorescente Majesté», «Notre Monarque Illuminé», «Notre Souverain Pressé», «Notre Esthétique Leader», «Notre Jaloux Souverain», «Notre Furieux Leader», «Notre Ombrageux Seigneur», «Notre Prince Indubitable», «Notre Transcendant Stratège», «Notre Guide Vénéré», «Notre Leader Volage», «Notre Céleste Agité», «Notre Monarque Maximum», selon les circonstances et l’inspiration de l’écrivain autour du château.Il y a de quoi nourrir la polémique, faire aboyer la meute et épicer des situations pathétiques.Avec Rambaud, l’histoire est suivie par les Garnotte les moins stéréotypés de ce monde.Collaboratrice du Devoir DEUXIÈME CHRONIQUE DU RÈGNE DE NICOLAS F" Patrick Rambaud Grasset Paris, 2009,179 pages Conférence de Thomas d’Ansembourg Qui fuis-je?Où cours-tu?À quoi servons-nous?Thomas d Ansembourg Qui fuis-je?Où cours-tu?À quoi servons-nous?Vers l’intériorité citoyenne @1 HOMMf Une invitation à prendre conscience que la vie est remplie de choses à faire mais est parfois vide de sens.Il faut donc ralentir le rythme de course folle qui épuise et qui détruit la planète.Du même auteur / e dé Mevieus Ë.- H Cessez d’être gentil soyez vrai! rai ^SEDITIONS DE IhL'HOMMEI Une cnnpugnte ck Ou^Mcur Medi» Montréal 3 mars, Gesù Québec 5 mars, Centre Montmartre Gatineau 6 mars, Auditorium Campus Gabrielle-Roy U V _____- Renseignements : www.productionscœur.com Les agités des plaines d’Abraham MICHEL LAPIERRE Le propos ahurissant de Caron se trouve dans sa courte préface de l’édition française d’un livre exemplaire qu’il a bizarrement interprété: La Vérité sur la bataille des plaines d Abraham, de D.Peter MacLeod.Cet ouvrage sérieux tranche sur l’opéra bouffe que l’on a projeté de présenter dans la Vieille Capitale.En prétendant que, d’après MacLeod, «Wolfe était résolu à détruire de fond en comble la ville de Québec et qu'il réservait le même sort à toute la colonie», Caron défie le bon sens.Il pense que, «même perdue», la bataille des plaines d’Abraham (1759), dont on commémorera le 13 septembre prochain le 250‘ anniversaire, représentait une chance inouïe pour les vaincus, puisque le vainqueur britannique y a laissé sa peau avant de commettre ses forfaits! De son côté, MacLeod s’est limité avec sagesse à donner la parole aux combattants de l’époque en s’appuyant sur une multitude de documents d’archives après de longues recherches innovatrices qui forcent l’admiration.En colligeant des témoignages éloquents, il a su montrer à quel point est véridique l’expression French and Indian War que les Anglo-Saxons ont employée pour désigner la conquête de la Nouvelle-France.L’historien insiste sur les mots que les représentants Iroquois de Kahnawake, près de Montréal, ont adressés, dès 1755, aux Britanniques de New York qui leur demandaient de rester neutres dans le conflit entre l’Angleterre et la France.Les voici: «Les Français et nous sommes un seul et même sang, et où ils mourront, nous mourrons aussi.» MacLeod souligne le caractère «multinational» de l’armée de Montcalm.En plus des Français et des Canadiens (Français natifs de la colonie), il y note la présence d’Iroquois (anciens ennemis devenus alliés depuis 1701), d’Algon-quins, de Nipissings, de Hurons, d’Abénaquis.Malheureusement, le commandant français mésestime les miliciens canadiens et les guerriers amérindiens.Ce que le gouverneur général Pierre de Vaudreuil, né à Québec, ne cesse de lui reprocher.Ce n’est pas le seul tort de Montcalm.MacLeod décrit avec justesse le tempérament impulsif et tourmenté d’un homme qui par moments envisage la défaite.Sans attendre de renforts et sans tenir compte des réticences de ses conseillers, le commandant décide, sur les plaines d’Abraham, d’ordonner aux troupes de charger les assaillants.Elles tirent au plus vite en ne s'inquiétant pas que les Britanniques soient encore trop loin.Au-delà de 40 mètres, «les mousquets cessaient, comme le précise MacLeod dans son style enlevant et imagé, d’être des armes fiables pour n’être plus que dçs machines à faire du bruit et de la fumée».A l’opposé, le frère de Vaudreuil, esprit pratique, se préoccupait, depuis la fertile plaine de Montréal, d’une force toujours efficace et nécessaire: le blé.Avec l’aide d’un autre Canadien, le munitionnaire Joseph-Michel Cadet dont MacLeod met en relief le rôle méconnu, il veillait au ravitaillement des troupes.Quant à Vaudreuil lui-même, à la différence de Montcalm, il espère constamment la victoire en croyant à l’apport crucial des Canadiens et des Amérindiens.C’est d’ailleurs à la tête de leurs contingents jumelés qu'il contre-attaque sur les plaines d’Abraham dès que Montcalm, mortellement blessé, se retire.Il s’en faut de peu que le gouverneur général ne gagne la bataille de 1759.Comme Montcalm, Wolfe, le commandant anglais tombé lui aussi au combat, ne brille pas par la cohérence de ses idées.Si cet autre être tourmenté ordonne la destruction de nombreuses fermes en aval de Québec, ce n’est pas pour éradiquer la colonie entière, comme le croit Caron, mais pour improviser des actions où se mêlent la hargne et le désespoir.Qui donc a vraiment gagné la bataille du 13 septembre?MacLeod répond par un jugement brillant et nuancé: Wolfe a commencé le combat, mais ce sont des milliers de soldats français et de miliciens canadiens «qui en ont déterminé le cours et la conclusion».Encore incertaine aujourd'hui, cette conclusion dépasse l’art militaire pour atteindre les abîmes de la politique et de la conscience collective.Le 13 septembre 2009, la mascarade n’aurait aucun sens.Il faudra se souvenir de Vaudreuil le Canadien beaucoup plus que de deux commandants européens, agités et très moyens.L’heure ne sera pas aux costumes, au bruit et à la fumée.Collaborateur du Devoir LA VÉRITÉ SUR LA BATAILLE DES PLAINES D’ABRAHAM D.Peter MacLeod Editions de l’Homme Montréal, 2008,496 pages MacLeod souligne le caractère « multinational » de l’armée de Montcalm La mer récompense le 1 leuve RCOURS DE BENOIT LACROIX Rencontre avec Benoît Lacroix Mardi 24 février 19 h 30 Réservation obligatoire 514 849-3585 ¦fyy Beaucoup plus qu'une librairie ! I yy Salle de conférences et café-resto - 2661 Masson, Montréal, Qc 514 849-3585 Contribution suggérée de 5$ Avec le soutien de l.i Sodée sooec Québec un Les Éditions du Noroît Les fantôme* rie U Pointe-l’bton DIFFUSION DIMFDIA â www.lenorolt.com Les fantômes de la Pointe-Platon Marie-Andrée Lamontagne Collection Lieu dit (prose) Rapprochements de la bouche du roi Mercédes Roffé, traduit de l'espagnol (Argentine) par Nelly Roffé Collection Dialogue \irrt*rirs t&sfir Rapprochements de la bouche du roi Une semaine de lecture avec Danielle Simazd t-UxaU-F Sm CHAMPION DU IUNDIjAj, M I,* 1 W ~ ?e * ^ ‘F v DÉMON DU MARDI us «Tins MONSTRE FOLIES DU MERCREDI MACARONI DU VENDREDI ÈM?EH** IKMUU VMUll.Dlmui.Si\nm- U MAUVAIS COUP SAMEDI PAS PE CHANCE, CblDIMANCHi 'j, Collection Ma petite vache a mal aux pattes Pour les 7 ans et plus / 8,95 $ ch.P.S.et pour les profs : Maîtresse en détresse.\ SOULIERES EDITEUR www.sou lieresedi teu r.co m S- mc ¦: ¦c ¦c ¦c ¦c ¦c F () LK DEVOIR.LES SAMEDI 2 1 ET DIMANCHE 22 FÉVRIER 2009 ESSAIS QUÉBÉCOIS L’homme moderne sans référence Auteur, en 2007, du savant et lumineux État de la nation (liber), le politologue Jean-François Lessard poursuit son exploration du procès moderne dans un très solide essai intitulé La Question du politique dans la modernité.Comprendre le malaise contemporain.Louis Cornellier Si nous ne vivons pas dans des régimes idéaux, écrit-il, les sociétés démocratiques occidentales vivent tout de même de nos jours dans des régimes pour lesquels les acteurs les plus engagés se sont longtemps battus.[.} Le sentiment dominant n ’en est pourtant pas un de satisfaction.Im tendance est beaucoup plus à décrier les manquements du régime démocratique qua saluer ses réussites.» Comment, donc, expliquer ce malaise, qui s’accompagne d’une «dépolitisation de la société»?Dans une démarche d’interprétation qui se situe à mi-chemin de la philosophie et des sciences humaines, Lessard propose une brillante relecture des grands moments de la modernité (révolutions américaine et française), de ses grands thèmes (démocratie, politique, nation, progrès, idéologie) et des discours contemporains qui remettent ces derniers en cause (postmodernisme, multiculturalisme, néomodernisme).Ce parcours l'amène à constater que, aujourd’hui, «le récit national n’arrive plus à s’imposer», même si le cadre national perdure et «que la société moderne connaît une fragmentation».Les messianismes modernes, incarnés dans des idéologies qui ont parfois mené à des dictatures, ont échoué, entraînant ainsi un désinvestissement à l'égard du politique et une mise à distance du souci de l’égalitarisme économique.L’individualisme moderne qui caractérise notre époque s'investit dans un égalitarisme social (démocratisation vestimentaire, fin de l’autorité, revendications spécifiques des femmes, des étudiants, des handicapés, des homosexuels, etc.) qui prend souvent la forme de communautarismes mous.S’ils peuvent sembler incompatibles au premier abord, l’individualisme et les nouvelles formes de communautarisme, pour Lessard, ont partie liée.«Les choix de vie deviennent des choix plus individuels que jamais auparavant.Les liens sociaux se déclinent sur le mode de l’élection.» Les communautarismes, perçus par certains comme un retour à des identités figées, n’échappent pas à cette logique individualiste.«Les liens communautaires étant maintenant électifs, précise l’essayiste, ils sont devenus multiples et fragiles.La multiplication des identités [chez une même personne] vient relativiser leur importance spécifique.» En ce sens, ces communautarismes — Lessard parle d’un multiculturalisme «de boutique» — ne menacent pas vraiment «l’édifice politique moderne» et demeurent, par leur caractère individualiste, dans la logique de la modernité.Cette fragmentation sociale soulève néanmoins le problème du vivre ensemble.Le relativisme, et les valeurs de tolérance et de pluralisme qui l’accompagnent, suffit-il pour faire sodété?«Jusqu’où, demande lessard, ira le déracinement de l’homme moderne»?Comment les hommes parviendront-ils à poursuivre le dialogue, malgré cet individualisme qui n’a pas que des défauts?C’est là, conclut le brillant et exigeant essayiste, le grand défi de l’époque actuelle.L’ère de la déréliction «Qu’est-ce qui reste quand les humains en société ne “croient” plus?», demande à son tour Marc Angenot dans En quoi sommes-nous encore pieux?, un troublant mais fort essai «sur l’état présent des croyances en Occident».Les hommes des Lumières, écrit-il, appelaient de leurs vœux un rejet de la religion qui ferait place à l’émancipation de la raison.Or, constate Angenot, ce désenchantement a bel et bien eu lieu, mais il nous laisse plutôt dans «une sorte de stase avec un étiage bas de résidus de dogmes, un bariolage de croyances et de “crédulité”, des cultes-entre-guillemets».,La sécularisation — séparation de l’Église et de l’État et régression massive des pratiques religieuses — est, pour Angenot, un fait avéré.Elle s’applique autant aux confessions religieuses comme telles qu’aux «religions séculières», c’est-à-dire ces philosophies modernes de l’histoire (socialisme, fascisme et même un certain libéralisme) qui, tout en affirmant le rejeter, recyclaient l’esprit religieux.Parce que l’hétéronomie — qu’elle soit divine, révolutionnaire, progressiste ou nationaliste — est totalement dévaluée comme principe directeur, Angenot n’hésite pas à parler «d’une ultime étape désormais atteinte de la sécularisation et du désenchantement du monde occidental».Selon lui, la thèse d’un «retour du religieux» ne tient pas la route.Ailleurs qu’en Occident, où le concept de sécularisation ne s’applique pas (les pays de l’Islam, par exemple), le religieux ne «revient» pas puisqu’il n’est jamais parti.Mais «en Europe et, en fait quoi qu’on en dise, dans la plus grande partie de l’Amérique du Nord, l’homme et Dieu sont séparés comme ils ne l’ont jamais été».Or cet état de déréliction — ni Dieu ni les Grands Récits politiques ne nous sauveront — n’entraîne pas le triomphe de la raison, mais une anomie ou, pour parler comme Weber, un «polythéisme des valeurs» dans lequel des «résidus» religieux et des «survivances» militantes sont privatisés, éclatés, et relèvent plus, pour reprendre les mots de Jean-Claude Guillebaud, de la crédulité que de la croyance.Le relais divin, par exemple, est remplacé par les tendances au primitivisme, à l’orientalisme et à l’occultisme, alors que la politique, la gauche et la démocratie sont en crise et concurrencées par l’individualisme marchand et les communautarismes.Le philosophe antimoderne Léo Strauss se demandait comment «la multitude non philosophique» pourrait affronter ce trouble désenchantement.La tranchante réponse de Marc Angenot prend des accents tragiques.«L’homme (post-)moderne, conclut-il, se trouve pris à jamais entre l’impossibilité d’un retour à l’enchantement de la transcendance et l’impossibilité de regarder en face l’immanence inerte des choses et d’assumer l’absurdité de ce monde.R lui reste à continuer à chercher des manières résiduelles de s’illusionner.» louiscotfl'sympatico.ca LA QUESTION DU POLITIQUE DANS LA MODERNITÉ Comprendre le maluse contemporain Jean-François Lessard Liber Montréal, 2008,222 pages EN QUOI SOMMES-NOUS ENCORE PIEUX?Sur l’état présent des croyances en Occident Suivi de la réplique de l’avocat du dlable par Georges A.Lebel Marc Angenot PUL Québec, 2009,136 pages Une histoire de l’Amérique latine et des Caraïbes Marquée depuis deux siècles par les guerres d’indépendance, la succession souvent ininterrompue des régimes dictatoriaux, les lents combats pour la dignité et les droits de la ixTsonne, certaines expériences révolutionnaires inédites, l’histoire des pays de l’Amérique latine et des Caraïbes, peut-être plus qu'ailleurs, s'écrit encore chaque jour en lettres capitales.José del Pozo, originaire du Chili et professeur d'histoire latino-américaine à l’Université du Québec à Montréal depuis 1982, révise son Histoire de l’Amérique latine et des Caraïbes: de l’indépendance à nos jours, dont il nous offre une seconde édition (la première avait paru en français en 2004).Celle-ci comprend notamment un nouveau chapitre portant sty le processus de création des États nationaux.Un ouvrage de référence accessible et complet Le Devoir HISTOIRE DE L’AMÉRIQUE LATINE ET DES CARAÏBES: DE L’INDÉPENDANCE À NOS JOURS Deuxième édition José del Pozo Traduit de l’espagnol (Chili) par Marc Brunelle et Roch Côté Septentrion Québec, 2009,452 pages Aktouf contre le néolibéralisme LOUIS cornellier Omar Aktouf est un oiseau rare.Professeur de management aux HEC Montréal, il affirme, dans Halte au gâchis.En finir avec l'économie-management à l’américaine (Liber, 2008), qa’«orienter l’éducation vers la logique de la concurrence et du privé est un crime contre la civilisation».Plaidoyer contre un capitalisme financier à l’américaine obsédé par le seul profit, au mépris des humains et de l'environnement, cet essai montre qu’il existe un autre type de capitalisme, dit industriel, plus humaniste, donc plus durable, et prône un retour aux humanités (philosophie, sciences humaines) dans l’enseignement du management et du reste.Cette conversion, selon lui, dépasse la seule logique économique.Elle permettrait, au plan de l'ordre mondial, de remplacer une dynamique d'affrontement entre l’Occident et «les Orients» par «un indispensable et salutaire dialogue digne de ce nom».Aktouf est membre fondateur du groupe Humanisme et gestion, une appellation qui résume bien son projet.Collaborateur du Devoir HALTE AU GÂCHIS En finir avec l’économie-management À l’américaine Omar Aktouf Éditions I Jber Montréal, 2008,156 pages Les d’éditeur de Victor-Lévy Beaulieu : Birffl ouvrages québécois publiés! Les 15 ans des ms Itois-Pistoles : uvrages uébécois publiés! AUX EDITIONS TR0IS-PIST0LES DE PETITS BEST-SELLERS TOUT RÉCENTS QUI DEVIENDRONT GRANDS DE SAPRÉS BEAUX ET BONS LIVRES ! HW FranciÆâllârd La Couturière mm Le début d’une VICTOR-LÉVY BEAULIEU LA GRANDE TRIBU L’Indépendance du Québec grâce à la poésie de Claude Gauvreau et au Parti des Lésions.patrimoine bâti.MILLE LA COUTURIERE A.'.- MILLE PASSION MAISONS MILLE lan Lamontagne IUUSTRÉ EH COULEUR VTcOr KVr I • V|!k7! Jamgs Joyce, i.’ImAtmcv » i.o Quétîcc, i i s moi s 4e MILLE , mmm , ¦ S i, lift ' » -G, -, I Les critiques sont unanimes : le chef-d’ouvre i JAMES JOYCE, L’IRLANDE, LE QUÉBEC, LES MOTS Victor-Lévy Beaulieu Pour embellir nos LES ÉDITIONS TR0IS-PIST0LES vlb2000@bellnet.ca • 1 (418) 851-8888 Distributeur : Messageries ADP tomomiuoB-mrous 1 ART OURESTAURUR UM MAISON ANCIT NNI MILLE wEmi ¦ f; j L’ART DE RESTAURER UNE MAISON ANCIENNE illustre en couleur j André Bolduc et Marte Dumais WBÊBBKm
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.